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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube. J'anime aussi le groupe d'opposition municipale de gauche "Vivons Bezons" et je suis membre du groupe d'opposition de gauche ACES à la communauté d'agglomération Saint-Germain/Boucle-de-Seine.
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Gauche Républicaine & Socialiste

9 mars 2022 3 09 /03 /mars /2022 14:29

Nous étions appelés hier soir à voter un nouveau règlement intérieur du conseil municipal de Bezons suite à la condamnation de Nessrine Menhaouara et de son équipe municipale par le tribunal administratif de Cergy le 24 février 2022, après que nous avons déposé une requête dénonçant le caractère illégal de plusieurs dispositions du règlement intérieur.

Sur TOUS les points que nous avions dénoncés, le tribunal administratif a donné raison au groupe "vivons Bezons" que je préside. Mme Menhaouara a beau jeu d’expliquer à la presse que tout cela n’est que détails, en réalité personne ne l'a forcée à refuser avec force et à plusieurs reprises que les oppositions puissent disposer d’une tribune sur la page facebook de la ville quand la loi le leur accorde, personne ne l'a forcée à interdire l’usage de logos de partis politiques dans les tribunes s’il en prenait l’envie à un élu de l’opposition, personne ne l'a forcée à interdire à Mme Prio lors d’un précédent conseil de prendre la parole au prétexte que son groupe s’était déjà exprimé sur le sujet. S'ils nous avaient écoutés voici un peu plus d’un an, nous n’aurions pas perdu du temps et de l’énergie…

Sur le nouveau règlement intérieur que la majorité municipale a fait adopter hier soir et contre lequel nous avons voté car ils n'ont tenu aucun compte de nos remarques (oups ! Mme la Maire est ostensiblement partie alors que je m'adressais à elle pour demander d'amender le projet présenté hier soir) :

1- Notons d'abord que l'exécutif et la majorité municipales ne le respectent pas eux-mêmes :

- à part la commission des finances, aucune commission municipale permanente n'a été réunie en un an au-delà de sa réunion d'installation (qui a duré 5 mn à chaque fois), alors qu'il est indiqué dans le RI qu'elles doivent être réunies au moins deux fois par an. La commission des finances a été réunie une 2e fois en catastrophe avant le budget l'année dernière (quelques jours avant son vote) parce que c'est une obligation légale qui aurait sinon invalidé le vote du budget (pas de nouvelle de la commission des finances pour 2022 pour le moment) ;

- concernant les vœux, si l'on suit l'interprétation restrictive de leur RI donnée par le directeur de cabinet (malgré le fait que je lui ai alors rappelé les références juridiques démontrant son erreur), la majorité municipale a présenté un vœu hier soir sans lien avec l'intérêt local, raison invoquée précédemment pour refuser d'inscrire un de nos vœux à un précédent conseil municipal. Ils ont refusé d'inscrire à l'ordre du jour les vœux des groupes "Avenir de Bezons en Commun" et "Vivons Bezons", alors que ces deux vœux (sur le même thème) avaient été envoyés dans les délais (respectivement les 27 et 28 février 2022) et s'attachaient à faire référence à un intérêt local (notamment le soutien aux initiatives des associations locales de solidarité et la nécessité pour la ville de recenser en lien avec les services de l'Etat les locaux et habitations susceptibles de pouvoir accueillir des réfugiés).

2- Plus généralement, un RI d'un conseil municipal n'est pas là pour faire un copier-coller du CGCT, mais dans le cadre de la loi, du code et du respect de la jurisprudence encadrer les considérations spécifiques à la vie d'un conseil municipal qui ne peuvent pas être prévues en détail par la loi, etc. Donc nous avons demandé :

- que l'article sur les vœux soit précisé afin de ne pas être soumis à l'interprétation arbitraire que je vous ai décrite plus haut ;

- qu'un article spécifique borde le droit d'expression des oppositions dans les publications municipales à caractère politique comme "Le mot du maire" - 4 pages que nous avons découvert aux frais de la commune en janvier à la gloire de Mme Menhaouara - ou encore le guide municipal (et tout type de publication de ce genre) où il y a un édito de la majorité municipale ou de la maire ;

- que l'article sur les tribunes des groupes dans le magazine municipal soit réécrit pour tenir compte de la nouvelle maquette du magazine qui implique d'office que tous les élus aient une photo et les coordonnées du groupe sur le côté. Or jusqu'ici dans le RI, le nombre de signes (espaces compris) est inférieur de 150 au prétexte d'utiliser un visuel. Il faut donc réécrire cet article.

Mme Menhaouara ne nous a pas écoutés, préférant partir pendant que nous lui posions des questions. Aucune de nos remarques n'a été prise en compte. Nous avons donc voté contre ce nouveau règlement intérieur.

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3 mars 2022 4 03 /03 /mars /2022 08:00
Il est temps de respecter la démocratie municipale à Bezons !

Communiqué de presse commun des groupes « Vivons Bezons, le groupe des élus communistes, socialistes & républicains » et « Avenir de Bezons en Commun » - Mercredi 2 mars 2022

En février 2021, les conseillers municipaux qui siègent aujourd’hui dans les groupes « Vivons Bezons », « Avenir de Bezons en Commun » et « Bezons, la ville qu’on aime » avait saisi le tribunal administratif de Cergy pour demander l'annulation de plusieurs dispositions imposées par la Maire, Nessrine Menhaouara, et son équipe dans le règlement intérieur du Conseil Municipal de Bezons adopté le 16 décembre 2020.

L’élaboration de ce règlement intérieur avait donné lieu à deux réunions de pure forme, durant lesquelles la plupart de nos remarques avaient été balayées avec mépris. Lors de ces réunions et du conseil municipal du 16 décembre 2020, nous avions prévenu que certains passages ne respectaient pas le cadre légal et qu’il était encore temps de corriger le tir. Hélas ! Mme Menhaouara décida de passer outre…

Ces dispositions portaient gravement atteinte à la démocratie locale et aux droits de l'opposition municipale qui représente 65% des suffrages exprimés en juin 2020. Ce faisant, c’est l’expression démocratique des Bezonnais qui était également bafouée.

Le tribunal administratif par une décision du 24 février 2022 leur a donné raison sur TOUTE leur requête. Le règlement intérieur du conseil municipal de Bezons contrevient donc à la loi.

  • Les élus doivent recevoir un dossier papier du conseil municipal sans en faire la demande expresse ;

  • Le débat d’orientation budgétaire ne peut être limité à une seule intervention par groupe municipal. Chaque élu, appartenant ou non à un groupe, a le droit de s’exprimer ;

  • Les questions orales ne peuvent être limitées à un groupe. Chaque élu, appartenant ou non à un groupe, a le droit d’en déposer. Logiquement, cela doit aussi s’appliquer aux vœux ;

  • L’octroi d’un local aux différents groupes de l’opposition municipale et leur utilisation sont un droit et ne peuvent être soumis à l’appréciation arbitraire de la maire ;

  • L’opposition a le droit de publier sur la page Facebook de la Ville de Bezons une tribune différente de celles qui sont publiées dans le magazine municipal ou sur le site de la ville ;

  • La Maire n’a pas le droit d’interdire aux élus d’opposition une référence aux partis politiques auxquels ils appartiendraient le cas échéant.

Si la Maire a commis cette grave faute, c'est qu'elle méprise en réalité profondément l'opposition municipale, qu'elle méprise ses droits, qu'elle méprise toute personne qui ne va pas dans son sens. Le règlement intérieur du conseil devra donc être modifié et, au-delà, l’expression de de l'opposition municipale – en ce qu’elle représente (sans la réduire) aussi l’expression démocratique des Bezonnais – doit être enfin respectée.

Car aujourd’hui, la Maire et sa majorité, qui a été récemment amputée de trois élus, continuent d’agir pour invisibiliser leurs opposants : les commissions municipales permanentes ne sont jamais réunies, nous découvrons donc les dossiers 5 jours les conseils municipaux qui sont mis en scène pour tenter d’humilier les élus d’opposition ; l’interprétation retenue par la Maire pour le dépôt de vœux du conseil municipal est excessivement restrictive et clairement illégale ; l’opposition municipale n’est jamais avertie à l’avance des publications politiques de la commune où il est pourtant légalement prévu qu’elle puisse s’exprimer ; les posters présentant « les élus municipaux » n’affichent que ceux de la majorité.

LA VILLE DE BEZONS N’EST PAS UNE AUTOCRATIE, IL EST TEMPS QUE LA DÉMOCRATIE Y SOIT PLEINEMENT RESPECTÉE.

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2 mars 2022 3 02 /03 /mars /2022 22:37
J'ai eu le plaisir de découvrir ce soir que la page de la liste de Mme Menhaouara aux élections municipale choisissait de m'attaquer pour une affaire que la Reine-Maire de Bezons a elle-même provoquée. Mme Menhaouara a donc porté plainte contre moi pour injure et diffamation pour des propos que j'ai tenus publiquement et que j'assume totalement. Mme Menhaouara a même demandé la protection fonctionnelle de la Ville (la prise en charge de ses frais d'avocat par les Bezonnais) pour cela (et je l'ai votée).
 
Pourquoi a-t-elle porté plainte ? Parce qu'après un Conseil Municipal particulièrement éprouvant j'avais écrit sur facebook qu'elle nous avait joué un numéro "digne des pires drama queens de la scène parisienne"... je l'ai donc dénoncée comme étant une mauvaise (très mauvaise) actrice. Voilà pour l'injure...
Et parce qu'en conseil municipal, j'avais posé la question de savoir si un des emplois dont on nous demandait de voter la création n'était pas en réalité un emploi de cabinet déguisé... en faisant cela je ne faisais que mon rôle de conseiller municipal. Voilà pour la diffamation...
 
Or une plainte pour injure et diffamation, notamment entre responsables politiques, suffit pour déclencher automatiquement une mise en examen. Que la page Bezons ville d'avenir ne le sache pas indique qu'elle est totalement ignorante en matière de droit. Cela n'est pas étonnant de la part d'une équipe récemment condamnée (le 24 février 2022 ... pas mise en examen, CONDAMNÉE) par le tribunal administratif de Cergy pour avoir fait adopter un règlement intérieur ILLÉGAL (ce que j'ai démontré avec le soutien de mon avocat et des élus de Vivons Bezons, groupe des élus communistes, socialistes et républicains, Avenir de Bezons en Commun et "Bezons, la ville qu'on aime"). Je mets donc au défi cette page de consacrer une publication au jugement quand il sera rendu par le tribunal judiciaire de Paris : je ne doute pas un seul instant qu'ils devront rendre compte de ma relaxe (de mon innocence). Les méthodes utilisées par cette équipe démontrent leur panique totale car ils publient des informations tronquées suggérant que je serais mis en examen pour des faits graves 🤣.
 
Il faut qu'ils soient bien inquiets eux-mêmes pour faire des publications aussi caricaturales qui pourraient entraîner des conséquences plus graves pour eux que pour moi, en allant chercher la copie du courrier envoyé à Mme Menhaouara lui confirmant les suites de sa plainte. C'est donc une équipe politicienne aux abois et paniquée qui s'est exprimée ce soir, qui a perdu contre moi au tribunal administratif, qui voit trois élus de droite rompre avec sa majorité opportuniste.
IL EST TEMPS QUE LES BEZONNAIS REPRENNENT LEUR AFFAIRES EN MAIN. LA CHUTE DE L'ÉQUIPE MENHAOUARA A COMMENCÉ.
 
Frédéric Faravel
Conseiller municipal et communautaire Gauche Républicaine et Socialiste de Bezons
Président de "Vivons Bezons, le groupe des élus communistes, socialistes et républicains"
Coordinateur national des pôles thématiques de la GRS
NESSRINE MENHAOUARA ET SON EQUIPE CONDAMNÉES SOMBRENT EN PLEINE PANIQUE🤣
NESSRINE MENHAOUARA ET SON EQUIPE CONDAMNÉES SOMBRENT EN PLEINE PANIQUE🤣
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25 février 2022 5 25 /02 /février /2022 17:04

L'opposition municipale issue des listes Vivons Bezons et Avenir de Bezons en Commun avait saisi le tribunal administratif en février 2021 pour demander l'annulation de plusieurs dispositions imposées par la Maire et son équipe dans le règlement intérieur du #ConseilMunicipal qui étaient clairement des atteintes graves à la démocratie locale et aux droits de l'opposition municipale qui représente 65% des suffrages exprimés en juin 2020 par les Bezonnais. En niant un certains nombres de droit à l'opposition ce sont vos droits qui étaient également bafoués.

Le tribunal administratif par une décision du 24 février 2022, et après m'avoir entendu lors de l'audience du 3 février 2022, nous a donné raison sur TOUTE notre requête. Le règlement intérieur du conseil municipal de Bezons contrevient donc à la loi. Si la Maire a commis cette grave faute, malgré nos nombreuses alertes avant qu'elle impose ce règlement intérieur, c'est qu'elle méprise en réalité profondément l'opposition municipale, qu'elle méprise ses droits, qu'elle méprise toute personne qui ne va pas dans son sens. Il faudra donc que ce règlement intérieur soit modifiée et que les droits de l'opposition municipale et des Bezonnais soient enfin respectés.

Frédéric FARAVEL
Conseiller municipal et communautaire Gauche Républicaine et Socialiste de Bezons
Président de "Vivons Bezons, le groupe des élus communistes, socialistes et républicains"
Coordinateur national des pôles thématiques de la GRS

Jugement du tribunal administratif de Cergy-Pontoise en date du 24 février 2022 sur le règlement intérieur du conseil municipal de Bezons
Jugement du tribunal administratif de Cergy-Pontoise en date du 24 février 2022 sur le règlement intérieur du conseil municipal de BezonsJugement du tribunal administratif de Cergy-Pontoise en date du 24 février 2022 sur le règlement intérieur du conseil municipal de Bezons
Jugement du tribunal administratif de Cergy-Pontoise en date du 24 février 2022 sur le règlement intérieur du conseil municipal de BezonsJugement du tribunal administratif de Cergy-Pontoise en date du 24 février 2022 sur le règlement intérieur du conseil municipal de Bezons
Jugement du tribunal administratif de Cergy-Pontoise en date du 24 février 2022 sur le règlement intérieur du conseil municipal de BezonsJugement du tribunal administratif de Cergy-Pontoise en date du 24 février 2022 sur le règlement intérieur du conseil municipal de BezonsJugement du tribunal administratif de Cergy-Pontoise en date du 24 février 2022 sur le règlement intérieur du conseil municipal de Bezons

Jugement du tribunal administratif de Cergy-Pontoise en date du 24 février 2022 sur le règlement intérieur du conseil municipal de Bezons

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24 février 2022 4 24 /02 /février /2022 09:58

Désormais chaque mort en Ukraine 🇺🇦 quel que soit le camp sera de la responsabilité exclusive de Poutine et de son régime. Les occidentaux toute sensibilité politique confondue ont été d’une naïveté effarante. Tout était déjà écrit en Géorgie.
Il n'est plus temps de parler de désescalade : Poutine est arrivé au sommet et il a activé la guerre. Point… Une fois l'Ukraine écrasée qui sera le prochain ?

J'aimerais comprendre ce qui ne semble pas clair pour certains "responsables". Poutine attaque, bon Dieu !... Poutine attaque ! L'Ukraine a-t-elle attaqué ? Les USA ont-ils attaqué ? Les USA ont-ils menacés d'utiliser l'arme nucléaire ? non ! Poutine menace-t-il d'utiliser l'arme nucléaire si on imaginait défendre l'Ukraine ? oui, implicitement, mais oui !

Je veux bien qu'on dise que c'était pas intelligent de laisser penser que l'Ukraine pourrait un jour peut-être, mais sans aucun engagement, entrer dans l'OTAN. Je veux bien entendre que l'Ukraine aurait dû céder pour la consultation au Donbass sous contrôle de l'OSCE même si tout le monde sait que cela aurait été un mascarade (et imaginez seulement qu'on demande à la France de faire la même chose en Alsace et on rigolera un peu)... et cela aurait été entériner le fait qu'on lui aurait retiré une autre partie de son territoire national... Est-ce que Zelensky est entouré de Nazis ? non ! C'est exactement le même scénario qu'en Géorgie ! Rhétorique völkisch, fascisante et délirante en plus de la part de Poutine, qui n'était pas aussi affirmée en 2008...

Des amis m'ont demandé si Poutine pouvait être renversé par une réaction interne de l'armée, des institutions ou du peuple russes. Voilà ce que j'ai répondu : "Je pense que les Russes ne sont pas favorables à la guerre... mais la société n'est pas libre et tous les opposants (les pires comme les acceptables) ont été arrêtés ou exilés ; je doute d'un mouvement spontané de révolte qui irait jusqu'à renverser Poutine... Les militaires peuvent-ils le renverser ? Est-ce que c'est dans leur intérêt ? J'ai un doute, car ils s'achètent de la gloire à peu de frais : l'Ukraine va être écrasée, les Occidentaux ne vont pas bouger le petit doigt et honnêtement c'est compliqué de bouger face à un parano qui menace d'utiliser l'arme nucléaire si on aide l'Ukraine militairement... Une opération extérieure pour neutraliser Poutine ? ça me paraît compliqué..."

Frédéric Faravel
Conseiller municipal et communautaire Gauche Républicaine et Socialiste de Bezons
Président de "Vivons Bezons, le groupe des élus communistes, socialistes et républicains"
Coordinateur national des pôles thématiques de la GRS

Arrêtons de tourner autour du pot : Poutine est l'agresseur !
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22 février 2022 2 22 /02 /février /2022 19:47

J'ai rédigé cette note publiée ci-dessous pour la Gauche Républicaine et Socialiste après les annonces supposément radicales de Bruno Le Maire le vendredi 18 février 2022 pour faire face à la crise d'EDF.
Frédéric FARAVEL

Conseiller municipal et communautaire Gauche Républicaine et Socialiste de Bezons
Président de "Vivons Bezons, le groupe des élus communistes, républicains et citoyens"
Coordinateur national des pôles thématiques de la GRS

 

EDF : "recapitalisation fantôme" ou "guépard énergétique"
EDF, Macron et Le Maire ne changent pas une stratégie qui perd

Nous avons décrit en détail dans de précédents articles comment la politique poursuivie par Emmanuel Macron et Bruno Le Maire à court, moyen et long termes avaient contribué à fragiliser EDF et ce qu’il reste du secteur public de l’énergie… La politique inconstante en matière de stratégie énergétique est ainsi indirectement responsable d’un investissement insuffisant en matière d’entretien de nos centrales nucléaires et cela n’est pas étranger à la découverte récente de problèmes de corrosion sur plusieurs réacteurs qui les a contraint à la mise en arrêt en plein hiver. Ce même gouvernement a fait preuve d’une passivité complice concernant le marché européen de l’énergie et la mise en place de l’ARENH qui contraint l’entreprise publique à vendre sous les prix du marché son électricité à ses concurrents pour créer artificiellement un marché là où il ne peut en réalité y en avoir. Sous diverses formes, l’exécutif a avancé sur le chemin de la « vente par appartements » d’EDF en concertation avec la Commission européenne ; si le projet « Hercule » a été officiellement abandonné, la même logique reste toujours d’actualité. Enfin, comme nous l’avions expliqué mi-janvier, la décision de Jean Castex et de Barbara Pompili d’augmenter la part de l’énergie nucléaire devant être vendue à prix cassés aux distributeurs privés au prétexte de limiter la forte hausse des prix pour les consommateurs plutôt que de soutenir directement les ménages. Cette gestion à courte vue du « marché » de l’énergie pour la saison automne hiver 2021-2022 coûtera entre 10 à 13 milliards d’euros.

Pour achever le tableau, les annonces d’Emmanuel Macron à Belfort le 10 février se résume à une terrible arnaque : le rachat des turbines Arabelle imposé par l’État à EDF coûtera en réalité 1,05 milliard d’euros et non 240 millions d’euros par des sources proches de l’Elysée, alors que General Electric les avaient acheté 585 millions d’euros sous le regard enamouré du ministre de l’économie de 2014, nommé Emmanuel Macron… près d’un demi milliard d’euros de perte, une paille.

Bruno Le Maire, nouveau prince de Salina / EDF Wars : la recapitalisation fantôme

Branle-bas de combat… Vendredi 18 février 2022, pour faire face à la fois aux difficultés immédiates d’EDF que l’exécutif a provoqué et à la revendication croissante d’une renationalisation de l’entreprise publique, Bruno Le Maire s’est déplacé sur BFMTV prétendant présenter un plan puissant pour résoudre la crise actuelle. Mais le dispositif annoncé par le ministre de l’économie n’est qu’un mauvais remake du Guépard : peu de choses changent « pour que [surtout] rien ne change ».

Alors qu’EDF fait face à 10 ou 13 milliards de pertes sur 2022, et que la dette accumulée atteint désormais 43 milliards d’euros (aggravé ses dernières années par l’ARENH et le dysfonctionnel marché européen), le taulier de Bercy annonce royalement une recapitalisation à hauteur de … 2,5 milliards d’euros ! Or l’État n’y participera qu’à hauteur de 2,1 milliards ce qui correspond à son poids actuel dans l'entreprise... Il n'y a pas d’augmentation de la part de l’État dans le capital, pas de dilution des actionnaires minoritaires, chacun reste à sa place... dans un premier temps. Le ministre de l’économique s’est – pour ce qui aurait encore des doutes – fendu d’une belle prise de position idéologique contre la nationalisation : « Cette opération n'a rien à voir avec une nationalisation, qui a à voir avec la structure de l'entreprise. Ce n'est que de l'argent à destination de l'entreprise, et un message adressé aux investisseurs privés pour leur dire de continuer à financer EDF parce qu'EDF a le soutien de l’État. » Par ailleurs, le groupe propose également une option de versement en actions (et non en numéraire) des dividendes au titre des exercices 2022 et 2023, ce qui en toute logique devrait à court terme augmenter la part des actionnaires minoritaires…

Parallèlement à l’interview ministérielle, Jean-Bernard Lévy (PDG d’EDF) présentait lui-même la « nouvelle stratégie » adoptée avec l’exécutif. Et quant à la nature et de la motivation de l’augmentation de capital, le PDG exprimait ceci : « nous allons proposer une émission de 500 000 actions à une cote qui devrait être autour de 5€ et cette opération suffira à assurer la consistance de notre plan de marche économique en plafonnant le ratio dette/EBIT DA à la valeur de 3. ». Or il faut savoir que, sauf à convoquer une AG extraordinaire, M. Lévy ne peut pas aller au-delà de cette opération en nombre d’actions. Ensuite, le prix d’émission n’est pas fixé par EDF, mais par la bourse en fonction de règles que je peux regarder de plus près. Donc, en réalité, 5 € et 2,5 milliards ne sont à ce stade qu’une estimation. Il y a de grandes chances que seuls des investisseurs institutionnels vont acheter ces actions, une fois que l’État aura fixé ce qu’il prend – soit uniquement des banques françaises, car il y a belle lurette que plus aucun investisseur institutionnel étranger ne détient la moindre quantité de capital d’EDF. Ce n’est pas un regret, c’est un constat.

Enfin, EDF et Bruno Le Maire ont également annoncé des cessions d'actifs d’environ 3 milliards d’euros en cumul sur les années 2022 à 2024. Mais le groupe ne donne pas de prévision pour 2022 au-delà de ces indications, compte tenu des fortes incertitudes. « Il peut d’abord se passer beaucoup d’autres choses, opérationnelles, etc. Et, deuxièmement, il y a une extrême volatilité », avec « une très forte sensibilité à l’évolution des prix », a expliqué le directeur financier, Xavier Girre. Or en 2018, EDF achevait un plan de cession d’actifs de 10 milliards d'euros qui devait lui permettre de consolider son ratio d’endettement et de financer des investissements récurrents (réseaux et grand carénage). Pourtant, de 2019 à 2021 (3 exercices) EDF a continué à céder des actifs, en particulier sa participation de 49,9% dans l’américain CENG pour 900 millions. Vendredi nous apprenions donc ce nouveau programme de cession, sans qu'aucun détail ne soit fourni. Nous en apprendrons peut-être plus début mars ; Jean-Bernard Lévy doit en effet recevoir mercredi 2 mars les représentants des actionnaires salariés.

Leurs questions porteront sur tous ces sujets de recapitalisation, de cessions, et de régulation du futur (éventuel) nucléaire. À ce stade, on ne voit qu’une seule cession d’importance significative possible : RTE et/ou ENEDIS. Hercule peut donc en cacher un autre…

Arrêter le jeu de massacre

C’est peu de choses de dire que les salariés de l’entreprise publique sont particulièrement inquiets. Selon Amélie Henri, secrétaire nationale CFE-UNSA Energies pour EDF« on renforce les fonds propres, mais de façon très faible et ça ne va pas résoudre l’équation financière, face au mur d’investissements qu’EDF a à réaliser ». Le plan d’actions, « qui s’apparente à un plan de sauvetage conçu en urgence par la direction et l’État, a été présenté six semaines après que le gouvernement a contraint EDF à brader davantage sa production à la concurrence avec une vente à perte », a souligné le CSE d’EDF dans un communiqué. Ses élus (FNME-CGT, CFE Energies, FCE-CFDT, FO Energie et Mines) « confirment leurs plus sérieuses inquiétudes et mandatent une expertise économique », afin de permettre aux organisations syndicales « de mesurer les impacts sur les conditions d’exercice des missions d’EDF », poursuivant ainsi la procédure de droit d’alerte économique lancée après la décision du gouvernement de mettre à contribution EDF. Sauf à considérer – comme le font certains – que les agents et les cadres de l’entreprise publique sont un lobby conservateur et égoïste vendu au nucléaire, il serait selon nous au contraire préjudiciable de ne pas tenir compte de l’expertise tout à la fois technique et stratégique des salariés de l’entreprise qui ont a de multiples occasions démontré leur sens de l’intérêt général et leur conscience sociale.

Dans un exercice de langue de bois du plus pur effet, Bercy répond de son côté que cette somme permettait « une exécution rapide » (si la bourse répond à ses attentes) et « ne ferme la voie à aucune option pour l’avenir ».

Or il serait temps de sécuriser notre stratégie énergétique et le secteur public de l’énergie. Avec une dette nette de 43 milliards d’euros fin 2021, le groupe doit faire face à d’importants investissements, dans la remise à niveau des réacteurs existants et pour répondre aux annonces belfortaine du président candidat avec la construction de six réacteurs EPR en France et le lancement d’études pour huit supplémentaires. EPR ou pas EPR et sans préjugé de la durabilité politique des annonces présidentielles du 10 février dernier, si la France veut rester à niveau avec un mix énergétique cohérent pour affronter les défis énergétiques de la sortie du carbone et écologiques du dérèglement climatique, il apparaît évident qu’elle devra engager des investissements massifs dans le nucléaire, d’autant plus coûteux que nous avons connu une certaine perte de compétences avec le désamour des 11 dernières années pour le nucléaire.

La Gauche Républicaine et Socialiste réaffirme donc les conclusions qu’elle avait tirées de la situation en janvier dernier. Continuer à découper EDF en entreprises concurrentes ou indépendantes les unes des autres engendre trois types de risques : un risque de raccourcissement des horizons de temps, parce que la planification est plus difficile pour un ensemble d’acteurs indépendants que pour un acteur intégré ; un risque de hausse des prix, parce que le découpage impose des coûts de transaction à toutes les étapes et renchérit le prix de l’électricité in fine ; et un risque de problèmes techniques, parce que l’expertise pointue ne se décentralise pas facilement.

Nous avons un besoin urgent de retrouver notre souveraineté énergétique. La hausse des prix chez nos voisins ne peut pas, ne doit pas avoir de conséquences sur la facture électrique de nos concitoyens. Notre mix énergétique décarboné doit aussi être défendu à tout prix. Enfin, les investissements massifs à réaliser dans le nucléaire et le renouvelable doivent être supportés par une seule entité monopolistique si l’on veut éviter la faillite ou l’explosion des prix. Tout cela implique la reconstitution d’un pôle public de l’énergie, entièrement nationalisé et administré. Les illusions des gourous du néolibéralisme et les inefficacités qu’elles entraînent sont trop graves pour que nous laissions faire.

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17 février 2022 4 17 /02 /février /2022 11:25

Je partage ici l'entretien accordé par mon ami et camarade Rémi Lefebvre, politiste à l'université Lille 2 et essayiste, au magazine Regards. L’occasion pour lui de présenter son livre à paraître Faut-il désespérer de la gauche ? et de décrypter pourquoi – au-delà des divisions partisanes – la gauche est si faible électoralement en prévision des élections présidentielle et législatives alors que la conscience des inégalités sociales n’a peut-être jamais été aussi fortes. Il faut préciser que la densité de l'entretien n'a pas grand chose à voir avec le titre caricatural choisi par le magazine... je vous invite donc à le regarder jusqu'au bout et à lire ensuite plus bas les quelques commentaires que j'en tire.

Il n’y a peut-être jamais eu depuis 40 ans une telle demande d’égalité et de justice sociale. La gauche en elle-même n’est parallèlement pas si atone intellectuellement, selon Rémi Lefebvre, qu’on veut bien le dire. Elle ne manque pas d’idées (le programme de la GRS et ceux d’autres organisations le démontrent) mais assurément manque de « médiation » pour les défendre. Les idées de gauche existent et circulent dans la société, mais elles ne se transforment pas en adhésion ou en vote pour les différentes organisations qui composent la gauche « institutionnelle ».

La crédibilité de ces idées est devenue par ailleurs problématique : les citoyens qui adhèrent intellectuellement et politiquement à ces propositions considèrent dans le même temps qu’elles ne peuvent être – la plupart du temps – mises en œuvre. Selon Rémi Lefebvre et je le rejoins encore ici, la responsabilité du quinquennat de François Hollande est à ce titre écrasante, car en trahissant ses électeurs par la conduite de politiques sociales-libérales ou néolibérales, il a tué l’idée de gauche, la crédibilité des idées de gauche.

La gauche n’arrive donc plus à imposer sa vision du monde, non plus à convaincre de sa capacité pratique et réelle à agir concrètement pour la mettre en œuvre. Nous devons donc mener une bataille culturelle, sans doute de longue haleine, pour rétablir l’idée que la transformation sociale, la possibilité d’un autre monde, est non seulement souhaitable mais politiquement et concrètement crédible.

Selon, cela passera nécessairement par la reconstruction d’un pôle puissant autour des idées de la gauche républicaine qui devra répondre en priorité aux préoccupations essentielles de nos concitoyens, notamment issus des classes populaires.

Frédéric FARAVEL
Conseiller municipal et communautaire Gauche Républicaine et Socialiste de Bezons
Président de "Vivons Bezons, le groupe des élus communistes, socialistes et républicains"
Coordinateur national des pôles thématiques de la GRS

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6 février 2022 7 06 /02 /février /2022 16:55
J’ai signé avec de nombreux militants syndicalistes, associatifs et des élus locaux un appel à rejoindre la campagne de Fabien Roussel. Vous pouvez signer vous aussi. Élargissons la dynamique pour un projet de gauche, républicain, qui se soucie de la vie des gens et ne se trompe pas de priorités !👉 https://lesjoursheureux-larepublique.fr/
Vous en trouverez le texte et la liste des premiers signataires sous les illustrations plus bas.
Je veux cependant dire quelques mots de ce qui m'amène à soutenir la candidature de Fabien Roussel.
 
Le 19 janvier 2022, Arnaud Montebourg a publiquement renoncé à sa candidature à la Présidence de la République. Actant qu’il y avait différentes sensibilités politiques parmi ses soutiens, venant d'horizons politiques parfois très divers, il n'a pas souhaité soutenir activement une autre candidature ni indiquer vers qui allait sa préférence pour l'élection présidentielle. Toutefois, l'annonce de son retrait ne signifie en aucune manière que les idées qu'il a portées ne correspondent pas aux aspirations majoritaires des Français : une reconstruction d'une Nation à terre, dont les fondations patriotiques sont républicaines, sociales et démocratiques ; pour une restauration de nos souverainetés nationale et populaire, c’est-à-dire une capacité retrouvée de nos concitoyens à maîtriser collectivement notre destin.
Fabien Roussel parle directement à nos compatriotes sans les mépriser, il parle de leurs préoccupations, il parle de leur vie et pas des fantasmes d'une petite bourgeoisie qui s'enferme dans les métropoles et n'a en réalité aucune idée de ce que vivent nos compatriotes dans les quartiers populaires, les zones périphériques et les territoires ruraux. Il parle plus simplement encore que Montebourg des sujets déterminant pour leur vie quotidienne et l'avenir du pays : une autorité républicaine et laïque, la réindustrialisation de la France et la relocalisation de nos usines, le plein-emploi et l'augmentation des salaires, la défense des ouvriers, agriculteurs, paysans, petits-commerçants, artisans et retraités, le développement de la production nationale et de l'art de vivre à la française pour tous, la promotion du patrimoine matériel et immatériel de la France, la mise en avant d'un mix énergétique capable de décarboner rapidement nos activités économiques et sociales grâce au nucléaire, la création d'un pôle public du médicament, et tant d'autres propositions actant une proximité significative entre les deux projets politiques.
Il est nécessaire que ces idées soient entendues lors de la campagne pour l’élection présidentielle tant elles répondent à la revendication de dignité de notre peuple, jusque là systématiquement ignorée.
Le discours de Fabien Roussel est orienté vers la défense de nos souverainetés nationale et populaire et la critique d'une Union européenne enfermée dans une dérive ordolibérale qui agit contre les intérêts des peuples. Ce positionnement est d'autant plus indispensable aujourd'hui que la France subit une crise démocratique, économique et sociale depuis des années et que nombre des causes de celle-ci prennent leur origine dans les dérives de la construction européenne. Nos concitoyens ont bien compris que la déconstruction progressive de notre modèle social et républicain découle directement de la coalition des technocraties de Bercy et de Berlaymont, poreuses aux intérêts des banques et des multinationales à force de pantouflages et de rétro-pantouflages, et acquises aux « bienfaits » du néolibéralisme : la polémique de l’automne sur la commande des réformes des retraites et de l’assurance chômage par la commission européenne en a été la nouvelle démonstration. Il est urgent d'acter la priorité absolue au social, au retour de l’État dans toutes ses missions de service public, à la souveraineté de la Nation, à la concrétisation du patriotisme économique, populaire et social (que nos voisins n’hésitent jamais à mettre en œuvre) et à l'égalité républicaine.
Enfin, alors que les identitaires de droite et de gauche menacent la concorde républicaine, tenir haut une l’affirmation universaliste et d’une laïcité sans concession ni adjectif sont des mesures de salut public pour faire France de tout bois. En outre, il est nécessaire de ne plus imposer aux Français le choix entre le droit à la sécurité et la protection sociale si nous voulons une Nation unie par un projet majoritaire d'intérêt général.
Ce soutien à la candidature de Fabien Roussel ne vaut naturellement pas adhésion au Parti Communiste Français. Il va dans le sens d'un élargissement politique autour de la ligne politique défendue par le candidat. Elle participe par contre à l’impérative nécessité d’entrer dans une phase de reconstruction politique où les différentes familles de la Gauche républicaine devront travailler ensemble pour reconquérir ENFIN le terrain abandonné à la droite et à l’extrême droite du côté des classes populaires et pour reconquérir une forme d’hégémonie culturelle au sein d’une gauche qui s’est enfermée dans querelles picrocholines et accessoires pour se définir … et finir par se perdre.
 
Frédéric FARAVEL
Conseiller municipal et communautaire Gauche Républicaine et Socialiste de Bezons
Président de "Vivons Bezons, le groupe des élus communistes, socialistes & républicains"
 
Pour une République sociale, écologique et laïque, je rejoins la campagne  « Les Jours Heureux » avec Fabien RousselPour une République sociale, écologique et laïque, je rejoins la campagne  « Les Jours Heureux » avec Fabien Roussel

Avec Fabien Roussel une gauche populaire authentique est de retour. Celle de la République laïque et sociale chère à Jean Jaurès, celle du Front Populaire qui fit contrepoids à l’exploitation capitaliste par des conquêtes mémorables (congés payés, semaine de 40 h, meilleurs salaires), celle du Conseil National de la Résistance qui à la Libération maria la justice sociale et la reconstruction économique. On osa rêver alors « Les Jours Heureux ». La gauche et le peuple de France faisaient corps dans l’espérance collective. Après la reconquête de la liberté par la victoire sur le fascisme, la promotion de l’égalité et de la solidarité déboucha sur la Sécurité Sociale, fleuron du modèle social français. À l’horizon, il s’agissait d’instaurer « une véritable démocratie économique et sociale ». Ce programme, l’Europe capitaliste de Jean Monnet l’a remis en cause pour le malheur des services publics et des droits sociaux. Puis Denis Kessler, vice-président du MEDEF, a fixé le cap : « Il s’agit aujourd’hui de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ». Un projet hélas relayé par une gauche égarée au point de considérer que la paix imposait une Europe néo-libérale.

Aujourd’hui, dans le sillage du CNR, Fabien Roussel refonde l’espoir. Il ressuscite une gauche fière de ses valeurs. Son programme réinvente « Les Jours Heureux » pour une politique au service du peuple. Finies, les trahisons d’une gauche à contre-emploi, réformant le code du travail sous la dictée du MEDEF, sacrifiant les services publics au nom de la « concurrence libre et non faussée ». Finie la litanie d’une réduction de la dépense publique dont on voit le mal qu’elle fait aux hôpitaux et aux écoles publiques. Finie la désertification industrielle par des multinationales attachées à réduire le coût du travail en délocalisant les centres de production. La souveraineté populaire va refonder la souveraineté nationale pour sauver les droits sociaux. Fini le fatalisme intéressé de Madame Thatcher affirmant « There is no alternative ». Finis aussi les communautarismes qui enferment les individus dans des identités partielles, réelles ou supposées. Notre boussole, c’est l’universalisme républicain !

Fabien Roussel veut promouvoir une République laïque, écologique et sociale. À l’heure des crises climatiques et énergétiques inéluctables qui se profilent, il y a urgence à rompre avec le productivisme capitaliste, qui n’assume aucun des coûts de sa frénésie de profit : ni son coût social, ni son coût humain, ni son coût écologique. Écologie et justice sociale vont de pair. La nature, avec sa biodiversité en danger, est le premier de nos biens communs. A nous de protéger les écosystèmes, à rebours de l’irresponsabilité capitaliste. Concilier environnement et développement, c’est assurer l’avenir. Dans ce but un mix énergétique incluant le nucléaire et toutes les énergies renouvelables doit rester du ressort de la puissance publique. Place à la coopération internationale des peuples et à la relocalisation industrielle, assortie d’un pouvoir accru des travailleurs dans les entreprises. Il faut revaloriser le travail en augmentant le salaire direct. Il faut aussi reconstruire les services publics, forme de salaire indirect qui met à la portée de tous les biens fondamentaux. Santé, instruction, culture, accès à l’énergie et au transport, logement social doivent finaliser les politiques publiques. Sécurité Sociale et retraite à 60 ans sont à conforter par la cotisation sociale. Quant à l’impôt, sa progressivité doit agir comme levier de redistribution et de solidarité. Le cas échéant il y aura lieu de désobéir aux traités européens qui entravent notre souveraineté économique et sociale. Place à la relocalisation des emplois abandonnés à une mondialisation néolibérale avide de travail à bas coût. La souveraineté alimentaire repose sur nos agriculteurs, qui doivent jouir de revenus dignes. Quant au légitime souci de sécurité il serait insensé de l’abandonner à la droite. Il ne doit plus exister de territoires perdus de la République, où ses lois sont bafouées au nom de la religion. La laïcité est un vecteur d’émancipation et d’égalité, notamment des femmes, qu’elle délivre de la domination patriarcale trop souvent sacralisée par les religions. Elle doit être appliquée partout, y compris en Alsace-Moselle, où elle ne fera aucun mal aux droits sociaux, qui n’ont aucun rapport avec les privilèges concordataires. Honneur à l’école laïque et à son pari sur l’émancipation par le savoir, fondement d’une citoyenneté éclairée. La promotion multiforme de la culture doit redevenir une priorité de la nation.

Tenants fidèles d’une République laïque, écologique et sociale, nous saluons le projet de Fabien Roussel, qui parle au cœur comme à la raison. Un projet d’avenir, digne du meilleur de la gauche et de l’intérêt national, mais aussi de portée universelle. Vive la République ! Vive la France !

Premiers signataires :

  • Marinette Bache, Présidente de Résistante sociale, ancienne conseillère de Paris
  • Alain Bergeot, République et Socialisme, ancien candidat Front de gauche
  • Pierre Bihet, ancien conseiller départemental de la Manche
  • Hervé Burnouf, ancien adjoint au Maire de Cherbourg-en-Cotentin
  • Madée Carbonelle, secrétaire de la Société Fraternelle les Amis de l’Egalité
  • Hervé Castel, fonctionnaire, militant de gauche
  • François Cocq, essayiste politique
  • Brigitte Courtois, retraitée de l’industrie pharmaceutique, militant républicaine
  • Charles Coutel, philosophe, militant laïque et républicain
  • Denise Drutinus-Boulanger, féministe, République & Socialisme
  • Jean-François Dupland, conseiller municipal Gauche Républicaine et Socialiste d’Herblay sur Seine
  • Romain Dureau, docteur en agroéconomie
  • Marie Estripeaut-Bourjac
  • Frédéric Faravel, conseiller municipal et communautaire Gauche Républicaine et Socialiste de Bezons
  • Stéphane Fouéré, militant de la Gauche progressiste et du socialisme républicain
  • Hélène Franco, juriste, militante laïque, ancienne secrétaire générale du Syndicat de la magistrature
  • Clémence Garcia
  • Michel Garcia
  • David Gerbaudi, syndicaliste, militant associatif familial laïque
  • Lucien Jallamion, ancien responsable national du Front de Gauche, syndicaliste
  • Marianne Journiac, militante syndicaliste santé
  • Alain Léger, responsable associatif
  • Marie-Pascale Legret, ancienne responsable de service hospitalier
  • Olivier Leman, ancien conseiller municipal de Wallers-en-Fagne (59), R&S
  • Mario Mandes, cadre retraité de la banque et de l’assurance
  • Cédric Matthews, citoyen pour une République moderne
  • Franck Meissel, militant de la Gauche républicaine et socialiste
  • Laura Negri, cadre de santé, militante républicaine
  • Henri Pena-Ruiz, philosophe et écrivain
  • Yves Perlein, enseignant, associatif, militant de gauche et républicain
  • Alain Poirson, professeur de philosophie
  • Nicolas Pomiès, responsable d'une association familiale nationale
  • Hugo Prod’homme, militant républicain de gauche, Lille (59)
  • Vincent Ramecourt, militant associatif familial laïque
  • Philippe Reig, militant syndicaliste, République & Socialisme
  • Matias Richards, chômeur, militant de gauche
  • Maryvonne Rocheteau, adjointe au Maire Gauche Républicaine et Socialiste d’Arceuil (94), militante associative familiale laïque
  • Luc Schaffauser, retraité Sécurité sociale, Syndicaliste CGT, République & Socialisme
  • Jean-Paul Scot, historien et écrivain
  • Patrice Siard, République & Socialisme
  • Bruno Streiff, écrivain et conférencier
  • Mourad Tagzout, député suppléant, militant associatif Les Émancipés /Combat laïque, Combat social
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2 février 2022 3 02 /02 /février /2022 13:31

Vous trouverez ci-dessous les tribunes municipales de "Vivons Bezons, le groupe des élus communistes, socialistes et républicains" qui ont été publiées hier dans le magazine de la ville et sur le site internet de la commune.

Bonne lecture,
Frédéric FARAVEL

Conseiller municipal et communautaire GRS de Bezons
Président de "Vivons Bezons, le groupe des élus communistes, socialistes et républicains"
Coordinateur national des pôles thématiques de la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS)

Nos tribunes municipales du mois de février 2022
COVID : les moyens d’en sortir

Plus de 400 000 cas positifs par jour… pas un matin sans apprendre que l’enfant du voisin ou le sien est cas contact. Pourtant on peut en sortir.

Mais le gouvernement explique que les communes doivent seules équiper les écoles de détecteurs de CO2 et de purificateurs d’air, équipements très coûteux… résultat : à peine 20 % des classes du pays sont équipées.

Après omicron, un nouveau variant ?

Pour l’éviter, l’humanité entière devrait largement se vacciner ; les vaccins devraient donc être accessibles dans les pays les plus pauvres. C’est possible si on lève les brevets sur les vaccins pour qu’ils n’appartiennent plus aux Labos. Vous pouvez signer la pétition citoyenne européenne https://noprofitonpandemic.eu/fr/ ; la mairie a refusé par 2 fois de s’y associer.

Nos tribunes municipales du mois de février 2022
On a tous le droit de bien manger !

Une association de consommateurs rappelait voici 10 jours ce que nous savions déjà : les prix des fruits et légumes ont bondi de 9% en 2 ans. Respecter les préconisations du Plan national Nutrition Santé coûte entre 450 et 1148€ pour une famille de 4 personnes. Que valent les injonctions à « bien manger » quand trop de nos concitoyens n’arrivent déjà plus à boucler leur budget le 15 du mois ?

Le fait qu’un candidat à l’élection présidentielle [Fabien Roussel] ait été agressé sur les réseaux sociaux pour avoir défendu le pouvoir d’achat des Français afin qu’ils puissent manger « de la viande » et des aliments de qualité en dit long sur les hypocrisies de certains élus.

Si l’on veut retrouver les « Jours Heureux », il faudra voter en avril pour défendre le pouvoir d’achat.

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31 janvier 2022 1 31 /01 /janvier /2022 11:55

J'ai rédigé cette note pour la Gauche Républicaine et Socialiste sur le résultats des élections législatives portugaises qui se sont déroulées hier, après que les deux partis de la gauche radicale qui soutenaient le gouvernement socialiste d'Antonio Costa ont refusé de voter le budget l'automne dernier. Non seulement les électeurs ont donné la majorité absolue au PS, le parti de Costa, pour poursuivre la politique sociale qu'il conduisait, ils ont largement désavoué le Bloco de Esquerda et le PCP, mais l'extrême droite en a profité pour entrer fortement dans l'Assemblée de la République. Elle s'ancre dans le paysage politique portugais qui était pourtant vacciné du fait du souvenir de la dictature fasciste jusqu'en 1974. La droite sociale-libérale, conservatrice ou libérale reste divisée et atone et ne pourra plus espérer revenir au pouvoir qu'en s'alliant avec l'extrême droite ou en retissant une alliance de centre avec le PS.

Frédéric FARAVEL
Conseiller municipal et communautaire Gauche Républicaine et Socialiste de Bezons
Président de "Vivons Bezons, le groupe des élus communistes, socialistes et républicains"
Coordinateur national des pôles thématiques de la GRS

Portugal : Costa victorieux et l’extrême droite en embuscade

Il y a un an, dans l’article que nous avions rédigé le 27 janvier 2021 aux lendemains de l’élection présidentielle portugaise, nous avertissions de la nécessité de ne pas ignorer le « signal faible » que représentait les 12% du candidat d’extrême André Ventura et nous écrivions : « Le profil attrape-tout de Chega ! [le parti de Ventura] et les dégâts de la crise sanitaire, additionnés à la tentation d’un retour au centrisme gouvernemental, pourraient donc offrir les conditions d’une nouvelle aventure politique et électorale à l’extrême droite portugaise renaissant de ses cendres. »

L’élection présidentielle avait, en pleine vague de COVID, connu une participation faible de moins de 40 %, où s’additionnait à la fois une campagne électorale à bas bruit, la pandémie et l’enjeu relativement faible du scrutin – Marcelo Rebelo de Sousa, le président sortant de centre droit était très populaire et si le président de la République portugaise dispose de pouvoirs importants, ils sont moindres que ceux de son homologue français.

Avec près de 42% des suffrages et au moins 117 sur 230 sièges, le premier ministre socialiste, Antonio Costa, s’est posé en rassembleur, tard dans la nuit du dimanche 30 au lundi 31 janvier, après avoir obtenu une victoire écrasante – car celle-ci lui offre une majorité absolue, la deuxième pour le PS depuis le retour de la démocratie – aux élections législatives anticipées. Elle lui permettra de gouverner les mains libres, sans dépendre de ses anciens alliés de gauche – ni du parti de la gauche radicale Bloco de Esquerada (BE) ni de la CDU, cette improbable coalition qui lie le Parti communiste portugais (PCP, l’un des plus orthodoxes d’Europe) aux écologistes depuis plusieurs décennies.

Une rupture de majorité injustifiée

En octobre 2021, ces deux formations avaient refusé de soutenir la loi de finances 2022, qu’elles jugeaient peu ambitieuse en matière d’investissement public et de mesures sociales, et avaient ainsi précipité la tenue d’élections anticipées. Alors que nous sommes régulièrement critiques à l’égard des politiques conduites par les partis membres du PS, il faut reconnaître que les deux partis de la « gauche radicale » n’ont pas rompu leur soutien sans participation sur des fondements très solides, sur une réorientation forte de la politique budgétaire par Antonio Costa. Ce dernier, à qui l’on peut cependant reprocher d’avoir eu des yeux de Chimène pour Emmanuel Macron, avait en 2015 réalisé l’impensable dans la politique portugaise : le populaire ancien maire socialiste de Lisbonne avait, pour éviter aux Portugais une nouvelle purge libérale par le PSD (dit social-démocrate, mais en réalité parti de centre droit) arrivé très légèrement en tête aux législatives, contre l’avis du président de la République d’alors – le conservateur Aníbal António Cavaco Silva (qui avait menacé de ne pas nommer Costa premier ministre) –, réalisé une inédite union de la gauche en obtenant le soutien du BE et du PCP, sans qu’ils ne participent au gouvernement. L’union de la gauche ne s’était jamais produite au Portugal : il existait une règle non dite selon laquelle pour permettre la transition démocratique, le PS ne pouvait s’allier aux représentants occidentaux de « l’ogre soviétique » et le Portugal avait alterné de gouvernements conservateurs en gouvernements centristes PS-PSD, avec plusieurs gouvernements socialistes minoritaires….

À l’époque le BE, équivalent portugais de Podemos (mais plus ancien), avait le vent en poupe et Costa, par conviction, souci de l’intérêt général et bon sens politique et stratégique, avait mené l’une politique les plus à gauche que le Portugal ait connu avec hausse des salaires, hausse des retraites … et politique fiscale extérieure agressive vis-à-vis de ses partenaires européens pour aider à financer son action, alors même que le Portugal était en 2015 sous le microscope de la Commission européenne et de l’Eurogroupe. Les Portugais en avaient été reconnaissants à Antonio Costa et au PS et lors des élections législatives de 2019, ce parti avait gagné 4 points et 22 sièges, quand le BE stagnait à la baisse et que la CDU perdait 2 points et 5 sièges. La majorité parlementaire était confortée, mais les partenaires du PS commençait à voir que le bénéfice de l’action gouvernementale ne profitait qu’au PS et que (c’est criant pour le PCP) une partie de leur électorat soit leur reprochait de ne pas être maximaliste, soit partait voter directement pour Costa.

Cristallisation autour de la crise sanitaire et de la présidentielle

Les mesures de restrictions des libertés publiques n’avaient pas dû arranger la paix dans le ménage à trois PS-BE-PCP, mais c’est surtout la campagne de l’élection présidentielle qui a préparé le terrain pour une rupture politique. Disons le tout net, Costa a manœuvré pour obtenir une forme de neutralisation du PSD en facilitant la réélection du président sortant Marcelo Rebelo de Sousa, indépendant qui avait été autrefois membre du PSD. Le PS n’avait pas présenté de candidat et ni lui ni Costa n’avait soutenu la socialiste Ana Gomes, qui s’était présenté en indépendante (une diplomate de carrière âgée de 66 ans, devenue une éminente militante anti-corruption et qui s’est posée en rempart contre la montée de l’extrême droite et n’était soutenue officiellement que par deux petits partis maoïstes), et n’avait obtenu que 13 % des suffrages : les dés de cette présidentielle était pipés ce qui explique aussi le très faible taux de participation.

Mais deux enseignements avaient été enregistrés : l’effondrement du BE (sa candidate avait 6 points par rapport à l’élection présidentielle de 2016) qui arrivait derrière le PCP pour laquelle cette élection est traditionnellement défavorable ; et la résurrection de l’extrême droite portugaise avec les 12 % d’André Ventura (juste derrière Ana Gomes) au programme et au discours ouvertement racistes, anti-communiste et complotiste.

Après la déconvenue de la CDU lors des législatives de 2019, c’était désormais au BE d’être sévèrement touché et de considérer que la poursuite du soutien sans participation finirait par lui coûter trop cher. Les manœuvres d’Antonio Costa sur la présidentielle ont achevé de fournir quelques éléments de discours internes sur le retour probable du PS à ses penchants centristes.

Le vote du budget a donc fourni l’occasion pour le BE et le PCP de rompre avec leur soutien à Costa. Ce dernier mis en minorité pour un prétexte fallacieux n’avait plus d’autre choix que de demander la convocation d’élections anticipées ce que le président Rebelo de Sousa a fait sans difficulté.

Désaveu de la gauche radicale et joie à l’extrême droite

Antonio Costa a donc joué à plein sur le bilan avantageux des deux législatures où il a gouverné avec le soutien de la gauche radicale. Celle-ci l’ayant lâché sans raison valable, il a demandé aux Portugais de lui accorder les moyens de poursuivre sa politique sans être menacé d’instabilité parlementaire. Ils lui ont accordé.

Le BE et le PCP dénoncent ce ton de la campagne du PS et de Costa. « M. Costa a créé une crise artificielle pour obtenir la majorité absolue. Son chantage semble avoir eu du succès. La fausse bipolarisation a provoqué une concentration du vote utile, qui a pénalisé la gauche », a commenté, amère, la leader du Bloco, Catarina Martins, mais en réalité ce sont bien le PCP et le BE qui ont créé une crise artificielle et en paient aujourd’hui le prix : le BE perd 5 point à 4,46 % et 14 sièges, il ne lui reste que 5 députés ; la CDU perd 2 points et la moitié de ses sièges, avec un siège de plus que le Bloco. Ainsi l’ancienne coalition de militants trotskystes et de gauche alternative se retrouve en sièges derrière les « frères ennemis » communistes.

La droite – « sociaux-démocrates », conservateurs et libéraux – partait divisée et n’avait rien à proposer, d’autant que 6 ans et demi après la fin du dernier gouvernement de centre droit, les Portugais se souviennent encore de la violence sociale subie sous le cabinet Passos de Coelho en concertation avec la Commission européenne.

C’est donc comme nous le craignions l’année dernière l’extrême droite qui a tiré son épingle du jeu. André Ventura a transformé l’essai de l’élection présidentielle (malgré son taux de participation très faible) : les 20 points de participation supplémentaire entre présidentielle et législatives ne permettent pas à Chega ! d’atteindre les 12 % de Ventura, mais avec 7,15 % elle est à nouveau troisième et passe de 1 à 12 députés (en 2019 elle n’avait fait que 1,3%). « Désormais, au Parlement, il n’y aura pas qu’une gentille opposition à Antonio Costa », triomphait Ventura hier soir en proposant de « redonner sa dignité à ce pays » et en appuyant sur son « avantage comparatif » avec la droite traditionnelle.

Le succès des socialistes au Portugal et l’effondrement de la gauche radicale montre que le peuple préfère ceux qui peuvent agir positivement pour lui plutôt que des partis qui préfèrent – même momentanément – une forme de radicalité vaine. Faut-il encore que les socialistes aient engagé des politiques qui améliorent la vie, ce qui semble avoir été le cas ici… Il y a cependant un risque dans la nouvelle position dominante du PS portugais : c’est que celui-ci ne retombe dans son tropisme centriste après la trahison de ses alliés de la gauche radicale, alors que ce n’était pas son intention avant les élections législatives. À nouveau ici, le Bloco et le PCP porteraient une lourde responsabilité dans la dérive des centres de gravité politiques au Portugal.

Le second risque est celui pour lequel nous tirions la sonnette d’alarme en janvier 2021 : la pérennité d’une force d’extrême droite portugaise dans un pays où le souvenir de la dictature salazariste l’avait jusqu’ici empêchée. Le 24 janvier 2021, Ventura avait prévenu le PSD : « Désormais, il n’y aura pas de gouvernement de droite sans la participation de Chega ! » Il est à craindre qu’il ait raison. Le PSD n’aura au prochain coup pas d’autre choix qu’un gouvernement de centre avec le PS ou un gouvernement d’union des droites avec Chega ! Il faudrait cependant pour cela qu’un coup de barre conservateur soit donné dans le parti de centre droit. D’un autre côté, l’usure du pouvoir touchera tôt ou tard le PS et sans capacité à reproduire l’union de la gauche, ce dernier pourrait choisir l’hypothèse centriste pour se maintenir au responsabilité… sauf que désormais une extrême droite est installée dans l’Assemblée de la République qui pourra en tirer les marrons du feu…

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