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Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube.
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Gauche Républicaine & Socialiste

24 septembre 2008 3 24 /09 /septembre /2008 14:00
Par Stéphane Alliès - Mediapart.fr

Motions sans grandes émotions, au conseil national du PS. Les fameux textes d'orientation dans la perspective du congrès de Reims (14-16 novembre) ont été déposés mardi en fin d'après-midi, dans une salle de la Mutualité comble et en plein échauffement oratoire et contradictoire.

Le "dépôt des motions", dans le jargon socialiste, c'est ce moment rituel un peu irréel où les caméras se bousculent de "leader" en "éléphant", en passant par les "barons locaux". Et où les membres du conseil national n'ont qu'une obsession: savoir qui a signé le texte de qui. Ce mardi, sur le parvis de la symbolique salle parisienne, toutes les attentions étaient portées aux traditionnels "ralliements de dernière minute": Pierre Moscovici, Julien Dray, Jean-Luc Mélenchon et Pierre Mauroy.

"Mosco" a finalement rallié Bertrand Delanoë, «un choix de responsabilité pour ne pas fragmenter davantage le parti». Ces 3 derniers jours, il aura été annoncé partout, cela irritant beaucoup ses différents interlocuteurs (il avait aussi discuté avec Royal et Aubry), pour finalement retrouver le giron jospinien, malgré la présidentialisation, la gestion Hollande et les primaires fermées qu'il dénonçait.

Julien Dray a lui rejoint le giron de Ségolène Royal, constatant l'échec de sa stratégie de rassembleur d'une large majorité et retrouvant celle dont il avait mené la campagne présidentielle avant de s'en éloigner.

Jean-Luc Mélenchon a finalement convaincu Benoît Hamon de représenter l'union de la gauche du PS, et s'est rangé derrière le député européen avec Marc Dolez.

"Le grand Pierre" (que d'autres dans le Nord, plus taquins, appellent aussi "Gros Quinquin") a choisi de signer la motion de Martine Aubry, malgré les suppliques des amis de Bertrand Delanoë et François Hollande. Mauroy se dit «assuré que le parti finira rassemblé» et a donc préféré maintenir son soutien à la maire de Lille et à la fédération du Nord, malgré ses réticences envers Laurent Fabius.

Ils sont effectivement très nombreux à partager une même analyse quant à l'issue du congrès: «Il faut absolument finir premier à l'issue du vote des militants.» C'est même le premier secrétaire sortant, François Hollande, qui a résumé l'enjeu en l'incarnant, en conclusion de la réunion: «Quelle que soit la motion, quel que soit le premier secrétaire qui sortira de ce congrès, je soutiendrai la motion qui arrivera en tête.» Reste à savoir quelle orientation mettra en œuvre le rassemblement autour d'elle. Depuis ce mardi soir, on en sait plus sur le style de chacun dans la campagne interne qui s'ouvre.

Opposition de styles à la tribune

Un "dépôt des motions socialistes" passe également par un rituel bien huilé, dont on retiendra, pour l'anecdote, l'annonce de leur rang tiré au sort. Le hasard faisant bien les choses, c'est Bertrand Delanoë qui portera la "motion A", traditionnellement dévolue à celle du premier secrétaire sortant, François Hollande, depuis 11 ans. Plus instructifs, les discours à la tribune ont laissé apparaître les stratégies de campagne des 6 semaines à venir jusqu'au congrès de Reims.

Dans un style "minoritaire assumé", les représentants d'Utopia (Frank Pupunat – motion F) et du Pôle écologique (Christophe Caresche – motion B) ont cherché à sensibiliser leur parti à la cause environnementale et à la décroissance.

Benoît Hamon (motion C) a adopté le style "offensif à gauche", en souhaitant «une clarification nécessaire du parti face au libre-échange et à la puissance publique»: «L'Etat doit redevenir un stratège et non un poseur de pansement.» Avant de donner dans la métaphore: «Dans le renversement de cycle actuel et devant la crise financière, nous nous comportons face à Sarkozy et à sa politique-système comme un néophyte aux échecs qui réagirait au coup par coup, en balbutiant une doctrine que nous ne sommes pas capables de définir. Pour finir mat avec toujours un coup de retard.» Son texte sera titré «Un monde d'avance».

Martine Aubry (motion D) a préféré un style "rénovateur réconciliateur", tout en critiquant le bilan de la direction sortante: «Partout les militants nous crient de changer! Changer le parti, en finir avec nos silences comme avec notre cacophonie (…) Dans le contexte de ces dernières années, nous n'avons pas assez travaillé. Ne refaisons pas le congrès du Mans [conclu par une synthèse générale] Après avoir égrené les priorités de son programme («sécurité sociale professionnelle, loyers bloqués dans les zones à construction insuffisante, cotisations patronales en faveur du recrutement, création de Fonds souverains»), la maire de Lille a appelé à ne pas sortir du congrès «avec une gauche étroite, économe de ses combats». Et elle a défendu le regroupement qu'elle mène, entre proches de Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn: «Le congrès de Rennes, le référendum européen et la dernière primaire sont derrière nous. Nous sommes tous d'accord pour réaffirmer un retour du politique en Europe.» Et de conclure: «L'avenir est à gauche!»

Bertrand Delanoë (motion A, donc) a au contraire assumé le "style traditionnel" et la continuité qu'il représente par rapport à la "gestion Hollande". Le maire de Paris a voulu répondre «à ceux qui me demandent comment rénover avec le premier secrétaire sortant». «Je vais aggraver mon cas: pour faire du renouveau, il faut être fidèle. Tout ne commence pas avec nous. Je suis fier d'Epinay [congrès fondateur du PS en 1971] et si je suis élu à la tête du parti, j'en porterai l'héritage.» Evoquant sa «fierté de voir autour de lui François Hollande (…) Pierre Moscovici (…) Jean-Yves Le Drian et Alain Rousset (…) Jean-Marc Ayrault», il a défendu «une motion clairement européenne, un programme de travail intensif, et une discipline sans faille».

Ségolène Royal (motion E) a cultivé son image de celle qui ne fait pas comme tout le monde. La candidate du PS à la dernière présidentielle a scénarisé son pas en retrait dans la marche vers la tête du parti, «au profit du collectif». Au risque d'envoyer un trio tribunicien hésitant au feu d'une assistance bruyante et rétive.

Représentant les 16 co-signataires de sa motion, la conseillère générale de Lyon, Najat Vallaud-Belkacem, le président de la communauté urbaine de Bordeaux, Vincent Feltesse, et le maire de Dijon, François Rebsamen, se sont succédé. 5 minutes chacun. Dans le brouhaha, les deux premiers ont défendu tour à tour «l'apaisement et le rassemblement du parti» autour d'une «révolution démocratique, économique, sociale et écologique» (Vallaud-Belkacem), «un parti décentralisé à l'inventivité permanente et une gauche décomplexée».

En n°2 du PS plus expérimenté que ses prédécesseurs, François Rebsamen a reconquis l'attention de la salle en parlant fonctionnement interne. «Nous avons besoin d'un grand parti de militants, et bien sûr qu'il faut faciliter les adhésions !» s'est-il exclamé, avant de «mettre les pieds dans le plat», en parlant stratégie d'alliances. «Que les choses soient claires: tout commence par le rassemblement des socialistes, puis on se tourne vers l'extrême gauche pour voir jusqu'où elle ne veut pas aller avec nous. Enfin, nous devons accueillir des démocrates qui ne veulent pas de Nicolas Sarkozy. C'est la seule façon de gagner la présidentielle!»

Et si l'on assistait finalement à un paysage interne bien défini dans ce parti, chacun occupant son espace sur l'axe gauche-droite du PS?

Les clivages internes en question

Gauche, centre-gauche, centre-droit, droite… Si l'on met de côté les 2 textes des courants écologistes aux poids marginaux dans le PS (Utopia et le Pôle écologique), on pourrait dégager une ligne de clivage aux contours finalement bien délimités entre les 4 principales forces du parti.

À gauche, le député européen Benoît Hamon occupe pleinement l'espace. L'ancien président du MJS qui emmène avec lui de nombreux jeunes cadres du PS a unifié toutes les composantes "des gauches minoritaires du parti" derrière lui (Henri Emmanuelli, Jean-Luc Mélenchon, Marie-Noëlle Lienemann et Paul Quilès, Marc Dolez, Gérard Filoche et Pierre Larrouturou). Toutefois, il ne voit que «2 orientations dans ce congrès : ceux qui veulent donner une nouvelle direction et ceux qui sont issus de la même direction depuis 20 ans». Ce mardi soir, il s'est porté candidat au poste de premier secrétaire.

Au centre-gauche, Martine Aubry appelle également au changement de direction autour d'elle et des proches de Laurent Fabius, Dominique Strauss-kahn et Arnaud Montebourg, allant au bout de la logique des "reconstructeurs". L'architecte de ce regroupement souhaitant illustrer la réconciliation d'après-primaire présidentielle (tous soutenaient des candidats différents), le député Jean-Christophe Cambadélis, nuance la typologie gauche/droite: «Le truc, c'est que tout le monde veut finir au centre, en rassemblant les autres derrière lui. Nous, on joue sur la nature même de Martine. Réformiste et gestionnaire, mais qui a aussi une bonne résonance dans le gauche populaire. A l'heure actuelle, Delanoë a un peu d'avance. Mais si elle réussit une bonne campagne, on peut finir devant.»

Au centre-droit, Bertrand Delanoë occupe le créneau social-démocrate pur, synthèse d'un courant jospino-rocardien reformé et des amis de François Hollande, hiérarques nationaux et grands élus locaux. Assumant la carte de la continuité. Le député Michel Sapin envisage lui les choses sous l'angle de l'avenir du parti: «Delanoë est la motion de la stabilité, de la sécurité et du dialogue. La grande différence avec Aubry, c'est l'instabilité de sa motion. Quant à Ségolène, elle dit elle-même qu'elle n'est pas la solution.»

Mais il tient à dégager un autre clivage: «Sur le fond tout le monde est d'accord, mais les militants veulent retrouver une boussole. La grande fracture de ce parti reste l'indiscipline de certains au moment du référendum européen de 2004. Pour beaucoup, c'est resté comme un crime contre le parti. Le premier impératif sera de retrouver la solidarité et la discipline.»

À droite, Ségolène Royal est la seule à poser clairement la question des alliances avec le MoDem et accueille sur sa liste les plus centristes des socialistes, comme Manuel Valls ou Gérard Collomb. Si les partisans des autres motions approuvent globalement cette classification gauche/droite, le député européen Vincent Peillon s'insurge vivement : «C'est une grosse intox ! Il y a 3 ans au congrès du Mans, les mêmes disaient que j'étais à la gauche du parti. Le vrai clivage, il est entre le rafistolage à l'ancienne avec les mêmes rhétoriques, les mêmes faux débats et les mêmes hypocrisies et ce que nous n'avons pas réussi à faire en 2007. Est-ce qu'on est prêt pour une révolution fiscale et une révolution démocratique...»

Selon lui, l'objectif est simple: «Les nouveaux adhérents déçus doivent revenir pour nous aider à profondément transformer le parti. Plus on est en tête des votes militants, plus il est facile d'imposer nos idées.»

 

Dans son coin, le fondateur du think tank Terra Nova affiche son plus beau sourire social-démocrate. Olivier Ferrand évacue les «moments difficiles» vécus par Pierre Moscovici (qu'il soutenait à ce congrès) et ne veut retenir qu'un clivage, donnant raison à son obsession intellectuelle: «Le "Bad-Godesberg" du PS français va être définitivement entériné, puisque les 3 principales motions se réclament du réformisme et vont atteindre entre 80 et 90% des voix.»

Liens:
[1] http://www.mediapart.fr/club/blog/stephane-allies
[2] http://www.mediapart.fr/journal/france/230908/motions-du-ps-le-jeu-des-differences
[3] http://www.utopia-terre.fr/
[4] http://poleecologiquedups.typepad.fr/
[5] http://socialisme.free.fr/cpsa31_ps.htm
[6] http://www.lours.org/default.asp?pid=299
[7] http://www.mediapart.fr/journal/france/160908/delanoeroyalaubry-la-guerre-des-ralliements
[8] http://www.mediapart.fr/journal/france/020608/les-reconstructeurs-et-martine-aubry-pilonnent-la-direction-du-ps
[9] http://www.tnova.fr/
[10] http://fr.wikipedia.org/wiki/Programme_de_Bad_Godesberg

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23 septembre 2008 2 23 /09 /septembre /2008 13:36

Benoît Hamon candidat au poste de premier secrétaire

NOUVELOBS.COM | 23.09.2008 | 14:11

Le député européen est "le premier signataire" d'une motion rassemblant la gauche du parti: le NPS, Marie-Noëlle Lienemann, Pierre Larrouturou ou encore Jean-Luc Mélenchon. Il compte "changer l'orientation du parti et construire une nouvelle majorité" qui "refuse la mondialisation libérale".
Les différentes motions en vue du congrès de Reims sont présentées cet après-midi.

Benoît Hamon (Sipa)

Benoît Hamon (Sipa)

Le député européen Benoît Hamon, chef de file de la gauche du PS, a annoncé mardi 23 septembre son intention de "présenter au Conseil national" du PS, ce mardi, sa candidature au poste de premier secrétaire, pour "changer l'orientation du parti".
"Il faut changer l'orientation du parti et construire une nouvelle majorité" qui "refuse la mondialisation libérale", estime le leader du Nouveau PS (NPS), 41 ans.

La gauche du parti

"Dès lors que nous postulons à construire une majorité nouvelle, il est légitime d'avoir un candidat et logique et naturel que je propose au Conseil national ma candidature au poste de premier secrétaire", a ajouté Benoît Hamon, ex-secrétaire national du PS à l'Europe.
Il sera, a-t-il précisé, "le premier signataire" d'une motion rassemblant diverses forces de la gauche du parti, notamment l'ex-ministre Marie-Noëlle Lienemann, mais aussi l'ex-rocardien Pierre Larrouturou, promoteur de la semaine de quatre jours et le sénateur Jean-Luc Mélenchon.
"Je propose au PS de faire quelque chose de vraiment neuf. L'âge du premier signataire de notre motion marque une volonté de renouveler le parti et de faire qu'il ne soit pas confisqué par une génération", a affirmé ce quadragénaire.

Quatre orientations politiques

Selon Benoît Hamon, sa candidature portera quatre orientations politiques: "retour de la puissance publique dans le champ économique; restrictions indispensables au libre échange là où il met à mal la protection de l'environnement et les droits des salariés et des citoyens; exigence d'une nouvelle répartition des revenus entre le travail et le capital; vraie réorientation de la construction européenne".
"Aujourd'hui, un vent nouveau souffle en faveur de nos thèses, car la situation de crise internationale démontre l'échec des solutions libérales", a encore affirmé Benoît Hamon. "Cela fait longtemps qu'on dénonce la logique folle de la mondialisation libérale et la dérégulation tous azimuts".
"Nous avions anticipé les métamorphoses du système économique. Il faut que le PS ait la capacité à répondre avec un temps d'avance à ces mutations, et à ne plus subir la domination de la droite", a tranché l'eurodéputé.

Manifestation sur La Poste

Il devait participer mardi après-midi à la manifestation syndicale contre le changement de statut de La Poste, en compagnie d'Henri Emmanuelli, leader historique de la gauche du PS, qui lui a passé le témoin en se plaçant, sur la motion, derrière Benoît Hamon.
Fils d'ouvrier - ce qui est rare au PS - ex-président du MJS, Benoît Hamon avait été avec Arnaud Montebourg et Vincent Peillon co-fondateur du NPS. Il a aussi été conseiller de Martine Aubry quand elle était ministre des Affaires sociales.
Le sénateur de l'Essonne Jean-Luc Mélenchon a qualifié d'"événement historique" l'unité de l'aile gauche du PS: "c'est la première fois depuis 30 ans que l'aile gauche du parti est rassemblée, alors que la majorité est divisée".(avec AFP)

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23 septembre 2008 2 23 /09 /septembre /2008 09:30


Les Matins


Matins (les)

par Ali Baddou
du lundi au vendredi de 7h à 9h05

Ecoutez


émission du mardi 23 septembre 2008
Jean-Paul Fitoussi









J-P Fitoussi
 © M. Chalandon / RF


Notre invité est l’économiste Jean-Paul Fitoussi. Il vient nous parler de La nouvelle écologie politique, c’est le titre du livre qu’il publie avec Eloi Laurent (Seuil). Qu’est-ce qu’il faut entendre par cette expression ? Une nouvelle discipline qui se donnerait pour tâche de penser les sphères économiques, politiques et écologiques comme des systèmes ouverts les uns sur les autres.
Leur thèse ? Elle claque comme un paradoxe : nous serions désormais trop nombreux à être riches et bien portants sur la planète et ce serait une menace pour les équilibres de l’environnement.
Alors comment penser ensemble le développement économique, la sortie de millions de personnes de la pauvreté et la nécessité de protéger les équilibres de l’environnement ? Est-ce que la terre peut accueillir toutes les richesses du monde ? Alors comment imaginer une troisième voie entre le besoin de développement et le risque de catastrophe écologique ?
 

Invités


Jean-Paul Fitoussi.  Il est professeur des universités à Sciences-Po et président de l'OFCE (Centre de recherche en économie de Sciences-po).











Les Chroniques









7h15 : Les enjeux internationaux
par Thierry Garcin et Eric Laurent




> Visitez le site





7h25 : La chronique de Caroline Eliacheff
Le principe de plaisir


Ecoutez







7h35 : La revue de presse internationale




> Visitez le site








8h30 : La chronique d'Olivier Duhamel
"Fast politique" phase II


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8h55 : Le portrait du jour par Marc Kravetz
Troy Davis


Ecoutez





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23 septembre 2008 2 23 /09 /septembre /2008 09:27

PARIS, 22 septembre 2008 (AFP) - Le député européen Benoît Hamon, chef de file de la gauche du PS, et Pierre Larrouturou, avocat de la semaine de travail de quatre jours, ont conclu lundi un accord pour une motion commune au congrès du parti à Reims en novembre, a-t-on appris auprès de ce dernier.

"Nous ne sommes pas d'accord sur tout, mais nous sommes d'accord sur le fait qu'il faut répondre à la fois à l'urgence sociale et à l'urgence écologique", a déclaré M. Larrouturou, délégué national du PS à l'Europe, interrogé par l'AFP.

M. Larrouturou a déclaré qu'il y avait eu "des désaccords de fond sur l'Europe et la croissance". Mais, a-t-il dit, Benoît Hamon et son équipe ont "intégré pas mal de nos remarques, en deux semaines de discussions, il y a eu des évolutions", s'est-il félicité.

Selon l'économiste, promoteur au début des années 90 du partage du travail, Benoît Hamon "accepte désormais l'idée que le retour de la croissance ne va pas régler tous les problèmes". "Nous espérons améliorer encore le texte" de la motion commune, a-t-il ajouté.

M. Larrouturou a estimé que le 75e congrès allait "être très politique" et qu'il fallait donc "dire clairement quels sont les clivages". Il a jugé que "sur les trois grandes motions" (Aubry, Delanoë, Royal), "on ne retrouve pas l'idée d'urgence sociale et écologique".

Benoît Hamon est le leader, avec le député des Landes Henri Emmanuelli, du Nouveau parti socialiste (NPS) dont le poids est estimé à environ 15% du parti. Il s'est déjà allié pour le congrès à d'autres forces de la gauche du PS, incarnées notamment par l'ex-ministre Marie-Noëlle Lienemann.

Cet accord concrétise son ambition de dépasser les limites traditionnelles de la gauche du parti pour infléchir vers la gauche la ligne politique du PS.

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22 septembre 2008 1 22 /09 /septembre /2008 15:56
Le PS va voter "non" à la prolongation du mandat français en Afghanistan
LEMONDE.FR Avec AFP et Reuteurs | 22.09.08 | 13h35  •  Mis à jour le 22.09.08 | 15h14

n mois après la mort de 10 soldats français près de Kaboul, députés et sénateurs doivent se prononcer, lundi en fin d'après-midi, sur la présence militaire française en Afghanistan. (Suivez le débat en direct, en partenariat avec La Chaîne parlementaire)


Députés et sénateurs socialistes voteront contre la prolongation du mandat français en Afghanistan, lundi 22 septembre, a annoncé Jean-Marc Ayrault, le président du groupe PS à l'Assemblée nationale. "Nous avons décidé majoritairement de voter non", a-t-il déclaré à l'issue d'une réunion extraordinaire du groupe socialiste au Palais-Bourbon, précisant qu'il y avait eu "5 oui et 3 abstentions." "Notre conviction est que nous allons à l'échec en poursuivant cette stratégie", a expliqué M. Ayrault, jugeant nécessaire de "préciser les objectifs, les moyens et la durée".

Lors du point de presse hebdomadaire du PS, le député Bruno Le Roux a précisé les intentions des socialistes :  "Le sens de notre vote ne sera pas un vote contre la présence française en Afghanistan mais un vote contre la conception et la stratégie qui sont suivies en Afghanistan par le président de la République et le gouvernement français."

Les responsables PS et PRG ont récemment écrit au président Nicolas Sarkozy, lui demandant de "prendre l'initiative d'un débat avec ses alliés" autour de 5 objectifs : "une meilleure répartition des responsabilités au sein de la coalition", un élargissement de cette dernière, la relance d'un dialogue politique entre Afghans, une clarification avec le Pakistan et "l'établissement d'un calendrier sur les nouveaux objectifs de la coalition, assorti d'un échéancier sur notre présence en Afghanistan".

COPÉ JUGE "HALLUCINANT" LA POSITION DU PS

René Dosière, qui fait partie des 3 députés qui se sont abstenus lors de la réunion du groupe – de même que Jean Glavany et Manuel Valls –, a jugé que voter non est "un mauvais signe donné aux militaires et à l'opinion publique". "Mais je respecterai la consigne de vote et voterai non cet après-midi", a expliqué le député, affirmant que, quelles que soient les positions sur le vote, les élus socialistes sont sur la même longueur d'onde : "Oui à l'engagement et non à l'enlisement."

C'est la première fois que les parlementaires se prononcent sur la prolongation de la présence militaire française au-delà de quatre mois, conformément à la révision constitutionnelle adoptée en juillet. Selon un sondage BVA pour Orange et L'Express paru la semaine dernière, 62% des Français sont opposés au maintien d'une présence militaire en Afghanistan.

Dans sa réponse aux responsables socialistes et du Parti radical de gauche (PRG), datée du 19 septembre et publiée par lefigaro.fr, Nicolas Sarkozy a dit attendre "un débat constructif". Le chef de l'Etat y affirme que "l'avenir de l'Afghanistan constitue un enjeu majeur pour la sécurité de notre pays et pour les valeurs que nous défendons". Selon lui, "il serait indigne de la France de renoncer" et "un calendrier artificiel (de désengagement) ne ferait que servir les intérêts des terroristes". Le patron des députés UMP, Jean-François Copé, avait quant à lui jugé, lundi matin, "hallucinant" que la gauche puisse envisager de voter non.

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19 septembre 2008 5 19 /09 /septembre /2008 13:34
Contributions Reconquêtes (Benoît HAMON et Henri EMMANUELLI)
Changer (Marie-Noëlle LIENEMANN) et D'abord redistribuer les richesses (Gérard FILOCHE).


 

Paris, le 19 Septembre 2008


A quelques jours du dépôt des motions, une question essentielle se pose à nous : le Congrès du parti socialiste se réalisera-t-il à huis clos ou répondra-t-il aux enjeux posés par la situation nationale, européenne et internationale ? Les Français, et singulièrement les plus modestes, sont durement touchés par la politique de Nicolas Sarkozy. Les services publics sont attaqués, la croissance est en berne, la protection sociale mise à mal. L'Union Européenne est dans une impasse se réduisant à l'application stricte du pacte de stabilité. La déréglementation financière internationale et le libre-échange sans précautions plongent l'économie mondiale dans une crise grave.

Nos concitoyens ont besoin d'une gauche offensive pour s'opposer et inventive pour proposer. En France, le PS n'a plus gagné d'élection présidentielle depuis 20 ans ni de législative depuis 11 ans. Les militants sont déboussolés, voire exaspérés, car les querelles internes et le choc des ambitions l'emportent sur la nécessaire confrontation d'idées. Ils se sentent aujoud'hui abandonnés.

Loin des synthèses molles et des mécanos improbables, il faut au PS une majorité nouvelle et cohérente, qui incarne une gauche décomplexée et fière de ses valeurs. Nous devons lever un nouvel espoir et réhabiliter la volonté en politique, mettre les questions sociales au coeur de nos batailles dés maintenant.

C'est dans cet esprit que les contributions Reconquêtes (Benoît Hamon-Henri Emmanuelli), Changer (Marie-Noëlle Lienemann) et D'abord redistribuer les richesses (Gérard Filoche), se rassemblent en vue de l'élaboration d'une motion pour le congrès de Reims et appellent à les rejoindre tous ceux qui partagent leur analyse et leur volonté d'affirmer un avenir pour le PS à gauche.

Nous identifions six priorités de fond : construire un nouveau pacte européen, redistribuer les richesses, réguler le libre échange, affirmer le rôle économique de la puissance publique, promouvoir une politique étrangère de gauche, agir pour une société de progression des droits et de l'égalité. Nous proposons de construire un grand parti de la gauche, à la fois social, écologiste, laïque et populaire.

Réussir ce Congrès, c'est en ressortir avec une ligne politique assumée sur le fond, une stratégie clarifiée sur les alliances, une équipe renouvelée. C'est à notre sens la meilleure et unique façon de préparer l'avenir.

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17 septembre 2008 3 17 /09 /septembre /2008 10:23
Mes proches - non socialistes - me disent souvent que les socialistes, ou en tout cas les responsables et les élus parmi les plus visibles d'entre eux, les déroutent voire les désespèrent de leur incohérence - pour rester poli - et même de leur total absence de décence politique.
Régulièrement, ils me disent "bon toi, à la rigueur, on comprend ton engagement, ça fait des années que tu traces un sillon, que tu plaides pour une évolution et toujours dans un sens cohérent, on s'y retrouve ; mais la plupart de tes "camarades"... c'est à pleurer, comment veux-tu qu'on fasse confiance au PS après ça..."

Des exemples illustrant la complainte de certains de nos électeurs, on en croise tous les jours et près de nous. Ainsi, un maire du Val d'Oise vient d'annoncer qu'il soutiendrait Bertrand Delanoë et la motion qu'il présenterait. Depuis, il envoie sms sur sms à des militants ou d'autres élus socialistes leur enjoignant de suivre son exemple (ce qui agace quelque peu certains d'entre eux).
Or voici quelques semaines, il s'était fendu d'une lettre ouverte aux militants pour expliquer pourquoi il ne signait aucune contribution générale, justifiant avec quelque argument qu'il ne voyait ni de personnalité susceptible d'imposer son leadership au parti et a fortiori de le conduire à la présidentielle, ni d'orientation politique claire se dessinant permettant d'apporter au PS la ligne directrice capable de soutenir l'élaboration d'un nouveau projet face à l'échec du libéralisme.

Après avoir soutenu NPS et Arnaud Montebourg, défendu des options fortement à gauche, soutenu Ségolène Royal dans la désignation interne en novembre 2006, le voila désormais qui rejoint Bertrand Delanoë, indiquant que désormais la principale urgence est la désignation d'un premier secrétaire. On verra ici la belle uniformité de ce parcours qui rassurera bien des électeurs socialistes.
Ainsi donc, peu importe les propositions de Bertrand Delanoë, peu importe qu'il demande que socialisme devienne libéral à l'inverse des convictions revendiquées voici encore quelques semaines par l'élu en question, le choix du premier secrétaire  - et donc in fine dans la logique présidentialiste défendue à la fois par Ségolène Royal et Betrand Delanoë - prime sur l'orientation du Parti socialiste et le choix de ce premier secrétaire doit se faire en fonction des sondages d'opinions réalisés auprès de sympathisants socialistes (qui sont définis comme étant ceux qui ont voté 2 fois socialistes au cours des 5 derniers scrutins !?!). On a beaucoup progressé depuis 2006 !!!

Je ne puis qu'être en désaccord majeur avec ce type de démarche, qui vise avant tout à chercher des accords pragmatiques ou intéressés entre grands élus d'un département, surtout quand Bertrand Delanoë vient d'officialiser bruyamment son union avec François Hollande à Cergy le mardi 16 septembre ; François Hollande ce premier secrétaire sortant dont on ne dira jamais assez à quel point sa stratégie permanente de l'étouffement du débat politique dans le PS aura été responsable des errements et des défaites nationales du Parti.

Le Parti socialiste, et avec lui toute la gauche, a besoin d'un peu plus de cohérence, de convictions et d'enthousiasme pour redonner confiance à nos compatriotes. Avec de tels comportements, on entretient l'idée que décidément les élus socialistes ne voient pas plus loin que l'intérêt de leur réélection suivante et que l'avenir du pays et de l'Europe dans ces circonstances n'est finalement que très secondaire.
Au congrès de Reims, les militants doivent balayer de telles manoeuvres et ceux qui les utilisent...

Frédéric Faravel

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16 septembre 2008 2 16 /09 /septembre /2008 13:20



Du grain à moudre


Du grain à moudre

par Julie Clarini et Brice Couturier
du lundi au vendredi de 18h30 à 19h15


 

émission du lundi 8 septembre 2008
Les intégristes sont-ils infiltrés au cœur du Vatican ?



de Brice Couturier




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L’élection, en 1978, de Jean-Paul II à la tête de l’Eglise catholique aurait marqué un tournant, un tournant vers la droite. Fini, le flirt avec les marxistes sud-américains au nom de la théologie de la libération, exeunt les prêtres-ouvriers engagés dans le combat syndical, excommuniés, les jésuites et autres dominicains castristes ou maoïsant, tellement tendance dans les années 60/70… Anti-communiste parce que venu de Pologne, inquiet d’une possible contamination de l’Eglise par le relativisme moral ambiant, Karol Wojtyla dit Jean-Paul II aurait interrompu un mouvement engagé par Jean XXII à l’époque du Concile Vatican II. Du coup, nous disent Caroline Fourest et Fiammetta Venner, les traditionnalistes, un temps au bord du schisme, ne sont plus seulement tolérés aux marges de l’Eglise, ils se sont désormais installés en son cœur.
Le livre que signent Caroline Fourest et Fiammetta Venner braque les projecteurs de l’enquête sur deux mouvements aux pratiques «pas très catholiques» ; les Légionnaires du Christ, fondés au Mexique, mais déjà très présents aux Etats-Unis et en Irlande et, bien sur, le fameux Opus Dei, dont l’inquiétante réputation alimente nombre de fantasmes – comme le Da Vinci Code l’a abondamment illustré.
Peut-on résumer l’ensemble de la politique religieuse du Vatican à partir d’une description de ces deux mouvements ? Est-il exact que cette politique soit dorénavant orientée dans le sens d’une lutte plus ou moins feutrée avec les mouvements évangélistes protestants, en constante progression, alors que les églises se vident ou sont transformées en lieu d’exposition ? Le catholicisme est-il passé d’un œcuménisme tolérant à une position offensive de conflit ouvert avec les autres religions ?
Telles sont quelques unes des questions que pose le livre de Caroline Fourest et Fiammetta Venner.



Invités






Caroline Fourest.  Journaliste
Enseigne à Sciences –Po
Chroniqueuse aux Matins de France Culture


 





Gérard Leclerc.  Journaliste
Editorialiste à France Catholique, à Famille Chrétienne et au Figaro



 









les livres







 

Caroline Fourest et Fiammetta Venner
Les nouveaux soldats du Pape

Panama - 4 septembre 2008

 
   
 
 


Le catholicisme donne parfois le sentiment d'avoir réussi son aggiornamento. Pourtant l'élection de Benoît XVI signe le triomphe des intransigeants au détriment des catholiques modernistes. Jusqu'où ce virage réactionnaire de l'Église catholique ira-t-il ? Jusqu'à faire du Concile de Vatican II une parenthèse bien vite refermée ? Jusqu'à Vatican moins II ?

C'est ce qu'ont voulu savoir Caroline Fourest et Fiammetta Venner en enquêtant sur les relations du Saint-Siège avec trois des courants les plus sulfureux du catholicisme contemporain : l'Opus Dei, la Légion du Christ et les traditionalistes.




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4 septembre 2008 4 04 /09 /septembre /2008 14:37

Du grain à moudre
par Julie Clarini et Brice Couturier
du lundi au vendredi de 18h30 à 19h15

Du grain à moudre



de Brice Couturier

Ecoutez




émission du mardi 2 septembre 2008
Parti…….socialiste ?




Le parti socialiste est un parti démocratique. Des lignes politiques très hétérogènes y cohabitent, depuis les partisans déclarés du social-libéralisme, comme Bertrand Delanoë, jusqu’aux tenants de la rupture avec le capitalisme, comme Jean-Luc Mélanchon. Des fédéralistes européens y voisinent avec des souverainistes, des atlantistes avec des tiers-mondistes, des chrétiens engagés avec des anti-cléricaux, des maires sécuritaires avec des intellectuels permissifs. Et c’est tant mieux. Le temps des partis de masse, unanimistes et disciplinés, galvanisés par le culte d’un leader charismatique, organisés comme de petites armées en vue de la prise du pouvoir, appartient au passé. Parce qu’ils reflètent leur électorat dans sa diversité, tous les grands partis des pays démocratiques sont désormais traversés par ce genre de divergences.
Pourtant le PS apparaît, au lendemain de son université d’été de La Rochelle, comme menacé de « fragmentation, de dispersion et d’émiettement » - pour reprendre les mots mêmes de son premier secrétaire sur le départ. Le heurt des ambitions personnelles, les rivalités de courants, les combinaisons d’appareil, paraissent absorber toute l’énergie de ses dirigeants – au détriment de l’élaboration d’un programme de gouvernement crédible.
Sur une question aussi stratégique que celle des alliances, des options parfaitement contradictoires sont soutenues par les dirigeants du PS. Ségolène Royal veut bâtir une majorité avec le MoDem de Bayrou. Lionel Jospin lance un avertissement contre ceux qui voudraient rompre avec l’Union de la Gauche. Certains voient dans le nouveau parti anticapitaliste de Besancenot un aiguillon utile, voire un allié objectif. D’autres estiment qu’il faut, au contraire, isoler du reste de la gauche le parti néo-trotskiste.
Le PS, qui a vu s’imposer à sa tête des dirigeants historiques, dotés d’une légitimité populaire incontestable – Mitterrand, Jospin – est aujourd’hui écartelé entre cinq candidats déclarés à la succession de François Hollande.
Le PS pourra-t-il mettre un terme, d’ici son Congrès de Reims, à l’impression d’impréparation et d’incohérence qu’il donne aujourd’hui ?


Invités


Aurélie Filippetti.  Députée PS de Moselle et porte parole du groupe socialiste à l’Assemblée


Benoît Hamon.  Député européen PS

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12 août 2008 2 12 /08 /août /2008 10:11

> Univers
IDEES


Du grain à moudre
par Julie Clarini et Brice Couturier
du lundi au vendredi de 17h à 17h55

Du grain à moudre


@ contact
présentation aujourd'hui à venir archives



de Brice Couturier






émission du jeudi 15 mai 2008
Y a-t-il une « question noire » en France ?



Les faits remontent au samedi 26 avril et se seraient déroulés dans un centre commercial de la région parisienne: un vigile a voulu vérifier l'identité du titulaire d'un chèque à la caisse, conformément à la procédure en vigueur au-delà d'un certain montant. Le client aurait alors dit à l'employé: "Je vous connais et vous êtes sans papiers", puis "sale noir", "vous n'avez qu'à retourner chez vous" et enfin "tu ne sais pas qui je suis". Et en effet, qui pouvait s’y attendre ? Ce monsieur se trouve être un membre de la haute fonction publique et même soyons précis, car ça vaut son pesant d’or : l’adjoint au secrétariat général du ministère de l'Immigration, d’intégration, de l’identité nationale etc…en charge de la communication.
Voilà une petite histoire qui donne raison à l’historien Gérard Noiriel quand il souligne, comme dans son dernier ouvrage, que le racisme n’est pas l’apanage des classes populaires. Un racisme diffus émane également de nos élites les plus éduquées.
«Sale noir», donc, une injure raciste comme il en existe tant, avec son cortège d’idées reçues dont en premier lieu la mise en cause du droit d’être en France - tant il est vrai que dans les perceptions les plus courantes il n’est toujours pas une évidence d’être français et… noir. Ce constat tout bête ainsi que celui de l’échec des combats anti-racistes de ces 20 dernières années incitent à repenser l’usage du mot «race» : non seulement le rejet de cette catégorie n’a pas éradiqué le racisme, mais il a participé probablement, selon l’historien Pap N’Daye que nous recevons aujourd’hui, du désintérêt des sciences sociales pour la question des discriminations s’exerçant contre les minorités visibles. Ce désintérêt du champ académique français pour les Blacks Studies est d’autant plus regrettable que depuis quelques années, une question noire a belle et bien surgi dans l’espace intellectuel et médiatique. Emeutes de 2005, création du CRAN, pétition d’intellectuels dénonçant un racisme anti-blanc, plusieurs indices permettent de constater une certaine «racialisation» de l’espace public français.
Toute la question est de savoir s’il faut l’encourager en estimant qu’elle peut être émancipatrice en mettant au jour le sort inégal que la République réserve à ces minorités noires, ou s’il faut refuser ce type de lecture au nom des dérives qu’elle pourrait engendrer, et voire même en lui contestant sa réelle pertinence ?


Invités


Pap Ndiaye.  Historien
Maître de conférences à l’EHESS
Membre du Conseil scientifique du CRAN


George Pau-Langevin.  Députée de la 21e circonscription de Paris. Membre du conseil municipal du XXe arrondissement.


Jean-Loup Amselle.  Anthropologue. Directeur d'études à l'EHESS













les livres





Jean-Loup Amselle
Branchements. Anthropologie de l'universalité des cultures
Flammarion - février 2001



Ce livre, qui procède d'un travail de terrain éclaté, nous promène à travers les capitales de trois pays africains : Bamako au Mali, Le Caire en Egypte et Conakry en Guinée. En cela, il rompt avec l'approche classique de l'anthropologie, qui privilégie le local par rapport au global, et répond au souci de cerner au plus près les contours d'une véritable multinationale culturelle : le N'ko.
Fondé en 1949 pour exprimer l'identité d'un peuple opprimé, le peuple mandingue, ce mouvement doit beaucoup à l'Europe et à l'islam - l'alphabet dont il s'est doté évoque ainsi les alphabets latin et arabe, tout en possédant ses caractéristiques propres. A ce titre, le N'ko illustre les " branchements " possibles d'une culture sur une autre, phénomène de dérivations multiples qui montre bien que notre monde globalisé n'est pas une simple juxtaposition d'univers étanches.
De la globalisation à l'afrocentrisme, de l'écriture à la philosophie africaine et au génocide, la thématique du branchement permet de décliner les différentes figures qui font de l'Afrique un concept à géométrie variable, un élément essentiel de l'imaginaire planétaire.





Pap Ndiaye
La Condition Noire : essai sur une minorité française
Calmann-Lévy - 2 mai 2008


Exploits des sportifs de haut niveau, émeutes en banlieue, lutte contre le racisme et les discriminations, mouvement associatif : depuis une dizaine d’années, les Noirs vivant en France métropolitaine sont apparus si visiblement sur la scène publique nationale qu’on peut parler aujourd’hui d’une « question noire » française. Plusieurs livres d’actualité ont relayé ces enjeux, mais jusqu’à présent, ils n’étaient pas encore étayés par des travaux de réflexion qui permettraient de les expliquer avec savoir et méthode. C’est à ce travail fondateur de black studies à la française que Pap Ndiaye s’est consacré.
Comment définir les Noirs de France ? L’auteur démontre brillamment que la « condition noire » désigne une situation sociale qui n’est celle ni d’une classe, d’une caste ou d’une communauté, mais d’une minorité, c’est-à-dire d’un groupe de personnes ayant en partage l’expérience sociale d’être généralement considérées comme noires.
Cet essai dense et limpide décrit et analyse l’expérience de ces hommes et de ces femmes du XVIIIe siècle à nos jours ; le passé et le présent d’une minorité française.
En préface, une nouvelle inédite de Marie NDiaye, Les Sœurs.





Jean-Loup Amselle
L'Occident décroché : enquête sur les postcolonialismes
Stock, collection Un ordre d'idées - 23 janvier 2008



De la critique postcoloniale, on retient surtout la remise en cause de l'universalité de la raison occidentale exportant partout les Lumières. Pour Jean-Loup Amselle, cette opposition entre l'Ouest et le reste est simplificatrice : elle ignore les interférences réciproques, oublie des philosophies concurrentes de la pensée occidentale élaborées en Europe même et, enfin, méconnaît les réflexions et les controverses venues d'Afrique, d'Asie et d'Amérique du Centre ou du Sud.

Pour y voir clair, il a donc entrepris une vaste enquête à travers continents et théories. Du renouveau d'une certaine pensée juive à l'indigénisation du mouvement zapatiste, en passant par la défense des savoirs endogènes africains ou l'affirmation d'une temporalité indienne spécifique, il analyse les divers « décrochages » par rapport à l'Occident et les dangers qu'ils recèlent. Chemin faisant, il revient aussi sur la figure tutélaire de Gramsci pour montrer combien l'hommage rituel dont celui-ci fait l'objet dans les études postcoloniales repose sur une lecture infidèle.

Ce vaste parcours, solidement documenté et argumenté, nous ramène finalement dans la France d'aujourd'hui où le postcolonialisme arrive tardivement, au moment où la crise des deux modèles d'intelligibilité de la société, celui de la lutte des classes et celui de la République, favorise l'ethnicisation des rapports sociaux.

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