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Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube.
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30 mai 2010 7 30 /05 /mai /2010 10:16
République tchèque : le centre-droit obtient la majorité
LEMONDE.FR Avec Reuters, AFP | 29.05.10 | 16h58  •  Mis à jour le 29.05.10 | 21h10


algré une légère avance, les sociaux-démocrates du CSSD sont minoritaires dans le paysage politique de la République tchèque, selon les résultats quasi-définitifs des élections législatives, diffusés samedi 29 mai. Après dépouillement de 99 % des bulletins, le CSSD obtient 22,2 % des voix, contre 20,3 % à aux démocrates civiques de l'ODS. Ces derniers vont désormais pouvoir former une coalition avec les deux autres formations de droite, le nouveau parti TOP09 et les centristes d'Affaires publiques (VV), qui remportent respectivement 15,7 % et 10 % des voix. A cela il fallait ajouter les chrétiens démocrates (KDU-CSL), qui obtiennent environ 5 % des voix.

On ignorait dans l'immédiat comment ces résultats se traduiraient en sièges, mais ils laissent entrevoir que le centre-droit disposerait d'une étroite majorité au Parlement. En effet, les alliés communistes potentiels du CSSD ne recueillent que 12,2 % des voix et les Verts sont purement et simplement exclus du Parlement.

 

 

 

"UNE GRANDE CHANCE POUR CONSTITUER UNE COALITION RESPONSABLE"

"Si ces résultats se confirment, cela offrira une grande chance pour constituer une coalition responsable, une coalition dont le pays a besoin par ces temps difficiles", s'était réjoui le leader de l'ODS, Petr Necas, alors que se dessinaient les premières tendances. Milan Znoj, un politologue tchèque cité par l'AFP, parle quant à lui d'"un choc sur la scène politique". "Ce sera une grande victoire pour la droite et une défaite pour la gauche, principalement pour les sociaux-démocrates", précise-t-il.

En tant que vaiqueur du scrutin, le leader du CSSD, Jiri Paroubek, devrait être chargé par le président Vaclav Klaus de former un gouvernement. Mais il a d'ores et déjà admis que le score de son parti n'était "certainement pas un succès" et que le pays allait passer sous la coupe d'une coalition de droite.

M. Paroubek, premier ministre du pays entre 2005 et 2006, partait favori lors de ce scrutin. Son parti a compté jusqu'à 10 points d'avance dans les sondages face à ses rivaux de l'ODS avant de voir cet écart fondre. Jusqu'à vendredi, les sondeurs étaient incapables de désigner un vainqueur ou une coalition potentielle pour gouverner le pays.

La République tchèque est dirigée depuis douze mois par un gouvernement provisoire après la chute de l'équipe de centre-droite du libéral Mirek Topolanek (ODS), renversé à la suite d'une motion de censure déposée par le CSSD. L'annonce des résultats officiels est attendue dans la nuit de samedi.

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28 mai 2010 5 28 /05 /mai /2010 21:16

BAROMÈTRE DE LA POLITIQUE ÉCONOMIQUE
BVA – ABSOLUCE – LES ÉCHOS – FRANCE INFO - 26 mai 2010

L’Institut BVA a réalisé ce sondage par téléphone les 21 et 22 mai auprès d’un échantillon de 1005 personnes, représentatif de la population française âgée de 15 ans et plus.
La représentativité de l’échantillon est assurée par la méthode des quotas, appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, profession du chef de famille après stratification par région et catégorie d’agglomération.

Longtemps attendues, les propositions du PS sur la réforme des retraites sont très bien accueillies, étant jugées nettement «meilleures», et «plus justes» mais aussi, avec un écart moindre, plus «crédibles» et «plus efficaces» que celles du gouvernement.
Il faut dire que le terrain est favorable au PS : les Français tiennent à la retraite à 60 ans comme à un acquis social et, plus globalement, ne considèrent pas qu’il soit inéluctable d’augmenter la durée de cotisation ou l’âge légal de départ à la retraite pour garantir le système pour le moment.
Il est à l’inverse doublement miné pour le gouvernement, non seulement en rupture avec l’opinion sur ces sujets, mais aussi en panne de confiance, les 2/3 des Français (et, désormais 40% des sympathisants de droite) jugeant «mauvaise» sa politique économique.

1. Pas d’effet de la bonne séquence Grecque pour Nicolas Sarkozy concernant la politique économique du gouvernement : les 2/3 des Français et 4 sympathisants de droite sur 10 la jugent mauvaise

Les 2/3 des Français (67%) jugent «mauvaise» la politique économique du gouvernement et seulement 28% la jugent «bonne». Plus fâcheux, si le consensus sociologique dans le rejet n’est guère nouveau (70% auprès des CSP+ et 76% auprès des CSP-), il tend désormais à gagner une part croissante de sympathisants de droite : 40% d’entre eux partagent les jugements négatifs de leurs concitoyens. Ils ne sont plus à présent que 55% à soutenir la politique économique gouvernementale alors qu’ils étaient encore 71% en septembre dernier.
Nul doute pourtant que la bonne séquence médiatique de Nicolas Sarkozy avec son rôle à la fois efficace et discret dans la crise grecque lui servira en tant que candidat en 2011 ou 2012. Pour le moment en tout cas elle ne lui apporte que peu de gains à court terme à la fois en popularité personnelle (celle-ci ne remonte que de quelques points et reste très faible) et de jugements positifs sur son action économique.

2. Le projet du PS sur la réforme des retraites est nettement préféré aux orientations gouvernementales

Une très large majorité de 57% contre 33% de Français estime que le projet de réforme des retraites du PS est « meilleur » que celui du gouvernement (soit 63% contre 37% si on exclue les personnes ne se prononçant pas sur le sujet).
Ils sont encore plus nombreux à estimer que ce projet est « plus juste » : 59% contre 32% (soit 65% de ceux faisant un choix entre les deux).
Plus intéressant, voire surprenant encore pour le PS, s’agissant d’une orientation récente et plutôt en contradiction avec les points de vues les plus souvent entendus dans les médias, une majorité relative de Français estime aussi que ce projet est «le plus crédible» (47% contre 41% soit 53% contre 47% si on exclue les sans opinions) et «le plus efficace à long terme» (42% contre 40%, soit 51% contre 49% sans les NSP).
Bref, c’est une bonne séquence pour Martine Aubry quelques jours seulement après l’annonce de ses orientations tant attendues sur le sujet.
Surtout qu’au-delà de ce soutien de l’ensemble des Français, elle bénéficie d’un plébiscite auprès des sympathisants de gauche, futurs électeurs des prochaines primaires socialistes : 61% des sympathisants de gauche (et 65% de ceux du PS) jugent que le projet du PS est «le plus efficace à long terme», 66% (75% au PS) qu’il est «le plus crédible», 79% (86% au PS) qu’il est «le meilleur» et 81% (86% au PS) qu’il est «le plus juste».
Sociologiquement aussi, le résultat est sans appel : le projet socialiste l’emporte sur chacun des indicateurs à la fois auprès des catégories populaires où il écrase le projet du gouvernement, mais aussi, auprès des catégories supérieures où il le domine, mais de façon moins écrasante (notamment sur les aspects «crédibilité» et «efficacité»).
Outre les sympathisants de droite, les retraités (et les plus de 65 ans), qui sont aussi les plus partisans d’un allongement qu’ils ne subiront plus, sont les plus nombreux à privilégier le projet du gouvernement.

3. Les Français rejettent massivement le report de l’âge légal et, plus globalement, considèrent que l’augmentation de la durée d’activité n’est pas le seul moyen de garantir le système

Le succès d’opinion de Martine Aubry est indiscutablement une bonne nouvelle pour elle. Mais au-delà de sa grosse séquence médiatique de la semaine dernière il s’explique surtout par un contexte d’opinion à la fois très hostile au gouvernement, mais aussi, depuis longtemps favorable aux orientations qu’elle vient de prendre : contrairement à l’immense majorité des commentateurs, médias et «expertologues» divers sollicités depuis des années sur le sujet, les Français, très attachés au principe du maintien de l’âge légal à 60 ans «en tant qu’acquis social» (57% contre 41%), rejettent (53% contre 41%) le caractère inéluctable de l’augmentation de la durée d’activité, estimant «qu’on peut très bien garantir notre système de retraite sans avoir à augmenter pour le moment la durée de cotisation ou à repousser l’âge légal». Evident nouveau signe de fracture entre le peuple et les élites !
Les lignes bougent toutefois sur le sujet …
- à la fois dans le temps : le report de l’âge légal s’il est toujours largement rejeté l’est moins qu’en janvier dernier (+7 points d’acception sur le fait qu’il soit repoussé au-delà de 60 ans) et il y a fort à parier qu’il l’aurait été encore moins dans les mois à venir si le PS avait embrassé la position de DSK plutôt que celle de Martine Aubry.
- et au niveau des clivages politiques (la gauche rejette, la droite plébiscite) mais aussi sociologiques : sur les deux sujets il y a consensus entre l’ensemble des actifs qu’ils soient catégories supérieures ou populaires à rejeter majoritairement le report de l’âge légal comme le caractère inéluctable de l’augmentation de la durée d’activité.

Tout au plus observe-t-on un rejet plus fort encore parmi les catégories populaires (74% et 65%). En revanche, actifs et inactifs s’opposent totalement entre eux sur ces questions, les inactifs, retraités et plus de 65 ans, demandant majoritairement aux autres de travailler plus : 55% sont favorables au report de l’âge légal et 54% affirment le caractère inéluctable de l’augmentation de la durée d’activité.

Au-delà du gouvernement – en rupture avec une large majorité de Français sur le sujet – ce résultat devrait sans doute inviter à la réflexion médias et commentateurs qui, comme en 2005 sur le TCE, mettent en avant tous ou presque une position dominante voire évidente parmi « les élites », mais pas du tout auprès du « peuple ».

Analyse réalisée par Gaël Slimane, DGA de BVA opinions

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27 mai 2010 4 27 /05 /mai /2010 17:29

au moins Mitterrand n'avait jamais varié là-dessus...

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27 mai 2010 4 27 /05 /mai /2010 12:53

Communiqué de Marianne Louis, Secrétaire nationale à la Politique de la ville, qui fait suite à l'installation du Conseil national des villes.

Malgré des banlieues au bord de la crise de nerfs, des faits de violence graves, des élus obligés de prendre à témoin l’opinion, le Premier ministre, en installant le conseil national des villes, s’est contenté de discours creux.

Depuis les émeutes de 2005, la situation n’a cessé de se dégrader : chômage, violence, échec scolaire, précarité sont devenus le lot quotidien de millions de nos concitoyens.

Le candidat Sarkozy promettait en 2007 « de consacrer beaucoup d’argent aux banlieues », « n’acceptant pas qu’on se soit résigné à laisser se développer tant de ghettos scolaires et urbains. » 3 ans plus tard, son Premier ministre refuse la rigueur budgétaire pour les plus aisés mais impose l’austérité aux habitants des quartiers plus que jamais dans la difficulté.

Le gouvernement devrait entendre le message porté par l’ensemble des acteurs qui vivent et travaillent en banlieue. Aujourd’hui pour redonner l’espoir à la banlieue, il faut en urgence:

- Renoncer au dogme du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux qui met en danger les moyens de services publics essentiels dans les banlieues : école, santé, sécurité, justice…
- Renforcer en qualité et en quantité les forces de sécurité et de prévention sur le terrain ;
- Respecter la parole donnée de l’Etat et ses engagements contractuels en matière de renouvellement urbain et de contrats de cohésion sociale avec l’élargissement aux questions de transport et d’emploi de ces projets ;
- Durcir les sanctions financières et les modalités de mise en œuvre de la loi SRU contraignant toutes les collectivités à disposer d’un parc de 20% de logements sociaux ;
- Impliquer les acteurs associatifs et les habitants pour redonner du sens à la citoyenneté en banlieue.
- Renoncer au gel des dotations des collectivités territoriales qui sont en première ligne et le dernier rempart pour les territoires fragiles.

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23 mai 2010 7 23 /05 /mai /2010 17:33

Analyse - En prenant le contre-pied de la numéro 1 du PS sur le dossier des retraites, le directeur du FMI tente de se poser en réformateur responsable.

Libération - 22/05/2010 - Par DAVID REVAULT D'ALLONNES

 

La première secrétaire du parti socialiste (PS), Martine Aubry s'adresse aux journalistes le 18 mai 2010 à Paris après le Bureau national du parti. (© AFP Thomas Coex) 

La première secrétaire du parti socialiste (PS), Martine Aubry s'adresse aux journalistes le 18

C’est ce qui s’appelle frapper par surprise. Certes, jeudi soir dans A vous de juger sur France 2, prestation d’abord conçue comme une opération de déminage quant au rôle contesté du FMI dans la crise, Dominique Strauss-Kahn a soigneusement écarté l’échéance de 2012 : «J’ai une mission à remplir, et je ne demande qu’une chose, c’est qu’on me laisse travailler.» Mais ce sensible repli tactique camouflait une percée d’importance, menée au chapitre des retraites celle-là. Quarante-huit heures tout juste après que Martine Aubry eut affirmé que les socialistes s’opposeraient «de toutes [leurs] forces au fait de repousser l’âge légal au-delà de 60 ans», son camarade de Washington a pris l’exact contre-pied de la première secrétaire : «Si on arrive à vivre 100 ans, on ne va pas continuer à avoir la retraite à 60 ans.» Et d’enfoncer le clou idéologique : «Je ne pense pas qu’il faille y avoir de dogme.»

Plus de doute : il s’agit bien de la première escarmouche entre deux des plus sérieux prétendants à l’investiture socialiste, qui, associés depuis le congrès de Reims de 2008, juraient jusqu’ici qu’il n’y aurait entre eux jamais d’affrontement. Dans le premier cercle aubryste, on observait vendredi un mutisme prudent. Pendant que les strauss-kahniens de la direction étaient contraints à de subtiles contorsions. La députée Marisol Touraine, chargée du dossier des retraites : «Pour le PS, non plus, la référence aux 60 ans n’est pas un dogme», ce qui ne sautait pas aux yeux à la lecture des propositions présentées mardi. Jean-Christophe Cambadélis, premier lieutenant de DSK : «C’est la position qu’il a toujours défendue. Il n’était en rien dans la volonté de se distinguer de X ou de Y. Il faudrait être un âne politique pour s’attaquer à Martine au moment où elle réussit.»

Contorsions. Reste que, du côté non strauss-kahnien de la direction, «le coup de pied de l’âne a été ressenti, confirme un de ses membres. Ce n’est pas anodin. Il y a une volonté délibérée de mise en difficulté et une démarche visant à maintenir l’avantage sondagier». Un autre feint de s’interroger : «N’aurait-on pas encore traduit les propositions retraites du PS en anglais de la côte Est ?» Difficile en effet de croire que DSK, dont les interventions dans le champ politique français sont calibrées au micron près, n’avait pas l’intention de se démarquer d’une Aubry contrainte par son aile gauche, Benoît Hamon et Henri Emmanuelli en tête, de ne pas bouger sur les 60 ans. De ce point de vue, c’est carton plein.

Liberté. Alors que le ministre du Budget, François Baroin, jugeait «intelligent» le propos de DSK, la gauche du parti et de la gauche montait au créneau. Crescendo. «L’âge légal de départ à 60 ans n’est pas un problème de dogme, mais une question de justice et de liberté», assène Guillaume Bachelay, proche de Laurent Fabius. «Pour les Français, le maintien de l’âge légal à 60 ans est un bouclier», estime Razzy Hammadi, proche d’Hamon. Jean-Luc Mélenchon, leader du Parti de gauche : «A l’évidence, sa candidature en 2012 compliquerait très sérieusement les capacités de rassemblement et de dynamique de la gauche.» Pendant que le communiste Pierre Laurent se demandait si ces propos étaient «ceux d’un homme de gauche», ou ceux «d’un homme que la fonction de dirigeant du FMI fait inexorablement dériver». Réplique de François Kalfon, proche de DSK : «Dominique Strauss-Kahn n’est pas dans le politiquement correct. Il est extrêmement libre sur l’ensemble des domaines, et s’exprime sans tabou.»

Bousculer les canons, donc. Frapper de l’extérieur, en jouant de sa liberté de mouvement, face à des concurrents empêtrés dans les équilibres de l’appareil. DSK, par l’expérience de la primaire de 2006 instruit, aurait-il pris le parti de faire du Royal ? Avec, dans un contexte de «bataille politique contre le gouvernement», ce risque résumé par un dirigeant Parti socialiste : «Difficile d’être une solution quand on commence à être un problème…»

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11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 09:35

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10 mai 2010 1 10 /05 /mai /2010 11:21

L'Europe répond aux marchés par une riposte massive
LE MONDE | 10.05.10 | 11h32
Bruxelles, bureau européen


Les Européens et la communauté internationale espèrent avoir enfin trouvé la parade pour stabiliser la zone euro. Les ministres des finances des Vingt-Sept ont annoncé, lundi 10 mai, au petit matin, la mise en place d'un plan de sauvetage de l'ordre de 750 milliards d'euros afin d'éviter que la crise grecque ne s'étende à l'Espagne, au Portugal, voire à l'Italie.

Le dispositif est la pierre angulaire d'une série de mesures annoncées dans la foulée par la Banque centrale européenne (BCE), le Fonds monétaire international (FMI), et les principales banques centrales de la planète.

"Ce sont des mesures fortes qui contribueront à la stabilité économique et financière globale", a dit le directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn. Le plan va "renforcer et protéger l'euro", a indiqué Angela Merkel lundi matin.

D'un montant sans précédent, le dispositif a été négocié au forceps, juste avant l'ouverture des marchés asiatiques. La réunion avait débuté sur un coup de théâtre: en raison d'un malaise, le ministre des finances allemand, Wolfgang Schäuble, a dû être hospitalisé d'urgence à sa descente d'avion.

Après son forfait, les grands argentiers ont attendu pendant deux heures son remplaçant, l'ancien bras droit d'Angela Merkel à la chancellerie, Thomas de Maizière.

Réunis à Bruxelles, les ministres des finances se sont surtout déchirés au sujet des modalités du fonds d'assistance esquissé l'avant-veille par les chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro.

PRÊTS BILATÉRAUX
L'Allemagne a insisté pour imposer ses conditions : pas de garantie d'Etat à un emprunt communautaire géré par la Commission, intervention du FMI en cas de besoin, et plafonnement de l'enveloppe "européenne".

Les grands argentiers se sont donc entendus sur un dispositif hybride, c'est-à-dire de nature à la fois communautaire et intergouvernementale. Dans un premier temps, la Commission européenne a été autorisée à emprunter 60 milliards d'euros pour abonder la facilité qui lui permet, avec la garantie du budget communautaire, de prêter de l'argent aux Etats non membres de la zone euro en difficulté: il a été convenu d'ouvrir ce fonds aux pays de l'Union monétaire menacés par des "événements exceptionnels échappant à [leur] contrôle" (article 122 du traité).

L'Allemagne aurait aimé en rester là. Mais selon la plupart des capitales européennes, ainsi que pour la BCE, cette seule enveloppe n'était pas de nature à enrayer les risques de contagion de la crise grecque.

La Commission avait demandé un peu plus tôt dans la journée de disposer de la garantie des Etats de l'Union monétaire afin de muscler le dispositif.

Inacceptable pour l'Allemagne et les Pays-Bas. Avant un coup de fil entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel en fin d'après-midi, Berlin espérait encore dupliquer le schéma mis en place en faveur de la Grèce, en privilégiant les prêts bilatéraux, couplé à l'assistance du FMI. Comme lors du sommet de la zone euro, vendredi, ses partenaires ont exigé la création d'un dispositif "ambitieux", moins compliqué à actionner en cas de besoin.

FONDS DE STABILISATION
En complément, les Etats de la zone euro ont donc décidé de mettre en place une sorte de fonds de stabilisation intergouvernemental, dont ils garantiront l'activité à hauteur de 440 milliards d'euros.
L'idée a été proposée par les Français et les Italiens afin de débloquer les négociations. L'instrument sera susceptible de lever des dizaines de milliards d'euros sur les marchés de capitaux pour financer des prêts, en échange d'une conditionnalité très stricte, calquée sur celle du FMI.

Deux Etats non membres de la zone euro, la Pologne et la Suède, ont promis d'offrir leurs garanties au dispositif. D'autres, comme le Royaume-Uni, ont catégoriquement exclu de le faire. La contribution de la France à ce fonds censé expirer dans trois ans devrait avoisiner les 85 milliards d'euros.

Enfin, il a été convenu avec le FMI que ce dernier abonderait les prêts européens, "au moins" à hauteur de 50 % – soit quelque 250 milliards d'euro. En échange de la création de cet instrument inédit, Espagne et Portugal se sont engagés à amplifier leurs efforts de réduction des déficits d'ici au 18 mai.

Ce mécanisme va être complété par une décision spectaculaire de la BCE. Après avoir traîné les pieds, celle-ci a annoncé son intention d'acheter aux banques les obligations qu'elles détiennent d'Etats fragilisés. Pour enrayer la chute de l'euro, plusieurs banques centrales, dont la Fed américaine et la BCE, ont, enfin, engagé une action concertée en mettant en place des accords d'échanges de devises.


Philippe Ricard
Article paru dans l'édition du 11.05.10

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7 mai 2010 5 07 /05 /mai /2010 10:20

«Europe, réveille-toi !», par Martine Aubry, Poul Rasmussen et Elio di Rupo

Mais où va l’Europe ? Notre continent est pris dans la tourmente. La crédibilité de l’Union européenne est en chute libre tant auprès des citoyens européens que partout dans le monde. Ne nous y trompons-pas : la gestion calamiteuse de la crise grecque est un manquement grave. L’Europe doit se ressaisir si elle ne veut pas sortir des radars de l’histoire voire se disloquer.

La réaction face à la crise grecque a été trop tardive, mal ficelée et incomplète. Depuis janvier, la zone euro est en attente d’une solution à la crise grecque. Pendant tout ce temps, nous avons beaucoup entendu « mon pays d’abord », « les mauvais élèves de la zone euro, dehors ! » et d’autres refrains punitifs du même style. Au courage politique exemplaire de George Papandreou pour rétablir les finances de son pays, la droite européenne, pour des raisons de politique intérieure, n’a fait que prôner encore et toujours plus d’austérité, sans jamais démontrer une quelconque solidarité. Les atermoiements électoralistes des uns n'ont eu d'égal que le silence assourdissant d'autres pourtant d'habitude prompts à se mettre bruyamment en avant. C’est comme si, tout d’un coup, les principes de solidarité et de coopération - fondateurs de l’Union européenne - avaient disparu. Mais les mois perdus coûtent très cher, à la Grèce tout particulièrement, et aussi à l’Europe tout entière qui est aujourd’hui menacée par l’incendie faute de l’avoir circonscrit à temps. La paralysie de la décision européenne a encouragé la spéculation.

Trop tardif, ce plan est aussi mal ficelé. Le dispositif de bric et de broc qui a été retenu, nécessitant une intervention individuelle de chaque Etat européen et du FMI, ne protège pas de la contagion car il est difficilement reproductible à d’autres Etats. L’Espagne, attaquée au lendemain de l’annonce du plan sur le seul fondement de rumeurs, en a fait ces derniers jours la douloureuse expérience. La zone euro a besoin d’un dispositif de sauvetage des Etats en difficulté qui puisse être activé rapidement et désarme par anticipation la spéculation. L’Europe en tant que telle aurait très bien pu intervenir sur la base des articles 122 et 143 du traité, comme l’a proposé le Parti socialiste européen, au travers d’un mécanisme européen de stabilité financière, préfigurant un Fonds monétaire européen. C’était une question de volonté politique face aux diktats des marchés financiers ; elle n’a pas été au rendez-vous.

Le plan de sauvetage est incomplet, car s’il règle temporairement la crise de liquidité à laquelle la Grèce est confrontée, il ne résout pas le problème de solvabilité. Sans rebond de son économie, dont on ne voit pas aujourd’hui les ressorts compte tenu des effets mêmes du plan imposé, la Grèce aura beaucoup de difficultés à rebondir et risque de se retrouver dans la même situation dans 18 mois. C'est pourquoi nous demandons que ce plan soit accompagné par un plan de relance de l’économie grecque mobilisant la Banque Européenne d’Investissement (BEI) et les fonds structurels, mais aussi par une grande vigilance dans la définition et la mise en œuvre des mesures de redressement des comptes.

Plus largement, la crise grecque a révélé les déséquilibres structurels d’une union monétaire sans gouvernement économique. Les socialistes et sociaux-démocrates européens réclament la mise en place sur le long terme d’une véritable gouvernance économique européenne, fondée sur la responsabilité, la solidarité et la coordination. Pour cela, nous insistons sur une coordination efficace des politiques macro-économiques, pas seulement pour consolider les budgets mais aussi pour relancer l’économie, avec des délais raisonnables pour réduire les déficits tout en investissant dans la croissance et l’emploi.

L’Europe paie aussi une inaction face à la crise financière. Dix-huit mois après, rien n’a été fait. De vitupérations en G20, il y a eu beaucoup d’agitation mais jamais de décision. Tout recommence comme avant : les bonus, les stock-options, les attaques spéculatives, les paradis fiscaux et un robinet du crédit toujours fermé pour les PME et les particuliers...Il faut réguler les fonds spéculatifs, créer une taxe sur les transactions financières, limiter les bonus et la rémunération des dirigeants, supprimer les paradis fiscaux, protéger les consommateurs contre les produits financiers toxiques et démocratiser le contrôle des marchés financiers.

Voilà ce que nous devons faire pour que jamais plus les citoyens européens n’aient à payer le prix d’une crise dont ils ne sont pas responsables. Loin d’aller dans ce sens, les droites au pouvoir en Europe ne régulent pas la finance, ne développent pas la gouvernance économique et réduit les moyens d’action publique en prônant le désengagement des Etats, laissant les citoyens sans recours, menaçant un peu plus leurs emplois.

La solution à la crise actuelle n’est pas de chercher des boucs émissaires, mais de retrouver le volontarisme qui a fait l’Europe et de remettre en avant le principe inaltérable la solidarité, sans lequel chacun de nos pays s’enfoncera encore un peu plus dans la crise, sans pays voisins pour venir à son secours. Europe, réveille-toi !

Martine Aubry, première secrétaire du Parti Socialiste Français
Poul Rassmussen, président du Parti Socialiste Européen
Elio di Rupo
, président du Parti Socialiste Belge

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4 mai 2010 2 04 /05 /mai /2010 21:23

La modification nécessaire des politiques européennes pour mettre en œuvre un «nouveau modèle de développement économique, social & écologique»

Notre convention nationale sur un nouveau modèle de développement économique, social et écologique intervient en pleine crise financière, au moment où la zone euro est mise à mal à la suite des mensonges énormes du gouvernement conservateur défait aux dernières élections (mais couvert par de puissants groupes financiers comme Goldman & Sachs) et à la spéculation des marchés financiers sur la dette grecque.

Alors que jusqu'ici l'existence de l'euro avait été un outil unanimement salué en Europe comme facteur de protection économique, l'appartenance de la Grèce à la zone euro ne l'a en aucun cas protégé de la spirale financière et économique des dernières semaines ; pis la lenteur des États européens à réagir face à la situation traversée par un de leurs membres a sans doute aggravé la situation et a permis que les difficultés s'étendent au Portugal et à l'Espagne.

L'enchaînement des faits doit fortement nous interroger en tant que socialistes sur ce que cela signifie profondément de l'état de la construction européenne, de la nécessité de modifier profondément les postulats de base sur lesquels sont bâties les politiques européennes et sur le débat politique que nous devons mener avec nos camarades du PSE.

La crise financière grecque est le révélateur de l'état réel de la construction européenne.

 

Les États européens ont fait preuve en l'occurrence d'une débauche de lâcheté et d'égoïsmes nationaux. On peut reprocher au précédent gouvernement grec ses mensonges et d'être in fine le principal responsable des malheurs de son peuple, on peut exiger un sérieux plus important au regard des erreurs commises. Mais une sévérité comparable n'a pas été de mise pour les grands groupes financiers que l'on jugeait responsables de l'épisode précédent de 2007-2008. Et surtout, on assiste à l'application précise d'un des principes contenus dans l'ex TCE de punir les États-membres qui ne respecteraient pas les règles du pacte de stabilité. Peu importe le sort des populations, peu importe que les premières victimes du mensonge soient le peuple grec lui-même…

La réalité est plus sordide encore : si l'on a tant tardé à intervenir et soutenir la Grèce qui mettait en œuvre des efforts gigantesques pour réparer les erreurs de la droite, ce n'est pas en aucun cas pour défendre des principes budgétaires et le bien commun européen, mais parce que parmi les deux principaux bailleurs de fonds publics européens se trouvaient en pleine élection régionale : le débat fiscal entamé par la coalition Noire-Jaune de Nord-Rheinland-Westphalen ne pouvait souffrir les mécanismes de solidarité envers un autre État membre ; la chancelière fédérale Angela Merkel ne pouvait supporter que le pendant régional de sa coalition fédéral conservatrice-libérale soit défaite électoralement parce qu'elle aurait mis en œuvre le plus élémentaire réflexe de défense entre deux membres d'une même communauté ; il est vrai que le profil de la majorité du Bundesrat peut évoluer le 9 mai après les élections en Rhénanie du nord, et le Bundesrat vaut bien une Grèce !

Ainsi si on a pris tant de retard, si aujourd'hui on paye 110 milliards d'euros quand voici deux semaines on se serait contenté d'en payer 30, si on a laissé les taux d'intérêt augmenter de manière vertigineuse pour la Grèce, si on a laissé se dégrader la note financière de ce pays, puis du Portugal et de l'Espagne, si on a laissé l'euro atteindre aujourd'hui son niveau le plus bas depuis un an avec les répercussions que cela a sur le prix de l'énergie, c'est parce que l'une des principales dirigeantes européennes avait une élection régionale sur le feu. Voilà le message adressé aux peuples européens : l'intérêt général, le bien commun, le mieux être d'un peuple, la défense des outils européens et de la capacité de l'Europe à rebondir ont été sacrifiés à un intérêt partisan national, maquillé en orthodoxie financière et en rectitude morale.

Ici l'instauration d'institutions communes considérées comme plus efficaces n'a pas eu d'effet ; vous pouvez avoir toutes les institutions que vous voulez quand la volonté politique est absente, quand elle est biaisée, cela ne marche pas. Je dirai même au passage que la complexité du triangle institutionnel européen n'a pas été résolu, aggravé au contraire, et qu'il a prouvé une fois de plus dans cette affaire sa lenteur et son inefficacité.

N'accablons pas trop les Allemands, il n'est pas dit que Nicolas Sarkozy n'applique pas les mêmes erreurs en espérant sauver une majorité au Sénat et n'oublions pas que les gouvernements britanniques et néerlandais ont agi avec la même aménité pour répondre à ce qu'ils croyaient être les exigences de leur opinion publique nationale au moment de chercher à résoudre les problèmes financiers de l'Islande : on mesurera sur le long terme les dégâts causés à l'idéal européen dans un peuple islandais qui voyait dans l'Union son salut et son avenir. On en voit un résultat tangible avec le score de l'extrême droite hongroise voici 10 jours.

Si j'ai parlé de prétextes pour maquiller des égoïsmes nationaux, il n'en reste pas moins que les postulats de base sur lesquels sont fondés les politiques européennes depuis plus de 10 ans doivent être remis en cause si nous voulons inventer un nouveau modèle de développement.

 

Le pacte de stabilité et la stratégie de Lisbonne ont prouvé au regard des faits l'impasse dans laquelle ils menaient la construction européenne.

Bien qu'ayant volé en éclat lors des premiers épisodes de la crise financière en 2008 le pacte de stabilité continue d'être la référence de la Commission européenne et de la Banque centrale européenne. Plus personne n'est en mesure de le respecter, mais il a à nouveau été invoqué au début de la crise grecque. Ce pacte de stabilité empêche théoriquement de mener des politiques contracycliques, il ne prend pas en compte les nécessité de la croissance et du développement ; la nécessité de sa révision en profondeur se fait chaque jour cruellement sentir mais elle n'est toujours pas à l'ordre du jour. Pourtant la BCE vient d'annoncer une mesure qu'elle se refusait à imaginer voici encore quelques jours : le rachat d'obligations de la dette grecque afin de venir en aide à cet État membre. Ce que chaque pays faisait avant la monnaie commune avec sa banque centrale nationale, c'est-à-dire faire marcher la planche à billet pour payer sa dette, la BCE est en train de le faire pour la Grèce sous l'effet de la nécessité ; comment pourrait-elle désormais le refuser aux autres États européens, qui ont tous engagé des dépenses pharaoniques (avec plus ou moins d'efficacité et de pertinence) pour sauver leurs économies et leurs banques, dont la charge de la dette a cruellement augmenté. Comment pourrait-elle aujourd'hui le refuser à la France ou à l'Allemagne, et a fortiori à l'Irlande, au Portugal ou à l'Espagne ?

La stratégie de Lisbonne – faire de l'Union européenne « l'économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde, capable d’une croissance économique durable accompagnée d’une amélioration quantitative et qualitative de l’emploi et d’une plus grande cohésion sociale » - adoptée en 2000 et réactualisée en 2005 est elle-même devant son échec criant. On objectera sans doute que la lecture et l'application qui en a été faite par la Commission européenne et par les gouvernements européens, orientés largement à droite, en a entaché l'esprit et la marche, mais en réalité, cette stratégie de politique économique élaborée conjointement par des gouvernements libéraux et des gouvernements socialistes, qui avaient cédé sur leurs valeurs (comme le dit si bien Martine Aubry) illustre parfaitement ce que décrit l'introduction du texte de notre convention nationale : «La croyance en un système vertueux de progression sociale généralisée et de partage du travail harmonieux (les produits à faible valeur ajoutée pour les pays émergents, la frontière technologique pour les pays développés) a été balayée.», car la stratégie de Lisbonne est une tentative d'application concrète de cette croyance sociale-libérale.

Les politiques de cohésion de l'union en ont été affectées, la nécessaire transformation économique et sociale des régions en restructuration, l'intégration des régions d'Europe centrale et orientale ont été retardés, les inégalités se sont creusées en leur sein et entre elles et les territoires les plus dynamiques du continent.

Les perspectives financières 2007-2013 ont aggravé cette logique, les politiques régionales de solidarité ne sont pas assez puissantes. La politique agricole commune continue d'être décriée par ceux qui considèrent en partie à juste titre qu'elle pèse proportionnellement trop lourd dans le budget communautaire, alors qu'elle désespère de plus en plus les agriculteurs européens.

L'Europe a besoin de nouveaux outils de politiques économiques : la BCE doit voir son statut réformé ou à tout le moins avoir en face d'elle un véritable gouvernement économique ; l'Union devrait se doter d'un véritable budget en augmentation, avec la capacité de lever un impôt, d'emprunter, pour faire face à la fois aux défis de la recherche et de l'innovation, de la croissance écologique, de la refondation des politiques de cohésion territoriale, de la renaissance d'une PAC digne de ce nom ; le pacte de stabilité, la stratégie de Lisbonne devraient être purement et simplement abandonnés pour se voir remplacer par des stratégies politiques plus en rapport avec les défis qui sont devant nous. Mais qui aujourd'hui en Europe s'en soucie ? Ni la Commission, ni les gouvernements européens, ni la plupart des oppositions ne semblent aujourd'hui s'en préoccuper.

Les socialistes français ne doivent plus se cacher derrière leur petit doigt pour espérer un jour voir émerger une alternative politique européenne capable de porter ce nouveau modèle de développement.

 

Il n'est pas possible de «construire le socialisme dans un seul pays». Vous me pardonnerez cette petite pique anti-stalinienne. Les socialistes français pourront écrire tous les textes de convention pour promouvoir un «nouveau modèle développement économique, social et écologique», ils seront dans l'incapacité d'en mettre en œuvre la moindre ligne s'ils se limitent à des perspectives purement nationales.

L'enjeu est bel et bien de bâtir une alternative politique à l'échelle européenne, mais la gauche européenne reste à construire. Plus encore, c'est le socialisme européen qui n'est rien d'autre qu'une vague confédération de partis aux orientations si différentes pour certains que parfois on se demande ce qui les rassemblent.

Notre texte indique page 18 «Donner un nouveau souffle politique à l’Europe implique d’engager une nouvelle étape dans la coopération entre les socialistes européens. C’est pourquoi, nous proposons un nouveau contrat social européen. Nous voulons donc porter, avec nos partenaires sociaux-démocrates européens, une philosophie économique réorientée, volontariste et pragmatique en Europe.» Mais aujourd'hui malgré les efforts de notre président Poul Nyrup Rassmussen, nous savons tous fort bien que le Manifesto de 2009 n'avait rien d'un programme commun des socialistes et sociaux-démocrates européens : c'est à une définition commune de l'intérêt général qu'il nous faut aujourd'hui travailler sous peine d'incohérence et finalement d'échec. Que ce soit sur les stratégies ou sur le fond nos divergences sont gigantesques et il nous faut impérativement les réduire :

  • le socialistes slovaques sont en coalition avec l'extrême droite ;
  • les sociaux-démocrates hongrois ont mis en place les politiques libérales qui ont conduit le pays à l'échec, et qui gouvernaient en alliance avec les libéraux depuis 2008 sous l'égide du FMI ;
  • les travaillistes britanniques continuent de défendre une troisième voie illusoire ;
  • le sociaux-démocrates autrichiens qui laissent dire au ministre des finances conservateur auxquels ils sont alliés que «L'Europe est à bout de patience» face aux mouvements de protestation de la population grecque ;
  • les sociaux-démocrates allemands ont préféré entrer en 2005 dans une Grande Coalition avec les conservateurs plutôt que de gouverner avec les Verts et Die Linke pourtant diriger par leur ancien président. Aujourd'hui encore, ils sont ambigus dans le débat électoral régional car ils se réservent la possibilité d'une coalition régionale avec les libéraux (ce qui implique de larges concessions programmatiques).

Il n'est pas question ici de dire que les socialistes français auraient la vérité à eux-seuls, mais si nous élaborons aujourd'hui notre texte de convention, j'ose espérer que nous y mettons un minimum de convictions sincères. Et il serait tout autant inefficace et nuisibles de refuser d'engager avec nos camarades le débat sur la base de nos convictions, que de considérer que nous ne pouvons les défendre parce que nous serions intrinsèquement minoritaires dans le PSE.

Le travail que nous menons aujourd'hui au Parti socialiste pour reconstruire notre doctrine et poser les bases du rassemblement de la Gauche, nous devons impérativement le traduire dans le sein du Parti des socialistes européens où nous pouvons trouver des alliés.

Frédéric Faravel

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3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 19:27

AFP | 03.05.10 | 17h56

Des juifs de gauche européens, parmi lesquels l'eurodéputé Daniel Cohn-Bendit et l'historien Zeev Sternhel, ont présenté lundi à Bruxelles un "appel à la raison" pour la paix au Proche-Orient critiquant sévèrement la politique actuelle du gouvernement israélien.

"Notre appel est un cri que nous poussons pour la paix au Proche-Orient avant qu'il ne soit trop tard", a affirmé Michèle Szwarcburt, présidente du Centre communautaire laïc juif de Belgique et signataire de l'appel.

"Nous aimons Israël de tout notre coeur, nous voulons qu'il y ait un Etat juif, Israël, et qu'il vive en paix avec ses voisins. Mais nous pensons que le temps joue contre la paix", a-t-elle dit en dénonçant la poursuite des implantations en Cisjordanie et dans les quartiers arabes de Jérusalem-est.

Les promoteurs de cet appel également baptisé JCall (d'European Jewish Call for Reason) "ne sont attachés à aucun parti, ni en Europe, ni en Israël", a précisé David Chemla, président de la branche française du mouvement La Paix Maintenant et "cheville ouvrière" de cette initiative qui divise la communauté juive.

Certaines organisations juives proches du Likoud (le parti de droite du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu) ont accusé les initiateurs de cet appel d'être des "traîtres" et ont lancé un contre-appel baptisé "raison garder", tandis que des associations juives de gauche ont dénoncé un texte qu'elles jugent trop timoré à l'égard des Palestiniens.

"Mes coreligionnaires helvétiques craignent plus l'Iran et la montée de l'antisémitisme en Europe qu'une résolution du conflit israélo-palestinien", a souligné la Suissesse Véronique Hayoun, une des près de 4.000 signataires de "l'appel à la raison" enregistrés à ce jour.

Se voulant la version européenne du mouvement américain JStreet, un lobby né pour offrir une alternative aux juifs qui ne se reconnaissaient pas dans le très conservateur AIPAC (American Israel Public Affairs Committee), le JCall entend créer un mouvement européen capable de peser sur les décisions de l'Union européenne ou des Etats-Unis concernant le Proche-Orient.

Partisans de la solution "deux peuples, deux Etats", les signataires estiment que "l'alignement systématique sur la politique du gouvernement israélien est dangereux car il va à l'encontre des intérêts véritables de l'Etat d'Israël". La poursuite de la colonisation dans les Territoires occupés est "une erreur politique et une faute morale", ajoutent-ils.

Mais, souligne M. Chemla, "nous voulons aussi travailler contre les efforts constants de délégitimation d'Israël dans les pays européens".

"Les ennemis d'Israël sont nos ennemis", a renchéri l'avocat parisien Patrick Klugman. "Nous sommes absolument opposés à un boycott d'Israël", a affirmé de son côté Mme Hayoun.

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