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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube.
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Gauche Républicaine & Socialiste

23 novembre 2009 1 23 /11 /novembre /2009 14:40
Point de vue
Le projet du Grand Paris n'est pas métropolitain, par Daniel Behar et Philippe Estebe
LEMONDE.FR | 23.11.09 | 10h45  •  Mis à jour le 23.11.09 | 11h19

a discussion autour du projet de loi relatif au Grand Paris tend à mettre en cause son rabattement sur un schéma de transports, pour peser les vertus respectives d'un parcours aérien ou souterrain ou à incriminer son manque de vision globale pour l'Ile-de-France. Là n'est pas la question : au sein d'une "République décentralisée", il n'est pas de la légitimité de l'Etat de définir cette vision. En revanche, il lui revient bien d'énoncer une stratégie de développement de la région-capitale, c'est-à-dire définir les conditions de sa contribution optimale à la performance de la France dans le contexte de la mondialisation.

Sur ce plan, ce projet propose comme préalable implicite une rupture doctrinale tout à fait justifiée avec un des dogmes fondateurs de "l'aménagement du territoire à la française", celui du rééquilibrage entre Paris et la province. Avec l'attractivité renouvelée des grandes villes et du tissu rural, cette posture n'était plus de mise. Mais comment alors affirmer la place de la première métropole française dans le monde ? Pour relever ce défi, le projet de loi formule une hypothèse stratégique : la globalisation constitue une échelle inédite dans la concurrence internationale, à laquelle il faut répondre en "ajoutant" des facteurs de compétitivité à la métropole, soit "à côté" (c'est la proposition séduisante de l'extension de Paris jusqu'au Havre), soit "au-dessus", et c'est la couche supplémentaire des "clusters", de la recherche et de l'innovation, de la Défense à Saclay en passant par Le Bourget, desservis par le fameux "grand huit". Or cette hypothèse est tout à fait discutable.

Il n'est d'abord pas certain que la question de l'ouverture au monde au XXIe siècle se joue sur le plan des échanges marchands maritimes. Et peut-on décréter ainsi la rupture avec la permanence d'une histoire longue davantage continentale que maritime ? Mais surtout la mondialisation ne constitue pas un niveau en plus, à l'extérieur, mais un processus qui produit une nouvelle figure de la ville – la métropole après l'agglomération – où les liens en réseau désorganisent la continuité des lieux et génèrent de multiples contradictions entre le global et le local. Autrement dit, la mondialisation n'est pas un défi du dehors, mais du dedans de la métropole.

Sur le plan économique, se mettre à sa hauteur ne consiste pas à ajouter quelques " clusters ", en espérant un effet locomotive qui n'est nullement garanti. C'est plutôt sur l'ensemble du territoire métropolitain qu'il faudrait miser. Les affaires et la finance ne sont pas l'exclusivité du pôle de la Défense mais l'attribut de tout l'Ouest parisien. L'excellence scientifique ne se joue pas sur Saclay mais à l'échelle d'un cône sud de l'innovation, entre la Montagne- Sainte-Geneviève, Evry et Saclay. Le tourisme et la culture – au-delà de la puissance de Paris intra muros – s'étendent aujourd'hui vers le nord et l'est, sur des registres davantage contemporains que patrimoniaux. Enfin et surtout, la performance de ces activités d'excellence dépendra de l'étroitesse de leurs relations à la métropole ordinaire, celle de la logistique, du BTP ou des services.

Sur le plan social, l'enjeu n'est pas de minimiser le risque d'émeutes sociales et d'atteinte à l'image internationale de Paris, au travers d'un "détour" du grand huit par Clichy-Montfermeil mais de développer résolument un cosmopolitisme métropolitain. A Paris, comme dans les autres métropoles du monde, la métropolisation s'accompagne d'un développement des migrations internationales. Ailleurs considéré comme une ressource essentielle de l'attractivité métropolitaine, cet enjeu est totalement passé sous silence dans le projet du Grand Paris. Sont tout autant occultés le potentiel créatif induit par ce nouveau cosmopolitisme que les nouvelles figures de la pauvreté qu'il engendre.

En initiant le projet du Grand Paris, l'Etat a bien perçu le défi pour la France que constitue la question métropolitaine. Mais en décalquant les recettes des années 1960 à l'époque de l'agglomération parisienne, mises au goût du jour selon une géographie dilatée (un métro automatique succédant au RER, et des clusters aux villes nouvelles), sa réponse n'est pas à la hauteur. C'est à "faire métropole" qui faudrait collectivement s'attacher.

Daniel Behar est professeur associé à l'Institut d'urbanisme de Paris et Philippe Estebe est professeur associé à Sciences Po Paris. Tous les deux sont consultants à la coopérative Acadie.

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26 octobre 2009 1 26 /10 /octobre /2009 16:06

Social-démocratie : leçons allemandes

- Telos.fr

Un sondage récent d’OpinionWay montre que la moitié des sympathisants du Parti socialiste français privilégient une alliance à gauche qui comprendrait le Nouveau Parti Anticapitaliste d’Olivier Besancenot. En Allemagne, lors des récentes élections législatives, après la déroute des sociaux-démocrates, passés de 34,2% en 2005 à 23% en 2009, certaines voix se sont élevées à gauche pour réclamer une alliance entre le nouveau parti d’extrême-gauche, Die Linke, qui est passé de 8,1% à 10,7%, et le Parti social-démocrate.

Dans la crise économique actuelle, dans les deux pays, la demande de justice sociale s’est fortement accrue. En Allemagne, les électeurs qui ont déserté le SPD invoquent d’abord cette préoccupation selon un sondage d'une fondation allemande. Plus d’un million des électeurs du SPD de 2005 ont voté cette fois pour Die Linke. Le SPD a perdu près de 15 points dans les couches populaires salariées. 28% des ouvriers ont voté pour le SPD seulement mais 18% pour Die Linke. Dans les deux pays, la « gauche de la gauche », communistes ou trotskistes, a dépassé les 10% et s’est installée dans le paysage politique. Ces évolutions électorales correspondent à des changements d’attitudes des électeurs, qui, à la faveur de la crise, privilégient à nouveau l’action de l’État et qui, selon le volet français de l’enquête sur les valeurs, réalisé sous la direction de Pierre Bréchon et Jean-Pierre Tchernia, donnent désormais la priorité à l’égalité sur la liberté. La préférence pour la concurrence plutôt que pour les nationalisations, s’est érodée. Incontestablement, la crise du capitalisme financier a profondément marqué des opinons publiques qui comparent les fabuleux revenus des traders et grands patrons à l’évolution générale des salaires. La crise du capitalisme est ainsi devenue une crise morale, en même temps qu’économique.

Dans ces conditions, de fortes pressions s’exercent sur les partis socialistes pour qu’ils adoptent des positions plus fermes sur le fonctionnement du capitalisme et recherchent des alliances avec l’extrême-gauche. Ces pressions sont compréhensibles et pourraient trouver des oreilles attentives dans les partis socialistes.

Pourtant, d’autres données montrent que les socialistes sont en réalité face à une situation politique et électorale encore plus compliquée qu’il n’y paraît. Certes, la reconquête des couches populaires est pour eux un objectif prioritaire. Mais il faut souligner qu’en Allemagne, dans cette période crise, c’est la droite qui a globalement progressé et d’abord le parti libéral. L’ensemble gauche plus écologiste est passé de 51% à 46% en quatre ans. Quant à Die Linke, s’il fait un score impressionnant dans les anciens lander de l’Est avec 26%, dépassant le SPD (18%), en revanche, dans l’ancienne Allemagne fédérale, il ne rassemble que 8% des suffrages contre 24% au SPD et 11% pour les Verts. Or, en Allemagne, les Verts sont plus proches, par certaines de leurs orientations, des libéraux que de l’extrême-gauche, comme l’a montré leur décision récente de s’allier en Sarre avec les droites plutôt qu’avec les gauches. Une alliance rose/rouge n’a aujourd’hui aucune chance de gagner les élections dans ce pays. En France, dans cette même période de crise, la gauche n’a pas progressé aux élections européennes, même en incorporant les Verts qui ont atteint 16%, soit pratiquement autant que les socialistes. En outre l’extrême-gauche du NPA rejette toute alliance aussi bien avec les socialistes qu’avec les Verts, et donc tout exercice du pouvoir.

En réalité le choix réel auquel sont confrontés les socialistes dans les deux pays est le suivant : Soit, choisir clairement la fonction et la posture de tribun de la plèbe, soit, continuer de se donner comme principal objectif de revenir au pouvoir et de gouverner. Dans le premier cas, ces partis peuvent trouver un véritable avantage à gauchir fortement leur discours anticapitaliste et à se rapprocher autant que faire se peut de l’extrême-gauche. Dans le second cas, il leur faut d’abord conserver ou regagner une véritable crédibilité gouvernementale, et donc d’abord la crédibilité économique qui seule peut les ramener au pouvoir. Ici encore le sondage sur les élections allemandes est très instructif : le thème décisif de la campagne pour les électeurs allemands a été l’économie. Or, sur ce thème, 47% des électeurs estimaient que la CDU était la plus compétente et 21% seulement le SPD. Certes, sur le thème de la justice sociale, les chiffres s’inversaient mais l’image de crédibilité demeurait globalement en faveur de la droite et des libéraux.

Il faut ajouter que les électeurs du SPD de 2005 qui ont voté en 2009 pour la CDU ou pour le Parti libéral ont été plus nombreux que ceux qui l’ont déserté au bénéfice de Die Linke. Quand aux pertes socialistes au bénéfice des Verts, presque aussi nombreuses que celles en faveur de Die Linke, elles ne peuvent être considérées simplement comme un vote plus à gauche de ces électeurs. De même, en France, le succès des Verts aux Européennes, même si les Verts français demeurent, malgré l’influence de Daniel Cohn-Bendit, plus proches de l’extrême-gauche que leurs homologues allemands, ne peut pas non plus être assimilé à un simple virage à gauche, dans le sens traditionnel du terme, de ces électeurs, l’enjeu écologique étant un véritable enjeu politique en soi.

Si donc le thème de la justice sociale est décisif pour les socialistes, en particulier pour conserver le leadership à gauche et mobiliser les couches populaires, en revanche, celui de la crédibilité économique est capital pour revenir au pouvoir. En France, la victoire de Nicolas Sarkozy en 2007 a été largement due à son avantage sur le thème de la crédibilité gouvernementale. La social-démocratie, en France comme en Allemagne, est obligée en réalité d’articuler les deux thèmes de la justice sociale et de la crédibilité économique si elle veut à la fois résister aujourd’hui et gagner demain. Réaliser cette articulation est particulièrement difficile, surtout en ces temps de crise et de déficits, et peut être mal compris des électeurs de gauche, et donc provisoirement peu profitable. Mais si les partis socialistes se donnent la facilité de jouer exclusivement le rôle de tribun du peuple, quitte, pour y parvenir, à abandonner ce qui demeure décisif pour la majorité des électeurs, c'est-à-dire leur crédibilité économique, ils prennent le risque de rester très longtemps dans l’opposition. Ils peuvent choisir l’une ou l’autre voie. Chacune présente pour eux avantages et inconvénients. Encore faut-il qu’ils soient bien conscients de leurs objectifs et de la signification et de la portée du choix qu’ils effectueront.

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21 octobre 2009 3 21 /10 /octobre /2009 15:32

Pantin candidate à un abaissement du seuil d'exposition aux ondes électromagnétiques de téléphonie mobile

 

 

Le conseil municipal du 20 octobre s'est prononcé à l'unanimité pour que la ville de Pantin se porte candidate à expérimenter l'abaissement du seuil d'exposition aux ondes électromagnétiques.

 

En parallèle avec la démarche de résiliation progressive des baux des antennes relais implantées sur le patrimoine de Pantin Habitat, l'information aux habitants et la mobilisation des Pantinois pour engager des recours contre les opérateurs de téléphonie, la commune a annoncé qu'elle s'intégrera dans la démarche proposée par l'association des Robins des Toits, organisée par le secrétariat d'état à l'écologie dans la foulée du Grenelle des Ondes.

 

Il s'agit de répondre à un appel à candidatures sur le site du secrétariat d'état. Ce dernier identifie des communes volontaires pour réaliser sur tout ou partie de leur territoire les modélisations et les expérimentations liées à l'exposition des ondes mais également pour l'identification et l'expérimentation de nouvelles procédures de concertation et d'information locale. Cet appel à candidatures est ouvert aux communes et communautés de communes du 17 septembre au 31 octobre 2009.

 

Sur la base des candidatures reçues, l'identification des communes d'une part pour les travaux sur l'exposition et d'autre part pour l'expérimentation sur la concertation aura lieu début novembre par le comité opérationnel.

 

Les différentes modélisations et expérimentations sur l'exposition et la concertation seront menées entre novembre 2009 et avril 2010.

 

La ville de Pantin s'est engagée depuis 2006 pour obtenir des opérateurs de téléphonie mobile le respect des trois conditions suivantes :

- un seuil maximal d'exposition de 0,6 V/m

- pas d'antennes dans un périmètre de 100 m autour des établissements sensibles

- réaffirmation des principes de la loi N° 86-1290 sur l'information relative aux travaux dans les immeubles, aux plans de concertation, etc.

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20 octobre 2009 2 20 /10 /octobre /2009 10:02

Chili : face au PS néolibéral, un nouvel espoir à gauche

Alexis Corbière - Conseiller municipal à Paris | Dimanche 18 Octobre 2009 - Marianne2.fr

Trente six ans après le coup d'état d'Augusto Pinochet, la droite ultralibérale est en mesure de revenir au pouvoir au Chili, par les urnes cette fois-ci. Alexis Corbière nous explique comment les politiques menées par la social-démocratie depuis le retour à la démocratie ont rendu possible une telle situation.
Dans moins de deux mois, le 13 décembre 2009, le premier tour de l’élection présidentielle aura lieu au Chili. Pour l’heure, la presse française n’en parle quasiment pas. C’est surprenant car il y a quatre ans, la même échéance avait suscité beaucoup d’intérêt, dont le point d’orgue fut le voyage très médiatisé de Ségolène Royal en soutien à la socialiste Michelle Bachelet qui sera élue Présidente.

S’il existe une « passion française » pour le Chili, elle n’est pas née cette fois là. Depuis près de 40 ans, ce pays occupe une place à part dans le cœur de tous les militants de gauche. Et, la fin de la dictature en 1989, puis la victoire d’une socialiste en 2006, sont apparues pour beaucoup de nos compatriotes comme la revanche posthume de ceux qui soutenaient Salvador Allende. La boucle semblait bouclée…mais la réalité est plus complexe.

Pourquoi aucun responsable national du PS ne se rend sur place cette fois-ci ? C’est que la situation locale est révélatrice de l’état de la social-démocratie mondiale. Ce qui s’y déroule actuellement mérite d’être connu. Avec Pinochet, ce ne fut pas seulement un régime militaire qui dirigea le pays pendant près de 17 ans. Ce fut aussi le laboratoire d’expérimentation pour des économistes ultra libéraux formés à « l’école de Chicago » sous la houlette du prix Nobel Milton Friedman.
 
Une véritable « contre révolution » s’est alors engagée, appliquant avec brutalité les dogmes de M. Friedman que l’on peut résumer ainsi : privatisation, dérèglementation, politiques monétaristes  et réduction des dépenses sociales. Avec l’accord des militaires, les « Chicago boys » prirent les rênes de l’économie.

En 1989, lors du retour de la « démocratie », leur bilan était sans appel : 45 % des Chiliens vivaient sous le seuil de pauvreté et les 10 % les plus riches avaient vu leur fortune augmenter de 83 %.
Le paradoxe terrible est que même 20 ans après le rétablissement des libertés publiques et l’élection discontinue de quatre Présidents issue de la Concertacion - alliance des Démocrates Chrétiens et des socialistes - la situation économique du pays n’a guère changé.

Pire, à présent, les 20 % des Chiliens les plus aisés possèdent près de 70 % de la richesse nationale, et les 20 % les plus pauvres n’en partagent que 3 %. L’ONU estime ce pays à la 12e place des plus inégalitaires de la planète. Triste record. D’autant qu’il a connu, durant les années 90, une croissance phénoménale de plus de 8 % chaque année. Ainsi, des fortunes privées colossales se sont bâties.

C’est dans ce contexte que se déroule la prochaine élection présidentielle. Au sein du PS chilien, beaucoup de voix ont réclamé une rupture avec ces politiques libérales. Elles pensaient qu’il était temps de rompre avec la Concertacion et d’engager une réelle politique de répartition des richesses accompagnée de la mise en place d’une nouvelle Constitution. Cette dernière, totalement anti démocratique, a été rédigée par Pinochet et bloque la possibilité de toute politique sociale d’Etat. 

La démission de la sociale-démocratie

Ces voix n’ont pas été entendues. Le PS chilien a même décidé de ne pas présenter un candidat socialiste à l’élection présidentielle et de soutenir dès le premier tour le responsable de la Démocratie Chrétienne (DC) - le parti du néolibéralisme -, Eduardo Frei, déjà Président de 1990 à 1994. Le secrétaire général du PS a même déclaré récemment que la DC et le PS pourrait prochainement devenir un « Parti unique ».

Refusant cette dérive du PS vers le centre droit qui nous rappelle celle actuellement à l’œuvre en Europe et ce sabordage, de nombreux dirigeants historiques du PS ont claqué la porte. C’est le cas de Jorge Arrate, ancien Président du PS, qui est devenu le candidat d’un large « Front de gauche », Juntos Podemos. Celui-ci regroupe une dizaine de formations dont le Parti communiste. Parmi ses propositions, on trouvera une augmentation des salaires de 10 % par année, la mise en place d’un authentique salaire minimum, un réel investissement pour l’école publique, une réforme fiscale… et aussi, détail important, l’élection d’une Assemblée constituante.

Dans le même temps, un jeune député socialiste, Marco Enriquez-Ominami (MEO), se présentera également en dehors de l’accord PS/DC. Il est le fils de Miguel Enriquez, dirigeant  du MIR assassiné en 1974. A gauche sur des questions sociétales, M. Enriquez-Ominami ne met pas au cœur de sa campagne les profondes réformes nécessaires pour lutter contre les injustices et les inégalités sociales qui minent le pays. Très soutenu par la grande majorité de la presse pourtant très réactionnaire, il tranche avec les autres candidats par sa jeunesse et sa campagne « marketing », inspiré de Jacques Séguéla dont il fut l’élève. Mais, il regroupe autour de lui des gens de gauche et de droite. Exemple significatif, le responsable de son projet économique est Paul Fontaine, un patron formé à « l’école de Chicago » qui, à propos de la dictature, « reconnait l’œuvre économique des militaires mais condamne les violations des droits de l’homme ». Au second tour, si MEO n’était pas présent, Fontaine votera pour le candidat de droite. Ce personnage incarne assez clairement toutes les ambiguïtés des nombreux soutiens de cette candidature « attrape-tout ».

Enfin, on trouve, comme quatrième candidat, Sebastian Pinera. Il est le candidat de toute la droite, cette fois ci rassemblée. M. Pinera est un milliardaire qui s’est enrichi sous la dictature, et dont le frère, José Pinera, était ministre de l’économie d’Augusto Pinochet.
Les politiques menées par la Concertacion depuis 20 ans et la confusion idéologique dans laquelle le PS a maintenu le pays ont créé les conditions propices à la possibilité d’une victoire de la droite. Pour l’heure, tous les instituts de sondages mettent M.Pinera nettement en tête au premier tour, et gagnant dans tous les cas de figure au second.

Qui aurait pu croire qu’au pays de Salvador Allende, 36 ans après sa mort, un héritier politique de Pinochet soit en situation d’être élu «démocratiquement» à la présidence ? C’est pourtant une possibilité dont la responsabilité repose en grande partie sur le PS chilien qui s’est totalement converti au néolibéralisme et a favorisé en cela le développement d’une grande abstention populaire.

Dans ce désastre général, seule la candidature de Jorge Arrate fait entendre des propositions pour une authentique politique de gauche. Elle remobilise un électorat qui n’en pouvait plus. C’est pourquoi en France, plusieurs partis politiques dont le Parti communiste et le Parti de Gauche la soutienne. Ne laissons pas Allende se faire assassiner une nouvelle fois.

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12 octobre 2009 1 12 /10 /octobre /2009 09:38
 visuel

Les conséquences de l’affaire Polanski/Mitterrand

Je voulais revenir sur la position de trois quadragénaires socialistes qui se sont distingués dans cette affaire. Benoit Hamon, Manuel Valls et Arnaud Montebourg. Tout trois ont eu une position sévère, envers Fréderic Mitterrand et tous trois ont été rapidement taxés, de populistes à la traine du Front National, ou de nouveaux pères la vertu notamment par Bernard-Henri Levy ce matin dans Libération qui compare Benoit Hamon aux pamphlétaires pudibonds d’extrême droite du début des XXème siècles. Qu’il y ait eu une dose d’opportunisme politique c’est une possibilité mais il ne faudrait pas passer à coté de ce que dit l’analyse générationnelle des prises de positions de chacun. Au fond il y a deux choses fondamentalement insupportables dans cette affaire: Un, l’idée que puisse être banalisée ou excusée la moindre forme d’asservissement humain, que ce soit la prostitution via le tourisme sexuel, la pédophile, ou le viol. Rien à voir bien sur avec une quelconque liberté sexuelle dont parle BHL…Deux, l’opprobre jetée sur un homme pour son travail d’écrivain, le fait de prendre un extrait de son œuvre pour un procès verbal et lui demander des comptes sur des écrits dont ont sait ce qu’ils comportent une part de souffrance, d’esthétisme, de vérité et de mensonge, le contraire d’une apologie. Ces deux violences, qui n’ont rien à voir jouent pourtant, dans cette affaire l’une contre l’autre. L’une est le fait de Fréderic Mitterrand lui-même. Sa déclaration lors de l’arrestation de Roman Polanski et sa façon de minimiser ce qui n’est rien d’autre que un viol sur mineure, c’est une violence…Et l’autre, c’est la façon dont Marine Le Pen a utilisé les textes de Frédéric Mitterrand, c’est une violence aussi. Les générations politiques, ne réagissent pas avec les mêmes degrés de révolte face à ces deux violences.

C’est ce qui explique la réaction des quadras du PS ?

Oui, et je pense que ça n’a rien à voir avec un quelconque retour de je ne sais quel ordre moral. Peut-être un peu avec une exigence grandissante de morale politique. Mais surtout, et parce que, encore une fois ces discussions que l’ont peut avoir (je suis quarantenaire) avec nos grands frères de cinquante ou soixante ans révèlent souvent que face à la question de la sexualité, de l’intégrité du corps de l’autre, face au viol, ou au détournement de mineur ou même face à la prostitution il y a une différence de perception, une différence de tolérance, une prise en compte nouvelle, peut être chez les plus jeunes de la souffrance psychologique. L’apologie, même littéraire du viol dans le Hussard Bleu de Roger Nimier ne serait plus reçu pareil aujourd’hui…Le viol n’est un crime en France que depuis 30 ans, grâce au combat des féministes… Les travaux des psychiatres, ces vingt dernières années sur les abus sexuels dont sont victimes les mineurs, intègrent de plus en plus les consciences (rien à voir avec les pères la vertu invoqués par BHL). Inconditionnel de Brassens, j’ai toujours été frappé par ces vers de la Princesse et du croque notes :

« Tu as treize ans j'en ai trente qui sonnent

Grosse différence et je ne suis pas chaud

Pour tâter d'la paille humide du cachot »

Le premier argument du croque note c’est simplement « je ne veux pas aller en prison »… Finalement il y a bien une évolution, dans le temps de la perception de l’intégrité du corps de l’autre. Frédéric Mitterrand a montré, jeudi soir qu’il intégrait aussi cette évolution. Les réactions, variées et parfois surprenantes, pendant toute cette affaire avaient souvent à voir avec l’âge de chacun. Quelle est la violence la plus insupportable?… la violence inquisitoriale faite à l’écrivain Mitterrand ou la violence faite par le ministre Mitterrand qui minimise un viol dans une déclaration officielle? Chacun a répondu à sa façon. Et ça a donné ce débat fait d’abord d’incompréhensions mais aussi un débat de fond duquel il ne ressortira pas forcement que des aspects négatifs.

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12 octobre 2009 1 12 /10 /octobre /2009 07:41

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9 octobre 2009 5 09 /10 /octobre /2009 10:06

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8 octobre 2009 4 08 /10 /octobre /2009 15:33
Point de vue
Comment régénérer le socle idéologique du socialisme ?, par Frank Burbage
LE MONDE | 08.10.09 | 13h42  •  Mis à jour le 08.10.09 | 13h42

ans ce moment où le Parti socialiste cherche à se reconstruire, à renouer des liens à la fois respectueux et efficaces avec le monde intellectuel, il n'est pas inutile d'essayer de cerner ce qui peut faire obstacle à cette consolidation tant attendue.

Cela fait bien longtemps que les responsables du PS ont passé par pertes et profits l'héritage marxiste qui avait fourni les bases théoriques de la refondation d'Epinay. Qui pense aujourd'hui à constituer un "front de classe" permettant de "rompre avec le capitalisme" ? Le problème, c'est que ces notions, à l'évidence discutables, ont été abandonnées sans être discutées, au fil d'une dérive gestionnaire sensible dans les pratiques comme dans les discours. Et lorsque le socialisme se coupe d'une pensée de l'exploitation, de la domination et de l'aliénation, il n'est plus que l'ombre de lui-même.

Les interminables querelles de personnes occupent alors le devant de la scène, sans qu'aucune perspective d'idées nouvelles ne parvienne à émerger. Et cela, alors même que la gauche française, en des oeuvres aussi différentes que celles de Michel Foucault ou d'André Gorz, dispose depuis les années 1980 ou 1990 de réflexions de haute tenue, et de grand avenir : Michel Foucault, pour réfléchir à la montée en puissance des "biopouvoirs" et des "sociétés de contrôle " et pour explorer les modalités d'une nouvelle émancipation ; André Gorz, pour articuler la question sociale et la question écologique, et pour redonner sens à une critique intelligente de l'économie.

Quel est aujourd'hui le socle idéologique "moyen" du Parti socialiste ? Trois éléments principaux apparaissent structurants : l'appel à la préservation et à la rénovation des institutions de la sécurité individuelle et collective (éducation, parcours professionnels) - contre les violences de la dérégulation néolibérale, dans la perspective d'un Etat prévoyant - ; l'appel à une distribution plus équitable des revenus et des patrimoines, à une plus grande égalité des chances - contre le creusement des inégalités, dans la perspective d'une société effectivement ouverte à tous - ; l'appel à une croissance ou à un développement mieux régulés et "durables" - contre les démesures d'un capitalisme spéculatif et dispendieux, dans la perspective d'une économie de marché soumise aux exigences de la véritable "civilisation".

C'est important, mais loin d'être suffisant. C'est de surcroît lourd d'un certain nombre d'oublis ou d'équivoques, qu'il importe de porter au débat collectif. Consolider les "capacités" individuelles est un projet très louable. Mais où passe la réflexion sur les biens communs, sur la propriété sociale, sur les espaces collectifs d'action, de pouvoir et de culture ? La question de la justice ne se réduit pas à celle du "partage (équitable) des richesses". Il s'agit aussi de décider de ce qui doit rester hors du champ de l'appropriation et de la consommation privées : des espaces, des temps, des biens proprement sociaux et publics. La question des limites de la sphère marchande est décisive, elle est très et trop souvent délaissée.

Le souci de l'équité est porté par des politiques qui ne sont pas nécessairement socialistes. C'est (heureusement) le lot commun du "libéralisme politique" en général. Mais la substitution systématique de la notion d'équité à celle d'égalité conduit à éluder des questions d'importance, sur lesquelles les socialistes auraient intérêt à se positionner : quel est le taux et le type d'inégalités tolérables et même bénéfiques dans la société d'aujourd'hui ? Dans quels cas l'égalité doit-elle être absolue ? Dans quels cas doit-elle être relativisée ? Quel type d'égalitarisme doit être aujourd'hui porté et cultivé par un socialisme contemporain ?

L'appel au développement "durable" signale moins une avancée qu'une persistante confusion. Car la critique du "matérialisme" des sociétés contemporaines et l'appel à la considération des vrais besoins humains s'inscrit dans l'horizon d'un humanisme qui reste très étroit : on veut un développement (enfin) humain, une "politique de la civilisation" ! Mais c'est ce même humanisme qui a justifié et qui justifie encore, au nom de la valeur transcendante de l'homme et de ses droits, l'exploitation illimitée de la Terre.

L'idéologie actuelle du "développement humain" reproduit sans cesse cette présupposition anthropocentriste, renforcée par l'attention portée au sort des générations (humaines) futures. Et cela, alors même que la question sociale et la question écologique demandent aujourd'hui à être très étroitement articulées.

Or cette articulation n'est possible que si l'on engage la critique de l'anthropocentrisme dominant, dans une perspective qui gagne à s'instruire plutôt chez Claude Lévi-Strauss que chez Edgar Morin. Si nous bénéficions et participons à une société de grande valeur, celle-ci ne s'arrête pas aux frontières de l'humanité.

La relation d'ensemble que nous tissons avec la multitude des choses et des êtres, des milieux et des éléments terrestres, complète et enrichit les perspectives strictement humaines. Et la Terre n'est pas seulement un ensemble de moyens destinés à nos usages et à nos consommations. Ainsi il ne revient pas du tout au même de s'inquiéter du seul réchauffement climatique ou d'y adjoindre la question, aujourd'hui également cruciale, de la biodiversité. Car si le réchauffement climatique menace à l'évidence les implantations humaines, l'expansion illimitée et incontrôlée de l'humanité, puissance impériale à la surface de la Terre, menace la multitude des êtres présents et vivants sur cette planète. Que les "modernes" que nous sommes se soient autorisés à les tenir pour de simples choses ou pour des morceaux utilisables de chair ou de matière, c'est aussi cela qui doit être mis en question.

Si le "postmatérialisme" désormais mis en avant par les responsables du Parti socialiste devait nous confiner dans l'horizon fermé de "l'humanisme intégral" ; si le socialisme devait se réduire à n'être qu'"une manière particulière d'interpréter le cadre capitaliste dans lequel nous vivons" (Marcel Gauchet), le tournant écologique du socialisme serait, une fois encore, manqué. On peut, au contraire, travailler à instruire le chantier d'un socialisme écologique : articuler la pensée des biens communs, de l'action démocratique, de l'égalité des conditions, avec celle d'une Terre enfin respectée.


Frank Burbage est professeur de philosophie au lycée Auguste-Blanqui (Saint-Ouen).

Cette tribune fait suite au débat entre Christian Paul (Parti socialiste, Laboratoire des idées) et Marcel Gauchet.
On peut lire le texte de ce débat sur le site http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr.

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8 octobre 2009 4 08 /10 /octobre /2009 15:11

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6 octobre 2009 2 06 /10 /octobre /2009 07:53

Nicolas hulot : écolo tartuffe
envoyé par franceinter. - L'info video en direct.
ou comment démontrer la nature petite-bourgeoise du concept de société post-matérialiste, de manière poilante...

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