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Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube.
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Gauche Républicaine & Socialiste

30 mars 2011 3 30 /03 /mars /2011 07:12
Anne-Cécile Juillet | Publié le 29.03.2011, 18h26 par Le Parisien
Mohammed Moussaoui (Conseil français du culte musulman), le cardinal André Vingt-Trois et Gilles bernheim, grand rabbin de France, ont cosigné une tribune remettant en cause les conditions du débat sur la laïcité. 

Mohammed Moussaoui (Conseil français du culte musulman), le cardinal André Vingt-Trois et Gilles bernheim, grand rabbin de France, ont cosigné une tribune remettant en cause les conditions du débat sur la laïcité.  | LP / MdM, Ph.L. et D.G. 

Le ton est prudent et «sans aucun esprit polémique ou partisan», mais le message est clair. Les représentants des six grandes religions de France, réunis au sein de la Conférence des responsables de culte en France (CRCF), désapprouvent la tenue du débat sur la laïcité tel qu’il est proposé à ce jour par le président de l’UMP, Jean-François Copé.

Leur déclaration commune, dont Le Parisien/Aujourd’hui en France a eu connaissance, constitue une première pour le CRCF, fondé discrètement en novembre dernier. Pour l’heure, outre les représentants musulmans, seul le président de la Fédération protestante de France et le Grand Rabbin de France s’étaient prononcés publiquement sur le débat, prenant nettement leurs distances.

Catholiques (Mgr André Vingt-Trois), protestants (le pasteur Claude Baty), orthodoxes (le métropolite Emmanuel), juifs (le Grand Rabbin de France Gilles Bernheim), musulmans (le président du CFCM, Mohammed Moussaoui) et bouddhistes (le révérend Olivier Wang-Genh) appellent d’une même voix à veiller «à ne pas dilapider ce précieux acquis» (la laïcité), et «pendant cette période pré-électorale, de bien garder sereinement le cap en évitant amalgames et risques de stigmatisation». «Le débat est toujours signe de santé et de vitalité. (...) Mais un parti politique, fût-il majoritaire, est-il la bonne instance pour le conduire seul ?»

Les religieux posent la question, sans y répondre directement. Mais en réclamant de ne pas ajouter «de la confusion dans la période trouble que nous traversons», et en affirmant que, déjà, les religieux de France militent «ensemble pour une laïcité de bonne intelligence», il ne fait aucun doute que pour eux, la réponse est non.

LA TRIBUNE DANS SON INTÉGRALITÉ :

«Débat sur la laïcité ?
Sérénité, attention et réflexion appliquées, recommandent les responsables de culte !


La Conférence des Responsables de Culte en France a été créée le 23 novembre dernier et elle regroupe six instances responsables du Bouddhisme, des Églises chrétiennes (Catholique, Orthodoxe, Protestante), de l’Islam et du Judaïsme. Cette initiative est justifiée par la volonté d’approfondir notre connaissance mutuelle, par le sentiment de contribuer ensemble à la cohésion de notre société dans le respect des autres courants de pensée, et par la reconnaissance de la laïcité comme faisant partie du bien commun de notre société.

La laïcité est un des piliers de notre pacte républicain, un des supports de notre démocratie, un des fondements de notre vouloir vivre ensemble. Veillons à ne pas dilapider ce précieux acquis. Il nous parait capital, pendant cette période pré-électorale, de bien garder sereinement le cap en évitant amalgames et risques de stigmatisation.

Nous signons ensemble cette tribune sans aucun esprit polémique ou partisan. Une parole commune nous semble néanmoins nécessaire. Notre cohésion au sein de la Conférence que nous avons fondée, est significative dans notre société française. Elle a été rendue possible grâce notamment au climat de coopération instauré entre les religions, que la "laïcité à la française" et ses évolutions depuis plus d'un siècle ont permis.

Mais cette cohésion ne signifie pas pour autant uniformité ! Elle ne nous engage nullement en faveur d'un quelconque amalgame syncrétiste ou d’un nivellement de nos positions individuelles et celles des cultes que nous représentons. Nous travaillons ensemble dans la confiance, en intégrant nos histoires et identités respectives. Nous continuons à avoir des approches différenciées sur telle ou telle question, sans pour autant faire de nos différences des facteurs d'opposition. Nous sommes déterminés à réfléchir et à œuvrer ensemble sur la durée, en relation avec les autorités et les forces vives de notre pays, afin que le facteur religieux y soit un élément de paix et de progrès.

L'accélération des agendas politiques risque, à la veille de rendez-vous électoraux importants pour l’avenir de notre pays, de brouiller cette perspective et de susciter des confusions qui ne peuvent qu'être préjudiciables. Nous en sommes conscients. Cela ne doit pas nous dissuader pour autant de rappeler l'essentiel quand il le faut. Nous restons très attentifs aux évolutions profondes de notre société, notamment celles qui concernent les religions, dans le respect du cadre de la République. Ces évolutions appellent parfois des adaptations voire des améliorations du cadre juridique et règlementaire de l’expression et de la vie des cultes en France. Nous ne manquerons pas d’être une force positive de propositions dans ce sens.

Faut-il dans le contexte actuel un débat sur la laïcité ? Le débat est toujours signe de santé et de vitalité. Le dialogue est toujours une nécessité. Il a un rôle majeur dans une société libre, démocratique et respectueuse de la personne humaine. Mais un parti politique, fût-il majoritaire, est-il la bonne instance pour le conduire seul ? Ce ne sont ni les débats, ni les travaux qui manquent dans ce domaine ! La Loi 1905 est déjà plus que centenaire. Elle a permis d’apporter depuis lors des solutions à des questions nées de nouvelles situations et des évolutions de notre société dans un monde de plus en plus rapide. Tous les cultes adhèrent sans réserve à ses principes fondamentaux tels qu’ils s’expriment en particulier dans ses deux premiers articles. Mais les modalités d’application de ces principes restent toujours perfectibles. Faut-il recenser tous les colloques et autres séminaires qui ont abordé en long et en large la question de la laïcité et de ses applications dans notre pays depuis des années? Faut-il rappeler, dans la période récente, les travaux étendus et exhaustifs de la Commission présidée par le Professeur Jean Pierre MACHELON qui ont donné lieu à un rapport sur les « relations des cultes avec les pouvoirs publics » remis au ministre de l’intérieur le 20 septembre 2006 ? Ce rapport avait abordé d’une manière approfondie les différents aspects liés à l’exercice du culte en France dont celui du « support institutionnel » de son exercice dans notre pays. Faut-il rappeler de même les travaux du « Groupe juridique inter-cultes » qui travaille depuis 2007, dans le prolongement des recommandations du Groupe MACHELON, au sein du Ministère de l’intérieur, et où siègent des représentants des principaux cultes ? Ce groupe a bien fonctionné et a permis la publication de plusieurs circulaires dont la dernière, du 23 juin 2010, conjointe aux Ministères de l’intérieur et des finances, aborde d’une manière détaillée à l’attention des préfets, des directeurs départementaux des finances publiques et des trésoriers payeurs généraux, les différents aspects liés au « support institutionnel de l’exercice du culte en France » ? Faut-il rappeler aussi la production intellectuelle abondante d’articles et d’écrits divers, ainsi que les nombreux ouvrages qui paraissent sur l’histoire, les fondements, la pratique et les perspectives de la laïcité en France ? La liste en sera longue. Elle illustre parfaitement toute la richesse et la profondeur de notre expérience française de la laïcité. Nous y reviendrons lors de la rencontre publique que nous comptons organiser en octobre prochain.

Secouée par des crises à répétition, politique, économique, financière et morale, la période actuelle manque de lisibilité mais sans doute pas d’espérance ! Le devoir de ceux qui sont « en responsabilité » consiste à éclairer le chemin et à élaborer des solutions conformes au bien de tous. N'ajoutons pas de la confusion dans la période trouble que nous traversons. Nous militons ensemble pour une laïcité de bonne intelligence.

La laïcité n’est pas séparable des valeurs fondamentales que nous partageons, en particulier de la dignité et du respect de la personne humaine et de sa liberté inaliénable. Ces valeurs qui ne peuvent s’épanouir que dans la confiance mutuelle source de paix pour notre société.»

SIGNATAIRES :

Cardinal André VINGT-TROIS, président de la Conférence des Évêques de France
Avec Mgr Laurent ULRICH, vice-président de la Conférence des Évêques de France
Pasteur Claude BATY, président de la Fédération protestante de France
Avec le pasteur Laurent SCHLUMBERGER, membre du Conseil de la Fédération protestante de France, président du Conseil national de l’Église réformée de France
Métropolite EMMANUEL, président de l’Assemblée des Évêques orthodoxes de France
Avec le Métropolite Joseph, secrétaire de l’Assemblée des Evêques orthodoxes de France
Et Mr. Carol SABA, porte-parole de l’Assemblée des Évêques orthodoxes de France
Grand Rabbin Gilles BERNHEIM, Grand Rabbin de France
Avec le rabbin Moshé LEWIN, porte-parole du Grand Rabbin de France
M. Mohammed MOUSSAOUI, président du Conseil français du culte musulman
Avec M. Anouar KBIBECH, secrétaire général du Conseil français du culte musulman
Révérend Olivier WANG-GENH, président de l’Union bouddhiste de France

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25 mars 2011 5 25 /03 /mars /2011 10:31

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21 mars 2011 1 21 /03 /mars /2011 16:21

 

Les résultats du premier tour des élections cantonales du 20 mars 2011 doivent impérativement tirer le Parti socialiste du nombrilisme morbide, dans lequel la perspective de primaires ouvertes, l'attente de la candidature interne de poids lourds plus ou moins lointains et l'assurance du rejet de Nicolas Sarkozy par les Français l'avaient replongé.

S'il veut être au centre de l'alternative de gauche en 2012, le PS va devoir réagir et ne pas se laisser bercer par un certain confort des élections locales intermédiaires.

 

Quatre jalons électoraux à retenir

Il y a ceux qui - à gauche - regarderont les résultats du premier tour des cantonales avec contentement. Ils liront dans les résultats que la gauche parlementaire obtient 48,73 % des suffrages, contre une droite parlementaire à 32,06 % et - il est vrai -une remontée quelque peu désagréable du Front National à 15 %. Malheureusement la réalité du scrutin est moins accommodante.

Tout d'abord parce que l'abstention a atteint 55 % ce dimanche ; il est vrai que pour la première fois depuis longtemps, les élections cantonales n'étaient pas couplées avec un autre scrutin local (municipales ou régionales), cependant rappelons que les précédents scrutins de 2008 (Municipales), 2009 (Européennes) et 2010 (Régionales) n'ont pas particulièrement mobilisé les foules non plus et que la sanction enregistrée à chaque fois (en 2009, c'est Europe-Écologie qui en avait profité) par le parti présidentiel le fut essentiellement par la désertion de l'électorat de droite, visiblement dépité par les piètres prestations de celui qu'ils avaient porté aux nues et à l'Élysée en 2007.

Marine Le Pen et Jean-Marie Le Pen, dimanche soir (AFP)Ensuite parce que l'abstention et la progression spectaculaire du vote d'extrême droite confirment aux organisations politiques parlementaires que la gauche- et plus exactement le PS - n'est pas forcément le débouché naturel du mécontentement populaire qui s'exprime face à l'échec et à la nocivité de la politique économique et sociale de Sarkozy-Fillon. La progression du FN est d'autant plus spectaculaire que le parti présidé par Marine Le Pen réunit 15 % au niveau national en n'ayant présenté des candidats uniquement dans les deux tiers des cantons renouvelables. Si l'on ne tenait compte que de ces seuls cantons, le score de l'extrême droite atteindrait entre 19 et 20 %. Par des effets de manches, Marine Le Pen a su prendre en compte l'attente d'un certain nombre d'électeurs des catégories populaires en terme de protection sociale ; en tout cas, si tous les observateurs savent qu'elle n'est pas sincère sur ce terrain, elle le martèle assez régulièrement pour que cela touche un électorat qui a déjà pu voter FN précédemment au moins une fois dans sa vie électorale.

Enfin, avec 25 %, le score du Parti socialiste reste en deçà de ce à quoi l'on aurait pu s'attendre pour le parti pivot de la gauche et autour duquel devrait s'articuler l'alternance ou l'alternative à Sarkozy. Avec un niveau de rejet jamais atteint par le pouvoir de droite, le PS atteint difficilement son score maximum. Le PS français n'a jamais rivalisé avec ses voisins suédois, britanniques ou allemands qui flirtaient voici quelques années encore avec 30/35 % en basses eaux et 40/45 % lors des victoires ; c'était des partis dominants respectivement dans leur champ politique national, alors que le PS devait faire face à un parti communiste puissant et structuré qui tournait encore dans les années 1970 entre 15 et 20 %. Aujourd'hui, les partenaires du PS sont dispersés en de nombreux morceaux - Europe-Écologie Les Verts, PCF, PRG, MRC, PG - bien que les derniers scrutins aient donné quelques perspectives pour les Écologistes, et que ces cantonales ont redonné un peu de vigueur au Parti communiste français dans l'alliance du Front de Gauche (PCF/PG/Gauche unitaire). Mais ces résultats intermédiaires pourraient s'avérer être des feux de pailles et le PS ne peut raisonnablement espérer créer une dynamique à gauche qu'en dépassant régulièrement les 25 % et en flirtant avec les 30 %.

 

La Droite conservatrice et réactionnaire a conquis les imaginaires

Dans leur essai Voyage au bout de la droite : des paniques morales à la contestation droitière, publié le 2 mars 2011, les sociologues Gaël Brustier et Jean-Philippe Huelin ont analysé ce qui semble bien être une évolution profonde des droites européennes et américaines, dans laquelle les bouleversements de la droite française peuvent parfaitement s'insérer.

L'imaginaire contestataire qui a longtemps trouvé dans les idéaux de la gauche les voies de son expression semble depuis quelques années s'être déporté à droite. Néo-conservateurs américains, nationaux-populistes européens, tout ce qui fustige une certaine « bien-pensance » solidaire et droit-de-l'hommiste apparaît aujourd'hui comme le sommet de la contestation. La caricature de cette nouvelle « rebelle attitude » c'est l'accueil fait à Éric Zemmour par un imposant parterre de parlementaires UMP, qui le présentaient comme la nouvelle « victime » tombée au champ d'honneur de la liberté d'expression. Les exclus de nos systèmes de protectionabimés(jeunes ruraux, chômeurs urbains) sont à nouveau disponibles pour être manipulésà la façon du Lumpenprolétariat par une petite élite ultra-libérale, conservatrice, réactionnaire ou nationaliste au choix, selon la conjoncture spécifique de chaque État.

Le risque FN est aujourd'hui majeur et réel ; son discours a imprégné le débat public et les esprits de nombreuses catégories sociales défavorisées. C'est ce que Robert Badinter avait nommé à la fin des années 1990 la « Lepénisation » des esprits. On l'a trop rapidement enterré ; il ne suffit pas de constater un recul électoral momentané pour s'assurer que les dégâts psychologiques n'ont pas laissé de séquelles durables. Ces gens-là ont pu le faire car ils proposent une vision du monde facilement exprimée et assimilable.

Le De fait, en jouant sur la demande légitime de protection sociale des Français, et en continuant à mettre la pression sécuritaire sur la droite parlementaire, Marine Le Pen, avec une image plus policée que son père (ce n'est pas une antisémite assumée), pourrait décrocher le jackpot. Claude Guéant, Brice Hortefeux, Éric Besson et Nicolas Sarkozy, lui-même, n'ont de cesse d'emprunter au FN, sa rhétorique, ses arguments, sa politique, sur les questions de sécurité et d'immigration, légitimant du même coup le discours et les solutions de ce parti. Les dirigeants parlementaires et partisans de l'UMP, Christian Jacob et Jean-François Copé, renvoient depuis plusieurs semaines dos à dos la gauche et le FN, expliquant qu'ils sont tout autant éloigné des « valeurs » des uns et des autres pour justifier le refus d'un quelconque Front républicain. Tout cela en organisant en parallèle des débats qui vise à stigmatiser les cibles traditionnelles de la vindicte nationale-populiste. La logique est évidente ; au rythme où nous avançons, avec en souvenir les expérimentations politiques que Nicolas Sarkozy avaient lancé entre 2005 et 2007 à la tête de l'UMP puis pendant la campagne des élections présidentielles, c'est un schéma à l'italienne qui se prépare. La gauche française doit sortir d'une certaine naïveté qui veut faire croire à l'existence fictionnelle d'une « droite supposée républicaine », à qui l'on pourrait apporter ponctuellement son soutien pour faire barrage au Front national. De droite dite « républicaine », il ne reste de fait que « République solidaire », le Modém, le Parti radical et le Nouveau Centre, c'est bien peu.

Les principaux leadersde l'UMP préparent lentement les esprits pour faire tomber une frontière déjà bien poreuse entre le Front National marinisé, qu'ils qualifieront bientôt de respectable, et eux.

 

Reconquérir les imaginaires collectifs : un préalable à la transformation sociale

Comme le rappellent Huelin et Brustier, Gramsci explique qu'une force politique ou un groupe social ne peut prendre le pouvoir durablement sur une société donnée pour la transformer profondément, sans y avoir préalablement établi son hégémonie culturelle. Léon Blum rappelait le 27 décembre 1920 à la tribune du congrès de Tours que la manipulation politique des masses inorganisées et dépolitisées exposaient à des déconvenues majeures : « Nous savons, en France, ce que sont les masses inorganiques. Nous savons derrière qui elles vont un jour et derrière qui elles vont le lendemain. Nous savons que les masses inorganiques étaient un jour derrière Boulanger et marchaient un autre jour derrière Clemenceau… »

La Gauche doit donc convaincre en profondeur la société française de la pertinence et de la justesse de sa vision, de sa prééminence sur celle de toutes les droites confonduesfondée sur les peurs, l'égoïsme et l'agression. Notre principale difficulté reste donc encore de clarifier notre discours ; malgré la richesse des débats qui peuvent exister dans la gauche personne ou presque n'y est capable de présenter simplement une « vision du monde » cohérente et de la faire assimiler. Plus grave, aujourd'hui, sous prétexte que nous aurions gagné, au gouvernement et dans les collectivités territoriales, nos galons de bons gestionnaires, nombre de nos camarades nous veulent nous interdire de présenter un projet qui soit capable d'enthousiasmer les classes populaires et une bonne partie des classes moyennes au bord du déclassement. En 2011/2012, le « devoir de grisaille », la revendication d'une supposée justesse de la « rigueur de gauche » face à la « rigueur de droite », cela revient tout simplement à condamner la gauche à ne jamais reconquérir ces classes sociales, car nous refuserions de répondre à leur légitime exigence de protection sociale.

À l'issue d'une réunion, Martine Aubry, Cécile Duflot et Pierre Laurent ont appelé ensemble au rassemblement. Nous avons très peu de temps pour réagir - à peine quelques semaines - avant d'avoir très peu de temps pour convaincre - à peine quelques mois. Et en parallèle, la Gauche doit relever le défi d'apprendre à devenir solidaire. Elle doit impérativement comprendre que les conditions de sa victoire dépendront des modalités qu'elle choisira pour faire son unité. Évidemment la nature et la portée du projet que porteront les socialistes facilitera ou compliquera d'autant plus la voie du rassemblement. Mais celui-ci au regard des enquêtes d'opinions, vérifiées dans les urnes ce 20 mars, n'en est que plus impérieux et nécessaire. Il est urgent que nous ayons un projet pour faire reculer le Front National, il est urgent que la gauche s'unisse pour faire reculer les idées du Front National.

Car disons le ici une fois pour toute, il n'est pas acceptable que certains de nos camarades se satisfassent d'un 21-Avril à l'envers en 2012 ; j'entends déjà la petite musique feutrée de certains, le candidat de gauche enfin déclaré face à Marine Le Pen au 2nd tour de la présidentielle, voilà une situation qui nous éviterait d'avoir à courir après les voix de la gauche, voilà qui nous éviterait de porter un programme trop marqué à gauche, voilà qui ne nous obligerait pas à des dépenses trop importantes pour reconstruire la protection sociale et le système de solidarité nationale. Remporter l'élection de cette manière ne permettrait pas de transformer la société française et de peser sur la construction européenne ; et ne pas répondre aux attentes sociales des Français nous prépareraient des lendemains plus tragiques que nos matinées post-électorales de mars 2011.

 

Frédéric Faravel
Secrétaire fédéral aux relations extérieures du PS Val-d'Oise

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28 février 2011 1 28 /02 /février /2011 07:52

Hier soir à 20h00, le Président de la République - Nicolas Sarkozy - nous a expliqué au détour d'un remaniement ministériel la nouvelle vision qu'il souhaitait développer au regard des bouleversements que vit depuis plus de deux mois le monde arabo-musulman.

Depuis près de deux mois, la politique extérieure est dans la tourmente. Les comportements déplacés de la Ministre des Affaires étrangères (proposition de l'expertise de la police française pour contenir les manifestations contre le pouvoir en Tunisie, vacances dans ce même pays alors que la révolte y grondait entre noël et jour de l'An, relations personnelles inadéquates avec des personnalités proches du régime autoritaire, explications vaseuses voire mensonges avérés et répétés à son retour), du Premier ministre (vacances du chef du gouvernement en Egypte, avec déplacements payés par le régime autoritaire, alors même que celui-ci était contesté par des foules démocratiques) et d'un petit clône du Président de la République envoyé comme ambassadeur en Tunisie (propos insultants à l'encontre de journalistes tunisiens alors même qu'il s'agissait de renouer les fils rompus entre la France et la Tunisie libérée) ont mis en lumière jusqu'à la caricature les errements de la politique internationale de la France.

Mais le plus grave de cette affaire tient surtout à la lenteur de la réaction de la Présidence de la République face à une situation historique. Certains ont reproché à François Mitterrand des postures qu'ils jugeaient négatives au moment de la Libération de l'Europe centrale et orientale du joug soviétique ou pendant les guerres nées de l'effrondrement de la Yougoslavie, mais la République n'était pas alors ainsi sur la touche comme nous avons pu le constater depuis la fin décembre 2010.

Michèle Alliot-Marie a évidemment commis des fautes politiques inexcusables qui lui auraient valu une démission immédiate dans la plupart des démocraties européennes, de même que le Premier ministre, ou à la marge ce petit roquet de Boris Boillon. Il faut noter que la France est le seul pays qui se voit contraint à procéder à un remaniement ministériel du fait des enjeux nés des révolutions démocratiques arabes. Mais osons le dire, MAM est bien frêle bouc émissaire pour permettre à Nicolas Sarkozy de camoufler la faillite de sa politique.

 

Pour mieux comprendre le niveau de décomposition dans laquelle la France a noyé son discours, il me paraît utile de revenir sur quelques années de choix politiques qui se sont accumulés jusqu'à ce que les fonctionnaires du Ministères des Affaires étrangères et européennes eux-mêmes (pourtant peu suspects d'être de dangereux agitateurs gauchistes, dans leurs idées ou dans leurs comportements) en viennent à prendre le pays à témoin.

 

La poursuite d'orientations politiques amorcées à la fin du quinquennat de Jacques Chirac

Maintes fois revendiquée, la "rupture" de Nicolas Sarkozy n'est finalement qu'un trompe-l'oeil. En effet, dès 2005, Jacques Chirac va chercher à corriger les conséquences de l'affrontement qu'il a eu avec Geroge W. Bush sur la Guerre en Irak.

Il s'en suit un rapprochement diplomatique avec les Etats-Unis d'Amérique assez évident dès la fin du quinquennat du président Chirac, qui posera avec Dominique de Villepin les bases de la future réintégration de la France dans la totalité du commandement intégré de l'OTAN. Evidemment, Nicolas Sarkozy - ce "conservateur américain à passeport français", comme l'avait si bien décrit en 2006 son futur disciple Eric Besson - ne s'est pas fait prier pour approfondir l'amitié franco-américaine, dès son entrée en fonction. Mais il faut noter par ailleurs que le Président Sarkozy se trouva finalement plus à l'aise avec Bush Jr qu'avec son successeur - avec lequel tout le monde a pu constater qu'il essaie avec ridicule de rechercher la comparaison. La réalité est que si Sarkozy s'agite beaucoup sur la scène internationale au point d'avoir revendiqué le salut financier du monde, c'est bien Barack Obama qui donne le tempo des discussions sur ce sujet comme sur d'autres. On pourra également noter que les conseillers et thuriréfaires du président Sarkozy se réfèrent constamment au fait que les Américains n'avaient pas non plus prévu les révolutions arabes pour justifier la propre atonie de la France... au moins Obama a-t-il poussé Moubarak à la démission...

Ainsi, si, dans les allocutions diplomatiques officielles, la Présidence américaine vante "l'énergie" de Sarkozy, les cercles politiques américains et européens savent désormais presque tous ce qu'ont compris bon nombre de Français, c'est que ce dernier est avant tout un agité.

Mais la relation pré-sarkoziste aux Américains impliquent une difficulté majeure : ces choix d'alignement atlantiste qui nous amènent aujourd'hui à un engagement en Afghanistant, sans feuille de route politique, sont partagés par les chiraquiens. La nomination d'Alain Juppé au MAEE ne changera donc rien à cette orientation et les critiques quelque peu surjouées de Gallouzeau de Villepin n'ont pas d'autre portée que le théâtre d'ombres auquel ce dernier nous a habitué : ils ont l'un et l'autre vraisemblablement été largement associés à leur définition et à cet abaissement de l'indépendance française et européenne.

 

Une vraie rupture avec les valeurs portées par la République

Après un discours larmoyant et plein de bons sentiments devant ses supporters le soir de son élection en mai 2007, Nicolas Sarkozy avait donné le sentiment de porter haut les couleurs des Droits de l'Homme sur la scène internationale. Cependant, on a rapidement compris la portée cosmétique et "diverstissante" (au sens pascalien du terme) qu'il donnait à cet engagement quand fut créé un secrétariat d'Etat aux Droits de l'Homme, rattaché au MAEE, façon subtile de démontrer que ces considérations ne seraient plus qu'annexes dans la politique internationale de la République, par ailleurs directement menée par l'Elysée, avec un Bernard Kouchner et un Quai d'Orsay marginalisés, l'un comme l'autre. La détentrice du marocain des Droits de l'Homme se faisait d'ailleurs régulièrement sermoner par l'Elysée ou par Kouchner dont le passe-temps en l'absence d'emprise quelconque sur la conduite des affaires extérieures du pays semblait être de se soulager sur sa secrétaire d'Etat.

La rupture annoncée avec la Françafrique fut suivi de son renforcement. La visibilité accrue de l'avocat Robert Bourgi, le renforcement des liens avec le Gabon des Bongos, le Congo de Sassou-Nguesso en sont des expressions flagrantes. La Françafrique sait également prendre des formes d'action nouvelle ; alors que Chirac avait par deux fois tentés de fomenter des coups d'Etat militaires contre Laurent Gbagbo en 2000 puis en 2002 pour défendre les intérêts français, cette fois-ci on peut constater la mollesse de la détermination française à peser sur ce même Gbagbo devenu un dictateur sanguinaire et maffieux ; de fait le statu quo de la division de la Côte-d'Ivoire ne semble pas tant déranger l'Elysée que cela : les amis du pouvoir (Bolloré, Bouygues) conservent des intérêts économiques évidents dans leurs relations avec le dictateur et il sera toujours temps de s'arranger avec Ouatarra si jamais les choses venaient à évoluer.

La mansuétude de la France avec le régime militaro-maffieux en place à Alger n'est plus un mystère. Les grands débats sur la reconnaissance de la guerre d'Algérie et des responsabilités de la puissance colonisatrice n'empêchant personnes de commercer. On est bien loin du discours de La Baule en 1990 quand François Mitterrand conditionnait le renforcement de l'aide française aux progrès de la démocratie.

Le discours de Dakar de Nicolas Sarkozy en peignant le tableau d’une Afrique et d’un homme Africain immobile, prisonnier d’une nature immuable a suscité l'indignation des habitants dans toute l’Afrique et au delà. L'Elysée n'a de toute manière que faire de considérer les peuples en marche, seul l'intéresse les régimes avec lesquels on peut commercer et éventuellement mener des guérillas sanguinaires pour profiter de l'uranium nigérien ou restraindre le flux migratoire en provenance du Sahel. La Présidence française n'a que faire que l'Homme africain soit entré dans l'histoire ou pas - ce genre de considérations, par ailleurs, le dépasse et il n'en aurait vraisembablement jamais parlé si son conseiller particulier Henri Guaineau ne lui avait glissé dans son texte - pourvu que les régimes du Maghreb et du Sahel servent de matons pour préserver l'Europe et la France de leur propres populations.

L'action inhumaine en terme de politique d'immigration, menée par Hortefeux et Besson, est la traduction la plus concrète de là où le Président de la République place dans sa vision du monde ce continent qui devrait être le principal partenaire stratégique de l'UE.

Rupture avec la République enfin sur les questions européennes. Car à l'évidence, si l'impasse institutionnelle dans laquelle s'est enfermée l'Union européenne - depuis les années 2000 avec des élargissements mal préparés - mérite évidemment qu'on y apporte une réponse politique et dialectique, ce n'est pas en méprisant l'expression des peuples qu'une Europe démocratique et sociale, ou une Europe puissance, pourra émerger.

D'ailleurs, à la faveur de la crise financière internationale et des assauts des marchés contre les économies irlandaise, grecque ou portugaise, c'est vers une nouvelle punition des populations que s'orientent le Président de la République en s'alignant sur les priorités de politiques intérieures d'Angela Merkel, chancelière conservatrice allemande : Le pacte d’austérité proposé par Madame Merkel et qui promeut la modération salariale, la baisse des protections collectives et la suppression de nombreux services publics pourrait signer dans l'esprit des peuples européens la fin définitive d'une espérance européennne déjà fortement entamée.

Pour nous qui plaidons la perspective d'une République européenne, c'est un véritable désastre. Devant le tribunal de l'histoire, Sarkozy, Barroso et Merkel seront en bonne place comme fossoyeurs de l'union européenne, que les mouvements d'épaules saccadés du président français traduisant son excitation d'avoir fait adopter le Traité de Lisbonne ne compenseront évidemment pas.

Evidemment l'aplatissement de la France devant les exigences russes et chinoises ne font que compléter le tableau déjà sombre de bientôt quatre années de relations internationales sarkozistes.

 

Pour la première fois, l'exécutif français mène une politique étrangère de classe

Vous me voyez désolé de ressortir un vocabulaire que d'aucun pourront trouver daté ou odieusement marxiste (pour moi le marxisme n'est pas odieux). Mais s'il faut chercher une explication à la réorientation profonde de la diplomatique française, qui plonge aujourd'hui notre politique extérieure dans un tel désarroi, c'est la conduite des affaires étrangères de la France n'est plus en aucun point soumis à des considérations d'intérêt général mais à la promotion d'intérêts privés.

Longtemps on a expliqué que la politique extérieure était un consensus gauche-droite, plaçant notre pays - ancienne super puissance coloniale, devenue puissance moyenne - dans un rôle à part, que soutenait l'espérance de nombreux peuples dans le message universel de la Révolution française - Liberté, Egalité, Fraternité. La Marseillaise a conservé en Amérique latine notamment la teneur révolutionnaire et subversive, qu'elle a depuis longtemps perdu dans l'hexagone, c'est l'hymne de nombreux partis de gauche dans ses pays et cela nous rappelle que les Révolutions russes de 1905 et de février 1917 ont été menées avec les accents de Rouget-de-Lisle.

Je ne suis pas naïf au point de croire que les affaires étrangères étaient une question d'idéal avant Nicolas Sarkozy. Si la Françafrique reprend du poil de la bête c'est bien qu'elle existait auparavant. Bien des peuples ont été opprimés au nom des intérêts économiques et stratégiques français, enrichissant au passage les nombreux cancrelats humains qui se nourrissent du malheur des peuples. Mais, bien que les valeurs républicaines aient pu être à de nombreuses reprises détournées à des fins plus mercantiles, la France restait porteuse de son message universel. Les intérêts des Français étaient défendus.

Aujourd'hui il n'est plus question - en aucun cas - de cela.

Où dans les révolutions arabes qui ont commencé à la mi-décembre l'intérêt de la France et des Français a-t-il été défendu ? Se mettre à dos les manifestants et vraissemblablement les futurs dirigeants de ce que tous espèrent bientôt les Démocraties arabes était-il dans l'intérêt du pays ? Insulter l'Homme africain était-il dans l'intérêt de la France ? S'aplatir économiquement et politiquement devant la Chine était-il dans l'intérêt de la France ?

La seul étalon de référence qui prime dans la politique de Nicolas Sarkozy n'est même pas une vision réactionnaire des relations internationales - ce qui ne veut pas dire qu'il ne le soit pas -, mais uniquement l'intérêt des capitaines d'entreprises qui forment son premier cercle d'amis et de financeurs de campagne électorale. La politique extérieure de la France et malheureusement sa dérive ne s'explique plus aujourd'hui que parce qu'elle est subordonnée aux intérêts de Messieurs Bouygues, Bolloré ou Dassaut. Voilà la réalité !

Il est donc urgent que la gauche, rassemblée, énonce une fois pour toute une vision internationale : il faut inventer une politique étrangère de gauche, comme il exista autrefois une politique étrangère française. Si jamais plus tard, autour d'elle, pouvait se recréer le consensus qu'on dit avoir existé précédemment, cela ne sera pas plus mal. Le Parti socialiste a donc comme mission impérative de préciser sa pensée politique en la matière au-delà des pétitions de principes qui présidèrent à sa convention "nouvelle donne internationale & européenne" ; il doit aussi impérativement affirmer sa vision de l'avenir de la construction européenne avant qu'il ne soit trop tard, car la France ne pourra plus avoir de politique étrangère de manière isolée.

Pour tout cela il est préférable que les choses soit dite avant 2012 et la possibilité de renvoyer Nicolas Sarkozy aux études qu'il n'a vraissemblablement pas assez faites et soustraire les relations internationales de la Républiques françaises aux intérêts d'une oligarchie égoïste.

 

* * *

Il est détestable que les grandes affaires internationales ne soient évoquées publiquement par le Président de la République qu'aux fins de camoufler des intérêts de basse politique politicienne intérieure. L'expression de ses portes-voix - sur le thème "Nicolas Sarkozy adapte le dispositif français pour faire face à une nouvelle phase des relations internationales" - étaient risibles et le resteraient si elle n'abaissait pas encore un peu plus l'image de la République.

Au moins, il est clair aujourd'hui que l'alternative en politique intérieure comme en politique extérieure ne viendra dans ce pays qu'à l'occasion d'une véritable alternative politique en 2012.

Mais ne nous y trompons pas. Il est peu probable que les Français fassent leur choix en fonction de la politique extérieures qui sera défendue par les candidats en lice. Nicolas Sarkozy a encore au moins cette habileté sournoise et délétère de savoir manier les affaires étrangères à la seule fin de mobiliser les peurs dans le débat de politique intérieure français. La dénonciation du terrorisme et de "flux migratoires incontrôlables" est là pour nous rappeler que le palais de l'Elysée est occupé par un homme qui y est parvenu en faisant la synthèse de tout ce qui existe de pire à droite : populisme, bonapartisme, réaction et ultra-libéralisme...

La Gauche pour gagner doit affirmer une vision claire sur l'international et ne pas être pris en défaut, mais il faudra avant toute chose appeler à une alternative économique et sociale réelle pour que les Français aient envie de changer de locataire à l'Elysée.

Frédéric Faravel
Secrétaire fédéral aux relations extérieures du PS Val-d'Oise

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16 février 2011 3 16 /02 /février /2011 12:41

Je mets en ligne sur mon blog les éléments qui ont nourri et constitué le débat public sur le Grand Paris à Jouy-en-Josas, dans lequel je suis intervenu le 30 novembre 2010.

Quelques corrections dans le texte de mon intervention, téléchargeable avec le verbatim :

  • il ne s'agit de l'institut Pierre-Simon-l'Atlas, mais Pierre-Simon-Laplace ;
  • la TV locale des Yvelines n'est pas TVFIL ouest mais TVFIL 78.

 

Cliquez sur la vignette pour accéder au compte-rendu vidéo :

Télécharger le compte-rendu

Télécharger les verbatims

Télécharger la bande son de la réunion

Visionner :

La présentation de la CPDP

La présentation du MO

La présentation de M. Gérard LACOSTE (Directeur Général Adjoint de l'IAU île-de-France)

La présentation de M. Alain MOULET (Conseiller Innovation, Compétitivité et Aménagement numérique - DATAR)

La présentation de M. Jacques TOUCHEFEU (Directeur général de l’EPA ORSA)






















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9 février 2011 3 09 /02 /février /2011 08:09

  SIGNEZ LA PETITION : Le pacte de compétitivité c'est non, trois fois non ! Les propositions d’Angela Merkel et de Nicolas Sarkozy, appelées « pacte de compétitivité » sont inacceptables et constituent une menace considérable sur notre modèle social et démocratique. NON nous n’acceptons pas l’austérité salariale et la flexibilisation du marché du travail. NON, nous n’acceptons pas l’allongement de l’âge de la retraite et son évolution systématique en fonction du vieillissement. NON, nous n’accepterons pas que l’interdiction de déficits soient inscrits dans la constitution.

Rejoignez les premiers signataires de ce texte en remplissant le formulaire figurant sous l’article.

Les propositions d’Angela Merkel et de Nicolas Sarkozy, appelées « pacte de compétitivité » sont inacceptables et constituent une menace considérable sur notre modèle social et démocratique.

NON nous n’acceptons pas l’austérité salariale et la flexibilisation du marché du travail.

Les salaires ont déjà connu une quasi stagnation pour une grande masse des salariés et même -singulièrement en Allemagne, mais aussi en France- pour certains un recul. Il faut au contraire engager une politique de revalorisation salariale et garder l’indexation salariale sur l’inflation dans les pays où elle existe. Le décrochage risque de provoquer un cataclysme et un appauvrissement généralisé de la population.

NON, nous n’acceptons pas l’allongement de l’âge de la retraite et son évolution systématique en fonction du vieillissement.

Inutile de rappeler le mouvement et la mobilisation des français qui veulent défendre le droit à la retraite à 60ans, que nous voulons restaurer. Déjà le passage à 62 ans est inacceptable mais là c’est 67 ans qui est prôné, au nom de l’alignement au modèle « vertueux » de l’Allemagne, qui de surcroit à une démographie en déclin ! La conséquence de ce genre de décisions est l’apparition massive de retraités pauvres et des masses de salariés fatigués usés.

NON, nous n’accepterons pas que l’interdiction de déficits soient inscrits dans la constitution.

Seul le peuple souverain, son parlement peuvent décider selon les circonstances économiques des choix budgétaires adaptés aux situations. Parfois il faut investir et dépenser pour en recueillir ultérieurement les fruits, même en termes d’équilibre budgétaire. Inscrire dans la constitution un cadre contraignant est la négation de la démocratie et l’asservissement à un dogme.

C’est donc trois fois NON !

La Confédération Européenne des syndicats a fait connaitre son opposition à ce pacte.

Pour le Président du PSE, Poul Nyrup Rasmusen, ce pacte fait insulte à des millions d’Européens à qui l’on demande de nouveaux sacrifices sociaux alors que la finance n’est toujours pas contrôlée.

Nous ne concevons pas un « gouvernement économique » ni comme prétexte à l’abandon de toutes les grandes avancées sociales du siècle précédent, ni comme dessaisissement démocratique des citoyens et des peuples !

La compétitivité « promise » par les libéraux n’est fondée que sur une restriction budgétaire permanente et sur des reculs sociaux majeurs et durables. C’est tout l’inverse de ce qu’il convient de faire pour asseoir la relance de la croissance , à savoir le soutien au pouvoir d’achat des couches populaires, l’innovation et les investissements d’avenir et l’instauration d’un juste échange favorisant un progrès continu pour les salariés de nos pays et du monde.

Le pacte de stabilité monétaire avait déjà été présenté comme indispensable pour assurer la cohésion de la zone Euro, permettre la création de millions d’emplois et une économie performante. Il a contribué, au contraire, à brider les investissements, à entretenir le chômage de masse, à accroitre les inégalités au sein de la Zone euro tant entre pays qu’entre citoyens, à freiner la croissance de notre continent sans même parvenir à réduire les déficits publics.

Ces choix nous ont conduits dans le mur, la crise financière a montré le scandale et les dangers de ce système. Les Etats et les peuples ont du payer – et payent encore- un lourd tribu à cette crise, il est hors de question qu’ils doivent continuer à faire les frais de cette situation, et moins encore d’inscrire dans la durée des reculs inacceptables qui ne profiteront qu’aux détenteurs du capital et autres investisseurs financiers.

Ce pacte de compétitivité n’est donc pas négociable. C’est une toute autre logique que nous devons défendre et qui est fondée sur certains préalables : une clause systématique de non recul et de la nation la plus favorisée, l’instauration des convergences sociales et harmonisations fiscales vers le haut, un budget européen soutenant des filières industrielles, des investissements d’avenir, une solidarité entre régions riches et pauvres de l’UE, un pacte de relance de la croissance fondé sur la relance de la consommation intérieure en Europe et des protections ciblées pour contrecarrer les délocalisations et le dumping social et environnemental. Enfin autoriser la Banque centrale européenne a émettre des « eurobonds » pour stabiliser l’euro.

Lors du dernier Conseil européen, ce pacte a fait l’objet de vives critiques de la part de l’Autriche, de la Belgique, de l’Espagne, de l’Irlande, du Luxembourg, de la Pologne et du Portugal.

Malheureusement, la Commission Européenne a d’ores et déjà rédigé un ensemble de six directives imposant, dans le cadre de la gouvernance économique de l’Union Européenne, des sanctions financières quasi-automatiques en cas de non respect du pacte de stabilité, et instaurant un pacte d’austérité salariale invitant les Etats membres à améliorer leur compétitivité en abaissant leurs coûts salariaux ! Le contenu régressif de ces directives, actuellement discutées au Parlement européen, doit être âprement combattu par le groupe des Socialistes et Démocrates !

Je signe cette pétition :

- pour refuser tout compromis sur les bases de ce pacte de compétitivité et de directives qui en seraient la traduction

- pour que soit organisée une riposte conjointe des socialistes et de la gauche européenne, de mobiliser l’opinion afin de faire échec à ce projet 

- pour fédérer en France les forces de gauche pour empêcher l’inscription dans la constitution de la limitation des déficits, pour manifester contre les décisions qui se préparent au sommet européen de mars, en lien avec les organisations syndicales et d’exiger un référendum en cas d’acceptation par Nicolas Sarkozy de ce pacte.

Premiers signataires : Benoît HAMON, Henri EMMANUELLI, Liêm HOANG NGOC, Marie-Noëlle LIENEMANN


Photo Angela Merkel et Nicolas Sarkozy : Sebastian Zwez, Creative Commons Allemagne 2009

Signer la pétition

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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 08:54

Edouard Glissant s'est éteint ce jeudi 3 février 2011. Avec Aimé Césaire, c'est l'un des plus grands hommes que les Antilles aient offert à la République et au monde.

Ici je mets en téléchargement trois excellents articles de Médipart, dont un signé Glissant lui-même à l'occasion du décès du père de la "négritude".

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9 décembre 2010 4 09 /12 /décembre /2010 11:20

2eRallyeLogement.jpgRALLYE II

  POUR LA SOLIDARITE URBAINE

CONTRE LES COMMUNES HORS-LA-LOI

 

Après le succès du premier Rallye pour la Solidarité Urbaine et contre les communes hors-la-loi, le Collectif Départemental du Logement organisera le 11 décembre le RALLYE II.

 

La Préfecture du Val d'Oise semble toujours ignorer les 25 communes de plus de 1 500 habitants du département (sur 62) qui ne respectent pas la loi SRU, leur imposant un minimum de 20% de logements sociaux sur leur territoire. Il manque pourtant aujourd'hui plus de 6 000  logements dans le département et 30 000 demandes sont en attente. 10% de ces demandes émane de ces communes hors-la-loi.

 

Dans un accès de cynisme, la Préfecture va même jusqu'à exercer, à travers l’application de la loi DALO, une pression grandissante sur des communes comme Bezons ou Argenteuil –qui, elles, respectent la loi SRU, afin d'accueillir des familles provenant d'autres communes!

 

Afin de dénoncer ce véritable scandale  et exiger la construction de logements pour tous et partout, le Collectif Départemental du Logement, composé d'élus et d'associations organisent le :

 

 

RALLYE II POUR LA SOLIDARITE URBAINE

11 décembre à partir de 9h00

RDV : Mairie de Bezons, rue de la mairie

 

 

Il se rendra dans 3 nouvelles communes du département qui comptent moins de 5% de logements sociaux et rencontrera la population pour dialoguer et lutter contre la loi BOUTIN et le désengagement inadmissible  de l'État.

collectifdepartementallogement.jpg

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26 novembre 2010 5 26 /11 /novembre /2010 08:15

La Presse et certains membres du Parti socialiste poussent des cris d'orfraie depuis que la Première Secrétaire du PS a clarifié et confirmé sur France 2 l'existence d'une entente entre Dominique Strauss-Kahn et elle, nouvellement élargie à Ségolène Royal, dans l'objectif de présenter le meilleur des candidats socialistes à l'élection présidentielle de 2012.

Mettons de côté ce qui tient d'une déclaration devant les téléspectateurs pour assurer l'opinion publique de l'unité du PS - il est vrai qu'on s'inquiète toujours pour elle, certains responsables socialistes ne faisant pas toujours preuve d'intelligence politique -, les petits candidats sociaux-libéraux (François Hollande, Manuel Valls, Pierre Moscovici) à une éventuelle primaire dénoncent en fait un court-circuitage de la procédure qui serait donc dévoyée et rendue inutile... Du simple fait de cette entente, les électeurs auraient donc été soudainement bercés d'illusions et trompés.


Mais enfin de qui ce moque-t-on ? Car :

  • si Ségolène Royal vient élargir l'entente, rappelons que DSK et Aubry s'étaient déjà alliés en présentant une motion commune (la D) au congrès de Reims, et que l'incohérence politique à mêler la carpe et le lapin était déjà présente à l'époque, mais cela n'avait alors pas posé problème à ces camarades ;
  • des primaires ouvertes à tous les électeurs n'auraient de sens que si elles étaient organisées dans le cadre d'un rassemblement de la gauche, or depuis des mois, le PS n'a rien fait de très convainquant pour le permettre ;
  • lors de la convention "Rénovation" en juin-juillet 2010, de nombreux militants socialistes, dont j'étais, avaient soumi des amendements pour expliquer que sans co-organisation des primaires par plusieurs partis de gauche, cette procédure était morte-née et qu'il faudrait revenir au fonctionnement antérieur (d'ailleurs les statuts du PS n'ont pas été modifiés, et officiellement s'est toujours aux adhérents de plus de 6 mois à jour de cotisation qui doivent désigner le candidat du PS)... Mais à l'époque nos sociaux-libéraux avaient jugé ridicules nos affirmations.

Sans Etats-Généraux de la Gauche, sans négociations d'un contrat de gouvernement et d'un accord électoral avec nos principaux partenaires, sur lesquels des primaires de la gauche seraient assises, celles-ci n'ont aucune utilité. Certains font semblant de le découvrir, mais évidemment, si la formule ambitieuse présentée à l'origine n'est pas mise en oeuvre, il était logique que l'on se retrouve avec des petites primaires de confirmations pour socialistes.

CQFD

Frédéric Faravel

Secrétaire fédéral aux relations extérieures du PS95

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25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 08:22

Les Français ont la passion de l'égalité. Depuis la Révolution de 1789, cette passion n'a pas vraiment été démentie. Quand elle est contrariée par le pouvoir, il y a révolte. Au regard du pacte social français établi depuis la Libération sur la base du programme du Conseil National de la Résistance, largement inspiré par les socialistes d'alors, deux leviers tiennent particulièrement à cœur nos compatriotes : les retraites et la sécurité sociale. Et ne nous y trompons pas, l'offensive de l'UMP sur les retraites n'étaient qu'une mise en jambe pour notre système de protection sociale.

 

Les Français n'ont pas été dupes, ce qui explique le soutien massif qu'a rencontré le mouvement social dans l'opinion. Soutien durable rendu possible par l'unité syndicale.

L'unité politique de la gauche n'a d'ailleurs pas été démentie dans la séquence n'en déplaise à quelques voix discordantes et isolées aux marges de la gauche (Manuel Valls, Jean-Marie Le Guen, François Hollande). Nous avons vu apparaître ainsi de juin à novembre 2010 un véritable Front social.

 

Le mouvement social tel que nous l'avons vécu jusqu'au 6 novembre est terminé. Des fissures sont apparues dans le front syndicales et les partis sont retournés à des préoccupations tactiques de veilles d'élections ou de congrès. Mais nous devons tirer les leçons du mouvement social, de la colère qui monte dans le pays et des doutes qui s'expriment quant à la volonté des socialistes de réellement transformer la société. Nous ne gagnerons en 2012 qu'à la condition expresse que le Front social rencontre un Front politique.

 

La gauche a besoin d'être rassemblée avec un contrat de gouvernement pour le pays

 
Le mouvement social tel que nous l'avons vécu jusqu'au 6 novembre est terminé. Des fissures sont apparues dans le front syndicales et les partis sont retournés à des préoccupations tactiques de veilles d'élections ou de congrès. Mais nous devons tirer les leçons du mouvement social, de la colère qui monte dans le pays et des doutes qui s'expriment quant à la volonté des socialistes de réellement transformer la société.


C'est d'un nouveau Front Populaire dont la France a besoin. Mais un Front Populaire plus structuré, fondé sur un véritable contrat de gouvernement avec nos différents partenaires de gauche. C'est dès maintenant que nous devons leur proposer d'élaborer ce contrat de gouvernement en organisant des États-Généraux de la Gauche au printemps.
Cette stratégie politique, cette démarche de reconquête peut également nous éviter le poison de la présidentialisation et de la personnalisation qui nous a étouffé depuis trop longtemps.
On ne gagne pas sans le rassemblement de la gauche, avec le programme qui en découle logiquement. Rien ne serait plus faux que le raisonnement selon lequel il faut avoir un programme centriste parce que cet électorat ferait partiellement les majorités de 2nd tour.


La convention « égalité réelle » peut nous permettre d'éviter cette erreur qui nous a en partie coûtée l'élection présidentielle de 2002. Elle affiche pour les 5, 10 et 15 années à venir une feuille de route de transformation qui répond aux attentes des Français et de la société civile (logique car elle a été préparée avec eux). Les échos dans la presse, les associations, les syndicats et chez nos partenaires sont bons, car nous rassurons sur notre détermination.
Désormais il nous faut afficher jusqu'au bout notre volonté d'alternative et ne pas se laisser aller à la stratégie perdante de la résignation politique et de la « rigueur de gauche » qui n'aurait pas grande différence avec celle de droite.

 

Frédéric Faravel

Secrétaire fédéral aux relations extérieures du PS Val-d'Oise

pour l'éditorial de "réinventer la gauche Val-d'Oise", la lettre de la motion C

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