Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube.
Me contacter

en savoir plus

 

Trouve

Gauche Républicaine & Socialiste

29 janvier 2013 2 29 /01 /janvier /2013 15:17

FrancoisHollandeLes médias interviennent depuis ce matin sur la remontée dans les sondages de François Hollande et Jean-Marc Ayrault. Cette évolution est positive car il est nécessaire que l'image de l'exécutif soit correcte pour réussir le changement et mettre en oeuvre les engagements de la campagne présidentielle.

L'institut BVA indique que la conjugaison d'évènements conjoncturels - intervention nécessaire au Mali, promotion du mariage pour tous, libération de Florence Cassez - explique l'amélioration de l'image du Président et de son Premier Ministre. Mais ces éléments ne modifient pas les fondamentaux.

En effet, ceux-ci restent fragiles : si le positionnement politique du Président est globalement apprécié, «sa» gauche commence à trouver qu’il n’est «pas assez à gauche». Les Français sont aussi plus partagés qu’auparavant sur le fait qu’il respecte ses engagements de candidat et continuent de rester très critiques sur l’efficacité et la justice de la politique menée.

Sur l'ensemble de la population, dont une grande partie qui ne votera jamais pour François Hollande, la gauche et/ou les partis qui les soutiennent, ceux qui lui reprochent d’être «trop à gauche» sont désormais aussi nombreux (29%) que ceux qui jugent qu’il n’est «pas assez à gauche» (30%). Une posture d’équilibre qui doit peut-être à une amélioration relative de la pédagogie élyséenne, mais qui doit certainement beaucoup aux critiques contradictoires dont il fait l’objet.

En effet, après avoir nettement infléchi (droitisé ?) sa politique économique (adoption du traité Merkozy, pacte de compétitivité), François Hollande subit à la fois de fortes critiques d'une partie de la gauche et de la droite : Depuis l’accord patronat-syndicats (transposition mot pour mot des accords compétitivité-emploi de Sarkozy), une partie des responsables politiques et de ses électeurs intentent à Hollande un procès en social-défaitisme. Quant à l’opposition de droite et au centre, ils jurent qu’il ne va pas assez loin et ne cesse de dénoncer un dogmatisme politique et un manque de réalisme économique du Président. Bref, il ne sert à riend de donner des gages à la droite et son allié social qu'est le patronat car ils n'en seront jamais reconnaissants.

Certains pourraient défendre l'idée que ces critiques aux deux marges tendent à conférer une confortable posture d’équilibre au Président, mais en fait, cela démontre un resserrement sérieux de sa base électorale. Hollande devrait ainsi surveiller sa gauche ; depuis novembre, les Français le trouvant «trop à gauche» sont 3 points de moins, alors que ceux qui jugent qu’il n’est «pas assez à gauche» sont 6 points de plus. Les sympathisants de gauche sont évidemment les plus troublés. Désormais, un sur deux (49%) considère que LEUR Président n’est «pas assez à gauche». Les catégories populaires ne sont pas en reste : 40% des ouvriers jugent désormais que François Hollande n’est «pas assez à gauche».

Corolaire à cette évolution, les Français sont désormais très partagés sur le fait que François Hollande «respecte ses engagements de candidat». 48% le pensent contre 50% qui jugent, à l’inverse, qu’il ne les respecte pas.

Si François Hollande veut remporter les élections présidentielles de 2017 et inscrire durablement le changement dans la société française, il y a urgence pour lui à donner des signes politiques sérieux et concrets : l'attente est forte pour des signes tangibles sur la réorientation pratique de la politique industrielle du pays (le déficit de compétitivité des entreprises françaises - notamment automobiles - ne vient pas d'un prix du travail trop élevé mais de leurs mauvais choix stratégiques), sur la réorientation concrète de la construction européenne (jugée trop libérale et éloignée des citoyens)... Les salariés, qui subissent au moins psychologiquement et parfois directement l'avalanche des annonces de plans sociaux, attendent également des mesures fortes comme la Loi sur les licenciements abusifs ou la Loi sur la reprise des entreprises avec priorité aux salariés.

Avec raison, certains expliquent que l'objectif n'est pas de sauver les élections locales de 2014 et 2015 mais de remporter les élections de 2017 : ils ont raison. Mais à désorienter sa base électorale, à mener une politique d'austérité que tous les acteurs économiques déconseillent désormais, nous pourrions perdre chacun de ses rendez-vous.

Le retour aux fondamentaux, au discours du Bourget et au projet socialiste, est une urgence vitale pour la gauche et le pays.

Frédéric FARAVEL
Mandataire fédéral de la motion 3 - PS Val-d'Oise

Partager cet article

Repost0
29 janvier 2013 2 29 /01 /janvier /2013 14:49

musee-educ.gifAprès avoir voulu la création du musée en 1982, le conseil général du Val-d’Oise a voté le 18 janvier dernier une subvention limitée à 30.000 € pour 2013 et la clôture de ses engagements financiers et matériels au 31 décembre.

La conséquence de cette décision est la suppression des 4 postes associatifs et le licenciement immédiat des salariés qui travaillent sur les collections, assurent la sécurité, l’accueil, l’accompagnement des 8.000 visiteurs annuels. C’est aussi la remise en question d’une programmation établie, d’une centaine de visites déjà réservées, d’actions éducatives en cours.

Ce musée c’est :

  •     Un musée de société
  •     Un patrimoine témoin de l’histoire de l’éducation et de l’enseignement
  •     Des collections issues du territoire
  •     Un espace de recherche ouvert à tous, reconnu par les universitaires
  •     Des expositions pour sensibiliser à l’évolution du système éducatif
  •     Un espace de médiation pour comprendre les transformations de la société
  •     Un service éducatif à l’écoute de tous les publics
  •     Des activités pédagogiques pour les élèves de tous niveaux d’enseignement
  •     Un accompagnement à la formation des enseignants
  •     Des actions en lien avec l’éducation artistique et culturelle
  •     Un lieu de création artistique, d’innovation pédagogique
  •     Un équipement culturel de proximité avec un rayonnement régional
  •     Un travail en réseau avec les associations
  •     Des animations, des stages, des conférences
  •     Des rencontres suivies de débats, des spectacles thématiques
  •     Des donateurs, des salariés, des bénévoles, des artistes et des professionnels
  •     Un musée tourné vers le présent et l’avenir

Et un site internet www.musee-education.ac-versailles.fr où vous trouverez un descriptif détaillé de nos actions et des difficultés actuelles !

Une journée portes ouvertes aura lieu le 2 février 2013 de 11h à 18h

Mobilisons-nous

Ce projet scientifique, pédagogique et culturel doit continuer à vivre ! Une solution pour l’avenir doit être trouvée ! Nous demandons aux élus, aux collectivités, à l’État d’agir de toute urgence pour la sauvegarde du musée.

Signez la pétition

Partager cet article

Repost0
28 janvier 2013 1 28 /01 /janvier /2013 13:11

Partager cet article

Repost0
25 janvier 2013 5 25 /01 /janvier /2013 08:11

 

MLG_09-02-2013.jpg

Partager cet article

Repost0
23 janvier 2013 3 23 /01 /janvier /2013 15:20

Une grande partie des pronostics électoraux a été démentie hier soir mardi 22 janvier 2013 à Tel Aviv. Les commentateurs prédisaient une droitisation très forte de la scène politique israélienne et c'est un retour à l'équilibre fondé sur la relative sanction de Benyamin Netanyahu que les électeurs ont choisi.

Une droite divisée qui recule

netanyahu.jpgLe premier ministre sortant conduisait une liste de coalition de son parti, le Likud, droite conservatrice sioniste traditonnelle, et des ultra-nationalistes laïcs de Yisraël Beitenu, le parti d'Avigdor Lieberman. Ils avaient remporté séparément et respectivement 27 et 15 sièges en 2009 ; l'incapacité de Tzipi Livni (Kadima, centre droit) à former un gouvernement avait alors permis à "Bibi" de se maintenir comme premier ministre en formant une alliance entre le Likud, Yisraël Beitenu et les partis religieux.

Netanyahu avait alors mené la politique la plus à droite de toute l'histoire d'Israël, amplifiant comme jamais la colonisation, reniant toute relations avec les Palestiniens et méprisant le mouvement social des indignés israéliens de 2011. Son échec à empêcher le vote de l'ONU en faveur de l'Etat de Palestine et la réalité de la crise sociale vécue par les catégories populaires et moyennes lui auront sans doute coûté de précieux sièges à la Knesset.

En effet, la coalition Likud-Beitenu ne recueillait hier soir que 31 sièges, loin des 42 députés des deux partis dans la précédente assemblée, mais loin aussi des 36-37 promis par les sondages.

Le discours belliciste et anti-arabe de la droite nationaliste n'aura servi qu'à légitimer le discours d'une nouvelle extrême droite religieuse Bayit Yehudi (Foyer juif ou Maison juive), dirigé depuis peu de temps par Naftali Bennett, coalition d'ultra-nationalistes favorables à l'annexion de 60% de la Cisjordanie et d'une partie de l'électorat religieux. Cependant, avec 11-12 députés le Foyer juif ne semble pas aussi puissant que ce qui était attendu (les sondages le donnait au coude à coude avec les travaillistes), il n'en restera pas un incontournable interlocuteur du Premier ministre sortant, qui paradoxalement a mis en selle celui avec qui il sera contraint de discuter aujourd'hui.

Knesset_22-01-2013.pngUn centre surprise ?

yairlapid.jpegLa nouveauté semble une des marques de ce scrutin puisque le grand gagnant d'hier est Yesh Atid "il y a un futur", parti créé de toute pièce par l'ancien présentateur de télévision Yaïr Lapid. Ce parti centriste a mobilisé une grande partie des classes moyennes laïques qui se sentaient les oubliées du développement économique israélien (et qui n'avaient pas forcément participé aux manifestations de 2011) et qui sont de plus en plus excédées par les privilèges accordées aux juifs ultra-orthodoxes dans la société israélienne (dispense de service militaire, ségrégation ethnique et sexiste - souvenez-vous des reportages sur les bus à Jérusalem).

Yesh Atid a également pris position pour la reprise du dialogue avec les Palestiniens même si cela ne fut pas au coeur de sa campagne.

Avec 19 sièges Yaïr Lapid est un caillou plus douloureux dans la chaussure de Netanyahu, car on le voit mal collaborer avec Benett, Lieberman ou les partis religieux... mais on disait aussi que Lieberman était un ultra-laïc incompatible avec les partis religieux de la précédente coalition. Il y avait sans doute plus de similitudes entre les religieux nationalistes et les laïcs nationalistes.

Il ne faut sans doute pas s'emporter sur la longue durée concernant le devenir de Yesh Atid. La vie politique israélienne nous a accoutumé à des successions de partis centristes surprises sans lendemain : Shinouï, Kadima...

Ce dernier pourrait d'ailleurs disparaître de la Knesset, sa leader Tzipi Livni, ancienne première ministre étant parti fonder HaTnouha qui remporterait 5-6 députés.

L'addition des trois partis centristes reccueille d'ailleurs autant de suffrages et de sièges que Kadima en 2009. Le centre surprend mais reste stable.

Une gauche qui se reconstruit

Les mobilisations sociales de 2011 ont cependant également trouvé leur résonnance dans le scrutin législatif. HaAvoda, le parti travailliste israélien, semble aujourd'hui en rémission. Il avait connu en 2009 un des plus mauvais résultat de son histoire avec 13 députés... Déjà décimé par la force d'attraction centriste de Kadima sous Ariel Sharon (départ de Shimon Peres), incapable depuis de nombreuses années de trouver un arbitrage ou un point d'équilibre entre sa gauche syndicaliste liées à Histadrout  (Amir Peretz) et ses tendances centristes et opportunistes proches d'Ehud Barak.

En 2011, ce parti était donné pour mort car au moins 6 députés avaient suivi une nouvelle dissidence menée par Ehud Barak qui avait négocié pour lui-même le poste ministre de la défense de Netanyahu.

yacimovicz.jpgS'il se fait rafler la deuxième place par les centristes de Lapid, HaAvoda double son score avec 15 à 17 députés. Ce fut un long travail conduit par Shelly Yacimovitch, elle-même ancienne journaliste, qui a rajeuni le vieux parti de Ben Gourion, Golda Meïr et Yitzhak Rabbin.

StavShaffir.jpgL'incarnation se fait en la nouvelle députée Stav Shaffir, l'une des leaders du mouvement des indignés de 2011 (réécoutez ici son interview). Quelques voix s'élèvent pour dénoncer dans le Parti un score en demi teinte ce qui démontre qu'il n'est pas encore totalement stabilisé : les déclarations de Yacimovitch pendant la campagne sur la caractère centriste éternel du Parti Travailliste étaient non seulement une erreur, qui lui a coûté de nombreux suffrages, mais également historiquement faux et en contradication avec sa volonté de relayer le mouvement social de 2011. Mais le Parti travailliste a commencé à reprendre sa place de protecteur des classes populaires et moyennes et on le sait ouvert à la paix et aux négociations avec les Palestiniens. 

Enfin, la gauche socialiste représentée par le parti Meretz double également sa représentation en passant de 3 à 6 députés. Elle récolte la clarté de son discours de gauche et en faveur de la paix et de la négociation, alors que Yacimovitch entretenait un peu le flou.

Les partis arabes conservent leur étiage habituel de 11-12 sièges et sont habitués à travailler avec la gauche.

Netanyahu sera reconduit mais ne durera pas

Netanyahu tentera une large coalition en jouant alternativement entre le centre et les ultra-nationalistes. Mais désormais les vrais débats de la société israélienne sont sur la table : le développement économique et social, la nécessité d'établir la laïcité et l'obligation de retourner négocier avec les Palestiniens, dont l'Etat est désormais reconnu.

Les observateurs s'accordent à dire que le cabinet Netanyahu 3  ne tiendra que la moitié du mandat... Je ne lui donne pas plus d'un an et en face de lui le centre et nos camarades peuvent, s'ils ne font pas trop d'erreurs construire enfin une alternative qu'attend le proche orient.

Frédéric FARAVEL

Partager cet article

Repost0
21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 15:06

J'avoue, comme simple observateur et militant politique insuffisamment informé, que j'ai été surpris d'apprendre que Jean-Yves Le Drian, notre ministre de la défense, avait précisé en ces termes les objectifs opérationnels de l'intervention française au Mali : désormais donc l'objectif de la France "est la reconquête totale du Mali".

Nous sommes intervenus à la demande du président par interim de la République du Mali, alors  que le sud du pays et Bamako se trouvaient sous la menace d'une offensive destructrice des djihaddistes du nord après la prise de Konna voici 12 jours. Il s'agissait de stopper l'offensive et d'éviter la chute complète du Mali dans les mainsde l'islamisme politique radical et violent et de préparer l'arrivée (en l'accélérant) de la force multinationale africaine prévue par la résolution de l'ONU.

J'avais exprimé mon analyse le 14 janvier (vous retrouverez l'article ici), refusant tout pacifisme irrationnel, mais m'interrogeant sur certains points à examiner.

mali.jpgParmi ces interrogations, il est évident que la pénétration des troupes françaises en est une majeure : s'il s'agit de stopper les dijahaddistes, d'éviter la "contagion" vers le sud, et de faire arriver plus vite une force internationale, nous restons dans un processus assez maîtrisé ; s'il s'agit désormais que l'armée française préside à la "reconquête totale" du nord du pays, alors les risques d'enlisement de la France dans ce conflit (malgré toutes les justifications géopolitiques possibles) deviennent incontrôlable.

Pour ma part, il me paraît difficilement tenable que l'armée française conduise les opérations au nord du Mali et s'engage sur des terrains qu'elle aura du mal à tenir, dans des zones géographiques difficiles où les cachettes sont multiples, propices à une stratégie de guérilla, avec un ennemi insaisissable (tout du moins durant de longues années avec un coût important en hommes, en matériels et donc financièrement). Dans la durée, la présence de l'ancienne métropole finira par être perçue tôt ou tard (notamment chez les Touaregs et les Arabes) comme le retour du "colonisateur" et l'opinion publique nationale se retournera contre notre gouvernement, alors qu'elle le soutient aujourd'hui très largement.

Il me paraît nécessaire que la France se cantonne à tenir la ligne de démarquation actuelle sur un terrain qu'elle maîtrise en attendant que la force africaine soit constituée et formée (et à ce sujet on peut demander une implication plus forte de nos partenaires de l'Union Européenne). Elle sera sans doute plus opérationnelle sur des théâtres d'opération au nord : l'armée tchadienne, notamment, est aguerrie au combat dans les conditions qui attendent les belligérants au nord, une force d'intervention y sera avec elle plus pertinente et efficace.

Autre sujet d'inquiétude devant nous. Pascal Canfin, ministre délégué au développement, rappelait ce matin sur France Inter que l'aide gouvernementale française à l'attention du gouvernement malien était gelée depuis le coup d'Etat militaire de mars 2012. La France est en attente d'une feuille de route précise pour le retour à la démocratie dans ce pays et ne libérera son aide qu'à cette condition. L'aide française à la société civile et aux ONG est par contre évidemment maintenue.

Outre le fait que l'on attende encore cette feuille de route, il faudra discuter posément avec les forces politiques maliennes qui ont appelé la France à la rescousse des contours multiformes de ce retour à la démocratie dans l'unité du Mali : la question de la lutte contre la corruption, la redistribution des richesses et donc la redistribution équitable des revenus provenant des ressources du sol malien. C'est l'un des problèmes posés depuis 30 ans par les conflits avec la population touarègue du nord du pays. La solution durable à la situation actuelle, "gagner la paix" comme le disait Pascal Canfin ce matin, réside évidemment dans un partage équitable des ressources qui n'apparaisse pas comme une exploitation du nord. Or, le président du Parti pour la renaissance nationale, Tiébélé Dramé, expliquait jeudi dernier sur France Inter qu'il était désormais hors de question de discuter avec les Touaregs du MNLA.

Si l'on ajoute à cela l'augmentation des exactions contre les arabes et touaregs maliens résidant au sud du pays, il y a quelques raisons de s'inquiéter sur les conditions de résolution durable du conflit.

Frédéric FARAVEL

Partager cet article

Repost0
21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 10:17

voeux-maintenantlagauche2013-700x350.jpg

Partager cet article

Repost0
18 janvier 2013 5 18 /01 /janvier /2013 14:20

Comment la gauche a largué les ouvriers

Jeudi 10 Janvier 2013 - Mariane.fr

Depuis la victoire de Mitterrand en 1981, le PS n'aura cessé de s'éloigner du peuple. Bertrand Rothé retrace l'histoire de ce divorce dans un livre implacable à paraître ce jeudi 10 janvier : De l'abandon au mépris. Extraits.

De l'abandon au mépris, c'est un bon titre pour raconter comment le PS a tout fait pour que la classe ouvrière n'aille pas au paradis. Sur ce sujet douloureux, notre collaborateur Bertrand Rothé a écrit un livre simple, direct, efficace, construit comme un documentaire de Dziga Vertov (1896-1954), mêlant coupures de presse et études approfondies, pour nous remettre en mémoire l'histoire du «réalisme de gauche», cette maladie infantile des modernisateurs qui rognent sur l'idéal pour ne plus avoir à se soucier de la justice sociale et pour renvoyer le peuple dans les cordes.

Il a écrit un livre sur la traîtrise de cette «gauche divine» qui, en deux générations à peine, est passée, comme disait avec humour Jean Baudrillard, de «la lutte enchantée à la flûte finale». Car il aura fallu jouer bien des airs pour en arriver à trahir à ce point la classe ouvrière et à se mettre à dos les classes populaires – qui, contrairement à une idée reçue, ne sont pas majoritaires au sein de l'électorat FN –, pour être sûr de ne pas désespérer Bruxelles et les actionnaires des firmes mondialisées.

Bertrand Rothé pratique avec tact cet art de la superposition. Il fait converger les éléments factuels, les fermetures d'usines depuis le 10 mai 1981, par exemple, avec les choix stratégiques des hiérarques socialistes, sans oublier la cohorte d'intellectuels, d'économistes, de communicants – Alain Touraine, Michel Wieviorka, Daniel Cohen, pour ne citer qu'eux –, qui ont laissé croire que la désindustrialisation de la France était inéluctable, avant que le ministre du Redressement productif n'affirme le contraire. Aussi est-ce avec un certain vague à l'âme que l'on referme son livre en gardant à l'esprit les noms de la Chiers dans les Ardennes, Vilvorde, Lejaby, Cellatex, et maintenant Florange et PSA, comme autant de symboles d'un monde ouvrier déchu, trahi par les siens, cette gauche sans le peuple, incapable de gouverner avec lui, mais qui se fait simplement élire encore grâce à lui en 2012. Jusqu'à quand ?

Philippe Petit

EXTRAITS

Vilvorde, le point de rupture

Jospin_ouvriers.jpgL'histoire commence alors que le Parti socialiste est encore dans l'opposition. En février 1997, Renault annonce la fermeture de son usine de Vilvorde, en Belgique. L'événement est très médiatisé. «Trois mille travailleurs... jetés à la rue», «Renault Vilvorde l'intolérable», titre Le Soir de Bruxelles. Dès le lendemain, la presse française emboîte le pas. Le Monde lui consacre 43 articles entre mars et juin, Libération, un peu plus. Il faut dire que Louis Schweitzer, l'ancien directeur de cabinet de Laurent Fabius devenu le patron de la Régie, ne fait pas dans la dentelle (l'homme dont l'actuel gouvernement aurait souhaité qu'il représente l'Etat chez PSA...). Quelques jours après l'annonce de la fermeture de l'usine belge, il remet le couvert : 3 000 suppressions de postes en France.

La réaction du premier secrétaire du PS est instantanée. Lionel Jospin, en charge de l'opposition, demande que l'entreprise et le gouvernement reconsidèrent leurs positions. Cette décision est «financièrement, industriellement et socialement aberrante, alors que le groupe Renault a récemment investi 1,4 milliard de francs [210 millions d'euros] dans la modernisation» de l'usine belge. Se rend-il compte que ses déclarations vont l'engager, pour ne pas dire l'obliger ? Le PS a besoin de renforcer son ancrage à gauche pour les prochaines batailles électorales. Lionel Jospin décide donc de mouiller sa chemise. Le 16 mars, il participe à la manifestation européenne pour l'emploi à Bruxelles. «On a été trop loin dans le sens du libéralisme. On prend en compte les contraintes économiques et on oublie les contraintes sociales... Il faut faire une place au social dans la bataille économique que l'Europe doit conduire», déclare-t-il à la télé.

Pendant la campagne législative qui se déclenche donc inopinément, Lionel Jospin ne renie pas son discours ni sa manifestation bruxelloise. Il va même plus loin. Le 29 mai, lors de son dernier meeting à Lille, il reçoit une délégation syndicale et lui répète : «En tant qu'actionnaire de Renault, les représentants de l'Etat au conseil d'administration exigeraient que d'autres mesures soient envisagées, étudiées et préparées, pour résoudre les difficultés qui peuvent exister en matière de coût de production de l'usine de Vilvorde.» Voilà qui fait chaud au cœur du monde ouvrier. Pourtant, à bien écouter, les mots ont déjà changé. Comme à chaque fois, les ouvriers espèrent. C'est tellement humain. Ils se répètent les arguments suivants :

  • Le PS n'osera jamais abandonner les ouvriers de Renault. Les syndicats se rappellent les grands discours historiques : «La forteresse ouvrière», «Renault, vitrine sociale», «Il ne faut pas désespérer Billancourt».
  • Le PS n'osera jamais abandonner les ouvriers de Renault. D'autant plus qu'en 1994 la droite a commencé à privatiser la Régie.
  • Le PS n'osera jamais abandonner les ouvriers de Renault. C'est pour le PS le moyen d'affirmer son nouvel engagement. De montrer qu'il a su tenir compte de ses erreurs passées.
  • Le PS n'osera jamais abandonner les ouvriers de Renault. Car l'Etat a encore les moyens d'intervenir sur cette décision. C'est un actionnaire important. Avec 44,2 % du capital de l'entreprise, ses voix associées à celles des salariés lui donnent le pouvoir de refuser la fermeture de l'usine belge.

L'engagement ne dure que le temps de l'élection. Quelques jours après la victoire, le 6 juin, le ton change. Le nouveau Premier ministre est en Suède, à Malmö, où il assiste à une réunion des socialistes européens : «J'ai une sensibilité en tant que responsable politique, mais je ne peux pas apporter une réponse à une question industrielle.» Il bisse le lendemain en Belgique. Le nouveau chef du gouvernement fait savoir à son homologue belge que, «sur le dossier Vilvorde, ce n'est pas le gouvernement français qui décide». La messe est dite.

C'est fini, mais il faut bien y mettre les formes. Quelques jours plus tard, à la demande du gouvernement, le président de Renault nomme une mission pour proposer des alternatives à la fermeture pure et simple. La stratégie du gouvernement socialiste est claire : il faut faire durer l'espoir jusqu'aux vacances. Comme par hasard, l'expert remet son rapport le jour des départs, un samedi qui plus est. Le conseil d'administration tranche. Il confirme : Vilvorde doit fermer. Le gouvernement s'abstient de tout commentaire. Seule Martine Aubry, «en tant que ministre de l'Emploi», s'engage à «regarder la qualité du plan social». Fermez le ban.

Pour compenser, sans doute, le gouvernement annonce, le 1er juillet, une augmentation du Smic de 4%. Une invitation à faire le deuil de 6 000 emplois en France et en Belgique.

Que s'est-il passé pour que le Premier ministre se plie si rapidement au «réalisme de gauche» ? Personne ne croit que le dossier était à ce point avancé qu'on ne puisse «revenir en arrière sur un plan industriel», comme tenta de le faire croire Lionel Jospin.

DSK entre en scène

La réponse se trouve du côté de Bercy et de la conversion de DSK, ministre de l'Economie, aux privatisations. Dans ce domaine, les ambitions du gouvernement deviennent rapidement très importantes, voire énormes, et pour cela il lui faut des investisseurs. Or les temps ont changé depuis le début des années 90, la mondialisation financière est en marche ; 30% des actionnaires de Renault sont étrangers, il s'agit essentiellement des fonds de pension, dont Templeton Global Investment, l'un des monstres américains. Ces institutions financières ne souhaitent pas que les gouvernements se mêlent de la gestion des entreprises. Ils le font savoir immédiatement.

Pas besoin de diplomates, ni d'ambassadeurs, ni de discours, et encore moins d'un dessin : le lendemain de l'arrivée de Lionel Jospin à Matignon, l'action Renault perd 21% de sa valeur. Les premiers de la classe qui entourent DSK comprennent instantanément. L'information remonte dans l'heure à Matignon... «Sur le dossier Vilvorde, ce n'est pas le gouvernement français qui décide.» En d'autres mots, il ne faut pas se fâcher avec ceux qui détiennent le pouvoir, le vrai. Templeton se montre magnanime. Le gouvernement a plié, il a droit à une récompense.

Le 1er août, le fonds annonce que sa participation a franchi les 5% chez Renault. Un investissement judicieux et fructueux puisque, en 2008, le constructeur au losange annonce un bénéfice de 8,8 milliards de francs (1,34 million d'euros), le deuxième plus gros de son histoire. Le fonds participera ensuite aux privatisations, tout à son bénéfice.

Entre le PS et la classe ouvrière, il y aura désormais un avant et un après Vilvorde.

La fermeture de Vilvorde doit beaucoup à l'Europe. Le gouvernement socialiste décide de continuer les privatisations parce qu'il s'est très vite aperçu que la conjoncture économique ne lui permettra pas de tenir les engagements de Maastricht. Son soutien aux actionnaires et à l'Europe se mesure également à la baisse de la fiscalité des sociétés. Moins pour l'Etat, plus pour les fonds. Du sarkozysme avant l'heure, on l'a trop oublié. DSK va ainsi tenter de réduire les prélèvements obligatoires sur les stock-options, au prétexte d'éviter le départ des sièges sociaux. Le ministre des Finances veut revenir sur une décision d'Alain Juppé, qui avait augmenté leur fiscalité, la jugeant beaucoup trop faible. Le ministre socialiste propose de baisser l'impôt sur les plus-values de 40 à 26%. En prime, les heureux propriétaires auront le droit de jouir de cette fiscalité ultra-avantageuse au bout de 3 ans, contre 5 ans précédemment. Un vrai jackpot pour les managers. Mais trop, c'est trop. Les communistes et les écologistes protestent. Pour finir, un amendement socialiste envisage d'augmenter le taux d'imposition à 54 %, c'est-à-dire de revenir à une fiscalité de droit commun. Face à cette offensive, DSK retire son projet. Au Medef, on ne lui en veut pas trop, bien au contraire : «Il est infiniment plus libéral qu'Arthuis et plus pragmatique que Madelin.»

C'est compliqué, une usine

Retrouver un travail, qu'ils disent ! Mais, même pour les ouvriers sans qualification, c'est difficile. C'est compliqué, une usine. Un outil mal placé : deux fractions de seconde perdues. Avec son talent, Robert Linhart le met en mots : «Là, j'inonde le métal d'étain pour avoir tenu le chalumeau trop près du bâton et trop longtemps. [...] Là, je ne mets pas assez d'étain et la palette fait réapparaître la fissure qu'il fallait recouvrir. [...] Je m'embrouille dans l'ordre des opérations : il faut mettre les gants pour le coup de chalumeau, les enlever pour le coup de palette, ne pas toucher l'étain brûlant à mains nues, tenir le bâton de la main gauche, le chalumeau de la main droite, la palette de la main droite, les gants qu'on vient d'enlever dans la main gauche, avec l'étain.» Il ne faut pas «couler» la chaîne.

Et le vocabulaire ! C'est complexe, une usine. «Tu me gerbes 5 caisses au HN1.» Comment fait-on quand on ne sait pas ce que cela signifie ? Qu'est-ce que c'est qu'une caisse ? Et où est le HN1 ? Et cela sans compter les apprentissages sociaux.

La plupart des camarades sont fiables, d'autres moins, quelques-uns pas du tout. Auquel puis-je me confier ? Comment le chef d'équipe va-t-il réagir à mes problèmes de prostate ? Le chef d'équipe «fait beaucoup de bruit, mais ce n'est pas le mauvais gars. Ce qu'il y a, c'est qu'il a peur de Gravier, le contremaître».

De l'abandon au mépris, Le Seuil, 264 p., 19,50 €.

Partager cet article

Repost0
14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 12:38

501972_des-combattants-du-groupe-islamiste-ansar-dine-a-kid.jpgLa France intervient militairement depuis vendredi 11 janvier 2013 après-midi, auprès de l'armée malienne, contre les groupuscules djihadistes qui ont pris le contrôle du nord-est du pays (en subjuguant les indépendantistes Touaregs) depuis près d'un an.

Je refuse toute position qui s'opposerait aux actions armées par principe, logique dans laquelle s'enferment fréquemment certaines organisations de gauche ou certains responsables politiques, dont je peux par ailleurs partager d'autres analyses.

En l'occurrence, l'intervention française au Mali était justifiée depuis longtemps et nécessaire au regard des exactions perpétrés par les islamistes radicaux contre les habitants de la région et contre son patrimoine historique et sa culture. Si d'aucuns souhaitaient encore s'interroger sur les motivations d'une telle intervention, il suffirait de rappeler trois éléments :

On peut cependant s'étonner de plusieurs éléments dans la stratégie française avant de regarder sur le moyen terme le cadre général de la résolution du conflit. Sur son blog, l'ancien ministre français de la défense, Paul Quilès, pose par ailleurs un certain nombre d'interrogations qu'il faut examiner ("A propos du Mali", 11 janvier 2013 et "Que va-t-il se passer au nord du Mali ?", 13 janvier 2013). L'interview croisée ce matin sur France Inter de Marc Trévidic et Jean-Pierre Filiu me paraît également de nature à éclairer le sujet (vous retrouverez à la fin de cette note les éléments de cet entretien).

Pourquoi ajouter aux deux principaux et évidents objectifs de guerre des éléments qui brouillent le message politique ? En effet, aussi importants que soient pour les citoyens français la sécurité des 6.000 ressortissants français et  le sort de nos otages au Sahel, il est évident qu'ils ne représentent aucunement des objectifs de guerre : les Français et Franco-maliens résidant dans la partie sud-ouest du Mali pouvaient parfaitement être évacués ; l'offensive militaire franco-malienne n'améliore en rien opérationnellement les capacités à hâter la libération des otages. Ces ajouts décalés dans la bouche du Président de la République dénotent une certaine fébrilité de l'exécutif français, qui paraît ne pas être assuré de son droit - alors qu'il ne devrait pas - et cherche des justifications annexes vis-à-vis de son opinion publique ou de certains "partenaires" géopolitiques.

Il serait souhaitable dans les circonstances présentes que nos dirigeants montrent plus de détermination et de convictions.

Pourquoi répéter les erreurs idéologiques de nos alliés américains ? En effet, François Hollande a également justifié l'intervention militaire française de "guerre contre le terrorisme", permanente et quasi-sacrée... C'est un discours qui a servi à justifier les interventions militaires américaine sous George W. Bush, qu'il serait utile de ne pas reprendre, car il est faux sur le fond, source de dérive et que ce combat contre un terrorisme mythifié ne peut être que perdu, comme il l'a été en Afghanistan, comme il est en passe de l'être au Pakistan et comme nous l'avons importé sans le résoudre en Irak.

Soyons clairs sur les adversaires auxquels la France et l'Afrique de l'Ouest sont confrontés. Bien qu'ils soient fortement armés et entraînés (on a laissé faire en partie en ne menant aucune opération de police ces dernières années contre les camps d'entraînement d'AQMI en Mauritanie et au Mali), peut-être renforcés par des éléments ayant fuit la chute du régime khaddafi, les combattants djihaddistes qui occupent le Mali ne sont rien de moins que des criminels (perpétrant assassinats et violences en tout genre contre la population) et des trafiquants (commerce illicite d'alcool - AQMI eux-mêmes - , de drogue et d'otages), qu'il ne s'agirait pas de grandir en les faisant rentrer dans une espèce de mythologie de l'ennemi terroriste désincarné. Nos adversaires actuels n'ont rien à voir avec des combattants indépendantistes Touaregs du Mouvement National de Libération de l'Azawad (MNLA), qu'ils ont par ailleurs marginalisé.

Pourquoi être intervenu aussi tard ? Evidemment la communauté internationale a mis longtemps à prendre la mesure de ce qui se passait au nord du Mali, ne voyant pas que la victoire du MNLA contre l'armée malienne (on y reviendra) était suivie à brève échéance par la mise en place de l'équivalent de l'émirat taliban au milieu du Sahel, avec pour objectif général d'établir un Califat sur toute l'Afrique de l'Ouest.

Au demeurant, la résolution de l'ONU (citée plus haut) n'a fini par être adoptée que le 20 décembre 2012, après la visite de François Hollande en Algérie. Ce dernier Etat avait demandé qu'on privilégie la négociation avec une partie des djihaddistes, oubliant au passage que la principale force était composée par AQMI, héritière du GSPC (Groupe salafiste pour la prédication et le combat) lui-même issu des GIA qu'avait laissé échapper le pouvoir algérien. Il n'est pas improbable que l'Etat FLN ait joué dans cette partie de l'Afrique un rôle trouble, croyant pouvoir accroître son influence sur la base du quasi effondrement de certains Etats d'Afrique noire.

Depuis le 20 décembre, il eut été parfaitement possible d'intervenir, comme la France vient de le faire, sans attendre l'improbable et toujours autant improbable force internationale africaine UA-CEDEAO. Le discours officiel de la France a donc continué à être celui d'un simple accompagnement logistique de cette force à venir, laissant du temps au temps pour les islamistes de se renforcer et de poursuivre leurs exactions.

C'est pourquoi le changement de pied du 11 janvier m'interroge, bien qu'il rompe heureusement avec un coupable attentisme. A quoi répond ce subit retournement stratégique ? d'autant que je ne crois pas à une nouvelle débandade complète de l'armée malienne : la perte de Konna dans la nuit du 10 au 11 janvier - qui sert d'élément déclencheur à l'appel du président malien et à l'intervention française - fait suite à une série d'accrochages et de replis stratégique, qui semblent parfaitement adaptés à une stratégie pour faire sortir à découvert les combattants djihaddistes, dans une région où ils étaient plus exposés à des bombardements aériens.

Suffira-t-il de libérer le nord-est du Mali pour résoudre la crise ? Nous n'avons fini de vivre et d'essayer de comprendre les contrecoups du Printemps arabe. Cet évènement majeur doit interroger fortement l'égoïsme des sociétés européennes, sauf à abandonner nos voisins de la rive méridionale et orientale de la Mer Méditerranée au désespoir et à l'aventurisme islamiste. Les peuples du Maghreb et du Machrek ont besoin d'un véritable partenariat économique et humain ; ils ont besoin de notre confiance.

N'oublions pas par ailleurs que l'établissement d'un sanctuaire islamiste radical au nord-est du Mali a été rendu possible par de nombreux éléments. J'en ai parlé plus haut, il y a la volonté de l'Algérie de Bouteflika de se débarasser de ses problèmes chez ses voisins et de compter sur leur déstabilisation pour apparaître comme la puissance régionale régulatrice au moment où Khaddafi était discrédité.

Mais il y a aussi des facteurs endogènes qui expliquent l'effondrement de l'Etat Malien et l'instabilité de ses voisins. La Mauritanie, le Niger, le Tchad mais aussi le Sénégal de Wade, la Côte-d'Ivoire de Gbagbo, et la Guinée voici peu de temps sont gangrénés par la corruption et les trafics, dépossédant les citoyens de ces Etats découpés par l'ancien colonisateur français de leur démocratie (Sénégal) ou de leur lente marche vers la démocratie (partout ailleurs) lorsqu'elle était enclenché. La poigne de fer de Blaise Compaoré au Burkina Faso stabilise encore ce pays, mais pour combien de temps... Un jour où l'autre l'assassin de Sankara finira sans doute par subir les mêmes maladies qu'il a régulièrement encouragées chez ses voisins.

La jeune démocratie malienne avait fini sous la présidence d'Amadou Toumani Touré par s'enfoncer dans cette corruption et les préférences claniques et tribales qui sappent toute autorité étatique. Les militaires qui ont préféré cédé le terrain aux independantistes Touaregs ont commis dans la foulée un coup d'Etat qui a accru l'instabilité plutôt que de remplir leur mission concernant le maintien de l'intégrité territoriale du Mali.

Si les forces françaises et africaines parviennent in fine à chasser les criminels et les trafiquants islamistes de leur émirat fantôche du Nord-Mali, il faudra que les cadres politiques africains s'attaquent frontalement aux maux profonds de leurs Etats (on espère que c'est déjà le cas au Sénégal) sauf à faire subir à l'Afrique de l'Ouest et au Sahel le supplice de Sysyphe et offrir régulièrement aux islamistes (qui trouveront bien quelques refuges en Mauritanie, au Niger ou dans les sud libyen et algérien) une possibilité de reconstituer quelques sanctuaires.

Il faudra forcément passer par la réouverture sérieuse de la question Touareg, grand serpent de mer politique sahélien et du partage équitable des ressources et revenus miniers du désert. Les discussions avec les ennemis d'hier, ceux du Mouvement National de Libération de l'Azawad devront être sérieusement engagées et déboucher sur un vrai partenariat capable de soutenir un nouveau contrat social malien.

Frédéric FARAVEL

en attendant les vidéo vous pouvez réécouter ici l'interview croisée de Marc Trévidic et Jean-Pierre Filliu

Partager cet article

Repost0
11 janvier 2013 5 11 /01 /janvier /2013 10:08

logos GAUCHELibération revient sur les dissensions croissantes entre formations de gauche. Les charges agressives et contre-productives de Jean-Luc Mélenchon compliquent effectivement la tâche mais il semble que la direction de la Rue de Solférino y ait vu une occasion rêvée pour refuser d'associer les membres du Front de Gauche à la photo de famille du mercredi 9 janvier.

Il est pourtant peu conforme de dire que les collectivités de gauche - où PS, PCF, EELV, PRG, PG, MRC et/ou MUP travaillent le plus souvent de concert - soient totalement en phase avec les choix gouvernementaux : les inquiétudes montent bon train quant à la cure d'austérité que l'Etat leur promet, alors même que les maires socialistes n'ont cessé de publier voeux et motions pendant 10 ans pour rappeler l'importance stratégique déterminante d'une consolidation des finances locales et que les collectivités fournissaient 70% de l'investissement public dans le pays

Aussi est-il faux de dire comme Harlem Désir «Nous gérons ensemble les collectivités. Le PCF assume avec nous son rapport au réel dans les collectivités. Il faut l’assumer au plan national» [Lire plus bas]. L'un n'entraîne pas l'autre automatiquement, et si on faisait un sondage chez les maires et présidents de gauche (sous couvert d'anonymat) il es probable que certains aient quelques surprises.

Par ailleurs, il ne m'a pas semblé que le Pacte de Compétitivité faisait partie des propositions du PS au sortir de son dernier congrès, mais j'ai dû mal lire sans doute la motion 1 qui sert d'orientation majoritaire.

Il faut donc ouvrir d'urgence tous les débats et ne surtout pas verser dans les règlements de compte : rien de grand dans ce pays ne se fera sans le rassemblement de la gauche, de toute la gauche, tant aux municipales qu'au niveau gouvernemental. Mais pour permettre ce second volet, il faut marquer politiquement une inflexion volontariste que nombre de socialistes appellent de leurs voeux.

Frédéric FARAVEL

Enquête Les critiques réitérées de Jean-Luc Mélenchon et du Parti communiste envers la politique sociale du gouvernement illustrent l’éloignement croissant des deux familles de la gauche.
Libération - Jeudi 10 janvier 2013 - Par LILIAN ALEMAGNA

Il ne leur manquait plus que le rouge. Toutes les couleurs de la majorité étaient représentées hier après-midi, au siège du PS, pour une réunion des chefs de parti. Une première depuis le début du quinquennat Hollande. Après la «gauche plurielle» version Jospin et la «gauche solidaire» d’Aubry aux régionales de 2010, Harlem Désir et les socialistes inventent la «gauche rassemblée». Un peu moins tout de même que les fois précédentes : le Front de gauche, communistes en tête, est absent. Une nouvelle illustration du fossé qui se creuse à gauche.

Car après les blocages communistes au Sénat, donnant l’occasion aux socialistes de les accuser de «voter avec la droite», le PS a trouvé le moyen de s’écharper de nouveau avec le PCF, fin décembre, après la publication sur le Web de leurs vœux de fin d’année. Une vidéo dans laquelle le parti de la place du Colonel-Fabien égrenait une longue liste des promesses non tenues par François Hollande. «Une faute contre la gauche», une «honte pour ses auteurs», avait fustigé Désir. Jean-Luc Mélenchon a demandé à son ancien camarade de cesser ses «invectives». Joyeuses fêtes…

Ces prémices d’une guerre des gauches se sont matérialisées lundi soir sur France 2 autour du débat entre Jean-Luc Mélenchon et le ministre du Budget, Jérôme Cahuzac. C’était le premier affrontement télévisé direct entre l’ex-candidat Front de gauche et un socialiste depuis l’élection de Hollande. Deux visions de ce que doit être une politique de gauche. Un échange clivant, comme l’écrit Mélenchon sur son blog, «que la rue de Solférino a toujours voulu éviter car elle se sent incapable d’en assumer la conséquence interne et dans la gauche sociale». Satisfait de distinguer deux lignes à gauche, celle du «PS de Cahuzac» et la sienne, il se réjouit que cette «confrontation» soit «sur la scène publique».

emmanuel maurel«Thèse mortifère». «Bonne chance à ceux qui doivent constituer les listes des municipales de 2014 après un tel débat…», se désole un député PS. Comme cet élu, ils sont nombreux, chez les socialistes, à s’inquiéter d’une recrudescence de la théorie des «deux gauches». «C’est une thèse mortifère qui ne sert que la droite et l’extrême droite, met en garde Guillaume Bachelay, n°2 du PS. Séparer gestion et transformation ou distinguer responsabilité et opposition est une erreur d’analyse.» Et à l’aile gauche du parti majoritaire, on compte défendre la digue : «Il n’y a rien de plus néfaste et de plus faux. Ça arrange peut-être Mélenchon de le croire, mais c’est nous condamner à la défaite, fait valoir Emmanuel Maurel, un de leurs porte-voix. En plus, la ligne de Cahuzac, comme celle de Jean-Luc sont toutes deux minoritaires !» Pas d’accord, rétorque Mélenchon sur son blog : «[Cahuzac] est […] absolument dans la norme de la gauche sociale-démocrate européenne devenue économiquement sociale-libérale et politiquement démocrate.» Une «vieille gauche», a-t-il encore répété hier matin sur RMC. Et chez ses alliés communistes, on juge aussi qu’«il y a une seule gauche, mais deux orientations en son sein : une de rupture et l’autre, sociale-libérale, d’accompagnement d’un système qui ne fonctionne plus», plaide leur porte-parole, Olivier Dartigolles.

Dans sa stratégie de démarcation, Mélenchon ne s’occupe pas que du PS. Hier dans Nice-Matin, il s’est aussi intéressé aux écologistes : «Comme les socialistes, ils sont partagés entre deux ailes. Une aile écolo-libérale et une autre écolo-socialiste.» «Il y a surtout des écolo-écologistes, balaie Pascal Durand, le leader d’Europe Ecologie - les Verts (EE-LV). Les mots qu’emploie Mélenchon, comme ceux de Cahuzac, sont du vieux monde. La question à laquelle on doit répondre est : "Quelles sont les nouvelles marques d’une gauche sociale et environnementale aujourd’hui ?" Arrêtons de se redéfinir par rapport au passé.» Dans cette querelle new-look d’anciens et modernes de gauche, Désir met en garde Mélenchon : «Il n’y a jamais de primes à ceux qui divisent.» Du coup, chaque camp rejette la faute de la mésentente. Au PS ça donne : «C’est un crève-cœur de voir les communistes avec leurs idéaux alors qu’ils connaissent les marges budgétaires de la France, attaque Jean-Christophe Cambadélis. Il fut un temps où ils partageaient l’effort national de redressement du pays.» Harlem Désir use aussi de l’argument «responsabilité» : «Nous gérons ensemble les collectivités. Le PCF assume avec nous son rapport au réel dans les collectivités. Il faut l’assumer au plan national

Amnistie. En revanche, si la gauche est divisée, insiste-t-on au Front de gauche, c’est d’abord la faute à l’«accélération de l’orientation sociale-libérale» de la politique de François Hollande. «La majorité politique qui l’a élu ne se retrouve pas dans ce qu’il fait, défend Dartigolles. En aucun cas, le Front de gauche ne parie sur l’échec du gouvernement. Nos critiques ont été médiatisées, mais nous mettons sur la table des propositions ! Or le PS reste sur une seule attitude : c’est comme ça, pas autrement et il n’y a rien à discuter.» Il est vrai que les amendements des sénateurs communistes lors de l’examen du budget ont été rejetés par un gouvernement assuré de faire passer son texte en dernière lecture à l’Assemblée. Proche de Mélenchon, Eric Coquerel donne un autre exemple : «Lorsqu’ils ont rencontré Hollande, Jean-Luc et Martine [Billard, coprésidente du Parti de gauche, ndlr] ont proposé une loi d’amnistie des syndicalistes.» Hollande leur avait dit qu’il s’en occuperait. Et puis rien…

273134 emmanuel-maurel-vice-president-ps-en-charge-de-la-foComment amorcer la réconciliation ? Au PS, certains plaident pour avancer ensemble sur des lois économiques et sociales où toute la gauche serait d’accord. Maurel exhume par exemple la loi interdisant les licenciements boursiers, proposée en février par les communistes au Sénat et votée par les socialistes. Ce texte n’a jamais été repris par le gouvernement. Bachelay pousse, lui, pour inscrire à l’ordre du jour la proposition de loi brandie par Hollande lors de sa campagne et visant à obliger un groupe, s’il veut fermer un site, à examiner les offres de reprise ou bien à le céder. «On doit répondre ensemble à comment bâtir un nouveau rapport de force face au capitalisme financier. Quel levier la puissance publique active-t-elle ?» avance le député, rapporteur du projet de loi sur la Banque publique d’investissement (BPI). Sur ce texte, il se félicite d’avoir obtenu le vote des communistes. «Le rassemblement de la gauche, il faut aimer ça, avoir de la patience», glisse-t-il sibyllin. Manière de souligner que d’autres dans sa maison PS n’en ont pas.

Hier, les leaders des partis de cette nouvelle «gauche rassemblée» ont décidé la mise en place de cinq groupes de travail. Au menu : «emploi, industrie, démocratie sociale», «investissements innovants et écologiques à l’horizon 2020», «réformes institutionnelles et territoriales», «harmonisation fiscale et sociale en Europe» et «laïcité, école, jeunesse». A la sortie de la réunion, Désir a lancé que les responsables du Front de gauche étaient «les bienvenus. C’est une réunion de toutes les formations politiques qui veulent la réussite de l’action du gouvernement». Réponse du PCF en forme de non-recevoir : «Nous ne sommes pas intéressés par des sessions de rattrapage, dit Dartigolles. Il y a urgence à avoir une relance du débat à gauche, à ciel ouvert, sur les solutions à la crise. Ça ne peut pas se faire autour d’une table à Solférino.» Les communistes veulent des «débats publics» et non des «sommets». Et au Front de gauche, on opte pour la stratégie du «rapport de force» en lançant une «grande campagne contre l’austérité» avec en vitrine un meeting de Mélenchon et du chef du PCF, Pierre Laurent, le 23 janvier à Metz. A quelques kilomètres de l’usine Arcelor-Mittal de Florange. «Avant même les périodes électorales, il faut montrer qu’on peut faire autrement», dit Coquerel.

«Quasi-insulte». Au PS, pour calmer les ardeurs communistes à l’aube des négociations pour les municipales de 2014, l’entourage de Désir mise sur l’«effet de ciseau entre un discours de quasi-insulte à l’égard du président de la République et la pratique du compromis électoral». Les deux responsables élections des partis ont prévu de se voir avant la fin du mois. Les socialistes pointent aussi les divergences locales du Front de gauche pour y enfoncer un coin. Les élus franciliens ne se privent pas de pointer qu’en Ile-de-France, les communistes - dont Pierre Laurent - ont voté le budget 2013 quand les proches de Mélenchon s’y sont opposés. A chacun ses contradictions.

Partager cet article

Repost0