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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube. J'anime aussi le groupe d'opposition municipale de gauche "Vivons Bezons" et je suis membre du groupe d'opposition de gauche ACES à la communauté d'agglomération Saint-Germain/Boucle-de-Seine.
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Gauche Républicaine & Socialiste

6 février 2022 7 06 /02 /février /2022 16:55
J’ai signé avec de nombreux militants syndicalistes, associatifs et des élus locaux un appel à rejoindre la campagne de Fabien Roussel. Vous pouvez signer vous aussi. Élargissons la dynamique pour un projet de gauche, républicain, qui se soucie de la vie des gens et ne se trompe pas de priorités !👉 https://lesjoursheureux-larepublique.fr/
Vous en trouverez le texte et la liste des premiers signataires sous les illustrations plus bas.
Je veux cependant dire quelques mots de ce qui m'amène à soutenir la candidature de Fabien Roussel.
 
Le 19 janvier 2022, Arnaud Montebourg a publiquement renoncé à sa candidature à la Présidence de la République. Actant qu’il y avait différentes sensibilités politiques parmi ses soutiens, venant d'horizons politiques parfois très divers, il n'a pas souhaité soutenir activement une autre candidature ni indiquer vers qui allait sa préférence pour l'élection présidentielle. Toutefois, l'annonce de son retrait ne signifie en aucune manière que les idées qu'il a portées ne correspondent pas aux aspirations majoritaires des Français : une reconstruction d'une Nation à terre, dont les fondations patriotiques sont républicaines, sociales et démocratiques ; pour une restauration de nos souverainetés nationale et populaire, c’est-à-dire une capacité retrouvée de nos concitoyens à maîtriser collectivement notre destin.
Fabien Roussel parle directement à nos compatriotes sans les mépriser, il parle de leurs préoccupations, il parle de leur vie et pas des fantasmes d'une petite bourgeoisie qui s'enferme dans les métropoles et n'a en réalité aucune idée de ce que vivent nos compatriotes dans les quartiers populaires, les zones périphériques et les territoires ruraux. Il parle plus simplement encore que Montebourg des sujets déterminant pour leur vie quotidienne et l'avenir du pays : une autorité républicaine et laïque, la réindustrialisation de la France et la relocalisation de nos usines, le plein-emploi et l'augmentation des salaires, la défense des ouvriers, agriculteurs, paysans, petits-commerçants, artisans et retraités, le développement de la production nationale et de l'art de vivre à la française pour tous, la promotion du patrimoine matériel et immatériel de la France, la mise en avant d'un mix énergétique capable de décarboner rapidement nos activités économiques et sociales grâce au nucléaire, la création d'un pôle public du médicament, et tant d'autres propositions actant une proximité significative entre les deux projets politiques.
Il est nécessaire que ces idées soient entendues lors de la campagne pour l’élection présidentielle tant elles répondent à la revendication de dignité de notre peuple, jusque là systématiquement ignorée.
Le discours de Fabien Roussel est orienté vers la défense de nos souverainetés nationale et populaire et la critique d'une Union européenne enfermée dans une dérive ordolibérale qui agit contre les intérêts des peuples. Ce positionnement est d'autant plus indispensable aujourd'hui que la France subit une crise démocratique, économique et sociale depuis des années et que nombre des causes de celle-ci prennent leur origine dans les dérives de la construction européenne. Nos concitoyens ont bien compris que la déconstruction progressive de notre modèle social et républicain découle directement de la coalition des technocraties de Bercy et de Berlaymont, poreuses aux intérêts des banques et des multinationales à force de pantouflages et de rétro-pantouflages, et acquises aux « bienfaits » du néolibéralisme : la polémique de l’automne sur la commande des réformes des retraites et de l’assurance chômage par la commission européenne en a été la nouvelle démonstration. Il est urgent d'acter la priorité absolue au social, au retour de l’État dans toutes ses missions de service public, à la souveraineté de la Nation, à la concrétisation du patriotisme économique, populaire et social (que nos voisins n’hésitent jamais à mettre en œuvre) et à l'égalité républicaine.
Enfin, alors que les identitaires de droite et de gauche menacent la concorde républicaine, tenir haut une l’affirmation universaliste et d’une laïcité sans concession ni adjectif sont des mesures de salut public pour faire France de tout bois. En outre, il est nécessaire de ne plus imposer aux Français le choix entre le droit à la sécurité et la protection sociale si nous voulons une Nation unie par un projet majoritaire d'intérêt général.
Ce soutien à la candidature de Fabien Roussel ne vaut naturellement pas adhésion au Parti Communiste Français. Il va dans le sens d'un élargissement politique autour de la ligne politique défendue par le candidat. Elle participe par contre à l’impérative nécessité d’entrer dans une phase de reconstruction politique où les différentes familles de la Gauche républicaine devront travailler ensemble pour reconquérir ENFIN le terrain abandonné à la droite et à l’extrême droite du côté des classes populaires et pour reconquérir une forme d’hégémonie culturelle au sein d’une gauche qui s’est enfermée dans querelles picrocholines et accessoires pour se définir … et finir par se perdre.
 
Frédéric FARAVEL
Conseiller municipal et communautaire Gauche Républicaine et Socialiste de Bezons
Président de "Vivons Bezons, le groupe des élus communistes, socialistes & républicains"
 
Pour une République sociale, écologique et laïque, je rejoins la campagne  « Les Jours Heureux » avec Fabien RousselPour une République sociale, écologique et laïque, je rejoins la campagne  « Les Jours Heureux » avec Fabien Roussel

Avec Fabien Roussel une gauche populaire authentique est de retour. Celle de la République laïque et sociale chère à Jean Jaurès, celle du Front Populaire qui fit contrepoids à l’exploitation capitaliste par des conquêtes mémorables (congés payés, semaine de 40 h, meilleurs salaires), celle du Conseil National de la Résistance qui à la Libération maria la justice sociale et la reconstruction économique. On osa rêver alors « Les Jours Heureux ». La gauche et le peuple de France faisaient corps dans l’espérance collective. Après la reconquête de la liberté par la victoire sur le fascisme, la promotion de l’égalité et de la solidarité déboucha sur la Sécurité Sociale, fleuron du modèle social français. À l’horizon, il s’agissait d’instaurer « une véritable démocratie économique et sociale ». Ce programme, l’Europe capitaliste de Jean Monnet l’a remis en cause pour le malheur des services publics et des droits sociaux. Puis Denis Kessler, vice-président du MEDEF, a fixé le cap : « Il s’agit aujourd’hui de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ». Un projet hélas relayé par une gauche égarée au point de considérer que la paix imposait une Europe néo-libérale.

Aujourd’hui, dans le sillage du CNR, Fabien Roussel refonde l’espoir. Il ressuscite une gauche fière de ses valeurs. Son programme réinvente « Les Jours Heureux » pour une politique au service du peuple. Finies, les trahisons d’une gauche à contre-emploi, réformant le code du travail sous la dictée du MEDEF, sacrifiant les services publics au nom de la « concurrence libre et non faussée ». Finie la litanie d’une réduction de la dépense publique dont on voit le mal qu’elle fait aux hôpitaux et aux écoles publiques. Finie la désertification industrielle par des multinationales attachées à réduire le coût du travail en délocalisant les centres de production. La souveraineté populaire va refonder la souveraineté nationale pour sauver les droits sociaux. Fini le fatalisme intéressé de Madame Thatcher affirmant « There is no alternative ». Finis aussi les communautarismes qui enferment les individus dans des identités partielles, réelles ou supposées. Notre boussole, c’est l’universalisme républicain !

Fabien Roussel veut promouvoir une République laïque, écologique et sociale. À l’heure des crises climatiques et énergétiques inéluctables qui se profilent, il y a urgence à rompre avec le productivisme capitaliste, qui n’assume aucun des coûts de sa frénésie de profit : ni son coût social, ni son coût humain, ni son coût écologique. Écologie et justice sociale vont de pair. La nature, avec sa biodiversité en danger, est le premier de nos biens communs. A nous de protéger les écosystèmes, à rebours de l’irresponsabilité capitaliste. Concilier environnement et développement, c’est assurer l’avenir. Dans ce but un mix énergétique incluant le nucléaire et toutes les énergies renouvelables doit rester du ressort de la puissance publique. Place à la coopération internationale des peuples et à la relocalisation industrielle, assortie d’un pouvoir accru des travailleurs dans les entreprises. Il faut revaloriser le travail en augmentant le salaire direct. Il faut aussi reconstruire les services publics, forme de salaire indirect qui met à la portée de tous les biens fondamentaux. Santé, instruction, culture, accès à l’énergie et au transport, logement social doivent finaliser les politiques publiques. Sécurité Sociale et retraite à 60 ans sont à conforter par la cotisation sociale. Quant à l’impôt, sa progressivité doit agir comme levier de redistribution et de solidarité. Le cas échéant il y aura lieu de désobéir aux traités européens qui entravent notre souveraineté économique et sociale. Place à la relocalisation des emplois abandonnés à une mondialisation néolibérale avide de travail à bas coût. La souveraineté alimentaire repose sur nos agriculteurs, qui doivent jouir de revenus dignes. Quant au légitime souci de sécurité il serait insensé de l’abandonner à la droite. Il ne doit plus exister de territoires perdus de la République, où ses lois sont bafouées au nom de la religion. La laïcité est un vecteur d’émancipation et d’égalité, notamment des femmes, qu’elle délivre de la domination patriarcale trop souvent sacralisée par les religions. Elle doit être appliquée partout, y compris en Alsace-Moselle, où elle ne fera aucun mal aux droits sociaux, qui n’ont aucun rapport avec les privilèges concordataires. Honneur à l’école laïque et à son pari sur l’émancipation par le savoir, fondement d’une citoyenneté éclairée. La promotion multiforme de la culture doit redevenir une priorité de la nation.

Tenants fidèles d’une République laïque, écologique et sociale, nous saluons le projet de Fabien Roussel, qui parle au cœur comme à la raison. Un projet d’avenir, digne du meilleur de la gauche et de l’intérêt national, mais aussi de portée universelle. Vive la République ! Vive la France !

Premiers signataires :

  • Marinette Bache, Présidente de Résistante sociale, ancienne conseillère de Paris
  • Alain Bergeot, République et Socialisme, ancien candidat Front de gauche
  • Pierre Bihet, ancien conseiller départemental de la Manche
  • Hervé Burnouf, ancien adjoint au Maire de Cherbourg-en-Cotentin
  • Madée Carbonelle, secrétaire de la Société Fraternelle les Amis de l’Egalité
  • Hervé Castel, fonctionnaire, militant de gauche
  • François Cocq, essayiste politique
  • Brigitte Courtois, retraitée de l’industrie pharmaceutique, militant républicaine
  • Charles Coutel, philosophe, militant laïque et républicain
  • Denise Drutinus-Boulanger, féministe, République & Socialisme
  • Jean-François Dupland, conseiller municipal Gauche Républicaine et Socialiste d’Herblay sur Seine
  • Romain Dureau, docteur en agroéconomie
  • Marie Estripeaut-Bourjac
  • Frédéric Faravel, conseiller municipal et communautaire Gauche Républicaine et Socialiste de Bezons
  • Stéphane Fouéré, militant de la Gauche progressiste et du socialisme républicain
  • Hélène Franco, juriste, militante laïque, ancienne secrétaire générale du Syndicat de la magistrature
  • Clémence Garcia
  • Michel Garcia
  • David Gerbaudi, syndicaliste, militant associatif familial laïque
  • Lucien Jallamion, ancien responsable national du Front de Gauche, syndicaliste
  • Marianne Journiac, militante syndicaliste santé
  • Alain Léger, responsable associatif
  • Marie-Pascale Legret, ancienne responsable de service hospitalier
  • Olivier Leman, ancien conseiller municipal de Wallers-en-Fagne (59), R&S
  • Mario Mandes, cadre retraité de la banque et de l’assurance
  • Cédric Matthews, citoyen pour une République moderne
  • Franck Meissel, militant de la Gauche républicaine et socialiste
  • Laura Negri, cadre de santé, militante républicaine
  • Henri Pena-Ruiz, philosophe et écrivain
  • Yves Perlein, enseignant, associatif, militant de gauche et républicain
  • Alain Poirson, professeur de philosophie
  • Nicolas Pomiès, responsable d'une association familiale nationale
  • Hugo Prod’homme, militant républicain de gauche, Lille (59)
  • Vincent Ramecourt, militant associatif familial laïque
  • Philippe Reig, militant syndicaliste, République & Socialisme
  • Matias Richards, chômeur, militant de gauche
  • Maryvonne Rocheteau, adjointe au Maire Gauche Républicaine et Socialiste d’Arceuil (94), militante associative familiale laïque
  • Luc Schaffauser, retraité Sécurité sociale, Syndicaliste CGT, République & Socialisme
  • Jean-Paul Scot, historien et écrivain
  • Patrice Siard, République & Socialisme
  • Bruno Streiff, écrivain et conférencier
  • Mourad Tagzout, député suppléant, militant associatif Les Émancipés /Combat laïque, Combat social
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2 février 2022 3 02 /02 /février /2022 13:31

Vous trouverez ci-dessous les tribunes municipales de "Vivons Bezons, le groupe des élus communistes, socialistes et républicains" qui ont été publiées hier dans le magazine de la ville et sur le site internet de la commune.

Bonne lecture,
Frédéric FARAVEL

Conseiller municipal et communautaire GRS de Bezons
Président de "Vivons Bezons, le groupe des élus communistes, socialistes et républicains"
Coordinateur national des pôles thématiques de la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS)

Nos tribunes municipales du mois de février 2022
COVID : les moyens d’en sortir

Plus de 400 000 cas positifs par jour… pas un matin sans apprendre que l’enfant du voisin ou le sien est cas contact. Pourtant on peut en sortir.

Mais le gouvernement explique que les communes doivent seules équiper les écoles de détecteurs de CO2 et de purificateurs d’air, équipements très coûteux… résultat : à peine 20 % des classes du pays sont équipées.

Après omicron, un nouveau variant ?

Pour l’éviter, l’humanité entière devrait largement se vacciner ; les vaccins devraient donc être accessibles dans les pays les plus pauvres. C’est possible si on lève les brevets sur les vaccins pour qu’ils n’appartiennent plus aux Labos. Vous pouvez signer la pétition citoyenne européenne https://noprofitonpandemic.eu/fr/ ; la mairie a refusé par 2 fois de s’y associer.

Nos tribunes municipales du mois de février 2022
On a tous le droit de bien manger !

Une association de consommateurs rappelait voici 10 jours ce que nous savions déjà : les prix des fruits et légumes ont bondi de 9% en 2 ans. Respecter les préconisations du Plan national Nutrition Santé coûte entre 450 et 1148€ pour une famille de 4 personnes. Que valent les injonctions à « bien manger » quand trop de nos concitoyens n’arrivent déjà plus à boucler leur budget le 15 du mois ?

Le fait qu’un candidat à l’élection présidentielle [Fabien Roussel] ait été agressé sur les réseaux sociaux pour avoir défendu le pouvoir d’achat des Français afin qu’ils puissent manger « de la viande » et des aliments de qualité en dit long sur les hypocrisies de certains élus.

Si l’on veut retrouver les « Jours Heureux », il faudra voter en avril pour défendre le pouvoir d’achat.

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31 janvier 2022 1 31 /01 /janvier /2022 11:55

J'ai rédigé cette note pour la Gauche Républicaine et Socialiste sur le résultats des élections législatives portugaises qui se sont déroulées hier, après que les deux partis de la gauche radicale qui soutenaient le gouvernement socialiste d'Antonio Costa ont refusé de voter le budget l'automne dernier. Non seulement les électeurs ont donné la majorité absolue au PS, le parti de Costa, pour poursuivre la politique sociale qu'il conduisait, ils ont largement désavoué le Bloco de Esquerda et le PCP, mais l'extrême droite en a profité pour entrer fortement dans l'Assemblée de la République. Elle s'ancre dans le paysage politique portugais qui était pourtant vacciné du fait du souvenir de la dictature fasciste jusqu'en 1974. La droite sociale-libérale, conservatrice ou libérale reste divisée et atone et ne pourra plus espérer revenir au pouvoir qu'en s'alliant avec l'extrême droite ou en retissant une alliance de centre avec le PS.

Frédéric FARAVEL
Conseiller municipal et communautaire Gauche Républicaine et Socialiste de Bezons
Président de "Vivons Bezons, le groupe des élus communistes, socialistes et républicains"
Coordinateur national des pôles thématiques de la GRS

Portugal : Costa victorieux et l’extrême droite en embuscade

Il y a un an, dans l’article que nous avions rédigé le 27 janvier 2021 aux lendemains de l’élection présidentielle portugaise, nous avertissions de la nécessité de ne pas ignorer le « signal faible » que représentait les 12% du candidat d’extrême André Ventura et nous écrivions : « Le profil attrape-tout de Chega ! [le parti de Ventura] et les dégâts de la crise sanitaire, additionnés à la tentation d’un retour au centrisme gouvernemental, pourraient donc offrir les conditions d’une nouvelle aventure politique et électorale à l’extrême droite portugaise renaissant de ses cendres. »

L’élection présidentielle avait, en pleine vague de COVID, connu une participation faible de moins de 40 %, où s’additionnait à la fois une campagne électorale à bas bruit, la pandémie et l’enjeu relativement faible du scrutin – Marcelo Rebelo de Sousa, le président sortant de centre droit était très populaire et si le président de la République portugaise dispose de pouvoirs importants, ils sont moindres que ceux de son homologue français.

Avec près de 42% des suffrages et au moins 117 sur 230 sièges, le premier ministre socialiste, Antonio Costa, s’est posé en rassembleur, tard dans la nuit du dimanche 30 au lundi 31 janvier, après avoir obtenu une victoire écrasante – car celle-ci lui offre une majorité absolue, la deuxième pour le PS depuis le retour de la démocratie – aux élections législatives anticipées. Elle lui permettra de gouverner les mains libres, sans dépendre de ses anciens alliés de gauche – ni du parti de la gauche radicale Bloco de Esquerada (BE) ni de la CDU, cette improbable coalition qui lie le Parti communiste portugais (PCP, l’un des plus orthodoxes d’Europe) aux écologistes depuis plusieurs décennies.

Une rupture de majorité injustifiée

En octobre 2021, ces deux formations avaient refusé de soutenir la loi de finances 2022, qu’elles jugeaient peu ambitieuse en matière d’investissement public et de mesures sociales, et avaient ainsi précipité la tenue d’élections anticipées. Alors que nous sommes régulièrement critiques à l’égard des politiques conduites par les partis membres du PS, il faut reconnaître que les deux partis de la « gauche radicale » n’ont pas rompu leur soutien sans participation sur des fondements très solides, sur une réorientation forte de la politique budgétaire par Antonio Costa. Ce dernier, à qui l’on peut cependant reprocher d’avoir eu des yeux de Chimène pour Emmanuel Macron, avait en 2015 réalisé l’impensable dans la politique portugaise : le populaire ancien maire socialiste de Lisbonne avait, pour éviter aux Portugais une nouvelle purge libérale par le PSD (dit social-démocrate, mais en réalité parti de centre droit) arrivé très légèrement en tête aux législatives, contre l’avis du président de la République d’alors – le conservateur Aníbal António Cavaco Silva (qui avait menacé de ne pas nommer Costa premier ministre) –, réalisé une inédite union de la gauche en obtenant le soutien du BE et du PCP, sans qu’ils ne participent au gouvernement. L’union de la gauche ne s’était jamais produite au Portugal : il existait une règle non dite selon laquelle pour permettre la transition démocratique, le PS ne pouvait s’allier aux représentants occidentaux de « l’ogre soviétique » et le Portugal avait alterné de gouvernements conservateurs en gouvernements centristes PS-PSD, avec plusieurs gouvernements socialistes minoritaires….

À l’époque le BE, équivalent portugais de Podemos (mais plus ancien), avait le vent en poupe et Costa, par conviction, souci de l’intérêt général et bon sens politique et stratégique, avait mené l’une politique les plus à gauche que le Portugal ait connu avec hausse des salaires, hausse des retraites … et politique fiscale extérieure agressive vis-à-vis de ses partenaires européens pour aider à financer son action, alors même que le Portugal était en 2015 sous le microscope de la Commission européenne et de l’Eurogroupe. Les Portugais en avaient été reconnaissants à Antonio Costa et au PS et lors des élections législatives de 2019, ce parti avait gagné 4 points et 22 sièges, quand le BE stagnait à la baisse et que la CDU perdait 2 points et 5 sièges. La majorité parlementaire était confortée, mais les partenaires du PS commençait à voir que le bénéfice de l’action gouvernementale ne profitait qu’au PS et que (c’est criant pour le PCP) une partie de leur électorat soit leur reprochait de ne pas être maximaliste, soit partait voter directement pour Costa.

Cristallisation autour de la crise sanitaire et de la présidentielle

Les mesures de restrictions des libertés publiques n’avaient pas dû arranger la paix dans le ménage à trois PS-BE-PCP, mais c’est surtout la campagne de l’élection présidentielle qui a préparé le terrain pour une rupture politique. Disons le tout net, Costa a manœuvré pour obtenir une forme de neutralisation du PSD en facilitant la réélection du président sortant Marcelo Rebelo de Sousa, indépendant qui avait été autrefois membre du PSD. Le PS n’avait pas présenté de candidat et ni lui ni Costa n’avait soutenu la socialiste Ana Gomes, qui s’était présenté en indépendante (une diplomate de carrière âgée de 66 ans, devenue une éminente militante anti-corruption et qui s’est posée en rempart contre la montée de l’extrême droite et n’était soutenue officiellement que par deux petits partis maoïstes), et n’avait obtenu que 13 % des suffrages : les dés de cette présidentielle était pipés ce qui explique aussi le très faible taux de participation.

Mais deux enseignements avaient été enregistrés : l’effondrement du BE (sa candidate avait 6 points par rapport à l’élection présidentielle de 2016) qui arrivait derrière le PCP pour laquelle cette élection est traditionnellement défavorable ; et la résurrection de l’extrême droite portugaise avec les 12 % d’André Ventura (juste derrière Ana Gomes) au programme et au discours ouvertement racistes, anti-communiste et complotiste.

Après la déconvenue de la CDU lors des législatives de 2019, c’était désormais au BE d’être sévèrement touché et de considérer que la poursuite du soutien sans participation finirait par lui coûter trop cher. Les manœuvres d’Antonio Costa sur la présidentielle ont achevé de fournir quelques éléments de discours internes sur le retour probable du PS à ses penchants centristes.

Le vote du budget a donc fourni l’occasion pour le BE et le PCP de rompre avec leur soutien à Costa. Ce dernier mis en minorité pour un prétexte fallacieux n’avait plus d’autre choix que de demander la convocation d’élections anticipées ce que le président Rebelo de Sousa a fait sans difficulté.

Désaveu de la gauche radicale et joie à l’extrême droite

Antonio Costa a donc joué à plein sur le bilan avantageux des deux législatures où il a gouverné avec le soutien de la gauche radicale. Celle-ci l’ayant lâché sans raison valable, il a demandé aux Portugais de lui accorder les moyens de poursuivre sa politique sans être menacé d’instabilité parlementaire. Ils lui ont accordé.

Le BE et le PCP dénoncent ce ton de la campagne du PS et de Costa. « M. Costa a créé une crise artificielle pour obtenir la majorité absolue. Son chantage semble avoir eu du succès. La fausse bipolarisation a provoqué une concentration du vote utile, qui a pénalisé la gauche », a commenté, amère, la leader du Bloco, Catarina Martins, mais en réalité ce sont bien le PCP et le BE qui ont créé une crise artificielle et en paient aujourd’hui le prix : le BE perd 5 point à 4,46 % et 14 sièges, il ne lui reste que 5 députés ; la CDU perd 2 points et la moitié de ses sièges, avec un siège de plus que le Bloco. Ainsi l’ancienne coalition de militants trotskystes et de gauche alternative se retrouve en sièges derrière les « frères ennemis » communistes.

La droite – « sociaux-démocrates », conservateurs et libéraux – partait divisée et n’avait rien à proposer, d’autant que 6 ans et demi après la fin du dernier gouvernement de centre droit, les Portugais se souviennent encore de la violence sociale subie sous le cabinet Passos de Coelho en concertation avec la Commission européenne.

C’est donc comme nous le craignions l’année dernière l’extrême droite qui a tiré son épingle du jeu. André Ventura a transformé l’essai de l’élection présidentielle (malgré son taux de participation très faible) : les 20 points de participation supplémentaire entre présidentielle et législatives ne permettent pas à Chega ! d’atteindre les 12 % de Ventura, mais avec 7,15 % elle est à nouveau troisième et passe de 1 à 12 députés (en 2019 elle n’avait fait que 1,3%). « Désormais, au Parlement, il n’y aura pas qu’une gentille opposition à Antonio Costa », triomphait Ventura hier soir en proposant de « redonner sa dignité à ce pays » et en appuyant sur son « avantage comparatif » avec la droite traditionnelle.

Le succès des socialistes au Portugal et l’effondrement de la gauche radicale montre que le peuple préfère ceux qui peuvent agir positivement pour lui plutôt que des partis qui préfèrent – même momentanément – une forme de radicalité vaine. Faut-il encore que les socialistes aient engagé des politiques qui améliorent la vie, ce qui semble avoir été le cas ici… Il y a cependant un risque dans la nouvelle position dominante du PS portugais : c’est que celui-ci ne retombe dans son tropisme centriste après la trahison de ses alliés de la gauche radicale, alors que ce n’était pas son intention avant les élections législatives. À nouveau ici, le Bloco et le PCP porteraient une lourde responsabilité dans la dérive des centres de gravité politiques au Portugal.

Le second risque est celui pour lequel nous tirions la sonnette d’alarme en janvier 2021 : la pérennité d’une force d’extrême droite portugaise dans un pays où le souvenir de la dictature salazariste l’avait jusqu’ici empêchée. Le 24 janvier 2021, Ventura avait prévenu le PSD : « Désormais, il n’y aura pas de gouvernement de droite sans la participation de Chega ! » Il est à craindre qu’il ait raison. Le PSD n’aura au prochain coup pas d’autre choix qu’un gouvernement de centre avec le PS ou un gouvernement d’union des droites avec Chega ! Il faudrait cependant pour cela qu’un coup de barre conservateur soit donné dans le parti de centre droit. D’un autre côté, l’usure du pouvoir touchera tôt ou tard le PS et sans capacité à reproduire l’union de la gauche, ce dernier pourrait choisir l’hypothèse centriste pour se maintenir au responsabilité… sauf que désormais une extrême droite est installée dans l’Assemblée de la République qui pourra en tirer les marrons du feu…

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30 janvier 2022 7 30 /01 /janvier /2022 18:46

Il y a 50 ans le 30 janvier 1972 l’armée britannique tirait à balles réelles sur une manifestation pacifique à #Derry faisant 14 morts et 28 blessés, tous civils, tous victimes des militaires. C’est le #BloodySunday le plus connu de l’histoire moderne irlandaise.

Il faut rappeler le contexte pour comprendre ce qu’il s’est passé et la gravité du crime !

Depuis 1966-67 la Northern Ireland Civil Right Association (NICRA), fondée par des communistes, des républicains, des libéraux et des travaillistes, mène une campagne intense pour dénoncer les discriminations dans la province d’Irlande du Nord.
La NICRA fait suite à la Campaign for Social Justice qui a de 1964 à 1966 publié les preuves des discriminations économiques et sociales dont sont victimes les Irlandais catholiques dans cette partie du Royaume Uni. Il s’agit maintenant d’obtenir l’égalité des droits. La NICRA s’inspire directement du mouvement des droits civiques afro-américain, et de Martin Luther King, dont elle reprend l’hymne «We Shall Overcome» et la stratégie non violente face à un gouvernement autonome raciste admiré par les dirigeants de l’apartheid sud-africains
Les manifestations pacifiques de la NICRA rassemblent toujours plus de participants. Les opposants au gouvernement local progressent. Londres ne peut plus regarder ailleurs. Alors les manifestants sont agressés systématiquement par les milices unionistes pour les intimider.

La complicité de la police provinciale – la Royal Ulster Constabulary (RUC) – dans les graves exactions des milices paramilitaires protestantes contre les manifestants pacifiques est rapidement démontrée, le gouvernement local annonce qu’il entamera des réformes démocratiques. Les ultras vont l’empêcher.
La RUC redouble de violence. Les orangistes protégés par les paramilitaires unionistes défilent dans le quartier catholique du Bogside à Derry en août 1969 et réussissent à créer une émeute… L’armée britannique débarque alors pour mettre fin aux affrontements, sans succès. Elle occupera le pays pendant 30 ans.

Fin 1969, l’Irish Republican Army (IRA) et le parti républicain Sinn Féin se divisent parallèlement : les dirigeants « gauchistes » abandonnent la défense des quartiers catholiques, au demeurant impossible car l’organisation était désarmée, pour « l’action politique ». Ce sont les « Officials ». Les plus jeunes (surtout) refusent cette ligne, maintiennent la stratégie antérieure et fondent l’IRA & le Sinn Féin « provisoires ». Ce sont les « Provos ». Le parti Sinn Féin actuel en découle directement. Officials et Provos n’ont pas plus d’une dizaine d’armes de poing dans toute la province, sans munitions. Les Provos sont peu nombreux (pour le moment). Ils se concentrent sur l’autodéfense des quartiers catholiques et le premier mort de la guerre civile est un jeune membre de l’IRA provisoire tentant d’empêcher l’incendie d’une maison de Short Strand à Belfast par des milices unionistes.

Depuis son arrivée, l’armée britannique a rapidement considéré la population irlandaise comme un adversaire. Le nouveau premier ministre provincial Brian Faulkner raidit sa politique et l’armée applique le Special Powers Act de 1922 internant des centaines de personnes. Les manifestations sont interdites depuis août 1971 mais la NICRA décide d’organiser une marche pacifique à Derry contre les internements. 10.000 manifestants se rassemblent autour du député provincial protestant, mais membre de la NICRA et du parti travailliste et social-démocrate d’Irlande du Nord, Ivan Cooper. Les représentants de l’IRA provisoire et « officielle » sont présents mais sans arme, comme cela a été démontré par toutes les enquêtes. L’armée britannique a envoyé le premier bataillon de régiment de Parachutistes. Quelques échanges de pierres et de jets de canon à eau…
Puis sans aucune raison les parachutistes ouvrent le feu et ils abattront 7 adolescents, 6 adultes, un 14e homme décédera 4 mois et demi plus tard de ses blessures. Plusieurs dizaines de minutes, des blessés par balles, des personnes renversées par des blindés. L’armée tirera même sur le sauveteurs. Elle prétextera la présence d’un sniper de l’IRA qui aurait tiré en premier pour justifier ses tirs, le mensonge sera démontré 30/40 ans plus tard par plusieurs enquêtes officielles. Un mensonge d’État pour un crime d’État.

En mars 1972 Londres met fin à l’autonomie provinciale mais pas à son soutien total aux unionistes contre les Irlandais. Il faudra 25 ans et 3.000 morts pour que la Paix et la démocratie reviennent. 25 ans après le #GoodFridayAgreement il faut maintenant l’unité irlandaise.

Frédéric FARAVEL
Conseiller municipal et communautaire Gauche Républicaine et Socialiste de Bezons
Président de "Vivons Bezons, le groupe des élus communistes, socialistes et républicains"
Coordinateur national des pôles thématiques de la GRS

Un prêtre catholique tente de guider un groupe d'hommes qui portent un blessé grave, sous les balles des parachutistes ce 30 janvier 1972 - les photos d'une partie des victimes du Bloody Sunday
Un prêtre catholique tente de guider un groupe d'hommes qui portent un blessé grave, sous les balles des parachutistes ce 30 janvier 1972 - les photos d'une partie des victimes du Bloody Sunday

Un prêtre catholique tente de guider un groupe d'hommes qui portent un blessé grave, sous les balles des parachutistes ce 30 janvier 1972 - les photos d'une partie des victimes du Bloody Sunday

Les façades peintes de Derry...
Les façades peintes de Derry...

Les façades peintes de Derry...

Le Bloody Sunday de 1972 a connu une renommée internationale dans la culture populaire avec la chanson rock de U2, groupe de la République d'Irlande, publiée en 1983, et avec le film de Paul Greengrass qui a la précision d'une reconstitution documentaire...Le Bloody Sunday de 1972 a connu une renommée internationale dans la culture populaire avec la chanson rock de U2, groupe de la République d'Irlande, publiée en 1983, et avec le film de Paul Greengrass qui a la précision d'une reconstitution documentaire...

Le Bloody Sunday de 1972 a connu une renommée internationale dans la culture populaire avec la chanson rock de U2, groupe de la République d'Irlande, publiée en 1983, et avec le film de Paul Greengrass qui a la précision d'une reconstitution documentaire...

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28 janvier 2022 5 28 /01 /janvier /2022 14:57

J'ai rédigé hier soir cette note pour la Gauche Républicaine et Socialiste sur la réalité des chiffres du chômage du 4ème trimestre de 2021, qui donnent lieu à des communiqués triomphalistes du gouvernement. Evidemment, la proximité de l'élection présidentielle les incite à embellir le bilan d'Emmanuel Macron... mais comme pour le reste la réalité est bien moins rose que l'emballage marketing qu'on assène...

Je travaille sur ce sujet désormais depuis plusieurs mois en lien avec le comité de suivi interparlementaire de la réforme de l'assurance chômage, qui est animée par Elsa Faucillon, députée PCF des Hauts-de-Seine, et qui rassemble des syndicalistes, des militants associatifs et des parlementaires de toute sensibilité politique.

Frédéric FARAVEL
Conseiller municipal et communautaire Gauche Républicaine et Socialiste de Bezons
Président de "Vivons Bezons, le groupe des élus communistes, socialistes et républicains"
Coordinateur national des pôles thématiques de la GRS

Une baisse du chômage qui masque une aggravation des inégalités

Le 26 janvier à midi, toute la presse à l’unissons a embouché les trompettes pour saluer une baisse « historique » du chômage. En effet, le nombre de chômeurs de catégorie A (demandeurs d’emploi sans aucune activité) a diminué de 5,9 % au quatrième trimestre de 2021, pour un total de 3,336 millions de personnes ; il atteint ainsi son plus bas niveau depuis la fin de 2012, selon les chiffres de Pôle emploi, avec une baisse de 11,8 % si on compare mai 2017 à décembre 2021. Le reflux paraît effectivement spectaculaire, les dégâts provoqués par le choc récessif sanitaire de 2020 sont plus que compensés, l’indicateur se situant désormais à un niveau inférieur (de 6,1 %) à celui du quatrième trimestre 2019. « Le président de l’emploi, c’est Emmanuel Macron » triomphait mercredi, la ministre du travail, Élisabeth Borne, sur Twitter.

On ne peut que se réjouir que le « quoi qu’il en coûte » ait permis de limiter la casse en 2020, tout en contribuant au rebond impressionnant sur l’exercice suivant : recours intensif au chômage partiel (avec cependant les effets pervers sur la sécurité sociale que nous avions décrits dès décembre 2020), aides à l’embauche – en particulier d’apprentis, dont le nombre devrait, une fois encore, battre des records en 2021… Notons que ces mesures se sont opérées sous la contrainte des événements et tranchent fortement avec la philosophie politique des deux premières années du quinquennat Macron, pourtant les chantres habituelles du néolibéralisme y voit la réussite des mesures prises avant la crise sanitaire qui ont contribué à précariser le monde du travail (et ce depuis Nicolas Sarkozy et François Hollande) : baisse du « coût du travail » peu qualifié, assouplissement des procédures de licenciement, encadrement des indemnisations prud’homales pour un licenciement sans cause réelle et sérieuse, instauration de la rupture conventionnelle, etc. Un contresens absolu !

Une réalité bien plus contrastée

En examinant de plus près les chiffres direction des statistiques du ministère du travail (DARES), on constate une situation bien plus contrastée voire préoccupante.

En incluant l’activité réduite (catégories B et C), le nombre de demandeurs d’emploi est en baisse au quatrième trimestre de 3,6 % et s’établit à 5,659 millions. Sur un an, la baisse est de 5,8 %. Sur le front du chômage longue durée, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits depuis un an ou plus diminue de 4,1 % au 4e trimestre (− 6,2 % sur un an), à 2,8 millions (catégories A, B et C). Ils représentent 49,6 % du total des demandeurs d’emploi.

donc si la baisse sur un an des catégories A est de 12,6% et que toute catégorie confondue on est à 5,8%, il y a au minimum une stagnation sur un an des catégories B et C… pas une baisse… En effet, 714800 personnes étaient inscrites dans les catégories B et C à la fin du 4e trimestre 2020 et 719700 personnes à la fin du 4e trimestre 2021 donc une hausse sur un an du nombre de personnes inscrites à pôle emploi dans les catégories B et C de 0,686%. Insignifiant, direz-vous ?

Il y a par contre une hausse très forte de la catégorie E « Sans actes positifs de recherche d’emploi, en emploi » (il s’agit ici de personnes en temps partiel, voire très partiel, les travailleurs très précaires donc) qui passe de 319500 à 358600 personnes (+12,24%)…

D’une manière générale, alors que cette catégorie des emplois précaires et à temps partiel sans effort de rechercher un emploi de meilleure qualité (E) avait baissé de 2017 à 2018 (passant de 424 500 à 345 200), elle connaît à nouveau une augmentation de fin 2018 à fin 2019 (avant la pandémie, passant de 345 200 à 356 800) ;elle a repris sa hausse depuis le 4e trimestre 2020 jusqu’à aujourd’hui (358 600) : les gens à temps très partiel s’enkystent dedans.

Enfin, dans la catégorie D qui concerne les demandeurs d’emploi « sans actes positifs de recherche d’emploi, sans emploi » l’augmentation en un an est également très forte ; on passe de 353600 à 376 500 personnes (+6.48%). Et malgré d’importante variation trimestrielle, cette catégorie passe de 277 400 au troisième trimestre 2021 à 376 500 au quatrième trimestre 2021… +99 100 !?! effaçant la baisse qui était intervenue depuis cet été… d’ailleurs à l’échelle du quinquennat, le nombre de personnes concernées par cette catégorie a augmenté passant de 330 700 à 376 500 personnes.

Cela ne peut avoir qu’une seule explication : les gens ont abandonné, ce n’est pas le symptôme d’une société qui va mieux.

Désespoir et précarité

L’ensemble de ces données ne tiennent même pas compte de l’augmentation des radiations depuis le début du quinquennat Macron. L’exécutif tente de faire avaler par médias interposés un nouveau tour de passe passe : s’il y a bien une amélioration de la situation après l’effondrement de 2020 découlant de l’arrêt total de l’économie durant plusieurs mois, il n’y a pas de sublimation économique et sociale, mais une aggravation de la précarité des salariés les plus fragiles, un abandon croissant des chômeurs dans leurs recherches d’emploi et une situation qui ne s’améliorera pas avec l’application depuis la fin 2021 d’une réforme de l’assurance chômage qui prive déjà mensuellement des milliers de demandeurs d’emploi de plusieurs centaines d’euros voire d’indemnité chômage…

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24 janvier 2022 1 24 /01 /janvier /2022 18:16

J'ai rédigé hier midi une note rapide pour la Gauche Républicaine et Socialiste sur ce qui est rapidement apparu comme un coup d'Etat au Burkina Faso. Je la publie également ci-dessous.

Frédéric Faravel
Conseiller municipal et communautaire Gauche Républicaine et Socialiste de Bezons
Coordinateur national des pôles thématiques de la GRS
Président de "Vivons Bezons, le groupe des élus communistes, socialistes et républicains"

Sahel : les démocraties locales peuvent-elles résister à la crise djihadiste ?

La confusion règne à Ouagadougou où diverses sources, relayées par RFI, indiquent que le président burkinabè aurait été arrêté par des militaires, après qu’une mutinerie se soit déclenchée dans la nuit de samedi à dimanche dans le camp militaire Sangoulé Lamizana, à Gounghin, dans la périphérie de Ouagadougou.

Malgré des démentis du gouvernement officiel, le président Roch Marc Christian Kaboré aurait été arrêté par les mutins, selon l’AFP et RFI. RFI précisait ce matin qu’au regard des dernières informations dont elle disposait, des militaires se seraient rendus ce dimanche soir à la résidence privée du président pour l’emmener « vraisemblablement dans une caserne militaire dans laquelle se trouve une prison » où il serait désormais détenu.

Les premiers tirs ont éclaté dans la nuit de samedi à dimanche au camp militaire Sangoulé Lamizana, à Gounghin, dans la périphérie de Ouagadougou. Dimanche matin, plusieurs dizaines de soldats, kalachnikov à la main, sont sortis de leur caserne, tirant en l’air, et ont bloqué l’accès au camp Sangoulé-Lamizana. Des tirs nourris ont également été entendus au camp Général-Baba-Sy et à la base aérienne de Ouagadougou, ainsi que dans une caserne de la ville de Kaya, dans le centre-nord du Burkina Faso. Dans un communiqué publié dans la matinée, le gouvernement, qui a confirmé ces tirs, a toutefois démenti « une prise de pouvoir par l’armée » et assuré que les institutions n’étaient pas menacées « pour le moment ». Un couvre-feu a été instauré de 20 heures à 5 h 30 « jusqu’à nouvel ordre » sur toute l’étendue du territoire. Tous les établissements scolaires du pays sont également fermés jusqu’au mardi 25 janvier « pour préserver la sécurité des élèves et des enseignants ».

Mutinerie ou Coup d’État ?

Dans les casernes, la colère ne cessait de monter depuis l’attaque d’Inata, mi-novembre 2021 dans le nord du pays, dans laquelle 53 gendarmes avaient été tués, le massacre le plus sanglant à ce jour contre l’armée. Le 11 janvier, une dizaine de militaires burkinabès et cinq civils avaient été arrêtés et accusés de fomenter un coup d’État contre M. Kaboré.

Au-delà du simple « mouvement d'humeur » de militaires, des rumeurs de coup d’État circulaient après la mutinerie, une mutinerie motivée par la colère face à l’impuissance des autorités à endiguer les violences dans un pays où les attaques terroristes ont fait plus de 2 000 morts et 1,5 million de personnes déplacées en six ans.

Samedi 22 janvier, des centaines de personnes étaient descendues dans les rues de la capitale et dans plusieurs villes du pays, malgré l’interdiction des marches, pour dénoncer « l’incapacité » du président à gérer la crise sécuritaire. A Ouagadougou, les manifestants avaient tenté d’ériger des barricades, avant d’être dispersés. Plusieurs jeunes, dont des leaders de la mobilisation, avaient été arrêtés.

Les objectifs précis des mutins n'ont pas été communiqués... selon des témoignages locaux, rapportés par les correspondants de la presse française, plusieurs affirment être sortis pour exprimer leur colère face à « l’incapacité » du chef de l’État à venir à bout des attaques terroristes, de plus en plus meurtrières, ces derniers mois : « Nous n’en pouvons plus, le président ne tient plus le pays, nos camarades meurent chaque jour au front ».

Il est difficile de déterminer s'il s'agit d'une action planifiée et coordonnée ou si les mutins ont profité d'une forme de désorganisation de l’État burkinabè pour réaliser un coup de main « opportuniste » qui leur a offert la maîtrise de la personne même du chef de l’État.

Il est également possible que la mutinerie réponde aux aspirations de quelques catégories de la population de la capitale. Dimanche, une centaine de manifestants se sont rassemblés à l’entrée du camp Sangoulé-Lamizana pour exprimer leur soutien aux mutins : « Les militaires au pouvoir ! », clamaient certains, « Nous voulons un régime de transition comme au Mali et le départ de la France au Sahel » expliquait un participant à un barrage devant l’échangeur de l’Ouest, où des jeunes avaient érigé des barricades de pierres et de pneus brûlés. Des groupes de personnes ont également tenté de rejoindre la place de la Nation, au cœur de la capitale, avant d’être dispersés par des tirs de gaz lacrymogène de la police antiémeute et de la gendarmerie. Au moins un manifestant a été blessé par une balle perdue. Plus tard dans la journée, des partisans des militaires mutins ont incendié le rez-de-chaussée du siège du parti au pouvoir, le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), à Ouagadougou – alors même que depuis plusieurs semaines le torchon brûlait entre le président et son parti. Dans la journée, plusieurs journalistes ont été pris à partie par des manifestants et des soldats mutins, avant d'être relâchés 30 mn plus tard.

Dans un enregistrement audio transmis à la presse, un des leaders de la mutinerie, qui n’a pas voulu donner son nom, liste six revendications, notamment « le remplacement » du chef d’état-major général des armées, de l’armée de terre et du directeur général de l’Agence nationale du renseignement, « des moyens adaptés à la lutte et des effectifs conséquents », une « revalorisation » des forces et « des unités constituées permanentes » sur le terrain.

Une autre rumeur insistante fait état d'une tentative de libération du général Gilbert Diendéré, ex bras du dictateur Blaise Compaoré, condamné à vingt ans de prison ferme et actuellement en détention à la maison d’arrêt et de correction des armées, située au camp Sangoulé-Lamizana, pour une tentative de putsch en 2015 et actuellement jugé pour son rôle présumé dans l’assassinat du regretté ancien président Thomas Sankara, en 1987. Cependant RFI indiquait ce matin qu'aucune information ne permettait de pouvoir dire que le général Diendéré aurait été libéré par les mutins.

À midi on apprenait que le président de l’assemblée (Alassane Bala Sakandé) et des ministres seraient aussi aux arrêts selon l’agence France presse, alors que selon la correspondante du journal Le Monde au Burkina Faso, un groupe de manifestants convergeaient vers la place de la Nation, à Ouagadougou, en chantant l’hymne national en soutien aux soldats mutins.

La suite des évènements est incertaine. Une déclaration est attendue dans les prochaines heures. Le siège de la radio-télévision publique est d’ailleurs bouclé par des soldats encagoulés avec armes lourdes et blindés, tandis que la RTB continue de diffuser un documentaire animalier. On ne connaissait toujours pas à 13h avec certitude l’identité des leaders de ce qu’il faut bien appeler un putsch. Nous n'avons pas pu contacter nos amis politiques au Burkina Faso : après le blocage de l’accès à Facebook, la connexion Internet mobile a été suspendue dans la journée de dimanche, sans aucune précision des autorités.

Effet domino ?

Les capitales européennes redoutent un scénario à la malienne, avec la prise du pouvoir par les militaires au Burkina Faso, un pays qui a connu par le passé plusieurs coups d’État et tentatives de putsch. Dans un communiqué, le président de la commission de la Communauté des États d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) a dit suivre « avec une grande préoccupation » la situation et a appelé au calme, tout en demandant « aux militaires de demeurer dans une posture républicaine et de privilégier le dialogue avec les autorités ».

Rappelons le scénario malien : Le 18 août 2020, le même groupe de cinq colonels, dirigé par Assimi Goïta, avait contraint le président Ibrahim Boubacar Keïta, dit « IBK », à la démission.

Neuf mois plus tard, le scénario s’était reproduit avec le président de transition Bah N’Daw et son premier ministre Moctar Ouane. Le coup d’État était à nouveau perpétré par le colonel Assimi Goïta, commandant des forces spéciales devenu entre-temps vice-président. Cette fois, il n’a fallu que l’annonce d’un nouveau gouvernement, dont étaient exclus deux de ses proches, pour que Goïta renverse le pouvoir qu'il avait installé en 2020 et décide cette fois-ci d'être proclamé chef de l’État.

L’histoire semblait bégayer et la communauté internationale avait à nouveau fait part de son inquiétude mais sans pouvoir y faire grande chose. Le 30 mai, Emmanuel Macron avait menacé de retirer les soldats de la force « Barkhane ». Le même jour, après quatre heures de réunion au Ghana, les chefs d’Etat d’Afrique de l’Ouest avait suspendu le Mali de leurs instances, et demandé la nomination d’un premier ministre civil, mais sans imposer de sanctions.

Trouver une posture politique efficace au Mali devient de plus en plus complexe pour la France, les voisins de ce pays et la communauté internationale. En effet, la guerre contre les djihadistes est loin d'être gagnée comme le démontre à nouveau la mort d'un Un militaire français, Alexandre Martin, samedi 22 janvier, au Mali dans une attaque au mortier du camp militaire de l’opération « Barkhane » à Gao. Mais c'est toute la stratégie militaire et politique qui est aujourd'hui en question : le nouveau pouvoir malien (au-delà des rivalités politiques internes à la scène politico-militaires locales) reproche à la France de s'enfermer et d'avoir enfermé le pays avec lui dans une vision manichéenne du conflit qui conduit à considérer tout belligérant comme djihadiste, sans mesurer d'éventuelles possibilités de négociations avec des forces "nordistes" alliées aux islamistes "par la force des choses".

Ainsi au Mali, comme au Burkina Faso, la démocratie semble tomber tout à la fois sous les coups de l'inefficacité (et parfois de la corruption) des élites politiques locales, l'incapacité à assurer la sécurité face aux attaques djihadistes et aux attentats et du rejet de la France, de sa présence militaire et de sa stratégie géopolitique au Sahel.

Dans ces conditions, la Gauche Républicaine et Socialiste ne saurait que trop conseiller à l'exécutif français de ne pas ajouter de l'huile sur le feu de la situation politique locale en multipliant les coups de menton sans lendemain comme il l'avait fait fin mai 2021 à Bamako et de se concentrer sur la seule sécurité des ressortissants français et franco-burkinabès, le temps que la situation se clarifie.

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18 janvier 2022 2 18 /01 /janvier /2022 08:26

Avec mon ami et camarade Augustin Belloc de Cergy, nous avons écrit pour la Gauche Républicaine et Socialiste la note ci-dessous qui resitue la catastrophe annoncée pour EDF, provoquée par les choix d'Emmanuel Macron et de son gouvernement, dans les enjeux plus globaux de la nécessité d'une profonde révolution énergétique...
Frédéric FARAVEL

Conseiller municipal et communautaire Gauche Républicaine et Socialiste de Bezons
Coordinateur national des pôles thématiques de la GRS

Ne sacrifions pas EDF sur l’autel de la concurrence

Jeudi 13 novembre, la Ministre de l’environnement Mme Barbara Pompili a annoncé une sévère augmentation de la part de l’énergie nucléaire devant être vendue à prix cassés aux distributeurs privés.

La volonté forcenée de la commission européenne et du gouvernement Macron de livrer le secteur de l’énergie aux forces du marché se traduit par des absurdités comme seul le néolibéralisme des technocrates de la commission européenne et de Bercy en est capable. EDF va être contraint de vendre à 46,2€/MWh une part si importante de l’électricité qu’elle produit qu’elle n’en disposera plus suffisamment pour répondre aux demandes nées de ses contrats en tant que distributeur. Elle devra donc racheter sur le marché privé de l’électricité à 300€/MWh, la même qu’elle aura vendue plus de six fois moins cher.

La perte estimée pour 2022, plus de 8 milliards d’euros, n’est ni plus ni moins que du sabotage de service public. L’excuse donnée par le gouvernement, celle de contenir la hausse du prix de l’électricité, ne tient pas. Les causes de la hausse du prix de l’électricité ne se trouvent pas en France, mais dans nos pays voisins. La flambée du coût des matières premières, gaz comme pétrole, a sévèrement renchéri le prix de l’électricité dans les pays comme l’Allemagne qui utilisent ce mix énergétique. Le mix énergétique français, combinant renouvelable et nucléaire, est théoriquement épargné par la volatilité des prix des matières premières (le combustible nucléaire ne pesant que très peu dans le coût lié à la production d’électricité). Dans les faits cependant, du fait des interconnexions électriques avec les pays voisins, la hausse du coût de l’électricité chez eux se répercute par une hausse du prix chez nous.

Or, les hauts fonctionnaires européens et de Bercy voulant à tout prix introduire de force la concurrence dans le marché de l’électricité, ils ont contraint depuis des années EDF de céder à prix coûtant une partie de l’énergie qu’elle produit à ces distributeurs privés. Ces derniers bénéficient donc des mêmes conditions de vente qu’EDF, sans avoir à assumer les coûts liés aux investissements pour la produire. A la clef, aucune baisse de la facture pour les Français, mais des profits pour les actionnaires privés.

Le groupe EDF est le seul à assumer les risques industriels liés à la production d’électricité. Il se retrouve aussi le seul à devoir assumer les risques financiers, alors que les profits sont confisqués par des entités privées n’ayant aucune vocation de service public.

La production d’une électricité pilotable et décarbonée est un atout majeur de la France, que nous devons préserver. Dans le domaine énergétique, les sources d’approvisionnement fossiles posent de sérieux problèmes.

Or, le mot « pétrole » ne figurait même pas en avril 2021 dans la feuille de route de la Commissaire européenne à l’Énergie, alors qu’il s’agit de la première énergie consommée en Europe, et de la première source d’émission de dioxyde de carbone sur le continent ! C’est d’autant plus incroyable que nous sommes déjà en stress d’approvisionnement pétrolier et que ce stress va s’amplifier. Le Shift Project, groupe de réflexion fondé et présidé par Jean-Marc Jancovici, a accès à une base de données très précise de tous les gisements de pétrole dans le monde, et la conclusion tirée de ces chiffres est très claire : l’approvisionnement pétrolier de l’Europe va continuer à décliner à l’avenir, comme il le fait depuis 2006, et nous ne sommes pas du tout prêts à gérer cette situation.

Ce sera la même chose pour le gaz : alors que certains rêvent de remplacer le nucléaire par une combinaison d’énergies renouvelables et de centrales à gaz, nous ne sommes pas du tout sûrs de disposer des approvisionnements nécessaires en gaz.

Notre souveraineté en matière d'énergie renouvelable est très imparfaite. Avec le photovoltaïque et l’éolien, il y a eu la tentative de faire émerger des filières industrielles nouvelles, mais qui n’ont pas fonctionné. Actuellement, la quasi-totalité des panneaux solaires viennent de Chine, de même pour les éoliennes dont la production y a été délocalisée par les grands industriels européens.

La France avait un opérateur intégré efficace, de la construction des centrales à la distribution du courant, qui délivrait une électricité à bas prix, sans coupure de courant, et qui contribuait au solde exportateur de la France. Nous avons délibérément cassé cet outil au nom d’une concurrence vue comme l’alpha et l’oméga, quel que soit son secteur d’application. Malheureusement, il était prévisible que le découpage d’EDF aboutirait à l’exact inverse du résultat désiré : c’est lié à la nature particulière de l’électricité, et notamment son caractère non stockable.

S’est ajoutée à cela la pression antinucléaire allemande, qui s’est diffusée en Europe, et a débouché sur une pression « pro-énergies renouvelables électriques », qui explique le choix du photovoltaïque et de l’éolien. Mais il faut bien comprendre qu’en faisant cela, nous avons augmenté nos importations, puisque les composants de ces génératrices viennent de Chine. En France, nous avons dégradé notre balance commerciale au profit de la Chine sans procurer le moindre avantage pour les consommateurs et les citoyens français. Dans les pays qui économisent un peu de gaz et de charbon avec l’essor des énergies renouvelables, le déficit commercial reste une réalité, mais au moins ils limitent les émissions de dioxyde de carbone, ce qui n’est pas notre cas.

Le nucléaire est une filière de très long terme, ce qui veut dire que c’est un domaine étatique par construction. D’ailleurs, les nouveaux champions mondiaux du nucléaire sont des États forts : la Chine et la Russie. On ne fait pas de nucléaire de manière sérieuse dans un pays sans un État planificateur et constant. Le Royaume-Uni en a fait la démonstration magistrale par l’absurde : il a laissé le secteur privé gérer le système à ses frais et à ses risques et périls, avec concurrence partout et sans aucun cadre. Résultat : aucun renouvellement de centrale. Il a fallu que l’État intervienne de manière directe (avec des prix, du capital et des risques garantis) pour que le nucléaire redémarre.

La France prend malheureusement un chemin identique à celui des Britanniques. Notre « laisser faire » s’appelle le « stop and go », et la concurrence à l’aval raccourcit les horizons de temps. On ne décide pas d’une stratégie nucléaire, qui peut nous engager pour un siècle, sur la base des prix du marché de la semaine dernière ! En France, l’État a directement souhaité l’affaiblissement du nucléaire, d’une part en le présentant comme un ennemi dans nombre de discours de dirigeants politiques, et d’autre part en ne s’opposant pas aux lubies de la Commission européenne sur la concurrence dans le domaine électrique.

Si le gouvernement français avait mis son veto absolu au démantèlement d’EDF, la France aurait pu faire reculer Bruxelles. Mais les gouvernements français, qu’ils se prétendent de gauche ou assument être de droite, ont été intoxiqués par les économistes libéraux.

Continuer à découper EDF en entreprises concurrentes ou indépendantes les unes des autres engendre trois types de risques : un risque de raccourcissement des horizons de temps, parce que la planification est plus difficile pour un ensemble d’acteurs indépendants que pour un acteur intégré ; un risque de hausse des prix, parce que le découpage impose des coûts de transaction à toutes les étapes et renchérit le prix de l’électricité in fine ; et un risque de problèmes techniques, parce que l’expertise pointue ne se décentralise pas facilement.

Nous avons un besoin urgent de retrouver notre souveraineté énergétique. La hausse des prix chez nos voisins ne peut pas, ne doit pas avoir de conséquences sur la facture électrique de nos concitoyens. Notre mix énergétique décarboné doit aussi être défendu à tout prix. Enfin, les investissements massifs à réaliser dans le nucléaire et le renouvelable doivent être supportés par une seule entité monopolistique si l’on veut éviter la faillite ou l’explosion des prix. Tout cela implique la reconstitution d’un pôle public de l’énergie, entièrement nationalisé et administré. Les illusions des gourous du néolibéralisme et les inefficacités qu’elles entraînent sont trop graves pour que nous laissions faire.

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5 janvier 2022 3 05 /01 /janvier /2022 16:33

Alors que le Parlement est encore en train de débattre du projet de loi sur le "pass vaccinal" et après la publication d'un entretien exclusif du Président de la République au Parisien dans lequel il choisit d'ajouter de la crise à la crise, j'ai rédigé pour la Gauche Républicaine et Socialiste la note ci-dessous concernant la stratégie face à la cinquième vague de COVID 19.

Frédéric FARAVEL
Conseiller municipal et communautaire GRS de Bezons
Président de "Vivons Bezons, le groupe des élus communistes, socialistes et républicains"
Coordinateur national des pôles thématiques de la GRS

La panique morale ne fait pas une politique

Encore une fois, la façon dont le Président de la République et le gouvernement gèrent les différents épisodes de la crise sanitaire ne peut que laisser perplexes ou consternés les citoyens français. Le spectacle donné depuis quelques jours par l’exécutif et sa majorité parlementaire face à la cinquième vague est tout à la fois à la hauteur de l’autosatisfaction, dont il a fait preuve entre fin juillet et décembre 2021, et de l’accumulation de ses approximations mensongères :

  • ▪️Le premier ministre Jean Castex affirmait ainsi en juillet qu’avec un schéma vaccinal complet, il n’y avait plus de risques de contamination alors même que des cas étaient connus ;
  • ▪️Le ministre de la santé Olivier Véran n’a cessé d’affirmer au début de l’automne que notre couverture vaccinale nous éviterait une cinquième vague ;
  • ▪️La députée Aurore Berger rejetait l’augmentation structurelle du nombre de lits de réanimation, sous prétexte que cela signifierait vouloir plus de gens en réanimation (?!?) ;
  • ▪️Le ministre de la santé nous avait également promis un rempart face à Omicron avant d’annoncer un tsunami…

Soyons clairs sur notre position, nous considérons plus que jamais que la vaccination est un levier essentiel dans la lutte contre le COVID19 : si elle n’empêche pas tout risque d’être contaminé ou de transmettre le virus, elle freine fortement les transmissions et surtout elle empêche les formes graves de la maladie. Les chiffres de la Drees sont sans appel : le risque d’être hospitalisé est aujourd’hui près de trois fois supérieur lorsque l’on n’est pas vacciné. Le risque d’être pris en charge en soins critiques apparaît pour sa part quatre fois supérieur.

Mais, a contrario, sachant désormais qu’un schéma vaccinal complet n’est pas une certitude absolue contre les contaminations – c’est plus le cas après la dose de rappel mais sans garantie à 100 % –, le projet de loi renforçant les outils de gestion de la crise sanitaire et les conditions de son examen par le Parlement s’apparentent de plus en plus à une panique morale, une fuite en avant irrationnelle de responsables gouvernementaux habités par la peur, surtout celle de se voir reprochés de n’avoir rien fait après avoir menti… En effet, si on pourrait considérer a posteriori que le « pass sanitaire » proposait une garantie aux personnes disposant d’un schéma vaccinal complet ou d’un test récent d’accéder à des lieux avec une protection plus importante contre le virus, l’imposition d’un « pass vaccinal » qui prétend selon l’exécutif renforcer cette protection n’offre en réalité plus celle-ci : interdire l’accès de certains lieux à des personnes ayant été testées « négatives » est une absurdité, puisqu’elles présentent a priori plus de garanties sur un temps court de ne pas être contaminantes que des personnes vaccinées, protégées contre les formes graves de la maladie mais pas forcément de transmettre le virus…

« Bougisme » sanitaire et parlementaire

L’exécutif agit donc selon une posture bougiste : « faut bien faire quelque chose » ! La peur n’évite pas le danger et l’irrationalité dans laquelle il s’enferme en conséquence l’empêche d’examiner l’efficience réelle de la mesure proposée : le pass vaccinal sera même contre-productif d’un point de vue sanitaire, car il n’incitera pas les 10% totalement rétifs à la vaccination à changer d’avis et risque à nouveau de faire chuter le nombre de tests réalisés ce qui nous amputerait d’un outil de mesure de l’évolution de l’épidémie… Le gouvernement est confronté à une situation qui lui échappe ; c’est donc uniquement un échappatoire en matière de communication politique, car pas plus que les autres gouvernements européens il n’a réussi à être efficace contre l’épidémie.

Les conditions d’examen du projet de loi en lui-même aboutissent à un spectacle détestable : à force d’avoir conduit les uns après les autres l’adoption à marche forcée de projets de loi multipliant toujours davantage les entraves aux libertés, l’exécutif a exaspéré jusqu’à ses propres troupes. Le projet de loi sur le « pass vaccinal », en plus d’être tout douteux du point de vue des libertés publiques que de la sécurité sanitaire, est examiné dans des conditions particulièrement dégradées indignes d’une démocratie parlementaire, comme avant lui celui sur l’extension du « pass sanitaire ». On en arrive à considérer que l’examen de loi sur l’état d’urgence sanitaire en mars 2020 – en plein œil du cyclone – avait fait l’objet d’un traitement bien plus respectueux que les textes qui ont suivi. Ainsi il est malhonnête de la part de l’exécutif de dénoncer les oppositions parlementaires dans l’interruption du débat dans la nuit du 3 au 4 janvier 2022, quand c’est en réalité sa propre majorité parlementaire qui a partiellement déserté l’hémicycle à force de se voir imposer un nouveau franchissement de bornes.

Dans l’ordre même de la panique morale à l’œuvre, les propos finissent par devenir totalement incohérents. Comment, dans le même temps, le gouvernement peut-il défendre à l’Assemblée Nationale la nécessité du « pass vaccinal », quand mardi 4 janvier au matin sur France Inter Gabriel Attal, porte parole du gouvernement a usé d’un énorme sophisme en expliquant que, comme on ne pouvait empêcher la vague Omicron de déferler sur le pays en raison de la forte transmissibilité de ce variant, il était inutile de prendre quelque mesure que ce soit pour la freiner ?

Il est de bon ton de prétendre être au-dessus de la mêlée à la veille d’un scrutin national majeur pour démontrer sa mobilisation constante au service des Français… et en même temps, abaisser le débat public à l’étage du caniveau. C’est exactement ce que vient de commettre le président de la République. Ainsi déclarer dans un entretien exclusif au Parisien/Aujourd’hui en France « Je ne suis pas pour emmerder les Français. Je peste toute la journée contre l’administration quand elle les bloque. Eh bien, là, les non-vaccinés, j’ai très envie de les emmerder » est indigne d’un Président de la République française. Outre la vulgarité crasse du propos, elle ajoute de la violence dans le débat politique et social au moment où nous avons besoin de sérénité, de rationalité et de solidarité. Bien sûr, on peut parfaitement comprendre l’exaspération de la majorité de nos concitoyens contre ceux qui refusent contre vents et marées la vaccination sur des bases souvent mensongères et fantaisistes. La vidéo de LCI montrant Paul Larrouturou être insulté par un panel d’agités du bocal, réunis devant l’Assemblée nationale, ne peut que renforcer ce sentiment, convenons en. Mais un président ne devrait pas dire cela : il devrait au contraire garder son calme et user d’un autre registre lexical pour espérer une diminution des comportements égoïstes : oui choisir la vaccination est tout autant un acte altruiste et solidaire qu’un réflexe de protection individuel. On se vaccine pour protéger les autres et soi-même tout à la fois ! Les propos du Président de la République sont terriblement délétères car plutôt que de convaincre de nouveaux candidats à la vaccination et à l’action solidaire, il va renforcer certains dans leurs délires où ils se pensent les derniers défenseurs de la liberté, ce qu’ils ne sont pas.

Nos propositions pour lutter vraiment contre le COVID

S’il faut « bien faire quelque chose », essayons à ce stade de prendre des mesures qui répondent aux enjeux du moment à court, moyen et long termes :

  • ▪️Il y a urgence à stopper l’hémorragie de personnels soignants, qui frappe l’hôpital depuis des semaines et n’a pas cessé alors qu’ils sont plus que les autres touchés par la conjugaison des contaminations aux vagues delta et omicron. En plus de la politique suicidaire de fermeture de lits qui continue de plus belle, malgré les enseignements de la crise sanitaire, des lits et des services supplémentaires sont aujourd’hui fermés par centaines faute de professionnels. Cela nécessite une véritable augmentation salariale des aides soignant(e)s et infirmier(e)s, bien au-delà des maigres gains du Ségur. Cela devrait également contribuer à reconquérir et à faire revenir les nombreux professionnels qui ont démissionné de l’hôpital public depuis plusieurs années.
  • ▪️Il y a urgence également à sécuriser les écoles, collèges, lycées et universités du pays. Il est invraisemblable que Jean-Michel Blanquer continue chaque jour qui passe d’engager au plus fort de la pandémie des polémiques tout azimut – lundi 3 janvier sur LCI, il a semblé avoir plus à cœur la dénonciation des mairies EELV que la résolution du problème soulevé par les journalistes… Après avoir réussi la gageure de transmettre la veille de la rentrée scolaire aux équipes pédagogiques le nouveau protocole sanitaire, plutôt que de renvoyer l’équipement en détecteurs de CO2 et en purificateurs d’air aux compétences des collectivités, le ministre de l’éducation nationale aurait dû annoncer tout à la fois la distribution massive de masques FFP2 aux enseignants et le déblocage de crédits suffisants pour équiper l’ensemble des établissements scolaires et universitaires du pays avec les appareils qui manquent aujourd’hui dans les plus brefs délais. Le « quoi qu’il en coûte » devrait également présider aux considérations de sécurité sanitaire dans l’enseignement !
  • ▪️Il faut généraliser et accélérer la mise en place obligatoire du télétravail partout où cela est possible et de manière beaucoup plus massive. Après avoir rechigné plusieurs semaines à sa mise en place, la ministre du travail tarde encore à lancer les contrôles pour contraindre les entreprises qui traînent des pieds.
  • ▪️Il faut rétablir la gratuité des tests afin de pouvoir au plus tôt opérer les isolements nécessaires et mesurer en temps réel l’évolution de la pandémie.
  • ▪️Il faut mettre en place avec les maires, les médecins, la CNAM un dispositif de recherche et d’identification des personnes vulnérables et âgées non vaccinés, afin de prendre rapidement contacts avec elles pour les informer, les inciter et rendre aisée leur accès à la vaccination si besoin à domicile.
  • ▪️Enfin, la France devrait s’engager avec détermination en faveur de la levée des brevets sur les vaccins COVID, ce qu’Emmanuel Macron et le gouvernement se refusent toujours de faire, là encore contre tout argument rationnel car il est clair que le dispositif COVAX n’est pas à la hauteur de l’enjeu. Cela doit devenir une des priorités de notre combat politique. Si nous voulons que les pays en développement cessent d’être des réservoirs infinis en variants, il convient de leur donner les moyens d’accéder massivement aux vaccins et à leur production.
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16 décembre 2021 4 16 /12 /décembre /2021 16:23

La séance du conseil du décembre 14 décembre 2021 a une fois encore été affligeante. Le comportement de la Maire continue d'être méprisant et insultant pour les élus d'opposition qui représentent les deux tiers des suffrages exprimés en juin 2020 ... et pire encore les dossiers présentés sont souvent approximatifs et mal maîtrisés ce qui ne peut que nous inquiéter pour l'avenir.

Frédéric FARAVEL et Florelle PRIO, lors du conseil municipal de Bezons le mardi 14 décembre 2021

Frédéric FARAVEL et Florelle PRIO, lors du conseil municipal de Bezons le mardi 14 décembre 2021

1- MENHAOUARA A FAIT VOTER UNE PREMIÈRE AUGMENTATION D'IMPÔT

Tout le détail du débat en vidéo ci-dessous.
La majorité municipale a voté en faveur de la première augmentation d'impôt de son mandat, après avoir promis que cela ne serait jamais le cas... Elle a accepté sans émettre aucune contestation que la Communauté d'Agglomération Saint Germain Boucles de Seine (Mme Menhaouara y siège au sein de la majorité de droite) lui impose des dépenses supplémentaires en prenant directement dans le portefeuille des Bezonnais. Nous avons voté contre. Car nous nous sommes opposés à la fois au flou du dossier (la municipalité de Bezons est incapable de nous dire quel sera le prélèvement sur les habitants et le dossier de présentation est bourré de fausses informations que la Maire a été contrainte de reconnaître) et à la nature des arbitrages financiers qui conduisent à taxer les Bezonnais. Le financement aurait pu être différent et il est faux de dire que la seule solution alternative était de diminuer les crédits que nous reverse l'agglomération chaque année.
💸

Mise en difficulté sur ce dossier et ayant accepté (elle a voté pour à l'agglomération comme hier soir) une baisse des crédits que l'agglomération reverse à la Ville, la Maire a commencé à s'emporter pour finir par mentir publiquement en affirmant que les élus bezonnais de 2016 à 2020 avaient toujours ces crédits qui désavantagent notre ville et les Bezonnais car ils ne représentent en rien la contribution économique que notre commune apporte à l'agglomération... Sachant pertinemment qu'elle mentait, elle a perdu ses nerfs une nouvelle fois et a demandé une suspension de séance pour se calmer.💸
Nous avons également voté contre des Attributions de compensation défavorables pour notre Ville.

2- LE FONDS DE DOTATION QUE NOUS AVIONS CRÉÉ REND DE GRANDS SERVICES AUX BEZONNAIS

Après avoir mené une campagne diffamatoire sur ce qu'elle prétendait être l'opacité cachant de "supposées malversations" avec le fonds de dotation créé par l'ancienne majorité municipale, Mme Menhaouara a été obligée de reconnaître dès juillet 2020 qu'elle avait raconté n'importe quoi. Le fonds de dotation est d'une transparence parfaite, il n'y a jamais eu aucun détournement comme elle l'avait sous-entendu et cette année encore donc il sert à financer des activités et festivités qui réjouissent les Bezonnais : la Fête Nationale, la course Rives and Run, Bezons ... faites l'été, les animations des fêtes de fin d'année et Rêv'Arts... Nous avons voté pour ! 🤩 🥳

3- DU RETARD DANS L'INSTALLATION DE LA VIDÉOSURVEILLANCE

Nous avions des interrogations sur l'avancée de la mise en place des 30 caméras de vidéosurveillance promise au printemps dernier à grand renfort de communication politique par Mme Menhaouara. Outre le fait qu'il faudra un jour qu'on fasse un véritable bilan sur l'efficacité réelle de ces dispositifs en matière de prévention et de sécurité, nous avons appris que seules 15 des 30 caméras promises seraient installées (et sans doute pas avant le début de l'année 2022 après les avoir annoncées pour 2021) car, bien que la sécurité ait été la délégation de Mme Menhaouara de 2014 à 2020 il semble qu'elle ne savait pas que le fibrage spécifique pour la vidéosurveillance n'était pas achevé sur toute la commune : donc la moitié des 430 000 euros annoncés cette année aura finalement servie à rattraper ce retard qu'elle n'avait pas anticipé.🎥
Les explications et la maîtrise du dossier par son adjoint M. Rebagliato ont été laborieuses (il semblait ne pas savoir que le signalement de la présence de caméras de vidéosurveillance est une obligation légale) ; quant au renforcement de ce qu'il reste du commissariat et des effectifs de police nationale sur la ville, cela piétine.👮‍♀️👮👮‍♂️
Mme Menhaouara a à nouveau refusé de réunir les commissions municipales qui permettraient aux élus d'opposition qui représentent les 2/3 des électeurs d'avoir des informations suffisantes pour exercer leur mandat ; on ne le prend pas pour nous c'est juste du mépris pour les 2/3 des Bezonnais qui n'ont pas voté pour sa liste. Notons au passage que la Maire s'est permise des remarques très déplacée à l'encontre de l'ancien chef de la police municipale, alors qu'elle ne tarissait pas d'éloge sur sa personne quand il était en poste : elle n'a visiblement pas supporté qu'il préfère aller travailler dans une autre commune pour des raisons qu'elle ne veut pas dire non plus...👮‍♀️👮👮‍♂️

Nous avons voté pour la demande de subvention au conseil départemental...

4- FUITE EN AVANT SUR LES DOSSIERS D'URBANISME

Après s'être vantée d'avoir mis au pas en début de mandat les aménageurs (COGEDIM, SADEV, SEQUANO), il semble que la confiance de la Maire sur ces dossiers prend l'eau de toute part... Ainsi au dernier moment, elle a retiré de l'ordre du jour le compte rendu d'activité 2020 (nous sommes fin 2021 !?) de SEQUANO pour la ZAC des "Bords de Seine"... visiblement c'est la panique à bord !🏗

5- LA MUNICIPALITÉ DIVERS DROITE DÉMONTRE À NOUVEAU SON MÉPRIS POUR LES AGENTS MUNICIPAUX

Le gouvernement d'Emmanuel Macron a fait adopter en août 2019 avec Olivier Dussopt la loi de la transformation de la fonction publique qui fait à nouveau des fonctionnaires des boucs émissaires. Elle oblige les collectivités territoriales à augmenter le temps de travail de leurs agents sans augmenter leurs salaires... Il n'y avait évidemment que de mauvaises solutions pour mettre en place cette mesure ignoble, car refuser de l'appliquer revenait à donner les clefs de l'organisation du temps de travail des agents au Préfet qui aurait appliquer ces dispositions dans les pires conditions. Plutôt que d'engager un travail en amont important (l'équipe de Mme Menhaouara a eu 18 mois pour préparer les choses), la municipalité divers droite s'y est prise au dernier moment pour ne pas laisser de marges de manœuvre aux agents et à leurs représentants.
Des solutions existaient pourtant et nous avons fait des propositions lors du conseil (nous mettons ci-dessous la déclaration argumentée de Frédéric Faravel à ce sujet) : Kevin Cuvillier et Nessrine Menhaouara les ont écartés d'un revers de la main alors qu'elles auraient permis un accompagnement moins douloureux pour les agents. La municipalité divers droite se moque des conditions de travail des agents, elle se moque de la prise en compte de la pénibilité, elle se moque du dialogue social, elle se moque de l'argent qu'elle fait perdre aux agents : avec 10 jours de perdus pour les hommes et 11,5 jours pour les femmes, c'est l'équivalent de 560€/an pour un agent payé 1400€/mois qui sont perdus !?! La Maire s'est également permise de menacer implicitement les agents municipaux qui échangeraient avec les élus de l'opposition.

Nous avons voté CONTRE.😡

6- 70 POSTES VACANTS SOIT 10% DES EFFECTIFS MUNICIPAUX MAIS CE N'EST PAS GRAVE !?

Enfin à notre question de savoir quel était le détail des postes vacants parmi les services municipaux, ce qui handicape fortement le travail des agents, Mme Menhaouara nous a expliqué que ce n'était finalement pas très important... Elle a présenté un tableau apocalyptique selon lequel les départs seraient uniquement le fait de personnes à qui on aurait demandé de partir parce qu'ils étaient dangereux ou déloyaux (il y en a, nous le savons, mais ce ne sont là que quelques rares cas individuels)... et pour le reste des départs volontaires et à la retraite : rien à voir selon elle avec l'ambiance de malaise et parfois de peur dont nous avons quelques témoignages parmi les agents.😨😰🤒🤕

18 mois de mandat : le conseil municipal du 14 décembre 2021 démontre la catastrophe Menhaouara et renforce nos inquiétudes

À nouveau donc un conseil lunaire qui nous inquiète pour l'avenir mais nous ne cesserons pas de vous défendre.
Nous vous souhaitons d'excellentes fêtes de fin d'année avec vos proches, dans la Paix et en respectant les consignes de sécurité sanitaire pour ne pas être exposé à de trop nombreuses contaminations au COVID19.

Frédéric FARAVEL
Conseiller municipal et communautaire Gauche Républicaine et Socialiste
Président de "Vivons Bezons, le groupe des élus communistes, socialistes et républicains"

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10 décembre 2021 5 10 /12 /décembre /2021 17:41

La situation politique de notre pays en cette fin d’année 2021 est particulièrement périlleuse et inquiétante. Tout semble s’emboîter pour offrir le Peuple de France aux appétits voraces d’un bloc bourgeois (version libéral-autoritaire avec Emmanuel Macron, version réactionnaire avec Valérie Pécresse) et d’un bloc d’extrême-droite (Zemmour et Le Pen n’ayant pas de véritables différences).

Emmanuel Macron va profiter de sa position institutionnelle et européenne et se déclarera donc candidat le plus tard possible… Il est impératif de rappeler aux Français son bilan catastrophique : reculs des droits sociaux, reculs des libertés publics, perte de pouvoir d’achat pour les classes moyennes et populaires, cadeaux fiscaux à foison pour les plus riches, désindustrialisation et perte de souveraineté économique, casse de l’assurance chômage, casse de l’école publique et errements multiples face à la crise sanitaire : la liste n’est pas exhaustive...

Mais nous devons aussi mettre en garde nos compatriotes sur la boucherie démocratique et sociale qui suivrait une éventuelle réélection d’Emmanuel Macron : comme il n’aura plus de compte à rendre au peuple, ne pouvant prétendre à un 3ème mandat, il engagera un déchaînement de violence sociale inédit. La bourgeoisie d’affaires représentée par Macron et Pécresse, une partie de celle-ci qui s’est ralliée à Zemmour, ne rêve que de mettre à genoux pour le plus longtemps possible les classes populaires et les corps intermédiaires qui peuvent encore faire obstacle à leur prédation. Comme Thatcher avec les mineurs anglais. Marine Le Pen s’en prendrait tout autant aux droits des salariés, avec n’en doutons une violente répression promise aux mobilisations sociales, son pseudo vernis social n’ayant plus d’épaisseur qu’un flop plastique alimentaire.

2022 se jouera autour de la sauvegarde et même du renforcement de notre protection sociale que nous portons ou au contraire de sa mise à mort programmée. C’est cela qu’il faut marteler. Mais il ne suffit pas d’agiter le spectre de l’hypothèse d’une victoire de Le Pen pour le conjurer si l’alternative proposée est une autre forme de catastrophe politique et sociale. Face à ces menaces, c’est un scénario à l’italienne qui se profile : notre camp social effacé dans les urnes… c’est qui est en jeu aujourd’hui c’est l’avenir de la France et la capacité qu’aurait un bloc populaire et républicain, qui n’a pas d’autres relais que les forces de gauche, a lui offrir une perspective d’espoir plutôt qu’un abandon a des fatalités délétères.

Si je suis membre de la Gauche Républicaine et Socialiste, c’est entre autre parce qu’elle a depuis sa fondation toujours appelé toute la gauche à travailler à un « nouveau Front Populaire ». Depuis près de trois ans, nous assistons consternés aux oukases et anathèmes des uns contre les autres dès qu’ils arrivent sur un plateau TV, alors que nous arrivions à les réunir en bonne intelligence lors de nos diverses initiatives que ce soit « Déconfinons Le Débat » ou les Universités de la Gauche Républicaine. L’absurdité fut à son comble quand les mêmes qui n’ont pas de mots assez durs pour s’exclure mutuellement signaient parallèlement ensemble des recours au Conseil Constitutionnel contre les pires lois du quinquennat ou pour initier un référendum d’initiative partagée contre la privatisation d’ADP !…

Alors bien sûr je m'exprime ici à titre personnel, comme citoyen engagé en politique. Mais il est temps de le dire : Ça suffit ! La République Française n’est pas une cour de récréation pour des dirigeants politiques qui s’y disputeraient comme des gamins trop gâtés… Tous savent qu’aucun d’entre eux ne rassemble assez pour survivre au premier tour, mais ils préfèrent maudire le voisin même au prix de la mort de la République !

Il est temps que les uns et les autres prennent leurs responsabilités, devant l’histoire, devant la République, devant le Peuple français ! Soit ils décident de continuer comme avant et ils seront collectivement responsables de la boucherie démocratique et sociale promise ! Soit ils répondent enfin sincèrement aux appels de travail pour élaborer un projet commun pour un gouvernement populaire, républicain, social et écologique… Ce travail aurait encore pu être engagé voici quelques mois lorsque des réunions des différents responsables des organisations de gauche avaient été organisées à l’initiative reconnaissons le de Yannick Jadot. Elles avaient fait long feu, éteintes sous l’amoncellement de mauvaise volonté, d’arrières pensées et de mauvaise foi. Nous n’avons plus le choix ni le temps aujourd’hui : ce qui aurait pu être fait en 4 ans ou en quelques mois devra désormais l’être en quelques semaines !

Attention ! Ne nous y trompons pas, il ne s’agit pas ici d’organiser un casting en départageant les candidats concurrents en lice ou en choisissant une personnalité médiatique et soit disant populaire, dont on verra ensuite qu’elle ne l’était pas tant que cela. La Gauche française est malade du présidentialisme, les institutions de la Vème République l’ont asséchée et elle se complaît trop facilement dans la valse des égos et des nombrils. Le choix d’une primaire et d’un casting c’est à nouveau se condamner à l’échec, car une candidate ou un candidat ne peut convaincre, peut gagner sur sa personne. On crée une dynamique quand on rassemble – ce qui suppose un travail en commun et non une hégémonie artificielle – et quand on propose un projet commun. Les initiatives actuelles font l’impasse sur ce projet commun, ce "Pacte Législatif", quelles que soient leurs bonnes intentions originelles.

Avec mon parti, la Gauche Républicaine et Socialiste, avec Arnaud Montebourg, nous défendons la même ambition de redonner au Peuple français la maîtrise souveraine de son destin, de réparer le pays abîmé par des décennies de politiques libérales et par la crise sanitaire et de redresser son économie en rendant aux travailleurs leur dignité : ce projet qu’il a nommé « La Remontada de la France » est toujours pertinent et nous défendrons ses orientations. Mais comme Arnaud Montebourg et avec Arnaud Montebourg nous voyons les périls qui menacent notre pays et notre camp social. Il faut appeler toutes les organisations politiques de gauche et leurs candidat(e)s, les organisations syndicales, les collectifs citoyens et les associations de défense des libertés à être à la hauteur de l’enjeu, à la hauteur des attentes des Français, à la hauteur de la sauvegarde de la République ! Mettons nous enfin autour de la table, rattrapons le temps perdu et effaçons les occasions manquées ! Travaillons ensemble à construire du commun et à élaborer un projet commun qui pourra rendre espoir au Peuple de gauche et conjurer les menaces qui planent si sombrement sur la France. Le mode de désignation d’une candidate commune ou d’un candidat commun aura peu d’importance ensuite si ce travail est fait.

Entamons maintenant ce travail, c’est notre tâche historique… nous connaissons déjà les conséquences de ne pas vouloir essayer.

Frédéric FARAVEL
Conseiller municipal et communautaire Gauche Républicaine et Socialiste de Bezons
Coordinateur national des pôles thématiques de la GRS

5 candidats de gauche : choisiront-ils de s'accorder sur un projet commun que pourrait ensuite porter un candidat commun ? ou offriront-ils la victoire par avance à des droites qui sous leurs différentes sensibilités (libéral-autoritaire, bourgeoise-réactionnaire, pétainiste, national-populiste) détruiront la République ?

5 candidats de gauche : choisiront-ils de s'accorder sur un projet commun que pourrait ensuite porter un candidat commun ? ou offriront-ils la victoire par avance à des droites qui sous leurs différentes sensibilités (libéral-autoritaire, bourgeoise-réactionnaire, pétainiste, national-populiste) détruiront la République ?

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