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Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube.
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Gauche Républicaine & Socialiste

26 septembre 2006 2 26 /09 /septembre /2006 15:22
... regarder la poutre dans son oeil avant la paille dans celui du voisin !

Bilan de Saint-Nazaire : le NPS n'a pas explosé comme certains le lui promettaient, et comme l'attitude de quelques uns pouvaient effectivement le faire craindre.
Quand on fixe des règles communes (que les principaux animateurs du courant ne commencent pas à faire de la pub pour leur champion(ne)) et qu'on les enfreint dès la fin août, quand Vincent Peillon a annoncé qu'il choisirait Ségolène, comment être surpris qu'ensuite les digues soient franchies allégrement.
Ce qui m'étonne dans cette affaire c'est le torrent de saloperies qui ont été balancées sur Benoît Hamon quand il a exliqué mi-septembre pourquoi il fallait que François Hollande prenne ses responsabilités de premier secrétaire ! Personne n'a osé se comporter de telle manière avec Vincent alors qu'il avait marché sur la règle du jeu qu'il avait édicté...
Comment croire que St.-Nazaire pouvait être productif quand quelques semaines avant l'université d'été les grands "barons" élus locaux du NPS pondent un texte avec liste de signataires intégrées expliquant pourquoi il faut arrêter de pinailler et rejoindre Ségolène parce qu'elle a déjà gagné ! Où est le débat de fond dans toute cette démarche ? Quel est le sort fait à tous ce que nous avons défendu depuis des années ? Peut-on penser réellement qu'une candidate comme Ségolène Royal puisse changer d'avis ou de veste en fonction des ralliements qu'elle engrange ? La pensée qu'elle développe depuis des mois est trop cohérente pour penser cela et croire que c'est une "glaise" maléable... c'est presque lui faire insulte que de colporter cela, c'est en tout cas faire insulte à l'intelligence de nos militants !

Alors voilà, la salle de Saint-Nazaire était quand même opposée fortement à l'idée de rejoindre une candidature qui contrevient à tout ce que le courant a porté ; rappelons les termes mêmes de notre déclaration du 23 septembre :
1. Rénover la démocratie, redonner un sens à la responsabilité politique.
Tout le monde le constate notre système institutionnel traverse une crise grave qui est d’abord et avant tout une crise de confiance de nos concitoyens envers les responsables politiques. Plusieurs cohabitations, l’habitude prise par l’actuel président de la République de ne jamais tenir compte de la volonté des Françaises et des Français et de maintenir coûte que coûte les orientations et les hommes qu’il a choisis et dont plus personne ne veut, le non-respect des engagements pris lors des campagnes électorales, la déconnexion de plus en plus flagrante entre les convictions et les ambitions… sont autant de motifs pouvant expliquer ce désamour. La cinquième République, sous sa forme actuelle, a montré ses limites. En favorisant un régime où les principes de la république cohabitent avec des habitudes héritées de la monarchie elle renforce le sentiment d’éloignement entre le peuple et ses élus et tout d’abord avec le Président de la République qui apparaît de plus en plus comme un « intouchable » pouvant décider de ce qu’il veut sans tenir compte des réalités politiques du pays. Cette situation détestable a encore été renforcée ces dernières années avec l’instauration du quinquennat et surtout par l’inversion du calendrier électoral qui soumet l’élection législative à l’élection présidentielle. Une telle situation qui nourrit le populisme et les extrémismes est porteuse de lourds dangers. Le candidat socialiste doit clairement s’engager à rénover en profondeur nos institutions, à redonner un sens à la responsabilité politique. Il est temps de faire vivre une véritable république parlementaire dans laquelle le Premier ministre présente une déclaration annuelle de politique générale suivie d’un vote du Parlement. Les pouvoirs des citoyens doivent pouvoir être renforcés dans le cadre d’une nouvelle république.
2. Combattre les inégalités, faire vivre la solidarité.
L’affirmation d’une politique socialiste de réduction des inégalités doit être un autre axe de la campagne que nous mènerons l’an prochain. Une politique pour le logement afin de casser la logique de ghettoïsation de nos territoires. Une politique de santé qui, à l’opposé de ce qu’à fait la droite, favorise la santé publique seule garante d’un accès égal aux soins. Une politique de lutte contre la pauvreté et la détresse sociale qu’elle engendre. Une politique de solidarité entre les générations garantissant notre système de retraites par répartition. Une politique de solidarité entre les territoires notamment grâce aux services publics.
Une politique en faveur de l’école qui garantisse l’égalité de tous les jeunes, combatte les écoles ghettos et engage des moyens importants pour faire reculer l’échec scolaire et l’insécurité dans les établissements.
3. Agir pour une autre Europe au service des citoyens.
Le 29 mai 2005 une grande majorité de Françaises et de Français et notamment d’électeurs de gauche, ont manifesté avec force leur rejet de l’Europe libérale que voulait entériner le Traité constitutionnel européen. Celle ou celui que les socialistes désigneront doit d’abord clairement indiquer qu’il a compris le message envoyé par les électeurs et qu’il s’engage, s’il est élu, à mettre le veto de la France à toute tentative de réintroduire par la fenêtre ce que le peuple a fait sortir par les urnes. La question de l’emploi et des délocalisations a été au cœur de la campagne référendaire et a pesé très fortement sur le résultat du vote.
Depuis le 29 mai rien n'a changé dans ce domaine, bien au contraire, et chaque jour de nouveaux emplois disparaissant de notre territoire. Pour lutter contre les délocalisations, la France doit porter en Europe la proposition d’imposer un Tarif extérieur commun à l’encontre des marchandises produites dans les pays ne respectant pas des normes sociales minimales. Plus généralement nous devons affirmer notre volonté de faire de l’Union européenne une véritable démocratie au service des citoyens et non pas des marchés. L’Europe doit avoir un rôle pour la promotion d’un développement durable respectueux de l’environnement et de rapports commerciaux équitables entre le Nord et le Sud, à l’encontre des tendances actuelles de la mondialisation libérale.
4. Assurer une meilleure redistribution des richesses au profit des salariés.
La question salariale est une autre préoccupation majeure de nos électeurs qui ont le sentiment de subir une érosion de leur pouvoir d’achat alors que dans le même temps les profits s’emballent. Le prochain gouvernement de gauche doit non seulement s’engager à convoquer une conférence salariale avec l’ensemble des partenaires sociaux, mais il doit aussi clairement indiquer qu’en cas d’échec de cette conférence – par exemple à cause de blocages du MEDEF – il prendra toutes ses responsabilités. Notre engagement est clair : il faut revaloriser les revenus du travail au détriment des revenus du capital et inverser la tendance funeste qui a fait, ces dernières années, passer prés de 10 % de la valeur ajoutée des salaires vers les profits. Un tel objectif signifie une revalorisation des bas salaires, en premier lieu du SMIC, et que soit initiée une nouvelle politique fiscale ayant pour objectif prioritaire la réduction des inégalités.
5. Défendre et renforcer notre modèle républicain d’intégration.
Les difficultés auxquelles est confrontée notre société et les problèmes de populations soumises à des conditions d’une très grande précarité permettent à la droite de chercher à remettre en cause notre modèle républicain d’intégration pour y substituer un communautarisme de type anglo-saxon. Au moment où tous les spécialistes constatent la supériorité de l’intégration sur le communautarisme, alors que la Grande-Bretagne vient de mettre le doigt sur les conséquences dramatiques du système qu’elle a mis sur pied, au lendemain de l’ouragan Katrina qui a mis en évidence les effets catastrophiques de territoires organisés en une mosaïque de ghettos… la gauche doit clairement s’opposer à ce projet dévastateur. La France doit rester un pays d’intégration, les principes de l’égalité républicaine doivent non seulement être préservés mais renforcés et le communautarisme qui favorise les conflits doit être clairement rejeté.

Où retrouve-t-on ses lignes dans les positions de Ségolène ? Nulle part... Elles sont respectables dignes de débats, sans doute, mais contradictoires fondamentalement avec les orientations du projet socialiste, et honnêtement elles m'inquiètent du point de vue des valeurs ! Alors rallier Ségolène c'est jeter à la poubelle la synthèse à laquelle nous avons donné corps, et le projet auquel nous avons apporté le principal du contenu !
On le sait il est probable désormais qu'on ne puisse se convaincre les uns et les autres, tant il a été dit qu'une solution et une seule offrait une possibilité de victoire. Il fallait donc conserver les apparences pour nous permettre de préserver l'unité du courant, afin qu'il puisse préparer les échéances qui suivront la présidentielle, un inévitable congrès pour lequel il nous faudra encore plus rassembler pour ancrer le parti à gauche et entamer réellement et profondément sa rénovation - et pas uniquement dans son fonctionnement interne, mais également je l'espère dans un nouveau rapport au pouvoir (y compris si Ségolène est désignée candidate puis élue présidente !). Alors l'appel à Hollande permettait de ne pas écraser les espoirs de Vincent Peillon, lui démontrer en public à quel point il était minoritaire auprès des militants de NPS, venus à St.-Nazaire, et qui vraisemblablement représentaient l'opinion de leurs camarades restés à domicile.
Et bien non, c'est insupportable, il faut encore jeter le trouble ! Ainsi donc Henri Emmanuelli, Benoît Hamon n'auraient parlé qu'en leur nom propre, défendraient une position individuelle, quand lui Vincent s'insérerait dans une démarche collective !? La liste de signataires des grands élus ségolistes de NPS est sans doute collective, mais elle ne traduit pas l'attente des militants du NPS...
Alors arrêtons un peu les faux-semblants, si certains veulent brûler les vaisseaux et construire autre chose ailleurs, courrir l'aventure, qu'ils le disent, mais nous sommes encore une majorité quelque soit notre vote des 16 & 23 novembre à vouloir conserver l'outil commun du NPS, ne pas en faire une écurie, mais le véritable germe d'un véritable nouveau Parti socialiste !
Frédéric FARAVEL
secrétaire de la section Plaine de France
membre du bureau fédéral du Val d'Oise
memre du bureau du comité régional Île-de-France

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25 septembre 2006 1 25 /09 /septembre /2006 16:33

C’est un peu l’heure des bilans. Un peu aussi l’heure de vérité.

NPS est né au lendemain du 21 avril. Au lendemain d’une élection présidentielle. Il n’est pas inutile de nous souvenir pourquoi

Nous avions tous des trajectoires différentes. Nous avons tous vécu cette défaite comme une blessure.Une blessure créée par :

- notre distance avec les classes populaires.

- l’asphyxie de la démocratie. Le poids des médias dans la campagne, nouvel acteur omniprésent.

- la dégradation des conditions de vie, morcellement du corps social.

Nous étions aussi en colère face à la cécité des élites socialiste, le repli sur l’appareil pour mieux échapper à l’inventaire des responsabilités politiques.

C’est le moment de mesurer et d’évaluer ce que nous avons contribué à changer.

Les signes visibles de l’influence du NPS sont d’abord dans le projet.

  1. L’Europe. Depuis le 29 mai la ligne du PS a changé. La ligne du PSE a changé

  2. La démocratie : République nouvelle.

  3. Les salaires. Une approche globale de la question sociale plus conforme à nos analyses.

  4. Nous avons nettoyé, rafraîchi, (clarifié) la relation du PS avec le mouvement social empreinte de soupçons respectifs.

L’essentiel de notre bilan est là. On ne peut pas faire comme si l’ensemble de ces acquis était subalterne, secondaire au moment du choix du candidat.

Nous avons aussi connu des échecs.
Depuis 5 ans la majorité du PS est la même. Si son centre de gravité a bougé, le casting a peu évolué. ce sont les mêmes qui dirigent le parti. Ca n’est pas tant une question de génération qu’une question d’orientation.

  1. Peut être en est ce la raison ou la conséquence : nous nous sommes divisés. La gauche du parti est morcelée. Elle n’a ni leader, ni stratégie commune.

  2. La dépolitisation (la désidéologisation) s’est accentuée. C’est comme si le choix du candidat à l’élection présidentielle faisait tomber tous les clivages politiques en notre sein et qu’elle provoquait même la dissolution des courants.

  3. Le rassemblement à gauche reste une chimère. Le parti en 5 ans n’a que trop peu restauré sa capacité à conduire le rassemblement de la gauche. Le casting des présidentielles risque d’être aussi éclaté qu’il y a cinq ans.

  4. Le spectre d’un nouveau 21 avril n’est pas écarté.

Un nouveau 21 avril reste envisageable

- les raisons sociales demeurent.

- l’impasse démocratique est amplifiée par 5 années de mépris du suffrage universel, d’autisme et d’irresponsabilité politique au sommet de l’état. L’affaire Clearstream a montré l’utilisation des moyens d’état au service de règlements de compte interne à la majorité.

- le discours de Sarkozy accentue la rivalité entre les français, la stigmatisation de groupes entiers de la population française.

- un duel gauche droite au second tour déjà annoncé par la presse et qui oublie Le Pen.

- l’indifférenciation entre le discours de gauche et le discours de droite subsiste.

Quelle est la réalité du rapport de force entre la gauche et la droite à quelques mois du premier tour ? Il est un chiffre qui suscite peu de commentaires à gauche, une constante quel que soit le candidat socialiste, le rapport de force entre la gauche et la droite, en intention de vote, s’établit selon tous les instituts autour de 43-44% pour la gauche et l’extrême gauche, 56-57% pour la droite plus l’extrême droite.

Ce qui frappe dans ce chiffre, c’est que le bilan de la droite ne se traduise pas par un rapport de force plus favorable à la gauche. Nous avons sans doute notre responsabilité dans cette réalité mais il faut aussi regarder l’évolution plus profonde de la société française.

D’abord celle-ci vieillit et simultanément devient plus frileuse, plus peureuse plus conservatrice.

Ensuite, le constat que nous faisions au lendemain de la présidentielle précédente demeure d’actualité : le recul des protections collectives, des services publics, de la sécurité sociale, du droit du travail, n’est pas seulement une régression sociale, ce recul alimente un sentiment qu’on ne va pas pouvoir se payer longtemps un tel modèle social.

Pour les plus jeunes, confrontés au décalage entre l’avenir possible, celui d’une intégration professionnelle et sociale réussie après l’école et l’avenir probable, celui du chômage, des petits boulots, de la précarité, déstabilise la confiance des élèves, des parents comme des profs eux-mêmes dans l’efficacité du système éducatif.

Les services publics vivent une mutation accélérée à coup de libéralisations sectorielles décidée par l’Union Européenne. Comment maintenir la gratuité ou l’égalité tarifaire, les péréquations entre territoires riches et territoires pauvres, dans un environnement désormais ouvert à la concurrence.

Nos valeurs et nos réponses ne sont pas majoritaires dans la société. Ils sont des millions à être en colère, à être désorientés, à refuser les politiques libérales et simultanément ne font pas confiance dans nos propositions pour répondre à leur demande, pire ne croient plus que nos valeurs, la solidarité, l’égalité et la redistribution puissent avoir une traduction politique et sociale concrète.

Le danger, c’est quand les socialistes intègrent eux même que c’est trop compliqué de réguler l’économie, trop compliqué de lutter contre les délocalisations, de redistribuer plus justement la richesse. Le danger est là quand par notre propre attitude, nous confirmons l’impression qu’il est vain de freiner la dégradation globale des conditions de vie des individus et de leur capacité à vivre ensemble. Quand hier on opposait au pessimisme de la raison l’optimisme de la volonté, quand on disait le monde est dur, on doit le changer, aujourd’hui on dit le monde est dur on doit s’adapter.

La désidéologisation, l’indifférenciation dans le débat politique génèrent progressivement ce que j’appelle la pensée de marché.

Cette pensée fluctue selon les règles de l’offre et de la demande. Une pensée flexible. Une pensée aussi souple que l’exige les soubresauts, les humeurs de la demande, les humeurs de l’opinion publique.

Quels sont les acteurs de ce marché. Les sondeurs qui vendent le produit le plus précieux : ce que pensent les français. Ce que veulent les français. Ce que supportent les français. Ils sont les marchands, ceux qui fabriquent l’opinion publique.

En face on trouve les clients. Ce sont les responsables ou formation politique qui achète des sondages et des groupes qualitatifs. A droite comme à gauche on consomme les mêmes enquêtes d’opinion. On fait appel aux lumières des groupes qualitatifs, séances durant lesquels quinze français coachés par un intervieweur, parlent de tout, de rien, de la politique, de leur vie et dont les instituts extraient l’humeur profonde de la France. Bistrot à 30 000 euros.

Vient enfin le moment de restituer aux clients la demande des français. Arrive donc sur le bureau de nos dirigeants politiques de droite comme de gauche une livraison identique. Tant de français pensent ceci, tant de français détestent cela.

Le problème ne vient pas de ce que cette information existe, ni même qu’on en tienne compte. Elle vient de la place, de la proportion dans laquelle elle inspire le débat politique. Le problème vient aussi qu’on oublie ou qu’on ignore l’absence de neutralité de ceux qui posent les questions et les publient.

Ceux qui publient, ceux qui plantent le décor. Ce sont les médias. Deux exemples récents montrent:

Sarkozy et les régimes spéciaux.

Sarkozy et les juges

Au lendemain du 21 avril nous disions que nous avions perdu parce que nous avions accepté de regarder la société avec les yeux de la droite. Nous avions accepté son terrain. Nous avions accepté la hiérarchie des problèmes sociaux qu’elle voulait imposer. Et bien cinq ans plus tard, selon un scénario identique, nous glissons progressivement d’une stratégie d’affirmation de notre projet à une autre stratégie principalement élaborée autour du dialogue avec l’opinion publique.

Le nombre croissant de sujets qui échappent désormais au clivage entre la droite et la gauche illustre le phénomène. C’est à partir de nos rangs qu’on a entendu qu’une politique de sécurité, une politique économique, une politique européenne, une politique éducative n’était ni de gauche ni de droite, elle est efficace ou inefficace.

Au bout du compte un échantillon représentatif de 964 français peut peser davantage dans la stratégie d’un candidat que la réflexion collective d’un parti de plus de 200 000 adhérents.

Temps politique/temps médiatique

Cette nouvelle donne politique est une conséquence de ce que nos élites confondent le temps politique et le temps médiatique.

Notre temps à nous militants, c’est le temps long, celui pendant lequel les militants peuvent et doivent mobiliser leur intelligence, leur désir de participer et d’échanger, leur volonté de convaincre.

Depuis 4 ans le Nouveau Parti Socialiste a fait honneur à l’intelligence de tous les militants socialistes en participant pleinement au débat, en en faisant le cœur de son activité à l’intérieur du Parti Socialiste. Depuis la création du NPS, nous n’avons jamais déserté ce front du débat, mais toujours dans le même état d’esprit : convaincre, faire avancer tout le Parti, pour ne plus connaître le sentiment humiliant d’inutilité qui nous a tous submergé le 21 avril 2002.

Est-ce que cette activité nous a empêché d’être à l’écoute des citoyens ? Je ne le crois pas. Parce que je crois que les millions de français qui ont défilé contre le CPE, et auparavant contre la guerre en Irak – pour ne citer que ces deux exemples – je crois que les millions de français qui ont voté NON au référendum sur le TCE, nous avons fait mieux que d’être à leur écoute. Nous avons été à leurs côtés.

Qui depuis 4 ans a le mieux restitué l’humeur des français, leur désir profond ?

qui ?

qui mieux que ceux qui ont été à l’écoute de leur protestation,

qui mieux que ceux qui ont été les interprètes politiques de cette protestation et ont rassemblé ces millions d’hommes et de femmes dans une réponse politique commune de gauche.

Mais bien sûr, en règle générale, ce temps politique a un inconvénient majeur : il est rarement le temps médiatique :

Car il n’est pas possible de résumer en un titre de quatre mots quatre ans de débat politique. Il n’est pas vendeur d’expliquer que des militants qui débattent ne sont peut-être pas des apparatchiks, mais tout simplement des femmes et des hommes de gauche attachés à l’existence d’un intellectuel collectif socialiste. On ne fait pas la une d’un magazine en disant le candidat, c’est le projet.

Car le temps médiatique, lui, défile. Les titres, les sondages, les photos ; tous les mois ; puis toutes les semaines ; puis tous les jours. Si vous parlez d’autre chose, vous êtes « déconnecté ». Vous devenez invisible.

Mais si cette invisibilité est le prix du temps politique, quel est le prix du temps médiatique ? Réfléchissons à cela : si nous cédons à cette ardente obligation de commenter chaque jour, de suivre le vent, de prendre pour argent comptant les humeurs d’une opinion publique que nous laissons sonder par d’autres. De sanctifier le choix fait par des médias que dans nos textes nous avions cloué au pilori ?

Si nous nous rendons à cette prétendue raison du plus fort, alors plus rien de ce que nous avons construit dans le temps long n’existera. Les acquis sur la République parlementaire, sur le pouvoir d’achat, sur le partage de la valeur ajoutée, sur la rénovation, ces idées que nous avons défendu dans le parti pendant quatre ans – et bien souvent depuis beaucoup plus longtemps – ces idées qui ont progressivement gagné du terrain parmi les militants au point que la direction a du les faire siennes… Eh bien ces idées, elles aussi, elles disparaîtront au gré du courant, du flux d’image, de la répétition des enquêtes d’opinion.

Car si les sondages, et seulement eux, suffisent seuls à convaincre pour choisir aujourd’hui une personne, comment réagirons-nous quand ils nous diront que ce en quoi nous croyons n’est pas vendeur ? Alors, il sera trop tard. Le piège infernal du tic tac médiatique se sera refermé sur nous.


Je voudrai vous convaincre d’une chose. Les hommes et les femmes qui voteront en mai prochain, ces hommes et ces femmes ne voteront pas en fonction des questions qu’on leur pose aujourd’hui. Ces hommes et ces femmes voteront en fonction de leur intérêt. Leur intérêt personnel, ce qu’ils espérèrent y gagner. Ce qu’ils veulent voir changer.

Et il va falloir convaincre des millions d’entre eux qu’ils ont moins à gagner avec Sarkozy qu’avec nous.

Il va ensuite falloir les convaincre, que voter pour nous c’est leur donner du pouvoir, du pouvoir à tous, du pouvoir à chacun d’entre eux.

Il va falloir ensuite les convaincre que nous aurons le courage politique véritable, pas celui de renverser la table au Parti socialiste, celui de nous affronter à ceux qui bloquent, freinent interdisent le changement pour préserver leurs privilèges et leurs intérêts.

Le courage, il se jugera dans le face à face, difficile avec le MEDEF pour changer la répartition de la valeur ajoutée.

Le courage, il se jugera sur la scène européenne dans le temps, la patience, l’énergie que nous consacrons à réorienter la construction européenne.

Nous devrons les convaincre de tout cela.

Penser que nous rassemblerons la gauche seulement sur l’anti Sarkozysme et la culpabilité du 21 avril 2002, est une erreur grave. C’est croire que ce sont les électeurs qui nous ont manqué et pas les socialistes qui ont manqué à leur camp.

Camarades, notre rôle, quand tout s’agite ailleurs, c’est d’être cette sentinelle qui dit gravement et fermement à tous les socialistes : cette fois ci, nous n’avons pas le droit de manquer à notre camp.

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25 septembre 2006 1 25 /09 /septembre /2006 11:22
NPS: les adversaires de Ségolène Royal donnent de la voix

Par Thierry MASURE
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SAINT-NAZAIRE (AFP) - Les adversaires d'un soutien à la candidature de Ségolène Royal ont donné de la voix samedi à "l'université de rentrée" du Nouveau Parti socialiste (NPS), la gauche du parti, réunie à Saint-Nazaire. Ce courant animé par Vincent Peillon, Henri Emmanuelli et Benoît Hamon et qui représente près d'un quart du PS, a décidé qu'il était urgent d'attendre: s'il doit y avoir une prise de position collective pour un(e) candidat(e) à l'investiture socialiste à la présidentielle, ce sera après la clôture du dépôt des candidatures, le 3 octobre. Lors d'un débat qui n'a jamais dégénéré, les orateurs ont eu à la bouche le mot d'"unité", quelle que soit leur préférence personnelle. "Il faut préserver et faire vivre notre unité parce que nous avons construit un outil politique irremplaçable", a d'emblée affirmé Vincent Peillon. Le NPS, qui "n'a pas de candidat naturel", n'est pas représenté dans la compétition à l'investiture. Député européen, M. Peillon et une majorité des "grands élus" socialistes de tendance NPS ont tenté ces dernières semaines de rallier le courant à la candidature de Ségolène Royal, largement favorite pour la désignation par les adhérents, au mois de novembre. L'un d'eux, le sénateur David Assouline, a fait remarquer que "depuis huit mois", le phénomène Royal persiste. "Qui est capable de renouer avec les couches populaires qui nous ont manqué en 2002?", s'est-il demandé. Pour lui, la réponse va de soi. S'il y a un candidat qui permet de "rénover" un parti structuré par "les écuries présidentielles", c'est bien Ségolène Royal, précisément parce qu'elle n'a pas d'écurie", a ajouté un autre orateur. Mais ceux-là n'ont pas été les plus applaudis, loin s'en faut. Les adversaires de la championne des sondages ne se sont pas privés de critiquer ses orientations politiques et son type de campagne. Le député de Dordogne Germinal Peiro, proche de M. Emmanuelli, a exprimé son désaccord avec sa "remise en cause de la carte scolaire", entre autres. Philippe Casier, militant de la Somme, s'est demandé si "notre rôle est de convaincre l'opinion ou d'épouser l'opinion" comme le fait, selon lui, la députée des Deux-Sèvres. Benoît Hamon a renvoyé dos à dos tous les candidats socialistes déclarés ou quasi-déclarés, pour s'être "déjà affranchis du projet socialiste" pour 2007. Secrétaire national du PS chargé de l'Europe, il a appelé implicitement le premier secrétaire du PS, François Hollande, à se porter candidat, pour en finir avec "la confusion". Selon M. Hamon, qui n'a jamais cité le nom du numéro un socialiste, François Hollande "est le seul aujourd'hui à pouvoir remettre le projet des socialistes, notre patrimoine commun, au coeur du débat". Henri Emmanuelli, qui doit s'exprimer plus longuement dimanche, a invité les militants NPS à "ne pas s'emballer", et à être "prudents" face aux sondages qui plébiscitent Mme Royal. Dans l'immédiat, "évitons les ralliements divers et variés", a conseillé le député des Landes. Membre du Conseil national, l'universitaire Jacques Généreux s'est taillé un succès de salle après s'être demandé: "comment peut-on ne pas soutenir le seul candidat socialiste qui se soit engagé contre" le traité constitutionnel européen, rejeté par référendum le 29 mai 2005. Il se référait à Laurent Fabius, favorable au non, comme le NPS.

Présidentielle: Emmanuelli en appelle à Hollande au nom de l'unité du PS
Par Thierry MASURE
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SAINT-NAZAIRE (AFP) - Henri Emmanuelli, l'un des dirigeants historiques du PS, est sorti de son silence, dimanche à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), pour demander au chef du parti, François Hollande, "d'être candidat à la candidature" à l'élection présidentielle. Ce mitterrandiste de longue date, lui-même ancien Premier secrétaire, a justifié l'appel à son successeur par la nécessité de sauver l'unité du parti, menacée à ses yeux par "des écuries structurées" autour des candidats à l'investiture pour l'Elysée en 2007, déclarés ou pas: Ségolène Royal, Laurent Fabius, Jack Lang, Dominique Strauss-Kahn, notamment. Sinon, "nous allons produire un long spectacle, lourd de dangers, tout au long de l'automne", s'est-il inquiété en concluant devant 900 militants l'université de rentrée du Nouveau Parti socialiste (NPS, 23,5% du PS). Ce courant, qui défend à la fois "la rénovation" et "l'ancrage à gauche" du PS, n'a pas voulu ajouter un des siens à la longue liste des prétendants à l'Elysée, faute de "candidat naturel" en son sein et pour ne pas aggraver "la confusion", selon ses responsables. François Hollande doit dévoiler ses intentions juste avant la clôture du dépôt des candidatures, le 3 octobre. Il a rappelé récemment que, numéro un depuis neuf ans, il serait "le candidat légitime" puisqu'il a été élu par trois fois premier secrétaire. S'il a d'abord donné des indices de son soutien à Ségolène Royal, le député-maire de Tulle est apparu circonspect depuis la rentrée et soucieux de rassembler, alors que Lionel Jospin et Laurent Fabius se sont alarmés des orientations de sa compagne. Aux yeux de M. Emmanuelli, la candidature de la coqueluche des sondages crée quasiment un schisme politique interne. "Je vois la compétition se structurer politiquement sur des sujets qui peuvent être déflagrateurs", a-t-il averti. Selon le député des Landes, le premier secrétaire est "garant de l'identité" des socialistes et possède "la légitimité pour mener le combat". Même s'il l'a appelé à forcer le destin, M. Emmanuelli a reconnu qu'une candidature Hollande était "peu probable". Portée par le mouvement d'adhésion de l'opinion, Ségolène Royal ne voit aucune raison de s'effacer devant son compagnon. Appuyée par Benoît Hamon, autre membre du triumvirat à la tête du NPS, la "solution Hollande" est aussi un moyen pour le courant de ne pas se désagréger. Le troisième homme, Vincent Peillon, et quelques élus NPS de poids, appuient Mme Royal. "Un espoir est en train de naître dans le peuple de gauche. S'il y a une petite flamme, soyons ceux qui la feront grandir", a déclaré dimanche le député européen, fondateur du NPS. Au vu des réactions de la salle, le soutien à la présidente du Poitou-Charentes est apparu très minoritaire, au point que M. Peillon n'a cité qu'une seule fois le nom de Mme Royal dans son long discours. Pour préserver l'unité et l'avenir du NPS, un thème qui est revenu comme une antienne dans les débats, les militants présents ont adopté à une écrasante majorité une adresse aux prétendants affirmant leurs exigences en termes d'orientation politique. D'ici le 3 octobre, le NPS ne prendra pas position. Si M. Hollande n'y va pas, M. Emmanuelli pourrait, estiment certains de ses proches, soutenir Laurent Fabius.

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24 septembre 2006 7 24 /09 /septembre /2006 09:34
Compte rendu
Bobigny : le verdict de l'inspection
LE MONDE | 22.09.06 | 11h17  •  Mis à jour le 22.09.06 | 11h17

l allait devenir le "modèle de l'excellence en matière judiciaire". C'est ce qu'avaient promis solennellement au tribunal de Bobigny Dominique de Villepin, ministre de l'intérieur, et Dominique Perben, garde des sceaux, en avril 2004.

Deux évasions successives avaient, quelques jours plus tôt, remis en lumière les graves problèmes de ce tribunal. Deuxième en France pour le nombre d'affaires traitées (plus de 200 000 par an), Bobigny est asphyxié par les procédures pénales et englué dans une pénurie chronique de moyens. Peu avant la visite conjointe, inédite, des deux ministres, des magistrats avaient protesté contre l'insuffisance des policiers mis à leur disposition en remettant onze prévenus en liberté. Police et justice, avait insisté M. de Villepin, sont "confrontées à des problèmes d'intérêt commun".

Un vaste audit du tribunal a été réalisé en 2005 par l'inspection générale des services judiciaires. Le Monde a pris connaissance de ses résultats en ce qui concerne les services du procureur, l'autorité chargée de poursuivre les délinquants. Ils montrent qu'à Bobigny, en dépit de ses difficultés, la justice est loin de démissionner, au contraire : les magistrats y affichent une productivité répressive extraordinaire. Chaque substitut du procureur traite plus de 1 500 dossiers par an, contre moitié moins pour ses collègues de Paris. A la permanence "flagrants délits et garde à vue", deux substituts reçoivent chacun 42 appels journaliers de la police, affaires qu'ils traitent en dix minutes. A la permanence des enquêtes préliminaires, ce sont 85 affaires par jour, cinq minutes pour chacune.

La division de l'action publique territorialisée (Dapter) traite ainsi avec la police, en temps réel et en flux continu, la délinquance de voie publique : atteintes aux personnes, aux biens ou à la sécurité publique. Cette délinquance, "préoccupation majeure des habitants et des élus de Seine-Saint-Denis", selon le rapport d'audit, représente 70 % de l'activité totale du parquet de Bobigny. A ce titre, la division de l'action publique est la "vitrine de la justice pénale dans le département".

Or, a conclu la mission d'audit, "force est de constater que la Dapter, composée de magistrats de peu d'expérience dont la qualité et la motivation ne sont pas en cause, souffre d'un sous-effectif chronique, de la rotation rapide de ses membres et d'un encadrement insuffisant". La justice est à l'image de tous les services publics du 93. A la rentrée 2006, les services du procureur comptent 15 débutants sortant d'école parmi 45 magistrats. Le turnover des fonctionnaires greffiers est pire. Ils sont moins nombreux qu'en 1999, et il en manque 50 pour faire tourner le tribunal.

Confrontés, selon l'audit, à "une charge de travail trop importante", les magistrats ne peuvent assumer l'intégralité de leurs fonctions. Bien que leur échoient 16 contrats locaux de sécurité et 2 groupes locaux de traitement de la délinquance, ils sont "contraints d'abandonner presque entièrement leurs tâches en matière de politique de la ville", a découvert l'inspection. "Ils ne sont pas davantage en capacité de suivre les enquêtes en cours et d'assurer une direction effective de la police judiciaire", cette mission essentielle du procureur. En général, les magistrats fixent un délai de trois mois aux services enquêteurs pour répondre à leurs demandes. "Ce délai reste purement théorique puisqu'aucun rappel n'est adressé en cas de dépassement." La direction de la police judiciaire est en outre compliquée par "la multiplicité des interlocuteurs et l'éparpillement des services dans le département".

Le parquet des mineurs, autre service audité, est le premier de France. En 2004, il a enregistré plus de 10 000 plaintes, deux fois plus qu'à Créteil ou à Marseille. "La délinquance juvénile continue d'augmenter sur le département de Seine-Saint-Denis", note la mission d'inspection, la part des mineurs progressant dans l'ensemble des mis en cause (15 % du total).

La réponse fournie par la justice est de plus en plus répressive : majoritaires en 2002, les mesures alternatives aux poursuites (rappel à la loi, mesure de réparation, etc.), traditionnellement développées à Bobigny, sont devenues minoritaires au profit des poursuites. Auprès des mineurs déférés, les réquisitions de mandat de dépôt (demandes de placement en détention) ont crû de 36% entre 2003 et 2004. "Une réponse pénale est apportée à chaque acte de délinquance", écrivent les inspecteurs. Bon élève malgré tout de la politique gouvernementale, Bobigny affiche un "taux de réponse pénale" de 83 % en 2005, en plein dans la moyenne nationale.

L'audit relève pourtant un autre élément : les mineurs victimes augmentent nettement plus vite (+12,4 % entre 2003 et 2004) que les auteurs (2,6 %), en raison, notamment, d'une explosion du contentieux de la famille.

Le parquet des mineurs est engorgé. "Les délais d'attente pour accéder au magistrat de permanence varient entre une heure et une heure et demie." C'est une source de friction avec les services de police, qui doivent signaler toute affaire au procureur avant que le mis en cause ait quitté les locaux de police. L'audit relève cependant "des relations quotidiennes très bonnes" entre la responsable de la brigade des mineurs de Seine-Saint-Denis et son homologue du parquet.

Le service de l'exécution des peines, chargé, en bout de chaîne, d'appliquer les jugements prononcés, s'engorge lui aussi. Au premier trimestre 2005, 3 500 jugements correctionnels (les vols, par exemple) attendaient d'être exécutés, autant que pour toute l'année 2004. Dans ce secteur, il fallait plus de neuf mois en moyenne pour exécuter les décisions des juges. L'audit a conclu à des "secteurs sinistrés". Par exemple, à la mi-2005, aucune des 26 décisions prises cinq mois plut tôt en application du "plaider-coupable" n'était exécutée, alors que cette nouvelle procédure est censée aller plus vite. Le service a été "délaissé", et "les partenaires traditionnels de l'exécution des peines que sont les huissiers, les représentants de la préfecture et le Trésor public n'ont pas été rencontrés" pour traiter les problèmes.

Un plan d'urgence, promis en 2004, a été partiellement engagé, comportant des créations d'emplois de fonctionnaires et de juges. Le garde des sceaux s'est "réjoui" de voir 12 200 personnes condamnées à Bobigny en 2005 contre 10 000 en 2002. Mais, chez les magistrats qui affrontent le flot quotidien de la délinquance, "c'est le sauve-qui-peut", confie l'un d'eux, "car les gens travaillent trop, et mal".

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18 septembre 2006 1 18 /09 /septembre /2006 16:18
Il s'est passé quelque chose à Lens

Le discours de Laurent Fabius à Lens samedi dernier a frappé tous les esprits. Vivement applaudi par les 2000 militants présents, Laurent Fabius a convaincu de nombreuses personnes présentes, non seulement par la solidité de ses arguments et sa pugnacité mais également par la profondeur de son engagement à gauche. Loin de l'image que tentent d'imposer des sondages payés par les médias, l'impact de la prestation de Laurent Fabius devant une salle qui n'était pas a priori acquise démontre que rien n'est joué au sein du Parti socialiste et que les militants pourraient bien ne rien se laisser imposer par les médias.
Vous pouvez lire et visionner l'intégralité du discours de Laurent Fabius en cliquant sur le lien ci-dessous.
Vous pouvez aussi lire le récit par Le Monde de l'impact du discours de Laurent Fabius en cliquant sur le lien suivant :
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3224,36-814082@51-749161,0.html
L'intérêt des débats entre candidats à la candidature au sein du Parti est désormais évident. Il est plus que jamais souhaitable et nécessaire que des débats de ce type aient lieu dans les fédérations.
Il est important que cette logique se poursuive avant le rassemblement derrière le candidat ou la candidate qui sera désigné les 16 et 23 novembre prochains.
Frédéric FARAVEL

Les Chantiers du Pas-de-Calais 2006

Les Chantiers du Pas de Calais
Les Chantiers du Pas-de-Calais 2006 : "Le plus beau cadeau que notre Premier Secrétaire Fédéral, Serge JANQUIN a pu faire aux militants du Pas-de-Calais"

Une ambiance à la fois studieuse et festive pour ce moment d'échanges exceptionnel. Ces chantiers ont été d’une grande tenue. Chaque invité, durant une quinzaine de minutes, s’est attaché à défendre sa vision du projet socialiste, contenant toutes piques personnelles ou plutôt les réservant à la droite et à ses représentants, avec une cible privilégiée par chacun : Nicolas Sarkozy…

 Les photos...

Les échos dans la presse :
La Voix du Nord
Le Monde
Le Figaro
Le nouvel Observateur
Libération
L’Humanité
La dépêche du midi
La Croix
TF1/LCI
France 2
France 3 national
France 3 Nord-Pas-de-Calais
20 minutes

Reportages :
  PS/2007 : le grand oral des ténors à Lens
  Interview de Serge Janquin sur France3

Les discours : (nous remercions la voix du nord pour ce fabuleux travail)
Ségolène Royal
Lionel Jospin
Jack Lang
Dominique Strauss-Kahn
Martine Aubry
Laurent Fabius
François Hollande

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15 septembre 2006 5 15 /09 /septembre /2006 13:57
LE SOCIALISME FRANCAIS 1797 – 2003

Le socialisme français prend place dans le mouvement ouvrier né au XIXème siècle, qui dénonce le capitalisme et cherche à assurer une répartition plus égale des richesses. Les “Lumières” et la Révolution Française lui donnent un premier ferment : Rousseau émet déjà une sérieuse critique de la propriété privée mais les idées proprement socialistes apparaissent comme telles au cours de la première moitié du XIXème siècle. La «conjuration des égaux» de Buenarotti relate le programme de Gracchus Babeuf (1760-1797) et des insurgés jacobins, exécutés en 1797.

DES HISTOIRES POLITIQUES CONCURRENTES ET COMPLEXES
Sous l’Empire et la Restauration, c’est l’époque des Socialistes “utopiques” qui vont exercer une influence sur les ouvriers-artisans, mais sans jamais envisager les moyens de faire aboutir concrètement leur réflexion... À l’exception d’Étienne Cabet (1788-1856) qui envisage un Etat Communiste autoritaire, où les libertés individuelles sont bannies, tous les penseurs socialistes du temps tentent de conjuguer intervention de l’État et liberté.
Henri de Saint-Simon (1760-1825), noble français, développe le thème de la solidarité sociale et de l’Etat régulateur, il inspirera les premières coopératives ouvrières. Charles Fourier (1772-1837), horloger ruiné, imagine les phalanstères, communautés autonomes assumant toutes les fonctions de la société, il ne condamne pas le capital en lui-même, et si sa réflexion porte en elle un fort courant pour la libération des mœurs, il faut signaler l’antisémitisme qui anime sa haine du “commerce”. Robert Owen (1771-1858), industriel britannique, insiste moins sur l’Etat que sur la nécessité des coopératives...
La génération suivante approfondie encore le débat. Louis Blanc (1811-1882) réclame la nationalisation des grands moyens de production pour contrôler l’économie, et un État qui assure la protection sociale et une législation du travail. Pierre-Joseph Proudhon (1809-1865), ouvrier imprimeur, théorise une société de petits producteurs indépendants, substituant à l’État des associations professionnelles et communales, opposant à une société commandée autoritairement une fédération sur libre consentement de la base. Flora Tristan (1803-1844), féministe et socialiste, propose de constituer en 1843 une Union ouvrière universelle pour obtenir le droit au travail et l’organisation du travail.
Karl Marx (1818-1883) et Friedrich Engels (1820-1895), philosophes allemands, tirent les leçons de l’échec relatif des penseurs français. À travers L’idéologie allemande(1845), Le manifeste du Parti Communiste (1848) et Le Capital (1867) ils développent une vision de l’Histoire, de la Philosophie et de l’Économie qui aboutit à un socialisme « scientifique ». La société divisée en classes a vu le pouvoir passer dans les mains de la bourgeoisie détentrice du capital et des moyens de production. 1789 est une « Révolution bourgeoise », la bourgeoisie peut depuis exploiter toujours plus le prolétariat et rabaisser les artisans, leur paupérisation devant aboutir à la Révolution prolétarienne, dirigée par des partis ouvriers révolutionnaires. La dictature du prolétariat dans un État socialiste permettrait d’instaurer la collectivisation des moyens de production ; une société sans classe en sortirait, l’État deviendrait peu à peu inutile et le stade « communiste » de la civilisation permettra à chacun de voir sa liberté et ses besoins satisfaits.

[...]
Télécharger la première partie : histoiresocialistefcse1.doc

VIOLENCE POLITIQUE OU DÉMOCRATIE ?
L’entrée d’Alexandre Millerand dans le gouvernement de Waldeck-Rousseau en 1901, comme ministre du travail, est le principal prétexte d’éclatement le premier regroupement des partis socialistes, mais il s’agit surtout pour chacun de préserver son “pré-carré”. Deux orientations s’opposent :
• celle du Parti Socialiste de France, autour de Jules Guesde (P.O.F., marxiste) mais aussi d’Edouard Vaillant (P.S.R.), qui se veut “révolutionnaire” et condamne le “ministérialisme” ;
• celle du Parti Socialiste Français, autour de Jean Jaurès (socialistes indépendants) et des “possibilistes”, qui soutient le “bloc des gauches” et entend unir les valeurs du Socialisme et de la République, et où se mêlent réformisme et aspirations révolutionnaires.
Les amis de Jean Allémane réunis dans le Parti Ouvrier Socialiste Révolutionnaire, tout en restant proches de Jaurès, maintiennent leur autonomie, leur ouvriérisme et leur méfiance vis-à-vis des élus.
Le compromis qui permet l’unité de 1905, imposé par l’Internationale Socialiste, amène le Parti Socialiste Unifié – Section Française de l’Internationale Ouvrière (S.F.I.O.) à adopter une déclaration de principes marxiste qui reconnaît la lutte des classes et qui se donne pour finalité la socialisation des moyens de production et d’échange. Viviani et Aristide Briand quittèrent rapidement la S.F.I.O. pour satisfaire leurs intérêts propres : ils mèneront bientôt des politiques gouvernementales très conservatrices. Les controverses demeurent vives sur la question du pouvoir, sur la place des réformes, sur le rôle du syndicalisme, sur les moyens de lutter contre les menaces de guerre.
Jean Jaurès, cependant, impose peu à peu son ascendant par sa capacité de synthèse entre les idées de réforme et de révolution, entre le patriotisme et l’Internationalisme, qui correspondent mieux que celles de certains marxistes français à un électorat composite où se côtoient ouvriers, paysans, fonctionnaires et intellectuels. À la veille de la guerre, le socialisme devient une force notable (avec 100 députés, il est le deuxième groupe de la Chambre) : un rapprochement s’esquisse avec la C.G.T. syndicaliste révolutionnaire (reprise en mains par Edouard Vaillant et les allémanistes, après la parenthèse anarcho-syndicaliste) et la gauche du Parti Radical dans la lutte contre la « loi des trois ans ».

[...]
Télécharger la deuxième partie : histoiresocialistefcse2.doc


UNE TROISIÈME FORCE ?
Les espoirs et les désillusions marquent les socialistes de l’immédiat après-guerre. Leurs idées influencent très largement les programmes et les politiques de la Libération. Ils jouent un rôle majeur dans les gouvernements du général De Gaulle et ceux du tripartisme (P.C.F./S.F.I.O./M.R.P.). Vincent Auriol devient le premier Président de la IVème République. Mais les socialistes se trouvent aussi confrontés à la concurrence à gauche d’un parti communiste, qui est au sommet de son influence électorale (28,5%), et au centre d’un nouveau parti, le Mouvement Républicain Populaire (démocrates-chrétiens). Leurs médiocres résultats électoraux précipitent une crise identitaire, au regard des ambitions qui les animaient. À Léon Blum et Daniel Mayer – qui veulent ouvrir le parti, lui donner une définition humaniste et en faire un parti de gouvernement qui s’assume – une majorité composite, animée par Guy Mollet (1905-1975) premier secrétaire du Pas-de-Calais, oppose l’identité traditionnelle du parti, défend une ligne marxiste pseudo-orthodoxe et l’unité d’action avec le P.C.F. Le congrès d’août 1946 enregistre la victoire de Guy Mollet, donc des cadres fédéraux contre la direction nationale (ce sera l’unique fois dans l’histoire du parti).
Mais la rupture du tripartisme, en mai 1947, et l’entrée dans la guerre froide, avec la montée du Rassemblement du Peuple Français, amènent la S.F.I.O. à entrer dans des coalitions de “Troisième Force” (S.F.I.O./Radicaux-U.D.S.R./M.R.P.) et développe un anticommunisme assez primaire qui se décalque dans le syndicalisme : les socialistes quittent la C.G.T. désormais à direction communiste et créent Force Ouvrière (avec l’aide de financements américains) tandis que la Fédération de l’Éducation Nationale devient indépendante. La S.F.I.O. vit un malaise permanent, prise entre une doctrine obsolète et les contraintes de politiques médianes qui lui ôtent toute initiative : elle connaît rapidement un déclin électoral et militant.
En 1954, le radical Pierre Mendès-France (1907-1982), plus que Guy Mollet, paraît incarner le renouveau de la gauche non communiste. La guerre d’Algérie accuse les divisions de la gauche : héritiers d’une conception évolutionniste de la décolonisation, analysant le nationalisme algérien dans le contexte de la guerre froide, une majorité de socialistes derrière Guy Mollet, président du Conseil du Front républicain (1956/57), acceptent les contraintes (pouvoir militaire, censure, tortures…) d’un conflit qui ne veut pas dire son nom. Une minorité (Daniel Mayer, Robert Verdier, Gilles Martinet, Alain Savary) met en accusation la politique menée en Algérie et dénonce l’usage de la torture. La scission est inévitable avec la crise du 13 mai 1958 et l’attitude de la direction du parti face au retour du Général De Gaulle : le Parti Socialiste Autonome est fondé à l’automne 1958.
Les premières années de la Vème République sont difficiles pour les socialistes. La S.F.I.O. quitte finalement le gouvernement pour retourner dans l’opposition en décembre 1959. Affaiblie, elle doit faire face à la concurrence du Parti Socialiste Unifié, né en 1960 de la fusion de la fusion du P.S.A., l’Union de la Gauche Socialiste et de différents groupes et clubs de gauche, qui veulent renouveler la politique. Après la fin de la guerre d’Algérie, deux débats majeurs agitent la gauche non communiste jusqu’en 1971 : Comment tenir compte des institutions nouvelles, tout particulièrement de l’élection du Président de la République au suffrage universel ? Comment rassembler les électorats de la gauche ?
François Mitterrand (1916-1996), contre Mendès-France, G. Mollet et Gaston Deferre (1911-1986), impose sa stratégie d’Union de la Gauche avec le Parti communiste en mettant à profit le coup d’éclat que représente sa « glorieuse défaite » devant le Général De Gaulle en 1965. Cependant, la Fédération de la Gauche Démocrate et Socialiste (F.G.D.S.), qu’il constitue la même année, n’est qu’un cartel électoral entre la S.F.I.O., le Parti Radical et « sa » Convention des Institutions Républicaines (C.I.R.). La forte progression de la gauche aux législatives de 1967 est remise en cause par les divisions issues des hésitations de la gauche traditionnelle face à Mai 1968.

[...]
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L’EXPÉRIENCE JOSPIN OU LA RECONSTRUCTION INCOMPLÈTE DU PARTI SOCIALISTE
Lionel Jospin, surfant sur l’exercice de démocratie militante et son score au 2nd tour de l’élection présidentielle, impose un nouveau processus de rénovation, fondé à la fois sur un “droit d’inventaire” des années Mitterrand et sur la revendication d’un “réalisme de gauche”. Mais la base électorale du parti continue de subir une érosion dans les catégories populaires et chez les jeunes, se centrant de plus en plus sur les classes moyennes et moyennes supérieures. Cependant l’autorité de Jospin permet un apaisement interne propice à un travail politique dans les domaines programmatique, stratégique et structurel.

[...]
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15 septembre 2006 5 15 /09 /septembre /2006 13:55

CGT et PS : 100 ans de solitude
La séparation, décidée en 1906 à Amiens, empêche l'instauration d'une social-démocratie.
Par Michel WIEVIORKA, sociologue - Libération - mercredi 22 mars 2006

dans quelques semaines, la CGT va tenir son congrès à Lille. Ce pourrait être l'occasion de commémorer utilement le centième anniversaire du congrès de 1906, tenu à Amiens, et célèbre pour la charte qui y a été votée. Du 8 au 14 octobre 1906, la CGT tient congrès, quelques mois après l'échec de la grève générale du 1er Mai. Rédigée, selon la légende, au buffet de la gare d'Amiens par quelques leaders, une motion est proposée par le secrétaire de la confédération Victor Griffuelhes. Elle recueille 830 mandats contre 8, et un bulletin blanc. Ce vote en faveur de ce qui deviendra dans l'historiographie du mouvement syndical la «charte d'Amiens» constitue le principal moment d'unité d'un congrès marqué plutôt par la confusion.

Le texte est court. Il affirme l'indépendance syndicale par rapport aux partis politiques (et aux «sectes»). Il demande à chaque syndiqué de ne pas introduire dans le syndicat «les opinions qu'il professe au dehors» et fait de la CGT l'acteur d'une «émancipation intégrale, qui ne peut se réaliser que par l'expropriation capitaliste». Il préconise comme moyen d'action la grève générale.

La charte d'Amiens a en fait 2 implications décisives. La première est qu'elle marque, pour un temps, l'échec de ce qui s'appelle alors le guesdisme, du nom du leader socialiste Jules Guesde, qui entend subordonner le syndicat au parti, politiquement comme financièrement. Un vote ­ qui précède celui de la charte ­ signifie déjà le rejet de cette orientation, puisque la proposition de Victor Renard (secrétaire de la Fédération du textile et militant socialiste tendance guesdiste), d'établir des relations entre le conseil national du Parti socialiste et le comité confédéral de la CGT, est repoussée par 724 mandats contre 34 et 37 bulletins blancs. Mais ce refus n'est que partie remise car plus tard, durant l'entre-deux-guerres, la CGT deviendra la courroie de transmission du Parti communiste.

Le syndicalisme d'action directe, dit parfois aussi anarcho-syndicalisme ou syndicalisme révolutionnaire, semble en 1906 à son apogée ; en réalité, il ne se remettra pas de la déception et des désaccords consécutifs aux revers subis lors de la grève générale du 1er Mai. Il inaugure alors sans le savoir son déclin historique qui débouchera sur l'entrée dans l'ère de la soumission du syndicat au Parti communiste, et non pas socialiste.

La deuxième implication de l'adoption de la charte d'Amiens est d'autant plus dramatique que nous continuons à en subir les effets : elle annonce l'immense difficulté qu'il y a, en France, à mettre en place une social-démocratie, c'est-à-dire une formule d'articulation de l'action syndicale et de l'action du parti caractérisée par un lien fort mais sans domination de la seconde sur la première. Ainsi, en rejetant le guesdisme, la CGT d'alors s'écarte d'un modèle protocommuniste, plutôt méprisant à l'égard du syndicalisme, préléniniste, ou, si l'on préfère, avant-gardiste, et au marxisme sommaire ­ mais ce qui rend cette charte attachante ne durera pas. En revanche, en marquant leur défiance vis-à-vis du «Parti socialiste, section française de l'Internationale ouvrière» (la SFIO, qui vient, en 1905, d'unifier les socialistes), les congressistes d'Amiens indiquent leur refus d'une association du combat politique, au sein d'un parti, et de la lutte sociale, au sein d'un syndicat. Du coup, il n'y aura guère de double appartenance, de double militantisme, au syndicat et au Parti socialiste ; il n'y aura pas non plus, ou bien moins qu'ailleurs, de forte mobilisation politico-syndicale, ni de capacité à faire remonter directement et systématiquement, par la voie des réformes et de la représentation politique, les attentes ouvrières jusqu'au niveau du système institutionnel et de l'Etat.

La naissance de la SFIO n'a pas créé les conditions favorables à une formule social-démocrate. L'établissement de la République en France, l'instauration de la démocratie, le suffrage universel, le parlementarisme, n'ont pas été le fait des composantes de ce parti antérieures à l'unification. La démocratie représentative leur doit peu. L'espace de la défense et de la promotion de l'idéal républicain est bien davantage occupé par le Parti radical, et celui-ci interdit aux socialistes d'envisager d'incarner le monopole d'une opposition gauche-droite (opposition qui est aussi celle des Républicains) contre leurs adversaires. Empêtrée dans de fortes tensions entre partisans et critiques de la République, entre logiques parlementaires et logiques de rupture révolutionnaire, même si Jean Jaurès peut donner l'impression d'avoir su les résoudre, ne comptant en 1906 que 40 000 adhérents, sans base ouvrière forte, même si elle comporte un nombre significatif d'adhérents et de militants ouvriers, la SFIO ne se présente pas comme l'expression d'une puissante classe ouvrière, d'une «contre-société ouvrière», selon l'expression d'Alain Bergounioux et Gérard Grunberg (1). Son assise est plus municipale que liée au mouvement ouvrier, à ses syndicats, mutuelles ou coopératives. Griffuehles, à Amiens, souligne qu'elle compte avec le pouvoir et en subit la pénétration ; de même, le secrétaire de la Fédération de l'alimentation, Bousquet, signale que, ce parti «comprenant des patrons dans son sein, nous ne pouvons faire alliance avec lui».

Ainsi, il y a 100 ans, et aidé en cela par une SFIO conjuguant le marxisme sommaire de Jules Guesde et une implantation plus municipale que sociale, le syndicalisme CGT refusait tout autant la préfiguration du modèle communiste que la social-démocratie. Il était bien anarcho-syndicaliste. Dans plusieurs pays d'Europe du Nord et centrale se mettaient en place de puissants partis ouvriers, à l'action réformiste coordonnée avec de non moins puissants syndicats. Et, aujourd'hui encore, la France apparaît comme bien éloignée de pouvoir envisager une quelconque formule social-démocrate. Son Parti socialiste souffre d'un déficit s'il s'agit de sa base proprement sociale (en dehors du secteur public et notamment de l'Education nationale, ou de quelques bastions locaux). Il élabore sa politique sans avoir entièrement tranché entre réformisme et rupture. Quant au syndicalisme, il est affaibli, limité pour l'essentiel aux secteurs protégés de la fonction publique et de quelques grandes entreprises, méfiant à l'égard des partis politiques.

Au prochain congrès de la CGT, il est peu probable que des voix se fassent entendre pour commémorer la charte d'Amiens, du moins pour rappeler qu'elle a signifié le contraire de ce qu'est devenue ensuite la Confédération au temps de sa splendeur, avec ses liens de subordination avec le Parti communiste. Mais à Lille, si près d'Amiens, pourquoi ne pas revenir sur l'autre implication de cette fameuse charte, fondatrice du drame politique majeur de notre pays : la difficulté à le doter d'une social-démocratie efficiente ?

(1) L'Ambition et le remords. Les socialistes français et le pouvoir. Fayard, 2005.

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15 septembre 2006 5 15 /09 /septembre /2006 13:52
Léon Blum, le socialisme du courage
… Ou le courage du socialisme. Tel est ce qu’on peut retenir du colloque organisé par le cercle Léon Blum qui s’est tenu le mercredi 17 mai à l’Assemblée nationale.

A l’occasion du 70e anniversaire, le Cercle Léon Blum a réuni plusieurs centaines de personnes pour écouter les diverses vies de Léon Blum, de l’Affaire Dreyfus à sa mort. Il est vrai que l’homme a plusieurs facettes. Un jeune bourgeois, intellectuel de gauche qui passe du statut d’observateur engagé à celui de militant passionné de la justice. Grâce à Lucien Herr et à Jean Jaurès, il entre en socialisme. C’est avant tout un homme libre, ce qui explique son arrivée tardive à la tête de la SFIO – ce sont surtout les circonstances qui le propulsent à la tribune du congrès de Tours. Dès lors, à 47 ans, il exerce un magistère moral sur le parti sans y occuper de fonctions de direction.

Blum, c’est bien évidemment l’homme du Front populaire, qui a su réviser ses idées en fonction des possibilités de l’action, sans forcément renoncer. C’est aussi l’homme du socialisme démocratique dont il fallait conserver l’identité face au communisme naissant, aux différentes dérives droitières des néo-socialistes ou des participationnistes.

Blum c’est enfin un homme qui a connu plus que d’autre la souffrance. Juif souffrant d’un antisémitisme venu aussi bien de l’extrême droite, que des communistes ou de ses propres camarades. Victime d’un attentat, des lazzis en pleine Chambre des députés et finalement déporté…

Ce colloque réunissait des universitaires et des politiques. Parmi eux, Alain Bergounioux, Serge Berstein, Ilan Greilsammer, Gilles Finchelstein, Denis Lefebvre, Robert Badinter, Louis Mermaz, Pierre Mauroy, Monique Canto-Sperber, Dominique Strauss-Kahn, François Hollande ou encore Bernard Poignant.

Les actes de ce colloque seront bientôt disponibles sur le site du cercle Léon Blum (www.cercle-leon-blum.org) et en librairie.

Pierre Kanuty

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26 avril 2006 3 26 /04 /avril /2006 10:38
France2 diffusait lundi 25 avril 2005 en prime time un téléfilm de qualité Jaurès, naissance d’un géant. Qualité parce que le sujet politique et historique tranche singulièrement avec les productions débilitantes dont la télévision – y compris le service public - a pris l’habitude de nous accabler ; qualité également du fait de la distribution des acteurs et surtout de la présence de Philippe Torreton dans le rôle titre.

Seulement voilà… À force de trop bien faire, on se prend soi-même au piège de ses bonnes intentions. Ce téléfilm se veut un hommage à Jean JAURÈS, figure essentielle du socialisme et de la république et il s’y perd un peu.
Philippe Torreton lui-même, dont on connaît les orientations à gauche, a sans doute voulu apporter son émotion de jouer enfin un personnage qui participe de son panthéon personnel et du panthéon de tout le peuple de gauche. Mais il est écrasé par celui qu’il veut porter ; il surjoue en voulant donner une image vivante de son héros idéal… Reste un certain courage physique dans les scènes d’echauffourées et de rassemblement, mais le film ne pouvait tenir sur ces quelques minutes.
Un défi plus fort paraît insurmontable d’entrée, c’est qu’il est bien difficile de trouver un acteur pour remplir l’habit du Grand Homme ; qui saura avec talent jouer ce fils de paysan enrichi, qui fit de brillantes études, philosophe reconnu, et – qui malgré la largeur de son érudition et l’esprit de son intelligence – sut resté un homme simple viscéralement attaché à sa terre de Languedoc ; un autre obstacle était de trouver le ton juste : s’il n’existe aucun enregistrement du tribun, les témoignages évoquent cependant le tonnerre, la force de l’océan, mêlés la tendresse et la chaleur de sa voix… qui pourrait aujourd’hui porter une éloquence si particulière ?

Par ailleurs, dans un objectif évident de faire œuvre pédagogique et de situer les milieux dans lesquels évoluait Jaurès au tournant des années 1890, les initiateurs de cette production ont multiplié les raccourcis et les incohérences qui finissent par attaquer la crédibilité du téléflim.

D’abord, les vingt premières minutes du film passées on retrouve Jaurès à la table de Jules Ferry aux côtés des sommités républicaines modérées, et bien qu’il ait perdu son siège de député quelques années plus tôt, il plaide la cause des mineurs de Carmaux. Les scénaristes mettent dans la bouche de Ferry un rappel d’une rencontre fortuite du jeune député avec le président du Conseil et de son interpellation ; les historiens vous diraient sans doute combien le "tonkinois" avait mal pris cette interpellation sur la question de la finalité de l’idéal républicain… Jean Jaurès avait bien sûr conserver des amitiés chez ses anciens collègues modérés ou "opportunistes" mais sans s’avancer on dira qu’il est impossible que Jaurès simple professeur de lycée fut encore – s’il le fut jamais – un des protégés de Jules Ferry !

Ensuite, la portée des débats idéologiques entre mineurs de Carmaux est franchement ridicule. Les scénaristes ont vraisemblablement cherché à montrer la division infantile du socialisme français en différents partis, opposés les uns aux autres, mais comment justifier que Carmaux devienne une France socialiste en miniature. Si les affrontements démocratiques entres sympathisants anarchistes et socialistes sur la manière de conduire la grève sont eux crédibles, les exposés de doctrine marxiste vulgarisée placés dans la bouche des mineurs dès les premières minutes du film sont décalés. Bien que la doctrine du Parti Ouvrier Français de Jules Guesde fut bien un marxisme mal assimilé – suscitant les commentaires amusés de leurs camarades allemands – les propos tenus par les cadres du P.O.F. dans cette fiction sont à la fois anachroniques (puisque le parti accepte déjà l’action parlementaire à l’époque) et déplacés.

Paradoxalement, alors que Jaurès n’était pas encore un socialiste révolutionnaire mais un simple républicain de gauche, il connaissait Marx et Engels et les avait lus en Allemand dans le texte (il fut un des rares hommes politiques de son temps à maîtrise parfaitement l’Allemand, il donna par la suite de nombreux discours devant les ouvriers allemands à l’invitation du S.P.D.). Et comme de nombreux élèves de l’École Normale Supérieure, il avait en sympathisant avec Lucien Herr, son jeune et talentueux bibliothécaire allémaniste, appris à bien apprécier les ouvrages théoriques et pratiques des inventeurs du socialisme scientifique. Mais placer, comme cela est fait dans le téléfilm, un portrait de Karl Marx dans le bureau de Jaurès à La Bessoule (même si Jaurès n’aurait pas renier son patronage, n’en déplaise à certains "modernistes de bazar) est franchement à côté de la plaque.

Enfin, la fin – outre qu’il soit dommage que la chanson de Brel ne soit pas interprétée par Brel – est largement décalée : imaginez tous les leaders de la sociale-démocratie européenne rassemblés à Carmaux pour écouter Calvignac et Jaurès, la veille du congrès du Globe à Paris en 1905 (ne serait-ce qu’en tenant compte des moyens de transport !)…

On dira de ce téléfilm qu’il a au minimum le mérite d’exister ; Jean JAURÉs, figure pourtant essentielle du socialisme et de la République, n’a que très peu inspiré les scénaristes et réalisateurs ; sa vie prêterait cependant à de nombreuses adaptations cinématographiques. Les réalisateurs et les acteurs ont voulu apporter un hommage émouvant au Grand Homme, c’est déjà un acte positif. Philippe Torreton, qui reste le meilleur acteur de théâtre sur le marché (mais c’est peut-être son handicap dans ce rôle), porte au moins l’hommage à Jaurès et on sent l’émotion qu’il a à le jouer…

Frédéric Faravel

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15 avril 2006 6 15 /04 /avril /2006 10:35
Se poser la question d’une alternative au capitalisme, c’est d’abord savoir définir le capitalisme. Pour nous le capitalisme n’est ni une personne ni une institution. Il ne veut ni ne choisit. Il est une logique d’accumulation à l’œuvre à travers un mode de production. Il n'a aucune morale, et, ne se préoccupe pas de la recherche du bien être collectif son seul objectif étant l’augmentation de la plus-value ou profit. Il y a deux questions sous-jacentes quand on examine la logique capitaliste : celle de la propriété des moyens de production, du capital initial ; celle de la répartition de la plus-value ou profit.


Ce texte est le produit d'un groupe de travail de Nouvelle gauche qui s'est réuni au cours de l'année 2004 pour tenter de répondre à la question suivante : "Y-a-t-il une alternative au capitalisme ?"

Télécharger le texte : aternative_capitalisme.doc

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