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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube.
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Gauche Républicaine & Socialiste

25 juin 2008 3 25 /06 /juin /2008 14:26
Gilles Bernheim, le pari d'un judaïsme ouvert
LE MONDE | 25.06.08 | 14h52  •  Mis à jour le 25.06.08 | 14h52

e nouveau grand rabbin de France est un "bosseur". Quand, à la fin de la classe de seconde, il se retrouve dans une yeshiva de Nétivot, une ville champignon plantée aux portes du désert du Néguev, au sud d'Israël, le jeune Gilles Bernheim "bosse comme un fou" pour être au niveau. Lorsque, plus tard, il mène de front des études rabbiniques et des études de philosophie, il "bosse" tard le soir et "apprend à peu dormir". A 24 ans, inscrit deux ans dans un kollel (école talmudique pour hommes mariés) à Jérusalem, il doit encore et toujours "bosser" pour satisfaire son maître d'alors, un vieillard lituanien qui mourra sous ses yeux, en pleine leçon.

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Ce goût de l'étude et de l'écriture a fait de ce quinquagénaire savoyard passionné de ski l'un des intellectuels les plus en vue du rabbinat de France. Ses parents, Alsaciens originaires d'Europe de l'Est, l'auraient plutôt vu médecin ; lui-même a songé devenir professeur de géographie. Mais l'éducation orthodoxe qu'il a reçue et les rencontres successives avec des rabbins ou des enseignants "lumineux et attentifs" l'ont encouragé dans la voie rabbinique. "J'ai côtoyé un rabbin qui faisait du théâtre ; j'ai alors compris que l'on pouvait devenir rabbin sans abandonner ses passions d'enfant", explique ce sportif, pour qui aujourd'hui encore "godiller dans la poudreuse reste aussi naturel que respirer".

Son père, commerçant en bois, "montagnard peu érudit", et sa mère, enseignante de mathématiques, "cérébrale et cultivée", étaient de stricts observants. Raison pour laquelle ils se sont installés à Aix-les-Bains, ville de Savoie qui constituait dans les années 1950 un centre juif orthodoxe réputé. "Mon frère et moi étions scolarisés dans l'enseignement public. Le samedi, nous allions à l'école, mais nous restions les bras croisés", se souvient-il, joignant le geste à la parole. "Pour nous conformer aux règles du shabbat, nous n'avions le droit ni d'écrire ni de porter quoi que ce soit", explique-t-il dans un sourire. Seuls les jours de Kippour (jour du Pardon) et de Rosh Hashana (Nouvel An) étaient chômés pour les petits Bernheim.

Le futur rabbin naît donc à Aix-les-Bains, où il vit jusqu'à l'âge de 14 ans, année de la mort de son père et de la première cassure dans une vie qui en connaîtra d'autres, aussi douloureuses. "On dit souvent que je suis froid et distant, mais j'ai traversé des choses dures", explique sobrement le grand rabbin. "Ces épreuves m'ont jeté dans les études et donné une capacité d'écoute aux difficultés des autres. Je vois comme une parole thérapeutique dans le commentaire talmudique que je livre lors de mes enseignements", théorise le religieux marié à une psychanalyste, tout aussi pratiquante que lui, mère de ses quatre enfants.

Le ton cassant qu'il adopte parfois, tout en dévisageant son interlocuteur d'un regard bleu pâle et appuyé, a aussi contribué à forger auprès de ses détracteurs une réputation d'arrogance qu'il semble ne pas comprendre. La précision qu'il demande en toute chose, son souci de comprendre et d'être compris, sa manière de chercher dans un silence le mot juste, puis d'énoncer une idée d'une traite dans une diction impeccable n'incitent pas à l'approximation.

"Il intellectualise tout à l'excès", jugeait son concurrent Joseph Sitruk quelques jours avant l'élection au grand rabbinat. "Il ne nous trouve pas assez cultivés à son goût", regimbe un rabbin, qui préfère garder l'anonymat. "Je travaille avec les gens en fonction de leurs vertus et de leurs compétences", précise, lapidaire, le grand rabbin. Le cardinal Philippe Barbarin y voit, lui, une qualité : "Il ne fait jamais dans la démagogie." L'archevêque de Lyon, avec qui il a cosigné un ouvrage Le Rabbin et le Cardinal (Stock, 2007), souligne "les qualités intellectuelles de cette belle figure d'humanité, attentif à la vie sociale, homme de Dieu, de prières et d'études".

Le respect des rites et de la loi juive est central dans la vie de Gilles Bernheim. Aussi les attaques sur son supposé "libéralisme" en matière religieuse l'agacent-elles au plus haut point. "Dans le judaïsme, un libéral est quelqu'un qui suit moins qu'un orthodoxe les commandements juifs : ce n'est pas mon cas", insiste le rabbin. Durant la campagne qui l'a opposé au grand rabbin Joseph Sitruk, il a dû sortir de sa réserve naturelle, "prouver" son orthodoxie, celle de sa femme, "qui porte une perruque du matin au soir", de ses enfants, "qui ont tous suivi une année d'études de la Torah avant de commencer leurs études" et dont deux vivent en Israël. Il a dû redire que les conversions "généreuses" du courant libéral, qui se montre moins regardant sur la filiation des convertis, butaient de toute façon "sur la loi religieuse". "Est juif celui qui a une mère juive", défend-il en toute orthodoxie, au risque de décevoir les familles mixtes, de plus en plus nombreuses, dont certains membres restent exclus du judaïsme. Joseph Sitruk lui-même a reconnu que "le débat n'(était) pas là". "Pour certains juifs, est libéral celui qui est cultivé, celui qui ne pense pas à Dieu toute la journée et qui a d'autres curiosités", regrette Bernheim l'érudit, qui ne partage évidemment pas cette conception.

Une frange de la communauté lui a aussi reproché de trop en faire dans le dialogue avec les chrétiens. Sur ce sujet-là aussi, le rabbin posé est capable de sortir de ses gonds. "Pour moi, le dialogue judéo-chrétien est une discussion pied à pied sur la résurrection, la christologie. Mais le fait est que beaucoup de rabbins pensent encore que Jésus est un hérétique qui méritait la mort", déplore celui qui persiste à dire que, "sur les trente-trois premières années de Jésus, il n'y a rien d'irréparable entre juifs et chrétiens ; ce sont ses deux derniers jours et après qui nous éloignent pour toujours". En dépit des critiques, celui qui est aussi le vice-président de l'Amitié judéo-chrétienne de France assure qu'il continuera sur cette voie, convaincu qu'"un axe intelligent de dialogue entre juifs et chrétiens" doit servir d'exemple à l'islam, dont "le pire ennemi est l'islamisme".

Mais c'est bien une voix juive qu'il souhaite faire entendre, dans la communauté comme à l'extérieur. En philosophe et en talmudiste rompu à l'argumentation, le nouveau grand rabbin ne devrait pas se priver d'intervenir dans les débats de société. "Ce n'est pas parce que les rabbins sont contre l'euthanasie ou le pacs que nous devons considérer leurs partisans comme des ennemis mortels. Au contraire, c'est à ceux-là qu'il faut que je donne à penser", explique le religieux. La pensée, moteur infatigable du grand rabbin-philosophe.


Stéphanie Le Bars

Parcours

1952
Naissance à Aix-les-Bains (Savoie).

1978
Début d'exercice rabbinique auprès des étudiants à Paris.

1997
Nommé rabbin de la synagogue de la Victoire à Paris.

2002
Publie "Le Souci des autres. Au fondement de la loi juive", chez Calmann-Lévy.

2008
Elu le 22 juin grand rabbin de France.

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24 juin 2008 2 24 /06 /juin /2008 12:36

Cher-e-s ami-e-s,

Cher-e-s camarades,

Les mois à venir vont être pour notre parti l’occasion de définir une offre politique qui combine la capacité à ramener la gauche au pouvoir en 2012 avec celle de répondre aux désordres du monde.

Pouvons nous lever cette espérance en restant fidèle à nos valeurs et crédibles dans nos promesses ? Oui à condition d’anticiper l’avenir avec les clés de notre temps.

Nous vivons un renversement de cycle. Les crises alimentaires, énergétiques, climatiques et financières mondiales appellent partout davantage de régulation, d’intervention publique et de maîtrise des échanges. Simultanément la sociale démocratie européenne connaît une série de défaites inédite (13 échecs en 15 élections nationales depuis juin 2006).

Nous n’acceptons pas que le passé de la social-démocratie constitue l’avenir du parti socialiste français. La victoire de la gauche aux élections locales, et tout particulièrement dans le Val d'Oise, de mars 2008 ne saurait masquer ses défaites lors des trois derniers scrutins présidentiels et deux dernières élections législatives – à ce titre souvenons-nous que nos résultats de juin 2007 n'ont rien de satisfaisants, nous avons perdu un siège sur les deux que nous tenions dans le département quand le Parti socialiste augmentait lui sa représentation législative. La gauche va-t-elle se satisfaire d'être une force politique d'élections intermédiaires et se contenter d'une «cohabitation territoriale» laissant l'État à la droite ? Les collectivités gérées ont-elles réellement les moyens de corriger les régressions imposées par le gouvernement ? S'en remettre à cette hypothèse, n'est-ce pas masquer une incapacité politique et culturelle à proposer aujourd'hui une alternative réelle à la politique de la droite ? Avec tout le respect que nous portons à nos élus et au travail formidable qu'ils mènent dans les collectivités (et aujourd'hui au conseil général) – et auxquels plusieurs d'entre nous participent – avec l'appui des militants et du professionnalisme des agents territoriaux, soyons honnêtes entre nous, ce n'est pas l'addition des projets municipaux et départementaux – aussi ambitieux soient-ils – qui fondera la base du projet alternatif qui nous devons soumettre aux Françaises et aux Français.

Nos concitoyens, les militants du parti, attendent un message d’espoir face aux atteintes portées par la droite au pacte républicain et au contrat social. Il nous appartient d’ouvrir une voie dans le désenchantement imposé par cette pensée dominante qui souhaite nous voir résignés à la fin du progrès et contraints au temps des sacrifices. C’est parce que nous savons le monde complexe et l’avenir incertain que nous n’avons pas le droit de réduire notre congrès au choc des ambitions personnelles dont on ne distingue pas les différences politiques majeures.

Antonio Gramsci définissait la « crise » comme le moment où « le vieux est mort et le neuf hésite à naître ». Cependant le sens du « neuf » n’est pas déterminé. Si nous ne savons plus rassembler les classes populaires et moyennes, celles qui vivent en ville comme en milieu rural et réunir les générations autour d’un projet collectif l’avenir de la gauche est incertain. « Reconquêtes », veut participer à cela.

L’élection de Nicolas Sarkozy est l’aboutissement d’une défaite culturelle de la gauche. Notre responsabilité est d’anticiper la France de l’après-Sarkozy, une France où les inégalités sociales se seront creusées et où les instruments de régulation et de redistribution seront affaiblis.

Il est temps aujourd’hui pour les socialistes de forger les idées et les outils qui nous permettront de conduire demain des politiques à la hauteur de nos ambitions : en un mot, d’inventer une politique qui remette le progrès au service de l’humanité.

La modernité, c’est anticiper le post-libéralisme et construire la gauche du XXIe siècle.

Notre démarche est ouverte. Elle ambitionne de dépasser les frontières de camps préexistants. Elle n’est précédée d’aucun préalable. Elle aspire à forger les outils des Reconquêtes sociales, politiques et intellectuelles qui permettront à la gauche de lever un nouvel espoir.


C’est ce qui nous amène aujourd’hui à prendre contact avec nous autour de la contribution « Reconquêtes », afin de débattre avec toi de notre démarche et de son contenu. Tu peux également appuyer notre démarche en rejoignant la liste de signataires.

Enfin nous souhaitons pouvoir compter sur ta présence lors du rassemblement national « Reconquêtes » à Paris – amphithéâtre Richelieu, université de la Sorbonne – toute la journée du 28 juin prochain :

  • 10h : accueil et introduction de la journée

  • 10h15-12h30 : Débats en ateliers autour de la contribution «Reconquêtes» - Immigration et développement - Le libre échange en question - Action publique et redistribution - Diversité et discriminations - La 6ème république

  • 14h-16h : Les grands oraux du changement - Emmanuel Todd : Que dire du libre échange ? - Laurent Fabius : Quelle place pour l’action publique ? - Marylise Lebranchu : Quelle redistribution ? - Arnaud Montebourg : Quelle politique étrangère ?

  • 16h-17h : Meeting avec Benoît Hamon et Henri Emmanuelli

Amitiés socialistes,

Charlotte Brun, adjointe au maire d'Écouen, conseillère régionale, conseil national – Frédéric Faravel, secrétaire de section de la plaine de France, bureau fédéral, bureau du comité régional du PS – Xavier Morin, conseiller municipal d'Argenteuil, trésorier de la section, bureau fédéral – Adélaïde Piazzi, 1ère adjointe au maire de Montmorency, secrétaire de section de Montmorency, bureau fédéral

Joshua Adel, bureau fédéral des adhésions (Sannois) – Patrick Bauer, trésorier de section (Saint-Gratien) – Nadjet Boubekeur, conseil fédéral (Villiers-le-Bel) – Fanny Boyer, conseillère municipale et secrétaire de section (Le Plessis-Bouchard) – Sylvie Colley-Fromentel, suppléante au conseil fédéral (Cormeilles) – Farid Echeikr, adjoint au maire de Fosses (plaine de France) – Cécile Escobar, adjointe au maire, conseil fédéral (Cergy) – Bernard Mathonnat, commission fédérale de contrôle financier (Jouy) – Michel Renou, secrétaire de section (L'Isle-Adam/Parmain) – Patrice Richard, adjoint au maire, secrétaire de section (Gonesse) – Fabien Roussel, adjoint au maire, bureau fédéral des adhésions (Eaubonne) – Abdelkader Slifi, adjoint au maire (Argenteuil) – Michèle Taiclet, conseillère municipale (Jouy) – Jimmy Zé, conseiller municipal, commission fédérale des conflits (Éragny)…


Contacts : Frédéric Faravel – 06 79 67 98 52 – rlg95@voila.fr http://reinventerlagauche95.over-blog.org


Contribuer, débattre, signer la contribution sur www.reconquetes.eu


Inscriptions pour la journée du 28 juin au
01 40 63 15 11 et sur www.reconquetes.eu

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20 juin 2008 5 20 /06 /juin /2008 15:05
Nos quartiers ont besoin d'un vrai projet et non d'espoir... Fadela Amara vient de nous présenter sous le patronnage de François Fillon et Nicolas Sarkozy à Meaux, n plan "quedal" ("misérable") plutôt qu'un plan "marshall".

Une fois de plus, des mesures partielles qui recyclent d'anciennes recettes : contrat d'autonomie, création d'entreprises, police de quartier... et qui ne permettront pas d'inverser la tendance dans les quartiers. Beaucoup de réchauffé dans ce plan : l'interministérialité présentée comme une solution neuve alors qu'elle date de 1988.
Et d'autres mesures qui sont inquiétantes car elles  risquent d'accroître les inégalités, de renforcer la "ghettoïsation" des écoles des quartiers (cf. le busing)

La crise que connaît l'Etat se manifeste plus fortement dans les quartiers populaires que partout ailleurs. Ce ne sont pas quelques mesurettes ponctuelles et ciblées sur ces quartiers qui vont permettre de remédier à cette crise, mais un vrai projet de société qui n'oppose pas les gens les uns contre les autres, qui ne méprise pas les pauvres, qui décide réellement de réduire les inégalités qui se creusent et inexorablement, qui permettent une réelle solidarité et une politique de développement pour tous.

Et en particulier, d'urgence
- une école dotée de moyens, de professeurs qualifiés et motivés qui soit attractive pour tous et non l'école que nous avons aujourd'hui que les parents d'élèves évitent en inscrivant leurs enfants en école privée ou en école hors du quartier.
- une véritable politique locale de l'emploi, qui permette aux strucutres mises en place d'agir dans la durée (plie, maison de l'emploi).
- une fiscalité locale rénovée...

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18 juin 2008 3 18 /06 /juin /2008 10:49
Le prochain congrès de Reims s'annonce dans des conditions assez mauvaises.
En effet, loin de favoriser le débat, nous avons vu les médias et les principaux leaders médiatiques du Parti s'enfoncer dans un affrontement de personnes qui n'a rien de salutaire.
Quel est l'intérêt de l'affrontement entre Bertrand Delanoë et Ségolène Royal, qui - peu ou prou - défendent les mêmes orientations ? On dira que Bertand est plus libertaire et Ségolène plus autoritaire... que Bertrand refuse pour le moment l'alliance au centre que prône Ségolène... bon...
Mais sur l'essentiel, sur les enjeux sociaux et économiques que doivent affronter les socialistes pour redevenir crédibles, sur le projet de société, ils défendent la même intuition, celle d'un social-libéralisme, d'une troisième voie qui ne cesse aujourd'hui de montrer ses limites politiques et électorales, alors même que partout dans le monde le néo-libéralisme et la pertinence des choix politiques qu'il induit commencent à être sérieusment remis en cause, face à leur inefficacité à répondre aux quatre crises majeures (énergétique, alimentaire, climatique et financière) que la mondialisation affronte aujourd'hui.

Une partie de la gauche du Parti socialiste a cherché à dépasser des clivages impertinents ; d'un côté, les proches de Laurent Fabius et de Martine Aubry se sont concertés avec Arnaud Monterbourg et Socialisme & Démocratie pour réfléchir aux conditions nécessaires pour la remise au travail du PS, à travers l'initiative des Reconstructeurs. De l'autre, NPS proposera avec Benoît Hamon une contribution générale - Reconquêtes - axée sur le fonds des dossiers politiques. Liennemann et Vidalies vont travailler à une contribution sur le rassemblement de la gauche. Mélenchon semble lui vouloir enfermer la gauche dans une tour d'ivoire...
Ces camarades ont vocation à terme à se rassembler. Mais cette perspective pourrait bien être mise à mal par plusieurs facteurs, dont le plus important est la manoeuvre en sous-main de François Hollande pour que le PS évite une nouvelle fois de trancher les débats qui le méritent.

Le Premier secrétaire sortant va publier avec Julien Dray et Philippe Doucet (maire et conseiller général d'Argenteuil) une contribution générale dont la vocation est avant tout de structurer enfin autour de lui une sensibilité capable de le porter à la désignation comme candidat socialiste à l'élection présidentielle en 2012 (qui a parlé de fond ?). D'un autre côté, il suscite une contribution des grands barons locaux du socialisme (Feltesse, Collomb, Guérini) ayant pour vocation de figer une partie de la droite du PS et éviter un ralliement sans condition aux sirènes de Bertrand Delanoë.
Quelle est la raison profonde de tout cela ? Le hollandisme comme méthode de management politique l'explique pour tous ceux qui n'auraient pas bien retenu les leçons de ses 11 ans de premier secrétariat. Encore une fois, François Hollande et son ami Julien Dray travaillent main dans la main à la constitution d'une majorité informe et politiquement molle pour éviter tout affrontement de personnes mais surtout d'idées au prochain congrès du PS. L'initiative des grands élus vise à décourager Bertrand Delanoë sur ses capacités à mener à bien son initiative de centre-gauche, la contribution générale Hollande-Dray vise à neutraliser Moscovici, une partie des fabiusiens et les amis de Martine Aubry pour tenter de leur vendre une future motion majoritaire rassemblant tous ceux-là avec Delanoë sous la férule de Dray contre Ségolène Royal d'un côté et la gauche du PS de l'autre.
Bref que Martine Aubry, Socialisme & Démocratie et une partie des fabiusiens abandonnent l'idée d'un débat de fond et d'un PS au travail jusqu'en 2012.
Le dire, l'écrire pourraient déjà être une manière de circonscrire ces manoeuvres.

Frédéric Faravel

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18 juin 2008 3 18 /06 /juin /2008 08:43
35H: à Paris, les socialistes brillent par leur absence
17/06/2008 18h40 - SOCIAL-MANIFESTATIONS-35H-PARTIS-PS - Monde (FRS) - AFP

PARIS, 17 juin 2008 (AFP) - Promoteurs de la réduction du temps de travail, les responsables socialistes brillaient par leur absence dans le cortège syndical parisien pour la défense des 35 heures, en dépit d'un appel du PS à participer "massivement" aux manifestations.

Comme d'habitude, seule la gauche du parti, avec ses têtes d'affiche, s'était déplacée entre Bastille et les Grands boulevards pour la journée d'action intersyndicale (CGT, CFDT, FSU et Solidaires).

Il s'agissait pourtant de défendre "la réforme la plus emblématique de la gauche", commentait sur place l'eurodéputé Benoît Hamon, dépité - comme le député des Landes Henri Emmanuelli et le sénateur de l'Essonne Jean-Luc Mélenchon - devant la "désertion" des socialistes.

Celle-ci était d'autant plus visible que, leur secrétaire nationale Marie-George Buffet en tête, les communistes étaient au côté du mouvement social, arborant le badge de leur parti.

En queue de cortège, une quarantaine de militants du MJS, l'organisation de jeunesse du PS, ont fait ce qu'ils ont pu pour sauver l'honneur socialiste, comme deux des adjoints au maire de Paris, Bruno Julliard, ex-président de l'UNEF, et Pascal Cherki, proches de M. Emmanuelli.

Il y a juste 2 semaines, le Bureau national du PS avait appelé à participer "massivement" aux manifestations. La veille, un porte-parole avait laissé prévoir la venue de parlementaires, sans écarter une courte apparition du premier secrétaire François Hollande.

Benoît Hamon ne voyait là qu'"hypocrisie". Pour Jean-Luc Mélenchon, la direction du PS considère les manifestants comme "des pions sur un échiquier".

Au groupe socialiste à l'Assemblée nationale, on expliquait qu'il était "très rare" que des parlementaires se joignent aux cortèges syndicaux. Cette pudeur n'avait pas été de mise, cependant, au printemps 2006, au plus fort des manifestations anti-CPE, en présence de MM. Hollande et Delanoë, entre autres.

"On abandonne les gens. On mérite notre sort, parfois. Il est temps que ça change au PS !", s'agaçait Benoît Hamon, critiquant "ces socialistes qui occupent les médias pour parler d'eux". "Je suis heureux que les salariés se mobilisent mais je ne peux m'empêcher d'avoir une pointe de tristesse", ajoutait l'ex-collaborateur de Martine Aubry dans les années 1997-2000.

De passage à Paris mardi, Mme Aubry, la "dame des 35 heures", n'était pas là non plus.

Venu "recharger les batteries", M. Mélenchon disait en avoir "marre". "Les gens ont l'impression que le PS n'est pas là. Et c'est à moi que les manifestants demandent des comptes !", soupirait l'ancien ministre, appelant les partis de gauche "à donner un coup de main beaucoup plus fort au mouvement social".

M. Emmanuelli souhaitait "qu'à l'Assemblée nationale, on mène un combat exemplaire contre cette régression totale" que représente selon lui la fixation de la durée du travail entreprise par entreprise. "Si le PS échoue à mobiliser toutes ses forces, je crains des lendemains difficiles pour lui", prédisait ce grognard du mitterrandisme.

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17 juin 2008 2 17 /06 /juin /2008 12:24

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17 juin 2008 2 17 /06 /juin /2008 09:44
et celle du Parti socialiste en particuliers...

Pour éclairer ses choix, le citoyen ne doit pas simplement être en mesure de comprendre le monde qui l’entoure, il doit inscrire sa réflexion dans un cadre de référence idéologique, à un projet de société. Telle était la fonction des partis. Mais de plus en plus confinés à un rôle de sélection des candidats, ils ont perdu une part de leur mission de construction de projets d’avenir à partir de repères idéologiques identifiés. Transformés en machines électorales, ils risquent de perdre leur substance militante. Ainsi se confirmeraient les intuitions formulées par Robert Michels (sociologue d’origine allemande, 1876-1936) sur l’existence d’une tendance « traditionnelle » des partis à développer au sein même des démocraties des caractères oligarchiques.


De fait, les militants d’origine populaire se font rares, ce qui s’explique aussi par la généralisation, au sein du PS, d’une "culture du débat" pourtant positive mais qui valorise avant tout la réflexion collective et la "libre expression" - peu spontanée - des militants. Or cette "intellectualisation", en faisant appel aux ressources culturelles personnelles, en technicisant le débat et en dévalorisant le rapport populaire au parti, fait de remise de soi et de loyalisme, favoriserait la relégation des militants les plus modestes. On touche là une autre contradiction difficilement dépassable des différents partis de la gauche : le monde et la politique se complexifie mais, face à cela et face à la généralisation de la « culture du débat » qui marque une avancée démocratique indéniable et qui n’a pas d’équivalent dans les autres partis français ou européens, le Parti socialiste n’a mis en place aucune structure de formation adaptée (à la différence du PCF des années 1950) à son public populaire ou moyen et à la hauteur des attentes politiques ; le loyalisme n’est pourtant pas l’apanage des militants issus des milieux populaires qui seraient par ailleurs déstabilisés par la "culture du débat", depuis 1946 aucune majorité dirigeante socialisme n’a directement été remise en cause par sa base, le légitimisme atteint une forte proportion des débatteurs et technocrates de section, ce qui permet de s’interroger sur la profondeur d’un certain nombre de débats tenus dans le PS.

Ce sont les pratiques les plus ordinaires du militantisme (tractage, collage) qui sont dévalorisées (et la vague d’adhésion et la campagne présidentielle n’ont pas invalidé malheureusement cette conclusion) mais aussi les dimensions collectives et identitaires de l’appartenance partisane (nuits de collage d’affiches, fêtes de sections) qui se perdent. Étonnamment, le PS semble tolérer, voire encourager, un militantisme distancié - et plus encore depuis quelques mois. La conséquence en est que la dimension cynique des comportements prend une place prépondérante au sein du parti, où le militant est un loup pour le militant. Un univers « hobbesien » donc, où l’on "ne s’aime pas, ou peu, et où rapporter les prises de positions des militants aux positions dans l’espace partisan relève d’un quasi-réflexe. Le cynisme en politique ne date pas d’aujourd’hui, mais la nouveauté est que la concurrence touche toute la communauté militante, du sommet jusqu’à la base, et que la "lutte pour les places", contrairement à d’autres milieux militants y est peu déniée. Mais malgré cela, le Parti socialiste, et même au-delà à gauche, rencontre les plus grandes difficultés à se renouveler, à renouveler ses candidats, à rajeunir ses cadres, à s’identifier à la population dont on brigue les suffrages. Les candidatures de jeunes militants sont découragées, la parité est régulièrement utilisée par les élus quinquagénaires ou sexagénaires blancs pour écarter les jeunes hommes ou les jeunes femmes dont les qualités et les ambitions pourraient gêner à court terme. Alors que Tony Blair - qui n’est pour nous absolument pas un modèle idéologique - a quitté l’année dernière le pouvoir, à 54 ans : qui ne constate pas que c’est à cet âge (ou plus vieux encore) que les leaders de la gauche prétendent eux accéder aux responsabilités ! Qui n’a pas vu que ceux, qui sont venus expliquer sur les plateaux des télévisions et des radios en 1995 et 2002 les raisons de nos défaites et leurs propositions pour la rénovation de la gauche, étaient à nouveau présents sur ces mêmes plateaux pour tenir les mêmes propos le 6 mai 2007 !

Ce sont les liens rompus avec l’ensemble des réseaux sociaux et la faible implantation du PS qui accroissent la volatilité de l’électorat socialiste, condamnant le PS à faire fluctuer sa ligne idéologique. Cela éclaire aussi les raisons de l’usage intensif des sondages si déterminant dans la désignation interne du candidat socialiste en novembre 2006 : Faute de réseaux puissants irriguant la société, les élites socialistes - et toutes tendances ou sensibilités confondues - sont de fait conduites à s’appuyer sur des formes de production non "mobilisée" de l’opinion publique comme les sondages. Les sondages suscitent de vifs débats. La controverse a plusieurs versants dont le principal concerne leur validité comme outil de mesure de l’opinion publique. Selon certains, ils ne sont qu’un artefact. Ainsi, dans un article resté célèbre, Pierre Bourdieu déclare que « l’opinion publique n’existe pas ». Cette critique repose sur plusieurs arguments :
- Les sondages interrogent les gens sur des questions qu’ils ne se posent pas. On leur impose donc une problématique ;
- La situation d’enquête est une injonction à formuler un avis. Par exemple, si on vous interroge sur l’extension des compétences de la CSCE, il se peut que vous n’ayez aucun avis, ou que vous ignoriez ce qu’est la CSCE. Dans tous les cas, il sera plus légitime et plus pratique de donner une réponse, que d’avouer votre ignorance ou votre indifférence ;
- Les réponses données seront d’autant plus artificielles qu’elles sont formulées sans enjeu réel pour les enquêtés. Ainsi s’expliquent les écarts entre les sondages préélectoraux et les résultats effectifs ;
- Alors que l’opinion est l’expression collective de groupes, de rapports sociaux, de jeux d’acteurs, etc., les sondages en font une simple addition de réponses individuelles ;
- L’agrégation statistique des jugements individuels revient à postuler que toutes les opinions se valent. C’est faire fi du fait que certaines personnes ou certains groupes ont plus de motivation et d’influence que d’autres.

Ainsi, selon cette approche, les sondages créent de toutes pièces une opinion factice et trompeuse : la « vraie » opinion est celle qui s’exprime collectivement dans un champ de forces sociales. Et ce n’est sans doute pas non plus un hasard si la vision socialiste minore de fait et de plus en plus toute conflictualité sociale pour se nourrir avant de travaux sociologiques sur l’individu et les valeurs post-matérialistes (François de Singly, Marcel Gauchet) - et ce en contradiction flagrante avec l’objet des partis de gauche - qui dessinent des individus "entrepreneurs de leur propre vie", selon l’expression d’Alain Ehrenberg qui fait florès.

 

Frédéric Faravel

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16 juin 2008 1 16 /06 /juin /2008 15:56
La présentation de la contribution générale "Reconquêtes" change de lieu : elle se déroulera finalement à La Sorbonne.

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13 juin 2008 5 13 /06 /juin /2008 13:52
contribution à la partie II.1.a de la contribution générale "Reconquêtes" :

De la crise de l'éducation à la casse de l'éducation :

Dans un monde de plus en plus complexe, nous devons permettre à chacun de se doter des meilleurs outils pour comprendre. Certains voudraient que l'école se réduise à ses fondamentaux : lire, écrire compter. D'autres souhaiteraient ne lui assigner qu'une finalité économique. L'enjeu est aujourd'hui tout autre.

L'éducation a pour mission d'émanciper des déterminismes culturels, économiques et sociaux, et de favoriser, par l'esprit critique et les capacités d'expression, une perpétuelle et large autonomie des individus. Il s'agit de doter les citoyens d'outils pour analyser et comprendre le monde. Repenser la laïcité s'inscrit dans cette optique. Cette laïcité s'inscrit dans un contexte nouveau et doit donc être renouvelée : il s'agit de promouvoir sans concession l'esprit critique face aux diffusions du modèle consumériste. À la fin du XIXème siècle, il fallait libérer les consciences des prêches du dimanche.

Aujourd'hui n'est-il pas nécessaire de les libérer des nouveaux prêcheurs de la tranche horaire 19h00-21h00 ? Impulser une mobilisation des consciences, s'interroger sur la marche du monde, sur le devenir de chacun plus que sur la mise en concurrence des marques et des logos : voilà aujourd'hui l'enjeu que doit relever l'éducation.

L'école doit retrouver dans un projet progressiste, socialiste et démocratique trois fonctions essentielles qu'elle a peu à peu perdue :

  • elle doit donner à voir et à critiquer, elle apprend à distinguer savoir et certitudes, elle apprend le doute ;

  • elle doit transmettre une mémoire et une histoire,des modes culturelles, et permet au jeune citoyen d'inscrire la réflexion dans une épaisseur temporelle pour en retirer les leçons du passé ;

  • elle doit former un espace « fictif » à l'image de la société politique elle-même pour permettre à l'enfant de comprendre et de maîtriser l'abstraction de la société politique.


Les autoritarismes se satisfont toujours de l'inculture et du développement de sous-cultures à défaut d'endoctrinement. Il n'y a de citoyens qu'instruits et donc critiques. Pour avancer sur ce terrain, au regard de la politique menée depuis 6 ans par la droite (notamment sous les ministères Robien et Darcos) et aux vues du projet de société développé par le président Sarkozy, nous voyons déjà se profiler une école « républicaine » (de nom seulement) dont le seul objectif serait désormais utilitariste sans aucune autre ambition que de faire des écoliers de futurs consommateurs et de futurs salariés exploités soumis docilement à la précarité.

En ce sens, la suppression de la carte scolaire - prônée jusque dans nos rangs - nous inquiète : elle ne va pas permettre d'avancer vers la mixité sociale, bien au contraire. Certes, le système actuellement en vigueur est injuste et largement détourné par les privilégiés. Mais on pouvait imaginer de réformer la carte scolaire sans la supprimer. Il serait en la matière peut-être utile que les instances régionales des conseils économiques et sociaux soient saisies de cette question et proposent un redécoupage des secteurs scolaires permettant une vraie mixité sociale : en associant par exemple des centres-ville et des banlieues, en développant des établissements sur des zones « frontalières », etc. On pouvait imaginer également une réflexion sur une politique de « bassins », plusieurs établissements (écoles, collèges et lycées) travaillant ensemble pour organiser la mixité sociale en leur sein.

Aujourd'hui, on se contente d'une suppression progressive qui va bénéficier à ceux qui sauront en profiter. Le plus inquiétant, c'est que les « bons » établissements font l'objet de très importantes demandes : on fait croire aux parents qu'ils vont pouvoir choisir leur établissement. En réalité, ce sont les établissements qui choisissent déjà les élèves.

Le système éducatif contribue à reproduire les inégalités existant dans la société : on assiste aujourd'hui à une stagnation, voire à une régression de la démocratisation de l'accès à l'enseignement et aux diplômes ! D'un côté, l'accès aux diplômes les plus prestigieux est de plus en plus réservé à une élite, qui détient un savoir « secret » ultra-discriminant, celui de « l'orientation » : elle sait quelles sont les bonnes filières, les bonnes classes préparatoires, les bonnes options. D'un autre côté, au moins 60 000 élèves sortent chaque année du système scolaire sans aucun diplôme.

Il faut s'attaquer au noyau dur des élèves en situation d'échec, en se donnant les moyens d'apporter à chaque problème que rencontre un élève une réponse adaptée. Certains tendent à penser qu'il existe des élèves « irréductibles » à l'acquisition des savoirs, qu'il faudrait exclure pour préserver les autres. Accepter cette fatalité, c'est renier l'exigence d'égalité. L'inégalité et l'acceptation du déterminisme commencent dans les têtes des enfants.

Le président de la République et le ministre de l'éducation ne cessent de dénoncer le pédagogisme dont ils affirment que Philippe Mérieu est le principal représentant. Cette stigmatisation n'a à nos yeux qu'un véritable objectif : écarter la vraie question, qui est « que fait-on des élèves qui ne veulent pas apprendre ? ». Les pédagogues n'ont cessé de poser cette question et le font encore obstinément. Le gouvernement actuel répond par des « y a qu'à » et « il faut que ». Il pense que s'intéresser à la mobilisation des élèves sur leurs apprentissages est de la démagogie et du temps perdu, alors que c'est la seule condition pour une véritable démocratisation. Si on ne traite pas de la question du désir d'apprendre, seuls ceux qui ont trouvé leur panoplie de bon élève au pied de leur berceau vont réussir à l'école. Sous prétexte de réalisme, la politique d'aujourd'hui tourne le dos à tous les acquis de la pédagogie. Elle est plus proche du formatage que de l'éducation, et si je devais souhaiter une chose, ce serait qu'on réhabilite le patrimoine et la formation pédagogiques dans tous les domaines. Célestin Freinet, Maria Montessori, Anton Makarenko, Lorenzo Milani, Pestalozzi, Oury, ont beaucoup de choses encore à nous apprendre. Si nous ne les écoutons pas un peu, nous allons vraiment sacrifier une génération d'élèves. Les méthodes qui ont « fait leurs preuves », ce sont eux qui les ont proposées et ce sont eux qu'il faut écouter.

Une réforme radicale des trois premières années de l'université est nécessaire. Aujourd'hui, l'université, pour beaucoup d'étudiants, c'est la jungle et le règne de la débrouille. Seuls quelques étudiants motivés et adaptés survivent. D'ailleurs, beaucoup d'entre eux préfèrent aller en classe préparatoire, en BTS ou en DUT, où ils ont le sentiment d'être mieux encadrés, mieux suivis, et mieux épaulés dans leur travail. Il faut donc penser une pédagogie totalement différente pour l'entrée à l'université, avec des petits groupes, des apprentissages méthodologiques, un tutorat systématique, des entretiens d'évaluation réguliers…

Reprendre l'offensive dans le monde enseignant :

Nous sommes donc convaincus qu'une réelle unité d'action doit se construire entre une gauche progressiste et l'ensemble des acteurs du milieu éducatif. En effet nous ne pouvons nous permettre de regarder se dégrader la situation et de constater les dégâts résultants des politiques de droite mais également agir par l'intermédiaire des organisations professionnelles et syndicales d'enseignants, des syndicats étudiants et lycéens, des mutuelles, des organisations de parents d'élèves mais nous devrons également agir en commun avec les mouvements d'éducation populaire pour ne pas baisser les bras concernant une population nombreuse qui a été quitté le milieu scolaire ou universitaire.

Attention à éviter certains faux débats… Nous ne sommes pas hostile a priori à la bivalence, dès lors qu'elle s'effectue sur la base du volontariat des professeurs. Un des problèmes majeurs des établissements du second degré aujourd'hui est la fragmentation des enseignements. L'élève n'a pas de vision globale des exigences de ses professeurs, et ces derniers ne constituent pas une véritable équipe susceptible d'assurer un suivi cohérent et une relation constructive avec les familles. Il faut penser des unités pédagogiques d'une centaine d'élèves, confiées à une douzaine de professeurs, qui y effectueraient la totalité de leur service. Ils jouiraient ainsi d'une liberté pour adapter leur enseignement aux élèves et pourraient être véritablement impliqués dans le fonctionnement de l'établissement. Concernant l'accès à la bivalence, il faut proposer aux enseignants une année sabbatique de formation en compensation de leur acceptation et de leur engagement à se former et à enseigner dans une deuxième discipline.

Le manque de reconnaissance sociale et financière des enseignants est très grave aujourd'hui. C'est l'une des principales raisons du malaise. Probablement a-t-on profité de la féminisation massive de ce métier pour ne pas trop en augmenter les salaires, ce qui est proprement scandaleux. Dans l'histoire pourtant, les professeurs n'ont guère été mieux payés qu'aujourd'hui. Mais ils jouissaient d'une estime sociale et d'un statut qui pouvaient compenser ce déficit financier. Par ailleurs, les difficultés du métier étaient moindres : aujourd'hui, on attend du professeur qu'il assume des fonctions qui ont été progressivement abandonnées par la religion, la collectivité et la famille. On attend de lui qu'il promeuve des valeurs qui sont radicalement contraires à celles de la publicité et des médias. On exige qu'il fasse réussir tous les élèves... Tout cela est, somme toute, une évolution logique sinon normale, mais qui nécessite de repenser la place de l'enseignant dans la société, la nature de ses missions, sa formation, et, bien évidemment, sa rémunération.

Il est par ailleurs désormais impératif de changer le système de recrutement pour mieux l'adapter à la réalité des écoles et des établissements. Pourquoi certains professeurs, parce qu'ils ont passé un concours plus difficile, auraient-ils moins d'heures de cours à effectuer, le plus souvent devant des élèves de centre-ville, et en étant plus payés. Il nous semble qu'il faut prendre en compte les difficultés réelles qui se posent sur le terrain et promouvoir la formation continue des enseignants. Dans ce cadre, l'agrégation pourrait être une promotion pour ceux et celles qui se sont beaucoup investis dans leur métier et ont mis en place des activités pédagogiques nouvelles et efficaces.

Par ailleurs, il faut sans doute réfléchir à l'équilibre, au sein des concours, entre les différentes épreuves. Les épreuves à caractère pédagogique sont insuffisantes et ne permettent pas vraiment de valider les compétences qui auraient été acquises dans ce domaine.

Renforcer l'éducation populaire :

Permettre à notre peuple de s’investir dans la construction de son avenir permet à la fois de le rendre partie prenante de ce projet mais aussi d’être acteur citoyen défendant l’intérêt général et mettant de côté tout intérêt particulier synonyme de division, d’individualisme, de communautarisme. Cette méthode est celle de l’éducation populaire qui s’inscrit dans une démarche républicaine.

Si l’éducation populaire peut se définir comme une pédagogie interactive où les individus sont acteurs de leur propre formation, elle est avant tout l’apprentissage de l’initiative, de la prise de responsabilité et de l’autonomie. Elle se propose de faire émerger, par des pratiques collectives de mise en situation, les ressorts, les potentialités inhérentes à chaque individu, à chaque groupe. En ce sens, l’éducation populaire incite à l’action collective, à la découverte de l’exercice du contre-pouvoir. Elle peut permettre à chacun de s’épanouir et de trouver sa place de citoyen. Elle permet à chacun(e) de progresser et de développer, à tous les âges de la vie, une réelle capacité à vivre en société.

L’éducation populaire n’est la propriété de personne ; au contraire, elle est disponible pour tous, sans différence de classe ni de fonction. Elle suppose un effort de tous, une soif de connaître et d’écouter réciproquement, quels que soient les statuts et fonctions.

Elle est une méthode incontournable pour faire vivre la démocratie participative. Elle est l’élément indispensable de la construction d’un projet de société qui réduit les inégalités sociales, culturelles et économiques. En ce sens, elle vise à l’émancipation collective et collectivement, de tous et par tous ! L’intervention associative est d’autant plus importante qu’elle n’apparaît pas, aux yeux des citoyens, comme liée à des enjeux de postes électifs mais à la défense d’une orientation politique claire.

L’éducation populaire peut et doit être notre outil pour contribuer à faire comprendre les enjeux et la complexité des situations vécues, à faire prendre conscience aux individus de leur place et de leur rôle possible, à leur permettre d’acquérir leur autonomie afin de maîtriser les situations plutôt que de les subir. Elle contribue à la construction de la conscience individuelle et collective pour permettre la transformation sociale. L’éducation populaire, dans le prolongement de l’enseignement public, parce qu’elle permet à chacun de s’approprier une citoyenneté active, contribue à défendre et à renforcer les valeurs de la République. L’éducation populaire offre aux personnes l’outil pour redevenir des acteurs démocratiques, des porteurs de projets.

Si nous souhaitons être compris, nous devons d’abord savoir entendre les nouvelles attentes des citoyens. Ils exigent désormais des orientations politiques claires s’inscrivant dans le respect et la défense de nos valeurs républicaines socialistes. Ils exigent d’en être les acteurs. La crise politique, sociale et institutionnelle dans laquelle notre pays est entré ne peut se dénouer que par un changement radical du lien que nous entretenons avec notre peuple. Nous devons lui proposer un modèle démocratique rééquilibré. Le moment est venu de donner à la démocratie participative les moyens, y compris institutionnels, de se développer.

Cela concerne tous les segments de la vie sociale :

  • dans la cité avec la place et le rôle des conseils de quartier, les droits et obligations des élus (majoritaires et minoritaires), le droit d’interpellation citoyen tant auprès des collectivités élues que des entreprises locales, reconnaissance de la place et du rôle des associations de défenses d’intérêts collectifs non communautaires (consommation, environnement, loisirs,…) ;

  • dans l’entreprise avec la protection accrue de l’exercice du droit syndical, la valorisation et la protection des institutions représentatives des personnels dans TOUTES les entreprises, la reconnaissance des accords majoritaires, la modification des règles de la représentativité ;

  • dans l’éducation avec le développement des structures de la vie lycéenne, un rôle accru des partenaires de la co-éducation (parents d’élèves, associations partenaires de l’école publique, projets d’établissement) ;

  • dans la vie culturelle avec son accès pour tous dès la scolarité, l’abandon de la logique commerciale des programmes télévisuels publics laissant place à la création et à l’ouverture sur le monde.



Frédéric Faravel

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13 juin 2008 5 13 /06 /juin /2008 11:06

Obama, McCain : gauche contre droite

Il y a, bien sûr, les dossiers diplomatiques les plus chauds. Barack Obama veut rappeler les troupes d’Irak au plus vite tandis que John McCain envisage de les y laisser le temps qu’il faudra pour que ce pays se stabilise. Même s’il tend à durcir le ton, le premier veut tenter un dialogue avec l’Iran alors que le second estime qu’il vaudrait mieux bombarder les installations nucléaires iraniennes que de voir la République islamique accéder à la bombe. En politique étrangère, les approches des candidats à la succession de Georges Bush sont totalement opposées. C’est ce qu’on voit le plus de l’étranger mais ce ne sont ni ces dossiers-là ni la couleur de Barack Obama qui feront la présidentielle de novembre.

Ce sera inévitablement l’économie, terrain sur lequel Barack Obama a attaqué, dès hier, son concurrent car elle est devenue, sous le républicain sortant, le premier sujet d’inquiétude des Américains. Les banques sont fragilisées. Les déficits budgétaires et commerciaux ont atteint des sommets. Le dollar a si bien dégringolé que l’envolée des cours pétroliers se fait sentir, à la pompe, avec une tout autre dureté qu’en Europe. La crise immobilière a privé d’innombrables familles de leur toit. L’Amérique n’est pas en faillite mais tous ses voyants sont allumés et Obama se présente donc en candidat de rupture non pas seulement avec Georges Bush mais avec, dit-il, «une philosophie épuisée et fausse qui a dominé Washington depuis bien trop longtemps».

Cette philosophie dont Barack Obama accuse John McCain d’être le continuateur en pire, c’est évidemment celle qu’on appelle «libéralisme» en Europe, plus justement «néo-libéralisme» aux Etats-Unis, celle qui avait triomphé, à la fin des années 70, avec les élections de Margaret Thatcher et Ronald Reagan – celle qui dit que «l’Etat n’est pas la solution mais le problème», que l’impôt tue l’impôt en freinant la croissance et qu’il faut libérer le marché des réglementations qui l’étouffent.

Contre le candidat républicain qui propose de ne pas toucher aux baisses d’impôts instaurées par Georges Bush et de baisser encore le taux d’imposition des sociétés en le faisant passer de 35% à 25%, Barack Obama propose, lui, de renouer avec la redistribution des richesses par l’impôt, credo oublié, voire répudié, des gauches occidentales.

Il veut plus lourdement imposer les Américains gagnant 250 000 $ par an ou plus, réduire de 1000 $ par an l’impôt des classes moyennes et augmenter la taxation des plus values boursières pour les hauts revenus tout en exonérant les petits actionnaires, nombreux aux Etats-Unis.

En un mot, il vaut augmenter la pression fiscale sur les plus aisés tout en la baissant sur les moins riches et, parallèlement, il entend aussi «augmenter l’investissement national dans l’éducation, les sciences et la recherche» afin de répondre aux défis d’une mondialisation sur laquelle, dit-il, on ne reviendra pas. Gauche contre droite, cette campagne fait resurgir un clivage politique comme on n’en avait pas vu depuis quelques 40 ans en Occident.

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