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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube. J'anime aussi le groupe d'opposition municipale de gauche "Vivons Bezons" et je suis membre du groupe d'opposition de gauche ACES à la communauté d'agglomération Saint-Germain/Boucle-de-Seine.
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Gauche Républicaine & Socialiste

21 octobre 2020 3 21 /10 /octobre /2020 07:00

Hier soir, mardi 20 octobre 2020 à 18h30, nous étions quelques dizaines à rendre hommage à Samuel Paty sur le parvis de l’hôtel de ville de #Bezons. Avant l’intervention de Christian Leduey, secrétaire de la section PCF Bezons Jacky Leser et la minute de silence, j’ai pris la parole pour la Gauche Républicaine & Socialiste :

« Samuel Paty, professeur d’histoire, a été assassiné puis décapité en pleine rue vendredi par un fanatique qui lui reprochait d’avoir montré en classe des caricatures de Mahomet à l’occasion d’un cours sur la liberté d’expression. Nous n’avons pas de mots assez forts pour exprimer l’horreur que nous inspire cet acte ignoble. Nos premières pensées vont à sa famille, à ses proches, ses élèves et ses collègues, plongés dans la douleur.
À travers lui, c’est l’école républicaine, son rôle d’éveil des consciences, l’apprentissage de l’esprit critique, la laïcité et la liberté d’expression qui sont visés. C’est une volonté de nous terroriser, pour qu’aucun citoyen n’ose plus réagir devant l’inacceptable. Ils veulent ainsi orienter les programmes scolaires pour faire triompher l’obscurantisme.
Nous ne pouvons cependant en rester là : la République doit être forte et rassembler tous les Français dans ce moment d’intense émotion et tristesse, et surtout au-delà.
Un deuil national doit rendre hommage à Samuel Paty et à l’ensemble des enseignants qui ont la charge de transmettre les principes républicains à notre jeunesse.
Des débats doivent être organisés dans tous les établissements scolaires pour qu’au-delà de l’émotion la Raison reprenne ses droits. L’institution Éducation Nationale doit faire preuve d’une vigilance sans faille pour soutenir et accompagner les enseignants, mis en cause, menacés, mis sous pression pour n’avoir fait que leur devoir !
Plus que jamais nous ne devons rien céder aux fanatismes religieux et au terrorisme islamiste. »
Frédéric Faravel
Conseiller municipal et communautaire Gauche Républicaine et Socialiste de Bezons
Hommage à Samuel Paty à Bezons le 20 octobre 2020 : Ensemble pour l'égalité, la liberté d'expression et la laïcité
Hommage à Samuel Paty à Bezons le 20 octobre 2020 : Ensemble pour l'égalité, la liberté d'expression et la laïcitéHommage à Samuel Paty à Bezons le 20 octobre 2020 : Ensemble pour l'égalité, la liberté d'expression et la laïcitéHommage à Samuel Paty à Bezons le 20 octobre 2020 : Ensemble pour l'égalité, la liberté d'expression et la laïcité
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16 octobre 2020 5 16 /10 /octobre /2020 13:22
Emmanuel Macron lors de son entretien complaisant accordé à TF1 et France 2 mercredi soir

Emmanuel Macron lors de son entretien complaisant accordé à TF1 et France 2 mercredi soir

Mercredi soir, le Président de la République nous a nouveau convoqué devant nos postes de télévisions pour nous faire part de ses décisions dans la conduite – défaillante – de la lutte contre l'épidémie.

L'ensemble des mesures annoncées marque avant tout un échec de la politique de l'exécutif (oui de l'exécutif qui a soigneusement, avec la complicité de la majorité LREM et finalement aussi de la droite sénatoriale, écarté le parlement de tout contrôle réel) dans la crise sanitaire. Dans n'importe quelle autre démocratie, au regard du constat d'échec renouvelé des dispositifs mis en place, le Premier Ministre – qui était aussi le « Monsieur Déconfinement » lorsqu'Édouard Philippe était à Matignon – aurait dû dans la foulée présenter la démission de son gouvernement.

Cependant malgré un constat d'échec évident, Emmanuel Macron ne semble pas même imaginer un seul instant qu'il porte avec ses deux premiers ministres une quelconque responsabilité dans la situation. Les mensonges sur les masques, l'absence de mesures sérieuses pour protéger les salariés sur leur lieu de travail (puisque le code du travail lui-même, alors qu'il était pourtant déjà bien endommagé grâce à lui, a été à nouveau « allégé » au prétexte de la crise sanitaire), le fiasco de la politique de test, le fiasco sur le traçage des contaminations, l'épuisement des soignants (faute d'effectifs suffisants et de coopération correctement organisée entre les différents acteurs de la santé publique), le scandale des fermetures de lits qui se poursuivent à l'hôpital public … tout cela était hors du champ du Prince Président, servilement secondé par des présentateurs TV qui n'ont de journaliste que la carte de visite.

Le Résident de l'Élysée a donc emprunté en ce début de soirée de mercredi la seule voie qui lui restait : la culpabilisation et l'infantilisation des Français. Sur un ton faussement compassionnel mais ouvertement paternaliste, nous avons donc appris qu'une fois de plus la reprise forte des contaminations et des hospitalisations était de notre faute, que nous n'avions pas su nous comporter de manière responsable et que face à notre légèreté il fallait sévir. C'est la justification du couvre-feu qui débutera samedi 17 octobre 2020 à 00h00 et qui a été la seule véritable annonce concrète de la soirée.

Ainsi les mauvais citoyens que nous sommes devront s'enfermer chez eux de 21h00 à 6h00, les bars, les restaurants, les cinémas et les théâtres, déjà au bord de la faillite, seront ainsi les victimes de notre égoïsme forcené. Car c'est bien connu, quand vous êtes salarié, parents ou chômeur, quand vous rentrez tard du boulot ou de vos recherche d'emploi, que vous êtes allés chercher vos enfants après l'étude, l'accueil de loisirs ou la garderie, que vous les avez nourris, lavés, et couchés, il est de coutume que vous vous précipitiez dans les bars pour avaler trois bières et vous frotter à tous les clients présents… La présentation imaginée de cette scénette démontre en soi le ridicule de l'idée. Au-delà de Paris intra muros et des centre-villes de quelques grandes métropoles en région, il n'existe pas de vie nocturne justifiant qu'on s'inquiète de la multiplication des contacts la nuit entre supposés fêtards avinés sortant de bars... il suffit de marcher au cœur de l'automne en banlieue parisienne ou lyonnaise ou même sur les quais du canal Saint-Martin vers 22h00 pour voir que l'espace entre individus est important. Que la fermeture des bars et des restaurants soit avancée dans ces zones pourquoi pas, mais pour les reste nos concitoyens ne se précipitent plus depuis longtemps dans les cinémas, théâtres et autres salles de spectacles (pour ceux qui en ont les moyens), et à notre connaissance il n'existe pas de tripots clandestins qui se seraient créés en masse au-delà de la première couronne pour accueillir une population en mal de soirée festive. Que le Président de la République ait pu se convaincre d'une telle fable laisse à penser qu'il préfère lire de mauvais romans de gare sur la prohibition dans les années 1920 que les rapports de ses administrations ! Qu'il se soit permis de saluer ceux qui sont partis dans leurs résidences secondaires (les riches) lors du confinement car ils auraient desserré l'étau en région parisienne sans diffuser le virus pour autant est un autre passage ahurissant de cet entretien, marquant l'habitus bourgeois d'Emmanuel Macron !

Par contre, prenez le bus, le tram, le métro ou le RER dans la journée et plus encore aux heures de pointes : vous aurez sans doute de quoi occuper votre temps de trajet pour recueillir les noms, adresses électroniques et numéros de téléphone (s'ils acceptent de vous les donner… est-ce l'expérimentation sociologique d'une nouvelle technique de drague ?) de la vingtaine de passagers collée contre vous (sans parler de la centaine juste un peu plus loin) sur le quai ou dans le wagon pour qu'ils puissent contacter comme « cas contact » si jamais vous étiez testés positifs au COVID. Ah mais non en fait, quand vous allez travailler visiblement, vous ne pouvez pas être contaminé ; la chanson le dit si bien « Le travail c'est la santé »…

Nous sommes entrés dans une situation absurde, qu'aucun maire de grande ville n'a songé à contester dans un unanimisme pleutre et angoissant. Le couvre-feu imposé dès cette nuit est strictement vexatoire, disproportionné, liberticide, en plus de n'avoir aucune efficacité sanitaire. Il pourrait même être source d'incidents. Il doit être retiré immédiatement !

Pourtant il faut bien prendre des mesures puisque les contaminations augmentent, que les hospitalisations croissent à nouveau (plus faiblement qu'au printemps mais tout de même), et que nous ne pouvons nous permettre de saturer à nouveau l'hôpital, de reporter à nouveau toutes les interventions qui l'avaient été durant le confinement, et d'épuiser au-delà de ce qui est humainement supportable tous nos soignants. Mais s'il faut prendre des mesures, il faut qu'elles soient concrètes, efficaces et non point tournées vers la satisfaction des besoins de communication politique présidentiels.

Voici celles que nous proposons et qui ne sont pas exhaustives :

  • Rendre les masques gratuits : de nombreuses entreprises françaises se sont engagées dans la fabrication de masques quand nous étions en pénurie ; les stocks leur restent sur les bras car distributeurs et puissance publique préfèrent faire circuler ceux qu'ils ont acheté en Asie (et qui parfois comme dans l’Éducation nationale semble nocifs). Que l’État rachète ces stocks et qu'il les distribue massivement aux Français !

  • Autoriser le télétravail massivement pour désengorger les transports en commun. Aujourd’hui dans de nombreuses administrations et entreprises, les consignes ne sont pas claires, et le message envoyé par le Président mercredi soir a été totalement contre-productif, voire même dangereux si on considère que les occasions de faire circuler le virus sont évidemment plus importantes dans les transports en commun et dans les bureaux. Si les crèches et les établissements scolaires continuent d'accueillir les enfants, élèves et étudiants avec un protocole sanitaire adapté, l'argument faussement compassionnel d'Emmanuel Macron s'effondre.

  • Protéger tous celles et ceux qui ne peuvent pas télétravailler et qui devront continuer d'assurer les livraisons, le transports, la fabrication, la distribution, le nettoyage, etc. et pour cela il convient de renforcer les protocoles sanitaires dans les entreprises (cela a été souvent fait de l'initiative des entreprises et salariés eux-mêmes), mais surtout retirer l'ordonnance qui suspend de nombreux points du code du travail jusqu'au 31 décembre prochain et abroger les ordonnances Macron-Pénicaud qui ont mis à mal dès 2017 les protections des salariés. C'est aujourd'hui une mesure réclamée par toutes les confédérations syndicales !

  • Rappeler tous les médecins et infirmiers à la retraite, même par voie de réquisition en échange d'une indemnisation conséquente.

  • Retirer les coupes à hauteur de 4 milliards d'euros prévues sur l'hôpital public du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2021 débattu en ce moment à l'Assemblée nationale.

  • Abroger la réforme de l’assurance chômage, alors que le chômage explose, que la pauvreté explose. Nous ne pouvons pas nous permettre que la crise qui s'aggrave débouche sur des millions de pauvres supplémentaires, parce que le gouvernement aurait maintenu des mesures ultra-libérales qu'ils considéraient possibles en période de ce qu'il considérait être un « retour progressif au plein emploi ».

  • Prendre immédiatement des mesures de solidarité pour les plus démunis. Nous avons appris ce matin que la prime de 150€ pour les bénéficiaires des APL avait été annoncée par Emmanuel Macron par erreur et ne serait pas versée. Se rendent-ils seulement compte de ce que représente une telle bévue ? Pour autant, il est un public plus à plaindre encore et qui n'est concerné par rien du tout : les jeunes salariés qui ne trouvent plus ni CDD, ni intérim, qui ont épuisé leurs droits au chômage et non pas droit au RSA : cela doit cesser. Une situation comparable existe pour ceux qu'on appelle les intermittents de l'emploi (saisonniers, extra, etc.) qui tombent aujourd'hui dans la misère ; si les intermittents du spectacle ont vu quelques mesures les concernant, « l'année blanche » qui leur était promise devrait concernée d'autres types d'intermittence.

Frédéric FARAVEL

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15 octobre 2020 4 15 /10 /octobre /2020 16:36

Je participerai samedi à la commémoration annuelle qui se tiendra au pont de Bezons. En tant que Républicain et Socialiste, il me paraît indispensable de rendre hommage aux victimes d’une répression violente et illégitime. Mes camarades de la Gauche Républicaine & Socialiste s’associent évidemment à cette démarche. Vous trouverez ci-dessous l'appel à participation que j'ai rédigé pour le groupe municipal "Vivons Bezons".

"Samedi 17 octobre à 11h30, "Vivons Bezons" encourage les Bezonnais.es à participer à la commémoration qui se déroulera au Pont de Bezons devant la plaque d'hommage aux victimes du massacre perpétré voici 59 ans.
Le 17 octobre 1961, le Préfet de Police Maurice Papon organisait et ordonnait la répression sanglante contre des dizaines de milliers de manifestants pacifiques qui défendaient l'indépendance de l'Algérie.
Des centaines d'Algériens de toute la région parisienne furent ainsi tués, sous les coups de la police, noyés dans la Seine, à Paris, en banlieue, à Bezons même.
Maurice Papon ne fut pas seulement leur assassin, il abimait durablement la République au nom de laquelle il agissait en commettant ce crime irréparable.
Depuis de nombreuses années, Bezons rend hommage aux victimes algériennes qui subirent cette violence intolérable et pour certains y laissèrent la vie. C'est un devoir pour nous de participer chaque année à cette commémoration et de réaffirmer ainsi qu'il n'est plus possible de commettre au nom de la République qui nous rassemble des actes aussi contraires à ses principes, que plus jamais la France ne tombera dans la faute de la colonisation.
Ensemble portons haut les valeurs d'humanité et de fraternité entre les Peuples."

Frédéric Faravel
Conseiller municipal et communautaire Gauche Républicaine et Socialiste de Bezons
membre du groupe municipal "Vivons Bezons"

Bezons rend hommage aux victimes du massacre du 17 octobre 1961
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9 octobre 2020 5 09 /10 /octobre /2020 21:19

Je peux évidemment encore me tromper mais il semble que le sketch sur la conduite des affaires municipales par Mme Menhaouara continue.
Elle avait annoncé le 2 septembre dernier que le prochain #conseilmunicipal aurait lieu le jeudi 15 octobre. Or sauf erreur de ma part nous n’avons reçu aucune convocation : soit la convocation si elle n’est pas reçue avant minuit (ce vendredi 9 octobre 2020) sera invalide ; soit il n’y aura pas de conseil à la date prévue. Or depuis 3 jours les rumeurs courent la ville et des habitants nous disent « ah ben non le conseil sera le 30 » d’autres disent le 29, d’autres encore le 22. Ils semblent être mieux informés que les conseillers d’opposition que nous sommes et qui donc ne méritent pas d’être informés par la mairie.
Peut-être Mme Menhaouara a du mal à boucler ses dossiers à temps, il est vrai qu’occupée avant tout à communiquer, quand il faut vraiment travailler c’est plus dur.
Les pronostics sont donc ouverts.
Avec un peu de chance le conseil municipal suivant, prévu le 10 décembre, sera aussi repoussé ... pour la veille de Noël ?

Pauvre Bezons...

Frédéric FARAVEL

Conseiller municipal et communautaire Gauche Républicaine et Socialiste de Bezons
membre du groupe municipal "Vivons Bezons"

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29 septembre 2020 2 29 /09 /septembre /2020 08:10

J'ai commis ce petit texte d'analyse à la demande de la Gauche Républicaine et Socialiste pour comprendre les résultats de l'élection qui présidait dimanche 27 septembre 2020 au renouvellement de la moitié "série 2" du Sénat et leurs conséquences sur la Haute Assemblée.

Bonne lecture,
Frédéric Faravel

Sénatoriales 2020 : l'évolution dans la continuité

Gérard Larcher, président du Sénat et troisième personnage de l'État, pouvait dormir tranquille depuis quelques semaines. Lui qui avait repris la présidence de la Haute Assemblée en octobre 2014 sera vraisemblablement réélu au « Plateau » sans aucune difficulté dans quelques jours pour trois années supplémentaires.

En effet, les 87 000 membres du collège électoral appelés à désigner les 172 sénatrices et sénateurs de la série 21 sont à 95% des délégués des conseils municipaux. Ces élections sénatoriales étant les premières depuis les élections municipales des 15 mars et 28 juin 2020 – et rien n'ayant bousculé les équilibres politiques depuis –, il était logique que les résultats d'hier proposent un résultat assez fidèle à l'équilibre des forces issus des élections municipales.

(1) Le Sénat compte 348 parlementaires ; la chambre haute est renouvelée par moitié tous les trois ans. La circonscription électorale est le département. Le collège électoral se compose des députés et sénateurs de la circonscription, des conseillers régionaux de la section départementale correspondant au département, des conseillers départementaux et des délégués des conseils municipaux, ces derniers représentant 95 % des électeurs des sénateurs. La série 1 (en gris sur la carte) a été élue le 24 septembre 2017. La série 2 (qui comporte les départements colorés) concernait 172 parlementaires. Dans les départements comptant 3 sièges sénatoriaux ou plus, le mode de scrutin est proportionnel (en bleu sur la carte) ; dans les autres le mode de scrutin est majoritaire, uninominal à deux tours (en violet ou magenta sur la carte). Les sièges de 6 des 12 sénateurs représentant les Français établis hors de France et élus par un collège spécifique composé des députés et des sénateurs représentant les Français établis hors de France, des conseillers consulaires et des délégués consulaires, feront ultérieurement l’objet d’une élection complémentaire.

Sénatoriales 2020 : l'évolution dans la continuité
La droite dans un fauteuil, le macronisme partiellement sanctionné

Or cet équilibre – contrairement au récit né de l'emballement médiatique sur le second tour des élections municipales – n'a pas réellement évolué entre 2014 et 2020 : dans les communes de plus de 9 000 habitants, la droite continue de diriger 65% des villes, ce qui explique la reconquête du Sénat par la droite en 2014 et son maintien logique jusqu'ici.

Ainsi au dernier pointage, le groupe « Les Républicains » passerait de 143 à 153 sénatrices et sénateurs ; le groupe « Union Centriste », composé en grande majorité de parlementaires membres de l'UDI, passerait de 51 à 47 sénatrices et sénateurs.

C'est par ailleurs au centre de l'hémicycle sénatorial que les évolutions semblent les plus importantes, malgré la faible taille des groupes :

⭕️le groupe « Les Indépendants » (droite Macron-compatible), dirigé par le très caricatural anti-communiste Claude Malhuret (Allier), passerait de 14 à 10 sièges ;

⭕️le groupe de La République en Marche, qui renouvelait 10 sièges, perd logiquement des plumes (mais en limitant la casse) en passant de 23 à 19 parlementaires. Ce résultat est à la fois la marque de son manque d'implantation locale – LREM étant un parti hors sol et créé de toutes pièces pour l'élection d'Emmanuel Macron (et sa future candidature à l'élection présidentielle). Il n'était composé sur la série 2 que de transfuges d'autres partis politiques, présents dès l'origine de « l'aventure macroniste » (pour la partie « gauche ») ou recrutés plus tard pour le gouvernement (pour la partie « droite ») : les « grands électeurs » de gauche ont parfois sanctionné des élus dont ils n'approuvaient pas le ralliement à Emmanuel Macron et qui n'avaient pas d'élus locaux LREM pour les soutenir ; certains « grands électeurs » de droite ont sans doute fait pareil. Si LREM limite donc la casse, c'est grâce à la personnalité de certains de ses candidats, comme François Patriat en Côte-d'Or (président du groupe LREM), ou Jean-Baptiste Lemoyne dans l'Yonne et Sébastien Lecornu dans l'Eure, qui diposaient chacun d'une implantation ancienne, de réseaux locaux et d'une aura dépassant les clivages politiques dans des territoires en partie ruraux ;

⭕️c'est le plus ancien groupe du Sénat, le RDSE (Rassemblement Démocratique et Social Européen), ancienne émanation du vieux Parti radical puis du PRG, qui a passé une très mauvaise soirée. Depuis septembre 2017, il était composé à la fois de Radicaux de droite qui avaient quitté le groupe « Union Centriste », des Radicaux de gauche et de quelques élus en délicatesse avec leurs groupes originels (Henri Cabanel ou Éric Jeansannetas) ou sentant le souffre (Jean-Noël Guérini). Le tout dans une ambiance majoritairement Macron-compatible. 13 de ses 23 parlementaires étaient renouvelables mettant le groupe sous la menace d'une disparition en cas de départs de transfuges. Au regard des résultats d'hier soir, il resterait 12 sénateurs RDSE ; il semblerait que la fusion entre radicaux de droite et de gauche ait finalement beaucoup coûté au groupe. Des pièces importantes du dispositif radical, comme Jean-Marc Gabouty, vice président du Sénat (Mouvement radical, Haute-Vienne), ou François Laborde (PRG, Haute-Garonne), ont ainsi mordu la poussière. Certains se maintiennent grâce à leurs réseaux locaux (Jean-Noël Guérini, Bouches-du-Rhône) ou un ancrage à gauche et de terrain (Henri Cabanel, ex PS dans l'Hérault qui résiste à la volonté de la fédération socialiste locale de l'éjecter). D'une certaine manière, la Macron-compatibilité du RDSE l'a porté au bord de la catastrophe.

Sénatoriales 2020 : l'évolution dans la continuité
Gauche qui sourit, Gauche qui se demande si elle doit pleurer

La photographie de la partie gauche de l'hémicycle est plus floue.

Globalement la gauche sénatoriale passe de 87 sièges à 94 sièges. C'est en tout cas le principal axe de communication développé depuis hier soir par le groupe « socialiste & républicain » pour masquer de nombreuses déconvenues (il renouvelait 35 sièges) : ce groupe passerait ainsi de 71 à 65 sièges (trois divers gauche pourraient compléter mais ils seront aussi sûrement fortement sollicités par le RDSE).

L'explication de cette chute relative du second groupe de la Haute Assemblée tient à plusieurs éléments :

⭕️la montée du nombre d'élus locaux écologistes dans quelques villes en nombre limitées (nous y reviendrons) ;

⭕️des choix stratégiques et de candidats parfois mal avisés. Exemple : alors que le PS avait dans le Finistère enregistré un bon cru lors des élections municipales (conservant Brest et regagnant Morlaix et Quimper), il n'a pas transformé l'essai, perdant un siège de sénatrice. Le choix des candidats et la présence de Jean-Jacques Urvoas en délicatesse avec la justice explique sûrement cette défaite, alors que le PS pouvait espérer emporter trois sièges ;

⭕️l'insuffisante mise en œuvre locale de la stratégie d'union claironnée nationalement (dans le Doubs, en Haute-Saône, dans le Cher, en Côte-d'Or, dans le Gard ou en Seine-Maritime).

Le groupe CRCE (composé de 12 PCF, 2 GRS, 2 écologistes) n'était concerné que par 3 circonscriptions. Céline Brulin a été réélue en Seine-Maritime ; Gérard Lahellec a été élu dans les Côtes-d'Armor, succédant à Christine Prunaud ; Pierre-Yves Collombat (GRS) ne se représentait pas dans le Var, la défaite et division de la gauche empêchant toute succession à gauche. Jérémy Bacchi (34 ans) conduisait la liste de gauche dans les Bouches-du-Rhône, l'union de la gauche obtenant ainsi trois des huit sièges (PCF, PS, EELV). Enfin, Marie-Claude Varaillas a été élue au second tour en Dordogne. Ainsi le PCF renforce sa représentation au Sénat, compensant presque au sein du groupe CRCE la fin du mandat de P.-Y. Collombat et le départ annoncé des deux sénateurs écologistes vers un nouveau groupe. Le CRCE ne peut sincèrement regarder qu'avec amertume cette fuite des deux écologistes vers d'autres cieux, alors que le groupe a été pendant 3 ans bien plus que d'autres la voix de l'écologie au Sénat.

La principale nouveauté qui pourrait émerger des élections sénatoriales du 27 septembre 2020 serait donc la recréation d'un groupe écologiste, qui avait existé entre 2011 et 2016-2017. Cinq sénateurs non soumis à renouvellement étaient partant pour entrer dans un groupe écologiste si les résultats d'hier le permettaient : les deux écologistes du groupe RDSE – Ronan Dantec, Loire-Atlantique, et Joël Labbé, Morbihan –, les deux élus écologistes du groupe CRCE – Esther Benbassa, Paris, et Guillaume Gontard, Isère (mais élu sur une liste initiée par le PCF) – et enfin Sophie Taillé-Polian, sénatrice Génération•s du Val-de-Marne (mais élue PS sur une liste d'union conduite par le PCF). Dans la foulée des gains écologistes en alliance ou en autonomie dans quelques métropoles, six écologistes ont été élus hier (un siège dans le Bas-Rhin dans une liste soutenue par le PS ; un siège en Ille-et-Vilaine et un siège en Gironde dans des listes autonomes ; deux sièges sur trois dans une liste de rassemblement de la gauche dans le Rhône face à une droite extrêmement divisée ; et la 3ème place dans les Bouches-du-Rhône sur la liste de rassemblement de la gauche). À noter que la division de la gauche et l'abstention de fait des élus écologistes a empêché dans le Doubs l'élection comme sénatrice à quelques voix près de Barbara Romagnan (Génération•s) qui aurait sans doute rejoint le groupe écologiste, puisque son parti et EELV sont en phase de rapprochement intensif. À noter également : emporter une grande ville comme Poitiers avec une liste autonome ne permet pas ensuite d'affronter une élection sénatoriale à l'échelle de la Vienne, quand EELV est absent de tout le reste du territoire et incapable de nouer des alliances. Enfin, le sénateur régionaliste nouvellement élu, Paul Toussaint Parigi, de Haute-Corse pourrait également s'affilier à ce groupe.

Ce sera donc, s'il voit le jour, un groupe écologiste très divers, avec des ambitions internes acérées, où pourrait se reproduire ce qu'avait connu le précédent groupe, à savoir une vie politique très agitée menaçant régulièrement son existence même.

Sénatoriales 2020 : l'évolution dans la continuité
Un Sénat qui doit à nouveau prouver son utilité

C'est donc un peu d'évolution pour énormément de stabilité. Gérard Larcher sera réélu président pour trois ans, même si certains dans son camp piaffent d'impatience pour lui succéder en 2023. Il a tôt fait d'annoncer que le Sénat sera comme depuis 2017 le contre-pouvoir. Contre-pouvoir qui s'est illustré par plusieurs et nécessaires commissions d'enquête (Benalla, privatisation des autoroutes, Lubrizol, crise sanitaire, pollution industrielle des sols) et en empêchant la réalisation de la réforme constitutionnelle voulue par le Président de la République pour abaisser le Parlement, alors que les gouvernement Macron avait fait preuve d'une surdité absolue à l'égard des Français, des corps intermédiaires et des élus locaux.

La question pour nous n'est pas que le Sénat reste dans une forme de contre-pouvoir poli, parfois un peu plus tendu, entre droite libérale et droite conservatrice. Le Sénat, s'il est par sa définition même une chambre de travail et de modération relative par rapport aux basculements parfois brutaux de l'Assemblée nationale, ne peut rester une chambre où l'alternance politique est structurellement impossible, où la voix des catégories sociales les plus défavorisées ne peut s'exprimer, où la vie quotidienne réelle des Français est parfois étouffée par le velours des moquettes et des rideaux.

Le mode de scrutin (sur 172 parlementaires, 113 seulement étaient élus hier à la proportionnelle) et la sur-représentation des départements ruraux favorisent mécaniquement l'élection de sénateurs conservateurs. La réforme souhaitée par Emmanuel Macron aurait, en diminuant le nombre de parlementaires, d'ailleurs aggravé cette logique tout en diminuant massivement la capacité de femmes à être élues dans la haute assemblée. La gauche peut décider de continuer à se lamenter en taxant le Sénat d'anomalie démocratique, mais la réalité est que le Sénat a montré dans les trois dernières années malgré son orientation politique une capacité forte à équilibrer le débat et le travail parlementaire et à protéger fortement nos libertés individuelles et collectives. La gauche doit donc dans les années qui viennent agir sur trois fronts :

⭕️en finir avec les pudeurs qui amènent certains de ses membres à considérer qu'ils n'arrivent à être élus qu'à condition d'être accommodant avec la droite, le scrutin d'hier démontre le contraire ;

⭕️trouver le chemin du rassemblement pour éviter de perdre bêtement des sièges et surtout pour en conquérir de nouveaux ;

⭕️promouvoir une réforme du mode de scrutin (en augmentant la part des communes de plus de 9 000 habitants dans le collèges électoral) et un rééquilibrage au profit des départements urbains et rurbains.

en gris les départements de la série 1 (renouvelables en 2023) ; en violet, les départements de la série 2 au scrutin majoritaire ; en bleu, les départements de la série 2 au scrutin proportionnel...

en gris les départements de la série 1 (renouvelables en 2023) ; en violet, les départements de la série 2 au scrutin majoritaire ; en bleu, les départements de la série 2 au scrutin proportionnel...

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24 septembre 2020 4 24 /09 /septembre /2020 16:26

Ce soir à 20h30, se tient à Croissy le troisième conseil communautaire de la communauté d'agglomération Saint-Germain Boucles de Seine, à laquelle appartient la commune de Bezons. Je ne peux m'y rendre pour raison familiale, mais j'ai transmis ma procuration à Mme Isabelle Amaglio-Terisse, cheffe de l'opposition de gauche à Sartrouville (membre de LRDG), à qui j'ai également fait le compte-rendu de la commission développement économique de l'agglomération (qui s'est tenue le 14 septembre dernier) avec les éléments nécessaires pour pouvoir se prononcer sur les délibérations concernées (je conseille notamment qu'au regard de la subvention d'investissement proposée pour l'association ici et 2mains pour l'aménagement d'un espace de travail collaboratif dédié a l'incubation et l'hébergement d'entreprises innovantes, cette association s'intéresse un peu plus aux communes de l'est de l'agglomération comme Bezons ou Sartrouville).

Il y a de très nombreuses délibérations soumises au conseil communautaire, souvent techniques… une cependant a attiré mon attention car il s'agit d'un dossier pour lequel l'équipe municipale de Dominique Lesparre avait beaucoup travaillé : le Plan Vélo, voté par le conseil municipal de Bezons à la fin de l'année 2019. Or dans la délibération sur l'attribution aux communes de Fonds de concours pour le stationnement vélo, j'ai été très étonné de lire comme vous pouvez le faire vous-mêmes (voir illustration plus bas) qu'aucune somme n'était fléchée vers Bezons. Certes, sur l'enveloppe globale de 100.000 euros, seuls 45.000 doivent être attribués ce 24 septembre. Cependant on peut être surpris, connaissant l'avancée des dossiers sur le vélo sous la précédente municipalité, que Bezons soit absente des attributions proposées ce mois-ci.

Je suis fonctionnaire territorial de carrière, je connais un peu le fonctionnement des services municipaux, y compris leur prudence (légitime) en période électorale. Il me paraît donc logique, que, confrontés à la situation très particulière de la crise sanitaire, du confinement et de second tour des élections municipales reporté au 28 juin 2020, les Services techniques de la commune aient souhaité attendre l'installation d'une nouvelle équipe municipale et sa validation pour envoyer les dossiers préparés à l'agglomération.

La nouvelle équipe municipale divers droite de Mme Menhaouara a été élue le soir du dimanche 28 juin 2020 ; elle a beaucoup manœuvré entre le 29 juin et 3 juillet pour imposer ce qui lui paraissait être les seules urgences du moment (la mise en scène de l'élection de la nouvelle maire, le harcèlement des adjoints au maire et membres du cabinet du maire sortants) ; elle a finalement été installée le samedi 4 juillet 2020 entre 10h et 13h.

M. Dejan Krstic est donc conseiller municipal délégué en charge des transports et des mobilités douces depuis le samedi 4 juillet matin. Les dossiers pour l'attribution des fonds de concours sur le stationnement vélo devaient être envoyés avant la fin du mois d'août 2020 aux services de l'agglomération pour pouvoir être soumis au vote du conseil communautaire ce soir. L'explication la plus plausible au fait que Bezons ne fasse pas partie des attributions ce soir, c'est que M. Krstic n'a pas pris contact avec les services municipaux liés à sa délégation l'été dernier ou n'a pas pris le temps d'ouvrir les dossiers en cours, sans doute aussi pressé que Mme Menhaouara (de son aveu même lors du conseil municipal du 15 juillet dernier) de partir en vacances. Effectivement, chacun est libre de choisir ses priorités.

Il y a cependant une possibilité de rattrapage : 55.000 euros de fonds de concours pour le stationnement vélo resteront donc à attribuer après le conseil communautaire de ce soir. Les dossiers doivent être envoyés aux services de l'agglomération avant le 15 octobre pour être soumis au conseil communautaire de novembre 2020. Peut-être que, d'ici, là M. Krstic et Mme Menhaouara auront pris le temps de s'intéresser à des dossiers qui devraient être une priorité pour une municipalité qui se prétend « écologiste ». Si c'est le cas, nous leur apporterons sûrement un plein soutien sur ces projets. Je constate simplement que l'ancienne municipalité (et en son sein les élus qui travaillaient réellement) avait à cœur de faire avancer concrètement les dossiers ; aujourd'hui la priorité de la nouvelle équipe municipale semble se concentrer sur la communication et l'affichage. Chacun voit midi à sa porte.

Frédéric FARAVEL
Conseiller municipal et communautaire Gauche Républicaine et Socialiste de Bezons
f.faravel@mairie-bezons.fr

Logo de la Gauche Républicaine et Socialiste de Bezons

 

Projet de délibération pour le conseil communautaire du jeudi 24 septembre de la communauté d'agglomération Saint-Germain Boucles de Seine, sur l'attribution aux communes de fonds de concours pour le stationnement des vélos

Projet de délibération pour le conseil communautaire du jeudi 24 septembre de la communauté d'agglomération Saint-Germain Boucles de Seine, sur l'attribution aux communes de fonds de concours pour le stationnement des vélos

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24 septembre 2020 4 24 /09 /septembre /2020 14:12

Je publie ici le texte que la Gauche Républicaine et Socialiste m'avait demandé de rédiger pour analyser la situation alors que le gouvernement a pris cet été un décret permettant la privatisation de l'exploitation des Routes nationales, alors même qu'une commission d'enquête du Sénat a rendu le vendredi 18 septembre un rapport extrêmement critique sur les conséquences désastreuses de la privatisation des concessions autoroutières depuis 2005-2006.

Bonne lecture,
Frédéric FARAVEL

Non à la privatisation des routes nationales !
Un décret lié à la LOM ouvre la possibilité de privatiser les Routes nationales : pour nous c’est non !

La presse a relevé le 18 septembre dernier qu’un décret relatif à la Loi d’organisation des mobilités (LOM) avait été publié le 15 août, en plein été pour échapper à l’attention, qui ouvre la possibilité de privatiser les routes nationales.

Le gouvernement poursuit l’extension du marché et cède à la rente privée un investissement public payé par les Français. Il répond ainsi à l’appétit des grands groupes privés qui profitent déjà de la privatisation des concessions autoroutières.

Ainsi l'Etat macroniste n'a pas la volonté de s'embarrasser de l'entretien correct de nombreuses portions de routes nationales et pour parvenir à ses fins explique qu'il n'en a pas les moyens. Cette stratégie est poursuivi depuis plus de 15 ans par tous les gouvernements qui se sont succédés : lorsqu'il ne transfère pas tout simplement aux départements certaines routes nationales (qui n'ont pas les moyens suffisants pour un entretien convenable), l'Etat choisit de négliger dramatiquement les milliers de kilomètres qui restent de sa responsabilité, qui souffrent ainsi d’un sous-investissement chronique et finissent par se dégrader.

L'Etat macroniste veut ainsi nous faire croire aux sirènes des sociétés concessionnaires privées d'autoroutes qui susurrent : « si vous nous confiez certaines portions, les derniers kilomètres avant l’autoroute, par exemple, nous les entretenons, nous investissons, et, en échange, vous prorogez nos contrats autoroutiers ».

Aucune leçon tirée du scandale des autoroutes

Or, l’allongement des durées de concession, c’est justement ce qu’il faut éviter, comme le démontrent le rapport de la commission d'enquête du Sénat rendu public également ce vendredi 18 septembre après 8 mois de travail intensifs. Selon les estimations de ce rapport, au moins deux des trois sociétés concessionnaires auront rentabilisé leurs investissements dès la fin de l’année 2022, alors que les contrats courent pour encore au moins dix ans. Prolonger la durée des concessions reviendrait à priver l’Etat de nouvelles recettes, car plus une concession est vieille, plus elle est rentable. Les dividendes versés aux actionnaires de ces sociétés privés sont d'ores-et-déjà conséquents, nourris par une gestion opaque des tarifs et des péages au détriment des usagers, qui n'ont aucun moyen de pression – pas plus que l'Etat qui s'en est volontairement privé. En effet, les contrats de concession accordés à ces grands groupes (Eiffage, Vinci, Abertis, pour les plus importantes) ont été négociées de dans un sens qui leur était particulièrement favorables et toute tentative pour remettre de l'ordre a été ajournée sine die, comme le démontre le scandale du fiasco de la mission d'information de 2014 dont le rapporteur socialiste Jean-Paul Chanteguet fut mis sur la touche pour avoir trop vertement critiqué les conditions dans lesquelles le gouvernement Hollande avait renouvelé en 2013 les concessions. La commission d'enquête sénatoriale a ainsi auditionné plusieurs ministres qui ont reconnu l'opacité de la gestion de ces contrats de concession, indiquant avoir été même écartés de certaines négociations.

Tout le monde s'accorde aujourd'hui à reconnaître que la privatisation des concessions autoroutières en 2005, décidée par le gouvernement de Dominique de Villepin, a été une gigantesque erreur. Pourtant la droite sénatoriale comme le gouvernement Macron et sa majorité refusent aujourd'hui de réparer cette erreur, invoquant le même argument (et le seul) qui avait justifié la privatisation en 2005 et le renouvellement des concessions en 2013 : « la dette » ! Ainsi Bruno Le Maire annonce sans examen au fond du coût réel des concessions un prix de 45-50 Mds €, ce qui serait selon lui trop cher pour la puissance publique. Ce prix doit être interrogé, au regard de l'opacité du dispositif et des pratiques des sociétés privées. Or nous l'avons tous constaté, l'argent n'est pas cher aujourd'hui pour la puissance publique : l'Etat vient d'emprunter plusieurs centaines de milliards d'euros sur les marchés et parfois à des taux négatifs. Ainsi investir pour racheter les concessions autoroutières, ce serait à la fois mettre fin à une rente indue pour des sociétés privées qui n'apporte aucun avantage pour les usagers et créer demain des recettes importantes pour la puissance publique ! Même la commission d'enquête sénatoriale pourtant largement orientée à droite estime qu’il est temps de "partager équitablement les profits futurs avec l'Etat et les usagers" et pour ce fait suggère de ne pas renouveler certaines concessions autoroutières.

Les péages ne doivent plus servir à nourrir les dividendes des actionnaires mais à financer le retour à la gestion publique des autoroutes et à améliorer le réseau et le service, avec trois axes prioritaires : l'aménagement du territoire, la transition écologique et la maîtrise réelle des tarifs et péages (donc la défense du pouvoir d'achat).

Non à la privatisation des routes nationales !

Cadeaux et idéologie

On ne peut qu'être consterné par ce refus obstiné de tirer les enseignements du scandale des concessions autoroutières. Pire, le gouvernement Macron est en train aujourd'hui d'engager une aggravation de la situation en étendant à tout ou partie de plusieurs routes nationales le modèle néo-libéral qui s'applique aux autoroutes.

Il s'agit évidemment pour le futur candidat à l'élection présidentielle de favoriser un peu plus quelques sociétés privées et parmi elles leurs principaux actionnaires, dont il pourra récolter le soutien en temps opportun, étant bien entendu qu'Emmanuel Macron sert depuis 2017 les intérêts d'une caste stato-financière et qu'il a vocation à poursuivre dans cette voie.

La rente de situation des sociétés concessionnaires et la récolte de dividendes seront donc dopées par ce nouvel abandon de la puissance publique au détriment des usagers et des citoyens : la mobilisation des gilets jaunes avait ainsi illustré combien l’augmentation coût des transports est insupportable pour les ménages des catégories populaires et même des « professions intermédiaires ». Après l'échec de la privatisation d'ADP (plus du fait de la crise sanitaire que de la mobilisation somme toute remarquable des citoyens contre celle-ci), les routes nationales sont l'un des actifs les plus facilement aliénables pour satisfaire les grands appétits privés.

Au-delà de ces seules considérations vénales, la logique devant nous revient à mettre au clou notre patrimoine pour répondre à une injonction idéologique dangereuse.

La privatisation des routes nationales, après celles des autoroutes, vise à réduire encore un peu l’emprise de l’Etat – donc notre mandataire collectif – sur la circulation dans notre pays. C'est ni plus ni moins qu'une forme nouvelle de régression sociale : nous revenons aux institutions de l’Ancien Régime, aux logiques d’aménagement de l’espace et aux régimes de circulation qui dominaient notre pays avant la Révolution de 1789 avec les « Fermiers Généraux » et les octrois. Cela implique une forme de transfert de la liberté de circulation des usagers – les citoyens – vers les entreprises – le marché. L’espace politique de notre pays se trouve ainsi un peu plus placé sous l’emprise et le pouvoir des acteurs du marché (oui contrairement à ce que d'aucuns ont pu laisser entendre le marché n'est pas désincarné) et un peu moins sous l’autorité du peuple, fondement de la souveraineté populaire, donc de la démocratie.

Par ailleurs, une fois de plus, le néolibéralisme, présenté comme une forme de modernisation de la vie économique, engage une régression de l’économie d’un pays pour deux raisons :

⭕️ Premièrement, en restreignant l’accès à la circulation dans l'espace public, la privatisation de ces routes réduit l’activité économique en diminuant les échanges. Ce que le néolibéralisme présente comme une forme de modernité est, en réalité, une régression économique qui tend à réduire le volume des échanges soutenant l’activité économique du pays. Même le marché, finalement, se trouve restreint par ce qui nous est « vendu » comme un outil de son développement.

⭕️ La seconde raison est son incidence sur la circulation elle-même et, au-delà, sur l’emprise de la circulation sur l’activité industrielle. En conduisant à une limitation du volume des échanges et donc, de l’intensité de la circulation, la privatisation des routes conduit, à terme, à une diminution de l’usage des moyens de transport. Dans le temps long, cette privatisation pourrait conduire à une réduction de la demande des acteurs des échanges et ainsi, au-delà, à une réduction de l’offre en moyens de transport des acteurs de l’industrie.

* * *

En conséquence, la Gauche Républicaine et Socialiste demande le retrait du décret « relatif aux conditions de classement de certaines sections de routes dans la catégorie des autoroutes ». Elle s’oppose radicalement à la privatisation des routes nationales, et réclame le retour de toutes les infrastructures de transport dans le giron public : la puissance publique doit s'engager dans une logique de non renouvellement des concessions des sociétés autoroutières et préparer une renationalisation de l'ensemble des autoroutes qui permettra le retour à une gestion publique, sous une forme à inventer pour qu'elle puisse associer les usagers.

échangeur à hauteur de L'Isle-Adam et Presles dans le Val-d'Oise sur la Francilienne entre RN 104 et RN 184

échangeur à hauteur de L'Isle-Adam et Presles dans le Val-d'Oise sur la Francilienne entre RN 104 et RN 184

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12 septembre 2020 6 12 /09 /septembre /2020 14:24

Avec celle de la Gauche Républicaine et Socialiste, c'est la critique argumentée la plus complète qu'il m'ait été donnée de lire à propos du pseudo "Plan de Relance" du gouvernement Macron-Castex-Lemaire. Et comme la Gauche Républicaine et Socialiste, Montebourg formule des contre-propositions. Il me paraissait donc nécessaire de publier ici son entretien accordé à l'hebdomadaire Marianne.

Frédéric FARAVEL

Arnaud Montebourg : "Avec ce plan de non-relance, il y a non-assistance à Français en danger" - Marianne, 9 septembre 2020

Propos recueillis par Franck Dedieu, Soazig Quéméner et Mathias Thépot
Publié le 09/09/2020 à 17:31

Les 100 milliards du gouvernement ? Un plan de non-relance, tacle l'ancien ministre socialiste du Redressement productif. Sa contre-proposition : un cabinet de guerre économique, pour conditionner la baisse des impôts de production à la relocalisation des entreprises. Et un compromis historique avec syndicats et patronat.

Marianne : Le gouvernement a présenté son plan de relance de 100 milliards d’euros. Selon un sondage, 71 % des Français le jugent bon. Est-ce également vote avis ?

Arnaud Montebourg : Je ne peux que comprendre les 71 % de Français qui soutiennent ce plan, vu les sommes astronomiques annoncées couplées aux craintes d’un effondrement de notre économie. Pour autant, je crois qu’on sera loin de retrouver notre niveau d’activité économique, ce qui est pourtant une urgence pour la survie de notre pays. Ce plan de relance, dans son opérationnalité, est très sous-calibré rapporté à la perte de richesse de 267 milliards d’euros en 2020. Les effets des mesures d’urgence vont en premier lieu s’épuiser : le chômage partiel va notamment passer de 25 milliards en 2020 à 6,6 milliards d’euros en 2021. Or les dégâts économiques s’annoncent malheureusement considérables. Et, évidemment, c’est la France des intérimaires qui sera en premier lieu concernée, celle des bacs pro, des BTS. C’est la France de l’intérieur, invisible et silencieuse, celle des petites entreprises, qui va trinquer.

Dans certains secteurs, les prévisions sont cataclysmiques…

Oui, par exemple entre un quart et un tiers des professionnels du tourisme et de la restauration disent être en risque de faillite. Ces deux secteurs représentent 4,3 millions d’emplois. Donc on peut d’ores et déjà affirmer que notre économie va perdre dans ces deux seuls secteurs au bas mot 1 million d’emplois. Sans compter le reste du commerce de détail, nos grands secteurs en difficulté comme les compagnies aériennes, l’aéronautique, l’automobile… On risque d’être plus près des 2 millions d’emplois perdus.

Ne soyons pas naïfs : ce sont des fonds d’investissement privés et ils iront là où il y a 15 % de rentabilité.

Pis, je m’inquiète d’un carnage économique et social lié aux 120 milliards d’euros de prêts garantis par l’État [PGE] accordés aux entreprises. Ce sont de nouvelles dettes que certaines sociétés ne pourront pas rembourser. Des entreprises zombies, en somme, qu’on aura fabriquées et qui seront, au moment du remboursement, en 2021, en faillite. Environ 25 % des chefs des entreprises de taille intermédiaire, c’est-à-dire nos plus grosses PME, déclarent aujourd’hui anticiper des difficultés à rembourser le prêt garanti d’État qu’elles ont contracté !
On va se retrouver face au mur de la dette des entreprises. Les entreprises ont besoin de fonds propres pour faire face, pas de dette.

Le gouvernement débloque pourtant 3 milliards d’euros pour les fonds propres des entreprises…

Pas exactement. Ces milliards représentent pour une partie une conversion des PGE en prêts participatifs. Certes, le plan comptable nous dit que ce sont des quasi-fonds propres, mais, sur le plan économique, cela reste de la dette de long terme qu’il faudra bien aussi rembourser. D’autre part, le gouvernement a effectivement décidé, via des fonds d’investissement, que la BPI va garantir ou capitaliser, d’investir dans des entreprises. Mais ne soyons pas naïfs : ce sont des fonds d’investissement privés et ils iront là où il y a 15 % de rentabilité.
Ce sujet de l’apport en fonds propres n’est pas traité et beaucoup de nos entreprises vont mourir tôt ou tard car elles auront été abandonnées par ce plan de « relance ». Il faut suivre cette affaire de près : elle déterminera à terme le niveau de résistance économique de la France.

Pourquoi estimez-vous que le plan de relance est sous-dimensionné ?

Pour bien comprendre, en lisant les 296 pages du document gouvernemental, il faut séparer deux types de mesures : d’abord celles qui sont « opérationnelles » et dont les milliards seront rapidement dépensés en 2021 et 2022. Celles-ci comprennent par exemple le service civique, l’aide à l’embauche des jeunes, le soutien à la diffusion artistique, ou la baisse des impôts de production, et représentent un peu plus de 40 milliards d’euros.
Les autres, « non opérationnelles », seront dépensées et investies beaucoup plus tard, soit 60 milliards d’euros, en réalité paralysées par le système bureaucratique auquel nous sommes habitués. Car ces décisions de dépenses d’investissement sont soumises à permis de construire, appels d’offres, autorisations administratives en tout genre, et enquêtes publiques.
Ce sont des procédures interminables, opaques, parfois arbitraires, qui mèneront à ce que l’argent ne soit dépensé que dans trois, voire quatre ans.

Sur la partie écologique du plan, reconnaissez-vous quelques points positifs ?

Sur l’écologie, les choix sectoriels sont parfaitement justifiés : le vélo, la forêt, les batteries, les protéines végétales… on est tous d’accord. Mais ce ne sont pas des mesures opérationnelles, car elles passeront par des appels d’offres d’une multitude d’organismes administratifs, qui nous porteront en 2022, 2023, 2024 ou 2025. D’ici là, l’économie aura eu le temps de s’effondrer. Je ferai moi-même le crash test de cette partie du plan de relance, via les petites entreprises que j’ai créées, et nous nous verrons bien si c’est rapide ou non, mais il est très sérieusement permis d’en douter, croyez en mon expérience.

L’État, en tant qu’acteur, n’a-t-il pas aussi un rôle direct à jouer ?

Bien sûr ! La commande publique – 100 milliards d’euros annuels en France – devrait être l’un des moteurs du plan de relance. Or elle en est totalement absente. Il faudrait organiser autrement l’achat public, en mutualisant un catalogue avec tous les produits et tous les acheteurs qui seraient tous obligés de passer par un organisme, comme l’Union des groupements d’achats publics (Ugap). De la sorte, on pourrait réduire les frais de structure de beaucoup de collectivités locales, de services de l’État et notamment d’hôpitaux qui ont besoin de moins d’administratifs et de plus de soignants.
Cela signifierait aussi de passer outre un certain nombre de règles européennes – ce qui implique d’adapter le cadre juridique européen.

En droit public, cela veut dire sortir de l’Union européenne…

Nullement, parce que le droit économique et financier des traités ne s’applique heureusement plus. Les traités sont aujourd’hui (enfin !) piétinés tous les jours. Le 3 %, c’est fini, le 60 %, c’est fini ! Même les règles de la concurrence, à propos desquelles M Margrethe Vestager, commissaire à la Concurrence, a dit que les cartes étaient rebattues.

Le principal levier de ce plan repose sur la baisse de 20 milliards d’euros en deux ans d’impôts de production. Est-ce une bonne mesure ?

Cette baisse est à mon sens aveugle. C’est une subvention pure et simple sans contrepartie : Amazon, qui pratique l’évasion fiscale, ou Total, qui ferme des usines en France, pourront en bénéficier. En fait, un quart de ces baisses d’impôts vont profiter à 280 grandes entreprises.
En contrepartie de quoi aucun effort ne leur sera demandé.

La commande publique – 100 milliards d’euros annuels en France – devrait être l’un des moteurs du plan de relance.

Quelle serait votre contre-proposition ?

Conditionner la suppression des impôts de production à la relocalisation de leurs activités directes ou sous-traitées. Cette mesure parfaitement incitative aurait des effets extraordinaires. J’en veux pour preuve l’exemple du Japon : dans son plan de relance, son gouvernement a mis 2 milliards pour les relocalisations d’entreprises, et a annoncé qu’il prendrait en charge les trois quarts de leurs investissements pour relocaliser, c’est-à-dire pour fermer des usines en Chine et en rouvrir au Japon. Résultat, il y a eu 1 674 demandes de
relocalisations pour un montant de 14 milliards d’euros. En France, je propose de faire du
sur-mesure : baisser les impôts de production si l’entreprise soutient l’économie française en y
relocalisant une partie de son activité.
C’est pourquoi cette relocalisation doit se faire dans un cadre d’urgence économique. On devrait même créer un cabinet ministériel de guerre économique en France. La relocalisation doit être la contrepartie numéro un de la baisse d’impôts de production. Sans cela, c’est un plan de non-relance, puisqu’il se résume opérationnellement à 10 milliards en 2021 et en 2022, soit 0,4 point de PIB, quand nous avons perdu 11 points en 2020 !

Aujourd’hui, en France, 10 millions de personnes sont en dessous le seuil de pauvreté, les files des soupes populaires s’allongent.

Arnaud Montebourg : "Avec ce plan de non-relance, il y a non-assistance à Français en danger" - Marianne, 9 septembre 2020

Vous avez beaucoup évoqué le volet lié à la politique de l’offre du plan, mais quid de la demande ?

Aujourd’hui, en France, 10 millions de personnes sont en dessous le seuil de pauvreté, les files des soupes populaires s’allongent. Or le plan de relance ne traite presque pas de cette question – seulement 0,8 sur 100 milliards annoncés. Ce plan de relance ne porte pas assistance aux Français en difficulté, et ils vont être de plus en plus nombreux, comme le dit la présidente d’ATD Quart-Monde. Il faut donc le dire, le gouvernement est ici responsable de non-assistance à Français en danger.
Trois sujets humains sont absents de ce plan : la nourriture, le logement et la reconversion de ceux qui vont perdre leur emploi. Je propose de créer une garantie de revenu maintenu en contrepartie d’une formation et d’un emploi futur pour celles et ceux qui vont devoir se reconvertir. À mon sens, tous les secteurs d’avenir ou en demande devraient se mettre à ouvrir urgemment des écoles consacrées à la formation professionnelle de leurs futurs salariés.
Concernant le logement, je pense qu’il va falloir racheter certains hôtels en difficulté pour les convertir en logements. Enfin, pour ce qui concerne la nourriture, et plus précisément le secteur de l’agriculture, je crois qu’il faut instaurer des tickets alimentaires ciblant l’agriculture biologique pour la soutenir.
Les associations de lutte contre la pauvreté, comme Les Restos du cœur, qui assument un véritable service public devraient pouvoir être financées en relation directe avec les réseaux de producteurs en agriculture biologique.

Que pensez-vous de cette nouvelle idée de se reposer sur l’Union européenne pour financer les plans de relance nationaux ?

Le ministre des Finances, Bruno Le Maire, a dit que l’argent n’était plus un problème, tant il y en a. Moi, à l’inverse, je crois que l’argent reste un problème. Sur les 100 milliards, il y a 40 milliards qui viennent de l’Union européenne, ce n’est pas un cadeau. On le sait déjà, il va falloir rembourser 67 milliards, soit 17 % des 390 milliards du plan européen, soit 27 milliards de plus. Ce sont donc de futurs plans d’austérité qui se préparent. Alors que des États comme les Pays-Bas ont égoïstement équilibré leur contribution par les soutiens qu’ils ont reçus.

Bruno Le Maire dit qu’il va compter sur le patriotisme économique des patrons. Ce genre de raisonnement devrait vous toucher…

Devant le Medef, le ministre de l’Économie a littéralement « supplié » les patrons d’embaucher des ouvriers français et de faire moins appel aux travailleurs détachés. Il a ajouté : « De cela dépend le succès du plan de relance ! » Aussi longtemps qu’on ne se débarrassera pas de ce système de dumping social à domicile, nous ferons baisser le chômage des autres ! En fait, l’État se déclare impuissant à relancer parce qu’il a enfin compris ce qu’il se passait dans l’agriculture, le BTP avec les travailleurs détachés, sans prendre des mesures
unilatérales d’interdiction de cette funeste directive.

Vous insistez sur la dimension sociale, mais, dans votre interview à Libération au mois d’avril, vous aviez dit que vous ne saviez plus ce qu’était la gauche. N’a-t-elle rien à dire pour répliquer à Macron ?

La gauche a enfanté Macron avec les honneurs. Une partie de la gauche l’a soutenu et le soutient encore. Mais la question, c’est la France. Cela concerne tous les Français, où qu’ils se situent. Je le répète : pour moi, la France des petites entreprises est totalement abandonnée dans ce plan de relance. Et c’est elle qui va trinquer.

La gauche a enfanté Macron avec les honneurs. Une partie de la gauche l’a soutenu et le soutient encore. Mais la question, c’est la France.

Lionel Jospin appelle la gauche écologiste à se rassembler pour peut-être gagner la présidentielle…

Je n’ai pas d’opinion sur la façon dont il faudrait s’y prendre pour organiser l’union. Je vois qu’il y a de fortes confrontations de contenus. La France insoumise a tiré les leçons du précédent quinquennat. Sa critique est sévère, mais correspond à une part de réalité. À gauche, il est évident qu’il faut solder le quinquennat Hollande. Lionel Jospin y aide beaucoup et on peut l’en remercier.

La droite prépare sa reddition devant Macron, c’est quoi la bonne alternance en 2022 ?

Prenons le contenu. D’abord, Emmanuel Macron a un projet d’adaptation pour la France aux injonctions de la mondialisation. C’est un projet néolibéral orné de progressisme, comme dirait Lionel Jospin.
Le projet vital pour le pays est un projet de reconstruction nationale : refondation de la démocratie, car on ne peut plus continuer à vivre dans un système monarchico-autocratique. Voilà vingt ans que je défends un projet de rééquilibrage des pouvoirs nommé VIème République.
Ensuite, il faut réfléchir à la façon dont on peut arriver à corriger le système économique financiarisé d’inspiration anglo-saxonne, extrêmement prédateur et destructeur pour la France. Il faut reconstruire une économie de type rhénan, plus coopérative et humaine, c’est-à-dire où il y a de la codécision, du partage du pouvoir et du capital. Pour ce faire, on a besoin du patronat et des syndicats. En fait, il faut un compromis historique pour tourner la page de la violence néolibérale de la mondialisation et pour permettre aux nations, notamment la nôtre, de se redresser.
Au fond, mon sentiment est que le projet d’Emmanuel Macron a vécu, mort-né dès qu’il fut démasqué, faute du soutien de la grande masse des Français. Il faut donc inventer l’après.

Arnaud Montebourg : "Avec ce plan de non-relance, il y a non-assistance à Français en danger" - Marianne, 9 septembre 2020
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7 septembre 2020 1 07 /09 /septembre /2020 08:20

Mme Menhaouara et son équipe municipale salissent tout ! Y compris donc les moments solennels qui devraient rassembler les Bezonnais comme celui que nous étions appelés ce matin à commémorer : le 76e anniversaire de la Libération de #Bezons... enfin quand je dis « invités », n’exagérons pas trop car les conseillers municipaux d’opposition n’ont pas reçu d’information officielle sur la tenue de cette manifestation annuelle, qui avait été décalée pour des raisons inconnues.
1️⃣ Première découverte : alors qu’il est d’usage qu’au-delà des élus municipaux, départementaux ou nationaux, seuls les partis existant au moment de la Libération déposent officiellement une gerbe au pied du monument aux morts, Mme Menhaouara a donc décidé de rompre la tradition et les convenances en invitant « La République en Marche » (parti bien connu pour avoir participé activement à la Libération de la France en 1944 puisque son fondateur – et unique raison d’être – est né plus de 30 ans après !) en plein cœur de la cérémonie officielle, ce que n’ont pas pu faire les élus d’opposition (hors du PCF difficilement supprimable)... J'ai peu de doutes que si nous en faisions la demande nous ne serions pas autorisés à déposer une gerbe au cours de la cérémonie officielle.

Les gerbes déposées (dont celle de LREM) pendant la cérémonie [celle du groupe d'opposition de Mme Noël a été ajouté après la cérémonie]

Les gerbes déposées (dont celle de LREM) pendant la cérémonie [celle du groupe d'opposition de Mme Noël a été ajouté après la cérémonie]

2️⃣ Deuxième effet kisscool : on atteint le niveau pathétique voire pathologique. Comme vous le verrez dans les captures d’écrans ci-dessous, une première publication Facebook éditée par les services municipaux faisait apparaître quelques conseillers municipaux de l’opposition (membres du groupes « Vivons Bezons », en l’occurrence Nadia Aouchiche, Arnaud Gibert et moi-même), mais sans citer leur présence (faut pas pousser quand même ; je comprends parfaitement que les agents municipaux fassent attention car de nombreux échos nous reviennent de la part d’agents et de responsables associatifs relatifs à une véritable chasse aux sorcières en cours)... Mais c’était sans compter sur la vigilance de Mme Menhaouara, de son cabinet et de son équipe municipale : cette publication a été supprimée et remplacée par une autre quelques dizaines de minutes plus tard dans laquelle les élus d’opposition ont tout simplement disparu. Mme Menhaouara atteint donc au sublime de la sociopathie et de la falsification jusqu’ici réservé au BigBrother du roman 1984 de George Orwell ou à Joseph Staline lorsqu’il dirigeait l’Union soviétique après avoir éradiqué l’essentiel de ses opposants.

Peu m’importe pour ma part que ma photo apparaisse sur la page Facebook de la Ville de Bezons, mes camarades et moi-même ne nous sommes pas engagés pour cela mais pour servir l’intérêt général... nous pensions d'ailleurs à l'origine que dès la première publication, nous n'apparaîtrions pas. Il est symptomatique que les services aient donc publié les photos et que Mme Menhaouara et son staff politique aient exigé la suppression de cette première publication : cela traduit simplement un état d’esprit paranoïaque de la part de la première magistrate de la commune qui est particulièrement inquiétant pour notre ville et les habitants. Après le refus de publier la tribune dans le Bezons infos, après le refus de faire voter le vœu que nous présentions pour témoigner notre solidarité aux victimes des attentats de janvier 2015 (espérons que c’est par seule détestation à notre égard et non pour d’autres raisons moins avouables), voici un jalon de plus dans la construction de la démocratie façon Menhaouara, la suppression symbolique des élus d’opposition. #JusquiciToutVaBien

Frédéric Faravel
Conseiller municipal Gauche Républicaine & Socialiste de Bezons
membre du groupe municipal "Vivons Bezons"

La première copie d'écran est celle de la première publication où les élus du groupe "Vivons Bezons" apparaissent ; les deuxième et troisième captures d'écran sont celles de la deuxième publication qui fait disparaître tout élu d'opposition du paysage et expose Mme Menhaouara en majesté comme photo de couverture. On y retrouve également mon commentaire.
La première copie d'écran est celle de la première publication où les élus du groupe "Vivons Bezons" apparaissent ; les deuxième et troisième captures d'écran sont celles de la deuxième publication qui fait disparaître tout élu d'opposition du paysage et expose Mme Menhaouara en majesté comme photo de couverture. On y retrouve également mon commentaire.
La première copie d'écran est celle de la première publication où les élus du groupe "Vivons Bezons" apparaissent ; les deuxième et troisième captures d'écran sont celles de la deuxième publication qui fait disparaître tout élu d'opposition du paysage et expose Mme Menhaouara en majesté comme photo de couverture. On y retrouve également mon commentaire.

La première copie d'écran est celle de la première publication où les élus du groupe "Vivons Bezons" apparaissent ; les deuxième et troisième captures d'écran sont celles de la deuxième publication qui fait disparaître tout élu d'opposition du paysage et expose Mme Menhaouara en majesté comme photo de couverture. On y retrouve également mon commentaire.

Visiblement mon post et mes commentaires les ont piqués 😂.
La photo de tête a changé : les conseils de Mme Menhaouara ont dû lui faire entendre que c’était un peu mégalo d’illustrer la cérémonie par sa présence en majesté ; la voici donc hilare en rang d’oignons avec la députée macroniste ; l’opposition est réapparue un peu plus loin... ces gens sont vraiment bizarres. Dans tous les cas, la collusion avec les soutiens d'Emmanuel Macron se précise de jour en jour.

Deuxième publication corrigée sur la page de la Ville de Bezons en fin d'après-midi qui réinjecte les élus d'opposition et propose une photo de Mmes Menhaouara et Lazaar, hilares...

Deuxième publication corrigée sur la page de la Ville de Bezons en fin d'après-midi qui réinjecte les élus d'opposition et propose une photo de Mmes Menhaouara et Lazaar, hilares...

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4 septembre 2020 5 04 /09 /septembre /2020 07:55

Le conseil municipal du mercredi 2 septembre 2020 a duré un peu plus de 3 heures. Il a été largement consacré à la désignation de représentants de la commune dans divers organismes. Peu de choses intéressant le quotidien des habitants pour le moment, on se demande d'ailleurs bien quelles sont les priorités de la nouvelle municipalité divers droite de Bezons.

Avant que Mme Menhaouara commette la faute républicaine grave de refuser de voter un vœu proposé par "Vivons Bezons" pour exprimer la solidarité avec les victimes des attentats de janvier 2015 le jour de l'ouverture du procès, nous avons dû batailler pour défendre les droits de l'opposition et rappeler quelques principes politiques sur la dénomination des rues du Cœur de Ville : c'est ce que vous pourrez voir dans les vidéos ci-dessous.

Frédéric Faravel
Conseiller municipal Gauche Républicaine & Socialiste de Bezons
membre du groupe "Vivons Bezons"

Nous sommes intervenus sur le respect des moyens dûs à l'opposition municipale. Cela fait deux mois que la nouvelle municipalité a été installée. Cependant Mme Menhaouara tout à son bonheur de recevoir cet été deux ministres macronistes n'a pas trouvé le temps de faire en sorte que les droits de l'opposition soient respectés et de leur donner les moyens légaux nécessaires : locaux, outils de travail, etc. Dominique Lesparre s'est donc permis de lui rappeler ses obligations, à l'occasion d'une délibération sur les droits à la formation des élus. A sa suite, j'ai resitué cette situation dans une ambiance plus générale constatée depuis les deux premiers conseils municipaux : la démocratie locale chez Mme Menhaouara c'est surtout pour faire des effets de manche, rarement pour être traduit en actes.

Nous étions ensuite appelés à nous prononcer sur les noms des rues du Cœur de Ville, projet phare pour Bezons que nous avons porté jusqu'au bout. La décision de donner à ses rues les noms de cinq Femmes ayant fait progresser la Cause des Femmes avait été prise par l'équipe de Dominique Lesparre qui l'avait fait accepter par les aménageurs et les promoteurs ; il s'agissait de Simone Veil, Gisèle Halimi, Olympe de Gouges, Simone de Beauvoir et Frida Kahlo. Evidemment, la nouvelle maire de Bezons ne pouvait supporter de maintenir totalement une décision prise par l'équipe précédente, elle a donc choisi de supprimer les deux dernières pourtant emblématiques du combat pour l'égalité réelle entre Femmes et Hommes, combat qui reste d'actualité au regard notamment des graves inégalités sociales et économiques (notamment) structurelles qui persistent dans notre pays. Il est à ce titre regrettable que Monsieur Marc Roullier, représentant le parti LR au sein du conseil municipal, est tenu à ce sujet un discours relativement rétrograde, niant l'existence de ces inégalités. Comment séparer au demeurant Gisèle Halimi et Simone de Beauvoir, lorsque l'on sait le combat commun qu'elles ont mené ensemble non seulement pour le droit à l'avortement, mais aussi contre la torture en Algérie et pour l'indépendance de l'Algérie et de la Tunisie ? Mais il y a fort à parier que Mme Menhaouara n'en avait pas connaissance. La nouvelle municipalité a donc choisi de remplacer Simone de Beauvoir et Frida Kahlo par Camille Claudel (qui malgré son oeuvre particulièrement remarquable n'est pas représentative du combat nécessaire pour l'égalité entre Femmes et Hommes) et Katherine Johnson, qui participe plus de ce mouvement au regard de son apport essentiel à la place des Femmes dans la Sciences et la conquête spatiale, à l'égalité des droits entre les sexes mais également au combat pour les droits civiques des noirs américains. Nous avons pris acte de ces modifications et voté pour ses cinq noms de rue, considérant qu'il était indispensable de rééquilibrer enfin dans l'espace public bezonnais la place des femmes et des hommes. Cependant nous regrettons que cette démarche ait été gâché par le fait que Mme Menhaouara considère ce débat comme "un petit sujet" et ait souhaité opérer des modifications purement politiciennes à ce qui avait été envisagé.

Mme Menhaouara s'était permise dans les débats un mépris affligeant à l'égard des élus de l'opposition, qui ne pouvaient pas prétendre obtenir de représentants pour y servir les intérêts de la commune, affirmant crânement que nous nous désintéressions de ces sujets. Nadia Aouchiche puis moi-même l'avons rappelé à l'ordre avec calme et sérieux. La démocratie locale pour la nouvelle municipalité, ce sont des discours jamais des actes. Ils ont choisi de ne pas tenir compte que les oppositions représentaient deux fois de suffrages exprimés par les Bezonnais que leur liste.

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