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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise.
Je suis membre du bureau fédéral du Val-d'Oise du Parti Socialiste et suppléant au Conseil National du Parti Socialiste.
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20 mai 2015 3 20 /05 /mai /2015 10:10
Le 21 mai, votez pour un Parti Socialiste utile à la France et aux Français

Les militants socialistes se prononceront demain soir jeudi 21 mai sur l'orientation politique qu'ils souhaitent donner à leur Parti pour les prochaines années. Ce sera la seule et la dernière occasion, avant la fin du quinquennat qu'ils auront pour donner leur avis sur la politique conduite depuis 3 ans maintenant par les gouvernements de Jean-Marc Ayrault et Manuel Valls (sous la férule du Président de la République), souvent à rebours des engagements pris lors de la campagne des élections présidentielles. Il ne s'agit pas seulement du fameux discours du Bourget, un moment de la campagne, mais bien des 60 engagements du candidat Hollande, qui disaient toute autre chose que ce qui a été mis en œuvre ensuite en termes de politiques économiques et sociales : une ratification du traité Merkozy sans renégociation, un pacte de compétitivité fondé sur l'augmentation de la TVA et sans contreparties des entreprises, un pacte de responsabilité dans la même veine fondé sur la baisse des cotisations sociales des entreprises (qui met à mal les comptes de la sécurité sociale) sans contreparties non plus, une politique fondée sur la baisse du coût du travail qui avait pourtant été dénoncé durant la campagne et lors du congrès de Toulouse alors que la compétitivité française devrait d'abord se jouer sur l'innovation et la modernisation de l'outil productif français, une fausse loi de séparation bancaire, l'enterrement de la réforme fiscale, la baisse des dotations financières des collectivités locales (qui a accru les difficultés économiques des PME), une réforme des retraites éloignée de nos engagements et pour laquelle même le compte pénibilité (véritable avancée) est retardé et rogné en accord avec le patronat, un recul des droits des salariés avec l'ANI, le projet de loi Macron et le projet de loi Rebsamen, un dialogue social dévoyé où les syndicats sont mis sous pression par le gouvernement pour donner chaque jours plus de gages au MEDEF…

Ne soyons pas caricaturaux des bonnes choses ont également été réalisées : la loi consommation, l'augmentation de l'allocation de rentrée scolaire, la refondation de l'école, la loi ALUR sur le logement (mais dont les principales mesures sont aujourd'hui détricotées par le gouvernement Valls) ou encore la généralisation du tiers payant… Cependant ces avancées sont insuffisantes et nos concitoyens considèrent souvent légitimement que la gauche au pouvoir n'a pas répondu à leurs attentes et ne défend pas leurs intérêts comme nos engagements le laisser entrevoir : 600 000chômeurs de plus en 3 ans, un pouvoir d'achat en berne, une stratégie économique contre-productive qui ne jugule pas les déficits faute de recettes. Ils ont le sentiment d'avoir été trompés et de ne pas être entendus.

Pourtant, ils se sont fait entendre à des multiples reprises : nous avons perdu toutes les législatives partielles de 2012 à 2014 (souvent éliminés dès le 1er tour), nous avons été sanctionnés durement aux élections municipales, européennes, sénatoriales et départementales une partie croissante de notre électorat, celui de Hollande au 1er tour, a choisi une abstention raisonnée ; certains de nos électeurs se tournent désormais vers le FN, notamment dans le Nord et l'Est de la France. Les électeurs de nos partenaires de gauche et écologistes ne veulent plus voter pour nous, parfois même quand nous sommes opposés au 2nd tour au FN, les reports de voix entre les deux tours qui étaient auparavant excellents (et qui l'ont été notamment aux présidentielles de 2012) sont très mauvais.

Les perspectives pour les élections régionales de décembre 2015 sont sombres et l'angoisse de revivre l'élimination de la gauche au 1er tour de la présidentielle est de plus en plus prégnante.

J'ai adhéré au Parti Socialiste voici 22 ans, le 28 mars 1993 très exactement, au lendemain de la pire défaite législative du PS, alors qu'il ne restait plus qu'une petite soixantaine de députés socialistes à l'Assemblée Nationale. J'ai vécu avec douleur et violence l'élimination de Lionel Jospin le 21 avril 2002 devant de plusieurs dizaines de milliers de voix par Jean-Marie Le Pen, alors même que nous étions persuadés de la qualité macroéconomique et sociale de notre bilan gouvernemental. Je suis sidéré de constater à quel point notre parti, nos responsables politiques nationaux et nos dirigeants exécutifs semblent n'avoir tiré aucun enseignement des 34 dernières années de vie politique durant lesquelles nous avons gouverné 18 ans... et notamment de nos défaites de 1993 et 2002 

Lionel Jospin avait sorti le PS de l'ornière en 1995 sur un rapport critique à l'exercice du pouvoir, avec un viatique : dire ce que l'on fera, faire ce que l'on a dit… ce ne fut pas seulement un prétexte pour réduire nos ambitions programmatiques, mais c'était tirer la leçon que la gauche doit au pouvoir mettre en œuvre les propositions et les engagements qu'elle a pris devant les Français lorsqu'elle préparait l'alternance dans l'opposition : cette première leçon a été oubliée, puisque nous ne mettons pas en œuvre notre projet socialiste, l'accord programmatique entre socialistes et écologistes (2011) ou une partie majeure (la stratégie économique et sociale) des engagements de Hollande en 2012 !

Lionel Jospin avait plus perdu en 2002 parce que nos concitoyens, malgré la baisse du chômage, les 35 heures et le rétablissement des comptes de la sécurité sociale, n'avaient pas vu leurs conditions de vie concrètes s'améliorer (bien plus que pour des raisons d'insécurité) : nous avions fait l'impasse sur le pouvoir d'achat et l'amélioration des conditions de travail, oubliées sur l'autel de la modération salariale en échange des RTT… Le même effet ciseau s'est produit lors des mid terms de l'année dernière aux USA : alors que la politique économique de Barak Obama rencontrait de véritables succès (baisse du chômage, retour de la croissance), les citoyens américains avaient sanctionné les Démocrates (avec une moindre mobilisation de leur électorat) parce que leurs conditions de vie quotidienne semblaient s'être dégradées. C'est cette deuxième leçon que nous n'avons pas retenu : pour les Français, la gauche au pouvoir est associée à l'idée de progrès social et d'amélioration des conditions de vie. Quand elles ne sont pas au rendez-vous, quels que soient les chiffres macroéconomiques nous sommes sanctionnés. C'est pourquoi l'action sur les rémunérations, sur le renforcement des droits des salariés, notamment, devrait être au cœur de notre politique gouvernementale.

Il reste deux ans pour sauver le quinquennat et mettre la gauche en capacité de reprendre pied pour emporter l'élection présidentielle de 2017 et inscrire notre action dans la durée ce qui seul peut permettre la transformation réelle de la société.

Le gouvernement n'envisage pas d'amélioration du chômage avant 2016. Pourtant, sans décisions immédiates, les conséquences sociales et politiques de ces prévisions seront redoutables. Or, on peut et doit agir vite pour relancer l'activité et répondre à l'urgence sociale.

La motion B présente des réformes à engager immédiatement pour réussir la fin du quinquennat... Quel crédit accorder à des promesses de réorientation en réalité très différentes, voire contradictoires avec ce que prépare le gouvernement ? Peut-on rester sur son Aventin, dans la posture du Ni-Ni, qui est une manière de laisser les autres décider ?

Non !

Oui, soutenir la motion B, c'est clairement peser pour une réorientation raisonnable, efficace ; c'est un vote utile pour la France, la reconquête du peuple de gauche et le rassemblement Rose-Rouge-Vert.

La gauche française traverse aujourd'hui une de ses plus graves périodes de turbulences. Trois ans après la victoire de François Hollande à l'élection présidentielle, le constat est amer et sans circonstances atténuantes possibles.

Pour autant, seule la gauche unie peut relever le défi qui nous est présenté aujourd'hui. Ce n'est qu'unie qu'elle pourra être crédible et revenir sur le chemin de la réussite. Pour cela il faut une volonté politique.

Cette volonté ne saurait surgir d'un discours culpabilisateur et totalement inopérant : maintenant que le FN a terriblement progressé en pourcentage et en voix, il faudrait faire abstraction du projet politique mise en œuvre au gouvernement pour éviter la catastrophe d'une élimination au soir du premier tour d'une élection, comme tant de candidats de gauche l'ont subi aux départementales et comme cela pourrait de nouveau arriver aux élections présidentielles, si nous ne redressons pas la barre très vite. Nos propres électeurs ne sont mêmes plus réceptifs à ses injonctions, à ces appels à l'autorité et à la responsabilité de la part de ceux qu'ils jugent responsables de la détérioration de leur situation.

Cette volonté ne peut pas plus émerger si chacune des composantes de la gauche se croit suffisante à elle seule. Un parti, qu'elles que soient la pertinence de ses analyses et éventuellement de ses propositions, ne saurait prétendre résumer à lui-seul toute la gauche et les écologistes, dans la diversité des cultures politiques du pays auxquelles est attaché le Peuple de gauche.

Dans le même temps, nos concitoyens ne croient pas qu'il existerait deux gauches irréconciliables, dont l'une pourrait remplacer l'autre jugée défaillante. C'est pour cette raison qu'alors que le PS subit défaite sur défaite aucun autre parti plus à gauche que lui n'en profite ; au contraire, l'échec provisoire de la gauche est un instrument à charge contre tous nos partis.

Il n'y a pas dans cette situation de possibilité d'un Syriza français. Ou plutôt uniquement si nous trouvons les ressors pour nous rassembler avant la fin du quinquennat et faire adopter ensemble de nouvelles lois porteuses de progrès, cohérentes avec les engagements présidentiels : séparation bancaire réelle, réforme fiscale, droit de reprise des entreprises, amélioration des conditions de travail, relance économique par l'investissement et le pouvoir d'achat…

A cette première condition doit s'ajouter une seconde fondée sur notre capacité commune à préparer l'avenir et à jeter les bases de propositions communes pour répondre aux défis de la France et des Français en 2017.

Ce n'est que sur cette base que la gauche peut prétendre inscrire son action dans la durée en repoussant le retour de la droite ou la résistible montée de l'extrême droite vers le pouvoir.

Frédéric Faravel
Mandataire fédéral de la motion B « à gauche pour gagner ! » dans le Val-d'Oise
Membre du bureau fédéral du PS95
Section de Bezons

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22 avril 2015 3 22 /04 /avril /2015 16:59
Mon intervention lors de la réunion de présentation de la motion B à Ermont

Chers amis, chers camarades,

Bonsoir,

Je suis heureux de vous voir si nombreux ce soir pour cette réunion de présentation de la motion B «à gauche pour gagner !» dans le Val-d'Oise. Je remercie chaleureusement les camarades d'Ermont et de la 4ème circonscription qui ont préparé la salle et vous ont accueilli.

C'est d'autant plus marquant que nous sommes au milieu des vacances scolaires, votre mobilisation ou votre curiosité n'en sont que plus méritoires.

Ce soir, je m'adresse à vous en tant que mandataire fédéral de la motion B dans le Val-d'Oise ; c'est une tâche qui va demander beaucoup d'énergie, car coordonner la promotion d'une motion durant un congrès du PS sur moins d'un mois n'est en soi pas une paire de manche. Mais c'est avec gravité que je prends aujourd'hui mon rôle.

J'ai adhéré voici 22 ans et quelques jours au Parti Socialiste – Jean-Pierre s'en souvient sans doute, c'était dans sa section – c'était surtout au lendemain de la grave défaite législative de 1993, qui n'avait vu qu'une petite soixantaine de députés socialistes se maintenir à l'Assemblée Nationale. Depuis, nous avons connu des défaites et victoires ; il y a 13 ans presque jour pour jour le candidat Lionel Jospin était éliminé au soir du premier tour de l'élection présidentielle, devancé de quelques dizaines de milliers de voix par Jean-Marie Le Pen.

Nous avons après 10 ans d'opposition reconquis le pouvoir national : en juin 2012, nous disposions de presque tous les pouvoirs – la Présidence de la République, la majorité parlementaire à l'Assemblée Nationale et au Sénat, une majorité écrasante de collectivités locales… Jamais je n'aurais pu imaginer à l'époque, malgré mes interrogations sur l'orientation politique réelle du président de la République que nous nous retrouverions aujourd'hui, après 4 défaites électorales nationales majeures (municipales, européennes, sénatoriales, départementales), à nous interroger sur le nombre de régions que pourrions perdre dans 6 mois, sur le caractère irrésistible de la montée du Front National, sur la perspective d'une nouvelle élimination de la gauche au premier tour de l'élection présidentielle, ou sur la « mort de la gauche » qu'a évoqué Manuel Valls et qui ressemble tant à une prophétie autoréalisatrice.

Jamais je n'aurais imaginé que nous aurions si peu retenu les leçons de 1993 et 2002, pour nous retrouver là où nous en sommes aujourd'hui, c'est-à-dire un ressentiment et un désaveu grandissant des électeurs de gauche, des électeurs socialistes, à l'encontre de l'action de notre gouvernement qui ne correspond absolument à ce qu'ils attendaient, qui ne correspond pas à ce qu'on leur avait promis.

Alors oui un parti peut mourir, notamment s'il ne respecte pas lorsqu'il est pouvoir les engagements qu'il avait pris devant le peuple...

Un parti peut mourir mais pas la gauche parce que ses valeurs restent vivantes et qu'il y aura toujours des gens pour les porter.

Et si nous sommes ici ce soir, c'est parce que nous restons convaincus que le Parti Socialiste, héritier de Jaurès, de Blum, de Mendès France et de Mitterrand, ce parti qui a su donner un débouché concret à des dizaines d'années de luttes sociales pour changer la vie, ce Parti Socialiste reste le pilier qui permet à la gauche d'accéder au pouvoir et de transformer la société.

Je suis convaincu que les camarades qui se sont déjà rassemblés dans la motion B, et qui souhaitent vous convaincre de les rejoindre, sont habités de ce même sentiment de gravité face à la situation politique actuelle et aux enjeux que nous devons surmonter. C'est à cause de la gravité de la situation que la motion B rassemble déjà des camarades, dont les parcours politiques, les idées, les débats n'ont pas toujours été convergents, mais partagent aujourd'hui une même analyse sur la période et partagent aussi et c'est plus important encore de nombreuses propositions pour sortir le parti, la gauche et surtout le pays et ses habitants de l'impasse dans laquelle nous sommes.

À leur manière, Gérard Sebaoun, Jean-Pierre Blazy ou Emmanuel Maurel, qui interviendront après moi représentent déjà une part de cette diversité qui converge sans faux semblants, sans accord d'appareil qui masquent derrière des idées pseudo consensuelles la réalité de ce que l'on applique et de ce qui se fera après le congrès. D'autres camarades vous diront sans doute dans le débat pourquoi ils rejoignent la motion B et pourquoi ils se rassemblent pour agir ensemble. Mais vous prendrez la parole et nous débattrons ensemble...

Mon intervention lors de la réunion de présentation de la motion B à Ermont
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10 avril 2015 5 10 /04 /avril /2015 13:55
Le piège tendu par la famille Le Pen

La famille Le Pen met en scène depuis quelques jours une pièce avec laquelle seule une nouvelle adaptation du trésor des Nibelungen pourrait rivaliser. Tout y est : pouvoir et détestation familiale...

Qui ne voit pourtant que cela reste une opération de mise en scène ? Qui peut croire que Marine Le Pen est assez sotte politiquement pour s'embarquer médiatiquement dans une séquence qui lui ferait du tort, alors qu'elle n'aura jamais été aussi proche du pouvoir, qu'elle désire par dessus tout contrairement à son père ?

L'ire de la Présidente du Front National, après l'entretien accordé à Rivarol par Jean-Marie Le Pen, renforce une fois de plus l'exposition médiatique du FN. Plus besoin d'entretenir le lit de camp de Florian Philippot à BFM TV, les médias parlent chaque jour du "conflit" supposé mortel entre la fille et le père.

L'entretien du père dans le journal de l'extrême droite catholique a le mérite d'exposer au grand jour quel est le programme éternel de l'extrême droite : filiation au pétainisme, révisionnisme, antisémitisme, nationalisme volkiste, programme économique libéral et inégalitaire... Il en profite pour condamner Florian Philippot pour "chevènementisme". Tout cela arrange parfaitement Marine Le Pen.

La Présidente du FN peut ainsi envoyer un message à la masse de ses nouveaux électeurs, du nord et de l'est de la France, souvent anciens électeurs socialistes, qui rejoignent le FN parce qu'ils entendent le discours pseudo "souverainiste de gauche" de l'élu mosellan et qui sont motivés (bien avant les questions identitaires) par la question économique et sociale. Elle pourra toujours compter sur le profil national-conservateur de sa nièce, Marion Maréchal, pour continuer de parler à l'électorat poujadiste et sécuritaire du midi. C'est également l'occasion pour réaffirmer un discours social en se dédouannant de la politique antisociale conduite par les municipalités FN depuis avril 2014.

Marine Le Pen peu également adresser aux médias, qui le relaieront complaisamment, un message sur l'achèvement de l'opération de dédiabolisation du FN : depuis le temps que nombre de commentateurs lui demandent de rompre avec son père pour prouver qu'elle dirige un parti "normal" et respectueux de la République, Jean-Marie Le Pen vient de lui offrir l'occasion en or de le tuer politiquement. Et elle ne va pas s'en priver : refus de lui accorder la tête de liste en PACA pour les régionales, procédure disciplinaire au sein du FN. Peu importe, une fois ce meurtre symbolique accompli, qu'elle continue de fréquenter les bals fascistes de Vienne, que le FN ne soit pas un parti républicain puisqu'il continuera à défendre la préférence nationale, le retrait de la nationalité française à des centaines de milliers de naturalisés, etc.

Enfin, une fois Jean-Marie Le Pen versé aux poubelles de l'histoire, certains responsables politiques ayant depuis longtemps oublié de penser la réponse à l'extrême droite, ils seront totalement dépourvus de leur épouvantail favori et démunis dans le combat politique ; ils finiront par accepter la normalisation du FN ou du RBM, comme ils semblent aujourd'hui accepter par fatalisme "l'évidence" du tripartisme.

Marine Le Pen pose donc là encore un nouveau jalon dans sa marche vers le pouvoir : la France s'approche chaque jour d'un exécutif national-populiste, qui avec ou sans Jean-Marie conservera de bons morceaux de fascisme dedans, et qui ne peut en rien être comparé aux formations populistes nordiques ou à l'alliance nationale de Gianfranco Fini, issu du parti fasciste italien.

Frédéric Faravel

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3 avril 2015 5 03 /04 /avril /2015 16:23
Mon intervention en Conseil fédéral du PS 95 le mercredi 1er avril 2015

Je ne rajouterai pas à ce qu'a présenté le premier secrétaire fédéral sur la campagne des départementales dans le Val-d'Oise, si ce n'est, à mon tour, pour remercier nos candidats, qui se sont engagés dans une période particulièrement difficile, et aux militants qui les ont soutenu ; les campagnes menées ont souvent été exemplaires et originales, et dans quelques territoires a priori hostiles à la gauche, certains résultats posent des jalons intéressants pour l'avenir.

Reste que ces élections départementales viennent marquer une quatrième défaite nationale en un an. Elle est à nouveau sans appel : la gauche passe de 61 départements à 31 ; jamais un camp politique n'avait perdu autant de départements en un seul scrutin. Nous perdons des départements symboliques : la Seine-Maritime, chère au cœur de Laurent Fabius, les Côtes-d'Armor, département qui a toujours été le plus à gauche de Bretagne et le seul des départements bretons à basculer de gauche à droite, le Nord, l'Essonne, la Corrèze ou encore les Bouches-du-Rhône (qui était depuis quelques années devenu symbolique pour d'autres raisons que d'être à gauche depuis des lustres).

On peut évidemment se satisfaire que le FN n'ait au final emporté aucun département, notamment le Pas-de-Calais et le Gard où la gauche conserve une majorité relative. Mais il serait faux de dire que la progression du FN aurait connu un coup d'arrêt : sans assise locale antérieure solide, l'extrême-droite partait avec un sérieux handicap en terme d'implantation, indispensable pour l'important. Au premier tour, il récolte 25,07% (plus qu'aux européennes) et a gagné 400 000 voix par rapport au 25 mai 2014. Le FN a bel et bien été le premier parti de France lorsque l'on décortique sérieusement et honnêtement les résultats du premier tour. Il a été le seul parti ou rassemblement de partis en capacité de présenter plus de 2 000 tickets.

On peut légitimement s'interroger sur la stratégie du Premier ministre de faire du score du FN l'alpha et l'oméga – et bien d'autres s'interrogent comme moi au-delà de la motion que je représente : il a sans doute remobilisé une partie de notre électorat déstabilisé – essentiellement dans le sud-ouest – mais dans le nord, l'est ou le sud-est du pays, dans les territoires rurbains, il a avant tout mobilisé l'électorat FN, en plaçant les projecteurs sur ce parti.

La nationalisation excessive de la campagne a par ailleurs largement occulté notre capacité à défendre des projets de territoires solidaires et des bilans honnêtes et souvent positifs, achevant de fragiliser certaines équipes sortantes qui n'en demandaient pas tant. La nationalisation des enjeux, accrue par la personnalisation autour du Premier ministre, a pu aussi limiter les reports de voix à gauche entre les deux tours, qui sans sauver de départements nous auraient pourtant permis de sauver un ou deux cantons, plutôt que d'être éradiqués comme ce fut le cas notamment dans le Var ou les Yvelines.

 

Il serait enfin trop facile de faire porter la seule explication de la déroute sur les divisions de la gauche : à l'évidence, elle ne nous a pas aidés – et le Val-d'Oise peut être un exemple de partenaires locaux pas fiables. Mais l'effondrement de la gauche socialiste dans les urnes s'explique avant tout par la déception de l'électorat socialiste, qui étaient au rendez-vous des précédents scrutins, quand déjà nos partenaires présentaient des candidats au premier tour.

Ce scrutin vient à nouveau confirmer que l'hypothèse de deux gauches irréconciliables est infondée, thèse défendue d'ailleurs à front renversé tout à la fois par certains amis du Premier ministre et par Jean-Luc Mélenchon. Comme le dit Emmanuel Maurel, dans son entretien au magazine Regards, l'électorat de gauche «est bien plus unitaire que nous» c'est-à-dire que les appareils politiques et leurs militants : nos électeurs ne comprennent pas qu'ils puissent exister une gauche alternative quand la gauche au gouvernement déçoit, aussi font-ils porter la même opprobre à tous les partis de gauche, quels qu'ils soient. Ils ne comprendraient pas non plus des accords d'appareils sans contenu au seul prétexte de faire barrage au FN, sans jamais se poser la question des raisons pour lesquelles atteint à 25% ou était annoncé à 30% dans les sondages.

J'ai pu discuter avec notre secrétaire national aux élections, Christophe Borgel, député de Haute-Garonne sur ce sujet : autant il avait raison de considérer qu'il était irresponsable de se diviser quand on avait géré ensemble une majorité et un exécutif départementaux (et l'union plus ou moins partielle a d'ailleurs été réalisée dans l'Essonne ou dans la Somme, sans pouvoir contrecarrer la vague nationale cependant), mais concédait-il l'union était souvent illusoire là où l'on ne dirigeait pas les départements et que le poids des désaccords nationaux étaient déterminants.

 

Alors que faire maintenant ?

Aurons-nous l'intelligence de comprendre qu'on ne peut – sauf à se condamner à l'autodestruction – poursuivre une politique économique incomprise, qui ne donne pas de résultats et ne peut en donner !

Non, l'exécutif a assuré qu'il allait garder le cap. Pourtant, il semble que le Premier ministre, mardi, devant les députés socialistes décontenancés, jusque parmi les plus « légitimistes », ait commencé à concéder de maigres autocritiques.

  • «La feuille de route de l'Union Européenne [serait] inacceptable en l'état» :

Mais, quand donc engagerons-nous le bras de fer avec la Commission européenne et les conservateurs allemands, que nous aurions dû engager dès notre arrivée au pouvoir et que nous aurions pu à nouveau engager le lendemain de la victoire de Syriza, sans qu'aucun de ces moments n'aient été mis à profit ?

  • «Rien ne sera fait contre la croissance» :

Mais pourtant les pactes de compétitivité et de responsabilité jouent contre la croissance : ils ne font que nourrir les dividendes plutôt que les investissements privés ; ils restreignent l'investissement public, notamment celui des collectivités dont les marchés publics remplissaient les carnets de commande des PME ; ils brident le pouvoir d'achat par la hausse de la TVA, le blocage de fait des salaires, le gel du point d'indice des fonctionnaires, ou encore un calcul de la CSG défavorable aux petites retraites…

On ne peut pas se contenter d'une simple inflexion ou correction, d'un meilleur contrôle, ou de «signes» ou «marqueurs» qui rassureraient à la marge une partie de notre électorat pour limiter la casse sans résoudre le problème de fond. Il faut désormais engager une relance écologique et sociale par l'investissement public et le pouvoir d'achat, sans attendre une relance européenne qui ne vient pas. Nous sommes pas Godot, nous ne devons pas attendre la croissance. C'est maintenant qu'il faut agir avec un euro moins cher et un pétrole moins cher.

  • «Le Parti Socialiste doit créer les conditions du rassemblement de la gauche» :

Mais comment le parti le pourrait-il quand aucune inflexion majeure de la politique économique ne viendrait appuyer cette tentative ?!?

Comment le faire si le Parti ne semble même pas avoir de prises sur les choix du gouvernement, et l'on a vu dans le débat parlementaire sur le projet de loi Macron durant lequel le memorandum (très sévère) du PS sur ce texte a été purement et simplement ignoré par le gouvernement, jamais relayé par les députés dits « légitimistes », et seulement en partie par les « Frondeurs » !?

Comment le faire quand le Premier secrétaire lui-même ne peut dans sa contribution que regretter l'absence de réforme fiscale, alors même qu'il revendique le soutien des deux tiers des parlementaires socialistes !?

 

Tout cela plaide pour que les militants socialistes reprennent la main et choisissent de remettre au cœur de l'orientation et des exigences du parti notre projet de 2011 et nos engagements de 2012. La direction actuelle a démontré qu'elle n'avait ni l'énergie ni la volonté de le faire. Il faut donc en changer.

Certains camarades voulaient ce soir que nous nous engagions dans la préparation des élections régionales de la fin de l'année ; ils ont sans doute raison. Mais je le dis avec fermeté, sans changement dans le parti et dans l'action gouvernementale, les mêmes causes produiront les mêmes effets et les résultats de la politique social-libérale aboutiront aux mêmes résultats que ceux que nous venons à nouveau de subir.

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1 avril 2015 3 01 /04 /avril /2015 15:54
étude sur l'impact de la crise sur les droits fondamentaux dans les États membres de l'Union européenne - Synthèse

 

Étude comparative menée par la Direction générale Politiques intérieures du Parlement européen, sur demande de la Commission LIBE

Cette étude comparative, rédigée par les services de recherche du Parlement européen sur demande de la Commission des libertés civiles, a été rendue publique le 25 mars 2015.

Introduction : austérité et droits fondamentaux

En réponse à la crise économique qui les a frappés à partir de 2007, les États membres de l'Union européenne furent invités à intervenir pour venir au secours des banques en faillite. Quelques mois plus tard, dans l'objectif de réduire la dette accumulée en conséquence et de maîtriser davantage la dépense publique, furent instaurées des mesures d'austérité - parfois très douloureuses - dans la plupart des États. De manière de plus en plus manifeste, cependant, des experts et des organisations internationales remettent en question l'efficacité de ces programmes. Au-delà de ces interrogations, il s'avère que la crise, et les réponses qui y ont été apportées, ont à la fois fragilisé les droits fondamentaux des individus et entamé la capacité des États membres à protéger ceux-ci. La crise financière s'est bel et bien transformée en une crise, plus globale, des droits de l'homme. Selon les termes de l'étude comparative, "l'aggravation de la crise, accompagnée de mesures d'austérité, peut être perçue comme une menace portée à six décennies de solidarité sociale, d'intégration économique et de protection des droits de l'homme en Europe".

Méthodologie et champ de l'étude

L'étude se propose d'examiner l'impact de la crise économique actuelle sur les droits fondamentaux et les libertés civiles dans sept pays européens: la Belgique, Chypre, l'Espagne, la Grèce, l'Irlande, l'Italie et le Portugal. Une attention toute particulière a été apportée aux pays qui ont subi l'intervention de la Troïka, mais d'autres états furent également inclus dans l'analyse (Belgique et Italie). L'étude analyse une période qui commence avec le début de la crise économique et s'allonge jusqu'au 30 juin 2014.
La notion de "droits fondamentaux" est entendue comme un moyen d'assurer le respect de standards minimaux permettant à un individu d'être traité avec dignité. Dans le cadre de cette étude, elle recouvre les droits suivants: droit à l'éducation, droit d'accès à la santé, droit de travailler, droit aux pensions de retraite, droit d'accès à la justice. Par ailleurs, l'étude s'est interrogée sur le respect de droits tels que la liberté d'expression ou la liberté de réunion. Selon les pays, des droits comme le droit au logement, le droit de propriété, les droits au travail, la liberté d'information, le droit à la sécurité sociale, le droit à l'eau, ou encore les droits des étrangers ont également été passés au crible.

L'impact des mesures d'austérité sur le droit à l'éducation

Selon les Nations Unies, "l'éducation est à la fois un droit humain en tant que tel, mais également un moyen indispensable de concrétiser d'autres droits. En tant que droit d'émancipation, l'éducation est le véhicule principal par lequel des populations marginalisées sur les plans économique et social peuvent s'extraire de la pauvreté". Le droit à l'éducation est notamment garanti par l'article 14 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne.
Austérité et éducation : au sein des pays concernés par l'intervention de la Troïka, les accords ont souvent imposé une réduction dans les dépenses publiques consacrées à l'éducation, mais de telles mesures ont également été introduites dans d'autres pays. En plus des fusions d'écoles, la première des répercussions fut, sauf en Belgique, une diminution des dépenses de personnel: réduction de salaires, gel des embauches, augmentation du nombre d'élèves par classes, augmentation du temps de travail des professeurs (Italie, Espagne, Portugal). À Chypre et en Irlande, les frais de transport pour les élèves issus de zones rurales ont augmenté de manière drastique. La baisse des budgets de l'éducation s'est également traduite par une augmentation du prix des repas (Espagne) ou l'impossibilité de chauffer correctement les salles de classe (Grèce). De manière générale, les standards d'hygiène ont diminué dans les pays concernés.
Austérité et éducation des populations vulnérables : les populations vulnérables sont les plus touchées par ces mesures. En Grèce, les élèves d'origine rom ont de plus en plus de difficultés à se déplacer jusqu'à leur école, au même titre que les Gens du voyage en Irlande. Les services apportés aux élèves handicapés ont été réduits dans plusieurs pays (Portugal, Irlande, Belgique, Grèce). Du fait de la baisse des subventions publiques, les élèves issus de milieux modestes ont davantage de difficultés à se nourrir convenablement (Espagne).

L'impact des mesures d'austérité sur le droit d'accès à la santé

Selon les Nations Unies, "les Etats ont l'obligation de veiller à ce que leurs actions en tant que membres d'organisations internationales prennent en compte de manière adéquate le droit à la santé". Cela signifie que chaque individu a le droit d'accéder à un système de soins qui assure les standards de protection de la santé les plus hauts possibles. L'article 35 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne garantit d'ailleurs le droit d'accès aux systèmes de santé.
La situation des systèmes de santé concernés avant la crise : avant la crise, la Grèce, l'Italie et le Portugal assuraient à leurs citoyens une assurance-santé universelle. En 2008, 99% des ressortissants belges bénéficiaient d'une couverture santé, soit presque autant que les citoyens espagnols. Parmi les états étudiés, seule l'Irlande faisait figure d'exception. Toutefois, même avant la crise, la problématique de l'égalité d'accès était déjà posée et des pistes de réformes étaient étudiées. L'introduction de mesures d'austérité, couplées à l'adoption du Semestre européen, n'ont fait qu'accélérer la tendance.
Austérité et accès aux soins : l'accès aux soins a été rendu plus difficile dans les pays étudiés par le rapport. À Chypre, en Grèce, en Italie, en Espagne et au Portugal, des honoraires ont été introduits pour certains soins auparavant gratuits. Leur niveau a été augmenté en Irlande. Au Portugal, un nombre considérable d'hôpitaux a fermé. En Italie et en Espagne, le nombre de lits d'hôpitaux a diminué. Les délais d'attente ont explosé: à Chypre, le délai d'attente moyen pour obtenir un rendez-vous dans un hôpital public atteint sept mois. En Espagne, en 2012, plus de 570 000 personnes étaient dans l'attente d'une opération. Les patients sont davantage mis à contribution pour acquérir des médicaments, y compris dans le cas de maladies graves, comme Alzheimer ou l'épilepsie (Grèce, Irlande). L'Espagne a enregistré une augmentation du nombre de patients souffrant de la tuberculose ou du virus HIV, ainsi qu'un accroissement du nombre de suicides dans sa population. En Grèce, la malaria est réapparue après 40 ans d'absence, du fait des coupes budgétaires qui ont impacté les programmes locaux de distribution de sprays anti-moustiques.
Austérité et accès aux soins des populations vulnérables : les coupes budgétaires susmentionnées ont impacté de manière inégale les individus vivant sur les territoires concernés. Au Portugal, les ruraux sont confrontés à des difficultés accrues pour recevoir des soins, comme les habitants de certaines provinces espagnoles. Les personnes handicapées ont été impactées de manière disproportionnée, notamment en Irlande et au Portugal. C'est également le cas des demandeurs d'asile à Chypre, en Grèce et en Espagne.

L'impact des politiques d'austérité sur le droit de travailler

Dans le cadre de l'étude comparative, le droit de travailler est entendu comme étant le droit d'accéder à l'emploi (et de demeurer salarié) dans des conditions équitables. En vertu de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, cette notion recouvre notamment la protection contre le licenciement injustifié.
Austérité et sécurité de l'emploi : de 2008 à 2012, la crise a entrainé une destruction globale de 50 millions d'emplois, alors même que 80 millions d'individus étaient censés intégrer le marché du travail. Cela a immédiatement impacté le droit de travailler. De manière additionnelle, un nombre important d'emplois a été détruit du fait des politiques d'austérité, notamment à travers le recours à des licenciements dans la fonction publique. Ce fut le cas à Chypre, en Grèce, en Irlande, en Italie, au Portugal et en Espagne. Dans ces pays, au fur et à mesure que la crise a progressé, les conditions pour le licenciement ont été rendues plus accommodantes vis-à-vis des employeurs. En Italie, les possibilités de réintégration d'un salarié injustement licencié ont été réduites à la portion congrue. Le sentiment de sécurité de l'emploi a chuté dans les pays concernés par l'étude.
Austérité et qualité de l'emploi : les salaires ont été largement réduits dans le secteur public, notamment à Chypre, en Grèce et en Irlande. En prenant en compte l'inflation, les salaires de la fonction publique espagnole ont diminué de 10% en 2010, et ceux de la fonction publique grecque de 25% entre 2010 et 2013. Dans le secteur privé grec, les salaires ont diminué de 15% sur la même période. Cette évolution concerne également les salaires minimaux, gelé au Portugal et raboté en Grèce. Dans ces deux pays, les heures supplémentaires sont rémunérées de manière moins avantageuse pour les salariés, le temps de travail a augmenté, et la durée légale de repos journalier a diminué.
Austérité et protection chômage : la protection des personnes au chômage a été fragilisée par les mesures d'austérité. En Belgique, l'indemnisation chômage a été réduite à maintes reprises, jusqu'à atteindre un niveau légèrement supérieur à celui des aides sociales minimales. En Espagne, les salariés qui ont vu leur contrat suspendu peuvent prétendre à une indemnisation chômage pour une période maximale de 180 jours. Si certaines mesures ont permis des créations d'emplois, la plupart n'ont pas atteint les résultats escomptés.
Austérité et emploi des groupes vulnérables : ces mesures ont touché de manière disproportionnée les groupes vulnérables. Il semble que les femmes soient davantage impactées que les hommes, puisqu'elles sont plus sujettes à l'emploi à temps partiel. De la même manière, les jeunes sont les victimes principales du chômage galopant. En Espagne, les politiques d'encouragement à l'emploi des travailleurs handicapés ont été
rabotées. Les migrants et les Gens du voyage sont particulièrement discriminés. À Chypre, une politique d'immigration plus restrictive a été mise en place pour protéger les travailleurs nationaux.

L'impact des politiques d'austérité sur le droit aux pensions de retraite

Le droit à la pension de retraite, en tant que forme dérivée du droit de propriété, est protégé par l'article 17 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne.
Austérité et pensions de retraite : En Grèce et en Irlande, de nouveaux systèmes de pension, unifiés, ont été mis sur pied. Dans les sept pays étudiés, l'âge légal de départ à la retraite a été repoussé : à 66 ans pour une retraite complète en Irlande, Italie et Portugal ; à 67 ans en Espagne et en Grèce. En plus de cela, le montant des pensions a été raboté dans plusieurs pays. En Grèce, des réductions de 20 à 40% ont été opérées pour les pensions qui dépassaient un certain montant. En Irlande, une taxe de 7% sur les pensions a été collectée en 2009. Les pensions furent gelées au Portugal entre 2012 et 2014.
Austérité et retraite des groupes vulnérables : une large part des retraités des pays étudiés se rapprochent dangereusement du seuil de pauvreté. Le niveau de vie des retraités a largement baissé dans plusieurs pays: en Espagne, ils ont perdu 0,35% de pouvoir d'achat en 2014. D'autres groupes vulnérables sont particulièrement touchés dans leur droit aux pensions de retraite. Par exemple, le Défenseur des droits grec s'est
alarmé d'une mesure affectant négativement la retraite des parents d'enfants handicapés.

L'impact des politiques d'austérité sur le droit d'accès à la justice

Le droit d'accès à la justice est garanti par l'article 47 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne.
Austérité et accès à la justice : l'étude comparative cite le Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, pour qui "les mesures d'austérité ont menacé l'accès à la justice". Même si certains problèmes s'avèrent structurels (lenteur du traitement des requêtes par exemple), tous les États membres ont entrepris une réforme de leur système judiciaire. Une vingtaine de tribunaux ont été fermés en Italie et au Portugal. En Irlande, le personnel judiciaire a été largement raboté, et le salaire des fonctionnaires de justice diminué. L'accès à la justice des citoyens a été compliqué par l'introduction de mesures restreignant l'assistance judiciaire apportée aux requérants : en Belgique et à Chypre, le budget consacré à l'assistance judiciaire a été restreint. Le recours aux experts techniques est désormais entièrement à la charge des citoyens en Grèce, où les frais d'appel ont également augmenté. Les critères d'admissibilité des requêtes sont devenus plus exigeants en Grèce et en Italie.
Austérité et accès à la justice des groupes vulnérables : toutes ces mesures ont oeuvré à renforcer l'incertitude juridique qui existe dans ces pays, et à priver certains groupes vulnérables de tout accès aux tribunaux (par exemple, en Belgique, pour les personnes modestes). En Irlande notamment, de nombreux citoyens n'ont pas les moyens de recourir à un avocat et sont forcés à se représenter eux-mêmes.

Les manifestations contre l'austérité : la question du respect de la liberté d'expression et de réunion

Les libertés d'expression et de réunion sont protégées par les articles 11 et 12 de la Charte européenne des droits fondamentaux.
Tous les états concernés par l'étude comparative du Parlement européen ont été le théâtre de manifestations massives contre l'austérité. Dans certains cas, cette mobilisation a débouché sur un certain élan de dialogue et de solidarité de la part des autorités publiques, notamment au Portugal ou en Italie. Dans d'autres, c'est la répression qui a prévalu. Les autorités grecques ont, à certaines occasions, prononcé l'interdiction de toutes les manifestations organisées. Ce fut également le cas des maires de certaines communes italiennes.

L'impact des politiques d'austérité sur d'autres droits fondamentaux

 Le droit au logement (Belgique, Chypre, Irlande, Espagne)
Il est assuré par l'article 34(3) de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne.
En Belgique, après 2008, l'accès au logement est devenu de plus en plus difficile pour les ménages modestes, et les ordres d'expulsion se sont multipliés. En Espagne, 244 278 expulsions ont été prononcées entre 2008 et 2012. À Chypre, les personnes âgées et les demandeurs d'asile qui résident dans des logements sociaux ont vu leur loyer exploser.
L'Irlande a vu son nombre de sans-abris augmenter de 60% entre 2008 et 2011.
 Le droit de propriété (Grèce, Chypre et Italie)
Le droit de propriété est protégé par l'article 17 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne.
Dans le but de réduire les déficits, le gouvernement grec a imposé une augmentation des impôts sur la propriété au titre de l'urgence (notamment via l'impôt sur la propriété extraordinaire de 2011). Dans le cadre d'un accord avec la Troïka, le gouvernement chypriote a décidé de saisir les actifs situés sur les comptes épargne d'individus privés, imposant ainsi une limite de retrait d'argent pour les particuliers. L'Italie s'est pour sa part signalée par des retards de remboursement significatifs vis-à-vis de ses citoyens.
 Les droits au travail (Chypre, Grèce, Irlande, Portugal)
Dans les quatre pays, c'est la négociation collective qui a été fragilisée. À Chypre, les mesures d'austérité ont été imposées sans consultation avec les syndicats. Au Portugal, une loi a été introduite pour diminuer le pouvoir de négociation des travailleurs. Le même gouvernement portugais a pris des mesures impactant le droit aux vacances, forçant les salariés à travailler sept jours de plus par an, sans augmentation de salaire.
 La liberté d'information (Grèce)
Ce droit est garanti par l'article 11 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne.
En juin 2013, le gouvernement grec (dont le pays occupe le 99ème rang mondial en matière de liberté de la presse) a fermé les chaînes de télévision et les stations de radio publiques, entraînant le licenciement de 2 700 salariés.
 Le droit à la sécurité sociale (Irlande, Portugal)
Ce droit est protégé par l'article 34 de la Charte européenne des droits fondamentaux.
Il a été fragilisé, en Irlande, par le coup de rabot porté aux allocations familiales et aux allocations chômage. Au Portugal, cela s'est manifesté par le gel de tous les dispositifs d'aide sociale et des pensions de retraite.
 Le droit à l'eau (Irlande)
Le gouvernement irlandais a instauré une taxe à la consommation d'eau, au-dessus d'un certain plafond.
 Le principe de non-discrimination des personnes vulnérables
Les droits fondamentaux des étrangers ont été impactés négativement en Belgique, du fait des restrictions budgétaires considérables en matière d'asile et d'immigration. Les discours de haine et les crimes raciaux (notamment vis-à-vis des Roms) se sont multipliés en Grèce, et le parti néo-nazi Aube Dorée a obtenu 17 sièges au Parlement aux élections législatives de 2015. Par ailleurs, de manière plus générale; les mesures d'austérité
accentuent les inégalités et touchent de manière disproportionnée les groupes vulnérables: étrangers, personnes handicapées, femmes, jeunes, personnes âgées, classes populaires, Gens du voyage, Roms.

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29 mars 2015 7 29 /03 /mars /2015 19:10
Premier tour des élections départementales 22 mars 2015 : nous n'avons pas limité la casse

La soirée électorale du 22 mars a pu paraître assez insaisissable en terme d'analyse électorale. France Télévision avec le concours de l'IFOP annonçait une nette victoire de la droite unie avec 36%, un Parti Socialiste avec ses alliés qui faisaient plus que sauver les meubles avec près de 28%, et un Front National qui aurait dû être déçu par le scrutin puisqu'il ne faisait que 24,5%.

Manuel Valls, premier ministre, intervenait dans la foulée pour se féliciter de cette troisième place du FN (« Ce soir, l'extrême droite, même si elle est trop haute, n'est pas la première formation politique de France. Je m'en félicite. »), signe selon lui de la résistibilité de la progression de l'extrême droite qu'il attribuait à sa stratégie d'affrontement frontal et moral contre le FN (« quand on mobilise la société, ça marche ! »), appeler au rassemblement de la gauche au second tour et au Front Républicain pour faire battre l'extrême droite.

Le Premier ministre s'attribuait également, au travers de l'implication de son gouvernement et de la nationalisation des enjeux du scrutin, en partie le recul de l'abstention.

Quelques minutes plus tard, Nicolas Sarkozy, président de l'UMP, reprenait en front inversé des arguments comparables à ceux du Premier ministre : l'union de la droite et du centre, comme alternative à la gauche, permet de contenir le Front National et le second tour doit réunir les conditions pour un basculement massif des départements vers la droite. En conformité avec le vote du bureau politique de l'UMP à l'occasion de la législative partielle du Doubs, il appelait l'électorat de droite à ne pas choisir entre la gauche et le FN, lorsque cette configuration existait, mais voter blanc ou à s'abstenir.

L'évolution des informations dans la soirée puis la publication des résultats définitifs du premier tour sont venus largement contrebalancer ces affirmations.

Difficultés pour comparer les taux d'abstention

La configuration du 22 mars 2015 est une première car le mode de scrutin pour l'élection des assemblées départementales a été largement modifié : vaste et nécessaire (si l'on voulait maintenir le scrutin uninominal) redécoupage électoral, parité et binôme de titulaires… les évolutions successives du calendrier électoral ont par ailleurs isolé ces premières élections départementales.

Aussi, si l'on se limite à comparer le taux d'abstention du 22 mars 2015 à celui du premier tour des précédentes élections cantonales en mars 2011, celui-ci a effectivement reculé passant de 55 à 49,8%, soit une baisse de 5 points. Cependant, il faut rappeler que les élections de mars 2011 ne se déroulaient que dans la moitié des cantons du pays et que la tenue des élections départementales en même temps dans tous les (nouveaux) cantons du pays ont sans doute aidé en soi à leur publicité.

Si l'on compare aux précédents scrutins cantonaux, la comparaison est bien moins flatteuse : 35% en 2008, 36% en 2004, 34,5% en 2001… à ceci près que les scrutins de 2008 et 2001 étaient couplés avec les élections municipales et que le scrutin de 2004 était couplé avec les régionales. Une seule élection locale s'est également retrouvée isolée dans un passé récent : les élections municipales de mars 2014 qui ont connu une abstention de 36,5% ce qui était déjà considéré comme très haut ; on pourra toujours expliqué que les maires sont les élus les plus populaires chez nos concitoyens, il semblerait que les élus départementaux qui sont pourtant très connus en province ne reçoivent donc pas la même notoriété.

Reste qu'il est donc plutôt hasardeux de faire des comparaisons sur l'évolution de l'abstention.

Le FN est-il ou non le premier parti de France ? Vers la consolidation de la tripartition…

À écouter entre les lignes des premiers responsables politiques et des commentateurs de la soirée électorale, le score du FN le 22 mars 2015 sonnait comme une relative défaite, déception, ou à tout le moins un coup d'arrêt porté à sa progression.

Il n'en est rien !

Pour s'y retrouver, il faut décomposer les résultats communiqués par le ministère de l'intérieur qui ne correspondent pas aux chiffres annoncés sur France Télévision en début de soirée, déjà largement différents de ceux présentés par les chaînes d'information en continu (cf. tableau ci-joint).

En effet, pour obtenir les 36,5% de l'UMP & alliés, il faut en effet additionner les résultats de tous les partis de droites classiques UMP, UDI, MODEM, Debout la France, et des binômes «divers droite». Si l'on se contente d'additionner les binômes UMP et les binômes «union de la droite», le total n'atteint que 27,45% : or, dans le deuxième cas, certains binômes présentent des candidats centristes ou des binômes UDI-UMP dans des circonscriptions où c'est l'électorat centriste qui est dominant. C'est une minorité mais on ne peut pas conclure à une adéquation complète des 27,45% à l'UMP. Le Parti de Nicolas Sarkozy est donc plus proche des 25% que des 27.

Les premières annonces sur France Télévision plaçaient le «PS & ses alliés» autour de 28% : pour obtenir ces projections et les corréler avec les résultats publiés par le ministère de l'intérieur, il faut additionner quatre dénominations : «binôme PS», «binôme union de la gauche», «binôme PRG» et «binôme divers gauche». Si l'on s'en tient aux trois premiers, le «PS & ses alliés» ne récoltent que 21,85% ; or dans les classifications du ministère de l'intérieur pour ce scrutin, on ne peut intégrer tous les «divers gauche» (6,8%) au score «PS & ses alliés», car ils intègrent les résultats de candidats divers gauche (sans étiquette, MRC, Nouvelle Donne, etc.) qui ont parfois été opposés au premier tour à des binômes PS ou «union de la gauche» ; d'autre part, certains tickets EELV-FdG sont également comptés «divers gauche» (ex. Grenoble). En conséquence, le score général du «PS & ses alliés» évolue entre 23 et 25%, alors qu'il s'élevait en mars 2011 à 31,8% soit une perte de 6,8 à 8,8 points.

La comptabilité du ministère de l'intérieur est par ailleurs contestée par le PCF qui considère que le total obtenu par les listes soutenues par le Front de Gauche s'élève à 9,4% et non 6,1% (lire le communiqué) – la différence devant se situer dans les «binômes divers gauche» ce qui renforce la démonstration selon laquelle le score PS se situe sous les 25% – et EELV (2,03%) qui tient à marquer une distinction dans les résultats réalisés par les candidats écologistes du fait de la faible présence sur le territoire de ce type de candidats : sur les 377 binômes EELV autonomes la moyenne de leurs résultats s'élèverait à 9,7% (moyenne qui monte à 13,6% en alliance avec le Front de Gauche – 448 cantons – et à 27% en alliance avec le PS – 157 cantons – exemples évidemment moins significatifs).

Enfin, le score du Front National peut-il être considéré comme décevant aux yeux de ses membres. Marine Le Pen ne semblait pas très affectée dimanche soir, même si des sondages avaient porté l'extrême droite jusqu'à 31%. De fait, les perspectives de gains de conseils départementaux restent identiques avant ou après le 1er tour : le Pas-de-Calais, l'Aisne, le Vaucluse et le Var (nous y reviendrons).

En termes de pourcentages et de nombre de suffrages recueillis, le FN n'a pas à s'inquiéter d'un risque de coup d'arrêt : à lui seul, il récolte 25,19% des suffrages exprimés et surtout 5 108 066 voix ; pour mémoire, il avait réalisé 24,85% et recueilli 4 711 339 voix aux élections européennesdu 25 mai 2014. Entre les deux scrutins, il a donc à nouveau progresséde 0,34 point et surtout de près de 400 000 voix, la progression en pourcentage étant réduite du fait d'une abstention moindre aux départementales qu'aux européennes  avec 57% (cf. tableau ci-joint).

De fait, le FN a finalement pâti de l'abstention comme les autres partis. Si on pouvait effectivement s'attendre à un score plus faible pour le PS, le rebond de la participation – qui est sans doute dû à la nationalisation/médiatisation du scrutin dans les derniers jours de campagne – ne lui a profité que dans les territoires où son implantation était ancienne comme la Haute-Garonne ou les Landes.

En conclusion, à défaut de déterminer clairement quel est le premier parti de France à l'issue du 1ertour de ces élections départementales, nous nous retrouvons avec une UMP et un FN légèrement au-dessus de 25% et un PS entre 23 et 25%. Un tripartisme qui si l'on n'y prend pas garde pourrait se consolider avec le temps. La différence entre ses trois partis autour de 25%, c'est leur capacité à trouver des alliés et des réserves de voix, pour l'emporter au second tour ou constituer des coalitions. L'UMP semble sur ce scrutin avoir démontré sa capacité à réunir les intérêts bien entendus de la droite et du centre pour reconquérir des collectivités qu'ils avaient perdu ; le PS peut retrouver cette capacité mais elle lui fait cruellement défaut aujourd'hui. Le total des voix de gauche fait aujourd'hui 36,84% contre 36,56% pour la droite classique et 25,26% pour l'extrême où le FN ne peut compter sérieusement que sur la Ligue du Sud de Jacques Bompard pour passer des accords. Le cœur de la majorité sur laquelle s'appuie aujourd'hui le gouvernement Valls 2 ne dépasse pourtant pas 28% dans ce premier tour.

L'important, c'est le troisième tour

Le second tour n'a pas encore eu lieu, pourtant on peut déjà commencer à écrire la liste des conseils généraux qui risquent de changer de camp. Et pour renforcer l'idée que le PS ne limite pas tant que cela la casse, on peut noter qu'entre 500 et 520 des binômes qu'ils soutenaient (PS, union de la gauche) ont été élimés au soir du premier tour. En ajoutant, ceux où le PS n'était pas en capacité de présenter un candidat (!?), ceux où il a choisi de pas présenter de candidats contre des binômes de gauche, ou encore ceux où la droite ou le FN sont élus dès le premier tour, c'est plus de 750 cantons sur 2054 (en France métropolitaine) où le «PS & ses alliés» sont absents pour le second tour.

Il y a par ailleurs une incertitude dans la manière dont la consigne de Manuel Valls et Jean-Christophe Cambadélis de faire barrage au FN et de privilégier un désistement en faveur du binôme « républicain » : dans certains territoires le retrait des binômes PS était encore possibles.

Au regard des résultats du premier tour, tout en espérant une mobilisation en faveur de la gauche au second tour, voici les départements qui ont toutes les chances de basculer de gauche à droite lors de l'élection du président du conseil départemental :

  1. Nord

  2. Pas-de-Calais

  3. Somme

  4. Aisne

  5. Oise

  6. Eure

  7. Seine-et-Marne

  8. Allier (PCF)

  9. Cher

  10. Territoire de Belfort

  11. Doubs

  12. Jura

  13. Ain

  14. Drôme

  15. Vaucluse

  16. Bouches-du-Rhône (DvG)

  17. Corrèze

  18. Pyrénées- Atlantiques

À cette première liste, il faut en ajouter une autre, celle où le maintien de la gauche est plutôt incertain :

  1. Essonne

  2. Val-de-Marne (PCF)

  3. Seine-Saint-Denis

  4. Deux-Sèvres

  5. Indre-et-Loire

  6. Isère

  7. Gard

  8. Hérault

  9. Pyrénées-Orientales

  10. Tarn

  11. Meurthe-et-Moselle

  12. Côtes-d'Armor

  13. Haute-Saône

  14. Charente

  15. Creuse

Enfin, quelques autres départements peuvent encore être sujets à un accident politique :

  1. Nièvre

  2. Gironde

  3. Ardèche

  4. Finistère

C'est évidemment l'UMP, et dans une moindre mesure l'UDI, qui bénéficiera de ce basculement qui s'annonce massif. Pour mémoire, je vous indique ici le tableau de l'évolution des présidences de conseils généraux depuis 1994 :

  2011-2014 2008 2004 2001 1998 1994
PCF 2 3 2 3 3 2
PS 49 49 41 28 24 16
PRG 4 3 4 4 5 3
DvG 4 3 4 5 4 4
DvD 5 4 6 9 7 8
centre et libéraux 13 9 11 27 30 33
RPR – UMP 24 31 34 26 29 36

Mais la capacité du FN à emporter des dizaines de conseillers départementaux et peut-être quatre à cinq présidences de conseil départemental (Pas-de-Calais, Aisne, Vaucluse, Var et peut-être Gard) est lourd de menace, car une telle implantation locale inédite serait de nature à multiplier sa capacité de propagande et de conquête à deux ans de l'élection présidentielle.

Au regard de cette perspective et en tenant compte du fait que le FN est en tête dans 43 départements, on peut s'interroger sur la pertinence à ériger Manuel Valls comme rempart efficace contre l'extrême-droite, alors même que la carte de la progression du vote FN correspond peu ou prou à celles du chômage et de la précarité que la politique économique actuelle du gouvernement ne permet en rien de faire reculer.

Frédéric Faravel

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20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 16:39

Carte-cantons-Argenteuil.jpgL'inénarrable Olivier Régis nous avait déjà largement distraits durant la campagne des élections municipales l'an passé. Militant sarkoziste valdoisien, carte d'adérent de l'UMP en main, il tentait de se présenter comme un candidat UDI, posant aux côtés d'un ancien boxeur international dont tout le monde a oublié le palmarès (beau message aux électeurs : « votez pour moi sinon vous le prendrez dans la g... »), et faisait preuve d'un excès verbal bien peu cohérent avec la modération qui devrait convenir à un centriste : ainsi avait-il comparé la situation de la ville de Bezons aux combats de la place Maïdan de Kijev (Ukraine) et la municipalité (assez modérée) PCF-PS à la Roumanie de Ceaucescu ou à la Russie néo-impériale de Vladimir Poutine (au demeurant, on cherche encore ce qu'il y a de communiste en Poutine, mais que voulez-vous, qu'importe le flacon quand on sombre dans l'ivresse de la campagne). On s'étonne qu'à l'époque il n'ait pas poursuivi dans la même veine en dénonçant en Michel Campagnac, l'éternel candidat de Lutte Ouvrière, le digne successeur des « sanguinaires » soldats de l'Armée Rouge conduits par Léon Trotsky, et lui-même en nouveau Général Denikine, pressé de rétablir un tsarisme débonnaire sur les rives de la Seine.

Le MODEM, parti de François Bayrou (oui rappelons le car ils ont disparu des écrans radars), avait hésité à le soutenir durant la campagne municipale, ne se résolvant à le faire qu'après avoir perdu Arnaud Gibert, son seul représentant local devenu colistier du maire communiste Dominique Lesparre et de ses alliés socialistes. Mais il faut croire que les dérapages multiples du personnage ont échaudé ce parti habitué aux platitudes puisque le MODEM du Val-d'Oise a exigé qu'il retire de ses documents de campagne pour les élections départementales le logo que l'UMPiste local s'était arrogé sans les consulter. Qu'à cela ne tienne, il y figure toujours en bonne place, et il est peu probable que le MODEM aille courageusement au bout de ses menaces et lui colle un procès. Mais, rappelons le bien haut et fort, Olivier Régis ment … sur tout et à tout le monde. Illustrations.

Un slogan de campagne pas piqué des vers

Depuis la réforme du mode de scrutin (2013) dans les départements, la géographie électorale a été quelque peu bousculée. Bezons n'est plus un canton-ville et s'est vu adjoindre le quartier du Val-Notre-Dame, partie de la commune d'Argenteuil, sans doute à l'époque dans le but de compliquer la tâche au conseiller général communiste sortant et maire de Bezons.

Ainsi, le slogan des candidats UMP – Olivier Régis, conseiller municipal de Bezons, et Rizlaine Oujjat, adjointe au maire d'Argenteuil – pourrait faire croire à la platitude totale si l'on ne tenait pas compte du contexte politique territorial. En effet, Régis et Oujjat sont donc « Unis pour défendre Argenteuil et Bezons ». Quoi de plus anodin quand il faut associer deux territoires communaux et tenter de défendre un programme local commun dans l'optique des élections départementales ?

Sauf que... Vexé de n'avoir pas été désigné en avril 2014 Président de la communauté d'agglomération d'Argenteuil-Bezons, le revanchard maire UMP d'Argenteuil Georges Mothron s'est décidé à briser un outil au service des habitants et à dépouiller un peu plus son adversaire municipal [la franche victoire de la gauche aux municipales à Bezons a compensé la victoire étriqué de la droite à Argenteuil, donnant ainsi une courte majorité au PS et au PCF au conseil communautaire et permettant le maintien de Philippe Doucet – député PS et candidat malheureux à sa réélection à la mairie d'Argenteuil – à la présidence. Les représentations des deux communes au conseil communautaire avaient pourtant été avalisé en 2001 par Monsieur Mothron, mais la démocratie et ce qu'il avait décidé auparavant ne semblent plus lui convenir].

C'est la raison essentielle pour laquelle la municipalité d'Argenteuil a décidé de rejoindre à marche forcée, sans aucune analyse des intérêts de la commune, de l'agglomération et surtout de leurs habitants, la Métropole du Grand Paris, usine à gaz dont on doute encore de la pertinence en l'état et dont le premier résultat concret sera d'amoindrir la capacité des Départements et de la Région à agir pour les Franciliens. Georges Mothron avait-il des arguments que nous aurions éludés pour asseoir ce ralliement ? Non aucun : son principal intérêt était de briser l'agglomération d'Argenteuil-Bezons, qu'il avait pourtant fondé avec Dominique Lesparre, pour dépouiller de tout pouvoir local Philippe Doucet, sachant parfaitement que la municipalité de gauche bezonnaise avait affirmé à juste titre et à plusieurs reprises dans s'embarquer dans la galère du Grand Paris.

Ainsi, Olivier Régis fait campagne « pour défendre [unis] Argenteuil et Bezons » avec une adjointe de Monsieur Mothron qui a décidé de détruire l'outil commun des deux villes. Voilà qui est savoureux. Les conséquences de ce choix politicien ne s'arrête pas là : isolée du reste du Val-d'Oise par la désertion d'Argenteuil vers des horizons incertains, la ville de Bezons se retrouve rejetée vers une communauté d'agglomération des Yvelines dominée par des municipalités UMP. Nonobstant leur orientation politique conservatrice, il n'est cependant pas dit que les élus de droite de la Communauté d'agglomération de la boucle de la seine soient aussi farfelus et irascibles que le sont Messieurs Régis et Mothron. À court terme, donc Bezons pourrait y gagner au change. Cependant, le premier ministre Manuel Valls et ses opposants de droite considérant que la Métropole du Grand Paris a vocation à moyen terme à remplacer les départements, la Ville d'Argenteuil pourrait donc prochainement abandonner le Val-d'Oise et la Ville de Bezons serait contrainte d'intégrer le département si progressiste et solidaire des Yvelines. On comprend mal comment Monsieur Régis, complice de cette entreprise de démolition, peut ainsi prétendre avec colistière représenter Argenteuillais et Bezonnais au futur conseil départemental du Val-d'Oise, alors que toute son action vise à soustraire les territoires et les habitants dont il sollicite les suffrages à cette collectivité !? Décidément, Olivier Régis doit avoir un sens de l'humour qui m'échappe. On pourrait à la rigueur en rire si les conséquences n'étaient aussi négatives pour les Bezonnais. Car ce n'est pas encore fini !

« Non à la privatisation d'AB-Habitat ! » : on se pince !

Olivier_Regis_UMP_19-02-2015_ABH_recto.jpgDepuis quelques jours, notre sinistre clown UMP diffuse dans Bezons un nouveau tract dans lequel il dénonce la décision de Dominique Lesparre, président d'AB-Habitat – Office HLM d'Argenteuil et Bezons – et de Philippe Doucet, président de la communauté d'Agglomération d'Argenteuil-Bezons (CAAB), de vendre ABH. Grave accusation à l'encontre de deux élus de gauche, dont les convictions sont connues en faveur du service public de l'habitat.

Ce serait risible si Olivier Régis n'était à nouveau complice de Monsieur Mothron dans l'opération de mise à mort de l'agglomération... qui implique forcément l'implosion de l'office HLM qui lui est lié ! En effet, avec la fin de la CAAB, ABH telle qu'elle existe aujourd'hui devra elle-même se transformer sous peine de se dissoudre. Ce sont donc Messieurs Régis et Mothron qui place l'office HLM dans une situation intenable et créent une grave insécurité pour les agents d'ABH et surtout ses locataires.

On connaît par ailleurs les penchants avoués de la droite pour la vente par morceaux du patrimoine des offices HLM afin de créer une mythique et improbable « France des propriétaires », voir Olivier Régis se muer en défenseur du service public de l'Habitat n'est pas sans un certain effet comique. Jouant au passage sur les peurs du personnel de l'office et de ses représentants CGT, le conseiller municipal minoritaire vitupère donc contre la « privatisation d'ABH », la menace pour les 11 000 familles locataires à travers l'augmentation des loyers qui en résulterait, les menaces contre l'emploi public ; au passage, un sous-titre annoncent « plus de 500 emplois en danger ! », quand le paragraphe qui le suit n'évoque plus que « l'emploi des 140 agents » d'ABH, Monsieur Régis doit être fâché avec les chiffres ou ne relit pas ses tracts... ou les deux. Bref, un véritable brûlot contre les projets politiques de l'UMP pour la France !

Olivier_Regis_UMP_19-02-2015_ABH_verso.jpgEncore une fois, au-delà des délires du candidat, ce tract est un tissu de mensonges. Il serait simple de répondre que la première manière pour Monsieur Régis et ses maîtres de l'UMP Argenteuil de protéger les locataires et les agents d'ABH était de mettre fin au projet fou de rejoindre la Métropole du Grand Paris. Mais l'orgueil de notre voisin revanchard est au-dessus de cela.

Donc Messieurs Lesparre et Doucet ont proposé une solution qui permet de protéger les agents et les locataires d'ABH de la dissolution, de l'absorption et de la privatisation, que leur aurait sinon fait subir les avanies de l'UMP. Un projet de transformation d'ABH en Société Coopérative HLM a été mis sur la place publique ; il n'a pas encore été compris par les représentants CGT du personnel mal informés, mais il représente de très nombreux avantages :

  • protéger ABH de l'absorption par Val-d'Oise Habitat (VOH, présidé par Georges Motrhon) dont on connaît la politique antisociale depuis que le Département du Val-d'Oise est à nouveau dirigé par une majorité conservatrice et réactionnaire ;

  • conserver ABH dans un giron para-public, puisque les sociétés coopératives appartiennent au secteur de l'économie sociale et solidaire et sont connues pour leur pratique éprouvée de la participation des agents et des locataires ;

  • maintenir le niveau de loyer à un niveau abordable ce qui est absolument vital pour une commune comme Bezons, dont la très grande majorité des habitants appartiennent aux classes populaires ;

  • conserver une capacité de développement, ce qui est impératif au regard des besoins en logement des habitants et s'oppose à la logique malthusienne de VOH ;

  • offrir un droit d'option pour les agents d'ABH qui sont fonctionnaires, qui pourront ainsi le rester en rejoignant les collectivités locales, celles-ci pouvant les mettre à disposition de la nouvelle société coopérative HLM ;

  • garantir aux agents contractuels d'ABH, qui sont la grande majorité, une amélioration de leur condition de travail, de gestion de carrière et de rémunération (salaire brut ET régime indemnitaire).

Ainsi, confronté aux faits et à la réalité, le nouveau torchon d'Olivier Régis de se binôme argenteuillaise ne tient pas 30 secondes. C'est un nouvel épisode dans la série des mensonges éhontés auxquels ce mauvais comique nous a tristement habitué.

Ainsi, à défaut d'apporter un cadre territorial et démocratique durable pour Bezons (cf. les perspectives de quitter le Val-d'Oise à cause des délires de Monsieur Mothron et de son complice bezonnais), les élections départementales des dimanches 22 et 29 mars 2015 offrent une nécessité impérieuse : faire battre un candidat UMP qui ment depuis des années à ses concitoyens.

À défaut d'avoir su faire la nécessaire union autour du conseiller général sortant, qu'était Dominique Lesparre, les partis de gauche et de centre-gauche (PCF, PS, MUP et FDES) offrent un éventail de possibilité variées qui permettent de décliner sur tous les modes et pour toutes les sensibilités sa manière de dire NON à Olivier Régis et de lui signifier définitivement la fin de bail politique à Bezons. Les 22 et 29 mars, tout doit être fait pour faire battre ce sinistre personnage et conserver ce canton pour la gauche.

Val-d_Oise_solidaire.jpgMes convictions et mes engagements sont connus, je n'ai pas besoin de les préciser à nouveau. Mais, quels que soient vos inclinaisons personnelles, la défaite de Messieurs Régis et Mothron est une priorité absolue.

 

Frédéric FARAVEL

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12 mars 2015 4 12 /03 /mars /2015 11:13

laicite.jpgComme beaucoup de socialistes, j'ai découvert avec stupéfaction ce samedi 7 mars, après une alerte du site egale.eu l'existence d'un communiqué de presse publié le 26 février dernier par Laurent Dutheil, secrétaire national du PS à la laïcité, qui promeut notamment :

 

"- La création d’une instance de dialogue avec les représentants de l’islam de France ;

- Le développement de l’enseignement privé confessionnel musulman;

- L’incitation à l’édification de nouveaux lieux de culte.

En outre, le Parti socialiste approuve la création d’une Fondation pour « promouvoir les réalisations de l’islam de France »."

Ce communiqué visait à apporter son soutien aux annonces du Ministre de l'intérieur Bernard Cazeneuve lors du Conseil des ministres du 25 février 2015, relatives à la promotion du dialogue avec l’islam en France et approuve ses propositions pour l’exercice de la liberté de religion dans le respect des règles de la République. L'auteur du communiqué se félicite de la convergence d’analyses avec le gouvernement dans ce domaine et se réjouit que les mesures que ce dernier a dévoilé, reprennent largement celles du rapport sur la «Cohésion républicaine», feignant de croire que ce dernier s'en soit inspiré. Il y voit "une initiative sans précédent de concorde nationale" et dénonce ceux qui instrumentalisent la laïcité et encourage son dévoiement. Cet argumentaire jésuitique est proprement consternant : en effet, comment ne pas voir et ne pas comprendre que ces propositions sont en contradiction avec le caractère laïque de notre République ? Comment peut-on prétendre renforcer la cohésion républicaine en appelant à toujours plus de repli communautaire ? Comment imaginer que la concorde nationale soit renforcée en renvoyant nos concitoyens de culture musulmane, ou supposée telle du fait de leur couleur, de leur nom ou de leur origine géographique, à un essentialisme confessionnel au lieu de les intégrer pleinement dans l’école publique laïque ?

 

La République française n'est pas neutre, elle est laïque ! Ce n’est pas à l’Etat d’inciter à la création d’établissements privés, financés sur fonds publics, qu’ils soient musulmans ou autres. Sans même parler qu'en période de contraintes budgétaires, qu'avec mes camarades socialistes je combat par ailleurs, cela reviendrait en outre à ponctionner les financements destinés à l’enseignement public.

On ne peut donc que désapprouver totalement de telles propositions qui me paraissent en contradiction avec ce qu'ont toujours défendu les socialistes : la priorité absolue à l'école publique laïque, la stricte séparation des Églises et de l'Etat qui permet la liberté de conscience et l'émergence d'un espace public libéré de la pression religieuse.

Ce communiqué pour le moins tendancieux est passé inaperçu au regard des conséquences de l'actualité législative après l'adoption forcée du projet de loi Macron. Il est étonnant que la parole publique du Parti socialiste n'ait pas été l'objet par sa direction d'un contrôle plus sérieux au regard de l'importance du sujet.

portail_solferino.jpgDe la même manière, il n'est pas acceptable que le pré-rapport du groupe de travail "cohésion républicaine", sur lequel s'appuie Laurent Dutheil pour soutenir son communiqué, puisse être considéré comme la parole du PS : une présentation d'étape liminaire, qui n'est pas allée au fond et qui ne pouvait appeler à aucune réaction dans une salle inattentive et uniquement concentrée dans l'attente de l'intervention du Premier ministre, devant le rassemblement national des Secrétaires de section le 1er février n'est en rien une validation politique par les instances du parti. Il est par ailleurs choquant et lamentable que le secrétaire national à la laïcité ait voulu se prévaloir de la signature des membres de son groupe de travail sans leur soumettre le contenu de ce pré-rapport : plusieurs responsables socialistes (et non des moindres, puisqu'il s'agit de députés ou de secrétaires nationaux) ont depuis contesté avoir été informés du contenu de ce pré-rapport et donc y avoir donné leur accord, indiquant qu'ils avaient pris connaissance du communiqué et du pré-rapport par les réseaux sociaux ce 7 mars ; c'est d'autant plus criant que certains comme Emmanuel Maurel, député européen, et principal animateur du courant de gauche du Parti socialiste, ont toujours exprimé des positions claires et diamétralement opposées à celles que prétend imposé sans légitimité aucune le Secrétaire national à la Laïcité du PS.

Sur le fond et sur la méthode, il devra donc s'expliquer devant les instances du PS. Je ne peux imaginer tant les faits et les propos sont accablants qu'il puisse rester un jour de plus dans ses fonctions une fois que les instances du parti auront examiné cette situation.

Plus largement, la direction du Parti Socialiste doit clairement se remettre en cause : comment imaginer que le communiqué de presse mis en cause puisse encore rester en ligne sur son site officiel ? comment imaginer qu'elle reste sans réagir au regard des dysfonctionnement qu'elle a permise en son sein ? comment dans le même peut-il laisser passer chez certains de ses parlementaires des appels à mettre en oeuvre les statistiques ethniques et l'attribution des logements sociaux sur cette base, alors qu'il n'a eu de cesse de menacer ceux qui lui rappeler quels avaient été nos engagements de campagne en terme de politique économique et sociale ?

Mais au-delà, il est nécessaire d'interpeler notre gouvernement, qui jusqu'ici pourtant avait plutôt été exemplaire dans sa manière d'aborder les conséquences des attentats tragiques du début du mois de janvier et dans la réaffirmation des valeurs républicaines et laïques au coeur de notre société, au regard des annonces du Ministre de l'intérieur : ce n'est pas à l'Etat d'organiser une confession, ce n'est pas à l'Etat de soutenir des fondations pour faire la promotion d'une religion, ce n'est pas à l'Etat d'encourager le développement de l'enseignement confessionnel.

nouveau-logo-psAlors que nous entendons chaque jour des admonestations et des injonctions à l'égard des Français et tout particulièrement du peuple de gauche à se mobiliser et à faire barrage par leur vote à la progression électorale de l'extrême droite, abstraction faite de tout débat sur la nature et la portée de la politique économique et sociale du gouvernement qui nourrit largement la désespérance de nos concitoyens et donc l'absention et le vote FN, ces annonces et la confusion qui en résulte sont un mauvais coup porté aux candidats socialistes et même à toute la gauche à deux semaines du premier tour d'élections départementales qui s'annoncent plus que difficiles. Comment imaginer que les réseaux laïques ne soient pas atteints la confiance qu'ils portaient encore aux candidats du parti du gouvernement ? sans parler des cris d'orfraie du PRG et du MRC, qui mettent un peu plus à mal la cohésion d'une majorité parlementaire déjà largement rétrécies. Espérons que les rappels à l'ordre des responsables socialistes qui ont dénoncé cette situation ubuesque suffisent à éteindre provisoirement l'incendie.

Il ne fait pas de doute qu'une fois passées les élections départementales, il faudra remettre cette question au coeur du débat politique et socialiste. On s'en serait pourtant bien passé.

Frédéric FARAVEL

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24 février 2015 2 24 /02 /février /2015 16:49

Fabien Escalona et Nicolas Gonzales - Slate.fr 24.02.2015 - 7 h 25 mis à jour le 24.02.2015 à 8 h 53

grecesyriza.jpgLes commentaires sur l’accord entre la Grèce et l’Eurogroupe ont transformé la défaite provisoire de Syriza en déroute définitive. Il faudra pourtant plusieurs mois pour savoir si c’est vraiment le cas.

Depuis l’arrivée de Syriza au pouvoir en Grèce, deux logiques s’affrontent au sein de la zone euro, sur les plans à la fois économique et politique.

D’un côté, les membres de l’Eurogroupe conditionnent leur soutien financier à une consolidation budgétaire drastique et à des «réformes structurelles» allant dans le sens d’une déréglementation des marchés des biens et du travail. De plus, les autorités européennes affirment que les choix démocratiques d’un peuple ne peuvent pas contrevenir aux traités européens, ni aux exigences des créanciers publics d’un pays. En somme, quels que soient les choix politiques du peuple grec, il lui est dénié la possibilité de rester dans la zone euro et d’y mener des politiques alternatives, sous peine de blocus financier et monétaire.

De l’autre côté, face à ce que l'économiste Cédric Durand et le sociologue Razmig Keucheyan n'ont pas hésité à qualifier de «césarisme bureaucratique», le nouveau gouvernement grec a pour priorité de mettre fin aux conséquences désastreuses de l'austérité qui ravage le pays depuis plusieurs années. Syriza veut éviter de déprimer l’activité par une politique budgétaire trop restrictive et entend réformer son Etat et son économie d’une manière qui ne pénalise pas davantage les citoyens ordinaires. En outre, le parti conteste que la souveraineté nationale puisse être circonvenue par des autorités européennes sans véritable mandat populaire. Autrement dit, son rejet de «l’austérité permanente» cible à la fois sa rationalité économique et sa légitimité démocratique.

Attendu, le choc entre ces deux logiques s’est bien produit, alimentant le suspense de négociations tendues tout au long du mois de février. Plusieurs économistes, dont Frédéric Lordon, avaient prévenu que le gouvernement Tsipras n’aurait d’autre choix que de se soumettre ou de se démettre, en raison de l’intransigeance prévisible de la position allemande. Et de fait, l’Allemagne, en position de domination géo-économique dans la zone euro, a bien cherché à anéantir tout programme alternatif aux mémorandums imposés par la fameuse Troïka (UE, BCE, FMI) à Athènes.

Cette logique du «tout ou rien» nécessite cependant d'être nuancée.

Premièrement, la position allemande recèle plus de nuances qu’il n’y paraît. La ligne du ministre des Finances Wolfgang Schäuble semble manifestement plus dure que celle d’Angela Merkel ou des sociaux-démocrates de sa coalition, ces derniers hésitant manifestement à assumer le risque énorme que représenterait la fin de «l’irréversibilité» de l’euro.

Deuxièmement, un autre acteur à prendre à compte est justement la Banque centrale européenne, dont l’existence est liée à la zone euro. Malgré son coup de force du 4 février dernier, la perspective d’un démembrement de l’Union économique et monétaire (UEM), fut-il circonscrit, n’est certainement pas dans son intérêt.

Troisièmement, au directoire de la BCE comme dans l’Eurogroupe, les représentants n’ont pas de droit divin, et doivent convaincre de leur ligne les autres Etats membres.

Une défaite relative, un bras de fer à plus long terme

L’accord trouvé samedi 20 février, dont le détail a été bien décrit par Romaric Godin dans La Tribune, semble pourtant donner raison à ceux pour qui la victoire d’un camp et la défaite de l’autre seraient forcément totales. Tandis que des voix, à l’extrême-gauche, ont crié à la trahison de Syriza (qu’elles avaient prophétisée, car elles prophétisent les trahisons de tout gouvernement non révolutionnaire), des journalistes sensibles à la conception allemande de la zone euro n’ont pas manqué non plus de savourer la supposée capitulation du gouvernement grec.

Cette interprétation de l’accord n’est cependant pas la seule possible. Sans partager, faute d’informations et de conviction intime, la thèse d’un savant calcul de Alexis Tsipras et Yanis Varoufakis pour mieux faire exploser le consensus de Bruxelles dans quatre mois, plusieurs observations peuvent être faites.

(1) Le nombre et la nature des concessions faites par Athènes consistent bien en une défaite face à la logique de l’Eurogroupe. Aucune restructuration de la dette n’est envisagée, des impératifs draconiens d’excédents budgétaires s'imposeront à nouveau à partir de 2016 et les réformes souhaitées par Syriza feront toujours l’objet d’une forme de surveillance de ses créditeurs. Wolfgang Schäuble a eu ce qu’il voulait: la poursuite du programme d’aide existant, moyennant quelques aménagements.

(2) Toutefois, un certain nombre de différences avec une extension à l’identique de ce programme sont notables. Le gouvernement grec retrouve une autonomie dans la définition des mesures qu’il souhaite mettre en œuvre pour respecter ses engagements. L’approbation de sa politique par ses créditeurs s’apparente certes à une forme de «souveraineté limitée», mais c’est déjà un progrès. De plus, le pays obtient de respirer pendant quelques mois: il pourra faire face à ses engagements immédiats sans que ses banques se voient couper l’accès au refinancement, et les exigences d’un excédent primaire pour 2015 seront revues à la baisse.

(3) Surtout, chacun des acteurs a «acheté du temps» plutôt que remporté une victoire ou une défaite irréversible. En effet, dans quatre mois, les deux logiques mentionnées plus haut risquent bien de rentrer à nouveau en collision. Or, tout le monde avait besoin d’une trêve de quelques semaines (dont il faudra déjà voir si elle tient jusqu’à la fin de la semaine, Athènes devant présenter son programme d’action mardi).

Les dirigeants de la zone euro souhaitaient en effet ce répit. Ils ont d'ailleurs pris l’habitude, depuis la crise, de repousser sans cesse la résolution des contradictions de l'UEM. Ces compromis imparfaits ne renvoient pas tant à un caractère vélléitaire des élites européennes qu'à une erreur de diagnostic profonde sur les maux de la zone euro.

Le gouvernement grec, plus encore, avait un besoin vital de cette trêve. Il a en effet entamé les négociations avec pour perspective une éventuelle panique bancaire en cas d'échec; pour appui une opinion solidaire, mais toujours acquise à la monnaie unique; pour interlocuteur un Eurogroupe dont aucun des membres n’a véritablement appuyé sa cause; et pour instrument une administration pas forcément favorable, dont il est à la tête depuis un mois à peine. Dans ces conditions, il y a beau jeu de se gausser de «l’impréparation» de Syriza et de se scandaliser de «l’arrogance» de son ministre des Finances, qui n’a pas eu la décence de respecter l’étiquette des réunions européennes. Cela revient un peu à exiger d'un nouveau venu et déjà pestiféré de la cour d’école qu’il se rallie sa classe en quelques jours, tout en lui imposant une nouvelle façon de jouer à la récréation.

Pourquoi l'Allemagne a provisoirement pris le dessus

En résumé, les marges de manœuvre obtenues par Syriza sont minces, tandis que son affrontement  avec la logique de l’austérité permanente n’est pas terminé. Une bataille a été perdue dans un conflit qui se joue en fait à plus long terme. Certains économistes, au premier rang desquels Jacques Sapir, estiment d’ailleurs que la respiration obtenue par Athènes doit maintenant être utilisée par le gouvernement à préparer le pays à une sortie de la zone euro.

S’il semble finalement que Syriza devra bien se démettre brutalement ou se soumettre totalement, sa mise au pas est-elle pour autant certaine? Non, et c’est pourquoi les nuances que nous avons apportées plus haut n’étaient pas vaines. Si l’orientation «ordolibérale» de Berlin domine dans l’Eurogroupe, et si la ligne dure de Schäuble pèse très fortement dans l’orientation de Berlin, les seules règles écrites de la zone euro ne permettent pas de le comprendre.

D’une part, il faut prendre en compte des facteurs internes à l’Allemagne, qui incitent ses représentants à camper sur une position d’intransigeance. Depuis les élections générales de 2013, un parti conservateur anti-euro baptisé AfD a surgi dans le paysage allemand, et sa dynamique et sa capacité de nuisance électorale inquiètent la chancelière. Toute concession aux pays du Sud serait du pain bénit pour cet adversaire.

D’autre part, les dirigeants allemands ont procédé à une neutralisation de tous les adversaires potentiels à sa ligne. Berlin a su s’allier les riches Etats exportateurs du nord de la zone, mais aussi les Etats «périphériques», dont les exécutifs n’ont aucun intérêt à accorder des concessions que réclament des partis oppositionnels de leur propre pays. Enfin, la France et l’Italie sont tenues en respect par l’examen de leurs budgets par la Commission, elle-même obligée de ne pas heurter la première économie de l’UE. Où l’on voit les effets du traité «Merkozy», que François Hollande a renoncé à renégocier à son arrivée au pouvoir…

Au passage, tout ceci signifie que plusieurs des récits construits ces derniers mois n’avaient aucun rapport avec la réalité. Ainsi, «l’offensive rose» du centre-gauche, annoncées après les européennes de 2014, aurait dû venir appuyer les dirigeants de Syriza, repeints en paisibles sociaux-démocrates peu avant les élections de janvier. Cela ne s’est évidemment pas produit.

Ce que ces événements révèlent de la zone euro

De façon plus essentielle, ce diagnostic oblige à reconnaître qu’une politique alternative dans le cadre de la zone euro est devenue quasi impossible, du moins pour les Etats périphériques de cet ensemble. C'est ce que n'ont pas manqué de relever des responsables de l'aile gauche de Syriza, comme Stathis Kouvélakis.

Certains des obstacles dressés devant les espoirs d'un «bon euro» sont déjà connus. Il s'agit de la difficulté de modifier les traités dès lors que l'unanimité des 28 Etats membres est requise, du poids grandissant acquis par les institutions communautaires indépendantes dans le système européen, de la domination allemande dans le rapport de force économique et politique à l'intérieur de l'eurozone.

Mais le bras de fer engagé par Syriza a aussi illustré que le cadre des négociations lui-même pousse à des compromis insatisfaisant et peu durables. En effet, l'accord trouvé le 20 février est typique de ceux qu'a l'habitude de produire le système institutionnel européen. Faute de pouvoir trouver une solution satisfaisante pour tous, mais faute aussi d'assumer l'irréductibilité des logiques qui s'opposent, les acteurs négocient en défendant non pas leurs intérêts positifs, mais leurs intérêts négatifs: ils tracent alors des lignes rouges en tentant de rapprocher ensuite leurs positions respectives.

Le résultat final ne peut donc ni correspondre à la position exacte de quiconque, ni résoudre durablement les problèmes de fond. Alors qu'on passe d'un «sommet de la dernière chance» à un autre, jamais ne sont traitées les véritables contradictions de la zone euro, dont la crise grecque n'est qu'un sous-produit.

De fait, l'utilisation d'une même monnaie par un ensemble de pays aussi hétérogènes, en l'absence d'un puissant mécanisme de transferts des pays riches vers les pays pauvres, entraîne nécessairement la migration des capacités productives des seconds vers les premiers, de l'Europe du Sud vers l'Europe du Nord.

Ce processus, qui s'est déroulé tout au long des années 2000, a été renforcé par la politique de compétitivité menée par l'Allemagne à partir de la fin des années 1990. Le déséquilibre a été provisoirement compensé par une forte baisse des taux d'intérêts dans les pays du Sud de la zone. En contrepartie, une véritable bulle de l'endettement, public comme privé, s'est alors formée.

A cette crise de désindustrialisation et à cet endettement insoutenable, les autorités européennes ont répondu par des politiques d'austérité et des «réformes structurelles». Comme si, au-delà du  caractère pro-cyclique de ces mesures tant de fois dénoncé, on pouvait créer des usines en se contentant d'abaisser le coût du travail et de diminuer la dépense publique! Sans politique de monnaie faible, sans soutien actif de l'Etat aux entreprises pour l'innovation et la recherche, de tels remèdes aboutissent forcément à une chute de l'investissement et de la productivité.

La Grèce est donc la pointe avancée de la décomposition d'une union monétaire insoutenable dans son architecture actuelle, que les acteurs les plus puissants sont pourtant décidés à conserver, puisqu'elle sert jusqu'à présent leurs intérêts. Du temps est sans cesse acheté, mais en imposant des politiques économiques poussant dangereusement à la déflation. Ce n'est que dans les prochains mois que nous saurons si Syriza se conformera à cette logique, ou s'il finira par s'y dérober.

Fabien Escalona et Nicolas Gonzales

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24 février 2015 2 24 /02 /février /2015 16:47

21 février 2015

L’accord conclu le vendredi 20 février entre la Grèce et l’Eurogroupe suscite des commentaires contradictoires. Il faut, pour comprendre cet accord, et pour l’analyser, en resituer le contexte, à la fois dans le court et dans le long terme.

Un accord temporaire

Cet accord avait pour but d’éviter une crise immédiate. Le gouvernement d’Alexis Tsipras s’y était engagé. Une crise moins d’un mois après l’accession au pouvoir eut provoqué un chaos probable. De plus, cet accord mérite d’être regardé à la loupe. Il y a bien plus que ce qu’en dit Paul Krugman dans son billet pour le New-York Times[1]. En fait, la Grèce a obtenu plusieurs choses :

  1. La Grèce n’est plus obligée d’atteindre un excédent budgétaire primaire de 3% cette année. L’équilibre seul est exigé.
  2. Le « contrat » qui court sur 4 mois est explicitement désigné comme une transition vers un nouveau contrat, qui reste bien entendu à définir.
  3. La « Troïka » n’existe plus comme institutions, même si chacune de ses composantes continue d’exister. C’en est donc fini des équipes d’hommes en noir (men in black suits) qui venaient dicter leurs conditions à Athènes.
  4. La Grèce écrira désormais l’ordre du jour des réformes, et elle l’écrira seule. Les institutions donneront leur avis, mais ne pourront plus faire d’un point particulier de ces réformes une obligation impérieuse pour Athènes.

Un avantage plus discret est que le Gouvernement grec a brisé l’unanimité de façade de l’Eurogroupe et a obligé l’Allemagne à dévoiler ses positions. Mais, la Grèce a accepté de reconnaître – pour l’instant – l’ensemble de ses dettes. Il n’y a eu aucun progrès sur ce point, et aucun signe d’un changement d’attitude de l’Allemagne.

Un succès limité.

Mais, ce succès est limité. Dans 4 mois, fin juin, le gouvernement grec sera à nouveau confronté à l’Eurogroupe, et cette fois-ci, ce ne sera pas une négociation facile. Le gouvernement d’Athènes va proposer des réformes, et l’on peut penser que celles-ci vont faire peser le fardeau fiscal sur les privilégiés, et le contentieux avec l’Eurogroupe et l’Allemagne va encore grandir. De fait, l’Allemagne ne peut céder, ni non plus le gouvernement grec. Ceci implique que l’on va vers un nouvel affrontement, à moins que d’ici là se dessine une « alliance » anti-allemande. C’est ce qu’espère Tsipras, et sur ce point il a tort. Les gouvernements français et italiens sont en réalité acquis aux idées allemandes.

Et pourtant, l’idée d’utiliser les sommes allouées aux remboursements (intérêts et principal) pour relancer l’économie grecque, développer l’investissement, tombé à un niveau historiquement bas, a dus sens.

Graphique 1

Evolution des investissements en Grèce.

 A - Invest

La chute de la productivité (en sus de la production) est l’indicateur de l’échec fondamental de la politique d’austérité.

Graphique 2

Evolution de la productivité du travail en Grèce

 A -Prod du T

De même, prendre des mesures humanitaires d’urgence est fondamentalement juste, mais elle s’oppose frontalement avec la logique de créancier que défend l’Allemagne.

Se préparer à sortir de l’Euro.

Mieux vaut utiliser ces 4 mois gagnés de haute lutte pour se préparer à l’inévitable, c’est à dire à une sortie de l’Euro. Quelle que soit la stratégie de négociations de la Grèce, et celle conçue par son Ministre des Finances Yanis Varoufakis est excellente, il faut s’interroger sur le but de cette négociation. En fait, la Grèce ne peut obtenir des choses qui sont, dans le contexte politique actuel, contradictoires. Elle ne peut se dégager des dettes (d’au moins une partie) et garder l’Euro. Le paradoxe réside dans ce qu’une sortie de la Grèce de la zone Euro, par les effets induits qu’elle produira, mettra fin assez rapidement soit à l’Euro soit à la politique de Germano-Austérité. Mais, pour cela, la Grèce doit sortir de l’Euro.

Elle a 4 mois pour s’y préparer, pour convaincre la population qu’une telle issue est inévitable et qu’en réalité cette même issue constituera un progrès. Il est probable que cela implique aussi de changer de Ministre des Finance. Non que Yanis Varoufakis ait démérité, loin de là. Mais, il faudra bien annoncer la couleur et faire en sorte que la nouvelle stratégie de la Grèce soit prise au sérieux. La nomination d’hommes et de femmes connus pour leurs opinions négative quant à l’Euro serait un signal fort que l’on se prépare à un affrontement dans les meilleures dispositions.

[1] http://mobile.nytimes.com/blogs/krugman/2015/02/20/delphic-demarche/

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Published by Jacques Sapir - dans Europe
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