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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube. J'anime aussi le groupe d'opposition municipale de gauche "Vivons Bezons" et je suis membre du groupe d'opposition de gauche ACES à la communauté d'agglomération Saint-Germain/Boucle-de-Seine.
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Gauche Républicaine & Socialiste

12 mai 2021 3 12 /05 /mai /2021 16:35

Les affrontements ont commencé à cause d’expropriations de Palestiniens à Jérusalem Est par le gouvernement Netanyahu qui veut renverser définitivement le rapport de force démographique à Jérusalem Est pour imposer à la communauté internationale le fait que la ville de Jérusalem entière est sa capitale et qu’aucune entité palestinienne ne pourra plus revendiquer Jérusalem Est comme capitale : son moyen est d’accélérer la colonisation illégale (car c'est bien de cela dont il s'agit en droit international) avec des méthodes violentes et répréhensibles. Benyamin Netanyahu joue la politique du fait accompli en accélérant les expulsions des Palestiniens et la colonisation à Jérusalem Est pour s'assurer que les gains des politiques d'extrême droite encouragées sous Donald Trump ne seront pas remis en cause.

La population palestinienne de Jérusalem proteste, se révolte, et s'en suit un classique enchaînement émeutes/répression qui n'a jamais de fin.

Les islamistes du Hamas et du Djihad islamique ont, avec l'opportunisme criminel qui les caractérise, décidé d'instrumentaliser la colère légitime des manifestants palestiniens hiérosolomytains pour tenter de déclencher un conflit généralisé qui servira leur stratégie victimaire.

Les affrontements qui en découlent sont en train de dégénérer, la communauté internationale doit faire pression sur les belligérants pour stopper les combats dont les populations civiles sont les premières victimes. les populations civiles se trouvent victimes à la fois des émeutes, des attentats et des actions militaires. Les civils des deux camps sont pris en étau par les extrémistes des deux camps qui ont chacun de leur point de vue intérêt à ce que la situation dégénère en Cisjordanie, en Israël ou à Gaza. Les islamistes du Hamas doivent arrêter immédiatement leurs tirs de roquettes et Israël doit mettre un terme à ses ripostes qui sont toujours disproportionnées.

Le rôle de la communauté internationale est de faire pression pour mettre un terme à ce nouveau cycle de violence. J'apporte tout mon soutien aux animateurs du Camp de la Paix. Seule une solution à deux Etats reconnus dans les frontières de 1949, conforme au droit international, la garantie de la sécurité pour les citoyens des deux Etats et l'arrêt de la colonisation peuvent ramener l'apaisement.

Frédéric FARAVEL
conseiller municipal et communautaire Gauche Républicaine et Socialiste de Bezons

affrontements dans les rues de Jérusalem Est et bombardements à Gaza
affrontements dans les rues de Jérusalem Est et bombardements à Gaza

affrontements dans les rues de Jérusalem Est et bombardements à Gaza

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10 mai 2021 1 10 /05 /mai /2021 15:40
La Gauche Républicaine & Socialiste présentera et soutiendra des candidats dans le Val-d'Oise qui défendent la solidarité, la justice sociale, l'émancipation par l'éducation et la transition écologique. Elle refuse toute compromission avec la droite classique ou macroniste et l'extrême droite, qui sont ses adversaires et ses ennemis. Aucune compromission n'est donc possible avec des candidats qui continue de faire les yeux doux à Emmanuel Macron et ses soutiens. Je félicite mes camarades Augustin Belloc, Didier Dague, Xavier Costil et leurs colistiers et leur apporterai toute l'aide qu'il me sera possible. Vous trouverez le communiqué de presse de la GRS95 plus bas.
Sur Bezons et Argenteuil, la Gauche Républicaine & Socialiste ne soutiendra aucun ticket : pourquoi ? Parce que - alors que nous avions proposé, avec leur accord, aux responsables départementales du PCF Val d'Oise et de la La France insoumise Val-d'Oise de travailler ensemble au rassemblement de toutes les forces de #gauche non compromises avec LREM (donc avec également Génération.s Val d'Oise, EELV95, GDS95...) - celles-ci ont brutalement rompu toute discussion et décidé en catimini un accord entre elles deux. A Bezons, sur le canton d'Argenteuil 3, cela s'est traduit par la validation d'un ticket mettant en scène les 2 candidats qui sont responsables de la perte de la commune par la gauche, contre l'avis des militants de la section locale du PCF Bezons Jacky Leser et en refusant de consulter ceux-ci.
Je ne comprends pas quelle peut être la logique qui pousse une responsable départementale du PCF à humilier et détruire une section comptant plusieurs dizaines de militants pour privilégier deux ou trois personnes, de refuser de les consulter comme les règles de leur parti le disent alors même que les militants communistes d'Argenteuil ont eux été consultés sur le canton d'Argenteuil 2. Je ne vois pas l'intérêt à se passer de la connaissance du territoire de ces militants de gauche alors qu'elle-même ne le connaît pas et visiblement n'entend pas la consternation des Bezonnais que nous croisons à l'annonce du mariage de la "carpe" Marjorie Noël et du "lapin" Dominique Lesparre : ces deux-là n'ont visiblement pas compris qu'après avoir offert la ville sur un plateau à Nesrine Menhaouara et son équipe divers droite ils auraient dû faire profil bas ou amende honorable.
Non seulement, cette petite tactique malsaine va créer un boulevard pour la droite et les PS macronisés que nous subissons ici mais elle va faire prendre du retard au nécessaire rassemblement de la gauche. Je ne pourrais donc voter pour aucun ticket aux prochaines élections départementales à Bezons : aucun ne défend les intérêts des habitants, des classes populaires et moyennes dont la gauche a pour mission de porter les aspirations.
Je proposerai aux organisations locales de la gauche sur Argenteuil et Bezons de se retrouver pour discuter et préparer l'avenir, après les élections départementales.
Frédéric FARAVEL
conseiller municipal et communautaire GRS de Bezons
coordinateur national des pôles thématiques de la GRS
 
La Gauche Républicaine et Socialiste a fait son choix pour les élections départementales

La Gauche Républicaine et Socialiste présentera et soutiendra des candidats pour un département plus solidaire et vraiment engagé pour l’écologie. Nous avons plaidé auprès de l’ensemble des forces de gauche et des écologistes pour le rassemblement le plus large ; c’était une nécessité pour porter avec efficacité une alternative contre les conservateurs qui dirigent depuis trop longtemps le Val-d’Oise. Cela n’a pas été possible et nous le regrettons.

Nous avons donc choisi de présenter des candidats sur plusieurs cantons et de soutenir des rassemblements qui portent l’exigence de justice sociale, le renforcement des services publics, un investissements massifs dans nos collèges et un soutien renforcé pour la santé publique. Nos choix résultent également du refus de toute ambiguïté concernant Emmanuel Macron et ses soutiens.

Candidats et tickets présentés par la Gauche Républicaine et Socialiste

Canton de Vauréal :

  • titulaires : Didier Dague, conseiller municipal GRS de Courdimanche ; Kinjal Damani-Beurel, engagée dans Attentiv', professeure des écoles

  • remplaçants : Xavier Costil, conseiller municipal et communautaire GRS de Courdimanche ; Linda Hella, conseillère municipale et communautaire (divers gauche) de Jouy-le-Moutier

Canton de Cergy 1 :

  • titulaires : Augustin Belloc (GRS) étudiant ; Keltoum Rochdi, adjointe au maire (Attentiv') et conseillère communautaire de Cergy

  • remplaçants : Dominique Couturat (Génération.s) ; Flore Tang (Attentiv')

Tickets soutenus

Canton Cergy 2 :
Soutien au ticket de rassemblement conduit par Elina Corvin, adjointe au maire EELV de Cergy, et Brice Errandonea, conseiller municipal LFI de Jouy-le-Moutier

Canton de Deuil-la-Barre :
Soutien au ticket de rassemblement conduit par Célia Jousserand (EELV) et Thierry Mérel, conseiller municipal PS de Deuil-la-Barre

Canton de Domont :
Soutien au ticket de gauche conduit par Didier Soavi et Rebecca Martial

Canton de Fosses :
Soutien au ticket de rassemblement conduit par Catherine Delprat, maire PS d'Écouen, et Pierre Barros, maire (app. PCF) de Fosses

Canton de Garges-lès-Gonesse :
Soutien au ticket de rassemblement conduit par Christophe Dieu (PS) et Myriam Dien (PCF)

Canton d’Herblay :
Soutien au seul ticket de gauche conduit par Gérald Bouteillé (PCF) et Laure Botella (PS)

Canton de Montmorency :
Soutien au ticket de rassemblement conduit par François Delcombre (EELV) et Sandra Philippe (PS)

Canton de Pontoise :
Soutien au ticket de rassemblement conduit par Julien Foucou (LFI) et Bénédicte Aries, conseillère municipale EELV de Pontoise

Canton de Saint-Ouen-l'Aumône :
Soutien au ticket de rassemblement conduit par Jérôme Durieux, conseiller municipal Génération.s de Méry-sur-Oise, et Marie-Noëlle Fratani, conseillère municipale LFI de Saint-Ouen-l'Aumône

Canton de Sarcelles :
Soutien au ticket conduit par Patrick Haddad, maire PS, et Déborah Sebbagh, conseillère départementale PS

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9 mai 2021 7 09 /05 /mai /2021 17:06

J'ai rédigé cette note d'analyse pour la Gauche Républicaine et Socialiste sur les conséquences des élections régionales du 6 mai 2021 en Ecosse.

Frédéric FARAVEL
coordinateur national des pôles thématiques de la GRS

Écosse : vers un deuxième référendum ?

Le 18 septembre 2014, les électeurs écossais, qui avaient donné 3 ans plus tôt une majorité absolue aux indépendantistes de gauche du Scottish National Party (SNP), rejetaient par référendum à une large majorité (55,3 vs 44,7) l’indépendance proposée par le gouvernement régional SNP dirigé par Alex Salmond. Pour le Premier ministre britannique de l’époque, le conservateur David Cameron, l’affaire était donc entendue pour au moins une génération sans modification manifeste du contexte politique. Seulement voilà : le contexte politique, Cameron l’a violemment bouleversé deux ans plus tard avec le référendum sur le Brexit. Les cartes sont aujourd’hui clairement rebattues.

Le précédent parlement écossais avait été élu en mai 2016 ; encore sous le choc de la défaite au référendum de 2014 et de la démission de son leader historique Alex Salmond, le SNP, ses élus et son gouvernement dirigé par Nicola Sturgeon n’avaient pas pour mandat d’exiger à brève échéance un nouveau référendum. David Cameron pensait donc être tranquille pour un long moment : il allait remporter le référendum sur le maintien du Royaume Uni dans l’Union européenne et la génération à venir pourrait être mise à profit pour les forces coalisées du Parti travailliste, des Libéraux démocrates1 et des Tories pour reprendre peu à peu l’Écosse au SNP.

Patatras ! Un mois et demi après les élections régionales écossaise, les électeurs britanniques faisaient le choix de quitter l’Union européenne, expulsant du même coup David Cameron qui s’était cru plus malin que ses concitoyens. Enfin, à proprement parler, ce sont plus exactement les électeurs anglais qui ont voté en faveur du Brexit avec des motivations diverses, dont un fort mécontentement des électeurs populaires traditionnellement travaillistes qui y ont eu vu une occasion de sanctionner Downing Street, mais également l’expression d’un rejet de l’immigration européenne et musulmane et d’un nationalisme spécifiquement anglais. Car, dans les deux provinces les plus « périphériques » du Royaume Uni de Grande Bretagne et d’Irlande du Nord, les électeurs ont choisi majoritairement le vote Remain ; et en Écosse, c’est un vote massif en faveur du maintien dans l’UE qui s’est exprimé avec 62 % des suffrages. Le contexte a manifestement été modifié en profondeur.

Pourquoi l’indépendance ?

Les revendications d’indépendance de l’Écosse avancées par le SNP ne sont pas nouvelles. Elles ont commencé à prendre de l’ampleur dans les années 1970. La fin du « règne » de Margareth Thatcher et les affrontements sur la Poll Tax, qui a incarné jusque dans la violence le mépris du gouvernement britannique pour les Écossais ont donné du corps à leur dénonciation. À la fin des années 1990 avec la mise en place de la devolution – transfert partiel du pouvoir du gouvernement britannique au Parlement écossais de Holyrood, à Édimbourg, les indépendantistes écossais ont pu offrir pour la première fois un débouché politique concret au vote en leur faveur. L’objectif du SNP est de créer une Écosse indépendante qui reposerait sur des principes, que l’on qualifiera de sociaux-démocrates, d’égalité et de justice sociale. Les arguments du parti en faveur de l’indépendance sont donc essentiellement socio-politiques et économiques, ce qui le distingue des partis nationalistes centrés sur les questions ethniques ou culturelles.

L’attachement écossais à l’Union européenne – réaffirmé dernièrement dans une pétition adressée à tous les citoyens européens https://europeforscotland.com/ dans l’espoir de faire pression sur les institutions de Bruxelles pour hâter la (ré)adhésion de l’Écosse à l’Union en cas d’indépendance – ne peut pas se concevoir selon les critères politiques des autres États européens, où des forces politiques peuvent dénoncer l’ordo-libéralisme et la perte de souveraineté populaire que la construction européenne implique aujourd’hui. L’Écosse ne dispose plus d’élément de souveraineté monétaire, financière, budgétaire et diplomatique depuis les XVIIème et XVIIIème siècles ; vues d’Édimbourg ou de Glasgow, l’accession à l’indépendance combinée à l’intégration comme État membre dans l’Union Européenne représenterait à tout point de vue une progression certaine en matière de souveraineté par rapport à la situation actuelle. De même, les garanties sociales offertes par le cadre européen – qui nous paraissent terriblement insuffisantes voire régressives en France – sont une protection non négligeable dans un pays qui a subi violemment la vague ultralibérale du thatchérisme sans que les travaillistes ne rétablissent entre 1997 et 2010 les protections collectives antérieures. Enfin si l’immigration européenne est relativement rejetée en Angleterre, où les patrons font jouer la concurrence sans aucun scrupules, l’Écosse connaît, elle, une situation démographique et territoriale qui fait de l’immigration européenne une nécessité et une condition de son développement.

Il y a donc entre l’Angleterre et l’Écosse une double fracture : gauche/droite – le SNP mène sur le logement et la santé des politiques parmi les plus progressistes d’Europe – et sur l’Europe. Les élections européennes de 2019 ont renforcé cette fracture avec, d’une part, une Angleterre pro-Brexit aux couleurs du Brexit Party et du parti conservateur et, d’autre part, une Écosse pro-européenne aux couleurs du SNP, confirmant par la même occasion les résultats du référendum sur le Brexit trois ans plus tôt. Le référendum de 2016 et les élections européennes de 2019 semblent ainsi légitimer le fait que le SNP réclame la tenue d’un second référendum d’indépendance. En effet, ces deux événements semblent avoir mis en évidence le manque de poids de l’Écosse dans les décisions prises à Westminster, comme cela est dénoncé par le SNP depuis de nombreuses années.

1    De 1999 à 2011, l’Écosse a été – à partir de la mise en œuvre de l’acte de « dévolution » – gouvernée par un gouvernement de coalition entre travaillistes et libéraux-démocrates. Après un revers en 2003, dû à l’absence temporaire d’Alex Salmond, le SNP a progressivement grignoté les bastions travaillistes du sud de l’Écosse, au point de l’effacer de la carte tant pour les élections à Westminster qu’Holyrood.

Écosse : vers un deuxième référendum ?

L’indépendance et le pari des jeunes

Face à ces deux rendez-vous majeurs qui ont souligné les divergences entre l’Écosse et le reste du Royaume-Uni, Nicola Sturgeon et le SNP en ont appelé à la jeunesse. La Première ministre écossaise est très présente sur les réseaux sociaux. Elle se montre particulièrement proche de la jeunesse de son pays. En outre, elle multiplie les publications à destination des jeunes afin de les sensibiliser sur la question de l’avenir constitutionnel de leur nation. Stratégie politique ou véritable intérêt pour la jeunesse écossaise ? Toujours est-il que le message semble être relativement bien entendu au vu du nombre toujours croissant de nouveaux membres dans les branches jeunes et étudiantes du SNP.

La jeunesse est clairement un enjeu politique. Alors qu’ils sont souvent réputés pour être distants de la vie politique, notamment lors des élections, le référendum d’indépendance de 2014 avait déjà mobilisé une grande proportion d’entre eux. Le taux de participation des 16-34 ans s’est élevé à 69%. Celui des 16-17 ans, qui avaient le droit de voter lors du référendum, s’est quant à lui envolé à 75%. Les partis politiques ont également vu leurs effectifs augmenter grâce à l’adhésion de nombreux jeunes. Cela a été particulièrement le cas du SNP et des Verts, tous deux pro-indépendance. Concernant les résultats du référendum, 54,3% des 16-19 ans et 54,1% des 20-24 ans ont voté en faveur du maintien de l’Écosse au sein du Royaume-Uni, tandis que 62,2% des 25-29 ans ont voté en faveur de l’indépendance.

En parallèle, depuis 2016, les partis politiques n’ont cessé de voir augmenter leur taux de jeunes adhérents. C’est notamment le cas du SNP et des Verts, tous deux défavorables au Brexit. En cas de second référendum, ces jeunes Écossais, toujours plus engagés en politique, pourraient jouer un rôle clé en faveur de la victoire de l’indépendance. Du moins, cette mobilisation de la jeunesse devrait se poursuivre tant que le sort de l’Écosse en tant que partie prenante ou non du Royaume-Uni ne sera pas fixé.

Le 6 mai, un scrutin à enjeux multiples

Rappelons le cadre : Le Parlement écossais est élu pour cinq ans selon un système mixte. Chaque électeur1 dispose de deux voix : la première voix sert à élire un député au scrutin uninominal majoritaire à un tour dans l'une des 73 circonscriptions, la seconde voix est pour une liste dans le cadre d'une région. Le nombre de sièges pour chaque parti est attribué à la proportionnelle en prenant en compte les sièges déjà attribués dans les circonscriptions.

La première ministre écossaise conduit donc depuis l’été 2016 une offensive déterminée pour un deuxième référendum. Dans le long calvaire de Theresa May sur les négociations de sortie de l’UE, ce sont les députés du SNP à Westminster qui ont souvent été les plus percutants et efficaces pour déstabiliser celle qui avait succédé en catastrophe à David Cameron. Ce scrutin était donc évidemment un référendum en faveur d’un deuxième référendum. Afin d’accentuer la pression sur Boris Johnson qui s’oppose au principe même du renouvellement d’une telle consultation, une majorité indépendantiste claire et un mandat incontestable étaient nécessaires. Le pari est rempli : la participation au scrutin a progressé de 7,2 points à 63 % et le SNP a recueilli plus de suffrages qu’il ne l’avait jamais fait, même sous Alex Salmond, avec presque 1 100 000 votes en leur faveur pour le scrutin proportionnel (40,3 %, -1,4 points) et presque 1 300 000 au scrutin majoritaire (47,7 %, +1,2 points) ; un grain de 150 000 voix dans les deux cas. Le SNP gagne un siège, avec 64 députés en tout.

Les Verts écossais, eux aussi en faveur de l’indépendance, gagnent 2 sièges avec huit députés ; faiblement représentés au scrutin majoritaire, ils progressent substantiellement sur le vote proportionnel avec 8,12 % (+1,5 point) et 220 000 voix (+70 000). Pour compléter le tableau indépendantiste, il faut intégrer Alba (qui signifie Écosse en gaélique), récemment créé par Alex Salmond devenu l’adversaire de Nicola Sturgeon. N’ayant pas présenté de candidats au scrutin majoritaire, il espérait faire son trou au vote proportionnel : c’est un échec car il ne recueille que 45 000 voix (1,66%) et n’aura aucun élu.

C’était un des matchs dans le match : Alex Salmond, après avoir été le leader historique du SNP, est devenu l’adversaire acharné de Nicola Sturgeon. Cette dernière représentant la continuité de la ligne social-démocrate du SNP que Salmond lui avait donnée, Alba prétendait représenter un indépendantisme plus centriste. En réalité, il s’agit d’abord d’un règlement de compte personnel : Alex Salmond est convaincu que le cabinet Sturgeon et les hauts dirigeants du SNP sont derrière les accusations de harcèlement sexuel dont il a fait l’objet et pour lesquelles il a été acquitté depuis ; ou en tout cas, que sa successeur n’a rien fait pour empêcher la procédure, ce qui est difficilement défendable quand on veut promouvoir une justice indépendante. Le match est donc plié : l’indépendantisme écossais continuera d’être ancré à gauche.

En définitive, en additionnant les suffrages des trois partis indépendantistes, on obtient 50,12 % pour le vote proportionnel et 49 % pour le scrutin majoritaire, des niveaux jamais atteint précédemment dans les deux catégories. Avec la hausse du taux de participation, et 72 sièges sur 129 (+1 par rapport à 2011), le message politique est d’autant plus clair.

1Les citoyens du Royaume-Uni, de la République d'Irlande, du Commonwealth et de l'Union européenne âgés de 18 ans et plus disposent du droit de vote.

résultats des scrutins uninominaux et proportionnels du 6 mai 2021

résultats des scrutins uninominaux et proportionnels du 6 mai 2021

L’autre enjeu était évidemment domestique. Nicola Sturgeon, qui fut ministre de la Santé de 2007 à 2012, est plébiscitée par deux Écossais sur trois pour sa gestion efficace de l’épidémie. Un contraste par rapport à l'attitude erratique de Boris Johnson qui ne doit sa survie aujourd'hui qu'à une tardive mais massive campagne de vaccination avec Astra Zeneca. L'indépendance écossaise a d'autant plus d'attrait qu'il est servi par une première ministre solide.

La lutte était aussi féroce pour la seconde place. En 2016, les conservateurs l’avaient ravie aux travaillistes. Cette année, le chef conservateur, Douglas Ross, promettait des investissements massifs dans les transports et la santé. Pas forcément le point fort des Conservateurs cependant, ce qui témoigne du niveau de déclin des travaillistes autrefois hégémonique en Écosse. Les Tories se maintiennent au vote uninominal et progresse légèrement au vote proportionnel, conservant l'ensemble de leurs sièges. Les travaillistes, eux, ont encore perdu du terrain, même s'ils regagnent quelques dizaines de milliers de voix, celles-ci ne leur permettent pas de maintenir, dans un contexte de forte hausse de la participation, leurs résultats ; ils perdent encore deux sièges. C'est impressionnant car pendant 70 ans, il suffisait à une vache d'affubler le macaron rouge des travaillistes pour être élue au sud du Mur d'Antonin.

D'une manière générale, les élections locales du 6 mai ont été une déroute pour le Labour en Écosse comme en Angleterre. Pour le chef de l’opposition travailliste Keir Starmer, c’est une humiliation et de mauvais augure pour son objectif de reconstruire le Labour avant les prochaines élections générales de 2024. Avec une ligne plus centriste que son prédécesseur Jeremy Corbyn, il avait promis de remettre le parti sur les rails en prenant la tête de la formation quelques mois après sa débâcle aux législatives. « C’est l’illustration la plus spectaculaire que le parti a jusqu’ici échoué à se rapprocher des électeurs des classes ouvrières ayant voté Leave », a estimé John Curtice, un spécialiste des élections britanniques, sur la BBC. Les appels au changement ont rapidement fusé chez les travaillistes et anciens proches de Corbyn : « Keir Starmer doit réfléchir à deux fois concernant sa stratégie », a tweeté la députée Diane Abbott ; « Nous reculons dans des zones où nous devons gagner. La tête du Labour doit urgemment changer de direction », a abondé son collègue Richard Burgon. Il y a une véritable difficulté stratégique pour les travaillistes : comment reconquérir les électeurs ouvriers qui malgré le thatchérisme n'ont jamais convaincu par les avantages de l'UE, tout en reprenant pied dans une Écosse pro-européenne ? L'échec de la stratégie centriste de Starmer et de Salmond semble apporter une partie de la réponse. Mais une Grande Bretagne unifiée, le Labour ne pourra plus gouverner sans reconquérir l’Écosse. Dans un Royaume restreint à l'Angleterre et au Pays de Galles, ce serait aujourd'hui mission impossible sans reconquérir le Red Wall du Nord de l’Angleterre et même au-delà.

Et maintenant ?

« Il n'y a tout simplement aucune justification démocratique pour Boris Johnson, ou pour quiconque, à chercher à bloquer le droit du peuple écossais de choisir son propre avenir », a assuré Nicola Sturgeon : « C'est la volonté de ce pays ».

Réputée pour sa prudence et son expérience du pouvoir (elle est députée depuis 21 ans, ministre ou première ministre depuis 14 ans), elle sait cependant que son jeu présente de sérieuses faiblesses.

D'abord, le gouvernement conservateur de Londres dispose toujours d’un droit de veto sur un éventuel référendum, et Boris Johnson, dès la veille du scrutin, avait déclaré « irresponsable » une nouvelle consultation populaire écossaise. Il s'accroche à l'affirmation qu'un tel référendum ne peut se produire qu'une fois par génération. Par ailleurs, du fait de la déroute des travaillistes, Boris Johnson est sorti des élections locales du 6 mai relativement confirmé et consolidé. Malgré sa gestion au doigt mouillé du Coronavirus, il surfe sur la levée des mesures sanitaires après la vaccination de la majorité du pays, sur le fait que le Brexit en lui-même pose moins de problèmes que prévus pour l'Angleterre et il flatte le sentiment nationaliste des Anglais dans un bras de fer avec la France sur le partage des eaux territoriales autour des îles anglo-normandes. Pourquoi voudrait-il faire un cadeau à Nicola Sturgeon avec un référendum qui pourrait lui coûter sa carrière politique, alors qu'il est en mesure de gouverner le Royaume Uni sans, voire même contre, les trois autres Nations (Écosse, Irlande-du-Nord, Pays-de-Galles) ?

Le SNP dispose cependant d'un argument : pourquoi Boris Johnson refuserait-il aux Écossais de mettre en pratique le principe qu'il a mis en avant – à savoir « le respect de la volonté populaire » – pour virer Theresa May et devenir Premier ministre ? Nicola Sturgeon a d’ores-et-déjà menacé de voter sans attendre un projet de référendum à Holyrood puis de saisir la Cour suprême britannique si Boris Johnson se mettait en travers de son chemin. Pour le moment, la situation reste figée.

Bojo et Nicola Sturgeon à Edimbourg en juillet 2019

Bojo et Nicola Sturgeon à Edimbourg en juillet 2019

Samedi soir, Boris Johnson a téléphoné à la première ministre écossaise pour la « féliciter » et « l’appeler à coopérer » : l'affrontement est cependant inévitable. BoJo va probablement parier sur le pourrissement, le SNP, au contraire, tenter de mettre à profit son refus pour convaincre un maximum d’Écossais que leur destin est de couper le cordon avec Londres, car si les sondages sont aujourd'hui favorables à l'indépendance, les suffrages de l'élection du 6 mai donne une répartition 50-50 entre partis pro et anti-indépendance. N'oublions pas cependant qu'aujourd’hui qu'une partie de ce qu'il reste de l'électorat travailliste est également favorable à l'indépendance. N'oublions pas non plus que l'aspiration à l'indépendance des Écossais ne saurait être perçu comme un délitement des États-nations mais bien au contraire la construction d'un nouveau : la constitution du Royaume Uni n'a jamais été celle d'un État-nation tel que nous l'entendons en France mais bien plus celle d'un État impérial. Boris Johnson pourrait bien être l'archétype de ces représentants de l’État impérial britannique qui confond les intérêts du Royaume avec ceux de la petite Angleterre. On peut se dire que c'est une bonne chose que la majorité conservatrice de Westminster ne soit plus avec BoJo dépendante des ultra-conservateurs unionistes nord-irlandais comme elle l'était sous Theresa May, mais, comme l'ont montré les émeutes mettant en scène de jeunes « loyalistes » à Derry et Belfast, le sentiment de frustration et de trahison – une frontière coupe de fait le Royaume en deux en Mer d’Irlande – pourrait bien hâter les événements dans l'île voisine. À vouloir gouverner seul contre tous et à jouer le pourrissement, Boris Johnson pourrait aussi se mettre à dos les Gallois où le sentiment national est aussi élevé et ceux des Écossais qui défendent encore l'union par défaut.

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3 mai 2021 1 03 /05 /mai /2021 11:28
Le Parisien 95 - Val d'Oise est revenu dans son édition papier de lundi 3 mai 2021 sur le mariage de la carpe et du lapin dans notre ville pour le prochain scrutin.

Par leur comportement, Dominique Lesparre et Marjorie Noël ont causé la défaite de la #gauche aux élections #Municipales2020. Si aujourd'hui, notre commune est dirigée par Nesrine Menhaouara et ses alliés de droite, c'est leur entière responsabilité. Par haine et immaturité, ils ont rejeté tout ce qui aurait pu éviter les dégâts que subissent la ville et les Bezonnais depuis près d'un an. Et aujourd'hui, ils viennent expliquer que ce sont eux l'avenir de la gauche qu'ils ont fracassé ?! voilà qui est fort de café ! On attendait d'eux qu'ils prennent un peu de recul, non l'ego est trop fort.

Je constate que l'ancien maire Dominique Lesparre est incapable d'examiner sereinement ses responsabilités et de faire une analyse rationnelle de sa défaite ; il traite avec condescendance ses propres camarades envers qui il veut bien "passer l'éponge" comme s'il était leur employeur...

Je constate que les deux candidats n'ont pas osé se soumettre au suffrage des militants du parti dont ils se réclament, cela démontre à quel point ils sont peu représentatifs. Je constate que la nécessité de rassembler toute la gauche - comme la section PCF Bezons Jacky Leser et la Gauche Républicaine & Socialiste Val-d'Oise en avaient fait la proposition - pour défendre les habitants et battre la droite sous toutes ses formes (Menhouariste et Macroniste, LR ou RN). Ces personnes ne représentent qu'elles-mêmes. Pour prétendre entrer dans un rassemblement à l'avenir, il faudrait encore reconnaître sa responsabilité dans la catastrophe de juin 2020.

Communistes et Socialistes républicains de Bezons continueront à travailler ensemble pour proposer un meilleur avec pour notre commune. Ils travailleront avec tous ceux qui veulent une alternative (Génération.s, GDS, EELV, LFI, etc.) et refusent de répéter les erreurs d'hier sous la conduite de ceux qui les ont commises.

Frédéric FARAVEL
conseiller municipal et communautaire Gauche Républicaine et Socialiste de Bezons
membre du collectif d'animation national de la GRS

article du Parisien en ligne le 2 mai et dans l'édition papier du 3 mai... et le communiqué de presse commun de la GRS et du PCF de Bezonsarticle du Parisien en ligne le 2 mai et dans l'édition papier du 3 mai... et le communiqué de presse commun de la GRS et du PCF de Bezons
article du Parisien en ligne le 2 mai et dans l'édition papier du 3 mai... et le communiqué de presse commun de la GRS et du PCF de Bezonsarticle du Parisien en ligne le 2 mai et dans l'édition papier du 3 mai... et le communiqué de presse commun de la GRS et du PCF de Bezons

article du Parisien en ligne le 2 mai et dans l'édition papier du 3 mai... et le communiqué de presse commun de la GRS et du PCF de Bezons

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29 avril 2021 4 29 /04 /avril /2021 07:00
Canton d'Argenteuil-Bezons : Le « mariage de la carpe et du lapin » va tuer la gauche - communiqué de presse PCF et GRS

Alors que les négociations étaient encore en cours avec les principales forces de gauche (Génération.s, EELV, PS, PCF, GRS, GDS, LFI) sur certains cantons du département, le comité départemental du Parti communiste du Val-d'Oise en a décidé autrement en y mettant un terme.

Sous la pression de l'intérimaire au poste de secrétaire fédéral du PCF95, la consultation des militants a été évacuée, contrairement aux règles démocratiques de nos organisations. Tel est le cas à Bezons !

Nos propositions de présenter ensemble pour le canton Argenteuil 3 (Argenteuil-Bezons) des candidats de la GRS et du PCF et d'élargir ce rassemblement à d'autres forces politiques de gauche (Génération.s, EELV, GDS, LFI) ont été balayées avant même d'être examinées et alors même que la consultation auprès des militants communistes de Bezons était engagée. Contrairement aux principes démocratiques qu'avait toujours portés le regretté Alain Feuchot, Cécile Dumas a donc imposé Marjorie Noël et Dominique Lesparre, qui s'étaient déjà autoproclamés candidats. Ces candidats ne sont pas ceux des communistes bezonnais et ne nous représentent pas.

Il est désastreux de présenter aux électeurs deux personnes qui, farouchement opposées l'une à l'autre aux dernières élections municipales, ont par le comportement provoqué la défaite d'une municipalité d'union de la gauche.

Nous refusons ces pratiques anti-démocratiques. Cette stratégie laisse un boulevard à des conseillers départementaux, inutiles et inefficaces depuis 6 ans, et renforce la droite et l'extrême droite. Ces méthodes encouragent également l'abstention.

Nous prendrons nos responsabilités et nous continuerons, ensemble, à défendre les intérêts des Bezonnais. À cette heure, aucune candidature aux élections départementales pour le canton d'Argenteuil 3 ne correspond à cet impératif.

Canton d'Argenteuil-Bezons : Le « mariage de la carpe et du lapin » va tuer la gauche - communiqué de presse PCF et GRS
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27 avril 2021 2 27 /04 /avril /2021 18:11

Le symbole est significatif et il ne saurait être pris à la légère... La tribune ignoblement intitulée « Pour un retour de l’honneur de nos gouvernants » signée par une vingtaine de généraux, une centaine de hauts-gradés et plus d'un millier d'autres militaires et publiée par le magazine d'extrême droite Valeurs Actuelles est apparu en ligne le mercredi 21 avril 2021 à 7 heures du matin, soit 60 ans jour pour jour après le « putsch des généraux ».

Continuité d'une marginalité réactionnaire interne

Les tentatives de coup d’État militaire sont rares dans notre pays et ce sont parfois terminés en farce (comme avec le Général Boulanger), mais la date anniversaire choisie pour faire paraître le brûlot sédition devrait nous au sérieux : l'armée française ne s'était réellement rangée derrière le régime républicain qu'après l'Affaire Dreyfus et si l'expression de « grande muette » traduit la privation de droits civiques des militaires entre 1848 et 1945, il a toujours été convenu que l'armée et ses chefs ne devaient plus se mêler de politique. Des militaires ne sont sortis de leur réserve qu'à deux reprises : en mai 1958, lors de la guerre d'Algérie, ils obtiennent le retour du général De Gaulle au pouvoir et fait la chute de la IVème République ; en avril 1961, les mêmes protagonistes menacent de renverser le nouveau régime (lui-même né d'une forme de coup d’État) qui ne devra sa survie pour une large partie au refus des appelés de suivre ce que général De Gaulle avait raillé comme un « quarteron de généraux en retraite ».

En retraite, ce quarteron ne l'était pas, et d'aucuns pourraient y voir un argument pour se rassurer à la lecture de la lettre séditieuse : après tout, les généraux signataires de la tribune publiée par Valeurs Actuelles sont eux bien à la retraite… ce qui reste inquiétant c'est que le millier d'autres signataires lui ne l'est pas en retraite. Et c'est là l'information principale qu'il convient de retenir : il y a toujours eu dans l'armée français des cadres et des officiers dont l'adhésion à la République n'était jamais que nominal, heureusement la République s'affermissant leur nombre s'était réduit et les républicains sincères ont toujours été en majorité une fois ses éléments réactionnaires ridiculisés et écartés après « l'Affaire ». Les autres ont appris la dissimulation avec un certain talent, puisque des individus qui se sont révélés aussi abjects et anti-républicains que Philippe Pétain étaient parvenus à être élevés dans l'opinion publique et des responsables politiques au rang de recours et de sauveur dans la débâcle. L'histoire nous a donc appris à nous méfier… et ce n'est pas parce que les opposants à la création de la Vème République se sont trompés, sur le risque fasciste qu'ils dénonçaient en 1958 avec le général De Gaulle, que la tentation autoritaire et réactionnaire avait totalement disparu. Le « Grand Charles » l'a expérimenté lui-même… Aujourd'hui nous sommes avertis : un bon millier d'officiers d'actives sont prêts à assumer ouvertement leur haine de la République.

La sédition militaire contre la République
Weltanschauung d'extrême droite

Le texte est court, mais il enchaîne les poncifs et les passages obligés de tout manifeste national-réactionnaire qui se respecte. Trouver des justifications oiseuses pour soutenir que ces hommes supposément attachés à l'ordre et à l'honneur trahissent donc ainsi leur devoir en menaçant les Français : « L’heure est grave, la France est en péril, plusieurs dangers mortels la menacent (...) notre honneur aujourd’hui tient dans la dénonciation du délitement qui frappe notre patrie ». L'appel au drapeau qui n'est « pas simplement un morceau d’étoffe » mais devient subitement la relique d'un culte ossifié dont ils ont oublié qu'il représente la communauté nationale avec de vrais êtres de chair, de sang et de conscience.

L'analyse politique portée sur l'état du pays n'est qu'une longue énumération des obsessions classiques, recyclées et réchauffées de l'extrême droite traditionnelle.

Le premier péril serait lié à « un certain antiracisme ». « Aujourd’hui, certains parlent de racialisme, d’indigénisme et de théories décoloniales, mais à travers ces termes c’est la guerre raciale que veulent ces partisans haineux et fanatiques. Ils méprisent notre pays, ses traditions, sa culture, et veulent le voir se dissoudre en lui arrachant son passé et son histoire ». On peut considérer que beaucoup de gens font fausse route et s'égarent – comme le démontrent un certain nombre de débat hors sol qui alimentent avec frénésie les divisions de la gauche – ou développent un discours dangereux, mais de là à considérer aujourd'hui que l'UNEF, Edwy Plenel, le comité Adama ou même le PIR (dont les méthodes violentes ne font elles aucun doute) risqueraient de mettre en danger la République, voilà qui démontre un esprit plus embrumé qu'après avoir englouti 3 litres de bière dans une arrière salle de brasserie munichoise. Il suffit d'ailleurs de regarder à quel point ces thèses n'ont aucun relais chez nos concitoyens quel que soit leur milieu social, il suffit de mesurer à quel point les catégories populaires – quelles que soient les origines géographiques – considèrent avec consternation les débats qui agitent parfois une certaine gauche, pour toucher du doigt l'abstraction idéologique qui anime les rédacteurs de « l'appel ».

Le deuxième péril viendrait de « l’islamisme et des hordes de banlieue ». Voilà une nouvelle preuve que ces prétendus et autoproclamés sauveur du pays ne connaissent pas celui-ci. L'islamisme est évidemment un péril puisqu'il met en cause la République et soutient un projet terroriste, mais pour justifier de renverser la démocratie et la République il ne suffit évidemment pas. Malgré tous les reproches que l'on peut faire aux gouvernements successifs – plutôt dans le sens d'un recul des libertés publiques – la société française et les valeurs républicaines n'ont pas cédé sur l'essentiel face aux djihadistes. Non, pour prétendre renverser la République, il faut expliquer que le régime honni a failli et que de larges pans de notre territoire sont définitivement sortis de la Nation ; on voit à quel point le discours sur « les territoires perdus de la République » largement répandu à droite mais souvent relayé chez certains qui furent peut-être de gauche – comme Manuel Valls (on se souvient de son évocation de l'apartheid pour décrire la société française !?) – est dangereux puisqu'il vient en écho au délire ultra-nationaliste avec un impact bien plus fort. Voici donc les banlieues françaises perdues et ses habitants tous devenus des islamistes radicaux ou des relais des trafiquants et rassemblés dans une « horde », autre façon de les rabaisser au rang de « bêtes » qu'on pourra ensuite massacrer.

Enfin, le dernier péril qui menace notre société serait « la haine » qui « prend le pas sur la fraternité lors des manifestations où le pouvoir utilise les forces de l’ordre comme agents supplétifs et boucs émissaires face à des Français en gilets jaunes exprimant leurs désespoirs ». C'est sans doute l'attaque qui peut faire le plus de mal, parce que le macronisme a effectivement usé d'une violence inutile et disproportionnée contre les citoyens français. C'est cependant un détournement odieux, car jamais au grand jamais – et quels qu'aient pu être les coups de projecteurs d'une certaine presse sur des chants antisémites isolés et des appels tout aussi minoritaires au général de Villiers – ce mouvement social inédit n'a émis la moindre sympathie pour les thèses des agités du képis qui nous occupent aujourd'hui. Les revendications du mouvement le rapprochaient d'une forme de gauche radicale qui aurait enfin trouvé un moyen de s'attacher toute une frange d'artisans et de petits entrepreneurs. Là réside bien un risque : celui qu'à force de mépriser les Français, et notamment les aspiration des catégories populaires et moyennes, de lui nier toute possibilité de débouchés économiques et sociaux, une partie d'entre eux désespérant de l'égalité finisse par croire en un sursaut possible d'un ordre « viril ».

La politique de l'autruche

Le fait qu'une telle analyse puisse être assumée explicitement et publiquement par plus de milles militaires est en soi un fait politique grave. Le deuxième fait grave est la menace tout aussi explicite de renverser la République par les armes. Ces gens sont disponibles pour mettre leurs réseaux au service d'un projet de guerre civile et au regard du discours idéologique de cet appel de l'épuration ethnique qu'ils appellent de leurs vœux.

N'importe quel gouvernement démocratique aurait pris la mesure de la menace. Mais il est effarant que l'exécutif n'ait pas cru bon de réagir ; soyons plus précis, la ministre des armées a fini par réagir pour dénoncer Marine Le Pen. Le fait que la candidate d'extrême droite ait appelé ces factieux à la rejoindre est évidemment une faute politique mais révèle surtout que la stratégie de dédiabolisation du Rassemblement national n'est qu'un miroir aux alouettes élaboré pour masquer le programme profond de ce parti. Que la ministre des armées reproche à la leader d'extrême droite sa complicité avec des éléments séditieux n'est pas un mal en soi, mais qu'elle ne s'en prenne pas directement aux factieux est proprement sidérant. S'il fallait une preuve supplémentaire que les gens qui nous dirigent sont hors sol, Mme Parly et le silence d'Emmanuel Macron et du gouvernement nous l'ont donnée.

Nous ne pouvons rester sans réponse face à un pouvoir qui détruit l'espoir dans notre peuple, en réduisant la promesse d'égalité républicaine et les libertés publiques. Nous ne pouvons laisser non plus s'installer l'idée que l'unique alternative restante serait une extrême droite de toujours, qui pourrait s'appuyer sur des relais favorables dans l'encadrement de la police et de l'armée, dont certains des cadres tentent aujourd'hui de remettre à l'ordre du jour que la Nation existerait sans la République.

Les uns comme les autres représentent la pire des menaces contre la République et les Français. La gauche doit se ressaisir ; à nous de rappeler que la République Française est une, indivisible, et que le pouvoir s’y prend par les urnes et non par les armes. À nous de rappeler que l'armée est au service de la République et qu'elle n'a de légitimité et d'utilité que pour lutter au service de celle-ci et des Français contre les ennemis extérieurs. Les ennemis de l'intérieur, il en existe et il en a toujours existé et c'est aux Français et à leurs représentants démocratiques de les faire reculer. Nos organisations politiques doivent engager une stratégie de reconquête de l'hégémonie culturelle perdue.

Méditons enfin ce qui a sans doute été une des pires « fausses bonnes idées » des 20 dernières années avec la suspension de la conscription : nous devons rétablir absolument les conditions d'un encadrement militaire absolument républicain et sanctionné ceux qui ont juré de mettre en danger la communauté nationale en se dressant contre elle parce qu'ils en sont déconnectés. L'armée française doit être l'armée des Français et il convient de réexaminer les conditions dans lesquels ils y reprennent pied. Relisons L'Armée nouvelle de Jean Jaurès et regardons ensemble comment nous pouvons en appliquer les idées les plus lumineuses dans la réalité d'aujourd'hui.

Frédéric FARAVEL
conseiller municipal et communautaire Gauche Républicaine et Socialiste de Bezons

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25 avril 2021 7 25 /04 /avril /2021 12:18

J'ai déposé aujourd'hui au nom de la Gauche Républicaine & Socialiste une gerbe lors de la commémoration du #souvenir des victimes et héros de la #déportation. A partir de leur accession au pouvoir en 1933, les Nazis ont patiemment bâti un dispositif de meurtres de masse lui donnant une dimension industrielle pour appliquer leur idéologie raciste et criminelle : plus de 6 millions de Juifs (les 2/3 des Juifs d'Europe, 40% des Juifs du monde), plus de 250.000 Tziganes périrent dans les Camps de la Mort de 1934 à 1945 ou dans les exécutions de masses qui suivirent l'invasion de l'URSS par la Wehrmacht... mais aussi des Noirs, des malades mentaux, des homosexuels, des Slaves qualifiés eux-aussi de "sous hommes".

Dans ces camps furent également déportés pour mourir des dizaines de milliers d'opposants politiques, communistes, socialistes, républicains, résistants. Ce fut le cas de membres de ma famille.

N'oublions jamais leur courage, car contrairement à ce qui a été raconté il y eut bien une résistance contre l'univers concentrationnaire ; n'oublions jamais non plus - au moment des apprentis dictateurs menacent à nouveau la République en assumant ouvertement un discours raciste contre certains de nos concitoyens - que l'horreur nazie reçut le concours zélé et diligent des régimes fascistes et antisémites qui ont sévi dans toute l'Europe (dont la France) avant et pendant la Deuxième Guerre Mondiale.

Ne tombons jamais dans les discours qui assignent à une identité ou à des "races", qui n'existent pas, nos frères humains, chérissons notre République qui énonce que chacun d'entre nous est un membre égal de la communauté nationale, luttons pour donner à notre devise Liberté-Egalité-Fraternité une réalité concrète pour chacun de nos concitoyens (quand des pouvoirs aveugles travaillent à faire reculer l'égalité), portons avec toute notre énergie l'universalisme du message républicain que la France (la vraie, celle de 1789, 1792, 1848, 1871, 1936 et 1945) offre au monde...

Frédéric FARAVEL
Conseiller municipal et communautaire Gauche Républicaine et Socialiste de Bezons

Déportation, Shoah, Porajmos... Ne jamais oublier, continuer à lutter !
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22 avril 2021 4 22 /04 /avril /2021 17:29

J’ai rédigé pour la Gauche Républicaine et Socialiste ce décryptage de l’opération électorale d’Emmanuel Macron sur le thème de la sécurité. C’est un sujet essentiel qui vaut mieux que le plan de comm’ ultra-conservateur qu’il nous a infligé.

Frédéric FARAVEL
conseiller municipal et communautaire Gauche Républicaine et Socialiste de Bezons
coordinateur national des pôles thématiques de la GRS

Emmanuel Macron à Montpellier le 19 avril 2021

Emmanuel Macron à Montpellier le 19 avril 2021

Le plan comm’ se veut parfait. Un entretien « exclusif » dans Le Figaro, pour séduire un lectorat supposé ancré à droite, publié le dimanche 18 avril, un déplacement de terrain à Montpellier le lendemain pour faire de belles images du Président en maraude avec la BAC, quelques phrases chocs et définitives…

Emmanuel Macron a lancé sa campagne électorale et a décidé de placer la sécurité comme point d’entrée,. Il considère que ce thème est idéal pour consolider sa position dans l’électorat de droite et mettre en scène son duel souhaité avec Marine Le Pen. Pourtant, la sécurité qui a toujours été une préoccupation importante de nos concitoyens vaut mieux qu’une mise en scène d’opérette.

Des affirmations contredites par le terrain

Emmanuel Macron affirme « se battre pour le droit à une vie paisible ». Il a donc d’abord tenu à défendre son bilan au moment où la France doit faire face, selon lui, « à une forte augmentation des violences sur les personnes, qui visent tout particulièrement les détenteurs de l’autorité ». Il promet de « faire reculer la délinquance partout ». Voilà qui est bel et bon. Il promet de tenir son objectif de 10 000 policiers et gendarmes supplémentaires avant la fin du quinquennat ; ainsi « chaque circonscription de police aura plus de policiers à la fin du quinquennat qu’au début, sans exception ». Il insiste : « Chaque Français verra plus de bleu sur le terrain en 2022 qu’en 2017. Ça rassure les gens, ça dissuade les délinquants ».

Commissariat de Bezons fermé depuis plusieurs années et inoccupé...

Pourtant la réalité vécue par les élus locaux et nos concitoyens dément chaque jour cette affirmation : nombre d’entre eux pourraient démontrer aisément que les effectifs de policiers nationaux ou de gendarmes ne sont pas au rendez-vous, malgré les recrutements engagés dès le précédent quinquennat. De même, le dispositif “Police de sécurité au quotidien” (appellation technocratique pour ne plus dire “police de proximité”) n’est déployé qu’avec parcimonie… y compris dans des communes populaires pour lesquelles tout justifierait son implantation. Dans les faits, les habitants voient chaque jour les distances croître entre eux et leurs commissariats, alors que pour ces derniers les collectivités locales sont souvent appelées à fournir ramettes de papier et encre pour les imprimantes tant il manque du strict nécessaire administratif quand ce n’est pas tout simplement de matériel d’intervention. Doter les agents de police des moyens de faire leur métier, d’être présents sur le terrain en nombre au quotidien, plutôt que de devoir mettre en œuvre une politique du chiffre qui les éloigne de la population : voilà qui permettrait de prévenir voire d’empêcher les agressions dont ils sont aujourd’hui victimes et d’avoir le soutien et la confiance des habitants, nécessaires pour lutter contre les gangs, trafiquants et ennemis de la République. On en est loin… nous le verrons plus loin, la stratégie impulsée par le gouvernement et la hiérarchie détourne en réalité la police de sa mission essentielle sans lui apporter les effectifs là où ce serait nécessaire.

Expliquant qu’il fallait prendre le temps de former, le chef de l’État veut convaincre « qu’aujourd’hui 4 508 policiers et 1 706 gendarmes ont déjà été recrutés, soit 6 214 membres des forces de l’ordre », auquel il faudrait ajouter 2 000 fonctionnaires supplémentaires en 2021. On voit difficilement en refaisant tous les calculs comment on pourrait atteindre l’objectif des 10 000 postes supplémentaires d’ici la fin de son quinquennat. D’autant plus que lorsque l’on consulte les rapports « performances » des ministères à Bercy, c’est une toute autre réalité qui apparaît : en effet, si les effectifs de police et gendarmerie ont bien progressé de 9 789 postes équivalents temps plein (ETP) entre 2013 et 2017 (avec une légère baisse pour la police nationale sous l’effet du dernier budget Sarkozy), ceux-ci baissent clairement – et de manière plus prononcée pour la police nationale – entre le 31 décembre 2013 et le 31 décembre 2020 pour atteindre un déficit global de 1 109 ETP (voir notre infographie ci-dessous). La communication élyséenne est donc une fois de plus prise en flagrant délit de mensonge. S’appuyant sur le vote de la loi « sécurité globale », dont le cœur vise avant tout à restreindre les libertés publiques plutôt qu’à renforcer la sécurité, il annonce enfin la création d’une réserve de 30 000 hommes dans la police. Emmanuel Macron réitère également sa promesse de renouveler 50% du parc automobile de la police. Promesses, promesses de campagne… On verra si, à ces annonces, il faut appliquer le même ratio que pour les postes claironnés par l’Élysée et ceux qui sont réellement détruits : si c’est le cas, ça pourrait faire mal…

infographie sur les chiffres d'évolution des postes de policiers et de gendarmes fournis par Bercy

infographie sur les chiffres d'évolution des postes de policiers et de gendarmes fournis par Bercy

Cécité volontaire et entêtement dans l’erreur

Après avoir reconnu l’existence de violences policières, il revient à l’affirmation que celles-ci n’existeraient pas : « Il n’y a pas de violence systémique de la police, c’est faux ». Cette déclaration est tout autant électoraliste que les précédentes : elle vise uniquement à s’attirer les bonnes grâces d’un syndicat de police radicalisé, Alliance, qui défend l’impunité a priori des fonctionnaires de police. Là encore, il s’agit d’asseoir une connivence politique et non d’assurer l’efficacité de la police française en garantissant sa respectabilité chez nos concitoyens.

Disposer d’une police républicaine c’est disposer de fonctionnaires de police respectant les principes et la loi républicaine : le racisme n’y a pas plus sa place que la violence. C’est parce qu’elle est républicaine que son action doit être publique. Cela passe par dénoncer la responsabilité de la hiérarchie et du gouvernement inspirant la dérive malsaine, parce que si peu républicaine, dans une partie de la police. Lorsque le préfet de police de Paris, Didier Lallement, affirme devant des caméras de télévision qu’il existe dans la société deux « camps », n’inspire-t-il pas là une culture de guerre civile, incitant les policiers à regarder leurs concitoyens comme de possibles ennemis ? Lorsque le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, « s’étouffe » au mot violence policière, n’entretenait-il pas ainsi une culture de l’impunité mettant la police au-dessus des lois, le contraire même de la République ? La police républicaine doit former ses fonctionnaires, les contrôler, les accompagner et garantir leur conformité aux principes républicains. La GRS a toujours affirmé son attachement à une police républicaine. Nous avons rappelé la nécessité de doter la police des moyens humains, des formations, et des contrôles nécessaires. Nous appelons également à un changement de doctrine, refusant la militarisation à l’américaine initiée par la droite il y a 15 ans, mais amplifiée depuis 2015 par les gouvernements successifs de François Hollande et d’Emmanuel Macron.

Durant des décennies, la police française a été considérée comme un modèle d’efficacité et de pondération, formant à l’étranger des centaines de forces de l’ordre à l’encadrement des manifestations et de certains des débordements qui peuvent malheureusement s’y produire. Depuis six ans, aucune manifestation n’a pu se tenir calmement ; la faute à des éléments radicalisés et agressifs qui visent à chaque fois à détourner les mobilisations syndicales et populaires de leur objet ; mais également à une doctrine d’engagement des forces de l’ordre dont l’objet n’est plus la sécurité des manifestations et des manifestants (en lien avec les organisateurs), mais l’affrontement « viril » avec les casseurs et l’amalgame de ces derniers avec les manifestants pacifiques. Loi Travail XXL, 1er mai, « Gilets Jaunes » … la liste est longue où, sous prétexte d’affronter les black blocs et autres casseurs, ce sont des citoyens pacifiques qui ont été « nassés » et visés par les forces de l’ordre, noyés sous les gaz lacrymogènes et gravement blessés, comme nous ne l’avions plus vu depuis les années 1970 ! Il y a une disjonction totale entre les besoins quotidiens de sécurité et tranquillité publiques réclamées par nos concitoyens qui ne sont pas au rendez-vous et la violence exercée avec des moyens disproportionnés contre l’expression démocratique et constitutionnelle des Français. Le choix électoraliste d’Emmanuel Macron est de poursuivre dans l’erreur en faisant de notre police un outil de « maintien de l’ordre » et non un service public de « gardiens de la paix ».

Sémantiquement et juridiquement, si l’on assemble les éléments de discours de ces derniers mois, couronnés par l’adoption de la proposition de loi « Sécurité Globale », « nous sommes en guerre » avec les mesures prises récemment, « couvre feu » « état d’urgence » « confinement », « Drone », « caméra autorisée sans contrôle », « interdictions de filmer la police », les ingrédients sont réunis pour faire basculer la France dans un régime de contrôle et de contrainte et non de liberté, sans garantir la sécurité ! Au-delà des craintes pour les libertés publiques, l’alourdissement de l’arsenal juridique n’a jamais renforcé l’efficacité de la police. La Gauche Républicaine et Socialiste rappelle son opposition farouche à la loi « Sécurité Globale » (nos deux parlementaires – Marie-Noëlle Lienemann et Caroline Fiat ont d’ailleurs signé la saisine du Conseil Constitutionnel sur ce texte). Nous demandons la tenue d’états généraux de la sécurité où seront redéfinis la doctrine d’encadrement des manifestations et de l’ordre public, les moyens nécessaires accordés à la police et son intégration à un projet de société en lien avec la population. Ces états généraux devront déboucher sur une loi de programmation pluriannuelle pour la sécurité intérieure qui prévoira la montée en puissance des moyens humains, matériels, techniques des forces de l’ordre, de renseignement intérieur et de la justice ainsi que leurs missions prioritaires et le déploiement territorial.

Dans cette opération de communication commencée dimanche dernier, le locataire de l’Élysée n’a pas eu un mot pour la Justice et les moyens dont elle manque cruellement et que l’agitation du Garde des Sceaux ne peut (pas plus que du temps de ses prédécesseurs) masquer. Là encore, le gouvernement Macron-Castex reprend les recettes éculées des conservateurs en annonçant la création mardi 20 avril de 15 000 places supplémentaires de prison… sans se soucier le moins du monde des raisons pour lesquelles celles-ci sont combles, sans rien changer à l’indignité des conditions de vie dans les maisons d’arrêts et sans aucune réflexion sur un système qui, plutôt que réhabiliter les détenus, fabrique des récidivistes souvent plus dangereux à l’issue de leur peine qu’ils ne l’étaient avant…

Emmanuel Macron à Montpellier le 19 avril 2021 (en présence du maire PS, Michaël Delafosse)

Emmanuel Macron à Montpellier le 19 avril 2021 (en présence du maire PS, Michaël Delafosse)

Stupéfiant contre-sens !

Emmanuel Macron semble avoir bénéficié sur la question des drogues d'une illumination soudaine : « La France est devenue un pays de consommation et donc, il faut briser ce tabou, lancer un grand débat national sur la consommation de drogues et ses effets délétères ». On espère que le Président ne découvre pas la situation !? « Ceux qui prennent de la drogue doivent comprendre que non seulement, ils mettent leur santé en danger, mais qu’ils alimentent aussi le plus grand des trafics. On se roule un joint dans son salon et, à la fin, on alimente la plus importante des sources d’insécurité… ». Il ajoute que « 70 000 amendes forfaitaires délictuelles ont été dressées depuis septembre. […] Ça veut dire quelque chose de clair : si vous vous faites prendre comme consommateur, vous savez que vous allez devoir payer et que vous n’allez pas y échapper. Ça change le rapport de force. » Il affirme également se fixer comme objectif d'éradiquer le trafic « par tous les moyens, [c’est] devenu la mère des batailles, puisque la drogue innerve certains réseaux séparatistes mais aussi la délinquance du quotidien, y compris dans les petites villes épargnées jusqu’ici. Ne laisser aucun répit aux trafiquants de drogue, c’est faire reculer la délinquance partout ». On n'est pas loin de l'unité de pensée entre un Didier Lallement, qui accusait une partie des Français d'être responsables des morts du COVID, et un Emmanuel Macron qui dénonce une autre partie comme des complices objectifs des terroristes. On imagine l'efficacité de ce type de déclarations…

Cette façon de présenter les choses est en réalité parfaitement inefficace et contre-productif. La lutte contre le trafic de cannabis mobilise des effectifs importants de policiers et de gendarmes pour des résultats contestables. Elle est selon les études la raison principale des contrôles au faciès (ce qui rappelle au demeurant que les préjugés existent malgré les dénégations du présidents de la République). En effet, les contrôles inopinés d'identité sont justifiés par la hiérarchie policière essentiellement pour détecter des détenteurs de haschisch. Non seulement ce type de contrôles ne débouchent que sur l'écume du trafic réel mais provoquent rancœur et frustration chez ceux de nos concitoyens qui subissent ce qu'ils vivent souvent à juste titre comme une forme de harcèlement. Les forces de l'ordre se trouvent mobilisées pour des opérations à l'efficacité douteuse et qui ternissent leur image auprès d'une partie de la population, dont ils ont déjà du mal à obtenir une confiance pourtant indispensable. Ainsi il serait légitime d'examiner de manière plus appuyée les arguments qui ont poussé de nombreux parlementaires – et notamment Daniel Vaillant, ancien ministre de l'intérieur – à défendre la dépénalisation de la consommation du cannabis et la réglementation de son commerce : outre qu'il libérerait des effectifs de policiers qui pourraient être affectés à des tâches bien plus utiles pour nos concitoyens et à leur contact quotidien (tout en supprimant une source de friction et des zones grises dans les contrôles d'identité au regard de nos principes républicains), la vente réglementée de cannabis telle qu'elle a été mise en place dans d'autres pays d'Europe et d'Amérique du Nord (sans qu'il y ait d'explosion de la consommation) pourrait sous contrôle de l’État devenir une source de recettes pour les pouvoirs publics (comme le tabac) et tarir les recettes de nombreux réseaux criminels et terroristes, contribuant ainsi à la tranquillité publique. Ainsi en affichant un raidissement intransigeant sur le cannabis, Emmanuel Macron énonce un contresens stupéfiant !

Enfin pour Emmanuel Macron, « dire que le haschisch est innocent est plus qu’un mensonge » : « Sur le plan cognitif, les effets sont désastreux. Combien de jeunes, parce qu’ils commencent à fumer au collège, sortent totalement du système scolaire et gâchent leurs chances ? Et je ne parle même pas des effets de glissement vers des drogues plus dures. » Cette toute dernière affirmation n'a aucun fondement scientifique, mais on peut s'attendre à ce que le candidat Macron la répète ad nauseam pour garantir à son propos de l'efficacité. Les effets de la consommation de cannabis n'ont jamais élevé la raison, personne ne dira le le contraire.

Ce serait par contre une erreur dramatique de considérer sa consommation excessive – à tous les âges – comme un objet de sécurité et de répression plutôt que comme une priorité de santé publique. Que dire des effets de l'alcool et du tabac qui en vente libre provoquent lorsqu'ils sont consommés à l'excès des dégâts psychologiques, sanitaires et morbides massifs ! Pourtant ici la morale ne se mêle pas du commerce. Les expériences de prohibition ont toujours été des échecs funestes. La vente du tabac est réglementée bien que le produit soit mortel, elle rapporte des recettes importantes à l’État ; la vente d'alcool non seulement continue de faire l'objet de campagnes publicitaires mais le produit en lui-même sous ces diverses formes est présenté comme un élément constitutif de notre mode de vie. Chacun examinera en conscience la contradiction. En réalité, le fait de considérer les consommateurs de drogue, les toxicomanes, comme des délinquants handicape concrètement les opérations de prévention mise en œuvre par tous les organes de santé publique et les associations. Il est nécessaire et urgent de renverser le point de vue des pouvoirs publics sur ce dossier.

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Personne ne niera que la violence a progressé dans la société française et que celle qui vise les dépositaires de l'autorité publique, les agents publics en général, a connu une augmentation plus inquiétante encore. Mais sans retomber dans l'excuse sociale de la violence – les faits d'agression contre des policiers ou les attaques de commissariats ne sont pas excusables, leurs auteurs doivent être appréhendés et condamnés –, cette évolution est également corrélée à la progression des inégalités sociales et dans l'accès aux services publics. C'est une situation qui n'est d'ailleurs pas réservée aux seuls quartiers populaires. Ainsi considérer que la restauration d'une plus grande tranquillité publique ne passera que par une logique répressive est une erreur. Nous sommes favorables à ce que l’État fasse un effort de recrutement pour la police nationale et la gendarmerie, encore convient-il comme nous l'avons dit plus haut de veiller à leur formation, à une répartition territoriale répondant aux besoins réels du pays et aux missions précises qu'on assigne à nos forces de l'ordre : nos concitoyens ont besoin de policiers et de gendarmes de proximité qui connaissent les habitants, pas de CRS ou de gendarmes mobiles supplémentaires. D'autre part, comme nous l'avons indiqué plus haut, il serait illusoire d'en rester là… évidemment la question de la justice et de la réponse carcérale (et des alternatives à la prison) ont été trop longtemps négligées et traitées par des opérations « coups de mentons », mais nos concitoyens ont besoin de retrouver confiance dans la promesse sociale et émancipatrice de la République ce qui passe obligatoirement par un New Deal des services publics sur l'école, le logement et la mixité sociale, l'accès au services publics en général, sur la formation, les transports et par une politique volontariste de l'emploi et sur les salaires afin de résorber ghettos sociaux et poches de pauvreté.

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22 avril 2021 4 22 /04 /avril /2021 10:49

🏬 Lors du conseil municipal du 8 avril dernier, nous avons défendu un projet que nous avions initié et qui s'intégrait dans notre volonté de diversifier l'offre de logement pour répondre aux besoins des Bezonnais, avec un ici un appui spécifique pour les femmes. L'occasion aussi de rappeler à Marc Roullier (Les Républicains) que ses amis de droite et lui n'ont pas d'arguments sérieux pour expliquer qu'il ne faut pas produire d'effort pour construire du logement social dans les communes avoisinantes. Les communes qui n'ont pas au bout de 20 ans fait d'efforts pour atteindre 20% de logements sociaux sont des communes qui n'ont pas la volonté de faire et qui refusent la mixité sociale.

Frédéric FARAVEL
Conseiller municipal et communautaire Gauche Républicaine et Socialiste de Bezons
Responsable du groupe municipal "Vivons Bezons"

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20 avril 2021 2 20 /04 /avril /2021 15:28

Le jeudi 8 avril 2021, nous avons voté contre le budget présenté par la majorité municipale divers droite conduite par Nessrine Menhaouara. Avec ce budget qui oublie la santé et la solidarité, c'est aussi la fin du stade des berges et les sportifs qui n'auront pas les équipement nécessaires, l'amputation de l'extension du Parc Bettencourt, le renvoi à un futur indéfini des locaux dont ont besoin les associations... Nous avons voté pour les subventions aux associations bien quelques crédits accordés à certaines associations soudainement apparues posent question...

Frédéric FARAVEL
Conseiller municipal et communautaire Gauche Républicaine et Socialiste de Bezons
Responsable du groupe municipal "Vivons Bezons"

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