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Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube.
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Gauche Républicaine & Socialiste

10 juillet 2008 4 10 /07 /juillet /2008 14:47
Notre abécédaire pour s'y retrouver dans les 21 contributions socialistes

Par Stéphane Alliès - Mediapart.fr

 

«Les contributions, on se jette dessus mais on ne lit que les signatures…» Cette réplique est l'une des maximes les plus répétées dans le milieu politico-journalistique. Mais au-delà de la liste des signataires, qui donne tout de même une idée des rapports de force interne, quelles sont concrètement les idées des vingt et un contributeurs au Congrès socialiste de Reims (14-16 novembre)?

Plusieurs de ces textes (tous disponibles sous l'onglet Prolonger) seront fusionnés au moment du dépôt des motions, ultime étape avant le vote des militants. Mediapart a lu l'ensemble de ces contributions (téléchargeables en une fois, en cliquant ici – PDF – attention, fichier méga lourd – 7,6 Mo) et tente de fixer un abécédaire socialiste, en deux volets. Les aspects économiques sont ici laissés un peu de côté. Lire l'analyse de Laurent Mauduit sur le sujet: «Parti socialiste cherche politique économique».

Seconde partie de notre abécédaire en guise de synthèse, de N comme "Non-cumul des mandats" à Z comme "Zone rouge". En cliquant ici, retrouver la première partie, de A à M.

 

N comme "Non-cumul". Ce combat a perdu du terrain par rapport au début des années 2000. Hamon, Fabius, Mélenchon et Hollande n'en parlent pas, Moscovici et Aubry se contentent d'une vague «limitation du cumul» que Guérini et Collomb précisent: «une limitation des mandats à deux et trois dans le temps». Royal défend le «mandat unique pour les parlementaires», comme "le pôle écologiste". Le mandat unique n'apparaît plus que dans les textes de Filoche et de Jacquemin (voir à M). En revanche, le «statut de l'élu» gagne des partisans (Lienemann, Hollande, Hamon, Guérini/Collomb, Léveillé).

 

O comme "Obama". Souvent cité par Benoît Hamon mais absent dans sa contribution, le candidat démocrate à la prochaine présidentielle américaine n'est cité en modèle que par trois contributeurs socialistes. Royal et Delanoë s'y réfèrent, la première pour en faire un exemple de «métissage», le second paraphrase son slogan («Oui, nous devrons changer»), qui a «soulevé un espoir considérable aux Etats-Unis».

Aubry, dont le nouveau site internet ressemble fort à celui d'Obama, espère le voir «relancer et faire aboutir le processus de paix» au Proche-Orient. Mais elle écrit son prénom Barak au lieu de Barack.


P comme "Primaires"
. Hormis le texte de Lienemann et Quilès, qui appellent à des «primaires ouvertes» issues d'un «congrès de l'unité», les seuls à se situer dans un vote allant au-delà du parti sont les partisans de «la ligne claire» (Collomb, Guérini, Feltesse et Valls), qui réclament des primaires «sur la base des listes électorales» pour investir les têtes de liste nationales et régionales.

Lors de leur conférence de presse de présentation, Guérini a déclaré qu'il s'agissait d'une proposition «non négociable en vue d'une fusion vers une motion».

Comment réorganiser le parti?

Q comme "Quel PS pour demain?" Autant des contributions font l'impasse sur certains domaines, autant les idées pour réorganiser le parti ne manquent à aucun des 21 textes. Il y a ceux qui veulent «redonner vigueur et importance à la formation politique» (Royal, repris dans Delanoë). Ceux qui prônent une «régionalisation des fédérations du parti» (Delanoë, Guérini). Ceux qui veulent refaire de «l'éducation populaire» auprès des militants (Mélenchon, Lienemann, Moscovici). Ceux qui veulent créer «un parti de la gauche» (Hamon, Lienemann, Utopia) et ceux qui s'en tiennent d'abord à des «forums locaux de l'unité» (Hollande, repris dans l'idée par Lebranchu, Delanoë et Aubry) et des «Assises de la gauche» (Hollande, Mélenchon).

On trouve également des propositions sur un renforcement de la discipline interne (Royal), la volonté de rendre plus transparentes en les filmant les réunions de la direction du parti (Moscovici), un renforcement de la parité (Guérini, Léveillé). Aubry se distingue par sa proposition de «créer un pacte de confiance» signé par tous les leaders du PS.

Larrouturou veut limiter la présence des élus à «30% dans les instances de direction». Enfin, Utopia veut «rendre opposable la déclaration de principes», à la demande de 5 à 10% des militants. Et Lienemann appelle à la création d'un centre d'études et de recherche, pour «rendre accessible à tous les orientations de chaque courant».

R comme "Réforme institutionnelle". Sur ce sujet aussi, les contributeurs socialistes se révèlent diserts. De «l'achèvement de la décentralisation» (Royal, Hollande, Guérini) à la réforme du Sénat (fusion avec le conseil économique et social pour Royal, refonte du système électoral pour permettre l'alternance pour Aubry, Delanoë et Hollande). Du «recours à la pratique du référendum national» (Mélenchon) à «une VIe République avec élection constituante à la proportionnelle intégrale» (Dolez). Si l'emploi d'une dose de proportionnelle aux législatives a plutôt les faveurs d'Aubry et Royal, Gorce le récuse.

Reste la nature de la République nouvelle, certains appelant à un «régime primo-présidentiel», d'autres à un «régime parlementaire», où «le premier ministre établit le lien entre majorité et président» (Hollande, repris par "le pôle écologiste").

Certains se positionnent aussi pour une élection des représentants intercommunaux au suffrage universel (Aubry, Guérini). Enfin, Royal se prononce pour «un rattachement de la Cour des comptes au Parlement» et veut «prohiber toute intervention du garde des Sceaux dans les affaires de justice en cours».

S comme "Sécurité". Autant le dire de suite, tous ceux qui en parlent sont d'accord pour le retour de la police de proximité. Consensus également pour dire que «toute infraction doit être sanctionnée», mais qu'il faut dans le même temps multiplier les peines alternatives (Delanoë, Aubry, Royal). Réinvestir dans la «politique de quartier», mais sans détailler comment (Delanoë, Hollande).

Hollande évoque la nécessité de «centre éducatif fermé», tandis que Delanoë se dit pour une «politique ambitieuse de recrutement» dans la justice. Aubry estime quant à elle qu'il faut une «grande politique pénitentiaire» et propose que «1.000 heures dans la durée d'études soient consacrées à des travaux d'intérêt général».

Déclarations d'amour pour la "société de la connaissance"

T comme "Témoignage". Ils sont cinq à pouvoir être classés dans cette catégorie (la contribution de témoignage, pour ceux qui n'auraient pas compris). Dans des styles différents. Celui de la proche d'Aubry qui a compilé les interpellations des marchés et tente d'y répondre (Lebranchu). Dans un autre genre, Mélenchon appelle à une fusion des contributions de gauche, se disant «disposé à faire motion commune avec ceux qui tranchent» dans le même sens. C'est-à-dire contre un parti Démocrate (voir à Y).

L'ancien député Jacques Fleury demande que le parti soit «... socialiste», avant de recommander «la prise ou le contrôle de la propriété des grandes activités économiques». Enfin, Jean-Marc Ayrault écrit son texte pour expliquer qu'il «refuse de choisir» un prétendant actuel à la direction, et vanter les vertus de «la synthèse socialiste de l'Ouest». Enfin, le député Gaëtan Gorce occupe le flanc social-libéral et estime qu'il faut «d'abord un véritable leadership», «dire la vérité» et «changer de visions».

U comme "Université". L'heure est aux déclarations d'amour à la «société de la connaissance» ("Pôle écologiste", Guérini) et à la promotion de «l'ère numérique» ("Pôle écologiste", Moscovici). Fabius préfère parler de «montée en gamme» s'appuyant sur la recherche. Sur ce point, le «partenariat public/privé» (Guérini) est aussi à la mode: Delanoë propose un «budget recherche porté de 2,1 à 3%», alors que Hollande soutient la création d'une «agence nationale de la compétitivité et de la recherche».

Quant à Royal, elle voudrait «favoriser la création d'entreprises pour les chercheurs» et «intégrer grandes écoles aux universités».

V comme « Vote des étrangers». Il y a ceux qui l'accorderaient sans "ancienneté" sur le territoire (Delanoë, Hamon, Dolez, Aubry, Léveillé) et ceux qui fixent un seuil de 5 ans passés en France (Guérini, Hollande, Filoche). Ou 10 ans (Royal). Il y a aussi ceux qui ne l'accorderaient que pour les élections locales (Hollande, Aubry, Utopia).

Alliances aussi multiples qu'incertaines

W comme "What else?" Il fallait bien un peu de George Clooney pour rendre un peu sexy tout ça (en plus, il supporte Obama, voir à O). Plus prosaïquement, «Quoi d'autre» de notoire dans ces 21 textes? En vrac. Pierre Larrouturou défend toujours les 32 heures mais appelle à «un nouveau Bretton Woods».

Le service public de l'eau est en vogue (Lienemann, "pôle écologiste", Hamon, Fabius). Aubry et Lienemann misent sur «des stratégies de relocalisation» pour accueillir les entreprises revenant en France en raison de la crise financière. Delanoë et Royal plaident pour un service public de la petite enfance et l'augmentation «sensible» du nombre de crèches...

X comme "équation avec X inconnu". Chaque contributeur affiche un nombre conséquent de signatures au bas de ses textes (ici ou ), mais beaucoup ne sont pas encore décidés et les alliances sont aussi multiples qu'incertaines. Si l'on peut déceler quatre types de postures avant ce congrès, le contenu des différents textes des "centristes" du parti (de Hamon à Delanoë) n'est fondamentalement pas contraire à une synthèse générale.

Y comme "Y a-t-il quelqu'un ici qui ne veut pas d'un parti démocrate?" Un hommage à Jean-Luc Mélenchon, qui dit 23 fois en sept pages son aversion pour le «parti démocrate», avenir sombre qu'il veut «empêcher». Parti démocrate et «impasse», démocrates qui «ont détruit la gauche en Italie», social-démocrate et «déroute»... En bref : «Pour ces démocrates, la part de richesse que l'on reçoit (...) n'est pas une question politique ou sociale.»

Z comme "Zone rouge". Celle que le parti pourrait friser si le jeu de positions persiste entre les motions potentielles (le quatuor Guérini/Colomb/Feltesse/Valls, le "Pôle écologique", n'excluent pas de déposer une motion pour le congrès, et la "gauche du parti" est déjà partie divisée par le passé).

Si tout le monde cherche à se compter et que le résultat reste incertain jusqu'au dernier week-end, l'esprit du congrès de Rennes ne sera pas loin. À l'époque, en 1990, il y avait eu sept motions. Mais pour seulement neuf contributions.

En outre, une originalité (inédite) vient en rajouter dans le désordre potentiel. Celle d'une élection militante incertaine pour désigner le premier secrétaire, cinq jours après le congrès (jusqu'ici une formalité sous l'ère Hollande). Ce sont les charmes de la personnalisation du parti, qui s'impose aisément sur des textes à l'ambition finalement relative. Z comme "Zizanie"?


URL source:http://www.mediapart.fr/journal/france/080708/notre-abecedaire-pour-s-y-retrouver-dans-les-21-contributions-socialistes
Liens:
[1] http://www.mediapart.fr/club/blog/stephane-allies
[2] http://www.mediapart.fr/
[3] http://www.mediapart.fr/journal/france/060708/les-socialistes-en-quete-d-une-politique-economique
[4] http://www.mediapart.fr/journal/france/030708/ps-le-congres-par-quatre-chemins
[5] http://www.box.net/shared/static/esone5gg0s.zip
[6] http://www.google.fr/url?sa=t&ct=res&cd=5&url=http://www.rue89.com/mon-oeil/pour-son-site-web-martine-aubry-a-louche-sur-celui-dobama&ei=WaZySLS3Eo7C7QXwn4H2Aw&usg=AFQjCNEwyHJZTapUvTvbVtYNscSEqHtLoA&sig2=W87Db8POxBjHs1gl17wuWg
[7] http://www.mediapart.fr/journal/france/070708/mediapart-epluche-de-a-a-z-les-21-contributions-socialistes
[8] http://www.jmayrault.fr/actualit-s-nationales/jean-marc-ayrault-refuse-de-choisir-pour-2012.html
[9] http://youtube.com/watch?v=LvA2WbeGFb4
[10] http://fr.wikipedia.org/wiki/Accords_de_Bretton_Woods
[11] http://www.clarte-courage-creativite.com/les-signataires
[12] http://formulaire.congresutileetserein.com/show.php
[13] http://marc.vasseur.over-blog.com/article-20946842.html
[14] http://www.intox2007.info/index.php?post/2008/07/03/Les-journalistes-politiques-sont-des-faineants#pr
[15] http://www.box.net/shared/static/93dfbr0g0w.pdf
[16] http://www.box.net/shared/static/qqga0j0o44.pdf
[17] http://www.box.net/shared/static/go6swf3okw.pdf
[18] http://www.box.net/shared/static/cg5b8hlgko.pdf
[19] http://www.box.net/shared/static/leao7ebk0k.pdf
[20] http://www.box.net/shared/static/qr3p96qkgk.pdf
[21] http://www.box.net/shared/static/zv7cyuuosk.pdf
[22] http://www.box.net/shared/static/vv1py9og04.pdf
[23] http://www.box.net/shared/static/ayysw8r4s8.pdf
[24] http://www.box.net/shared/static/tfjh6djwwo.pdf
[25] http://www.box.net/shared/static/oiqr8kww08.pdf
[26] http://www.box.net/shared/static/ae0lv2z8c4.pdf
[27] http://www.box.net/shared/static/aud41vr400.pdf
[28] http://www.box.net/shared/static/h72m8t944c.pdf
[29] http://www.box.net/shared/static/wnxqn5zk84.pdf
[30] http://www.box.net/shared/static/0032zy5ssc.pdf
[31] http://www.box.net/shared/static/smj0lke804.pdf
[32] http://www.box.net/shared/static/62eqyuk0so.pdf
[33] http://www.box.net/shared/static/5heue8r48k.pdf
[34] http://www.box.net/shared/static/psbvyhtkww.pdf
[35] http://www.box.net/shared/static/t26d6o3s4o.pdf

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7 juillet 2008 1 07 /07 /juillet /2008 17:03

Reconquêtes


Les premiers signataires dans le Val d'Oise :

Charlotte Brun, membre du conseil national, adjointe au maire d'Ecouen, conseillère régionale - Frédéric Faravel, secrétaire de section de la plaine de France, membre du bureau fédéral et du bureau du comité régional - Xavier Morin, membre du bureau fédéral, trésorier de section et conseiller municipal d'Argenteuil - Adélaïde Piazzi, membre du bureau fédéral, secrétaire de section et première adjointe au maire de Montmorency - et...

Joshua Adel, BFA, Sannois - Serge Aradj, plaine de France - Patrick Bauer, trésorier de section de Saint-Gratien - Nadjet Boubekeur, conseil fédéral, Villiers-le-Bel - Daniel Boulain, Deuil-la-Barre - Christine Boyer, Le Plessis-Bouchard - Fanny Boyer, secrétaire de section et conseillère municipale du Plessis-Bouchard - Marcel Boyer, adjoint au maire d'Ecouen - Philippe Brunel, Jouy-le-Moutier - Sylvie Colley-Fromentel, Cormeilles-en-Parisis - Gérard Dargnat, Ermont - Alexis Demaie, Bouffémont - Bernard Desclos, canton de Viarmes - Makhoudia Diouf, Cergy - Farid Echeikr, adjoint au maire de Fosses - Cécile Escobar, conseil fédéral, adjointe au maire de Cergy, conseillère communautaire de Cergy-Pontoise - Abdellah Fandi, Louvres - Mathieu Liegard, Saint-Brice - Sébastien Lombard, Cergy - Bernard Mathonnat, CFCF, Jouy-le-Moutier - Lucille Monjanel, Herblay - Marlène Petit, Cergy - Michel Renou, secrétaire de section de L'Isle-Adam/Parmain - Lionel Ribeiro, conseiller municipal d'Argenteuil - Patrice Richard, secrétaire de section et adjoint au maire de Gonesse - Benoît Rogeon, Bouffémont - Yannick Sabau, Vauréal - Thierry Seveyrat, Sarcelles - Abdelkader Slifi, adjoint au maire d'Argenteuil - Michèle Taiclet, conseillère municipale de Jouy-le-Moutier - Alain Thauvin, conseiller municipal de Gonesse - Jimmy Zé, CFC, conseiller municipal d'Eragny-sur-Oise...

La France attend un message d’espoir. Elle aspire à d’autres perspectives que celles diffusées par une pensée dominante avide de fatalisme et de résignation.

Le discours sur un prétendu déclin de la société française, justifiant toutes les régressions sociales, est devenu la norme. Le clivage entre le conservatisme et le progrès est escamoté derrière des politiques, des mesures profondément réactionnaires que l’on appelle, par antiphrase, « réformes ». Le libéralisme économique atteint de nouvelles limites tout en maintenant son hégémonie.

Dans cette situation il appartient aux socialistes de rompre avec ces orientations, de préparer l’avenir en réconciliant le pays avec le progrès.

Seule une gauche résolue et déterminée peut remettre la justice sociale au coeur de l’action politique, dépasser le modèle exclusif du libre-échange sans précaution et redonner du sens au clivage gauche/droite.

Forger les idées et les outils de ces reconquêtes tel est bien l’enjeu du prochain Congrès du Parti Socialiste.

La convergence et la coïncidence de quatre crises mondiales majeures (financière, alimentaire, énergétique, écologique) bouleversent les principes sur lesquels les sociétés occidentales fondaient leur prospérité et leur développement. La mondialisation libérale, telle qu’elle a été imposée depuis les années 1980, s’essouffle. Son modèle économique montre des limites sérieuses quant à sa capacité à répondre, non seulement à la réalité sociale, mais aussi aux nécessités de développement à l’échelle mondiale.

Nous assistons à un renversement de cycle et entrons dans le deuxième âge de la globalisation.

Alors que la droite, aveuglée par son idéologie, continue de démanteler la puissance publique, nous devons proposer, avec l’ensemble de la gauche, un Etat régulateur et innovateur comme réponse à l’urgence sociale, économique et écologique.

Le choc des défaites.

Depuis juin 2006, la social-démocratie européenne a enregistré 13 défaites lors des 15 derniers scrutins nationaux et connait une crise générale qui nous oblige à un inventaire serein des erreurs stratégiques et politiques accumulées depuis plus de 10 ans. Dans la plupart des pays de l’Union la gauche a prospéré, dans le sillage des victoires britanniques et allemandes, sur la base d’un programme, d’une offre politique de type « social-libéral ». Pourtant cette orientation ne lui a pas permis de conserver le pouvoir dans les années 2000 et c’est, paradoxalement, au moment où monte le mécontentement contre l’ultralibéralisme qu’elle connaît les pires difficultés. De ce point de vue, la situation de la gauche française n’est pas particulièrement originale. Lorsqu’elle reprend à son compte le modèle social-libéral élaboré par ses voisins, à leur instar, elle échoue ; mais là où elle fait campagne sur ses principes et ses valeurs, en portant un programme de gauche- comme aux législatives de 1997 ou aux européennes de 2004 – elle renoue avec les succès. Si la modernité se définit par la rupture avec les cadres conservateurs de pensée, la socialdémocratie européenne doit rapidement abandonner une orientation qui lui a soustrait une part importante du vote ouvrier et populaire, réduit le poids total de la gauche et l’éloigne durablement des responsabilités.

Le monde a changé.

L’avenir de la gauche française ne peut pas consister à mimer le « New Labour » ou le SPD des années 90, l’avenir du PS ne peut pas être le passé de la social-démocratie européenne. L’efficacité électorale commande de renouer avec les classes populaires plutôt que de confier notre sort politique à l’air du temps.

Parmi les poncifs abondamment diffusés par la pensée dominante, l’idée que le progrès n’est concevable qu’en contrepartie de sacrifices imposés aux salariés, occupe une place de choix. Sans nier la nécessité de l’effort collectif, la gauche ne peut plus se contenter, au nom d’une prétendue "responsabilité", de rejoindre la droite sur la finalité et le contenu des réformes structurelles. Sur des sujets aussi lourds que la politique salariale, les retraites, la fiscalité, etc., nous nous opposons aux conservateurs sur des orientations de fond, pas uniquement sur des questions de dosage ou d’agenda.

Nous pouvons et nous devons lever un nouvel espoir, réhabiliter la volonté en politique. Dans un contexte certes différent, un tel processus s’est d’ores et déjà engagé en Amérique. Le quarantième anniversaire de 1968 nous permet de célébrer un grand mouvement social de conquêtes. Il est temps que la gauche retrouve cet esprit, pour inventer de nouveaux droits et élargir l’espace de nos libertés, et non plus se contenter, dans le meilleur des cas, d’organiser la résistance aux attaques de la droite. Cette voie est plus exigeante, mais oh combien plus enthousiasmante, que la confortable adaptation aux exigences de la pensée unique qui nous mène à d’inévitables déconvenues.

Les marges de manoeuvre nécessaires à un tel changement de cap existent, en dépit d’une situation difficile et complexe. L’intelligence, l’initiative, l’engagement ne manquent pas Ils sont présents dans le mouvement social, dans les universités, dans la jeunesse, dans le monde économique ou culturel.

Changer notre offre politique.

Nous n’avons plus gagné d’élection présidentielle depuis 20 ans, ni de législative depuis 11 ans. Nous avons le devoir de regarder cette réalité en face et d’en accepter les conséquences.

Parce que les mêmes orientations portées par les mêmes responsables n’ont pas plus de chance de faire gagner les socialistes demain qu’hier, il faut renouveler les équipes et redéfinir nos axes programmatiques. La gauche est immobile parce qu’elle s’incarne dans les mêmes comportements, les mêmes réflexes, les mêmes mots et parfois le même cynisme depuis 20 ans.

Abandonnons nos mauvaises habitudes, en commençant par éviter que notre prochain congrès soit un nouveau congrès de Rennes. Pour cela nous devons collectivement nous engager à rejeter la tentation d’un affrontement de personnalités qui serait déconnecté du débat de fond. Nous voulons pour notre parti un congrès qui pose les vrais enjeux et permette les clarifications nécessaires. Nous ne pouvons pas nous permettre le luxe de laisser des écuries présidentielles déchirer le Parti Socialiste. Nous le savons tous, ce type d’affrontement fait peser une menace lourde sur l’avenir du PS, son intégrité, son image dans la population et son existence même. Un congrès n’est pas un casting ! En disant cela, nous ne nions pas la nécessité de nous doter d’un chef de file. Mais le moment de son choix n’est pas anodin : débattons d’abord, nous choisirons ensuite qui est le mieux à même de porter nos convictions.

Le congrès du PS doit être le congrès de l’anticipation et de la relance.

L’élection de Nicolas Sarkozy est l’aboutissement de la défaite culturelle de la gauche, résultat des batailles que nous n’avons pas, ou insuffisamment, menées.

Les Socialistes doivent tourner cette page !

Ils doivent définir une politique qui remette le progrès au service de l’humanité.

Notre première responsabilité est d’imaginer la France d’après Sarkozy. Une France à reconstruire, un progrès social et des libertés à reconquérir ; et cela dans un contexte où il est à redouter que les inégalités, et leur cortège de violences, auront augmenté alors que les instruments de régulation, d’intervention et de redistribution, nationaux et continentaux auront, eux, été réduits par la droite à une peau de chagrin.

La modernité, c’est anticiper, préparer le post-libéralisme et construire la gauche du XXIe siècle qui saura remettre la justice sociale au coeur de l’action politique.

Pas de faux débats.

Pour que le congrès de Reims réponde aux attentes qu’il doit susciter, notre premier devoir est d’écarter un certain nombre de faux débats dans lesquels on souhaiterait nous enfermer. C’est ce que nous avons fait en adoptant une nouvelle déclaration de principes qui peut être considérée comme une « carte d’identité » du Parti socialiste, un socle commun sur la base duquel nous devons réfléchir à l’avenir que nous voulons bâtir.

Premier faux débat. On voudrait nous faire croire que s’opposent, au Parti socialiste, partisans et adversaires de l’économie de marché que nous avons tous acceptée depuis longtemps. Pas de collectivistes chez les socialistes mais des partisans d’une « économie sociale et écologique de marché régulée ». Pour nous, la question n’est pas celle de l’acceptation ou non d’un système, mais celle des réponses politiques proposées pour le réguler et redistribuer les richesses. C’est pourquoi nous entendons laisser en dehors de la sphère marchande un certain nombre d’activités correspondant à des droits fondamentaux.

Deuxième faux débat. Les clivages opposeraient les « modernes » aux « archaïques ». Comme si la modernité se résumait à la soumission docile aux modèles dominants imposés par ceux qui en bénéficient et l’archaïsme s’incarnait dans l’espoir d’une réduction des inégalités. La modernité ne peut être entendue comme l’acceptation d’un libéralisme aujourd’hui dépassé.

Troisième faux débat. Les socialistes se diviseraient entre « audacieux » - ceux qui voudraient « lever les tabous » - et « timides » - ceux qui voudraient « occulter certains problèmes ». Nous devons être en capacité d’aborder collectivement l’ensemble des débats. Pour autant cela ne peut signifier qu’il y aurait un courage politique particulier à parler de sujets relevant traditionnellement du champ lexical de la droite !

Quatrième faux débat. Les divergences qui existent entre nous opposeraient individualistes et collectivistes. Pour nous, c’est autour d’un projet collectif que s’articule le combat pour les libertés individuelles qui ne peuvent jamais être déconnectées des questions sociales, sans prendre le risque de les voir confisquées par quelques privilégiés. Alors que les conservateurs veulent démanteler le droit du travail afin, justement, de ramener les rapports sociaux à de simples relations individuelles, nous devons combattre avec la même ténacité pour toutes les libertés et tous les droits, qu’ils soient individuels ou collectifs.

Dans un contexte de confusion idéologique, prétexte à tous les faux débats entre socialistes, il est important de rappeler nos finalités politiques.

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4 juillet 2008 5 04 /07 /juillet /2008 13:00
Point de vue
Une Saint-Barthélemy des pédagogues
LE MONDE | 03.07.08 | 13h53  •  Mis à jour le 03.07.08 | 13h53

es instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM) sont promis à la disparition. Le concours de recrutement des enseignants aura lieu désormais au milieu de la cinquième année d'université (en mastère 2), quelques éléments de formation professionnelle seront dispensés entre février et juin et la prise de poste s'effectuera dès la rentrée suivante, avec un simple "compagnonnage" par des professeurs expérimentés. En reculant d'un an l'entrée dans la carrière, l'Etat fera ainsi de substantielles économies sur les salaires. Il transférera progressivement aux composantes des universités la responsabilité de la formation des enseignants et pourra fermer très vite de nombreux IUFM un peu partout.

 

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Il reste, bien sûr, beaucoup de questions. Y aura-t-il un cadrage national des mastères préparant à l'enseignement ? Cela serait nécessaire, mais c'est contradictoire avec l'autonomie des universités qui risquent, tout simplement, de fagoter en vitesse des ersatz de mastère pour ne pas perdre des étudiants. L'inégalité de la formation sur le territoire national sera ainsi officialisée. Pour les lycées et collèges, la formation professionnelle risque de passer tout simplement à la trappe : on se contentera d'une formation disciplinaire - évidemment indispensable - et de quelques observations censées donner les "recettes" du métier.

Or, comment peut-on imaginer envoyer ainsi des professeurs débutants, sans préparation sérieuse, dans des collèges où les élèves, chauffés à blanc par la frénésie consommatrice, ont de plus en plus de mal à fixer leur attention... ou même dans des lycées qui exigent, aujourd'hui, une vraie formation pour faire face à des adolescents et de jeunes adultes qui n'entrent pas de plein gré dans les contraintes scolaires ? Et comment formera-t-on les étudiants qui se destinent à l'enseignement primaire ? S'agira-t-il d'un approfondissement dans la discipline de la licence, de compléments de formation dans les autres disciplines ou d'un cursus centré sur la pédagogie ? Imagine-t-on laisser différentes formations coexister ? Si c'est le cas, nous nous retrouverons devant un corps enseignant émietté et une école sans unité.

Par ailleurs, on sait bien que les étudiants issus des milieux populaires se feront encore plus rares au niveau du mastère : les postes mis au concours seront davantage préemptés par les enfants des classes supérieures. Et si le vivier des mastères n'est pas suffisant, on utilisera l'expédient traditionnel : le recours à des contractuels et vacataires... Quant aux professeurs de lycées professionnels, ils sont, une fois de plus, les grands oubliés : quel mastère pour les professeurs de cuisine ou de génie mécanique ? Peut-être maintiendra-t-on quelques IUFM comme structures croupions pour gérer les laissés-pour-compte !

En réalité, le recrutement par concours cinq années après le baccalauréat interdit la mise en place d'une véritable formation en alternance. Au moment où cette dernière est plébiscitée dans de nombreux domaines, l'éducation nationale, toujours à la pointe du progrès, la supprime. Quelques modules de préprofessionnalisation au cours des études suffiront : réfléchir sur ses pratiques, alterner modèles théoriques et réflexion sur la prise de décision, inscrire l'entrée en fonction dans une dynamique professionnelle : voilà qui est bon pour les mécaniciens, les ingénieurs, les médecins... mais pas pour les professeurs ! Enfin, la disparition des IUFM, c'est celle d'un lieu institutionnel dévolu à la réflexion pédagogique, permettant l'élaboration, la diffusion et l'application de recherches nationales et internationales dans les didactiques des disciplines, les sciences de l'éducation, la psychologie et bien d'autres sciences humaines. C'est l'affirmation implicite que le métier d'enseignant n'a nul besoin d'être nourri par la recherche ni soutenu par des organismes de formation initiale et continue accompagnant les transformations sociales et permettant d'affronter les nouveaux problèmes qui émergent.

Pour autant, nous ne sommes pas partisans du statu quo. Le système actuel comporte une année de bachotage pour préparer le concours et une année d'alternance avant la titularisation. Or on a voulu tout caser dans cette deuxième année : connaissance des programmes, apprentissage de la gestion de la classe, didactique des disciplines, réflexion sur les valeurs de l'école, prise en compte de la difficulté scolaire, compréhension des enjeux de l'intégration des élèves handicapés, etc. Au bout du compte, cette année de stage est un patchwork, une course de vitesse avec une multitude de choses à faire qui se télescopent... et un grand écart, pour les stagiaires, entre un statut d'"enseignant responsable de sa classe" et un statut de "collégien" dans le cadre d'une formation théorique atomisée et bien trop scolaire.

Il faudrait donc organiser la formation en cinq années cohérentes : après trois années de licence, comportant une découverte progressive du métier, le concours de recrutement doit donner accès à deux années de formation professionnelle en alternance, correctement rétribuées et certifiées par un mastère professionnel... Avec une organisation des études permettant aux étudiants et aux stagiaires d'avoir prise sur leur formation et de ne pas se sentir infantilisés par des systèmes d'évaluation obsolètes.

Mais le ministre de l'éducation nationale semble vouloir passer en force cet été, en promulguant sa réforme en juillet. Un tel calendrier est déraisonnable sur le plan technique et inacceptable au regard des enjeux. La formation des enseignants nécessite une réflexion collective impliquant toutes les parties prenantes : le ministère de l'éducation nationale, les universités, les IUFM et les professionnels concernés, mais aussi les organisations étudiantes et même les parents d'élèves qu'on est en train de tromper gravement. Des voix nombreuses demandent un moratoire d'une année pour rendre possibles la concertation et la réflexion indispensables. Le président de la République et le ministre de l'éducation nationale doivent les entendre.

De Condorcet à Langevin et Wallon, de Carnot à Durkheim, en passant par Ferry, Buisson et Kergomard, la République a toujours considéré qu'il ne suffisait pas de savoir pour savoir enseigner et qu'elle devait à ses enfants des "maîtres pédagogues". Elle avait voulu qu'ils soient formés dans des lieux spécifiques : les Ecoles normales jusqu'en 1991, les IUFM ensuite. Une seule période fit exception, Vichy qui ferma les Ecoles normales d'instituteurs. Beaucoup d'entre nous considèrent qu'il serait exagéré de rapprocher cette période de celle que nous vivons. Ils croient que Xavier Darcos saura faire preuve d'esprit de responsabilité, qu'il aura à coeur de préserver le potentiel des IUFM pour le mettre au service d'une formation des maîtres digne des défis éducatifs qui se présentent à nous.

On ne peut prétendre lutter contre l'échec scolaire et saboter la formation des professeurs. On ne peut vouloir rétablir les conditions du "vivre ensemble" et "enseigner à tous les fondamentaux de la citoyenneté" en réduisant au minimum la formation pédagogique des maîtres. On ne peut préparer l'avenir en ignorant l'héritage du passé et les acteurs du présent ! Le risque est grand de payer nos errances d'aujourd'hui par des convulsions et des explosions scolaires incontrôlables. On voudrait que nos dirigeants l'entendent. Car, ils sont aussi, comme nous, responsables devant le futur.

 


Jean-Louis Auduc, directeur des études-premier degré à l'IUFM de Créteil ;

Rémi Brissiaud, maître de conférences à l'IUFM de Versailles ;

Sylvain Grandserre, professeur des écoles ;

Philippe Meirieu, professeur à l'université Lumière-Lyon-II ;

André Ouzoulias, professeur à l'IUFM de Versailles.

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3 juillet 2008 4 03 /07 /juillet /2008 14:24

Chers amis, Chers Camarades,

Notre démarche est ouverte. Elle ambitionne de dépasser les frontières de camps préexistants. Elle n’est précédée d’aucun préalable. Elle aspire à forger les outils des Reconquêtes sociales, politiques et intellectuelles qui permettront à la gauche de lever un nouvel espoir.
C’est ce qui nous amène à vous inviter à débattre et constuire une dynamique autour de la contribution «Reconquêtes»
JEUDI 10 JUILLET 2008
à 20h30
Maison des associations d'Écouen

Rue du four Gaudon (plan ci-dessous)
avec la participation de
Liem Hoang-Ngoc
économiste au CNRS, professeur à l'université Paris I,
délégué national du PS à la fiscalité

et accessoirement chroniqueur sur France Inter

Les mois à venir vont être pour notre parti l’occasion de définir une offre politique qui combine la capacité à ramener la gauche au pouvoir en 2012 avec celle de répondre aux désordres du monde.
Les crises alimentaires, énergétiques, climatiques et financières mondiales appellent partout davantage de régulation, d’intervention publique et de maîtrise des échanges. Simultanément la sociale-démocratie européenne connaît une série de défaites inédite (13 échecs en 15 élections nationales depuis juin 2006). Le passé de la sociale-démocratie européenne - le SPD et le New Labour des années 1990 - ne peut pas être l'avenir du socialisme français !
Nos concitoyens, les militants socialistes, attendent un message d’espoir face aux atteintes portées par la droite au contrat social. C’est parce que nous savons le monde complexe et l’avenir incertain que nous n’avons pas le droit de réduire notre congrès au choc des ambitions personnelles dont on ne distingue pas les différences politiques majeures.
L’élection de 2007 est l’aboutissement d’une défaite culturelle de la gauche. Notre responsabilité est d’anticiper la France de l’après-Sarkozy, une France où les inégalités sociales se seront creusées et où les instruments de régulation et de redistribution seront affaiblis.
Il est temps aujourd’hui pour les socialistes de forger les idées et les outils qui nous permettront de conduire demain des politiques à la hauteur de nos ambitions.

La modernité, c’est anticiper le post-libéralisme
et construire la gauche du XXIème siècle.



Tu peux également appuyer notre démarche en rejoignant la liste de signataires et poursuivre le débat sur le site de la contribution
www.reconquetes.eu.
Pour prendre contact dans le Val d'Oise : Frédéric Faravel – tél. : 06 79 67 98 52 – courriel :
rlg95@voila.fr

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3 juillet 2008 4 03 /07 /juillet /2008 09:22

PREAMBULE


La France attend un message d’espoir.

Elle aspire à d’autres perspectives que celles diffusées par une pensée dominante avide de fatalisme et de résignation.

Le discours sur un prétendu déclin de la société française, justifiant toutes les régressions sociales, est devenu la norme. Le clivage entre le conservatisme et le progrès est escamoté derrière des politiques, des mesures profondément réactionnaires que l’on appelle, par antiphrase, « réformes ». Le libéralisme économique atteint de nouvelles limites tout en maintenant son hégémonie.

Dans cette situation il appartient aux socialistes de rompre avec ces orientations, de préparer l’avenir en réconciliant le pays avec le progrès.

Seule une gauche résolue et déterminée peut remettre la justice sociale au cœur de l'action politique, dépasser le modèle exclusif du libre-échange sans précaution et redonner du sens au clivage gauche/droite.

Forger les idées et les outils de ces reconquêtes tel est bien l’enjeu du prochain Congrès du Parti Socialiste.


La convergence et la coïncidence de quatre crises mondiales majeures (financière, alimentaire, énergétique, écologique) bouleversent les principes sur lesquels les sociétés occidentales fondaient leur prospérité et leur développement. La mondialisation libérale, telle qu’elle a été imposée depuis les années 1980, s’essouffle. Son modèle économique montre des limites sérieuses quant à sa capacité à répondre, non seulement à la réalité sociale, mais aussi aux nécessités de développement à l’échelle mondiale.

Nous assistons à un renversement de cycle et entrons dans le deuxième âge de la globalisation.

Alors que la droite, aveuglée par son idéologie, continue de démanteler la puissance publique, nous devons proposer, avec l’ensemble de la gauche, un État régulateur et innovateur comme réponse à l’urgence sociale, économique et écologique.


Le choc des défaites.

Depuis juin 2006, la social-démocratie européenne a enregistré 13 défaites lors des 15 derniers scrutins nationaux et connaît une crise générale qui nous oblige à un inventaire serein des erreurs stratégiques et politiques accumulées depuis plus de 10 ans. Dans la plupart des pays de l’Union la gauche a prospéré, dans le sillage des victoires britanniques et allemandes, sur la base d’un programme, d’une offre politique de type « social-libéral ».

Pourtant cette orientation ne lui a pas permis de conserver le pouvoir dans les années 2000 et c’est, paradoxalement, au moment où monte le mécontentement contre l’ultra-libéralisme qu’elle connaît les pires difficultés. De ce point de vue, la situation de la gauche française n’est pas particulièrement originale. Lorsqu’elle reprend à son compte le modèle social-libéral élaboré par ses voisins, à leur instar, elle échoue ; mais là où elle fait campagne sur ses principes et ses valeurs, en portant un programme de gauche- comme aux législatives de 1997 ou aux européennes de 2004 – elle renoue avec les succès. Si la modernité se définit par la rupture avec les cadres conservateurs de pensée, la sociale-démocratie européenne doit rapidement abandonner une orientation qui lui a soustrait une part importante du vote ouvrier et populaire, réduit le poids total de la gauche et l'éloigne durablement des responsabilités.


Le monde a changé.

L'avenir de la gauche française ne peut pas consister à mimer le New Labour ou le SPD des années 90, l'avenir du PS ne peut pas être le passé de la social-démocratie européenne. L'efficacité électorale commande de renouer avec les classes populaires plutôt que de confier notre sort politique à l'air du temps.

Parmi les poncifs abondamment diffusés par la pensée dominante, l’idée que le progrès n’est concevable qu’en contrepartie de sacrifices imposés aux salariés, occupe une place de choix. Sans nier la nécessité de l'effort collectif, la gauche ne peut plus se contenter, au nom d'une prétendue "responsabilité", de rejoindre la droite sur la finalité et le contenu des réformes structurelles. Sur des sujets aussi lourds que la politique salariale, les retraites, la fiscalité, etc., nous nous opposons aux conservateurs sur des orientations de fond, pas uniquement sur des questions de dosage ou d'agenda.

Nous pouvons et nous devons lever un nouvel espoir, réhabiliter la volonté en politique.

Dans un contexte certes différent, un tel processus s’est d’ores et déjà engagé en Amérique. Le quarantième anniversaire de 1968 nous permet de célébrer un grand mouvement social de conquêtes. Il est temps que la gauche retrouve cet esprit, pour inventer de nouveaux droits et élargir l’espace de nos libertés, et non plus se contenter, dans le meilleur des cas, d’organiser la résistance aux attaques de la droite. Cette voie est plus exigeante, mais oh combien plus enthousiasmante, que la confortable adaptation aux exigences de la pensée unique qui nous mène à d’inévitables déconvenues.

Les marges de manoeuvre nécessaires à un tel changement de cap existent, en dépit d'une situation difficile et complexe. L’intelligence, l’initiative, l’engagement ne manquent pas Ils sont présents dans le mouvement social, dans les universités, dans la jeunesse, dans le monde économique ou culturel.


Changer notre offre politique.

Nous n'avons plus gagné d’élection présidentielle depuis 20 ans, ni de législative depuis 11 ans. Nous avons le devoir de regarder cette réalité en face et d’en accepter les conséquences.

Parce que les mêmes orientations portées par les mêmes responsables n'ont pas plus de chance de faire gagner les socialistes demain qu'hier, il faut renouveler les équipes et redéfinir nos axes programmatiques. La gauche est immobile parce qu’elle s’incarne dans les mêmes comportements, les mêmes réflexes, les mêmes mots et parfois le même cynisme depuis 20 ans.

Abandonnons nos mauvaises habitudes, en commençant par éviter que notre prochain congrès soit un nouveau congrès de Rennes. Pour cela nous devons collectivement nous engager à rejeter la tentation d’un affrontement de personnalités qui serait déconnecté du débat de fond. Nous voulons pour notre parti un congrès qui pose les vrais enjeux et permette les clarifications nécessaires. Nous ne pouvons pas nous permettre le luxe de laisser des écuries présidentielles déchirer le Parti Socialiste. Nous le savons tous, ce type d’affrontement fait peser une menace lourde sur l'avenir du PS, son intégrité, son image dans la population et son existence même. Un congrès n’est pas un casting ! En disant cela, nous ne nions pas la nécessité de nous doter d’un chef de file. Mais le moment de son choix n’est pas anodin : débattons d’abord, nous choisirons ensuite qui est le mieux à même de porter nos convictions.


Le congrès du PS doit être le congrès de l’anticipation et de la relance.

L’élection de Nicolas Sarkozy est l’aboutissement de la défaite culturelle de la gauche, résultat des batailles que nous n’avons pas, ou insuffisamment, menées. Les Socialistes doivent tourner cette page !

Ils doivent définir une politique qui remette le progrès au service de l’humanité.

Notre première responsabilité est d'imaginer la France d'après Sarkozy. Une France à reconstruire, un progrès social et des libertés à reconquérir ; et cela dans un contexte où il est à redouter que les inégalités, et leur cortège de violences, auront augmenté alors que les instruments de régulation, d'intervention et de redistribution, nationaux et continentaux auront, eux, été réduits par la droite à une peau de chagrin.

La modernité, c’est anticiper, préparer le post-libéralisme et construire la gauche du XXIe siècle qui saura remettre la justice sociale au coeur de l'action politique.


Pas de faux débats.

Pour que le congrès de Reims réponde aux attentes qu’il doit susciter, notre premier devoir est d’écarter un certain nombre de faux débats dans lesquels on souhaiterait nous enfermer. C’est ce que nous avons fait en adoptant une nouvelle déclaration de principes qui peut être considérée comme une « carte d’identité » du Parti socialiste, un socle commun sur la base duquel nous devons réfléchir à l’avenir que nous voulons bâtir.

Premier faux débat. On voudrait nous faire croire que s’opposent, au Parti socialiste, partisans et adversaires de l’économie de marché que nous avons tous acceptée depuis longtemps. Pas de collectivistes chez les socialistes mais des partisans d’une « économie sociale et écologique de marché régulée ». Pour nous, la question n’est pas celle de l’acceptation ou non d’un système, mais celle des réponses politiques proposées pour le réguler et redistribuer les richesses. C’est pourquoi nous entendons laisser en dehors de la sphère marchande un certain nombre d’activités correspondant à des droits fondamentaux.

Deuxième faux débat. Les clivages opposeraient les « modernes » aux « archaïques ».

Comme si la modernité se résumait à la soumission docile aux modèles dominants imposés par ceux qui en bénéficient et l’archaïsme s’incarnait dans l’espoir d’une réduction des inégalités. La modernité ne peut être entendue comme l’acceptation d’un libéralisme aujourd’hui dépassé.

Troisième faux débat. Les socialistes se diviseraient entre « audacieux » - ceux qui voudraient « lever les tabous » - et « timides » - ceux qui voudraient « occulter certains problèmes ». Nous devons être en capacité d’aborder collectivement l’ensemble des débats. Pour autant cela ne peut signifier qu’il y aurait un courage politique particulier à parler de sujets relevant traditionnellement du champ lexical de la droite !

Quatrième faux débat. Les divergences qui existent entre nous opposeraient individualistes et collectivistes. Pour nous, c’est autour d’un projet collectif que s’articule le combat pour les libertés individuelles qui ne peuvent jamais être déconnectées des questions sociales, sans prendre le risque de les voir confisquées par quelques privilégiés. Alors que les conservateurs veulent démanteler le droit du travail afin, justement, de ramener les rapports sociaux à de simples relations individuelles, nous devons combattre avec la même ténacité pour toutes les libertés et tous les droits, qu’ils soient individuels ou collectifs.

Dans un contexte de confusion idéologique, prétexte à tous les faux débats entre socialistes, il est important de rappeler nos finalités politiques.


Vous pouvez télécharger la contribution complète et poursuivre votre lecture.


Vous pouvez signer en ligne la contribution générale Reconquêtes

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2 juillet 2008 3 02 /07 /juillet /2008 14:12

Les images de Sarkozy en "off" avant son interview sur France 3

Par Augustin Scalbert | Rue89 | 30/06/2008 | 21H29

Installé dans le studio du 19/20 à quelques minutes du début de son intervention, Nicolas Sarkozy est entre les mains des techniciens et maquilleuse de France 3. Face à lui, le directeur de l'information de la chaîne, Paul Nahon, et les trois journalistes Audrey Pulvar, Véronique Auger et Gérard Leclerc. L'ambiance est glaciale.

Sur cette vidéo que s'est procurée en exclusivité Rue89, on voit un technicien régler les micros du Président, qui le salue. Le technicien ne répond pas, ce qui choque Nicolas Sarkozy. Après s'être plaint de ce manque de politesse -"on n'est pas dans le service public, on est chez les manifestants"-, il finira par dire: "Ça va changer, là." (lire ci-dessous).

Ensuite, il plaisante sur la "placardisation" de Gérard Leclerc, qui est -avec Véronique Auger, Audrey Pulvar et d'autres présentateurs et rédacteurs en chef de France 3- l'un des signataires d'une tribune très critique sur la réforme en cours, publiée la semaine dernière dans Le Monde: "T'es resté combien de temps au placard?"

Juste avant que le son ne soit coupé depuis le studio, Nicolas Sarkozy s'assure que France 3 évoquera bien son déplacement du jour à Carcassonne. Paul Nahon lui répond que c'est prévu. Avant, pour plus de certitude, de donner un ordre dans son micro: "Donc on parlera de Carcassonne avec le Président après, hein? Yes! Parfait!"

Addendum le 01/07/2008 à 17h08: France 3 a lancé mardi matin une enquête interne pour déterminer "pourquoi et comment des images tournées avant le direct ont pu quitter France Télévisions". Par ailleurs, selon le site Arretsurimages.net (sur abonnement), la réflexion du Président -"ça va changer!"- concernait la France, après une déclaration de la journaliste Véronique Auger.

Mercredi à 09h15, France Info évoquera les vidéos "off" publiées sur Internet. Les auditeurs de la station sont invités à réagir et à poser leurs questions sur cette page.


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2 juillet 2008 3 02 /07 /juillet /2008 10:59

Placer l’éducation au cœur des reconquêtes et de la transformation sociale

déposée par
Charlotte Brun, membre titulaire du Conseil national, adjointe au maire d’Ecouen (95), Conseillère régionale d’Ile de France
&
Frédéric Faravel, secrétaire de la section Plaine de France, membre du bureau fédéral du Val d'Oise, membre du bureau de l'union régionale Île-de-France


chapeau :

Nous devons permettre à chacun de se doter des meilleurs outils pour comprendre. Certains voudraient que l'école se réduise à ses fondamentaux : lire, écrire compter. D'autres souhaiteraient ne lui assigner qu'une finalité économique.

L'éducation a pour mission d'émanciper des déterminismes. Il s'agit de doter les citoyens d'outils pour analyser et comprendre le monde. Aujourd'hui, repenser la laïcité signifie de promouvoir l'esprit critique face au du modèle consumériste.

Mobiliser les consciences, s'interroger sur la marche du monde, sur le devenir de chacun plus que sur la concurrence des marques et des logos : voilà aujourd'hui l'enjeu de l'éducation.

L'école doit retrouver dans un projet progressiste 3 fonctions qu'elle a peu à peu perdues :

  • Donner à voir et à critiquer, apprendre à distinguer savoir et certitudes ;

  • Transmettre une histoire et une mémoire, inscrire la réflexion du jeune citoyen dans une épaisseur temporelle pour en retirer les leçons ;

  • Apprendre des relations sociales plus distanciées, apprendre la nécessité de l'arbitrage entre son intérêt particulier et l'intérêt général, et in fine être capable de comprendre l'abstraction du politique.

De la crise de l'éducation à la casse de l'éducation 

Dans un monde de plus en plus complexe, nous devons permettre à chacun de se doter des meilleurs outils pour comprendre. Certains voudraient que l'école se réduise à ses fondamentaux : lire, écrire compter. D'autres souhaiteraient ne lui assigner qu'une finalité économique. L'enjeu est aujourd'hui tout autre. L’éducation a pour mission d'émanciper des déterminismes culturels, économiques et sociaux, et de favoriser, par l'esprit critique et les capacités d'expression, une perpétuelle et large autonomie des individus. Il s'agit de doter les citoyens d'outils pour analyser et comprendre le monde.

L’école laïque doit prendre en compte ce nouveau contexte. Il s'agit de promouvoir sans concession l'esprit critique face aux diffusions du modèle consumériste. À la fin du XIXème siècle, il fallait libérer les consciences des prêches du dimanche. Aujourd'hui il est nécessaire de les libérer des nouveaux prêcheurs de la tranche horaire 19h00-21h00. Impulser une mobilisation des consciences, s'interroger sur la marche du monde, sur le devenir de chacun plus que sur la mise en concurrence des marques et des logos : voilà aujourd'hui l'enjeu que doit relever l'éducation.

Les autoritarismes se satisfont toujours de l'inculture et du développement de sous-cultures à défaut d'endoctrinement. Il n'y a de citoyens qu'instruits et donc critiques. Pour avancer sur ce terrain, au regard de la politique menée depuis 6 ans par la droite (notamment sous les ministères Robien et Darcos) et aux vues du projet de société développé par le président Sarkozy, nous voyons déjà se profiler une école dont le seul objectif serait désormais utilitariste sans aucune autre ambition que de faire des écoliers de futurs consommateurs et de futurs salariés exploités soumis docilement à la précarité.

Télécharger l'intégralité de la contribution thématique

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30 juin 2008 1 30 /06 /juin /2008 10:45

Plus de 1000 socialistes à la Sorbonne pour préparer les Reconquêtes

PARIS, 28 juin 2008 (AFP) - Benoit Hamon et Henri Emmanuelli ont appelé, samedi à la Sorbonne, au “rassemblement” de la gauche pour mener d’ici à 2012 “le combat” contre “tout le travail de casse du modèle social et des libertés mis en oeuvre par la droite” et pour “la reconquête du pouvoir”.

Dans un amphithéatre comble, les 2 chefs de file du Nouveau parti socialiste (NPS) ont présenté leur contribution au prochain Congrès du PS pour “reprendre le terrain abandonné à la droite, et revenir sur le cycle le plus important, depuis longtemps, de régression sociale et démocratique”, selon Benoit Hamon. Citant la réduction du temps de travail, les retraites, le droit de grève, la rétention de sûreté, la “mise au pas des médias” et le retour dans le commandement intégré de l’OTAN “sans débat parlementaire”, le jeune eurodéputé a fustigé la politique de Nicolas Sarkozy. “Il est temps que nous replacions notre combat à l’échelle de la reconquête des esprits, des coeurs, et sans doute des consciences des Français”, a-t-il lancé. Et d’avertir qu’au Congrès de Reims, le NPS n’entend pas “se contenter de témoigner, de figurer” mais veut “bien au contraire essayer de s’inscrire dans une démarche de reconquête du pouvoir”. “L’objectif n’est pas d’être à l’aile gauche du parti socialiste, l’objectif c’est que le parti socialiste reste un parti de gauche”, a déclaré M. Emmanuelli lors de cette réunion publique à laquelle participaient Laurent Fabius, Marylise Lebranchu et le politologue Emmanuel Todd. “Il faut dès ce Congrès changer de majorité, pour pouvoir construire l’alternative à cette ligne qui nous a fait échouer” à 3 élections présidentielles, a ajouté M. Hamon, car c’est à Reims “que se joueront les conditions du retour de la gauche au pouvoir”.

consultez et signez la contribution générale "Reconquêtes" sur www.reconquetes.eu

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27 juin 2008 5 27 /06 /juin /2008 11:24

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26 juin 2008 4 26 /06 /juin /2008 10:13

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