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Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube.
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Gauche Républicaine & Socialiste

24 mai 2012 4 24 /05 /mai /2012 12:33

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22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 11:10

Nous nous sommes tous réjouis de l’élection, dimanche 6 mai 2012, de François Hollande à la présidence de la République. C’est un moment qui restera inscrit dans l’histoire de la gauche et de tout le pays, tant l’aspiration à tourner la page de 10 ans de gouvernements conservateurs était forte.

Mai 2012 n'est pas comparable à mai 1936 ou mai 1981, l'exercice de l’État ayant laissé quelques traces, entre réussites et désillusions. Mais si l'espoir de l'accession prochaine de la gauche au pouvoir n'est pas aussi naïf qu'il y a 31 ans, les attentes de nos concitoyens vis-à-vis de la nouvelle présidence de gauche n'en sont pas moins importantes, tant les solidarités républicaines ont été défaites pendant 10 ans. L'état de grâce – si jamais il existait – n'en sera que plus court, car les Français seront réalistes mais exigeants.Et l'équilibre sera difficile à trouver entre la responsabilité du redressement financier du pays, traduit aujourd'hui dans l'objectif affiché du retour à l'équilibre budgétaire en 2017 (ce qui ne saurait être une fin en soi), et la nécessité revendiquée de rétablir le sentiment de justice dans le pays, reconstruire les services publics ou de restaurer l'autonomie et les marges de manœuvre des collectivités territoriales, par exemple.

C'est pour répondre à ces enjeux majeurs qu'a été constitué le gouvernement Ayrault 1. Cet article vise à décrypter cet exercice politique déterminant avec ses intuitions fortes et ses insuffisances, tout en souhaitant bonne chance à ce gouvernement de combat électoral, qui n'a pas le droit à l'échec ni dans la perspective des élections législatives qui doivent donner une majorité parlementaire au Président Hollande, ni à l'échelle du mandat, face à une droite à la fois déboussolée et lepénisée.

gouvernement.jpgL'architecture générale du gouvernement comporte à la fois des bonnes surprises et des insuffisances.

Parmi les bonnes surprises…
D'une manière générale, ce gouvernement fait le pari du renouvellement et du rajeunissement. Bien que la moyenne d'âge soit classiquement à la cinquante, de nombreux ministres trentenaires et quadragénaires font leur entrée au gouvernement, entrée sans doute facilitée par l'absence de gouvernement de gauche durant 10 ans.

Cette jeunesse et ce renouvellement est compensée par la présence de ministres particulièrement expérimentés dans des ministères clefs ou régaliens. C'est le cas du Ministère des Affaires étrangères confié à Laurent Fabius, qui aura un rôle majeur alors la crise économique et géostratégique est patente ; c'est également le cas du Travail avec Michel Sapin, et de la Réforme de l’État & de la Décentralisation avec Marylise Lebranchu.

La deuxième bonne surprise vient de certains intitulés de ministères qui donnent un aperçu intéressant de l'orientation politique potentielle du gouvernement (à vérifier dans les actes évidemment) :

duflot.jpg« Égalité des territoires », avec Cécile Duflot, qui marque le retour d'une volonté d'égalité républicaine dans l'action du gouvernement quand les gouvernements conservateurs successifs avaient peu à peu mis en concurrences les collectivités les unes contres les autres, et avaient déshabillé les services publics locaux là où les territoires étaient les plus déshérités ;
montebourg.jpeg« Redressement productif », avec Arnaud Montebourg, qui marque le retour d'un véritable ministère autonome de l'industrie, et qui peut augurer de la restauration d'une véritable politique industrielle au moment où l'appareil productif industriel français est en passe de succomber faute d'innovation et de coordination, laissant sur le carreau des centaines de milliers de salariés. C'est une politique de long terme dont nous avons besoin, sans doute l'un des enjeux nationaux et européens les plus vitaux pour les années à venir. On verra si le ministre Montebourg a les moyens de sa politique ;
Belkacem.JPG« Droits des femmes », avec Najat Vallaud-Belkacem. Ce ministère avait disparu des gouvernements Fillon, qui s'étaient illustré par un recul graduel mais constant des droits des femmes, notamment avec la diminution des Centres IVG. Ce ministère apparaît d'autant plus important que la gauche s'est engagée fortement durant la campagne sur la question de l'égalité salariale femme-homme et que le conseil constitutionnel vient de supprimer la notion de harcèlement sexuel du droit français et s'apprête à le faire pour le harcèlement moral :
lebranchu.jpg« Décentralisation », avec Marylise Lebranchu, qui marque la volonté d'effacer les régressions territoriales engagées par Nicolas Sarkozy et de réparer les erreurs et les insuffisances de l'Acte II de la décentralisation mis en œuvre par Jean-Pierre Raffarin, alors même que le rôle des collectivités locales et des EPCI s'avère de plus en plus crucial pour l'activité économique du pays et l'égalité d'accès aux droits et aux services publics ;
« Éducation populaire », avec Valérie Fourneyron, qui indique le sens de l'action que pourrait mener la nouvelle ministre au sein d'un ministère élargie des sports, de la jeunesse et de la vie associative ;
benoithamon2.jpg« Économie sociale & solidaire », avec Benoît Hamon. C'est une thématique méconnue de l'action économique mais déterminante avec 10 % des emplois français et qui pourrait permettre d'impliquer les salariés dans la résolution de certaines crises de propriété, de gestion et d'organisation productive. Indispensable à tout projet de gauche cohérent, l'économie sociale & solidaire n'a cependant jamais eu la place qu'elle méritait dans l'action gouvernementale… en tout cas jusqu'ici ;
canfin.jpg« Développement », avec Pascal Canfin. Peut-être enfin la volonté d'en finir avec la funeste Françafrique en confiant à cet économiste écologiste, député européen, spécialiste des questions financière, la mission de refonder le partenariat et l'action de la République française auprès des pays en voie de développement. C'est aussi un des avantages que sa personnalité représente : ne pas appartenir aux principaux réseaux à gauche et à droite décrédibilisés par les compromissions multiples de 40 ans de « coopération et de développement ». Ce ministère avait été assimilé avec une politique répressive de l'immigration sous les deux premiers cabinets Fillon avant de disparaître dans le troisième ;
« Francophonie », avec Yasmina Benguigui. Si le casting ministériel laisse pour le moment songeur, la recréation de ce ministère de la francophonie permet de concevoir la relance d'une politique essentielle au rayonnement culturel, intellectuel et idéologique de la République française et donc de son message universel.

Enfin, la nomination aux Affaires étrangères et aux Affaires européennes, de deux ministres qui ont en 2004 et 2005 plaidé pour le « NON » au projet de Traité Constitutionnel Européen – avec la nomination également d'autres responsables politiques éminents qui avaient fait le même choix (Christiane Taubira, Vincent Peillon, Benoît Hamon) – est un message fort adressé au peuple de gauche mais surtout et avant tout à nos partenaires européens au moment où le sort de la construction européenne est en jeu et qu'il faut construire des alternatives aux politiques austéritaires, des convergences industrielles, économiques et sociales, ainsi que les conditions d'émergence d'une véritable souveraineté populaire européenne.

Malgré ses excellentes orientations, le gouvernement Ayrault 1 n'a pas su éviter quelques écueils ou manque un peu de courage sur certains secteurs.

La principale est la persistance d'un ministère autonome de l'agriculture. Depuis le « Grenelle de l'environnement », il devrait être mis sous la férule du ministère de l'écologie. L'insistance faite sur la question agroalimentaire marque par ailleurs une certaine distance avec la nécessité impérieuse de construire une vision durable et moins productiviste de l'agriculture, alors même que nous devrions adopté des positions innovantes et offensives à la veille de la renégociation de la PAC pour 2013.

Le second écueil est de l'ordre des symboles. Mais évidemment, si ce gouvernement pleinement paritaire ne peut que nous satisfaire, si les femmes ministres occupent des postes souvent importants, seul le ministère de la Justice fait partie des ministères régaliens confiés à une femme. Pire, les femmes deviennent pléthoriques dans les ministères « compassionnels » ou intergénérationnels : « personnes âgées & dépendances », « famille », « personnes handicapées »… sans doute un écho aux paroles de cette grande philosophe politique cannoise, Bérénice Béjo et le résultat de réflexes sexistes e machistes des « hommes politiques » qui rechignent sans doute à se commettre dans de telles missions.

Enfin - et c'est dommage pour un gouvernement qui semble avoir fait un réel travail sur la terminologie et le sens politique des ministères créés - il est regrettable d'avoir intitulé le ministère confié à George Pau-Langevin "Réussite éducative". En effet, c'est une terminologie définie par la droite comme "égalité des chances" et qui a donné son nom à un dispositif par ailleurs assez limité dans le cadre de la politique de ville. Fortement contesté au moment de son lancement en juillet 2005, car les présupposés idéologiques étaient assez flous, il ne doit sa pérennité qu'au détournement de ses fonctionnements par les collectivités qui se sont appropriées le programme.

La composition du gouvernement Ayrault 1 répond également au sens aigu de l'équilibre et de la synthèse politiques développé par le Président François Hollande pendant plusieurs dizaines d'années de vie publique. Mais il ne peut masquer certaines logiques de revanche interne à la gauche.

Le meilleur équilibre commence évident par l'établissement d'un axe ferme autour duquel se structure le gouvernement. Selon moi, cet axe n'est pas réductible à l'ordre protocolaire établi par le gouvernement Ayrault 1. Le rang donné à Laurent Fabius, Vincent Peillon ou Christiane Taubira n'établit pas forcément une proximité politique mais répond à d'autres considérations : antériorité de l'ancien Premier Ministre, priorités phares affichées pendant la campagne pour l'éducation et la justice…

Les principaux lieutenants du nouveau Président de la République sont au nombre de deux plus un.

Jean-Marc-Ayrault.jpgParmi les deux premiers, le plus évident est bien sûr le nouveau Premier Ministre, Jean-Marc Ayrault, qui jouit d'un respect réel dans les troupes socialistes, notamment parmi les parlementaires, et qui pourra de ce fait imposer sans difficulté son autorité de chef de gouvernement et de la majorité parlementaire. Sa proximité avec le Président de la République est ancienne, n'a jamais fait de mystère pour personne, sans que jamais il ne soit mis en difficulté pour cela, y compris quand François Hollande subit sa « traversée du désert ». François Hollande a choisi une personnalité solide, discrète, honorable, travailleuse, en qui sa confiance est évidemment totale.

Michel-Sapin.jpgLe second personnage clé du président n'arrive qu'en 10ème rang : il s'agit de Michel Sapin. L'ami de régiment et de promotion de François Hollande se voit confier le « travail, l'emploi, la formation professionnelle et le dialogue social ». D'aucuns ont vu dans le fait qu'il ne soit pas ministre des finances une sorte de relégation ; je n'en crois rien. François Hollande avait fait, lors de sa campagne des primaires citoyennes, de sa conception propre des relations contractuelles et du dialogue social un déterminant, un distinguo important. Le nouveau Président de la République avait indiqué qu'il souhaite donner la primauté à la négociation et au contrat dans le domaine social et professionnel, et ne se résoudre à la loi qu'en dernier recours. C'est une rupture pratique importante avec l'exercice du pouvoir par la gauche en France, y compris avec la méthode Jospin-Aubry des années 1997-2000. Enfin, sur des dossiers déterminants comme ceux des retraites et des salaires, avec des syndicats de salariés meurtris dans leurs relations avec le gouvernement par 5 années de sarkozysme, le rétablissement du dialogue social sur ces bases ne sera pas forcément une mince affaire, d'autant que des divergences risquent d'apparaître dans le mécano visant à rétablir le droit plus ou moins effectif à la retraite à 60 ans. Le rôle de Michel Sapin sera donc essentiel et le président a confié une mission difficile (quel que soit le jugement que l'on porte sur l'orientation privilégié – pour savoir ce que j'en pense, vous pouvez lire les articles de Gérard Filoche sur l'articulation de la loi et du contrat) à un de ses plus fidèles soutiens.

Moscovici.jpgEnfin, le troisième pilier est Pierre Moscovici. 4ème du gouvernement, il reçoit l'économie, les finances et le commerce extérieur. Il s'agit de récompenser le directeur de campagne du candidat Hollande, de saluer à travers lui ceux des strauss-kahniens qui ont choisi l'ancien premier secrétaire du PS pendant la primaire, et de s'adjoindre l'un des représentants les plus affirmés de l'aile social-libérale du PS pour mener le redressement économique et financier du pays dans un cadre européen et mondial agité. Avec Pierre Moscovici, ancien ministre délégué aux affaires européennes, on ne sera pas trompé sur la marchandise concernant les grandes orientations de la politique financière et budgétaire du pays (surtout quand on lui adjoint Jérôme Cahuzac au budget) et on peut même penser rassurer conservateurs allemands et britanniques, malgré la posture « guerrière » adoptée par François Hollande sur le projet de « traité budgétaire » : en effet, si Pierre Moscovici défend comme les socialistes français une version plus ambitieuse du rôle de la Banque centrale européenne, il défend surtout au sein du parti français les arguments des autres social-démocrates européens sur le bien-fondé des nouveaux cadres budgétaires imposés dans l'accord Merkozy, pour peu qu'on y ajoute un petit chapitre « croissance ». Là aussi, la nomination est très politique et vise à mettre en application parfaite la ligne du candidat devenu président.

La distribution des cartes aux partenaires est assez intéressante : deux ministères pour le PRG ; deux autres pour Europe Écologie / Les Verts. Aucun du Front de gauche, mais dans les circonstances actuelles et avant les élections législatives, c'était plus qu'improbable.

taubira.jpegLe PRG est donc parfaitement bien servi puisqu'il a rarement eu autant de ministres, et jamais un ministère régalien comme celui de la Justice. Et encore, la nouvelle Garde des Sceaux est une radicale atypique et fortement indépendante ; sa nomination peut donc apparaître comme un pied de nez à ce parti de notables, bien qu'il se soit rallié avec entrain derrière la campagne de François Hollande.

Les écologistes disposent désormais de deux ministres en même temps (au maximum on avait compté un ministre et un secrétaire d’État sous Jospin) : ils n'ont pas eu l'écologie et l'énergie mais c'était prévisible, du fait des désaccords importants entre le président et eux (et bien d'autres militants de gauche) sur la question du nucléaire. D'autant que de nombreuses associations écologistes ou environnementales demandaient à ce que ce ministère soit confié à un(e) socialiste pour s'assurer que les décisions de ce ministère soit pleinement assumée par le parti central de la nouvelle majorité. Avec l'égalité des territoires et le logement, Cécile Duflot se voit confier une mission qui a aussi retenu fortement l'attention du nouveau président dans la campagne : retour à la décentralisation, égalité territoriale et sociale, logement. Enfin, si on a peu parler du développement pendant la campagne, le fait même d'attribuer ce portefeuille à un écologiste peut s'avérer un véritable gage de transparence et d'innovation. Nommer deux jeunes ministres écologistes – s'ils réussissent dans leurs missions – peut également permettre de leur mettre le pied à l'étrier et de renforcer leur crédibilité.

logoEELV.jpgUne manière d'asseoir les relations avec les nouveaux partenaires privilégiés du Parti Socialiste, alors même que le Président de la République n'était pas forcément leur meilleur allié ?

L'absence de ministres issus du MRC de Jean-Pierre Chevènement et du MUP de Robert Hue marque la prise en compte d'une réalité politique. Outre les quelques circonscriptions qui ont été réservées à ces deux tous petits partenaires, François Hollande malgré les liens privilégié qu'il peut avoir avec l'un et l'autre a tenu compte de leur faible poids électoral.

nouveau-logo-ps.jpgEnfin c'est au cœur du Parti Socialiste que se jouent les équilibres de ce premier gouvernement Ayrault. Toutes les sensibilités sont représentées, parfois jusqu'à tenir compte des différentes sous-chapelles nées de l'éclatement des différents courants du PS depuis le calamiteux congrès de Reims.

Cependant deux marqueurs identifient ce cabinet :

  • l'absence remarquée de Martine Aubry ;
  • la sous-représentation de la gauche du PS.

AubryDuflotD'aucuns diront que la place de Martine Aubry n'était pas évidente du fait de la nomination de Jean-Marc Ayrault à Matignon. C'est un argument qui peut s'entendre. Mais François Hollande a fait un choix politique en ne lui proposant aucun ministère régalien ou économique et social… et en ne positionnant aucun de ses proches sur l'un ou l'autre.

Lamy.jpgEntendons-nous bien, les portefeuilles confiées à Marylise Lebranchu et François Lamy sont importants, mais le poids de la première secrétaire du PS et de ses amis semble négligé. Marylise Lebranchu notamment – du fait de son antériorité comme Garde des Sceaux de Lionel Jospin – aurait pu prétendre à un rang plus élevé dans le protocole gouvernemental et à des missions qui colorent l'orientation politique générale du gouvernement. Ici aussi nous avons une information assez claire des choix de politique économique et sociale qui seront opérés par le tandem Hollande-Ayrault.

Uniquement deux ministres appartiennent historiquement et politiquement à l'aile gauche du PS :

  • Alain Vidalies, ancien responsable des poperènistes maintenus, partenaire d'Emmanuelli et Mélenchon dans le courant « Nouveau Monde » (2003-2005), soutien de la motion Fabius (2005-2008) puis de la motion Aubry, qui est nommé ministre délégué aux relations avec le parlement ;
  • Benoît Hamon, porte parole du PS, mandataire national du courant « Un Monde d'Avance » et ancien animateur du NPS, qui est délégué à l'économie sociale et solidaire.

Ces deux ministères délégués ne sont pas forcément les deux plus prestigieux du gouvernement ; pourtant « Un monde d'avance » représente près d'un cinquième du PS, sans même parler de Vidalies. Je ne renie pas ce que j'ai écrit plus haut sur l'importance théorique de « l'économie sociale & solidaire » dans un projet socialiste et donc de sa signification pour la gauche du PS. Mais cette thématique est malheureusement considérée comme mineure par la plupart des responsables politiques – y compris à gauche – et des technocrates ; Benoît Hamon est placé sous l'autorité de Pierre Moscovici qui n'a jamais porté dans son cœur les militants de la gauche du PS et avec qui il aura fort à faire pour conquérir les moyens nécessaires à son ministère. Je ne doute pas de la ténacité de Benoît Hamon et de ses collaborateurs, mais il n'aura pas la partie facile, s'il veut tirer son épingle du jeu et surtout obtenir de réelles avancées, concrètes et visibles pour les salariés et les entreprises.

L'avenir dira ce qui ressortira de ce nouveau gouvernement. Nous avons besoin qu'il réussisse pour espérer construire une base suffisante pour des politiques plus ambitieuses. Je ne sais pas si le concept de « Hollandisme révolutionnaire » inventé par Emmanuel Todd peut être autre chose qu'une formule, mais je suis convaincu qu'aux côtés de ce gouvernement doit exister une force politique capable de l'aiguillonner et de développer/renforcer les liens entre les socialistes et toute la gauche. La réussite de ce gouvernement social-écologiste est essentielle au redressement de la France ; la réussite d'un véritable congrès du PS à l'automne 2012 est essentiel à celle du gouvernement.

Frédéric Faravel
Secrétaire fédéral du PS Val-d'Oise aux relations extérieures

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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 13:49

"Un Monde d'Avance - Val-d'Oise" salue une nouvelle fois l'organisation des "Boutins d'Or" par la mairie de Bezons et le Collectif Valdoisien du Logement.

Voici le programme :

2e_Boutins-d-Or.jpg

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10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 07:06


Barack Obama prend position en faveur du mariage... par FredMouflon

Pour la première fois, Barack Obama vient de prendre une position personnelle en faveur du mariage homosexuel. Mais il rappelle que c'est aux États de se prononcer sur le sujet.
C'est la première fois qu'un président des États-Unis d'Amérique en exercice et se représentant défend la légitimité morale d'une telle mesure.

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7 mai 2012 1 07 /05 /mai /2012 23:00

Comme beaucoup, je partage l'immense satisfaction et bonheur d'avoir vécu, après 31 années d'attente, l'élection d'un président de la République socialiste. Dimanche soir, à la Bastille, la foule est venue pour dire qu'elle était à nouveau fière de notre pays, d'une France où les classes moyennes et populaires ne seraient plus méprisées, d'une France qui pouvait assumer le rassemblement de toutes les origines de ces citoyens dans la République, d'une France qui jette plus à la vindicte publique ceux qui sont victimes de la crise et de la mondialisation…

Hollande_Tulle.jpgFrançois Hollande, président élu, va avoir fort à faire et il faut dès aujourd'hui avoir une analyse un peu claire du scrutin présidentielle pour envisager la manière de construire la nouvelle majorité et d'engager l'action gouvernementale.

Premier enseignement et une bonne nouvelle…

La campagne à l'extrême droite de Nicolas Sarkozy n'a pas payé. Les reports de voix des électeurs de Marine Le Pen vers le président sortant sont restés autour de 50 % ce qui est un niveau « classique » entre les deux tours d'une élection du FN vers la droite.

La démonstration est faite que le discours nationaliste sur les frontières, l'immigration, la stigmatisation de l'étranger n'a pas réussi à amplifier les reports de voix de l'extrême droite à son endroit. Par contre, l'orientation austéritaire défendue par l'UMP et conçue par le président sortant lui a permis d'éviter l'hémorragie qu'il redoutait de la part de l'électorat centriste. Plus de 40 % électeurs du MODEM restent donc fortement tournés vers des politiques économiques libérales et conservatrices, plus de 30 % ont choisi l'abstention ne résolvant pas à voter pour un candidat qui s'opposait – même modérément – au « tout austérité ».

C'est le deuxième enseignement de cette élection : comme je le disais le 23 avril dernier, il n'existe pas de réelle force politique centriste en France.

Le vote personnel de François Bayrou n'a pas modifié les reports de voix tels que nous les connaissons depuis 2007 à toutes élections, et tels que les études d'opinions l'annonçait avant sa déclaration. Moins de 30 % ont choisi de voter pour François Hollande comme leur candidat du 1er tour, préférant la référence à des valeurs républicaines communes plutôt que la rectitude d'un programme d'austérité.

Il n'y a donc pas à chercher de ce côté-là un renfort ou une possibilité d'accord – pour ceux qui l'auraient imaginer – pour les législatives des 10 et 17 juin, alors même qu'elles pourraient s'avérer plus complexes qu'envisagé. Le vote de Bayrou a fini de déliter ce qui restait des solidarités centristes et des illusions d'un centre réellement indépendant ; le MODEM de 2012 ne pourra pas – si certains y pensaient – être le CDS ou le groupe parlementaire UDC de 1988 (politiquement il ne s'y conformera pas car trop divisé, si jamais ce parti obtient malgré sa situation délicate des députés).

Le troisième enseignement c'est que la bataille des législatives sera déterminante.

Avec un résultat de 51,62 % des suffrages pour François Hollande, obtenus dans un contexte politique de rejet profond et ancré du président sortant, ce résultat est confortable pour le nouveau président de la République (plus d'un million de voix le séparent de Nicolas Sarkozy), mais il pourrait ne pas permettre à lui seul d'assurer une majorité parlementaire absolue au Parti Socialiste et à Europe Écologie / Les Verts, les deux partis qui devraient constituer le cœur de la nouvelle majorité présidentielle.

Examinons les choses froidement :

  • L'illusion de l'alliance au centre qui fait perdre tant de temps dans les débats du PS s'avère une impasse tant politique qu’arithmétique ;
    Nous ne pouvons pas compter sur l'effondrement de l'UMP et les triangulaires avec le FN :
    • c'est une posture politique immorale (même si cela n’embarrasse pas tout le monde) ;
    • c'est une posture politique irresponsable pour la santé de la démocratie française ;
    • c'est une posture politique imprudente (les législatives ont rarement été favorables au FN – qui peine à dépasser les 12,5 % d'inscrits – et il n'est pas encore écrit que l'UMP ne soit pas capable de reporter au 18 juin les règlements de compte internes) ;
  • Nos autres partenaires politiques naturels sont ceux du Front de Gauche, qui ont su créer une dynamique avec 11,2 % des suffrages sur le nom de Jean-Luc Mélenchon, ceux avec qui nous gérons de très nombreuses collectivités (certains maires ou candidats communistes & app. ont donné d'ailleurs des consignes de vote en faveur de François Hollande extrêmement explicites) ; nous devons convaincre de passer de la tentation d'une opposition constructive à un soutien au pire sans participation, l'idéal étant de construire une réelle majorité parlementaire commune pour transformer notre pays et réorienter la construction européenne.

jean-luc melenchon-3-3-7744eLa première des étapes – dans les jours qui viennent – est de faire aboutir les discussions en cours sur la question de candidatures communes, là où le FN s'avère menaçant. Plus généralement, il faut discuter ensemble de toutes les circonscriptions où un candidat de gauche pourrait être mis en difficulté par ses adversaires de droite ou d'extrême droite, et des circonscriptions que nous espérons ravir à la droite mais qui pourraient s'avérer plus difficiles. Il y aura du donnant-donnant : les camarades doivent bien être conscients qu'on échangera pas le soutien aux candidats socialistes sur certains territoires sans contrepartie.

Pour construire une majorité de gauche – pour reprendre les termes de François Hollande lui-même – il convient de ne pas transformer le sentiment de fierté de la victoire en arrogance vis-à-vis de nos partenaires : l'accord de majorité parlementaire PS-EELV ne saurait être remis en cause ; nos camarades doivent savoir aussi ne pas faire de provocation anti-communiste primaire (comme cela arrive encore parfois) en comptant renverser – au risque d'une victoire de la droite – un député communiste sortant ou en annonçant pour 2014 une primaire à gauche aux municipales (au demeurant, ce dernier pari pourrait s'avérer très risqué dans le cadre d'un mouvement de balancier lors des élections locales).

De la situation générale et des résultats de la présidentielle, nous devons tirer quelques conséquences.

Le rejet de Nicolas Sarkozy a beaucoup contribué à l'élection de François Hollande ; lors des législatives, à droite, comme à notre gauche, nos adversaires et nos partenaires peuvent faire des scores qui pourraient nous surprendre.

Mai 2012 n'est pas comparable à mai 1936 ou mai 1981, l'exercice de l’État ayant laissé quelques traces, entre réussites et désillusions. Mais si l'espoir de l'accession prochaine de la gauche au pouvoir n'est pas aussi naïf qu'il y a 31 ans, les attentes de nos concitoyens vis-à-vis de la nouvelle présidence de gauche n'en sont pas moins importantes, tant les solidarités républicaines ont été défaites pendant 10 ans. L'état de grâce – si jamais il existait – n'en sera que plus court, car les Français seront réalistes mais exigeants.

Et l'équilibre sera difficile à trouver entre la responsabilité du redressement financier du pays, traduit aujourd'hui dans l'objectif affiché du retour à l'équilibre budgétaire en 2017 (ce qui ne saurait être une fin en soi), et la nécessité revendiquée de reconstruire les services publics ou de restaurer l'autonomie et les marges de manœuvre des collectivités territoriales, par exemple.

presseetrangere7mai2012.jpgL'Europe – d'aucuns pensent le monde – attendait avec impatience le 6 mai 2012. Nous avons une responsabilité à tenir vis-à-vis de nos partenaires institutionnels et de nos concitoyens européens. Face à des gouvernements conservateurs affaiblis (et plus encore affaiblis par la défaite de Nicolas Sarkozy) mais très largement majoritaires, l'exigence légitime d'une volonté de croissance dans les affaires européennes ne suffira pas. Malgré les changements de pieds de Draghi ou Rajoy, tout le monde sait que « politiques de croissance » n'a pas la même signification dans leurs bouches et dans les nôtres : les uns parlent de réformes structurelles, de libéralisation accrue des marchés, d'assouplissement du code du travail ; nous parlons de relance de l'investissement, d’infrastructures, de recherche, d'innovation…

Rapidement, nous nous rendrons compte de la nécessité – y compris pour faire progresser nos camarades de gauche dans les autres États membres – d'être plus offensifs encore sur le plan européen… par nécessité pour la survie de l'union européenne, mais aussi pour ne pas sombrer dans des compromis technocratiques émollients. Au-delà d'un chapitre « croissance », nous allons avoir besoin d'un vrai budget européen, avec des recettes autonomes et dynamiques, nous allons devoir ouvrir sérieusement le dossier de la mutualisation des dettes souveraines et des eurobonds, rouvrir le chantier des statuts de la BCE, et aussi réintroduire dans la construction européenne la notion de souveraineté populaire en créant une véritable démocratie européenne, afin que les peuples ne se sentent plus à l'écart ou dépossédés de leur destin.

AubryDuflotÀ ce titre, une leçon doit être retenue des trois années du mandat de Martine Aubry comme Première Secrétaire du PS. Au sein du PSE, aux côtés de Poul Nyrup Rassmussen, elle a défendu fièrement et ouvertement les orientations du PS sur le refus de l'austérité, l'exigence du « juste échange » et le renforcement de la démocratie européenne. Auparavant, le PS avait intériorisé une posture de minoritaire au sein du PSE, défendant des positions qu'il pensait être de compromis avant de devoir reculer encore. Entre les deux postures, qui pensez-vous avoir obtenu les meilleurs résultats ? En trois ans, Martine Aubry et Poul Rassmussen ont fait adopter par les social-démocrates européens des positions que d'aucuns auraient considéré impensables auparavant. Je lisais dans Libération ce matin, que l'un des responsables social-démocrate polonais considérait le PS français comme la formation politique la plus intéressante du PSE, citant pour démonstration les 35 heures. Qui l'aurait imaginé ?

Je suggère que nos dirigeants suivent donc l'exemple européen de Martine Aubry en l'adaptant. Cela fera progresser l'Europe, cela fera progresser le PSE, cela fera progresser le rassemblement de la gauche en France.

Frédéric Faravel
Secrétaire fédéral du Parti Socialiste du Val-d'Oise en charge des relations extérieures

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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 14:51

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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 08:08

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27 avril 2012 5 27 /04 /avril /2012 09:54

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25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 13:00

Le 1er tour de l'élection présidentielle de dimanche a placé la Gauche dans son ensemble dans une position bien plus favorable qu'elle ne l'était en 2007.


Ces résultats démontrent – si cela était encore nécessaire – les insuffisances collectives et respectives de la gauche cinq ans plus tôt, alors que déjà – après 5 années de mandat lamentables de Jacques Chirac – tout le monde répétait que l'élection était imperdable.

En 2007, à la gauche du PS régnait l'éparpillement et la déréliction d'une partie des organisations ; les écologistes et les socialistes étaient incapables de se parler ; le Parti Socialiste ne disposait d'aucun projet précis, et il était balloté par les dérives idéologiques de sa candidate et les plaies des règlements de compte organisée par la direction du parti au lendemain du référendum de 2005 sur le TCE. Toute la gauche, chacun dans son organisation, s'était tirée une balle dans le pied ou même plusieurs.

Le score de François Bayrou en 2007 s'explique ainsi par les insuffisances de la gauche en général et du Parti Socialiste avant tout. 2012 démontre que la présidentielle ne se joue pas au centre et que le PS a perdu du temps pendant 5 ans (un peu moins entre 2009 et 2011) à se demander s'il devait discuter avec le MODEM : le centre n'est pas une «force»politique, il n'existe que par intermittence quand se font jour les faiblesses de la gauche. Et plus que tout, sauf à méditer des arrières pensées inavouables, le Centre n'est comme disait Mitterrand «ni de gauche, ni de gauche».

FrancoisHollandeQuels que soient les désaccords et les nuances qui ont pu être exprimées entre la gauche du PS et François Hollande, notamment quand il s'écartait trop fortement du projet adopté par le Parti Socialiste en juin 2011, on ne peut que lui savoir gré d'avoir maintenu avec constance depuis le meeting du Bourget les principes essentiels et les valeurs de la gauche républicaine, sans jamais dévier de sa course. Et ceci quelles que soient les interpellations de ses adversaires ou des commentateurs médiatiques, alors que la campagne de Ségolène avait démontré une certaine porosité sur des notions culturelles de droite.

Ainsi la fermeté du candidat a permis de nourrir le vote centriste avec des électeurs de gauche affolé par le vertige que donnait Ségolène Royal… qui elle n'a dû son score qu'à la peur viscérale des électeurs de la gauche radicale de voir se produire un nouveau 21-Avril.


Il existe donc bien deux dynamiques qui se sont complétées à gauche pour porter celle-ci à 43,75 % des suffrages contre 36,4 % en 2007 (Eva Joly remporte bien quelques 250 000 voix de plus que Dominique Voynet, mais vue la faiblesse du score et le recul comparé aux résultats des européennes et des régionales on n'appellera pas cela une dynamique) : celle du Front de Gauche avec Jean-Luc Mélenchon et celle des socialistes avec François Hollande.

jean-luc_melenchon-3-3-7744e.jpgAlors que l'abstention a augmenté de près de 700 000 personnes, le second rallie 773 470 voix de plus que Ségolène Royal ; le premier se mesure à l'aune de l'ensemble des suffrages accordées à la gauche du PS (au regard des échanges de voix massifs au sein de ce bloc, vers le Front de Gauche) qui passe d'un total de 3,3 millions de voix à plus de 4,6 millions, soit un gain de près de 4 points (soit plus que les gains du enregistrés entre candidatures socialistes).

Ces dynamiques se nourrissent pour le PS d'un retour d'un électorat de gauche titubant en 2007 vers le MODEM, d'échanges de suffrages entre le Front de Gauche et le PS et de remobilisation de nombreux abstentionnistes notamment dans les quartiers populaires.

À ce titre, les habitants des banlieues sont venus voter et ont massivement apporté leur soutien à la gauche ; ce résultat – même s'il reste énormément de travail et qu'il ne faut pas forcément compter sur une mobilisation comparable lors des législatives (cf. 2007) – vient apporter un démenti cinglant à l'analyse et aux propositions de Terra Nova sur la stratégie électorale que devrait adopter le Parti Socialiste.


La progression de l'extrême droite est réelle, malgré toutes les démonstrations de celles et ceux qui par peur ou excès de confiance voudraient relativiser le score de Marine Le Pen, dimanche 22 avril 2012. Comparé au résultat de Jean-Marie Le Pen contre Jacques Chirac lors du second tour de l'élection présidentielle de 2002 – ceux-ci étaient supérieurs à l'addition des suffrages accordés à Le Pen et Mégret au 1er tour –, Marine Le Pen progresse de 1,5 millions de voix. La montée du Front National apparaît donc comme une tendance constante dans la vie politique française depuis 30 ans. Il est erroné de présenter ce vote comme le signe d’une simple colère et moins encore l’expression d’une «souffrance» comme le déclarait lundi matin Nicolas Sarkozy ! Ce vote conjugue en réalité des motivations profondément différentes qui convergeant sur le nom de Marine Le Pen, et c'est cette capacité à faire la synthèse de ces motivations divergentes qui est justement le plus inquiétant.

1489157_3_0fb0_marine-le-pen-a-lille-le-5-mars-2011.jpgIl est dramatique que la contestation du système, de ses conséquences sociales terribles trouve aujourd'hui son réceptacle dans une idéologie nationaliste, populiste et xénophobe. Les électeurs du FN n’ont sans doute rien à faire de la pseudo compassion de Nicolas Sarkozy dans une rhétorique de la «protection» (dans sa forme national-sécuritaire) qui cherche à masquer l’essentiel de ce que réclame notamment une partie de l'électorat des anciens bassins industriels du Nord et de l'Est de la France : la volonté de nouvelles règles du jeu à tous niveaux, mondial, européen et français, d’une inversion de priorités et d’une prise en compte de la réalité telle qu’elle est et non racontée en éludant en permanence la vie d’une part importante des français ! Reste bien sûr une extrême droite classique renforcée par la légitimité que Nicolas Sarkozy et ses compères lui ont donné en reprenant ses thèses, son discours haineux et de rejet de l’autre ! Bilan de cette attitude, le FN progresse et n’est en rien, comme l’UMP le prétendait, marginalisé.

De-memoires-d-ouvriers-ou-la-fierte-blessee-des-ouvriers-sa.jpgIl faudrait tout de même reconnaitre que la stratégie menée par Jean-Luc Mélenchon contre le FN, si elle était pertinente et nécessaire sur le principe, n'était pas adaptée dans la pratique. L'indignation morale seule est contreproductive car – si elle est seule dans le discours – elle renforce le caractère protestataire de ce vote. Un jour, il va falloir traiter Le Pen sérieusement plutôt que pour faire le spectacle et se donner bonne conscience : loin de courir après le Front comme fait Sarkozy, François Hollande n'a heureusement renié aucun de ses engagements (Mariage Homo, droit de vote des étrangers…) au prétexte de satisfaire l'électorat nationaliste – malgré les déclarations douteuses de Ségolène Royal, dimanche 22 avril au soir et ce matin encore sur France Inter. Il s'agit de s'adresser à l'électorat ouvrier du FN qui vient de la gauche pour le reconquérir ; le candidat de gauche peut à loisir insister sur des points présents dans son programme et dans le projet du PS pour faire cela : réindustrialisation, lutte contre les délocalisation, contestation de la vision libérale de la mondialisation ou encore réorientation nécessaire de la construction européenne…

Il est évident que la majorité des électeurs du FN sont majeurs et vaccinés et sont totalement responsables de leur vote. Il ne s'agit de reculer sur rien, sauf à perdre la bataille culturelle et idéologique : partout où la République et la gauche cèdent du terrain sur leurs valeurs, l'égoïsme, la xénophobie et les communautarismes progressent et prétendent la remplacer. Tous devraient avoir à cœur de résoudre les défis de notre pays sans jamais banaliser ces idées contraires au message universel et humaniste porté par notre pays. Mais cela ne doit pas être une posture morale qui empêche de ramener vers le vote républicain de gauche des citoyens égarés et nous ne devons pas nous interdire de faire changer d'avis nos concitoyens.

claud-gueant-sarkozy 9881A contrario, Nicolas Sarkozy et la droite anciennement républicaine derrière lui sont engagés dans une course à l'échalote avec le Front National qui confine désormais à l'alignement sur son programme. Comme ministre de l'intérieur, comme candidat en 2007, puis comme Président de la République, le candidat sortant n'a cessé de nourrir la banalisation des idées de l'extrême droite. La lepénisation des esprits n'a jamais été aussi radicalement servie qu'avec ce quinquennat ; les débats sur l'identité nationale ou la pseudo «laïcité» façon UMP, les discours de Grenoble et de Dakar, les propos répétés de Claude Guéant ont levé tous les tabous qui empêchaient jusqu'ici de considérer le racisme comme une opinion légitime en République.

La progression du Front National naît à la fois de l'échec politique des gouvernements Nicolas Sarkozy et de la légitimation de ses thèses au plus haut niveau de l’État.

Le soir même du 1er tour, le candidat de l'UMP donnait une réponse à la tonalité violemment nationaliste dans la foulée de la stratégie «buissonniste» qu'il applique depuis plusieurs mois avec constance. À Longjumeau, peut-être aussi pour provoquer la porte-parole de sa campagne qui en est la maire (NKM a répété à de nombreuses reprises qu'elle choisirait la gauche plutôt que le FN en cas de 2nd tour Hollande-Le Pen), il est allé plus loin, affirmant que le Front National est compatible avec la République. Celui-ci est encore la plus haute autorité de l’État vient de rompre le cordon sanitaire républicain qui depuis 1983 sépare les partis républicains du FN. Il profère au passage un mensonge tonitruant : il n'est pas nécessaire dans notre pays de porter des valeurs républicaines pour avoir une existence légale ou se présenter aux élections : quid sinon de l'autorisation de créer des organisations anarchistes ? quid des listes royalistes soumises parfois au vote des électeurs dans des élections régionales ou européennes ?

Il faut donc le réaffirmer haut et fort : la capacité juridique du FN a se présenter aux élections n'en fait pas un parti républicain. Le FN ne pourrait être interdit que s'il envisageait une action insurrectionnelle pour abattre la République ou s'il s'affirmait ouvertement néo-nazi ou néo-fasciste – tel n'est pas le cas, du moins apparemment. Le FN n'en porte pas moins des valeurs et un programme en contradiction avec le modèle social républicain patiemment construit sur les bases de la IIIème République et du Conseil National de la Résistance. Et si par malheur il devait un jour participer au pouvoir, nul doute qu'il aurait l'habileté de conserver l'habillage de la République pour donner une tonalité autoritaire et réactionnaire au régime à la manière des ultra-conservateurs hongrois alliés aux fascistes locaux.

De fait, Nicolas Sarkozy et surtout une partie de ses plus fidèles lieutenants – qui chercheront un jour à lui survivre – cherchent à préparer progressivement les esprits à la rupture définitive des derniers remparts empêchant la droite de s'allier avec un FN relooké «bleu marine». Les coups de boutoirs assénés depuis trois jours vont donc être assortis d'une réaffirmation temporaire de l'absence d'alliance UMP-FN aux législatives… en juin 2012… mais en juin 2012 seulement !

Alain-Juppe-est-arrive-samedi-matin-en-Aghanistan-pour-une-.jpgCes dernières précautions camouflent la préparation de la violente purge ou lutte interne qui se prépare à l'UMP, surtout si le Président sortant est déchu. Personne n'est dupe de la dénonciation par Éric Zemmour ou Lionel Lucca des voix perdues par la faute d'Alain Juppé qui avait eu le tort selon eux d'avaliser l'idée que François Bayrou pourrait être un très bon Premier Ministre de Nicolas II. Personne n'est dupe non plus des réactions violentes qui ont accueillis les déclarations de Patrick Devedjian, Jean-Pierre Raffarin ou Chantal Jouanno sur les excès de la droitisation du discours de l'UMP.

Lourdes de divisions idéologiques profondes et de querelles d'ambitions personnelles viscérales, l'UMP se prépare une «nuit des longs couteaux» qui conduira à l'implosion du parti centriste et conservateur créé par Jacques Chirac et Alain Juppé : d'un côté (les plus nombreux) ceux qui choisiront d'emporter les 64 % d'électeurs UMP favorable à l'alliance avec Marine Le Pen, avec la "Droite Populaire" et Jean-François Copé, qui prépareront la recomposition d'une droite conservatrice et réactionnaire dont le pôle équivalent sera le Front National ; de l'autre ceux qui chercheront à recréer l'UDF, mais qui auront bien du mal à s'accorder sur un centre introuvable… et au milieu les héritiers de Chirac, orphelins…

Pour l'unité populaire contre la Réaction, le fascisme et le conservatisme !

Cette situation se prépare lentement ; la première étape de sa mise en forme concrète pourrait bien être les scrutins locaux de 2014 et 2015. Elle est lourde de dangers pour la démocratie française et condamne la gauche française à réussir son mandat, car sinon l'alternative à un échec sera Marine Le Pen.

manifestation-CGT.jpgFace à une droite qui a fait le lit du fascisme et de la réaction, face à une droite qui a vendu son âme sur l'autel de la stigmatisation et qui a perdu tout sens de la République, il faut rassembler TOUTE la gauche Dimanche 6 mai 2012, pour porter le candidat Hollande à l’Élysée et entamer dès le 7 mai de nouvelles luttes pour contrer la réaction, le conservatisme et les néo-libéraux en France et en Europe !

Mais au-delà du 6 mai, il faudrait rassembler toute la gauche pour gouverner. Cela commence d'abord par la nécessité lors des élections législatives de faire front à gauche contre le Front National et de répondre favorablement à la proposition de Jean-Luc Mélenchon : et pas uniquement là où le FN a une possibilité de faire élire un député. Nous ne pouvons pas non plus nous résoudre à être confrontés à des seconds tours UMP-FN dans certaines circonscriptions, d'autant que dans les circonstances actuelles ce serait «bonnet blanc et blanc bonnet».

Hamon28mai2011Par-delà les législatives, «la réussite de l'expérience de gauche qui va commencer peut-être le 6 mai dépend de l'unité de la gauche» comme le disait le 24 avril 2012 Benoît Hamon sur RFI. On peut créer les conditions d'un véritable gouvernement d'union populaire sous la présidence de François Hollande pour peu qu'on s'attache plus fortement au projet adopté par le PS en juin 2011.

Confronté aux blocages financiers et aux bâtons que les conservateurs européens ne manqueront pas de lui mettre dans les roues, alors que les marchés eux-mêmes jugent destructrices les politiques d'austérité généralisée et institutionnalisée mises en œuvre en Europe, François Hollande devra en tirer les conséquences et appliquer une orientation plus radicale et plus ferme en terme de politique économique, de réindustrialisation et de réorientation démocratique de l'Union Européenne.

C'est ça ou l'échec !

Frédéric Faravel
Secrétaire fédéral du PS Val-d'Oise chargé des relations extérieures

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25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 06:50

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Par Sylviane Agacinski, Dominique Blanc, Jeanne Cherhal, Annie Ernaux, Caroline Fourest, Françoise Héritier, Axel Kahn... et 150 autres signataires

Nous sommes féministes. Le 6 mai prochain, nous voterons pour la gauche rassemblée, nous voterons pour François Hollande.

Nous voterons pour la gauche car elle est notre famille politique. Son histoire, son moteur, son identité, c’est de placer l’intérêt général avant les intérêts privés, la raison au-dessus des croyances ou des préjugés, c’est de faire reculer les oppressions et de construire une société où les dominations de toutes sortes n’auront plus leur place. La gauche est une alliée intrinsèque de la lutte des femmes pour leur libération parce qu’elle a pour but l’émancipation de chaque individu.

Ces cinq dernières années, le lien social a été affaibli, les inégalités se sont développées. Les femmes ont payé le prix fort des mesures libérales mises en œuvre par Nicolas Sarkozy : réforme des retraites, fermetures de centres IVG, recul de la parité, augmentation de la précarité du travail, féminisation de la pauvreté… Il est temps de changer de politique, pour les femmes comme pour la société toute entière.

L’amélioration réelle de la vie des femmes passe par des mesures spécifiques mais aussi par des politiques publiques qui visent le progrès social, par une plus juste répartition des richesses, le maintien et l’amélioration des services publics. A de nombreuses reprises, la gauche a soutenu les mobilisations féministes. Elle a prouvé qu’elle pouvait mettre en œuvre des politiques progressistes et favorables à l'égalité entre les sexes et à la liberté des femmes.

L’arrivée de la gauche au pouvoir est une condition importante de l’égalité entre les femmes et les hommes. Mais nous savons aussi que les mécanismes de domination, multimillénaires, d’invisibilité des femmes et de résistance à leur émancipation et à leur libération, sont puissants. Le candidat de gauche devra les combattre. Nous comptons sur lui. Nous serons là pour lui rappeler ses engagements, le soutenir quand il voudra lutter contre le patriarcat, et le bousculer si les vieux démons reprennent le dessus.

La promesse de François Hollande de rétablir le ministère des Droits des Femmes, dans un gouvernement paritaire, est un engagement majeur. Ce ministère, en travaillant avec les associations féministes, devra être un outil politique déterminant pour faire reculer les inégalités et inventer une autre société.

Nous affirmons la dimension profondément politique du féminisme. Nous attendons une remise en cause de cette organisation sexuée de la société qui crée et perpétue des inégalités intolérables entre les femmes et les hommes. Voter à gauche, c’est refuser l’assignation à des rôles pré-établis, c’est parier sur la raison et la capacité de chacune et chacun à s’extraire de sa condition pour devenir maître de sa vie. Voter à gauche, c’est parier pour un monde nouveau, dans lequel les droits des femmes passeront des textes de lois à la réalité.

Nous appelons toutes celles et ceux qui veulent que les droits des femmes retrouvent le chemin du progrès à se rassembler dans un vote de gauche, à voter François Hollande.

Laure Adler, Ecrivaine - Sylviane Agacinsky, Chercheure - Isabelle Alonso, Ecrivaine - Grinberg Anouk, Comédienne - Nathalie Bajos, Chercheure - Christine Bard, Historienne - Astrid Bas, Comédienne - Marie-Noëlle Bas, Militante féministe - Christian Baudelot, Sociologue - Françoise Bellot, Militante féministe - Kahina Benziane, Militante féministe - Alix Beranger, Militante féministe - Cathy Bernheim, 40 ans du MLF - Sophie Bessis, Historienne - Nicole Bez, Médecin, syndicaliste - Agnès Bihl, Chanteuse - Sophie Binet, Syndicaliste - Chris Blache, Militante féministe - Dominique Blanc, Actrice - Corinne Bouchoux, Historienne - Danielle Bousquet, Assemblée des Femmes - Pascale Bousquet-Pitt, Militante féministe - Emmanuelle Boussard-Verrecchia, Avocate - Nataly Breda, Militante féministe - Zabou Breitman, Réalisatrice - Thalia Breton, Militante féministe - Geneviève Brisac, Ecrivaine - Michel Broué, Mathématicien - Fabienne Brugère, Philosophe - Marie-France Casalis, Militante féministe - Marie Cervetti, Militante féministe - Florence Cestac, Auteure de BD - Jeanne Cherhal, Chanteuse - Natacha Chetcuti, Chercheure - Carole Chotil-Rosa, Militante féministe - Thérèse Clerc, Militante féministe - Alice Coffin, Militante féministe - Françoise Collin, Philosophe - Catherine Combes, Militante féministe - Maria Cotora, Militante féministe - Fanny Cottençon, Comédienne - Sylvie Cromer, Chercheure - Sandrine Dauphin, Chercheure - Caroline De Haas, Assemblée des Femmes - Marie Denarnaud, Comédienne - Monique Dental, Militante féministe - Claire Desaint, Militante féministe - Marie Duru Bellat, Sociologue - Annie Ernaux, Ecrivaine - Roger Establet, Sociologue - Christine Fauré, Sociologue - Jeanne Favret-Saada, Ethnologue - Jacqueline Feldman, Sociologue - Michèle Ferrand, Sociologue - Léa Fichet, Militante féministe - Léa Filoche, Militante féministe - Françoise Flamant, Archives du féminisme - Giulia Foïs, Journaliste - Claude Fontaine - Caroline Fourest, Essayiste – Béatrice Gamba, Militante féministe - Anne-Marie Garat, Ecrivaine - Delphine Gardey, Historienne - Françoise Gaspard, Chercheure - Audrey Gatian, Militante féministe - Michèle Gonin, Militant féministe - Mélanie Gratacos, Militante associative - Pauline Grégoire-Marchand, Militante féministe - Juliette Griffond, Militante féministe - Claude Groussin, Mouvement Jeunes Femmes  - Claire Guiraud, Militante féministe - Gisèle Halimi, Avocate - Monique Halpern, Ecrivaine - Clémence Helfter, Syndicaliste - Françoise Héritier, Anthropologue - Annik Houel, Chercheure - Serge Hureau, Chanteur - Simone Iff, Ancienne présidente du Planning familial - Annabelle Janodet, Militante mutualiste - Maryse Jaspard, Socio-démographe - Anne-Charlotte Jelty, Les insoumises - Cy Jung, Ecrivaine - Axel Kahn, Généticien, universitaire - Liliane Kandel, 40 ans du MLF - Sarah Kerrich, Militante féministe - Yvonne Knibiehler, Historienne - Marie-José Kotlicki, Syndicaliste - Marie-Thérèse Lanquetin, Juriste - Christine Le Doaré, Militante féministe - Safia Lebdi, Les insoumises - Armelle Lebras-Chopard, Chercheure - Catherine Lecoq, Comédienne, chanteuse militante - Séverine Lemière, Chercheure - Marie-Thérèse Letablier, Sociologue - Pascale Lismonde, Journaliste - Alice Loffredo, Militante féministe - Michèle Loup, Militante féministe - Violaine Lucas, Professeure de lettres - Anne-Cécile Mailfert, Militante féministe - Virginie Martin, Chercheure - Michela Marzano, Philosophe - Maïa Mazaurette, Blogueuse et auteure - Dominique Meda, Sociologue - Philippe Meirieu, Pédagogue - Loubna Méliane, Fondatrice de Ni Putes Ni Soumises - Blandine Métayer, Comédienne, Auteure - Françoise Morvan, Militante féministe - Janine Mossuz-Lavau, Chercheure - Liane Mozère, Sociologue - Julie Muret, Militante féministe - Pap N’Diaye, Historien - Sarah Nasséra Oussekine , Militante féministe - Marion Oderda, Militante féministe - Orlan, Artiste - Michelle Perrot, Historienne - Camille Peugny, Sociologue - Françoise Picq, 40 ans du MLF - Emmanuelle Piet, Militante féministe - Maudy Piot, Psychanalyste - Christine Planté, Professeure de littérature - Soudeh Rad, Militante féministe - Linda Ramoul, Militante féministe - Rayhana, Auteure, Comédienne - Charline Renaud-Dhyèvre, Militante féministe - Myriam Revault d’Allonnes, Philosophe - Michèle Revel, 40 ans du MLF - Michèle Riot Sarcey, Historienne - Evelyne Rochedereux, CIBEL, Militante lesbienne, féministe - Jean-Marc Roirant, Militant associatif - Roselyne Rollier, Militante féministe - Aline Royer, Militante féministe - Romain Sabathier, Militant féministe - Ouarda Sadoudi, Association Home - Rama Sall, Mouvement des Jeunes Socialistes - Michele Sarde, Ecrivaine - Claire Serre-Combe, Militante féministe - Fabienne Servan Schreiber, Productrice - Rachel Silvera, Chercheure - Claire Simon, Réalisatrice - Mariette Sineau, Politologue - Luce Sirkis, - Charlotte Soulary, Militante féministe - Martine Storti, 40 ans du MLF - Annie Sugier, Militante féministe - Wassyla Tamzali, Essayiste - Josy Thibaut, Militante féministe - Philippe Torreton, Comédien - Olga Trotsiantski, Militante féministe - Laurence Tubiana, Professeure - Fiammetta Venner, Politologue - Eliane Viennot, Professeure de littérature - Anne-Marie Viossat, Militante féministe - Annette Wieviorka, Historienne - Anne Wurtz, Militante féministe - Michelle Zancarini-Fournel, Historienne - Arlette Zilberg, Militante féministe

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