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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise.
Je suis membre du bureau fédéral du Val-d'Oise du Parti Socialiste et suppléant au Conseil National du Parti Socialiste.
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19 janvier 2010 2 19 /01 /janvier /2010 14:02

Paris, le 19 janvier 2010

Suite au jugement du tribunal d'instance du 5ème arrondissement de Paris, Guillaume Balas, n°2 de la liste Huchon 2010 à Paris, s’est rendu ce matin à la conférence de presse de Jeudi Noir pour transmettre aux membres du collectif une lettre de Jean-Paul Huchon.

Dans cette missive, le Président de la Région Ile-de-France apporte son soutien à Jeudi Noir en précisant : « Je veux dire mon inquiétude et mon incompréhension devant cette sanction de la part de la justice, dès lors que les militants présents ne recherchaient pas d’avantage personnel et n’ont fait subir aucune dégradation au bâtiment. Ce qui est mis en danger à travers vous, c’est la capacité des associations et de la société civile de tenir le rôle de vigie d’alerte qui est indispensable à l’existence d’une véritable démocratie ».

Guillaume Balas a réaffirmé aux membres de l’association l’engagement de la Région en faveur du logement en Ile-de-France.

Depuis 2004, un milliard d’euros ont été investis et 240 000 logements sociaux ont été créés ou réhabilités.




Guillaume Balas et les élus régionaux socialistes avec Marianne Louis (de dos)
dans l'immeuble de la place des Vosges, ce matin, mardi 19 janvier 2010
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8 janvier 2010 5 08 /01 /janvier /2010 12:13

Voile intégral: le PS opposé à une loi

Par AFP, publié le 07/01/2010 à 10:13 - mis à jour le 07/01/2010 à 08:22

PARIS - Le PS a tranché sur la question du voile intégral, se déclarant contre une loi de "circonstance", malgré les résistances de certains socialistes qui y étaient favorables comme les députés Manuel Valls ou Aurélie Filippetti.

Benoît Hamon le 30 décembre 2009 à Paris

AFP/Archives/Pierre Verdy

Benoît Hamon le 30 décembre 2009 à Paris

"Le Parti socialiste a débattu, il a rappelé des principes : nous sommes totalement opposés à la burqa, la burqa est une prison pour les femmes, dans la République, elle n'a pas sa place mais une loi de circonstance n'aurait pas les effets escomptés", a affirmé mercredi le porte-parole du PS, Benoît Hamon, au lendemain de la réunion hebdomadaire du Bureau national du PS.

Le BN --direction du parti-- a en fait discuté mardi soir un texte, la contribution du PS à la mission parlementaire d'information sur le port du voile intégral.

Ce texte de trois pages qui a été adressé mercredi soir au président de la mission, André Gerin, développe les arguments des socialistes en trois chapitres: "le parti socialiste condamne avec fermeté le port du voile intégral, pratique incompatible avec les valeurs de la République"; "Le parti socialiste préconise une action publique contre le port du voile intégral respectueuse de notre Etat de droit et qui mobilise de façon résolue les principes et les moyens de la République"; "Le parti socialiste refusera toute loi de circonstance, inapplicable", indique le texte transmis à l'AFP.

Si la direction du PS est fermement opposée à la burqa, plusieurs membres divergent sur l'opportunité de légiférer.

Manuel Valls, député-maire d'Evry, se dit toujours favorable à une loi. Il avait signé récemment avec la députée Aurélie Filippetti et Philippe Esnol, maire de Conflans-Saint-Honorine, une tribune plaidant pour le "bannissement" par la loi, du port du voile intégral dans "l'espace public".

"Nous sommes favorables au bannissement pur et simple de ce vêtement dans l'espace public et ses services (mairies, écoles, préfectures, sécurité sociale) mais aussi sur l'ensemble de la voie publique", écrivaient les trois signataires.

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8 janvier 2010 5 08 /01 /janvier /2010 11:45

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5 janvier 2010 2 05 /01 /janvier /2010 15:07
Débat sur l'identité nationale : le vrai bilan et la carte des ratés

 

Links:
[1] http://www.rue89.com/2009/12/03/identite-nationale-sarkozy-piege-par-le-gros-rouge-qui-tache-128595
[2] http://www.debatidentitenationale.fr/
[3] http://data.mapchannels.com/embed/debatidentitenationale.htm
[4] http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5hg4clt_qcC9rZA2hcClerUhvNnQw
[5] http://www.mediapart.fr/journal/france/171209/le-flop-du-debat-sur-l-identite-nationale-vu-par-la-presse-regionale
[6] http://www.rue89.com/2009/12/03/le-maire-qui-va-se-faire-bouffer-bientot-radie-de-lump-128642
[7] http://www.rue89.com/2009/12/16/monsieur-raoult-je-suis-arabe-mais-pas-nee-en-banlieue-130313
[8] http://www.lejdd.fr/Politique/Actualite/En-voila-un-qui-aime-la-France-155800/
[9] http://www.rue89.com/2009/12/15/morano-derape-la-faute-au-contexte-bien-sur-130194
[10] http://www.mediapart.fr/journal/france/301109/defoulement-raciste-ca-continue-chez-eric-besson-et-lump
[11] http://www.rue89.com/2009/11/03/debat-sur-lidentite-nationale-des-textes-dinternautes-censures-124503
[12] http://www.leparisien.fr/persan-95340/le-debat-sur-l-identite-nationale-fait-salle-comble-15-12-2009-744929.php
[13] http://www.debatidentitenationale.fr/ils-s-expriment/francois-pupponi.html
[14] http://www.nantes.maville.com/sport/detail_-Annulation-du-debat-sur-l’identite-nationale_-1184544--BKN_actu.Htm
[15] http://www.liberation.fr/politiques/0101607394-herve-de-charette-quitte-l-ump-et-relance-l-udf
[16] http://www.mediapart.fr/journal/france/181209/bergerac-un-elu-ump-refuse-un-debat-qui-stigmatise-une-population
[17] http://www.rue89.com/2009/12/02/identite-nationale-on-va-se-faire-bouffer-ils-sont-deja-10-millions-128405
[18] http://www.rue89.com/2009/12/27/identite-nationale-en-parler-finit-dans-la-haine-de-lautre-131435
[19] http://www.mediapart.fr/journal/france/040110/identite-nationale-besson-veut-perenniser-le-debat
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27 novembre 2009 5 27 /11 /novembre /2009 11:49
Identité nationale : le ministère dérape et rétropédale en silence

 

Links:
[1] http://groupeclaris.files.wordpress.com/2009/11/debat-identite-nationale-_1_1.pdf
[2] http://www.rue89.com/tag/delinquance
[3] http://www.debatidentitenationale.fr/IMG/pdf/Pour_aller_plus_loin.pdf
[4] http://www.rue89.com/2009/11/10/raoult-veut-bailloner-le-prix-goncourt-marie-ndiaye-au-nom-de-la-france-125432
[5] http://www.rue89.com/riverain/laurent-mucchielli
[6] http://www.rue89.com/grecherche?as_q=stéphane maugendre&btn_search_ok_x=0&btn_search_ok_y=0&sitesearch=www.rue89.com&client=pub-9233818124730272&forid=1&ie=UTF-8&oe=UTF-8&cof=GALT:999999;GL:1;DIV:336699;VLC:999999;AH:center;BGC:FFFFFF;LBGC:336699;ALC:ff0000;LC:ff0000;T:000000;GFNT:999999;GIMP:999999;FORID:11&hl=fr#1751
[7] http://www.rue89.com/riverain/serge-slama
[8] http://www.immigration.gouv.fr/spip.php?page=dossiers_det_res&numrubrique=215&numarticle=1882
[9] http://www.immigration.gouv.fr/IMG/pdf/AIMIK0900089C.pdf
[10] http://www.rue89.com/2009/11/03/debat-sur-lidentite-nationale-des-textes-dinternautes-censures-124503
[11] http://www.rue89.com/2009/11/01/identite-nationale-comme-un-soupcon-permanent-sur-nous-124237
[12] http://www.rue89.com/2009/10/31/a-lidentite-nationale-figee-preferons-la-nation-ouverte-et-genereuse-124087
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23 novembre 2009 1 23 /11 /novembre /2009 15:07
Point de vue
Grand Paris, l'occasion manquée ?, par Frédéric Gilli
LE MONDE | 23.11.09 | 13h46  •  Mis à jour le 23.11.09 | 13h46

e président de la République, inaugurant l'exposition sur le Grand Pari(s) en avril, proposait un projet de civilisation. A l'aube du IIIe millénaire, Paris se découvrait "modèle de la métropole durable" et se trouvait une ambition. Il était temps : les transformations engagées par Paul Delouvrier ont produit des effets (RER, villes nouvelles...), mais leur souffle a passé.

La métropole change sous l'effet de la mondialisation, des RER, des 35 heures, d'Internet ou des téléphones mobiles, mais les schémas directeurs persistent dans la gestion d'un système hérité des années 1950 et 1960, et l'enthousiasme s'effrite. Depuis 1980, seuls la ligne 14 ou le RER E ont été réalisés, et les transports en commun, comme les autoroutes, frisent la thrombose. Chaque année, le déficit de logements s'accroît de 30 000 unités.

La région parisienne est devenue l'une des principales pouponnières d'Europe, mais elle ne peut pas accueillir les jeunes ménages, les étudiants ou les travailleurs. Cela pousse les habitants plus loin, là où les services publics et les équipements sont rares, les transports plus longs et en voiture, où les espaces naturels sont grignotés. Après des années de sous-investissement chronique, la métropole est tendue entre les exigences de son envergure planétaire et les contraintes quotidiennes dues à sa taille de mastodonte. Le sentiment d'urgence, alimenté par les crises économique et écologique, ouvre le jeu au début des années 2000.

Ce fut d'abord la mobilisation des institutions et de la population pour réinventer un schéma directeur régional. Le schéma directeur de l'Ile-de-France (SDRIF), validé à l'unanimité au printemps, plaide désormais pour une métropole compacte : densification économique et résidentielle de la première couronne et intensification des transports collectifs dans toute la banlieue. Le plan transport s'appuie sur les métros, le RER et des tramways. En attendant l'écot de l'Etat pour boucler son financement, les études et certains travaux ont commencé.

Ce fut ensuite Paris Métropole. Tournant la page de décennies de fâcheries, Paris se réconcilie avec sa banlieue. Les élus locaux se rencontrent dans une conférence métropolitaine qui devient syndicat mixte d'études le 10 juin. En écho, de puissantes communautés d'agglomérations émergent là où il n'y avait que des intérêts éparpillés : Saint-Denis, Montreuil, Boulogne, Evry, Cergy, voire demain Nanterre.

Ce fut enfin la consultation sur le "Grand Pari(s)" à l'initiative de Nicolas Sarkozy, succès populaire et médiatique. Ce projet se résume en un slogan : faire de Paris une métropole durable. Il se décline en une série d'exigences : repenser l'articulation ville-nature, prévenir la relégation dans les quartiers, pousser à la créativité, renforcer l'efficacité des décisions et la lisibilité des choix démocratiques. La variété des dix projets le démontre : il n'y a pas une seule vérité pour répondre à ces enjeux mais une cohérence à construire. Les choix d'aménagement, les politiques économiques ou culturelles, les systèmes sociaux et politiques sont tous interdépendants.

Considérons la question, essentielle, de la création de richesse. La région parisienne est une capitale économique et industrielle mondiale multispécialisée, où l'on trouve certains des plus grands experts mondiaux des nanotechnologies, de la finance, de l'agrochimie, de la pharmacie, de l'aéronautique, des industries créatives, etc. A l'heure où les innovations majeures se font à la convergence des filières économiques ou des disciplines scientifiques, cette multispécialisation est un trésor. Or la mondialisation des échanges et les réorganisations des groupes bousculent la géographie francilienne. Depuis le début des années 1970, entre un demi-million et un million d'emplois ont migré vers les frontières de l'agglomération, interpellant les politiques de développement régionales.

D'abord, la croissance de chaque pôle est impensable sans toutes les ressources de la métropole. Si Paris est aujourd'hui une des principales places financières de la planète, elle le doit autant aux salles de marché de la Défense qu'aux relations qu'elles entretiennent avec le tissu de gestionnaires et de start-up du centre de Paris, avec les mathématiciens et informaticiens de Jussieu et de Palaiseau ou avec la richesse industrielle des Yvelines ou du Val-de-Marne qui alimentent la place de Paris en projets et en épargne. Plutôt que de spécialiser les territoires pour les promouvoir à l'international, il s'agit de les faire participer au tumulte de la métropole. L'attractivité suivra.

Ensuite, la politique industrielle se nourrit des enjeux démocratiques. C'est à Paris et dans les communes voisines, lieux de diversité, que la création d'entreprises est la plus vive. Les difficultés à amorcer une plate-forme d'innovation à partir de la concentration exceptionnelle de chercheurs réunis à Saclay en témoignent : étendre l'écosystème de croissance parisien aux pôles périphériques suppose que les projets de territoires soient portés collectivement et impliquent dans le long terme population, entrepreneurs et scientifiques.

Enfin, les enjeux économiques sont aussi des enjeux sociaux et politiques. Ces pôles sont loin de la plupart des Franciliens. L'accessibilité des emplois pour l'ensemble des habitants en pâtit, alors qu'elle était l'un des avantages de Paris sur d'autres grandes métropoles comme Londres ou New York. Une adaptation du système de transport est donc nécessaire pour reconnecter les lieux de résidence aux emplois et services publics de la région. Un réseau n'irriguant pas l'ensemble des territoires n'améliorerait guère l'efficacité du marché du travail. Pis, il creuserait les inégalités sociales et territoriales.

Le choix d'une politique de développement, d'un schéma d'urbanisme, d'un système de gouvernance ou d'un réseau de transport ne saurait ainsi avoir de valeur par eux-mêmes, mais seulement dans le contexte d'un projet métropolitain. C'est le principal grief adressé au projet de Christian Blanc par ses contempteurs : il se résume à un métro desservant des pôles économiques. Où et comment construire les logements nécessaires pour soutenir la croissance souhaitée par le secrétaire d'Etat ? Comment coordonner les politiques de transport avec les politiques urbaines au-delà des seuls quartiers de gare ? Le projet de loi actuel n'en dit rien.

Si les réactions ont été virulentes depuis la présentation du projet de loi, c'est que les enjeux dépassent la simple jalousie entre projets ou entre ego. Le danger est réel que l'on soit en train d'enterrer Paris en grande pompe parlementaire. Jean Nouvel a décrit dans ces colonnes les remous du débat, et tous - architectes, urbanistes, géographes ou économistes - se demandent où est passé le projet de civilisation et comment expliquer la situation actuelle.

Deux temporalités différentes contribuent en fait à brouiller les cartes : le temps des projets urbains et le temps des agendas politiques.

Une relecture de l'histoire récente à l'aune des rythmes électoraux éclaire de nombreux blocages dans une région où les enjeux de pouvoir résonnent plus fort qu'ailleurs. Rétrospectivement, le discours du président à Chaillot n'est plus que le point d'orgue d'un éphémère chorus francilien. Le projet de loi sur le Grand Paris a durci les positions. Conseil régional ou maires d'Ile-de-France, les élus de tous bords s'offusquent de n'avoir pas été associés aux travaux. Focalisé sur le métro automatique et les prochaines élections, l'Etat bloque administrativement le SDRIF et rechigne à participer au plan de transport régional. La cohésion de Paris Métropole est, quant à elle, mise à mal par la concurrence entre territoires franciliens pour accueillir les gares du "métro Blanc".

Contraint par ces urgences, le projet de Christian Blanc suit une logique préfectorale d'efficacité. Construit sans débat comme un bloc non négociable, il organise un urbanisme opérationnel dérogatoire et crée une Société du Grand Paris mi-entreprise de transport, mi-aménageur. Au moment de sa mise en oeuvre, l'absence de concertation sera une faiblesse lorsque les élus et la population le contesteront devant les tribunaux administratifs et les cours européennes.

Qu'on ne s'y trompe pas, l'Etat est indispensable au soutien des grands projets. Mais sa légitimité à intervenir dans les sujets locaux s'est affaiblie : moins de pouvoir politique, du fait de la décentralisation et de la montée des pouvoirs citoyens, moins de pouvoir économique, du fait des déficits chroniques du budget de l'Etat et de la montée des investissements locaux, moins de pouvoir technique enfin, du fait du déplacement des capacités de maîtrise d'ouvrage vers les services techniques des collectivités et les entreprises.

Dans les faits, la poursuite simultanée d'un plan gouvernemental et d'un schéma régional ouvre un conflit de légitimité majeur qui risque d'être paralysant. En période de crise, parler d'une seule voix est fondamental pour porter des projets innovants ou convaincre des investisseurs. Cela désole les élus franciliens partisans sincères d'un Grand Paris. Reconnaître l'importance du Grand Paris supposait d'en faire un texte d'organisation générale. Le rapport Balladur comme le rapport Dallier y invitaient. Un tel projet aurait été présenté d'abord au Sénat, que l'on sait moins acquis au gouvernement sur ce sujet. Amputé, le projet peut désormais être d'abord présenté à l'Assemblée nationale, moins rétive. Soucis d'efficacité et précautions politiques l'ont déjà affadi.

Pallier les urgences tout en préparant l'avenir suppose de réintroduire des temporalités. Le rapport du député Gilles Carrez sur le financement du Grand Paris prône d'ailleurs de séquencer les projets. Premier temps, il y a urgence à agir. Afin d'engager au plus vite une politique cohérente de transports, logements et équipements, le gouvernement doit transmettre le SDRIF au Conseil d'Etat. Ce document a des défauts, mais il répond aux urgences, il est immédiatement opérationnel et cela sécurisera les investisseurs.

Deuxième temps, le SDRIF peut être un document évolutif. A peine adopté, il doit être révisé pour considérer les éléments nouveaux depuis deux ans : plan Campus, plateau de Saclay, gare TGV au carrefour Pleyel, boucle de métro par Clichy... Un projet de loi peut s'avérer nécessaire si, sans modifier les urgences ni les calendriers, il permet d'accélérer ces processus. Cet été, Etat et région semblaient proches d'un accord.

Troisième temps, la consultation sur le Grand Pari(s) montre la nécessité d'un mouvement permanent d'invention métropolitaine. Au-delà des grandes orientations, revues tous les quinze ans, il est nécessaire de constamment nourrir la ville de controverses et d'appels à projets selon un rythme indépendant des calendriers administratifs. Pôles de compétitivité, Exposition universelle, mise en scène de grands territoires, des fleuves et rivières... Paris Métropole ou l'Atelier international des architectes sont des réceptacles intéressants pour cette hybridation des projets locaux et des ambitions métropolitaines.

L'histoire de chaque ville est faite d'occasions à ne pas manquer qui la propulsent vers de nouveaux horizons ou l'aiguillent sur des chemins de traverse. Cinq fois plus peuplée que Paris en l'an 1000, Cordoue fut longtemps la capitale de la Méditerranée occidentale. C'est aujourd'hui une paisible ville de province andalouse. Au tournant du XIIe siècle, les rivalités politiques ont pris le pas sur l'intérêt général. Il a suffi de quelques décennies pour que la ville soit définitivement incapable de répondre aux défis d'une époque qui allait voir Paris éclore et rayonner. Face à l'urgence, allons-nous ouvrir Paris en grand sur demain ou laisser se fermer une occasion unique pour moderniser notre capitale ?


Frédéric Gilli est économiste et géographe.



A propos de l'auteur

Agé de 33 ans, ancien élève de l'Ecole nationale de la statistique et de l'administration économique et docteur en économie, Frédéric Gilli a été responsable du pôle de compétences Bassin parisien de l'Insee, puis responsable "politique de la ville - logement social" à la direction générale du Trésor. Directeur délégué de la chaire Ville de Sciences Po, où il enseigne, il est l'auteur de nombreuses publications et communications sur les évolutions économiques et géographiques de la région parisienne. Il a publié, avec Paul Chemetov, "Une région de projets, l'avenir de Paris" (La Documentation française, 2006) et, avec Jean-Marc Offner, "Paris, métropole hors les murs" (Presses de Sciences Po, 186 p., 12 euros). Il est rédacteur en chef de la revue "Etudes foncières".

Article paru dans l'édition du 24.11.09
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23 novembre 2009 1 23 /11 /novembre /2009 14:40
Point de vue
Le projet du Grand Paris n'est pas métropolitain, par Daniel Behar et Philippe Estebe
LEMONDE.FR | 23.11.09 | 10h45  •  Mis à jour le 23.11.09 | 11h19

a discussion autour du projet de loi relatif au Grand Paris tend à mettre en cause son rabattement sur un schéma de transports, pour peser les vertus respectives d'un parcours aérien ou souterrain ou à incriminer son manque de vision globale pour l'Ile-de-France. Là n'est pas la question : au sein d'une "République décentralisée", il n'est pas de la légitimité de l'Etat de définir cette vision. En revanche, il lui revient bien d'énoncer une stratégie de développement de la région-capitale, c'est-à-dire définir les conditions de sa contribution optimale à la performance de la France dans le contexte de la mondialisation.

Sur ce plan, ce projet propose comme préalable implicite une rupture doctrinale tout à fait justifiée avec un des dogmes fondateurs de "l'aménagement du territoire à la française", celui du rééquilibrage entre Paris et la province. Avec l'attractivité renouvelée des grandes villes et du tissu rural, cette posture n'était plus de mise. Mais comment alors affirmer la place de la première métropole française dans le monde ? Pour relever ce défi, le projet de loi formule une hypothèse stratégique : la globalisation constitue une échelle inédite dans la concurrence internationale, à laquelle il faut répondre en "ajoutant" des facteurs de compétitivité à la métropole, soit "à côté" (c'est la proposition séduisante de l'extension de Paris jusqu'au Havre), soit "au-dessus", et c'est la couche supplémentaire des "clusters", de la recherche et de l'innovation, de la Défense à Saclay en passant par Le Bourget, desservis par le fameux "grand huit". Or cette hypothèse est tout à fait discutable.

Il n'est d'abord pas certain que la question de l'ouverture au monde au XXIe siècle se joue sur le plan des échanges marchands maritimes. Et peut-on décréter ainsi la rupture avec la permanence d'une histoire longue davantage continentale que maritime ? Mais surtout la mondialisation ne constitue pas un niveau en plus, à l'extérieur, mais un processus qui produit une nouvelle figure de la ville – la métropole après l'agglomération – où les liens en réseau désorganisent la continuité des lieux et génèrent de multiples contradictions entre le global et le local. Autrement dit, la mondialisation n'est pas un défi du dehors, mais du dedans de la métropole.

Sur le plan économique, se mettre à sa hauteur ne consiste pas à ajouter quelques " clusters ", en espérant un effet locomotive qui n'est nullement garanti. C'est plutôt sur l'ensemble du territoire métropolitain qu'il faudrait miser. Les affaires et la finance ne sont pas l'exclusivité du pôle de la Défense mais l'attribut de tout l'Ouest parisien. L'excellence scientifique ne se joue pas sur Saclay mais à l'échelle d'un cône sud de l'innovation, entre la Montagne- Sainte-Geneviève, Evry et Saclay. Le tourisme et la culture – au-delà de la puissance de Paris intra muros – s'étendent aujourd'hui vers le nord et l'est, sur des registres davantage contemporains que patrimoniaux. Enfin et surtout, la performance de ces activités d'excellence dépendra de l'étroitesse de leurs relations à la métropole ordinaire, celle de la logistique, du BTP ou des services.

Sur le plan social, l'enjeu n'est pas de minimiser le risque d'émeutes sociales et d'atteinte à l'image internationale de Paris, au travers d'un "détour" du grand huit par Clichy-Montfermeil mais de développer résolument un cosmopolitisme métropolitain. A Paris, comme dans les autres métropoles du monde, la métropolisation s'accompagne d'un développement des migrations internationales. Ailleurs considéré comme une ressource essentielle de l'attractivité métropolitaine, cet enjeu est totalement passé sous silence dans le projet du Grand Paris. Sont tout autant occultés le potentiel créatif induit par ce nouveau cosmopolitisme que les nouvelles figures de la pauvreté qu'il engendre.

En initiant le projet du Grand Paris, l'Etat a bien perçu le défi pour la France que constitue la question métropolitaine. Mais en décalquant les recettes des années 1960 à l'époque de l'agglomération parisienne, mises au goût du jour selon une géographie dilatée (un métro automatique succédant au RER, et des clusters aux villes nouvelles), sa réponse n'est pas à la hauteur. C'est à "faire métropole" qui faudrait collectivement s'attacher.

Daniel Behar est professeur associé à l'Institut d'urbanisme de Paris et Philippe Estebe est professeur associé à Sciences Po Paris. Tous les deux sont consultants à la coopérative Acadie.

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26 octobre 2009 1 26 /10 /octobre /2009 16:06

Social-démocratie : leçons allemandes

- Telos.fr

Un sondage récent d’OpinionWay montre que la moitié des sympathisants du Parti socialiste français privilégient une alliance à gauche qui comprendrait le Nouveau Parti Anticapitaliste d’Olivier Besancenot. En Allemagne, lors des récentes élections législatives, après la déroute des sociaux-démocrates, passés de 34,2% en 2005 à 23% en 2009, certaines voix se sont élevées à gauche pour réclamer une alliance entre le nouveau parti d’extrême-gauche, Die Linke, qui est passé de 8,1% à 10,7%, et le Parti social-démocrate.

Dans la crise économique actuelle, dans les deux pays, la demande de justice sociale s’est fortement accrue. En Allemagne, les électeurs qui ont déserté le SPD invoquent d’abord cette préoccupation selon un sondage d'une fondation allemande. Plus d’un million des électeurs du SPD de 2005 ont voté cette fois pour Die Linke. Le SPD a perdu près de 15 points dans les couches populaires salariées. 28% des ouvriers ont voté pour le SPD seulement mais 18% pour Die Linke. Dans les deux pays, la « gauche de la gauche », communistes ou trotskistes, a dépassé les 10% et s’est installée dans le paysage politique. Ces évolutions électorales correspondent à des changements d’attitudes des électeurs, qui, à la faveur de la crise, privilégient à nouveau l’action de l’État et qui, selon le volet français de l’enquête sur les valeurs, réalisé sous la direction de Pierre Bréchon et Jean-Pierre Tchernia, donnent désormais la priorité à l’égalité sur la liberté. La préférence pour la concurrence plutôt que pour les nationalisations, s’est érodée. Incontestablement, la crise du capitalisme financier a profondément marqué des opinons publiques qui comparent les fabuleux revenus des traders et grands patrons à l’évolution générale des salaires. La crise du capitalisme est ainsi devenue une crise morale, en même temps qu’économique.

Dans ces conditions, de fortes pressions s’exercent sur les partis socialistes pour qu’ils adoptent des positions plus fermes sur le fonctionnement du capitalisme et recherchent des alliances avec l’extrême-gauche. Ces pressions sont compréhensibles et pourraient trouver des oreilles attentives dans les partis socialistes.

Pourtant, d’autres données montrent que les socialistes sont en réalité face à une situation politique et électorale encore plus compliquée qu’il n’y paraît. Certes, la reconquête des couches populaires est pour eux un objectif prioritaire. Mais il faut souligner qu’en Allemagne, dans cette période crise, c’est la droite qui a globalement progressé et d’abord le parti libéral. L’ensemble gauche plus écologiste est passé de 51% à 46% en quatre ans. Quant à Die Linke, s’il fait un score impressionnant dans les anciens lander de l’Est avec 26%, dépassant le SPD (18%), en revanche, dans l’ancienne Allemagne fédérale, il ne rassemble que 8% des suffrages contre 24% au SPD et 11% pour les Verts. Or, en Allemagne, les Verts sont plus proches, par certaines de leurs orientations, des libéraux que de l’extrême-gauche, comme l’a montré leur décision récente de s’allier en Sarre avec les droites plutôt qu’avec les gauches. Une alliance rose/rouge n’a aujourd’hui aucune chance de gagner les élections dans ce pays. En France, dans cette même période de crise, la gauche n’a pas progressé aux élections européennes, même en incorporant les Verts qui ont atteint 16%, soit pratiquement autant que les socialistes. En outre l’extrême-gauche du NPA rejette toute alliance aussi bien avec les socialistes qu’avec les Verts, et donc tout exercice du pouvoir.

En réalité le choix réel auquel sont confrontés les socialistes dans les deux pays est le suivant : Soit, choisir clairement la fonction et la posture de tribun de la plèbe, soit, continuer de se donner comme principal objectif de revenir au pouvoir et de gouverner. Dans le premier cas, ces partis peuvent trouver un véritable avantage à gauchir fortement leur discours anticapitaliste et à se rapprocher autant que faire se peut de l’extrême-gauche. Dans le second cas, il leur faut d’abord conserver ou regagner une véritable crédibilité gouvernementale, et donc d’abord la crédibilité économique qui seule peut les ramener au pouvoir. Ici encore le sondage sur les élections allemandes est très instructif : le thème décisif de la campagne pour les électeurs allemands a été l’économie. Or, sur ce thème, 47% des électeurs estimaient que la CDU était la plus compétente et 21% seulement le SPD. Certes, sur le thème de la justice sociale, les chiffres s’inversaient mais l’image de crédibilité demeurait globalement en faveur de la droite et des libéraux.

Il faut ajouter que les électeurs du SPD de 2005 qui ont voté en 2009 pour la CDU ou pour le Parti libéral ont été plus nombreux que ceux qui l’ont déserté au bénéfice de Die Linke. Quand aux pertes socialistes au bénéfice des Verts, presque aussi nombreuses que celles en faveur de Die Linke, elles ne peuvent être considérées simplement comme un vote plus à gauche de ces électeurs. De même, en France, le succès des Verts aux Européennes, même si les Verts français demeurent, malgré l’influence de Daniel Cohn-Bendit, plus proches de l’extrême-gauche que leurs homologues allemands, ne peut pas non plus être assimilé à un simple virage à gauche, dans le sens traditionnel du terme, de ces électeurs, l’enjeu écologique étant un véritable enjeu politique en soi.

Si donc le thème de la justice sociale est décisif pour les socialistes, en particulier pour conserver le leadership à gauche et mobiliser les couches populaires, en revanche, celui de la crédibilité économique est capital pour revenir au pouvoir. En France, la victoire de Nicolas Sarkozy en 2007 a été largement due à son avantage sur le thème de la crédibilité gouvernementale. La social-démocratie, en France comme en Allemagne, est obligée en réalité d’articuler les deux thèmes de la justice sociale et de la crédibilité économique si elle veut à la fois résister aujourd’hui et gagner demain. Réaliser cette articulation est particulièrement difficile, surtout en ces temps de crise et de déficits, et peut être mal compris des électeurs de gauche, et donc provisoirement peu profitable. Mais si les partis socialistes se donnent la facilité de jouer exclusivement le rôle de tribun du peuple, quitte, pour y parvenir, à abandonner ce qui demeure décisif pour la majorité des électeurs, c'est-à-dire leur crédibilité économique, ils prennent le risque de rester très longtemps dans l’opposition. Ils peuvent choisir l’une ou l’autre voie. Chacune présente pour eux avantages et inconvénients. Encore faut-il qu’ils soient bien conscients de leurs objectifs et de la signification et de la portée du choix qu’ils effectueront.

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21 octobre 2009 3 21 /10 /octobre /2009 15:32

Pantin candidate à un abaissement du seuil d'exposition aux ondes électromagnétiques de téléphonie mobile

 

 

Le conseil municipal du 20 octobre s'est prononcé à l'unanimité pour que la ville de Pantin se porte candidate à expérimenter l'abaissement du seuil d'exposition aux ondes électromagnétiques.

 

En parallèle avec la démarche de résiliation progressive des baux des antennes relais implantées sur le patrimoine de Pantin Habitat, l'information aux habitants et la mobilisation des Pantinois pour engager des recours contre les opérateurs de téléphonie, la commune a annoncé qu'elle s'intégrera dans la démarche proposée par l'association des Robins des Toits, organisée par le secrétariat d'état à l'écologie dans la foulée du Grenelle des Ondes.

 

Il s'agit de répondre à un appel à candidatures sur le site du secrétariat d'état. Ce dernier identifie des communes volontaires pour réaliser sur tout ou partie de leur territoire les modélisations et les expérimentations liées à l'exposition des ondes mais également pour l'identification et l'expérimentation de nouvelles procédures de concertation et d'information locale. Cet appel à candidatures est ouvert aux communes et communautés de communes du 17 septembre au 31 octobre 2009.

 

Sur la base des candidatures reçues, l'identification des communes d'une part pour les travaux sur l'exposition et d'autre part pour l'expérimentation sur la concertation aura lieu début novembre par le comité opérationnel.

 

Les différentes modélisations et expérimentations sur l'exposition et la concertation seront menées entre novembre 2009 et avril 2010.

 

La ville de Pantin s'est engagée depuis 2006 pour obtenir des opérateurs de téléphonie mobile le respect des trois conditions suivantes :

- un seuil maximal d'exposition de 0,6 V/m

- pas d'antennes dans un périmètre de 100 m autour des établissements sensibles

- réaffirmation des principes de la loi N° 86-1290 sur l'information relative aux travaux dans les immeubles, aux plans de concertation, etc.

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20 octobre 2009 2 20 /10 /octobre /2009 10:02

Chili : face au PS néolibéral, un nouvel espoir à gauche

Alexis Corbière - Conseiller municipal à Paris | Dimanche 18 Octobre 2009 - Marianne2.fr

Trente six ans après le coup d'état d'Augusto Pinochet, la droite ultralibérale est en mesure de revenir au pouvoir au Chili, par les urnes cette fois-ci. Alexis Corbière nous explique comment les politiques menées par la social-démocratie depuis le retour à la démocratie ont rendu possible une telle situation.
Dans moins de deux mois, le 13 décembre 2009, le premier tour de l’élection présidentielle aura lieu au Chili. Pour l’heure, la presse française n’en parle quasiment pas. C’est surprenant car il y a quatre ans, la même échéance avait suscité beaucoup d’intérêt, dont le point d’orgue fut le voyage très médiatisé de Ségolène Royal en soutien à la socialiste Michelle Bachelet qui sera élue Présidente.

S’il existe une « passion française » pour le Chili, elle n’est pas née cette fois là. Depuis près de 40 ans, ce pays occupe une place à part dans le cœur de tous les militants de gauche. Et, la fin de la dictature en 1989, puis la victoire d’une socialiste en 2006, sont apparues pour beaucoup de nos compatriotes comme la revanche posthume de ceux qui soutenaient Salvador Allende. La boucle semblait bouclée…mais la réalité est plus complexe.

Pourquoi aucun responsable national du PS ne se rend sur place cette fois-ci ? C’est que la situation locale est révélatrice de l’état de la social-démocratie mondiale. Ce qui s’y déroule actuellement mérite d’être connu. Avec Pinochet, ce ne fut pas seulement un régime militaire qui dirigea le pays pendant près de 17 ans. Ce fut aussi le laboratoire d’expérimentation pour des économistes ultra libéraux formés à « l’école de Chicago » sous la houlette du prix Nobel Milton Friedman.
 
Une véritable « contre révolution » s’est alors engagée, appliquant avec brutalité les dogmes de M. Friedman que l’on peut résumer ainsi : privatisation, dérèglementation, politiques monétaristes  et réduction des dépenses sociales. Avec l’accord des militaires, les « Chicago boys » prirent les rênes de l’économie.

En 1989, lors du retour de la « démocratie », leur bilan était sans appel : 45 % des Chiliens vivaient sous le seuil de pauvreté et les 10 % les plus riches avaient vu leur fortune augmenter de 83 %.
Le paradoxe terrible est que même 20 ans après le rétablissement des libertés publiques et l’élection discontinue de quatre Présidents issue de la Concertacion - alliance des Démocrates Chrétiens et des socialistes - la situation économique du pays n’a guère changé.

Pire, à présent, les 20 % des Chiliens les plus aisés possèdent près de 70 % de la richesse nationale, et les 20 % les plus pauvres n’en partagent que 3 %. L’ONU estime ce pays à la 12e place des plus inégalitaires de la planète. Triste record. D’autant qu’il a connu, durant les années 90, une croissance phénoménale de plus de 8 % chaque année. Ainsi, des fortunes privées colossales se sont bâties.

C’est dans ce contexte que se déroule la prochaine élection présidentielle. Au sein du PS chilien, beaucoup de voix ont réclamé une rupture avec ces politiques libérales. Elles pensaient qu’il était temps de rompre avec la Concertacion et d’engager une réelle politique de répartition des richesses accompagnée de la mise en place d’une nouvelle Constitution. Cette dernière, totalement anti démocratique, a été rédigée par Pinochet et bloque la possibilité de toute politique sociale d’Etat. 

La démission de la sociale-démocratie

Ces voix n’ont pas été entendues. Le PS chilien a même décidé de ne pas présenter un candidat socialiste à l’élection présidentielle et de soutenir dès le premier tour le responsable de la Démocratie Chrétienne (DC) - le parti du néolibéralisme -, Eduardo Frei, déjà Président de 1990 à 1994. Le secrétaire général du PS a même déclaré récemment que la DC et le PS pourrait prochainement devenir un « Parti unique ».

Refusant cette dérive du PS vers le centre droit qui nous rappelle celle actuellement à l’œuvre en Europe et ce sabordage, de nombreux dirigeants historiques du PS ont claqué la porte. C’est le cas de Jorge Arrate, ancien Président du PS, qui est devenu le candidat d’un large « Front de gauche », Juntos Podemos. Celui-ci regroupe une dizaine de formations dont le Parti communiste. Parmi ses propositions, on trouvera une augmentation des salaires de 10 % par année, la mise en place d’un authentique salaire minimum, un réel investissement pour l’école publique, une réforme fiscale… et aussi, détail important, l’élection d’une Assemblée constituante.

Dans le même temps, un jeune député socialiste, Marco Enriquez-Ominami (MEO), se présentera également en dehors de l’accord PS/DC. Il est le fils de Miguel Enriquez, dirigeant  du MIR assassiné en 1974. A gauche sur des questions sociétales, M. Enriquez-Ominami ne met pas au cœur de sa campagne les profondes réformes nécessaires pour lutter contre les injustices et les inégalités sociales qui minent le pays. Très soutenu par la grande majorité de la presse pourtant très réactionnaire, il tranche avec les autres candidats par sa jeunesse et sa campagne « marketing », inspiré de Jacques Séguéla dont il fut l’élève. Mais, il regroupe autour de lui des gens de gauche et de droite. Exemple significatif, le responsable de son projet économique est Paul Fontaine, un patron formé à « l’école de Chicago » qui, à propos de la dictature, « reconnait l’œuvre économique des militaires mais condamne les violations des droits de l’homme ». Au second tour, si MEO n’était pas présent, Fontaine votera pour le candidat de droite. Ce personnage incarne assez clairement toutes les ambiguïtés des nombreux soutiens de cette candidature « attrape-tout ».

Enfin, on trouve, comme quatrième candidat, Sebastian Pinera. Il est le candidat de toute la droite, cette fois ci rassemblée. M. Pinera est un milliardaire qui s’est enrichi sous la dictature, et dont le frère, José Pinera, était ministre de l’économie d’Augusto Pinochet.
Les politiques menées par la Concertacion depuis 20 ans et la confusion idéologique dans laquelle le PS a maintenu le pays ont créé les conditions propices à la possibilité d’une victoire de la droite. Pour l’heure, tous les instituts de sondages mettent M.Pinera nettement en tête au premier tour, et gagnant dans tous les cas de figure au second.

Qui aurait pu croire qu’au pays de Salvador Allende, 36 ans après sa mort, un héritier politique de Pinochet soit en situation d’être élu «démocratiquement» à la présidence ? C’est pourtant une possibilité dont la responsabilité repose en grande partie sur le PS chilien qui s’est totalement converti au néolibéralisme et a favorisé en cela le développement d’une grande abstention populaire.

Dans ce désastre général, seule la candidature de Jorge Arrate fait entendre des propositions pour une authentique politique de gauche. Elle remobilise un électorat qui n’en pouvait plus. C’est pourquoi en France, plusieurs partis politiques dont le Parti communiste et le Parti de Gauche la soutienne. Ne laissons pas Allende se faire assassiner une nouvelle fois.
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