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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube.
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Gauche Républicaine & Socialiste

26 avril 2008 6 26 /04 /avril /2008 08:07
Enfin...

Depuis début janvier, je n'ai pas vu le jour (rassurez-vous je n'étais pas enfermé dans un cave, même si c'est devenu à la mode et très people grâce à Patrick Sébastien). Mais élections municipales obligent, on nous avait demandé de ne pas prendre de congés.

Le gros est passé, je pars me reposer 10 jours avec une petite escapade en Gironde, département que je n'ai jamais visité.

à bientôt,
Fred

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23 avril 2008 3 23 /04 /avril /2008 14:58
Tribune de Benoît Hamon - Marianne
L’intérêt n’a cessé de grandir dans l’hexagone pour le résultat des élections primaires américaines. En raison d’abord du suspens ; par ses enjeux ensuite. Le choix du futur président des Etats Unis est tout sauf indifférent dans un monde plus menaçant que jamais, terrorisme, prolifération nucléaire, conflit Nord/Sud, réchauffement climatique, bio diversité, etc. Mais il y a aussi les leçons «françaises» que tireront inévitablement journalistes et responsables politiques et, plus particulièrement celles qui concernent l’avenir de la gauche hexagonale, en raison du duel Clinton/Obama.

On n’échappera évidemment pas aux parallèles grossiers qu’imagineront les esprits paresseux, ou opportunistes, pour désigner, en fonction du résultat, l’Obama français ou la Hillary tricolore. Si Barack Obama l’emporte, on trouvera mille raccourcis pour identifier dans le profil «résolument nouveau et moderne» de tel ou telle, le pedigree idéal. Peu importera que ce Obama bleu-blanc-rouge soit le produit du système ; peu importera ses véritables engagements politiques : dans une gauche en crise d’identité, une cure de jouvence politique peut faire office de remède miracle. Et comme Obama, le vrai, a le dos souple, on pourra aussi y voir le succès du candidat contre l’appareil, et ainsi justifier les stratégies de contournement du «vieux» parti socialiste.

Si Hillary Clinton l’emporte, on décrètera venu le «temps des femmes», on vantera la saga d’une femme «seule contre tous». Dans son recentrage stratégique, on saluera et on distinguera une recette stratégique à succès. On pourra inversement exalter le succès d’une carrière blanchie sous le harnais de l’appareil démocrate et des institutions de Washington. Bref, chacun pourra trouver matière à instrumentaliser la victoire de l’une ou de l’autre, à alimenter les pages désespérément blanches du projet politique de la gauche française.

L’essentiel ? Il est ailleurs, dans la leçon qu’inflige la vieille démocratie américaine aux dirigeants politiques français pressés, au nom de la modernité, d’en finir avec les "archaïsmes". La démocratie américaine conserve, dans ses rites et traditions, une capacité à propager la culture démocratique. Admirable vieillerie que ces primaires où les candidats sont départagés selon le nombre de partisans qui s’agglutinent autour de leur banderole dans le fin fond d’un gymnase ou d’une église. Et pourtant, il ne se trouve aucun candidat défait pour contester, au terme des primaires, la légitimité démocratique du vainqueur.

Ce système permet de brasser le personnel politique comme dans aucune autre démocratie. Tous les quatre ans, le casting change. Il n’y a pas de prime au redoublement. Quel autre système propose-t-il un tel renouvellement ? Là où les élites françaises se reproduisent entre elles d’une génération à l’autre, les Etats Unis sont capables d’élire un marchand de chemises (Truman), un second rôle d’Hollywood (Reagan) et demain, peut-être, le premier leader noir d’une démocratie occidentale. Enfin, l’intérêt de cette élection tient aux thèmes qui structurent le débat politique américain. 5 exemples :

Les restrictions au libre échange : parmi les démocrates il y a consensus sur la nécessité de maîtriser les échanges commerciaux afin de préserver l’emploi et protéger l’environnement. Hillary Clinton exige une pause dans les accords commerciaux, Obama des barrières pour protéger l’environnement. Et tous deux dénoncent l’hémorragie des emplois liés à une mondialisation mal régulée.

La protection sociale : à l’heure où les modèles sociaux européens font office d’accusé numéro un pour justifier la faiblesse de la croissance, on parle Outre Atlantique de protection de la retraite par répartition et de couverture santé pour tous !

La politique fiscale : les démocrates proposent de renouer avec la progressivité des prélèvements et de supprimer les réductions d’impôts accordées aux plus riches pour financer les nouvelles politiques fédérales.

Le Logement : suite à la crise des subprimes, qui a provoqué l’expulsion de leurs logement des centaines de milliers de ménages surendettés, les démocrates parlent d’intervention de l’Etat pour garantir l’habitat des familles les plus exposées.

La régularisation des immigrés clandestins : les démocrates débattent ouvertement des conditions de régularisation des 12 millions de clandestins (!)qui travaillent et habitent aux Etats Unis.

Dans un récent ouvrage, L’Obscénité démocratique (*), Régis Debray dénonce parmi les nouveaux «spectres» de la démocratie française, «la transparence, l’authenticité et la proximité», ces substituts au clivage droite/gauche, au débat démocratique. Ces spectres n’ont évidemment pas quitté la scène politique américaine. Mais, ici, nous courons le risque de ne retenir de l’élection américaine que le récit d’une success story. Notre responsabilité, à gauche, est d’affirmer que la modernité politique tient notamment dans la restauration des capacités régulatrices de la puissance publique (nationale ou continentale), dans le renforcement des protections individuelles et collectives, dans une nouvelle redistribution des richesses favorable à la protection de l’environnement, et dans des politiques ouvertes d’immigration. Voilà ce que la campagne américaine nous enseigne.

(*) Flammarion, 120 pages, 12 euros

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23 avril 2008 3 23 /04 /avril /2008 14:34
Le premier ministre belge confronté à la reprise des hostilités entre Flamands et francophones
LE MONDE | 23.04.08 | 15h09  •  Mis à jour le 23.04.08 | 15h09
BRUXELLES CORRESPONDANT

ves Leterme doit affronter de nouvelles difficultés liées à la cohabitation tendue entre Flamands et francophones au sein de l'Etat fédéral belge. Le premier ministre a, depuis son entrée en fonctions, en mars, opté pour une démarche d'apaisement déjà mise à mal.

Après une année de crise ouverte, le premier ministre espérait d'abord calmer les esprits, tant au sein de son parti chrétien-démocrate (CD&V) que chez ses alliés indépendantistes de la Nouvelle alliance flamande (NVA), et chez ses 3 partenaires francophones (libéraux, socialistes et centristes chrétiens). Il voulait, ensuite, ramener les uns et les autres à la table de négociation, en vue de mettre au point des réformes institutionnelles avant la mi-juillet, date butoir fixée aussi bien par la NVA que le CD&V.

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Une relance de la polémique sur le refus flamand de nommer 3 bourgmestres (maires) francophones perturbe ce scénario. Réélus dans la périphérie flamande de Bruxelles, à Kraainem, Linkebeek et Wezembeek-Oppem, ces personnalités se heurtent au refus de la Flandre, autorité de tutelle, de les confirmer dans leurs fonctions. Le pouvoir régional souligne qu'ils ont envoyé des convocations électorales dans la langue des habitants et pas uniquement en néerlandais, comme la loi les y oblige.

Vendredi 11 avril, les 3 bourgmestres ont réintroduit une demande officielle de nomination. L'ensemble des partis francophones évoque le "déni de démocratie" que commet, selon eux, le gouvernement régional flamand et menace de ne pas reprendre les discussions institutionnelles voulues par M. Leterme.

Les présidents francophones vont se réunir dans les prochains jours pour déterminer leur attitude. Derrière cette affaire se profile la question de la scission, très symbolique, de l'arrondissement bilingue de Bruxelles-Hal-Vilvorde que la Flandre veut réaliser pour assurer l'unité de son territoire. Une majorité flamande l'a votée dans une commission parlementaire en octobre 2007, contre l'avis de la minorité francophone. Le dossier a fait l'objet d'un recours francophone mais pourra, si aucun accord n'est trouvé, reprendre son cheminement parlementaire dès le 1er mai.

CRITIQUE DES NATIONS UNIES

La Flandre est d'autant plus énervée par cette affaire que le Conseil de l'Europe doit, à la mi-mai, envoyer un émissaire en Belgique pour enquêter sur ce dossier. Il rentera un rapport sur le respect des droits politiques des francophones. "Les Flamands n'acceptent plus d'être diabolisés en tant que racistes ou égoïstes à l'étranger", a expliqué récemment Marino Keulen, le ministre régional flamand de l'intérieur et de l'intégration. M. Keulen est le ministre qui s'oppose à la nomination des maires francophones de la périphérie bruxelloise. Il est aussi celui qui a mis au point un "code du logement" qui prévoit que, pour obtenir un logement social, les candidats doivent s'engager à apprendre (gratuitement) le néerlandais.

La mesure n'aurait pénalisé aucun francophone et vise à "l'intégration civique des allophones (personnes qui parlent une autre langue) et des défavorisés", assure M. Keulen. Elle fait toutefois l'objet de critiques du Comité des Nations unies pour les droits de l'homme et d'un recours de la Région wallonne.

Un dernier élément complique les projets de M. Leterme. Jeudi 17 avril, les présidents des Régions wallonne et bruxelloise, Rudy Demotte et Charles Picqué, ont lancé une "bombe institutionnelle", selon la formule de divers observateurs. Les 2 socialistes ont plaidé pour un fédéralisme basé sur les 3 régions belges (Flandre, Wallonie et Bruxelles) et non plus sur les "communautés linguistiques".

S'il se réalise, ce projet donnerait naissance à une Fédération Wallonie-Bruxelles (un "Etat", disent déjà certains) gérée par un gouvernement unique. Le président du gouvernement flamand se réjouit officiellement d'avoir, à l'avenir, un "partenaire fort" face à lui. Mais le monde politique flamand sent bien que le projet est de tracer les contours d'une éventuelle "nation francophone", solution de rechange en cas d'aggravation des tensions au sein de l'Etat fédéral. Elle inclurait Bruxelles, capitale belge et flamande, mais très majoritairement peuplée de francophones.

Jean-Pierre Stroobants

Chronologie

Novembre 2007. Les partis flamands unanimes votent, contre les francophones, la scission de l'arrondissement bilingue de Bruxelles-Hal-Vilvorde dans une commission de la Chambre des députés.

Décembre. Le libéral flamand Guy Verhofstadt prend la tête d'un gouvernement intérimaire de crise.

Février 2008. Premier ensemble de réformes institutionnelles jugées insuffisantes en Flandre.

Mars. Yves Leterme, leader du parti chrétien-démocrate flamand, devient premier ministre. Ses alliés indépendantistes de la Nouvelle Alliance flamande exigent une vaste réforme du système fédéral, sous peine de lui retirer leur soutien. La "date butoir" des partis flamands est fixée au 15 juillet.

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22 avril 2008 2 22 /04 /avril /2008 15:38
Le PS réclame un changement du mode de scrutin du Sénat en préalable à la révision de la Constitution
LE MONDE | 22.04.08 | 14h06  •  Mis à jour le 22.04.08 | 14h06

a victoire de la gauche aux élections municipales et cantonales des 9 et 16 mars fournit un argument de poids aux sénateurs socialistes qui réclament une réforme du mode d'élection de leur assemblée. Ce devrait être un point de friction important entre majorité et opposition, lors des débats sur la réforme des institutions qui commenceront à l'Assemblée nationale le 20 mai. L'"avant-projet de loi constitutionnelle de modernisation des institutions de la Ve République", dont l'ambition est de rééquilibrer les pouvoirs notamment en renforçant ceux du Parlement, est présenté en conseil des ministres, mercredi 23 avril.
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Les sénateurs socialistes font de la réforme de leur collège électoral - qui relève d'une loi ordinaire - un préalable non négociable à la discussion sur la révision de la Constitution. Car ils ont fait leurs comptes : alors que la gauche détient, depuis le 16 mars, une majorité de collectivités locales, elle devrait obtenir seulement 10 à 15 sièges supplémentaires aux élections sénatoriales de septembre 2008 (où un tiers des effectifs sera soumis à renouvellement), auxquels devrait s'ajouter une 2ème fournée de 15 à 20 autres sièges en 2011.

Les raisons de cette distorsion : un mode de scrutin en décalage avec la réalité politique et institutionnelle de la France de 2008. Le collège électoral du Sénat est composé à 95% de maires. Parmi ceux-ci, les maires ruraux des petites communes les moins peuplées sont surreprésentés. Les 21 704 communes de moins de 500 habitants, qui abritent 8,9% de la population, désignent 16,2% des grands électeurs. Celles de plus de 100 000 habitants - dont Paris, Lyon et Marseille -, où habite 16% de la population, en désignent 8%.

DÉNI DÉMOCRATIQUE

"La gauche gère 20 des 22 régions métropolitaines et, depuis mars 2008, 58 départements sur 102, 32 villes de plus de 100 000 habitants sur 49. Aujourd'hui, 60% des Français vivent dans une commune de gauche. Et le Sénat devrait toujours rester à droite ?, s'interroge le président du groupe PS du Sénat, Jean-Pierre Bel. C'est une hérésie, un véritable déni démocratique."

"C'est un problème structurel qu'avait bien perçu le comité Balladur, dont les travaux ont précédé l'avant-projet de loi", souligne le sénateur des Hauts-de-Seine, Robert Badinter. "Il n'est pas concevable que nous entrions dans un processus de révision de la Constitution sans qu'il soit remédié à cette anomalie", prévient l'ancien garde des sceaux. "Si ce préalable n'est pas accepté, la discussion s'arrête, s'il est accepté, elle commence", conclut-il.

Pour se faire entendre, les parlementaires socialistes disposent d'un levier : l'UMP et ses alliés n'ont pas, à eux seuls, la majorité des trois-cinquièmes requise pour l'adoption, par le Congrès, d'une révision de la Constitution.

Les députés ne sont pas en reste. Le 8 avril, le bureau national du PS a réaffirmé la position qu'il avait prise, le 18 septembre 2007, en adoptant à l'unanimité des "propositions pour le rééquilibrage des institutions". Les socialistes réclament au gouvernement un "paquet global", selon l'expression d'André Vallini, député de l'Isère et secrétaire national aux institutions, incluant, outre la réforme du Sénat, le droit de vote des étrangers aux élections locales, l'introduction d'une dose de proportionnelle à l'Assemblée nationale (10% des députés) et l'"égalité audiovisuelle" garantissant le décompte du temps de parole du président de la République à la télévision.

Un autre verrou avait été posé en préalable par l'opposition : la suppression de l'article 7 du texte, qui stipule que le chef de l'Etat "peut prendre la parole devant le Parlement réuni en Congrès ou l'une ou l'autre de ses assemblées". Le bureau national du PS a jugé cette disposition "impossible", car incompatible avec le renforcement des droits du Parlement. Diverses personnalités - dont Laurent Fabius - se sont toutefois déclarées prêtes à un compromis sur ce sujet. Les sénateurs socialistes estiment que ce point est "discutable".

Christine Garin
Article paru dans l'édition du 23.04.08

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22 avril 2008 2 22 /04 /avril /2008 08:21
Clinton-Obama : une primaire démocrate cruciale en Pennsylvanie
LE MONDE | 21.04.08 | 16h30  •  Mis à jour le 22.04.08 | 09h13
PHILADELPHIE (Pennsylvanie) ENVOYÉE SPÉCIALE

ara Sydney et Teri Patterson se sont connues en faculté de droit. Deux jours avant la primaire démocrate du mardi 22 avril en Pennsylvanie, les deux amies sont venues de Washington faire du porte-à-porte pour Barack Obama à Philadelphie. "La campagne est devenue tellement mesquine que j'ai hésité à venir. J'étais désenchantée", dit Tara Sydney, avocate dans une association de protection de l'enfance. Teri Patterson, juriste dans une entreprise, a, au contraire, eu envie de s'engager. "Jusqu'à présent, je m'étais contentée d'envoyer de l'argent. Mais après les attaques sur le patriotisme d'Obama, je voulais montrer que nous sommes des gens normaux et que nous ne sommes pas en train de comploter quoi que ce soit contre les Etats-Unis !"

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Après 6 semaines sans scrutin, le vote de la Pennsylvanie va permettre de mesurer l'impact des attaques endurées depuis un mois par le sénateur de l'Illinois Barack Obama, favori de la course à l'investiture de son parti pour l'élection présidentielle de novembre.

Les sondages continuent à donner un avantage de 5 points à la sénatrice de New York, Hillary Clinton, dans cet Etat de tradition ouvrière, emblématique de la classe moyenne en difficulté dont elle entend défendre les intérêts.

Mais l'écart s'est réduit. M. Obama, qui voudrait bien en finir, après quatre mois d'une campagne de plus en plus rude, a investi massivement en publicité télévisée. Et pour la 1ère fois, il a recours, lui aussi, à des attaques fortement négatives. Le dernier clip accuse Mme Clinton de "financer des campagnes de calomnies avec l'argent des lobbies".

"LA CAMPAGNE L'A CHANGÉ"

La Pennsylvanie compte 3,9 millions d'électeurs démocrates. Si 250 000 nouveaux électeurs ont été enregistrés, la participation ne devrait pas, pas plus que dans les autres Etats, dépasser 50%. Mme Clinton bénéficie d'un avantage dans la région de Pittsburgh et dans les localités rurales, mais la course est plus disputée à Philadelphie, une ville où la population est mélangée et où se concentrent 20% des électeurs enregistrés.

Les commentateurs politiques estiment que le tir nourri dont a fait l'objet Barack Obama à propos de ses relations à Chicago ont eu pour effet de diminuer son aura et de le ramener au rang des politiciens ordinaires. "La campagne l'a changé, a estimé le chroniqueur conservateur David Brooks. Il est devenu plus à gauche et il ressemble à un candidat conventionnel échangeant des piques avec son adversaire."

Si on en juge par les derniers événements de campagne, la popularité de M. Obama ne paraît pas affectée : 35 000 personnes pour un meeting à Philadelphie ; des électeurs enthousiastes aux arrêts du train intitulé "Sur les rails du changement" à bord duquel il a entrepris de parcourir l'Etat.

Sauf coup de théâtre, la position de M. Obama n'est pas menacée. Il a gagné dans 28 Etats (contre 14 pour Mme Clinton) et la devance de 700 000 voix alors qu'il ne reste plus que 9 Etats après la Pennsylvanie. Mais il est condamné à se montrer compétitif, mardi, auprès de l'électorat "col bleu" s'il veut réussir, enfin, à faire basculer dans son camp les superdélégués dont le vote va être décisif, en l'absence d'une majorité absolue à l'issue du vote populaire.

Corine Lesnes
Hillary Clinton ne se retirera pas, même en cas de petite victoire

Interrogée sur CNN, lundi 21 avril, Hillary Clinton a assuré qu'elle n'abandonnerait pas la course à l'investiture démocrate, même en cas de petite victoire, c'est-à-dire moins de cinq points d'avance, face à son rival Barack Obama. Les dernières études d'opinion accordent entre 5 et 10 points d'avance à Mme Clinton, qui a affirmé qu'elle sera candidate"jusqu'à ce que le problème du Michigan et de la Floride soit résolu". Ces 2 primaires démocrates, remportées par l'ancienne première dame en janvier, n'ont pas été comptabilisées par la direction du Parti démocrate en rasion d'un différend avec les instances locales.

L'optimisme d'Hillary Clinton ne doit pas occulter que ses caisses, renflouées après des victoires dans le Texas et l'Ohio, sont maintenant presque vides, note le Financial Times, dans son édition de mardi. Sa campagne a besoin d'une très nette victoire en Pennsylvanie pour survivre alors que 9 primaires démocrates doivent encore avoir lieu. Selon le Financial Times, Mme Clinton, qui ne disposait que de 8,6 millions de dollars (5,4 millions d'euros) au début du mois d'avril, a dépensé plus d'un million de dollars par jour ces dernières semaines.


Délégués et "superdélégués"

Décompte. Selon le site indépendant RealClearPolitics.com, Barack Obama et Hillary Clinton obtiendraient, à la veille du vote de Pennsylvanie, respectivement le soutien de 1 648 délégués (dont 233 "superdélégués") et 1 508 délégués (dont 257 "superdélégués"). Pour l'emporter, un candidat a besoin de 2 025 délégués. Les "superdélégués" (796 au total) sont des responsables du parti ou des élus libres de leur choix.

Sondage. D'après Newsweek, M. Obama recueillerait, au niveau national, 54% des voix des électeurs démocrates contre 35% pour Mme Clinton.

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21 avril 2008 1 21 /04 /avril /2008 16:04
Nécrologie - Aimé Césaire, le grand poète de la "négritude"
LE MONDE | 18.04.08 | 16h28  •  Mis à jour le 18.04.08 | 16h28

ou de sa langue, de Rimbaud, de Breton, enfant caraïbe de Shakespeare et Brecht, né le 26 juin 1913 à Basse-Pointe (Martinique), député de la Martinique de 1945 à 1993, proche de De Gaulle et de Mitterrand, maire de Fort-de-France de 1945 à 2001, conseiller général à deux reprises (1945-1949 ; 1955-1970), Aimé Césaire, hospitalisé mercredi 8 avril 2008, est mort le 17 avril à Fort-de-France. Il était âgé de 94 ans.

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Le 23 mars 1964, face à De Gaulle en visite en Martinique : "On ne pourra pas éluder davantage un problème qui obsède notre jeunesse, le problème de la refonte de nos institutions pour qu'elles soient plus respectueuses de notre particularisme, plus souples et plus démocratiques." Il aura ainsi admonesté tous les présidents de la République d'une voix nette, timbrée, en porte-parole de son peuple et de son devenir. C'est cette parole, politique et poétique, qui impressionne le plus dans un corps sûr et si timide.

Un poète s'écoute à ses titres : Cahier d'un retour au pays natal (1939), Les Armes miraculeuses (1948), Soleil cou coupé (1948), Corps perdu (1949), Ferrements (1960), Noria (1976), Cadastre (1981). Sans compter des essais historiques et des discours violents : Esclavage et colonisation (1958), Discours sur le colonialisme (1962), Toussaint Louverture, La Révolution française et le problème colonial (1962).

Il ne fera plus désormais son tour quotidien de l'île avec chauffeur, "je ne m'en lasse pas, la faune, la flore, le peuple martiniquais, la cabane martiniquaise, les pauvres gens", tout ce qu'il aimait par coeur. Son grand-père fut le premier enseignant nègre, on reviendra sur ce mot, de l'île. Sa grand-mère Eugénie, "Maman Ninie", rare femme lettrée pour l'époque. Le père est contrôleur des contributions, la mère, couturière. Boursier, il est admis au lycée Victor-Schoelcher de Fort-de-France : "J'étais si curieux de connaître la France, de connaître Paris. Nous aimions ce que nous lisions, le journal du matin, le journal du soir, les livres qui venaient de paraître, le latin, le grec : tiens, dans un texte on trouve tel mot, hop je le reconnais en créole." En septembre 1931, il prend le bateau pour la France. En 1931, la France n'a qu'une idée approximative des Nègres.

Césaire entre en hypokhâgne au lycée Louis-le-Grand. Huit jours de bateau. Le premier camarade qu'il rencontre dans les couloirs est un Nègre comme lui. Il s'appelle Léopold Senghor. Ils intégreront ensemble l'Ecole normale supérieure avec Georges Pompidou. Ensemble, sans Pompidou toutefois, ils fréquentent les surréalistes et fondent l'idée de "négritude" : "Mais c'est normal. Il était nègre, moi aussi, nous comparions nos expériences. C'est un Africain, je suis un Martiniquais, nous avions des points de rencontre, mais nous avions aussi des interrogations. (...) On s'enseignait l'un l'autre. La réponse était africaine."

Lors de l'élection présidentielle de 2007, Césaire reçoit Laurent Fabius, soutient la candidature de Ségolène Royal et bondit contre la "loi de la honte", l'amendement voulu par la droite qui prétend marquer les aspects positifs de la colonisation (décembre 2005) : "Cela me ramenait cinquante ans en arrière. Qu'est-ce que ça venait foutre ? Il est clair qu'en aucune manière je ne pouvais approuver ce point scandaleux." Avait-il changé ? Pas d'un poil.

En septembre 1934, avec Léon Gontran Damas, élégant danseur de jazz, ce qu'il n'est certainement pas, lui, si fragile, avec une bande d'étudiants antillo-guyanais, ils fondent le journal L'Etudiant noir. Gigantesque travail de mémoire culturel (le politique suivra) contre l'idéologie coloniale et raciale : "Ce qui m'intéressait, c'était l'identité nègre. Toi le Sénégalais, toi le Guyanais, qu'est-ce que nous avons en commun ? Pas la question de la langue, mais la question nègre. (...) Je n'ai jamais voulu faire du français une doctrine. Il y avait surtout des anglophones et des Américains, avec une littérature nègre, Langston Hughes, Richard Wright, and so on, c'était pour nous, Nègres et francophones, une révélation. Les premiers qui ont posé les bases, pour nous, c'étaient les Nègres américains."

Cri noir de la raison

Agrégé de lettres, il rentre avec sa compagne, Suzanne Roussi, enseigner au lycée Schoelcher. René Ménil, Georges Gratiant, le couple et d'autres énergumènes fondent la revue Tropiques (1941). Contre le régime de Vichy, les Etats-Unis décident du blocus de la Martinique. André Breton passe par là (Martinique, charmeuse de serpents). Il publie Césaire dans la revue Fontaine, dirigée par Max-Pol Fouchet. Au passage, il consacre Césaire en "Nègre fondamental".

En 1945, Césaire est appelé par les élus communistes de l'île à la mairie de Fort-de-France : "Sans le vouloir. On a fait de moi un porte-parole. Au sortir de la guerre, je suis un jeune homme de gauche, communisant, mais je n'y connais rien. Des copains de classe font une liste assez large pour avoir des chances. Je n'y crois pas une seconde. Je signe pour leur faire plaisir et la liste fait un triomphe !" Voirie, caniveaux, ordures, merde, masures, il fonce : "Quelle prétention ! hein ? Quelle emphase ! - "L'argent, nous le trouverons !" Voilà comment est née ma carrière. Je ne suis pas antifrançais : je suis d'abord martiniquais."

Après l'effondrement économique de la Martinique, Césaire demande pour son pays un statut de département. Vieille revendication, au demeurant, peu entendue des exigences gauchistes d'indépendantisme. Il crée la revue Présence africaine avec Alioune Diop. Sartre préface l'Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache.

Son action pour la ville, le logement social, l'urbanisme, la politique culturelle de l'île (Service municipal d'action culturelle et Centre martiniquais d'action culturelle, à la rivalité très productive) reste aussi soutenue que contestée. Son autoritarisme et son népotisme, très discutés.

L'action politique de Césaire n'a de sens qu'au regard de l'oeuvre. En France, Aimé Césaire reste aussi méconnu que ses Antilles natales. Le Nègre inconsolé, ouvrage de Roger Toumson et Simonne Henry-Valmore (Syros, 1993), peut encore servir d'introduction : "On ne naît pas Noir, on le devient." Et encore plus récemment : "Nègre je suis, Nègre je resterai" (entretiens avec Françoise Vergès, Albin Michel, 2005). Et si le Discours sur le colonialisme, (1950) nous mettait encore aujourd'hui sur la voie : "Pousser d'une telle raideur le grand cri nègre, que les assises du monde en seront ébranlées."

Il est un poète de langue française, son Orphée noir, la parole "belle comme l'oxygène naissant", sur qui Sartre, Leiris et Breton se sont entendus : Aimé Césaire. Césaire, cri noir de la raison. La Martinique, soleil, cocotiers, sable fin, robes madras, anneaux créoles ? Soleil, oui, là-haut, vertical, sans absence - mais aussi "une petite maison qui sent très mauvais dans une rue étroite, une maison minuscule qui abrite en ses entrailles de bois pourri des dizaines de rats et la turbulence de mes frères et soeurs." L'Antillais lui paraît un Africain déporté, pire qu'un Nègre parce que privé de langue, sans religion ni histoire propre, somnolent et soumis dans une île "désespérément obturée à ses bouts". Dans l'ignorance parfaite de la "métropole". La France.

Le virage, c'est sa descente aux enfers personnelle, aux bords de la raison, qui aboutit à l'un des textes de la poésie du siècle face aux Antilles, "cul-de-sac innommable de la faim, de la misère et de l'oppression". Ce cri qu'il est seul à pousser, contre l'imitation, l'expérimental, ou le négrisme. Contre le silence d'être nègre. Ce qu'il dira plus tard de Frantz Fanon (Les Damnés de la terre, 1961) : "Peut-être fallait-il être antillais, c'est-à-dire si dénué, si dépersonnalisé, pour partir avec une telle fougue à la conquête de soi et de la plénitude."

Sa parole éclatée en "une fleur énorme et noire" (Sartre) prend le sens, il le dit, d'une parole pour les idiots et les bêtes. Non qu'elle s'adresse d'abord à eux, mais parce qu'elle parle à leur place, "ma bouche sera la bouche des malheurs qui n'ont point de bouche, ma voix, la liberté de celles qui s'affaissent au cachot du désespoir". Entendez-vous le silence qui a accompagné les longues dernières années du lion malicieux des Antilles ? Ce n'est pas faute d'avoir, dans le même temps pour faire écran, répété qu'il n'y avait plus de poète, plus d'intellectuel engagé, plus d'homme qui s'avance... Car il s'en trouvait un, on a fait semblant de l'ignorer, c'est ce qui arrive lorsqu'un silence crie fort, on ne va pas manquer, maintenant qu'il n'y a plus rien à craindre, de "redécouvrir" celui que l'on couvrait d'indifférence, ou de déboulonner la statue qu'il n'eut pas : c'est tout un. Et très compréhensible. De toute façon, Aimé Césaire avait pris les devants : "Accommodez-vous de moi. Je ne m'accommode pas de vous."
Francis Marmande

Dates clés

26 juin 1913
Naissance à Basse-Pointe (Martinique) ; il est le quatrième d'une famille de sept enfants.

1939
Cahier d'un retour au pays natal.

1946
Les Armes miraculeuses.

1947
Soleil cou coupé.

1950
Corps perdu. Discours sur la négritude.

1960
Ferrements.

1994
Moi, laminaire.

17 avril 2008
Mort à Fort-de-France (Martinique).

Article paru dans l'édition du 19.04.08

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21 avril 2008 1 21 /04 /avril /2008 14:53
Au Paraguay, "l'évêque des pauvres", le candidat de la gauche, remporte la présidentielle
LEMONDE.FR avec Reuters et AFP | 21.04.08 | 05h06  •  Mis à jour le 21.04.08 | 05h43

ernando Lugo, ancien évêque catholique et chef de file de l'opposition de gauche, a mis fin à 61 ans d'hégémonie du parti Colorado en remportant l'élection présidentielle de dimanche 20 avril au Paraguay. Les résultats collectés dans 88% des bureaux de vote le créditent de près de 41% des suffrages, soit dix points de plus que Blanca Ovelar, candidate du Colorado et première femme à briguer la présidence, qui a reconnu sa défaite. L'ex-général Lino Oviedo, condamné naguère à la prison pour une tentative de putsch, arrive en troisième position. Le scrutin se déroule à la majorité simple, sans second tour. Le taux de participation s'est élevé à 65%.


Dans un concert de klaxons et de pétards, plusieurs dizaines de milliers de partisans de Lugo se sont rassemblés dans le centre d'Asuncion pour célébrer son élection. "Nous avons écrit aujourd'hui un nouveau chapitre de l'histoire politique de notre nation", s'est-il félicité, s'adressant à la presse. "Nous pouvons dire aujourd'hui que le petit peuple est aussi capable de l'emporter", avait-il déclaré un peu plus tôt, à son quartier général de campagne.

UN SCRUTIN SANS INCIDENTS GRAVES

Se disant impuissant face à la pauvreté, l'ancien prélat de 56 ans a renoncé au sacerdoce en 2006 pour entamer une carrière politique l'année suivante. Désormais à la tête d'une coalition de centre gauche, il se présente comme un indépendant et récuse la comparaison avec le président vénézuélien Hugo Chavez, chantre de la "révolution bolivarienne", ou son allié bolivien Evo Morales.

Plusieurs dizaines d'observateurs internationaux ont veillé au bon déroulement du scrutin dans un pays où la corruption et la contrebande sont répandus. Les craintes de fraude et de violences ont été apaisées au cours de la journée, aucun incident majeur n'ayant été signalé. Quelques échauffourées localisées ont toutefois éclaté et du gaz lacrymogène a été projeté dans le bureau de vote où le colistier de Lugo accomplissait son devoir électoral, a indiqué un membre de son équipe de campagne.

Le parti Colorado, au pouvoir depuis 1947 - un record mondial -, a soutenu durant 35 ans la dictature du général Alfredo Stroessner avant de contribuer à sa mise à l'écart, en 1989. Le président élu prendra ses fonctions le 15 août.

Avec la victoire de M. Lugo, le marché commun régional du Mercosur (Argentine, Brésil, Uruguay et Paraguay plus les associés Chili et Bolivie et le Venezuela en cours d'intégration) est désormais uniquement composé de gouvernements de gauche.

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21 avril 2008 1 21 /04 /avril /2008 08:04
Intense émotion hier soir sur le parvis de l'Hôtel de Ville de Paris. La municipalité avait installé un grand écran et un chapiteau pour permettre aux Franciliens de suivre en direct les cérémonies d'hommage national à Aimé Césaire. Nous étions donc quelques milliers à être présents à Paris face aux dizaines de milliers de personnes venues de toute la Martinique pour saluer le Grand Homme à Fort-de-France.
Soirée un peu spéciale tout de même où un animateur de soirée qui meublait pour faire attendre le direct a rapidement chopé quelques sueurs froides, demandant que l'on passe sur un champ moins politique, après avoir démandé à l'assistance de venir témoigner sur Aimé Césaire. Mais comment parler de cet homme sans parler de politique ?

Comment parler de cet homme qui a toujours choisi une voie pacifique pour transformer le réel, sans parler des violences officielles qu'il a subi, censuré dans son oeuvre, censuré par les médias jusqu'aux années 1980, sa ville censurée dans les subventions qu'elle ne recevait pas du fait de la clarté politique de son maire ; bref comment parler de Césaire - de sa poésie, de sa pensée, de son choix démocratique - sans parler de la violence subie par sa terre, par son peuple et par toutes les humanités souffrantes ?

Certains orateurs hier soir ont rappelé l'isolement du député-maire de Fort-de-France aux moments les plus intenses de son action politique... Conspué par le Parti Communiste Français dont il avait dénoncé avant bien d'autres (et avant Budapest) les travers et les mensonges, ostracisé par la République quand pourtant il avait réaffirmé les liens des antilles à la nation française. Qu'ils étaient nombreux hier les hypocrites venus saluer Aimé Césaire à Fort-de-France, sur ces rangs de droite qui devaient haïr cet adversaire si coriace et si pertinent. Comment ne pas avoir une sorte d'ironie à voir le président de la République - qui reçut une cuisante leçon en 2006 de la part du vieillard - réduit au silence dans la ville du poète, alors qu'il s'agit d'un hommage national ?

On retiendra l'effort du Dr Aliker à 101 ans sortant d'un texte que l'émotion et l'âge l'empêchaient de suivre et qui reprit sa force et sa fermeté pour asséner quelques vérités politiques et humaines sans doute dures à entendre pour quelques uns des premiers rangs de l'assemblée. La force des textes de Césaire fut remarquablement présente et intérprétée par les artistes après ce discours. En plein débat sur les "effets positifs" de la colonisation, sur l'identité nationale et sur l'immigration, qu'il était sain et nécessaire d'entendre retentir cette parole. Malheureusement tout cela n'était retransmis que sur France Ô...

Alors qu'enfin l'école de la République se mette à enseigner les écrits et les poêmes d'Aimé Césaire pour sa parole se pérennise : voila le plus bel hommage national et le panthéon que ses mânes réclament. Qu'enfin s'ouvre la réalité du débat sur la colonisation et l'identité face à l'universalité. Car la France n'a jamais réellement eu ce débat, ce qui implique que des gens instruits peuvent aujourd'hui vous soutenir que "si, tout de même la colonisation a eu des effets positifs". Lisons et faisons lire Césaire, ses poêmes et ses textes politiques, pour faire comprendre en métropole et en outre-mer, que l'esclavage, la colonisation n'implique pas qu'une oppression physique et chronométrée mais qu'elle déstructure profondément les hommes et les sociétés et que ces conséquences impliquent une violence subie psychologiquement sur plusieurs générations.
Et pourtant malgré cette humanité violentée et déracinée, comment ne pas entendre le cri d'espoir de Césaire qui nous rappelle qu'une société peut malgré se reconstruire avec ces individus meurtris. Un optimisme sur l'humanité.

Frédéric Faravel

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20 avril 2008 7 20 /04 /avril /2008 10:06
Au Paraguay, l'"évêque des pauvres" défie un pouvoir vieux de 61 ans
LE MONDE | 18.04.08 | 15h10  •  Mis à jour le 18.04.08 | 15h10
ASUNCION ENVOYÉE SPÉCIALE

our la première fois au Paraguay, le Parti Colorado (PC), au pouvoir depuis soixante et un ans, craint de perdre l'élection présidentielle, dimanche 20 avril. Les 3 principaux candidats sont au coude-à-coude, selon les sondages : une femme pour le parti officiel, un évêque et un ancien général putschiste pour l'opposition.
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Grâce au contrôle de l'appareil d'Etat, au clientélisme, au soutien de l'armée, de l'Eglise et de l'oligarchie, les "colorados" ont gouverné aussi bien durant les trente-cinq ans de dictature du général Alfredo Stroessner que depuis le retour à la démocratie. Leur candidate, Blanca Ovelar, 50 ans, ne fait pas l'unanimité au sein du vieux parti, affaibli par des divisions internes et rongé par la corruption.

Elle n'éveille aucune ferveur populaire en comparaison au médiatique Fernando Lugo, 57 ans, qui a renoncé à son ministère d'évêque. Inspiré par la "théologie de la libération" et défenseur des paysans sans terre, il est à la tête d'une coalition regroupant des mouvements sociaux de gauche et le Parti libéral (droite). Il était le favori des sondages avant l'irruption surprise du général de cavalerie Lino Oviedo, 65 ans, libéré de prison en septembre 2007 après avoir purgé une peine infligée pour avoir tenté de renverser, en 1996, le président Juan Carlos Wasmosy (PC).

L'évêque et le "Jinete" (cavalier) se disputent le même électorat : les paysans pauvres et les sans-abri d'Asuncion, la capitale. Tous 2 promettent une réforme agraire "dans un pays essentiellement agricole, où 98% des terres appartiennent à de riches oligarques ou à des multinationales", selon le sociologue Tomas Palau. "Les Paraguayens ont envie de changement", note le psychologue Mario Torres. "Habitués à tout acheter, y compris les bulletins de vote, les "colorados" n'abandonneront pas facilement le pouvoir", ajoute-t-il.

EXODE DES JEUNES

Le président Nicanor Duarte n'a cessé de marteler que Fernando Lugo est "un dangereux communiste, aux bottes d'Hugo Chavez", le président vénézuélien, voire d'être lié à des groupes de guérilla proches des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). "L'évêque des pauvres" dit plutôt se sentir proche de Luiz Inacio Lula da Silva, le président brésilien.

"Si Lugo l'emporte, toute la région du Mercosur aura basculé à gauche", remarque Aldo Zuccolillo, le directeur d'ABC Color, principal quotidien du Paraguay, qui soutient "l'évêque rouge". Le journaliste décrit les "colorados" comme "proches des Etats-Unis" et le général Oviedo comme "l'allié de grands groupes économiques brésiliens". L'image du pays (6 millions d'habitants), enclavé entre le Brésil, l'Argentine et la Bolivie, est ternie par son implication dans des affaires de contrebande, de blanchiment d'argent, de trafics d'armes et de drogue.

Le "gouvernement colorado" revendique une croissance économique de 6,4% en 2007 due en grande partie à la production de soja, dont le Paraguay est le quatrième exportateur mondial. Mais plus de la moitié de la population vit dans la pauvreté, et 40% des Paraguayens sont touchés par le chômage et le sous-emploi. Le pays souffre aussi d'un exode des jeunes. Un million et demi de Paraguayens vivent en Argentine, 90 000 en Espagne, 60 000 aux Etats-Unis. "65 % des émigrés sont des femmes qui ont abandonné leur foyer et leurs enfants", regrette Tomas Palau. Les remesas, les fonds envoyés de l'étranger, ont rapporté 750 millions de dollars en 2007, soit plus que le soja.

"Je suis las de la corruption, de la misère et de l'absence de futur", confie Cristian Bogado, un étudiant en journalisme. A 25 ans, il fait partie des 4 000 jeunes qui, chaque mois, se font faire un passeport dans l'espoir de quitter le pays.

Christine Legrand
Article paru dans l'édition du 19.04.08

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19 avril 2008 6 19 /04 /avril /2008 17:18
"Les Ch'tis", "Germinal" comique, par Philippe Marlière
LE MONDE | 19.04.08 | 13h28  •  Mis à jour le 19.04.08 | 13h28

e succès du film de Dany Boon est remarquable : plus d'un quart de la population française, toutes régions et générations confondues, a vu à ce jour cette comédie. Cet engouement est d'autant plus inattendu que l'action se déroule dans le Nord-Pas-de-Calais, une région méconnue dans laquelle - nous enseigne l'oeuvre de fiction - la population autochtone parle une langue distincte du français : le ch'timi. Les clivages centre-périphérie (Paris-province) ou Nord-Sud existent dans la plupart des pays européens.

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Ces rivalités régionales renvoient, dans tous les cas nationaux, à une opposition d'une double nature : culturelle et de classe. Dans le cas français, une lecture stéréotypée perçoit le Nord comme une région économiquement défavorisée, à forte densité ouvrière, donc culturellement fruste. Inversement, on associe au Sud le dynamisme économique, un art de vivre supérieur et une population généralement sophistiquée.

Dans ce film, Dany Boon cultive les stéréotypes négatifs à propos du Nord pour démontrer que cette région n'est pas l'enfer décrit par la plupart des Sudistes. Grossissant délibérément les clichés anti-Nord, Boon fait le pari de démythifier la perception négative que l'on a généralement de cette région. La satire produit un effet paradoxal : se conformer aux poncifs sur le Nord pour en révéler la beauté cachée.

Le film aborde le double registre culturel et classiste. Culturel d'abord, avec la mutation dans le Nord du directeur de la poste à Salon-de-Provence (Kad Merad), à la suite d'une faute professionnelle grave (le Nord comme peine de prison symbolique). Cette partie du film épuise le répertoire des représentations fantasmagoriques du Nord. L'intrigue et les gags s'enchaînent de manière prévisible (le pôle Nord, la sonorité grotesque d'un ch'timi largement imaginaire, la laideur des paysages, etc.).

La caricature est le propre de la comédie et appelle le rire (fût-il gras). Cette mise en train fait rire le public, car elle exprime un racisme anti-Nord sans fard, tellement outré qu'il ne peut que susciter l'hilarité de tous. Dans une courte apparition, Michel Galabru illustre jusqu'à l'absurde la représentation fantasmée de l'enfer du Nord.

Le ch'timi est-il l'attribut culturel essentiel des Nordistes ? Rien n'est moins sûr. Seule une minorité de Nordistes parle le patois. Et encore cette pratique est-elle socialement et générationnellement connotée : le français mâtiné de ch'timi est essentiellement pratiqué par les personnes âgées en milieu rural. Il est ainsi invraisemblable que les postiers à Bergues puissent interpeller les usagers du bureau de poste en patois. Le film donne faussement l'impression qu'à Amiens, Calais ou Armentières, les Ch'tis parlent le même patois.

En fait, le ch'timi n'est pas une "langue" unifiée, mais peut varier assez nettement d'une localité à une autre. Le ch'timi relève surtout de la sphère privée, amicale ou familiale, celle de la détente et du loisir. On plaisantera occasionnellement en patois entre amis ou en famille, mais pas sur le lieu de travail. C'est la langue de la transgression, du "mauvais Français", comme l'ont inculqué les instituteurs de la République à des générations d'écoliers. "Ecraser le patois", c'est être "cancre", "inculte". En réalité, ce qui caractérise les Nordistes n'est pas tant le ch'timi qu'un accent régional prononcé et reconnaissable (comme celui des Sudistes).

Le suremploi anachronique du ch'timi dans le film n'est pas fortuit : il permet de souligner à gros traits la nature "accueillante" et "populaire" des Nordistes et de suggérer en même temps qu'ils sont un peu "babaches" (primaires). Non seulement les personnages principaux parlent un patois incompréhensible, mais ils sont aussi laids et obèses (à l'exception d'Anne Marivin, la postière), inactifs ou oisifs et, bien entendu, ont un penchant pour la bouteille. La banderole des supporteurs du PSG était injurieuse, mais elle n'a fait que paraphraser de manière ironique le message que véhicule implicitement le film de Dany Boon. Le scandale qu'elle a provoqué en France peut donc paraître paradoxal, car la source de son inspiration se trouve bien dans cette comédie. La colère du maire socialiste de Lens à cette occasion peut prêter à sourire. Le groupe socialiste de la région Nord-Pas-de-Calais n'a-t-il pas financé à hauteur de 600 000 euros le film de Dany Boon ? Cette décision a d'ailleurs suscité l'incompréhension et la colère d'une grande partie de la population nordiste.

On notera enfin que les principaux personnages travaillent à la poste. S'agit-il d'une promotion d'un service public essentiel et un pied de nez indirect à la rupture néolibérale promise par le sarkozysme ? On peut le comprendre ainsi, mais une lecture antinomique est possible : ces postiers sont des fonctionnaires pépères (des "bringueurs" invétérés), pas très professionnels (Dany Boon en postier alcoolique) ; bref, le Nord que l'on donne à voir ici se conforme à l'imagerie dominante d'une région à la main-d'oeuvre peu qualifiée et peuplée d'assistés sociaux.

Le film dégage un pessimisme social, accentué dans le dénouement de l'histoire : après trois années de purgatoire dans le Nord, le directeur s'en retourne vers le paradis sudiste (en réalité, nombre d'exilés involontaires dans le Nord décident de s'y établir).

Bienvenue chez les Ch'tis est donc une comédie ambiguë. Bien intentionnée, elle campe un Germinal comique, mettant en scène un prolétariat dévoué, mais pas très futé, dans une région économiquement arriérée. Bon gré, mal gré, ce film flatte les principaux poncifs anti-Nord : serait-ce la raison de son succès commercial phénoménal ?


Philippe Marlière est maître de conférences en sciences politiques à l'université de Londres

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