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Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube.
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Gauche Républicaine & Socialiste

23 décembre 2008 2 23 /12 /décembre /2008 15:03

Duceppe se sent en position de force

Duceppe se sent en position de force

Gilles Duceppe - Photo: PC

Hugo De Grandpré - La Presse

(Ottawa) Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, entend profiter de la crise économique pour faire avancer l'ordre du jour souverainiste de sa formation.

Dans une entrevue-bilan de fin d'année avec La Presse, M. Duceppe a insisté sur la force de son mouvement au Québec. Le Bloc, le Parti québécois et Québec solidaire, 3 formations souverainistes, détiennent 101 des 200 sièges de la province à la Chambre des communes et à l'Assemblée nationale, a-t-il fait valoir.

«Les Québécois ont fait confiance en majorité à des députés souverainistes», a noté M. Duceppe, en revenant sur les performances du PQ et du Bloc aux élections générales de 2008, et qui ont fait mentir bien des experts.

«On a maintenant à entreprendre cette nouvelle étape dans cette période de crise et à démontrer que la meilleure solution pour les Québécois, c'est de faire du Québec un pays»,a-t-il ajouté.

Maître de ses choix

Le chef du Bloc affirme qu'en matière de culture, de justice, mais surtout d'environnement, le Québec serait mieux servi s'il était entièrement maître de ses choix. «S'il y avait des cibles absolues et s'il y avait une Bourse du carbone, c'est de l'argent qui entrerait» au Québec, a-t-il donné pour exemple.

«Or, il arrive que l'économie d'une bonne part du Canada est basée sur le pétrole. Ça enrichit le Canada, a-t-il ajouté. Il faut montrer que l'on a des intérêts fondamentalement différents

Gilles Duceppe l'a dit et il le répète : la coalition créée en fin d'année par le Parti libéral et le NPD, et appuyée par son parti, amenait à son avis des avancées importantes pour le Québec.

«Je soulignerais simplement le fait que voilà 2 partis fédéralistes qui reconnaissent dans le préambule même de ce texte les Canadiens et les Québécois. Donc, il y a une différence, hein? Ça, c'est tout à fait neuf

Et il ne souscrit pas, du moins officiellement, à la thèse de ceux qui affirment que la coalition est moribonde. «Les libéraux se disent, et je le comprends : on va attendre de voir ce qu'il y a dans le budget», a-t-il dit.

Quant à son propre parti, il y a peu de chances qu'il vote pour le prochain budget conservateur - même s'il accepte de donner une chance au coureur. «Ça prendrait un changement de cap tellement majeur que je n'ai pas l'impression qu'il pourra le faire», a lancé M. Duceppe.

Mise en garde à Ignatieff

Coalition ou non, le chef du Bloc québécois a semblé sceptique face à la récente déclaration d'ouverture envers le Québec de son nouvel homologue du PLC. Il a fait remarquer que des propos passés de Michael Ignatieff laissent songeur, comme ceux rapportés récemment par l'ancien ministre péquiste Joseph Facal, dans le Journal de Montréal.

M. Ignatieff a accusé l'ensemble de la classe politique du Québec de vivre «dans une bulle d'illusions, et quelqu'un doit crever cette bulle», a écrit M. Facal. «De toute façon, de quoi pourraient bien se plaindre ces "Québécois casquette de baseball sur la tête, installés dans leur Cherokee ou Winnebago, avec en sourdine de la musique country"», a aussi dénoncé l'ancien ministre, paraphrasant le chef du PLC.

«On verra bien à l'usage, a pour sa part lancé M. Duceppe. Mais il a dit à Québec qu'il respectait les Québécois, que les députés du Bloc étaient légitimes, mais qu'ils ne pouvaient pas grand-chose à Ottawa... Il faudrait remarquer que s'il voulait diriger une coalition, il ne le pourrait pas sans l'appui du Bloc.»

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23 décembre 2008 2 23 /12 /décembre /2008 14:55
En Italie, la gauche tire un bilan mitigé des primaires
LE MONDE | 22.12.08 | 15h52  •  Mis à jour le 22.12.08 | 15h52
ROME, CORRESPONDANT

e Parti démocrate (PD) n'a rien de plus beau dans sa vitrine. 15 mois après sa naissance, sa ligne politique, son programme et le choix de ses alliances ne sont toujours pas tranchés. Mais il peut s'enorgueillir de posséder, avec les primaires - c'est-à-dire l'élection par les sympathisants de tout candidat à une fonction politique -, un instrument qui lui est envié.

Toutes les formations politiques européennes de centre gauche ont envoyé leurs représentants dans la péninsule pour étudier ce "miracle" : 3,5 millions d'électeurs pour désigner, en 2005, Romano Prodi comme candidat du centre gauche aux élections générales ; presque autant 2 ans plus tard pour choisir Walter Veltroni.

Pourtant, lors de la réunion de la direction du parti, vendredi 19 décembre, plusieurs voix se sont élevées pour le remettre en cause. Les primaires tant vantées masquent en fait les points faibles du PD : la faiblesse du leadership de M. Veltroni depuis son échec aux élections d'avril et la permanence des "courants" qui se sont substitués aux différents partis amalgamés dans le nouveau parti.

Pour le camp des "sceptiques", emmené notamment par Massimo d'Alema - rival de M. Veltroni -, les primaires ne sont pas la panacée. Elles empêchent, selon eux, une véritable structuration du Parti démocrate en organisation capable de décider et offrent l'avantage pour son chef élu d'opposer sa légitimation par les sympathisants aux critiques dont il est l'objet. Dans un entretien au quotidien La Repubblica, Pierluigi Bersani, ancien ministre de l'économie, remet lui aussi en cause "cette utopie d'un parti en prise directe avec la société et d'un mécanisme qui permettrait de le tirer de tous les problèmes".

Les 4 000 "élections administratives" (municipales, provinciales, régionales) qui auront lieu en juin 2009 font redouter 4 000 occasions d'offrir le spectacle de fractures de courants défendant chacun un candidat. De plus, rien n'empêche les vaincus, comme cela arrive parfois, de constituer une "liste civique" pour concourir ensuite à l'élection. Enfin, ce scrutin perd de sa force d'attraction : seuls 25 000 votants ont désigné le futur candidat du centre gauche à la mairie de Bologne.

Une solution semble se dégager : réserver les primaires aux seuls candidats aux exécutifs importants (grandes villes, provinces, régions) de façon à ne pas priver le parti de son point fort. "Elles ont un avantage politique : elles permettent d'ouvrir le parti à tous les électeurs de sensibilité de centre gauche. Et stratégique : on entre en campagne plus vite que l'adversaire", analyse le député Sandro Gozzi.

Pour l'historien de l'Italie, Marc Lazar, "un retour en arrière est impossible". "Le processus se généralise en Europe, explique-t-il, car les primaires sont pour l'instant la seule réponse des partis de gauche à la crise démocratique."

 

Philippe Ridet
Article paru dans l'édition du 23.12.08

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17 décembre 2008 3 17 /12 /décembre /2008 10:41
Hier les magasins du groupe Printemps ont été évacués dans le calme. Un groupe terroriste inconnu le Front Révolutionnaire Afghan aurait revendiqué la pose de plusieurs bâtons de dynamites et d'un cordon de détonnateur.

La logorrhée gauchiste qui compose le texte de revendication n'a effectivement rien à voir avec le discours habituel des fondamentalistes sunnites proche d'Al Qaïda, le mode opératoire rend fortement douteux que la tentative d'attentat soit de cette origine.

L'ensemble de cet évènement est fortement intrigant...
Soit tout cela est l'oeuvre de demeurés fortement équipés, tout de même... Soit les services de sécurité de ce pays n'ont pas vu venir l'émergence d'un nouveau groupe ultra-gauchiste autrement plus sérieux que les pauvres passionnés de frugalité rurale de Tarnac.
Ou il existe une dernière solution, c'est une question qu'il va falloir se poser au regard du plaisir que prend le pouvoir exécutif depuis son entrée en fonction à multiplier les coups médiatiques.
Il serait donc assez légitime de se poser la question de savoir si tout cela n'est pas un montage de toute pièce, si nous ne sommes pas tout simplement manipulés, après que la tentative de nous faire passer quelques marginaux politiques (qui tout au plus ne peuvent être accusés que de vandalisme et non de terrorisme, s'il venait à être prouvé qu'ils sont réellement coupables... ce n'est pas le cas pour le moment) pour de dangereux terroristes, embryon du retour d'un terrorisme d'ultra-gauche.
Avec l'effondrement risible de ce scénario de Tarnac, n'a-t-on pas chercher à nous servir un scénario plus effrayant encore qui permet de justifier un tour de vis supplémentaire et de contrôler un peu plus un population qui pourrait ainsi être terrorisée ?
Déjà des mesures renforçant la présence militaire dans les grandes villes ont été annoncées ; dans un contexte social de plus en plus tendu, je trouve que cela tombe assez bien ou assez mal selon l'angle de vue que l'on choisit...
Frédéric Faravel

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15 décembre 2008 1 15 /12 /décembre /2008 10:38
Sabotage SNCF : la police a fait «un pur montage»

Liens:
[1] http://www.mediapart.fr/club/blog/david-dufresne
[2] http://www.soutien11novembre.org/
[3] http://www.fragmentsduvisible.org/
[4] http://www.ouest-france.fr/actu/actu_BN_-Du-squat-rennais-a-l-affaire-des-TGV-sabotes-_8619-752130_actu.Htm
[5] http://www.liberation.fr/societe/0101268280-sncf-itineraires-croises-des-mis-en-examen
[6] http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/11/20/sabotages-a-la-sncf-les-neuf-de-tarnac_1120974_3224.html
[7] http://www.liberation.fr/societe/0101304063-anarcho-autonome-une-invention-de-magistrat
[8] http://www.liberation.fr/politiques/0601439-anarcho-autonome-une-invention-de-magistrat
[9] http://www.lejdd.fr/cmc/societe/200850/sabotages-revelations-sur-une-piste-allemande_172312.html
[10] http://www.lepoint.fr/actualites-societe/le-rapport-des-rg-qui-designe-julien-coupat/920/0/299008
[11] http://www.mediapart.fr/journal/france/031208/derapages-policiers-des-choses-qui-arrivent
[12] http://www.mediapart.fr/journal/france/031208/sabotages-sncf-entre-preterrorisme-et-terrorisme-la-police-et-la-justice-hesit
[13] http://www.mediapart.fr/journal/france/031208/sabotages-de-la-sncf-la-police-et-la-justice-font-marche-arriere
[14] http://www.mediapart.fr/journal/france/281108/un-climat-deletere-qui-menace-nos-libertes-publique
[15] http://www.mediapart.fr/journal/france/221108/sabotages-a-la-sncf-ce-que-revele-l-enquete
[16] http://www.mediapart.fr/journal/france/151108/anarcho-autonomes-apres-les-mises-en-examen-les-verites-d-eric-hazan
[17] http://www.mediapart.fr/journal/france/121108/les-anarcho-autonomes-le-fantasme-du-reseau-et-la-realite-des-ecrits
[18] http://www.mediapart.fr/journal/france/111108/sabotages-de-lignes-sncf-les-anarcho-autonomes-entre-violences-et-elucubration
[19] http://www.mediapart.fr/club/edition/les-invites-de-mediapart/article/131208/christ-ou-catenaire-du-sacrilege-religieux-au-s

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15 décembre 2008 1 15 /12 /décembre /2008 10:19

Layton adoucit le ton à l'égard de la coalition

Layton adoucit le ton à l\'égard de la coalition

Publié le 14 décembre 2008 à 14h34 - Jack Layton - Photo: PC

 

Jim Brown - La Presse Canadienne - Ottawa

Le leader du Nouveau Parti démocratique, Jack Layton, tempère ses propos dans sa campagne en vue de renverser les conservateurs de Stephen Harper, alors que les partenaires libéraux du NPD au sein de la coalition semblent manifester moins d'enthousiasme face à cette perspective.

En entrevue dimanche à l'émission Question Period du réseau CTV, M. Layton a assuré qu'il est toujours persuadé qu'un front commun composé des libéraux, du NPD et du Bloc québécois peut diriger une majorité à la Chambre des communes et offrir une solution de rechange réaliste à l'actuel gouvernement.

Mais le chef néo-démocrate a aussi dit trouver «raisonnable» que le tout nouveau leader libéral, Michael Ignatieff, veuille attendre le retour du Parlement et le dévoilement du budget des conservateurs, le 27 janvier, avant d'agir.

M. Ignatieff, qui doit prendre formellement la tête du Parti libéral cette semaine, s'est dit prêt à renverser le gouvernement minoritaire de Stephen Harper s'il le faut. Mais il a aussi décrit sa position comme étant : «la coalition si nécessaire, mais pas nécessairement la coalition». Cela en a incité plusieurs à émettre l'hypothèse qu'il pourrait se retirer de l'entente négociée par le leader sortant du PLC, Stéphane Dion, en vue de former une coalition PLC-NPD qui pourrait gouverner avec l'appui tacite du Bloc.

Le chef néo-démocrate estime que cette entente a déjà prouvé sa valeur en tant qu'outil de négociation, parce qu'elle a fait pression sur M. Harper pour qu'il reconsidère ses politiques. «La coalition a déjà commencé à transformer la façon dont le gouvernement aborde l'économie», a-t-il dit, ajoutant qu'il maintiendrait la pression.

Mais quand on lui demande s'il s'attend vraiment à siéger au cabinet aux côtés des libéraux, au début de l'an prochain, il répond d'une manière ambiguë. «J'espère que nous avons un gouvernement qui fera ce qu'il faut faire pour l'économie d'ici la fin de janvier, d'une façon ou de l'autre

M. Layton ne croit pas, personnellement, que M. Harper sera en mesure de proposer un budget qui répondra aux exigences des partis d'opposition. Cependant, il a ajouté que «c'est la saison des miracles» et qu'elle pourrait profiter à M. Harper lors de la composition de son nouveau budget.

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12 décembre 2008 5 12 /12 /décembre /2008 20:46
Congrès du PCF : une liste surprise s'oppose à Marie-George Buffet
LEMONDE.FR | 12.12.08 | 17h42  •  Mis à jour le 12.12.08 | 19h26

e congrès du PCF s'est soudain tendu, vendredi 12 décembre, avec l'annonce d'une liste alternative à celle proposée par la direction. Presentée par Marie-Pierre Vieu, secrétaire fédérale des Hautes-Pyrénées, et intitulée "Ensemble pour une alternative communiste", cette liste rassemble divers courants exclus de la majorité par Marie-George Buffet. Ainsi que les opposants à la ligne de réaffirmation identitaire impulsée par Mme Buffet et ses proches.
Cette liste est parrainée par de "grands anciens", comme l'ancien secrétaire général de la CGT, Georges Séguy, l'ex-ministre de la santé, Jack Ralite, le philosophe Lucien Sève, mais aussi des représentants de sensibilités diverses comme Roger Martelli, Pierre Zarka et Jean-Claude Gayssot. On retrouve sur cette liste des élus comme Pierre Mansat, adjoint au maire de Paris, Pierrre Mathieu, vice-président du conseil régional de Champagne-Ardenne, ou encore Dominique Grador, adjointe au maire de Tulle, François Hollande.

SIGNES DE RAIDISSEMENT

Ces militants se sont inquiétés des signes de raidissement de la part de la majorité et demandent l'ouverture d'un débat sur "la transformation du PCF". "Les communistes sont inquiets pour l'avenir de leur parti, il faut qu'il se passe quelque chose au PCF et que cela se voie", a lancé Bernard Calabuigh, un des animateurs des Communistes unitaires.

Les dernières discussions de la commission des amendements qui travaille sur le texte d'orientation ont fini de les convaincre que le débat restait fermé : plusieurs amendements ont demandé la suppression des mots "métamorphose nécessaire du PCF".


Sylvia Zappi

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12 décembre 2008 5 12 /12 /décembre /2008 11:16
Depuis plusieurs années en France (en fait depuis le 2ème passage de Nicolas Sarkozy au ministère de l'intérieur), et de manière plus accélérée ses dernières semaines, plusieurs décisions, évènements ou postures laissent deviner la tentation autoritaire et sécuritaire du pouvoir exécutif français, tentation qui de toutes les manières étaient belle et bien inscrite dans le projet politique que le candidat conservateur avait défendu lors de la campagne présidentielle de 2007.
Jusqu'ici ce sont essentiellement les éléments que l'on dira en marge de la société qui auront essuyé les plâtres de ce recours éternel de la droite conservatrice :
  • Atteintes aux droits élémentaires de la personne humaine dans la politique répressive mise en oeuvre par Brice Hortefeux sur l'immigration en général. Les témoignages se multiplient quant à la poursuite d'une chasse aux sans-papiers à la sortie des écoles publiques (et ce malgré la mobilisation citoyenne autour de RESF) ; cet été et cet automne, il y a eu de plus une tentative avérée de criminaliser les associations de soutiens aux sans-papiers, et d'entraide pour les personnes retenues, crise qui a culminé avec l'incendie du centre de rétention de Vincennes. Enfin, il existe une volonté affirmée de mettre hors les murs la CIMADE, seule association a pouvoir entrer dans les centres ;
  • La politique pénitentiaires de Rachida Dati a justement été épinglée par tous les acteurs de la justice comme incohérente et contradictoire. Subissant les affres d'une politique du fait divers, on demande aux magistrats d'appliquer les conséquences mécaniques d'une augmentation des incarcérations avec les peines plancher, pour ensuite se retrouver à une surpopulation explosive des prisons françaises (alors que la loi pénitenciaire est en souffrance depuis 2002) avec les drames humains, psychologiques et physiques auxquels nous assistons ;
  • L'intervention du chef de l'Etat dans un établissement psychiatrique a clairement marqué la logique du pouvoir en place. Deux faits divers marquant l'opinion et impliquant des personnes schyzophrènes ont été dernièrement médiatisés. Près de 250 000 personnes sont atteints de pathologie comparable, sans parler des autres, mais le niveau de dangerosité de ces individus est finalement statistiquement moindre que celle de la population dite "moindre". Nicolas Sarkozy a cependant pointé des "individus dangereux" sur lesquels il faudrait accroître la contrainte et renforcer l'enfermement... positionnement symptomatique et gravissime, à rebours de toutes les politiques mises en oeuvre depuis 25 ans, en contradiction avec tous les résultats de la recherche médicale et des réussites démontrées notamment dans d'autres pays, comme l'Italie.
On juge un pays à la manière dont la société traite ses prisonniers et ses fous ; cette maxime n'a jamais été autant annonciatrice du pire que l'on peut voire poindre depuis quelques semaines.
  • Des enfants fouillés sans ménagement (avec quelques remarques physiques sympathiques) lors d'un exercice de "pédagogie" sur le trafic de drogue dans un établissement du second degré des Landes par des gendarmes avec chiens et maîtres-chiens ; une juge d'instruction qui considèrent que cela permet d'instaurer un bon sentiment d'insécurité... bref, foin de l'éducation, pour tenir vos enfants privilégiez le terrorisme, c'est plus efficace ;
  • L'annonce de la fin de l'ordonnance de 1945 sur les mineurs en rendant les pré-adolescents incarcérables dès 12 ans, ce qui en finit avec le primat de l'éducation et de la prévention sur la répression et qui nous prépare à une nouvelle fournée plus remplie encore de récidivistes ;
  • L'arrestation musclé d'un journaliste de Libération, avec le soutien des ministres de tutelles concernés, Mmes Dati et Alliot-Marie considérant que tout a été fait dans les règles et dans le respect de la procédure ;
  • Un délire médiatique (jusqu'à preuve du contraire, qui n'arrive pas) autour des pseudos terroristes anarchistes du Limousin qui s'en seraient pris au réseau ferré de France. Opération médiatisée de l'intervention des forces de l'ordre, faiblesse des éléments du dossier, communication à la fois triomphaliste et anxiogène des membres du gouvernement autour des opinions (peut-être contestables mais ce n'est pas le sujet) d'un petit groupe anarcho-autonome perdu au fond de Mille-Vache, opinions qui supposeraient qu'elles soient en soi criminelles !
Ce qui est encore plus inquiétant, c'est que le moindre de ces trois derniers faits auraient provoqué voici encore 10 ans des manifestations bruyantes avec plusieurs milliers voire dizaines de milliers de participants. Dans les Landes, la réactions s'est limitée à une protestation assez convenue même si ferme sur les principes des parents d'élèves ; pour le journaliste, passée la bronca dans la presse tout le monde est rentré chez soi encenser Sarko pourfendeur du grand capital international ; pour les incarcérés de Tarnac la mobilisation peine à rassembler largement.

Mais pendant ce temps, qu'est-ce que le gouvernement nous donne à voir ? Qu'est-ce que signifie cette accélération sur le champ sécuritaire de la politique du gouvernement ? Les Faits divers, les mesures drastiques annoncées par le pouvoir de droite qui sont censées y répondre sont là pour détourner l'attention du public de la politique économique et sociale structurelle mise en oeuvre par la droite conservatrice et réactionnaire... Sarkozy double tout cela d'un brouillage international  avec sa prétendue conversion au Keynésianisme. Une fois les cartes brouillées, on peut en mettre une couche supplémentaire et créer les conditions pour discréditer la contestation sociale : juste une petite remarque la morgue de Darcos face à la communauté éducative est depuis le début très calculée. Sa dernière réponse face au mouvement lycéen vise à mon sens à exacerber les tensions qui ont déjà débouché sur quelques affrontements mineurs dans l'ouest de la France et à Marseille ; on aura beau jeu ensuite de dénoncer les "casseurs".
A l'heure où chacun s'inquiète de la contagion de la violence sociale qui répond à la violence économique et politique en Grèce, je rappelle que la tactique du pompier pyromane a été utilisée à deux reprises en France par Nicolas Sarkozy : automne 2005 - émeutes ; printemps 2007 - échauffourés de la gare du nord. Dans les deux cas, je suis persuadé que tout cela a été utilisé, voire dans une certaine mesure préparé, pour servir les intérêts politiques du candidat conservateur à l'élection présidentielle !
Le pire pourrait bien être à venir...

Frédéric FARAVEL

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9 décembre 2008 2 09 /12 /décembre /2008 16:16

Manifestation pour la coalition à Montréal

Manifestation pour la coalition à Montréal

À Montréal, plusieurs centaines de personnes ont manifesté leur soutien à la formation d'un gouvernement de coalition.

Photo: André Tremblay, La Presse

Violaine Ballivy
La Presse

La fronde contre Stephen Harper sort des coulisses du Parlement à Ottawa et descend dans les rues du pays. Plusieurs centaines de personnes se sont massées hier à Montréal et à Toronto pour soutenir la formation d'un gouvernement de coalition par les partis de l'opposition et dénoncer la prorogation de la session parlementaire jusqu'à la fin janvier.

À Montréal, le rassemblement a débuté par une minute de silence à la mémoire des victimes de la tragédie de l'École polytechnique avant de se poursuivre par une longue série de discours de plusieurs politiciens et personnalités publiques.

Les représentants des grandes centrales syndicales de la province, instigateurs de la manifestation montréalaise, ont été les plus durs envers le premier ministre Harper à qui ils ont de nouveau reproché de faire du «Quebec bashing». Ils n'hésitent pas à comparer sa demande d'ajourner la session parlementaire aux actions d'un gouvernement autoritaire. «Stephen Harper veut régner en despote», a lancé la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, devant une foule hétéroclite de travailleurs, retraités, étudiants, hommes femmes et enfants.

Construire une solution de remplacement

«Oui, il faut s'indigner, mais il faut aussi freiner cet assaut contre la démocratie et construire une alternative qui repose sur l'appui de 62% de la population», a-t-elle dit, faisant référence aux votes recueillis par le Bloc, le NPD et les libéraux le 14 octobre dernier.

Le représentant du NPD, Thomas Mulcair, a tourné en dérision Stephen Harper et son utilisation de l'expression «séparatiste» dans la version anglophone de son discours à la nation, mercredi, au lieu du mot «souverainiste» dans la version francophone. «Avec Stephen Harper: Je vais me battre pour sauver les emplois se traduit par I am going to fight to save my job (je vais me battre pour sauver mon emploi)», a-t-il dit. «Il y a un mot qui se dit bien dans les deux langues: démocratie

La foule a applaudi avec enthousiasme ces paroles qui résonnaient souvent avec les propos des nombreuses personnes interrogées par La Presse. «Stephen Harper est une menace pour la démocratie. Il s'accroche au pouvoir par tous les moyens», s'est indigné hier Jean-Pierre Brodeur. Disant n'appartenir à aucune formation politique ou syndicale, François Millette était venu de Blainville «pour prouver que le mécontentement n'est pas seulement l'affaire des syndicats, mais de tous les citoyens». Il était accompagné de son fils de 11 ans, William, qui brandissait une pancarte faite le matin même pour décrier le «Quebec bashing» de Stephen Harper. «Ce qui se passe en ce moment va avoir un impact sur mon avenir», a dit le jeune homme d'un ton sérieux.

Quelques Ontariens, anglophones, étaient aussi du lot. «Harper agit comme si les bloquistes étaient entrés illégalement au Parlement, comme si le vote des électeurs québécois n'avait aucune valeur», a expliqué Marie-Lou Sutton, d'Ottawa.

Le militant souverainiste Gérald Larose croit que Michaelle Jean a posé un geste «totalement farfelu» en permettant l'arrêt de la session parlementaire. «Elle s'est prêté au jeu de quelqu'un qui avait perdu la confiance de la Chambre. C'est dégradant pour la démocratie

Les représentants des trois partis politiques fédéraux ont insisté sur la solidité de la coalition. Le chef du Bloc, Gilles Duceppe, soutient que la pause forcée des vacances de Noël n'aura pas d'effet sur la mobilisation des troupes, pas plus que les questions soulevées sur la présence de Stéphane Dion à la tête du Parti libéral. L'entente, a-t-il rappelé, a été signée entre des partis, plutôt qu'entre les chefs.

«La coalition est solide, elle a fait l'objet d'une pétition signée par tous les députés du Parti libéral», a aussi affirmé le libéral Denis Coderre.

Ailleurs au pays

Une manifestation similaire a réuni quelque 3000 personnes à Toronto, devant lesquelles Stéphane Dion et Jack Layton ont à leur tour lancé des appels à la mobilisation. Mais les partisans de Stephen Harper se sont aussi fait entendre bruyamment, hier. À Ottawa, 3000 personnes ont bravé un vent glacial pour manifester leur solidarité à l'endroit du gouvernement conservateur, contre 2000 à Calgary et quelque 200 à Halifax.

- Avec La Presse Canadienne

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9 décembre 2008 2 09 /12 /décembre /2008 15:55
La gauche souverainiste remonte fortement et les populistes de droite de l'ADQ s'effondrent malgré la réélection confortable de leur leader Mario Dumont (il démissionne de son poste de chef du parti).

Une majorité à l\'arraché

Jean Charest salue ses partisans réunis à Sherbrooke.Photo: André Pichette, La Presse

Denis Lessard
La Presse

C'est de justesse que Jean Charest a gagné son pari. Le Parti libéral l'a emporté hier et a décroché, à l'arraché, le mandat majoritaire qui lui avait échappé il y a 18 mois.

Une troisième victoire consécutive, c'est une première au Québec depuis Maurice Duplessis, en 1952. Mais c'est une bien courte majorité pour Jean Charest, qui a dû composer avec la performance surprenante du Parti québécois. M. Charest avait besoin de 63 sièges pour être majoritaire?; il en a obtenu 66. Cette récolte, bien maigre par rapport aux prédictions, est une véritable douche froide pour les stratèges libéraux, qui misaient sur plus de 70 circonscriptions. Le PLQ n'a recueilli que 42% des suffrages, moins que ce que prédisaient les sondages. Le PQ a obtenu de bien meilleurs résultats que prévu avec 51 sièges et 35% des voix, 7 points de mieux qu'en 2007. Pour l'ADQ, qui doit se contenter de 7 députés, c'est une descente en vrille, de 31 à 17% des votes. Son chef Mario Dumont a d'ailleurs annoncé hier soir sa démission comme chef du parti qu'il a fondé.

Autre première, Québec solidaire fait finalement son entrée à l'Assemblée nationale. À sa deuxième tentative, Amir Khadir a défait le péquiste Daniel Turp dans Mercier, huit ans après la fondation du parti de gauche par Françoise David.

Le taux de participation à ces élections, extraordinairement faible, aura fait mentir bien des augures. En dépit d'un vote par anticipation record la semaine dernière, seulement 57,3?% des Québécois se sont rendus aux urnes hier, le taux le plus bas depuis 1927. Le taux de participation avait oscillé de 78 à 70?% au cours des trois dernières élections générales.

Selon Jean Charest, les Québécois «ont reconnu la nécessité d'avoir un gouvernement de stabilité» en confiant un mandat majoritaire au PLQ. Devant les siens, à Sherbrooke, il a soutenu hier soir que, face à la «tempête économique» mondiale, l'élection de son gouvernement «permet de dégager un consensus» sur sa priorité?: l'économie.

Sans surprise, l'Action démocratique, qui avait obtenu 41 sièges il y a 18 mois, s'est effondrée. Son score est insuffisant pour que le parti soit reconnu à l'Assemblée nationale. Ses 17?% sont plus faibles d'un point que son résultat aux élections de 2003.

Devant cette déconfiture, Mario Dumont a sur-le-champ annoncé qu'il quitterait sous peu son poste à la tête du parti qu'il a fondé il y a 14 ans. «Les Québécois ont tranché, nous acceptons ce verdict. Dans ce contexte, j'assume devant les Québécois et nos candidats défaits toute ma responsabilité et vous ne serez pas surpris de m'entendre vous dire que je ne serai pas à la tête de mon parti lors des prochaines élections générales au Québec», a déclaré M. Dumont devant ses partisans à Rivière-du-Loup.

Il promet de rester «au cours des prochaines semaines» afin que la transition se passe sans heurts. «Le temps est venu pour moi de tourner la page et de retrouver les miens. L'ADQ a été aujourd'hui et demain un moteur de changement dont le Québec a besoin.»

Le PQ «a retrouvé sa fougue»

Avec Pauline Marois à sa tête, le PQ revient en force à l'Assemblée nationale. Mme Marois devient chef de l'opposition après avoir assuré à son parti une récolte étonnante de 51 sièges, comparativement à 36 en 2007.

«Les résultats vont surprendre plusieurs personnes...» a ironisé Mme Marois, triomphante. Elle a remercié ses troupes, galvanisées par les résultats. «On va former l'opposition officielle la plus forte depuis la Révolution tranquille», a-t-elle lancé. Le Parti québécois «a retrouvé sa fougue», a-t-elle insisté, relevant la «courte majorité» de Jean Charest.

«Il y aura un parti souverainiste à l'Assemblée nationale tant et aussi longtemps que la souveraineté ne sera pas faite», a-t-elle déclaré. Elle a toutefois invité ses supporters à «la nécessaire patience». «Aujourd'hui, on a monté une marche. La prochaine fois sera la bonne. Et ensuite, tout sera possible?!»

Le PQ récupère l'essentiel de la vingtaine de circonscriptions qu'il avait cédées à l'ADQ dans le 450, dans Lanaudière et dans les Laurentides aux élections de 2007.

Adéquiste en 2007, la circonscription baromètre de Saint-Jean ne retrouve pas son titre?: elle sera péquiste. Lisette Lapointe, la femme de Jacques Parizeau, conserve Crémazie. Les vedettes Bernard Drainville, Pierre Curzi et Camil Bouchard sont réélues. Louise Beaudoin vient les rejoindre. François Rebello, élu dans La Prairie, fera aussi son entrée à l'Assemblée nationale.

La totalité des ministres du gouvernement Charest ont été réélus, y compris Claude Béchard dans Kamouraska, qui combat actuellement le cancer. Pierre Corbeil, ministre défait en 2007, était en voie d'être réélu dans Abitibi-Est.

En fin de soirée, les libéraux avaient récupéré 13 circonscriptions des mains de l'ADQ, dont Portneuf et Bellechasse, en périphérie de Québec. Le PQ, lui, a fait un gain de 21 sièges, aussi aux dépens du parti de Mario Dumont.

L'ADQ a été repoussée dans ses retranchements à Québec et dans Chaudière-Appalaches. Plusieurs défaites sont douloureuses, dont celles de Sébastien Proulx, le leader parlementaire, qui a terminé troisième à Trois-Rivières, et de Gilles Taillon, qui a mordu la poussière dans Chapleau.

Les deux adéquistes passés au PLQ, Pierre Michel Auger dans Champlain et André Riedl dans Iberville, ont mordu la poussière.

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8 décembre 2008 1 08 /12 /décembre /2008 16:54

"Dans l’Apocalypse, la littérature est à l’œuvre"

[attention ne pas louper la petite pique à la fin - NDB]

Interview - Dans la série «L'Apocalypse» diffusée actuellement sur Arte, Mordillat et Prieur mettent un point final à une question fondamentale : comment une petite secte juive a pu devenir la religion de l’Empire romain.

Recueilli par CATHERINE CALVET et BÉATRICE VALLAEYS - Libération - samedi 6 décembre 2008

Gérard Mordillat (h.) et Jérôme Prieur, écrivains et cinéastes, nés respectivement en 1949 et 1950, ont l’habitude de travailler ensemble. Sur Antonin Artaud d’abord (un film, En compagnie d’Antonin Artaud en 1993). Avant de s’embarquer dans une grande enquête pour la télévision sur le christianisme : Corpus Christi(1997), L’Origine du christianisme (2003) et maintenant L’Apocalypse. Chaque série documentaire - en DVD chez Arte Vidéo - a été complétée par un livre au Seuil : Jésus contre Jésus (1999), Jésus après Jésus (2004) et Jésus sans Jésus (2008).

La dernière saison a commencé le 3 décembre et s’achèvera le 20 (chaque mercredi et samedi à 21 heures sur Arte). Mordillat et Prieur mettent un point final à une question fondamentale : comment une petite secte juive a pu devenir la religion de l’Empire romain.

Pourquoi vous êtes-vous lancés pendant quinze ans dans un travail sur le christianisme ?

Gérard Mordillat : On ne savait pas qu’on y consacrerait tant de temps. Quand on a terminé Corpus Christi en 1997, on pensait en avoir fini, heureux. Nous avons reçu une lettre d’un grand chercheur allemand qui louait notre travail et finissait par une remarque provocatrice : «Il serait temps pour vous de passer aux choses sérieuses : à Paul.» Nous avons fait l’Origine du christianisme. Nous étions arrivés au bout, mais il manquait deux heures ; nous avons continué de lire, de rencontrer des chercheurs et nous nous sommes dit qu’il fallait aller au bout. De quoi ? D’une phrase qu’on avait mise en exergue de nos travaux sans en mesurer la portée : «Jésus annonçait le Royaume et c’est l’Eglise qui est venue», d’Alfred Loisy. Nous avons donc fait tout le programme : Corpus Christi c’est Jésus, le Jésus historique, l’Origine du christianisme, c’est la séparation d’avec le judaïsme, et l’église qui est venue c’est l’Apocalypse. Au début, la phrase de Loisy était comme une énigme du Sphinx, elle nous a emmenés quinze ans plus tard.

Avez-vous une éducation religieuse ?

G.M. : Non, je ne connais le christianisme que par culture. Le premier livre que j’ai écrit concernait la réforme allemande, l’opposition entre Luther et Münzer (Thomas Münzer, chef religieux de la guerre des paysans au XVIsiècle) et je m’étais intéressé au fait qu’à ce moment-là de l’histoire, le discours religieux devient le vecteur du discours politique.

Jérôme Prieur : J’ai eu une éducation religieuse chez les oratoriens pendant mes études primaires et secondaires, mais cela ne m’a laissé qu’une sorte de vernis. Pour Gérard, les textes étaient probablement exotiques, moi, j’ai dû vaincre une sorte de tabou : considérer les textes sur le plan purement littéraire. J’avais lu Roland Barthes qui s’était essayé à faire de l’analyse structurale de récit appliquée aux Evangiles. J’ai découvert que les Evangiles inventaient quelque chose d’incroyable dans la littérature de l’Antiquité : on pouvait parler de façon noble d’événements triviaux.

G.M. : Mes goûts littéraires me portant vers la littérature anglo-saxonne, très naturellement j’ai été amené à lire ces textes pour mieux comprendre Joyce, Faulkner… Ce qui m’a intéressé, c’est le rapport de la littérature et de l’histoire. Car dans tous ces textes, la littérature est à l’œuvre. Dans tout le Nouveau Testament, cette approche par la littérature est essentielle, elle nous permettait de le lire, hors de toute perspective confessionnelle, dans un propos extrêmement laïc. On ne pouvait qu’applaudir des répliques comme celle, célèbre dans l’Evangile selon Jean : «Mon royaume n’est pas de ce monde.» Ou cet échange - de l’humour, j’en suis convaincu -, où Pilate demande à Jésus : «Es-tu le roi des Juifs ?» et que Jésus répond : «Tu l’as dit.»

Vous présentez cette histoire comme une histoire politique, comme si la politique de l’époque c’était la religion ?

G.M. : La politique et la religion sont indissociables durant les premiers siècles, du côté juif comme du côté romain. On a demandé aux chercheurs de dater l’an zéro du christianisme. Chacun a donné une réponse différente. Tantôt, c’est la naissance de Jésus ; tantôt, sa mort ou sa résurrection ; pour d’autres , c’est l’apôtre Paul, ou le règne de l’empereur Constantin. Pour nous, c’est la chute du Temple en 70.

Pourquoi la chute du Temple ?

G.M. : Car à partir du moment où le judaïsme ne se reconnaît plus dans la fréquentation d’un lieu sacré, quand il n’y a plus de temple, l’ensemble des courants juifs vont entrer en concurrence, pour savoir lequel a la juste lecture de l’histoire et est donc à même de guider le peuple. Pour les rabbins pharisiens, ce sera par la lecture d’un texte indestructible, la Torah. Le Temple est destructible pas le texte, donc c’est la lecture perpétuelle de ce livre qui vous met en contact avec Dieu, ce qui amènera le judaïsme rabbinique que l’on connaît aujourd’hui. Les partisans de Jean le Baptiste vont dire qu’il faut suivre un grand mouvement de repentance. Ceux de Jésus revendiqueront Jésus comme messie. Pour faire nombre, ces derniers vont s’ouvrir aux craignants-dieu, c’est-à-dire aux païens attirés par le monothéisme. Après 70, ils commencent à écrire des textes : les Evangiles sont des textes de propagande pour convaincre les autres juifs que Jésus est bien le messie. Des chercheurs, historiens, exégètes juifs lisent ces textes comme les meilleurs témoins de l’histoire du judaïsme dans les Ier et IIsiècles. Nous nous sommes situés dans cette perspective, ce qui nous a valu beaucoup d’injures. Aujourd’hui encore, pour nombre de chrétiens, affirmer que Jésus est juif, qu’il a toujours vécu sous la loi juive, sans autres horizons pour lui qu’Israël, est une chose provocatrice, irrecevable. Dire que le messie est Jésus, messie pour Israël, alors qu’Israël ne le reconnaît pas. Dire que Jésus n’a jamais appartenu à la religion dont il est la figure tutélaire est encore difficile à vivre.

J.P. : C’est dit dans une très belle citation de Joseph Klausner (1874-1958) rapportée par Amos Oz, son neveu : «Quand tu seras grand, mon cher enfant, tu liras le Nouveau Testament au nez et à la barbe de tes maîtres et tu t’apercevras que cet homme [Jésus] était de notre chair et de nos os, que c’était une sorte de "juste", de "thaumaturge", un rêveur dépourvu de toute compréhension politique, qui trouverait parfaitement sa place au panthéon des grands hommes d’Israël, près de Baruch Spinoza, qui mériterait également qu’on lève l’anathème dont il fut frappé.» (1)

Pour ceux qui viennent du paganisme, les craignants-dieu, il est difficile de devenir juif, il faut être circoncis, respecter des interdits alimentaires, sexuels, etc. C’est une manière de se mettre en marge de la société, or l’enjeu n’est pas seulement théologique mais aussi politique : les chrétiens aimeraient bien se faire reconnaître au sein de l’empire comme des citoyens normaux, au moins comme les juifs, c’est-à-dire bénéficier du statut des juifs de religio licita (religion licite). On tolère les juifs, les premiers monothéistes, parce que leur religion est ancienne et parce qu’ils ont des ancêtres. Cela va entretenir une rivalité théologique. Sans l’Ancien Testament, les écritures chrétiennes s’effondrent. Les Evangiles n’ont de sens que s’ils sont connectés avec la tradition juive. Jusqu’au milieu du IIe siècle, une série de mouvements chrétiens vont s’approprier les textes juifs. Ils se revendiquent comme les seuls lecteurs. Puis l’idée émerge que les chrétiens doivent avoir leur livre de référence: le Nouveau Testament.

Comment s’est opérée cette ouverture vers les païens ?

J.P. : Le premier parmi les judéo-chrétiens qui s’ouvre aux sympathisant du judaïsme, aux craignant-dieu, aux païens semble être Paul. Mais du vivant de Jésus c’est impensable. Dans l’Evangile de Mathieu, Jésus dit qu’il n’est venu que pour les brebis perdues de la maison d’Israël, pour les juifs. Une fois ressuscité, il dit à ses disciples d’aller enseigner toutes les nations. Donc l’évangéliste fait dire à Jésus que le mouvement a échoué à l’intérieur d’Israël, que le judéo-christianisme est une voie sans avenir et qu’il faut au contraire recruter hors du judaïsme. Il faut prendre acte d’une situation sociopolitique qui a évolué à cause de la destruction du Temple en 70. Les chercheurs disent qu’il n’y a pas un judaïsme au premier siècle, il y a des judaïsmes, comme il y aura plus tard des christianismes.

De quand date l’ambiance de fin du monde, tant attendue par les chrétiens ? Des apocalypse
s ont été écrites avant l’ère chrétienne ?

G.M. : C’est un point absolument essentiel, il faut lire le Nouveau Testament dans une perspective de la fin des temps. Apocalypse signifie révélation, lever le voile. La fin des temps, c’est aussi l’espoir : le retour en gloire du ressuscité qui viendra prononcer le jugement dernier, qui jugera les vivants et les morts et qui établira sur terre le royaume de dieu, un monde meilleur.

Surout un monde débarrassé de l’occupation romaine ?

G.M. : Bien sûr, là aussi la liaison politique et religieuse est indissociable. Pour les juifs occupés depuis Pompée (106-48 avant J.C.) c’est à la fois un territoire sous domination ennemie mais c’est surtout le symptôme de l’impureté d’Israël vis-à-vis de son Dieu : si une telle impureté est permise par Dieu, c’est qu’Israël a péché, thème récurrent de la littérature dans la Bible hébraïque.

On écrit énormément pendant l’Antiquité. A qui écrit-on et pour qui ?

J.P. : Il y a des lectures collectives au sein des différentes communautés. Les auditeurs sont plus nombreux que les lecteurs. La grande chance du christianisme c’est que cette littérature - importante et considérée comme sacrée a été globalement conservée, recopiées, transmise.

Les communautés chrétiennes discutent-elles entre elles ?

G.M. : Les auteurs de ces textes ne s’adressent pas à nous et il faut les lire dans cet esprit-là. Ce que les exégètes ont du mal à faire. Ils s’adressent d’autant moins à nous qu’ils sont persuadés que la fin des temps est imminente.

J.P. : Et qu’elle réunira Jésus et l’ensemble de ses disciples. Il a fallu trouver des accommodements avec le fait que cette fin des temps n’arrive pas. C’est pour cette raison que nous avons nommé notre dernière série l’Apocalypse comme une espèce d’étendard de ce qu’attendent les premiers chrétiens. Il faut transformer cette attente de l’apocalypse en autre chose qui va devenir l’église ou la Cité de Dieu pour reprendre la phrase de saint Augustin.

Il faut sans cesse trouver des accommodements. Ainsi, la question de la Sainte Trinité, qui peut mettre en doute le monothéisme chrétien, discutée au IVe siècle, est encore évoquée par Benoît XVI. L’affaire n’est-elle pas entendue ?

J.P. : La chose est entendue mais comme dit Flaubert dans Bouvard et Pécuchet : «Adorons sans comprendre» parce que justement le dogme trinitaire défie l’entendement. On peut le croire, mais il est impossible de l’expliquer rationnellement. Le problème de Benoît XVI est justement de vouloir concilier la foi et la raison. Il veut justifier le dogme rationnellement. Son texte, rhétorique, explique que la Trinité rompt avec le judaïsme et montre le croisement du christianisme avec la pensée grecque, il sort le christianisme de la tentation politique du judaïsme.

G.M. : C’est l’affirmation de l’autorité incontestable du pape : il défend l’institution. Les réactions d’hostilité à nos travaux ont toujours porté sur des questions dogmatiques. Prenons la virginité de Marie. Alors que tous les chercheurs disent qu’elle a eu d’autres enfants que Jésus, elle est dogmatiquement vierge. Les frères et sœurs de Jésus ou la croyance en la résurrection posent dogmatiquement autant de problèmes. Dans le dogme trinitaire, survit quelque chose du polythéisme, Dieu étant figuré par trois personnes.

Le succès du christianisme est incroyable vu toutes ses fragilités : une captation d’héritage vis-à-vis du judaïsme, un opportunisme extraordinaire au sein de l’empire romain et la présence d’un texte aussi judéo-chrétien que l’Apocalypse dans le Nouveau Testament…

J. P. : Au contraire, c’est toute la force du christianisme de profiter de ce qui lui préexistait, de le récupérer. Les historiens disent bien qu’avec les empereurs Constantin ou Théodose, on ne passe pas de la nuit au jour. Même s’il y a une christianisation officielle, le christianisme s’impose progressivement, le paganisme et le polythéisme ne disparaissent pas d’un coup. D’un point de vue anthropologique, le christianisme a récupéré nombre de rites païens, certains héros païens sont devenus des saints chrétiens. Le christianisme a digéré le paganisme de la fin de l’Antiquité.

Est-ce le signe d’une grande tolérance ?

G.M. : Pas vraiment, plutôt une capacité d’absorber tout ce qui peut servir. Il y a un christianisme pour les philosophes, les intellectuels et en même temps avec les mêmes références, un christianisme pour les païens, les paysans, les illettrés, le peuple.

Les premiers chrétiens dépensent beaucoup d’énergie à labelliser leur nouvelle religion sans jamais vouloir citer leurs sources. Peut-on parler de «mauvaise foi» notamment envers le judaïsme ?

G.M. : C’est la blessure qui ne se fermera jamais. Comment reconnaître Jésus comme Christ, comme messie du judaïsme dont il est un membre qui ne le reconnaît même pas comme tel. La force du christianisme est là aussi. On conserve les juifs dans les textes. On les conserve comme la figure de la surdité, de l’aveuglement. Sans cesse, on s’invente un adversaire pour mieux mettre en valeur ses propres qualités. Quand, dans l’Evangile de Jean, on fait dire à Jésus s’adressant aux juifs «vos lois», comme s’il n’en était pas lui-même, on se sert des juifs comme un repoussoir. A force d’instrumentaliser les juifs comme symbole du mal, l’antijudaïsme intellectuel et théologique se transformera en antisémitisme, la part la plus sombre et la plus terrible du christianisme des pogroms jusqu’à la Shoah.

Cela commence au IIsiècle avec Méliton de Sardes (apologiste grec) qui a inventé le peuple déicide. Alors que ce sont les Romains qui ont tué Jésus. On peut aussi citer les Homélies de Chrysostome (IVe siècle, archevêque de Constantinople, dit Bouche d’or) contre les juifs qui ont servi de ferment idéologique à tous les antisémites : elles ont été écrites pour lutter contre les chrétiens qui fréquentent indifféremment l’église ou la synagogue. Chrysostome fait un portrait à charge des juifs pour décourager les chrétiens d’aller à la synagogue. Comme disait l’un des chercheurs interviewés, Guy Stroumsa, il y avait concurrence entre les deux cinémas. Ensuite, ces textes seront sortis de leur contexte et on ne retiendra que les attaques terribles contre les juifs, qu’on verra reprises par Luther. Et comme l’écrit Karl Jasper, à propos des écrits de Luther : «Là, vous avez déjà l’ensemble du programme nazi.» Qu’est-ce qui est plus fort que l’écriture ?

J.P. : Ce sont souvent des textes d’une minorité. Leur situation minoritaire rend leurs propos d’autant plus violents. Tous les coups, tous les mots sont permis. Si, au IVe siècle, les intellectuels chrétiens avaient fait le travail d’exégèse un peu critique des textes, peut-être aurait-on évité les conséquences terribles de ces mots.

Vous rapportez aussi des infamies écrites sur les chrétiens à la fin du IIe siècle, qui rappellent ce qu’on entendra plus tard sur les juifs d’Europe de l’Est…

J.P. : Au IIIe siècle, ces rumeurs ne sont déjà plus d’actualité. On peut penser que les reprendre est une façon de discréditer ceux qui les ont proférées contre les chrétiens. Ce qui est sûr c’est qu’au IIe siècle, les chrétiens sont vus comme des gens bizarres, adeptes d’une superstition malfaisante, comme dit Tacite, venue d’Orient. On s’en méfie comme on se méfie aujourd’hui de certains groupes musulmans.

Comme pour vos précédentes séries, «l’Apocalypse» privilégie la discussion. Vous avez rencontré une centaine de chercheurs, en avez gardé cinquante. Ils ne sont jamais d’accord ?

G. M. : Les sources et l’intelligence critique étant ce qu’elles sont, on ne peut pas se laisser aller à conclure définitivement. Les chercheurs qui discutent dans nos séries remettent en cause leur propre pensée. Nous montrons un état de la recherche à un instant donné, comme un instantané de ce qu’était la recherche en 2008, au moment où on les a filmés. Ce ne sont pas des vérités éternelles, au contraire c’est une pensée en marche et c’est ce qui est passionnant. Nous ne voulions pas d’une suite de déclarations définitives, tel un cours magistral. On filme des hommes et des femmes qui acceptent cette chose très difficile, de réfléchir à voix haute. Donc de remettre en jeu leurs certitudes et de nous faire partager leurs doutes et leurs hypothèses. C’est ce que la télévision en général dénie au téléspectateur : un esprit critique. C’est là la pertinence de notre travail cinématographique.

Votre démarche est intellectuelle et sans foi. Arte vous donne douze fois 52 minutes pour cette série. Cette appétence pour l’histoire de la religion ne correspond-elle pas à une époque ?

J.P. : Nous n’aurions pas pu faire cette série dans les années 60 mais nous ne pourrions pas commencer ce travail aujourd’hui. La série s’adresse à tous, qu’on ait ou pas la foi. Les spécialistes sont prévenus qu’ils seront interviewés en tant qu’historiens ou exégètes, pas en tant que théologiens. Au moment de Corpus Christi l’idée du fait religieux commence seulement à émerger. Nous sommes un peu déclencheurs. On espérait d’ailleurs qu’après cela, l’histoire des religions serait enseignée à l’école, qu’on apprendrait à faire une critique des sources pour le Nouveau Testament comme pour le Coran, c’est le contraire qui se passe. On assiste depuis cinq, six ans à un resserrement du rapport à la religion. Il faut donner des gages aux religieux. Un communautarisme s’est installé. C’est mal vu de s’intéresser au christianisme si on n’est pas chrétien, ou au Coran si on n’est pas musulman. Chaque communauté a à gérer son histoire sainte. On retrouve la laïcité positive de Sarkozy : accepter de ne pas se mêler des religions. Dans ce domaine, il y a eu des épiphénomènes comme le Da Vinci Code. Idem pour le film de Mel Gibson, la Passion du Christ, qui était un moyen d’agiter le refoulé intégriste ou antisémite chrétien.

G. M. : Cela me fait penser à une scène extraordinaire dans les Nouveaux Monstres, film italien : on voit Vittorio Gassmann en évêque, il pleut, il se réfugie dans une église du Trastevere, un petit curé de gauche est en train de faire une lecture très sociale de l’Evangile. Soudain Gassmann fait de la reprise en main théologique, le curé est stupéfait et lui dit «mais Monseigneur, ce n’est pas dans les Evangiles» et Gassmann a cette réplique géniale : «Vous, vous n’avez pas vu le dernier film de Zeffirelli !» Le film de Mel Gibson a eu cet impact.

Ministre de l’Education, Lionel Jospin encourageait l’enseignement de l’histoire des religions à l’école laïque. Est-ce trop conflictuel ?

G.M : Il faudrait que les professeurs d’histoire acceptent de dire qu’ils ne savent pas, qu’ils ne peuvent qu’avancer des hypothèses, qu’il faut étudier les sources. Historiquement,, on peut dire que Jésus était juif et qu’il a été crucifié. Le motif de condamnation est intéressant : roi des juifs. Les juifs ne s’appelaient pas juifs eux-mêmes, donc c’est une accusation extérieure. Ceux qui ont exécuté Jésus étaient de l’extérieur, donc des Romains. Quant au message de Jésus, ce n’est pas qu’un message d’amour : «Ceux qui n’ont pas voulu que je règne égorgez-les en ma présence». Il y a donc un travail pédagogique qui peut-être passionnant. Il n’y avait pas de charpentier en Judée à cette époque. Je me souviens d’un débat sur la religion dans un lycée parisien, en présence d’élèves laïcs, chrétiens, musulmans, juifs… Il n’y a eu aucun problème, pourtant on a évoqué les origines judéo-chrétiennes de l’islam, expliqué comment, au début de l’islam, Mahomet se tournait vers Jérusalem pour prier. Jésus le précède.

Pensez-vous que des laïcs puissent être agacés qu’on parle tant de religion ?

G.M. : Certains ont peur qu’on tombe dans la bondieuserie, mais ils ont pu voir quenotre travail est le contraire.

J.P. : On a éveillé une curiosité. Personne ne l’avait fait à la télé avant nous. La sobriété de nos émissions est encore plus décalée qu’il y a dix ans car la télé a changé.

Vous faites plusieurs parallèles avec le Parti communiste…

J.P. : Les anachronismes permettent de mieux appréhender l’étrangeté de la période antique. L’anachronisme crée un court-circuit qui aide à comprendre que le saccage de Rome en 410 par les barbares, a un impact comparable à celui du 11 Septembre. L’inimaginable se produit. Cela permet d’introduire un peu de familiarité avec ces temps lointains.

G.M. : On établit aussi des comparaisons avec le Hamas ou le Hezbollah : le christianisme a mis en place très tôt un système d’entraide aux veuves et aux orphelins quelle que soit leur religion. Cela permettait de mieux pénétrer la société. La religion est populaire. Dans les années 50 le Parti communiste et l’Eglise s’affrontaient aussi sur ce terrain social.

Vous expliquez très bien comment l’Eglise a entretenu le mythe des martyres après que le phénomène est dépassé.

J.P. : C’est un moyen de rendre glorieux le passé, de le magnifier. C’est ce qu’on appelle la Légende dorée dans le livre de Voragine au XIVe siècle, alors qu’on pourrait accuser les chrétiens d’être devenus les persécuteurs, ils insistent sur les persécutions qu’ils ont eues à subir et ils se refont une image.

G.M. : Les franquistes font la même chose, en voulant béatifier leurs martyres pour minorer les répressions et les crimes monstrueux de Franco. Là ce n’est pas un anachronisme, c’est la même démarche qui se perpétue.

J.P. : De même pour Benoît XVI qui veut béatifier Pie XII au moment où on peut s’interroger sur le rôle du Vatican pendant la Seconde Guerre mondiale.

N’est-ce pas Jean-Paul II qui a lancé le processus de béatification ?

G.M. : L’un est polonais, l’autre allemand…

J.P. : Jean XXIII ne l’aurait pas fait.

G.M : La première décision de Jean XXIII, le lendemain de son élection a été de faire supprimer l’exécration perpétuelle des juifs prononcée tous les jeudis saints.

Ségolène est-elle le nouveau Paul ?

G.M. et J.P. : La Paulette du Parti socialiste ? Une Paulette qui d’ailleurs en pince pour l’épaulette (papa était militaire) et pour l’admonestation des fidèles, qui doivent s’aimer les uns les autres et voter pour elle sous peine de finir en enfer. Si c’est le cas, une question surgit quelle est l’épine qui lui travaille la chair ?

(1) Une histoire d’amour et de ténèbres, traduction de Sylvie Cohen, Gallimard, 2004.

Derniers ouvrages parus : Notre part des ténèbres, Gérard Mordillat (2008, Calmann-Levy) Roman noir, Essai sur la littérature gothique, Jérôme Prieur (Seuil, 2008).

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