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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube. J'anime aussi le groupe d'opposition municipale de gauche "Vivons Bezons" et je suis membre du groupe d'opposition de gauche ACES à la communauté d'agglomération Saint-Germain/Boucle-de-Seine.
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Gauche Républicaine & Socialiste

10 novembre 2014 1 10 /11 /novembre /2014 15:36

Suite à la saisie de la Haute Autorité du Parti Socialiste sur la question du respect des statuts du parti quant à la convocation de son congrès ordinaire (prévu en ce moment initialement), cette autorité vient de rendre son avis. Celui-ci doit selon elle être organisé au premier semestre 2015.

Je vous laisse apprécier sa réponse ci-dessous.

Frédéric FARAVEL

2014-11-07_HauteAutoritéPS_AvisSaisineNievre

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7 novembre 2014 5 07 /11 /novembre /2014 11:53

La France, mouton noir de l'emploi en Europe ?

On a l'habitude d'opposer les modèles de régulation et de flexibilité qui président en Europe à l'horreur syndicale et réglementaire à laquelle la France serait soumise.

Or la réalité c'est qu'à moyen terme la performance de la France en terme d'emploi est comparable aux USA, à l'Allemagne et aux Pays-Bas ; elle pêche seulement sur sa capacité à rebondir depuis 2010 :

emploi_total

Mais quel est le bilan comparé véritable lorsqu'on confronte la situation dégradée de l'emploi en France, les mini jobs allemands, les contrats « zéro heure » britanniques ou encore le développement des temps partiels ?

Lorsque l'on regarde le nombre d'heures de travail créées, la Allemagne et USA s'affaissent avant de remonter ; le Danemark s'effondre :

volume_horaire_total

La France surclasse Allemagne et USA à cause de la forte proportion d'emplois de courte durée. Seule la Grande Bretagne et la Suède font mieux.

Cependant c'est la capacité à créer des heures de travail par personne en âge de travailler qui permet de mesurer la performance réelle de ces pays, dont les dynamiques démographiques sont radicalement différentes.

volume_horaire_total_population_active

La France fait alors bonne figure surclassant Grande Bretagne, USA et Danemark, le paradis de la flexisécurité.

On nous opposera qu'il y a là sans doute un artifice produits par les emplois administrés ou subventionnés dans l'administration, l'action sociale, l'éducation ou la santé... Là encore, c'est une idée reçue, la France est largement surclassée en terme de progression des emplois dans ces secteurs par tous les autres pays sauf l'Italie.

progression_volume_travail_administre

Si la France est un piètre élève en terme de chômage, elle est donc loin d'être le cancre habituellement décrit. Il n'est évidemment pas question de nous contenter de la situation actuelle et des solutions existent que Maintenant la Gauche prônées pour avancer, mais les modèles libéraux ou sociaux-libéraux en œuvre dans les autres pays occidentaux qu'on nous vante régulièrement ne donnent à l'évidence pas de résultats positifs et la France aurait donc tort de les transposer.

Frédéric FARAVEL

sources : Xerfi

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28 octobre 2014 2 28 /10 /octobre /2014 14:37

Emmanuel-Maurel-Manuel-Valls.jpgLe PS vient de connaître une semaine passablement agitée. D'aucuns annoncent déjà que l'organisation est au bord de l'implosion, certains le souhaitent sans doute et au plus haut niveau. Mais comme toujours il faut éviter les raccourcis.

L'oracle du Nord parle enfin

33337.jpgDimanche 19 octobre, Martine Aubry donnait un long entretien au Journal du Dimanche, pour accompagner la publication de sa contribution aux états généraux du Parti socialiste ; l'hebdomadaire titrait «Je demande que l'on réoriente la politique économique». Tous les médias expliquaient qu'elle donnait ainsi une charge d'une virulence inégalée, après s'être longtemps tue. Pourtant, à y regarder de plus près, le discours de la maire de Lille paraît assez posé – surtout si on le compare à sa colère de l'été sur le découpage régional –, et son passage du lendemain matin sur France Inter ait venu confirmer cette analyse. Que dit-elle en somme ? Que la réorientation économique dont parle le JDD se borne à infléchir le pacte de compétitivité en ciblant le CICE vers l'investissement ; que les expériences de Blair et Schröder dates déjà d'une quinzaine d'années et qu'ils n'ont pas donné les résultats économiques et sociaux durables qu'on leur prête ; que le libéralisme économique et le social-libéralisme ne sont pas nos références et qu'il faut bâtir une nouvelle social-démocratie fondée sur la société bienveillante du care, du share et du dare ; que le pays a besoin d'une réforme fiscale, dont la pièce maîtresse serait la fusion de la CSG et de l'impôt sur le revenu pour créer le grand impôt juste et progressif annoncé dans le projet du PS adopté en juillet 2011. Elle dit qu'il faut mieux associer ceux qu'on appelle les «frondeurs» qui ont été mal traités par l'exécutif et qu'on gagnerait à les entendre. Quand le journaliste demande s'il faut qualifier François Hollande et Manuel Valls de sociaux-libéraux, elle se dérobe et refuse de répondre. On a connu attaque plus violente.

Loin de moi l'idée de dénigrer cette prise de parole, je n'en partage pas toutes les analyses mais je considère au contraire que dans la situation de blocage politique et d'échec économique et social devant lesquels se trouvent le pays, l'expression même modérée de Martine Aubry est utile.

Cependant, à voir les réactions qui ont suivi dans l'entourage de l'exécutif, il semble bien que le diagnostic posé à la fin de l'été sur les raisons qui avaient provoqué le remaniement se soit aggravé. Les mois passant l'augmentation constante du nombre des chômeurs et l'absence obstinée de la croissance vient marquer l'échec de la politique de l'offre décidée dès l'automne 2012 ; l'échec patent des choix politiques de François Hollande et Manuel Valls (politique de l'offre, austérité, soumission aux exigences de la commission européenne et d'Angela Merkel) «agit comme un acide» [expression de Laurent Joffrin] qui effrite chaque jour qui passe un peu plus la solidité des attelages politiques et la confiance des dirigeants dans la politique conduite, sans parler de la confiance de l'opinion. Ainsi la plus posée des critiques constructives apparaît désormais comme une attaque mortelle à laquelle il faut immédiatement riposter sous peine d'être terrassé.

La violence de la contre-attaque

Et le Premier Ministre n'a donc pas tardé à réagir, devant un parterre tout choisi, celui du forum républicain du Parti Radical de Gauche ; quel meilleur endroit en effet pour répondre à une contribution aux états généraux du PS que l'aéropage d'un autre parti ?

Et quant à répondre, Manuel Valls n'est jamais pris de court et il en rajoute généralement dans la provocation. Ainsi, toutes celles et ceux qui le critiquent sont rhabillés pour l'hiver qui vient, et personne ne peut résolument prétendre que la réponse du dimanche 19 octobre s'adressait directement à Martine Aubry :

  • «On ne fait pas avancer la gauche avec les idées d’hier. On ne fait pas avancer la gauche avec une vision du monde dépassée. On ne fait pas avancer la gauche et la France en niant la réalité de l’économie du marché, de la mondialisation.» ainsi proposer des réponses différentes des siennes aux sujets cités, c'est avoir une vision du monde dépassée et nier la réalité de l'économie de marché et de la mondialisation ;

  • «Je mets en garde la gauche quand elle s’abandonne au sectarisme. [] Quand la gauche se fragmente. Quand elle est dans la posture. Quand elle ne se parle qu’à elle-même, alors, à ce moment là, elle rate son rendez-vous avec l’Histoire.» Tous ceux qui ne suivent pas sont donc dans la posture du sectarisme, et ne parlent qu'à eux-mêmes. Sur le fait de regarder son nombril, le premier ministre avait déjà dit quelques pages plus haut «Ne vous laissez pas aveugler par nos débats internes», or je serais tenté de lui demander où se déroulent et sont tranchés les débats internes, on ne m'a pas donné l'info ;

  • «il ne faut pas se complaire dans la critique facile. Il faut assumer pleinement ses responsabilités» là encore le camarade Valls oublie que si critique il y a, elle s'est pourtant toujours accompagnée de propositions que ce soit celles de Martine Aubry, des «frondeurs» ou de «Vive la Gauche !» ;

  • «Gouverner la France pour changer, pour réformer, pour répondre à l’attente des Français. C’est ce choix que nous avons fait ensemble. D’autres ne le font pas. L’histoire les jugera. Nous, nous assumons les responsabilités. Et ensemble, vous et moi, vous et nous, nous sommes la gauche de la réforme. Ni vous ni nous, ni moi ne croyons à la rupture. Nous croyons au changement, à la réforme. C’est cela, la gauche qui gouverne, c’est cela la gauche qui dit la vérité. C’est cela la gauche qui combat les illusions. C’est cela la gauche qui assume ses responsabilités pour réformer et toujours faire avancer le pays au service des Français.» On mettra sans doute ces quelques phrases sur le compte de l'envolée lyrique d'une fin de discours (les forums du PRG ça prête tellement à l'enthousiasme), mais en attendant d'être jugé par l'histoire, ceux qui ont la malchance d'être en désaccord avec le Premier ministre ne savent pas assumer leurs responsabilités, se bercent d'illusions et, à défaut d'être pour la rupture, ne sont pas pour la réforme et le changement.

Voilà qui était bien envoyé à l'encontre d'une ministre qui a beaucoup réformé et changé dans le sens du progrès social et qui assume encore – comme beaucoup d'autres – ses responsabilités exécutives à la tête d'une grande collectivité. La violence de la réponse de Valls ne se départ pas d'un certain mépris qui fait échos aux propos qu'Emmanuel Macron quelques jours plus tard habillant le sien du «respect» qu'il avait pour l'action ministérielle passée de la maire de Lille dont il ne partage pas l'analyse.

La sortie du bois officielle des anciens ministres

Mardi 21 octobre, deux jours à peine après cette passe d'armes, se déroulait le vote du volet recette du projet de loi de finances pour 2015. Le débat sur le PLF avait déjà donné lieu à des échanges d'amabilité entre la rapporteure générale du budget et un député socialiste valdoisien zélé, démontrant le niveau de tension interne, mais la surpris était ailleurs. L'abstention des députés socialistes rassemblés dans le collectif «Vive la Gauche !» était annoncé et ne constituait pas une surprise ; mais d'aucun imaginait qu'ils avaient peu ou prou atteint leur étiage avec les 29 abstentions socialistes lors du vote de confiance du 16 septembre. Pourtant, sur le volet recette du budget, ce sont bien 39 députés socialistes qui se sont abstenus le 21 octobre. La presse a surtout noté l'abstention de trois anciens ministres de François Hollande : Delphine Batho, Aurélie Filipetti et Benoît Hamon.

Jean-Christophe Cambadelis, le premier secrétaire du PS a été le premier à ouvrir le feu en fustigeant une attitude «déplorable» et «pas loyale». L'intérimaire de la Rue de Solférino avait peu de temps auparavant déclaré être "choqué" par l'attitude des deux anciens ministres. Et d'estimer que «ceci pose un problème éthique» et qu'on «ne peut pas à la fois accepter l'arbitrage, le trouver juste puisqu'ils n'ont pas démissionné, et, quand on est sorti du gouvernement pour des raisons secondaires, en faire une question de distinction absolue avec la ligne gouvernementale». Peu après c'est le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, qui a dénoncé sur RMC et BFMTV un «manquement au devoir».

Secu-les-votes-sur-les-budgets-se-suivent-et-devraient-se-r.jpgAurélie Filipetti ne s'est pas démontée pour autant dénonçant la mauvaise foi du premier secrétaire et assurant n'avoir «aucune leçon à recevoir de qui que ce soit». «Je dois des comptes à mes électeurs et aux Français» «J'ai quitté le gouvernement à la fin du mois d'août sur un désaccord de fond avec la politique qui était menée, et cette politique se poursuit (...) Il n'y avait aucune raison que je ne montre pas la même attitude (...) C'est un désaccord de fond et je me suis abstenue donc sur ce budget.»

Moins relevée l'explication de vote de François Lamy, ancien ministre délégué à la Ville et bras droit de Martine Aubry, ne manquait pourtant pas de saveur. Lui qui s'était abstenu le 16 septembre expliquait que son vote positif sur le volet recette ne changeait rien à son analyse : «Aujourd’hui, mon vote positif de la loi de Finances 2015 ne vaut pas approbation de celle-ci. Ce texte ne permet pas de relancer la croissance par l’investissement, l’innovation ou la formation ni de soutenir la demande, et va freiner l’investissement des collectivités au détriment de l’emploi. Nous sommes au pouvoir et nous sommes tous conscients de nos responsabilités. Oui, il faut réformer ce pays, mais la réforme n’a de sens pour la gauche que si elle est synonyme de progrès et de justice sociale. Oui, la gauche ne pourra réussir que si elle est rassemblée. Mais ce rassemblement ne pourra se réaliser qu’autour d’une politique comprise par les Français, produisant des résultats tout particulièrement en matière de lutte contre le chômage et de création d’emplois, et préparant l’avenir du pays

L'expression des désaccords de Benoît Hamon viendrait plus tardsur RFI, le lendemain, où il a expliqué que la politiquedu gouvernement, qui, selon lui, «menace la République (...) parce qu'elle réduit les capacités d'intervention de la puissance publique». «Et la menace de la République, c'est la préparation, tout droit, comme on s'y prépare pour 2017, d'un immense désastre démocratique.(...) Non seulement l'arrivée au second tour de la présidentielle de Marine Le Pen sans coup férir, mais en plus la menace que demain, elle dirige le pays.» Contacté par Le Monde, il a précisé son propos : «Je ne dis pas que c'est le gouvernement qui menace la République, mais la politique de réduction des déficits. En affaiblissant l’État, qui est l'instrument de l'égalité, on affaiblit la République.» La première charge est effectivement inédite dans les annales de la République pour un ministre à peine sorti du gouvernement deux mois plus tôt et dont il était un des élèves modèles jusque fin août, mais les précisions qu'il donnait ensuite resitue totalement les propos ébouriffant du mercredi matin dans le cadre de la critique portée par la gauche du PS – Maintenant la Gauche en tête et la sensibilité de l'ex-ministre Un Monde d'Avance par épisode – depuis deux ans : la politique économique telle qu'elle a été décidée depuis l'automne 2012 nous conduit à l'échec et désarme l’État ; s'il n'y a pas de sursaut et de réorientation profonde, cet échec s'amplifiera et pavera le chemin de l'extrême droite.

Stéphane Le Foll demandait dans la foulée que Benoît Hamon démissionne du PS, quant au Premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis, détournant un peu les propos de Benoît Hamon, fermait une fois de plus le débat politique : «on ne peut pas dire : “le gouvernement menace la République.” On ne peut pas tenir des propos comme ça. C'est le FN qui menace la République.»

Il n'était pourtant pas au bout de ses peines.

il faut en finir avec la gauche passéiste

L'Obs (Le Nouvel Observateur, nouvelle formule) avait fait monter la mayonnaise depuis plusieurs jours. Manuel Valls allait enfin s'exprimer et dire quelle était sa vision de la gauche. Après un début de semaine réussie, on risquait donc de la terminer en beauté. L'entretien n'est pas si révolutionnaire que cela, le Premier Ministre prenant soin d'abord de promouvoir la politique de son gouvernement qui – si on ne l'avait pas encore compris – obtiendrait des résultats si on lui en donnait le temps.

11569412Pourtant dans les deux dernières pages se glissent quelques savantes provocations qui reflètent à n'en pas douter la pensée profonde du titulaire de Matignon. Au détour d'une question sur le nouveau prix Nobel (libéral) d'économie, il fait de nouvelles ouvertures en faveur du contrat unique. Plus loin, il balaie d'un revers de main ce qui marque les grandes réformes de la gauche, plaçant le quinquennat Hollande sous le signe de la «modernité» et refusant que l'on parle de symboles pour des engagements de campagne comme le droit de vote des étrangers ou l'encadrement des loyers, loi votée qu'il a enterrée. C'est à cette occasion qu'il enchaîne la dénonciation d'une «gauche passéiste» – celle donc qui serait attachée aux conquêtes sociales et politiques des décennies précédentes et qui en espèrent encore – et le refus de se définir comme socialiste : «L'Obs : cette gauche est pragmatique plus qu'idéologique ? Oui parce que l'idéologie a conduit à des désastres mais la gauche que je porte garde un idéal : l'émancipation de chacun. Elle est pragmatique, réformiste et républicaine.
- Pas socialiste ? Je le répète : pragmatique, réformiste et républicaine.»

Le lecteur me permettra ici de faire un point d'analyse.

On savait que le Premier ministre s'était à de nombreuses fois prononcé pour l'abandon de la référence au socialisme. Mais cette fois-ci, il le fait avec plus de brutalité que précédemment puisqu'il l'ignore sciemment, la renvoie aux dérives totalitaires du XXème siècle avec lesquelles il la confond donc, et enfin il donne un contenu intellectuel avec sa rupture avec le socialisme : en effet, la gauche qu'il porte garde donc un idéal : «l'émancipation de chacun». Peut-être sans le savoir, mais je n'y crois pas, Valls revient au débat parlementaire fondateur qui eut lieu les 12 et 14 juin 1906 entre Jean Jaurès, leader d'un socialisme français pas encore unifié, et Georges Clemenceau, alors ministre de l'intérieur qui venait d'envoyer la troupe tirer contre les gréviste, et qui est le grand modèle de Manuel Valls. Qu'il préfère Clemenceau, le répresseur, à Jaurès est déjà en soi un marqueur et cela a déjà été dit ; mais il s'inscrit dans la lignée intellectuelle et philosophique de Clemenceau plus profondément : en choisissant de ne parler que de «l'émancipation de chacun», il la sépare de l'émancipation collective ce qui est inconcevable pour Jaurès et les socialistes : «Oui l'individu agit sur le milieu, mais le milieu détermine aussi les limites, les moyens d'action des individus et les invite, les oblige, s'ils veulent vivre, à se transformer. Votre doctrine de l'individualisme absolu, votre doctrine qui prétend que la réforme sociale est contenue toute entière dans la réforme morale des individus, c'est – laissez-moi vous le dire – la négation de tous les vastes mouvements de progrès qui ont déterminé l'histoire, c'est la négation de la Révolution française elle-même.» On ne saurait être plus définitif avec les chimères de Clemenceau et Valls : sans profonde transformation sociale, sans transformation des rapports de force économiques, l'action des gouvernements se bornera à consolider la puissance des détenteurs du capital et des moyens de production au détriment de l'intérêt général. Sans établissement d'un rapport de force favorable aux travailleurs, c'est-à-dire comme le voulait Jaurès porter «la République jusque dans l'atelier» il n'y aura pas d'émancipation collective et donc l'émancipation individuelle ne sera une réalité que pour une catégorie de privilégiés.

Cette émancipation collective qui permet l'émancipation individuelle qui a toujours été l'horizon de la gauche socialiste et républicaine, Manuel Valls ne se contente pas de la répudier, il la caricature : «Le temps des solutions globales, identiques pour tous, est révolu.» C'est donc une vraie rupture avec ce qui fait la gauche en France, pour se raccrocher à d'autres traditions ou expériences – le Radicalisme clemenciste pour la France ou le social-libéralisme de Blair et Schröder – qui ne sont pas moins datées que celles qu'il prétend dénoncer, et qui n'offrent pas – c'est le moins qu'on puisse dire – de garanties supérieures de réussite.

Le Premier Ministre poursuit en disant qu'il peut être envisagé pour le PS de changer de nom. Au regard de ces déclarations précédentes, cela devient logique, et il a raison de dire que ce serait l'aboutissement d'un processus, au bout duquel il semble être arrivé lui-même. On pourra rire à la lecture de sa revendication d'une «gauche qui marche et qui assume les responsabilités», quand on constate à quel point la politique qu'il mène «marche» en comparaison de celle conduite 15 ans plus tôt par l'ancienne première secrétaire. Voulant éviter «l'insulte», il n'a pourtant pas hésiter à juger tous ceux qui partagent des critiques plus ou moins fermes à l'encontre du social-libéralisme de «dépassés» ; on s'étonnera qu'il dénonce «la gauche qui renonce à réformer, qui choisit de défendre les solutions d'hier plutôt que de résoudre les problèmes d'aujourd'hui» quand il a lui-même enterré la réforme fiscale, l'encadrement des loyers et s'apprête à le faire pour une autre loi votée celle sur l'économie sociale et solidaire.

Quel serait ce parti qui succéderait au PS ? Il fonctionnerait sans doute sans «verticalisme» invalidé «à l'heure des réseaux sociaux». Pourtant, on a peine à croire qu'il n'y ait pas une sérieuse dose de verticalité dans le parti vallsiste que l'on nous promet, lorsque l'on constate au quotidien à quel point il demande l'alignement sur son autorité. Comme Fabius en 1990, comme Ségolène Royal entre 2006 et 2008, Manuel ne rêve que d'un parti de supporters (mais lui n'espère pas mobiliser des foules militantes) où l'horizontalité se vivrait dans l'obéissance à sa doxa libérale.

Quelle stratégie pour ce nouveau parti ? La maison commune des progressistes… On lit d'ailleurs qu'il aurait fallu «tendre la main à François Bayrou» en 2012, ce qui donne une idée du périmètre stratégique de la gauche vallsiste. Cette mauvaise conscience des sociaux-libéraux a été relayée quelques jours plus tard sur Europe 1 par Jean-Marie Le Guen, elle constitue donc un axe fort de leur discours. Mais il y a fort à parier que l'on ne se bousculera pas au portillon pour rejoindre sa maison commune : ni le PCF, ni les écologistes, ni le MRC, ni le MdP ne semblent tentés par elle. François Bayrou et les centristes non plus d'ailleurs au passage. Les seuls intéressés sont le PRG à qui le Premier Ministre a offert le 19 octobre des concessions déjà éventées depuis plusieurs semaines, et le groupusculaire Front démocrate écologique et social de Jean-Luc Benhamias, fondé dans le seul et unique but de «soutenir le Président de la République». C'est dire le rabougrissement de la base politique de la politique que Manuel Valls nous propose et l'impasse électorale à laquelle elle nous conduit.

Cambadélis crie halte au feu

PHOcf8fdd96-5b45-11e4-9c00-ce9a9873a4a1-805x453.jpgAprès avoir lu l'entretien du Premier Ministre, le Premier secrétaire par intérim a dû hurler en lui-même. Lui qui rêvait de devenir le chef du PS et qui n'y arrive qu'au moment où il se déchire, parce que la politique conduite au pouvoir est aux antipodes de son message politique, et que le Premier ministre propose de le dissoudre !

Bien sûr Manuel Valls ne saurait être celui qui provoque la guerre interne. Donc, la faute en revient à nouveau à tous ceux qui rappellent quels étaient nos engagements de 2011 et 2012. Et le Premier secrétaire en appelle aux militants pour les rappeler à l'ordre, en cherchant à jouer sur la fibre légitimiste toujours forte.

Pourtant, son rôle n'est pas de lancer une pétition interne pour masquer les difficultés mais de créer réellement les conditions du rassemblement des socialistes et de la gauche.

Or depuis deux ans, la politique conduite par les gouvernements (ratification du TSCG, pacte de compétitivité, ANI, retraites, pacte de responsabilité, abandon de la réforme fiscale) – en décalage avec la plupart de nos engagements de campagne – a créé un trouble profond dans nos rangs et au-delà dans l'électorat socialiste qui s'abstient massivement aux élections et envisage de s'abstenir fortement à nouveau pour les prochains scrutins.

Marie-Noëlle Lienemann caractérisait bien la situation qui permettait les sorties du Premier Ministre le jeudi 23 octobre : «Il ne veut pas répondre aux questions qu'on lui pose sur l'efficacité de sa politique, ses dangers dans certains cas. Du coup, il essaie de contourner le sujet en se préoccupant de la vie du PS plutôt que de la vie de la France».

Ce trouble est renforcé par l'absence de résultats et même des conséquences contraires aux effets recherchés. Ceux qui comme Maintenant la Gauche ou après ce courant ont alerté sur la situation et ont proposé d'autres solutions conformes aux engagements des présidentielles et législatives ont été accusés de semer le désordre. Cependant, quand d'autres responsables proposent de rompre avec ce qui fait l'identité de la gauche ils sont accueillis avec mansuétude par la direction du parti.

La situation actuelle est grave parce que face à la crise économique, sociale et politique que nous vivons, le PS n'est plus en capacité de définir qu'elle est son orientation. Lors de sa désignation en avril dernier le premier secrétaire par intérim aurait dû permettre de clarifier l'orientation du parti en convoquant le Congrès comme prévu par les statuts à l'automne 2014. Las, il a décidé de reporter sine die celui ci pour engager des états généraux dont on voit bien aujourd'hui qu'ils répondent pas aux enjeux de la période et qu'ils permettent aujourd'hui au Premier Ministre d'attaquer de front les fondements du socialisme démocratique trouvant là l'occasion de ne pas soumettre l'échec de l'orientation portée par François Hollande et Manuel Valls.

Il est donc temps qu'un congrès d'orientation et donc de clarification soit convoqué au plus vite. Tant que les militants socialistes ne se seront pas prononcés sur politique qu'ils veulent défendre et mettre en œuvre, tous les appels jouant sur un réflexe légitimiste seront vains et n'empêcheront pas le trouble de s'amplifier et la gauche de se diviser, donc mettront à mal nos capacités à redresser le pays dans la justice, ce qui est ce à quoi nous nous étions engagés.

Or, plus le congrès sera convoqué tardivement moins il permettra de résoudre nos dilemmes actuels : le hiatus continuera à croître entre la politique conduite par François Hollande et Manuel Valls, nos engagements de campagne et les principes du PS. Avec une possibilité toujours accrue de débordements et que des lignes rouges soient franchies tant dans le parti que dans le groupe parlementaire. Emmanuel Maurel pointe un autre problème : «Dans un an, les effectifs seront tellement réduits que l’incertitude n’en sera que plus grande. Le plus grave, ce ne seront pas les tensions, mais le délitement du parti après les nouvelles déroutes électorales, qui vont créer de la panique en interne. Le parti sera exsangue en 2016.» C'est sans doute ce que recherchent les responsables de l'exécutif un parti rabougris, frileux et recroquevillé sur ses derniers élus, qui acceptera un congrès pré-présidentielles où l'on ne discutera que de la menace du Front National et de la nécessité de se rassembler pour faire taire tout ce qui nous mine depuis deux ans et risque de nous miner encore. Luc Carvounas, proche du premier ministre, l'avoue d'ailleurs sans ambages «ce congrès devra être un congrès d'orientation et pas de clarification politique, comme le dit l'aile gauche, un congrès utile pour celui qui représentera le parti à la prochaine présidentielle» ; on l'aura remarqué dans sa bouche l'utilité ce n'est surtout pas de sortir de la confusion.

Un congrès urgent et ouvert

Un bon connaisseur du parti explique dans Mediapart : «La base militante n’aura plus grand-chose à voir avec les derniers congrès qu’on a connus : on aura perdu l’influence des barons locaux et l’appareil des régions, le dernier qui reste au parti, les militants travaillant dans les collectivités territoriales et les cabinets ne seront peut-être plus adhérents mais chômeurs, les grosses fédérations qui faisaient l’élection auparavant auront toutes été mises sous tutelle, et leurs fichiers auront donc été nettoyés.»

Cinq ensembles cohabitent aujourd'hui dans le Parti Socialiste et c'est de leurs dynamiques respectives ainsi que de leur agencement les unes avec les autres qui déterminera l'issue du congrès s'il est convoqué dans des délais décents.

  1. Les sociaux-libéraux assumés : ce groupe rassemblent ceux qui défendent la même orientation que le Premier Ministre Manuel Valls et qui se reconnaissent dans les propos qu'il a réaffirmés devant les Radicaux de gauche et dans L'Obs. Christophe Caresche, Jean-Marie Le Guen, Emmanuel Macron, François Rebsamen ou Jean-Jacques Urvoas ont le mérite d'assumer à la fois le désir de renverser la stratégie politique du PS pour l'orienter vers le centre, en faisant une croix sur la majorité des écologistes et sur les communistes pour fonder leur maison des progressistes, et le bonheur qu'ils vivent de pouvoir mettre en œuvre la politique libérale dont ils semblent avoir toujours rêvé sans jamais la défendre dans le PS (ils n'ont jamais soutenu Jean-Marie Bockel). Ils lancent régulièrement des appels à purger le PS de son aile gauche, qui prend parfois dans leur bouche une extension importante. Porte-parole du gouvernement mais aussi des hollandais "canal historique", Stéphane Le Foll s'est aussi laissé aller à réclamer le départ de Benoît Hamon, mais il ménage cependant les amis de Martine Aubry. Enfin, ne leur en déplaisent, mais les amis de Pierre Moscovici, parti à Bruxelles pour la Commission européenne, sont orphelins de leur lider maximo et les membres de Besoin de Gauche chercheront sans doute à combler leur manque affectif.

  2. L'appareil du parti autour de Jean-Christophe Cambadélis : ne soyons pas trop durs avec le Premier secrétaire par intérim. Comparé à la direction d'Harlem Désir, le parti a retrouvé depuis avril un semblant d'activité ; les états généraux donnent l'impression que certaines sections ou fédérations débattent encore mais devant un parterre militant de plus en plus restreint. «Les minorités sont consultées et respectées» concède Emmanuel Maurel, qui regrette cependant dans le même temps que «sur le fond, on ne (sache) pas ce qu’il pense». Et de résumer son sentiment : «Il est habile, mais il fait comme s’il n’y avait pas de réalité de la pratique du pouvoir.» Tout de même, le parti ne va pas si bien que cela : le premier secrétaire a instauré des suivis de fédération par les secrétaires nationaux comme à l'UNEF-id qu'il a fondée et une réunion de la "majorité du CN" la veille du conseil national ; les participants revendiquaient photos à l'appui le 11 octobre 700 participants et une trentaine de députés présents. On peut s'étonner de la faible présence parlementaire et qu'une salle qui a été utilisée lors de la campagne d'Anne Hidalgo fut alors pleine à craquer avec 400 personnes alors qu'on compte sur les photos du 11 octobre (même recadrées) les rangées vides. Mais Christophe Borgel nous a rassuré depuis, ils étaient en fait 800 le samedi 11 octobre, ce qui explique donc que la salle du conseil national le lendemain fut à moitié vide. Peu importe, cette querelle de chiffres ; le plus grave est que lors de ce CN (où fut distribué un recueil de textes de Jean Jaurès d'où j'ai tiré son débat avec Clemenceau – cela aura au moins servi à ça !), les interventions ce sont enchaînées sans qu'elles aient une suite et sans que les questions et propositions portées par certains membres reçoivent une réponse ou une réaction de la direction du parti et du premier secrétaire. Un sentiment d'inutilité. On pourra cependant concéder à Cambadélis la gestion des équilibres, postant de temps à autres des communiqués désapprouvant les ballons d'essais les plus caricaturaux des ministres libéraux comme sur les seuils sociaux ; il désapprouve également la pertinence d'un changement de nom – comment voulez-vous redéfinir l'identité socialiste (prétexte des états généraux) si le Premier ministre veut supprimer le socialisme ? Mais sur l'essentiel, les amis de Jean-Christophe soutiennent l'orientation sociale-libérale du gouvernement. Si «Cohérence socialiste» – Alexis Bachelay, Yann Galut, Valérie Rabaud et Karine Berger – réclame quelques infléchissements de la politique libérale et un congrès de clarification comme «Maintenant la Gauche», leur menace de se compter seuls paraît peu crédible et tout porte à croire qu'ils se joindront aux amis de Cambadélis.

  3. Le centre «frondeur» : les amis de Martine Aubry défendent avec une bonne partie des «frondeurs» une orientation d'infléchissement de la politique gouvernementale actuelle. Comme Jean-Marc Germain, Laurent Baumel ou Christian Paul, et quelques autres, ils rejettent les outrances sociales-libérales de la baisse du «coût du travail» et de la politique de l'offre, mais ne demandent pas de réorientation profonde. Ils peuvent être tiraillés à l'idée de rompre définitivement avec l'appareil actuel du PS (Jean-Marc Germain reste membre de la direction), mais la contribution de Martine Aubry rend difficile d'envisager un alignement sur l'immobilisme actuel.

  4. discours Maurel samediL'aile gauche socialiste en quête de rassemblement : depuis le congrès de Toulouse à l'automne 2012, l'aile gauche du PS c'est «Maintenant la Gauche», conduite par Emmanuel Maurel et Marie-Noëlle Lienemann. Avec 14% des suffrages militants pour la motion et 28% pour le Premier secrétaire sur le nom d'Emmanuel Maurel, la motion 3 a surpris les commentateurs, ses anciens partenaires rangés dans la motion gouvernementale lui ayant promis un score inférieur à 5%. Depuis ce courant a dépassé ses propres handicaps – pertes de ses principales figures médiatiques et de l'immense majorité des parlementaires – par un travail et une expression régulière de propositions politiques, qui ne le cantonne pas à la dénonciation et au commentaire : plan de relance écologique et social, sursaut européen, propositions pour une réforme fiscale de gauche, et récemment encore un manifeste pour une alternative à gauche ici et maintenant (c’est-à-dire une série de propositions concrètes à engager immédiatement pour réorienter demain matin la politique gouvernementale). Mais Emmanuel Maurel se voit contester le leadership par les parlementaires et cadres d'Un Monde d'Avance, la sensibilité de Benoît Hamon qui avait choisi de ne pas se compter au dernier congrès. UMA – et sans doute Benoît Hamon – considère que c'est autour de sa sensibilité que doit s'organiser le rassemblement de la gauche du PS, au regard de ses relais parlementaires ou dans les réseaux de jeunesse et de sa capacité supposée à faire le lien avec les «frondeurs» modérés et les amis de Martine Aubry. Cependant, on ne connaît aujourd'hui ce que représente UMA, dont les parlementaires se sont largement divisés sur les votes du PLFR et PLFRSS ou sur le vote de confiance, car cette sensibilité n'a pas par définition recueilli le vote des militants. Benoît Hamon peut aussi porter comme une croix non pas son passage au gouvernement mais son soutien explicite jusqu'au printemps dernier (il a avec Arnaud Montebourg permis à Manuel Valls de devenir premier ministre) à l'orientation gouvernementale ; il aurait sans doute eu moins de difficultés s'il était resté dans son « couloir de nage » en se contentant de l'ESS ou de l'éducation nationale ; il est lui-même contesté en interne par Pouria Amrishahi, député des Français de l'étranger, et pour le manque de stratégie dans sa sortie du gouvernement par Henri Emmanuelli. Par ailleurs, Emmanuel Maurel et Marie-Noëlle Lienemann n'ont pas à rougir de leur capacité à parler à Martine Aubry et aux partenaires écologistes et communistes, que Hamon avait mis en scène le dimanche 5 octobre à Vieux-Boucaux. Une partie de la motion 4 a déjà commencé à travailler avec «Maintenant la Gauche» et personne ne comprend ce que souhaitent les amis d'Arnaud Montebourg entre des parlementaires qui ont voté la confiance le 16 septembre et des cadres du parti qui souhaitent engager le débat avec les autres contestataires de la ligne gouvernementale. Enfin, il existe des députés socialistes non alignés avec qui il faudra travailler. Cependant «La volonté unitaire doit pouvoir surpasser tout ça» a raison d'insister Emmanuel Maurel.

  5. Une majorité de militants perdus : D'aucuns ont tendance à dire que le parti socialiste compte avant tout une majorité légitimiste qui est elle aussi bousculée par la politique conduite depuis deux ans. Elle est tiraillée par son réflexe de loyauté vis-à-vis de l'exécutif, le constat de l'échec électoral et l'éloignement croissant des politiques menées avec non seulement les engagements de la campagne des présidentielles mais plus largement des valeurs socialistes. Manuel Valls comme Jean-Christophe Cambadélis jouent l'un et l'autre sur cette fibre légitimiste, dénonçant à la vindicte militante les contestataires qui seraient responsables tout à la fois des difficultés du pays et du naufrage du parti. Ce type d'argument peut faire long feu et il y a fort à parier que les provocations libérales du Premier Ministre finissent par être contre-productives. Dans le même ordre d'idée, ils jouent avec la menace (réelle) du Front National pour inciter au rassemblement silencieux face à l'ennemi fasciste. Mais dans un cas comme dans l'autre, tout dépendra de la capacité des opposants à la ligne actuelle de faire comprendre que le parti ne mourra pas d'un changement de direction et d'une clarification et que tant la montée du FN que la situation économique et sociale du pays sont aggravées par la politique libérale appliquée à la France... et à se mettre en dynamique, la force allant toujours à la force.

Personne ne peut aujourd'hui expliquer ce qui sortira d'un congrès dont on ne connaît pas même la date. Mais nous ne pourrons mettre un terme aux tensions croissantes entre socialistes, sur fond de situation dramatique pour notre République, sans que le PS dispose enfin d'une orientation politique qui lui permette d'avoir une position forte face ou aux côtés du gouvernement ; c'est donc bien une clarification qui est attendue.

C'est aussi à Manuel Valls d'assumer enfin en son nom sa ligne politique devant les militants socialistes : qu'il leur propose courageusement une motion où sont inscrits le choix du social-libéralisme, de l'autorité, le changement de nom du parti et le renversement stratégique que constitue sa maison des progressistes qui éloigne une partie de la gauche pour se tourner vers le centre. Dans ce cas là, il y aura toujours un parti socialiste et il se pourrait qu'il soit plus large que le Premier Ministre ne le croit.

En effet, je suis convaincu que comme moi la majorité des militants socialistes n'ont pas de mal à assumer leur filiation avec la "vieille maison" de Jean Jaurès et Léon Blum ; nous savons ce que nous devons à l'héritage du mouvement socialiste français, nous faisons le tri entre sa part d'ombres et de lâchetés (il y en a) et l'immense aspiration humaine qu'il représente. Si Manuel Valls souhaite s'enfermer avec Clemenceau qui a dans les actes déserté la gauche dès les lendemains de la résolution de l'Affaire Dreyfus, on le lui laisse volontier.

Frédéric FARAVEL

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22 octobre 2014 3 22 /10 /octobre /2014 13:52

logo MLG 2Le combat des socialistes est un combat culturel. C'est également au travers de la création artistique qu'il est possible de faire évoluer les esprits pour permettre la transformation de la société.

C'est pour cela que compte tenu de l’intérêt politique particulier des spectacles Les enfants de la terreurDiscours à la nation et Regarding the just, nous vous encourageons à suivre les 3 spectacles du festival théâtral du Val-d'Oise ci-dessous et à les faire connaître dans vos réseaux :

- Les enfants de la terreur, de Mabel Octobre et plus particulièrement sur la représentation du 14 novembre à Goussainville. (lien vers la fiche spectacle)
- Discours à la nation, d’Ascanio Celestini qui sera donné en clôture du Festival le 7 décembre à Fosses. (lien vers la fiche spectacle)

Regarding the just de la Cie de l’Intervention et le Trap Door Theater de Chicago, le 21 novembre à Herblay. (lien vers la fiche spectacle).

pour Maintenant la Gauche Val-d'Oise
Frédéric FARAVEL

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17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 17:55

logo ecole formation MLGCela fait plusieurs semaines que je coordonne le lancement de l'école de formation de Maintenant la Gauche, avec quelques camarades volontaires.

L'école de formation MLG a commencé ses séances depuis le lundi 29 septembre dernier. La première, que j'ai animée, était consacrée à "l'histoire du socialisme français des origines à 1969" ; la seconde, qui s'est déroulée le lundi 6 octobre, était animée par David Cayla et consacrée aux "origines des crises économiques internationales : accidents ou logique du système ?"

Annoncée et attendue, tant par les participants que par les camarades en région qui n'ont pu assister à ses séances, la plateforme web de l'école de formation est désormais en ligne ! Vous pouvez dès maintenant y accéder à l'adresse Maintenant-la-Gauche-2-2820.JPGhttp://ecole-formation-maintenantlagauche.fr/

Vous y trouverez les 1ères vidéos des séances de formation, ainsi que des documents pédagogiques complémentaires. Vous pouvez évidemment utiliser ce support pour des formations collectives en région.

Vous y trouverez également - et la mise à jour sera faite au fur et à mesure - la liste des formateurs et intervenants de l'école et le calendrier des futures séances.

Cette plateforme web est bien évidemment améliorable, elle a vocation à évoluer avec le temps ; dans tous les cas, nous tenons à remercier vivement nos camarades Jean-Pierre Coté et Sébastien Fontagneu qui ont permis qu'elle voit le jour dans des délais relativement courts.

Pour mémoire les prochaines séances actuellement programmées sont les suivantes :

  • -> Lundi 20 octobre, Réforme territoriale : progrès ou danger pour la République ?, avec Marie-Noëlle Lienemann
  • -> Lundi 3 novembre, Après une cinquième République monarchique, quelle VIème République pour les socialistes ?, avec Emmanuel Maurel
  • -> Lundi 17 novembre, L’évolution du droit du travail. Le «dialogue social», outil de progrès ou instrument de régression ?, avec Étienne Colin, avocat spécialisé en droit social
  • -> Lundi 24 novembre, Le socialisme français depuis le congrès d'Epinay. Quel avenir pour le PS ?, (poursuite de la 1ère formation que j'avais animée)
  • -> Lundi 1er décembre, La gauche et la construction européenne : repères et concepts, avec François Lafon, historien

Je rappelle qu'il est nécessaire de s'inscrire avant chacune des séances de l'école de formation en écrivant à l'adresse électronique de l'école : formation.maintenantlagauche@gmail.com - vous pourrez également le faire depuis la plateforme web. Les séances se déroulant jusqu'à nouvel ordre dans des salles de l'Assemblée Nationale (grâce au soutien de Suzanne Tallard, députée de Charente-Maritime, et de sa collaboratrice Aurélie Arainty), il est impératif d'avoir sur soi une pièce d'identité pour accéder au lieu de formation.

Frédéric FARAVEL

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17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 13:12


C'est quoi le socialisme en 7 secondes par FredMouflon

pour compenser le son un peu pourri : "être socialiste, c'est avoir la conscience de l'égalité humaine, alors que toute la société est fondée sur les privilèges"

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16 octobre 2014 4 16 /10 /octobre /2014 10:24
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10 octobre 2014 5 10 /10 /octobre /2014 10:39

nouveau-logo-psEt si on respectait nos statuts autant dans leur esprit qu'à la lettre

Après le lancement par Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire par intérim du PS, désigné le 15 avril dernier par le conseil national, la fédération du Val-d'Oise du Parti Socialiste a choisi d'approfondir trois thématiques pour contribuer à cette démarche :

1 - Comment faire progresser notre Europe ?

2 - Comment faire progresser notre démocratie ?

3 - Comment faire progresser notre Parti socialiste ?

D'autres thématiques avaient été évoquées par plusieurs camarades du comité de pilotage, avec la volonté d'aborder les questions économiques et sociales qui sont fortement discutées aujourd'hui au regard de la politique conduite par le gouvernement. Mais cette thématique n'est pas spécifiquement désignée dans la liste définie par le Secrétariat national. Pourtant, alors qu'elle n'est pas non plus présente dans la liste des thématiques abordées par les états généraux, la fédération abordera la question du fonctionnement du PS, avec un questionnaire militant, et l'espoir de recueillir plusieurs contributions sur le sujet. On notera qu'on peut donc adapter la liste des thématiques des états généraux en fonction des circonstances, mais faisons fi du mauvais esprit et contribuons sur ce sujet nécessaire, puisqu'il parle de la manière dont nous vivons ensemble dans notre organisation politique.

Alors que les statuts du Parti Socialiste impliquent de convoquer un congrès pour la fin de l'année 2014, ce dernier a choisi de repousser l'échéance sine diepour réunir des «états généraux», qui doivent selon lui «reformuler l'identité socialiste». Programme ambitieux s'il en est !

On peut s'étonner d'une telle feuille de route quand la déclaration de principes du PS a été réécrite et adoptée en 2008 ; la fédération du Val-d'Oise du Parti Socialiste s'était d'ailleurs largement impliquée dans le processus, en défendant dans les amendements qu'elle avait adoptés le souhait de conserver la référence à l'aspiration révolutionnaire des socialistes, qui y donneraient la traduction au travers de leur action réformiste (l'amendement avait été voté à l'unanimité par la convention fédérale présidée à l'époque par Dominique Lefebvre). Il ne s'agissait pas ici de sauvegarder une «vache sacrée», parallèle aux vieilles lunes du putsch révolutionnaire à la sauce bolchévique, mais de considérer que les grands principes de la Révolution Français, transcrits dans la devise de la République «Liberté, Égalité, Fraternité», conservaient leur portée révolutionnaire au sens plein du terme, c'est-à-dire dans la perspective de la transformation de la société, et que n'ayant toujours pas été réalisés dans les faits, ils avaient vocation à être encore et toujours revendiqués par le PS pour ce qu'ils représentaient.

Depuis avril dernier, le rôle du PS se limite à publier des communiqués dépités et sans effets, après chaque nouveau ballon d'essai libéral lancé par un ministre des gouvernements Valls (seuils sociaux, 35 heures, contrôle des chômeurs, à chaque fois derrière le paravent du dialogue social, alors que les confédérations syndicales n'ont rien demandé et se retrouvent ainsi mises sur la défensives face au patronat).

Si Jean-Christophe Cambadélis et le Parti avec lui prétenden résoudre la crise idéologique et culturelle qui étreint toute la gauche européenne, et au-delà, depuis 20 à 30 ans, en 3 mois d'états généraux du PS, ce serait faire preuve d'une naïveté confondante ; ou bien ce serait signer que les états généraux sont bien une stratégie occupationnelle de diversion.

Les militants socialistes doivent pouvoir reprendre la parole et s'exprimer sur les politiques conduites par le gouvernement qui s'éloignent chaque jour un peu plus des valeurs et des principes du socialisme démocratique.Ils doivent pouvoir le faire sans restriction et sans que l'on ne limite leur avis à quelques thèmes choisis pour détourner l'attention. En effet, les questions économiques et sociales, qui sont pourtant au cœur des divergences entre socialistes tant dans le Parti qu'au Parlement, sont volontairement écartées des sujets soumis aux militants dans le cadre des états généraux.

C'est donc un Congrès du Parti Socialiste que nous exigeons désormais de voir convoquer dans les plus brefs délais, dans le respect de ses statuts et de son fonctionnement démocratique !

En effet, comme nous l'avons déjà expliqué plus haut, les statuts du PS disposent clairement que « Le congrès national se réunit dans les six mois suivant les élections présidentielle et législatives. Il se réunit également à mi-mandat. » (Article 3.2.1 - Périodicité du congrès national) ; ainsi après avoir été convoqué régulièrement pour le mois d'octobre 2012, le congrès aurait donc dû être convoqué à nouveau deux ans plus tard en octobre-novembre 2014. C'était l'une des obligations de notre premier secrétaire par intérim qui aurait donc gagné en cohérence à faire de sa préparation la priorité de son début de « mandat ».

Accessoirement cette modification des statuts du PS, effectuée en 2012, lui permettait d'être compatible avec l'introduction des primaires citoyennes pour la désignation du candidat socialiste à l'élection présidentielle. Nous y reviendrons plus bas.

Opportunément, l'organisation des états généraux fournit ici un prétexte pour repousser la date du congrès sine die, une commission d'organisation du congrès est annoncée depuis plusieurs mois et devrait être constituée à l'occasion du Conseil National du dimanche 12 octobre. Là aussi, précisons le la commission d'organisation du congrès est régie par des règles précises : « Commissions de préparation du congrès - Une commission nationale de préparation du congrès est mise en place par le Conseil national. Une commission fédérale de préparation du congrès est mise en place dans chaque fédération. La composition des commissions de préparation du congrès est fixée par le règlement intérieur. La commission nationale de préparation du congrès a pour objet, sous le contrôle du Bureau national, de veiller au bon fonctionnement matériel des opérations et à l’égalité de traitement et d’accès aux facilités administratives entre toutes les contributions. » (Article 3.2.3 des statuts) ; l'article du règlement intérieur qui est signalé ci-dessus est le suivant : « Article 3.2.3 - Commissions de préparation du congrès - La Commission nationale de préparation du congrès a pour objet, sous le contrôle du Bureau national, de veiller au bon fonctionnement matériel des opérations et à l’égalité de traitement et d’accès aux facilités administratives entre toutes les contributions. Elle est mise en place par le Conseil national qui convoque le congrès, elle comprend le Premier secrétaire du parti, les Secrétaires nationaux concernés, désignés par le Bureau national et deux représentants par motion déposée au congrès précédent. »

Il conviendra donc de vérifier si cette fameuse et promise commission d'organisation du congrès respectera nos règles communes.

La date de notre congrès est, elle, soumise à de nombreux aléas depuis l'annonce des états généraux. Désormais, avec le changement de calendrier des élections départementales et régionales, elle est devenue incertaine et d'aucun – parmi les responsables nationaux du Parti, Luc Carvounas, sénateur et secrétaire national en charge des relations extérieures, proche du Premier Ministre – explique qu'un congrès en 2015 impliquerait une grave cacophonie. Ce type d'argument est reproductible à l'infini et l'on attend le moment où nous expliquera que la proximité de l'élection présidentielle n'est plus compatible avec la tenue d'un congrès. Or, tant du point de vue statutaire, donc juridique et administratif, il n'est pas acceptable que le congrès soit repoussé indéfiniment et que sa direction actuel soit prolongée sans vérifier que sa légitimité politique est valide.

Rien n'empêche aujourd'hui le Premier secrétaire de convoquer au printemps 2015 donc avec à peine plus de 6 mois de retard le prochain congrès du PS : le conseil national peut parfaitement sur sa proposition voter avant ou au lendemain des élections départementales la convocation d'un congrès qui se tiendrait au tout début de l'été, avec un vote des militants fin juin avant la fin de la période scolaire et un congrès national lors du premier week-end des vacances d'été.

Il est vrai que jusqu'ici les dirigeants du Parti Socialiste se sont arrangés avec la lettre des statuts du PS, comme l'ont démontré les récentes déclarations croisées du Premier secrétaire par intérim et de son secrétaire national aux relations extérieures : ce dernier indiquait qu'effectivement les primaires citoyennes étaient inscrites dans les statuts du PS depuis octobre 2012, mais qu'il n'y avait pas lieu d'en organiser puisqu'il n'y avait pas de candidats. Il est vrai qu'à deux ans de l'élection présidentielle, peu de candidats ont pensé à se déclarer. Ce qui est plus étonnant c'est que le Premier secrétaire par intérim a indiqué sur les radios qu'il n'y avait pas d'obligation à organiser des primaires citoyennes, car les statuts du PS ne seraient qu'indicatifs !?! On croit rêver. Les statuts du Parti ne sont donc rédigés que de manière indicatives et si c'est le cas il n'y aurait donc pas lieu de les appliquer quel que soit l'article !?! C'est sans doute ce que pourront répondre désormais aux responsables du parti, tous les élus socialistes qui sont en délicatesse avec son fonctionnement : pas besoin de reverser les indemnités d'élus, pas non plus besoin d'une discipline de vote et donc les menaces d'exclusion, très souvent émises ces dernières semaines, ne sont donc elles-mêmes qu'indicatives

Pourtant, dans toute association et organisation politique, les statuts sont la règle commune ; ils doivent être respectés et s'ils ne le sont pas par la direction, ses militants sont en droit d'en contester les décisions devant le tribunal administratif. Or, l'organisation des primaires est bel et bien inscrite dans nos statuts : «Article 5.3.1 - Principe des Primaires citoyennes - Le candidat à la présidence de la République est désigné au travers de primaires citoyennes ouvertes à l’ensemble des citoyens adhérant aux valeurs de la République et de la gauche et coorganisées par les formations politiques de gauche qui souhaitent y participer. Les candidats aux primaires doivent s’engager à soutenir publiquement le candidat désigné et à s’engager dans sa campagne. Au moins un an avant l’élection présidentielle, le Conseil national fixe le calendrier et les modalités d’organisation des Primaires.» Les statuts ne précisant pas si la situation est différente en présence d'un Président socialiste sortant, celui-ci doit donc s'y soumettre.

De fait, cette tendance à s'arranger avec les règles de notre parti (on l'a vu quand Harlem Désir a tenté de compter les absentions pour empêcher l'adoption des amendements au texte de la convention Europe de 2013) traduit une tentativede dévoiement du fonctionnement de notre parti : Jean-Christophe Cambadélis veut pousser à une nouvelle révision des statuts du Parti Socialiste. Celle-ci n'est par ailleurs pas autorisée hors d'un congrès ordinaire.

L'objectif du Premier secrétaire par intérim est implicitement de mettre à bas le système des motions et de thématiser les congrès du Parti : c'est un retour à la SFIO d'avant 1969 ! Sur quelles bases représenter la diversité de pensée du Parti Socialiste, si ce n'est la représentation proportionnelle fondée sur des textes de fond soumis au vote des militants ? Certains ont effectivement de plus en plus de mal à écrire des textes de fond, c'est leur problème ; notons que c'est aussi un problème de considérer que le Parti doit systématiquement être conduit par une majorité pléthorique dont le texte de référence n'a aucune structuration politique, comme c'était le cas de la motion 1 en 2012, et qui soumet ainsi le parti à n'être qu'un espace de gestion des prébendes de différents barons socialistes qu'ils représentent des territoires ou de très anciennes motions qui s'étaient confrontées au vote des militants pour la dernière fois en 1991.

Nous alertons les camarades pour rappeler que la suppression de la représentation proportionnelle des textes a été envisagée deux fois :

  • -> lorsque la SFIO s'est transformée en Section Française de l'Internationale Communiste (qui deviendra le PCF) en décembre 1920 soumettant les militants aux 21 conditions de Zinoviev, la minorité préférant autour de Léon Blum «garder la vieille maison» en conservant la représentation proportionnelle en son sein ;

  • -> aux lendemains de la Libération, en 1946, lorsque Léon Blum, Daniel Mayer et leurs amis – traumatisés par les débats entre tendances et surtout leur affrontement avec Paul Faure, le secrétaire général ultra-pacifiste qui finit par soutenir la Révolution Nationale – obtinrent sa suppression pour que la direction conserve l'intégralité du pouvoir dans le Parti. Mis en minorité dans le même congrès par les amis de Guy Mollet qui devint secrétaire général de la SFIO, ils furent systématiquement écartés de toutes les responsabilités. La SFIO passa les 23 années suivantes à exclure des militants minoritaires, à subir des scissions multiples, à perdre des adhérents et à fondre électoralement ! Ses erreurs politiques expliquent aussi ce chemin funeste, mais son incapacité interne à gérer ses débats et sa diversité ont accéléré l'enfermement et la dégringolade. La refondation du Parti Socialiste entre 1969 et 1974 s'est faite sur la correction de ces erreurs, en réintégrant différents clubs ou micro partis qui s'étaient éloignés de la SFIO (et qui étaient plus à gauche qu'elle) et en restaurant dès 1971 la représentation proportionnelle pour faire du nouveau PS un parti de rassemblement de tous les socialistes !

La représentation proportionnelle, affectée à un vote sur des textes d'orientation, doit donc être impérativement conservée. On ne comprendrait pas qu'au prétexte d'une «thématisation» des congrès, les responsables et dirigeants du parti soient choisis sur un mode incertain, à la tête du client ou en fonction de leur intégration dans une baronnie locale. Ce serait un retour en arrière terrible.

Des adaptations pourraient cependant être réalisées :

  • -> l'inscription dans les statuts du parti que la désignation des candidats du PS pour les scrutins de liste respecte la proportionnelle des motions, ce qui est une pratique courante dans nombre de fédérations mais que conteste encore le secrétaire national aux élections, Christophe Borgel ;

  • -> l'évolution des primaires citoyennes dans le sens du respect du vote militant lors de la consultation sur la rénovation organisée par Martine Aubry, lorsque celle-ci était Première secrétaire : en effet, les militants avaient voté pour deux modèles de primaires – le premier tel qu'elles ont été organisées à l'automne 2001, le second en y associant les autres partis de gauche. Les deux propositions avaient reçu la majorité des suffrages militants, mais c'est le deuxième modèle qui avait recueilli largement le plus grand nombre de votes. Il conviendrait donc que le PS modifie ses statuts pour y intégrer le principe de primaires citoyennes élargies à toute la gauche ;

  • -> la question du rapport au pouvoir de notre parti ressurgit régulièrement. Il est d'autant plus marquant aujourd'hui que le Parti ne joue pas pleinement son rôle depuis deux ans et que la politique gouvernementale tourne le dos au projet adopté en juin-juillet 2011, aux engagements du projet présidentiel de François Hollande et … au texte de la motion majoritaire du congrès de Toulouse. Il convient donc d'adapter nos règles à cette innovation politique : lorsque les actes et les choix politiques d'un gouvernement PS contredit à ce point l'orientation adoptée au congrès précédent, il doit être impératif de convoquer de manière anticipée le congrès du parti pour que les militants se prononcent.

Frederic Faravel 14-07-2012Notre parti a toujours été une organisation démocratique, foncièrement attachée au débat; nous ne pouvons plus entendre les appels au «débat dans le respect» quand ceux-ci visent uniquement à éteindre toute discussion ou délibération collective; nous ne pouvons plus entendre qu'il n'existe pas d'alternative à la politique menée lorsque le seul argument qui nous est opposé est celui de l'autorité institutionnelle et que chaque jour nous démontre l'inefficacité de la politique conduite et son injustice avérée. Si je reviens sur le cadre que certains tentent d'imposer au débat politique, c'est parce qu'il nourrit ce climat délétère chez les adhérents du Parti Socialiste, plusieurs agressions physiques ayant été récemment constatées dans certaines fédérations du parti.

Frédéric FARAVEL

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25 septembre 2014 4 25 /09 /septembre /2014 11:43

Dravisseurs-gourdel-2838146-jpg_2471967_652x284.JPGepuis hier soir et l'annonce de l'assassinat d'Hervé Gourdel par les "soldats du Califat" en Kabylie, je lis sur les réseaux sociaux des déclarations à l'emporte pièce toutes plus affligeantes les unes que les autres. Qu'elles émanent parfois de responsables politiques, qui sont censés avoir un peu de recul et de jugeotte, me paraît d'autant plus consternant.

Pour la plupart, elles se fondent sur l'idée que l'ensemble des religions - tout particulièrement les trois "religions du livre" - seraient intrinsèquement violentes et totalitaires. D'aucuns condamnent en soi Dieu (quelle que soit la forme que lui donnent les humains), la foi et les différentes confessions en raison des exactions qui sont et ont pu être commises en leur nom tout au long de l'Histoire. C'est oublier que les textes "révélés" sont avant tout sujet à interprétation et exégèse, donc les enseignements qui en sont tirés sont largement facteurs du regard humain qui se porte dessus. Si certains veulent avoir une lecture littérale des passages et citations les plus violents du Coran, de "l'Ancien Testament" ou des Evangiles, c'est leur seule responsabilité qui est en cause. Ce serait comme lire Nietzsche et en tirer la conclusion que seule une minorité aristocratique de l'humanité aurait droit de vivre et de gouverner, en oubliant que le grand philosophe allemand n'appelait qu'au dépassement de soi, dans un message profondément anti-militariste et anti-autoritaire...

Dans le même mouvement, ils exigent que les "croyants" prennent enfin leurs responsabilités et combattent avec la dernière des fermetés ceux qui massacrent au nom de Dieu. C'est donc que les religions ne seraient pas en soi totalitaires puisque des "fidèles" pourraient avoir une autre vision de la foi que celle qui conduit au massacre. Mais c'est à nouveau les comparer aux assassins, donc les insulter, tout en oubliant les combats incessant entre tous ceux qui ont toujours cru au message d'Amour contenu dans les textes incriminés, qui ont toujours combattu les intégrismes, et qui souvent ont été les premiers à en faire les frais, qui d'ailleurs le payent encore aujourd'hui.

Je suis dans le même ordre d'idée fort mal à l'aise quand j'entends des responsables politiques ou des représentants d'organisation diverses exiger des musulmans français qu'ils suivent l'exemple de leurs correligionnaires anglophones qui ont lancé depuis quelques semaines sur les réseaux sociaux la campagne #notinmyname, pour condamner les exactions et la perversion des "fous de Dieu" au Moyen Orient et partout ailleurs. Ce n'est pas de l'extérieur d'une "communauté" qu'il convient d'indiquer à ceux qui en sont membres quel est leur rôle, leur tâche, leur devoir. C'est à eux seuls de se déterminer en fonction de leur conscience et de déterminer quel est le meilleur viatique pour être utile et efficace dans le combat contre l'intolérance et la violence. Pour ma part, je préfère que nous nous prononcions d'abord et avant tout en tant que citoyens français, membres de la seule communauté qui vaille, la communauté républicaine. Si je participe de manière personnelle et privée à la vie d'une organisation confessionnelle, c'est en son sein que je parlerai des choix et des alternatives qui nous sont posées, pour éventuellement déboucher sur la parole publique de l'organisation concernée ; mais hors d'elle je ne suis qu'un citoyen français, un républicain aux convictions socialistes, qui seules doivent s'exprimer en mon nom propre sur la place publique. Cette réaffirmation de la prégnence de la communauté républicaine est d'autant plus nécessaire quand un de nos concitoyens a été mise à mort, lâchement égorgé, parce qu'il en était membre.

Enfin, j'ai pu aussi lire que le gouvernement, voire le Parti Socialiste, porterait une part de responsabilité dans l'assassinat d'Hervé Gourdel. C'est abject ! C'est vouloir trouver des excuses à ses assassins, c'est considérer qu'ils leur aurait manqué un prétexte si la France n'était pas intervenue au Mali et en Irak. Mais ces "fous de Dieu" n'auront jamais besoin de prétextes pour appliquer leur doctrine de mort ! Leur idéologie politique qui veut se draper du voile de la religion n'est rien de moins qu'un "nouveau" fascisme qui cherche par tous les moyens à instaurer son pouvoir territoriale et/ou culturel sur l'ensemble de la planète ; il renouvellera ses massacres quelles que soient les forces qui s'opposent à lui et le fera d'autant plus aisément que nous ferions preuve de faiblesse ou d'indifférence à son égard. Nous n'aurons de repos que lorsque nous aurons éradiqué un tel ennemi. Eradiquer cela veut dire remporter de manière radicale et définitive la bataille politique et culturelle qui se joue à l'échelle mondiale. Cela veut dire rétablir la stabilité et l'Etat de droit là où les interventions militaires américaines, fondées sur l'idée du "choc des civilisations", ont apporté tout au long des années 2000 le chaos et la division.

Frédéric Faravel

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25 septembre 2014 4 25 /09 /septembre /2014 09:10

PS 95Une fois de plus, le Premier secrétaire fédéral du Val-d'Oise du Parti Socialiste a refusé de soumettre au vote du conseil fédéral une résolution politique qui était proposée par certains de ses membres.

Ainsi, la fédération du Val-d'Oise du PS ne s'est prononcée sur aucun sujet politique depuis les élections municipales et la terrible déroute subie par la gauche, et particulièrement par le Parti Socialiste. Les débats tournent en interne sans débouchés et sans vérification que la parole publique du Premier secrétaire fédéral représente bien l'avis de la majorité du conseil fédéral du PS95. C'est une manière d'appliquer au PS, parti de nature délibérative, parlementaire et régi par la représentation proportionnelle, la violence (symbolique) des institutions de la Vème République, qui soumet toute délibération collective au veto du chef.

Las, nous avons donc décidé de relayer dans toutes les sections socialistes du Val-d'Oise cette proposition de résolution, afin de confronter un petit groupe de responsables politiques qui n'ont plus d'autres arguments que celui de l'autorité à l'expression des socialistes à la base.

Nos camarades Adélaïde Piazzi, Léo Moreau et Sébastien Lombard représenteront également cette résolution lors du prochain secrétariat fédéral. Nous représenterons la résolution lors du bureau fédéral du 20 octobre.

Frédéric FARAVEL

APPEL DE LA SECTION DE ...
POUR LA CONVOCATION D'UN CONGRÈS DU PARTI SOCIALISTE

texte présenté par Pierre Blazy (CAS de Gonesse), Frédéric Faravel (bureau fédéral, Bezons), Xavier Morin (conseil fédéral, Argenteuil), Abdelkader Slifi (bureau fédéral des adhésions, Argenteuil) et Antoine Raisséguier (bureau fédéral, Franconville)

 

En 2012, après cinq années de Sarkozy, nous avons proposé un autre chemin aux Français : celui du redressement dans la justice sociale, qui implique des mesures fortes en matière de redistribution de richesses.

 

Ce n’est pas ce chemin qui a été emprunté.En effet, pas plus le "pacte de compétitivité" et son CICE, que le "pacte de responsabilité", c'est à dire la baisse massive des cotisations sociales financée par la baisse des dépenses publiques, ne figuraient parmi les engagements de campagne de François Hollande. Ils ne figuraient pas non plus dans le projet du PS adopté à l’unanimité en 2011. Le texte majoritaire du congrès de Toulouse n’évoque pas une seule fois le "coût du travail" et se garde bien de plaider pour des coupes sombres dans les dotations aux collectivités !

 

La ligne politique fixée par le Président au gouvernement, fondée sur une option idéologique largement contestable et longtemps contestée par les membres de l'exécutif eux-mêmes, ne peut que désorienter l'électorat de gauche et semer le doute dans la majorité présidentielle.

 

D'autant que les résultatsde cette "politique de l'offre" ne sont pas au rendez-vous et risquent de se faire encore attendre, si l'investissement et le pouvoir d'achat restent insuffisamment pris en compte, comme c'est hélas le cas aujourd'hui. De même, la réduction à marche forcée des déficits publics, dans un contexte de croissance quasi nulle, menace de comprimer un peu plus l'activité économique du pays.

 

Aux élections municipales et européennes,les socialistes ont été très durement sanctionnés. C'est dans ce contexte que des parlementaires socialistes, de plus en plus nombreux, ont tenté d'infléchir les textes gouvernementaux et de rééquilibrer la politique économique et sociale en faveur des catégories populaires et moyennes. Nous sommes à leurs côtés.

 

Mais le débat ne saurait se limiter au seul Parlement, surtout dans les institutions de la Vème République. C'est au sein du Parti Socialisteque se joue désormais l'essentiel de l'avenir de la gauche et de son action au pouvoir. Alors que ses statuts prévoient de convoquer un congrès pour la fin de l'année 2014, le Premier secrétaire par intérim a choisi de repousser l'échéance sine die pour réunir des « États généraux », qui, nous dit-on, doivent « reformuler l'identité socialiste ». La déclaration de principes du PS ayant été réécrite voici moins de 10 ans, on peut se demander si cette démarche est nécessaire et si elle est la solution aux défis de la gauche au pouvoir.

 

Le rôle du PS ne peut se limiter à publier des communiqués dépités et sans effet, après chaque nouveau ballon d'essai libéral lancé par un ministre (seuils sociaux, 35 heures, contrôle des chômeurs…). Les militants socialistes doivent pouvoir reprendre la paroleet s'exprimer sur des politiques qui s'éloignent des valeurs et des principes du socialisme démocratique. Ils doivent pouvoir le faire sans restriction, sans que leur avis ne soit sollicité sur un nombre limité de thèmes.

 

C'est pourquoi nous demandons qu’un Congrès du Parti Socialiste soit convoqué dans les plus brefs délais,dans le respect de ses statuts et de son fonctionnement démocratique. Nous appelons tous les militants socialistes à l'exiger avec nous et à saisir l'occasion de donner à notre parti une orientation politique dénuée d’ambiguïté. Les socialistes pourront alors retrouver la voie du rassemblement à gauche, qui a porté François Hollande à l’Élysée et qui permettra de mettre en œuvre la politique pour laquelle les Français ont élu le Président de la République.

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