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Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube.
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Gauche Républicaine & Socialiste

3 octobre 2011 1 03 /10 /octobre /2011 11:00

AubryRose

Avec Martine Aubry
2012, le changement pour une France plus Juste

 

Mardi 4 octobre 2011
20h30 - Écuries d'Écouen
(derrière l'Hôtel de Ville d'Écouen - plan ici)

 

Débat Public

Gerard_Filoche_1_blog.jpg avec

Gérard FILOCHE

Inspecteur du travail et membre du bureau national du Parti Socialiste

En présence de :

  • Charlotte Brun, Première adjointe au Maire d'Écouen, Conseillère régionale et Secrétaire nationale du PS en charge des personnes âgées, du handicap et de la dépendance
  • Michèle Greneau, Maire de Fontenay-en-Parisis
  • Emmanuel Maurel, Vice Président du Conseil régional, Conseiller municipal de Persan, Secrétaire national du PS en charge des universités d'été et permanentes
  • Adélaïde Piazzi, Première adjointe au Maire de Montmorency

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3 octobre 2011 1 03 /10 /octobre /2011 10:36

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à gauche ou à droite, certains candidats font assaut de pseudo-responsabilité et propose l'austérité budgétaire qui frappera d'abord les plus pauvres, les classes populaires et les classes moyennes. En Île-de-France, 66% des habitants entrent dans les critères du logement social ? Alors l'austérité de droite ou de gauche, c'est simplement indécent !

Martine Aubry propose la construction annuelle de 150 000 logements sociaux, pour un coût de un milliard par an. Pour les nouveaux programmes immobiliers de plus de 15 logements, elle souhaite mettre en place une mixité sociale renouvelée, à raison d'un tiers de logement social, un tiers d'accession sociale à la propriété et un tiers de privé.
Martine Aubry souhaite en outre que la loi SRU instaurant le principe de 20% de logements sociaux dans les villes « soit réellement appliquée », regrettant la faiblesse des sanctions existant actuellement.

Frédéric Faravel
Secrétaire fédéral du PS Val-d'Oise aux relations extérieures

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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 06:53

Le Sénat, la Chambre haute du parlement français, cette grande assemblée des collectivités françaises vient de passer à gauche et de belle manière.

Prévue pour être le pôle de stabilité de la Vème République, avec un mode de scrutin, qui reste majorité de gauche ou de droite, antidémocratique et peu représentatif, la Chambre Haute a subi une évolution continue parallèle à celle de la société française. Les grands électeurs sont issus de collectivités plus urbaines et sont plus politisés. Oui évidemment, comme l'indique l'Elysée, les réussites successives de la gauche aux élections locales depuis mars 2004 ont modifié substantiellement le corps électoral.

Mais c'est Jean-François Copé, qui - avec l'Elysée et Matignon - se trompe sur l'analyse du scrutin malgré ses mises en garde de mauvaise foi sur la méprise de la gauche. Si on avait simplement appliqué les résultats des élections locales à ce scrutin indirect, la droite conservatrice pouvait compter en alliance avec les centristes sur le maintien d'une majorité de 2 à 5 sièges. La multiplication des dissidences mais également une volonté claire des grands électeurs de sanctionner le parti du Président de la République a favorisé très largement la gauche : 2 sièges de majorité pour la gauche.

Les dissidents de l'UMP ont généralement fait une bonne opération ce qui marque qu'il vaut mieux se détacher de l'étiquette UMP ; les centristes emportent un certain nombre de siège aux dépends de l'UMP, donc même remarque. Mais les grands électeurs ont aussi voté à gauche car la réforme des collectivités territoriales, la réformes de la fiscalité locale et notamment de la Taxe Professionnelle, et aussi le contexte économique et sociale ont influencé leur jugement.

Quand on connaît le caractère souvent plus modéré que celui de leurs électeurs des élus locaux, les espoirs sont donc permis à la gauche pour 2012, à la condition expresse qu'elle ne se tire pas une balle dans le pied.

Maintenant que Sénat est à gauche, celle-ci a enfin la possibilité d'avoir une responsabilité politique qu'elle n'avait jamais eu, pas même sous Mitterrand. Si le Sénat ne peut bloquer le cours des évènements parlementaires en général, il a toujours été un rempart contre des modifications profondes du cadre politique que revendiquait la gauche : sans accord du Sénat pas de révision de la constitution, pas de loi organique sérieuse.

Il est donc temps que les candidat(e)s aux primaires citoyennes indiquent très clairement qu'elles sont les réformes démocratiques qu'ils voudront engager s'ils accèdent à la magistrature suprême. Les socialistes n'ont plus aucune excuse sur le droite de vote des étrangers aux élections locales, ils seront également tenus de revenir sur la réforme des collectivités territoriales et de mettre en oeuvre une des grandes réformes proposées par Martine Aubry, le mandat unique parlementaire ! Martine Aubry et Arnaud Montebourg sont les plus institutionnellement ambitieux ; au mieux avec eux, on sait que le PS et la gauche sauront quoi faire du Sénat, quand les autres nous proposent un immobilisme sénatorial ancienne formule.

Dernière chose importante que l'on peut dès aujourd'hui impulser : la Gauche va pouvoir créer des commissions d'enquête. Puisque la gauche demande unanimement que l'on fasse la lumière sur plusieurs des affaires qui entachent la République et notamment depuis 2007, on verra si les sénateurs socialistes ont un peu de suite dans les idées.

A condition que le samedi 1er octobre 2011, l'élection du président du Sénat vienne confirmer le vote du dimanche 25 septembre 2011 ; pour cela, il faut que les sénateurs RDSE ne trouve pas certaines accointances franc-maçonnes avec Gérard Larcher plus importante que la cohérence politique.

Frédéric Faravel
Secrétaire fédéral du PS Val-d'Oise aux relations extérieures

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22 septembre 2011 4 22 /09 /septembre /2011 13:57

AubryRose

Avec Martine Aubry
2012, le changement pour une France plus Juste

 

Mardi 4 octobre 2011
20h30 - Écuries d'Écouen
(derrière l'Hôtel de Ville d'Écouen - plan ici)

 

Débat Public

Gerard_Filoche_1_blog.jpg avec

Gérard FILOCHE

Inspecteur du travail et membre du bureau national du Parti Socialiste

En présence de :

  • Charlotte Brun, Première adjointe au Maire d'Écouen, Conseillère régionale et Secrétaire nationale du PS en charge des personnes âgées, du handicap et de la dépendance
  • Michèle Greneau, Maire de Fontenay-en-Parisis
  • Emmanuel Maurel, Vice Président du Conseil régional, Conseiller municipal de Persan, Secrétaire national du PS en charge des universités d'été et permanentes
  • Adélaïde Piazzi, Première adjointe au Maire de Montmorency

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20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 06:53

Tous les matins entre 6h45 et 9h, j'écoute avec attention France Inter... La qualité des émissions de la station publique n'est pas contestable, malgré la dérive autoritaire qui avait marqué l'arrivée de Jean-Luc Hess et de Philippe Val à la tête de Radio France et de la principale antenne de celle-ci.

Cependant, je ne peux que constater avec déplaisir que mon agacement s'accroît à mesure que nous nous entrons dans la période de la campagne présidentielle. Toutes les chroniques, tous les commentaires de journalistes parfois chevronnés (ce qui porte à se demander sur la qualité du chevronnage de nos écoles de journalisme) tendent à avancer dans le même sens, celui d'une ambiance sociale-libérale, si tant est que l'on puisse encore dire qu'il y a quelque chose de social dans l'affaire... ah si je suis mauvaise langue : nous avons eu tout de même droit à un traitement "compassionnel" des débats en cours entre la commission européenne et et le conseil des ministres sur la question de l'abondement de l'aide alimentaire dans l'Union.

En fait, mon agacement m'a donné l'idée de ce petit article en entendant hier matin la chronique "politique" de Piotr Smolar, journaliste au Monde, régulièrement invité par Audrey Pulvar. Notre chroniqueur dénonçait une "gauche conservatrice" qui se serait donnée en spectacle lors du premier débat télévisé des Primaires Citoyennes, car jouant selon lui sur les recettes et solutions habituelles des socialistes pour "séduire" l'électorat traditionnel du Parti Socialiste - les enseignants notamment. Piotr Smolar attend donc des socialistes des propositions iconoclastes, non au regard du mainstream politique et du cours du monde tel qu'il va actuellement, mais au regard de la pensée socialiste. Bref Piotr Smolar demande aux socialistes de ne pas être socialiste. Selon ce critère, il y a fort à parier que bientôt seul Manuel Vals puisse trouver grâce aux yeux de tels commentateurs, puisqu'il est le seul à s'éloigner des principes traditionnels de la gauche républicaine. Et Audrey Pulvar d'ironiser sur le courage en politique: "Oh là, vous en demandez trop, Piotr...", bel exemple de message discréditant l'ensemble des responsables politiques sans distinction, c'est dommage de la part d'une journaliste qui recevait jusqu'ici tous les compliments possibles et qui avait reçu le "soutien" unanime de tous les responsables politiques pour son éviction de l'antenne d'I-télé et son éloignement sur France Inter, lorsqu'Arnaud Montebourg avait déclaré sa candidature à la primaire.

Donc selon Piotr Smolar et Audrey Pulvar, il n'y aurait eu aucune proposition en rupture lors de ce débat, c'est faire peu de cas des propositions suivantes :

  • la légalisation du cannabis par Jean-Michel Baylet, même si certains peuvent considérer qu'il s'agit d'une proposition accessoire ;
  • les propositions finalement assez précises de Montebourg sur la démondialisation ;
  • les propositions très claires et courageuses de Martine Aubry sur la sortie du nucléaire, la fin du cumul des mandats pour les parlementaires (bien qu'Audrey Pulvar et Piotr Smolar nous expliquent après avoir dit que c'était important, que la résolution du PS et d'Aubry sur ce sujet serait insignifiante et n'engagerait que ceux qui y croirait, alors même qu'on a vu les handicaps qu'Aubry rencontrent avec les élus locaux pour assumer courageusement cette proposition), une ligne claire sur la politique économique et budgétaire pour la croissance...

Ajoutons à cela que sans parler du débat des primaires d'autres propositions existent et sont suffisamment fortes pour animer le débat politiques chez au moins chacun des 3 candidats que j'ai cité plus haut : la réforme de l'éducation nationale selon Martine Aubry (cliquez ici) ou Arnaud Montebourg, les propositions de Montebourg, Baylet et Aubry sur l'Europe devraient être portées à la connaissance de Piotr Smolar.

Enfin, en quoi cela serait-il conservateur de rompre avec une politique qui a préparé pendant 35 ans (depuis les USA et la Grande-Bretagne) la catastrophe économique et financière que nous subissons depuis 2008, politique qui s'est amorcée en France à compter de 1986 et qui connaît depuis 2000 une montée en puissance néfaste pour l'Europe, la France et le Monde. Peut-être que s'il faut saluer uniquement la rupture avec une pensée économique sociale-démocrate alors Piotr Smolar nous fera bientôt une ode à François Holande et Manuel Vals, qui propose de rester dans les clous de l'austérité qui mène l'Europe à l'abîme.

Dimanche soir, à la fin de son interview très polissée sur TF1, Dominique Strauss-Kahn faisait la leçon aux gouvernements européens, coupables de créer plus de dégâts encore avec les remèdes qu'ils imposent à la Grèce et à la Zone Euro. Cette proposition était sonnée au coin du bon sens... Enfin ! l'institution qu'il dirigeait encore le 14 mai dernier n'a-t-elle pourtant participé à la mise en place des politiques d'austérité imposées à la Grèce et qui enfoncent plus encore ce pays dans la crise ! Mais qui sur France Inter pour le souligner ? Non lundi matin, France Inter parlait "chambre 2806" et "pacte"...

Le lundi soir, lors d'un meeting en Charente-Maritime, François Fillon dénonce la proposition de DSK pour que les membres de l'Union Européenne prennent leurs pertes dans l'affaire grecque. On entend donc le discours du Premier Ministre ce mardi matin à la radio, mais quelle analyse ? Qui explique que peut-être les politiques imposées par le couple Franco-Allemand - qui paraît pourtant le plus doux envers Georges Papaandréou - à la Grèce ne lui donne pas le temps de transformer son Etat et son économie, et achèvent au contraire de le détruire ? Non à part Bernard Maris, la station publique préfère débiter l'antienne des grecs tricheurs, jouisseurs et voleurs, jusqu'à la nausée...

Barack Obama présente un nouveau plan de relance de l'économie américaine dont une partie des recettes doit être prélevés sur les plus riches et les entreprises. Quelle est la chronique de Dominique Seu ? L'analyse de ce plan ? L'analyse des divergences entre Fillon et DSK sur la Grèce ? Non ! Il relaie la nouvelle campagne du gouvernement expliquant que les riches français n'échappent pas tant que ça à leur devoir fiscal...

Il ne faudrait pas que France Inter n'ait pas retenu la leçon du débat sur le référendum sur le projet de Traité Constitutionnel Européen, qui l'avait faire une campagne affirmée pour le "Oui" jusqu'à l'absurde et lui avait fait perdre (temporairement une partie de son auditoire). Pour l'instant, seul Bernard Maris et Bernard Guetta semble l'avoir compris.

Frédéric Faravel
Secrétaire fédéral du Parti socialiste du Val-d'Oise
en charge des relations extérieures

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1 septembre 2011 4 01 /09 /septembre /2011 07:12

 

Ô que les parlementaires de droite – Novelli, Raffarin, Borloo, etc. – sont généreux et humanistes… Pris d'un soudain élan de compassion pour les familles modestes, dont les parcs d'attraction et les parcs zoologiques sont souvent la seule alternative budgétairement accessible à des vacances, ils ont fait adopté à l'unanimité en commission un amendement rejettant l'augmentation de la TVA sur ces activités.

Ainsi, après avoir « rassuré » les marchés en affichant la triste figure du « Père la Rigueur », François Fillon himself, la droite gouvernementale présente à moindres frais son visage social. On sait cependant ce que droite sociale signifie dans notre pays, Laurent Wauquiez – animateur lui-même du club « droite sociale » – ayant dénoncé le « cancer social » que représentaient à ses yeux les assistés du RSA.

Crise des dettes souveraines ou crise des cocus de la finance et des puissants ?

blog--fillon-sarkozy-2-concert.jpgDe fait, la droite française, suivant l'exemple de ses consœurs européennes, tente un tour de passe-passe indécent. Depuis le déclenchement de la crise financière en 2008, les États sont venus au secours des banques d'affaires, qui avaient accumulé des milliards d'euros de dette, afin de préserver le fonctionnement du système financier international. De fait, la dette privée a ainsi massivement été transférée sur la dette publique. Cela, ils l'ont fait sans aucune contrepartie réelle en termes de contrôle, de régulation ou de réorientation du crédit vers l'investissement productif.

Parallèlement, et depuis près de 10 ans, les gouvernements de droite – et parmi eux les gouvernements français successifs de MM. Chirac et Sarkozy – ont multiplié les cadeaux fiscaux inefficients, injustes, voire contreproductifs (la défiscalisation des heures supplémentaires qui détruit de l'emploi). Ainsi ce sont 70 milliards d'euros qui manquent aux budgets de l’État et de la protection sociale, en pure perte. La France ne vit pas une crise de la dette, mais une crise des recettes et de la volonté politique. Non seulement ces mesures coûtent directement mais elles handicapent la croissance ce qui ne peut avoir que des conséquences négatives sur les déficits.

La Cour des Comptes – on l'a tellement répété qu'il est étonnant que certaines personnes ne l'ait pas encore compris – explique ainsi que 66 % des déficits sont causés par les choix politiques du gouvernement. Depuis deux jours et moins d'une semaine après les annonces rigoristes de François Fillon, on a pourtant appris que le budget de l’État subirait un déficit plus important que celui-ci escompté, la montée en charge des dépenses au mois de juillet étant équivalente à ce qu'elle était l'année précédente selon la commission des finances de l'Assemblée nationale. Voilà qui éclaire d'un jour cru les annonces politiques et pseudo-idéologico-responsables de l'exécutif français : quelle crédibilité accorder à un gouvernement qui n'est pas capable de respecter son propre plan de charge, quand il vous intime l'ordre par ailleurs de voter une « règle d'or » budgétaire nébuleuse, mais inscrite dans les traités européens, mais de fait balayée par les faits puisqu'il a fallu se détacher de toutes les pratiques budgétaires, monétaires et financières imposées par les traités européens pour éviter que la zone euro ne s'effondre ????

Quel tour de passe-passe ! C'est à cause de la crise du modèle ultra-libéral et dérégulateur, qui trouve son origine dans les présupposés mêmes de ce que l'on a appelé la révolution libérale des années Thatcher-Reagan, que nous subissons ce que l'on appelle aujourd'hui la « crise des dettes souveraines ». Mais les gouvernements européens y trouvent de nouveaux arguments pour expliquer que finalement ce sont le train de vie des États, les services publics et la protection sociale qui en seraient responsables, que décidément les occidentaux vivent au-dessus de leurs moyens et qu'il serait bon de tailler à grands coups de serpe dans les budgets sociaux. Ce n'est pas aux citoyens et aux communes de payer les factures des cadeaux fiscaux et l'ardoise des banques d'affaires. Ce n'est pas en réduisant le nombre d'enseignants et en s'attaquant au pouvoir d'achat des Français que le pays se portera mieux.

Plus de trente ans de pensée unique, rabâchée sur tous les médias, et d'absence de volonté politique qui nourrit dans les opinions l'idée que le politique est impuissant, ont fini par convaincre nombre de nos concitoyens que la fatalité libérale n'avait pas d'alternative. Il nous faudra donc beaucoup d’aplomb et de pédagogie pour reprendre le pas dans l'opinion publique : c'est cela la priorité de la bataille culturelle à mener d'ici la présidentielle.

Nous ne pourrons d'ailleurs l'emporter en mai 2012 qu'à la condition d'être fidèle à ce que nous sommes, Socialistes, et au rassemblement de la gauche. Nicolas Sarkozy a beau être fortement impopulaire, sa base électorale reste conséquente et solide, alors qu'on aurait pu espérer un effondrement politique plus important au regard des désastreux résultats de sa politique ; ceux de nos camarades socialistes qui comptent pour gagner en 2012 essentiellement sur le ressors de l'antisarkozisme en seront pour leurs frais et nous entraînerons collectivement dans le mur.

Austérité de gauche contre austérité de droite ?

sarkozy-merkel.jpgDe nombreux écueils sont à éviter. Le principal serait de donner à penser que nous n'avons rien d'autre à proposer face à l'austérité de droite qu'une austérité de gauche.

D'abord parce que cette manière de présenter le débat favorise le gouvernement sortant : c'est lui qui aura décidé du terrain du combat et la course à l'échalote sur qui coupera le plus ou le mieux dans les finances publiques ne peut que nous enfoncer dans un nivellement par le bas.

Ensuite et surtout car les exemples récents de nos camarades socialistes de la péninsule ibérique devrait nous inciter à fuir l'ornière dans laquelle on veut nous enliser. Austérité de droite contre austérité de gauche : les électeurs préférerons par le vote et l'abstention l'original à la copie. C'est exactement ce qui s'est passé au Portugal en juin dernier et que la gauche de la gauche ne réjouisse pas des difficultés du PS local, cela ne lui a pas profité pour autant.

C'est également ce qui est promis au PSOE en Espagne. Le gouvernement sortant confronté à une spéculation agressive et débridée à son égard – qui trouve sa source dans les choix politiques erronés (miser sur l'immobilier et la finance pour fonder le développement économique, le rendant de fait extrêmement exposé à l'explosion des bulles économiques) qu'il avait fait sous Zapatero – poursuit l'administration de remèdes libéraux et croit pouvoir sauver le pays dans l'adoption d'une « règle d'or » exigée par Merkel, dont même le Financial Times et le très discret et conservateur Herman Van Rompuy ont déclaré qu'elle était inutile et inopérante, et qui a le désavantage politique désastreux de même la droite conservatrice espagnole et le gouvernement socialiste dans le même panier aux yeux de l'opinion. Or dans le même temps, le nouveau secrétaire général du PSOE qui devra mener la bataille des législatives doit reprendre contact avec l'opinion publique et les « indignés » et désavouer de fait dans la plate-forme électorale qu'il présentera aux électeurs la politique d'un Zapatero crépusculaire. L'effet de grand écart peut ainsi s'avérer dévastateur !

Enfin, imaginons – pure politique fiction – qu'un président de gauche soit élu sur la ligne qui – disons le clairement – est celle défendue par François Hollande et Manuel Vals et qui participent depuis que les termes du débat ont été posés par la droite et Nicolas Sarkozy à cette course à l'échalote sur la dette souveraine et les déficits publics… La mise en œuvre d'une politique visant au rétablissement au forceps de la règle des 3 % sans discrimination et sans détail dès 2013 – ce que proposent nos camarades – n'est tout simplement pas tenable politiquement, économiquement et socialement :

  1. elle ne créerait pas les conditions du retour à la croissance qui seul permettra une remontée de recettes. Une politique d'austérité de gauche, comme celle de droite, aggraverait la situation des comptes publics et sociaux ;

  2. un tel gouvernement se mettrait à dos la majorité de l'opinion publique au regard de la dégradation de la situation, du refus de la prise en compte des attentes sociales (notamment sur les retraites) et de la dégradation des services publics qui se poursuivrait. Sa marge de manoeuvre politique se réduirait constamment, sur fond de tension sociale et territoriale, où la violence comme en 2005 ou comme en Grèce depuis 2009 pourrait ne pas être absente ;

  3. les marchés qui ne cherchent pas tant à être rassurés qu'à s'assurer de retours sur « investissements » importants (quand ils sont relativement corrects) ou qui ont tout simplement un comportement de requins et de razzia, tireraient immédiatement les conséquences qui s'imposent dans la logique qui est la leur. Le moindre faux-pas, le moindre retard serait alors interprété comme une incapacité à répondre à leur diktat, la spéculation s'aggraverait et nos conditions de crédits se dégraderaient. Il faut dire aujourd'hui que les opérateurs de marchés les moins charognards finissent même par s'inquiéter de ces austérités radicales promises par les gouvernements européens de droite et parfois de gauche, car elles cassent la croissance et ne les assurent pas que les revenus des États soient dans ces conditions suffisamment solides pour les rémunérer.

Ainsi l'orientation que nous proposent nos camarades les plus austères nous mettrait plus encore que jamais dans les mains des marchés et moins maître de notre destin collectif.

Lors de l'atelier « L'Europe progressiste, c'est pour quand ? », Pervenche Bérès s'inquiétait sur le fait que la plus grand crise connue par le libéralisme s'achève finalement par sa plus grande victoire, si jamais nous ne prenions pas la mesure des enjeux. Il est certain que libéralisme a déjà emporté la victoire dans l'esprit de certains de nos camarades, cependant les remèdes de cheval libéraux s'ils étaient mis en application par la gauche nous mèneraient plus vraisemblablement vers une victoire à moyen terme des populistes ; il est trop tôt pour enterrer – même pour 2012 – Marine Le Pen sous prétexte que les sondages lui seraient moins favorables ces dernières semaines, mais n'oublions jamais que son père n'a jamais été à ce niveau d'intention de vote 9 mois avant la présidentielle ; le populisme d'extrême droite sera le principal danger pour 2017 si nous décidions de mener une politique qui ne doit pas être la nôtre.

Comment sortir du piège tendu par la droite ? Comment être nous-mêmes ?

AubryDuflotIl faut renverser les paradigmes de la question économique qui est posée. Martine Aubry n'a pas de difficultés à faire la démonstration de son sérieux budgétaire. La gauche en 1997 a réussi à démontrer sa capacité à gérer des budgets jugés ingérables par la droite 3 mois avant, la candidate a en tant que n°2 du gouvernement était la seule ministre depuis les années 1970 à rétablir les comptes de la sécurité sociale. Seulement l'effort de sérieux budgétaire qu'elle annonce ne sera pas une course à l'échalote imposée par la droite, les marchés et les néo-libéraux. Martine Aubry a indiqué qu'elle en finirait avec une logique financière d'un État qui préfère se passer de recettes pour faire plaisir à une clientèle réduite mais riche et puissante, plutôt que d'être efficace économiquement et socialement dans l'intérêt du pays et du plus grand nombre. D'autre part, il est indispensable de sortir les investissements d'avenir des logiques de déficits budgétaires.

Il faut rassembler la gauche politique et sociale de ce pays pour soutenir l'effort d'un gouvernement de gauche. Que dirons les millions de personnes qui ont défilé à l'automne 2010 si après avoir abandonné le retour réel à la retraite à 60 ans (« oui vous pourrez partir à 60 ans si vous avez cotisé 41 ans et demi »), un gouvernement de gauche les met dans la main du patronat et décidant que la règle sociale sera dicté par le contrat. Voilà 10 ans que la droite détruit le droit du travail par la loi et la gauche revenue au pouvoir se priverait de la loi pour rétablir un minimum d'équité ?!? allons ce n'est pas sérieux. Avec Martine Aubry, ce sera le contrat autant que possible et la loi chaque fois que nécessaire, c'est là ce dont la gauche et certains candidats n'auraient pas dû s'éloigner. La relocalisation des emplois, la transition énergétique conçu avec un développement d'une industrie post-nucléaire, sont également les conditions du rassemblement de la gauche.

Enfin, il faut changer l'Europe. C'est Martine Aubry qui a conduit l'accord européen entre le Parti Socialiste et le Parti Social-démocrate allemand. Dans la perspective des élections allemandes de 2013, c'est un outil fondamental pour changer la donne ; dans celle des élections européennes de 2014, il faut sans tarder l'élargir au Labour Party (l'état déliquescent de l'industrie britannique devrait faire réfléchir nos camarades), au PS Wallon, au PSOE (obligé de changer pour les législatives de 2011) avant de le généraliser au PSE en lien avec Poul Nyrup Rassmussen. Les propositions européennes de Martine Aubry tiennent compte des erreurs constatées au niveau européen depuis le rejet du TCE et l'adoption du Traité de Lisbonne dont toutes les règles et contraintes économiques et budgétaires ont été explosées par la crise. L'Europe doit retrouver une ambition de solidarité et trouver de nouveaux architectes qui n'auront pas la frilosité de Merkel et de Sarkozy. Martine Aubry en a tiré les conséquences et les leçons. François Hollande, peut-être parce qu'il reste traumatisé par les référendums de 2004 et 2005 sur le TCE, reste d'une europlatitude qui ne cesse de mener l'idée même de construction européenne vers l'abîme.

Soyons sérieux, soyons ambitieux, soyons socialistes et rassemblons la gauche ! Votons Martine Aubry !

Frédéric Faravel
Secrétaire fédéral du PS95 aux relations extérieures

Pour aller plus loin :

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4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 12:52

Un véritable pouvoir budgétaire en Europe est nécessaire pour concrétiser et engranger le bénéfice de l'euro. Nous devons profiter de ce que la zone euro est fermée sur le plan économique, donc en capacité de mener une politique budgétaire volontariste, pour répondre aux besoins importants des pays issus de l'élargissement, et affirmer la nécessité de mener de réelles politiques structurelles (financement des services publics, politique industrielle, réseaux de transports, recherche et développement). Il est donc indispensable de revoir complètement les règles budgétaires de l'Europe : lui donner la possibilité d'émettre des emprunts, revoir le pacte de stabilité, doter l'Union européenne d'une capacité budgétaire conjoncturelle de relance de la croissance pour toute la zone ou pour les pays le nécessitant, augmenter significativement le budget de l'Union par le transfert des impôts nationaux à l'échelon européen et la création d'un impôt européen.

Les 7 et 8 juin derniers, les ministres des finances des 16 pays de la zone euro (l’Eurogroupe) se sont réunis à Luxembourg pour travailler sur les mécanismes d’aides à la Grèce, avant de rejoindre leurs collègues européens au Conseil Ecofin (réunion des 27 ministres des finances) et présenter leur stratégie de sortie de crise.

De cette réunion, une mesure particulière retient toute l’attention : l’obligation faite aux États Membres de présenter leur projet de loi de finances à la Commission européenne avant qu’elle ne soit débattue devant les parlements nationaux. Dans le contexte actuel, le message est clair : il s’agit de contraindre les États à suivre à la lettre le Pacte de stabilité, de réduire drastiquement leurs déficits et de ramener leur niveau d’endettement à un maximum de 60 % de leur PNB. La rigueur se confirme !

Les péripéties qui ont mené au dernier plan d'aide à la Grèce fin juillet à Bruxelles n'ont fait que renforcer les dynamiques antérieures. Outre le caractère néo-libéral et donc contre-productif des mesures décidées, ce Sommet ne fait que repousser à plus tard la résolution durable des difficultés économiques de la zone euro face aux marchés internationaux alors que les États membres ont accumulé des dettes souveraines monumentales en grande partie pour secourir les responsables de la crise financière de 2008 et parce qu'ils avaient choisi des stratégies économiques néo-libérales (finance et immobilier) au détriment d'investissements d'avenir. On constate aujourd'hui que les marchés spéculent à nouveau sur le « maillon faible » de la zone euro et qu'ils s'attaquent comme annoncé précédemment à l'Espagne et à l'Italie.

Est-ce l’objectif d’une plus grande concertation entre les politiques économiques des États Membres qui est à rejeter ? Certainement pas. Ce n’est pas un sentiment souverainiste qui nous anime. Mais il faut être clair : le principe de la coordination est le seul moyen de réduire les grands déséquilibres économiques de l’Union, mais pas le Pacte de Stabilité. Sans harmonisation fiscale, sans objectifs sociaux, sans objectifs de cohésion, en un mot sans réforme des politiques économiques de l’Union, une telle coordination ne mènera nulle part. Et dans ces conditions, il est inacceptable de soumettre le débat budgétaire national au feu vert d’une Commission européenne soumise à la pensée unique néo-libérale.

Or les "lignes directrices intégrées" adoptées lors de ce même conseil Ecofin sont loin d’aller dans la bonne direction. Une fois encore, c’est la traditionnelle litanie des mesures visant à réduire les systèmes de protection sociale, en particulier les retraites et les allocations de chômage. À déréguler les conditions de travail, à casser le dialogue social et les mécanismes de formation des salaires, depuis l’indexation jusqu’au salaire minimum. La compétitivité, la discipline budgétaire sont présentées comme des fins en soi et non comme des outils au service du progrès social, de l’émancipation des citoyens, de la redistribution des richesses.

Oui à une plus grande coordination des politiques budgétaires, donc, le jour où les politiques économiques de l’Union seront établies sur des critères qui dépassent les seuls niveaux de déficits et d’endettements publics. Des critères qui incluront le déficit structurel plutôt que le déficit courant, le niveau d’emploi, celui des salaires, le taux de pauvreté, la qualité de l’éducation, les investissements dans la recherche et l’innovation, une véritable évaluation de l’efficacité des dépenses fiscales... Bref, tout ce qui fait que les dépenses publiques se font au profit de tous les citoyens et pas d’une minorité possédante.

Oui à une plus grande coordination des politiques budgétaires, mais suivant un mécanisme permettant d’associer les parlements nationaux et le Parlement européen aux processus, qui garantisse que l’acte éminemment politique que constitue un budget ne soit pas confisqué par des technocrates appliquant avec zèle des lignes directrices coupées des réalités économiques et sociales de chaque État Membre.

Oui, enfin, à une coordination des politiques économiques des États Membres, lorsqu’elles incluront une véritable harmonisation des politiques fiscales, et qu’il ne s’agira plus seulement d’imposer à tous, les conséquences des choix non-coopératifs de certains.

Frédéric Faravel

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21 juillet 2011 4 21 /07 /juillet /2011 08:39

La crise grecque et la crise des dettes souveraines menacent de faire capoter la zone euro et la construction européenne du fait de l'exposition de nos Etats à la spéculation financière. Le remède de cheval que la Grèce s'est déjà imposée sous la pression de l'UE et du FMI, après que le gouvernement conservateur a maquillé ses comptes, n'est plus soutenable et la survie de la Grèce est une condition nécessaire pour éviter que les spéculateurs ne s'attaquent à d'autres Etats européens (l'Espagne et l'Italie, puis la France et la Belgique...).

Une fois encore doit se tenir aujourd'hui un sommet des chefs d'Etat et de gouvernement dit de la "dernière chance".

Le sommet européen ne veut s'impliquer que dans la seule résolution de la crise grecque quand c'est une solution durable à l'échelle européenne qui serait nécessaire. Mais le fédéralisme économique et budgétaire sans vrai pouvoir parlementaire démocratique européen est également impossible. Les gouvernements européens ont tué les nécessaires avancées institutionnelles européennes en 2004/2005 en voulant faire adopter un traité constitutionnel qui sanctuarisait non l'identification des politiques communes mais leurs contenus et leurs orientations.

Aujourd'hui, ils vont tuer la construction européenne en ne voulant pas faire d'avancées institutionnelles parce qu'ils ont peur des opinions publiques qu'ils ont eux-mêmes écœurées de la construction européenne.

Vous avez dit "serpent qui se mord la queue" ?

Frédéric Faravel

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15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 08:43

L’historien répond à Marine Le Pen qui avait déclaré partager certaines de ses thèses et estime que le FN, en stigmatisant les Français musulmans, porte atteinte à la cohésion de la nation.

Libération - jeudi 14 juillet 2011 - Par ERIC AESCHIMANN

Emmanuel Todd, en juin 2008.

Emmanuel Todd, en juin 2008. (Sébastien CALVET)

Démographe et historien, partisan d’un «protectionnisme européen», Emmanuel Todd a été cité comme une référence par Marine Le Pen en début de semaine. Il répond aux questions de Libération.

Voilà que Marine Le Pen se réfère à vos analyses. Comment réagissez-vous ?
Cela m’amuse et m’intéresse, car, dans le débat public français, je suis celui qui a défendu avec le plus de constance, depuis vingt ans, la place des immigrés et de leurs enfants dans la société française. D’ailleurs, au moment même où Marine Le Pen me faisait ces appels du pied, j’ai donné un entretien au site Oumma.com(1), qui a été un énorme succès d’audience. Non pas que je défende un point de vue qui soit très acceptable pour les organisations islamiques, puisque je pointe par exemple la faible pratique religieuse des musulmans de France, ce qui les rapproche des catholiques. Mais ma démonstration consiste justement à souligner que, précisément parce qu’ils se comportent comme des catholiques et qu’ils sont profondément laïcisés, les musulmans de France sont des Français ordinaires. Et, dès lors que les musulmans ne posent pas de problème spécifique à la société française, leur désignation, explicite ou implicite, comme non Français doit être considérée comme une attaque contre la cohésion de la communauté nationale. Le Front national est un front antinational : voilà ce que j’affirme, y compris sur Oumma.com, ce qui rend tout de même assez cocasses les références de Marine Le Pen à mes travaux.
Selon la présidente du Front national, ce qui vous rapproche d’elle, c’est le plaidoyer en faveur de mesures protectionnistes…
C’est qu’elle fait semblant de ne rien comprendre à ma démarche. Il ne s’agit nullement d’un protectionnisme français, mais bien d’instaurer au niveau européen des instruments de régulation des échanges commerciaux, ce qui, par définition, dépasse le cadre national. Protectionnisme européen et défense d’une nation qui intègre sa population musulmane, voilà deux axes radicalement antixénophobes, qui définissent un projet à l’opposé de celui du FN.
Il n’empêche qu’elle vous a cité. N’est-il pas de la responsabilité d’un intellectuel de veiller à ne pas être récupéré par le Front national ?
Pour moi, la vraie question est plutôt : pourquoi Marine Le Pen cherche-t-elle à se revendiquer de moi, alors que je suis en situation de choc frontal avec elle ? Je crois qu’il ne s’agit pas de récupération, mais de neutralisation. On assiste actuellement à l’émergence d’une gauche, autour d’Arnaud Montebourg autant que de Jean-Luc Mélenchon, opérant la synthèse entre le projet économique protectionniste et l’idéal républicain compris dans son véritable sens, c’est-à-dire intégrant les immigrés et leurs enfants à la nation. Fin juin, l’Association pour un débat sur le libre-échange, à laquelle j’appartiens, a fait réaliser par l’Ifop, à ses frais, un sondage qui montre que 80% des Français sont favorables à un protectionnisme européen et 57% à un protectionnisme national si les autres pays européens ne font rien. Cela nous a valu les plus vives critiques de la part des libre-échangistes. On nous a fait passer pour des crétins protectionnistes en nous assimilant au FN. Aujourd’hui, c’est Marine Le Pen qui prend le relais. Pourquoi ? Parce que le FN, qui se targue, à tort, de défendre des intérêts de la classe ouvrière, se sent menacé par l’apparition de cette nouvelle gauche. Ce qui se dévoile par cet épisode, c’est combien FN et libre-échangistes forment un système où chacun a besoin de l’autre.
Un protectionnisme européen vous semble-t-il possible ?
L’accélération de la crise des dettes souveraines nous indique que nous n’aurons pas le temps de mettre en place le protectionnisme européen avant l’explosion de l’euro. Je le regrette, car j’avais voté pour le traité constitutionnel européen et je continue de croire que c’est à l’échelle européenne que nous devons construire des protections. Accepter la sortie de l’euro, ça n’est pas être antieuropéen, c’est seulement faire cesser l’acharnement thérapeutique sur une monnaie dont la classe dirigeante sait qu’elle est condamnée. Sur ce point, je donne raison à l’économiste Jacques Sapir, qui estime depuis plusieurs mois que la France doit désormais agir seule(2). Cela n’obère nullement la perspective d’un protectionnisme européen, au contraire. Car la sortie de l’euro contraindra l’Allemagne à changer d’attitude, et tout le monde constatera que le seul horizon, c’est d’instaurer des mesures communes de régulation des importations. Tel serait pour moi le contenu d’une véritable Europe. Et l’on pourra alors, si l’on veut, reconstruire une vraie monnaie unique, qui ne soit plus sous souveraineté allemande, comme aujourd’hui, mais un véritable bien commun.
Le FN est-il en train d’évoluer vers une droite républicaine un peu musclée, comme le disent certains commentaires ?
Je crois que l’on assiste à la tendance exactement inverse. Le FN version Jean-Marie Le Pen avait quelque chose de folklorique, puisque son programme alliait la stigmatisation des immigrés et le libéralisme économique (dénonciation du «fiscalisme», des fonctionnaires, etc.). A partir du moment où il associe xénophobie et étatisme, il se rapproche des fascismes d’avant-guerre. Il était national et libéral, le voici national et social, et c’est pour ça que, lors de la présentation du sondage sur le protectionnisme, j’ai spontanément établi une comparaison entre le FN et le nazisme. Cela dit, il y a des choses qui bougent et, en tant qu’historien du présent, j’essaie de comprendre ce qui se passe, sans partir du principe que je comprends tout ce qui se passe - ce qui me distingue de certains. Je constate que, d’un côté, le FN est dans le système, mais que, de l’autre, il possède une potentialité «hors système» qui peut être très dangereuse - d’autant plus dangereuse qu’elle converge avec des tendances fascisantes à l’intérieur même de l’UMP. En 1932, le parti nazi était de la même façon hors et dans le système. Nous n’en sommes pas là, mais il faut agir avec à l’esprit tous les scénarios, dont celui du pire.
Des tendances fascisantes à l’UMP ?
Pour moi, aujourd’hui, le danger vient moins du FN que de l’émergence, dans la droite dite classique, de tendances protofascistes, comme les historiens parlent de proto-industrie. Depuis quatre ans, l’impulsion des campagnes anti-immigrés, antiRoms et anti-islam a été donnée par le gouvernement. Les thématiques ethnique et autoritaire, c’est bien le sarkozysme qui les a portées. La stratégie, si caractéristique du fascisme, consistant à dire une chose et son contraire - par exemple, à se dire de gauche et de droite à la fois, ou à mélanger le social et le national - existe certes au FN, mais encore plus dans les discours écrits par Henri Guaino, où Nicolas Sarkozy en appelle aux figures historiques de la gauche au moment même où il confère des avantages fiscaux aux plus riches. Aujourd’hui, il délègue à Claude Guéant la charge de faire des «clins d’œil» à l’électorat frontiste. Pourquoi soupçonner toujours les gens de cynisme ? Peut-être est-il sincère, peut-être est-il d’extrême droite.
Le PS est-il en mesure d’éviter que la campagne de 2012 ne se focalise à nouveau sur la triade sécurité-identité nationale-immigration ?
Le Parti socialiste représente la vieille culture raisonnable de la France. Ce sont des gens polis, qui continuent de penser que, si l’on ne fait pas trop de vagues, «ça va passer». L’idée de la présidence normale est symptomatique : au fond, il suffirait de gérer les affaires de l’Etat de façon raisonnable pour se poser en alternative à la montée de folie et de violence qui caractérise les droites. J’aimerais que cela soit vrai, et les sondages d’opinion, où Sarkozy apparaît comme profondément méprisé par les Français, semblent indiquer que cela peut suffire. Mais quand bien même l’Elysée reviendrait à François Hollande ou Martine Aubry, une présidence normale n’est pas ce dont la France a besoin pour une période anormale. Il lui faut une gauche capable d’affronter un capitalisme de plus en plus inégalitaire et de plus en plus violent. Une gauche qui rende coup pour coup, qui ne fasse pas comme si tout était normal, justement. Qui désigne les adversaires de classe : les ultrariches. La gauche ne doit pas avoir peur de les taxer, de mettre en place un protectionnisme européenne, de prendre le contrôle de la gestion des banques. Elle doit parler en maître à la nouvelle aristocratie financière - le mot est de Lionel Jospin, je vous le rappelle. Et c’est là que l’escroquerie de Marine Le Pen sera dévoilée. Le FN fait semblant d’avoir deux adversaires : les immigrés et l’establishment, mais la réalité est que la dénonciation des immigrés lui permet de garder le plus grand flou sur ce fameux establishment qu’elle prétend combattre. Si je devais résumer d’une seule formule ma pensée, je dirais ceci : en triant les Français selon leurs origines, le Front national divise les classes populaires et protège l’oligarchie financière.

(1) Site internet sur l’islam en France.
(2) Auteur de «la Démondialisation», Seuil.

Photo Bruno Charoy

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6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 16:23

Je vous signale le nouveau site de soutien à la candidature de Martine Aubry.

FF

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Le 9 octobre prochain, le Parti socialiste donne la parole à tous ceux qui, depuis l’élection de Nicolas Sarkozy, contestent l’injustice sociale de ce quinquennat. Ce temps de la primaire citoyenne est le temps de la gauche. Le temps où un autre chemin se dessine : celui du progrès, de l’intérêt général, de la justice sociale et de l’émancipation de toutes et tous.

En 2012 le candidat de la gauche à l’élection présidentielle devra répondre aux exigences du peuple de gauche pour tracer un cap nouveau pour le pays. Il devra être le garant de la légitimité du suffrage universel et le défenseur de la souveraineté populaire face aux oukases des marchés. Il sera le porte-voix de celles et ceux qui ont vu leurs conditions de travail et de vie se dégrader depuis que la droite est au pouvoir, de celles et ceux qui souhaitent tourner la page du Sarkozysme et inventer une autre France. En 2012, le candidat de la gauche à l’élection présidentielle devra permettre que notre pays reprenne la marche du progrès social : pour nous-mêmes comme pour les générations futures.

  • C’est parce que nous voulons une candidate qui s’engage pour la retraite à 60 ans que nous voterons Martine Aubry le 9 octobre.
  • C’est parce que nous voulons une candidate qui préfère rester crédible vis à vis du peuple plutôt que courir après les bonnes grâces des agences de notations, nous voterons Martine Aubry le 9 octobre.
  • C’est parce que nous voulons une candidate qui fera de l’augmentation des salaires un outil de la reprise économique et de la justice sociale que nous voterons Martine Aubry le 9 octobre.
  • C’est parce que nous voulons une candidate qui propose une autre Europe, synonyme de protection et d’émancipation pour les salariés plutôt que de libre-échange, de concurrence que nous voterons Martine Aubry le 9 octobre.
  • C’est parce que nous voulons une candidate qui place l’égalité réelle entre les toutes celles et ceux qui travaillent et vivent dans notre pays que nous voterons Martine Aubry le 9 octobre.
  • C’est parce que nous voulons une candidate qui rassemble toute la gauche, condition essentielle de notre victoire, que nous voterons Martine Aubry le 9 octobre.

Rejoignez nous sur www.aubry2012.eu

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