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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube. J'anime aussi le groupe d'opposition municipale de gauche "Vivons Bezons" et je suis membre du groupe d'opposition de gauche ACES à la communauté d'agglomération Saint-Germain/Boucle-de-Seine.
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Gauche Républicaine & Socialiste

26 juin 2020 5 26 /06 /juin /2020 07:22

Dans le débat actuel et parfaitement légitime qui se développe sur le rapport des sociétés européennes et de leurs institutions au racisme et à ses causes profondes, j'ai été amené à rédiger cette note pour la Gauche Républicaine & Socialiste (et j'en éprouve une certaine fierté, que d'aucuns pourront trouver mal placée ... mais tant pis).

La République française a une approche particulière qui découle des choix initiaux qu'elle fit à sa création et sa re-création. Cela ne veut pas dire qu'elle ait été parfaite, qu'elle n'ai jamais commis de fautes - l'histoire prouve d'ailleurs le contraire -, mais que les fautes qu'elle a commises le furent quand elle s'est éloignée de ses propres principes.

Bonne lecture.

Frédéric Faravel 

Contre l'esclavage, le racisme, les discriminations : la République et son idéal !

Prolongeant la dynamique du mouvement d'indignation qui a saisi toutes les sociétés occidentales après le meurtre raciste de George Floyd aux États-Unis d'Amérique commis par un policier blanc de Minneapolis, le débat public et les manifestations s'étendent aujourd'hui plus largement à la question de la mémoire, de l'esclavage et des logiques structurelles qui nourrissent toujours dans notre société le racisme et les discriminations.

Une partie du débat et des happenings se cristallisent aujourd'hui sur les statues de personnalités d'époques diverses, que certains souhaitent déboulonner comme représentations symboliques d'une oppression raciste passée. Sans parler du cas particulier des États-Unis et de la mémoire de la Guerre Civile qui seule permit l'abolition de l'esclavage, la statue d'un commerçant esclavagiste britannique a été jetée dans la rivière à Bristol ; elle avait été érigée plusieurs siècles plus tôt pour le remercier d'avoir apporté la prospérité à la ville grâce au détestable « commerce triangulaire », la symbolique était ici particulièrement puissante.

Mémoires de France

En France aussi, les happenings militants se développent et le débat bat son plein. Si cela peut donner lieu à des caricatures, disons le la question n'est pas en soi illégitime. Il ne doit plus, heureusement, rester en France de statue, de rue ou d'avenue Pétain et plus aucun républicain ne lui rend hommage, le chef du régime défaitiste et collaborationniste qui trahit la France ayant effacé le « vainqueur de Verdun » (et sur cette dernière image d'Épinal, il y aurait beaucoup à dire). Pour s'émouvoir de la raréfaction des rues Adolphe-Thiers ou reprocher encore à Gustave Courbet d'avoir fait abattre la colonne Vendôme, il faut être un adorateur particulièrement zélé des « Versaillais ». Que notre pays évolue et choisisse au cours de son histoire et de l'évolution de sa société d'honorer telle ou telle figure est dans l'ordre des choses, mais nous sommes en démocratie et cela doit se faire lors d'un débat serein.

Si d'aucuns ont choisi de s'en prendre à la statue de Colbert devant l'Assemblée nationale ou exigent que l'on rebaptise la salle Colbert dans le Palais Bourbon car il aurait promulgué le « code noir », rappelons qu'il a promulgué une bonne partie des codes de l'époque, qu'il n'en est pas l'initiateur en tout cas pas plus que Louis XIV qui pourrait bien être visé par la même colère. Personne ne semble retenir que les fresques de la Salle des Conférences du Sénat racontent dans ce grand palais républicain une histoire de France quasi exclusivement monarchique et catholique, ce qui est pour le moins cocasse. De même personne ne songe sérieusement à réduire en cendres le Sacré Cœur, alors qu'il a été construit pour célébrer le massacre de la Commune de Paris et prévenir le peuple de la Capitale qu'il serait toujours surveillé par l'Église et l'Armée. Quand a contrario un buste du Général De Gaulle est vandalisé à Lille sous le prétexte de racisme ou que la statue de Jacques Cœur subit le même sort à Bourges (on peut s'interroger sur une opération de provocation volontaire en pleine campagne des élections municipales) en l'accusant de colonialisme, nous faisons face à de l'inculture et à une méconnaissance affligeante de notre histoire qu'il faudra réparer.

Évidemment, la France a une longue histoire, dans les siècles qui se sont écoulés on trouve le pire et le meilleur. Il faut savoir vivre avec et savoir la regarder sereinement et démocratiquement ; que les promoteurs de l'esclavage ou des militaires connus pour avoir perpétré des massacres de populations civiles dans l'hexagone ou en Outre Mer soient progressivement écartés ou que leurs méfaits soient rappelés ne devraient pas nous effrayer. Mais il est important qu'alors que nos commémorations symboliques peuvent évoluer nous ne jetions un voile sur tout ou partie de notre histoire : les régimes, gouvernements, monarques, ministres, généraux, etc. qui ont fait la France doivent être présentés aussi avec leurs zones d'ombre ; l'histoire de l'Outre Mer où vivent plusieurs millions de nos concitoyens mériterait elle aussi d'être valorisée, enseignée aussi bien dans la Creuse qu'à Fort-de-France.

La République face à l'histoire

L'esclavage – en quelques époques ou lieux que ce soit – ne peut apparaître à un républicain et un humaniste sincère que comme une abjection morale. Il laisse des traces profondément dans les sociétés qu'il a blessées et parfois plusieurs générations après. Quiconque veut bien être un peu observateur constatera que c'est encore le cas à bien des égards en Martinique, Guadeloupe ou à la Réunion, où la stratification économique et sociale ou même certains comportements portent encore l'héritage de l'esclavage. Clemenceau, journaliste pour Le Temps, s'était rendu aux États-Unis d'Amérique après la victoire de l'Union sur la confédération, il avait vu l'horreur des conséquences de l'esclavage même après son abolition, il en était revenu profondément anticolonialiste.

Révolte et indépendance d'Haïti

Révolte et indépendance d'Haïti

Or l'un des premiers actes de notre pays en devenant République fut de rompre symboliquement avec cette pratique abominable. La République française s'est constituée en abolissant l'esclavage, une première fois en 1794, et l'un des premiers actes du gouvernement provisoire qui établit la Deuxième République en 1848 c'est à nouveau l'abolition de l'esclavage et la création pour la première fois en droit positif dans le monde occidental de la notion de crime contre l'humanité, puisque le citoyen français qui continuerait à posséder et/ou à acheter des esclaves serait déchu de sa nationalité française. Qui se souvient de cela ? Qui se souvient que la proclamation devant la face du monde de l'aspiration à l'égalité par la Nation française avait bien dès le départ cette portée universelle puisqu'elle s'adresse à tous les êtres humains quelle que soit leur couleur de peau ? C'est dire combien les attaques récentes contre la mémoire de Victor Schoelcher, père de l'abolition, sont absurdes. Cela ne doit par contre pas effacer une réalité historique et politique qui est trop peu enseignée, voire pas du tout : l'abolition n'est pas un cadeau accordé dans un élan de pure générosité humaniste ; si l'abolition put être décidée (avec le compromis qu'on trouverait aujourd'hui aberrant sur l'indemnisation des propriétaires) c'est aussi la conséquence des nombreuses révoltes d'esclaves à la Martinique et à la Guadeloupe, notamment, et de la lutte réussie pour l'indépendance d'Haïti. L'abolition répondait donc aussi à un rapport de force et des intérêts bien compris. L'ensemble de cette histoire, plus complexe que l'image d'Épinal qu'en fit plus tard la IIIème République, mériterait d'être rappelée et enseignée.

Si l'idéal républicain est donc bien universaliste et égalitaire, la République n'est pas acquise une bonne fois pour toute. Napoléon Bonaparte au moment d'établir le Consulat – qui était déjà une forme d'abolition de la République – rétablit l'esclavage en Guadeloupe avec une répression féroce (la Martinique occupée par les Britanniques ne connut jamais cette première abolition) et tenta de reconquérir Haïti pour y rétablir l'esclavage. La motivation profondément raciste de ce personnage pourtant illustre de l'histoire de France ne fait pas de doute. Ainsi lorsque nous enseignons l'Histoire du Consulat et de l'Empire, notre récit national devrait sans doute célébrer l'instigateur du code civil, mais peut-être brosser aussi le portrait moins flatteur du dirigeant raciste d'un régime très autoritaire et intrusif, qui mit souvent pour de mauvaises raisons l'Europe à feu et à sang (revers de la médaille de la gloire militaire temporaire qu'on lui attribue). La République fut également progressivement subjuguée par un autre Bonaparte ; les missi dominici de Napoléon le Petit imposèrent ainsi un régime particulièrement oppressif pour les Antillais et Réunionnais que la Deuxième République venait de libérer de l'esclavage. Ce régime se perpétua d'ailleurs au-delà de la chute du Second Empire, il ne tomba réellement qu'avec départementalisation de 1946 et l'action publique ne cesse depuis de corriger petit à petit les séquelles de cette histoire.

Ce tableau mettant en scène la lecture publique aux Antilles du décret abolissant l'esclavage est typique de cette image d'Epinal sur la "générosité" de la Métropole alors que la réalité pratique avant et après fut toute autre... ce hiatus avait été parfaitement "recontextualisé" dans une exposition magnifique du Musée d'Orsay voici quelques mois sur "Le modèle noir de Géricault à Matisse"

Ce tableau mettant en scène la lecture publique aux Antilles du décret abolissant l'esclavage est typique de cette image d'Epinal sur la "générosité" de la Métropole alors que la réalité pratique avant et après fut toute autre... ce hiatus avait été parfaitement "recontextualisé" dans une exposition magnifique du Musée d'Orsay voici quelques mois sur "Le modèle noir de Géricault à Matisse"

Si l'idéal républicain est bien universaliste et égalitaire, les gouvernements de la République et ceux qui les dirigent ne sont pas parfaits et peuvent même avoir commis des fautes. On peut établir que l'esclavage et la colonisation naissent de concert. Pour soutenir l'idée de l'esclavage, il faut évidemment soutenir l'idée d'une inégalité entre les Hommes, l'existence de races inférieures et supérieures. Les premières colonies antillaises et africaines sont ainsi totalement liées à l'histoire de l'esclavage. La poursuite de la colonisation après l'abolition symbolique de l'esclavage est héritière de cette idée que les peuples colonisés seraient de ces « races inférieures » et l'Européen, le Français, serait donc légitime à les dominer. La colonisation porte ainsi un message radicalement opposé à celui de la République. Comment plaider la cohérence d'une France républicaine qui puisse prétendre diriger des territoires et des populations auxquelles elle refuse les bénéfices des droits qu'elle proclame pour toute l'humanité ? En Algérie, seule véritable colonie de peuplement française (considérée comme partie intégrante du territoire national dès les années 1880), le code de l'indigénat impliquait des peines spéciales décidées par l'administration coloniale pour les Algériens, qui bien que Français ne bénéficiaient pas pleinement de la citoyenneté. Il n'est pas possible d'arguer après coup que c'était une autre époque et qu'il serait inapproprié de mesurer la fin du XIXème siècle et le début du XXème siècle avec les lunettes de 2020 : les débats politiques et parlementaires sur la pertinence de l'aventure coloniale, tant du point de vue philosophique que pratique, furent particulièrement vifs. On l'a dit, des Républicains radicaux comme Clemenceau étaient profondément anticolonialistes, mais certains nationalistes ou monarchistes voyaient également dans la colonisation une diversion par rapport à la « nécessaire » préparation de la revanche sur l'Allemagne, quand l'inventeur de l'école républicaine obligatoire, gratuite, publique et laïque – Jules Ferry – fut un colonialiste convaincu. Jean Jaurès qui commença sa carrière politique à l'ombre de ce dernier devint ensuite tout à la fois socialiste et anticolonialiste, mais il faut dire que la vigueur anticolonialiste concrète de la SFIO s'effaça rapidement après son assassinat. Charles De Gaulle, envoyé dans les années 1930 en mission au Liban, rédigea lui-même une note indiquant que de tels régimes supposant que des peuples soient ainsi mis sous tutelle étaient déjà anachroniques et qu'il était dans le sens de l'histoire qu'ils prennent leur indépendance. De quoi éclairer sous un jour particulier l'action qu'il mena quelques trente années plus tard (après avoir compté sur « l'empire » comme base arrière de la France Libre), qui est elle-même percluse de multiples contradictions.

La Guerre d'Algérie... une guerre civile des deux côtés de la Méditerranée

La Guerre d'Algérie... une guerre civile des deux côtés de la Méditerranée

L'universalisme républicain en acte

La République et son idéal font ainsi souvent les frais des rapports de force politiques, quand ce n'est pas plus prosaïquement et banalement la conséquence de « petits jeux politiciens ». La République est un combat ; on ne peut tenir notre devise Liberté – Égalité – Fraternité pour acquise du simple fait qu'elle serait énoncée. Comme socialistes, nous connaissons bien les logiques inégalitaires à l'œuvre en économie capitaliste qui ne plient ou reculent que sous l'effet du rapport de force politique et social que l'on construit (ou pas). Pourquoi serait-ce différent pour les inégalités et discriminations fondées sur l'origine, la couleur ou la religion supposée ? Pourquoi serait-ce différent quand les Libéraux et le monde capitaliste instrumentalisent également les enjeux d'identité pour réduire la personne à l'individu, pour diminuer d'autant la capacité des travailleurs à s'organiser collectivement en les dressant les uns contre les autres en fonction de leurs origines ? Pourquoi serait-ce différent quand les discriminations liées à l'origine croisent les inégalités économiques et sociales ?

D'ailleurs en d'autres points du globe, ce type de processus a été parfaitement utilisé, y compris à des fins économiques, entre des populations différentes que ne séparaient pas la couleur de peau : l'opposition au sein de la classe ouvrière d'Irlande du Nord entre Unionistes et Nationalistes (Protestants et Catholiques) grâce à l'encouragement du sectarisme est un modèle du genre.

Raison de plus pour ne pas se laisser piéger par des concepts ambigus ou même pervers. Ainsi la notion de « privilège blanc » (expression popularisée par une écrivaine de talent et à succès mais dont on peut s'interroger sur son sens des réalités) peut évidemment être comprise, dans une certaine mesure, s'il s'agit de désigner cette situation où, par le fait d'être blancs, certains d'entre nous ont accès facilement à un logement, un emploi, à un certain nombre de choses sans même nous en rendre compte. Mais cette notion, même si on peut en comprendre l'intention (chez certaines personnes de bonne foi), est viciée à la base car le concept de « privilège » renvoie à quelque chose qu'il faudrait en principe abolir. Or, le souci aujourd'hui n'est pas de savoir si les « blancs » doivent avoir accès facilement à un logement, etc. ou s'il faudrait leur retirer cette capacité, alors même qu'elle n'est pas l'apanage de tous les « blancs ». Cette façon de penser est même quelque part une manière de réinvestir le principe de « hiérarchie des races », entre les « blancs » qui auraient (forcément) une vie merveilleuse et « les autres ». La question c'est de se demander pourquoi d'autres n'ont pas accès, pourquoi nous tolérons encore que dans les faits de telles discriminations perdurent concrètement ; la question est de se demander – lorsqu'on a constaté qu’il y a des gens, en raison de leur couleur, de leur religion, de leur sexe, de leur orientation sexuelle, de leur handicap, pour lesquels l’exercice des droits humains est soit tronqué, soit inexistant – comment il faut agir pour faire reculer puis mettre fin concrètement à cette rupture d'égalité. Car à nouveau ce que l'universalisme républicain nous rappelle c'est bien l'unité de l'humanité, l'égalité entre tous les Hommes, en cela il n'est en rien un concept évanescent et surplombant comme le prétendent certains militants différentialistes ou intersectionnalistes. L'universel ne relève pas d'une sorte de dogme surplombant, d'un ensemble de principes qu'on accepte tels quels. L'universel c'est une aspiration qui est toujours en construction, qui est traversée d'une réflexion sur les façons de faire progresser ces aspirations universelles. L'universalisme républicain devient concret lorsqu'il existe une volonté politique pour le mettre en œuvre.

Ainsi, après la démonstration que nous venons de faire, si l'expression de racisme d'État nous semble impropre dans la République française, le débat sur la définition de « racisme structurel » peut être entendu mais doit faire l'objet de beaucoup de précautions. Le Défenseur des Droits vient de pointer une politique systématique dans un arrondissement de Paris d'arrestations de personnes de couleur ; il considère ici qu'il ne s'agit plus de l'acte d'un individu mais d'une structure, il a également pointé le fait que ses interpellations sur les dysfonctionnements de l'institution n'avaient pas reçu de réponses depuis 5 ans. Soyons clairs, il existe en France une politique ou une stratégie particulière qui a des effets de « racisme institutionnel », c'est celle qui préside aux contrôles d'identité. C'est un cas particulièrement choquant : toutes les études montrent que lorsque vous êtes jeunes, noirs ou d'origine maghrébine, vous avez 10 à 20 fois plus de « chances » d'être contrôlés : cela signifie que 3 ou 4 fois par jour au bas mot une personne issue de ces catégories peut-être contrôlée, ce qui explique aisément un sentiment de ras-le-bol, de révolte et parfois les propos et les actes qui vont avec (avec les conséquences que l'on peut imaginer). Cette pratique s'apparente donc à une peine administrative appliquée à une catégorie de la population qui doit justifier plus que d'autres de son appartenance à la Nation, du fait de son apparence … et cela devant ses amis, devant ses proches, devant les collègues de travail qui eux ne seront pas contrôlés, et le fait que cela se passe également parfois sans témoin n'en diminue pas l'ineptie. Les justifications prétextées pour cette pratique discriminante sont de deux ordres : l'immigration irrégulière et le trafic de stupéfiant... Notre police est affectée pour une trop grande part au contrôle et à la répression du commerce et de la consommation d'une drogue qui est aujourd'hui légale au Canada et dans de nombreux États européens et des USA : la marijuana. Ces policiers doivent être affectés à des tâches autrement plus importantes pour l'ordre public, notre sécurité et la concorde civile. Avec cette réforme, l'essentiel des contrôles d'identité et leur justification tendancieuse disparaîtraient. La fin de cette stratégie de fait des contrôles d'identité discriminatoires auraient également pour conséquence de participer à la modification de l'état d'esprit d'une partie des forces de police, à qui la hiérarchie impose de fait une façon de penser qui s'éloigne des principes républicains.

campagne publique contre le contrôle au faciès

campagne publique contre le contrôle au faciès

Notons aussi que le choix des hommes compte sur ce chemin semé d'embûches. Dans la suspicion qui existe entre une partie de la population et les forces de l'ordre, le problème ne vient pas directement des policiers, mais de la stratégie qu'on leur demande d'appliquer. Les hommes comptent dans ces matières : M. Papon était dans les années 1960 Préfet de police de Paris ; sous son autorité ont eu lieu le Massacre de Charonne (8 février 1962, 9 morts et 250 blessés) et celui des manifestants pro-FLN du 17 octobre 1961 (pas moins de 200 morts). Le Préfet Grimaud qui lui a succédé avait une toute autre politique en matière de maintien de l'ordre, il est évident que de nombreux manifestants de Mai-68 doivent la vie à ce changement de préfet. À un moment, il y a la responsabilité des chefs qui donnent des consignes et des stratégies, et les policiers ne sont souvent que des agents qui doivent obéir aux ordres qui leur ont été donnés (tant qu'ils ne sont pas illégaux). Rappelons le courrier adressé à ses troupes par le Préfet Grimaud le 29 mai 1968 : « Frapper un manifestant tombé à terre, c'est se frapper soi-même en apparaissant sous un jour qui atteint toute la fonction policière. Il est encore plus grave de frapper des manifestants après arrestation et lorsqu'ils sont conduits dans des locaux de police pour y être interrogés. Je sais que ce que je dis là sera mal interprété par certains, mais je sais que j'ai raison et qu'au fond de vous-mêmes vous le reconnaissez. » La hiérarchie, l'administration républicaine et ses cadres se doivent en tout temps et toute circonstance d'impulser un discours, des consignes et des stratégies conformes à l'idéal républicain, si l'on veut que l'ensemble des représentant de l'État en toute matière (et pas seulement en ce qui concerne la sécurité et le maintien de l'ordre) agisse selon les principes républicains.

L'éducation est aussi un terrain à réinvestir. Nous avons insisté plus haut sur l'enseignement de l'histoire, sur un récit national qui prenne mieux en compte la diversité du peuple français, qui tienne compte avec raison des faces sombres et lumineuses de notre pays. Faire face à notre histoire avec réalisme est la meilleure manière de renforcer l'unité de la communauté nationale. Il faudra donc revoir notre enseignement de l'esclavage et de la colonisation, l'enseignement des l'histoire de l'Outre Mer et des pays qui ont été si fortement liés, pour le pire mais parfois aussi le meilleur, au nôtre avant de prendre leurs indépendances. Le fait que l'immigration algérienne se soit poursuivie – dans des proportions importantes – après 1962 montre également que la France était capable de dépasser la guerre civile qu'elle avait subi et fait subir des deux côtés de la Méditerranée. Il ne faut pas non plus oublier les conditions souvent indécentes dans lesquelles beaucoup de travailleurs maghrébins puis leurs familles furent reçus, ou plutôt parqués. Une histoire de l'immigration doit donc être intégrée au récit national, en ayant à l'esprit que le fait que celle-ci depuis les années 1960 provienne très majoritairement de pays dont les populations ont été dominées par la France modifie quelque peu la manière dont nous pouvons atteindre les objectifs républicains d'assimilation et d'intégration que nous avons appliqués aux immigrations précédentes. Au demeurant nous récusons l'idée parfois avancée (au comptoir du café du commerce) que si les Italiens, Polonais, Yiddish, Espagnols ou Portugais ont subi un forme de « bizutage », il serait tolérable que les immigrations maghrébines et subsahariennes le subissent aussi.

Enfin, la crise sanitaire que nous venons de subir a de nouveau démontré les discriminations de tout ordre dont font l'objet des habitants de certaines parties de notre territoire. La Seine-Saint-Denis a enregistré ainsi un niveau de contamination, de décès et de verbalisation (cf. notre paragraphe sur le contrôle au faciès) plus important que la moyenne nationale. On sait parfaitement que ce département compte aujourd'hui de très nombreux habitants d'origine méditerranéenne, subsaharienne et chinoise. Les statistiques ethniques réclamées par certains – en prenant le risque de figer les identités – n'apporteraient rien de nouveau et d'utile à l'action publique. La sous dotation médicale ou en services publics de ce territoire est ancienne et n'est pas liée à la nature de son peuplement actuel mais l'a précédé. Le déficit d'égalité de la Seine-Saint-Denis s'est donc creusé au fil des décennies ; il a commencé à le faire selon une logique que nous qualifierons de « méfiance » à l'égard de « classes laborieuses » considérées comme des « classes dangereuses ». L'installation des familles de travailleurs immigrés à la sortie des bidonvilles dans lesquels ils étaient cantonnés parfois jusque dans les années 1970 n'a fait que renforcer cette discrimination territoriale, dans un territoire frappé dès le début des années 1980 par une violente désindustrialisation. Ici encore l'inégalité économique et sociale rejoint la problématique des discriminations « ethniques » et celle de la ségrégation géographique. Le retour à une « Politique de la Ville » digne de ce nom (elle a fini d'être mise en lambeau sous le quinquennat de François Hollande), parallèle à un renforcement massif des services publics et des politiques de droit commun pour ramener ces territoires à l'égalité républicaine, ou un renforcement des contrôles et des sanctions pénales en matière de discrimination à l'embauche et dans l'emploi, est une urgence absolue.

* * *

La République est un combat. La réalisation de la promesse de l'universalisme républicain est un combat. Elles ne peuvent se satisfaire de notre immobilisme ; pour faire un peu de provocation, détournons dans cette conclusion le fameux slogan maoïste : « La République est comme une bicyclette : quand elle n'avance pas, elle tombe ! »

La République est née en rejetant radicalement l'esclavage et le racisme, en proclamant l'égalité humaine à toute l'humanité. Notre pays n'a pas besoin d'accommodements, de négociations, de tractations, de privilèges : il a besoin d'égalité et de République. Plus que jamais ! La concrétisation de notre idéal ne va pas de soi et dépend des actions que nous aurons la volonté et le courage de mettre en œuvre : au travail !

Jérôme Rodrigues, une des voix des Gilets Jaunes, exfiltré d'une manifestation après avoir été gravement blessé par un tir de LBD

Jérôme Rodrigues, une des voix des Gilets Jaunes, exfiltré d'une manifestation après avoir été gravement blessé par un tir de LBD

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19 juin 2020 5 19 /06 /juin /2020 10:45

NOUS SOMMES SOCIALISTES et nous aimons Bezons. Nous nous sommes engagés pour notre ville. Dès la campagne du 1er tour des élections municipales, nous avons fait le choix de soutenir Dominique Lesparre. Sa liste est arrivée en tête. Nous sommes plus que jamais convaincus que ce choix est le bon !
Depuis, les autres listes ont commis des tractations lamentables. Nous vous avions prévenus dès décembre qu'il n'y avait rien à attendre de Mme Nessrine Menhaouara ; elle vient à nouveau de le démontrer.
Motivée par ses seules ambitions personnelles, elle a fusionné avec la liste soutenue par le parti de Macron et une partie de la droite. Cette élue sortante qui a soutenu tous les projets municipaux qu'elle dénonce a ainsi vendu ses « convictions » pour tenter d'accéder au pouvoir. Elle n'a pas d'autres motivations et ce sont les Bezonnais.e.s qui en feront les frais.

Pour Bezons nous voulons :
 Une ville de gauche qui porte toujours haut ses valeurs de solidarité : cantine gratuite pour tous, plus de moyens pour le centre d’action sociale, maison des Femmes, moyens aux associations renforcés ;
 Une ville qui continue à se moderniser, où on pourra faire ses courses, se divertir, s’épanouir, faire du sport, boire un verre ou aller au restaurant entre amis ;
 Une ville qui donne sa place à chacun : logement pour tous, privé et social, de qualité, nouvelles crèches, écoles rénovées ;
 Une ville qui rayonne, attirant de nouvelles entreprises, de nouveaux emplois dont pourront bénéficier tous les Bezonnais ;
 Une ville qui poursuit sa transition écologique, avec de nouveaux espaces verts et un parc Bettencourt rénové, de nouvelles pistes cyclables, des bâtiments neufs aux dernières normes écologiques.

LE 28 JUIN 2020, PAS D'HÉSITATION, PAS DE DISPERSION, POUR UNE VILLE SOLIDAIRE, DYNAMIQUE & PLUS VERTE,

VOTONS « AVEC DOMINIQUE LESPARRE, VIVONS BEZONS »

Pierre BORDAS, conseiller municipal et ancien adjoint au maire ; Philippe NGWETTE, ancien adjoint au maire et ancien secrétaire de la section PS de Bezons ; Martin LOLO, adjoint au maire ; Philippe CLOTEAUX, ancien adjoint au maire ; Marie-Christine PASQUET-GRELET, ancienne conseillère municipale ; Farid BERKANE, ancien adjoint au maire ; François MOTAY, ancien conseiller municipal ; Martine COURBEZ, ancienne conseillère municipale ; Patrick BREUNEVAL, ancien conseiller municipal et ancien secrétaire de la section PS de Bezons ; Idriss BROUKSY, ancien conseiller municipal ; Marie-Lucile FAYE, ancienne conseillère municipale ; Luabeya MUTAMBAYGaétan GUIBERT et Yves GRELET, militants socialistes ; Frédéric FARAVEL, ancien membre du conseil national du PS et coordonnateur national adjoint des pôles thématiques de la Gauche Républicaine & Socialiste...

téléchargez le tracts des socialistes de Bezons pour soutenir la liste de Dominique Lesparre

tract des socialistes pour soutenir la liste "Avec Dominique Lesparre, vivons Bezons !" (juin 2020)
tract des socialistes pour soutenir la liste "Avec Dominique Lesparre, vivons Bezons !" (juin 2020)

tract des socialistes pour soutenir la liste "Avec Dominique Lesparre, vivons Bezons !" (juin 2020)

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11 juin 2020 4 11 /06 /juin /2020 16:17
Dans 17 jours, nous voterons pour les élus qui auront la tâche de nos représenter pendant 6 ans au Conseil municipal. C'est un enjeu important. Vous pouvez encore apporter votre soutien et votre enthousiasme, pour participer à la dynamique autour de la liste Avec Dominique Lesparre, Vivons Bezons, en cliquant en dessous : vous voulez une ville de gauche qui soit toujours solidaire, qui ne trahisse pas ses valeurs, qui ne sombre pas dans les magouilles, qui ne se transforme pas en cauchemar macronien ? Rejoignez nous !
Rejoignez Vivons #Bezons ! #Municipales2020
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11 juin 2020 4 11 /06 /juin /2020 08:53

Je publie ci-dessous le texte élaboré par la Gauche Républicaine & Socialiste face à la saine prise de conscience globale sur les violences policières et les actes racistes. Je veux cependant apporter mon analyse en introduction à ce texte, intéressant car il permet d'élargir la réflexion au-delà des seuls cas américains et français, pour montrer l'universalité des questions qui sont posées à nous et mettre ainsi à mal les aveuglements volontaires de certains de nos responsables.

Ainsi la mobilisation consécutive à l’assassinat de George Floyd à Minneapolis est nécessaire et salutaire. Elle couvre aujourd’hui toutes les démocraties occidentales et européennes et c’est heureux. Rien ne serait pire cependant qu’elle soit conduite par certains (volontairement) dans une impasse, où l’on n’entendrait plus que le dialogue de sourds entre certains syndicats de policiers – qui ne voudraient jamais remettre en cause des pratiques dévoyées au prétexte qu’attaquer les pommes pourries dans l’institution reviendrait à abattre l’institution elle-même – et certains groupuscules différentialistes – qui profitent de la défaillance de l’institution à reconnaître ses torts et à changer ses pratiques pour imposer dans une partie du public une idéologie raciste issue des dérives mal digérées une minorité de la gauche radicale américaine et mette en cause la République...

La République seule est la réponse : les principes édictés en France dès 1794 (abolition de l'esclavage attachée à la construction même de la République) et 1848 (nouvelle abolition de l'esclavage et définition de celui-ci pour la première fois en Europe et en Amérique comme étant un crime contre l'Humanité) en sont la preuve. Le fait qu’ils aient été trahis à de multiples reprises (soit parce que la République avait été mise à bas, par le consulat de Bonaparte en 1798, par le coup d'Etat de son neveu en 1851 pour établir le Second Empire ; soit parce que les gouvernements républicains eux-mêmes se fourvoyaient, avec la colonisation et les guerres de décolonisation notamment) ne les rendent pas moins pertinents. Les gouvernements et les Hommes politiques sont faillibles, c’est donc de la responsabilité des forces républicaines – a fortiori à gauche – d’assurer la mobilisation permanente pour garantir que les actes de l’institution soient fidèles aux principes républicains. Il est de notre responsabilité de tout faire pour que la Liberté, l’Égalité et la Fraternité soient des réalités concrètes et vécues par chacun de nos concitoyens : la tâche est immense car dans tous les domaines – économiques, sociaux, lutte contre les discriminations, accès à la culture et à l’éducation, égalité femmes-hommes – nous sommes loin du compte ! Des décennies de dérives libérales ont conduit à des dégâts immenses dans la vie quotidienne de nos concitoyens, ont aggravé tous les processus de rupture d’égalité, ont donné du grain à moudre à tous ceux qui haïssent la République (qui est la seule manière dont je conçois la France)...

Sur la question des seules violences policières, après avoir contribué fortement à leur aggravation, l’actuel gouvernement semble avoir pris conscience de la déchirure voire du gouffre qui s’ouvrait devant tous les représentants de la puissance publique ; mais il est resté au milieu du gué (sans doute terrifié de devoir affronter quelques intérêts pour consolider et rénover l’institution policière, car les représentants de ces intérêts sont souvent le dernier rempart physique de ce gouvernement dont l’assise politique a toujours été faible et se réduit chaque jour) et devra proposer plus que quelques belles paroles.

Ainsi, si l'expression de racisme d'Etat est donc impropre en France, le débat sur la définition de "racisme structurel" peut être entendu mais doit faire l'objet de beaucoup de précautions. Le Défenseur des Droits vient de pointer une politique systématique dans un arrondissement de Paris d'arrestations de personnes de couleur ; il considère ici qu'il ne s'agit plus de l'acte d'un individu mais d'une structure, il a également pointé le fait que ses interpellations sur les dysfonctionnements de l'institution n'avaient pas reçu de réponses depuis 5 ans. Soyons clairs, il existe en France une politique ou une stratégie particulière qui a des effets de « racisme institutionnel », c'est celle qui préside aux contrôles d'identité. C'est un cas particulièrement choquant : toutes les études montrent que lorsque vous êtes jeunes, noirs ou d'origine maghrébine, vous avez 10 à 20 fois plus de « chances » d'être contrôlés : cela signifie que 3 ou 4 fois par jour au bas mot une personne de ces catégories peut-être contrôlée, ce qui explique aisément un sentiment de ras-le-bol, de révolte et parfois les propos et les actes qui vont avec (avec les conséquences que l'on peut imaginer). Dans un article, Patrick Weil avait comparé cette situation au code de l'indigénat, qui impliquait des peines spéciales décidées par l'administration coloniale pour les Algériens, qui bien que Français ne bénéficiaient pas pleinement de la citoyenneté du temps de l'Algérie coloniale. Cette pratique s'apparente donc à une peine administrative appliquée à une catégorie de la population qui doit justifier plus que d'autres de son appartenance à la Nation, du fait de son apparence … et cela devant ses amis, devant ses proches, devant les collègues de travail qui eux ne seront pas contrôlés, et le fait que cela se passe également parfois sans témoin n'en diminue pas l'ineptie. Les justifications prétextées pour cette pratique discriminante sont de deux ordres : l'immigration irrégulière et le trafic de stupéfiant... Notre police est affectée pour une trop grande part au contrôle et à la répression du commerce et de la consommation d'une drogue qui est aujourd'hui légale au Canada et dans de nombreux Etats européens et des USA : la marijuana. Ces policiers doivent être affectés à des tâches autrement plus importantes pour l'ordre public, notre sécurité et la concorde civile. Avec cette réforme, l'essentiel des contrôles d'identité et leur justification tendancieuse disparaîtrait. Les fonctionnaires de polices et de gendarmerie ont par ailleurs des moyens matériels et logistiques qui leur manquent cruellement pour faire leur métier correctement ; ils ont besoin d'effectifs suffisants et d'une autre répartition de ceux-ci (car si une certaine gauche dénonce la création de plusieurs milliers de postes de policiers ces derniers elle fait fausse route, le problème n'est pas leur création mais là où ils sont affectés, et pour quelles missions).

La crainte d'une partie du public à l'égard de la police s'est également accrue avec la modification des méthodes de maintien de l'ordre depuis plusieurs années, alors qu'auparavant elle était considérée comme un modèle en Europe et aux Etats-Unis. Les nassages, les grenades explosives, les LBD, la stratégie de pression sur les manifestants conduisent aux débordements qu'ils sont censés éviter. Ce problème ici ne vient pas directement des policiers, mais de la stratégie qu'on leur demande d'appliquer. Les hommes comptent dans ces matières : M. Papon était dans les années 1960 Préfet de police de Paris ; sous son autorité ont eu lieu le Massacre de Charonne et celui des manifestants pro-FLN du 17 octobre 1961. Le Préfet Grimaud qui lui a succédé avait une toute autre politique en matière de maintien de l'ordre, il est évident que de nombreux manifestants de Mai-68 doivent la vie à ce changement de préfet. À un moment, il y a la responsabilité des chefs qui donnent des consignes et des stratégies, et les policiers ne sont souvent que des agents qui doivent obéir aux ordres qui leur ont été donnés (tant qu'ils ne sont pas illégaux). Un gouvernement couvre-t-il la violence policière ? Celle-ci doit se gérer par le Juge ; il est donc sans doute souhaitable que l'inspection de ces services ne soit plus dépendante de l'institution policière elle-même, mais d'une administration indépendante comme le Défenseur des Droits. L'indépendance de l'évaluation policière est un sujet sérieux, d'autant plus qu'il faut également protéger les policiers, qui ont un métier extrêmement difficile, que peu de gens ont envie de faire, qui nécessite tout à la fois maîtrise de soi, connaissance de la loi et possibilité d'user de la violence légitime pour protéger la société... Cette évaluation n'en est pas moins nécessaire mais il faut faire confiance aux institutions judiciaires pour résoudre les actes individuels. Il y a quelques jours le media StreetPress révèle voici quelques jours l'existence d'un groupe facebook privé de quelques 8 000 policiers ou gendarmes radicalement raciste, c'est absolument énorme ; mais pourquoi faut-il que ce soit un organe de presse qui révèle cela ? Les services de renseignements et d'information du ministère de l'intérieur ne les avaient donc pas repérés ? Ils lutteraient contre le radicalisme de tout ordre, mais où sont-ils pour démanteler des groupes radicaux comme celui-là ?

C’est donc à une véritable révolution citoyenne que nous devons soumettre à long terme nos politiques publiques. C’est aussi un effort constant tant culturel que politique que nous devrons conduire pour garantir que l’extrême droite soit combattue dans la police et la gendarmerie, pour que nous puissions compter sans faille sur nos Gardiens de la Paix, pour que les communautaristes et les différentialistes ne puissent plus jamais se planquer derrière une quelconque proximité avec une partie de la gauche et soient politiquement combattus comme les racistes de droite et d’extrême-droite dont ils partagent finalement la vision de la société.

Frédéric FARAVEL

Face à la violence et au racisme, redonner force à la République

Le meurtre de Georges Floyd par quatre policiers de Minneapolis (Minnesota) est la dernière goutte de sang faisant rompre des digues dans les opinions publiques occidentales.

La prise de conscience en cours dépasse le cadre américain et rappelle dans l’universalité de la réponse des jeunesses des sociétés riches les mouvements oubliés contre l’apartheid de l’Afrique du Sud des années 1980.

Ainsi, malgré la conscience du risque pris, alors que la pandémie due au Covid-19 n’est pas finie, des dizaines de milliers de manifestants, jeunes pour la plupart, masqués, ont manifesté partout en Europe contre le racisme et les violences policières : Bruxelles, Londres, Copenhague, Berlin, Munich, Francfort, Hambourg, et même, malgré l’interdiction prononcée par les préfets, à Paris et plusieurs grandes villes de France. À Bristol, une statue de l’esclavagiste Colson a été jeté dans le port.

Tous les cortèges ont en commun de rassembler des jeunes, entre 18 et 35 ans, beaucoup de primo-manifestants, tous habillés de noirs. C’est un mouvement d’opinion qui rebondit sur celui des “Friday” pour le climat. Il démontre un refus de thèses et d’organisations sociales et politiques au cœur du néolibéralisme, et dont le protecteur dévoyé est souvent la police.

Il ne constitue pas encore une alternative, et les contradictions sont nombreuses encore entre tenants de l’universalisme humaniste, et ceux, adhérant paradoxalement à la définition néolibérale d’une humanité divisée en identités et inégalités de nature, privilégiant l’individualisme de la communauté, et niant les solidarités de classe. C’est le piège de ce moment : il y a des libéraux souhaitant le repli individualiste ou communautaire pour nier les classes et les questions sociales ; il y a des faux universalistes souhaitant plonger la tête dans le sable, privilégiant la conservation de l’ordre social à la résolution de sa violence. Les uns ne veulent pas de la République, les autres nient qu’elle soit sociale.

L’Allemagne face aux infiltrations terroristes de sa police

À Berlin, à Munich, à Hambourg, à Nuremberg, dans de nombreuses villes allemandes, les manifestations ont fait le lien entre racisme et violences policières.

Dans ce pays, les policiers doivent prêter serment à la loi fondamentale, qui inclut la déclaration des Droits de l’Homme, et proclame le caractère intangible de la dignité humaine.

À ce titre, il est jugé incompatible avec le service public l’engagement dans des partis et mouvements d’extrême droite tels que le NPD.

Il y a presque dix ans, on découvrait cependant que dix meurtres, neuf immigrés d’origine turcs ou grecs, et une policière, avaient été commis par une cellule terroriste d’extrême droite, la NSU. Tout au long des enquêtes, la police n’avait pourtant jamais prospecté sur cette piste, privilégiant des « règlements de compte entre maffias et clans », se plaignant d’une omerta empêchant le recueil d’informations sur cette maffia, qui n’existait pourtant que dans les préjugés racistes des enquêteurs.

Depuis, les groupements d’extrême droite ont renforcé leurs efforts pour infiltrer la police.

Depuis quelques années, les autorités ne réagissent plus par des enquêtes administratives, comme la France continue elle à le faire avec l’IGPN, juge et partie, mais directement en saisissant les services secrets intérieurs.

C’est ainsi qu’en 2018 un groupe Whatsapp de 40 policiers a été identifié et observé : ces policiers, du Land de Hesse, utilisaient les bases de données de la police pour envoyer des lettres de menaces à des militants antiracistes et des avocats des victimes de la NSU. Suite à une perquisition en février 2020, il a été prouvé que certains de ces fonctionnaires avaient détourné armes et munitions des dépôts policiers en vue de préparer des actions terroristes. Les enquêtes en cours ont entraîné les limogeages immédiats des fonctionnaires concernés.

En France, un tel groupe peut grimper à 8 000 participants !

La co-présidente d’un des partis au gouvernement, le SPD, Saskia Esken, a réclamé hier une grande enquête sur le racisme dans la police. Elle n’est pas seule : les autorités hiérarchiques policières elles-mêmes parlent de combattre le racisme dans leur rang, de renforcer formation et encadrement, de se donner les moyens pour maintenir une police républicaine, loyale au serment à la loi fondamentale.

Samedi, malgré des affrontements en fin de manifestation à Berlin et 93 arrestations, le chef de la police a « remercié » les manifestants « majoritairement pacifiques » et loué leurs efforts pour respecter la distanciation physique – discours si différent d’un Castaner déclarant en janvier 2019 « ceux qui viendront manifester savent qu’ils seront complices des débordements » ou d’un préfet de police indiquant à une manifestante âgée qu’ils n’étaient « pas dans le même camp ».

Une culture de l’impunité est la négation de la République

Ce long développement permet de souligner la culture de l’impunité qui s’est établie en France. Aujourd’hui même, le rapport du Défenseur des Droits la dénonce : en cinq ans, le Défenseur des droits a demandé des poursuites disciplinaires dans trente-six affaires de manquements aux règles de déontologie, sans recevoir de réponse.

La République proclame l’égalité de toutes et tous devant la loi. Cela vaut également pour ceux dépositaires, au nom du peuple souverain, du monopole de l’exercice de la violence légitime. Le peuple républicain attend de sa police protection et service, pour pouvoir jouir des libertés publiques garanties par la constitution.

Cependant, l’exercice de la violence ne reste légitime que s’il est contrôlé, encadré, si les Gardiens de la Paix sont formés et dirigés correctement, si des effectifs et des moyens nécessaires et suffisants permettent d’assurer les missions.

Devenir policier est un engagement au service de la Nation qui peut rendre nécessaire le sacrifice de sa vie pour sauver les autres. C’est un métier difficile, ingrat, à la conjonction de demandes contradictoires, entre des politiques néo-libérales qui veulent gérer à coup de matraque les inégalités sociales, une Nation espérant Protection et Soutien, et des groupes sociaux et politiques s’affranchissant de la République.

Il faut le dire : le gardien de la paix est au cœur du pacte social républicain, comme le professeur, l’infirmière, le militaire, le pompier. C’est pourquoi les attentes sont également particulièrement élevées quant à l’exemplarité de son comportement en fonction. Tout cela implique de garantir l’exemplarité par la sanction immédiate des comportements déviants.

En France cependant, de faux républicains affirment l’infaillibilité de nature de la police.

Républicaine par la force des textes de lois, elle serait sans faute ni tâche. Elle devrait dès lors être soustraite à tout examen de son action, ses fonctionnaires considérés au-dessus de tout soupçon.

Cette culture de l’impunité est entretenue par le rôle prééminent donné à l’IGPN, autorité de contrôle administrative interne.

L’absence de contrôle s’accompagne de la lâcheté hiérarchique. Comment un groupe Facebook a-t-il pu atteindre 8 000 membres sans qu’un seul gradé, face aux centaines de messages racistes et sexistes, n’intervienne ? Comment se peut-il qu’un tel groupe ne soit pas surveillé par la sécurité intérieure ?

Cela s’explique par une raison simple : depuis 2005 au moins, la police est utilisée comme instrument principal de lutte contre les révoltes et les colères sociales, tout en restant une variable d’ajustement budgétaire, dont on réduit toujours les effectifs ou les moyens concrets, poussant ses fonctionnaires à bout, jusqu’aux « épidémies de suicides ».

La hiérarchie policière, versée dans la seule répression sociale, au point d’agresser les journalistes et les parlementaires en manifestation, sous estime le danger d’infiltration des institutions par des groupes et idéologie d’extrême droite souhaitant la guerre civile européenne.

Ces idéologies sont à l’origine des attentats d’Anders Breivik en Norvége en 2011, du tueur de Munich en 2016, du meurtre de la députée travailliste britannique Jo Cox en 2016, des attentats en Allemagne contre des élus, des juifs et des turcs en 2019 et 2020.

Pourquoi une police où les syndicats affiliés à l’extrême droite ont fortement progressé ces dix dernières années serait-elle immunisée face à un phénomène européen ?

L’égalité devant la loi nécessite de remettre les deux moteurs inséparables, la sanction et la formation, au cœur de la réforme de la police républicaine.

Il est insupportable que des personnes, interpellées pour des délits, meurent au moment de leur interpellation, qu’ils s’appellent Traoré ou Chouviat. La doctrine et les techniques d’interpellation doivent changer, l’obligation de secours à la vie redevenir prioritaire à l’accomplissement d’un acte administratif visant à sanctionner un outrage.

Il est contraire à la République que la police ne garantisse plus l’exercice des droits fondamentaux, tel que celui de manifester, de s’exprimer, mais au contraire les en empêche. Ce n’est pas le rôle de la police de décrocher, pendant le confinement, des banderoles d’opposants accrochés à des balcons privés. Il est absolument intolérable que des élus, des journalistes, des syndicalistes, soient des cibles dans les cortèges. Personne ne devrait perdre un œil ou une main dans l’exercice d’un droit fondamental. Il est absolument nécessaire de pourchasser devant la justice tous les actes de violence non proportionnés de membres des forces de l’ordre. Il n’est pas proportionné aux impératifs de maintien de l’ordre d’éborgner, amputer, et blesser des citoyens libres de manifester.

* * *

Aux États-Unis, le Parti Démocrate a annoncé une grande réforme de la police en cas d’alternance. En Allemagne, le plaquage ventral est maintenant interdit. La France, en retard, sous la pression internationale, a annoncé l’interdiction de la prise d’étranglement mais reste dans l’ambiguïté sur le plaquage ventral.

La confiance dans la République et sa police exige à la fois de la réformer, de mieux la former et l’encadrer, et de briser la lâche impunité que lui garantit le pouvoir actuel.

Remettre de la République dans la police, c’est remettre de la République dans la société, et par conséquent, s’attaquer aux conséquences sociales de 40 ans de destruction néolibérale de l’Etat et de la cohésion nationale.

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2 juin 2020 2 02 /06 /juin /2020 14:58

Voici quelques jours, George Floyd est mort d'asphyxie suite à une interpellation particulièrement musclée de la part de policiers. Ce n'est pas une première aux États-Unis où les violences policières causent de manière bien plus fréquente que dans d'autres démocraties des décès nombreux.

Cette fois encore, cette interpellation musclée et mortelle se double d'un contexte raciste, puisque le policier causant la mort était blanc, le citoyen interpellé et décédé étant noir. Les très nombreux cas similaires nous rappellent à quel point le racisme est profondément inscrit dans la société américaine, héritage de l'esclavage puis de la ségrégation qui ne prit fin officiellement qu'un siècle plus tard.

Aujourd'hui encore, la politique sécuritaire et pénitentiaire américaine font des personnes de couleur noire les premières « cibles » d'un appareil judiciaire connu pour être un miroir déformant des inégalités sociales. Cinquante années d'affirmative action n'auront pas permis – au-delà de la constitution d'une bourgeoisie et d'une petite classe moyenne supérieure noire – de rétablir un peu de justice sociale en direction de cette partie de la population américaine, qui souffre d'une somme de handicaps sociaux et économiques sans véritable commune mesure avec son poids réel au sein du peuple américain. La structuration profondément communautariste de la société américaine a fait l'objet d'études nombreuses, sur lesquelles nous ne reviendrons pas ici. Rappelons cependant qu'une partie de la violence et des crimes dont est victime la communauté noire est le fait de certains de ses membres.La mort violente de George Floyd aura été une nouvelle étincelle jetée une fois de plus sur la poudrière raciste des Etats-Unis d'Amérique. Plus encore que précédemment – on se souvient du mouvement #BlackLivesMatter voici quelques années sur fond de meurtres racistes et de violences policières – cet événement dramatique aura libéré une colère et une frustration toujours présentes, souvent contenues, mais jamais absentes et jamais guéries, au sein de la population noire des Etats-Unis d'Amérique. Les mobilisations pour demander justice et la fin des violences policières racistes dépassent largement la seule « communauté noire » comme le démontre les très nombreuses manifestations pacifiques (respectant ainsi la volonté de la famille de la victime) dans de très nombreuses villes américaines ; que quelques unes d'entre elles aient été suivies d'émeutes localisées ne sauraient effacer cette réalité sociale et politique.

"I can't breathe" : le cri de George Floyd, métaphore d'une Amérique étouffée par ses propres démons

Les fanfaronnades du président des Etats-Unis, Donald Trump, n'étonnent malheureusement plus personne avec leur avalanche de démagogie, mépris, de provocations, de discours violents et d'appel à la religion, visant à flatter un électorat pour partie raciste et intégriste. Elles sont plus irresponsables que jamais et donnent l'impression qu'un pompier pyromane siège à la Maison Blanche, qui secouerait un gros baril de fuel au-dessus de la poudrière. Si malheureusement, le caractère pacifique des démonstrations actuelles devaient céder le pas à la violence, il en serait grandement responsable.

Les Etats-Unis d'Amérique ont plus que jamais besoin d'une Révolution civique, pacifique et sociale. D'une certaine manière, c'était ce que proposait aux Américains Bernie Sanders. Ironie de l'histoire, alors qu'il était le seul à proposer les changements concrets qui répondaient aux difficultés profondes des USA et de la population noire, c'est l'électorat démocrate noir âgé (à l'instigation de sa bourgeoisie et sa classe moyenne supérieure qui partage peu sa réalité quotidienne) qui a donné au centriste Joe Biden (comme il l'avait donné à Hillary Clinton) les moyens de distancer définitivement le candidat socialiste dans les primaires démocrates. Il faut donc espérer que le candidat libéral prenne la mesure réelle de la situation et que son soutien aux manifestants pacifiques ne soit pas qu'un simple coup électoraliste : il faudra pour l'emporter en novembre prochain (et gagner le vote de la jeunesse qui se mobilise aujourd'hui) puis pour sortir les Etats-Unis d'Amérique de l'impasse actuelle qu'il muscle économiquement et socialement son discours, et que la lutte sur les discriminations institutionnelles se traduisent en actes concrets, afin de permettre au pays de retrouver la paix civile et sociale et à sa communauté noire de ne plus être la première victime de la pauvreté, du crime et de la violence.

Frédéric Faravel

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28 mai 2020 4 28 /05 /mai /2020 16:10

J'ai rédigé pour la Gauche Républicaine & Socialiste un texte pour saluer la publication du plan de sortie de crise par un collectif de 20 organisations associatives et syndicales, plan qu'elles avaient présenté quelques jours plus tôt à plusieurs mouvements et partis politiques de gauche dont le nôtre.

Je le reproduis ci-dessous. Bonne lecture.

Frédéric Faravel

La France et un monde à reconstruire - à propos du plan de sortie de crise de #PlusJamaisCa

Le 26 mai dernier, les 20 organisations associatives et syndicales (dont la CGT, ATTAC, Greenpeace ou OXFAM France) qui avaient publié fin mars sur le site de France Info la tribune « Plus jamais ça » ont présenté leur plan de sortie de crise intitulé « Plus jamais ça : un monde à reconstruire ! ». Quelques jours plus tôt, ces 20 organisations avaient convié plusieurs mouvements et partis politiques, dont la Gauche Républicaine & Socialiste, pour discuter de leurs propositions et engager une démarche collective de long terme qui prépare « le jour d'après ».

Alors que fleurissent un peu partout tribunes et appels en tout genre, nous considérons le travail engagé par ce collectif particulièrement utile car il cherche à établir des objectifs concrets, plutôt que des déclarations de principes, l'invocation de « valeurs » qui tiennent parfois plus de la posture que de l'engagement. C'est tout l'intérêt de l'intervention directe dans le débat public d'organisations habituées à être dans l'action concrète au quotidien. Nous partageons également la volonté affichée par les membres de ce collectif de tout autant penser aux réalités du « monde avec » (le virus) et à ne pas simplement rêver du « monde d'après ».

Contrairement à ce qu'une certaine presse cherche à démontrer ce plan en 34 points ne pêche en rien par un excès de « radicalité », et quand bien même nous ne voyons pas en quoi la radicalité en matière économique, sociale et écologique constituerait un handicap, tant le cours du monde démontre la nécessité d'une grande bifurcation après des décennies de mondialisation néolibérale et productiviste.

Nous partageons avec ces organisations la conviction qu'il faut d'abord et avant tout garantir les conditions pour un déconfinement assurant la sécurité sanitaire, la démocratie et les droits fondamentaux. En effet, notre pays va devoir s'adapter à une présence durable du virus en espérant que soient identifiés des traitements efficaces et soit découvert un vaccin au plus vite. D'ici là, il faut mobiliser tous les moyens nécessaires pour remettre à niveau notre système de santé mis à mal par des années d'austérité, de protéger nos concitoyens, de reprendre une activité économique afin d'éviter des destructions encore plus fortes d'entreprises et d'emplois. De même, il n'est pas acceptable de faire perdurer des mesures régressives en termes de droit du travail et de libertés publiques, par ailleurs inefficaces pour lutter contre la pandémie ; l'état d'urgence sanitaire doit donc cesser au plus vite.

Face à la crise économique et sociale majeure qui s'annonce à l'échelle de la planète, nous partageons également en bien des points la nécessité de prendre le contrepied de la doxa néolibérale qui a conduit nos sociétés dans le mur, sans favoriser le développement réel d'autres continents qui continuent d'être livrés au pillage et à l'exploitation. La « mondialisation heureuse » a toujours été un mirage toxique : le temps est venu de prendre des mesures concrètes au niveau national, européen et international pour mettre un terme à ce processus délétère. Il est temps de changer la hiérarchie des priorités. L'augmentation des salaires, au premier rang desquels doit se situer le nécessaire rattrapage en matière d'égalité salariale femmes-hommes, l'encadrement des licenciements, la nécessité de garantir des conditions de vie dignes pour tous, l'urgence de transformer nos modèles agricoles et systèmes d'alimentation ou encore la volonté de fonder les relations internationales avec les pays du sud sur de nouvelles bases plus saines et plus décentes : ce sont des orientations incontournables.

Nous nous situons également en phase avec les objectifs en matière de politique financière, monétaire, bancaire et fiscale. Nous nous tenons à la disposition de tous les partenaires de cette démarche pour approfondir les propositions en matière de commerce international et pour poser les bases d'une véritable économie républicaine.

Enfin, dans la même perspective, nous considérons que nous ne pouvons plus remettre à plus tard la question de l'urgence écologique ; trop souvent jusqu'ici les mesures annoncées de manière multilatérale ou nationale se sont avérées être des vœux pieux. Les dirigeants du pays continuent de vanter l'excellence de notre action en rappelant la conclusion sous l'égide de la France de l'Accord de Paris en 2015 : la vérité est toute autre, car notre pays ne cesse de reculer devant les objectifs qu'il s'est fixé tout en faisant reposer le poids des efforts sur les plus fragiles. Il est temps de conduire des politiques d'écologie populaire. La transition écologique est complémentaire avec la création de centaines de milliers d’emplois ; elle doit organiser à une vaste échelle une reconversion professionnelle qui permette de maintenir les emplois actuels, d’en créer de nouveaux, et de qualité ! Le plan présenté le 26 mai suppose, justement, une planification écologique pour ne pas relancer un modèle insoutenable et pour rendre complémentaires ces exigences sociales et écologiques.

Ce plan en 34 points est une première étape prometteuse. Nous souhaitons donc durablement nous inscrire dans cette démarche car nous considérons qu'elle est en cohérence avec deux convictions pratiques et stratégiques qui nous animent : la nécessité de construire un véritable programme commun de gouvernement pour la transformation concrète du pays ; la nécessité de construire, pour le porter au pouvoir et en accompagner la mise en œuvre, d'un nouveau Front populaire, qui mobilise au-delà des seuls partis politiques.

Nous sommes également convaincus qu'il ne suffit pas de rêver du « monde d'après ». Les forces qui nous ont conduits dans l'impasse actuelle ne vont pas gentiment s'écarter pour laisser émerger un monde et une société plus fraternels parce qu'une partie des Français aura été confinée pendant deux mois et que des centaines de milliers d'êtres humains dans le monde auront été victimes du CoVid-19. Au contraire, à bien des égards, dans notre pays et dans le reste du monde, les exemples sont légions indiquant que le choix du libéralisme autoritaire ou même la dérive fasciste pourraient être l'issue du processus. Nous ne pouvons rester les bras ballants. Nous nous tenons donc prêts à poursuivre le travail, pour compléter les 34 mesures déjà proposées et aussi pour réfléchir aux voies et moyens concrets de leur mise en œuvre.

Demain commence aujourd’hui !

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27 mai 2020 3 27 /05 /mai /2020 13:12

Avant de reproduire ici la réponse que j'ai adressé à un ami suite à un commentaire très agressif qu'il avait laissé sous une publication que j'avais postée sur mon mur facebook pour présenter la vidéo d'un YouTubeur (sur)nommé Usul intitulée méchamment « le grand retour de la gauche bourgeoise » (vous pouvez y accéder en cliquant sur le titre), je dois vous présenter le cadre général.

Cette vidéo réagit à la publication d'une tribune signée par une centaine de personnalités publiques, engagées ou non dans un parti politique, et intitulée « Au cœur de la crise, construisons l'avenir » (idem) avec parallèlement le lancement d'une page Facebook et d'un site internet. Malgré sa longue liste de signataires et sa publication le même jour dans Libération et L'Obs, elle n'a pas faite l'unanimité et Marianne a publié un édito intitulé lui « Tribune "construisons l'avenir", le retour de la gauche guimauve » (ibidem)...

Grosse ambiance donc à gauche, où le confinement s'il a permis quelques rencontres en distanciation physique et grâce à zoom ne semble pas avoir encore chassé les vieux démons. Le « déconfinement progressif » est arrivé mais les egos restent chatouilleux. Je me suis donc fendu d'une longue réponse à mon ami Jérôme (qui lui a signé la tribune « construisons l'avenir ») pour lui expliquer ma position, mon recul sur cette affaire, mes tentatives pour tenter de conserver le sens de l'humour, mon agacement face aux postures et arrières pensées des uns et des autres et mon souhait malgré tout cela que nous travaillons sérieusement à un rassemblement fondé sur un programme commun de gouvernement, qui convainque nos concitoyens de renvoyer Macron, Le Pen et la droite dans l'opposition.

Frédéric Faravel

Qu'il sera long et pénible le chemin jusqu'à l'indispensable rassemblement de la #gauche ...

Bonjour Jérôme,

Je t'écris ici pour ne pas ajouter à la polémique que certains estiment devoir engager et ce qui m'étonne, alors que, dans la manière choisie par ma pomme pour présenter cette vidéo, je ne ferme aucune porte (je parle de "présentation caustique" et j'appelle à "se mettre autour de la table"), c'est toi qui tient les propos les plus agressifs (je m'attendais plus à une réaction de ce type chez d'autres, mais non il a fallu que ce soit toi, c'est décevant)... donc je me permets une mise au point comme ça tu auras ma réaction de fond et de forme (les deux se rejoignant) à ce texte "génial" initié par Guillaume Duval (rédacteur en chef d'Alternatives économiques, dont j'ai aujourd'hui vu la réaction) et Christian Paul (ex député PS de la Nièvre)... Plus personne aujourd'hui ne pense autrement qu'en supporteur de club de foot, outre le fait que je n'aime pas le foot, ça commence sérieusement à me gonfler...

Alors, pour commencer...

1- quand je poste une publication je n'engage pas mon organisation politique, quand bien même ce serait un article, un CP, une vidéo, un slogan, une affichette ou un visuel de mon organisation, la présentation que j'en fais m'appartiens... donc à la rigueur sous ce post tu pouvais me demander de revenir sur terre, mais pas à la GRS ou à mes « amis de la GRS » car tu sous-entends, plus que probablement à tort, que cette vidéo a provoqué la même hilarité chez eux que chez moi...

2- Il est quand même assez cocasse de voir à quel point une vidéo dont la tonalité comique ou humoristique n'échapperait à personne d'un peu détaché provoque comme réactions excessives chez vous. Que l'excès participe du comique c'est une chose, l'excès de la colère surjouée quand on se prétend sérieux ne peut selon moi s'expliquer que de deux manières :
a) Usul a fait mouche et les egos ont été flétris et ne le supporte pas ;
b) cette réaction est une mise en scène...

Je penche pour la première – ne serait-ce que parce que je ne crois pas que Guillaume Duval et toi participiez aux travers que je pointerai plus bas. Et puis, franchement, Jérôme, je suis moi-même de cette « gauche bourgeoise » que ce youtubeur dénonce, j'ai ri de voir certaines de nos petites manies ou déformations quasi-professionnelles tournées en ridicule... faut aussi savoir prendre du recul par rapport à ça, si tu t'es senti visé je me suis senti visé aussi, mais je ne le prends pas comme toi... et puis j'avoue partager, soit dit en passant, cette idée que je reprends dans la présentation que je fais de la vidéo, cette consternation de voir que l'écologie devient comme l'Europe autrefois le cache sexe de gens qui souvent n'ont plus grand chose à raconter (je ne te range, pas plus que la majorité des signataires de la tribune, pas dans cette catégorie, mais quand je l'ai lue avant même sa publication c'est une des premières réactions que j'ai eues)...

Qu'il sera long et pénible le chemin jusqu'à l'indispensable rassemblement de la #gauche ...

3- il y a un truc très gênant dans ce qui se passe et dans ce que cette tribune implique... c'est peut-être involontaire (voire même cela va à l'encontre de leur intention d'origine) de la part de Guillaume et Christian, mais quand même...

La présentation qui en est faite depuis le départ donne la fâcheuse impression que c'est un aboutissement plutôt qu'un point de départ. C'est un peu gonflé et d'une certaine manière ça dirait pas mal de choses sur la très très très haute et définitive opinion que vous auriez de tout ce qui sort de votre plume. Ainsi « on » donne à croire qu'il y a ceux qui en sont et ceux qui n'en seraient pas, et que les seconds auraient raté le coche. Peu importe les critiques qu'on pourrait faire de bonne foi, et de la démarche, et du fond du texte, nous serions marqués d'un stigmate, qui entacherait en général notre capacité future à participer à des initiatives collectives... parce que tu m'excuseras, Jérôme, d'y faire un peu attention, mais c'est exactement comme ça que le présentent les entourages d'Olivier Faure et de Yannick Jadot et que Le Monde le présente régulièrement. J'ai même lu (alors là je ne me souviens plus si c'était dans le quotidien du soir ou pas) dans un média lu dans notre milieu de la « gauche bourgeoise » les explications complaisantes et mensongères relayées par ces entourages concernant les raisons qui auraient poussé certain(e)s à ne pas signer.

Je vais te dire un truc : nous sommes à la GRS très attentifs à l'initiative #PlusJamaisCa avec OXFAM, la CGT, ATTAC, Greenpeace... nous avons salué dès le départ cette initiative, par contre nous avons trouvé que le texte qu'ils avaient publié pour le 1er mai ne nous correspondait pas, nous n'avons donc pas voulu nous y associer et nous avons publié le nôtre ; cela ne nous empêche pas d'avoir participé à la dernière réunion qu'ils ont organisée... Là encore, la façon dont Le Monde présente les choses (« LFI et le NPA refusent de s'y associer » et sans citer la position d'autres partis autour de la table) est mensongère ; je ne vais pas m'engager pour LFI, je n'en suis pas membre, mais LFI à ce que j'en sais compte bien discuter tranquillement avec ces organisations sans que sa signature soit acquise de principe à l'avance... à ce que je sache, le texte a été publié avec les signatures des seules associations et syndicats, les délais pour réfléchir et discuter côté politique ne sont pas écoulés.

Je suis donc profondément amer par cette façon de faire pour s'assurer qu'on consolide deux blocs politiques antagonistes au sein de la gauche, sans être dupe des responsabilités tout aussi éminentes de LFI dans cette situation...

Qu'il sera long et pénible le chemin jusqu'à l'indispensable rassemblement de la #gauche ...

4- Peut-on considérer calmement qu'on a le droit de trouver ce texte mal foutu voire mauvais ? Sans que cela empêche toute autre initiative mieux ficelée et surtout un futur travail programmatique que j'appelle de mes vœux.

Car pour faire des comparaisons historiques (j'ai ce débat régulièrement avec d'autres personnes : non je ne pense pas que le choses doivent se reproduire à l'identique pour l'avenir) je préfère mener un tout de suite un travail de cette sorte plutôt que de le précéder par un débat visant à « réduire les écarts idéologiques » et de le conditionner à cette « réduction ». Par expérience, je sais que ces discussions sur le sexe des anges sont stériles ; soit on considère qu'on est grosso modo dans le même camp et on travaille ensemble sur un programme commun de gouvernement (dont l'élaboration ne doit selon moi pas se limiter aux seuls partis politiques), soit non... mais cela signifie qu'il faut dès le départ discuter de choses concrètes, lister sur ces questions concrètes des points d'accord et de désaccord et choisir de privilégier la mise en application de réponses concrètes sur lesquelles on s'accorde.

Faire précéder cela d'une discussion générale sur les « valeurs » et les « bonnes intentions » ne sert à RIEN. Je me souviens de 1995 dans ma commune de l'époque où il avait fallu purger toute une discussion absconse et conflictuelle sur l'histoire de la gauche française au risque de s'engueuler et de claquer la porte avant de pouvoir discuter sérieusement d'un programme municipal commun : une fois venu cette discussion enfin concrète, les difficultés s'étaient singulièrement aplanies (cette remarque pour illustrer que ma réflexion n'est pas qu'en chambre ou hors sol en faisant référence au congrès d'Epinay du PS en 1971 que je n'ai pas vécu).

Comprenons nous bien : quand j'ai lu (avant sa publication) la tribune initiée par Guillaume et Christian (j'avoue ne pas connaître le tout premier texte martyre dans ce processus), j'ai eu la désagréable impression de me retrouver devant une motion majoritaire d'un congrès du PS dans les années 2000 ou 2010. Beaucoup de phrases toutes faites, beaucoup de passages qui contredisent d'autres passages, beaucoup d'invocation à des « valeurs » un peu trop évanescentes. Oui je l'avoue le discours sur les « valeurs » (encore un truc où sémantiquement nous nous sommes faits piéger collectivement par la droite sans même chercher à faire de la triangulation) « m'emmerde ». Ça fait donc des années que je ne veux plus signer ce type de texte – et je me suis réinterrogé à cette occasion sur le rapport avantages/inconvénients sans revenir sur mon principe finalement.

Remarque complémentaire sur le fait que lorsque je poste une publication sur facebook, elle n'engage pas automatiquement tous mes amis politiques ou mon parti : tu auras remarqué que les organisations en tant que telles ne signent pas votre tribune, cela n'a pas empêché – et d'ailleurs personne ne le leur reproche ni en interne ni publiquement – certains de nos responsables de la signer. Cela n'empêche pas notre direction politique de continuer à échanger avec les initiateurs. Ceux des membres de la GRS qui l'ont signée (nous en avons discuté) ne sont pas moins critiques sur la qualité de ce texte, voire même le jugent « très mauvais » ; ils ont juste fait un autre choix que le mien en examinant le rapport avantages/inconvénients... tu pourras noter également que ni Fabien Roussel (secrétaire national du PCF), ni Julien Bayou (secrétaire national d'EELV), ni David Cormand (député européen, ex secrétaire national d'EELV) n'ont signé cette tribune, qu'il y a peut-être quelques raisons à cela et qu'il ne faut pas jeter d'opprobre sur d'autres qui ont refusé de signer parfois pour les mêmes raisons.

Tu vois on n'est pas des bêtes, on discute avec tout le monde, vraiment tout le monde … ce qui n'est pas le cas de tout le monde malheureusement...

Qu'il sera long et pénible le chemin jusqu'à l'indispensable rassemblement de la #gauche ...

5- je conclurai ici par des considérations plus politiciennes tu m'en excuseras.

Mais je crains que cette initiative ait échappé à ces initiateurs et promoteurs les plus sincères, en tout cas les plus dénués d'arrière-pensées. C'est parfois une bonne chose : cette initiative aurait pu être tout d'un coup saisie par des centaines de milliers de citoyens, déclenchant une dynamique politique qui les dépasse. Ce n'est pas le cas... mais ce n'est pas grave non plus, cette tribune sera une des briques, parmi mille autres, qui servira à une construction future, mais elle n'est pas LA construction future.

Pour moi (je peux me tromper évidemment), elle a échappé à ses auteurs en étant captée de la plus mauvaise manière : telle que la presse a fini par la présenter, telle que la presse a fini par en réécrire la genèse, elle est devenue la chose de MM. Jadot et Faure. Elle est devenue leur outil pour cristalliser et consolider l'idée de deux blocs en confrontation à gauche, comme certains avaient théorisé voici quelques années les « gauches irréconciliables ».

Je ne suis pas dupe ni aveugle au point de considérer que la stratégie de LFI serait étrangère à la constitution de ces deux blocs. Pour ceux qui comme nous cherchent à mettre tout le monde autour de la table c'est « 1 partout, la balle au centre ». C'est pourquoi j'insiste encore sur ce que je disais dans le point précédent : il faut travailler sur du concret, pas sur des « valeurs »... Les groupes parlementaires LFI, GDR et "socialistes & apparentés" arrivent à s'entendre sur des résolutions et motions communes à l'Assemblée, parce que c'est du pratique !

Par contre, je demande à tous qu'on arrête de mettre des oukases sur les uns et les autres, pour ensuite dire qu'ils ont fait bande à part et que ce sont des salauds ! Je ne suis pas un haut dirigeant politique, tout le monde se fout de mon avis, donc j'en parle d'autant plus librement que je ne suis pas totalement coupé des informations et des processus en cours... Le PCF a fait des propositions d'amendements à ce texte ; elles ont été refusées ce qui explique (peut-être) que Fabien Roussel ne soit pas signataire... Certains aussi ont pu considérer que ce texte confortait un peu trop le tropisme centre-écologiste de Yannick Jadot, avec parmi les signataires des personnalités dont la clarté vis-à-vis de la politique conduite par Emmauel Macron est franchement douteuse, le même Jadot refusant encore dernièrement sur un plateau de TV de se situer dans l'opposition ; cela explique peut-être que Ruffin, Autain, Bayou ou Cormand n'en soient pas signataires, plutôt que les assertions de l'entourage d'Olivier Faure dans la presse indiquant pour les deux premiers qu'ils auraient été terrorisés par Jean-Luc Mélenchon (Ruffin terrorisé par Mélenchon, y a de quoi se marrer).

Quitte à essuyer un refus, il eut été assez simple d'envoyer officiellement le texte à LFI, cela n'a pas été le cas, il est arrivé par d'autres biais. Aujourd'hui LFI n'a même plus besoin de refuser de participer à une initiative, certains refusent a priori de chercher à les y associer, non parce qu'ils craignent un refus mais par principes... Tout cela a d'ailleurs amené quelques personnes à regretter leur signature à cette tribune...

Personne n'est blanc dans ces différentes affaires ! Exemple : que Bayou dise ses 4 vérités à Méluche dans le JDD ne me dérangeait absolument pas, parfois il faut se dire les choses et je partageais quelques unes de ses saillies... mais la façon dont a été amenée l'université de rentrée "commune" fut très maladroite, entre ostracisme et volonté de diriger hégémoniquement le processus. J'ai remarqué qu'ils avaient mis un peu d'eau dans leur vin depuis quelques jours, c'est bien. Mais pourquoi EELV a-t-elle donc refusé d'entrée de jeu de participer à l'initiative que nous avions prise avec « Déconfinons le Débat » (tu devrais aller regarder c'était chouette) ? Et quand, une semaine avant, le PS a lancé une initiative "commune" sur l'abrogation des décrets de réforme de l'assurance chômage, on a été un peu surpris de découvrir que tout le monde y participait sauf nous, alors qu'on n'avait même pas été sollicités (que l'on ne nous rétorque pas qu'on serait trop petit, GDS est dedans) et qu'on discutait avec les responsables du PS tous les jours !

Donc oui tout cela est un peu compliqué et oui l'accusation d'ostracisme à l'égard de la FI est fondée. Je trouve cette stratégie stupide et suicidaire, tout comme je trouve stupides et suicidaires tous les obstacles qu'y mettent de leur côté une large partie des dirigeants de LFI. En conclusion, tu comprendras, cher Jérôme, que je sois très au-delà des réactions excessives que suscitent ma publication. Comme je le disais en conclusion de celle-ci, il est temps de se mettre sérieusement autour de la table, tout le reste, tout le reste !, c'est l'écume des choses.

Frédéric Faravel

Usul vs la "gauche bourgeoise" ... brrrrrrrrrr, un vrai thriller !...

Usul vs la "gauche bourgeoise" ... brrrrrrrrrr, un vrai thriller !...

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22 mai 2020 5 22 /05 /mai /2020 15:20

Dès le 16 mars 2020, la commune de Bezons a été confrontée comme tout le pays au confinement et aux conséquences de la crise sanitaire provoquée par la propagation du COVID-19. Cette crise n'a pas seulement causé des contaminations et des décès douloureux (ils sont peu nombreux à l'échelle d'une commune mais représentent toujours un drame humain), elle a été un facteur d'aggravation de la crise économique et sociale, plongeant des dizaines de familles en difficulté dans la précarité totale, compliquant pour toutes et tous notre quotidien.

Pendant deux mois, Dominique Lesparre et quelques adjoints au Maire (Florelle Prio, Arnaud Gibert, Nadia Aouchiche, Catherine Pinard, Martin Lolo et Françoise Salvaire) encore actifs - avec les cadres et agents municipaux fortement mobilisés - ont tenu bon au service de tous les Bezonnais, pour faire vivre la solidarité, assurer le maintien des services publics essentiels dans un cadre très contraints, coordonner l'action avec les commerçants et les supermarchés, soutenir les associations et leurs initiatives ; ils ont fait face.

Merci au Maire, à son équipe, aux fonctionnaires et à tous les agents publics pour leur action. On aurait aimé que tous les élus soient aussi consciencieux...

Alors, #MerciDominique

Frédéric Faravel

L'action municipale de #Bezons avec Dominique Lesparre et son équipe pendant 2 mois face au #COVID19 au service des Bezonnais
L'action municipale de #Bezons avec Dominique Lesparre et son équipe pendant 2 mois face au #COVID19 au service des Bezonnais
L'action municipale de #Bezons avec Dominique Lesparre et son équipe pendant 2 mois face au #COVID19 au service des Bezonnais
L'action municipale de #Bezons avec Dominique Lesparre et son équipe pendant 2 mois face au #COVID19 au service des Bezonnais
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22 mai 2020 5 22 /05 /mai /2020 09:54

J'ai donné voici quelques jours un entretien à Jérôme Vallette pour le mensuel ComPol - mensuel jumeau de Courrier Cab - dont l'objet était la comparaison entre vecteurs et finalités de la communication politique soit au service d'un maire, soit au service d'un(e) parlementaire. Deux expériences dont je peux témoigner, comme fonctionnaire territorial, ancien Directeur de Cabinet d'un maire d'une commune de 30.000 habitants et comme collaborateur parlementaire.

Vous trouverez ci-dessous le résultat de cet entretien qui vient de paraître officiellement aujourd'hui, et téléchargeable ici gratuitement pendant la période d'état d'urgence sanitaire, dans le n° 133 de ComPol. J'aurais aimé avoir plus d'espace pour développer ma pensée que j'ai été contraint de condenser excessivement. Je prendrai vos commentaires pour y réfléchir.

Frédéric FARAVEL

Entretien pour le mensuel COMPOL (mai 2020) : « Nous avons un travail en amont de conseil, d'échanges et d'analyse »

Vous avez été collaborateur parlementaire à l’Assemblée mais aussi dircab [Directeur de cabinet]. Quelles sont les différences sur le plan de la compol [communication politique] ?

À l'Assemblée nationale je n'avais pas de missions de ce type et c'était il y a plus de 15 ans.

Au service d'un maire, il y a d'abord une dimension institutionnelle, la collectivité ayant des outils de communication qui sont avant tout un service public que je n'ai pas trouvé au Sénat. Au Sénat, le biais institutionnel n'existait pas pour nous, même lorsque Mme Lienemann était vice-présidente, nous n'avons pas utilisé d'outils institutionnels. Si certains sénateurs doivent jouer de leur écharpe pour communiquer, Mme Lienemann est identifiée pour elle-même. La personnalité de l'élu.e joue énormément. À Guyancourt, le maire n'avait pas d'ambition personnelle et voulait avant tout bien agir pour sa collectivité et ses administrés, la voie institutionnelle était donc surexploitée ; les moments forts étaient la rédaction des discours, un travail chronophage et stressant… Mais les résultats étaient souvent gratifiants : un ministre nous avait félicités pour avoir fait passer des messages politiques forts sans sortir du cadre légal à la veille des municipales. La longévité politique de Mme Lienemann et son expérience en responsabilité n'ont pas entamé son agilité intellectuelle, sa volonté d'aller au fond des dossiers pour être force de proposition, et sa capacité d'indignation. Elle écrit ses interventions orales elle-même… quand elle les écrit. Elle gère aussi en grande partie ses relations presse. Nous avons un travail en amont de conseil, d'échanges et d'analyse, nous écrivons des articles en suivant ses consignes et commandes. Et en aval, une forme de service après-vente sur les supports numériques.

Quelles sont les «cibles» des sénateurs ?

Difficile à dire… Mme Lienemann n'est pas une sénatrice ordinaire. Elle s'adresse à tout le monde et le poids des grands électeurs est relatif à Paris. Qu'importe le mode d'élection ou le type de Chambre, elle aborde l'élaboration de la loi pour la nation et les “citoyen.ne.s” ; ça ne l'empêche pas de savoir prendre en compte les préoccupations des collectivités (avec des idées très précises sur la décentralisation) ou de divers corps intermédiaires (voir son implication dans le monde HLM). Mais sa cible ce sont les “Français.e.s”.

Quels outils de com’ avez-vous mis en place depuis votre prise de fonction ?

En 2014, le site Internet était le principal support. Nous avions une page Facebook et un compte Twitter. Elle avait aussi un profil Facebook personnel. Nous avions un outil numérique performant pour les newsletters qui sont devenues hebdomadaires. Nous avons développé la régularité et normalisé les publications sur sa page pour créer des habitudes qui fidélisent et augmentent son auditoire. Le recours à l'image et à la vidéo pour illustrer son message s'est développé sur la page puis sur Twitter. Nous avons eu recours à des prestataires, mais aujourd'hui nous produisons nous-mêmes l'essentiel. Elle intervient en plus totalement spontanément sur Twitter et son profil personnel. Nous avons créé une chaîne YouTube, reflet de son activité parlementaire et de ses convictions (à travers les médias ou sans eux). Nous avons normalisé ses communiqués de presse avec l'outil newsletters. Tout cela nourrit ses newsletters dont le fichier de destinataires a été fortement développé.

ComPol n°133 à télécharger au format PDF

L’outil numérique est-il désormais le canal principal d’expression d’un parlementaire ?

Nous ne produisons quasiment plus de papier… Nous avons investi dans l'outil vidéo, y compris en matériel, pour valoriser son action parlementaire, ses propositions et convictions.

C'est un vecteur qui touche plus facilement le grand public qui ne supporte plus les textes longs et rébarbatifs. C'est donc pratique, y compris quand on veut exprimer une pensée complexe. Attention à ne pas tomber dans le piège de l'appel aux émotions. Il ne faut pas abandonner l'écrit pour autant ; nous avons publié des fascicules numériques assez denses. Le tout vidéo m'inquiéterait un peu…

Votre élue est une figure de la vie politique qui a récemment monté un nouveau parti. Est-ce que cela a changé sa stratégie de com’ ?

Mme Lienemann est une femme libre avec de fortes convictions. Si elle a respecté le cadre du PS, où elle a milité de 1971 à 2018, elle n'a jamais demandé la permission pour s'exprimer, surtout quand le PS a viré social-libéral. La création de la Gauche républicaine & socialiste, avec Emmanuel Maurel et bien d'autres, rend juste encore plus cohérente son expression et son appartenance partisane. Je pense même que, comme Emmanuel, sa communication politique a permis de valoriser la GRS.

On voit fleurir les tribunes collectives. Ces procédés sont-ils adaptés à l’époque ?

Notre pays cherche une alternative au duo Macron/Le Pen ; la crise en a renforcé la nécessité. Ce n'est pas simple… Un parti politique doit produire des slogans, des actions, mais aussi de l'idéologie. On a trop souvent des appels creux, illisibles et bourrés de contradictions : « au cœur de la crise, construisons l'avenir » en est la caricature. Mais il ne faut pas être défaitiste. Il arrive que certaines de ces tribunes soient des moments d'élaboration idéologique et surtout d'affirmation de convergences politiques pour prétendre agir. Un parlementaire fabrique la loi (théoriquement), mais il n'existe pas de bonne loi en soi. Cela dépend de la vision politique qu'on a de la société et du monde. Un parlementaire doit assumer que ses choix, pour transformer le réel, sont aussi fonction de principes et d'idéologie.

PROPOS RECUEILLIS PAR J. V.

l'entretien page 5 au format image

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12 mai 2020 2 12 /05 /mai /2020 13:08

Lundi 11 mai 2020, j'animais le webinaire proposé par la page facebook "Ne les laissons plus faire !" qui avait invité Nicolas Glière, professeur de français et membre des "Stylos rouges", pour échanger sur la façon dont avaient été gérés la crise sanitaire et le confinement par l'éducation nationale, la façon dont avait été très mal engagée le déconfinement et la réouverture des établissements scolaires, la situation de l'école en France et ce qu'il conviendrait de faire après.

Je tiens à préciser que les propos tenus par les uns et par les autres n'engagent qu'eux-mêmes et que je ne partage pas forcément ce qui a pu être dit sur certains points par l'intervenant principal. Ainsi pour ma part je continue de considérer que la question d'un retour le plus tôt possible des élèves à une scolarité normale est un objectif urgent, et qu'il convient pour cela que l'Etat réunisse les conditions pour le rendre possible, plutôt que de se décharger sur les collectivités et leurs autorités territoriales d'une part et les parents d'élèves d'autre part.

Frédéric Faravel

Voici mes propos introductifs pour lancer le webinaire avec Nicolas Glière :

"Bonjour à toutes et à tous,
Bienvenus pour le septième webinaire organisé par "Ne les laissons plus faire !". Aujourd'hui, c'est le 11 mai 2020 et on ne pouvais pas ne pas parler du début du processus de déconfinement progressif.

Il y aurait évidemment plusieurs webinaires à faire sur le sujet, mais nous avons choisi de nous concentrer sur le déconfinement scolaire.

Alors, dès l'annonce de l'horizon du 11 mai par le président de la République, on a soupçonné que la réouverture des écoles était invoquée avant tout pour faciliter le retour au travail des parents, l'argument social et du décrochage servant de prétexte plus que d'objectifs réels.

Les jours qui suivirent n'ont pas rassuré : on a vu un ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, Jean-Michel Blanquer, totalement pris au dépourvu ; on a vu le gouvernement demander 10 jours pour présenter un plan qui finira d'ailleurs par contredire une partie des annonces que le ministre avait faites entre temps ; on a entendu enfin que le retour à l'école se ferait sur la base du volontariat, tant des familles que des communes, en rupture complète avec la logique républicaine...

Tout cela sur fond d'une inquiétude légitime bien sûr, mais qui parfois sur les réseaux sociaux tournaient à la psychose, des enseignants, des parents d'élèves et des élus... Le protocole élaboré par l'Etat pour encadrer la réouverture des établissements s'est avéré souvent inapplicable pour nombre de collectivités territoriales, qui ont pour cette raison demandé ou décidé son report... Les tous derniers arbitrages se faisant dans la semaine précédant le 11 mai, nombre d'inspection d'académie n'avaient pas les réponses aux questions posées par les municipalités. Résultat... dans le Val-d'Oise par exemple, Le Parisien annonce que 80% des élèves ne seraient pas revenus en classe le 11 mai.

Pourtant, la question sociale, la question du décrochage et la question de l'isolement des élèves (qui sont d'abord des enfants) font bien partie du problème à résoudre. En septembre prochain, le virus sera toujours là et on a du mal à imaginer que la rentrée scolaire puisse se dérouler dans des conditions aussi dégradées que celles qui nous sont proposées aujourd'hui."

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