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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube.
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Gauche Républicaine & Socialiste

11 juin 2008 3 11 /06 /juin /2008 08:41

Barack Obama entame sa campagne en attaquant John McCain sur l'économie

NOUVELOBS.COM | 10.06.2008 | 13:09

Le candidat démocrate a débuté sa campagne par une tournée de quinze jours sur le thème de l'économie. Il a notamment accusé John McCain de poursuivre la politique fiscale de George W. Bush en faveur "des plus riches".

Barack Obama à l'aéroport de Raleigh (AP)

Barack Obama à l'aéroport de Raleigh (AP)
Le candidat démocrate à la présidentielle américaine Barack Obama a choisi l'économie pour premier thème d'affrontement contre le républicain John McCain, en donnant le coup d'envoi, lundi 9 juin, d'une tournée à travers le pays pour proposer ses solutions à la crise.
"John McCain est un héros américain (...) et il sait se montrer indépendant de son parti sur quelques sujets importants comme le réchauffement climatique (...) mais quand il s'agit d'économie, John McCain et moi avons une vision totalement différente de ce qu'il faut pour le pays", a dit Barack Obama à Raleigh, en Caroline du Nord (sud-est), 1ère étape d'une tournée de 15 jours aux Etats-Unis sur le thème de l'économie.

La politique fiscale
Le candidat démocrate a notamment dénoncé la volonté de John McCain de poursuivre la politique fiscale de George W. Bush en faveur "des plus riches" qui, selon Barack Obama, est non seulement "irresponsable mais scandaleuse".
Le sénateur de l'Illinois a également marqué sa différence avec le sénateur de l'Arizona sur l'Irak affirmant que les 12 milliards de dollars dépensés chaque mois en Irak seraient plus utiles s'ils étaient investis dans des infrastructures aux Etats-Unis.
"C'est un choix entre le plan de John McCain de continuer pendant 4 ans supplémentaires la coûteuse politique économique de Bush, qui a aggravé les inégalités et transmis une montagne de dettes à nos enfants, et le plan de Barack Obama, pour soulager les propriétaires en difficulté, mettre la santé et l'université à la portée de tous, et (réformer) le code fiscal afin qu'il récompense le travail plutôt que la richesse", a résumé l'équipe du sénateur de l'Illinois.
La tournée de 2 semaines s'intitule "un changement qui marche pour vous", et doit permettre à Barack Obama de renforcer une thématique qui est traditionnellement favorable aux démocrates, surtout quand la crise fait broyer du noir.
Un sondage Gallup publié lundi révèle que 43% des Américains ont le sentiment que leur situation économique s'est dégradée depuis 5 ans. La semaine dernière, le même institut avait annoncé que, pour la 1ère fois depuis 32 ans, une majorité d'Américains (55%) déclaraient se trouver dans une situation financière plus mauvaise qu'un an auparavant.
Mais John McCain a déjà lancé sa riposte, dénonçant dans les solutions avancées par Barack Obama un "retour en arrière" se résumant à des hausses d'impôt généralisées.

Le soutien d'Hillary Clinton
Moins d'une semaine après que Barack Obama s'est adjugé l'investiture démocrate, et 2 jours seulement après le soutien apporté par son ex-rivale Hillary Clinton, les adversaires démocrate et républicain cherchent chacun à durcir les contrastes, alors que les sondages les mettent presque à égalité: 46% d'intentions de vote pour Barack Obama, 44% pour John McCain, selon le dernier sondage Gallup.
Barack Obama fait tout pour associer aussi étroitement que possible John McCain au président sortant George W. Bush et ne se prive pas non plus de rappeler que John McCain, n°2 de la commission de la Défense au Sénat n'a jamais fait de l'économie son point fort.
Mais John McCain a choisi pour conseillère l'ancien PDG de Hewlett-Packard Carly Fiorina, qui fait de son mieux pour donner des gages de la compétence du candidat républicain en économie.
Il "comprend très bien l'économie", a dit Carly Fiorina lundi sur CNN, "je mettrais son bilan et sa compréhension de l'économie bien au-dessus de celle de Barack Obama".
La tournée de Barack Obama débutait lundi en Caroline du Nord (sud-est), où il a remporté une victoire décisive aux primaires le mois dernier. En soirée il était attendu dans le Missouri (centre). (AFP)

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10 juin 2008 2 10 /06 /juin /2008 15:52

Plus belle la gauche (4) : « l'euro » du village

Plus belle la gauche, le premier feuilleton 100% socialiste vous livre son 4ème épisode où Benoît profite du référendum irlandais sur le traité de Lisbonne pour convaincre les Reconstructeurs de parler d'Europe.

Montage SL
Résumé des épisodes précédents : en 2005, Gaucheville avait été déchirée entre les « non non » et les « oui oui »« oui oui » de Gaucheville avaient continué d'en vouloir aux « non non » qui eux-même en voulaient aux « oui oui »« non non ».

qui n'étaient pas d'accord sur le nouveau règlement intérieur de l'Europe, le TCE. Les Français avaient voté contre et les de ne pas avoir écouté les Français et leur En 2008, le nouveau règlement intérieur de l'UE, le traité de Lisbonne, devait être voté à l'Assemblée. Comme les municipales approchaient, François (Hollande) et Jean-Marc (Ayrault) avaient décidé de voter « ni oui ni non » pour faire croire aux Français qu'à Gaucheville, on est capable d'être dans l'opposition mais pas trop, c'est à dire nulle part. Les habitants de Droitecity ayant presque tous voté « oui », le texte était passé. Depuis, Gaucheville était au moins soulagée d'un poids : on n'aurait plus à parler d'Europe et on pourrait se consacrer à des choses bien plus intéressantes, comme par exemple chercher avec qui on n'est pas d'accord pour le lui signifier par médias interposés et, de préférence, à une heure de grande écoute. Mais voilà que soudain les Irlandais commencent à menacer de voter non au traité de Lisbonne. Un retournement de situation qui intéresse beaucoup Benoît (Hamon)…

Maison de la Radio, lundi 9 juin, 6h20, Benoît serre la main de Demorand. On lui offre un siège : « Vous n'auriez pas le Sunday business post plutôt ? », demande-t-il. On lui conseille d'aller jeter un œil chez Radio France International. Hier, un collègue député européen lui a dit que ce journal irlandais avait sorti un sondage où le « oui » dépassait légèrement le « non » pour le référendum de jeudi. Aucune importance : les baromètres frétillent toujours à la veille d'un vote pareil. « Si l'Irlande vote non, le Parti n'aura plus le choix. » François l'avait bien roulé quand il l'avait nommé secrétaire national au Projet européen du PS. « Réconcilier le oui et le non », tu parles, un placard pour emmanuelliste, oui ! Mais maintenant, il tient sa revanche : « vous allez en bouffer de l'Europe, que vous le vouliez ou non ! »

7h16, Benoît a bu un litre de mauvais café de radio de service public. Ajouté aux trois expressos bus au comptoir des Ondes, en face de la Maison de la Radio, il a les doigts qui tremblent un peu. Il faut dire qu'Henri (Emmanuelli) lui a mis le NPS entre les mains : « Notre courant ne peut pas disparaître dans la course à la mairie de Gaucheville. Tu es le seul à pouvoir représenter nos idées : parle leur d'Europe, ils n'y comprennent rien ! Avec la présidence française qui arrive et le traité de Lisbonne qui va peut-être se planter en Irlande, ils auront besoin de quelqu'un pour trouver une position de conciliation. Et ce quelqu'un, ce sera une jeune pousse, ça sera toi Benoît ! » Henri avait versé une larme. Que c'est dur d'avoir quarante ans au Parti socialiste !

8h41, Benoît y est presque. Sur l'Europe, il a tout dit mais rien sur la course à la mairie de Gaucheville. Il doit se réserver pour la toute fin, faire son coup d'éclat, sa petite phrase du jour qui se répercutera dans tous les médias... Mais la pression est trop forte, Nicolas Demorand et Hélène Jouan l'assaillent de toutes parts… et merde : « Aujourd'hui, ce n'est ni Bertrand Delanoë, ni Ségolène Royal car leur offre politique n'est pas à même de nous ramener au pouvoir car c'est à peu près la même offre qui a amené à la défaite partout en Europe… » Ça y est, il l'a dit : si avec ça les Reconstructeurs ne comprennent pas le message, c'est à désespérer du PS !

Laurent (Fabius) sortira-t-il de son silence si le « non » l'emporte en Irlande ? Benoît saura-t-il convaincre Marie-Noëlle (Lieneman), Jean-Luc (Mélenchon) et les autres de venir regarder l'Euro 2008 avec lui ? Vous le saurez en regardant les prochains épisodes de Plus belle la gauche.


Pour retrouver les précédents épisodes de notre série, cliquez ici.

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7 juin 2008 6 07 /06 /juin /2008 13:08
Joseph Stiglitz: «Le mode de vie américain n'est pas tenable»

Joseph Stiglitz. Dernier livre paru: «Une guerre à 3000 milliards de dollars» (Fayard). Photo Reuters
Le prix Nobel d'économie revient sur le coût de la guerre en Irak et explique en quoi ce conflit a fait exploser le modèle de croissance américain, entraînant les crises planétaires que nous connaissons.
Recueilli par GRÉGOIRE BISEAU et FABRICE ROUSSELOT - Libération : samedi 7 juin 2008

Vous estimez le coût de la guerre en Irak à 3 000 milliards de dollars. L’administration Bush parle de 800 millions. D’où vient une telle différence ?

Elle provient de la façon dont vous faites l’addition. Nous prenons en compte des coûts qui sont «cachés» dans le budget du ministère de la Défense. Par exemple, du fait de l’impopularité de la guerre et parce que de nombreux soldats américains doivent aller en Irak même s’ils n’en ont pas envie, les salaires ont été augmentés pour tous les militaires. Le gouvernement ne prend en compte que les salaires des troupes présentes en Irak, alors que nous incluons la masse salariale globale des forces armées. Mais le plus important, ce sont les coûts futurs de cette guerre. Les 800 millions, nous les avons déjà dépensés. Le candidat républicain à la Maison Blanche, John McCain, pense que la plupart des troupes américaines auront quitté l’Irak en 2013. Or, selon notre calcul, la guerre nous coûte 12,5 milliards par mois. Il faut aussi considérer le coût de la démobilisation et du rapatriement des soldats et des équipements, et l’argent qu’il nous faudra dépenser pour rebâtir des forces armées aussi performantes qu’avant l’intervention en Irak. Enfin, reste le coût lié au rapatriement des soldats blessés et handicapés.

Vous évoquez aussi les coûts sociaux ?

Il y a les coûts sociaux micro-économiques et macro-économiques. Premier exemple : lorsqu’un soldat fortement handicapé revient d’Irak, souvent, l’un des membres de sa famille est obligé d’arrêter de travailler pour l’aider. Il faut alors prendre en charge cette famille et lui assurer des aides financières. En terme macro économique, il est évident que la guerre en Irak a eu un effet négatif sur l’activité américaine.

Quelles sont les conséquences de la guerre sur l’économie américaine ?

Tout d’abord, la guerre a contribué à l’augmentation des prix du pétrole. Les prix ont grimpé bien au-dessus de 100 dollars le baril et les experts les plus prudents estiment que 5 à 10 dollars de la hausse lui sont imputables. En 2002, les marchés énergétiques avaient analysé l’évolution du prix du pétrole pour les dix ans à venir. Selon eux, la production suivrait l’accroissement de la demande et le prix du baril serait relativement stable. L’Irak a totalement changé l’équation, principalement du fait de l’instabilité qui a gagné le Proche- Orient. Et l’un des effets pervers fut que les producteurs de pétrole, qui ont perçu des revenus plus importants, ont décidé pour certains de ne pas accroître leur production. Ensuite, il faut considérer les faibles retours sur investissement de cette guerre. L’argent dépensé en Irak, quand on paye une entreprise de travaux publics népalaise par exemple, ne profite pas de la même façon à l’économie américaine que si l’on construisait une école ou un parc de jeux.

L’intervention en Irak a-t-elle joué un rôle dans la crise des subprimes…

Oui, tout à fait. Le Président Bush a déclaré que la guerre n’avait rien à faire avec les problèmes économiques, que les Américains avaient simplement construit et acheté trop de maisons. Mais il faut essayer de comprendre. Parce que l’économie américaine était plus faible, la FED (Réserve fédérale) a voulu créer plus de liquidités, elle a donc décidé de garder les taux d’intérêts à des niveaux très faibles tout en laissant se développer de nombreux produits de crédits, sans aucun contrôle. Cela a permis de maintenir l’activité à un certain niveau pendant un certain temps, et cela a préservé aussi la bulle immobilière. L’économie américaine avait des problèmes et la guerre en Irak les a aggravés. Les économistes ont cru que nous étions entrés dans une nouvelle ère. La hausse du pétrole semblait ne pas affecter autant que cela l’économie, pas comme elle le faisait depuis les années 70. Mais en fait, c’est parce que l’on supportait à bout de bras cette même économie que l’effet était moindre. En un an, en 2006, plus de 900 millions de dollars ont été consacrés aux remboursements d’emprunt. C’est énorme dans une économie qui pèse 13 trillions de dollars. Le problème est que nous sommes au bord de la récession et que notre marge de manœuvre est considérablement réduite. En 2008, le déficit américain sera vraisemblablement de 500 milliards de dollars : nous n’avons plus les moyens de stimuler l’économie.

Les dépenses consacrées à l’industrie de la défense peuvent-elles avoir des effets positifs sur l’économie en matière de retombées technologiques ?

Bien sûr, certains secteurs en ont bénéficié. Mais dans sa globalité, l’argent dépensé pour la guerre n’accroît pas la productivité future des Etats-Unis. Pas de la même façon que si l’on avait investi dans les infrastructures ou la recherche. On note des bénéfices ponctuels et marginaux, dans les industries spécialisées pour les prothèses, à cause des blessés. Mais c’est sans comparaison avec les bénéfices que l’on aurait pu retirer si l’argent avait été investi dans l’amélioration de l’état de l’économie.

Peut-on parler de récession ?

Officiellement, l’économie fait face à un fort ralentissement. La crise des subprimes n’est pas terminée. Dans de nombreux cas aux Etats Unis, la valeur de l’emprunt immobilier dépasse celle de la maison. Ceux qui ne peuvent plus payer leurs emprunts sont souvent confrontés au chômage. Les gens se voient proposer des formules de crédit qui aggravent leur situation et prolongent leur endettement. On leur suggère de payer moins les trois premières années, en faisant le calcul que leur maison va prendre de la valeur et qu’ils pourront rembourser plus tard ou revendre leur bien. Seul problème : l’immobilier est en chute et tous ces montages s’écroulent. Tout cela était un leurre. De plus en plus d’emprunts s’effondrent forçant les gens à quitter leurs maisons. Et ça va continuer. Le gouvernement veut que les Américains aient confiance en leur économie. Il parle d’une situation de l’emploi stable, de croissance à 0,6 % du PIB. Mais on constate deux choses: la consommation, qui soutient la croissance, tient beaucoup à l’écoulement de stocks qui n’étaient pas vendus. Les ventes commerciales sont dans le rouge. Côté emploi, l’offre n’a pas progressé depuis six mois, il y a même moins d’heures de travail sur le marché. Un signe clair que l’économie est malade.

La crise des subprimes va-t-elle continuer à affecter l’économie européenne ?

Oui. De nombreuses banques européennes ont acheté des produits dérivés des subprimes et en subissent le contrecoup. De plus, si l’économie américaine continue à ralentir, l’une de ses rares forces restent les exportations, à cause de la faiblesse du dollar vis-à-vis de l’euro. Tout cela n’est pas bon pour l’Europe.

On assiste à une flambée des prix du pétrole, des émeutes de la faim, une crise mondiale, des menaces de récession… Est-ce une juxtaposition de crises indépendantes ou une seule et même crise ?

Ces crises sont liées entre elles, mais elles ont leur propre dimension. La crise pétrolière est liée à la situation de la guerre en Irak. Celle des subprimes, une conséquence de la guerre et de la hausse du baril. La crise alimentaire, via l’essor des bio carburants, résulte de la crise pétrolière. L’Inde a eu raison d’être très énervée lorsque George Bush avait montré du doigt les grandes économies émergentes comme responsables de la crise alimentaire mondiale. Or en matière d’agriculture, il n’y a eu aucune surprise : les Chinois ne se sont pas décidés à manger plus de céréales et de porc du jour au lendemain. La vraie surprise, l’événement totalement inattendu, c’est la guerre en Irak. Et comme le prix du pétrole a grimpé de façon soudaine et violente, les Etats-Unis ont augmenté les subventions à la production d’éthanol, entraînant la hausse des céréales…

A vous entendre, la guerre en Irak serait au commencement de toutes ces crises ?

Elle a en tout cas une grosse part de responsabilités. Peut-être que ces crises se seraient passées de toute façon, mais la guerre les a précipitées et les a amplifiées.

Pourquoi avez-vous accepté l’invitation de Nicolas Sarkozy à participer à sa commission de réflexion sur le changement des instruments de mesure de la croissance française ?

C’est une commission d’abord nationale, mais les problèmes dont on va parler sont globaux. En clair : comment mesurer les performances et le progrès social d’une économie. C’est très important car ce que vous mesurez dans les statistiques conditionne ce que vous faites en matière de politique économique. Par exemple, l’Argentine dans le milieu des années 90 donnait l’impression d’aller très très bien, notamment à travers la mesure de la croissance de son PIB. Mais cette croissance, basée sur la consommation, était financée par l’étranger et ne pouvait donc pas perdurer. D’où la crise qui a ensuite éclaté. Donc la mesure du PIB ne dit rien sur le caractère soutenable de la croissance. Et on pourrait dire aujourd’hui la même chose des Etats-Unis. L’ONU a développé un indicateur du développement humain, qui intègre ce que vous dépensez en matière d’éducation ou de santé… Et bien à l’aune de cette statistique, les Etats-unis se retrouvent la dixième économie mondiale.

Dans ce débat, la France présente-elle des spécificités ?

Je vois deux ou trois choses. D’abord, beaucoup de gens considèrent que le système de santé français, si vous le comparez à celui des Etats-Unis, est beaucoup plus performant. En terme de sécurité, de qualité et aussi d’accès aux soins, notamment pour les moins favorisés. Et cela est largement sous-évalué. Ensuite, c’est l’environnement. Les Français sont très sensibles aux questions écologiques, et le PIB n’intègre aucune trace de cela. Enfin, c’est la valeur que vous accordez aux loisirs. Dans une économie qui fonctionne bien, c’est très important qu’un chômeur qui veut travailler puisse trouver un travail rapidement. De même, un salarié qui souhaite passer plus de temps avec sa famille, doit pouvoir le faire. C’est le signe d’une société qui a choisi de profiter de la hausse de la productivité. Donc si vous mesurez le progrès social par des indicateurs économiques conventionnels, vous passez à côté de tout ça. Et la richesse que vous mesurez est bien moindre.

On est, là, très loin du modèle américain, pourtant beaucoup plus performant en terme de croissance…

Ce qui se passe aux Etats-Unis est contraire à ce qu’enseigne la théorie économique élémentaire. Selon elle, quand une économie devient plus productive, vous profitez normalement d’une augmentation du temps libre. Or, les Etats-Unis évoluent dans un sens opposé. Quelque chose ne fonctionne pas. Par ailleurs, le mode de consommation et de production américain, n’est absolument pas tenable en matière de préservation de la planète. Avec le modèle américain, le monde n’est pas viable. Dans un peu moins de cent ans, la Chine va avoir la capacité de consommer ce que consomment les Etats-Unis. Si cela devait arriver, ce serait une catastrophe pour la planète. Et comme il est impossible de dire aux pays en voie de développement, «vous allez vous restreindre pour nous permettre de continuer à consommer comme aujourd’hui», il n’y a pas d’autres choix que de changer de modèle de croissance.

Y-a-t-il une prise de conscience de cette révolution dans la société américaine ?

Ça commence à peine. Les Américains sont en train de se rendre compte qu’il va consommer moins d’essence. Mais ils n’ont pas mesuré l’amplitude de cette réduction ni ce que cela va signifier en matière de changement de comportement.

Vous êtes optimiste sur le fait que le futur président américain marquera une rupture vis-à-vis de l’administration Bush sur les questions climatiques…

Oui. Et y compris, si John Mac Cain est élu. Je suis très critique vis-à-vis de son programme économique et de sa position sur l’Irak, mais je suis convaincu qu’il est concerné depuis longtemps par le réchauffement climatique. Mais il sera toujours très attentif aux intérêts des grandes entreprises et défendra en priorité les solutions qui sont compatibles avec le mécanisme de marché, comme les permis à polluer. De toute façon, le mouvement est irréversible: il n’y a qu’à voir avec quel sérieux les autorités chinoises s’attaquent au problème. Le pouvoir central de Pékin a encore du mal à faire descendre ce message dans les provinces. Et je suis convaincu qu’on est juste au commencement d’un long processus qui ne s’arrêtera pas. Savoir mesurer et évaluer les coûts environnementaux dans la création de richesse nationale est la condition pour faire évoluer la société dans son ensemble.

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6 juin 2008 5 06 /06 /juin /2008 13:51

Si les salaires stagnent, ce n’est pas la faute des 35 heures

Interview à l’Express : Le gouvernement s’apprête à réformer les 35 heures pour la sixième fois depuis 2003. (…) le député européen accuse Nicolas Sarkozy de préparer la privatisation du système de financement des retraites et de l’assurance chômage.

Le gouvernement va faire voter une nouvelle loi pour assouplir les 35 heures. Est-ce la fin de la RTT ?
C’est pire que ça. Il s’agit d’une remise en cause de la durée légale du travail. Les entreprises pourront désormais décider librement du contingent d’heures supplémentaires, ce qui va complètement dérégler les cadences et les horaires. Ce projet de loi constitue une attaque violente contre les conditions de travail des salariés. Cette régression se cache sous le terme de “modernisation”, et ça ne fait sursauter personne.

Personne, pas même au PS…
Ce n’est pas exact. Les socialistes ont appelé à participer à la manifestation du 17 juin, à l’appel de la CGT et de la CFDT. Certaines personnalités du parti sont peut-être plus gênées que d’autres sur cette question, ce n’est pas mon cas. J’étais dans le cabinet de Martine Aubry au moment où les lois sur les 35 heures ont été votées et je suis fier de cette réforme, qui a créé près de 400.000 emplois. Je ne nie pas les difficultés d’application, mais on oublie trop souvent les bénéfices considérables que les salariés en ont tiré.

Même en terme de pouvoir d’achat?
Si les salaires stagnent, ce n’est pas la faute des 35 heures. La droite a réussi à installer l’idée selon laquelle il fallait “travailler plus pour gagner plus”. Je crois pour ma part qu’on peut gagner plus en travaillant autant. Selon les chiffres de la Comptabilité nationale, la part des profits réalisés par les entreprises, et redistribués aux actionnaires, est passée de 25% dans les années 1970 à 65% dans les années 2000. Voilà pourquoi elles n’investissent plus assez, voilà pourquoi, aussi, elles rémunèrent mal le travail. La question des salaires doit être la priorité aujourd’hui.

Comment faire en sorte que les entreprises augmentent les salaires?
Il faut instaurer une fiscalité plus pénalisante sur les dividendes pour inciter les entreprises à distribuer une part plus grande des bénéfices aux salariés. Et il faut également leur donner une obligation de résultat dans les négociations salariales qui se déroulent chaque année. Ce n’est malheureusement pas le chemin qu’a pris Nicolas Sarkozy, qui fait avec la législation du travail ce qu’il fait avec l’audiovisuel public : donner des cadeaux à ses amis, notamment le Medef. Lorsque les 35 heures ont été mises en place, des allègements de charges ont été accordés aux entreprises. Cela représente aujourd’hui 20 milliards d’euros*, qui devraient être affectés aux systèmes de retraite et d’assurance chômage. Les 35 heures sont remises en cause, mais pas ces allègements. Le patronat a le beurre, et l’argent du beurre. Nicolas Sarkozy organise la faillite du système français de solidarité pour pouvoir dire qu’il ne fonctionne plus, et le privatiser.

*NDLR. Les allègements de charge représentent bien 20 milliards d’euros, mais seuls 12 milliards correspondent à la réduction du temps de travail. Ces allègements ont été accordés pour en contrepartie du passage aux 35 heures sans baisse de salaire, et pour compenser l’harmonisation à la hausse des différents Smic intervenue entre 2003 et 2005.

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4 juin 2008 3 04 /06 /juin /2008 09:37

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4 juin 2008 3 04 /06 /juin /2008 09:24

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4 juin 2008 3 04 /06 /juin /2008 09:01
Barack Obama revendique la victoire dans la bataille des primaires démocrates
LEMONDE.FR avec AFP | 04.06.08 | 06h47  •  Mis à jour le 04.06.08 | 09h31

ette nuit, après 54 difficiles consultations, notre saison de primaires arrive à son terme (...). Cette nuit, je peux dire devant vous que je serai le candidat démocrate à la présidence des Etats-Unis", a affirmé le sénateur de l'Illinois devant des milliers de partisans rassemblés dans le palais des expositions de Saint Paul (Minnesota). "La route sera longue. Je fais face à ce défi avec une grande humilité et en connaissant mes propres limites. Mais je fais aussi face à ce défi avec une foi sans limite dans les capacités du peuple américain", a ajouté M. Obama.
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DISCUSSION TÉLÉPHONIQUE

Rendant un hommage appuyé à Mme Clinton, il a assuré que le parti démocrate serait uni en novembre. "La sénatrice Clinton a fait l'histoire dans cette campagne (...). Notre parti et notre pays sont meilleurs grâce à elle, et je suis un meilleur candidat pour avoir eu l'honneur de faire campagne contre Hillary Rodham Clinton", a-t-il dit sous les applaudissements.

 

L'essentiel de son discours a été consacré à une attaque contre son adversaire républicain John McCain qu'il a accusé de vouloir poursuivre la politique de George Bush. "Il est temps de tourner la page des politiques du passé", a-t-il dit. Les rivaux démocrates ont chacun remporté une des 2 dernières primaires qui avaient lieu mardi. Mme Clinton a remporté le Dakota du Sud (nord) et M. Obama le Montana (nord-ouest).

Sans attendre le résultat de ces deux consultations M. Obama était assuré d'avoir suffisamment de délégués pour revendiquer l'investiture démocrate. Mais, à New York, Mme Clinton a refusé de reconnaître sa défaite. "Je ne prendrai pas de décision ce soir", a-t-elle dit devant ses partisans qui chantaient : "n'abandonne pas, n'abandonne pas".

"Je comprends que beaucoup de gens se demandent : que veut Hillary ?", a-t-elle dit, avant de répondre qu'elle voulait "ce pourquoi [elle s'est] toujours battue dans cette campagne". "Je veux la fin de la guerre en Irak, je veux que l'économie redémarre, je veux une assurance santé pour tous les Américains", a-t-elle dit. "Je veux que les quelque 18 millions d'Américains qui ont voté pour moi soient respectés, entendus et qu'ils ne comptent pas pour rien", a ajouté la sénatrice de New York.

Mme Clinton n'est plus en mesure d'inverser l'issue de la course à l'investiture démocrate... sauf si les superdélégués qui ont majoritairement choisi Barack Obama reviennent sur leur décision. L'hypothèse que Mme Clinton devienne la candidate à la vice-présidence, au côté de M. Obama, a été évoquée lors d'une conférence téléphonique entre l'ex-Première Dame et des députés de New York. Le directeur de l'équipe de campagne de M Clinton, Terry McAuliffe, a souligné qu'elle représentait "un atout formidable".

Jamais une course à l'investiture n'avait été aussi longue dans le camp démocrate. M. Obama a présenté sa candidature il y a 16 mois. La première consultation s'est déroulée le 3 janvier. Les démocrates terminent leur course profondément divisés. Par contraste, le républicain John McCain, 71 ans, est assuré d'être le candidat de son parti depuis début mars. Dans un discours prononcé en début de soirée dans la banlieue de la Nouvelle-Orléans (Louisiane, sud), M. McCain a lui aussi rendu un hommage appuyé à Mme Clinton se déclarant "fier" d'être son "ami". Il a également estimé que M. Obama serait un adversaire "redoutable".

La décision officielle sur le choix du candidat qui affrontera M. McCain le 4 novembre reviendra à la convention démocrate qui se réunira à Denver (Colorado) du 25 au 28 août.

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3 juin 2008 2 03 /06 /juin /2008 16:05

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3 juin 2008 2 03 /06 /juin /2008 15:25
Plus aucun doute n’est permis. Le gouvernement s’apprête à donner le coup de grâce aux 35 heures. En ouvrant la possibilité de négocier entreprise par entreprise, la fixation du contingent d’heures supplémentaires et le repos compensateur, il n’existe plus de durée légale du temps de travail.

La seule borne qui demeure est celle fixée par les textes européens qui arrêtent le plafond hebdomadaire de la durée de travail à 48 heures. La régression est aussi ample que brutale.
A force de manier l’hypocrisie sur les 35 heures (soutien embarrassé en public et critiques en privé), à force de répéter « les 35 heures, c’est bien mais… », nous avons nous-mêmes contribué à ouvrir un boulevard à la remise en cause par la droite de la principale réforme sociale engagée depuis 1997. Les 35h00 inauguraient une forme originale de redistribution. Le modèle de développement que nous poursuivions voulait mieux articuler vie professionnelle, vie de famille et loisirs. C’est ce modèle qui s’évanouit derrière la société de marché que façonne la politique du gouvernement.

Deux syndicats ont appelé à manifester le 17 juin pour défendre les 35 h00.
Le Premier Secrétaire du parti socialiste appelait récemment à une contre offensive idéologique des socialistes. Passons aux travaux pratiques. Le premier théâtre concret d’une telle offensive consiste à affirmer publiquement et avec force, les progrès considérables permis par la réduction du temps de travail. Il consiste à réaffirmer que revenus au pouvoir, nous rétablirons les 35h00 dans leur intégrité, en améliorerons l’application et en généraliserons la portée. Les 35H00, c’est notre réforme la plus emblématique. Des millions de français jouissent de ses bienfaits tous les jours. Au-delà des arguments qui doivent nourrir le débat public et démystifier les contre vérités gouvernementales, notre place est aussi dans la rue, aux côtés des syndicats qui ont appelé à manifester pour défendre les 35H00.
Le parti socialiste doit appeler à manifester le 17 juin.

L’interview de Bernard Thibaut CGT
L’interview de François Chérèque CFDT

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2 juin 2008 1 02 /06 /juin /2008 09:41

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