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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise.
Je suis membre du bureau fédéral du Val-d'Oise du Parti Socialiste et suppléant au Conseil National du Parti Socialiste.
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31 mars 2008 1 31 /03 /mars /2008 21:46
Au Zimbabwe, l'opposition assure avoir remporté l'élection présidentielle
LEMONDE.FR avec AP et AFP | 31.03.08 | 08h37  •  Mis à jour le 31.03.08 | 18h56

es résultats des élections générales au Zimbabwe continuaient à tomber au compte-gouttes, lundi 31 mars, tandis que Morgan Tsvangirai, candidat de l'opposition à la tête du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), affirme avoir battu le président sortant, Robert Mugabe, avec 60% des suffrages contre 30% à celui qui est au pouvoir depuis 1980. L'opposition avait déjà proclamé sa victoire au lendemain du scrutin, dimanche, mais se base cette fois-ci sur des chiffres non officiels recueillis dans 128 des 210 circonscriptions du pays.

Le secrétaire général du MDC, Tendai Biti, a précisé que son parti avait également gagné 96 sièges de députés dans ces circonscriptions. Le décompte officiel, établi lundi par la commission électorale du Zimbabwe, ne portait que sur 24 sièges, donnant une égalité parfaite à douze sièges entre le MDC et l'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (ZANU-PF) de Robert Mugabe.

Les autorités, qui ont attendu 36 heures après la fermeture des bureaux de vote pour publier les premiers résultats officiels, doivent en premier lieu donner les vainqueurs du scrutin législatif, avant de désigner le vainqueur de la bataille présidentielle, qui oppose MM. Mugabe et Tsvangirai mais aussi l'ancien ministre des finances, Simba Makoni, qui aurait obtenu 10% des voix, selon le MDC.

"LES PROCHAINS JOURS VONT ÊTRE CRITIQUES"
Les leaders de l'opposition et plusieurs observateurs ont souligné que la lenteur du décompte ne pouvait qu'accroître les doutes sur le bon déroulement de l'élection. Les "retards étaient une expression de la panique de la ZANU-PF", a par exemple jugé un porte-parole du MDC, qui assure que les hommes de Robert Mugabe sont prêts à annoncer sa victoire avec 52% des voix. La commission électorale explique le retard par le fait qu'outre le président et les députés, les sénateurs et les maires sont également désignés.

Les forces anti-émeute étaient déployées dans la capitale Harare, notamment dans la circonscription de Makoni Central, où le ministre de la justice, Patrick Chinamasa, candidat à la députation, a été défait selon un résultat officiel. La Communauté de développement d'Afrique australe (SADC), qui regroupe 14 pays de la région, a jugé les élections "pacifiques et crédibles", épinglant néanmoins les forces de l'ordre pour avoir prévenu qu'elles s'opposeraient à tout changement de régime.

"Les prochains jours vont être critiques pour l'avenir du Zimbabwe", a prévenu le chef de la diplomatie britannique, David Miliband, dont le pays suit de très près le déroulement du scrutin. "Des militants des organisations civiques au Zimbabwe ont surveillé les élections et nous attendons avec hâte leurs conclusions. Il ne doit pas y avoir de retard non nécessaire dans l'annonce des résultats officiels", a-t-il poursuivi.
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26 mars 2008 3 26 /03 /mars /2008 10:02
Municipales : les électeurs veulent une gauche de gauche
par Henri Emmanuelli et Benoît Hamon

Tirer les leçons d’une consultation électorale est un devoir primordial pour une formation politique, a fortiori pour le Parti socialiste qui a été l’acteur majeur de la victoire de la gauche dimanche 16 mars.

La première leçon est simple. Elle se lit dans la sécheresse des résultats : la droite a subi une déroute lors de ces élections municipales. Les 58 villes de plus de 20 000 habitants conquises par la gauche traduisent l’ampleur de cette défaite. Il peut sembler banal de l’affirmer mais cela est nécessaire tant l’impudence, voire l’autisme des ministres et des dirigeants de l’UMP sur les plateaux de télévision confinait au déni de réalité. Le nombre de villes conquises donne une dimension incontestablement nationale à cette défaite.

La seconde leçon concerne le "rôle central" que prétendait exercer le MoDem au centre de notre échiquier politique. A force de vouloir être partout à la fois, le MoDem n’a fini nulle part. La plupart du temps il est resté dans le giron de ses alliés traditionnels de droite, sans lesquels il n’aurait pas conservé le peu de municipalités dont les électrices et les électeurs lui concèdent encore la gestion. En entendant François Bayrou, au soir du premier tour, appeler en vain les électeurs palois à faire barrage aux "socialo-communistes", il nous revenait en mémoire cette définition que François Mitterrand donnait du centre dont il affirmait, non sans humour, qu’il n’était "ni de gauche ni de gauche".

A CONTRESENS DE L’HISTOIRE

Nous serions donc bien avisés de stopper rapidement une inutile et grotesque "danse du centre" et de laisser François Bayrou à sa stratégie électorale narcissique. Le scrutin municipal a eu cette vertu de démontrer l’absence d’efficacité électorale de l’alliance avec le MoDem, ce qui ne signifie pas qu’il faille renoncer à parler à ses électeurs. Si le MoDem décide de rejoindre le camp de la gauche et ses valeurs progressistes, il sera le bienvenu. Cette décision lui appartient, mais n’appartient qu’à lui. En attendant, nous avons mieux à faire.

Ce que nous avons à faire, et cela sera notre troisième et dernière leçon provisoire, est de constater le glissement à gauche de notre électorat. Partout où la gauche était rassemblée, elle réalise de très bons scores. Quand elle était divisée de notre fait, alors communistes, écologistes ou extrême gauche réalisaient des scores qu’il serait absurde d’ignorer. Finalement nous sommes dans une figure classique de notre vie politique accompagnée d’une donnée nouvelle.

La figure classique est celle de la bipolarisation entre la gauche et la droite. Une bipolarisation dont nous n’hésitons pas à affirmer qu’elle est saine pour notre démocratie, qui a besoin d’options différenciées et de confrontations d’idées et de projets.

La nouveauté est celle d’une radicalisation d’une partie de notre électorat qui s’explique aisément par l’inquiétude croissante devant la dégradation des conditions de vie des classes populaires et, phénomène nouveau, des classes moyennes. Les socialistes risqueraient de passer à côté de l’essentiel s’ils ne tiraient pas rapidement les conséquences qui s’imposent de ce message adressé par les Françaises et les Français. Un message qui risque de s’amplifier tant les perspectives économiques mondiales sont inquiétantes. La crise de très grande ampleur que traverse le système financier international, et qui menace désormais d’entraîner l’économie mondiale dans la spirale de la récession, marque assurément la fin des illusions de la globalisation financière et de la libéralisation effrénée du commerce international.

Alors qu’aux Etats-Unis, en Angleterre et, demain, en France et en Europe les dirigeants seront soumis à la nécessité de prendre des mesures radicales de sauvetage du système bancaire et de se tourner vers des formes nouvelles de régulation publique de l’économie, il serait paradoxal que la gauche française, en quête d’une illusoire modernité, "mue" à contresens de l’histoire.

Nous assistons à la fin de la domination culturelle du libéralisme et du capitalisme financier. Cela constitue une opportunité sans précédent de faire avancer nos idées progressistes. C’est ce à quoi nous invitons le Parti socialiste et ce à quoi nous consacrerons notre énergie dans les semaines et les mois à venir, avec toutes celles et tous ceux qui le souhaitent.

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25 mars 2008 2 25 /03 /mars /2008 11:26
Vous pouvez lire ici les discours d'installation prononcés le jeudi 20 mars 2008 par :
  • Claude Bartolone, nouveau président du conseil général de la Seine-Saint-Denis ;
  • Didier Arnal, nouveau président du conseil général du Val d'Oise.
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21 mars 2008 5 21 /03 /mars /2008 16:21
La France, ses déséquilibres, par Lionel Jospin
LE MONDE | 21.03.08 | 11h24

i, comme homme de gauche, je me réjouis du beau résultat des élections locales, comme citoyen, je reste inquiet, dix mois après la présidentielle, des déséquilibres qui troublent la marche de notre pays. Quels sont ces déséquilibres ? Et quels remèdes peut-on leur apporter ?

Il y a les déséquilibres économiques. Déficits majeurs du budget, du commerce extérieur, de la Sécurité sociale; endettement massif sur fond de croissance faible; montée de la pauvreté : les indicateurs sont mauvais. Les redressements amorcés sous mon gouvernement s'éloignent. L'héritage laissé en 2007 par mes deux successeurs était sans doute médiocre. Mais les actuels gouvernants, déjà membres des équipes précédentes, ne parviennent pas à restaurer la confiance.

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Le mieux serait que le pouvoir infléchisse ses orientations économiques. On peut douter qu'il le fasse. Au moins peut-on lui demander de ne plus adresser des messages contradictoires aux agents économiques, de ne pas désorienter nos partenaires européens par des volte-face et de fixer un cap clair à la politique économique de la France.

L'opposition, quant à elle, doit dégager les lignes d'une politique économique alternative. Il lui revient d'indiquer comment elle pourrait demain restaurer les équilibres tout en libérant la croissance, préférer la recherche et l'innovation à l'accumulation des patrimoines, relever la part des salaires par rapport aux profits pour à la fois armer et équilibrer notre économie. Ce serait une façon de redonner aux Français des repères.

Il y a les déséquilibres institutionnels. Il était certain que la conception de la présidence affichée par Nicolas Sarkozy serait source de difficultés. Le pouvoir a besoin de profondeur. Le président, le premier ministre, les ministres, le Parlement doivent exister chacun dans leur plan et jouer tout leur rôle. C'est ce qui garantit l'efficacité de l'action dans les temps ordinaires et la capacité à absorber les chocs dans les moments difficiles.

En s'attribuant tout l'espace, en court-circuitant ses ministres, en prétendant être la mesure de toute chose, le président a déstabilisé l'exécutif et démobilisé sa majorité parlementaire. Il a aussi désorienté les Français.

Le pouvoir est une pyramide qui ne saurait reposer sur sa pointe. Le président a altéré sa fonction en prétendant incarner toutes les autres et, par son comportement insolite, il est devenu le symbole d'une politique confuse. Lui qui se voulait tout-puissant se retrouve affaibli. Le premier ministre, qu'il avait marginalisé, s'est redressé : en agissant normalement, il a bénéficié d'un effet de contraste.

Cette distorsion imprévue est déstabilisante pour un pouvoir qui, sous la Ve République et hors période de cohabitation, repose sur l'autorité du chef de l'Etat dans l'opinion. Aussi la majorité est-elle passée en peu de mois de la sérénité à l'inquiétude.

Le retour à l'équilibre dépend d'abord du chef de l'Etat. C'est son image qui est dégradée en France et à l'étranger. Nicolas Sarkozy doit réaliser que, dans l'esprit des Français, l'exercice de sa charge est en cause. Que ses improvisations sur la religion, la laïcité, la mémoire de la Shoah irritent. Qu'il ne peut prétendre contourner une annulation du Conseil constitutionnel, puisqu'une telle tentative serait illégale. Que l'espace public où se meut le président est régi par des codes qui excluent le laisser-aller.

M. Sarkozy a le devoir de renoncer à l'illusion de la toute-puissance, à la griserie du bon plaisir, à la fusion de la vie privée et de la sphère publique.

Il y a les déséquilibres de l'ouverture. Celle-ci, loin de fonder une nouvelle construction politique, est devenue facteur de trouble. Pour les socialistes bien sûr, mais aussi pour la majorité, quand les ralliés, embarrassés par certaines décisions, ont fait entendre de premières dissonances. Et puis, ces dérèglements se sont étendus. La transgression, venue d'en haut, des loyautés politiques naturelles a fait école. A droite comme à gauche, trop de candidats dont le parti avait fait la carrière entrent en dissidence ou rallient l'adversaire si leur formation ne les désigne plus.

Ces trajectoires égoïstes sont une cause de confusion et discréditent l'engagement politique. La fidélité aux convictions n'est en rien du sectarisme. La majorité et l'opposition redonneront de la clarté à notre vie publique s'ils s'emploient à décourager ceux qui traitent la politique comme un marché.

Il y a les déséquilibres entre les discours et les actes. Ils vont croissant. Certes, la nouvelle équipe a, dans quelques cas, tenu parole. Elle l'a fait logiquement pour le traité européen, injustement pour les régimes spéciaux de retraite, et sottement pour le paquet fiscal.

Mais, pour l'essentiel, il y a un décalage majeur entre les annonces et les actions. Les Français constatent la détérioration et non la progression de leur pouvoir d'achat. Le démantèlement des 35 heures ne provoque évidemment aucune augmentation des salaires. A l'inverse, les hausses de prix amputent le niveau de vie et accroissent les difficultés de beaucoup.

Et puis se systématisent les effets d'annonce sans lendemain. Que reste-t-il des promesses aux marins pêcheurs du Guilvinec, de remettre en cause les quotas de pêche européens ? Où en est-on de l'engagement pris auprès des sidérurgistes de Gandrange d'une participation de l'Etat dans le groupe indien ArcelorMittal pour sauver le site ? Où sont les milliards d'euros promis aux chercheurs alors que ceux-ci constatent la baisse des crédits de leurs laboratoires ?

Cette manière de gouverner est détestable, car elle laisse les problèmes sans solution et elle dévalorise la parole publique. Le pouvoir en place doit donc mettre de l'ordre dans son action, hiérarchiser ses priorités, ne plus substituer la proclamation à l'action. Sinon, il continuera à créer scepticisme et démoralisation.

Il y a les déséquilibres à gauche. Désormais, le Parti socialiste domine et n'a plus d'alliés puissants. Et il reste confronté à une extrême gauche sans culture de pouvoir qui stérilise son électorat. Le PS aura dans l'avenir à compter de plus en plus sur ses propres forces.

Pour cela, le Parti socialiste doit surmonter ses propres déséquilibres. Le premier tient à la contradiction entre ses succès locaux et ses échecs nationaux. Le PS vient d'obtenir de très bons résultats aux élections municipales et cantonales. Mais il n'a pas remporté l'élection présidentielle depuis vingt ans ni gagné les élections législatives depuis onze ans.

On prétend que certains de ses notables s'accommoderaient de cette disparité, le statut d'opposants au pouvoir central leur paraissant propice à leurs victoires locales. Mais un courant politique qui perd son élan national ne gardera plus à terme que des places fortes isolées. Le Parti socialiste doit s'appuyer sur ses succès locaux, il ne peut s'y borner. Il lui faut se redonner un destin national.

Le second déséquilibre du PS concerne l'écart entre son potentiel collectif et sa panne de leadership. Les difficultés ne sont ici ni programmatiques ni stratégiques : un programme se mûrit et une stratégie s'affine. Mais il faut pour cela un chef de file reconnu qui mette chacun au travail.

 Ce n'est plus le cas, puisque le premier secrétaire actuel quitte sa fonction et qu'il n'y a pas de consensus sur son successeur. Pourtant, la question du leadership ne peut être éludée. Il faut au prochain congrès, sans déchirements mais après débat, choisir un leader, une équipe, une orientation.

Prendre prétexte des spéculations sur les candidatures à la présidentielle pour choisir aujourd'hui un premier secrétaire de transition forcément faible serait vouer le parti à la paralysie et à la stagnation. La question de savoir qui sera ou ne sera pas candidat en 2012 est aujourd'hui secondaire et sera réglée plus tard.

Parmi leurs dirigeants actuels, les socialistes doivent choisir pour la porter à leur tête une personnalité dotée d'une culture et d'une expérience politiques indiscutables. Qui connaisse le PS et respecte ses militants. Qui ait la volonté de redonner à tous le sens de la réflexion et de l'action collectives pour faire des propositions cohérentes au pays.

Il y a les déséquilibres médiatiques. La liberté de notre presse est précieuse. Que saurions-nous aujourd'hui des dérèglements d'une partie du patronat, des incohérences de notre politique africaine, de l'opacité de la sphère financière mondiale, de l'inquiétante évolution de la Russie ou encore des variations de l'opinion sans les investigations et les analyses de la presse ?

Elle n'a pourtant pas été étrangère aux déséquilibres actuels et elle peut aider à les résorber. Il y a un vif contraste entre l'engouement qu'elle a manifesté à l'égard de M. Sarkozy au moment de son élection et l'éreintement auquel elle procède maintenant. Il est vrai que la déception a succédé à la séduction, les ratés aux promesses et l'improvisation au volontarisme.

Mais ne pouvait-on pas anticiper ces distorsions et déceler dans la personnalité si exposée du candidat les carences du chef d'Etat ? Faut-il que les Français soient voués à élire un président couvert d'éloges pour l'accabler six mois plus tard ? Faudrait-il instituer en France des présidences à l'essai ?

Le président est là pour quatre ans encore. Il n'est donc pas indispensable, pour l'équilibre du pays, de déclarer chaque jour insoutenable une situation dont on sait qu'elle va durer. De même, on peut critiquer les actions d'une personne tout en respectant sa charge.

Les médias rendront un autre service à la vie publique en ne cultivant pas ce qu'ils disent déplorer. L'affaiblissement du président dans l'opinion tiendrait beaucoup à l'étalage de sa vie privée ? À eux de ne pas pratiquer non plus ce mélange des genres, fut-ce pour augmenter leurs tirages.

En centrant leurs actes, leurs analyses et leurs jugements sur l'examen lucide des problèmes de la France et sur la recherche sérieuse de leur solution, les acteurs de la vie publique – majorité, opposition, médias, citoyens – peuvent contribuer à rendre son équilibre à notre pays.


Lionel Jospin, ancien premier ministre (1997-2002)
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21 mars 2008 5 21 /03 /mars /2008 11:21
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21 mars 2008 5 21 /03 /mars /2008 11:06
Barack Obama explique sa vision de l'expérience noire en Amérique
LEMONDE.FR | 19.03.08 | 10h00  •  Mis à jour le 19.03.08 | 10h00
New York, correspondant

Vous pouvez télécharger ici le texte intégral du discours de Barak Obama sur l'identité et le projet politique des Etats-Unis d'Amérique (malheureusement celui-ci n'a pas encore été traduit en Français). Ce discours fera date car il définit le véritable rêve américain pour le XXIème siècle, la nouvelle frontière d'une Amérique démocratique et sociale.

andidat à l'investiture démocrate à l'élection présidentielle, Barack Obama a été amené, mardi 18 mars, à se démarquer d'une tutelle qui commençait à empoisonner sa campagne : celle de Jeremiah Wright, pasteur de l'Eglise unifiée de la Trinité du Christ, à Chicago, à laquelle il adhère. Un prêtre qui l'a marié ; a baptisé ses enfants et qui a joué un rôle important dans sa formation. Or le révérend est aussi un inlassable contempteur des turpitudes de l'Amérique blanche, tant dans son passé que dans sa politique internationale. Les opinions qu'il professe, jugées insultantes par tout ce que l'Amérique compte de patriotes, ont fini par fournir aux adversaires de M. Obama de quoi semer le doute sur la nature profonde de sa candidature.

Le pasteur Wright a, par exemple, déclaré que les attentats du 11 septembre 2001 étaient une "réponse" aux méfaits internationaux des Etats-Unis. Il a accusé l'Amérique d'avoir propagé le sida. De vieilles cassettes sont ressorties, dont une où il estimait que les Noirs américains, plutôt que d'énoncer la profession de foi usuelle "Dieu bénisse l'Amérique", devraient dire "Dieu maudisse l'Amérique", en référence aux malheurs que les Blancs leur ont fait et leur font endurer.

M. Obama a nié avoir jamais entendu de tels propos lors des sermons auxquels il a assisté et catégoriquement condamné les propos "inexcusables" de son pasteur. Ceux-ci "dénigrent la grandeur et l'héritage de notre nation, offense les Blancs comme les Noirs". Mais il a refusé de tourner le dos à un homme qui lui "a apporté le christianisme". M. Wright "porte les contradictions, bonnes ou mauvaises, de sa communauté", il représente le point de vue de nombreux Noirs qui ont "vécu la ségrégation raciale", a-t-il plaidé. Son Eglise "contient toute la bonté et la cruauté, l'intelligence farouche et l'ignorance choquante, les luttes et les succès, l'amour, et, oui, l'amertume et les préjugés qui font l'expérience noire en Amérique". Voilà pourquoi, "aussi imparfait soit-il, a-t-il conclu, je ne peux pas plus [le] renier que renier la communauté noire".

Lorsqu'il s'est porté candidat, M. Obama avait une stratégie : se présenter comme celui qui serait capable d'unifier les Américains sur un projet de renouveau du pays. Pour ce faire, il devait impérativement ne pas apparaître comme un liberal (un progressiste) forcené ni se laisser marginaliser dans le rôle du "candidat noir", comme le fut le révérend Jesse Jackson, prétendant à l'investiture démocrate en 1984 et 1988. Or le pasteur Wright est précisément un fervent adepte de la cause noire et un ultraprogressiste.

Le lien entre ces deux composantes faisait jusqu'à récemment l'objet d'attaques limitées à des cercles ultraconservateurs et à certains milieux juifs américains de droite. Les Black Muslims (musulmans noirs) ne sont-ils pas viscéralement anti-israéliens et antisémites, demandaient-ils? Or quelle est l'influence de l'islam sur M. Obama, dont le second prénom est Hussein et qui, enfant, a été éduqué dans une école musulmane en Indonésie? Ces allusions semblaient glisser sur lui. Des propos de gens "paniqués" par le puissant mouvement d'adhésion qu'il soulève, rétorquait-il.

Le temps où il balayait ces accusations d'un revers de main est révolu. Pour la première fois, le 26 février, une question lui a été posée lors d'un débat sur sa relation au dirigeant du mouvement noir radical Nation of Islam, Louis Farrakhan. M. Obama a "dénoncé son antisémitisme" et "rejeté" le soutien qu'il lui apportait. Avec le rappel d'une visite que le révérend Wright effectua avec M. Farrakhan chez le dirigeant libyen, Mouammar Kadhafi, et l'évocation de ses déclarations passées, la pression est montée de plusieurs crans.

Les réponses apportées par le sénateur de l'Illinois suffiront-elles à la faire retomber? Les républicains, s'il est candidat, chercheront à l'enfermer dans la position d'un progressiste extrémiste. De manière implicite, l'équipe de son adversaire démocrate, Hillary Clinton, cherche aussi à le marginaliser sur ce terrain. Barak Obama subit aujourd'hui "le plus grand test de sa campagne électorale et de sa carrière politique", écrivait mardi le Wall Street Journal. Il souhaite sortir au plus vite des polémiques qui menacent de l'enfermer dans le carcan ethnico-racial. Il peut espérer que la dimension des problèmes économiques et sociaux actuels du pays lui permette de les évacuer rapidement.

Sylvain Cypel
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19 mars 2008 3 19 /03 /mars /2008 16:57
On savait que Nicolas Sarkozy avait fait une croix depuis quelques mois sur la reconquête électorale de la capitale lors des élections municipales des 9 et 16 mars 2008. On a pu voir d'ailleurs quel soutien le Président de la République apporta à feu Madame de Panafieu dans son combat d'arrière-garde contre les équipes menées par Bertrand Delanoë.
Resituées dans le contexte des prises de position publiques du Président depuis l'été sur une communauté urbaine parisienne, qu'il veut élaborer en dehors des élus locaux, les deux nominations surprises hier soir de secrétaires d'Etat prennent une certaine saveur : là où l'on attendait Roger Karoutchi, on a Christian Blanc comme secrétaire d'Etat au "développement de la Région Capitale", et on complète par Monsieur Alain Marleix, spécialiste des investitures de l'UMP, comme secrétaire d'Etat au redécoupage électoral.
On a ici un vrai plan de bataille pour s'attaquer à la Région au travers du SDRIF et du STIF et en même temps limiter les marges de manoeuvre de Bertrand Delanoë en imposant un "Grand Paris" dont le modèle s'éloigne bien du "Paris Métropole" que celui-ci voudrait construire avec ses voisins. Les élus locaux vont devoir réagir avec force et célérité, car sinon à coup de tronçonnage électoral et de "négociations" musclées, c'est bientôt l'administration directe de l'Etat qui sera rétablie sur la Région Île-de-France toute entière.

Frédéric FARAVEL
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18 mars 2008 2 18 /03 /mars /2008 15:27
Martine Aubry : "Les Français veulent le retour au sérieux"
LE MONDE | 18.03.08 | 09h00

artine Aubry, vous avez fait, au second tour à Lille, alliance avec les Verts et le MoDem. Pourquoi être allé cherché le MoDem, dont vous n'aviez pas besoin ?

La gauche faisait 64% au 1er tour. Et, avec les Verts, nous sommes d'accord sur essentiel. Les Verts ont décidé de présenter une liste, comme ils l'avaient toujours fait à Lille. J'avais toujours dit que je commencerais par réunir la gauche, et donc, le dimanche soir des élections, nous nous sommes retrouvés. (…)

Mais face à la politique que mène Nicolas Sarkozy, il y a beaucoup d'hommes et de femmes dans notre pays qui partagent nos valeurs d'humanisme. J'ai toujours dit que s'il y a des hommes et des femmes qui veulent nous rejoindre, après l'union de la gauche, pour s'engager à combattre la politique de Nicolas Sarkozy dans ce qu'elle a d'injuste et de non conforme à l'identité de la France, et d'autre part, adhérer à notre projet en acceptant toutes les composantes de la gauche, j'y serais ouverte.

J'ai aussi la chance d'avoir en face de moi un MoDem qui n'est pas d'accord avec la politique fiscale du gouvernement, s'est dit ulcéré par la loi sur l'immigration et les testes ADN, et est porté par un homme qui a une fibre sociale reconnue dans la ville et une morale reconnue par tous…

Etes-vous cependant favorable à ce que le PS, au niveau national, envisage systématiquement cette alliance avec le MoDem?

Je n'étais pas d'accord pour l'alliance systématique avec le MoDem. Je ne l'aurais jamais fait avec le MoDem de Bordeaux, sans doute avec difficulté à Paris, dès lors qu'il n'y avait pas eu de position de fond prise auparavant.

Au soir du premier tour, vous avez expliqué que vous n'aviez pas aimé la façon dont la gauche avait fait de la politique en 2007, et tout le monde a compris que vous critiquiez Ségolène Royal. Qu'est-ce que vous n'aviez pas aimé ?

Je me sens aussi responsable de l'échec de 2007 que tous mes camarades qui avaient la responsabilité de gestion et de direction du Parti socialiste. Nous avons un peu abandonné la politique. Nous avons eu l'impression qu'il valait mieux suivre les Français dans ce qui pouvait leur plaire plutôt que de leur proposer une vision de notre société. Par moments, nous avons eu des doutes sur les valeurs.

Les villes de gauche vont-elle devenir des contre-pouvoirs au gouvernement ?

Nous sommes des lieux où nous essayons de réduire les effets de la politique que mène aujourd'hui le président de la République. (…) Par exemple, je vais diminuer les tarifs de cantine par deux pour tout le monde, nous mettons en place un programme d'aide à l'isolation de l'habitat qui fait chuter les charges d'énergie des gens.

Sur de tels sujets, les départements accompagnent les RMIstes, et donc nous pouvons contrecarrer. Nous sommes là aussi pour porter d'autres valeurs. Quand nous décidons de créer des logements sociaux dans des quartiers de qualité, avec la même qualité dans les quartiers riches et pauvres, nous faisons la mixité sociale.

Dans chaque classe, les enfants sont mêlés, et cela remonte immédiatement le niveau et la chance scolaires. Ce que je fais à Lille, d'autres le font à Nantes…

Le président de la République parle d'accélérer les réformes après ce deuxième tour…

J'ai été assez étonnée, pour ne pas dire choquée, des propos de François Fillon, dimanche soir. Les Français veulent des réformes, mais celles que le président de la République leur avait promises.

"Tous les Français seront propriétaires", avait-il promis, et il n'y a des primes que pour ceux qui sont déjà propriétaires. Le pouvoir d'achat : on ne l'a pas vu. Et l'augmentation des petites retraites ? Les Français veulent que ces réformes aient lieu.

Mais, aujourd'hui, ils ont l'impression que ces réformes ne sont pas justes, sans compter qu'elles sont souvent extrêmement brutales. Je crains que dans les prochains jours vienne une accélération de réformes qui va accroître les problèmes de la France.

Vous tenez le discours d'un premier secrétaire du Parti socialiste…

Je crois que ce serait la pire erreur.

Votre victoire à Lille ne change-t-elle pas votre statut ?

Non. J'ai été n° 2 du gouvernement, et j'ai toujours été là quand il fallait se battre contre les choses injustes ou sans sens : le CPE, la loi sur l'immigration.

Quand les valeurs de gauche semblent être remises en cause alors qu'elles me paraissent être saines dans la situation que nous vivons, je suis là et j'ai toujours été là.

Cette dernière année, il est vrai que je me sentais mal à l'aise. Grâce à de nombreux amis, tout cela va repartir.

La démagogie, la facilité du langage, la communication, les Français n'en veulent pas. Ils veulent le retour au sérieux, à la vision, au projet, au collectif. Et je suis convaincue qu'ils sont prêts à se mobiliser derrière ces valeurs.

Propos recueillis par Raphaëlle Bacqué, Thomas Hugue et Stéphane Paoli
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17 mars 2008 1 17 /03 /mars /2008 16:41

16 mars 2008 : La droite sarkoziste sanctionnée, la gauche face à elle-même

1- un désaveu franc et massif de la droite :

Personne ne pourra nier cette fois-ci que les partisans du chef de l'Etat viennent de remporter une défaite profonde, qui au-delà des questions locales signifie un désaveu de la politique et du comportement du président de la République.

9 mois après l'élection présidentielle, le retour de balancier est assez violent, on dépasse largement le simple rééquilibrage que les ténors de la droite ont tenté de décrire hier soir tant les victoires du Parti socialiste, soutenus la plupart du temps par le reste de la gauche, emportent des municipalités depuis si longtemps ancrées à droite comme Reims, Metz ou Saint-Etienne…

Une fois encore on perçoit le scrutin cantonal comme la réelle mesure politique du vote de dimanche : les municipales tempèrent le vote par la grille personnalisée du scrutin et l'écart reste faible avec 47 % à la gauche contre 45 % à la droite, mais traduit dans les faits par un basculement de 6 à 9 départements la gauche remporte aux cantonales 51,28 % des voix contre 44,52 % à la droite et 3 % au Modém.

Il est incontournable que les Français malgré tous les sondages qui expliquent que les choix se sont portés très majoritairement sur des réalités locale ont exprimé un désaveu politique à l'équipe gouvernante. Nicolas Sarkozy échoue là où il avait porté le débat durant la campagne présidentielle, doublant la gauche sur un terrain qu'elle n'avait pas jugé bon de mettre en avant au printemps dernier : l'économie et le social. La question du pouvoir d'achat explique largement ce désamour rapide et radical ; on pourra toujours expliquer avec Opinion Way que les Français désirent la poursuite des réformes, il n'est pas sûr que les Français conscients que des réformes profondes soient nécessaires dans notre pays souhaitent la perpétuation des orientations défendues par Sarkozy et Fillon. Mais ceux-ci ont été élus en mai et juin 2007, leurs mandats restent valables et il ne faut pas s'attendre à une inflexion majeure de la politique qui sera menée par le gouvernement Fillon, remanié ou non, certains analystes percevant même chez le Président de la République la volonté de refermer la séquence de l'ouverture et de s'ancrer plus fermement à droite encore.

Enfin, ne tombons pas non plus dans un excès de triomphalisme, si les résultats globaux de la droite sont désastreux au niveau national, elle conserve des sujets locaux de réjouissance et parfois non des moindres : Mont-de-Marsan, Agen, Montauban, Morlaix, Châtellerault, Tarbes et Calais virent à droite. C'est un sujet d''inquiétude qu'il faudra observer à gauche tout comme le taux d'abstention qui avec 34,5 % ne doit pas être interprété comme la seule mauvaise humeur des électeurs conservateurs déroutés par les manières bling-bling du Président. L'électorat populaire s'est une nouvelle fois peu mobilisé.

 

2- l'équation introuvable du Modém :

François Bayrou et ses amis ont passé une mauvaise soirée, que le président du Modém a traduit en chargeant sur la gouvernement la responsabilité d'une « énorme vague de gauche » - ce qui devrait au demeurant rappeler à certains socialistes tout le bien que le Béarnais pense de la gauche.

Son échec personnel, même d'un cheveu, va peser largement sur l'avenir du mouvement centriste. Mais au-delà de l'incohérence de la stratégie politique dénoncée toute la semaine, le Modém fait face à une dichotomie pourtant pré-existante entre une large partie de son électorat d'un côté, et la plupart de ses représentants de l'autre.

On voit bien que laisser à eux-même une majorité des électeurs du Modém se reporte sur la gauche, quand les seuls maires centristes de France ne doivent leur réélection qu'au soutien de la droite contre la gauche. Les fusions Modém-Gauche sont rarement porteuses dans ce second tour, hors quelques cas d'union sacrée nécessaire pour renverser des pouvoirs locaux réactionnaires ou clientélistes. À Marseille, la dichotomie entre électeurs et leaders du Modém s'est d'ailleurs traduit dans le sens inverse du reste du pays : un leader penchant vers la gauche, mais un électorat centriste fortement habitué à un long compagnonnage avec la droite locale, et la fusion Gauche-Modém n'a pas permis de suffisamment bousculer Jean-Claude Gaudin. Ce dernier cependant a eu chaud puisque sa majorité rassemble 51 conseillers contre 49 à la gauche et 1 au Front National ; il faudra observer pendant les 6 prochaines années le comportement véritable des élus Modém de Marseille, mais il y a fort à parier que beaucoup finissent par se fondre dans la gauche locale.

La stratégie à géométrie variable du Modém permet parfois la perpétuation de structures passéistes : le Modém parisien risque de payer longtemps dans la tête des Parisiens la réélection de Jean Tiberi de quelques centaines de voix, facilitée par le maintien de la liste de Philippe Meyer dans le Vème arrondissement, d'autant que partout ailleurs dans la capitale les centristes ne maintiennent pas leurs positions. Onpourra faire la même analyse sur Aix-en-Provence où le Modém en se maintenant s'est fait le complice objectif du succès d'une droite réactionnaire.

Enfin à plusieurs reprises, la Gauche a démontré comme à Toulouse ou à Cergy qu'elle n'avait pas besoin du Modém pour être élue et présenter aux électeurs une force crédible et solide face à la droite. Le choix de la clarté semble avoir été payant dans ses deux villes : à Toulouse le challenger de gauche avait refusé les avances du Modém qui s'est finalement allié à l'UMP, mais il a également refusé toute surenchère, ce qui semble avoir payé chez les électeurs.

À Cergy, le maire PS était arrivé en tête du premier tour avec une gauche éclatée et le Modém à l'affût ; en décidant de proposer un choix clair il a pu se maintenir face à la droite.

La démonstration de l'alliance obligatoire avec le Modém ne semble donc plus si évidente à gauche, et ceux qui en faisait un élément incontournable de leur discours révisionniste au PS devraient prendre désormais un peu de recul, surtout que 60% des sympathisants de gauche – sans doute échaudés par l'attitude des centristes – disent préférer le maintien des alliances à gauche.

 

3- une lente agonie du communisme municipal :

Le Parti communiste français peut bien regagner le conseil général de l'Allier – sous perfusion socialiste – et conserver le conseil général du Val-de-Marne, la soirée électorale du 16 mars a été beaucoup moins agréable pour le PCF que celle du 9 mars. Il n'y a pas eu de surprises comme celles de Dieppe au premier tour, et Le Havre reste comme prévu dans l'escarcelle d'Antoine Ruffenacht, le retour du communisme municipal y ayant été réprouvé tout comme à Corbeil-Essonne pourtant face à un maire – Serge Dassault – vieillissant et réprouvé.

En Arles, le maire communiste est réélu dans une alliance avec le Modém quand le PCF attaquait verbalement partout les alliances entre la gauche et le centre.

C'est Calais qui frappe au coeur le Parti communiste en basculant à droite et sanctionnant une logique malthusienne de cette municipalité détenue depuis de nombreuses années par le PCF.

En Seine-Saint-Denis, la réélection attendue des municipalités communistes de La Courneuve, Saint-Denis et Bagnolet ne défraiera pas la chronique, mais d'une part le basculement du conseil général vers le Parti socialiste, quasiment acquis depuis la semaine dernière, et d'autre part, la perte d'Aubervilliers et de Montreuil au profit des socialistes et des écologistes marquent un coup dur pour le PCF, indiquant définitivement le changement d'époque à gauche et l'impossibilité pour ce parti d'enrayer son déclin, la nécessité de sa remise en cause et de son dépassement au sein de la gauche.

 

4- Le Parti socialiste face à ses responsabilités à gauche et dans le pays :

C'est sur le Parti socialiste que pèse désormais la responsabilité de ne pas oublier les causes et les résultats des scrutins des 9 et 16 mars 2008. Autant on pouvait encore douter d'un véritable élan vers les candidats et les listes présentés par le PS la semaine dernière, autant le scrutin du 16 mars prend toutes les apparences d'une vague rose.

La liste des villes ayant basculé au second tour de droite à gauche est impressionnante : Toulouse, Strasbourg, Caen, Blois, Saint-Brieuc, Laval, Argenteuil, Saint-Etienne, Angoulême, Périgueux, Metz, Colombes, Aulnay-sous-Bois, Reims, Saint-Denis-de-la-Réunion, Valence, Asnières-sur-Seine, Cahors, Mende, Quimper, Amiens. La gauche socialiste conserve des villes où la gauche était en difficulté : Angers, Toul, Pau, Romans, Nevers, Aurillac. Elle perd quelques communes symboliques comme Mont-de-Marsan, Montauban, Morlaix, Agen, Tarbes, Montélimar Le PS prend Aubervilliers au PCF et la victoire de Dominique Voynet à Montreuil ne s'est pas faite sans une forte participation socialiste, malgré les choix de Solférino.

Du côté des départements la liste est plus éloquente encore : le PS conserve la Seine-et-Marne et l'Oise que la droite espérait ravir, il emporte bien plus de départements qu'il ne l'espérait : le Val d'Oise, la Seine-Saint-Denis, les Deux-Sèvres, le Lot, le Lot, la Somme, l'Ain, l'Indre-et-Loire.

Mais ne tirons pas de ce scrutin des conclusions hâtives. D'abord parce que ce n'est pas avec les collectivités locales que la gauche et les socialistes empêcheront la droite de mener à bien ses projets gouvernementaux. La gauche territoriale – bien qu'elle ait reçu des soutiens forts aussi pour la qualité des projets locaux qu'elle présentait – n'a ni les outils ni la culture politique pour fabriquer des collectivités de résistance ou des contre-sociétés, quand bien même cela serait-il souhaitable. Le PS n'a jamais conçu une place claire aux collectivités locales dans son projet de transformation sociale (contrairement au PCF des années 1950 et 1960) au moment même où ce projet de transformation de la société mériterait d'être précisé.

Il faut donc lancer deux avertissements :

  • le premier c'est à tous ceux qui ont parcouru les départements et les communes en expliquant que l'élection de maires socialistes atténueraient les malheurs et les réformes promises par Sarkozy ont menti aux Français et le cas échéant ils porteront la lourde responsabilité d'une déception de l'électorat ;

  • Le second est qu'il ne faut pas répéter l'erreur de 2004. Les victoires de 2004 et 2008 se ressemblent car elles sont portées autant si ce n'est plus par le rejet du gouvernement central que par les projets locaux défendus par la gauche. En 2004, nous avons cru que les conquêtes des régionales, des cantonales et des européennes, nous exonéreraient d'un travail sur notre projet de transformation sociale : nous fumes battus en 2007 après avoir été confus en 2005. Aujourd’hui certains voudraient faire croire que « l'intelligence des territoires » (sur le même mythe de « la terre qui elle ne ment pas ») nous promet avec tous ces nouveaux maire de gauche un futur et bon projet pragmatique du PS, et c'est une aggravation de l'erreur de 2004.

Non seulement, nous devons remettre sur le métier la question de l'identité et de la nature du PS, donc de sa capacité ensuite à reconstruire la gauche, mais nous devons aussi aborder sans tabou les questions que nous fuyions depuis plus de 10 ans : les possibilités d'inventer une politique économique progressiste offensive qui sorte des sentiers battus du néo-libéralisme.

Certains voudraient limiter notre débat au leadership, à des réformes de statuts avec le centralisme démocratique à la clé et à la question de l'alliance avec le Modém. Si l'on ajoute à ce qu'il y a d'étrangement écœurement dans les discours des amis de Ségolène Royal sur l'ordre, « le fantasme d'une société transformée en une sorte de pensionnat généralisé » (cf. BHL dans Ce grand cadavre à la renverse), la nation et les territoires, le scrutin des 9 et 16 mars 2008 vient d'invalider largement les présupposés des sociaux-libéraux autoritaires qui entourent l'ancienne candidate socialiste à l'élection présidentielle.

Elle a fait l'aveu publiquement et en pleine campagne, que sa tournée des villes et des départements était plus une tournée des fédérations et des sections dans l'objectif d'être majoritaire lors du prochain congrès du Parti socialiste. Nous serons donc vigilant à ce que certaines conquêtes nouvelles de la gauche ne soient pas détournées pour empêcher un débat de fond qui affaiblirait inévitablement les tenants d'un recentrage du Parti socialiste et finalement d'une implosion de la gauche.

Frédéric FARAVEL

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14 mars 2008 5 14 /03 /mars /2008 15:08
Je ne peux m'empêcher de revenir sur une actualité chaude... Celle de la polémique qui accompagne l'ouverture du salon du Livre, mettant cette année à l'honneur, les écrivains israéliens de langue hébraïque (y compris un arabe israélien écrivant en hébreu, je le précise).
Plusieurs Etats arabo-musulmans ont choisi de boycotter cette manifestation culturelle, au prétexte qu'elle était inaugurée hier soir par Shimon Péres, chef de l'Etat hébreu, et par "soutien aux souffrances du peuple palestinien" dont l'union des écrivains aurait appelé initialement au boycott.
Le conflit israélo-arabe est une plaie morale que personne ne peut éviter et nier. Mais je trouve assez fallacieux d'appeler au boycott d'une manifestation culturelle quand le pays et les auteurs invités sont Israël et ses ressortissants : le fait même que le pays éponyme du salon de cette année ait été choisi pour signifier le 60ème anniversaire  de la création de l'Etat d'Israël démontre qu'en fait ce n'est pas la politique actuelle de l'Etat d'Israël, l'occupation des territoires palestiniens ou la souffrance du peuple palestinien, qui motiveraient réellement le boycott mais l'existence même d'Israël. Il y a un moment où il faut arrêter de montrer l'arbre quand la forêt des sentiments inavouables et odieux se cache derrière.
Je comprendrais qu'à la rigueur comme le fait Tahar Ben Jelloul (voir émission "Du Grain à moudre" plus bas) l'on boycotte l'inauguration effectuée par Shimon Péres car il serait nécessaire de séparer Etat, Littérature et Culture, mais qu'ensuite on participe au débat et au salon. Quelques écrivains arabes le feront et c'est heureux, c'est la démonstration la plus marquante de l'instrumentalisation politique et haineuse des malheurs du peuple palestinien par les dictatures arabes et musulmanes.
Les auteurs invités sont des personnalités éminemment critiques de la politique menée par Sharon puis Olmert, ils méritent qu'on vienne débattre avec eux et jeter des ponts pour préparer la paix et la création d'un deuxième Etat , le palestinien, à côté d'Israël.
Fred

Du Grain à moudre, le 13 mars 2008 : "
Faut -il accueillir les écrivains israéliens au Salon du Livre ?" - écouter
Le 7-10 de France Inter avec Avraham B. Yehoshua le 14 mars 2008 :
L'invité du 7-10
Interactiv'
Les Matins de France Culture le 14 mars 2008 : l'invité David Grossman - écouter
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