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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube.
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Gauche Républicaine & Socialiste

17 novembre 2011 4 17 /11 /novembre /2011 07:57

Rappelons-nous de l'état dans lequel était le Parti Socialiste au lendemain du congrès de Reims et des 11 ans de premier secrétariat de François Hollande.

Deux élections présidentielles perdues face à un président et/ou une majorité sortante impopulaires ; un parti dépourvu de projet, replié sur lui-même et dans les collectivités territoriales qu'il "détenait", incapable de parler à la société, aux syndicats, aux intellectuels, aux universitaires, aux associations ; un parti coupé de tous ses partenaires habituels, écologistes, radicaux et communistes ; un parti qui ne fonctionnait plus que sur le mode de conflits entre personnalités plus ou moins compétentes ou plus ou moins médiocres ; un parti qui se satisfaisait de la "cohabitation territoriale" (le mot est de François Hollande), suffisamment heureux qu'il était de gagner les élections intermédiaires...

Le déroulement du congrès de Reims fut l'acmée de cette lente et délétère dérive. Ségolène Royal, symbole de la transformation du PS en un mix de club d'élus locaux et de club de supporters, était à deux doigts de devenir Première secrétaire du PS ; le parti subissait la scission, même restreinte, d'une partie des amis de Jean-Luc Mélenchon, de Marc Dolez et d'Utopia, partis fonder le Parti de Gauche ; le congrès était incapable d'accoucher sur un texte final majoritaire, dont le PS n'avait pas d'orientation politique ; le duel de second tour entre Martine Aubry et Ségolène Royal se soldait par la victoire de la première, séparée de la seconde par une petite centaine de voix, avec des accusations croisées de fraudes électorales.

La machine ne pouvait qu'être difficile à remettre en marche. Martine Aubry avait fait adopter un petit viatique pour structurer une majorité interne autour de la motion D (Aubry, Fabius, Cambadélis), de la motion C (Hamon, Emmanuelli) et d'une partie de la motion A (Delanoë). Un secrétariat national de combat était mis en place. Mais nous avons continué à payer 11 ans d'immobilisme et le congrès de Reims jusqu'aux élections européennes de juin 2009 qui furent une cinglante défaite pour le PS.

La direction du PS autour de Martine Aubry releva le gant et amorça un long travail de reconstruction :

  • reconstruction d'une orientation politique avec plusieurs conventions thématiques offensives ;
  • reconstruction d'une relation intense avec la société civile et les intellectuels pour approfondir notre réflexion et asseoir nos propositions ;
  • reconstruction d'une relation de travail, sinon de confiance, avec nos partenaires politiques (écologistes, radicaux, citoyens, communistes) ;
  • mise en oeuvre d'un chantier de rénovation profonde de nos pratiques politiques...

En juin 2011, le projet socialiste était adopté à l'unanimité du conseil national du PS (même si certains autour de l'actuel candidat socialiste camouflaient déjà leurs récrimininations) ; le mode de désignation du candidat socialiste était sur les rails ; la stratégie politique du PS était limpide, fondée sur le rassemblement de la gauche (avec en priorité Europe-Ecologie/Les Verts - EELV).

Les primaires citoyennes ont entre temps eu lieu. Elles ont été un succès populaire réel puisque près de 3 millions de concitoyens sont venus voter pour désigner le candidat socialiste et radical de gauche. François Hollande est sorti vainqueur de cette primaire face à Martine Aubry, il est légitime pour conduire les socialistes à l'élection et tous désormais espèrent que la gauche dans son ensemble se montrera capable de mettre à la retraite Nicolas Sarkozy.

* * *

AubryDuflotC'est pourquoi le spectacle donné à gauche depuis deux jours est profondément affligeant. Alors que le Parti Socialiste avait remonté son handicap dans l'opinion, et notamment à nouveau convaincu de la force de ses principes et de ses convictions, les multiples contradictions autour de l'accord qu'il a signé avec EELV entâchent terriblement son image.

  1. alors que la France fait face avec l'Europe à une grave crise financière, économique et sociale - ce qui est finalement une crise de système - le candidat socialiste et ses premiers partisans n'ont trouvé rien de mieux pour démontrer leur "fermeté" (histoire de compenser la mollesse supposée de François Hollande) que d'être d'une intransigeance radicale avec EELV, quand il faudrait être intransigeant avec les dérives actuelles des acteurs financiers et face à la droite. Nous avons donné l'impression de ne pas vouloir de rassemblement à gauche et donné corps à l'idée qu'une partie des socialistes envisageaient à nouveau un accord politique avec le centre en rechange ;
  2. alors que François Hollande avait pour tâche de rassembler la gauche, il a fallu que, mardi 15 novembre, Martine Aubry, redevenue Première secrétaire du PS, vienne conclure elle-même l'accord avec Cécile Duflot, secrétaire nationale d'EELV, qu'avait mis dans l'impasse Michel Sapin et les amis du candidat ;
  3. alors que l'accord est signé par les deux responsables en chef des partis concernés, lors du bureau national du Parti socialiste du mardi 15 novembre en fin de journée, les amis de François Hollande retirent du texte signé les éléments concernant l'arrêt du retraitement du MOX à La Hague, déchet nucléaire extrêmement dangereux. On apprendra plus tard qu'AREVA ou EDF seraient intervenus auprès de certains responsables du PS ;
  4. alors que tous (ou presque) les socialistes disaient s'accorder sur la nécessité d'un accord de rassemblement de la gauche et d'un contrat de gouvernement (stratégie revendiquée dans les textes du PS), les élus parisiens - au premier rang desquels Anne Hidalgo et Bertrand Delanoë - dénoncent la réservation de circonscriptions parisiennes gagnables pour les écologistes et s'en prennent avec une rare violence verbale à la Première Secrétaire du PS.

Ces évènements déplorables, accumulés en 48 heures, avec en dernier rebondissement le rétablissement du paragraphe sur le MOX dans le texte de l'accord, sous la condition d'un "plan de reconversion [...] permettant de maintenir le nombre d'emplois", posent de nombreuses questions.

Militants socialistes comme militants des organisations partenaires, nous sommes tous désormais confrontés à l'incertitude sur l'actualité ou la caducité du projet socialiste adopté définitivement en juin 2011 : depuis la désignation de François Hollande comme candidat du PS et du PRG, ses amis n'ont eu de cesse de remettre en cause les principales orientations politiques de ce projet, en premier lieu sur la stratégie économique, la stratégie européenne et la transformation écologique de l'économie française. Négocier avec les socialistes devient pour tout le monde un exercice d'une rare insécurité puisque plus personne ne connaît la référence programmatique valable.

Depuis la désignation de François Hollande comme candidat du PS et du PRG, nombre de ses amis ont décidé que c'était désormais eux qui faisaient la pluie et le beau temps dans la vie du parti au mépris des instances du PS et des règles de fonctionnement de celui-ci. D'aucuns réclamaient donc une modification de la composition du secrétariat national du PS ou la tête du porte-parole Benoît Hamon, affichant ainsi devant l'opinion publique la défiance qu'ils avaient vis-à-vis du PS. C'était tout simplement nier les principes de loyauté et de responsabilité qui habitent les dirigeants du PS, quelle que soit leur responsabilité. Ici ou là, ils ont multiplié - et multiplient toujours - les pressions pour favoriser la désignation de candidats inféodés pour les élections législatives, alors que c'est aux militants du PS de désigner démocratiquement leurs candidats aux législatives. Il faut donc croire que pour quelques uns des amis de François Hollande les 9 & 16 octobre derniers, ce n'était pas les primaires citoyennes mais un congrès du PS qui se déroulait.

Pire que cela, nous pouvons tous avoir une interrogation morale ! Martine Aubry, première secrétaire du PS, a conclu les négociations et signé avec Cécile Duflot, secrétaire nationale d'Europe-Ecologie/Les Verts un accord politique ; c'est un engagement fort au nom de tous les socialistes. La Realpolitik veut que l'on puisse douter dans le moyen ou long terme de la fermeté de certains engagements, face à la "dure réalité" de l'exercice du pouvoir, mais là un seuil navrant a été franchi : la valeur de cette signature n'a pas tenu 12 heures avant que les proches du candidat modifient dans le dos de tous le texte qui avait été signé ; par la même, ils salissaient le PS et sa première secrétaire, ils insultaient tous les socialistes et leur sens des valeurs et de l'honnêteté en politique.

Enfin, les grands élus locaux socialistes démontrent une nouvelle fois qu'ils n'ont cure de l'enjeu majeur du changement de majorité. A Lyon comme à Paris, leur préoccupation essentielle consiste au contexte de préparation des élections locales et non au condition du changement en France et en Europe.

Comment !? Cécile Duflot, candidate dans la 6e circonscription à Paris ?! Des écologistes dans des circonscriptions de gauche à Lyon ?! Mais c'est une attaque directe contre les municipalités socialistes ?!?

Nous avons toujours voulu un contrat de gouvernement avec les écologistes. Un contrat de gouvernement s'accompagne d'un accord électoral avec les écologistes, un accord électoral qui leur garantisse un groupe parlementaire alors que le mode de scrutin actuel ne le permettrait pas naturellement car il est insuffisamment démocratique selon nos propres canons socialistes. Il était évident que des circonscriptions anciennement socialiste, ou dans tous les cas très favorables à la gauche, seraient réservées pour nos partenaires ; sinon c'était mentir à EELV c'était mentir devant l'opinion publique. Il était évident que des territoires symboliques pour la gauche ferait l'objet de cet accord électoral. Il faut donc assumer pleinement celui-ci et cesser de donner à penser que les élus socialistes ne seraient rien d'autres que des barons, d'un parti qui n'auraient plus de socialiste que le nom.

Nous n'avons pas travaillé autour de la Première Secrétaire dans la direction nationale et dans les directions départementales du PS pour voir dilapider ce travail et ces acquis précieux, au premier rang desquels se trouvent la restauration d'une image positive et progressiste du Parti Socialiste. Il est temps que tous reprennent le sens des responsabilités ; les dirigeants socialistes portent la responsabilité majeure de conduire toute la gauche à la victoire en mai et en juin 2012. Ils ne doivent pas décevoir. Cela suffit de perdre des élections imperdables, il est temps de changer la France, de changer la République et de changer l'Europe.

Frédéric Faravel
Secrétaire fédéral aux relations extérieures pour le Parti socialiste du Val-d'Oise

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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 07:59

liberte-de-la-presse1.jpgEn 2005, lors de l'affaire des caricatures de Mahomet, l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo avait fait sensation en publiant en couverture une excellente caricature de Cabu mettant en scène un Mahomet déprimé, la tête dans ses mains, se plaignant : "c'est dur d'être aimé par des cons" (évidemment par cons il faut entendre les intégristes qui disent l'aimer comme prophètes, pas l'ensemble des musulmans).

Au lendemain de l'attentat dont ses locaux ont été victimes, l'équipe rédactionnelle de Charlie Hebdo doit se dire à peu près la même chose. L'incendie des locaux du journal est une violation, une attaque évidente contre le principe de la liberté de la presse et il est naturel que l'hebdomadaire reçoive le soutien des démocrates, quelles que soient l'avis que l'on puisse porter sur la qualité du journal (pour ma part, je n'ai pas cédé à caricature de me précipiter pour acheter un Charia Hebdo - pas forcément de très bon goût, mais après tout il paraît que c'est ça la libre-pensée ; si France Soir, qui est un mauvais quotidien, était attaqué, je défendrai sa liberté, mais je n'irai pas plus l'acheter).

Personne ne s'étonne que la gauche radicale, la gauche parlementaire ou la droite républicaine apportent donc leur soutien à un journal devenu le symbole de la liberté de la presse. Mais on est plus sceptique devant le soutien apporté par une Marine Le Pen, en visite sur le Capitole, ou par Claude Guéant qui en a profité pour présenter quelques amalgames.

Concernant Marine Le Pen, les ficelles de la manipulation et de l'instrumentalisation sont extrêmement visibles : la nouvelle madonne de l'extrême droite française a depuis longtemps maquillé son discours anti-immigrés et anti-musulmans sous un vernis de pseudo-défense de la laïcité. Dénoncer l'intégrisme musulman équivaut pour elle à dénoncer l'Islam, défendre "l'identité française", celle qui ne saurait tolérer selon elle les prénoms arabes, berbères, turcs ou africains dans l'Etat-civil républicain.

Avec Claude Guéant, c'est évidemment plus insidieux. Le rôle du ministre de l'intérieur est évidemment de défendre les citoyens contre la violence illégitime, de défendre les principes républicains contre les atteintes dont ils sont victimes. Mais le ministre de l'intérieur sait comme toujours salir la République par des additions discursives dont il a le secret. Hier donc, nous avons appris que Charlie Hebdo était victime d'un attentat (allez on accordera au ministre de l'intérieur que c'est probable, même si l'enquête n'a rien dit encore...) ; interrogé pour savoir s'il était "difficile de critiquer la religion en France aujourd'hui" alors que des catholiques intégristes manifestent depuis plusieurs jours devant le Théâtre de la Ville où se joue la pièce Sur le concept du visage du fils de Dieu, Claude Guéant a souligné que ceux-ci "protestent, expriment aussi une opinion, ils ne brûlent pas".

La belle affaire donc... Claude Guéant vient d'un coup de tordre le coup à l'hypothèse d'un complot d'extrême droite qui ferait croire que des méchants musulmans auraient attaqué Charlie pour retourner la colère populaire contre les musulmans et attirer vers l'extrême droite les électeurs (pourtant ça s'est déjà vu des coups tordus). Et en même temps, le ministre de l'intérieur nous explique donc qu'il y a des gentils intégristes qui "ne brûlent pas", alors que vraissemblablement des méchants intégristes existent et qu'ils sont eux assurément islamistes. CQFD.

Notons par ailleurs que depuis hier matin, il est déjà indiqué, sans même que l'enquête ait eu lieu, que l'attentat dont a été victime Charlie Hebdo serait le fait d'islamistes. C'est possible, il est évident que le site de Charlie Hebdo a été victime de hackers islamistes, de même que sa page Facebook, pour l'attentat on verra.

Enfin, rappelons que les gentils intégristes catholiques ont obtenu la paroisse de Saint-Nicolas-du-Chardonnet par une action violente d'occupation contre les autorités officielles de l'Eglise Romaine. Rappelons surtout que les gentils intégristes catholiques avaient mis le feu dans la nuit du 22 au 23 octobre 1988, au cinéma Espace Saint-Michel à Paris, qui diffusait l'excellent film La dernière tentation du Christ de Martin Scorcese. Claude Guéant doit se dire que les gentils intégristes catholiques ont changé et que le seul mal qu'ils feraient aujourd'hui serait de faire de la publicité à une mauvaise pièce de théâtre.

Frédéric Faravel
Secrétaire fédéral aux relations extérieures du Parti Socialiste du Val-d'Oise

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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 08:09

EUSE.jpgLe Premier Ministre grec, Georges Papandréou, a annoncé "par surprise" lundi soir sa décision de soumettre à référendum l'accord sur l'aide de l'Union Européenne et du FMI à la Grèce. Depuis la nuit de lundi à mardi, tout ce que l'Europe et l'Occident compte de bonnes âmes néo-libérales hurlent à la trahison. Les bourses européennes s'effondrent (mais pas qu'elles puisque Tokyo a ouvert en baisse de plus de 2%) ; les taux d'intérêt de la dette italienne dépasseraient désormais les 6% ce qui devriendrait insoutenable ; Nicolas Sarkozy et Angela Merkel annoncent à mot couvert que de la seule faute de Georges Papandréou la zone euro serait dangereusement atteinte et que les prêts consentis précédemment à la Grèce et qui devaient être versés dans les prochains jours pourraient être suspendus.

Rappelons tout de même que la "catastrophe", déclenchée par celui que Mme Parisot a eu le bon goût de qualifier d'"anormal" et de "pas loyal", était déjà en cours avant l'annonce du Premier Ministre grec. Les bourses avaient recommencé à flancher, les taux d'intérêt de la dette italienne s'étaient déjà emballés, la zone euro était déjà en danger et souffrait d'un grave défaut de gouvernance. Par contre, il faudra rappeler à Mme Merkel et M. Sarkozy que les gouvernements (sauf à se considérer comme monarque de droit divin) sont l'émanation des peuples et qu'ils négocient en leur nom. Il est donc logique qu'à un moment on leur rende des comptes. Aussi, le chantage merkozien sur la délivrance des fonds décidés lors de l'accord de juillet 2011 parce que le gouvernement grec soumettrait au peuple l'accord de fin octobre est particulièrement indécent. Si quelqu'un rompt le contrat en l'occurrence, il s'agit bien du Président français et de la Chancelière allemande, pas du Premier Ministre grec.

A ce stade, il convient de préciser que je ne suis pas un profond défenseur du référendum, même affublé du qualificatif d'initiative populaire. Cette procédure est nécessaire quand il s'agit d'adopter une constitution mais elle est extrêmement réductrice voire populiste pour régler les affaires gouvernementales.

Toujours est-il qu'il est bon de rappeler la situation dans laquelle se trouvait le Premier Ministre grec, par ailleurs Président de l'Internationale Socialiste. M. Papandréou est arrivé aux affaires avec le PASOK après la débâcle du parti de la droite conservatrice "Nouvelle Démocratie" en 2009. L'économie battait de l'aile du fait de la défaillance de la droite et les socialistes grecs arrivaient aux affaires avec un programme de relance de gauche (pour ceux qui étaient à La Rochelle cet été et qui ont eu la chance de participer à l'atelier sur la crise européenne et d'entendre le tableau brossé par un professeur de l'université d'Athènes, ancien eurodéputé du PASOK, ils peuvent passer au paragraphe suivant). C'est lors de la mise en oeuvre de ce programme que le gouvernement Papandréou a découvert la situation réelle du pays : le gouvernement "Nouvelle Démocratie" avait maquillé les finances grecques avec la complicité de Goldman-Sachs et l'aveuglement bienveillant et volontaire de la Commission européenne de José Durao Barroso.

S'en suivit une longue descente aux enfers des socialistes grecs, contraints par les marchés et leurs généreux partenaires gouvernementaux européens d'appliquer des plans d'austérité qu'ils n'avaient pas choisis et qu'ils auraient même combattus s'ils avaient été en campagne électorale, sous peine de de ne pas être soutenus. Vive la solidarité européenne ! Quant à la nécessité d'effacer une partie de la dette grecque, les gouvernements européens s'y sont refusés réellement jusque fin octobre. Evidemment les effets des politiques d'austérité ont eu le résultat prévisible : l'économie grecque s'est effondrée, le gouvernement s'est trouvé de moins en moins en capacité de rembourser ses emprunts, la situation sociale s'aggravant et provoquant des troubles publics presque insurrectionnels. La réponse des Européens bien que lente a toujours été constante : "il faut plus d'austérité"... Une fois le malade mort en effet, il y a fort à parier qu'il ne soit plus malade.

Les députés socialistes grecs se faisaient insulter dans la rue ; le président de la République grecque a dû fuir les célébrations de la fête nationale à Salonique récemment. Mais quelle serait l'alternative au PASOK ? La "Nouvelle Démocratie", alliée de Sarkozy, Merkel, Barroso et Cameron, qui a maquillé les comptes, et qui annoncent qu'elle dénoncera tous les accords financiers si elle revenait au pouvoir ? Les communistes grecs, staliniens rétrogrades, et l'extrême gauche protestataire (des anarchistes violents aux trotskystes et au maoïstes) qui ont trouvé dans le rejet populaire, exercé dans les grèves générales, un succédané bien commode à leur absence de projet politique ? L'extrême droite nostalgique des "Colonels" ou l'Eglise Orthodoxe ? L'état de déconfiture de la scène politique grecque était telle qu'aucun gouvernement et aucune majorité n'avait plus les moyens de faire appliquer quoi que ce soit, tant les uns comme les autres sont décrédibilisés. Le Référendum sur le nouveau plan d'austérité imposé par les droites européens, et dont le rejet est plus que probable, est sans doute le dernier moyen de remettre les pendules à zéro et de forcer l'Union Européenne (peuples et gouvernements) à se poser les bonnes questions.

Il est évident que les peuples européens ne veulent pas endurer, sauf à risquer une explosion sociale, les recettes libérales indigestes que les gouvernements conservateurs proposent. D'aucuns peuvent considérer que lorsque le peuple est en désaccord il faut changer ou dissoudre le peuple (certains donnaient dernièrement dans Médiapart cette caractéristique à un responsable français qui s'imagine déjà Premier Ministre en mai 2012).

L'Europe ne sortira pas de la crise si on ne transforme pas profondément le système comme l'expliquait Martine Aubry et certains de ses soutiens pendant la campagne des Primaires Citoyennes. Espérons qu'à gauche ce message soit entendu, au moment où M. Cahuzac a expliqué que le programme socialiste était caduque. Le peuple français a droit à une alternative : cette alternative est inscrite dans le projet socialiste, elle doit être appliquée grâce à une profonde transformation économique française et européenne. Les Européens ont droit à une alternative, celle-ci est inscrite dans les projets du Parti Socialiste Européen, adoptés depuis 18 mois sous la houlette de Poul Nyrup Rassmussen et de Martine Aubry, et qui auraient évité bien des tourments aux socialistes grecs et à Georges Papandréou.

Frédéric Faravel
Secrétaire fédéral aux relations extérieures du Parti Socialiste du Val-d'Oise

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25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 07:05

manif-tunisie-elections-241011-7.jpgLe parti islamiste Ennahda est en passe d'obtenir un score de 30 à 40  % pour les élections à l'assemblée constituante qui doivent donner un nouveau cadre politique à la Tunisie issue de la Révolution de Jasmin. La Presse internationale a énormément contribué à édulcorer l'image d'Ennahda comparant ce parti à l'AKP turc. Ce n'est pas la presse internationale qui a fait voter les Tunisiens ; les classes populaires ont souvent tendance en période de trouble à se réfugier dans des solutions conservatrices et parfois réactionnaires, d'autant que les forces progressistes populaires sont intrinsèquement faibles.

La Tunisie de 2011 est dans l'état de la France en 1871.

La République n'est pas une évidence et les forces de la réaction sont puissantes ; les "paysans" français de 1871 sont les prédécesseurs des classes populaires sous-employées de la Tunisie profonde, qui sort comme la France post-impériale de la soumission à une dictature proto-fasciste. La seule chance de la Tunisie est que personne ne peut faire peur à la population en dénigrant une quelconque "Commune de Paris" à la manière tunisienne.

L'avenir de la Tunisie dépend maintenant de l'attitude des partis laïcs. Le Congrès pour la République (CPR) de Moncef Marzouki (gauche nationaliste) pourrait obtenir 15 à 16% ; Ettakatol - Front Démocratique pour le Travail et les Libertés (FDTL), parti membre consultatif de l'Internationale Socialiste - atteindrait 15 % (certains de nos camarades du PS français étaient candidats pour Ettakatol dans la diaspora franco-tunisienne). Le Parti démocratique progressiste (centre gauche) fait cependant les frais de son histoire de parti de l'opposition officielle face au RCD de Ben Ali. Plusieurs petits partis laïcs se partagent les miettes même si quelques voix pro-islamistes viendront renforcer Ennahda issues d'une liste manipulée par un homme d'affaires américano-tunisiens.

Les partis républicains en France ont mis quelques années à opposer un front commun contre les monarchistes qui étaient majoritaires au Parlement français au lendemain de la chute du Second Empire. Mais la chance des républicains français étaient la division de la Réaction en France entre monarchistes "Légitimistes" et "Orléanistes" et Bonapartistes. La Tunisie n'a pas cette chance : Ennahda est uni. En France, les républicains modérés ne soutenaient pas les différents monarchistes, mais aujourd'hui Marzouki négocie déjà avec Ennahda et nos camarades d'Ettakatol pourraient avec le Parti ouvrier et communiste tunisien de Hama Hammami renforcer une coalition autour des islamistes chargée de rédiger la constitution.

Les partis laïcs doivent faire bloc. Il n'est pas aujourd'hui question de mettre en oeuvre un programme politique mais de rédiger une constitution républicaine et démocratique qui ne peut être pleine si les islamistes la rédigent. Si le CPR et le FDTL s'allient avec les islamistes, ils seront les fossoyeurs de la Révolution de Jasmin. En tout état de cause, les partis socialistes européens devraient demander à l'IS de mettre en suspend le statut d'Ettakatol.

Frédéric Faravel
Secrétaire fédéral aux relations extérieures du Parti Socialistes du Val-d'Oise

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20 octobre 2011 4 20 /10 /octobre /2011 10:18

François Hollande a été largement et sans contestation possible désigné candidat des socialistes et des radicaux de gauche pour l'élection présidentielle d'avril et mai 2012 lors des Primaires Citoyennes des 9 & 16 octobre 2011. Le président du Conseil général de la Corrèze n'aura pas de mal à mettre dans la posture du candidat à la magistrature suprême, tant on le sait (et le voit) habité par l'assurance qu'il a de son destin présidentiel.

Mais avant d'incarner la Présidence de la République, le rassemblement du peuple français, il va lui falloir être le candidat du peuple de gauche, donc du rassemblement de la gauche. Or il n'y a pas forcément une évidence naturelle dans cette affirmation. François Hollande peut légitimement se prévaloir de l'onction des Primaires Citoyennes qui ont vu près de 3 millions de Français se déplacer pour le 9 et/ou le 16 octobre. C'est un atout considérable que personne ne peut nier ou négliger, d'autant que si d'aucuns pourront affirmer que des électeurs de droite se seraient glissés dans le scrutin, leur nombre est à ce point marginal qu'ils n'auraient pu en pervertir la portée et la signification.

Le rassemblement de la gauche est cependant plus problématique. Eva Joly et Jean-Luc Mélenchon doivent se satisfaire de l'image plus centriste de François Hollande, qui leur libère un espace politique qui aurait été en partie préempté par Martine Aubry si celle-ci avait été la candidate du PS et du PRG. Au-delà de cette question tactique, on sait que nombre de responsables écologistes considéraient Martine Aubry comme plus écolo-compatible que François Hollande, du fait de son engagement pour la transformation écologique de l'industrie française et pour la sortie du nucléaire. Le seul point qui péchait entre EELV et Martine Aubry était le dossier de l'Aéroport breton de Notre-Dame-des-Landes entre Rennes et Nantes, dossier que le PS considère comme régional et ne veut pas voir devenir un casus belli pour un contrat de gouvernement. André Vallini aura d'autre part jeté un trouble avec nos amis écologistes en expliquant à la presse (propos enregistrés et diffusés sur France Inter le jeudi 20 octobre 2011 au matin) que rien n'était figé avec les écologistes et que si des promesses leur avaient été faites, c'était "aux proches de Martine Aubry de s'expliquer". En l'occurence, les "proches de Martine Aubry" sont ceux qui avaient légitimement la tâche de négocier avec nos partenaires politiques car secrétaires nationaux du Parti. On sait par ailleurs que Jean-Luc Mélenchon qualifie régulièrement le candidat socialiste de "grand bol d'eau tiède" avec la verve qu'on lui connaît, ce qui - outre le caractère désobligeant de la comparaison - traduit la radicalisation relative du candidat du Front de Gauche, et répond à la radicalisation non moins réelle d'une partie de son électorat.

Bref, rassembler la gauche ne sera pas le moindre des défis, surtout si la presse continue de distiller l'idée que l'entourage du candidat Hollande serait en train de négocier avec Corinne Lepage d'une part et le MODEM d'autre part.

Je ne résiste pas à ce stade de l'article à vous joindre les liens pour deux excellents articles de Médiapart consécutifs au 2nd tour des primaires citoyennes :

Toutes ces questions abordées doivent en ouvrir quelques unes plus larges et de moyen et long termes. C'est le secrétariat national autour de Martine Aubry qui a, en y associant les militants, les chercheurs, les intellectuels, la société civile, élaboré le projet socialiste. Il est capital que des signes clairs soient adressés aux socialistes et au peuple de gauche pour montrer que sur ce projet aussi Martine Aubry saura rappeler à François Hollande qu'il est engagé, malgré les récriminations d'une partie de son équipe.

D'autre part, l'un des apports du Premier Secrétariat Aubry a été non seulement de reconnecter avec le PSE mais aussi de faire évoluer ses positions et les positions des partis membres au même moment où nombre de ceux-ci comprenaient qu'il était temps d'évoluer et d'abandonner les veilles lunes sociales-libérales (SAP suédois, SPD allemand, SD danois). Pour soutenir cette vision, on rappellera la déclaration commune PS-SPD, les propositions pour sortir de la crise du PSE et l'intégration de la notion de "Juste échange" dans celles-ci.

François Hollande devra démontrer qu'il n'y a pas sur ces sujets de retour en arrière alors qu'il a pu laisser penser que ces propositions économiques et budgétaires étaient plus marquées par une influence sociale-libérale et une stratégie économique d'austérité, un programme sur lequel tous les partis sociaux-démocrates européens ont perdu les élections depuis 8 ans...

Frédéric Faravel
Secrétaire fédéral du PS Val-d'Oise en charge des relations extérieures

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17 octobre 2011 1 17 /10 /octobre /2011 07:11

Les primaires citoyennes ont débouché sur un résultat clair et incontestable. 56% pour François Hollande, et un peu plus de 43% pour Martine Aubry. La Première Secrétaire qui avait mené une campagne de convictions va retrouver la direction de la Rue de Solférino et aura pour tâche de conduire les socialistes dans le combat présidentiel derrière le candidat des socialistes et des radicaux de gauche, François Hollande.

Je ne cacherai pas que je suis déçu et même amer. Celle qui a accouché du projet socialiste, qui a relevé le PS et l'a remis au travail pendant 3 ans, celle qui a permis l'exercice des Primaires Citoyennes, en ait la perdante. Les Français de gauche ont tranché, il n'y aura donc pas d'alternative. Cependant, il faut noter que le nouveau candidat socialiste avait bénéficié d'un traitement médiatique particulièrement bienveillant (invention du "pacte de Marrakech", campagne sur la "candidate par défaut", instrumentalisation de sondage sur les primaires alors que seuls auraient dû compter les intentions de vote pour les présidentielles, relais complaisant des "agressions" aubrystes, silence tout autant complaisant sur les propos de Vincent Peillon ou François Rebsamen particulièrement odieux à l'attention de Martine Aubry et de ses soutiens : "label Marine Le Pen", "fascistes", etc.). Il y aura sûrement des enseignements à tirer de cette campagne, le camp de la Maire de Lille a sûrement commis des erreurs : ne pas suffisamment jouer sur les médias, préférer une campagne de réseaux plutôt qu'une campagne grand public, ne pas réellement chercher à organiser une primaire de toute la gauche alors que les militants avaient plébiscité cette option... En fait, nous avons sûrement tous douté que les primaires mobilisent autant de gens : on ne fait pas campagne en direction d'un million d'électeurs ou de trois.

Les Français de gauche ont donc suivi ce qui leur a été dit et ce qu'ils ont entendus : François Hollande doit gagner parce qu'il va gagner. Passons à autre chose, dirons-nous, mais encore quelques mots tout de même avant de sacrifier à l'union et au rassemblement.

Les Français attendent beaucoup de la gauche. Oui évidemment, ce qui transparaît le plus fortement c'est une envie de se débarrasser de Nicolas Sarkozy qui a cassé la France et la République. Mais les Français veulent plus : ils ont été meurtris fortement ces dix dernières années, plus encore sous Nicolas Sarkozy. Il va falloir réparer les dégâts et pas simplement changer de président. Près de 3 millions de Français ont voté, cette attente est fortement démontré, si jamais nous créions une déception, ce serait déflagrateur.

Or ce n'est pas en promettant peu ou en promettant du sang et des larmes que l'on ne crée pas d'illusions qui feraient naître les désillusions. Virer Sarkozy, réparer la République sociale, voici ce que les Français attendent d'un président de gauche et si on ne s'attaque qu'à la dette par l'Austérité, les désillusions seront au rendez-vous.

Les candidats d'Europe-Ecologie/Les Verts ou du Front de Gauche voient dès lors se dégager un nouvel espace politique, qui aurait été en partie préempté par Martine Aubry. Et le rassemblement de la gauche sera plus difficile à faire quand la sortie du nucléaire n'est plus au programme (on l'aura compris) et que l'élargissement de la majorité au centre l'est (il faudra élargir "à tous ceux qui ne sont plus de droite mais qui ne savent pas encore s'ils sont de gauche").

Alors pour éviter quelques dégâts, autant rappeler quelques fortement propositions que le candidat Hollande devra reprendre de Martine Aubry :

  • la clarté sur la "règle d'or" budgétaire ;
  • le "Juste échange" ;
  • la transformation de l'Europe pour faire de l'UE une terre d'innovation mais aussi de protection contre le dumping fiscal, social et environnemental ;
  • le retour de la politique industrielle pour relocaliser les entreprises et l'emploi, en engageant la transition écologique et énergétique ;
  • la refondation de l'école publique ;
  • la réforme profonde de la "médecine de ville" et la renaissance de l'hôpital public ;
  • le retour d'une politique salariale offensive ;
  • l'égalité réelle femme-homme ;
  • la rénovation profonde des institutions françaises avec la parité et le non-cumul des mandats pour les parlementaires dès 2012...

Il est nécessaire de rassembler la famille socialiste sur le fond plus encore que dans la forme, nous serons quelques uns à le rappeler pour éviter certains de grimper sur leurs nuages ou pour prévenir certains coupeurs de têtes que la direction du PS n'a pas besoin d'être modifiée pour être responsable et unitaire... d'autant que comme en 2006, les faveurs de la presse se retourneront bientôt.

Frédéric Faravel
Secrétaire fédéral du PS Val-d'Oise aux relations extérieures

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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 07:50

AubryDuflotLes Primaires Citoyennes ne sont pas un congrès socialiste. Les électeurs de gauche qui se sont massivement déplacés le dimanche 9 octobre 2011 n'ont que faire des recettes d'appareil des socialistes. Depuis trois ans, nous avons reconstruits un Parti socialiste en ruine qui était devenu la caricature de lui-même, à force d'user et d'abuser de ces synthèses artificielles et inopérantes. Sans doute une partie du succès des Primaires, ce qui a fait déplacer de 2,6 millions de Français, tient dans la reconnaissance que le PS a su sous la conduite de Martine Aubry reprendre le chemin du vrai débat, de la réflexion, des idées et donc des propositions. Les Français considèrent - sans vouloir nous signer un chèque en blanc - que le Parti socialiste peut aujourd'hui représenter une solution, dans le rassemblement de la gauche, et pas uniquement une force d'alternance ou d'opposition, dont le bulletin est utilisé pour sanctionner le gouvernement de droite lors d'élections locales ou intermédiaires.

Dans sa lettre à Arnaud Montebourg, Martine Aubry ne dit pas autre chose : "Nous avons montré un Parti vivant, nourri par le débat d’idées. La confrontation respectueuse des points de vue est féconde, là où la volonté d’unanimisme à tout prix sur fond de divisions personnelles, qui a trop longtemps prévalu à la tête du PS, stérilise la pensée et appauvrit les projets."

Et c'est la même chose qui doit prévaloir durant ces derniers jours de campagne "électorale", pour éclairer le choix des Français. Je partage là-encore ce que Martine Aubry écrit dans le préambule de sa réponse à Arnaud Montebourg : "Au terme de ces débats, le 1er tour a dégagé une majorité claire et forte pour un changement profond porté par une gauche forte. Les électeurs ont dit leur volonté d’une politique de sortie de crise par l’invention d’un nouveau modèle économique, social et écologique. Ils ne se retrouvent pas dans une politique d’aménagement du système actuel. La volonté de battre le Président sortant est forte mais s’y ajoute une volonté de changer ce système qui a failli, une envie d’espoir, l'envie d’une société plus respectueuse, plus juste, où l’argent ne peut pas tout et où les solidarités sociales, locales et républicaines sont reconstruites. On ne battra pas M. Sarkozy avec du flou, mais avec de la clarté."

L'avantage de la candidate en la matière, c'est qu'elle n'a pas besoin de changer de discours politique pour incarner cette majorité "pour un changement profond porté par une gauche forte". Le travail qu'elle a mené comme Première secrétaire du Parti Socialiste, le projet qu'elle a élaboré et qu'elle a fait adopter à l'unanimité par les instances du PS (alors même que certains candidats à la primaire - Hollande, Valls - le dénigraient mais le votaient), les priorités qu'elle a mises en avant et le ton de sa campagne des Primaires parlent en sa faveur :

  • le refus net et clair de la "règle d'or" budgétaire ;
  • la claire volonté d'une gestion saine des finances publiques mais sans entrer dans une "course à l'échalote" à l'austérité qui nous serait imposée par la droite et dans laquelle est entrée François Hollande ("déficit 0" en 2017) ;
  • la création d'une banque publique investissement et la séparation des banques d'affaires et des banques de dépôts ;
  • le "Juste échange" ;
  • la stratégie de sortie progressive du nucléaire d'ici 20 à 30 ans ;
  • la transformation de l'Europe pour faire de l'UE une terre d'innovation mais aussi de protection contre le dumping fiscal, social et environnemental ;
  • le retour de la politique industrielle pour relocaliser les entreprises et l'emploi, en engageant la transition écologique et énergétique ;
  • la refondation de l'école publique ;
  • la réforme profonde de la "médecine de ville" et la renaissance de l'hôpital public ;
  • le retour d'une politique salariale offensive ;
  • l'égalité réelle femme-homme ;
  • la rénovation profonde des institutions françaises avec la parité et le non-cumul des mandats pour les parlementaires ;
  • etc.

Aussi sa réponse à Arnaud Montebourg n'est pas autre chose que ses propres propositions argumentées. Aux électeurs de Montebourg et de Royal de faire leur choix en conscience, en toute liberté ; aux électeurs de gauche tentés de venir participer au 2nd tour, après que le 1er tour leur a démontré la pertinence de la primaire, d'entendre cette cohérence et cette volonté de la candidate. Je vous propose de la télécharger ici.

Cohérence et volonté qui tranche avec une habileté d'appareil, qu'une fois de plus François Hollande utilise en espérant qu'il emportera les suffrages des Français. L'ancien Premier Secrétaire retente une nouvelle la manoeuvre des synthèses de congrès socialistes. Mais ce ne sont pas des cadres partisans qui sont concernés aujourd'hui, ce sont des électeurs. Et les débats ont pu éclairer les Français sur les multiples changements de pied du candidat corrézien :

  • refuser d'augmenter le budget de l'éducation nationale puis annoncer l'embauche de 60.000 enseignants ;
  • abroger à HADOPI puis peut-être que non ;
  • faire adopter le droit au mariage et à l'adoption pour tous les couples et puis peut-être que non ;
  • refuser le non cumul des mandats et puis dire que finalement on le fera peut-être mais en 2014 ;
  • refuser la "règle d'or" budgétaire de Sarkozy pour annoncer qu'il fera voter la "règle d'or" ;
  • etc.

Hier soir, sur France 2, sans doute le but de convaincre les électeurs d'Arnaud Montebourg, il a expliqué qu'il avait découvert les dégâts de la mondialisation, les défauts de la construction européenne, la nécessité de rénover la République. Mais cela faisait réchauffer à plusieurs titres :

  1. il n'en avait pas parlé jusque là son angle d'attaque étant de démontrer son sérieux financier et budgétaire... Et nous avons bien entendu hier soir qu'il était contre la dette (qui est pour ?), que réduire la dette, appliquer l'austérité c'était retrouver l'indépendance face aux Marchés. Sauf que pour retrouver l'indépendance face aux Marchés, il vaudrait mieux ne pas céder à leurs diktats en mettant en oeuvre les solutions qu'ils exigent ;
  2. il a obtenu les soutiens de nombreux notables locaux socialistes, radicaux et divers gauche en leur promettant que le non cumul pour les parlementaires seraient rediscuté malgré les décisions du PS. C'est ce qu'on entendait encore d'ailleurs le dimanche 9 au soir quand Gérard Collomb, Sénateur-Maire de Lyon, soutien de François Hollande, expliquait qu'il était pour le cumul parce cela permettait de "conserver les fiefs" ;
  3. enfin la solution proposée pour relancer la construction européenne n'a rien de neuf : les coopérations renforcées économiques, politiques, fiscales, sociales écologiques, entre quelques Etats, au sein d'une Union Européenne plus large, font partie des propositions socialistes depuis 1999 !

Le plus gênant dans ce débat est que le candidat à l'investiture socialiste s'est contredit avec un applomb effrayant en direct en affirmant haut et fort qu'il n'avait jamais été favorable à la "règle d'or". Je vous laisse juger de la réalité en consultant ces articles :

Les électeurs de gauche ont désormais l'avenir du pays en main. Il y aura des consignes de vote, elles pourront paraître contradictoires, elles seront parfois fondés sur des réflexes d'appareil avec des candidats qui rejoueront un Congrès du PS.

Aux Français de dire s'ils veulent une Gauche forte et qui ne se contredit pas pour faire face à une situation exceptionnelle. Je pense que Martine Aubry sera avec le soutien de toute la gauche et des écologistes cette Présidente de gauche forte.

Ils peuvent se dire qu'il faut un Président plus ordinaire, qui sous couvert de pragmatisme naviguera à vue mais avec un programme et des propositions qui ont échoué partout en Europe depuis 8 ans. La mise en oeuvre d'une telle politique pourrait alors créer des désillusions dramatiques, au regard de l'état dégradé dans lequel se trouve déjà notre pays. Sarkozy serait pire sans doute, mais puisque nous avons deux candidats pour lesquels les sondages prévoient une capacité identique à battre le Président sortant, autant avoir une Présidente ambitieuse pour notre République et pour l'Europe.

François Hollande a cependant raison sur un point : plus le candidat qui l'emportera le dimanche 16 octobre fera un score important, plus il sortira renforcer pour son combat contre la droite. Alors, que nous soyons Socialistes, Communistes, Ecologistes, Radicaux, Citoyens,  votons massivement pour Martine Aubry dimanche prochain.

Frédéric Faravel
Secrétaire fédéral du Parti Socialiste du Val-d'Oise pour les relations extérieures

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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 07:13

319525_2525056894078_1483063331_32816835_614335710_n.jpgLes Primaires citoyennes initiées par le Parti Socialiste sont un véritable succès. On attendait au maximum 1 million de votants, ce sont plus de 2,5 millions de Français qui se sont pressés dans les bureaux de vote tenus par les militants et sympathisants socialistes.

Oui il s'est passé quelque chose dans le pays, le peuple de gauche a envie de mouvement, le peuple de gauche a envie de changement ; le peuple français veut se débarrasser de Nicolas Sarkozy et plus de deux millions de ses membres ont utilisé les primaires citoyennes pour le dire. Il n'y a qu'à voir les mines dépitées et les explications - soit embarrassées, soit emplies de déni ridicule - des "ténors" de la droite pour le comprendre.

Mais ces primaires citoyennes ont envoyé un autre message, tout aussi fort celui-là, que devrait entendre les professionnels de la politiques et des médias pour qu'ils cessent de faire des erreurs d'analyse sur la gauche française. Le peuple de gauche est venu dire aux dirigeants du Parti Socialiste qu'il ne voulait plus uniquement gérer le système à la marge mais le changer parce qu'il est injuste. Le peuple de gauche est venu nous dire qu'on ne se sauvera pas des marchés en leur obéissant. Le peuple de gauche est venu dire qu'il était temps de se débarrasser du "ça" néo-libéral qui plombe nombre d'élus socialistes.

Au moins sur BFM-TV on aura entendu pour une fois des analyses plus subtiles que d'habitude. Ruth Elkrief a bien dit ce qui est la conséquence du 1er tour pour la semaine qui vient : François Hollande s'il veut l'emporter devra à nouveau infléchir sa ligne politique, alors que Martine Aubry n'a pas besoin de changer son discours et sa stratégie. Voilà qui ne devrait pas gêner l'ancien Premier Secrétaire du PS, il a changé plusieurs fois d'avis dans la campagne :

  • refuser d'augmenter le budget de l'éducation nationale puis annoncer l'embauche de 60.000 enseignants ;
  • abroger à HADOPI puis peut-être que non ;
  • faire adopter le droit au mariage et à l'adoption pour tous les couples et puis peut-être que non ;
  • refuser le non cumul des mandats et puis dire que finalement on le fera peut-être mais en 2014 ;
  • refuser la "règle d'or" budgétaire de Sarkozy pour annoncer qu'il fera voter la "règle d'or" ;
  • etc.

Les amis de François Hollande n'ont plus qu'un seul argument : il serait plus rassembleur et il ferait un meilleur score face à Nicolas Sarkozy. Mais outre le fait que les sondages ne sont pas plus pertinents pour projeter les résultats d'avril et mai prochains qu'ils ne l'étaient pour déterminer le résultat du premier tour de la primaire citoyenne, ces mêmes sondages indiquent des scores assez comparables pour Martine Aubry et François Hollande. Mais ce qui paraît certain c'est Martine Aubry est plus en situation de rassembler la gauche et les écologistes autour d'un contrat de gouvernement.

Alors on nous dit qu'Arnaud Montebourg serait devenu l'arbitre du scrutin avec également Ségolène Royal. Qu'on juge donc quelles sont les propositions de Martine Aubry depuis le début de cette campagne, avec toujours la même cohérence :

  • le refus net et clair de la "règle d'or" budgétaire ;
  • la claire volonté d'une gestion saine des finances publiques mais sans entrer dans une "course à l'échalote" à l'austérité qui nous serait imposée par la droite et dans laquelle est entrée François Hollande ("déficit 0" en 2017) ;
  • la création d'une banque publique investissement et la séparation des banques d'affaires et des banques de dépôts ;
  • le "Juste échange" ;
  • la stratégie de sortie progressive du nucléaire d'ici 20 à 30 ans ;
  • la transformation de l'Europe pour faire de l'UE une terre d'innovation mais aussi de protection contre le dumping fiscal, social et environnemental ;
  • le retour de la politique industrielle pour relocaliser les entreprises et l'emploi, en engageant la transition écologique et énergétique ;
  • la refondation de l'école publique ;
  • la réforme profonde de la "médecine de ville" et la renaissance de l'hôpital public ;
  • le retour d'une politique salariale offensive ;
  • l'égalité réelle femme-homme ;
  • la rénovation profonde des institutions françaises avec la parité et le non-cumul des mandats pour les parlementaires ;
  • etc.

AubryDuflotAux électeurs de gauche de faire le bon choix pour le 2nd tour des primaires citoyennes, qu'ils aient voté Arnaud Montebourg ou Ségolène Royal, ou encore qu'ils n'aient pas voté le 9 octobre. Vous êtes électeurs socialistes, communistes ou écologistes : venez voter en masse le 16 octobre 2011.

Choisissez le Changement avec une Gauche forte : votez Martine Aubry !

 

 

 

Frédéric Faravel


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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 07:11

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5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 07:25

Hier soir, dans la salle des Ecuries, derrière l'Hôtel de Ville d'Ecouen, une cinquantaine de personne était venue écouter Gérard Filoche, Inspecteur du travail et membre du bureau national du Parti Socialiste.

Aubry-2012-1378.jpgIl était accueilli par Charlotte Brun, Première adjointe au Maire d'Ecouen et conseillère régionale, et Adélaïde Piazzi, Première adjointe au Maire de Montmorency. Emmanuel Maurel, vice président du conseil régional d'Île-de-France, et Michèle Greneau, Maire de Fontenay-en-Parisis, étaient également présents.

Aubry-2012-1380.jpgGérard Filoche a défendu avec le talent qu'on lui connaît les raisons qui l'ont amené très tôt à souhaiter puis soutenir la candidature de Martine Aubry à l'élection présidentielle, notamment à partir de son analyse de la crise économique et financière et de la centralité de la question sociale dans l'élection à venir ; Martine Aubry est notamment la seule à s'être prononcé clairement et précisément pour une augmentation des salaires, pour le retour à l'âge légal de départ à la retraite à 60 ans (les annuités de cotisations seront négociées avec les partenaires sociaux), pour un retour à l'ordre public social. Comme le disait Gérard hier soir : "ce ne sont plus les coups de grisou qui tuent au travail, ce sont les AVC".

Aubry-2012-1384.jpg

Un débat riche s'est engagé dans la salle qui a été l'occasion de démontrer par la preuve la capacité de rassemblement de la gauche de la candidate Aubry. D'anciens responsables des Verts, militants du Parti de Gauche ou de sympathisants du Front de Gauche et du Parti Communiste Français sont venus témoigner de leur désir de participer aux Primaires Citoyennes et de voter Martine Aubry. La stratégie politique, ses propositions sur l'économie, les affaires sociales, l'énergie ou l'Europe ont emporté leurs convictions. Ils ont exprimé leur point de vue selon lequel seule Martine Aubry peut rassembler la gauche et remporter l'élection présidentielle.

Aubry-2012-1386.jpgLes participants ont pu rappeler l'orginalité et le courage des propositions de Martine Aubry : la sortie du nucléaire, le non cumul des mandats, le refus de la pseudo-"règle d'or" budgétaire, la clarté sur le rassemblement de la gauche, une véritable solidarité financière européenne, l'égalité professionnelle femme-homme, la priorité au logement...

 

La soirée s'est terminée dans la convivialité ; les participants ont pu poursuivre la discussion autour d'un verre avec Gérard Filoche.

Frédéric Faravel

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