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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube.
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Gauche Républicaine & Socialiste

26 mai 2008 1 26 /05 /mai /2008 14:30
Benoit Hamon en photoJ’ai donné un entretien à Stéphane Alliès de Mediapart. Nombreux commentaires sont disponibles aussi sur le site du journal.” L’eurodéputé socialiste et ancien président du Mouvement des jeunes socialistes (MJS) défend une offre politique clairement à gauche pour le prochain congrès.

Très critique envers «la crise des social-démocraties européennes», Benoît Hamon regarde vers les gauches américaines et Barack Obama, appelant à un «choc fiscal» qui n’exclurait pas «la question des renationalisations».La Forge avec Noël Mamère, le fondateur du Nouveau parti socialiste NPS (avec Arnaud Montebourg et Vincent Peillon) souhaite que Martine Aubry le rejoigne dans son entreprise. Troisième volet de notre série d’entretiens sur l’avenir du PS, après Jean-Pierre Mignard et Manuel Valls.”
Fondateur du think-tank

Quel est votre sentiment sur l’état du socialisme aujourd’hui?

C’est d’abord une affaire de contexte global. Je suis convaincu qu’on est dans un vrai renversement de cycle. Une forme d’impasse du libéralisme, impuissant face aux crises financière, alimentaire, démographique, climatique et énergétique. Cette situation marque l’échec de la mondialisation heureuse. Et ce constat fait naître les besoins d’intervention publique et de mécanismes de redistribution. Face à cela, je trouve que le discours de mon propre parti sur la modernisation tous azimuts et le recentrage est en total décalage avec ce qui se passe


C’est-à-dire?

On devrait anticiper l’instabilité en essayant de construire des réponses pour se dégager des marges de manœuvre. Pas dessiner un petit congrès, qui perpétuera cette tradition de rassemblement socialiste en suspension dans l’air. À Dijon (en 2005), avec le NPS, on avait mis sur la table des idées en proie avec la réalité des difficultés du pays. Quand on lit le texte proposé par Bertrand Delanoë (long silence)… on est franchement déçu. C’est un catalogue de réponses consensuelles à court terme, comme si on était au gouvernement, sans se préoccuper du chaos actuel. Moi j’estime que quand la droite nous promet un avenir sombre, on ne peut pas se permettre de proposer la grisaille en faisant croire à l’arc-en-ciel. La période actuelle présente autant d’opportunités d’émancipations collectives que de tentations de replis identitaires. Comme disait Antonio Gramsci: «Le vieux est mort et le neuf hésite à l’être. Et de ce clair-obscur peut naître un monstre.»

«La débâcle des social-démocraties européennes»

Comment vous positionnez-vous dans les débats sur la social-démocratie européenne?

J’ai refait mes calculs: depuis juin 2006, les partis membres du PSE comptabilisent deux victoires en quinze élections, dont l’Autriche en coalition avec la droite! C’est la débâcle. Et il n’y a pas une seule famille qui est épargnée, des Scandinaves aux Méditerranéens, en passant par les Rhénans. Cette débandade fait l’objet d’un déni total de notre part, alors que même Rasmussen (le président du PSE) dresse le constat de notre incapacité à dégager une cohérence au niveau européen. L’intellectuel collectif du PS ne regarde plus ce qui se passe ailleurs et est incapable d’analyser ses propres échecs, alors que le recentrage de nos voisins profite systématiquement à la droite dure ou aux libéraux. Seuls résistent les Espagnols, grâce à un débat ultra-clivé sur la mémoire, les questions de société ou de religions. Un vrai clivage gauche/droite…


Vous appelez à ce retour du clivage?

Objectivement, à côté de cette social-démocratie qui plonge, il y a quand même une gauche éclatante en Amérique du Sud. Certes dans un environnement bien différent, mais sur un spectre très large, de Chavez à Bachelet en passant par Lula. Ils gagnent partout! En axant leurs programmes sur la défense des droits sociaux des minorités et des populations indigènes, qui ne sont après tout pas bien différentes de nos classes moyennes et populaires. Ils assument la conflictualité de la société, quand nous voulons expliquer qu’il faut tous aller dans le même sens. Quand j’entends Gérard Collomb dire que la création de richesse passe avant la redistribution, je pense exactement le contraire. C’est d’abord une meilleure redistribution qui créera la richesse la moins inégalitaire… C’est aussi ce qu’est en train de faire Barack Obama.


Vous prenez en modèle la gauche américaine?

Et je n’hésite absolument pas à le dire: Obama est bien plus à gauche que Delanoë, sur les questions économiques et même sociales. J’y ai été en tant que vice-président du groupe de relations avec le Congrès et j’y ai rencontré des syndicats très actifs, qui œuvrent pour regagner des protections et non plus seulement amoindrir les nouvelles vulnérabilités qu’on tente de leur imposer.

Plus prosaïquement, qu’attendez-vous alors de ce congrès?

Pas le murmure habituel, du style «il faut des emplois de qualité et créer des richesses pour construire le progrès social» et autres «le PS doit être le moteur de l’Europe sociale». Si le congrès se fait sur 3 euros d’augmentation de la prime pour l’emploi par-ci, le rajout d’un trimestre de cotisations par-là ou la seule définition des métiers pénibles, cela n’en vaut pas la peine…

Mais qu’espérez-vous concrètement?

Qu’il se fasse sur la question du choc fiscal nécessaire pour réarmer les Etats, sur la remise en cause du pacte de croissance européen et sur les restrictions à imposer au libre-échange. Pourquoi le mot de protectionnisme serait un mot tabou, quand le développement durable est en jeu? La question, c’est: «comment reconquérir le pouvoir?» et, une fois conquis, «comment transformer la société?».

Et quelles sont vos réponses?
D’abord, pour gagner le pouvoir, il faut cliver et remettre de la conflictualité dans le débat politique. Franchement, on a l’air de quoi avec nos discours type «il faut travailler dans l’intérêt de tous», quand tout le monde est en rapport de force permanent avec son banquier, son chef d’entreprise, avec les différents services publics. Si on veut faire croire aux gens que tout le monde a les mêmes intérêts, c’est sympa mais ce n’est pas le cas. Alors on choisit les intérêts qu’il faut défendre. Et on choisit son camp. Je suis convaincu que c’est la meilleure solution de faire un parti de toute la gauche, qui fasse 30% au premier tour. Même s’il y aura une extrême gauche à nos côtés.

Mais c’est un peu le modèle italien de Veltroni, que vous décriez?

Sauf que ce serait un parti qui resterait à gauche, au lieu de l’assécher. Il y aura toujours des réservoirs de voix… Essayons donc de voir ce que ferait la majorité des Français face à deux offres politiques vraiment clivées, avec une vraie gauche face à cette vraie droite. Ensuite, il sera temps de mettre en œuvre les instruments pour revivre dans la France d’après Sarkozy. Des instruments prioritairement économiques et démocratiques. Moi je reste partisan d’une VIe République comme on l’avait promue au NPS. Et pas de marchandage misérable avec le pouvoir sarkozyste, en lui donnant les moyens d’accentuer la présidentialisation du régime, au prix de petites victoires secondaires.

Lac de Genève et clapotis

Puisqu’il faut aussi parler de stratégie, quelle est la vôtre?

Je pense que nous sommes en présence de deux lignes. D’abord celle qui veut perpétuer l’orientation de la majorité de Dijon. Delanoë et Royal ne nous montrent pour l’instant pas d’autres ruptures qu’un recentrage. Puis, il y a la place pour une autre orientation, et j’espère qu’elle regroupera davantage de personnalités que la dernière fois, avec certains de ceux qui étaient dans l’éternelle motion Hollande et qui accepteront de s’engager à nos côtés. Il est indispensable que cette seconde ligne fasse le score le plus important, pour contrebalancer la haine que se vouent les deux écuries présidentielles et qui minent l’existence même du parti.

Contrairement à la règle socialiste immanente, plus vous vieillissez, plus vous penchez à gauche?

Oui, j’ai été rocardien à mes débuts. Mais à l’époque c’était plus confortable et c’était le temps où je mettais mes tripes d’un côté et mon discours politique de l’autre. Et puis dans un contexte particulier, deux-trois ans avant l’autonomie du MJS. Et je ne renie pas cette expérience, qui m’a apporté des fondements d’action et de pratique actuels, comme l’attention à la délibération collective. Ce “bon côté deuxième gauche”, qui fait plus confiance au cheminement collectif qu’à l’avant-garde éclairée.


Pensez-vous que votre “offre politique” sera unitaire?

J’attends de voir ce que vont donner les jeux de rôle actuels. J’ai quand même l’impression que tout le monde n’ira pas au bout et que beaucoup préparent leur recyclage. J’attends de voir ce que vont faire “les reconstructeurs” et je répondrai présent à leur invitation au meeting du 1er juin. Mais j’ai le sentiment que le courant strauss-kahnien est ouvert à tous les vents et qu’un regroupement avec les fabiusiens n’est pas si impossible. Enfin, j’espère profondément que Martine Aubry et ses amis nous rejoindront, accompagnés d’une nouvelle génération qui représente la jeunesse du parti. Afin de porter une nouvelle vague, entre “le lac de Genève Delanoë” et “le clapotis sur le lac de Genève Royal”.

C’est l’ancien responsable du MJS qui parle. Quinze ans après son autonomie sous votre présidence, que répondez-vous à ceux qui stigmatisent la pouponnière de jeunes éléphanteaux?Oui, c’est une pouponnière à cadres du parti. Ça sert à ça un mouvement de jeunesse. Quand je vois le niveau de certains de nos dirigeants, j’aurais bien aimé qu’ils soient passés dans une organisation de jeunesse. Aujourd’hui, je pense qu’il y a plus de débats politiques au MJS qu’à Désir d’Avenir ou dans une section du PS. Même s’il y a eu des hauts et des bas, le MJS a trouvé sa place dans le mouvement social, comme lors du dernier CPE. Et c’est une victoire, quand on voit l’accueil de n’importe quelle autre structure socialiste dans les collectifs ou les manifestations. Enfin, quand on voit le sort réservé aux anciens cadres du MJS, ce ne sont pas des trajectoires à la Delphine Batho ou à la Aurélie Filipetti, ou celles de ces jeunes coqs qui se tapissent dans l’ombre d’un premier fédéral en allant à la niche. Eux, ils sont généralement à la gauche du parti et si ce sont des éléphanteaux, on ne les a pas vraiment aider à sortir les pieds du marécage.


Vous avez fondé avec Noël Mamère un think-tank, La Forge, regroupant économistes et jeunes chercheurs. Actuellement, êtes-vous en mesure d’offrir quatre ou cinq idées forces comme celles de Jospin entre 1995 et 1997?

Je pense qu’on est encore flou. On est au point sur les questions de révolution fiscale, avec la création d’un impôt universel et la mise en place de nouvelles fiscalités environnementales ou d’aide à l’investissement, comme de l’assèchement de flux financiers issus de paradis fiscaux. En bref, créer un choc fiscal pour permettre de nouvelles régulations et de meilleures redistributions. Il y a ensuite des domaines entiers de travaux. On bosse sérieusement sur les questions carcérales, avec Serge Portelli par exemple, ou sur l’accès aux biens culturels. Mais notre problématique est claire, sur les questions d’urbanisme, d’école et de logement, comme sur l’économie. On doit se poser la question de la possibilité de déficits, comme on n’échappera pas à la question des renationalisations. On ne peut pas dire qu’il va y avoir un problème d’accès à l’énergie et laisser ces secteurs continuer à se faire désosser par les traités européens, sans penser se réapproprier à un moment ces instruments d’accès au bien public. On y travaille encore, mais on y travaille vraiment.

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26 mai 2008 1 26 /05 /mai /2008 14:26
Tribune de Liêm Hoang Ngoc
Un certain discours répand l’idée selon laquelle la panne de croissance est en partie due, en France, à la faiblesse du taux d’emploi, particulièrement chez les seniors. L’économie ne peut pas produire plus parce que nos vieux, entre autres, préfèrent l’inactivité, explique-t-on. Le financement des retraites pèse alors sur les « charges » des entreprises et réduit leur compétitivité. Pour cette opinion dominante, il faut donc réformer les retraites, inciter les vieux à travailler, allonger la durée de cotisation et réduire les taux de remplacement pour éviter d’augmenter les cotisations patronales, développer les retraites par capitalisation ! Dans la perspective du rendez-vous de 2008 prévu par la loi Fillon de 2003, la Commission de Garantie des Retraites recommande ainsi l’allongement de la durée de cotisation à 41, voire 42 ans pour le régime général. Le MEDEF préconise de reculer l’âge de la retraite à 63 ans.

Ces incantations à l’allongement du taux d’activité des seniors sont pourtant largement illusoires. Le taux d’emploi des seniors plafonne à 37,8 %, loin de l’objectif des 50 % en 2010 fixé par la stratégie de Lisbonne. Il est particulièrement faible en France non pas parce que les salariés ne veulent pas travailler, mais parce que les entreprises font partir plus tôt leurs seniors, dont la productivité est réputée décroissante pour un coût salarial croissant (les salaires de fin de carrière étant plus élevés). 470 000 inactifs sont ainsi en préretraites, cessation anticipée d’activité ou dispense de recherche d’emploi. Dans le secteur privé, l’âge moyen de départ à la retraite est restée à 58,9 ans (la durée moyenne de cotisation est toujours de 37 ans !), malgré la réforme Balladur de 1993, car les entreprises remercient aussi leurs seniors pour réduire leurs coûts salariaux. Dans ces conditions, l’allongement de la durée de cotisation revient à chaque fois à écarter un nombre croissant d’agents âgés du bénéfice d’une retraite à taux plein, en raison de l’application d’une décote par annuité manquante. L’obligation de cotiser plus longtemps aura pour conséquence l’augmentation du nombre de personnes ne touchant pas une retraite à taux plein. En prévision, le gouvernement pouvait-il retarder la revalorisation de 25% du minimum vieillesse dont le pouvoir d’achat n’a cessé de se dégrader ?

L’allongement de la durée de cotisation avait pour but d’éviter d’augmenter les cotisations patronales. Une telle mesure (la revalorisation du minimum vieillesse) nécessitera à tout le moins le relèvement de la CSG, qui pèsera sur les ménages. Malgré sa flexibilité et ses « charges » allégées, le CDD senior est un échec total : seule une vingtaine de contrats ont été signés en 2007 ! Est-il d’ailleurs souhaitable qu’une société de progrès, où les gains de productivité potentiellement élevés permettent de réduire la peine au travail (la peine hebdomadaire, tout comme celle tout au long de la vie), fasse travailler plus longtemps ses anciens alors que trois millions de chômeurs frappent aux portes de l’emploi ? L’avancement de l’âge de la retraite est aussi une mesure de réduction du temps de travail étalée tout au long de la vie, qui participe du projet ô combien progressiste, rendu possible par le progrès technique, de remplacer peu à peu le gouvernement des hommes par l’administration des choses.

Le problème du financement des régimes des retraites par répartition relève alors d’un problème classique de « partage du gâteau », dans la mesure où ces régimes sont financés par des cotisations sociales assises sur le salaire. Selon le rapport du Conseil d’Orientation des Retraites (COR) de 2003, la part du PIB nécessaire pour équilibrer le régime de retraite par répartition doit croître de 6,5 % d’ici à 2040 (elle doit passer de 12 à 18,5% du PIB), sous les hypothèses d’une croissance annuelle modérée, de 1,75%, et d’un taux de fécondité, relativement faible, de 1,8 enfants par femme, celui-ci conditionnant le niveau de la population active. Pour parvenir à cet objectif, l’allongement de la durée de cotisation aboutira à réduire le niveau des pensions (déjà entamé par la baisse des taux de remplacement résultant des réformes Balladur et Fillon) [1], pour les raisons indiquées précédemment. Il existe d’autres solutions possibles. Le relèvement des cotisations sociales (également évoqué par le COR [2]) ou l’élargissement de l’assiette de financement des retraites sont également envisageables du point de vue de l’équité. Sous les hypothèses admises en 2003, il fallait selon le COR une hausse de 0, 37 points de cotisations sociales par an jusqu’en 2040 (à répartir entre salariés et employeurs) pour assurer le niveau des pensions sans réduire leur taux de remplacement. La cour des comptes suggérait pour sa part de taxer les stocks-options et chiffrait le rendement de cette mesure à 3 à 4 milliards d’euros par an. Dans cette ordre d’idée, on pourrait créer aussi une CSG entreprise, assise sur la valeur ajoutée (incluant salaires et profits) afin de mettre à contribution les profits qui ne participent pas, pour l’heure, au financement de la protection sociale. On pourrait enfin augmenter un peu la CSG, dont l’assiette est suffisamment large (elle inclut les revenus financiers des personnes physiques) pour que la hausse du taux de la CSG soit la plus infime possible. Ces solutions, alternatives à l’allongement de la durée de cotisation (celle-ci aboutissant à réduire le taux de remplacement) pourraient être pragmatiquement combinées pour répartir l’effort de financement de la vieillesse de la façon la plus juste et la moins douloureuse possible.

Toutefois, cet « effort » pourrait être relativisé car les hypothèses démographiques et économiques retenues par le COR sont des hypothèses si « basses » que le COR a lui-même été amené à les réviser en 2007. Les projections quant à l’évolution de la population active ont ainsi été revues à la hausse, notamment parce que le taux de fécondité français s’approche désormais du taux irlandais (plus de 2 enfants par femmes) et que le recours à l’immigration est plus important que prévu. Sous ces nouvelles hypothèses, le rapport actif/inactif se détend et le besoin de financement du système par répartition ne requiert plus que 2 à 5 points de PIB supplémentaires à l’horizon 2050. Ajoutons à cela que le taux de croissance potentiel (le taux que permettraient d’atteindre les capacités de production en hommes et en machines) est supérieur à 3%. Des investissements dans les secteurs innovants (la fameuse « économie de la connaissance ») seraient même susceptibles de l’accroître. Par conséquent, la reprise de l’emploi, liée à une croissance plus soutenue, engendrerait une hausse de la masse salariale qui induit mécaniquement une augmentation des recettes des régimes de retraite. Encore faut-il que la France ne se condamne pas à adopter des politiques économiques incapables de faire décoller la croissance. Enfin, relevons l’hypocrisie de la position politique qui défend le principe du calcul des durées de cotisation selon la pénibilité des métiers et qui condamne les régimes spéciaux alors que ces derniers sont l’incarnation même de ce principe.

En l’état actuel des choses, les régimes par répartition sont en vérité menacés par une croissance molle et par la stagnation, à un niveau trop faible, de la part des salaires dans la valeur ajoutée ; ces deux facteurs réduisent la taille de la part du gâteau à partager entre actifs et inactifs. Doit-on répéter que la part des salaires dans la valeur ajoutée s’est réduite de 10 points au cours de ces vingt-cinq dernières années et qu’à l’exception des années fastes 1988-91 et 1998-2001, la croissance annuelle moyenne a difficilement atteint les 2% ? Moins de croissance, c’est moins de recettes pour les caisses des régimes sociaux. A cet égard, les politiques dites de « rigueur » monétaire, budgétaire et salariale, parfois poursuivies au cours du quart de siècle passé, ne sont pas étrangères au creusement du déficit des régimes sociaux et à la montée de l’endettement public. Au contraire, si la politique économique parvenait à gagner « le point de croissance qui nous manque » (sic !), le problème des retraites serait en grande partie résolu, compte tenu d’un taux de fécondité désormais supérieur à 2%...

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22 mai 2008 4 22 /05 /mai /2008 18:00
MAI 68 – MAI 2008
QUELLE ORGANISATION DE LA GAUCHE POUR TRANSFORMER LA SOCIETE ?


Le Carreau de Cergy
(voir plan ci-dessous)
SAMEDI 7 JUIN 2008 – 17h00

RER A Cergy-Préfecture

Intervenants :

Fanny Boyer, animatrice fédérale du MJS 95

Philippe Darriulat, adjoint au Maire (PS) du XVIIIème arr., membre du CN du PS, ancien président de l'UNEF id en 1986

François Delcombre, secrétaire départemental des Verts 95

Laurent Dumont, vice-président (PCF) de l'agglomération de Cergy-Pontoise

Dominique Lefebvre, premier secrétaire fédéral du PS 95, Maire de Cergy, président de l'agglomération de Cergy-Pontoise

Guillaume Vuilletet, conseiller régional MRC


Débat animé par Cécile Escobar et Sébastien Lombard

Pour nous contacter :
Frédéric Faravel 06 26 40 20 23 - Cécile Escobar 06 62 58 13 26
Sébastien Lombard 06 03 13 17 84

Blog : http://reinventerlagauche95.over-blog.org
Courriel : rlg95@voila.fr

Carreau de Cergy

Rue aux Herbes - Parvis de la Préfecture
Tél. : 01 30 17 19 35
Ce nouvel espace culturel s'est ouvert en 2002. Il comprend un espace d'exposition et un auditorium.
Vous trouverez ci-dessous le plan pour vous rendre au Carreau de Cergy :

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20 mai 2008 2 20 /05 /mai /2008 13:56
... adoptés sur propositions des sectionspar le conseil fédéral du Val d'Oise

Lundi 19 mai 2008 – LCR des Chênes, Cergy

en bleu les ajouts, en rouge barré les suppressions...

ART. 10 La volonté des socialistes est de contribuer à faire de la France un pays ouvert, respecté dans le monde, oeuvrant pour la paix, les droits de l’Homme et le développement durable. La France est, de par son histoire, à la fois, singulière et universaliste, elle doit être fidèle à ce double héritage. Elle doit respecter tous ceux qui vivent sur son territoire en combattant toutes les discriminations. Les socialistes s'engagent résolument pour le droit de vote des étrangers non communautaires aux élections locales.


ART. 13 Le Parti socialiste est un parti réformiste. Le Parti socialiste est un parti de rassemblement, un parti réformiste. Il met la réforme au service des espérances révolutionnaires que sont la Liberté, l'Égalité et la Fraternité. Il s’inscrit ainsi dans la démarche historique du socialisme démocratique. Il porte un projet de transformation sociale radicale. Il sait que celle-ci ne se décrète pas, qu'elle résulte d'une volonté collective forte assumée dans le temps, prenant en compte l'idéal, les réalités et l'histoire. Le Parti socialiste veut contribuer à changer la vie avec la société et par la société, par la loi et le contrat. Il ne considère jamais les rapports de forces d'un moment comme figés ou indépassables. Il entend lutter contre tous les déterminismes sociaux, source d'injustices et d'inégalités.


ART. 16 Le Parti socialiste est attaché aux grands principes de la Justice. Celle-ci est une valeur et une institution. Elle est garante de la réalité des droits de chacun et une institution dont l'indépendance doit être garantie. Elle doit être accessible et égale pour tous. Elle a pour vocation non seulement de sanctionner mais aussi d’aider à la réhabilitation et à la réinsertion dans la société.


ART. 17 Le Parti socialiste est un parti européen qui agit dans l'Union européenne, qu'il a non seulement voulue, mais, en partie, conçue et fondée. Il revendique le choix historique de l'Union européenne et de la construction d'une Europe politique et fédérale. Pour les socialistes, celle-ci doit avoir pour mission, par ses politiques communes, d'assurer la paix sur le continent et d'y contribuer dans le monde, de favoriser une croissance forte et durable et le progrès social, de promouvoir la créativité et la diversité culturelle, d'aider à relever les défis planétaires par l'exemple d'association qu'elle offre. Membre du Parti socialiste européen, le Parti socialiste entend tout mettre en oeuvre pour le renforcer afin que soit porté un message socialiste en Europe.


ART. 19 Le Parti socialiste est un parti populaire ancré dans le monde du travail. Il est le produit des combats politiques et des luttes sociales menés tout au long des XIXe et XXe siècles. Il est particulièrement attentif aux intérêts des salariés et au développement de toutes leurs capacités d’action. Il entend exprimer l'intérêt général du peuple français.

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16 mai 2008 5 16 /05 /mai /2008 16:05

Analyse du texte présenté par Bertrand Delanoë et 90 signataires

Bertrand Delanoë sortira le 22 mai prochain un livre d'entretien avec Laurent Joffrin, directeur de Libération, que d'aucuns annoncent être une confirmation du ralliement du Maire de Paris à une vision sociale-libérale de l'action politique.

Dans l'attente de cette œuvre sans doute magistrale pour le socialisme français, nous devons nous en tenir au texte de 10 pages intitulé « Clarté, courage, créativité : pour un grand congrès socialiste », que ce dernier a présenté le 6 mai 2008 – date anniversaire de l'élection de Nicolas Sarkozy – avec quelques dizaines d'autres signataires.


Première remarque, ce texte, qui veut trancher par une réflexion de fond, apporter des pistes de réflexion plutôt que « poser des questions » - cherchant par là à se distinguer médiatiquement de la démarche entamée par Ségolène Royal -, se distingue essentiellement par son manque d'originalité et de lignes de force marquées. Je passerai sur les passages obligés de la première partie, série de constats d'une France en panne après 6 années de gouvernements UMP. Il est cependant nécessaire de pointer quelques difficultés d'analyse qui apparaissent dès les trois premières pages :

  • une vision de la réforme du système éducatif axé essentiellement sur l'enseignement supérieur quand c'est l'ensemble de la stratégie éducative française qui est mise à mal années après années, éducation nationale et éducation populaire ;

  • une absence de discours sur le déficit criant en terme d'investissements publics et privés et de politique industrielle ;

  • une vision idyllique de la présidence Chirac-Jospin de l'union européenne en 2000 qui occulte l'échec qu'a été le traité de Nice et les fourvoiement de l'agenda de Lisbonne, cette illusion sur l'action du gouvernement socialiste dans la construction européenne étant à la source des désaccords qui existent dans le PS sur la méthode à mettre en œuvre depuis 2004-2005 ;

  • une absence de déconstruction de la réelle portée réactionnaire du discours et de l'action de Nicolas Sarkozy, un refus de caractériser la synthèse des droites que le Président de la République à réaliser et la cohérence de sa politique, et malgré cela quelques lignes plus loin la définition d'un « bonapartisme néo-libéral » ;

  • une vision illusoire du rôle des collectivités face à la politique du gouvernement. Illusoire car elle pourrait induire en erreur nos concitoyens sur les capacités des collectivités de gauche (désormais largement majoritaires) à résister au démantèlement de notre système de solidarité et de nos services publics, et donc à terme les décevoir car nous n'aurons pas su réellement les protéger.

Le texte aligne ensuite les pistes de réflexion qui pourraient parfaitement s'inscrire dans ce que l'on a appelé la « stratégie de Lisbonne » ; une ambition minimaliste en terme d'action publique, enrôbée de quelques grands sentiments généreux pour camoufler une adaptation aux standards néo-libéraux des sociaux-démocrates européens (ce qui ne les a pas empêché d'être peu à peu écarter du pouvoir presque partout en Europe).


La partie sur l'économie de la connaissance et le développement durable (page 4) insiste avant tout sur la libéralisation de l'enseignement supérieur français, son alignement sur les standard internationaux, autonomie accrue et opérationnalité directe de la recherche dans le développement économique. Mais elle fait l'impasse sur le défaut de politique industrielle en France et sur le défaut d'investissements économiques conséquents de la puissance publique et des grandes entreprises privées. Les étudiants pourront toujours être incités « à créer des PME innovantes », ces PME ne se développeront pas et n'atteindront jamais la taille critique pour s'insérer dans le marché mondial si l'investissement reste en panne et donc leurs carnets de commande restent désespérement vides.


La partie sur la refondation du pacte social pose de nombreuses questions.

En défendant « plus d'emplois et une meilleure qualité du travail » (page 5), le texte ne dit pas quelles sont les pistes de création d'emplois nouveaux ; la question du temps de travail est absente alors même qu'elle continue d'être idéologiquement harcelée par la droite, la baisse du chômage constatée aujourd'hui n'est pas interrogée dans sa composition ce qui signifie implicitement qu'on donne acte à la droite de « ses résultats ». Les conditions de travail, la souffrance au travail, alors même qu'on aborde dans le cadre du débat sur la réforme des retraites la question de la pénibilité, n'est pas même évoquée.

Face à cela, la priorité est donnée à l'emploi des seniors pour résoudre à la fois les retraites et le chômages mais sans jamais dire comment l'on s'y prend. Sans que soit discuté non plus quelle est la priorité la plus pertinente : faut-il s'acharner à faire travailler les plus de 55 ans et valider ainsi l'idée de l'inéluctabilité de l'allongement des durées de cotisation (travailler plus longtemps pour gagner la même retraite) ? Ou faut-il rechercher une entrée précoce dans l'activité professionnelle effective, sortir les jeunes du chômage à un âge où la productivité du travail est maximale ?

Autre choix discutable, l'affirmation de la priorité à l'immigration de travail, même si 2 pages plus loin on rappelle l'attachement à l'immigration familiale. Cette immigration de travail est répétée à plusieurs reprises, elle s'inscrit dans la continuité du refus de l'abrogation des lois Debré, dans la réflexion sur les quotas d'immigration portée en son temps par la Gauche Socialiste. Faut-il comprendre que sous prétexte de combattre les réseaux d'immigration clandestine, la France poursuivra sous direction socialiste une politique d'expulsion massive ?

Enfin, une nouvelle fois la prime pour l'emploi est affirmée comme moyen d'améliorer le pouvoir d'achat au même niveau que la revalorisation salariale. C'est oublier un peu vite que la PPE engendre comme effet pervers une véritable déresponsabilisation des employeurs quant à la valeur marchande du travail et à la juste rémunération des salariés, puisque l'État arrive avec la PPE comme une roue de secours. Il n'est pas dit que la PPE ne fasse pas partie des facteurs qui encouragent la stagnation salariale actuelle ; par ailleurs, il eût été utile de rappeler que les études faites lors des négociations sur les 35h démontraient un besoin de modération salariale pour 4 années avant que le rattrapage de la productivité horaire du travail soit réalisé ; L'UMP ne peut donc plus accuser les 35h d'être responsable de la stagnation salariale depuis 2003-2004.

Sur le vieillissement et la protection sociale (page 6), on ne peut que s'étonner de la position prise pour faciliter le cumul emploi-retraite quand on connaît les difficultés d'embauche des jeunes. On comprend également difficilement l'acceptation de principe de l'allongement inéluctable de la durée de cotisation tant que n'est pas résolu la question de l'accès réel à l'emploi et d'un abaissement de l'âge de la première cotisation. In fine, la jeunesse est la grande oubliée de ce texte, évoquée seulement dans une formule passe-partout à la moitié de la page 6.


La définition d'un État stratège (page 6) constitue un appel du pied à peine masqué aux positions extrêmement décentralisatrices de Jean-Paul Huchon, donnant la part belle aux Régions sans qui l'État ne pourrait plus rien faire aujourd'hui. Mais outre, que cet État stratège est présenté comme défenseur et rénovateur du service public à la française, n'est-ce pas ici un discours pour camoufler le désengagement de l'État de toute une série de responsabilités majeures dans la mise en œuvre de l'égalité républicaine ?

Dans le même registre, on s'étonnera que perdure le discours sur les « trésors d'imagination et d'audace dans l'élaboration de nouvelles politiques publiques et de la démocratie territoriale » dont recèleraient les collectivités ; j'ai déjà dit quelle impasse pouvait générer le discours sur les collectivités protectrices face à un État réactionnaire, mais il est frappant de lire ici comme une réminiscence des discours de Ségolène Royal sur « l'intelligence des territoires ». Car tout ce qui a été développé jusqu'ici il est vraissemblable que pas une ligne ne puisse être désavouée par l'ancienne candidate à l'élection présidentielle. Et si synthèse de fond il devait y avoir dans le prochain congrès de nombreux jalons permettent de soutenir que cette synthèse pourrait rassembler Ségolène Royal et Bertrand Delanoë, même si les différences existent.

En effet, si on conçoit assez bien que les amis de Bertrand Delanoë soient en délicatesse avec le concept d'ordre juste porté par Ségolène Royal que Bernard-Henri Lévy - un de ses principaux supporteurs - définit pourtant comme le « fantasme d'une société transformée en une sorte de pensionnat généralisé », on aura pourtant du mal à distinguer concrètement leur séparation dans le domaine des valeurs tel qu'il est présenté page 7.


Non les différences fondamentales entre Ségolène Royal, Bertrand Delanoë et leurs partisans respectifs sont ailleurs : dans la forme et la méthode de la conquête politique et bien sûr dans la rivalité de leurs ambitions personnelles.

Mais il faut dire encore un moment des pages « propositionnelles » du texte coordonné par Bertrand Delanoë. La perspective européenne dessinée par le texte est extrêmement décevante, elle remet en première ligne le concept de Fédération d'Etats-Nations chers à Lionel Jospin, qui a démontré son manque de prise politique et d'entraînement. La conférence que le Premier ministre d'alors avait mené après la négociation désastreuse du Traité de Nice portait en germe un projet confédéral, repris en quelques mots dans la page 8. Un tel projet acte la fin de la perspective fédérale européenne sur laquelle avait pourtant fini par s'accorder les socialistes (mêmes s'ils ont divergé sur la méthode pour y parvenir), il ne peut susciter aucun effet d'entraînement politique sur des ambitions minimalistes que défendraient fort bien un Pierre Moscovici.

La page 8 nous présente un projet purement technique, digne de « l'Europe par la preuve » chère à Ségolène Royal (encore une convergence), pas un projet politique pour relancer la construction européenne.


La partie intitulée « un parti socialiste reconstruit pour toute la gauche » est ambivalente. D'une part, elle cherche à se démarquer d'entrée de Ségolène Royal, dénonçant les tentatives « d’extériorisation et de contournement des lieux de débat et de décision collective qui se sont développées, particulièrement pendant et après l’élection présidentielle. » Elle situe ainsi Delanoë et ses amis dans la tradition du socialisme français, en y préférant la « régénération du fonctionnement démocratique de l’ensemble de nos instances », mais dès la fin de la page 8 on sent le même appel aux mânes de Gérard Collomb et « des élus considérés qui puissent apporter la richesse de leurs expériences à l’ensemble du parti ».

Au regard de tout ce qui a été dit auparavant, si les amis de Bertrand Delanoë souhaitent procéder à des rassemblement sur des choix clairs et « non sur de fausses synthèses », il y a tout lieu de penser que la synthèse de fond pourra être élaborée avec la motion de Ségolène Royal (à condition de dépasser les enjeux personnels).

Cependant le discours sur la relation à la société du Parti socialiste paraît moins artificiel que celui de Ségolène Royal, bien qu'il ne reste qu'au niveau du constat : « Un parti n’est pas qu’un acteur électoral, mais aussi un acteur idéologique, culturel. Aujourd’hui, les capteurs ne fonctionnent plus, donc les émetteurs ne sont plus alimentés. Nous perdons en anticipation, en créativité, en lien avec les mouvements sociaux. » Avoir accepté d'afficher un tel constat est un grand pas, reste à voir la traduction concrète des mesures nécessaires à la recréation de ce lien social perdu du PS.

La forte différenciation stratégique que l'on avait cru déceler au moment des municipales entre Delanoë et Royal semble même s'atténuer. Autant on lit la réaffirmation des alliances stratégique à gauche, autant on trouve une forme d'appel du pied au Modém par le « rassemblement le plus large [...] de toutes les forces qui veulent ouvrir une alternative durable à la droite ».

Bref on passe du chaud au froid constamment, puisque les intentions générales sont là : « faire grandir l’exigence en donnant au parti socialiste la capacité d’organiser le débat politique, de renouer les liens distendus avec la société, de travailler à une nouvelle dimension de nos relations avec les forces progressistes à l’échelle européenne et mondiale », « Nous ne gagnerons pas 2012, quelles que soient les qualités du candidat, si les années 2008 - 2011 sont gelées. C’est pourquoi, elles ne peuvent pas être abordées comme celles d’un intérim, mais d’un travail indispensable de modernisation des idées, de clarification des choix et de remise en ordre de marche du parti », autant le portrait du premier secrétaire potentiellement présidentiable que fait le texte ressemble tellement à un autoportrait de Bertrand Delanoë (page 10) qu'on peut légitimement de toute sincérité stratégique de ce document.


En définitive, nous retrouvons une géographie politique assez connue au PS depuis novembre 2006. Il y a à la droite du Parti deux sensibilités sociales-libérales, le départ de Dominique Strauss-Kahn n'étant in fine qu'une péripétie politique. D'un côté des sociaux-libéraux autoritaires plus ou moins rangés derrière « l'ordre juste » de Ségolène Royal, de l'autre côté des sociaux-libéraux libertaires qui trouveraient désormais en Bertrand Delanoë leur leader naturel. Ces deux sensibilités sont engagées dans des dynamiques concurrentes, à la fois pour dépecer l'organisation des proches de Dominique Strauss-Kahn « socialisme & démocratie », arguant d'une certaine cohérence idéologique, mais également tenter d'attirer des éléments militants déboussolés et plus à gauche par la dynamique qu'ils espèrent créer l'un et l'autre. Dans tous les cas, c'est - si nous n'y prenons pas garde - un nouvel affrontement délétère auquel se prépare le Parti socialiste. L'initiative des Renconstructeurs pêche par le manque de cohérence idéologique entre rescapés du straus-kahnisme, fabiusiens et aubrystes ; il est possible de proposer une offre politique cohérente et dynamique ancrée à gauche qui dépasse les dissensions de méthode apparues autour du référendum sur le TCE, c'est la seule manière d'éviter ce face-à-face ridicule entre les deux personnalités les plus médiatiques du PS et de permettre des années utiles à la construction d'un projet alternatif de gauche dans ce pays.


Frédéric Faravel

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13 mai 2008 2 13 /05 /mai /2008 09:37
Lors des commémorations du 8 mai 1945, Nicolas Sarkozy est allé rendre hommage aux membres du commando Kieffer, ces quelques 170 jeunes Français, qui avec les forces canadiennes avaient été les seuls soldats français à participer aux opérations du débarquement de Normandie.
Il est évident que Nicolas Sarkozy cherche là à reteinter son image ternie d'un gaullisme de bon alloi, lui qui fut si souvent accusé comme Jacques Chirac d'être un fossoyeur du Gaullisme. Le fait que la participation du commando Kieffer fut décriée par le Général De Gaulle qui pestait de ne pas avoir été tenu informé de cette participation et même de l'opération tout court apparaîtra tout de même comme une ironie particulière.
Mais il est frappant que Sarkozy renoue le 8 mai dernier avec un élément central du gaullisme et l'un des trois piliers majeurs de la droite française : le nationalisme. Sans erreur possible, il apparaît évident que l'un des faits majeurs de la synthèse sarkoziste c'est la capacité à assumer à nouveau un nationalisme, discrédité par la guerre, la décolonisation et la construction européenne. Qu'il gère ceci avec les obligations de maintenir les faux-semblants de l'union européenne, montre bien - malgré tout traité simplifié - à quel point l'Europe est dans une impasse, en panne de projet, pour se satisfaire ainsi que celui qui se revendique son "relanceur" soit un nationaliste assumé.
Car le 8 mai 2008, quelques jours après deux documentaires pédagogiques et remarquablement montés sur Mitterrand et la seconde guerre mondiale, Sarkozy a renoué avec la mystique Gaullo-mitterrandienne, et même Gaullo-communiste, celle de la France unie, de la France éternelle, de la France résistante, qui n'aurait rien eu à voir avec Vichy, l'Etat français (celui qui pourtant détenait la légitimité institutionnelle), les crimes qu'il a commis et cette idée que la France n'avait pas à faire de repentance.
Le refuse de la repentance est une antienne récurrente de Nicolas Sarkozy ; elle est aménagée au gré des circonstances pour satisfaire momentannément telle ou telle partie de la population, mais l'idée générale reste. Et là la marque est incontournable, Nicolas Sarkozy par son discours du 8 mai 2008 vient de faire faire à notre République un bond de 12 ans en arrière avant que Jacques Chirac n'ait enfin reconnu que les crimes de Vichy étaient des crimes français.

Frédéric Faravel

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13 mai 2008 2 13 /05 /mai /2008 09:31
Barack Obama passe devant Hillary Clinton dans la course aux superdélégués
LEMONDE.FR avec AFP, Reuters et AP | 11.05.08 | 08h46  •  Mis à jour le 11.05.08 | 08h46

n cap peut-être décisif a été franchi ce week-end dans la course à l'investiture démocrate. En s'assurant, vendredi 9 mai, du soutien de sept "superdélégués", puis de trois autres samedi, Barack Obama a fait un pas de géant vers une victoire face à sa rivale Hillary Clinton. En tête dans la course aux délégués "simples", vainqueur des primaires dans un plus grand nombre d'Etats, plus populaire au plan national que Mme Clinton, le sénateur de l'Illinois est en passe de franchir le seul obstacle qui pouvait encore lui barrer la route de l'investiture : obtenir le ralliement d'une majorité de superdélégués, ces cadres et élus démocrates qui sont habilités à se prononcer librement pour le candidat de leur choix lors de la convention nationale du parti, le 4 novembre. Début février, l'ex-première dame avait encore dans son camp 90 superdélégués de plus que son adversaire. Désormais, M. Obama peut compter sur le soutien de 273 superdélégués, contre 272 à la sénatrice de New York. L'équipe de campagne de M. Obama calcule qu'il lui suffit de gagner le soutien de 157 délégués ou superdélégués pour être soutenu par les 2 025 nécessaires pour s'assurer l'investiture. Quelque 253 superdélégués n'ont pas encore annoncé leur choix. Les 6 dernières primaires prévues jusqu'au 3 juin permettront en outre d'élire 217 délégués "simples".
 
"LA COURSE N'EST PAS TERMINÉE"

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Face à cette sérieuse déconvenue, Hillary Clinton peine à contre-attaquer et se voit même obligée de jouer la défensive. Le site internet TalkingPointsMemo a ainsi indiqué que la candidate avait participé samedi à une téléconférence avec des superdélégués la soutenant encore, à la fois pour les implorer de lui garder leur soutien et pour leur assurer que "la course n'était pas terminée".

De fait, même si nombre de médias ont déjà enterré la candidature de Mme Clinton, aucun raz-de-marée n'a encore permis à M. Obama de crier victoire. Les personnalités les plus influentes du parti démocrate, la présidente de la Chambre Nancy Pelosi, le chef de la majorité au Sénat Harry Reid, l'ancien vice-président Al Gore, restent muets, comme s'ils voulaient éviter de siffler eux-même la fin de la partie. "Au fur et à mesure que se déroulent les primaires, un vainqueur émergera, et je ferai connaître mes vues", a seulement indiqué Mme Pelosi.

COMMENT CHOISIR ?

Un parlementaire qui n'a pas encore fait son choix, Jason Altmire, résumait vendredi, sur la chaîne MSNBC, le dilemme qui se pose à nombre de cadres démocrates : comment choisir entre la candidate qui a gagné dans sa circonscription, en Pennsylvanie, et celui qui a remporté le plus de voix dans le pays ? "Je vais laisser à Mme Clinton la chance qu'elle mérite d'aller au bout du processus, et voir si elle peut rattraper son retard", tranchait-il, repoussant le moment du choix jusqu'au 3 juin, date de la dernière primaire.

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26 avril 2008 6 26 /04 /avril /2008 08:07
Enfin...

Depuis début janvier, je n'ai pas vu le jour (rassurez-vous je n'étais pas enfermé dans un cave, même si c'est devenu à la mode et très people grâce à Patrick Sébastien). Mais élections municipales obligent, on nous avait demandé de ne pas prendre de congés.

Le gros est passé, je pars me reposer 10 jours avec une petite escapade en Gironde, département que je n'ai jamais visité.

à bientôt,
Fred

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23 avril 2008 3 23 /04 /avril /2008 14:58
Tribune de Benoît Hamon - Marianne
L’intérêt n’a cessé de grandir dans l’hexagone pour le résultat des élections primaires américaines. En raison d’abord du suspens ; par ses enjeux ensuite. Le choix du futur président des Etats Unis est tout sauf indifférent dans un monde plus menaçant que jamais, terrorisme, prolifération nucléaire, conflit Nord/Sud, réchauffement climatique, bio diversité, etc. Mais il y a aussi les leçons «françaises» que tireront inévitablement journalistes et responsables politiques et, plus particulièrement celles qui concernent l’avenir de la gauche hexagonale, en raison du duel Clinton/Obama.

On n’échappera évidemment pas aux parallèles grossiers qu’imagineront les esprits paresseux, ou opportunistes, pour désigner, en fonction du résultat, l’Obama français ou la Hillary tricolore. Si Barack Obama l’emporte, on trouvera mille raccourcis pour identifier dans le profil «résolument nouveau et moderne» de tel ou telle, le pedigree idéal. Peu importera que ce Obama bleu-blanc-rouge soit le produit du système ; peu importera ses véritables engagements politiques : dans une gauche en crise d’identité, une cure de jouvence politique peut faire office de remède miracle. Et comme Obama, le vrai, a le dos souple, on pourra aussi y voir le succès du candidat contre l’appareil, et ainsi justifier les stratégies de contournement du «vieux» parti socialiste.

Si Hillary Clinton l’emporte, on décrètera venu le «temps des femmes», on vantera la saga d’une femme «seule contre tous». Dans son recentrage stratégique, on saluera et on distinguera une recette stratégique à succès. On pourra inversement exalter le succès d’une carrière blanchie sous le harnais de l’appareil démocrate et des institutions de Washington. Bref, chacun pourra trouver matière à instrumentaliser la victoire de l’une ou de l’autre, à alimenter les pages désespérément blanches du projet politique de la gauche française.

L’essentiel ? Il est ailleurs, dans la leçon qu’inflige la vieille démocratie américaine aux dirigeants politiques français pressés, au nom de la modernité, d’en finir avec les "archaïsmes". La démocratie américaine conserve, dans ses rites et traditions, une capacité à propager la culture démocratique. Admirable vieillerie que ces primaires où les candidats sont départagés selon le nombre de partisans qui s’agglutinent autour de leur banderole dans le fin fond d’un gymnase ou d’une église. Et pourtant, il ne se trouve aucun candidat défait pour contester, au terme des primaires, la légitimité démocratique du vainqueur.

Ce système permet de brasser le personnel politique comme dans aucune autre démocratie. Tous les quatre ans, le casting change. Il n’y a pas de prime au redoublement. Quel autre système propose-t-il un tel renouvellement ? Là où les élites françaises se reproduisent entre elles d’une génération à l’autre, les Etats Unis sont capables d’élire un marchand de chemises (Truman), un second rôle d’Hollywood (Reagan) et demain, peut-être, le premier leader noir d’une démocratie occidentale. Enfin, l’intérêt de cette élection tient aux thèmes qui structurent le débat politique américain. 5 exemples :

Les restrictions au libre échange : parmi les démocrates il y a consensus sur la nécessité de maîtriser les échanges commerciaux afin de préserver l’emploi et protéger l’environnement. Hillary Clinton exige une pause dans les accords commerciaux, Obama des barrières pour protéger l’environnement. Et tous deux dénoncent l’hémorragie des emplois liés à une mondialisation mal régulée.

La protection sociale : à l’heure où les modèles sociaux européens font office d’accusé numéro un pour justifier la faiblesse de la croissance, on parle Outre Atlantique de protection de la retraite par répartition et de couverture santé pour tous !

La politique fiscale : les démocrates proposent de renouer avec la progressivité des prélèvements et de supprimer les réductions d’impôts accordées aux plus riches pour financer les nouvelles politiques fédérales.

Le Logement : suite à la crise des subprimes, qui a provoqué l’expulsion de leurs logement des centaines de milliers de ménages surendettés, les démocrates parlent d’intervention de l’Etat pour garantir l’habitat des familles les plus exposées.

La régularisation des immigrés clandestins : les démocrates débattent ouvertement des conditions de régularisation des 12 millions de clandestins (!)qui travaillent et habitent aux Etats Unis.

Dans un récent ouvrage, L’Obscénité démocratique (*), Régis Debray dénonce parmi les nouveaux «spectres» de la démocratie française, «la transparence, l’authenticité et la proximité», ces substituts au clivage droite/gauche, au débat démocratique. Ces spectres n’ont évidemment pas quitté la scène politique américaine. Mais, ici, nous courons le risque de ne retenir de l’élection américaine que le récit d’une success story. Notre responsabilité, à gauche, est d’affirmer que la modernité politique tient notamment dans la restauration des capacités régulatrices de la puissance publique (nationale ou continentale), dans le renforcement des protections individuelles et collectives, dans une nouvelle redistribution des richesses favorable à la protection de l’environnement, et dans des politiques ouvertes d’immigration. Voilà ce que la campagne américaine nous enseigne.

(*) Flammarion, 120 pages, 12 euros

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23 avril 2008 3 23 /04 /avril /2008 14:34
Le premier ministre belge confronté à la reprise des hostilités entre Flamands et francophones
LE MONDE | 23.04.08 | 15h09  •  Mis à jour le 23.04.08 | 15h09
BRUXELLES CORRESPONDANT

ves Leterme doit affronter de nouvelles difficultés liées à la cohabitation tendue entre Flamands et francophones au sein de l'Etat fédéral belge. Le premier ministre a, depuis son entrée en fonctions, en mars, opté pour une démarche d'apaisement déjà mise à mal.

Après une année de crise ouverte, le premier ministre espérait d'abord calmer les esprits, tant au sein de son parti chrétien-démocrate (CD&V) que chez ses alliés indépendantistes de la Nouvelle alliance flamande (NVA), et chez ses 3 partenaires francophones (libéraux, socialistes et centristes chrétiens). Il voulait, ensuite, ramener les uns et les autres à la table de négociation, en vue de mettre au point des réformes institutionnelles avant la mi-juillet, date butoir fixée aussi bien par la NVA que le CD&V.

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Une relance de la polémique sur le refus flamand de nommer 3 bourgmestres (maires) francophones perturbe ce scénario. Réélus dans la périphérie flamande de Bruxelles, à Kraainem, Linkebeek et Wezembeek-Oppem, ces personnalités se heurtent au refus de la Flandre, autorité de tutelle, de les confirmer dans leurs fonctions. Le pouvoir régional souligne qu'ils ont envoyé des convocations électorales dans la langue des habitants et pas uniquement en néerlandais, comme la loi les y oblige.

Vendredi 11 avril, les 3 bourgmestres ont réintroduit une demande officielle de nomination. L'ensemble des partis francophones évoque le "déni de démocratie" que commet, selon eux, le gouvernement régional flamand et menace de ne pas reprendre les discussions institutionnelles voulues par M. Leterme.

Les présidents francophones vont se réunir dans les prochains jours pour déterminer leur attitude. Derrière cette affaire se profile la question de la scission, très symbolique, de l'arrondissement bilingue de Bruxelles-Hal-Vilvorde que la Flandre veut réaliser pour assurer l'unité de son territoire. Une majorité flamande l'a votée dans une commission parlementaire en octobre 2007, contre l'avis de la minorité francophone. Le dossier a fait l'objet d'un recours francophone mais pourra, si aucun accord n'est trouvé, reprendre son cheminement parlementaire dès le 1er mai.

CRITIQUE DES NATIONS UNIES

La Flandre est d'autant plus énervée par cette affaire que le Conseil de l'Europe doit, à la mi-mai, envoyer un émissaire en Belgique pour enquêter sur ce dossier. Il rentera un rapport sur le respect des droits politiques des francophones. "Les Flamands n'acceptent plus d'être diabolisés en tant que racistes ou égoïstes à l'étranger", a expliqué récemment Marino Keulen, le ministre régional flamand de l'intérieur et de l'intégration. M. Keulen est le ministre qui s'oppose à la nomination des maires francophones de la périphérie bruxelloise. Il est aussi celui qui a mis au point un "code du logement" qui prévoit que, pour obtenir un logement social, les candidats doivent s'engager à apprendre (gratuitement) le néerlandais.

La mesure n'aurait pénalisé aucun francophone et vise à "l'intégration civique des allophones (personnes qui parlent une autre langue) et des défavorisés", assure M. Keulen. Elle fait toutefois l'objet de critiques du Comité des Nations unies pour les droits de l'homme et d'un recours de la Région wallonne.

Un dernier élément complique les projets de M. Leterme. Jeudi 17 avril, les présidents des Régions wallonne et bruxelloise, Rudy Demotte et Charles Picqué, ont lancé une "bombe institutionnelle", selon la formule de divers observateurs. Les 2 socialistes ont plaidé pour un fédéralisme basé sur les 3 régions belges (Flandre, Wallonie et Bruxelles) et non plus sur les "communautés linguistiques".

S'il se réalise, ce projet donnerait naissance à une Fédération Wallonie-Bruxelles (un "Etat", disent déjà certains) gérée par un gouvernement unique. Le président du gouvernement flamand se réjouit officiellement d'avoir, à l'avenir, un "partenaire fort" face à lui. Mais le monde politique flamand sent bien que le projet est de tracer les contours d'une éventuelle "nation francophone", solution de rechange en cas d'aggravation des tensions au sein de l'Etat fédéral. Elle inclurait Bruxelles, capitale belge et flamande, mais très majoritairement peuplée de francophones.

Jean-Pierre Stroobants

Chronologie

Novembre 2007. Les partis flamands unanimes votent, contre les francophones, la scission de l'arrondissement bilingue de Bruxelles-Hal-Vilvorde dans une commission de la Chambre des députés.

Décembre. Le libéral flamand Guy Verhofstadt prend la tête d'un gouvernement intérimaire de crise.

Février 2008. Premier ensemble de réformes institutionnelles jugées insuffisantes en Flandre.

Mars. Yves Leterme, leader du parti chrétien-démocrate flamand, devient premier ministre. Ses alliés indépendantistes de la Nouvelle Alliance flamande exigent une vaste réforme du système fédéral, sous peine de lui retirer leur soutien. La "date butoir" des partis flamands est fixée au 15 juillet.

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