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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube.
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Gauche Républicaine & Socialiste

19 février 2014 3 19 /02 /février /2014 09:01

La place de l'indépendance, siège des manifestations pro-européennes et anti-Poutine depuis 3 mois, est depuis cette nuit le théâtre d'intenses combats de rue déclenchés par l'intervention violente des forces spéciales auxquelles ont répondu avec détermination les manifestants.

Ukraine_Protest_815924a.jpgIl ne s'agit pas d'être naïfs et de croire que tous les manifestants présents sur Maïdan seraient d'inoffensifs bisounours - oui, parmi eux, il y a quelques groupes paramilitaires fascistes et réactionaires - mais il faut reconnaître que l'immense majorité des Ukrainiens mobilisés depuis plusieurs mois sont des citoyens de base ulcérés par la dérive autoritaire et oligarchique du régime pro-russe du président Ianoukovitch et par la reprise en main du pays depuis Moscou. Si les manifestations ont tenus aussi longtemps à Kijev, c'est parce que l'aspiration indépendantiste et européenne à gagner sur des territoires qui étaient jusqu'ici essentiellement tournés vers la Russie. La division interne du pays reste profonde mais il serait caricatural de considérer aujourd'hui que seules les habitants des régions occidentales veulent porter avec fermeté leur exigence de démocratie et d'indépendance vis-à-vis d'une Russie qui a décidé de s'éloigner chaque jour des standards humanistes et démocratiques pour célébrer un nationalisme irrédentiste, autoritaire et nostalgique à la fois de Staline et des Romanov.

Ne nous faisons pas d'illusion, il y a peu de chances que la crise se dénoue rapidement et favorablement. Au soutien déterminé que la Russie apporte à Ianoukovitch et à "la Famille" s'oppose la pusillanimité de l'Union Européenne, si bien traduite par les communiqués de presse tellement tièdes du Parti Socialiste français. La Pologne et l'Allemagne sont évidemment favorables à soutenir le peuple ukrainien, mais trop de pays européens ont décidé de s'enterrer dans une tradition neutraliste, et par ailleurs l'Union Européenne n'aura sans doute pas les moyens pour assumer une stratégie de confrontation avec la fédération de Russie.

Quant à l'UMP, on a entendu ce matin que la solution résidait pour ce parti conservateur dans une condamnation de pure forme des dirigeants ukrainiens et surtout par la reconnaissance de l'asservissement de l'Ukraine à la Russie : ce qui implique aussi de fermer les yeux sur la dictature bélarusse, sur les occupations russes de provinces géorgiennes et moldaves et d'avaliser la transformation de la Moldavie en Etat tampon mafieux.

Les Occidentaux ont décidé d'aller regarder sans grande réaction Poutine célébrer sa Russie hors du temps à Sotchi. Ces Jeux Olympiques étaient déjà une honte avant de commencer, ils seront abondamment arrosés du sang des Ukrainiens avant la fin des festivités.

Il n'y a bien que Bernard Guetta à conserver quelque optimisme, mais comme c'est la seule possibilité rationnelle de trouver un débouché positif à cette crise, cette guerre civile européenne, j'ai reproduit sa chronique matinale ci-dessous.

Frédéric FARAVEL

Parce que son histoire est intimement liée à celle de l’Ukraine et parce qu’elle ne veut pas que la Russie se rapproche de ses frontières en remettant la main sur ce pays, la Pologne est de tous les Etats membres de l’Union européenne le plus ardent défenseur de l’opposition ukrainienne. Avec la Suède et les trois Pays baltes, c’est elle qui avait le plus poussé à la conclusion d’un accord d’association entre l’Ukraine et l’Union mais que disait, hier, son Premier ministre ?

         « Nous allons continuer à œuvrer à un compromis en Ukraine, déclarait Donald Tusk alors qu’on n’en était qu’à 7 morts et non pas 25 dans les rues de Kiev, car une guerre civile à petite ou grande échelle ou un conflit rampant et permanent ne serait sûrement ni dans l’intérêt de l’Ukraine ni dans celui de la sécurité et de la stabilité de la région ». Pleinement solidaire de l’opposition pro-européenne, la Pologne n’en prêche pas moins les concessions réciproques et un grand compromis car ces violences ne se sont pas produites dans un lointain pays ou même aux marges de l’Europe mais en plein cœur du continent, dans un pays plus grand que la France et que bordent l’Union européenne à l’Ouest et la Fédération de Russie à l’Est.                

         La Pologne a raison. L’enjeu n’est pas seulement cette malheureuse Ukraine une fois de plus déchirée, comme toujours, entre les pôles d’attraction européens. L’enjeu, c’est l’Europe, le continent Europe et, au-delà de lui, le monde car si l’engrenage de la violence n’est pas au plus vite arrêté, si l’Ukraine s’installait dans la guerre civile et qu’une ligne de front en venait à la partager, ce serait l’Union européenne et la Fédération de Russie qui se trouveraient, de fait, de part et d’autre de cette ligne.

         Ce ne serait pas la guerre mais la tension en deviendrait extrême sur tout le continent. L’Union et la Fédération se retrouveraient face-à-face et tous les si fragiles espoirs de coopération entre les puissances occidentales et la Russie sur les dossiers les plus chauds du monde s’envoleraient pour faire place à des vraies batailles d’influence, en Iran comme en Syrie. 

         La crise ukrainienne n’est pas nationale ni même régionale. Elle est internationale. Elle est extrêmement inquiétante et, face à cet incendie, l’urgence n’est pas de vainement sanctionner les dirigeants ukrainiens mais d’immédiatement exercer, sur eux comme sur l’opposition, toutes les pressions possibles une faveur du compromis si justement prôné par la Pologne. Il faut proposer une médiation, des rencontres en terrain neutre ou l’envoi d’une mission de bons offices et, parallèlement, ouvrir des discussions, secrètes au besoin, entre l’Union européenne et la Fédération de Russie visant à faire de l’Ukraine ce qu’elle ne peut rien être d’autre – un pays neutre et un pont entre les deux piliers du continent, le laboratoire d’une coopération continentale qui est aussi économiquement indispensable que politiquement.

Il n’est pas trop tard. Comme la Pologne, les grandes fortunes ukrainiennes plaident le compromis. Le pouvoir et l’opposition se parlaient encore cette nuit. Il n’est pas déjà trop tard mais l’alerte est rouge.

Bernard Guetta

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18 février 2014 2 18 /02 /février /2014 08:54

liberte_sanscadre.jpgPremier(e)s signataires

Florence Autret, auteur et journaliste ; Antoine Bozio, directeur de l’Institut des Politiques Publiques ; Julia Cagé, économiste à Harvard, Ecole d’économie de Paris ; Daniel Cohen, professeur à l'Ecole normale supérieure et à l'Ecole d'économie de Paris; Anne-Laure Delatte, économiste au CNRS, université Paris X et OFCE ; Brigitte Dormont, professeur à l’université Paris Dauphine ; Guillaume Duval, rédacteur en chef d’Alternatives Economiques ; Philippe Frémeaux, président de l’institut Veblen ; Bruno Palier, directeur de recherches au CNRS, Sciences Po ; Thierry Pech, directeur général de Terra Nova ; Thomas Piketty, directeur d’études à l'EHESS, professeur à l’Ecole d’économie de Paris ; Pierre Rosanvallon, professeur au Collège de France, directeur d’études à l’EHESS ; Xavier Timbeau, directeur du département Analyse et prévision, OFCE, Sciences Po ; Laurence Tubiana, professeur à Sciences Po, présidente de l’Iddri


Signez l'appel

L’Union européenne traverse une crise existentielle, comme vont bientôt nous le rappeler brutalement les élections européennes. Cela concerne au premier chef les pays de la zone euro, enferrés dans un climat de défiance et une crise de la dette qui est très loin d’être terminée, alors que le chômage persiste et que la déflation guette. Rien ne serait plus faux que de s’imaginer que le plus dur est derrière nous.

C’est pourquoi nous accueillons avec le plus grand intérêt les propositions formulées à la fin de l’année 2013 par nos amis allemands du groupe de Glienicke en vue d’un renforcement de l’union politique et budgétaire des pays de la zone euro. Seuls, nos deux pays ne pèseront bientôt plus grand chose dans l’économie monde d'aujourd'hui. Si nous ne nous unissons pas à temps afin de porter notre modèle de société dans la mondialisation, alors la tentation du repli national finira par l’emporter, et engendrera des frustrations et des tensions à côté desquelles les difficultés de l’union sembleront joyeuses. Par certains côtés, la réflexion européenne est beaucoup plus avancée en Allemagne qu’en France. Economistes, politistes, journalistes, et avant tout citoyen(ne)s français(es) et européen(ne)s, nous n’acceptons pas la résignation qui tétanise actuellement notre pays. Par cette tribune, nous voulons contribuer au débat sur l’avenir démocratique de l’Europe et pousser plus loin encore les propositions du groupe de Glienicke.

Zone euro : un entre-deux intenable

Il est temps de le reconnaître : les institutions européennes actuelles sont dysfonctionnelles, et doivent être repensées. L'enjeu central est simple: il faut permettre à la démocratie et la puissance publique de reprendre la main, afin de réguler efficacement le capitalisme financier mondialisé du 21e siècle, et de mener les politiques de progrès social qui manquent cruellement à l’Europe actuelle. Une monnaie unique avec 18 dettes publiques différentes sur lesquels les marchés peuvent librement spéculer, et 18 systèmes fiscaux et sociaux en concurrence débridée les uns avec les autres, cela ne marche pas, et cela ne marchera jamais. Les pays de la zone euro ont fait le choix de partager leur souveraineté monétaire, et donc de renoncer à l’arme de la dévaluation unilatérale, sans pour autant se doter de nouveaux instruments économiques, sociaux, fiscaux et budgétaires communs. Cet entre-deux est la pire des situations.

Il ne s’agit pas de mettre en commun la totalité de nos impôts et de nos dépenses publiques. Trop souvent, l’Europe actuelle se montre stupidement intrusive sur des sujets secondaires (comme le taux de TVA sur les coiffeurs et les clubs hippiques), et pathétiquement impuissante sur les sujets importants (comme les paradis fiscaux ou la régulation financière). Il faut renverser l’ordre des priorités : moins d’Europe sur les sujets sur lesquels les pays membres se débrouillent très bien tout seuls ; plus d’Europe quand l’union est indispensable.

Un impôt commun sur les sociétés

Concrètement, notre première proposition est que les pays de la zone euro, à commencer par la France et l’Allemagne, mettent en commun leur impôt sur les bénéfices des sociétés (IS). Seul, chaque pays se fait berner par les multinationales de tous les pays, qui jouent sur les failles et les différences entre législations nationales pour ne payer aucun impôt nulle part. En cette matière, la souveraineté nationale est devenue un mythe. Pour lutter contre l’optimisation fiscale, il faut donc déléguer à une instance souveraine européenne le soin de déterminer une assiette commune aussi large que possible et rigoureusement contrôlée. On peut imaginer que chaque pays continue de fixer son propre taux d’IS sur cette assiette commune, avec un taux minimal de l’ordre de 20%, et qu’un taux additionnel soit prélevé au niveau fédéral, de l’ordre de 10%. Cela permettrait d’alimenter un budget propre de la zone euro, de l’ordre de 0,5% à 1% du PIB.

Comme l’indique à raison le groupe de Glienicke, une telle capacité budgétaire permettrait à la zone euro d’impulser des actions de relance et d’investissement, notamment en matière d’environnement, d’infrastructures et de formation. Mais contrairement à nos amis allemands, il nous semble essentiel que ce budget de la zone euro soit alimenté par un impôt européen, et non par des contributions des Etats. En ces temps de disette budgétaire, la zone euro doit démontrer sa capacité à lever l’impôt de façon plus juste et plus efficace que les Etats, faute de quoi les peuples ne lui donneront pas le droit de dépenser. Au delà, il faudra généraliser très rapidement au sein de la zone euro l’échange automatique d’informations bancaires et engager une politique concertée de rétablissement de la progressivité de l’impôt sur les revenus et les patrimoines. Tout en menant en commun une politique active de lutte contre les paradis fiscaux externes à la zone. L'Europe doit permettre d'apporter de la justice fiscale et du volontarisme politique dans la mondialisation: c'est le sens de notre première proposition.

Un parlement pour la zone euro

Notre seconde proposition, la plus importante, découle de la première. Pour voter l’assiette de l’impôt sur les sociétés, et plus généralement pour débattre et adopter démocratiquement et souverainement les décisions fiscales, financières et politiques que l’on décidera à l’avenir de mettre en commun, il faut instituer une Chambre parlementaire de la zone euro. Nous rejoignons là encore nos amis allemands du groupe de Glienicke, qui hésitent cependant entre deux formules : soit un parlement de la zone euro regroupant les membres du parlement européen des pays concernés (une sous-formation du parlement européen réduite aux pays de la zone euro); soit une Chambre nouvelle, fondée sur la réunion d’une partie des députés des parlements nationaux (par exemple, 30 députés français issus de l’Assemblée nationale, 40 députés allemands issus du Bundestag, 30 députés italiens, etc., en fonction du poids démographique de chaque pays, suivant un principe simple: un citoyen une voix). Cette seconde solution, qui reprend l’idée de « Chambre européenne » formulée par Joschka Fisher en 2011, est selon nous la seule formule permettant d’avancer vers l’union politique. Il est en effet impossible de déposséder complètement les parlements nationaux de leur pouvoir de voter l’impôt. C’est au contraire en s’appuyant sur les souverainetés parlementaires nationales que l’on peut bâtir une souveraineté parlementaire européenne partagée.

Une architecture vraiment démocratique

Dans ce schéma, l’Union européenne comporterait deux chambres : le Parlement européen actuel, élu directement par les citoyens des 28 pays ; et la Chambre européenne, représentant les Etats au travers de leurs parlements nationaux. La Chambre européenne ne concernerait dans un premier temps que les pays de la zone euro souhaitant aller vers davantage d’union politique, fiscale et budgétaire. Mais elle aurait vocation à accueillir tous les pays de l’UE acceptant d’aller dans cette voie. Un ministre des finances de la zone euro, et à terme un véritable gouvernement européen, seraient responsable devant la Chambre européenne.

Cette nouvelle architecture démocratique de l’Europe nous permettrait enfin de sortir de l’inertie actuelle, et du mythe selon lequel le Conseil des chefs d’Etat pourrait tenir lieu de seconde Chambre représentant les Etats. Cette mauvaise fable signe l’impuissance politique de notre continent : il est impossible de représenter un pays par une seule personne, sauf à se résigner au blocage permanent qu’impose l’unanimité. Pour passer enfin à la règle de la majorité sur les décisions fiscales et budgétaires que les pays de la zone euro choisiront de mettre en commun, il faut créer une véritable Chambre européenne, où chaque pays serait représenté par des députés représentant tous les bords politiques, et non par leur seul chef d’Etat.

Mutualiser partiellement les dettes

Notre troisième proposition concerne directement la crise de la dette. Notre conviction est que la seule façon d’en sortir définitivement est de mettre en commun les dettes des pays de la zone euro. Faute de quoi la spéculation sur les taux d’intérêt recommencera encore et toujours. C'est également la seule façon pour que la BCE puisse mener une politique monétaire efficace et réactive, à l’image de la Federal reserve américaine (qui aurait elle aussi bien du mal à faire son travail correctement si elle devait arbitrer chaque matin entre la dette du Texas, du Wyoming et de la Californie). La mutualisation des dettes a de facto déjà commencé avec le Mécanisme Européen de Stabilité, l’Union Bancaire en gestation, ou les OMT de la Banque centrale, qui impliquent d'une façon ou d'une autre les contribuables de la zone euro. La légitimité démocratique de ces mécanismes doit être clarifiée au plus vite.

Il faut maintenant aller plus loin et repartir pour cela de la proposition de « fonds de rédemption des dettes européennes » faite fin 2011 par le conseil des économistes conseillant la chancellerie allemande, visant à mettre en commun toutes les dettes dépassant 60% du PIB dans chaque pays, et lui ajouter un volet politique. On ne peut en effet décider vingt ans à l’avance à quel rythme un tel fonds sera ramené à zéro. Seule une instance démocratique, à savoir la Chambre européenne issue des parlements nationaux, sera à même de fixer chaque année le niveau du déficit commun, en fonction notamment de l’état de la conjoncture.

Les choix qui seront faits par cette instance seront parfois plus conservateurs, et parfois plus libéraux, que ceux que nous souhaiterions personnellement. Mais ils seront pris de façon démocratique, à la règle de la majorité, au grand jour. Certains à droite souhaiteraient que ces décisions budgétaires soient cantonnées à des instances post-démocratiques ou figées dans le marbre constitutionnel. D’autres à gauche voudraient avoir la garantie que l’Europe mènera pour toujours la politique progressiste de leur rêve avant d’accepter tout renforcement de l’union politique. Ces deux écueils doivent être dépassés si l’on veut sortir de la crise actuelle.

Un moyen d’aller plus loin ensuite

Trop souvent, le débat sur les institutions politiques européennes est repoussé comme technique ou secondaire. Mais refuser de débattre de l’organisation de la démocratie, c’est en vérité accepter la toute-puissance des forces du marché et de la concurrence. C’est abandonner tout espoir que la démocratie reprenne le contrôle du capitalisme au 21e siècle. Car ce nouvel espace de décision est crucial pour le destin de la zone euro. Au-delà des questions macroéconomiques ou budgétaires, nos modèles sociaux sont un bien commun qu’il s’agit à la fois de préserver et d’adapter mais également d’utiliser pour nous projeter avec succès dans la mondialisation. De la convergence des systèmes fiscaux à celle qui prend de plus en plus de force d’investissement social, les initiatives du couple Franco-Allemand ou les coopérations renforcées ne suffisent plus. L’Europe à 28 tarde sur ces sujets à traduire le consensus en actes et se contredit lorsqu’il s’agit de mobiliser des moyens. Une Chambre Européenne serait le lieu de décisions, dont les conséquences en termes de déficit public ou de transfert entre Etats seraient assumées parce que les droits et les devoirs associés à la mise en commun seraient explicités. Le champ est large et on peut rêver que des sujets qui peinent aujourd’hui puissent être débattus et tranchés : co-détermination à l’Allemande qui en associant les salariés aux décisions stratégiques de l’entreprise semble avoir été un atout considérable pour conserver un tissu productif cohérent ; accueil de la petite enfance de qualité et accessible à tous ; formation et qualification de tous tout au long de la vie ; harmonisation des législations sociales ; lutte contre le changement climatique par un prix significatif des émissions de CO2…

On peut changer les traités

Beaucoup s'opposeront à nos propositions en arguant du fait qu'il est impossible de modifier les traités, et que le peuple français ne veut pas d'un approfondissement de l'intégration européenne. Ces arguments sont faux et dangereux. Les traités sont modifiés en permanence, et ils l'ont encore été en 2012 : l'affaire fut réglée en guère plus de 6 mois. Malheureusement, il s'agissait d'une mauvaise réforme des traités, qui n'a fait qu'approfondir un fédéralisme technocratique et inefficace. Clamer que l'opinion n'aime pas l'Europe actuelle, et en conclure qu'il ne faut rien changer d'essentiel à son fonctionnement et aux institutions en place, est une incohérence coupable. Lorsque de nouvelles propositions de réformes des traités viendront du gouvernement allemand, dans les mois qui viennent, rien ne dit qu'elles seront plus satisfaisantes que celles de 2012. Plutôt que d'attendre les bras ballants, il est nécessaire qu'un débat constructif s'engage aujourd'hui en France, pour que l'Europe devienne enfin sociale et démocratique.

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12 février 2014 3 12 /02 /février /2014 16:19

L'émission Du Grain à moudre, ce mardi 11 février 2014, sur France Culture était l'occasion de faire le point sur les alliances en cours entre ultra-conservateurs, réactionnaires et fascistes. Sur fond de glissement général des partis politiques français vers la droite (ce qui ne traduit pas forcément un glissement automatique des Français dans le même sens - on y reviendra dans un prochain article), une "révolution conservatrice" est-elle en cours ?

Une émission passionnante à réécouter avec Eric Fassin (professeur à l’Université Paris-8 Vincennes-Saint Denis - Département de science politique et Centre d’études féminines et d’études de genre, Chercheur à l’Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux-IRIS, CNRS/EHESS) et Alain-Gérard Slama (historien, essayiste, professeur à Sciences-Po).

Frédéric Faravel

Une révolution conservatrice est-elle à l'oeuvre en France ?

du-grain_a_moudre_11-02-2014.gifQuitte à avoir un os à ronger, autant le ronger jusqu’au bout. Après la masturbation obligatoire, après l’entrisme des associations homosexuelles à l’école, voici donc venue la promotion de la nudité pour tous. Enième polémique à propos des ABCD de l’égalité, supports pédagogiques proposés par l’Education nationale pour contribuer à lutter contre les préjugés sexistes.

En s’en prenant, dimanche, au livre « Tous à poil », ouvrage de littérature jeunesse pourtant bien inoffensif, Jean-François Copé savait qu’il tenait là un sujet hautement inflammable. Car une partie de l’opinion est à cran, depuis l’élection de François Hollande, sur les questions de société, en particulier celles touchant à la famille et aux enfants.

C’est en tout cas ce dont semblent témoigner les manifestations à répétition de ces derniers dimanches : contre l’assouplissement de l’IVG mi-janvier, contre la PMA et la GPA début février, contre tout et tout le monde lors de ce Jour de colère qui aura vu s’agréger des revendications soudées par un même rejet : celui des élites. A chaque fois, des milliers, voire des dizaines de milliers de manifestants. Quantité non négligeable, mais bien insuffisante tout de même pour représenter une véritable menace pour le pouvoir en place.

C’est pourtant dans la foulée de ces mobilisations que le gouvernement a choisi de renvoyer à plus tard (a priori 2015) la présentation de son projet de loi sur la Famille. Capitulation pour les uns, mesure d’apaisement pour les autres : faut-il voir dans cette décision une réponse à un mouvement de fond qui toucherait l’ensemble de la société française ? «Une révolution conservatrice est-elle à l’œuvre en France ?»

 

 

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12 février 2014 3 12 /02 /février /2014 08:23

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Avec Dominique Lesparre, la Gauche est rassemblée pour que Bezons reste fidèle aux valeurs de progrès, de solidarité et d'humanité qui l'animent depuis plusieurs décennies (centres de santé, priorité à l'enfance, action sociale…).

Militant socialiste, je voterai dès le dimanche 23 mars pour la Gauche et Dominique Lesparre.

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5 février 2014 3 05 /02 /février /2014 08:19

excellente analyse de mon ancienne directrice de recherche Béatrice Gilbin-Delvallet, dont l'esprit de géographe est toujours aussi affuté sur les enjeux de la décentralisation, la construction des territoires et les interactions des pouvoirs locaux.

La gazette des communes - 5 février 2014

Redécoupages des régions, fusion des communes, non-cumul des mandats… Béatrice Giblin, à la base du concept de géopolitique locale, combat les idées reçues à-propos de l'Acte 3 de décentralisation. La directrice de la revue Hérodote prône une réforme des collectivités menée dans la durée.

B.-Giblin.pngEn s’en prenant à l’organisation territoriale source, à ses yeux, de « lourdeurs » et d’ « exaspération fiscale », François Hollande ne tient-il pas désormais un discours très proche de son prédécesseur ?

Je ne le crois pas. François Hollande utilise le conditionnel et se réfère directement à son expérience à la tête du conseil général de Corrèze pour défendre la place du département en milieu rural.

L’ancien maire de Neuilly-sur-Seine, lui, employait un ton beaucoup plus martial.

Il s’en remettait aux plans prédéterminés de Jacques Attali et Edouard Balladur. Des personnalités sans doute très qualifiées, mais fort éloignées de la gestion des collectivités locales…

En quoi le pouvoir actuel adopte-t-il une politique si différente ?

Depuis un an et demi, la ministre chargée de la Décentralisation, Marylise Lebranchu consulte notamment les acteurs locaux. Il était impossible de ne pas associer élus et cadres de la fonction publique territoriale à sa réflexion : il y a des gens qui savent penser en dehors de Paris !

Elle fait le choix de la démocratie, par définition source de discussions, de débats et donc de conflits. Sa réforme est le reflet de cette concertation, ce qui la rendra très probablement imparfaite, notamment sur la répartition des compétences entre les différents échelons.

Etes-vous favorable, comme le suggère François Hollande, à la disparition des conseils généraux sur le territoire des nouvelles métropoles ?

Etant donné le caractère polémique du sujet, il est évident qu’il n’y aura pas de réforme pour le simple plaisir de réformer. Mais ceux qui s’attendent à un big-bang territorial dans les six mois qui viennent risquent d’être déçus.

Ce débat n’en est qu’à ses prémices. Régler ces questions difficiles et délicates, comme celle-ci, réclame du temps.

Il semble judicieux de supprimer les départements dans des métropoles de plusieurs millions d’habitants. Cependant – si les conseils généraux disparaissent effectivement de ces territoires bien souvent inégalitaires – que deviendra la nécessaire proximité avec les populations les plus pauvres pour leur attribuer l’aide sociale ?

Quel regard portez-vous sur les métropoles issues de la première loi «Lebranchu», promulguée le 28 janvier ?

Elles marquent un grand changement, puisque, pour la première fois dans l’histoire de France, les métropoles n’exerceront pas obligatoirement toutes les mêmes compétences. Ce qui est vrai pour le grand Lyon aujourd’hui ne le sera pas forcément demain pour la métropole d’Aix-Marseille ou de Brest.

C’est un progrès considérable, car toutes les métropoles ne couvrent pas 70% du territoire d’intervention d’un département-croupion comme l’est celui du Rhône, et tous les départements ne gèrent pas des «quartiers sensibles», comme à Vaulx-en-Velin, dont ils sont ravis de se délester.

Le redécoupage des régions, prôné par François Hollande, peut-il améliorer le développement des territoires ?

Le découpage actuel des régions date de 1956. Il a été opéré sur un coin de table par des hauts fonctionnaires «éclairés» du commissariat général au Plan, pour stimuler le développement économique insuffisant de certains territoires comme l’ouest, moins urbanisé et moins industrialisé à l’époque que l’est du territoire national.

Ces régions-programme n’ont pas été pensées comme pouvant devenir des collectivités territoriales telles qu’elles le sont depuis les lois de décentralisation de 1982 et 1983.

Des fusions sont-elles utiles aujourd’hui ?

L’argument en faveur d’un redécoupage est essentiellement économique. Mais marier deux régions comme l’Auvergne et le Limousin ne va pas en faire automatiquement  une région dynamique.

Rattacher la Loire-Atlantique à la Bretagne, c’est mettre deux crocodiles, Nantes et Rennes, dans le même marigot. A moins de transférer toutes les institutions à Notre-Dame-des-Landes (sic), qui de ces deux capitales régionales va, alors, assurer le leadership d’une Bretagne élargie ?

Je ne suis pas certaine que ces pistes soient nécessairement gages d’efficacité. En Allemagne, les Länder sont de tailles hétérogènes ; l’agglomération d’Hambourg mord sur trois länder différents dont la ville-Etat. Pour autant, personne ne pose la question de leur redécoupage.

Comment expliquez-vous, alors, le plaidoyer présidentiel en faveur de plus grandes régions ?

François Hollande semble bel et bien avoir été convaincu par la doxa vantant l’efficacité de régions plus grandes. Malgré l’absence de solide démonstration en ce sens, elles seraient, affirme-t-on, moins coûteuses pour les contribuables, plus compétitives et davantage adaptées à la mondialisation.

C’est curieux car, il y a dix ans, on ne parlait que de subsidiarité : il fallait que les décisions soient prises au plus près des populations et du territoire concerné. Désormais il faut des ensembles plus vastes afin de faire des économies d’échelle, en supprimant les doublons sources de dépenses inutiles voire pour certains « experts » de gabegie.

Un renforcement du pouvoir des régions vous parait-il cependant nécessaire ?

La centralisation, qui a atteint son paroxysme au milieu des années 1960, a montré ses limites. L’Etat ne peut plus revenir à l’époque où les permis de construire étaient délivrés par les préfets et non les maires, et que ces derniers apprenaient la création de villes-nouvelles sur leurs territoires… par le biais de la presse ! Il convient de gérer, aujourd’hui, les politiques au bon niveau.

Les régions seraient sans doute plus efficaces que l’Education nationale pour déterminer les territoires prioritaires où le nombre d’élèves par classe serait beaucoup plus petit pour éviter les décrochages échecs scolaires alors que dans d’autres territoires les classes pourraient être plus chargées.

Il en est de même dans le domaine de la santé où, à rebours de ce qui a été prévu pour les agences régionales de santé (ARS) imposées par l’Etat, les régions devraient être associées aux décisions qui concernent la santé de leur population.

Faut-il en finir avec les 36 000 communes, comme le souhaite la directrice de l’Institut français pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques (IFRAP), Agnès Verdier-Molinié ?

Sur le modèle de l’Allemagne où la densité de population est trois fois plus forte qu’en France, Madame Verdier-Molinié estime qu’une commune doit regrouper au minimum 5 000 habitants. A-t-elle oublié que certains territoires, de montagne notamment, ont une densité démographique très faible ? Combien de temps les enfants mettront-ils alors pour se rendre à l’école ? Est-elle au courant que la plupart des élus municipaux ne coûtent pas un sou à la République ?

Soyons plus pragmatiques et moins dogmatiques : tenons compte de la réalité géographique et historique pour penser une réforme territoriale, car ces schémas apparemment si logiques peuvent s’avérer inapplicables voire absurdes !

Au-delà du matraquage médiatique de quelques fausses évidences, le système actuel demeure-t-il, selon vous, lisible aux yeux de nos concitoyens ?

De la commune au syndicat mixte, la France compte à elle seule le tiers des structures territoriales de l’Europe : c’est assurément trop. Très hétérogènes – il y en a de très petites et de très vastes – les intercommunalités restent mal identifiées : quelles sont leurs limites territoriales ? Quelles sont leurs compétences ? Peu de nos concitoyens le savent, et conservent de fait une image technocratique de cette structure.

En revanche, les autres strates telles que la commune, le département, la région et l’Etat sont parfaitement lisibles. Je rappelle, par ailleurs, que c’est l’Etat et l’Europe qui sont le plus pourvoyeurs de découpages fonctionnels(1) contribuant à embrouiller les citoyens… et même les élus locaux !

L’interdiction à venir du cumul parlementaire-président d’exécutif local ne va-t-il pas faciliter la réforme des territoires ?

Sans doute, oui. Mais elle va aussi affaiblir le poids du pouvoir local à Paris et renforcer la technostructure qui est déjà difficile à faire bouger.

Si les principaux élus du bassin minier n’avaient été que maires et non pas aussi députés dans les années 1990, ils n’auraient pas pu assurer la reconversion si difficile de leur territoire.

Que changera la limitation du cumul sur le plan local ?

Le non-cumul favorisera aussi, et c’est heureux, la parité. Elle devrait également permettre de réconcilier une partie des Français avec la vie politique, même si je suis persuadée que l’on ne parlerait pas autant de Montpellier sans la mégalomanie de Georges Frêche.

Mais attention : l’impossibilité pour les maires de cumuler leur mandat avec des pouvoirs discrétionnaires comme la présidence d’une SEM ou de l’office HLM ne sera facteur ni de simplification, ni d’économie…

Comment expliquez-vous le climat de défiance envers les élus locaux ?

Si elle est légitime pour une infime minorité d’entre eux, la diabolisation d’élus irresponsables et obnubilés par leur seule réélection ne fait qu’alimenter le discours «tous pourris» tenu par le Front national.

Je ne conteste pas que certains élus, à l’approche des élections, embauchent plus que de raison dans la fonction publique territoriale. Mais ne me dites pas qu’il n’existe pas non plus des postes inutiles dans la fonction publique d’Etat ou les entreprises…

Est-ce réellement une faute de ne pas avoir mutualisé et réduit les effectifs communaux et intercommunaux quand 25% de votre population est au chômage ?

La géopolitique des régions, mode d’emploi

Quel est le point commun entre l’implantation de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, la crise des banlieues françaises de 2005, la gentrification du quartier d’Harlem à New York ou encore la gouvernance du Grand Paris ? Tous ces évènements ont donné lieu à un conflit, entre des acteurs ne partageant pas la même conception de leurs territoires.

Dire que les élus locaux et les fonctionnaires territoriaux font de la géopolitique n’est donc pas une caricature journalistique galvaudant cette discipline très médiatisée : c’est le constat de Béatrice Giblin.
Au sein de l’Institut français de géopolitique (IFG), elle, Philippe Subra et quelques autres enseignants-chercheurs appliquent, depuis une vingtaine d’années, le raisonnement géopolitique à tous ces conflits locaux contemporains.

Contrôle du territoire - Leur discipline – autrefois réservée à l’analyse des conflits internationaux – met en lumière les stratégies de divers acteurs(2) se disputant le contrôle et l’usage d’un territoire.

Les travaux de géopolitique locale, ou géopolitique interne, portent aussi bien sur la montée en puissance des collectivités territoriales depuis la décentralisation, et les luttes de pouvoirs entre administrations locales et administrations déconcentrées que sur les rapports de force entre institutions ou entre responsables politiques lors d’opérations d’aménagement du territoire ou d’élections, les recompositions territoriales à l’œuvre, les rivalités entre forces économiques et sociales, etc…

FPT ou cabinet - Objectif : démonter les ressorts profonds des stratégies de gouvernance, des alliances électorales, mais aussi de certains blocages liés à des affrontements entre groupes de pression opposés sur la construction de ligne à grande vitesse ou à l’implantation de logements sociaux.

A la frontière du technique et du politique, les diplômés de l’Institut Français de Géopolitique travaillent autant dans la fonction publique territoriale que dans les agences de conseil ou les cabinets d’élus.

Note 01:

parcs naturels régionaux, zones relevant de la loi Montagne ou soumise à la loi Littoral, zones urbaines sensibles, zones de revitalisation rurale, SCOT…

Note 02:

élus, préfets, présidents de chambre de commerce, entrepreneurs, riverains, militants environnementalistes, etc.

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29 janvier 2014 3 29 /01 /janvier /2014 12:35

Les cotisations versées pour votre compte par l'employeur à un contrat collectif obligatoire de santé (mutuelle d'entreprise) constituent un avantage en nature qui était jusqualors exonéré de cotisations sociales et d'impôt sur le revenu.

A compter de l'imposition des revenus 2013, les cotisations à la charge de l'employeur correspondant à des garanties couvrant le remboursement des frais de maladie, de maternité, et d'accident seront réintégrées à votre salaire imposable et soumises à l'impôt. Les cotisations afférentes aux risques d'incapacité de travail et de décès resteront non-imposables.

Cette nouvelle mesure fiscale scandaleuse sera douloureuse pour les 13 millions de salariés concernés qui, d’après le centre technique des institutions de prévoyance, se traduira par une hausse de l’impôt sur le revenu de 90 à 150EUR en moyenne pour chaque salarié !

Sur la base d’une cotisation mensuelle de 100EUR prise en charge à 50% par l’employeur :

La somme à réintégrer dans le salaire imposable sera de 600EUR par an (50x1)

Si le taux marginal d’imposition est égal à :

Le salarié verra ses impôts augmenter de :

14%

+ 84EUR

30%

+ 180EUR

41%

+ 246EUR

La part des cotisations versée par les salariés à une mutuelle continuera, elle, à être déductible de leur revenu imposable, mais le plafond de déduction sera abaissé. Il passera de 8 888 EUR pour l'imposition des revenus 2012 à 5 925 EUR pour celle de 2013...

Cette mesure fiscale est donc totalement irresponsable ! Comment peut-on taxer les frais de santé et les considérer comme avantage en nature alors qu'ils contribuent à mieux protéger et soigner les salariés ? Mais « cest la loi, lANI », celle qui a été votée par une majorité au parlement et le début des transferts de de la fiscalité sur les ménages dans le cadre de l'annonce par Hollande du pacte de responsabilité… Raison de plus pour se mobiliser tous ensemble le 6 février prochain !

 10H00  | RASSEMBLEMENT devant le GIM
RDV 34, avenue Charles de Gaulle | 92000 Neuilly-sur-Seine | Métro : Porte Maillot ou Sablons                     
                              
   

 14H00  |  MANIFESTATION RÉGIONALE

RDV à République en direction de Nation

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29 janvier 2014 3 29 /01 /janvier /2014 07:59

mardi 21 janvier 2014

4hpv5-LOGO CGTLe gouvernement, sous la pression sociale et politique, vient d’annoncer le report, au printemps prochain, du débat parlementaire sur la suppression des élections prud’homales.

Si le ministre Michel Sapin ne renonce pas totalement à son projet, il a du revoir ses prétentions et ravaler son mépris affiché à l’égard de la CGT !

En effet, grâce à la mobilisation : pétitions par dizaines de milliers, interventions dans les assemblées générales et audiences solennelles, interpellations des députés et sénateurs, déclarations unitaires, conférences de presse… les arguments de la CGT portant sur le recul démocratique et social que représentait l’abandon des élections des juges prud’hommes au suffrage universel, ainsi que sur l’inconstitutionnalité du projet, ont fait boule de neige parmi les parlementaires mais aussi auprès des autres organisations syndicales encore hésitantes !

Face à cette contestation, le ministre du Travail est donc contraint de faire machine arrière en annonçant le report, de plusieurs mois, de la partie du projet de loi portant sur la désignation des conseillers prud’hommes.

Plus que jamais, l’action continue

Pour la CGT, il est impératif de poursuivre les actions syndicales, dans l’unité la plus large, afin de maintenir la pression sur le gouvernement et les parlementaires pour que ce projet soit définitivement enterré. Nous devons exiger du gouvernement qu’il annonce dès maintenant la tenue et la date des élections prud’homales afin qu’elle puisse avoir lieu au plus tard en décembre 2015.

La CGT réaffirme sa disponibilité pour travailler à une plus grande participation des salariés à ces élections. Le groupe de travail du Conseil Supérieur de la Prud’homie doit se réunir sans attendre pour y travailler ! Un courrier de la CGT est adressé en se sens à son président.

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21 janvier 2014 2 21 /01 /janvier /2014 14:32

Le 21 janvier est une date anniversaire importante.

Certains y voient l'un des passages obligés de la Révolution française, avec l'exécution de Louis XVI, jour où la République rompt enfin de manière radicale et définitive avec une vision monarchique, religieuse et sacrée de la société et de la communauté. Ne comptez donc pas sur moi pour tenir des propos révisionnistes sur l'Histoire et regretter que l'héritier des Bourbons aient payé de sa vie les crimes de sa dynastie et de sa caste, tout comme les siens propres.

Je vois également quelques camarades verser une larme sur le 90 ans de la mort de Vladimir Illitch Oulianov dit Lénine. Autant je peux à la rigueur comprendre que certains de nos camarades communistes conservent une approche sentimentaliste de leur propre histoire et fiction politiques. Mais j'avoue comprendre moins, quand de jeunes camarades socialistes l'intègrent dans leur propre Panthéon fictionnel. Il y a là sans doute une tâche à parfaire pour ceux qui sont engagés à la gauche du PS afin de rétablir quelques éléments de formations historiques et idéologiques, indispensables à ceux qui veulent promouvoir le socialisme démocratique.

rosa-luxemburg-older-rlsmedium_blum.2.2.jpgLa lecture du discours de Léon Blum prononcé le 27 décembre 1920 lors du congrès de la SFIO, qui vit deux-tiers des délégués du parti voter pour rejoindre la IIIème Internationale, est un premier antidote contre des fantasmes historico-politiques malsains.

J'ajouterai à cette saine lecture celle de la brochure de Rosa Luxemburg intitulée Questions d'organisation de la social-démocratie russe et paru en 1904 dans dans l'Iskra, organe de la social-démocratie russe, et dans Die Neue Zeit revue théorique de la social-démocratie allemande. Cet ouvrage polémique, est la réponse de Rosa Luxembourg aux conceptions d'organisation du parti développées par Lénine dans l'ouvrage Un pas en avant, deux pas en arrière.

Lenine_petit_chat.jpgC'est une analyse acérée des débats internes aux sociaux-démocrates de l'Empire russe qui venaient de se diviser entre Bolcheviks, Mencheviks et Bund (parti social-démocrate yiddish de Pologne, Lituanie et Russie). C'est un texte visionnaire qui sait déceler dès cette date tous les germes du totalitarisme léniniste.

bonne lecture.

"La tâche sur laquelle la social-démocratie russe peine depuis plusieurs années consiste dans la transition du type d'organisation de la phase préparatoire où, la propagande étant la principale forme d'activité, les groupes locaux et de petits cénacles se maintenant sans liaison entre eux, à l'unité d'une organisation plus vaste, telle que l'exige une action politique concertée sur tout le territoire de l'État. Mais l'autonomie parfaite et l'isolement ayant été les traits les plus accusés de la forme d'organisation désormais surannée, il était naturel que le mot d'ordre de la tendance nouvelle prônant une vaste union fût le centralisme. L'idée du centralisme a été le motif dominant de la brillante campagne mence pendant trois ans par I'lskra pour aboutir au congrès d'août 1903 qui, bien qu'il compte comme deuxième congrès du parti social-démocrate, en a été effectivement l'assemblée constituante. La même idée s'était emparée de la jeune élite de la social-démocratie en Russie.

Mais bientôt, au congrès et encore davantage après le congrès, on dut se persuader que la formule du centralisme était loin d'embrasser tout le contenu historique et l'originalité du type d'organisation dont la social-démocratie a besoin. Une fois de plus, la preuve a été faite qu'aucune formule rigide ne peut suffire lorsqu'il s'agit d'interpréter du point de vue marxiste un problème du socialisme, ne fût-ce qu'un problème concernant l'organisation du parti.

Le livre du camarade Lénine, l'un des dirigeants et militants les plus en vue de l'Iskra, Un pas en avant, deux pas en arrière, est l'exposé systématique des vues de la tendance ultracentraliste du parti russe. Ce point de vue, qui y est exprimé avec une vigueur et un esprit de conséquence sans pareil est celui d'un impitoyable centralisme posant comme principe, d'une part, la sélection et la constitution en corps séparé des révolutionnaires actifs et en vue, en face de la masse non organisée, quoique révolutionnaire, qui les entoure, et, d'autre part, une discipline sévère, au nom laquelle les centres dirigeants du parti interviennent directement et résolument dans toutes les affaires des organisations locales du parti. Qu'il suffise d'indiquer que, selon la thèse de Lénine, le comité central a par exemple le droit d'organiser tous les comités locaux du parti, et, par conséquent, de nommer les membres effectifs de toutes les organisations locales, de Genève à Liège et de Tomsk à Irkoutsk, d'imposer à chacune d'elles des statuts tout faits, de décider sans appel de leur dissolution et de leur reconstitution, de sorte que, enfin de compte, le comité central pourrait déterminer à sa guise la composition de la suprême instance du parti, du congrès. Ainsi, le comité central est l'unique noyau actif du parti, et tous les autres groupements ne sont que ses organes exécutifs.

C'est précisément dans cette union de centralisme le plus rigoureux de l'organisation et du mouvement socialiste des masses que Lénine voit un principe spécifique du marxisme révolutionnaire, et il apporte une quantité d'arguments à l'appui de cette thèse. Mais essayons de la considérer de plus près.

On ne saurait mettre en doute que, en général une forte tendance à la centralisation ne soit inhérente à la social-démocratie. Ayant grandi sur le terrain économique du capitalisme, qui est centralisateur de par son essenœ, et ayant à lurter dans les cadres politiques de la grande ville bourgeoise, centralisée, la social-démocratie est foncièrement hostile à toute manifestation de particularisme ou de fédéralisme national. Sa mission étant de représenter, dans les frontières d'un État, les intérêts communs du prolétariat, en tant que classe, et d'opposer ces intérêts généraux à tous les intérêts particuliers ou de groupe, la social-démocratie a pour tendance naturelle de réunir en un parti unique tous les groupements d'ouvriers, quelles que soient les différences d'ordre national, religieux ou professionnel entre ces membres de la même classe. Elle ne déroge à ce principe et ne se résigne au fédéralisme qu'en présence de conditions exceptionnellement anormales, comme c'est, par exemple, le cas dans la monarchie austro-hongroise. À ce point de vue, il ne saurait y avoir aucun doute que la social-démocratie russe ne doit point constituer un conglomérat fédératif des innombrables nationalités et des particularismes locaux, mais un parti unique pour tout l'empire. Mais, c'est une autre question qui se pose, celle du degré de centralisation qui peut convenir, en tenant compte des conditions actuelles, à l'intérieur de la social-démocratie russe unifiée et une.

Du point de vue des tâches formelles de la social-démocratie en tant que parti de lutte, le centralisme dans son organisation apparaît à première vue comme une condition de la réalisation de laquelle dépendent directement la capacité de lutte et l'énergie du parti.

Cependant, ces considérations de caractère formel et qui s'appliquent à n'importe quel parti d'action sont beaucoup moins importantes que les conditions historiques de la lutte prolétarienne.

Le mouvement socialiste est, dans l'histoire des sociétés fondées sur I'antagonisme des classes, le premier qui compte, dans toutes ses phases et dans toute sa marche, sur l'organisation et sur l'action directe et autonome de la masse.

Sous ce rapport la démocratie socialiste crée un type d'organisation totalement différent de celui des mouvements socialistes antérieurs, par exemple, les mouvements du type jacobin-blanquiste.

Lénine paraît sous-évaluer ce fait lorsque, dans le livre cité, il exprime l'opinion que le social-démocrate révolutionnaire ne serait pas autre chose qu'un jacobin indissolublement lié à l'organisation du prolétariat qui a pris conscience de ses intérêts de classe. Pour Lénine, la différence entre le socialisme démocratique et le blanquisme se réduit au fait qu'il y a un prolétariat organisé et pénétré d'une conscience de classe à la place d'une poignée de conjurés. Il oublie que cela implique une révision complète des idées sur l'organisation et par conséquent une conception tout à fait différente de l'idée du centralisme, ainsi que des rapports réciproques entre l'organisation et la lutte.

Le blanquisme n'avait point en vue l'action immédiate de la classe ouvrière et pouvait donc se passer de l'organisation des masses. Au contraire : comme les masses populaires ne devaient entrer en scène qu'au moment de la révolution, tandis que l'œuvre de préparation ne concernait que le petit groupe armé pour le coup de force, le succès même du complot exigeait que les initiés se tinssent à distance de la masse populaire. Mais cela était également possible et réalisable parce qu'aucun contact intime n'existait entre l'activité conspiratrice d'une organisation blanquiste et la vie quotidienne des masses populaires.

En même temps, la tactique, aussi bien que les tâches concrètes de l'action, puisque librement improvisées par l'inspiration et sans contact avec le terrain de la lutte de classes élémentaire, pouvaient être fixées dans leurs détails les plus minutieux et prenaient la forme d'un plan déterminé à l'avance. Il s'ensuivait, naturellement, que les membres actifs de l'organisation se transformaient en simples organes exécutifs des ordres d'une volonté fixée à l'avance en dehors de leur propre champ d'activité, en instruments d'un comité central. D'où cette seconde particularité du centralisme conspirateur : la soumission absolue et aveugle des sections du parti à l'instance centrale et l'extension de l'autorité de cette dernière jusqu'à l'extrême périphérie de l'organisation.

Radicalement différentes sont les conditions de l'activité de la social-démocratie. Elle surgit historiquement de la lutte de classes élémentaire. Et elle se meut dans cette contradiction dialectique que ce n'est qu'au cours de la lutte que l'armée du prolétariat se recrute et qu'elle prend conscience des buts de cette lutte. L'organisation, les progrès de la conscience et le combat ne sont pas des phases particulières, séparées dans le temps et mécaniquement, comme dans le mouvement blanquiste, mais au contraire des aspects divers d'un seul et même processus. D'une part, en dehors des principes généraux de la lutte, il n'existe pas de tactique déjà élaborée dans tous ses détails qu'un comité central pourrait enseigner à ses troupes comme dans une caserne. D'autre part, les péripéties de la lutte, au cours de laquelle se crée l'organisation, déterminent des fluctuations incessantes dans la sphère d'influence du parti socialiste.

Il en résulte déjà que le centralisme social-démocrate ne saurait se fonder ni sur l'obéissance aveugle ni sur une subordination mécanique des militants vis-à-vis du centre du parti. D'autre part, il ne peut y avoir de cloisons étanches entre le noyau prolétarien conscient, solidement encadré dans le parti, et les couches ambiantes du prolétariat, déjà entrainées dans la lutte de classes et chez lesquelles la conscience de dasse s'accroît chaque jour davantage. L'établissement du centralisme sur ces deux principes : la subordination aveugle de toutes les organisations jusque dans le moindre détail vis-à-vis du centre, qui seul pense, travaille et décide pour tous, et la séparation rigoureuse du noyau organisé par rapport à l'ambiance révolutionnaire comme l'entend Lénine — nous paraît donc une transposition mécanique des principes d'organisation blanquistes de cercles de conjurés, dans le mouvement socialiste des masses ouvrières. Et il nous semble que Lénine définit son point de vue d'une manière plus frappante que n'aurait osé le faire aucun de ses adversaires, lorsqu'il définit son «social-démocrate-révolutionnaire» comme un «jacobin lié à l'organisation du prolétariat qui a pris conscience de ses intérêts de classe». En vérité la social-démocratie n'est pas liée à l'organisation de la classe ouvrière, elle est le mouvement propre de la classe ouvrière. Il faut donc que le centralisme de la social-démocratie soit d'une nature essentiellement différente du centralisme blanquiste. Il ne saurait être autre chose que la concentration impérieuse de la volonté de l'avant-garde consciente et militante de la classe ouvrière vis-a-vis de ses groupes et individus. C'est, pour ainsi dire, un «auto-centralisme» de la couche dirigeante du prolétariat, c'est le règne de la majorité à l'intérieur de son propre parti.

Cette analyse du contenu effectif du centralisme social-démocratique montre déjà que les conditions indispensables à sa réalisation n'existent pas pleinement dans la Russie actuelle : l'existence d'un contingent assez nombreux d'ouvriers déjà éduqués par la lutte politique et la possibilité pour eux de développer leur action propre par l'influence directe sur la vie publique (dans la presse du parti, dans les congrès publics, etc.).

Cette dernière condition ne pourra être évidemment réalisée que dans la liberté politique ; quant à la première — la formation d'une avant-garde prolétarienne consciente de ses intérêts de classe et capable de s'orienter dans la lutte politique —, elle n'est qu'en voie d'éclosion et c'est à hâter cette dernière que doit tendre tout le travail d'agitation et d'organisation socialistes. [...]"

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20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 15:02

Ce que nous pensons du pacte dit «de responsabilité»

logo_MLG_95.jpgLes annonces faites par François Hollande lors de sa conférence de presse ne nous ont, hélas, pas convaincus. Mais elles ne nous ont pas surpris. Comme lors de ses voeux du 31 décembre, le président reprend à son compte l’argumentaire libéral selon lequel la compétitivité du pays est mise en danger par un «coût du travail» trop élevé. Pour relancer l’économie, il faudrait massivement «baisser les charges» qui «pèsent sur les entreprises» et couper dans les dépenses publiques et sociales qui «aggravent les déficits publics».

François Hollande a beau dire que le discours du Bourget reste «[sa] référence», nous ne reconnaissons pas la tonalité de la campagne présidentielle dans ses propositions inspirées par l’idéologie dominante ! Et nous avons beau relire le projet socialiste de 2011, les 60 engagements présidentiels de 2012, la motion majoritaire du Parti de 2013, nous ne trouvons aucune mention du «socialisme de l’offre» ! Nous avons beau chercher, nous ne retrouvons ni plaidoyer pour la hausse de la TVA (le seul socialiste a l’avoir proposée pendant la primaire était Manuel Valls), ni dénonciation des «excès et abus de la sécurité sociale», ni condamnation d’un «Etat trop lent, trop lourd, trop cher».

Nous ne saurions nous reconnaître dans cette «amplification» d’une politique économique qui, contrairement à ce qui est affirmé par nombre de commentateurs ravis, n’a rien de «social-démocrate». Car la social-démocratie suppose que le parti majoritaire à gauche s’appuie sur des syndicats forts pour arracher un compromis au patronat. Nous en sommes loin ! Le président a en effet été très clair sur les avantages concédés aux entreprises, mais très flou sur les contreparties demandées. Il faudra plus qu’un «observatoire» pour imposer amélioration des conditions de travail, augmentation des salaires ou multiplication des embauches. D’autant que le MEDEF, par la voix de son président, n’entend pas rentrer dans une logique de «donnant-donnant» qui serait pourtant la moindre des choses.

Bref, le «pari» semble extrêmement risqué. Car si l’emploi est directement lié aux perspectives de croissance des entreprises, il n’a en revanche jamais été démontré que l’emploi se redresse rapidement, en basse conjoncture, grâce à des «mesures d’offre» comme la baisse massive des cotisations sociales.

D’autant que, dans le même temps, le gouvernement, pour répondre aux injonctions de la Commission Européenne, annonce que coupes budgétaires se poursuivront au même rythme que 2013 et 2014 (une quinzaine de milliards par an pour arriver à un total de 50 milliards en 2017). Or cette course à la baisse de la dépense, officiellement justifiée par l’objectif de la «baisse des déficits» ne porte pas ses fruits. En période de croissance quasi nulle, c’est même le contraire.

Notre feuille de route pour 2014

Depuis des mois, nous proposons une autre politique.

Nous l’avons longuement exposée dans notre «plan de relance» publié début 2013.

Nous avons enrichi ce document, en fin d’année, avec nos propositions en faveur d’une réforme fiscale d’envergure, qui s’attaque au problème du «coût du capital» et permette une redistribution équitable des richesses.

Nous allons donc continuer à argumenter et à proposer, pour nourrir le débat interne à la gauche.
Il n’y aura pas de «compromis social» favorable aux salariés sans mobilisation du parti, des parlementaires, du mouvement social. Salaires, embauches, conditions de travail, modalités de remboursement des aides en cas de non respect des engagements : nous devons porter des exigences fortes.

Certains commentateurs estiment ce combat perdu d’avance. Nous n’aurions d’autre choix que la «mise au pas» ou la «rupture». Ce ne sera ni l’une ni l’autre !

Pas de mise au pas, car nous n’avons pas l’intention de nous taire ! Contrairement à certains camarades, nous ne sommes pas des fanatiques de la Vème République. Tout ne procède pas du président. Et on ne règle pas les problèmes politiques en brandissant la menace de mesures disciplinaires ou en mettant les parlementaires au pied du mur.

Si le PS a cessé, depuis 2012, de jouer pleinement son rôle, nous faisons tout pour porter haut l’exigence d’un Parti autonome, force de propositions, relais des aspirations mais aussi des mécontentements.

Pas de rupture non plus.

Le PS n’appartient à personne. Nous n’avons pas de leçon de militantisme à recevoir, pas plus que de loyauté. Et ce serait un comble de demander aux camarades qui restent fidèles aux valeurs et à l’histoire du socialisme de le quitter sous prétexte que d’autres s’en éloignent ! On ne quitte pas un navire sous prétexte qu’il est mal dirigé et qu’il prend une mauvaise direction. On fait tout pour qu’il change de cap !

Théoriser par ailleurs l’existence de deux gauches irréconciliables est une stratégie qui n’offre pas de débouché politique. Rien de grand ne peut être accompli dans notre pays sans l’unité de la gauche. Les victoires passées sont là pour nous rappeler que nous ne pouvons gagner que rassemblés.

Miser sur l’échec du gouvernement de Jean-Marc Ayrault ne rend service à aucune des composantes de la gauche. Croire que les électeurs, déçus par une gauche «molle», la remplaceraient demain par une autre restée pure idéologiquement est en effet illusoire et même dangereux dans le contexte politique actuel. Qu’on s’en félicite ou qu’on le déplore, c’est bien l’ensemble de la gauche qui sera jugée par les électeurs à l’aune du bilan du quinquennat de François Hollande.

Si échec il y a demain, la droite et l’extrême-droite en seront les seules bénéficiaires avec les conséquences dramatiques qui en résulteraient pour les classes populaires et moyennes. Il n’y a aujourd’hui de salut pour la gauche française que dans la construction de convergences entre les forces politiques et sociales qui la composent. C’est l’un des axes identitaires de Maintenant la Gauche et nous nous efforçons de construire au quotidien de tels rapprochements. Il est en effet indispensable que cette action soit menée au sein du PS qui demeure, de loin, le premier parti de la gauche en termes d’effectifs et d’implantation sur le territoire.

Ces rapprochements, nous les mettons aussi en oeuvre localement dans les collectivités où agissent nos camarades élus, bien souvent dans des cadres d’union de la gauche avec nos partenaires écologistes et communistes. C’est aussi l’un des sens de l’engagement des camarades de notre courant qui, dans tous les départements, sont en ce moment partie prenante de la bataille politique des élections municipales comme tête de liste ou colistiers.

fond_twitter.jpgMaintenant la Gauche verra en mars le nombre de ses élus locaux multiplié, et nous devrons être collectivement au rendez-vous de leur mise en réseau et de la valorisation de leur action politique.

Comme nous l’avons rappelé dans nos récentes interventions, le président de la République ne peut se permettre de gouverner durablement sans prendre en compte les aspirations profondes de la majorité sociale et politique qui a permis son élection. La responsabilité que nous avons assumée à Toulouse en 2012 et le travail réalisé depuis nous rendent désormais capables d’agréger des camarades dans le PS autour de cette idée au-delà de nos cercles militants traditionnels.

Soyons fiers de ce que nous sommes et de ce que nos faisons. Nous nous battons, nous proposons, nous assumons la confrontation avec la droite et la discussion au sein de la gauche. Notre liberté de parole est intacte, notre vigilance jamais démentie, notre fidélité à nos idées et à notre histoire jamais prise en défaut.

Combatifs dans les élections, exigeants dans les débats internes, loyaux envers les militants de notre beau Parti, et, plus que jamais, inlassables promoteurs du rassemblement de la gauche.

Belle année à tous.

Pour Maintenant la Gauche et son équipe nationale,
Frédéric FARAVEL
Mandataire fédéral de la motion 3 dans le Val-d'Oise

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15 janvier 2014 3 15 /01 /janvier /2014 18:12

rosa-luxemburg-older-rls.jpgIronie de l'Histoire, le lendemain de l'annonce par le Président de la République française qu'il rompait les amarres de la tradition socialistes démocratique française, nous "fêtons" l'anniversaire de l'assassinat de Rosa Luxemburg, le 15 janvier 1919.

Pour le plaisir je vous invite à relire ce qu'elle écrivait à propos de La Crise de la Social-Démocratie allemande... Il y parle surtout du dévoiement de ce grand parti ouvrier qui soutint la guerre impérialiste... mais vous pouvez aussi redécouvrir ses écrits économiques sur Marxist.org

"Socialisme ou Barbarie ?

La scène a changé fondamentalement. La marche des six semaines sur Paris a pris les proportions d'un drame mondial ; l'immense boucherie est devenue une affaire quotidienne, épuisante et monotone, sans que la solution, dans quelque sens que ce soit, ait progressé d'un pouce. La politique bourgeoise est coincée, prise à son propre piège : on ne peut plus se débarrasser des esprits que l'on a évoqués. [...]"

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