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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube. J'anime aussi le groupe d'opposition municipale de gauche "Vivons Bezons" et je suis membre du groupe d'opposition de gauche ACES à la communauté d'agglomération Saint-Germain/Boucle-de-Seine.
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Gauche Républicaine & Socialiste

24 février 2022 4 24 /02 /février /2022 09:58

Désormais chaque mort en Ukraine 🇺🇦 quel que soit le camp sera de la responsabilité exclusive de Poutine et de son régime. Les occidentaux toute sensibilité politique confondue ont été d’une naïveté effarante. Tout était déjà écrit en Géorgie.
Il n'est plus temps de parler de désescalade : Poutine est arrivé au sommet et il a activé la guerre. Point… Une fois l'Ukraine écrasée qui sera le prochain ?

J'aimerais comprendre ce qui ne semble pas clair pour certains "responsables". Poutine attaque, bon Dieu !... Poutine attaque ! L'Ukraine a-t-elle attaqué ? Les USA ont-ils attaqué ? Les USA ont-ils menacés d'utiliser l'arme nucléaire ? non ! Poutine menace-t-il d'utiliser l'arme nucléaire si on imaginait défendre l'Ukraine ? oui, implicitement, mais oui !

Je veux bien qu'on dise que c'était pas intelligent de laisser penser que l'Ukraine pourrait un jour peut-être, mais sans aucun engagement, entrer dans l'OTAN. Je veux bien entendre que l'Ukraine aurait dû céder pour la consultation au Donbass sous contrôle de l'OSCE même si tout le monde sait que cela aurait été un mascarade (et imaginez seulement qu'on demande à la France de faire la même chose en Alsace et on rigolera un peu)... et cela aurait été entériner le fait qu'on lui aurait retiré une autre partie de son territoire national... Est-ce que Zelensky est entouré de Nazis ? non ! C'est exactement le même scénario qu'en Géorgie ! Rhétorique völkisch, fascisante et délirante en plus de la part de Poutine, qui n'était pas aussi affirmée en 2008...

Des amis m'ont demandé si Poutine pouvait être renversé par une réaction interne de l'armée, des institutions ou du peuple russes. Voilà ce que j'ai répondu : "Je pense que les Russes ne sont pas favorables à la guerre... mais la société n'est pas libre et tous les opposants (les pires comme les acceptables) ont été arrêtés ou exilés ; je doute d'un mouvement spontané de révolte qui irait jusqu'à renverser Poutine... Les militaires peuvent-ils le renverser ? Est-ce que c'est dans leur intérêt ? J'ai un doute, car ils s'achètent de la gloire à peu de frais : l'Ukraine va être écrasée, les Occidentaux ne vont pas bouger le petit doigt et honnêtement c'est compliqué de bouger face à un parano qui menace d'utiliser l'arme nucléaire si on aide l'Ukraine militairement... Une opération extérieure pour neutraliser Poutine ? ça me paraît compliqué..."

Frédéric Faravel
Conseiller municipal et communautaire Gauche Républicaine et Socialiste de Bezons
Président de "Vivons Bezons, le groupe des élus communistes, socialistes et républicains"
Coordinateur national des pôles thématiques de la GRS

Arrêtons de tourner autour du pot : Poutine est l'agresseur !
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22 février 2022 2 22 /02 /février /2022 19:47

J'ai rédigé cette note publiée ci-dessous pour la Gauche Républicaine et Socialiste après les annonces supposément radicales de Bruno Le Maire le vendredi 18 février 2022 pour faire face à la crise d'EDF.
Frédéric FARAVEL

Conseiller municipal et communautaire Gauche Républicaine et Socialiste de Bezons
Président de "Vivons Bezons, le groupe des élus communistes, républicains et citoyens"
Coordinateur national des pôles thématiques de la GRS

 

EDF : "recapitalisation fantôme" ou "guépard énergétique"
EDF, Macron et Le Maire ne changent pas une stratégie qui perd

Nous avons décrit en détail dans de précédents articles comment la politique poursuivie par Emmanuel Macron et Bruno Le Maire à court, moyen et long termes avaient contribué à fragiliser EDF et ce qu’il reste du secteur public de l’énergie… La politique inconstante en matière de stratégie énergétique est ainsi indirectement responsable d’un investissement insuffisant en matière d’entretien de nos centrales nucléaires et cela n’est pas étranger à la découverte récente de problèmes de corrosion sur plusieurs réacteurs qui les a contraint à la mise en arrêt en plein hiver. Ce même gouvernement a fait preuve d’une passivité complice concernant le marché européen de l’énergie et la mise en place de l’ARENH qui contraint l’entreprise publique à vendre sous les prix du marché son électricité à ses concurrents pour créer artificiellement un marché là où il ne peut en réalité y en avoir. Sous diverses formes, l’exécutif a avancé sur le chemin de la « vente par appartements » d’EDF en concertation avec la Commission européenne ; si le projet « Hercule » a été officiellement abandonné, la même logique reste toujours d’actualité. Enfin, comme nous l’avions expliqué mi-janvier, la décision de Jean Castex et de Barbara Pompili d’augmenter la part de l’énergie nucléaire devant être vendue à prix cassés aux distributeurs privés au prétexte de limiter la forte hausse des prix pour les consommateurs plutôt que de soutenir directement les ménages. Cette gestion à courte vue du « marché » de l’énergie pour la saison automne hiver 2021-2022 coûtera entre 10 à 13 milliards d’euros.

Pour achever le tableau, les annonces d’Emmanuel Macron à Belfort le 10 février se résume à une terrible arnaque : le rachat des turbines Arabelle imposé par l’État à EDF coûtera en réalité 1,05 milliard d’euros et non 240 millions d’euros par des sources proches de l’Elysée, alors que General Electric les avaient acheté 585 millions d’euros sous le regard enamouré du ministre de l’économie de 2014, nommé Emmanuel Macron… près d’un demi milliard d’euros de perte, une paille.

Bruno Le Maire, nouveau prince de Salina / EDF Wars : la recapitalisation fantôme

Branle-bas de combat… Vendredi 18 février 2022, pour faire face à la fois aux difficultés immédiates d’EDF que l’exécutif a provoqué et à la revendication croissante d’une renationalisation de l’entreprise publique, Bruno Le Maire s’est déplacé sur BFMTV prétendant présenter un plan puissant pour résoudre la crise actuelle. Mais le dispositif annoncé par le ministre de l’économie n’est qu’un mauvais remake du Guépard : peu de choses changent « pour que [surtout] rien ne change ».

Alors qu’EDF fait face à 10 ou 13 milliards de pertes sur 2022, et que la dette accumulée atteint désormais 43 milliards d’euros (aggravé ses dernières années par l’ARENH et le dysfonctionnel marché européen), le taulier de Bercy annonce royalement une recapitalisation à hauteur de … 2,5 milliards d’euros ! Or l’État n’y participera qu’à hauteur de 2,1 milliards ce qui correspond à son poids actuel dans l'entreprise... Il n'y a pas d’augmentation de la part de l’État dans le capital, pas de dilution des actionnaires minoritaires, chacun reste à sa place... dans un premier temps. Le ministre de l’économique s’est – pour ce qui aurait encore des doutes – fendu d’une belle prise de position idéologique contre la nationalisation : « Cette opération n'a rien à voir avec une nationalisation, qui a à voir avec la structure de l'entreprise. Ce n'est que de l'argent à destination de l'entreprise, et un message adressé aux investisseurs privés pour leur dire de continuer à financer EDF parce qu'EDF a le soutien de l’État. » Par ailleurs, le groupe propose également une option de versement en actions (et non en numéraire) des dividendes au titre des exercices 2022 et 2023, ce qui en toute logique devrait à court terme augmenter la part des actionnaires minoritaires…

Parallèlement à l’interview ministérielle, Jean-Bernard Lévy (PDG d’EDF) présentait lui-même la « nouvelle stratégie » adoptée avec l’exécutif. Et quant à la nature et de la motivation de l’augmentation de capital, le PDG exprimait ceci : « nous allons proposer une émission de 500 000 actions à une cote qui devrait être autour de 5€ et cette opération suffira à assurer la consistance de notre plan de marche économique en plafonnant le ratio dette/EBIT DA à la valeur de 3. ». Or il faut savoir que, sauf à convoquer une AG extraordinaire, M. Lévy ne peut pas aller au-delà de cette opération en nombre d’actions. Ensuite, le prix d’émission n’est pas fixé par EDF, mais par la bourse en fonction de règles que je peux regarder de plus près. Donc, en réalité, 5 € et 2,5 milliards ne sont à ce stade qu’une estimation. Il y a de grandes chances que seuls des investisseurs institutionnels vont acheter ces actions, une fois que l’État aura fixé ce qu’il prend – soit uniquement des banques françaises, car il y a belle lurette que plus aucun investisseur institutionnel étranger ne détient la moindre quantité de capital d’EDF. Ce n’est pas un regret, c’est un constat.

Enfin, EDF et Bruno Le Maire ont également annoncé des cessions d'actifs d’environ 3 milliards d’euros en cumul sur les années 2022 à 2024. Mais le groupe ne donne pas de prévision pour 2022 au-delà de ces indications, compte tenu des fortes incertitudes. « Il peut d’abord se passer beaucoup d’autres choses, opérationnelles, etc. Et, deuxièmement, il y a une extrême volatilité », avec « une très forte sensibilité à l’évolution des prix », a expliqué le directeur financier, Xavier Girre. Or en 2018, EDF achevait un plan de cession d’actifs de 10 milliards d'euros qui devait lui permettre de consolider son ratio d’endettement et de financer des investissements récurrents (réseaux et grand carénage). Pourtant, de 2019 à 2021 (3 exercices) EDF a continué à céder des actifs, en particulier sa participation de 49,9% dans l’américain CENG pour 900 millions. Vendredi nous apprenions donc ce nouveau programme de cession, sans qu'aucun détail ne soit fourni. Nous en apprendrons peut-être plus début mars ; Jean-Bernard Lévy doit en effet recevoir mercredi 2 mars les représentants des actionnaires salariés.

Leurs questions porteront sur tous ces sujets de recapitalisation, de cessions, et de régulation du futur (éventuel) nucléaire. À ce stade, on ne voit qu’une seule cession d’importance significative possible : RTE et/ou ENEDIS. Hercule peut donc en cacher un autre…

Arrêter le jeu de massacre

C’est peu de choses de dire que les salariés de l’entreprise publique sont particulièrement inquiets. Selon Amélie Henri, secrétaire nationale CFE-UNSA Energies pour EDF« on renforce les fonds propres, mais de façon très faible et ça ne va pas résoudre l’équation financière, face au mur d’investissements qu’EDF a à réaliser ». Le plan d’actions, « qui s’apparente à un plan de sauvetage conçu en urgence par la direction et l’État, a été présenté six semaines après que le gouvernement a contraint EDF à brader davantage sa production à la concurrence avec une vente à perte », a souligné le CSE d’EDF dans un communiqué. Ses élus (FNME-CGT, CFE Energies, FCE-CFDT, FO Energie et Mines) « confirment leurs plus sérieuses inquiétudes et mandatent une expertise économique », afin de permettre aux organisations syndicales « de mesurer les impacts sur les conditions d’exercice des missions d’EDF », poursuivant ainsi la procédure de droit d’alerte économique lancée après la décision du gouvernement de mettre à contribution EDF. Sauf à considérer – comme le font certains – que les agents et les cadres de l’entreprise publique sont un lobby conservateur et égoïste vendu au nucléaire, il serait selon nous au contraire préjudiciable de ne pas tenir compte de l’expertise tout à la fois technique et stratégique des salariés de l’entreprise qui ont a de multiples occasions démontré leur sens de l’intérêt général et leur conscience sociale.

Dans un exercice de langue de bois du plus pur effet, Bercy répond de son côté que cette somme permettait « une exécution rapide » (si la bourse répond à ses attentes) et « ne ferme la voie à aucune option pour l’avenir ».

Or il serait temps de sécuriser notre stratégie énergétique et le secteur public de l’énergie. Avec une dette nette de 43 milliards d’euros fin 2021, le groupe doit faire face à d’importants investissements, dans la remise à niveau des réacteurs existants et pour répondre aux annonces belfortaine du président candidat avec la construction de six réacteurs EPR en France et le lancement d’études pour huit supplémentaires. EPR ou pas EPR et sans préjugé de la durabilité politique des annonces présidentielles du 10 février dernier, si la France veut rester à niveau avec un mix énergétique cohérent pour affronter les défis énergétiques de la sortie du carbone et écologiques du dérèglement climatique, il apparaît évident qu’elle devra engager des investissements massifs dans le nucléaire, d’autant plus coûteux que nous avons connu une certaine perte de compétences avec le désamour des 11 dernières années pour le nucléaire.

La Gauche Républicaine et Socialiste réaffirme donc les conclusions qu’elle avait tirées de la situation en janvier dernier. Continuer à découper EDF en entreprises concurrentes ou indépendantes les unes des autres engendre trois types de risques : un risque de raccourcissement des horizons de temps, parce que la planification est plus difficile pour un ensemble d’acteurs indépendants que pour un acteur intégré ; un risque de hausse des prix, parce que le découpage impose des coûts de transaction à toutes les étapes et renchérit le prix de l’électricité in fine ; et un risque de problèmes techniques, parce que l’expertise pointue ne se décentralise pas facilement.

Nous avons un besoin urgent de retrouver notre souveraineté énergétique. La hausse des prix chez nos voisins ne peut pas, ne doit pas avoir de conséquences sur la facture électrique de nos concitoyens. Notre mix énergétique décarboné doit aussi être défendu à tout prix. Enfin, les investissements massifs à réaliser dans le nucléaire et le renouvelable doivent être supportés par une seule entité monopolistique si l’on veut éviter la faillite ou l’explosion des prix. Tout cela implique la reconstitution d’un pôle public de l’énergie, entièrement nationalisé et administré. Les illusions des gourous du néolibéralisme et les inefficacités qu’elles entraînent sont trop graves pour que nous laissions faire.

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17 février 2022 4 17 /02 /février /2022 11:25

Je partage ici l'entretien accordé par mon ami et camarade Rémi Lefebvre, politiste à l'université Lille 2 et essayiste, au magazine Regards. L’occasion pour lui de présenter son livre à paraître Faut-il désespérer de la gauche ? et de décrypter pourquoi – au-delà des divisions partisanes – la gauche est si faible électoralement en prévision des élections présidentielle et législatives alors que la conscience des inégalités sociales n’a peut-être jamais été aussi fortes. Il faut préciser que la densité de l'entretien n'a pas grand chose à voir avec le titre caricatural choisi par le magazine... je vous invite donc à le regarder jusqu'au bout et à lire ensuite plus bas les quelques commentaires que j'en tire.

Il n’y a peut-être jamais eu depuis 40 ans une telle demande d’égalité et de justice sociale. La gauche en elle-même n’est parallèlement pas si atone intellectuellement, selon Rémi Lefebvre, qu’on veut bien le dire. Elle ne manque pas d’idées (le programme de la GRS et ceux d’autres organisations le démontrent) mais assurément manque de « médiation » pour les défendre. Les idées de gauche existent et circulent dans la société, mais elles ne se transforment pas en adhésion ou en vote pour les différentes organisations qui composent la gauche « institutionnelle ».

La crédibilité de ces idées est devenue par ailleurs problématique : les citoyens qui adhèrent intellectuellement et politiquement à ces propositions considèrent dans le même temps qu’elles ne peuvent être – la plupart du temps – mises en œuvre. Selon Rémi Lefebvre et je le rejoins encore ici, la responsabilité du quinquennat de François Hollande est à ce titre écrasante, car en trahissant ses électeurs par la conduite de politiques sociales-libérales ou néolibérales, il a tué l’idée de gauche, la crédibilité des idées de gauche.

La gauche n’arrive donc plus à imposer sa vision du monde, non plus à convaincre de sa capacité pratique et réelle à agir concrètement pour la mettre en œuvre. Nous devons donc mener une bataille culturelle, sans doute de longue haleine, pour rétablir l’idée que la transformation sociale, la possibilité d’un autre monde, est non seulement souhaitable mais politiquement et concrètement crédible.

Selon, cela passera nécessairement par la reconstruction d’un pôle puissant autour des idées de la gauche républicaine qui devra répondre en priorité aux préoccupations essentielles de nos concitoyens, notamment issus des classes populaires.

Frédéric FARAVEL
Conseiller municipal et communautaire Gauche Républicaine et Socialiste de Bezons
Président de "Vivons Bezons, le groupe des élus communistes, socialistes et républicains"
Coordinateur national des pôles thématiques de la GRS

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6 février 2022 7 06 /02 /février /2022 16:55
J’ai signé avec de nombreux militants syndicalistes, associatifs et des élus locaux un appel à rejoindre la campagne de Fabien Roussel. Vous pouvez signer vous aussi. Élargissons la dynamique pour un projet de gauche, républicain, qui se soucie de la vie des gens et ne se trompe pas de priorités !👉 https://lesjoursheureux-larepublique.fr/
Vous en trouverez le texte et la liste des premiers signataires sous les illustrations plus bas.
Je veux cependant dire quelques mots de ce qui m'amène à soutenir la candidature de Fabien Roussel.
 
Le 19 janvier 2022, Arnaud Montebourg a publiquement renoncé à sa candidature à la Présidence de la République. Actant qu’il y avait différentes sensibilités politiques parmi ses soutiens, venant d'horizons politiques parfois très divers, il n'a pas souhaité soutenir activement une autre candidature ni indiquer vers qui allait sa préférence pour l'élection présidentielle. Toutefois, l'annonce de son retrait ne signifie en aucune manière que les idées qu'il a portées ne correspondent pas aux aspirations majoritaires des Français : une reconstruction d'une Nation à terre, dont les fondations patriotiques sont républicaines, sociales et démocratiques ; pour une restauration de nos souverainetés nationale et populaire, c’est-à-dire une capacité retrouvée de nos concitoyens à maîtriser collectivement notre destin.
Fabien Roussel parle directement à nos compatriotes sans les mépriser, il parle de leurs préoccupations, il parle de leur vie et pas des fantasmes d'une petite bourgeoisie qui s'enferme dans les métropoles et n'a en réalité aucune idée de ce que vivent nos compatriotes dans les quartiers populaires, les zones périphériques et les territoires ruraux. Il parle plus simplement encore que Montebourg des sujets déterminant pour leur vie quotidienne et l'avenir du pays : une autorité républicaine et laïque, la réindustrialisation de la France et la relocalisation de nos usines, le plein-emploi et l'augmentation des salaires, la défense des ouvriers, agriculteurs, paysans, petits-commerçants, artisans et retraités, le développement de la production nationale et de l'art de vivre à la française pour tous, la promotion du patrimoine matériel et immatériel de la France, la mise en avant d'un mix énergétique capable de décarboner rapidement nos activités économiques et sociales grâce au nucléaire, la création d'un pôle public du médicament, et tant d'autres propositions actant une proximité significative entre les deux projets politiques.
Il est nécessaire que ces idées soient entendues lors de la campagne pour l’élection présidentielle tant elles répondent à la revendication de dignité de notre peuple, jusque là systématiquement ignorée.
Le discours de Fabien Roussel est orienté vers la défense de nos souverainetés nationale et populaire et la critique d'une Union européenne enfermée dans une dérive ordolibérale qui agit contre les intérêts des peuples. Ce positionnement est d'autant plus indispensable aujourd'hui que la France subit une crise démocratique, économique et sociale depuis des années et que nombre des causes de celle-ci prennent leur origine dans les dérives de la construction européenne. Nos concitoyens ont bien compris que la déconstruction progressive de notre modèle social et républicain découle directement de la coalition des technocraties de Bercy et de Berlaymont, poreuses aux intérêts des banques et des multinationales à force de pantouflages et de rétro-pantouflages, et acquises aux « bienfaits » du néolibéralisme : la polémique de l’automne sur la commande des réformes des retraites et de l’assurance chômage par la commission européenne en a été la nouvelle démonstration. Il est urgent d'acter la priorité absolue au social, au retour de l’État dans toutes ses missions de service public, à la souveraineté de la Nation, à la concrétisation du patriotisme économique, populaire et social (que nos voisins n’hésitent jamais à mettre en œuvre) et à l'égalité républicaine.
Enfin, alors que les identitaires de droite et de gauche menacent la concorde républicaine, tenir haut une l’affirmation universaliste et d’une laïcité sans concession ni adjectif sont des mesures de salut public pour faire France de tout bois. En outre, il est nécessaire de ne plus imposer aux Français le choix entre le droit à la sécurité et la protection sociale si nous voulons une Nation unie par un projet majoritaire d'intérêt général.
Ce soutien à la candidature de Fabien Roussel ne vaut naturellement pas adhésion au Parti Communiste Français. Il va dans le sens d'un élargissement politique autour de la ligne politique défendue par le candidat. Elle participe par contre à l’impérative nécessité d’entrer dans une phase de reconstruction politique où les différentes familles de la Gauche républicaine devront travailler ensemble pour reconquérir ENFIN le terrain abandonné à la droite et à l’extrême droite du côté des classes populaires et pour reconquérir une forme d’hégémonie culturelle au sein d’une gauche qui s’est enfermée dans querelles picrocholines et accessoires pour se définir … et finir par se perdre.
 
Frédéric FARAVEL
Conseiller municipal et communautaire Gauche Républicaine et Socialiste de Bezons
Président de "Vivons Bezons, le groupe des élus communistes, socialistes & républicains"
 
Pour une République sociale, écologique et laïque, je rejoins la campagne  « Les Jours Heureux » avec Fabien RousselPour une République sociale, écologique et laïque, je rejoins la campagne  « Les Jours Heureux » avec Fabien Roussel

Avec Fabien Roussel une gauche populaire authentique est de retour. Celle de la République laïque et sociale chère à Jean Jaurès, celle du Front Populaire qui fit contrepoids à l’exploitation capitaliste par des conquêtes mémorables (congés payés, semaine de 40 h, meilleurs salaires), celle du Conseil National de la Résistance qui à la Libération maria la justice sociale et la reconstruction économique. On osa rêver alors « Les Jours Heureux ». La gauche et le peuple de France faisaient corps dans l’espérance collective. Après la reconquête de la liberté par la victoire sur le fascisme, la promotion de l’égalité et de la solidarité déboucha sur la Sécurité Sociale, fleuron du modèle social français. À l’horizon, il s’agissait d’instaurer « une véritable démocratie économique et sociale ». Ce programme, l’Europe capitaliste de Jean Monnet l’a remis en cause pour le malheur des services publics et des droits sociaux. Puis Denis Kessler, vice-président du MEDEF, a fixé le cap : « Il s’agit aujourd’hui de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ». Un projet hélas relayé par une gauche égarée au point de considérer que la paix imposait une Europe néo-libérale.

Aujourd’hui, dans le sillage du CNR, Fabien Roussel refonde l’espoir. Il ressuscite une gauche fière de ses valeurs. Son programme réinvente « Les Jours Heureux » pour une politique au service du peuple. Finies, les trahisons d’une gauche à contre-emploi, réformant le code du travail sous la dictée du MEDEF, sacrifiant les services publics au nom de la « concurrence libre et non faussée ». Finie la litanie d’une réduction de la dépense publique dont on voit le mal qu’elle fait aux hôpitaux et aux écoles publiques. Finie la désertification industrielle par des multinationales attachées à réduire le coût du travail en délocalisant les centres de production. La souveraineté populaire va refonder la souveraineté nationale pour sauver les droits sociaux. Fini le fatalisme intéressé de Madame Thatcher affirmant « There is no alternative ». Finis aussi les communautarismes qui enferment les individus dans des identités partielles, réelles ou supposées. Notre boussole, c’est l’universalisme républicain !

Fabien Roussel veut promouvoir une République laïque, écologique et sociale. À l’heure des crises climatiques et énergétiques inéluctables qui se profilent, il y a urgence à rompre avec le productivisme capitaliste, qui n’assume aucun des coûts de sa frénésie de profit : ni son coût social, ni son coût humain, ni son coût écologique. Écologie et justice sociale vont de pair. La nature, avec sa biodiversité en danger, est le premier de nos biens communs. A nous de protéger les écosystèmes, à rebours de l’irresponsabilité capitaliste. Concilier environnement et développement, c’est assurer l’avenir. Dans ce but un mix énergétique incluant le nucléaire et toutes les énergies renouvelables doit rester du ressort de la puissance publique. Place à la coopération internationale des peuples et à la relocalisation industrielle, assortie d’un pouvoir accru des travailleurs dans les entreprises. Il faut revaloriser le travail en augmentant le salaire direct. Il faut aussi reconstruire les services publics, forme de salaire indirect qui met à la portée de tous les biens fondamentaux. Santé, instruction, culture, accès à l’énergie et au transport, logement social doivent finaliser les politiques publiques. Sécurité Sociale et retraite à 60 ans sont à conforter par la cotisation sociale. Quant à l’impôt, sa progressivité doit agir comme levier de redistribution et de solidarité. Le cas échéant il y aura lieu de désobéir aux traités européens qui entravent notre souveraineté économique et sociale. Place à la relocalisation des emplois abandonnés à une mondialisation néolibérale avide de travail à bas coût. La souveraineté alimentaire repose sur nos agriculteurs, qui doivent jouir de revenus dignes. Quant au légitime souci de sécurité il serait insensé de l’abandonner à la droite. Il ne doit plus exister de territoires perdus de la République, où ses lois sont bafouées au nom de la religion. La laïcité est un vecteur d’émancipation et d’égalité, notamment des femmes, qu’elle délivre de la domination patriarcale trop souvent sacralisée par les religions. Elle doit être appliquée partout, y compris en Alsace-Moselle, où elle ne fera aucun mal aux droits sociaux, qui n’ont aucun rapport avec les privilèges concordataires. Honneur à l’école laïque et à son pari sur l’émancipation par le savoir, fondement d’une citoyenneté éclairée. La promotion multiforme de la culture doit redevenir une priorité de la nation.

Tenants fidèles d’une République laïque, écologique et sociale, nous saluons le projet de Fabien Roussel, qui parle au cœur comme à la raison. Un projet d’avenir, digne du meilleur de la gauche et de l’intérêt national, mais aussi de portée universelle. Vive la République ! Vive la France !

Premiers signataires :

  • Marinette Bache, Présidente de Résistante sociale, ancienne conseillère de Paris
  • Alain Bergeot, République et Socialisme, ancien candidat Front de gauche
  • Pierre Bihet, ancien conseiller départemental de la Manche
  • Hervé Burnouf, ancien adjoint au Maire de Cherbourg-en-Cotentin
  • Madée Carbonelle, secrétaire de la Société Fraternelle les Amis de l’Egalité
  • Hervé Castel, fonctionnaire, militant de gauche
  • François Cocq, essayiste politique
  • Brigitte Courtois, retraitée de l’industrie pharmaceutique, militant républicaine
  • Charles Coutel, philosophe, militant laïque et républicain
  • Denise Drutinus-Boulanger, féministe, République & Socialisme
  • Jean-François Dupland, conseiller municipal Gauche Républicaine et Socialiste d’Herblay sur Seine
  • Romain Dureau, docteur en agroéconomie
  • Marie Estripeaut-Bourjac
  • Frédéric Faravel, conseiller municipal et communautaire Gauche Républicaine et Socialiste de Bezons
  • Stéphane Fouéré, militant de la Gauche progressiste et du socialisme républicain
  • Hélène Franco, juriste, militante laïque, ancienne secrétaire générale du Syndicat de la magistrature
  • Clémence Garcia
  • Michel Garcia
  • David Gerbaudi, syndicaliste, militant associatif familial laïque
  • Lucien Jallamion, ancien responsable national du Front de Gauche, syndicaliste
  • Marianne Journiac, militante syndicaliste santé
  • Alain Léger, responsable associatif
  • Marie-Pascale Legret, ancienne responsable de service hospitalier
  • Olivier Leman, ancien conseiller municipal de Wallers-en-Fagne (59), R&S
  • Mario Mandes, cadre retraité de la banque et de l’assurance
  • Cédric Matthews, citoyen pour une République moderne
  • Franck Meissel, militant de la Gauche républicaine et socialiste
  • Laura Negri, cadre de santé, militante républicaine
  • Henri Pena-Ruiz, philosophe et écrivain
  • Yves Perlein, enseignant, associatif, militant de gauche et républicain
  • Alain Poirson, professeur de philosophie
  • Nicolas Pomiès, responsable d'une association familiale nationale
  • Hugo Prod’homme, militant républicain de gauche, Lille (59)
  • Vincent Ramecourt, militant associatif familial laïque
  • Philippe Reig, militant syndicaliste, République & Socialisme
  • Matias Richards, chômeur, militant de gauche
  • Maryvonne Rocheteau, adjointe au Maire Gauche Républicaine et Socialiste d’Arceuil (94), militante associative familiale laïque
  • Luc Schaffauser, retraité Sécurité sociale, Syndicaliste CGT, République & Socialisme
  • Jean-Paul Scot, historien et écrivain
  • Patrice Siard, République & Socialisme
  • Bruno Streiff, écrivain et conférencier
  • Mourad Tagzout, député suppléant, militant associatif Les Émancipés /Combat laïque, Combat social
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2 février 2022 3 02 /02 /février /2022 13:31

Vous trouverez ci-dessous les tribunes municipales de "Vivons Bezons, le groupe des élus communistes, socialistes et républicains" qui ont été publiées hier dans le magazine de la ville et sur le site internet de la commune.

Bonne lecture,
Frédéric FARAVEL

Conseiller municipal et communautaire GRS de Bezons
Président de "Vivons Bezons, le groupe des élus communistes, socialistes et républicains"
Coordinateur national des pôles thématiques de la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS)

Nos tribunes municipales du mois de février 2022
COVID : les moyens d’en sortir

Plus de 400 000 cas positifs par jour… pas un matin sans apprendre que l’enfant du voisin ou le sien est cas contact. Pourtant on peut en sortir.

Mais le gouvernement explique que les communes doivent seules équiper les écoles de détecteurs de CO2 et de purificateurs d’air, équipements très coûteux… résultat : à peine 20 % des classes du pays sont équipées.

Après omicron, un nouveau variant ?

Pour l’éviter, l’humanité entière devrait largement se vacciner ; les vaccins devraient donc être accessibles dans les pays les plus pauvres. C’est possible si on lève les brevets sur les vaccins pour qu’ils n’appartiennent plus aux Labos. Vous pouvez signer la pétition citoyenne européenne https://noprofitonpandemic.eu/fr/ ; la mairie a refusé par 2 fois de s’y associer.

Nos tribunes municipales du mois de février 2022
On a tous le droit de bien manger !

Une association de consommateurs rappelait voici 10 jours ce que nous savions déjà : les prix des fruits et légumes ont bondi de 9% en 2 ans. Respecter les préconisations du Plan national Nutrition Santé coûte entre 450 et 1148€ pour une famille de 4 personnes. Que valent les injonctions à « bien manger » quand trop de nos concitoyens n’arrivent déjà plus à boucler leur budget le 15 du mois ?

Le fait qu’un candidat à l’élection présidentielle [Fabien Roussel] ait été agressé sur les réseaux sociaux pour avoir défendu le pouvoir d’achat des Français afin qu’ils puissent manger « de la viande » et des aliments de qualité en dit long sur les hypocrisies de certains élus.

Si l’on veut retrouver les « Jours Heureux », il faudra voter en avril pour défendre le pouvoir d’achat.

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31 janvier 2022 1 31 /01 /janvier /2022 11:55

J'ai rédigé cette note pour la Gauche Républicaine et Socialiste sur le résultats des élections législatives portugaises qui se sont déroulées hier, après que les deux partis de la gauche radicale qui soutenaient le gouvernement socialiste d'Antonio Costa ont refusé de voter le budget l'automne dernier. Non seulement les électeurs ont donné la majorité absolue au PS, le parti de Costa, pour poursuivre la politique sociale qu'il conduisait, ils ont largement désavoué le Bloco de Esquerda et le PCP, mais l'extrême droite en a profité pour entrer fortement dans l'Assemblée de la République. Elle s'ancre dans le paysage politique portugais qui était pourtant vacciné du fait du souvenir de la dictature fasciste jusqu'en 1974. La droite sociale-libérale, conservatrice ou libérale reste divisée et atone et ne pourra plus espérer revenir au pouvoir qu'en s'alliant avec l'extrême droite ou en retissant une alliance de centre avec le PS.

Frédéric FARAVEL
Conseiller municipal et communautaire Gauche Républicaine et Socialiste de Bezons
Président de "Vivons Bezons, le groupe des élus communistes, socialistes et républicains"
Coordinateur national des pôles thématiques de la GRS

Portugal : Costa victorieux et l’extrême droite en embuscade

Il y a un an, dans l’article que nous avions rédigé le 27 janvier 2021 aux lendemains de l’élection présidentielle portugaise, nous avertissions de la nécessité de ne pas ignorer le « signal faible » que représentait les 12% du candidat d’extrême André Ventura et nous écrivions : « Le profil attrape-tout de Chega ! [le parti de Ventura] et les dégâts de la crise sanitaire, additionnés à la tentation d’un retour au centrisme gouvernemental, pourraient donc offrir les conditions d’une nouvelle aventure politique et électorale à l’extrême droite portugaise renaissant de ses cendres. »

L’élection présidentielle avait, en pleine vague de COVID, connu une participation faible de moins de 40 %, où s’additionnait à la fois une campagne électorale à bas bruit, la pandémie et l’enjeu relativement faible du scrutin – Marcelo Rebelo de Sousa, le président sortant de centre droit était très populaire et si le président de la République portugaise dispose de pouvoirs importants, ils sont moindres que ceux de son homologue français.

Avec près de 42% des suffrages et au moins 117 sur 230 sièges, le premier ministre socialiste, Antonio Costa, s’est posé en rassembleur, tard dans la nuit du dimanche 30 au lundi 31 janvier, après avoir obtenu une victoire écrasante – car celle-ci lui offre une majorité absolue, la deuxième pour le PS depuis le retour de la démocratie – aux élections législatives anticipées. Elle lui permettra de gouverner les mains libres, sans dépendre de ses anciens alliés de gauche – ni du parti de la gauche radicale Bloco de Esquerada (BE) ni de la CDU, cette improbable coalition qui lie le Parti communiste portugais (PCP, l’un des plus orthodoxes d’Europe) aux écologistes depuis plusieurs décennies.

Une rupture de majorité injustifiée

En octobre 2021, ces deux formations avaient refusé de soutenir la loi de finances 2022, qu’elles jugeaient peu ambitieuse en matière d’investissement public et de mesures sociales, et avaient ainsi précipité la tenue d’élections anticipées. Alors que nous sommes régulièrement critiques à l’égard des politiques conduites par les partis membres du PS, il faut reconnaître que les deux partis de la « gauche radicale » n’ont pas rompu leur soutien sans participation sur des fondements très solides, sur une réorientation forte de la politique budgétaire par Antonio Costa. Ce dernier, à qui l’on peut cependant reprocher d’avoir eu des yeux de Chimène pour Emmanuel Macron, avait en 2015 réalisé l’impensable dans la politique portugaise : le populaire ancien maire socialiste de Lisbonne avait, pour éviter aux Portugais une nouvelle purge libérale par le PSD (dit social-démocrate, mais en réalité parti de centre droit) arrivé très légèrement en tête aux législatives, contre l’avis du président de la République d’alors – le conservateur Aníbal António Cavaco Silva (qui avait menacé de ne pas nommer Costa premier ministre) –, réalisé une inédite union de la gauche en obtenant le soutien du BE et du PCP, sans qu’ils ne participent au gouvernement. L’union de la gauche ne s’était jamais produite au Portugal : il existait une règle non dite selon laquelle pour permettre la transition démocratique, le PS ne pouvait s’allier aux représentants occidentaux de « l’ogre soviétique » et le Portugal avait alterné de gouvernements conservateurs en gouvernements centristes PS-PSD, avec plusieurs gouvernements socialistes minoritaires….

À l’époque le BE, équivalent portugais de Podemos (mais plus ancien), avait le vent en poupe et Costa, par conviction, souci de l’intérêt général et bon sens politique et stratégique, avait mené l’une politique les plus à gauche que le Portugal ait connu avec hausse des salaires, hausse des retraites … et politique fiscale extérieure agressive vis-à-vis de ses partenaires européens pour aider à financer son action, alors même que le Portugal était en 2015 sous le microscope de la Commission européenne et de l’Eurogroupe. Les Portugais en avaient été reconnaissants à Antonio Costa et au PS et lors des élections législatives de 2019, ce parti avait gagné 4 points et 22 sièges, quand le BE stagnait à la baisse et que la CDU perdait 2 points et 5 sièges. La majorité parlementaire était confortée, mais les partenaires du PS commençait à voir que le bénéfice de l’action gouvernementale ne profitait qu’au PS et que (c’est criant pour le PCP) une partie de leur électorat soit leur reprochait de ne pas être maximaliste, soit partait voter directement pour Costa.

Cristallisation autour de la crise sanitaire et de la présidentielle

Les mesures de restrictions des libertés publiques n’avaient pas dû arranger la paix dans le ménage à trois PS-BE-PCP, mais c’est surtout la campagne de l’élection présidentielle qui a préparé le terrain pour une rupture politique. Disons le tout net, Costa a manœuvré pour obtenir une forme de neutralisation du PSD en facilitant la réélection du président sortant Marcelo Rebelo de Sousa, indépendant qui avait été autrefois membre du PSD. Le PS n’avait pas présenté de candidat et ni lui ni Costa n’avait soutenu la socialiste Ana Gomes, qui s’était présenté en indépendante (une diplomate de carrière âgée de 66 ans, devenue une éminente militante anti-corruption et qui s’est posée en rempart contre la montée de l’extrême droite et n’était soutenue officiellement que par deux petits partis maoïstes), et n’avait obtenu que 13 % des suffrages : les dés de cette présidentielle était pipés ce qui explique aussi le très faible taux de participation.

Mais deux enseignements avaient été enregistrés : l’effondrement du BE (sa candidate avait 6 points par rapport à l’élection présidentielle de 2016) qui arrivait derrière le PCP pour laquelle cette élection est traditionnellement défavorable ; et la résurrection de l’extrême droite portugaise avec les 12 % d’André Ventura (juste derrière Ana Gomes) au programme et au discours ouvertement racistes, anti-communiste et complotiste.

Après la déconvenue de la CDU lors des législatives de 2019, c’était désormais au BE d’être sévèrement touché et de considérer que la poursuite du soutien sans participation finirait par lui coûter trop cher. Les manœuvres d’Antonio Costa sur la présidentielle ont achevé de fournir quelques éléments de discours internes sur le retour probable du PS à ses penchants centristes.

Le vote du budget a donc fourni l’occasion pour le BE et le PCP de rompre avec leur soutien à Costa. Ce dernier mis en minorité pour un prétexte fallacieux n’avait plus d’autre choix que de demander la convocation d’élections anticipées ce que le président Rebelo de Sousa a fait sans difficulté.

Désaveu de la gauche radicale et joie à l’extrême droite

Antonio Costa a donc joué à plein sur le bilan avantageux des deux législatures où il a gouverné avec le soutien de la gauche radicale. Celle-ci l’ayant lâché sans raison valable, il a demandé aux Portugais de lui accorder les moyens de poursuivre sa politique sans être menacé d’instabilité parlementaire. Ils lui ont accordé.

Le BE et le PCP dénoncent ce ton de la campagne du PS et de Costa. « M. Costa a créé une crise artificielle pour obtenir la majorité absolue. Son chantage semble avoir eu du succès. La fausse bipolarisation a provoqué une concentration du vote utile, qui a pénalisé la gauche », a commenté, amère, la leader du Bloco, Catarina Martins, mais en réalité ce sont bien le PCP et le BE qui ont créé une crise artificielle et en paient aujourd’hui le prix : le BE perd 5 point à 4,46 % et 14 sièges, il ne lui reste que 5 députés ; la CDU perd 2 points et la moitié de ses sièges, avec un siège de plus que le Bloco. Ainsi l’ancienne coalition de militants trotskystes et de gauche alternative se retrouve en sièges derrière les « frères ennemis » communistes.

La droite – « sociaux-démocrates », conservateurs et libéraux – partait divisée et n’avait rien à proposer, d’autant que 6 ans et demi après la fin du dernier gouvernement de centre droit, les Portugais se souviennent encore de la violence sociale subie sous le cabinet Passos de Coelho en concertation avec la Commission européenne.

C’est donc comme nous le craignions l’année dernière l’extrême droite qui a tiré son épingle du jeu. André Ventura a transformé l’essai de l’élection présidentielle (malgré son taux de participation très faible) : les 20 points de participation supplémentaire entre présidentielle et législatives ne permettent pas à Chega ! d’atteindre les 12 % de Ventura, mais avec 7,15 % elle est à nouveau troisième et passe de 1 à 12 députés (en 2019 elle n’avait fait que 1,3%). « Désormais, au Parlement, il n’y aura pas qu’une gentille opposition à Antonio Costa », triomphait Ventura hier soir en proposant de « redonner sa dignité à ce pays » et en appuyant sur son « avantage comparatif » avec la droite traditionnelle.

Le succès des socialistes au Portugal et l’effondrement de la gauche radicale montre que le peuple préfère ceux qui peuvent agir positivement pour lui plutôt que des partis qui préfèrent – même momentanément – une forme de radicalité vaine. Faut-il encore que les socialistes aient engagé des politiques qui améliorent la vie, ce qui semble avoir été le cas ici… Il y a cependant un risque dans la nouvelle position dominante du PS portugais : c’est que celui-ci ne retombe dans son tropisme centriste après la trahison de ses alliés de la gauche radicale, alors que ce n’était pas son intention avant les élections législatives. À nouveau ici, le Bloco et le PCP porteraient une lourde responsabilité dans la dérive des centres de gravité politiques au Portugal.

Le second risque est celui pour lequel nous tirions la sonnette d’alarme en janvier 2021 : la pérennité d’une force d’extrême droite portugaise dans un pays où le souvenir de la dictature salazariste l’avait jusqu’ici empêchée. Le 24 janvier 2021, Ventura avait prévenu le PSD : « Désormais, il n’y aura pas de gouvernement de droite sans la participation de Chega ! » Il est à craindre qu’il ait raison. Le PSD n’aura au prochain coup pas d’autre choix qu’un gouvernement de centre avec le PS ou un gouvernement d’union des droites avec Chega ! Il faudrait cependant pour cela qu’un coup de barre conservateur soit donné dans le parti de centre droit. D’un autre côté, l’usure du pouvoir touchera tôt ou tard le PS et sans capacité à reproduire l’union de la gauche, ce dernier pourrait choisir l’hypothèse centriste pour se maintenir au responsabilité… sauf que désormais une extrême droite est installée dans l’Assemblée de la République qui pourra en tirer les marrons du feu…

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30 janvier 2022 7 30 /01 /janvier /2022 18:46

Il y a 50 ans le 30 janvier 1972 l’armée britannique tirait à balles réelles sur une manifestation pacifique à #Derry faisant 14 morts et 28 blessés, tous civils, tous victimes des militaires. C’est le #BloodySunday le plus connu de l’histoire moderne irlandaise.

Il faut rappeler le contexte pour comprendre ce qu’il s’est passé et la gravité du crime !

Depuis 1966-67 la Northern Ireland Civil Right Association (NICRA), fondée par des communistes, des républicains, des libéraux et des travaillistes, mène une campagne intense pour dénoncer les discriminations dans la province d’Irlande du Nord.
La NICRA fait suite à la Campaign for Social Justice qui a de 1964 à 1966 publié les preuves des discriminations économiques et sociales dont sont victimes les Irlandais catholiques dans cette partie du Royaume Uni. Il s’agit maintenant d’obtenir l’égalité des droits. La NICRA s’inspire directement du mouvement des droits civiques afro-américain, et de Martin Luther King, dont elle reprend l’hymne «We Shall Overcome» et la stratégie non violente face à un gouvernement autonome raciste admiré par les dirigeants de l’apartheid sud-africains
Les manifestations pacifiques de la NICRA rassemblent toujours plus de participants. Les opposants au gouvernement local progressent. Londres ne peut plus regarder ailleurs. Alors les manifestants sont agressés systématiquement par les milices unionistes pour les intimider.

La complicité de la police provinciale – la Royal Ulster Constabulary (RUC) – dans les graves exactions des milices paramilitaires protestantes contre les manifestants pacifiques est rapidement démontrée, le gouvernement local annonce qu’il entamera des réformes démocratiques. Les ultras vont l’empêcher.
La RUC redouble de violence. Les orangistes protégés par les paramilitaires unionistes défilent dans le quartier catholique du Bogside à Derry en août 1969 et réussissent à créer une émeute… L’armée britannique débarque alors pour mettre fin aux affrontements, sans succès. Elle occupera le pays pendant 30 ans.

Fin 1969, l’Irish Republican Army (IRA) et le parti républicain Sinn Féin se divisent parallèlement : les dirigeants « gauchistes » abandonnent la défense des quartiers catholiques, au demeurant impossible car l’organisation était désarmée, pour « l’action politique ». Ce sont les « Officials ». Les plus jeunes (surtout) refusent cette ligne, maintiennent la stratégie antérieure et fondent l’IRA & le Sinn Féin « provisoires ». Ce sont les « Provos ». Le parti Sinn Féin actuel en découle directement. Officials et Provos n’ont pas plus d’une dizaine d’armes de poing dans toute la province, sans munitions. Les Provos sont peu nombreux (pour le moment). Ils se concentrent sur l’autodéfense des quartiers catholiques et le premier mort de la guerre civile est un jeune membre de l’IRA provisoire tentant d’empêcher l’incendie d’une maison de Short Strand à Belfast par des milices unionistes.

Depuis son arrivée, l’armée britannique a rapidement considéré la population irlandaise comme un adversaire. Le nouveau premier ministre provincial Brian Faulkner raidit sa politique et l’armée applique le Special Powers Act de 1922 internant des centaines de personnes. Les manifestations sont interdites depuis août 1971 mais la NICRA décide d’organiser une marche pacifique à Derry contre les internements. 10.000 manifestants se rassemblent autour du député provincial protestant, mais membre de la NICRA et du parti travailliste et social-démocrate d’Irlande du Nord, Ivan Cooper. Les représentants de l’IRA provisoire et « officielle » sont présents mais sans arme, comme cela a été démontré par toutes les enquêtes. L’armée britannique a envoyé le premier bataillon de régiment de Parachutistes. Quelques échanges de pierres et de jets de canon à eau…
Puis sans aucune raison les parachutistes ouvrent le feu et ils abattront 7 adolescents, 6 adultes, un 14e homme décédera 4 mois et demi plus tard de ses blessures. Plusieurs dizaines de minutes, des blessés par balles, des personnes renversées par des blindés. L’armée tirera même sur le sauveteurs. Elle prétextera la présence d’un sniper de l’IRA qui aurait tiré en premier pour justifier ses tirs, le mensonge sera démontré 30/40 ans plus tard par plusieurs enquêtes officielles. Un mensonge d’État pour un crime d’État.

En mars 1972 Londres met fin à l’autonomie provinciale mais pas à son soutien total aux unionistes contre les Irlandais. Il faudra 25 ans et 3.000 morts pour que la Paix et la démocratie reviennent. 25 ans après le #GoodFridayAgreement il faut maintenant l’unité irlandaise.

Frédéric FARAVEL
Conseiller municipal et communautaire Gauche Républicaine et Socialiste de Bezons
Président de "Vivons Bezons, le groupe des élus communistes, socialistes et républicains"
Coordinateur national des pôles thématiques de la GRS

Un prêtre catholique tente de guider un groupe d'hommes qui portent un blessé grave, sous les balles des parachutistes ce 30 janvier 1972 - les photos d'une partie des victimes du Bloody Sunday
Un prêtre catholique tente de guider un groupe d'hommes qui portent un blessé grave, sous les balles des parachutistes ce 30 janvier 1972 - les photos d'une partie des victimes du Bloody Sunday

Un prêtre catholique tente de guider un groupe d'hommes qui portent un blessé grave, sous les balles des parachutistes ce 30 janvier 1972 - les photos d'une partie des victimes du Bloody Sunday

Les façades peintes de Derry...
Les façades peintes de Derry...

Les façades peintes de Derry...

Le Bloody Sunday de 1972 a connu une renommée internationale dans la culture populaire avec la chanson rock de U2, groupe de la République d'Irlande, publiée en 1983, et avec le film de Paul Greengrass qui a la précision d'une reconstitution documentaire...Le Bloody Sunday de 1972 a connu une renommée internationale dans la culture populaire avec la chanson rock de U2, groupe de la République d'Irlande, publiée en 1983, et avec le film de Paul Greengrass qui a la précision d'une reconstitution documentaire...

Le Bloody Sunday de 1972 a connu une renommée internationale dans la culture populaire avec la chanson rock de U2, groupe de la République d'Irlande, publiée en 1983, et avec le film de Paul Greengrass qui a la précision d'une reconstitution documentaire...

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28 janvier 2022 5 28 /01 /janvier /2022 14:57

J'ai rédigé hier soir cette note pour la Gauche Républicaine et Socialiste sur la réalité des chiffres du chômage du 4ème trimestre de 2021, qui donnent lieu à des communiqués triomphalistes du gouvernement. Evidemment, la proximité de l'élection présidentielle les incite à embellir le bilan d'Emmanuel Macron... mais comme pour le reste la réalité est bien moins rose que l'emballage marketing qu'on assène...

Je travaille sur ce sujet désormais depuis plusieurs mois en lien avec le comité de suivi interparlementaire de la réforme de l'assurance chômage, qui est animée par Elsa Faucillon, députée PCF des Hauts-de-Seine, et qui rassemble des syndicalistes, des militants associatifs et des parlementaires de toute sensibilité politique.

Frédéric FARAVEL
Conseiller municipal et communautaire Gauche Républicaine et Socialiste de Bezons
Président de "Vivons Bezons, le groupe des élus communistes, socialistes et républicains"
Coordinateur national des pôles thématiques de la GRS

Une baisse du chômage qui masque une aggravation des inégalités

Le 26 janvier à midi, toute la presse à l’unissons a embouché les trompettes pour saluer une baisse « historique » du chômage. En effet, le nombre de chômeurs de catégorie A (demandeurs d’emploi sans aucune activité) a diminué de 5,9 % au quatrième trimestre de 2021, pour un total de 3,336 millions de personnes ; il atteint ainsi son plus bas niveau depuis la fin de 2012, selon les chiffres de Pôle emploi, avec une baisse de 11,8 % si on compare mai 2017 à décembre 2021. Le reflux paraît effectivement spectaculaire, les dégâts provoqués par le choc récessif sanitaire de 2020 sont plus que compensés, l’indicateur se situant désormais à un niveau inférieur (de 6,1 %) à celui du quatrième trimestre 2019. « Le président de l’emploi, c’est Emmanuel Macron » triomphait mercredi, la ministre du travail, Élisabeth Borne, sur Twitter.

On ne peut que se réjouir que le « quoi qu’il en coûte » ait permis de limiter la casse en 2020, tout en contribuant au rebond impressionnant sur l’exercice suivant : recours intensif au chômage partiel (avec cependant les effets pervers sur la sécurité sociale que nous avions décrits dès décembre 2020), aides à l’embauche – en particulier d’apprentis, dont le nombre devrait, une fois encore, battre des records en 2021… Notons que ces mesures se sont opérées sous la contrainte des événements et tranchent fortement avec la philosophie politique des deux premières années du quinquennat Macron, pourtant les chantres habituelles du néolibéralisme y voit la réussite des mesures prises avant la crise sanitaire qui ont contribué à précariser le monde du travail (et ce depuis Nicolas Sarkozy et François Hollande) : baisse du « coût du travail » peu qualifié, assouplissement des procédures de licenciement, encadrement des indemnisations prud’homales pour un licenciement sans cause réelle et sérieuse, instauration de la rupture conventionnelle, etc. Un contresens absolu !

Une réalité bien plus contrastée

En examinant de plus près les chiffres direction des statistiques du ministère du travail (DARES), on constate une situation bien plus contrastée voire préoccupante.

En incluant l’activité réduite (catégories B et C), le nombre de demandeurs d’emploi est en baisse au quatrième trimestre de 3,6 % et s’établit à 5,659 millions. Sur un an, la baisse est de 5,8 %. Sur le front du chômage longue durée, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits depuis un an ou plus diminue de 4,1 % au 4e trimestre (− 6,2 % sur un an), à 2,8 millions (catégories A, B et C). Ils représentent 49,6 % du total des demandeurs d’emploi.

donc si la baisse sur un an des catégories A est de 12,6% et que toute catégorie confondue on est à 5,8%, il y a au minimum une stagnation sur un an des catégories B et C… pas une baisse… En effet, 714800 personnes étaient inscrites dans les catégories B et C à la fin du 4e trimestre 2020 et 719700 personnes à la fin du 4e trimestre 2021 donc une hausse sur un an du nombre de personnes inscrites à pôle emploi dans les catégories B et C de 0,686%. Insignifiant, direz-vous ?

Il y a par contre une hausse très forte de la catégorie E « Sans actes positifs de recherche d’emploi, en emploi » (il s’agit ici de personnes en temps partiel, voire très partiel, les travailleurs très précaires donc) qui passe de 319500 à 358600 personnes (+12,24%)…

D’une manière générale, alors que cette catégorie des emplois précaires et à temps partiel sans effort de rechercher un emploi de meilleure qualité (E) avait baissé de 2017 à 2018 (passant de 424 500 à 345 200), elle connaît à nouveau une augmentation de fin 2018 à fin 2019 (avant la pandémie, passant de 345 200 à 356 800) ;elle a repris sa hausse depuis le 4e trimestre 2020 jusqu’à aujourd’hui (358 600) : les gens à temps très partiel s’enkystent dedans.

Enfin, dans la catégorie D qui concerne les demandeurs d’emploi « sans actes positifs de recherche d’emploi, sans emploi » l’augmentation en un an est également très forte ; on passe de 353600 à 376 500 personnes (+6.48%). Et malgré d’importante variation trimestrielle, cette catégorie passe de 277 400 au troisième trimestre 2021 à 376 500 au quatrième trimestre 2021… +99 100 !?! effaçant la baisse qui était intervenue depuis cet été… d’ailleurs à l’échelle du quinquennat, le nombre de personnes concernées par cette catégorie a augmenté passant de 330 700 à 376 500 personnes.

Cela ne peut avoir qu’une seule explication : les gens ont abandonné, ce n’est pas le symptôme d’une société qui va mieux.

Désespoir et précarité

L’ensemble de ces données ne tiennent même pas compte de l’augmentation des radiations depuis le début du quinquennat Macron. L’exécutif tente de faire avaler par médias interposés un nouveau tour de passe passe : s’il y a bien une amélioration de la situation après l’effondrement de 2020 découlant de l’arrêt total de l’économie durant plusieurs mois, il n’y a pas de sublimation économique et sociale, mais une aggravation de la précarité des salariés les plus fragiles, un abandon croissant des chômeurs dans leurs recherches d’emploi et une situation qui ne s’améliorera pas avec l’application depuis la fin 2021 d’une réforme de l’assurance chômage qui prive déjà mensuellement des milliers de demandeurs d’emploi de plusieurs centaines d’euros voire d’indemnité chômage…

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24 janvier 2022 1 24 /01 /janvier /2022 18:16

J'ai rédigé hier midi une note rapide pour la Gauche Républicaine et Socialiste sur ce qui est rapidement apparu comme un coup d'Etat au Burkina Faso. Je la publie également ci-dessous.

Frédéric Faravel
Conseiller municipal et communautaire Gauche Républicaine et Socialiste de Bezons
Coordinateur national des pôles thématiques de la GRS
Président de "Vivons Bezons, le groupe des élus communistes, socialistes et républicains"

Sahel : les démocraties locales peuvent-elles résister à la crise djihadiste ?

La confusion règne à Ouagadougou où diverses sources, relayées par RFI, indiquent que le président burkinabè aurait été arrêté par des militaires, après qu’une mutinerie se soit déclenchée dans la nuit de samedi à dimanche dans le camp militaire Sangoulé Lamizana, à Gounghin, dans la périphérie de Ouagadougou.

Malgré des démentis du gouvernement officiel, le président Roch Marc Christian Kaboré aurait été arrêté par les mutins, selon l’AFP et RFI. RFI précisait ce matin qu’au regard des dernières informations dont elle disposait, des militaires se seraient rendus ce dimanche soir à la résidence privée du président pour l’emmener « vraisemblablement dans une caserne militaire dans laquelle se trouve une prison » où il serait désormais détenu.

Les premiers tirs ont éclaté dans la nuit de samedi à dimanche au camp militaire Sangoulé Lamizana, à Gounghin, dans la périphérie de Ouagadougou. Dimanche matin, plusieurs dizaines de soldats, kalachnikov à la main, sont sortis de leur caserne, tirant en l’air, et ont bloqué l’accès au camp Sangoulé-Lamizana. Des tirs nourris ont également été entendus au camp Général-Baba-Sy et à la base aérienne de Ouagadougou, ainsi que dans une caserne de la ville de Kaya, dans le centre-nord du Burkina Faso. Dans un communiqué publié dans la matinée, le gouvernement, qui a confirmé ces tirs, a toutefois démenti « une prise de pouvoir par l’armée » et assuré que les institutions n’étaient pas menacées « pour le moment ». Un couvre-feu a été instauré de 20 heures à 5 h 30 « jusqu’à nouvel ordre » sur toute l’étendue du territoire. Tous les établissements scolaires du pays sont également fermés jusqu’au mardi 25 janvier « pour préserver la sécurité des élèves et des enseignants ».

Mutinerie ou Coup d’État ?

Dans les casernes, la colère ne cessait de monter depuis l’attaque d’Inata, mi-novembre 2021 dans le nord du pays, dans laquelle 53 gendarmes avaient été tués, le massacre le plus sanglant à ce jour contre l’armée. Le 11 janvier, une dizaine de militaires burkinabès et cinq civils avaient été arrêtés et accusés de fomenter un coup d’État contre M. Kaboré.

Au-delà du simple « mouvement d'humeur » de militaires, des rumeurs de coup d’État circulaient après la mutinerie, une mutinerie motivée par la colère face à l’impuissance des autorités à endiguer les violences dans un pays où les attaques terroristes ont fait plus de 2 000 morts et 1,5 million de personnes déplacées en six ans.

Samedi 22 janvier, des centaines de personnes étaient descendues dans les rues de la capitale et dans plusieurs villes du pays, malgré l’interdiction des marches, pour dénoncer « l’incapacité » du président à gérer la crise sécuritaire. A Ouagadougou, les manifestants avaient tenté d’ériger des barricades, avant d’être dispersés. Plusieurs jeunes, dont des leaders de la mobilisation, avaient été arrêtés.

Les objectifs précis des mutins n'ont pas été communiqués... selon des témoignages locaux, rapportés par les correspondants de la presse française, plusieurs affirment être sortis pour exprimer leur colère face à « l’incapacité » du chef de l’État à venir à bout des attaques terroristes, de plus en plus meurtrières, ces derniers mois : « Nous n’en pouvons plus, le président ne tient plus le pays, nos camarades meurent chaque jour au front ».

Il est difficile de déterminer s'il s'agit d'une action planifiée et coordonnée ou si les mutins ont profité d'une forme de désorganisation de l’État burkinabè pour réaliser un coup de main « opportuniste » qui leur a offert la maîtrise de la personne même du chef de l’État.

Il est également possible que la mutinerie réponde aux aspirations de quelques catégories de la population de la capitale. Dimanche, une centaine de manifestants se sont rassemblés à l’entrée du camp Sangoulé-Lamizana pour exprimer leur soutien aux mutins : « Les militaires au pouvoir ! », clamaient certains, « Nous voulons un régime de transition comme au Mali et le départ de la France au Sahel » expliquait un participant à un barrage devant l’échangeur de l’Ouest, où des jeunes avaient érigé des barricades de pierres et de pneus brûlés. Des groupes de personnes ont également tenté de rejoindre la place de la Nation, au cœur de la capitale, avant d’être dispersés par des tirs de gaz lacrymogène de la police antiémeute et de la gendarmerie. Au moins un manifestant a été blessé par une balle perdue. Plus tard dans la journée, des partisans des militaires mutins ont incendié le rez-de-chaussée du siège du parti au pouvoir, le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), à Ouagadougou – alors même que depuis plusieurs semaines le torchon brûlait entre le président et son parti. Dans la journée, plusieurs journalistes ont été pris à partie par des manifestants et des soldats mutins, avant d'être relâchés 30 mn plus tard.

Dans un enregistrement audio transmis à la presse, un des leaders de la mutinerie, qui n’a pas voulu donner son nom, liste six revendications, notamment « le remplacement » du chef d’état-major général des armées, de l’armée de terre et du directeur général de l’Agence nationale du renseignement, « des moyens adaptés à la lutte et des effectifs conséquents », une « revalorisation » des forces et « des unités constituées permanentes » sur le terrain.

Une autre rumeur insistante fait état d'une tentative de libération du général Gilbert Diendéré, ex bras du dictateur Blaise Compaoré, condamné à vingt ans de prison ferme et actuellement en détention à la maison d’arrêt et de correction des armées, située au camp Sangoulé-Lamizana, pour une tentative de putsch en 2015 et actuellement jugé pour son rôle présumé dans l’assassinat du regretté ancien président Thomas Sankara, en 1987. Cependant RFI indiquait ce matin qu'aucune information ne permettait de pouvoir dire que le général Diendéré aurait été libéré par les mutins.

À midi on apprenait que le président de l’assemblée (Alassane Bala Sakandé) et des ministres seraient aussi aux arrêts selon l’agence France presse, alors que selon la correspondante du journal Le Monde au Burkina Faso, un groupe de manifestants convergeaient vers la place de la Nation, à Ouagadougou, en chantant l’hymne national en soutien aux soldats mutins.

La suite des évènements est incertaine. Une déclaration est attendue dans les prochaines heures. Le siège de la radio-télévision publique est d’ailleurs bouclé par des soldats encagoulés avec armes lourdes et blindés, tandis que la RTB continue de diffuser un documentaire animalier. On ne connaissait toujours pas à 13h avec certitude l’identité des leaders de ce qu’il faut bien appeler un putsch. Nous n'avons pas pu contacter nos amis politiques au Burkina Faso : après le blocage de l’accès à Facebook, la connexion Internet mobile a été suspendue dans la journée de dimanche, sans aucune précision des autorités.

Effet domino ?

Les capitales européennes redoutent un scénario à la malienne, avec la prise du pouvoir par les militaires au Burkina Faso, un pays qui a connu par le passé plusieurs coups d’État et tentatives de putsch. Dans un communiqué, le président de la commission de la Communauté des États d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) a dit suivre « avec une grande préoccupation » la situation et a appelé au calme, tout en demandant « aux militaires de demeurer dans une posture républicaine et de privilégier le dialogue avec les autorités ».

Rappelons le scénario malien : Le 18 août 2020, le même groupe de cinq colonels, dirigé par Assimi Goïta, avait contraint le président Ibrahim Boubacar Keïta, dit « IBK », à la démission.

Neuf mois plus tard, le scénario s’était reproduit avec le président de transition Bah N’Daw et son premier ministre Moctar Ouane. Le coup d’État était à nouveau perpétré par le colonel Assimi Goïta, commandant des forces spéciales devenu entre-temps vice-président. Cette fois, il n’a fallu que l’annonce d’un nouveau gouvernement, dont étaient exclus deux de ses proches, pour que Goïta renverse le pouvoir qu'il avait installé en 2020 et décide cette fois-ci d'être proclamé chef de l’État.

L’histoire semblait bégayer et la communauté internationale avait à nouveau fait part de son inquiétude mais sans pouvoir y faire grande chose. Le 30 mai, Emmanuel Macron avait menacé de retirer les soldats de la force « Barkhane ». Le même jour, après quatre heures de réunion au Ghana, les chefs d’Etat d’Afrique de l’Ouest avait suspendu le Mali de leurs instances, et demandé la nomination d’un premier ministre civil, mais sans imposer de sanctions.

Trouver une posture politique efficace au Mali devient de plus en plus complexe pour la France, les voisins de ce pays et la communauté internationale. En effet, la guerre contre les djihadistes est loin d'être gagnée comme le démontre à nouveau la mort d'un Un militaire français, Alexandre Martin, samedi 22 janvier, au Mali dans une attaque au mortier du camp militaire de l’opération « Barkhane » à Gao. Mais c'est toute la stratégie militaire et politique qui est aujourd'hui en question : le nouveau pouvoir malien (au-delà des rivalités politiques internes à la scène politico-militaires locales) reproche à la France de s'enfermer et d'avoir enfermé le pays avec lui dans une vision manichéenne du conflit qui conduit à considérer tout belligérant comme djihadiste, sans mesurer d'éventuelles possibilités de négociations avec des forces "nordistes" alliées aux islamistes "par la force des choses".

Ainsi au Mali, comme au Burkina Faso, la démocratie semble tomber tout à la fois sous les coups de l'inefficacité (et parfois de la corruption) des élites politiques locales, l'incapacité à assurer la sécurité face aux attaques djihadistes et aux attentats et du rejet de la France, de sa présence militaire et de sa stratégie géopolitique au Sahel.

Dans ces conditions, la Gauche Républicaine et Socialiste ne saurait que trop conseiller à l'exécutif français de ne pas ajouter de l'huile sur le feu de la situation politique locale en multipliant les coups de menton sans lendemain comme il l'avait fait fin mai 2021 à Bamako et de se concentrer sur la seule sécurité des ressortissants français et franco-burkinabès, le temps que la situation se clarifie.

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18 janvier 2022 2 18 /01 /janvier /2022 08:26

Avec mon ami et camarade Augustin Belloc de Cergy, nous avons écrit pour la Gauche Républicaine et Socialiste la note ci-dessous qui resitue la catastrophe annoncée pour EDF, provoquée par les choix d'Emmanuel Macron et de son gouvernement, dans les enjeux plus globaux de la nécessité d'une profonde révolution énergétique...
Frédéric FARAVEL

Conseiller municipal et communautaire Gauche Républicaine et Socialiste de Bezons
Coordinateur national des pôles thématiques de la GRS

Ne sacrifions pas EDF sur l’autel de la concurrence

Jeudi 13 novembre, la Ministre de l’environnement Mme Barbara Pompili a annoncé une sévère augmentation de la part de l’énergie nucléaire devant être vendue à prix cassés aux distributeurs privés.

La volonté forcenée de la commission européenne et du gouvernement Macron de livrer le secteur de l’énergie aux forces du marché se traduit par des absurdités comme seul le néolibéralisme des technocrates de la commission européenne et de Bercy en est capable. EDF va être contraint de vendre à 46,2€/MWh une part si importante de l’électricité qu’elle produit qu’elle n’en disposera plus suffisamment pour répondre aux demandes nées de ses contrats en tant que distributeur. Elle devra donc racheter sur le marché privé de l’électricité à 300€/MWh, la même qu’elle aura vendue plus de six fois moins cher.

La perte estimée pour 2022, plus de 8 milliards d’euros, n’est ni plus ni moins que du sabotage de service public. L’excuse donnée par le gouvernement, celle de contenir la hausse du prix de l’électricité, ne tient pas. Les causes de la hausse du prix de l’électricité ne se trouvent pas en France, mais dans nos pays voisins. La flambée du coût des matières premières, gaz comme pétrole, a sévèrement renchéri le prix de l’électricité dans les pays comme l’Allemagne qui utilisent ce mix énergétique. Le mix énergétique français, combinant renouvelable et nucléaire, est théoriquement épargné par la volatilité des prix des matières premières (le combustible nucléaire ne pesant que très peu dans le coût lié à la production d’électricité). Dans les faits cependant, du fait des interconnexions électriques avec les pays voisins, la hausse du coût de l’électricité chez eux se répercute par une hausse du prix chez nous.

Or, les hauts fonctionnaires européens et de Bercy voulant à tout prix introduire de force la concurrence dans le marché de l’électricité, ils ont contraint depuis des années EDF de céder à prix coûtant une partie de l’énergie qu’elle produit à ces distributeurs privés. Ces derniers bénéficient donc des mêmes conditions de vente qu’EDF, sans avoir à assumer les coûts liés aux investissements pour la produire. A la clef, aucune baisse de la facture pour les Français, mais des profits pour les actionnaires privés.

Le groupe EDF est le seul à assumer les risques industriels liés à la production d’électricité. Il se retrouve aussi le seul à devoir assumer les risques financiers, alors que les profits sont confisqués par des entités privées n’ayant aucune vocation de service public.

La production d’une électricité pilotable et décarbonée est un atout majeur de la France, que nous devons préserver. Dans le domaine énergétique, les sources d’approvisionnement fossiles posent de sérieux problèmes.

Or, le mot « pétrole » ne figurait même pas en avril 2021 dans la feuille de route de la Commissaire européenne à l’Énergie, alors qu’il s’agit de la première énergie consommée en Europe, et de la première source d’émission de dioxyde de carbone sur le continent ! C’est d’autant plus incroyable que nous sommes déjà en stress d’approvisionnement pétrolier et que ce stress va s’amplifier. Le Shift Project, groupe de réflexion fondé et présidé par Jean-Marc Jancovici, a accès à une base de données très précise de tous les gisements de pétrole dans le monde, et la conclusion tirée de ces chiffres est très claire : l’approvisionnement pétrolier de l’Europe va continuer à décliner à l’avenir, comme il le fait depuis 2006, et nous ne sommes pas du tout prêts à gérer cette situation.

Ce sera la même chose pour le gaz : alors que certains rêvent de remplacer le nucléaire par une combinaison d’énergies renouvelables et de centrales à gaz, nous ne sommes pas du tout sûrs de disposer des approvisionnements nécessaires en gaz.

Notre souveraineté en matière d'énergie renouvelable est très imparfaite. Avec le photovoltaïque et l’éolien, il y a eu la tentative de faire émerger des filières industrielles nouvelles, mais qui n’ont pas fonctionné. Actuellement, la quasi-totalité des panneaux solaires viennent de Chine, de même pour les éoliennes dont la production y a été délocalisée par les grands industriels européens.

La France avait un opérateur intégré efficace, de la construction des centrales à la distribution du courant, qui délivrait une électricité à bas prix, sans coupure de courant, et qui contribuait au solde exportateur de la France. Nous avons délibérément cassé cet outil au nom d’une concurrence vue comme l’alpha et l’oméga, quel que soit son secteur d’application. Malheureusement, il était prévisible que le découpage d’EDF aboutirait à l’exact inverse du résultat désiré : c’est lié à la nature particulière de l’électricité, et notamment son caractère non stockable.

S’est ajoutée à cela la pression antinucléaire allemande, qui s’est diffusée en Europe, et a débouché sur une pression « pro-énergies renouvelables électriques », qui explique le choix du photovoltaïque et de l’éolien. Mais il faut bien comprendre qu’en faisant cela, nous avons augmenté nos importations, puisque les composants de ces génératrices viennent de Chine. En France, nous avons dégradé notre balance commerciale au profit de la Chine sans procurer le moindre avantage pour les consommateurs et les citoyens français. Dans les pays qui économisent un peu de gaz et de charbon avec l’essor des énergies renouvelables, le déficit commercial reste une réalité, mais au moins ils limitent les émissions de dioxyde de carbone, ce qui n’est pas notre cas.

Le nucléaire est une filière de très long terme, ce qui veut dire que c’est un domaine étatique par construction. D’ailleurs, les nouveaux champions mondiaux du nucléaire sont des États forts : la Chine et la Russie. On ne fait pas de nucléaire de manière sérieuse dans un pays sans un État planificateur et constant. Le Royaume-Uni en a fait la démonstration magistrale par l’absurde : il a laissé le secteur privé gérer le système à ses frais et à ses risques et périls, avec concurrence partout et sans aucun cadre. Résultat : aucun renouvellement de centrale. Il a fallu que l’État intervienne de manière directe (avec des prix, du capital et des risques garantis) pour que le nucléaire redémarre.

La France prend malheureusement un chemin identique à celui des Britanniques. Notre « laisser faire » s’appelle le « stop and go », et la concurrence à l’aval raccourcit les horizons de temps. On ne décide pas d’une stratégie nucléaire, qui peut nous engager pour un siècle, sur la base des prix du marché de la semaine dernière ! En France, l’État a directement souhaité l’affaiblissement du nucléaire, d’une part en le présentant comme un ennemi dans nombre de discours de dirigeants politiques, et d’autre part en ne s’opposant pas aux lubies de la Commission européenne sur la concurrence dans le domaine électrique.

Si le gouvernement français avait mis son veto absolu au démantèlement d’EDF, la France aurait pu faire reculer Bruxelles. Mais les gouvernements français, qu’ils se prétendent de gauche ou assument être de droite, ont été intoxiqués par les économistes libéraux.

Continuer à découper EDF en entreprises concurrentes ou indépendantes les unes des autres engendre trois types de risques : un risque de raccourcissement des horizons de temps, parce que la planification est plus difficile pour un ensemble d’acteurs indépendants que pour un acteur intégré ; un risque de hausse des prix, parce que le découpage impose des coûts de transaction à toutes les étapes et renchérit le prix de l’électricité in fine ; et un risque de problèmes techniques, parce que l’expertise pointue ne se décentralise pas facilement.

Nous avons un besoin urgent de retrouver notre souveraineté énergétique. La hausse des prix chez nos voisins ne peut pas, ne doit pas avoir de conséquences sur la facture électrique de nos concitoyens. Notre mix énergétique décarboné doit aussi être défendu à tout prix. Enfin, les investissements massifs à réaliser dans le nucléaire et le renouvelable doivent être supportés par une seule entité monopolistique si l’on veut éviter la faillite ou l’explosion des prix. Tout cela implique la reconstitution d’un pôle public de l’énergie, entièrement nationalisé et administré. Les illusions des gourous du néolibéralisme et les inefficacités qu’elles entraînent sont trop graves pour que nous laissions faire.

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