Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube. J'anime aussi le groupe d'opposition municipale de gauche "Vivons Bezons" et je suis membre du groupe d'opposition de gauche ACES à la communauté d'agglomération Saint-Germain/Boucle-de-Seine.
Me contacter

en savoir plus

 

Trouve

Gauche Républicaine & Socialiste

10 novembre 2006 5 10 /11 /novembre /2006 08:44
Les démocrates obtiennent définitivement la majorité
dans les 2 Chambres

ette fois, c'est fait. Les démocrates ont définitivement remporté la majorité dans les deux Chambres, avec 51 sièges sur 100 au Sénat et 229 représentants sur 435 à la Chambre des représentants. Ils comptent également 28 gouverneurs sur 50. Jeudi 9 novembre, le républicain George Allen, sénateur de Virginie, a reconnu sa défaite face au démocrate Jim Webb. M. Allen, qui contestait la victoire de son adversaire, a admis que l'avance de ce dernier, même ténue, était irrémédiable. Ce dernier est élu avec quelque 7 000 voix d'avance sur les 2,3 millions de suffrages et ravit ainsi aux républicains un siège crucial au Sénat.
Cette victoire au Sénat ne tenait qu'à un fil, les démocrates devant enlever six nouveaux sièges pour obtenir la majorité, sans en perdre un seul. Leurs victoires dans les Etats du Missouri, de l'Ohio, de la Pennsylvanie et du Rhode Island étaient acquises. Restaient mercredi deux inconnues – la Virginie et le Montana – mais dans la journée, les médias américains annoncaient déjà le triomphe des démocrates sans pour autant que ces victoires soient officiellement confirmées. Jeudi, le sénateur républicain sortant Conrad Burns a été le premier à concéder sa défaite face au démocrate Jon Tester dans le Montana. Puis ce fut le tour du sénateur républicain de Virginie de s'incliner.

M. BUSH ASSUME UNE "LARGE PART DE RESPONSABILITÉ"

C'est donc avec un tout nouveau Congrès que le président George W. Bush devra composer à partir de janvier. Une donne politique qui ne sera pas évidente pour le président américain dont le parti contrôlait la Chambre des représentants depuis 1994 et le Sénat depuis 12 ans, à l'exception d'une brève période entre 2001 et 2003.

Prenant acte de ce qu'il a lui-même qualifié de "raclée", le président Bush a indiqué, mercredi, qu'il assumait une "large part de responsabilité" dans cette défaite. Estimant que "beaucoup d'Américains ont voté [mardi] pour exprimer leur mécontentement sur le manque de progrès" en Irak, il a annoncé le départ de son secrétaire à la défense Donald Rumsfeld, symbole de la guerre en Irak. M. Bush a précisé que M. Rumsfeld serait remplacé par l'ancien directeur de la CIA Robert Gates. La démission de Donald Rumsfeld, qui, aux commandes du Pentagone depuis 2001, avait fini par incarner la guerre en Irak, avait été réclamée par l'opposition démocrate, et même par plusieurs candidats républicains en campagne. Elle a été saluée par des élus des 2 bords.

"LE CONGRÈS LE PLUS HONNÊTE, LE PLUS ÉTHIQUE DE L'HISTOIRE"

Menacé de paralysie politique, M. Bush a réaffirmé jeudi sa volonté de "tourner la page des élections et de travailler ensemble sur les grandes questions auxquelles l'Amérique est confrontée". Cela vaut aussi pour l'Irak, a-t-il indiqué, précisant qu'il était "ouvert à toutes les idées et toutes les propositions".

Future présidente de la Chambre des représentants et, à ce titre, 3ème plus haut personnage politique des Etats-Unis, la démocrate Nancy Pelosi a promis de faire, pendant la prochaine législature, "le Congrès le plus honnête, le plus éthique et le plus ouvert de l'histoire". La dirigeante, qui doit déjeuner jeudi à la Maison Blanche, faisait référence à divers scandales de corruption ayant pesé sur la majorité républicaine sortante, ainsi qu'à la virulence des clivages partisans de ces dernières années.

Partager cet article
Repost0
9 novembre 2006 4 09 /11 /novembre /2006 19:24
Après la victoire des Démocrates, les Etats-Unis doivent faire l'expérience d'un"bipartisme renouvelé"

ne grande partie de la presse américaine du jeudi 9 novembre voit dans le résultats des élections le souhait de l'électorat de mettre fin à l'extrême bipolarisation de la vie politique des Etats-Unis ces dernières années. "Ces élections ont été une réaction à la guerre en Irak et aux scandales de corruption, mais aussi un rejet de la politique électoraliste exercée par Bush", note le Washington Post, qui salue l'appel du président à une"nouvelle ère de coopération " entre démocrates et républicains. Le New York Times voit dans ce résultat, et dans la réponse qu'y a apportée Bush, la preuve d'un "bipartisme renouvelé dans la nation", et considère cette cohabitation comme une "catharsis nécessaire au système".

Pour le New York Times, le renouveau démocrate est plus limité qu'il n'y paraît. "La culture de droite de certains membres de cette nouvelle génération est plutôt une bonne nouvelle pour les conservateurs", explique le quotidien, qui note que la victoire de Lieberman sur une gauche agressive durant la campagne est plutôt encourageante pour les républicains. Le Washington Times remarque que si les démocrates ont gagné, c'est grâce à " des candidats favorables à une baisse des impôts, au second amendement [sur le droit au port d'une arme], ou même anti-avortement". "Opportun ou pas, cet hommage aux valeurs conservatrices a remporté du succès", note le journal, pour qui le verdict est  "lourd, clair, et sans ambiguïté"  : le ras-le-bol de l'électorat conservateur vis-à-vis du Parti républicain, mais pas de ses valeurs.

RÉUSSIR À GOUVERNER ENSEMBLE

Le véritable défi est désormais pour les deux partis de réussir à diriger ensemble le pays, note la presse. Comment gouverner avec des démocrates qui ont traité le président de "menteur" et d'"incompétent" durant la campagne, se demande le New York Times ; tandis que le Washington Post relève que "le défi, c'est la coopération", et note un vrai pas en avant du camp Bush dans le sens de la collaboration, avec le départ de Donald Rumsfeld. Le journal y voit une secoussse sismique", et une "spectaculaire démonstration de flexibilité". "Mieux vaut tard que jamais", se félicite le Los Angeles Times, qui voit aussi dans la démission du "faucon", devenu au fil des mois le symbole de l'inflexibilité de l'administration Bush, le point de départ d'un profond changement de stratégie. "Gate [son successeur] est tout ce que Rumsfeld n'est pas : une personnalité discrète, un homme de consensus", note le journal, qui sous-entend qu'il pourrait être l'homme du renouveau.  Mais le très conservateur Weekly Standard doute que Bush soit prêt à changer sa politique en Irak.

La polarisation du débat autour de l'Irak ne doit pas, cependant, faire oublier que l'enjeu est désormais l'élection présidentielle de 2008, et que les " candidats démocrates, dont Hillary Clinton, sont désormais sous pression pour clarifier leur position ainsi que celle de leur parti dans les mois à venir", souligne le Washington PostMother Jones, qui rappelle les paris du nouveau gouverneur de l'Etat de New York, Elliot Spitzer, élu sur un programme de lutte anti-corruption, se demande si les démocrates sauront faire la différence et mettre en œuvre un programme véritablement démocrate, dans la perspective des élections de 2008.

Partager cet article
Repost0
9 novembre 2006 4 09 /11 /novembre /2006 19:20
Quand Mme Royal proposait de
"faire les 35 heures au collège"

ne vidéo, postée le 8 novembre 2006 sur la platerforme de partage Dailymotion par un certain "Jules-Ferry" montre Ségolène Royal proposant que les enseignants restent présents 35 heures dans leur établissement pour pouvoir, en plus de leurs heures de cours, apporter un soutien scolaire gratuit aux élèves en difficulté. L'équipe de la présidentiable socialiste ne souhaite pas commenter ce document amateur, pointé par le blog politique Nues Blog.

"On est dans un système où finalement les parents qui ont les moyens, (...) lorsque leurs enfants sont en difficulté (...), donnent des cours de soutien scolaire individualisé", expose la présidentiable socialiste. "Comment se fait-il, s'interroge-t-elle, que les profs du secteur public aient le temps d'aller faire du soutien individualisé payant et n'ont pas le temps de faire du soutien individualisé gratuit dans les établissements scolaires ?"

Mme Royal prévient que sa proposition est révolutionnaire et qu'elle ne la criera donc pas sur les toits "parce qu'elle ne veut pas se prendre des coups des organisations syndicales enseignantes". Mais, mise en ligne le 8 novembre, la vidéo a déjà été vue environ 7 000 fois.

Cette vidéo est datée par son auteur de janvier 2006. Sa publication, à une semaine du vote des militants socialistes pour choisir leur candidat à l'élection présidentielle, n'est sans doute pas un hasard de calendrier.

Constance Baudry
Partager cet article
Repost0
9 novembre 2006 4 09 /11 /novembre /2006 09:31
Les démocrates ont pris le contrôle du Sénat, selon les médias américains

Pour la 1ère fois depuis 1994, les démocrates ont pris le contrôle des deux Chambres du Congrès. Les démocrates devenus majoritaires à la Chambre des représentants ont parfait leur triomphe, mercredi 8 novembre, en conquérant le Sénat. Selon les chaînes de télévision NBC et CBS, le démocrate Jim Webb a remporté le siège très disputé de sénateur détenu par le républicain George Allen en Virginie. Les démocrates disposent ainsi de 51 sièges sur 100 au Sénat.

Les républicains, qui contrôlent la Maison Blanche depuis 2001, avaient la majorité à la Chambre des représentants depuis 1994 et contrôlaient également le Sénat depuis douze ans, à l'exception d'une brève période entre 2001 et 2003. Les démocrates devraient compter au moins 229 représentants à la Chambre des représentants, 51 sénateurs et 28 gouverneurs sur 50.

Pour obtenir la majorité au Sénat, les démocrates avaient besoin d'enlever au moins six sièges aux républicains sans en perdre un seul. Peu d'analystes jugeaient cette performance possible à la veille des élections. Outre la Virginie, ils ont enlevé aux républicains un siège de sénateur dans le Montana, dans le Missouri, en Ohio, en Pennsylvanie et dans le Rhode Island.

CONDUIRE LE PAYS "VERS UNE NOUVELLE DIRECTION"

Dans le Montana et en Virginie, la victoire a été obtenue à l'arraché à quelques milliers de voix près. Dans ces deux Etats, les sénateurs sortants républicains refusent toujours de reconnaître leur défaite même si les experts estiment que la victoire démocrate, même ténue, est sans appel.

"Les Américains ont indiqué clairement et sans hésitation que les démocrates devaient conduire ce pays vers une nouvelle direction", a affirmé Harry Reid, chef des démocrates du Sénat. "Que ce soit en Irak ou aux Etats-Unis, les Américains sont fatigués des échecs enregistrés" depuis le début du mandat de George W. Bush, a-t-il ajouté.

Le président américain, lors d'une conférence de presse organisée au lendemain des élections qui le condamnent à cohabiter avec le Parti démocrate pour les deux dernières années de sa présidence, a aussi indiqué qu'il assumait une "large part de responsabilité" pour la "raclée" essuyée.

La future présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, qui doit déjeuner jeudi à la Maison Blanche, a promis de faire de la prochaine législature, qui entrera en fonction en janvier, "le Congrès le plus honnête, le plus éthique et le plus ouvert de l'Histoire".


Donald Rumsfeld, le vieux bagarreur qui voulait venger l'Amérique humiliée

oici un portrait de Donald Rumsfeld publié dans Le Monde daté du 22 mars 2003. Il a alors déjà soutenu l'intervention américaine en Afghanistan, et plaidé pour l'invasion de l'Irak, qui vient de débuter et aboutira à l'occupation du pays. Le chef du Pentagone se fera beaucoup plus discret après la révélation, en avril 2004, du scandale des sévices infligés à des Irakiens par des militaires américains à la prison irakienne d'Abou Ghraib. Pendant ses années au Pentagone, Donald Rumsfeld s'est aussi attaché à réformer l'armée américaine pour qu'elle soit plus réduite et plus souple, mieux adaptée aux défis de l'après guerre froide.

Il y a quarante ans, alors que le démocrate John Fitzgerald Kennedy était président des Etats-Unis, certains observateurs pensaient avoir identifié le "JFK" républicain en la personne d'un député de l'Illinois. Issu d'un milieu beaucoup plus modeste que John Kennedy, Donald Rumsfeld, qui a grandi dans un faubourg de Chicago, a gagné une bourse pour faire des études de science politique à Princeton. Il s'engage ensuite dans la marine et devient pilote, puis instructeur de l'aéronavale, mais c'est la politique qui l'attire. Ayant appris le métier auprès d'un représentant de l'Ohio, il est élu député en 1962, à 30 ans, dans sa ville natale. Comme Kennedy, il est intelligent, cultivé et beau garçon.

Mais la vie politique ne tient pas, pour M. Rumsfeld, les promesses de ses débuts. Constamment réélu, le jeune congressman se heurte aux barons du Parti républicain. Après la victoire de Richard Nixon à l'élection présidentielle de 1968, son ascension apparaît bloquée. Nixon lui propose la présidence d'un organisme de la Maison Blanche chargé de la lutte contre la pauvreté. Le règne de Nixon est resté dans les mémoires comme réactionnaire, mais, en matière sociale, ses politiques menées n'étaient pas très différentes de celles des démocrates.

Ambassadeur des Etats-Unis à l'OTAN en 1972, M. Rumsfeld doit à cet éloignement de ne pas être mêlé aux péripéties de l'affaire du Watergate, qui contraint Nixon à la démission en 1974. Dans ses Mémoires, l'ancien président rend hommage à la loyauté de l'ambassadeur, indiquant que ce dernier lui a proposé de rentrer à Washington pour participer à la contre-offensive face à la procédure de destitution initiée, au Congrès, par les démocrates.

Lorsque le vice-président Gerald Ford remplace Nixon, il choisit M. Rumsfeld comme secrétaire général de la Maison Blanche. L'année suivante, il décide de changer deux des principaux responsables de la sécurité, le secrétaire à la défense et le directeur de l'Agence centrale de renseignement (CIA). Pour le premier poste, il choisit M. Rumsfeld ; pour le second, il désigne un autre ancien parlementaire, alors ambassadeur à Pékin : George H. W. Bush.

Les rapports entre M. Bush père et M. Rumsfeld sont déjà mauvais, mais ils se dégradent considérablement à la suite de cet épisode. L'ancien député du Texas soupçonne son rival de le pousser vers la CIA dans l'idée qu'un directeur du renseignement ne pourrait jamais devenir président des Etats-Unis. De fait, lors des auditions de confirmation par le Sénat, M. Ford doit s'engager à ne pas prendre M. Bush comme candidat à la vice-présidence en 1976. Cette élection ayant été remportée par le démocrate Jimmy Carter, M. Rumsfeld passe dans le secteur privé comme dirigeant du groupe pharmaceutique Searle. Sa carrière politique, bloquée une première fois au Congrès, vient à nouveau de tourner court, cette fois du côté de l'exécutif.

Au sein du Parti républicain, la compétition, en 1980, oppose principalement Ronald Reagan et George H. W. Bush, le second devenant finalement le colistier du premier. M. Rumsfeld ne participe guère à cette bataille, mais place sa mise du côté des reaganiens contre le "réaliste" Bush, auquel il reprochait déjà, cinq ans avant, de minimiser l'agressivité soviétique. L'hostilité du vice-président empêche M. Rumsfeld de retrouver des fonctions gouvernementales, mais, en 1983, M. Reagan le désigne comme son envoyé spécial au Proche-Orient. C'est à ce titre qu'il remplit, à Bagdad, une mission aujourd'hui très controversée, encore que les médias américains ne lui aient pas accordé beaucoup d'attention.

Il faut attendre l'édition du Washington Post du 30 décembre 2002 - certainement pas la plus lue de l'année, entre Noël et jour de l'an - pour découvrir une photo de la poignée de main échangée par M. Rumsfeld et Saddam Hussein, dix-neuf ans plus tôt, dans la capitale irakienne. L'Irak est en guerre avec l'Iran depuis trois ans, et la politique de Washington est dictée par la crainte d'une extension de la révolution iranienne. Sous la présidence de M. Carter, les mises en garde d'un analyste du Pentagone, Paul Wolfowitz, au sujet du risque irakien, sont considérées comme secondaires par rapport au danger iranien. Quand l'aviation israélienne détruit, en 1981, la centrale nucléaire civile achetée par l'Irak à la France, Washington condamne ce raid. La visite de M. Rumsfeld, les 19 et 20 décembre 1983, débouche, un an plus tard, sur le rétablissement des relations diplomatiques, rompues par l'Irak lors de la guerre israélo-arabe de 1967. Revenu à Bagdad en mars 1984, le représentant de M. Reagan n'a d'entretiens, cette fois, qu'avec le ministre des affaires étrangères, Tarek Aziz.

A cette époque, l'Irak utilise, contre les forces iraniennes, des armes chimiques. Interrogé sur CNN, en septembre 2002, M. Rumsfeld affirme que, lors de sa première visite, il a "mis en garde" Saddam Hussein contre l'emploi de ces gaz. Un porte-parole corrige, ensuite, cette affirmation en indiquant que la question a été abordée, en fait, avec M. Aziz. Ce qui est sûr, c'est que la réaction de Washington à l'emploi de ces armes est des plus modérées. Surtout, le soupçon existe que les Etats-Unis aient autorisé l'Irak à se procurer sur leur territoire, à cette époque, des produits tels que des souches du bacille du charbon et de la peste.

Selon Gary Milhollin, qui dirige un programme de l'université du Wisconsin sur la prolifération des armements non conventionnels, la politique menée alors par Washington a aidé Saddam Hussein à "bâtir son arsenal d'armes de destruction massive". Richard Perle, président du Defense Policy Board, affirme, au contraire, que les Etats-Unis ont seulement apporté à l'Irak "une aide en termes de renseignement".

M. Rumsfeld renonce, en mai 1984, à sa mission de bons offices au Proche-Orient pour se consacrer à ses activités de chef d'entreprise, qui ont fait de lui un homme riche. En 1988, il envisage de participer aux primaires républicaines pour la succession de M. Reagan, mais s'efface vite devant son vieil ennemi, George H. W. Bush. Alors que son ancien adjoint à la Maison Blanche, Richard Cheney, devient secrétaire à la défense, M. Rumsfeld est tenu à l'écart de toute fonction officielle sous le règne du 41e président des Etats-Unis.

Sa traversée du désert continue avec Bill Clinton, qui lui confie cependant, en 1998, la présidence d'une commission chargée d'étudier les projets de défense antimissile et de faire des propositions. Le 43e président, George Bush fils, encouragé en ce sens par M. Cheney, permet à M. Rumsfeld de revenir à la tête du Pentagone, où il avait été, en 1975, le plus jeune ministre de la défense de l'histoire des Etats-Unis.

Ce retour manque de mal se terminer. Arrivé à Arlington, où est installé le ministère de la défense, avec un projet de modernisation des forces armées, le vétéran se met à dos, en quelques mois, une bonne partie des états-majors et leurs alliés au Congrès. Sa bataille pour la fermeture de bases et pour l'abandon de programmes d'armement, à ses yeux dépassés, s'annonce si mal qu'il rivalise avec le secrétaire au Trésor, Paul O'Neill, dans les paris sur le premier remaniement ministériel de l'équipe Bush. Les attentats du 11 septembre 2001 bouleversent tout. Le secrétaire à la défense devient l'homme de la guerre en Afghanistan, celui à qui il incombe de venger l'Amérique et d'organiser l'offensive générale contre le terrorisme. La modernisation de l'outil de défense, passée au second plan, est rendue plus facile par l'évidence des nouveaux défis. L'augmentation spectaculaire des crédits permet d'éviter ou de retarder les arbitrages les plus douloureux.

Adolescent, M. Rumsfeld dirigeait l'équipe de lutte de son lycée. Il aime la bagarre, mais il aime, aussi, la théorie. Il parsème ses conférences et ses entretiens de maximes telles que : "Il y a ce qu'on sait et ce que l'on ne sait pas. Et il y a ce qu'on sait ignorer et ce que l'on ne sait pas qu'on ignore."

En 1976, il a publié un opuscule, baptisé Les Règles de Rumsfeld, recueil de conseils pour mener les luttes politiques à Washington. L'une d'elles s'adresse au chef du Pentagone, qu'il est alors : "Réservez-vous le droit de vous mêler de tout et exercez-le." Il ne s'en prive pas, arrosant ses collaborateurs de notes qu'il enregistre sur un dictaphone et que les gens du Pentagone ont surnommées les "flocons de neige". Périodiquement, les journaux se font l'écho de l'exaspération anonyme des militaires face à l'arrogance du ministre et de sa "bande de civils".

Dans son bureau, où il arrive chaque matin à 6 h 30 et où il travaille debout à un pupitre, Donald Rumsfeld est sûr d'une chose : il aura dû attendre l'âge de 70 ans, mais sa place dans l'histoire des Etats-Unis est assurée. Il lui reste à faire en sorte qu'elle soit bonne.

Partager cet article
Repost0
8 novembre 2006 3 08 /11 /novembre /2006 15:20

Mme Royal et la démocratie d'opinion

Analyse publiée par Jean-Louis Andreani dans le journal Le Monde (édition du 1er novembre 2006)

La méthode Royal est-elle susceptible, ou non, de rapprocher les citoyens de la politique ? C'est l'une des principales questions soulevées par le phénomène qu'a réussi à créer autour d'elle la présidente du Parti socialiste de Poitou-Charentes. La favorite des sondages au sein du PS affiche une volonté très claire de réduire le fossé entre la population et ses élus, de faire reculer un scepticisme qui mine la démocratie et qui avait provoqué, notamment, l'horreur politique du 21 avril 2002.

L'objectif avoué est louable. Eriger au rang de priorité la réduction de la fracture entre le "peuple" et ses élites aurait dû inspirer les dirigeants des différents partis, en particulier le PS, bien avant que Mme Royal ne s'en empare. Etre à l'écoute de la population, en particulier de celle qui souffre, restaurer l'espoir des moins favorisés, rompre le splendide isolement des palais nationaux, sortir d'un moule intellectuel qui peut pousser à la cécité politique est urgent.

De tous ces points de vue, la volonté de valoriser la "démocratie participative" n'a rien de critiquable en soi. Associer davantage les citoyens à la gestion locale est une idée ancienne, prônée par exemple par le mouvement des groupes d'action municipale (GAM), qui avait servi de laboratoire politique à la gauche dans les années 1960 et 1970. Plus récemment, le gouvernement de la gauche plurielle avait fait voter la loi du 27 février 2002 sur la "démocratie de proximité", qui explore cette même voie en créant des "conseils de quartier" dans les villes de plus de 80 000 habitants.

Mais jusqu'où faut-il étendre le champ de la démocratie participative ? Est-il souhaitable de donner davantage de pouvoirs aux instances à travers lesquelles elle s'exprime ? Faut-il bousculer les élus qui ont parfois des réticences face à de tels contre-pouvoirs ? Jusqu'à quel point la démocratie participative peut-elle "changer la vie" ? Ces débats sont permanents et légitimes.

Le problème soulevé par le phénomène Royal n'est pas là. La candidate potentielle a une façon de présenter les choses qui crée une ambiguïté, voire une sensation de malaise, et qui explique que ses adversaires, de droite comme de gauche - qui cherchent évidemment le défaut de la cuirasse -, puissent la taxer de populisme et de démagogie, en trouvant un écho dans une partie de l'opinion et des militants socialistes.

Ce serait faire injure à Mme Royal de penser qu'elle ne maîtrise pas son vocabulaire. Or celui qu'elle emploie n'est pas neutre. Lorsqu'elle utilise des termes comme "jury", " surveillance populaire" (avant de les abandonner devant les critiques qu'ils provoquent) ; quand elle accuse ses adversaires d'avoir "peur du peuple", ou de prétendre que "tout va bien", elle ne contribue pas à dissiper la défiance à l'égard du personnel politique. Au contraire, elle l'entretient, la justifie, qu'elle le veuille ou non. Autant dire que ce n'est sans doute pas la meilleure manière de s'y prendre pour restaurer l'image du politique.

Longtemps, la désacralisation de la politique en France a semblé relever de l'urgence. Les sarcasmes contre cette République "monarchique" allaient de pair avec la revendication d'un Etat et d'une politique devenus plus "modestes", gage d'un fonctionnement plus démocratique et d'une meilleure proximité avec le citoyen. On tombe aujourd'hui d'un excès dans l'autre, en faisant des élus des personnages assez peu fiables pour n'être autorisés à agir qu'avec l'aval explicite et sous la surveillance constante, jusqu'au sein du conseil des ministres, de leurs électeurs.

L'approche politique de Mme Royal pose aussi la question du rapport à l'opinion et à ses fluctuations. Ségolène Royal est populaire au PS parce qu'elle est en tête des sondages d'opinion. Et elle doit ce résultat, en bonne partie, au fait de coller aux tendances dégagées par les sondages thématiques, sur les questions qui préoccupent le pays. Autrement dit, la boucle est bouclée : les sondages mènent le jeu.

Cela fait longtemps qu'ils tiennent une place importante dans le paysage politique, et ceux qui affirment s'en moquer sont souvent les premiers à les éplucher avec un soin obsessionnel. Au demeurant, la prise en compte de l'opinion est aussi un élément de modernisation de la démocratie, et il est difficile de gouverner durablement contre elle. Mais un nouveau pas est franchi, avec toutes les inquiétudes que peut soulever cette évolution.

RENVERSER LES RÉSULTATS

Lorsque Mme Royal explique que, sur la Turquie, son opinion sera celle du peuple, elle tourne le dos à l'idée selon laquelle l'homme, ou la femme, politique était supposé (e) être élu (e) à partir de convictions qu'il (elle) a su défendre avec assez de force pour les faire partager. L'exemple de la peine de mort, abolie par la gauche contre tous les sondages et qui suscite maintenant un large consensus, a été cité à de multiples reprises, mais il conserve sa valeur.

Il est bien sûr permis de défendre une conception inverse de celle illustrée alors par l'initiative de François Mitterrand sur le châtiment suprême. Il est plus difficile de prétendre qu'elle restaure la légitimité du politique. En poussant le raisonnement à ses limites, autant vaudrait déterminer quel est le meilleur institut de sondages, puis décider que son directeur deviendra président, avec pour mission de mettre en oeuvre une politique inspirée des réponses à des questionnaires judicieusement établis et soumis à un échantillon représentatif de la population...

Outre les objections de principe, la faisabilité de ce type de gouvernement est elle-même incertaine. Tous les sondeurs et les politiques savent que l'opinion est versatile, qu'elle peut être convaincue à force de pédagogie ou intoxiquée à coups de désinformations. Les sondages peuvent se tromper, être contradictoires.

Laurent Fabius avait fait un jour la démonstration, à la télévision (lors de l'émission "L'heure de vérité" d'Antenne 2 en décembre 1987), qu'on peut renverser les résultats d'un sondage en quelques minutes, rien qu'en changeant de ton... Et Michel Rocard, qui fut le premier dirigeant à théoriser les rapports entre l'opinion et le politique, souligne aujourd'hui, après avoir passé trois ans à Matignon, que gouverner au sondage relève de l'impossible.

Dans un ouvrage qui survole six siècles de crises, voire d'effondrements français (Le Phénix français, Flammarion, 18 euros), le journaliste Georges Valance souligne que le pays, à chaque fois, a repris pied grâce à une impulsion forte, donnée par un personnage politique déterminé, qui ne craint pas de prendre des risques. L'inverse, en somme, d'un mode de gouvernement à la godille, qui ferait de l'image et de l'écoute des sondages sa principale force.

Partager cet article
Repost0
8 novembre 2006 3 08 /11 /novembre /2006 15:10

Emmanuel Todd :
"Si le PS n'est pas capable de désigner quelqu'un qui s'ancre à gauche, on est sûr de la catastrophe"

Interviewé par le mensuel Parti Pris, Emmanuel Todd livre son analyse des enjeux de la prochaine élection présidentielle. Extraits.

Pour télécharger l'intégralité de l'interview au format PDF (29 ko), cliquer ici.

Parti Pris - Le décrochage des élites et des masses populaires que vous dénonciez en 1995 s'est-il aggravé ?

Emmanuel Todd - Non seulement la dissidence des milieux populaires s'est renforcée mais les classes moyennes les ont aussi rejoints dans le non au référendum sur le TCE. Les causes et les conséquences de l'extension de la dissidence aux classes moyennes, qu'il faudrait définir, mériteraient une analyse économique sérieuse. Ce qui semble sûr c'est la récurrence au moment du référendum des questions liées à la mondialisation et au libre-échange. La stagnation des salaires dans les catégories intermédiaires et l'emballement des prix de l'immobilier, forme d'inflation déguisée dans un système réputé de stabilité des prix, ont sans aucun doute joué. Ces facteurs économiques directs, ont aussi rendu obsolète le discours optimiste sur la globalisation et sur l'ajustement notamment face au décollage de la Chine qui ouvre une ère économique nouvelle.

Parti Pris - Que pensez-vous de la situation actuelle ?

Emmanuel Todd - Ce qui est troublant dans la situation actuelle c'est qu'on assiste à une montée de révolte, de colère sans que cela occasionne un début de réflexion chez les classes dirigeantes. Le discours libéral n'a pas fléchi. Au contraire, on voit plutôt un phénomène de raidissement et d'exaspération, parfois proche de l'hystérie dans les classes dominantes. Cet autisme des classes supérieures se renforce en parallèle du processus d'extension de révolte. On pourrait être dans une sorte d'année zéro avec un renforcement très préoccupant de forces antagonistes. Cette situation est dangereuse.

[…]

Parti Pris - N'assiste-t-on pas justement à un affaiblissement du discours sur l'égalité ?

Emmanuel Todd - Il y a le discours de Fabius sur le smic quand même ! Pour moi, si la montée d'un mouvement égalitaire au XXe siècle est liée au développement de l'alphabétisation de masse, le développement des études supérieures a conduit au développement d'un substrat social inégalitaire. La réalité des forces profondes en France serait cette tension entre la montée d'un subconscient social inégalitaire et la résistance d'un inconscient égalitaire. Dans chacun des actes de révolte des milieux populaires ou des classe moyennes, on sent la coexistence des deux. Dans le vote FN, on peut ainsi voir une dimension égalitaire, « merde aux élites » et la recherche d'un bouc émissaire inférieur. On trouve inextricablement liées, les valeurs d'aspiration à l'égalité et à l'inégalité.

Parti Pris - L'un des enjeux à gauche serait donc de surmonter le défi de l'égalité…

Emmanuel Todd - L'urgence c'est de faire en sorte que les inégalités économiques montantes ne mettent pas en péril l'égalité civique, le suffrage universel. La réalité de la gauche aujourd'hui, c'est qu'elle est en situation défensive. C'est évident à l'échelle mondiale. Le pays le plus puissant, les Etats-Unis, s'est abandonné à l'inégalité. En France on sent comme un basculement. Il est vrai qu'il existe aussi un fonds anthropologique français spécifique des valeurs familiales, qui refuse les inégalités et reste attaché à l'égalité. Nous sommes actuellement dans une tension entre ces deux tendances, dans une phase d'hésitation où deux scénarios sont possibles. L'un soft repart vers l'égalité. L'autre, hard, tend vers une liquidation de la démocratie. Il n'y a pas de bon équilibre. Ce qui est sûr, c'est que si le PS n'est pas capable de désigner quelqu'un qui s'ancre à gauche et défend des valeurs de gauche égalitaires, on est sûr de la catastrophe.

Parti Pris - Que pensez-vous du positionnement actuel des deux grands partis que sont le PS et l'UMP ?

Emmanuel Todd - On est dans un contexte où les deux grands partis se sont déconnectés des aspirations réelles de la société. Le processus de désignation des candidats se fait par les sondages, par des groupies avant même que l'opinion ne se forme. Si ces candidats ne proposent rien qui correspond aux attentes des français, il y a le risque d'un vide tellement manifeste que d'autres candidats pourraient émerger indépendamment des désignations par les appareils des partis.

Pour télécharger l'intégralité de l'interview au format PDF (29 ko), cliquer ici.

Partager cet article
Repost0
8 novembre 2006 3 08 /11 /novembre /2006 14:52
IL FAUDRA CHANGER RADICALEMENT LES CONSIDERANTS DE LA POLITIQUE DE RENOUVELLEMENT URBAIN DES 2007

La décision de démolir 200 000 logements sociaux en 5 ans constitue la mesure la plus spectaculaire du programme national de rénovation urbaine. Geste radical... Or il est loin d'être sûr que la démolition à cette échelle et dans ce calendrier soit souhaitable ou réellement possible.

Pour de nombreuses raisons. D'abord celle de la suppression d'une offre précieuse de logements sociaux dans un pays où il en manque cruellement (rappelons qu'il y a près d'un million de demandes en instance), et tandis qu'on entre dans une période de raréfaction de l'argent public : pour compenser les 40 000 démolitions annuelles, tout en continuant à assurer la production ordinaire, comme c'est prévu par la loi, il faudrait produire chaque année 90 000 logements neufs là où on peine à en faire 50 000 ...

Ensuite parce que ces opérations sont très onéreuses, parce ce que la démolition, pour les habitants des immeubles concernés, reste difficile à vivre, et parce que le montage des opérations de relogement prend souvent plusieurs années (rappelons qu'en 2002 on n'a pas réussi à démolir plus de 8000 logements).

On risque également de mettre à bas des pans entiers et significatifs d'un patrimoine qui n'est pas toujours dépourvu de qualités architecturale et urbaine : démolir 200 000 logements c'est supprimer un gros quart de la production totale des grands ensembles et des ZUP, et il y a fort à parier qu'il comprend des éléments intéressants.

Enfin et surtout parce qu'on risque fort de se tromper d'analyse en corrélant «pathologie sociale» et «pathologie architecturale» : les habitants de ces quartiers souffrent d'abord et surtout de leur exclusion économique et sociale, et du regard que la société porte sur eux. Faire imploser leur lieu de vie n'y changera pas grand chose à soi tout seul, et pourrait bien relever du seul «traitement magique», familier des ethnologues.

Bref, un tel enjeu appelle un débat, et on s'étonne qu'il ne parvienne pas à s'installer, à la suite notamment de l'avis circonspect du Conseil National des Villes et des alertes du mouvement HLM dès son congrès de juin 2003. Et pour comprendre les enjeux on aurait tout à gagner à interroger l'histoire de la rénovation urbaine des années 1960, qui, sans pour autant réussir à tenir ses objectifs quantitatifs, a eu le triple effet de chasser des centres villes les ménages pauvres, d'endetter durablement les collectivités locales et de faire disparaître un patrimoine architectural digne d'intérêt.

À défaut d'une planification énergique du développement massive de l'offre de logement, les reconstructions accaparent le foncier qui restait encore disponible pour proposer une offre nouvelle et complémentaire (décohabitation, besoins nouveaux, mal logés, occupants sans titre de bonne foi, résorption de l'habitat indigne...). La raréfaction de l'offre nouvelle du fait des reconstruction risque donc d'accroître la crise du logement et du foncier ! C'est un fantastique effet pervers de la politique Borloo depuis 2002.

D'autre part, au nom d'une mixité sociale qui restera longue à reconquérir, on démolit dans les secteurs les mieux équipés et desservis en transports parfois jusqu'à 50% du parc HLM à bas loyer pour recontruire du HLM haut de gamme (PLUS, PLUS CD non minorés), mais dans la plupart des cas on a pas de propositions concrètes pour les populations les plus en difficulté ; le résultat le plus sûr de la politique mené par le gouvernement va être de rejeter plus loin encore des populations fragiles, où les collectivités n'ont ni les services ni les moyens pour les accueillir, les accompagner durablement et éventuellement les faire sortir de leur condition. Dans le même temps, et avant même que ces populations aient quitté nos territoires on réduit fortement les financements spécifiques et droit commun risquant par là même un grave effet ciseau lourd de conséquences sociales et en terme de tranquillité publique.

Frédéric Faravel
Partager cet article
Repost0
8 novembre 2006 3 08 /11 /novembre /2006 14:45
Etats-Unis : les résultats dans le Montana et en Virginie décisifs pour le Sénat

rès de 200 millions d'Américains étaient appelés à voter, mardi 7 novembre, pour renouveler la totalité des 435 représentants, un tiers des sénateurs (soit 33 sièges) et 36 gouverneurs. L'opposition démocrate a conquis la Chambre des représentants et la majorité des postes de gouverneurs. Au Sénat, les résultats restaient incertains.

Les démocrates ont, selon des résultats provisoires, gagné 23 sièges à la Chambre des représentants et pourraient en enlever une douzaine de plus. Ils ont notamment remporté 3 sièges de représentants dans l'Etat-clé de l'Indiana, 3 en Pennsylvanie, et d'autres dans le Kentucky, le Connecticut, l'Ohio, le New Hampshire, la Floride et la Caroline du Nord. La Maison Blanche a reconnu leur victoire et dit sa volonté de travailler avec la nouvelle majorité sur l'Irak, la "guerre contre le terrorisme" et l'économie.

Les démocrates ont remporté au moins 6 sièges de gouverneurs jusqu'à présent détenus par des républicains (Colorado, Arkansas, Maryland, New York, Ohio, Massachusetts). Pour la première fois depuis 12 ans, il vont occuper la majorité de ces 50 postes. Le républicain Arnold Schwarzenegger n'a toutefois pas été emporté par la vague démocrate : il a été réélu gouverneur de Californie avec une confortable avance ; mais sa situation politique reste très particulière.

RECOMPTAGE DES VOIX EN VIRGINIE

La prise de contrôle du Sénat par les démocrates apparaît plus difficile, en dépit de la conquête de 4 sièges convoités dans le Missouri, en Pennsylvanie, dans l'Ohio et le Rhode Island. Elle devait dépendre des résultats dans 2 autres Etats très disputés, la Virginie et le Montana. En Virginie, l'écart de voix entre les 2  candidats était trop serré pour qu'un vainqueur puisse être désigné avant quelques jours. Selon les médias, le démocrate Jim Webb aurait quelque 3 000 voix d'avance sur le républicain George Allen, mais les 2 hommes ont revendiqué la victoire.

Les démocrates ont savouré la reconquête de la Chambre des représentants. Nancy Pelosi, qui devrait devenir la première femme de l'Histoire à être élue présidente de la Chambre des représentants, a promis de travailler pour "un changement de direction sur l'Irak". "Le message ne pouvait être plus clair : il est temps de prendre une nouvelle voie !", a déclaré Hillary Clinton, qui a été réélue aisément à son poste de sénatrice démocrate de l'Etat de New York.

Les républicains, de leur côté, appelaient à tirer les leçons de la défaite. "Je pense que la majorité des Américains partagent encore notre philosophie conservatrice. Nous avons seulement dévié de celle-ci", a dit le sénateur John McCain, candidat potentiel à l'élection présidentielle de 2008. Avant même l'annonce des premiers résultats, le président du Parti républicain, Ken Mehlman, avait estimé que ces élections devaient être l'occasion pour les républicains de se demander "comment mieux accomplir" leur mission.

Les résultats de sondages de sortie des urnes publiés par les chaînes de télévision ont révélé l'importance de la question irakienne dans ces élections : près de 6 électeurs sur 10 ont déclaré désapprouver la conduite de la guerre en Irak. Selon la chaîne CNN, la corruption était également un sujet de préoccupation majeur (41%) devant le terrorisme, l'économie, et l'Irak (36%).

Partager cet article
Repost0
3 novembre 2006 5 03 /11 /novembre /2006 15:24
Le programme de rénovation urbaine manque de perspectives à long terme

is sur pied en 2003 pour améliorer les conditions de vie dans les banlieues, le programme national de rénovation urbaine (PNRU) se traduit, bien souvent, par un empilement d'opérations sur le bâti, sans "vision stratégique" et sans réelle prise en compte des "attentes prioritaires des habitants". Si des inflexions ne sont pas apportées dès maintenant, certains quartiers courent à "l'échec". C'est, en tout cas, l'une des conclusions d'un rapport du Conseil général des ponts et chaussées remis à la fin du mois d'août mais resté confidentiel jusqu'à présent.

Durant le 1er semestre 2006, 13 hauts fonctionnaires se sont rendus dans une dizaine de sites épaulés par l'Agence nationale de rénovation urbaine (ANRU), qui coordonne le PNRU. Plus de deux cents "acteurs de terrain" ont été rencontrés dans trois villes d'Ile-de-France et sept situées en province.

Le résultat de cette "mission" est présenté comme une "contribution" aux travaux du Comité d'évaluation et de suivi (CES) de l'ANRU - l'instance qui a commandé le rapport. Les auteurs de l'expertise ne prétendent pas avoir évalué à fond "les effets d'une politique publique", compte tenu de la faible ancienneté des conventions signées sous l'égide de l'ANRU (un à deux ans). Mais ils sont convaincus de "l'urgence à mettre en oeuvre" leurs recommandations.

"GOULOTS D'ÉTRANGLEMENT"

Première "lacune" décelée par la mission : nombre de conventions conclues avec l'ANRU ressemblent à des "catalogues" d'actions qui ne s'inscrivent pas dans le long terme. Des maires "peinent à présenter simplement les enjeux auxquels leur projet est censé répondre" et n'arrivent pas à dire clairement "comment fonctionnera le futur quartier".

Malgré l'importance des moyens financiers accordés par l'ANRU, "la dynamique de transformation" espérée pourrait ne pas être au rendez-vous dans certains quartiers, une fois les travaux achevés.

De telles menaces sont liées au "décalage trop fréquent entre la démarche urbaine" et le devenir socio-économique des territoires concernés. Les améliorations architecturales, la modification de la voirie ou la diversification de l'offre de logements ont tendance à l'emporter sur des thématiques tout aussi cruciales que l'éducation, l'accès à l'emploi, le développement économique, etc.

Aspect essentiel des programmes de renouvellement urbain, les démolitions risquent, à l'avenir, de se heurter à des "goulots d'étranglement", du fait des "retards" pris dans la construction d'immeubles neufs. Les opérations de relogement devraient associer plus étroitement les habitants qui résident dans les bâtiments voués à disparaître, aux yeux de la mission. Celle-ci regrette la rareté des "dispositifs" destinés à accompagner les "familles les plus lourdes".

Enfin, certains projets tardent à se concrétiser car la réflexion en amont et le pilotage se révèlent insuffisants. "Là où il aurait fallu innover et expérimenter, la course contre le temps et le sous-dimensionnement des ingénieries favorisent le recours à des solutions stéréotypées", déplore la mission.

Malgré ces dysfonctionnements, le PNRU "a enclenché sur le terrain une dynamique collective positive", qui résulte de "l'ampleur des moyens humains et financiers mobilisés" : à eux seuls, l'Etat et le "1 % logement" se sont engagés à apporter environ 10 milliards d'euros sur la période 2004-2013. Grâce à ce traitement de choc sans précédent, l'ANRU jouit "d'un capital de confiance auprès de tous les acteurs locaux rencontrés", insiste la mission.

Partager cet article
Repost0
3 novembre 2006 5 03 /11 /novembre /2006 15:14
Dominique Strauss-Kahn propose de "casser la machine à faire des pauvres"

ous affirmez que la tendance en faveur de Ségolène Royal s'inverse, que vous êtes désormais en mesure de la battre. Sur quoi vous fondez-vous ?

Depuis que les candidatures ont été déposées, début octobre, chaque jour qui passe, la donne change. Il y a un mouvement réel. Je le sens lors de mes déplacements et de mes contacts.

Les sondages, qui ne concernent que les sympathisants, ne peuvent prédire le vote des militants. J'ai la conviction qu'il peut y avoir un deuxième tour et que, si tel est le cas, il sera très ouvert. Je ne vois pas la réserve de voix dont pourrait disposer Ségolène Royal.

Et la vôtre ? Qu'est-ce qui pourrait inciter les militants fabiusiens à voter pour vous ?

Si nous avons eu des différences sur la question européenne, leur conception de la politique est très proche de la mienne.

Quelle est-elle ?

C'est le sens de la responsabilité politique, c'est le rejet d'une démocratie d'opinion. C'est le sentiment qu'il faut construire le combat politique sur des convictions, et la conviction que les problèmes principaux des Français sont des problèmes économiques et sociaux et non des problèmes qui s'organisent principalement autour du rappel à l'ordre.

Plusieurs cadres jospinistes ont réclamé de pouvoir voter blanc lors du scrutin interne. C'est donc que vous n'êtes pas leur candidat naturel…

Ce n'est pas ce que je constate sur le terrain – bien au contraire ! Ceux qui ont été déçus que la candidature de Lionel Jospin ne se traduise pas dans les faits ne voteront pas pour Ségolène Royal – d'ailleurs Lionel Jospin s'est lui-même exprimé là-dessus –, ne voteront pas pour Laurent Fabius, et ils voteront quand même, parce qu'aucun socialiste aujourd'hui n'a envie de rester à l'écart du choix qui va être fait pour 2007.

Regardez ce qu'a écrit dans vos colonnes Alain Geismar, qui a été un jospiniste "pur et dur ", et qui donne une argumentation imparable : "J'ai vu trop de gens pleurer le 21 avril 2002 pour ne pas faire le choix de la raison." Et ce choix, c'est : je ne veux pas voter pour l'une, je ne peux voter pour l'autre, donc je voterai pour Dominique Strauss-Kahn.

Ségolène Royal vous a ravi l'image de la modernité. Cela vous irrite-t-il ?

Je n'ai jamais cessé de considérer que j'incarnais la modernité ! Pendant un temps, j'ai eu, c'est vrai, une difficulté à faire valoir dans les médias ce que je pensais. Il est vrai aussi que Ségolène Royal incarne quelque chose de neuf. Je partage avec elle le fait de vouloir une rénovation du parti, de la vie politique et du pays. Simplement, nous n'incarnons pas la même modernité.

Qu'est-ce qui vous distingue de vos deux rivaux ?

Aujourd'hui, il y a deux stratégies politiques différentes entre lesquelles les adhérents vont devoir choisir – celle de Ségolène Royal et la mienne. D'abord, les priorités. La mienne est économique et sociale : il est vain de chercher à résoudre la crise de la représentation si les Français n'ont pas de réponse à leurs difficultés économiques et sociales. Or elle défend avant tout l'idée de l'ordre, juste dit-elle. Ensuite, la cohérence. La mienne est clairement social-démocrate, fondée sur un ensemble de convictions et ayant l'ambition de proposer une offre politique nouvelle. Je considère l'autre stratégie davantage "attrape-tout" : c'est d'abord une volonté de répondre au coup par coup à des demandes contradictoires de l'opinion.

Enfin, la conception de la fonction présidentielle. Je veux un président de la République engagé, qui se batte pour les convictions sur lesquelles il a été élu. Je ne veux pas d'un président attentiste. De ces trois différences, j'en tire une quatrième, décisive pour battre la droite : la priorité économique et sociale, la cohérence des propositions et la présidence engagée, voilà ce qui semble nécessaire pour rétablir la confiance. Je suis pour une société de confiance alors que je vois assez fortement une société de suspicion sur certaines propositions qui ont été faites, comme celle sur les jurys populaires.

Et Laurent Fabius ?

Il est volontiers critique à l'égard de la social-démocratie. Il a un programme traditionnel de la gauche française qui s'appuie presque exclusivement sur la décision d'Etat et qui, je le crains, est devenue insuffisante dans le monde d'aujourd'hui.

Que direz-vous aux militants si vous êtes qualifié pour le second tour ?

Je les appellerai à voter utile. Voter utile, c'est avoir à l'esprit que la gauche ne peut gagner que si elle montre un autre chemin et que si ce chemin est jugé praticable. Les Français rejettent le libéralisme que proposent la droite et – plus encore – Nicolas Sarkozy, mais ne sont pas encore disposés à voir dans ce que proposent les socialistes un chemin praticable.

Si nous ne sommes pas capables de montrer que notre modèle de solidarité peut survivre dans la compétition internationale et qu'il peut aussi apporter à la France la compétitivité nécessaire, alors les Français voteront pour Nicolas Sarkozy. Ma conviction est que seul mon projet d'une société de confiance peut le battre.

Pourquoi avoir combattu les 35h face à Martine Aubry alors que vous les aviez préconisées lors de la campagne des législatives de 1997 ?

Les 35h étaient une réforme nécessaire. Mais, et j'en prends ma part de responsabilité, nous l'avons fait trop largement par la loi, en privilégiant une démarche étatiste. Il aurait fallu plus de négociation. J'en ai tiré les leçons. C'est là qu'interviennent le compromis social et la méthode social-démocrate. L'objectif des 35h était juste, la réduction du temps de travail nécessaire, mais nous l'avons conduite trop à l'ancienne.

Vous privilégiez donc la démarche contractuelle. Que reste-t-il au politique ?

Beaucoup ! Il y a des domaines où il lui appartient de conduire les réformes. Il y en a d'autres où il doit impulser la négociation et faire en sorte que le rapport de force ne soit pas le même sous la droite ou sous la gauche. Quand je propose le "pacte de l'Elysée", qui consiste à traiter d'ici à la fin 2007 des grandes questions qui minent la confiance des Français, il s'agit d'une négociation avec les partenaires sociaux où l'Etat est porteur d'un mandat politique, et non pas un arbitre neutre. Il ne s'agit pas seulement de dire que les partenaires sociaux se réunissent et que ce qu'ils décident sera transcrit dans la loi. Il s'agit de peser dans la négociation à partir du mandat politique reçu. Dans le combat dans les entreprises et l'économie de marché, le rôle de la gauche, c'est d'aider les salariés dans la négociation.

Mme Royal dit s'inspirer du modèle nordique. Le vôtre est-il anglo-saxon ?

Il nous faut inventer ! Je veux une social-démocratie renouvelée, adaptée au temps de la mondialisation. Cela n'a rien à voir avec le modèle anglo-saxon ni avec le modèle nordique.

Qui, en Europe, a élaboré ce modèle de sociale-démocratie renouvelée ?

Personne, et c'est bien pour cela que nos partenaires européens commencent à se tourner vers nous. La proposition du service public de la petite enfance qui a été inscrite dans le projet socialiste au titre de l'égalité réelle, après forte pression de ma part, est une illustration concrète du renouvellement de la social-démocratie. Celle-ci a été fondée sur une pratique de redistribution, certes indispensable, mais dont on voit les limites : 50 ans après, les inégalités prospèrent toujours.

L'idée que la gauche ne peut plus se contenter de constater les inégalités de marché pour les corriger après coup, mais qu'elle doit s'attaquer à la mécanique même de création de ces inégalités pour casser la machine à faire des pauvres, cette idée-là est clairement née ici et irrigue une partie de la réflexion de nos partis frères.

Vous parlez d'une "énorme" machine à redistribuer. Faut-il la faire maigrir ?

Non, mais il faut la rendre plus efficace. Je ne dis pas qu'on redistribue trop, je dis que cela ne suffit pas et qu'il faut attaquer les inégalités là où elles se créent. Peut-être que cela permettra, dans 10 ans ou 15 ans, d'avoir moins besoin de redistribution. C'est l'espoir qu'on peut former, mais on en est loin.

Vous souhaitez un président qui s'engage et soit responsable. Jusqu'à quel point ?

Pour moi, un président engagé n'est pas la vigie du navire, mais le dirige. Ce n'est pas un président ambigu qui couvre à la fois la gauche et la droite. Il est certes le président de tous les Français, mais il a un mandat à remplir. Lorsque sa politique est désavouée massivement, il doit en tirer les conséquences. Il n'y a pas de procédure prévue dans notre Constitution, et je ne préconise pas qu'on en élabore dans l'urgence. Mais si les Français me choisissent pour occuper cette fonction, je serai le président engagé sur le mandat qu'ils m'auront donné. Devant un échec patent, j'en tirerai les conséquences en démissionnant. C'est ce qu'aurait dû faire Jacques Chirac au lendemain du référendum sur l'Europe.

Est-il normal que le président s'engage sur l'adhésion de la Turquie sans avoir le soutien de sa majorité ni de la population ?

Le président de la République française se doit d'avoir une position. Il ne peut pas se réfugier derrière la future consultation du peuple français, ne serait-ce que parce qu'il sera amené à signer des documents engageant la France bien avant que le référendum soit à l'ordre du jour.

Doit-il avoir un mandat du Parlement ?

Il ne peut pas être lié par un mandat impératif. Il a en revanche un mandat politique que lui ont confié ses électeurs. C'est pourquoi il est indispensable que la campagne permette de dire la vérité sur tous les problèmes auxquels nous serons confrontés.


Propos recueillis par Arnaud Leparmentier Caroline Monnot, et Jean-Baptiste de Montvalon

DSK promet au Pas-de-Calais
une gauche qui dit la vérité

ersuadé que "le flux en faveur de Ségolène Royal s'est complètement tari", que "le reflux" est engagé et que "le doute sur le fait qu'elle puisse gagner s'est instillé" dans les esprits, Dominique Strauss-Kahn se démultiplie dans la dernière ligne droite. En espérant que celle-ci ne s'achève que le 23 novembre, date de l'éventuel second tour de scrutin pour la désignation du candidat socialiste à l'élection présidentielle.

Avant de rentrer à Paris, mardi 31 octobre, pour participer à l'émission de Marc-Olivier Fogiel - "T'empêches tout le monde de dormir", sur M6 -, l'ancien ministre de l'économie a sillonné le Pas-de-Calais. Depuis que le régional de l'étape, Jack Lang, a jeté l'éponge - sans faire connaître, pour l'heure, sa préférence -, la deuxième fédération du PS est un enjeu de taille que se disputent les candidats restés en lice.

Fort du soutien que lui a manifesté "à titre personnel" le premier secrétaire de la fédération, Serge Janquin, "DSK" s'est rendu à Boulogne-sur-Mer, Béthune et Bruay, avant d'achever son périple par une réunion publique à Libercourt. Devant quelque 300 militants rassemblés en cet ancien coeur du bassin minier, l'ancien ministre s'est efforcé de donner un accent plus social à son propos.

Se disant soucieux de "représenter la France de ceux qui souffrent, des chômeurs, des précaires, de ceux qui travaillent dur", "DSK" n'a pas manqué, sur ce terrain, de relativiser les propositions de Ségolène Royal en matière de démocratie participative. "Bien sûr, c'est utile, mais il faut surtout traiter les problèmes de fond : les problèmes sociaux et économiques, les problèmes du chômage et de la précarité", a-t-il relevé. "Ma priorité, elle est claire. C'est l'économie pour servir le social", a-t-il insisté, résumant en ces termes son projet : "Ma ligne politique, c'est la social-démocratie, avec le social comme objectif et la démocratie comme méthode."

M. Strauss-Kahn est venu avec une promesse, le "plein emploi dans moins de dix ans". "On me regarde et on me dit : "Attends, on ne peut pas faire cela". Moi, je dis que nous pouvons le faire", a-t-il ajouté, en misant sur le retour de la "confiance". Cela posé, "DSK" s'est surtout employé à prévenir les doutes hérités de profondes désillusions passées. "Je ne me satisfais pas de ce que la gauche ait été élue 3 fois, et que 3 fois, 5 ans après, les électeurs nous aient dit "Rentrez chez vous !", a souligné M. Strauss-Kahn, pour appuyer son plaidoyer en faveur d'une "gauche qui dise la vérité".

Ces déclarations d'intention n'ont pas convaincu tout le monde. "Peut-on faire une politique socialiste avec une économie libérale ?", l'a interrogé un "ouvrier d'Hénin-Beaumont", en rappelant l'ampleur des dénationalisations et délocalisations intervenues sous le gouvernement de Lionel Jospin. "Il faut faire avec l'économie de marché. Moi, je n'en ai pas d'autre", a répliqué "DSK". Avant d'assurer, toutefois, que la gauche pourrait s'employer à la "transformer".


Laurent Fabius dénonce la "pensée de marché" de son rival

'il partage avec Dominique Strauss-Kahn l'espoir d'un second tour, Laurent Fabius entend bien lui disputer âprement la place de challenger de Ségolène Royal. "Je serai vraisemblablement deuxième au premier tour" du scrutin pour l'investiture socialiste à l'élection présidentielle, a déclaré l'ancien premier ministre, jeudi 2 novembre, en marge d'une réunion publique à Clamart (Hauts-de-Seine).

Pour se donner les moyens d'atteindre cet objectif, l'ancien premier ministre a changé d'arme et de cible. Regrettant que les débats officiels ne permettent pas aux candidats de s'interpeller, M. Fabius a entrepris de diffuser une sorte de publicité comparative. Et décidé, dans l'immédiat, de concentrer le tir sur "DSK".

"Au stade où nous en sommes, je crois qu'il commence à être possible d'établir des distinctions", a-t-il indiqué jeudi soir, tout en assurant qu'il se garderait de toute "critique personnelle". Certaines de ces "distinctions" apparaissent dans un argumentaire en dix points diffusé jeudi sur le site de campagne de M. Fabius. A Clamart, devant quelque 400 personnes, l'ancien premier ministre a réservé une place de "choix" aux propositions de M. Strauss-Kahn.

MISE EN GARDE

Concernant l'"amélioration du pouvoir d'achat", M. Fabius estime que l'augmentation du smic doit précéder l'organisation d'une conférence salariale, doutant fortement que "le seul fait de faire siéger à la même table les syndicats et le Medef" permette d'aboutir à un accord sur ce point.

Au chapitre de la "refonte des institutions", M. Fabius conclut son plaidoyer pour une "République parlementaire nouvelle" par une mise en garde qui, elle aussi, vise clairement "DSK" : "Si on est pour un régime présidentiel, qu'on le dise !"

Evoquant (en présence du président de la MNEF, Bruno Julliard) "le premier sujet, le premier projet" que constitue "l'éducation nationale laïque", M. Fabius balaie d'un mot la "remise en cause de la carte scolaire" préconisée par Mme Royal - "Au nom de quoi ?" -, pour s'appesantir sur la proposition strauss-kahnienne visant à permettre aux chefs d'établissement de recruter les enseignants. "Ce système existe aux Etats-Unis", note l'ancien premier ministre, précisant qu'il ne fait subsister "aucun statut, aucune disposition nationale".

Reprenant une expression employée par "DSK" lors d'un déplacement aux Etats-Unis, à la mi-septembre, M. Fabius a également indiqué qu'il ne proposait pas, pour sa part, de " dynamiter l'université".

Le "patrimoine de départ" que M. Strauss-Kahn veut accorder aux jeunes ? "Ça a été fait par Tony Blair, c'est sympathique", a ironisé M. Fabius, en décrivant en ces termes le dispositif : "On donne à un jeune 5 000 € et on lui dit : 'Avec ça, tu te débrouilles'." Cette 'idée de pécule' serait révélatrice : 'Lionel Jospin disait avec justesse : "L'économie de marché existe, je ne suis pas partisan d'une société de marché'. Là, c'est le troisième stade : ce n'est pas l'économie, ni la société, c'est la pensée de marché."

Interrogé lors de l'émission "Question d'info LCP-Le Monde-France Info", jeudi, M. Fabius a mis un seul bémol à son pronostic quant à l'issue du scrutin interne au PS : "S'il s'agit seulement d'un concours médiatico-sondagier, les choses seront plus compliquées", a-t-il reconnu.

Partager cet article
Repost0