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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube.
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Gauche Républicaine & Socialiste

20 mars 2009 5 20 /03 /mars /2009 16:13
L'Evangile selon l'âge de pierre, par Caroline Fourest
LE MONDE | 20.03.09 | 14h09  •  Mis à jour le 20.03.09 | 14h09

uelle est la différence entre l'humanisme et la compassion ? L'humanisme se bat pour que les hommes marchent un jour à égalité. La compassion se penche vers eux pour leur tendre la main et se donner l'air humaniste, mais au fond elle ne croit pas à l'égalité. A qui faire la charité si cela marchait ?

Il existe des croyants humanistes, plutôt portés vers l'action en faveur de l'égalité. Et des croyants fatalistes, conservateurs, chez qui la compassion sert de substitut à l'humanisme. Parfois, le désir de contrôler, de dominer ou de dicter la morale a même dévoré la compassion.

Que penser de cet archevêque ayant excommunié une mère brésilienne pour avoir fait avorter sa fille de 9 ans, enceinte après un viol ? Ou de Benoît XVI visitant des malades du sida en Afrique, pour faire ses bonnes oeuvres, après avoir une fois de plus délégitimer les préservatifs ?

Le pape fait penser à une multinationale qui aurait laissé cramer une récolte en décrétant que l'eau ne serait pas la solution à l'incendie. Et qui, grand prince, une fois la terre brûlée, viendrait distribuer un petit sac de provisions à chaque habitant affamé en espérant être béatifié.

"Vous n'attendez tout de même pas que le pape dise qu'on doit mettre un préservatif !" Cette phrase, entendue mille fois pour justifier le conservatisme le plus inhumain, vient sans surprise de Christine Boutin, qui pratique une vision tout à fait charitable de la politique du logement.

Comme tous les catholiques conservateurs, Christine Boutin ne change pas. Elle aime ce pape parce qu'il ne change pas non plus. Quel dommage tout de même que cette passion pour la constance figée ne se contente pas d'admirer des statues... Le Vatican serait peut-être moins pétrifié.

Le monde bouge trop vite à son goût ? Qu'il se rassure. A force de mener croisade contre le féminisme et l'égalité, l'humanisme ne va pas si vite. La discrimination des femmes et des homosexuels se maintient à un score tout à fait honorable. Ils continuent d'être envoyés en prison, pendus ou lapidés. Parfois, c'est vrai, l'humanisme vient à bout du fatalisme. Au Danemark, les couples de même sexe vont pouvoir adopter. En France, Nadine Morano, ministre de la famille, propose d'aménager le statut du "beau-parent" pour toutes les familles, qu'elles soient recomposées ou homoparentales. Christine Boutin s'en inquiète. Vous ne vous attendiez tout de même à ce qu'elle applaudisse ! Une statue, c'est fragile. Un mouvement et elles se mettent à craquer.

Que les statues se rassurent. Il faudra encore quelques années avant que les couples de même sexe n'aient pas seulement les mêmes devoirs mais aussi les mêmes droits que les autres. Même si, reconnaissons-le, à force d'être en mouvement, la droite française a bien évolué sur ce sujet. Surtout quand on a en tête les cris d'orfraie qu'elle poussait lors du débat sur le pacs.

Dix ans plus tard, même la droite catholique est horrifiée par l'intolérance du pape. Preuve qu'on peut aimer les statues sans ressentir le besoin d'en poser une sur le trône de Pierre. Leur vigilance rassure. Allons au-delà. Rêvons d'un pape qui puisse un jour faire autre chose que donner des leçons de morale irresponsables et inhumaines. Pourquoi pas ?

Pourquoi le pape ne pourrait-il pas prôner le droit à l'amour, une sexualité déculpabilisée, donc épanouie et protectrice ? Pourquoi pas ne pas rêver à des religions renouant avec leur part d'humanisme au lieu de nous asséner leur part d'ombre dominatrice ? Pourquoi ne pas souhaiter des imams luttant contre le terrorisme avec des fleurs, des rabbins portant secours aux enfants de Gaza et d'un pape distribuant des préservatifs en Afrique.

La planète aurait-elle vraiment perdu ses repères ? Le monde serait-il englouti comme Sodome et Gomorrhe ? Ou est-ce maintenant, à force de voir des religieux jouer les statuettes de malheur, que le monde sombre.

Caroline Fourest
Article paru dans l'édition du 21.03.09

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18 mars 2009 3 18 /03 /mars /2009 22:21
j'ai écrit ça le 16 février au soir ; après les délires vaticano-camerounais de Benoît XVI cela me paraît d'autant plus d'actualité...
Fred


chers amis,
je vous écris après avoir écouté ce soir (une fois n'est pas coutume) "Le téléphone sonne" sur la question de la réintégration des 4 évêques de la Fraternité Saint-Pie-X dans l'Église Romaine.
Il m'apparaît important d'offrir aujourd'hui au désarroi des Catholiques d'Europe de l'Ouest, et plus particulièrement celui des Français, un débouché utile.
d'où la publication d'une lettre ouverte à suggérer à des figures majeures de l'oecuménisme et à des personnalités moins identifiées.
Le but de cette lettre ouverte serait de préparer une hypothèse gallicane faisant ouvrir une nouvelle phase à une oecuménisme blessé, alors que le Pape Benoît XVI a d'ores-et-déjà entamé une réaction impressionnante sur Vatican II.
Il s'agirait de rappeler ces premiers exploits de Cardinal effrayé par les conséquences de Vatican II, après les mouvements de libération socio-culturels du monde occidental dans les 70's. Sa sortie un an avant de devenir Pape sur l'incompatiblité pour les chrétientés non-catholique et non-orthodoxe avec le statut d'Église ; son choix ouvert de privilégier dans le dialogue inter-chrétien comme interlocuteur les éléments les plus retardataires de l'orthodoxie slave ; le rétablissement de la prière pour la conversion des juifs et celui de la messe en Latin ; les ambigüités provocatrices et les affirmations erronées sur immanence, transcendance et Raison face l'Islam dans son discours de Ratisbonne ; et enfin en parfaite cohérence avec tout ceci la poursuite à tout prix d'une réconciliation totale avec les intégristes, qui explique ces constants retours sur les acquis de Vatican II. Il semble que le Pape et avec lui la Curie ait choisi ce qu'il considère comme la meilleure voie du raffermissement du dogme romain par l'intégration de ces brebis galeuses, comme une tactique de reconquête par la foi en Europe.

Nous savons que les communautés de fidèles catholiques européens restent profondément attachés aux avancées de Vatican II, qu'ils ont choisi la voie de l'adaptation au monde et à la modernité, celle de l'acceptation des principes de 1789, de la voie oecuménique, du dialogue inter-religieux et de l'Humanisme.
Nous constatons qu'alors que le bilan de Jean-Paul II est globalement positif du point de vue de la vitalité et de l'ouverture du Catholicisme, il existe une continuité malheureuse avec l'actuel pontificat : la liquidation d'un catholicisme progressiste latino-américain - sous prétexte d'éradiquer la théologie de la Libération -, laissant la place à un conservatisme et parfois un fondamentalisme jugé plus apte de résister à la vague de conversions évangéliques (cf. les Légionnaires du Christ). Aujourd'hui l'Amérique latine est le théâtre d'un combat radical entre 2 fondamentalismes chrétiens, il ne produit dans cette terre principale de l'Église Romaine plus que des Papabile conservateurs, qui défendent une hypothétique pureté du dogme ; de l'autre côté, l'agressivité des fondamentalismes évangéliques apporte le 2e terme d'un affrontement globalisé de plus en plus violent.

Les Chrétiens d'Europe occidentales, issus des Églises catholiques, protestantes et anglicanes, ne peuvent que partager le même désarroi. Car aujourd'hui dans la pratique peu de choses séparent les fidèles à la base.
Créons ensemble une structure chrétienne nouvelle, fondé sur la pluralité théologique, à l'image de cette Église invisible - celle des âmes, si différente de l'Église visible des potentats humains -, qui soit capable de poursuivre ce travail de rapprochement oecuménique que ne permettent plus le Pape et la Curie romaine.
Ensemble nous ouvrirons les débats sur l'organisation des communautés, le célibat des prêtres, le rétablissement de la Communion réelle entre chrétiens, l'approfondissement du débat sur la grâce et les oeuvres et enfin la relance du dialogue religieux avec nos frères juifs et musulmans, pour la Paix des Hommes.
Frédéric Faravel

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17 mars 2009 2 17 /03 /mars /2009 16:20
Analyse
Le procès Colonna tourne à la parodie de justice, par Yves Bordenave
LE MONDE | 17.03.09 | 13h35  •  Mis à jour le 17.03.09 | 13h35

n box vide, des bancs de la défense désertés : la cour d'assises spécialement composée de Paris qui juge Yvan Colonna depuis le 9 février n'a plus que ses apparats. Elle s'apprête à décider de l'innocence ou de la culpabilité d'un homme qui risque la prison à perpétuité, en son absence et en celle de ses défenseurs. Depuis le 11 mars, date du départ de l'accusé et de ses avocats, les débats se poursuivent mais les dés sont pipés : que vaut une discussion judiciaire, lorsque le principal intéressé refuse d'y participer ?

Le président, Didier Wacogne, a beau continuer, feignant d'entendre les témoins selon une règle d'impartialité dont il serait désormais l'unique garant, rien n'y fait : le procès en appel d'Yvan Colonna, accusé d'avoir assassiné le préfet Claude Erignac le 6 février 1998 à Ajaccio, a sombré dans un simulacre de justice. Pourtant, il faut bien juger Yvan Colonna selon la loi, que celui-ci l'accepte ou non.

Reste à comprendre comment on a pu arriver à cette parodie qui entachera le verdict de manière indélébile. Le refus d'Yvan Colonna d'assister à son procès, au bout de cinq semaines d'audience, constitue l'aboutissement d'une chronique d'un départ annoncé. Le motif invoqué - le rejet d'une seconde demande de reconstitution - est un prétexte. La preuve, selon l'accusé et ses avocats, que cette cour formée de magistrats professionnels triés sur le volet par le premier président de la cour d'appel de Paris n'est pas là pour rechercher la vérité, mais pour condamner leur client "au nom de la raison d'Etat".

Dès le 17 février, Me Antoine Sollacaro, suivi de ses confrères Pascal Garbarini et Gilles Simeoni, avait quitté le prétoire "provisoirement" en signe de protestation. La cour avait différé sa décision concernant une demande de supplément d'information à la suite du témoignage de l'ancien secrétaire général adjoint de la préfecture de Corse, Didier Vinolas, selon lequel des suspects "couraient toujours dans la nature".

Les avocats avaient dénoncé une manoeuvre dilatoire et s'en étaient pris au président, Didier Wacogne, lui reprochant sa "déloyauté" et sa "partialité". N'avaient-ils pas surpris celui-ci en flagrant délit de mensonge, cinq jours auparavant ? En effet, le 17 février, lors de sa déposition, Didier Vinolas assurait en avoir préalablement informé le président Wacogne par lettre. Lequel ne l'avait pas communiquée aux parties, ni avant ni pendant l'audience. Il s'en est justifié de manière un peu piteuse : "Je n'ouvre pas mon courrier avant les débats."

Cette missive avait également été adressée au parquet général, qui l'avait transmise au président de la cour. Dès lors, il apparaît peu probable que, contrairement à ses assertions, celui-ci n'en ait pas pris connaissance. "J'ai le sentiment que lorsque M. Vinolas écrit, on veut ignorer ce qu'il écrit", s'était indigné Me Maisonneuve. En tentant de dissimuler cette lettre, Didier Wacogne n'a fait qu'accroître la défiance et la tension qui plombaient déjà cette audience.

Cet épisode a laissé des traces. La défense du berger de Cargèse a marqué des points, l'autorité du président s'en est trouvée durablement entamée et l'accusation affaiblie. A tel point que, spectatrice d'un procès qui partait à vau-l'eau, l'opinion, pourtant longtemps acquise à la culpabilité de l'accusé, a fini par basculer. Pour la première fois depuis sa cavale, le 24 mai 1999, Yvan Colonna bénéficie du doute qui a toujours assombri l'enquête liée à cette affaire. Aux yeux de l'opinion, l'ex-fugitif le plus recherché de France - "mort ou vif", avait lancé l'ancien chef de la DNAT, Roger Marion - pourrait ne pas être "l'assassin" que Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'intérieur, avait stigmatisé sous les applaudissements de la foule le 4 juillet 2003 à Carpentras (Vaucluse).

Du maquis où il s'est réfugié pendant quatre ans, comme du fond de sa cellule où il est incarcéré depuis six ans, Yvan Colonna a toujours clamé son innocence. Ses accusateurs, juges et policiers, n'ont jamais produit un élément matériel ou factuel qui le confonde sans contestation possible. Seuls les aveux des membres du commando et de leurs épouses obtenus en mai 1999, à l'issue de gardes à vue dont le déroulement a toujours été sujet à controverse, fondent sa mise en cause. Pas plus. Pas moins.

Près de deux années se sont écoulées avant que les premiers ne se rétractent. Les autres ont suivi, selon une discipline implacable et une spontanéité douteuse. Au fil de leurs rétractations, les conjurés n'ont jamais expliqué les raisons pour lesquelles ils auraient livré un innocent. Variables, imprécis et plusieurs fois modifiés, leurs récits sont si peu convaincants qu'ils en deviennent suspects. "Je ne comprends pas que vous ayez mis tant de temps à dire la vérité !", s'est étonné Yvan Colonna lors de leur venue à la barre.

Le 9 mars, devant la cour, Pierre Alessandri, qui s'est accusé d'avoir tiré sur le préfet, a suggéré que Colonna aurait appartenu à leur groupe mais qu'il se serait "déballonné". Personne n'a relevé. Ni l'accusation, ni la défense, ni Colonna, qui a changé de sujet. Dans quelques jours, la cour rendra son verdict. Celui-ci dira la vérité judiciaire. Approchera-t-elle la vérité simple ? A l'issue d'un tel procès, cette question hantera toujours les esprits.

 


Courriel : bordenave@lemonde.fr.
Yves Bordenave (Service Europe-France)
Article paru dans l'édition du 18.03.09

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17 mars 2009 2 17 /03 /mars /2009 16:17
OTAN : "Beaucoup de pays attendent de la France autre chose qu'un alignement"
LEMONDE.FR | 17.03.09 | 15h07

ierre-carole : L'intégration complète des armées françaises dans l'OTAN ne signifie-t-elle pas que, pour longtemps, la France renonce à promouvoir une force de défense européenne commune et indépendante ?

 

Hubert Védrine : C'est tout le débat. Le président de la République nous dit que de l'intérieur il va pouvoir faire avancer ce projet. La plupart des opposants ou des critiques en doutent énormément, compte tenu de l'expérience qu'on peut avoir de la politique américaine, du poids du Pentagone et du fonctionnement de l'OTAN.

Cela dit, pour être honnête, il faut rappeler que le projet de défense européenne se heurte déjà à beaucoup d'obstacles, le premier étant qu'il n'y a pas de vraie volonté chez les autres Européens pour promouvoir une défense européenne. Ils craignent que ça ne fasse double emploi avec l'OTAN, ils n'ont pas envie de dépenser plus pour la défense, et ils n'ont pas forcément envie de prendre plus de responsabilités. Donc il faut reconnaître que ce projet est difficile à mettre en œuvre, que l'on soit ou non dans le système intégré. Mais on a du mal à comprendre pourquoi, en s'intégrant plus, on aurait plus d'influence sur ce projet, qui est un projet d'autonomie.

antoniou : Si vous aviez été ministre des affaires étrangères, vous seriez-vous prononcé contre le retour de la France dans le commandement intégré ?

C'est une des raisons pour lesquelles je ne pouvais pas être ministre dans ce contexte. J'ai d'ailleurs déjà écrit dans mon rapport de l'automne 2007 pourquoi ça ne me paraissait pas une bonne chose. Nous étions dans une situation optimum, et à mon avis il n'y avait pas de raison convaincante pour en sortir. Les Américains eux-mêmes ne le demandaient plus. Donc je n'aurais pas pu approuver ce processus.

Ce que j'aurais très bien compris, en revanche, c'est que l'on dise, comme François Mitterrand l'avait fait dire en 1990-1991 : la France est prête à prendre toute sa place dans une Alliance profonde et réformée. Dans ce cas-là, la réforme de l'Alliance aurait été un préalable à notre retour. Tandis qu'avec la démarche adoptée aujourd'hui, elle n'est qu'une conséquence éventuelle, une espérance, ce qui est très fragile.

Ben : La réintégration dans l'OTAN n'améliorerait-elle pas la capacité de la France à peser sur les grandes décisions stratégiques en Afghanistan ?

D'une façon générale, on ne peut pas citer de cas au cours des dernières décennies où un pays autre que les Etats-Unis ait eu une influence importante dans l'Alliance parce qu'il était intégré. D'une façon plus précise, sur l'Afghanistan, il est clair que l'opération menée par les Américains et par l'OTAN est dans une impasse et qu'il faut impérativement tout remettre à plat pour clarifier la stratégie militaire et politique, l'organisation et le mode de décision. Cette clarification aurait déjà dû avoir lieu.

Est-ce que la France va être mieux placée pour la demander et pour l'obtenir après la décision prise par le président Sarkozy ? Cela reste à démontrer. Du point de vue américain, cette décision française est interprétée comme un désir de ne plus contrecarrer les positions américaines.  Donc je ne sais pas ce qui se passera si les Français, au contraire, exigent de codiriger, pour employer l'expression utilisée par le président Sarkozy dans son discours, les opérations, notamment en Afghanistan. Cela va être le premier banc d'essai de la nouvelle orientation de M. Sarkozy.

6pri1 : Au-delà du symbole, la réintégration de la France dans l'OTAN changera-t-elle la stratégie française en Europe et dans le monde ?

Le symbole est très important. Pour les Américains, c'est symbolique d'un nouvel atlantisme français ; pour les autres Européens, c'est symbolique d'une normalisation française : la France rentre dans le rang et ils s'en réjouissent ; et pour beaucoup de pays dans le monde, c'est symbolique d'un renoncement français à une certaine autonomie de pensée et d'action dans les relations internationales. Donc c'est un symbole, à mon avis, plutôt négatif.

Est-ce que cela va dans la réalité aboutir à une banalisation complète de la politique étrangère française ? Je ne le crois quand même pas. Le président Sarkozy est à la fois idéologique et pragmatique, et beaucoup de pays dans le monde attendent de la France autre chose qu'un alignement. Donc il y a un certain nombre de forces qui existent et qui, peut-être, je l'espère, corrigeront en partie le risque d'alignement qui est inclus dans la décision de réintégration dans l'OTAN.

claude_petitjean : Si les Américains ne le demandent plus, d'où provient la pression ou l'intérêt de réintégrer l'Alliance ?

C'est une bonne question. Notre position avait l'avantage d'être consensuelle en France et de ne plus être un problème pour nos alliés en raison des arrangements pragmatiques qui avaient été négociés au fil des années. C'est pour cela que je crois que cette décision, prise sous la présidence Bush, même si elle ne se concrétise que sous la présidence Obama, est une décision essentiellement politique qui est à mettre en relation avec ce que dit le président Sarkozy sur la nécessaire cohésion de la "famille occidentale".

Mogli : La position de la France vis-à-vis de l'OTAN n'était-elle pas comparable à celle de l'Angleterre vis-à-vis de l'Europe ? En avoir les avantages sans les inconvénients .

En effet, on peut comparer. Pourquoi donc changer cette position avantageuse ?

Ali26 : Cette réintégration marque-t-elle tout simplement une trahison à l'égard de la politique gaulliste de la France ?

C'est un terme excessif, un peu grandiloquent, et on n'a pas besoin d'aller jusque-là pour critiquer cette décision ou exprimer son scepticisme. N'oublions pas que le général de Gaulle a été un extraordinaire génie stratégique, mais aussi pragmatique. Je ne sais pas ce qu'il aurait fait par la suite, bien sûr, mais je suis certain qu'il n'aurait pas réintégré le commandement intégré d'une Alliance inchangée. C'est le seul point qui me paraît sûr.

Ali26 : La France pourra-t-elle à l'avenir se retirer une nouvelle fois de la structure intégrée ou au contraire est-ce définitif ?

Un grand pays ne peut pas jouer au yo-yo avec les orientations stratégiques. Je n'imagine pas que même ceux qui aujourd'hui sont critiques, à droite ou à gauche, pourraient décider de se retirer purement et simplement. En revanche, ils pourraient, et à mon avis devraient, entamer une action très forte pour obtenir la réforme de l'Alliance, c'est-à-dire la création d'une Alliance à deux piliers.

Spoon : Pouvez-vous en dire plus sur cette Alliance à deux piliers ?

L'Alliance à deux piliers, c'est une formule de Kennedy. Mais elle n'a jamais existé puisque pour les Américains, le commandement intégré de l'Allliance doit faire en sorte que l'Alliance soit immédiatement opérationnelle sur le plan militaire, sans discussion inutile ni perte de temps. C'est une courroie de transmission.

Pour qu'on passe à une Alliance à deux piliers, il faudrait que les Européens décident de se concerter entre eux sur les grands sujets. Par exemple sur ce qu'il faut faire en Afghanistan, vis-à-vis de la Russie, faut-il faire un bouclier antimissiles, faut-il encore élargir l'OTAN, l'OTAN peut-elle intervenir n'importe où, etc. Les Européens, ayant fixé leur position, discuteraient ensuite avec les Américains.

Dans certains cas ils seraient d'accord spontanément, dans d'autres cas il y aurait des différences et il faudrait trouver des synthèses. Cela se passerait entre partenaires. C'est exactement ce que le Pentagone a toujours redouté et voulu empêcher, et d'ailleurs les Européens n'ont jamais sérieusement essayé. Si les Européens avaient vraiment eu envie de jouer ce rôle, ils auraient tous rejoint la position française pendant ces quarante années, et l'Alliance à deux piliers serait née du même coup.

vlad : Pensez-vous que la réintégration de notre pays dans la commandement militaire intégré de l'OTAN va vraiment nous affaiblir diplomatiquement ? Si vous le pensez, pourriez-vous nous donner un ou deux exemples concrets sur un sujet d'actualité ?

Je pense que pour les pays arabes, la plupart des pays africains, la plupart des grands pays émergents, pour l'Amérique latine, cette décision traduit le désir de mettre fin à l'héritage du gaullisme et même, plus largement, de la synthèse gaullo-mitterrandienne, synthèse droite-gauche. Cela fait donc peut-être 130 à 140 pays dans le monde qui vont penser qu'ils ne peuvent plus compter sur la France pour exprimer une voix occidentale différente, un peu divergente du consensus occidental.

Certes, la France ne prenait pas tous les jours des positions originales, mais elle était un recours possible. Donc je pense qu'il y a une diminution de notre statut et des attentes envers nous. Bien sûr, une politique étrangère très active et très autonome pourra corriger cette impression, mais fallait-il créer artificiellement cette difficulté pour ensuite devoir s'employer à la surmonter ? Tout cela n'est pas logique, il n'y avait pas de raison convaincainte de modifier notre ligne intérieure.

PL : Ne peut-on penser que pour certains dirigeants politiques des Etats-Unis et pour certains hauts gradés du Pentagone l'OTAN peut-être utilisée et mise en avant pour dévaloriser encore un peu plus les possibilités d'intervention d'une force onusienne ? Ne prêtons-nous pas la main à une telle dépréciation en rejoignant le commandement intégré ?

En réalité, la capacité d'intervention d'une force onusienne est tellement faible qu'il n'y a pas besoin de démonstration de l'OTAN pour le faire apparaître. L'ONU a de plus en plus de mal à trouver des contributions militaires efficaces pour les opérations de maintien de la paix. Dès que ce sont des opérations un peu plus difficiles de rétablissement de la paix, les forces de l'ONU sont incapables. Elles sont surtout composées de forces armées envoyées par des pays relativement pauvres qui utilisent ce moyen pour les faire équiper. Donc il n'y a pas photo entre les deux, pour parler simplement. On peut regretter cet état de fait, on peut espérer qu'un jour les Nations unies disposeront, si elles sont vraiment unies, d'une vraie capacité d'intervention. Mais de toute façon, ce n'est pas le cas aujourd'hui, et ce n'est pas à cause de l'OTAN.

Ruz : La SFIO était opposée à la sortie de la France de l'OTAN. Mitterrand, qui n'a jamais mystère de ses convictions atlantistes, a fait le premier pas pour sa réintégration lors de la première guerre du Golfe. La position du PS, qui a cautionné l'envoi d'un contingent en Afghanistan au côté de l'OTAN, n'est elle pas une opposition systématique? :

D'abord, on ne peut pas comparer la situation de 1966 et celle d'aujourd'hui, ni pour la droite ni pour la gauche. Sinon, on serait obligé de constater que et la droite et la gauche se contredisent, ce qui ne mène à rien. On verra aussi que les centristes, qui étaient contre la sortie de l'OTAN en 1966, sont contre le retour en 2009. C'est aussi parce que, entretemps, cette position originale de la France, assortie d'arrangements pragmatiques, était devenue la colonne vertébrale de la position internationale de la France.

Par ailleurs, c'est une erreur de qualifier d'atlantiste la politique étrangère de François Mitterrand, président. Il a effectué une sorte de synthèse entre le gaullisme, les idées du PS sur le Nord-Sud et, d'autre part, ses convictions européennes. Quand il a soutenu le déploiement des fusées américaines en Europe contre les fusées soviétiques, c'était pour rétablir l'équilibre des forces en Europe, et donc plus par patriotisme européen que par atlantisme. Lors de la guerre du Golfe, ce n'était pas l'OTAN, mais une coalition ad hoc. Mitterrand s'est toujours opposé à l'élargissement de la zone d'intervention de l'OTAN. Il avait refusé en 1983 que les garanties de l'OTAN soient données au Japon, et en 1990-1991, il avait testé auprès des Américains l'idée d'une réforme de l'Alliance préalable à tout changement de la position française, ce qui est le contraire de ce qui est fait aujourd'hui.

Donc on peut dire que le PS aujourd'hui contredit la SFIO de 1966, et c'est tant mieux. On ne peut pas dire que le PS aujourd'hui contredise la politique étrangère de Mitterrand. J'ajoute qu'il y a aussi un vrai trouble au sein de la majorité, ce qui oblige le gouvernement à employer une procédure de vote qui vise à masquer ce trouble.

Johnny : Comment se fait-il que les pays européens (de l'Ouest puis de toute l'Europe) se satisfont de cette situation de dépendance à l'égard des Etats-Unis en matière de défense sur une aussi longue durée ?

C'est un fait incompréhensible si on n'a pas en mémoire la deuxième guerre mondiale et son aboutissement. En pratique, après 1945, les pays européens s'en sont remis à la protection américaine, les Etats-Unis ayant, avec les Soviétiques, vaincu le nazisme, et les Etats-Unis les protégeant dans cette nouvelle phase de la menace soviétique. Cette relation s'est installée dans la durée, à la fois stratégique et de dépendance psychique. Quand la menace soviétique a disparu, Roland Dumas avait déclaré qu'on pouvait peut-être repenser tout ce système intégré, les Américains ont poussé des hurlements, et les Européens n'ont même pas osé réclamer un changement. Ils n'ont même pas osé le penser.

Il faut constater malheureusement que les Européens modernes se sont installés dans une situation, une sorte d'hédonisme, de consumérisme, qui l'emporte sur toute autre considération. Les Européens ont voulu croire qu'ils vivaient dans un monde post-tragique, dans une sympathique "communauté internationale", et l'idée que le monde soit toujours régi par des rapports de force et qu'il faille toujours se préoccuper de puissance, de défense ou de sécurité les accable. Mais peut-être que le bouleversement multipolaire du monde et les effets de la crise vont les réveiller.

matson : Quelle est la position de la France vis-à-vis du bouclier antimissile US et est-ce que notre adhésion complète signifie un alignement ?

Il n'y a pas de raison que notre réintégration traduise un alignement dans l'affaire du bouclier. Si le président tient ses engagements sur la nouvelle influence de la France, c'est même une question qu'il doit soulever au sein de l'OTAN, car ce projet est tout à fait contestable.

hermann : Que répondez-vous à M. Kouchner lorsqu'il affirme que par sa réintégration dans l'OTAN, la France "accepte surtout l'incertitude et le danger, quand il est si confortable de se réfugier dans la dénonciation des errements des autres".

La France n'a jamais fui devant ses responsabilités, qu'elle ait été dans le commandement intégré ou non. Personne en France n'a jamais proposé de dénoncer le traité d'alliance de 1949. Le général de Gaulle avait été très clair et très courageux au moment du blocus de Berlin et de la crise des fusées de Cuba en 1962. François Mitterrand avait été très courageux dans l'affaire des euromissiles et dans l'affaire de la guerre du Golfe.

Donc la France n'était pas un pays qui profitait d'une situation particulière pour ne pas prendre sa part de responsabilité et de risque, y compris dans la participation récente aux opérations en Afghanistan, même si celles-ci sont discutables. Donc on ne peut pas dire que le retour dans le commandement intégré était une nécessité pour que la France assume enfin ses responsabilités, puisqu'elle le faisait déjà tout à fait.

chat modéré par François Béguin

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16 mars 2009 1 16 /03 /mars /2009 16:51
EUROPEENES AU PS


Le porte-parole du Parti socialiste Benoît Hamon explique à nouvelobs.com que la direction du Parti "tiendra compte" de la non-validation des listes par la région Centre. Avant d'ajouter : "On est devenu des champions pour organiser des feuilletons interminables qui font le miel des médias".
La direction du PS a exprimé "sa très grande satisfaction" à l'issue du vote. Est-ce légitime alors que la circonscription du Centre n'a pas approuvé les listes ?
- Dans la circonscription du Centre, il y a 13 fédérations. Sur ces 13 fédérations, il y en a 10 qui ont voté pour les listes et trois qui ont voté contre. Sur l'ensemble du territoire français, les listes sont approuvées dans 70 à 80% des fédérations. Donc, je ne sais pas à partir de combien on peut être content, mais je pense que la direction peut être satisfaite. Dans l'ensemble on peut dire que les militants ont massivement approuvé les listes proposées par la direction.

Après le rejet de la circonscription Centre, quels sont les scénarios envisagés par le Parti socialiste ?
- On va devoir opérer des ajustements même si c'est la démocratie qui a parlé. Dans le fond, ce n'est pas grave que les militants du Centre aient voté contre les listes.
Le problème, c'est que le point sur lesquels les militants souhaitaient discuter c'est que le président du conseil régional, Jean-Paul Denanot soit tête de liste aux européennes. Mais notre choix a été fait. On ne veut pas de cumul des mandats entre la présidence d'une région et les européennes. Ca reste donc une difficulté. On ne peut pas nier un vrai impératif de rénovation du paysage politique. Cette rénovation passe aussi par des choix qui supposent le non cumul des mandats. C'est une décision politique. Moi-même je suis sur la liste en Ile-de-France mais je ne suis que demandeur d'un mandat unique.
On va discuter avec les militants pour voir comment on peut entendre cet avis. L'urgence pour tout le monde, c'est qu'on se remette à parler de l'extérieur. On est devenu des champions pour organiser des feuilletons interminables qui font le miel des médias, mais on ne parle pas des choses intéressantes.

Martine Aubry ne devrait-elle pas faire un geste en direction des militants qui ont rejeté les listes ?
- La direction tiendra compte de ce qui s'est passé. On va discuter avec tous les élus de toutes les grandes régions. Sur les trois départements qui ont voté non dans la circonscription du Centre, il s'avère qu'il y en a un d'entre eux qui compte plus d'adhérents que les autres. C'est mathématique, c'est tout.

Le soutien apporté par Ségolène Royal a-t-il aidé à la "victoire" de la direction du parti ?
- Que Ségolène Royal ait apporté son soutien est très important. C'est une composante du rassemblement. Mais le soutien de tous les autres également. C'est d'autant mieux que Ségolène Royal souhaite incarner la rénovation. C'est un soutien appréciable, mais je ne saurais pas dire si c'est cela qui a poussé à la victoire. Elle a considéré à juste titre que les listes étaient bonnes.

A terme, les conflits internes du PS ne risquent-ils pas de pousser les électeurs à se tourner vers d'autres partis ?
- C'est entièrement vrai. Chaque parole du PS qui tend à nous ramener aux querelles d'hier, réglées par le Congrès mais que certains voudraient rejouer, est indécente au regard de la crise qui se déploie. Les Français sont depuis très longtemps fatigués et las de nos histoires. C'est pour ça que nous allons sur le terrain toutes les semaines. Si on veut reconquérir nos citoyens, il n'y a pas d'autre issue que de sortir de ce gouffre du conflit.

Est-ce un hasard s'il y a eu un rejet massif des listes dans le Limousin, la région où François Hollande est lui-même député ?
- Sa propre fédération a voté contre mais il est député limousin donc il s'est montré solidaire avec les élus. En même temps, ce n'est pas une surprise, il l'avait dit dans la presse régionale. Son choix est logique.
Après, il faut que les gens expliquent pourquoi ils votent non. La plupart du temps, c'est parce que untel ou unetelle n'a pas été retenu(e) sur les listes. Ensuite, on maquille ça de taraudement éthique… etc. La réalité est plus simple, elle touche à la représentation des uns et des autres. A un moment donné, il faut être raisonnable.

Interview de Benoît Hamon par Emilie Jardin
(le vendredi 13 mars 2009)

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12 mars 2009 4 12 /03 /mars /2009 10:16
Européennes : la base socialiste clame son ras-le-bol

Liens:
[1] http://www.mediapart.fr/club/blog/stephane-allies
[2] http://www.mediapart.fr/journal/france/100309/elections-europeennes-bernard-poignant-s-insurge-contre-la-methode-detestable-
[3] http://www.mediapart.fr/journal/france/110309/libertes-publiques-le-ps-sonne-l-alarme
[4] http://www.mediapart.fr/journal/france/190508/ps-et-que-disent-les-militants-dans-tout-ca
[5] http://www.20minutes.fr/article/309925/Politique-Au-PS-Royal-et-Aubry-appellent-au-calme.php
[6] http://www.mediapart.fr/journal/france/070309/elections-europeennes-le-ps-renoue-avec-les-divisions-mais-pas-les-memes
[7] http://www.mediapart.fr/journal/france/030309/elections-europeennes-le-ps-propose-un-programme-mi-oui-mi-non

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11 mars 2009 3 11 /03 /mars /2009 14:13
Elie Domota: «Nous ne voulons plus être traités en serviteurs»
Liens:
[1] http://www.mediapart.fr/club/blog/maguy-day
[2] http://www.mediapart.fr/journal/france/010309/crise-caraibe-une-serie-de-mediapart
[3] http://www.rmc.fr/blogs/lesgrandesgueules.php?post/2009/03/06/Eli-Domota-doit-se-calmer-Frederic-Lefebvre
[4] http://fr.wikipedia.org/wiki/François_Duvalier
[5] http://antiliberal.over-blog.net/article-28339301.html
[6] http://www.mediapart.fr/La polémique autour des propos d'Elie Domota, le leader du collectif syndical en Guadeloupe ne faiblit pas. Pour Elie Domota, leader du collectif guadeloupéen de Liyannaj kont pwofitasyon (collectif contre l’exploitation outrancière), l’ouverture d’un enquête à son encontre pour incitation à la haine « raciale » n’est qu’une manoeuvre d’intimidation de plus. Le porte-parole des grévistes guadeloupéens dénonce l’intransigeance du Medef local, absent de la table des négociations et de certains békés (descendants d’esclavagistes) qui contrairement à de nombreuses PME, refusent toujours d’accorder une augmentation aux bas salaires.
[7] http://www.mediapart.fr/files/GuadlettreprefetaccordBino.pdf
[8] http://www.mediapart.fr/files/GuadlettreprefetaccordBino_0.pdf

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4 mars 2009 3 04 /03 /mars /2009 16:06
Du grain à moudre
par Julie Clarini et Brice Couturier
du lundi au vendredi de 18h30 à 19h15
Du grain à moudre


de Brice Couturier

Ecoutez



émission du lundi 23 février 2009
Grand Paris, un pari d'architectes ? ou un débat politique ?

« Encore un joli coup politique », s’étaient dit les adversaires de Nicolas Sarkozy. « Le président se prend pour le baron Haussmann », lisait-on en juin dernier au moment où le chef de l’Etat lançait une consultation auprès de plusieurs équipes, internationales, d’urbanistes et architectes chargés de penser l’avenir de la métropole parisienne. Aujourd’hui alors que les projets ont été rendus au Ministère de la Culture, maître d’œuvre, les critiques sont moins sévères sur cette initiative. Un Central Park à la Courneuve, une gare du Nord excentrée ou Paris prolongé jusqu’au Havre, toutes ces fulgurantes idées, parfois déroutantes, ont au moins le mérite de donner corps pour la première fois à cette idée d’un Grand Paris. Car si l’avenir de la capitale agite au plus au point les politiques, les débats restent très peu sensibles pour la plupart des Français. Or, qui mieux que des architectes pouvaient concrétiser ces métamorphoses, anticiper la morphologie, tracer les formes et les contours de la ville de demain ? Pourtant, oserait-on avouer qu’on n’est toujours pas convaincue ? Outre que certains de ces projets sont des gestes artistiques qui confinent à la démesure, on a bien du mal à relier ces propositions globales et ambitieuses au peu que l’on sait de l’actualité du Grand Paris : une actualité qu’on peut résumer en forçant à peine le trait à des querelles de clocher, des haines cuites et recuites, et la défiance des principaux acteurs. A l’heure actuelle, la métropole est un immense jeu dans lequel chacun veut tirer son épingle. Pourra-t-on sortir par le haut de cet imbroglio institutionnel et politique ? Les équipes qui présenteront leurs idées au grand public dans quelques semaines auront-elles une véritable influence ? Ou devront-elles se contenter d’avoir été consultées ?

Invités

Guy Burgel.  Professeur de géographie/urbanisme à l'université Paris X Nanterre

Frédéric Gilli.  Economiste Géographe
Directeur délégué de la chaire Ville à Sciences –Po Paris
Rédacteur en chef de la revue Etudes foncières

Pierre Mansat.  Adjoint PC au maire de Paris, chargé de Paris Métropole et des relations avec les collectivités territoriales d'Ile de France





les livres


Frédéric Gilli et Jean Marc Offner
Paris, métropole hors les murs
Presses de Sciences Po - janvier 2009

Le Grand Paris est à la une. Tours, transports, consultation d'architectes, schéma directeur régional, conférence métropolitaine, secrétariat d'État… Cet engouement brouille les cartes d'un dossier vital pour la métropole parisienne et pour le pays. D'où l’utilité de rassembler les pièces du puzzle. Les auteurs proposent un bilan de la situation et un décodage historique, socio-économique et politique des controverses franciliennes. Ils formulent des propositions originales pour un débat, accessible à tous, en vue d’une action publique efficace et démocratique, soucieuse de l’amélioration de la vie quotidienne du Paris métropolitain. Au-delà, ils s’adressent à tout lecteur intéressé par les recompositions des métropoles occidentales.
- Présentation de l'éditeur -


Guy Burgel
Paris meurt-il ?
Perrin - 7 février 2008

Voir le site

Paris est ingouvernable : un maire élu, depuis 1977 seulement, mais une métropole de huit départements, une région et 1 300 maires en Ile-de-France. Sans compter un président de la République qui s'y intéresse de très près.
Capitale hypertrophiée que l'on voulait dégraisser sans vraiment savoir comment, Paris se découvre global city atone : déséquilibres géographiques, disparités sociales, économie chancelante, mobilité ralentie, écologie paillettes.
Nous feignons de nous en consoler en célébrant le Paris de la fête, de l'art, du patrimoine, de la douceur de vivre. Paris donne plus à voir le passé qu'il ne fait espérer l'avenir.
Au fond, Paris est le laboratoire des risques et des chances de notre pays à l'ère de la mondialisation.


Annie Fourcaut, Emmanuel Bellanger, Mathieu Flonneau (Dir.)
Paris-banlieues : conflits et solidarités : historiographie, anthologie, chronologie 1788-2006
Editions Créaphis - 2007

A l'heure où l'actualité rappelle sans cesse l'urgence de la prise de décision concernant l'aménagement des métropoles et l'organisation des territoires périphériques, quel peut être le rôle des historiens ? Cet ouvrage raconte l'histoire passionnée des relations entre Paris et les banlieues qui l'entourent, de la fin de l'Ancien Régime à aujourd'hui. Il comprend un état des lieux des connaissances historiographiques, le point de la recherche actuelle sur des sujets structurants comme les annexions, les grands projets d'aménagement de l'entre-deux-guerres ou la partition du département de la Seine, une anthologie des textes majeurs ou inédits présentés scientifiquement et une chronologie détaillée qui replace l'histoire parisienne dans les évolutions nationales. Il ouvre ainsi à tous la boîte à outils de l'historien, rappelle que les crises urbaines ont des précédents et que les termes des débats les plus vifs sont rarement inédits. Observer avec le recul du temps les réponses apportées depuis deux siècles par les différents acteurs publics, que ce soit l'Etat ou les collectivités territoriales, ainsi que les réactions des habitants, permet de nourrir la réflexion aujourd'hui engagée sur l'évolution de la gouvernance de la métropole. Cette histoire du partage - entre conflits et solidarités - du territoire/capitale est certes singulière, mais elle vaut bien au-delà du cas parisien : les questions abordées ici renvoient à celles de la croissance, de la gestion politique et administrative et des crises de toutes les métropoles occidentales, de la révolution industrielle aux violences urbaines les plus récentes.
- 4e de couverture -

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27 février 2009 5 27 /02 /février /2009 11:14

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24 février 2009 2 24 /02 /février /2009 10:51

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