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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube. J'anime aussi le groupe d'opposition municipale de gauche "Vivons Bezons" et je suis membre du groupe d'opposition de gauche ACES à la communauté d'agglomération Saint-Germain/Boucle-de-Seine.
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Gauche Républicaine & Socialiste

29 avril 2021 4 29 /04 /avril /2021 07:00
Canton d'Argenteuil-Bezons : Le « mariage de la carpe et du lapin » va tuer la gauche - communiqué de presse PCF et GRS

Alors que les négociations étaient encore en cours avec les principales forces de gauche (Génération.s, EELV, PS, PCF, GRS, GDS, LFI) sur certains cantons du département, le comité départemental du Parti communiste du Val-d'Oise en a décidé autrement en y mettant un terme.

Sous la pression de l'intérimaire au poste de secrétaire fédéral du PCF95, la consultation des militants a été évacuée, contrairement aux règles démocratiques de nos organisations. Tel est le cas à Bezons !

Nos propositions de présenter ensemble pour le canton Argenteuil 3 (Argenteuil-Bezons) des candidats de la GRS et du PCF et d'élargir ce rassemblement à d'autres forces politiques de gauche (Génération.s, EELV, GDS, LFI) ont été balayées avant même d'être examinées et alors même que la consultation auprès des militants communistes de Bezons était engagée. Contrairement aux principes démocratiques qu'avait toujours portés le regretté Alain Feuchot, Cécile Dumas a donc imposé Marjorie Noël et Dominique Lesparre, qui s'étaient déjà autoproclamés candidats. Ces candidats ne sont pas ceux des communistes bezonnais et ne nous représentent pas.

Il est désastreux de présenter aux électeurs deux personnes qui, farouchement opposées l'une à l'autre aux dernières élections municipales, ont par le comportement provoqué la défaite d'une municipalité d'union de la gauche.

Nous refusons ces pratiques anti-démocratiques. Cette stratégie laisse un boulevard à des conseillers départementaux, inutiles et inefficaces depuis 6 ans, et renforce la droite et l'extrême droite. Ces méthodes encouragent également l'abstention.

Nous prendrons nos responsabilités et nous continuerons, ensemble, à défendre les intérêts des Bezonnais. À cette heure, aucune candidature aux élections départementales pour le canton d'Argenteuil 3 ne correspond à cet impératif.

Canton d'Argenteuil-Bezons : Le « mariage de la carpe et du lapin » va tuer la gauche - communiqué de presse PCF et GRS
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27 avril 2021 2 27 /04 /avril /2021 18:11

Le symbole est significatif et il ne saurait être pris à la légère... La tribune ignoblement intitulée « Pour un retour de l’honneur de nos gouvernants » signée par une vingtaine de généraux, une centaine de hauts-gradés et plus d'un millier d'autres militaires et publiée par le magazine d'extrême droite Valeurs Actuelles est apparu en ligne le mercredi 21 avril 2021 à 7 heures du matin, soit 60 ans jour pour jour après le « putsch des généraux ».

Continuité d'une marginalité réactionnaire interne

Les tentatives de coup d’État militaire sont rares dans notre pays et ce sont parfois terminés en farce (comme avec le Général Boulanger), mais la date anniversaire choisie pour faire paraître le brûlot sédition devrait nous au sérieux : l'armée française ne s'était réellement rangée derrière le régime républicain qu'après l'Affaire Dreyfus et si l'expression de « grande muette » traduit la privation de droits civiques des militaires entre 1848 et 1945, il a toujours été convenu que l'armée et ses chefs ne devaient plus se mêler de politique. Des militaires ne sont sortis de leur réserve qu'à deux reprises : en mai 1958, lors de la guerre d'Algérie, ils obtiennent le retour du général De Gaulle au pouvoir et fait la chute de la IVème République ; en avril 1961, les mêmes protagonistes menacent de renverser le nouveau régime (lui-même né d'une forme de coup d’État) qui ne devra sa survie pour une large partie au refus des appelés de suivre ce que général De Gaulle avait raillé comme un « quarteron de généraux en retraite ».

En retraite, ce quarteron ne l'était pas, et d'aucuns pourraient y voir un argument pour se rassurer à la lecture de la lettre séditieuse : après tout, les généraux signataires de la tribune publiée par Valeurs Actuelles sont eux bien à la retraite… ce qui reste inquiétant c'est que le millier d'autres signataires lui ne l'est pas en retraite. Et c'est là l'information principale qu'il convient de retenir : il y a toujours eu dans l'armée français des cadres et des officiers dont l'adhésion à la République n'était jamais que nominal, heureusement la République s'affermissant leur nombre s'était réduit et les républicains sincères ont toujours été en majorité une fois ses éléments réactionnaires ridiculisés et écartés après « l'Affaire ». Les autres ont appris la dissimulation avec un certain talent, puisque des individus qui se sont révélés aussi abjects et anti-républicains que Philippe Pétain étaient parvenus à être élevés dans l'opinion publique et des responsables politiques au rang de recours et de sauveur dans la débâcle. L'histoire nous a donc appris à nous méfier… et ce n'est pas parce que les opposants à la création de la Vème République se sont trompés, sur le risque fasciste qu'ils dénonçaient en 1958 avec le général De Gaulle, que la tentation autoritaire et réactionnaire avait totalement disparu. Le « Grand Charles » l'a expérimenté lui-même… Aujourd'hui nous sommes avertis : un bon millier d'officiers d'actives sont prêts à assumer ouvertement leur haine de la République.

La sédition militaire contre la République
Weltanschauung d'extrême droite

Le texte est court, mais il enchaîne les poncifs et les passages obligés de tout manifeste national-réactionnaire qui se respecte. Trouver des justifications oiseuses pour soutenir que ces hommes supposément attachés à l'ordre et à l'honneur trahissent donc ainsi leur devoir en menaçant les Français : « L’heure est grave, la France est en péril, plusieurs dangers mortels la menacent (...) notre honneur aujourd’hui tient dans la dénonciation du délitement qui frappe notre patrie ». L'appel au drapeau qui n'est « pas simplement un morceau d’étoffe » mais devient subitement la relique d'un culte ossifié dont ils ont oublié qu'il représente la communauté nationale avec de vrais êtres de chair, de sang et de conscience.

L'analyse politique portée sur l'état du pays n'est qu'une longue énumération des obsessions classiques, recyclées et réchauffées de l'extrême droite traditionnelle.

Le premier péril serait lié à « un certain antiracisme ». « Aujourd’hui, certains parlent de racialisme, d’indigénisme et de théories décoloniales, mais à travers ces termes c’est la guerre raciale que veulent ces partisans haineux et fanatiques. Ils méprisent notre pays, ses traditions, sa culture, et veulent le voir se dissoudre en lui arrachant son passé et son histoire ». On peut considérer que beaucoup de gens font fausse route et s'égarent – comme le démontrent un certain nombre de débat hors sol qui alimentent avec frénésie les divisions de la gauche – ou développent un discours dangereux, mais de là à considérer aujourd'hui que l'UNEF, Edwy Plenel, le comité Adama ou même le PIR (dont les méthodes violentes ne font elles aucun doute) risqueraient de mettre en danger la République, voilà qui démontre un esprit plus embrumé qu'après avoir englouti 3 litres de bière dans une arrière salle de brasserie munichoise. Il suffit d'ailleurs de regarder à quel point ces thèses n'ont aucun relais chez nos concitoyens quel que soit leur milieu social, il suffit de mesurer à quel point les catégories populaires – quelles que soient les origines géographiques – considèrent avec consternation les débats qui agitent parfois une certaine gauche, pour toucher du doigt l'abstraction idéologique qui anime les rédacteurs de « l'appel ».

Le deuxième péril viendrait de « l’islamisme et des hordes de banlieue ». Voilà une nouvelle preuve que ces prétendus et autoproclamés sauveur du pays ne connaissent pas celui-ci. L'islamisme est évidemment un péril puisqu'il met en cause la République et soutient un projet terroriste, mais pour justifier de renverser la démocratie et la République il ne suffit évidemment pas. Malgré tous les reproches que l'on peut faire aux gouvernements successifs – plutôt dans le sens d'un recul des libertés publiques – la société française et les valeurs républicaines n'ont pas cédé sur l'essentiel face aux djihadistes. Non, pour prétendre renverser la République, il faut expliquer que le régime honni a failli et que de larges pans de notre territoire sont définitivement sortis de la Nation ; on voit à quel point le discours sur « les territoires perdus de la République » largement répandu à droite mais souvent relayé chez certains qui furent peut-être de gauche – comme Manuel Valls (on se souvient de son évocation de l'apartheid pour décrire la société française !?) – est dangereux puisqu'il vient en écho au délire ultra-nationaliste avec un impact bien plus fort. Voici donc les banlieues françaises perdues et ses habitants tous devenus des islamistes radicaux ou des relais des trafiquants et rassemblés dans une « horde », autre façon de les rabaisser au rang de « bêtes » qu'on pourra ensuite massacrer.

Enfin, le dernier péril qui menace notre société serait « la haine » qui « prend le pas sur la fraternité lors des manifestations où le pouvoir utilise les forces de l’ordre comme agents supplétifs et boucs émissaires face à des Français en gilets jaunes exprimant leurs désespoirs ». C'est sans doute l'attaque qui peut faire le plus de mal, parce que le macronisme a effectivement usé d'une violence inutile et disproportionnée contre les citoyens français. C'est cependant un détournement odieux, car jamais au grand jamais – et quels qu'aient pu être les coups de projecteurs d'une certaine presse sur des chants antisémites isolés et des appels tout aussi minoritaires au général de Villiers – ce mouvement social inédit n'a émis la moindre sympathie pour les thèses des agités du képis qui nous occupent aujourd'hui. Les revendications du mouvement le rapprochaient d'une forme de gauche radicale qui aurait enfin trouvé un moyen de s'attacher toute une frange d'artisans et de petits entrepreneurs. Là réside bien un risque : celui qu'à force de mépriser les Français, et notamment les aspiration des catégories populaires et moyennes, de lui nier toute possibilité de débouchés économiques et sociaux, une partie d'entre eux désespérant de l'égalité finisse par croire en un sursaut possible d'un ordre « viril ».

La politique de l'autruche

Le fait qu'une telle analyse puisse être assumée explicitement et publiquement par plus de milles militaires est en soi un fait politique grave. Le deuxième fait grave est la menace tout aussi explicite de renverser la République par les armes. Ces gens sont disponibles pour mettre leurs réseaux au service d'un projet de guerre civile et au regard du discours idéologique de cet appel de l'épuration ethnique qu'ils appellent de leurs vœux.

N'importe quel gouvernement démocratique aurait pris la mesure de la menace. Mais il est effarant que l'exécutif n'ait pas cru bon de réagir ; soyons plus précis, la ministre des armées a fini par réagir pour dénoncer Marine Le Pen. Le fait que la candidate d'extrême droite ait appelé ces factieux à la rejoindre est évidemment une faute politique mais révèle surtout que la stratégie de dédiabolisation du Rassemblement national n'est qu'un miroir aux alouettes élaboré pour masquer le programme profond de ce parti. Que la ministre des armées reproche à la leader d'extrême droite sa complicité avec des éléments séditieux n'est pas un mal en soi, mais qu'elle ne s'en prenne pas directement aux factieux est proprement sidérant. S'il fallait une preuve supplémentaire que les gens qui nous dirigent sont hors sol, Mme Parly et le silence d'Emmanuel Macron et du gouvernement nous l'ont donnée.

Nous ne pouvons rester sans réponse face à un pouvoir qui détruit l'espoir dans notre peuple, en réduisant la promesse d'égalité républicaine et les libertés publiques. Nous ne pouvons laisser non plus s'installer l'idée que l'unique alternative restante serait une extrême droite de toujours, qui pourrait s'appuyer sur des relais favorables dans l'encadrement de la police et de l'armée, dont certains des cadres tentent aujourd'hui de remettre à l'ordre du jour que la Nation existerait sans la République.

Les uns comme les autres représentent la pire des menaces contre la République et les Français. La gauche doit se ressaisir ; à nous de rappeler que la République Française est une, indivisible, et que le pouvoir s’y prend par les urnes et non par les armes. À nous de rappeler que l'armée est au service de la République et qu'elle n'a de légitimité et d'utilité que pour lutter au service de celle-ci et des Français contre les ennemis extérieurs. Les ennemis de l'intérieur, il en existe et il en a toujours existé et c'est aux Français et à leurs représentants démocratiques de les faire reculer. Nos organisations politiques doivent engager une stratégie de reconquête de l'hégémonie culturelle perdue.

Méditons enfin ce qui a sans doute été une des pires « fausses bonnes idées » des 20 dernières années avec la suspension de la conscription : nous devons rétablir absolument les conditions d'un encadrement militaire absolument républicain et sanctionné ceux qui ont juré de mettre en danger la communauté nationale en se dressant contre elle parce qu'ils en sont déconnectés. L'armée française doit être l'armée des Français et il convient de réexaminer les conditions dans lesquels ils y reprennent pied. Relisons L'Armée nouvelle de Jean Jaurès et regardons ensemble comment nous pouvons en appliquer les idées les plus lumineuses dans la réalité d'aujourd'hui.

Frédéric FARAVEL
conseiller municipal et communautaire Gauche Républicaine et Socialiste de Bezons

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25 avril 2021 7 25 /04 /avril /2021 12:18

J'ai déposé aujourd'hui au nom de la Gauche Républicaine & Socialiste une gerbe lors de la commémoration du #souvenir des victimes et héros de la #déportation. A partir de leur accession au pouvoir en 1933, les Nazis ont patiemment bâti un dispositif de meurtres de masse lui donnant une dimension industrielle pour appliquer leur idéologie raciste et criminelle : plus de 6 millions de Juifs (les 2/3 des Juifs d'Europe, 40% des Juifs du monde), plus de 250.000 Tziganes périrent dans les Camps de la Mort de 1934 à 1945 ou dans les exécutions de masses qui suivirent l'invasion de l'URSS par la Wehrmacht... mais aussi des Noirs, des malades mentaux, des homosexuels, des Slaves qualifiés eux-aussi de "sous hommes".

Dans ces camps furent également déportés pour mourir des dizaines de milliers d'opposants politiques, communistes, socialistes, républicains, résistants. Ce fut le cas de membres de ma famille.

N'oublions jamais leur courage, car contrairement à ce qui a été raconté il y eut bien une résistance contre l'univers concentrationnaire ; n'oublions jamais non plus - au moment des apprentis dictateurs menacent à nouveau la République en assumant ouvertement un discours raciste contre certains de nos concitoyens - que l'horreur nazie reçut le concours zélé et diligent des régimes fascistes et antisémites qui ont sévi dans toute l'Europe (dont la France) avant et pendant la Deuxième Guerre Mondiale.

Ne tombons jamais dans les discours qui assignent à une identité ou à des "races", qui n'existent pas, nos frères humains, chérissons notre République qui énonce que chacun d'entre nous est un membre égal de la communauté nationale, luttons pour donner à notre devise Liberté-Egalité-Fraternité une réalité concrète pour chacun de nos concitoyens (quand des pouvoirs aveugles travaillent à faire reculer l'égalité), portons avec toute notre énergie l'universalisme du message républicain que la France (la vraie, celle de 1789, 1792, 1848, 1871, 1936 et 1945) offre au monde...

Frédéric FARAVEL
Conseiller municipal et communautaire Gauche Républicaine et Socialiste de Bezons

Déportation, Shoah, Porajmos... Ne jamais oublier, continuer à lutter !
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22 avril 2021 4 22 /04 /avril /2021 17:29

J’ai rédigé pour la Gauche Républicaine et Socialiste ce décryptage de l’opération électorale d’Emmanuel Macron sur le thème de la sécurité. C’est un sujet essentiel qui vaut mieux que le plan de comm’ ultra-conservateur qu’il nous a infligé.

Frédéric FARAVEL
conseiller municipal et communautaire Gauche Républicaine et Socialiste de Bezons
coordinateur national des pôles thématiques de la GRS

Emmanuel Macron à Montpellier le 19 avril 2021

Emmanuel Macron à Montpellier le 19 avril 2021

Le plan comm’ se veut parfait. Un entretien « exclusif » dans Le Figaro, pour séduire un lectorat supposé ancré à droite, publié le dimanche 18 avril, un déplacement de terrain à Montpellier le lendemain pour faire de belles images du Président en maraude avec la BAC, quelques phrases chocs et définitives…

Emmanuel Macron a lancé sa campagne électorale et a décidé de placer la sécurité comme point d’entrée,. Il considère que ce thème est idéal pour consolider sa position dans l’électorat de droite et mettre en scène son duel souhaité avec Marine Le Pen. Pourtant, la sécurité qui a toujours été une préoccupation importante de nos concitoyens vaut mieux qu’une mise en scène d’opérette.

Des affirmations contredites par le terrain

Emmanuel Macron affirme « se battre pour le droit à une vie paisible ». Il a donc d’abord tenu à défendre son bilan au moment où la France doit faire face, selon lui, « à une forte augmentation des violences sur les personnes, qui visent tout particulièrement les détenteurs de l’autorité ». Il promet de « faire reculer la délinquance partout ». Voilà qui est bel et bon. Il promet de tenir son objectif de 10 000 policiers et gendarmes supplémentaires avant la fin du quinquennat ; ainsi « chaque circonscription de police aura plus de policiers à la fin du quinquennat qu’au début, sans exception ». Il insiste : « Chaque Français verra plus de bleu sur le terrain en 2022 qu’en 2017. Ça rassure les gens, ça dissuade les délinquants ».

Commissariat de Bezons fermé depuis plusieurs années et inoccupé...

Pourtant la réalité vécue par les élus locaux et nos concitoyens dément chaque jour cette affirmation : nombre d’entre eux pourraient démontrer aisément que les effectifs de policiers nationaux ou de gendarmes ne sont pas au rendez-vous, malgré les recrutements engagés dès le précédent quinquennat. De même, le dispositif “Police de sécurité au quotidien” (appellation technocratique pour ne plus dire “police de proximité”) n’est déployé qu’avec parcimonie… y compris dans des communes populaires pour lesquelles tout justifierait son implantation. Dans les faits, les habitants voient chaque jour les distances croître entre eux et leurs commissariats, alors que pour ces derniers les collectivités locales sont souvent appelées à fournir ramettes de papier et encre pour les imprimantes tant il manque du strict nécessaire administratif quand ce n’est pas tout simplement de matériel d’intervention. Doter les agents de police des moyens de faire leur métier, d’être présents sur le terrain en nombre au quotidien, plutôt que de devoir mettre en œuvre une politique du chiffre qui les éloigne de la population : voilà qui permettrait de prévenir voire d’empêcher les agressions dont ils sont aujourd’hui victimes et d’avoir le soutien et la confiance des habitants, nécessaires pour lutter contre les gangs, trafiquants et ennemis de la République. On en est loin… nous le verrons plus loin, la stratégie impulsée par le gouvernement et la hiérarchie détourne en réalité la police de sa mission essentielle sans lui apporter les effectifs là où ce serait nécessaire.

Expliquant qu’il fallait prendre le temps de former, le chef de l’État veut convaincre « qu’aujourd’hui 4 508 policiers et 1 706 gendarmes ont déjà été recrutés, soit 6 214 membres des forces de l’ordre », auquel il faudrait ajouter 2 000 fonctionnaires supplémentaires en 2021. On voit difficilement en refaisant tous les calculs comment on pourrait atteindre l’objectif des 10 000 postes supplémentaires d’ici la fin de son quinquennat. D’autant plus que lorsque l’on consulte les rapports « performances » des ministères à Bercy, c’est une toute autre réalité qui apparaît : en effet, si les effectifs de police et gendarmerie ont bien progressé de 9 789 postes équivalents temps plein (ETP) entre 2013 et 2017 (avec une légère baisse pour la police nationale sous l’effet du dernier budget Sarkozy), ceux-ci baissent clairement – et de manière plus prononcée pour la police nationale – entre le 31 décembre 2013 et le 31 décembre 2020 pour atteindre un déficit global de 1 109 ETP (voir notre infographie ci-dessous). La communication élyséenne est donc une fois de plus prise en flagrant délit de mensonge. S’appuyant sur le vote de la loi « sécurité globale », dont le cœur vise avant tout à restreindre les libertés publiques plutôt qu’à renforcer la sécurité, il annonce enfin la création d’une réserve de 30 000 hommes dans la police. Emmanuel Macron réitère également sa promesse de renouveler 50% du parc automobile de la police. Promesses, promesses de campagne… On verra si, à ces annonces, il faut appliquer le même ratio que pour les postes claironnés par l’Élysée et ceux qui sont réellement détruits : si c’est le cas, ça pourrait faire mal…

infographie sur les chiffres d'évolution des postes de policiers et de gendarmes fournis par Bercy

infographie sur les chiffres d'évolution des postes de policiers et de gendarmes fournis par Bercy

Cécité volontaire et entêtement dans l’erreur

Après avoir reconnu l’existence de violences policières, il revient à l’affirmation que celles-ci n’existeraient pas : « Il n’y a pas de violence systémique de la police, c’est faux ». Cette déclaration est tout autant électoraliste que les précédentes : elle vise uniquement à s’attirer les bonnes grâces d’un syndicat de police radicalisé, Alliance, qui défend l’impunité a priori des fonctionnaires de police. Là encore, il s’agit d’asseoir une connivence politique et non d’assurer l’efficacité de la police française en garantissant sa respectabilité chez nos concitoyens.

Disposer d’une police républicaine c’est disposer de fonctionnaires de police respectant les principes et la loi républicaine : le racisme n’y a pas plus sa place que la violence. C’est parce qu’elle est républicaine que son action doit être publique. Cela passe par dénoncer la responsabilité de la hiérarchie et du gouvernement inspirant la dérive malsaine, parce que si peu républicaine, dans une partie de la police. Lorsque le préfet de police de Paris, Didier Lallement, affirme devant des caméras de télévision qu’il existe dans la société deux « camps », n’inspire-t-il pas là une culture de guerre civile, incitant les policiers à regarder leurs concitoyens comme de possibles ennemis ? Lorsque le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, « s’étouffe » au mot violence policière, n’entretenait-il pas ainsi une culture de l’impunité mettant la police au-dessus des lois, le contraire même de la République ? La police républicaine doit former ses fonctionnaires, les contrôler, les accompagner et garantir leur conformité aux principes républicains. La GRS a toujours affirmé son attachement à une police républicaine. Nous avons rappelé la nécessité de doter la police des moyens humains, des formations, et des contrôles nécessaires. Nous appelons également à un changement de doctrine, refusant la militarisation à l’américaine initiée par la droite il y a 15 ans, mais amplifiée depuis 2015 par les gouvernements successifs de François Hollande et d’Emmanuel Macron.

Durant des décennies, la police française a été considérée comme un modèle d’efficacité et de pondération, formant à l’étranger des centaines de forces de l’ordre à l’encadrement des manifestations et de certains des débordements qui peuvent malheureusement s’y produire. Depuis six ans, aucune manifestation n’a pu se tenir calmement ; la faute à des éléments radicalisés et agressifs qui visent à chaque fois à détourner les mobilisations syndicales et populaires de leur objet ; mais également à une doctrine d’engagement des forces de l’ordre dont l’objet n’est plus la sécurité des manifestations et des manifestants (en lien avec les organisateurs), mais l’affrontement « viril » avec les casseurs et l’amalgame de ces derniers avec les manifestants pacifiques. Loi Travail XXL, 1er mai, « Gilets Jaunes » … la liste est longue où, sous prétexte d’affronter les black blocs et autres casseurs, ce sont des citoyens pacifiques qui ont été « nassés » et visés par les forces de l’ordre, noyés sous les gaz lacrymogènes et gravement blessés, comme nous ne l’avions plus vu depuis les années 1970 ! Il y a une disjonction totale entre les besoins quotidiens de sécurité et tranquillité publiques réclamées par nos concitoyens qui ne sont pas au rendez-vous et la violence exercée avec des moyens disproportionnés contre l’expression démocratique et constitutionnelle des Français. Le choix électoraliste d’Emmanuel Macron est de poursuivre dans l’erreur en faisant de notre police un outil de « maintien de l’ordre » et non un service public de « gardiens de la paix ».

Sémantiquement et juridiquement, si l’on assemble les éléments de discours de ces derniers mois, couronnés par l’adoption de la proposition de loi « Sécurité Globale », « nous sommes en guerre » avec les mesures prises récemment, « couvre feu » « état d’urgence » « confinement », « Drone », « caméra autorisée sans contrôle », « interdictions de filmer la police », les ingrédients sont réunis pour faire basculer la France dans un régime de contrôle et de contrainte et non de liberté, sans garantir la sécurité ! Au-delà des craintes pour les libertés publiques, l’alourdissement de l’arsenal juridique n’a jamais renforcé l’efficacité de la police. La Gauche Républicaine et Socialiste rappelle son opposition farouche à la loi « Sécurité Globale » (nos deux parlementaires – Marie-Noëlle Lienemann et Caroline Fiat ont d’ailleurs signé la saisine du Conseil Constitutionnel sur ce texte). Nous demandons la tenue d’états généraux de la sécurité où seront redéfinis la doctrine d’encadrement des manifestations et de l’ordre public, les moyens nécessaires accordés à la police et son intégration à un projet de société en lien avec la population. Ces états généraux devront déboucher sur une loi de programmation pluriannuelle pour la sécurité intérieure qui prévoira la montée en puissance des moyens humains, matériels, techniques des forces de l’ordre, de renseignement intérieur et de la justice ainsi que leurs missions prioritaires et le déploiement territorial.

Dans cette opération de communication commencée dimanche dernier, le locataire de l’Élysée n’a pas eu un mot pour la Justice et les moyens dont elle manque cruellement et que l’agitation du Garde des Sceaux ne peut (pas plus que du temps de ses prédécesseurs) masquer. Là encore, le gouvernement Macron-Castex reprend les recettes éculées des conservateurs en annonçant la création mardi 20 avril de 15 000 places supplémentaires de prison… sans se soucier le moins du monde des raisons pour lesquelles celles-ci sont combles, sans rien changer à l’indignité des conditions de vie dans les maisons d’arrêts et sans aucune réflexion sur un système qui, plutôt que réhabiliter les détenus, fabrique des récidivistes souvent plus dangereux à l’issue de leur peine qu’ils ne l’étaient avant…

Emmanuel Macron à Montpellier le 19 avril 2021 (en présence du maire PS, Michaël Delafosse)

Emmanuel Macron à Montpellier le 19 avril 2021 (en présence du maire PS, Michaël Delafosse)

Stupéfiant contre-sens !

Emmanuel Macron semble avoir bénéficié sur la question des drogues d'une illumination soudaine : « La France est devenue un pays de consommation et donc, il faut briser ce tabou, lancer un grand débat national sur la consommation de drogues et ses effets délétères ». On espère que le Président ne découvre pas la situation !? « Ceux qui prennent de la drogue doivent comprendre que non seulement, ils mettent leur santé en danger, mais qu’ils alimentent aussi le plus grand des trafics. On se roule un joint dans son salon et, à la fin, on alimente la plus importante des sources d’insécurité… ». Il ajoute que « 70 000 amendes forfaitaires délictuelles ont été dressées depuis septembre. […] Ça veut dire quelque chose de clair : si vous vous faites prendre comme consommateur, vous savez que vous allez devoir payer et que vous n’allez pas y échapper. Ça change le rapport de force. » Il affirme également se fixer comme objectif d'éradiquer le trafic « par tous les moyens, [c’est] devenu la mère des batailles, puisque la drogue innerve certains réseaux séparatistes mais aussi la délinquance du quotidien, y compris dans les petites villes épargnées jusqu’ici. Ne laisser aucun répit aux trafiquants de drogue, c’est faire reculer la délinquance partout ». On n'est pas loin de l'unité de pensée entre un Didier Lallement, qui accusait une partie des Français d'être responsables des morts du COVID, et un Emmanuel Macron qui dénonce une autre partie comme des complices objectifs des terroristes. On imagine l'efficacité de ce type de déclarations…

Cette façon de présenter les choses est en réalité parfaitement inefficace et contre-productif. La lutte contre le trafic de cannabis mobilise des effectifs importants de policiers et de gendarmes pour des résultats contestables. Elle est selon les études la raison principale des contrôles au faciès (ce qui rappelle au demeurant que les préjugés existent malgré les dénégations du présidents de la République). En effet, les contrôles inopinés d'identité sont justifiés par la hiérarchie policière essentiellement pour détecter des détenteurs de haschisch. Non seulement ce type de contrôles ne débouchent que sur l'écume du trafic réel mais provoquent rancœur et frustration chez ceux de nos concitoyens qui subissent ce qu'ils vivent souvent à juste titre comme une forme de harcèlement. Les forces de l'ordre se trouvent mobilisées pour des opérations à l'efficacité douteuse et qui ternissent leur image auprès d'une partie de la population, dont ils ont déjà du mal à obtenir une confiance pourtant indispensable. Ainsi il serait légitime d'examiner de manière plus appuyée les arguments qui ont poussé de nombreux parlementaires – et notamment Daniel Vaillant, ancien ministre de l'intérieur – à défendre la dépénalisation de la consommation du cannabis et la réglementation de son commerce : outre qu'il libérerait des effectifs de policiers qui pourraient être affectés à des tâches bien plus utiles pour nos concitoyens et à leur contact quotidien (tout en supprimant une source de friction et des zones grises dans les contrôles d'identité au regard de nos principes républicains), la vente réglementée de cannabis telle qu'elle a été mise en place dans d'autres pays d'Europe et d'Amérique du Nord (sans qu'il y ait d'explosion de la consommation) pourrait sous contrôle de l’État devenir une source de recettes pour les pouvoirs publics (comme le tabac) et tarir les recettes de nombreux réseaux criminels et terroristes, contribuant ainsi à la tranquillité publique. Ainsi en affichant un raidissement intransigeant sur le cannabis, Emmanuel Macron énonce un contresens stupéfiant !

Enfin pour Emmanuel Macron, « dire que le haschisch est innocent est plus qu’un mensonge » : « Sur le plan cognitif, les effets sont désastreux. Combien de jeunes, parce qu’ils commencent à fumer au collège, sortent totalement du système scolaire et gâchent leurs chances ? Et je ne parle même pas des effets de glissement vers des drogues plus dures. » Cette toute dernière affirmation n'a aucun fondement scientifique, mais on peut s'attendre à ce que le candidat Macron la répète ad nauseam pour garantir à son propos de l'efficacité. Les effets de la consommation de cannabis n'ont jamais élevé la raison, personne ne dira le le contraire.

Ce serait par contre une erreur dramatique de considérer sa consommation excessive – à tous les âges – comme un objet de sécurité et de répression plutôt que comme une priorité de santé publique. Que dire des effets de l'alcool et du tabac qui en vente libre provoquent lorsqu'ils sont consommés à l'excès des dégâts psychologiques, sanitaires et morbides massifs ! Pourtant ici la morale ne se mêle pas du commerce. Les expériences de prohibition ont toujours été des échecs funestes. La vente du tabac est réglementée bien que le produit soit mortel, elle rapporte des recettes importantes à l’État ; la vente d'alcool non seulement continue de faire l'objet de campagnes publicitaires mais le produit en lui-même sous ces diverses formes est présenté comme un élément constitutif de notre mode de vie. Chacun examinera en conscience la contradiction. En réalité, le fait de considérer les consommateurs de drogue, les toxicomanes, comme des délinquants handicape concrètement les opérations de prévention mise en œuvre par tous les organes de santé publique et les associations. Il est nécessaire et urgent de renverser le point de vue des pouvoirs publics sur ce dossier.

* * * * * * *

Personne ne niera que la violence a progressé dans la société française et que celle qui vise les dépositaires de l'autorité publique, les agents publics en général, a connu une augmentation plus inquiétante encore. Mais sans retomber dans l'excuse sociale de la violence – les faits d'agression contre des policiers ou les attaques de commissariats ne sont pas excusables, leurs auteurs doivent être appréhendés et condamnés –, cette évolution est également corrélée à la progression des inégalités sociales et dans l'accès aux services publics. C'est une situation qui n'est d'ailleurs pas réservée aux seuls quartiers populaires. Ainsi considérer que la restauration d'une plus grande tranquillité publique ne passera que par une logique répressive est une erreur. Nous sommes favorables à ce que l’État fasse un effort de recrutement pour la police nationale et la gendarmerie, encore convient-il comme nous l'avons dit plus haut de veiller à leur formation, à une répartition territoriale répondant aux besoins réels du pays et aux missions précises qu'on assigne à nos forces de l'ordre : nos concitoyens ont besoin de policiers et de gendarmes de proximité qui connaissent les habitants, pas de CRS ou de gendarmes mobiles supplémentaires. D'autre part, comme nous l'avons indiqué plus haut, il serait illusoire d'en rester là… évidemment la question de la justice et de la réponse carcérale (et des alternatives à la prison) ont été trop longtemps négligées et traitées par des opérations « coups de mentons », mais nos concitoyens ont besoin de retrouver confiance dans la promesse sociale et émancipatrice de la République ce qui passe obligatoirement par un New Deal des services publics sur l'école, le logement et la mixité sociale, l'accès au services publics en général, sur la formation, les transports et par une politique volontariste de l'emploi et sur les salaires afin de résorber ghettos sociaux et poches de pauvreté.

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22 avril 2021 4 22 /04 /avril /2021 10:49

🏬 Lors du conseil municipal du 8 avril dernier, nous avons défendu un projet que nous avions initié et qui s'intégrait dans notre volonté de diversifier l'offre de logement pour répondre aux besoins des Bezonnais, avec un ici un appui spécifique pour les femmes. L'occasion aussi de rappeler à Marc Roullier (Les Républicains) que ses amis de droite et lui n'ont pas d'arguments sérieux pour expliquer qu'il ne faut pas produire d'effort pour construire du logement social dans les communes avoisinantes. Les communes qui n'ont pas au bout de 20 ans fait d'efforts pour atteindre 20% de logements sociaux sont des communes qui n'ont pas la volonté de faire et qui refusent la mixité sociale.

Frédéric FARAVEL
Conseiller municipal et communautaire Gauche Républicaine et Socialiste de Bezons
Responsable du groupe municipal "Vivons Bezons"

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20 avril 2021 2 20 /04 /avril /2021 15:28

Le jeudi 8 avril 2021, nous avons voté contre le budget présenté par la majorité municipale divers droite conduite par Nessrine Menhaouara. Avec ce budget qui oublie la santé et la solidarité, c'est aussi la fin du stade des berges et les sportifs qui n'auront pas les équipement nécessaires, l'amputation de l'extension du Parc Bettencourt, le renvoi à un futur indéfini des locaux dont ont besoin les associations... Nous avons voté pour les subventions aux associations bien quelques crédits accordés à certaines associations soudainement apparues posent question...

Frédéric FARAVEL
Conseiller municipal et communautaire Gauche Républicaine et Socialiste de Bezons
Responsable du groupe municipal "Vivons Bezons"

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13 avril 2021 2 13 /04 /avril /2021 08:52

J'ai rédigé pour la Gauche Républicaine et Socialiste la note ci-dessous publiée hier sur la situation en Irlande du Nord et le déclenchement d'émeutes loyalistes depuis près de deux semaines qui mettent en péril la paix civile et tout le travail accompli depuis les "Accords du Vendredi Saint" en 1998.

Frédéric FARAVEL
Conseiller municipal et communautaire Gauche Républicaine et Socialiste de Bezons
Coordinateur national des pôles thématiques de la GRS

jeunes émeutiers loyalistes dans la nuit du 7 au 8 avril 2021

jeunes émeutiers loyalistes dans la nuit du 7 au 8 avril 2021

Le décès du Prince Philip aura peut-être offert un fragile répit à la province du Nord de l'Irlande. En effet, certains initiateurs unionistes des manifestations prévues pour le week-end avaient appelé à leur suspension vendredi soir par « respect pour la reine et pour la famille royale ». Des heurts ont cependant à nouveau éclaté dans la soirée, mais d'une ampleur moindre que ces deux dernières semaines. Alors que cette semaine correspond tout à la fois au 105e anniversaire de la Révolution irlandaise de Pâques 1916 et au 23e anniversaire du « Good Friday Agreement »1 qui a ramené la paix dans la partie de l''Île toujours rattachée au Royaume Uni, qu'est-ce qui explique cette flambée de violence ?

Après plusieurs jours de tension et d'accrochage, les événements ont particulièrement dégénéré dans la nuit du 7 au 8 avril qui ont donné lieu à une sorte de "déjà-vu" qu'on pensait enterré. Une foule « unioniste »2 s’est rassemblée sur Lanark Way, à Belfast, « où un autobus a été incendié », ont rapporté les forces de la police nord-irlandaise. Des incendies ont été signalés sur cette avenue, où d’énormes barrières métalliques séparent un quartier catholique d’un quartier protestant, selon la correspondante de la BBC, Emma Vardy. Des centaines de personnes ont jeté des cocktails Molotov. La circulation du métro a été suspendue. Depuis le 29 mars, chaque nuit apporte son nouveau lot d’échauffourées et de violence. Des groupes d’adolescents, certains âgés d’une douzaine d’années seulement, armés de briques, de barres de fer et de cocktails Molotov, affrontent des forces de l’ordre retranchées derrière des Land Rover blindées et des canons à eau. Les jeunes assaillants sont généralement quelques dizaines, quelques centaines dans le pire des cas, souvent encouragés et applaudis par les adultes, parfois manipulés par des groupes paramilitaires unionistes. La police d’Irlande du Nord accuse notamment deux groupes paramilitaires unionistes de manipuler les jeunes émeutiers : l’Ulster Volunteer Force (UVF)3 et l’Ulster Defence Association (UDA)4.

Face aux émeutes déclenchées à l'initiative de jeunes manifestants unionistes, la première ministre nord-irlandaise, Arlene Foster, a déclaré sur Twitter dans la nuit du 7 au 8 avril : « Il ne s’agit pas d’une manifestation. C’est du vandalisme et une tentative de meurtre. Ces actions ne représentent ni l’unionisme ni le loyalisme. » Pourtant ce tweet cache mal le fait qu'elle est en grande partie responsable de la situation. Son parti, le Democratic Unionist Party (DUP)5, et elle-même avaient mené une campagne acharnée en faveur du Brexit aux côtés d'une partie des conservateurs britannique et de Boris Johnson ; un temps indispensable à la majorité parlementaire de Theresa May, le DUP avait également compliqué les négociations déjà invraisemblables entre le Royaume Uni et l'Union européenne (UE) pour organiser la sortie du premier de la seconde. Arlene Foster fait donc face aux conséquences directes de ce choix politique qui n'avait d'ailleurs pas été suivi dans la province puisque les citoyens d'Irlande du Nord avait voté à 55% en faveur du maintien dans l'UE.

Conséquences du Brexit et effet révélateur

Or l’accord de paix signé en 1998 a estompé la frontière entre la province britannique et la République d’Irlande ; le Brexit est donc venu fragiliser le délicat équilibre, en nécessitant l’introduction des contrôles douaniers entre Royaume-Uni et UE. Après d’âpres négociations, Londres et Bruxelles sont parvenus à s’accorder sur une solution, le protocole nord-irlandais, qui permet d’éviter le retour à une frontière physique sur l’île d’Irlande en déplaçant les contrôles dans les ports nord-irlandais. Si des dispositions ont été prises pour accompagner les entreprises de la province face à cette transformation, les nouvelles dispositions, qui, de fait, maintiennent l’Irlande du Nord dans l’union douanière et le marché unique européens, entraînent des perturbations dans les approvisionnements. Au début du mois de mars 2021, le premier ministre britannique, Boris Johnson, avait été confronté, lors d’une visite en Irlande du Nord, à un mécontentement croissant sur les conséquences du Brexit. Favorable à un abandon pur et simple des contrôles sur les marchandises en provenance de Grande-Bretagne, Arlene Foster a jugé « intolérable » les dispositions entrées en vigueur le 1er janvier dernier. De son côté, Michelle O’Neill, vice premier ministre de la province et leader du Sinn Féin6 pour l'Irlande du Nord, a refusé de le rencontrer, lui reprochant son « approche téméraire et partisane » vis-à-vis du protocole nord-irlandais.

Mais, plus profonde une partie importante de la population unioniste éprouve un sentiment de trahison. Les émeutiers s’intéressent peu à la complexité des questions commerciales nées du Brexit, mais « sont en colère » car ils comprennent (enfin) qu’ils ont été trahis précisément par le gouvernement britannique envers lequel leurs parents, leurs grands-parents et leurs arrière-grands-parents faisaient preuve d’une loyauté aveugle. Boris Johnson avait promis une circulation sans entrave entre la province et la Grande Bretagne, ce qui n’est évidemment pas le cas. la ministre de la justice nord-irlandaise, Naomi Long (membre du parti de l'alliance7) a ainsi résumé la situation sur la BBC4 : « Ils ont nié l’existence de toute frontière, alors même que ces frontières étaient érigées ».

Certains pensent également que les négociateurs du Brexit ont cédé aux nationalistes, qui aurait tacitement menacé d’une réponse sanglante à la perspective de toute reprise des contrôles à la frontière irlandaise. En réalité, les responsables nationalistes de la province – y compris ceux qui n'ont jamais pris part aux agissements paramilitaires – s'étaient publiquement inquiétés que le rétablissement de la frontière ne déclenche des troubles. « Cela a créé un précédent explosif selon lequel beaucoup de jeunes loyalistes regardent le protocole et arrivent à la conclusion que la violence est récompensée », a déclaré le militant unioniste Jamie Bryson au journal News Letter.

Les braises de la « guerre civile » toujours chaudes 23 ans après ?

Mais le Brexit ne représente que l’un des aspects d’une crise plus large chez les Unionistes en Irlande du Nord. En 2017, ils ont perdu leur majorité historique à l’Assemblée régionale de Stormont. Puis, en 2019, les élections britanniques ont, pour la première fois, envoyé plus de députés nationalistes que d’unionistes à Westminster. S’y ajoutent les signes d’un mouvement démographique, avec la jeune génération, vers les nationalistes, donnant aux unionistes le sentiment d’être une minorité assiégée.

Dans ce contexte, l'Irlande du Nord est tout juste sorti de sa deuxième crise institutionnelle. De 2017 à 2020, le DUP a choisi une stratégie d'obstruction après la perte de la majorité unioniste au parlement de Stormont, refusant de reconstituer le gouvernement provincial qui regroupe les cinq grands partis d'Irlande du Nord. Indispensable à Theresa May, le DUP tenu contre vents et marées dictant une bonne partie des décisions concernant la province depuis Westminster où le gouvernement britannique avait été contraint de gérer les affaires courantes en l'absence de gouvernement provincial. Les choses ont changé lors qu'Arlene Foster, comme son prédécesseur Peter Robinson avant elle, a été prise dans un scandale politico-financier qui a largement entamé son « crédit » politique. Sinn Féin, SDLP8 et Alliance Party ont eu beau jeu dès lors d'exiger soit le retrait d'Arlene Foster ou ses excuses publiques avant de reconsidérer la possibilité de reformer un gouvernement multipartite. En 2019, une fois Boris Johnson débarrassé de l'épée de Damoclès du DUP qui avait pénalisé Theresa May au sein de la Chambre des Communes, la position d'Arlene Foster était devenu fragile. Les négociations pour un gouvernement provincial ont repris et ont abouti à sa reformation en janvier 2020, toujours avec Arlene Foster en premier ministre, mais dans lequel les positions des nationalistes irlandais et en premier du Sinn Féin étaient renforcées.

Ce dernier a d'ailleurs logiquement utilisé toute la période qui a suivi le référendum sur le Brexit pour plaider avec force d'arguments en faveur d'une réunification de l'Irlande : le Brexit est un choix anglais ; les citoyens d'Irlande du Nord ne souhaitaient pas quitter l'UE (et pour atteindre 55% en faveur du maintien, il a bien fallu que des « Protestants » votent aussi contre le Brexit) ; la réunification de l'Irlande permettra à tous les citoyens irlandais au nord comme au sud de bénéficier du rétablissement d'une situation économique déséquilibrée. Le Sinn Féin bénéficie d'une véritable efficacité politique car il est le seul parti depuis 20 ans à être présent dans les deux parties de l'Île (il est l'opposition au gouvernement libéral-conservateur de la République, il participe au gouvernement provincial du nord avec le poste de vice premier ministre depuis mai 2007). La crise sanitaire a évidemment ralenti cette campagne mais ne l'a pas arrêtée et les pénuries résultant de l'application de l'accord commercial entre l'UE et la Grande-Bretagne depuis janvier 2021 ont renforcé son point de vue. « Nous pensons qu’un référendum [d’unification] peut être organisé dans les cinq ans », déclarait le 2 mars 2021 Mary Lou McDonald, présidente du Sinn Féin et cheffe de l'opposition en République d'Irlande. Sa stratégie est de développer initialement une unification économique. Elle évoque, par exemple, la mise en place d’un système de santé unifié.

Les tenants de l'Unionisme sont donc particulièrement sur la défensive. Ces dernières semaines, les leaders unionistes ont tenté d'attaquer l'image des dirigeants du Sinn Féin pour enrayer leur chute. Cela a culminé voici quelques semaines. En effet, à la fin du mois de mars 2021, le responsable du service de police de l'Irlande du Nord (PSNI) décidé de ne pas poursuivre vingt-quatre responsables du Sinn Féin qui avaient assisté, à la fin de juin 2020, aux obsèques de Bobby Storey, qui aurait été le chef du renseignement de l’Armée républicaine irlandaise (IRA), malgré les restrictions en vigueur contre l’épidémie due au coronavirus. La présence dans la foule de Michelle O’Neill et de Mary Lou McDonald a été perçue par une partie des Unionistes les plus intransigeants comme un bras d’honneur fait au fragile équilibre politique dans la province. Qu’importe si Michelle O’Neill a présenté des excuses pour ne pas avoir respecté les règles de distanciation physique. Les principaux partis unionistes ont appelé le chef du PSNI, Simon Byrne, à démissionner, affirmant que les communautés avaient perdu confiance en son autorité. Arlene Foster a affirmé que l’adhésion de la population aux restrictions était menacée en raison de la perte de confiance dans la loi et l’ordre causée par la décision de ne pas poursuivre les membres du Sinn Féin. C'est là aussi toute la limite de cette campagne : si Mme Foster (dont la crédibilité est-elle profondément écornée) jugeait que la présence à cet enterrement était inacceptable (et pire que ses propres turpitudes) alors elle pouvait décider de ne plus collaborer avec le Sinn Féin et mettre fin au gouvernement autonome. Elle a choisi de continuer de diriger la province avec des dirigeants qu'elle cherche pourtant chaque jour à salir dans l'opinion publique. On ne peut imaginer grand écart plus inconfortable, mais il est certain que le feu couvant a été alimenté par de nombreuses giclées d'huile d'Arlene Foster.

Notons pour finir de décrire le contexte que des opérations de police contre le trafic de drogue dans le comté d’Antrim, sur lequel l'Ulster Defence Association (UDA) a la mainmise, ont également contribué à attiser les tensions dans la province ; l'UDA cherche sans doute au travers des émeutes a réaffirmé sa capacité de nuisance et à forcer les autorités à la "laisser en paix".

Appels au calme

Depuis plusieurs jours, les appels au calme se multiplient de tous les côtés. Après avoir longtemps soufflé sur les braises ou ignoré la situation, les classes politiques britannique, irlandaise et nord-irlandaise ont finalement appelé au calme jeudi 8 avril. Boris Johnson s’est exprimé pour la première fois, se disant « profondément préoccupé ». Le gouvernement nord-irlandais a publié une déclaration commune : « La destruction, la violence et les menaces de violence sont complètement inacceptables et injustifiables, quelles que soient les inquiétudes que puissent avoir les communautés. » Naomi Long, ministre provinciale de la Justice (précédemment citée), a expliqué comprendre le sentiment de colère des Unionistes : « Même la plupart des gens qui s’opposent au Brexit ont une certaine sympathie pour ceux qui se sentent trahis. On leur avait promis des lendemains merveilleux mais c’était un fantasme. Le Brexit n’allait jamais se terminer de cette façon. Ceux qui sont au gouvernement [britannique] le savaient, mais ils étaient plus intéressés par leur ascension vers le pouvoir que par les questions d’instabilité en Irlande du Nord. »

Tout en dénonçant les manipulations du DUP que nous avons décrites plus haut, le Sinn Féin a tout à la fois appelé les dirigeants politiques à s'unir pour mettre fin aux émeutes et placé les dirigeants unionistes devant leurs contradictions : « Aujourd'hui, nous devons être unis pour appeler toutes les parties concernées à s'abstenir de nouvelles menaces ou de recourir à la violence et appeler ceux qui dirigent les jeunes à s'engager dans la violence à cesser. Il y a de la place pour tout le monde dans le processus politique, mais il n'y a aucune place dans la société pour ceux qui sont armés et illégaux et qui devraient se dissoudre. Vous êtes les ennemis de la paix. Ceux qui sont impliqués dans la violence, les dommages criminels, la manipulation de nos jeunes et les attaques contre la police doivent cesser. »

« Soulignant que la violence est inacceptable, ils ont appelé au calme, a réagi Dublin. C’est par le dialogue et un travail sur les institutions mises en place par l’accord du Vendredi saint qu’il faut avancer. » La Maison Blanche a également appelé au calme, se disant « préoccupée » par ces violences qui interviennent alors que le président des Etats-Unis, Joe Biden, fier de ses origines irlandaises, avait déjà exprimé ses inquiétudes concernant les conséquences du Brexit pour la paix dans la province.

La situation est préoccupante car le gouvernement et l'opinion publique britanniques ne semblent pas prendre la mesure de la situation, alors même que le feu couve depuis 2016. Sur Twitter, Jennifer Cassidy, chercheuse irlandaise en diplomatie à l’université d’Oxford, s’interrogeait ainsi sur le relatif silence des médias britanniques : « Si ces violences avaient lieu dans n’importe quelle autre partie du Royaume-Uni, il y aurait une couverture médiatique vingt-quatre heures sur vingt-quatre, des appels au calme, à la paix, des discours pendant des heures au Parlement. Mais parce que c’est l’Irlande du Nord, vous pensez que dire “ ne faites pas ça ” suffira ? Réagissez. »

Car les émeutes sont bien le révélateur d'un mal beaucoup plus profond qui ne se résoudra que par des choix et des initiatives politiques inédites et sans doute iconoclastes. Sans cela, la guerre civile pourrait renaître dans la province sous une forme nouvelle. La situation actuelle participe en tous les cas d'un processus de délitement progressif du Royaume-Uni.

1 Good Friday Agreement : en Français, « accord du Vendredi Saint » négocié sous l'égide de Tony Blair et du premier ministre irlandais et signé par plusieurs partis d'Irlande du Nord (SDLP, Sinn Féin, UUP, UDP et PUP) le 10 avril 1998, il a mis en place le processus de paix qui a démocratisé la province, refondé totalement les services de police, abouti au désarmement des différents groupes paramilitaires…

2 Unionistes : L'Unionisme est l'affirmation politique de la volonté de rester membre du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord plutôt que de rejoindre l'Etat libre puis la République d'Irlande. L'Unionisme défend les intérêts des communautés protestantes d'Irlande du Nord (Anglicans et Presbytériens) qui y sont encore majoritaires. Souvent confondue avec le « Loyalisme », cette dernière dénomination politique est plus particulièrement utilisée pour désigner les mouvements paramilitaires protestants qui ont alimenté la guerre civile pendant 29 ans.

3 L'Ulster Volunteer Force (UVF) est un groupe paramilitaire loyaliste d'Irlande du Nord, fondé en 1966, reprenant le nom d'une ancienne milice unioniste. Son objectif affiché est de lutter contre l'IRA et pour le maintien de l'Irlande du Nord dans le Royaume-Uni. Le nom vient des Ulster Volunteers, créés en 1912 pour défendre l'union entre l'Irlande et la Grande-Bretagne. L'UVF est placée sur la liste officielle des organisations terroristes du Royaume-Uni et des États-Unis. Pendant le conflit nord-irlandais, l'UVF s'est rendue responsable de 426 morts (sur 3500). Le 27 juin 2009, l'Ulster Volunteer Force achève officiellement son désarmement. En 2020, le PSNI évalue à 12 500 le nombre de membres de l'UVF et de l'UDA en cas de reprise des affrontements communautaires (5000 pour l'UDA et 7500 pour l'UVF).

4 Ulster Defence Association (UDA) : c'est la principale organisation paramilitaire protestante loyaliste, créée en 1971, par la fusion des groupes paramilitaires loyalistes de l'époque. Elle a été une collaboratrice zélée et recherchée par l'Armée britannique dans son occupation de la province dans les années 1970, avant de mener son propre agenda terroriste pour lutter contre les Nationalistes et Républicains irlandais. Elle a ainsi infiltré l'armée et les renseignements britanniques, de grandes loges maçonniques écossaises et orangistes. Devenue illégale seulement en 1992, elle serait de près de la moitié des morts du conflit. Le parti politique qui lui servait de vitrine officielle l'Ulster Democratic Party (UDP, à ne pas confondre avec le DUP de Ian Paisley et Arlene Foster) est un des signataires du Good Friday Agreement. Depuis son désarmement progressif depuis 2007, l'UDA s'est souvent recyclé dans le contrôle d'actions mafieuses et notamment le trafic de drogue.

5 Democratic Unionist Party : Parti unioniste fondé en 1971 par des dissidents du parti unioniste officiel de l'époque (Ulster Unionist Party) pour lutter contre le mouvement des droits civiques et représenter le point de vue des loyalistes les plus intransigeants dans le conflit nord-irlandais. Il a été dirigé par le pasteur presbytérien fondamentaliste Ian Paisley de 1971 à 2008. Bien que non signataire des « Accords du Vendredi Saint », c'est son acceptation finale en 2007 de participer et conduire le gouvernement multipartite de la province avec le Sinn Féin qui sortira l'Irlande du Nord de la crise qui avait conduit à la suspension pendant 5 ans des institutions autonomes. Ian Paisley allait même être premier ministre de mai 2007 à juin 2008, avec pour vice premier ministre Martin McGuinness, un des principaux anciens chefs militaires de l'IRA. Le DUP a toujours récupéré depuis le poste de premier ministre.

6 Sinn Féin : « nous-mêmes » en gaélique. C'est le parti politique actuel le plus ancien d'Irlande. Fondé en 1905, il a poursuivi le combat indépendantiste engagé depuis plus d'un siècle. Il engage la révolution irlandaise à Pâques 1916, date à laquelle est créée l'Irish Republican Army (IRA). L'actuel Sinn Féin est issu d'une scission de 1970 contre les dirigeants officiels de l'organisation qui voulaient l'orienter dans une réorientation marxiste-léniniste faisant passer le combat nationaliste au second plan ; ces derniers se sont transformés en Workers' Party, qui a un temps représenté l'extrême gauche en République d'Irlande avant de devenir marginal. Sinn Féin a mené de front une action politique et paramilitaire, qui en ont fait un acteur incontournable du Good Friday Agreement et de la vie politique démocratique en Irlande du Nord. Depuis 1997, Sinn Féin a également réussi sa réimplantation politique en République d'Irlande passant de 1,5% à 25% des suffrages aujourd'hui, où il est à la fois le premier parti du Dáil, l'assemblée irlandaise, et l'opposition au gouvernement libéral-conservateur. Son idéologie est évidemment nationaliste, mais surtout républicaine et socialiste.

7 Alliance Party : Le Parti de l'Alliance d'Irlande du Nord est un parti non confessionnel, fondé en 1970. C'est le 5ème plus grand parti d'Irlande du Nord avec 8 sièges au sein de l'assemblée provinciale et un siège à Westminster. À l'origine, le parti de l'Alliance défend un unionisme modéré et non confessionnel. Toutefois, avec le temps et notamment dans les années 1990, il devient plus neutre sur la question de l'Union et se tourne davantage vers le libéralisme et le non-confessionnalisme. Il est membre du Parti libéral démocrate européen.

8 SDLP : Social-Democratic and Labour Party – Parti travailliste et social-démocrate d'Irlande du Nord. Ce parti a été fondé en 1970 par plusieurs parlementaires régionaux proches du mouvement des droits civiques et refusant « l'abstentionnisme » (le refus de participer aux institutions provinciales et britanniques) des leaders traditionnels du nationalisme irlandais en Irlande du Nord. John Hume en a été le dirigeant emblématique de 1979 à 2001 et a été l'un des principaux négociateurs du Good Friday Agreement, pour lequel il a reçu le Prix Nobel de la Paix avec David Trimble, président de l'Ulster Unionist Party. Longtemps premier parti représentant les intérêts nationalistes irlandais dans la province, il a été surpassé depuis 2003 par Sinn Féin.

très jeune manifestant unioniste s'apprêtant à lancer un cocktail Molotov sur les véhicules du PSNI

très jeune manifestant unioniste s'apprêtant à lancer un cocktail Molotov sur les véhicules du PSNI

Aux racines du conflit nord-irlandais

Nous n'allons pas revenir ici sur un conflit colonial qui est né voici près de 800 ans avec la volonté anglaise de conquérir l'Irlande, ambition relancée à compter de la dynastie des Tudor à la Renaissance. La conquête et la domination ethno-politique de l'île Verte par la monarchie de l'île voisine s'est doublé à compter du début du XVIIème siècle d'un conflit politico-confessionnel, la monarchie britannique réservant le pouvoir et les droits civiques aux Anglicans et aux Presbytériens d'origine écossaise, minoritaires sauf en Ulster la province du nord-est qui a fait l'objet d'une véritable stratégie de colonisation et d'implantation agricoles de populations protestantes écossaises.

L'influence de la Révolution française puis le processus d'émancipation progressive des catholiques de la monarchie britannique ont conduit au réveil de l'identité nationale irlandaise, à la fin du XVIIIème siècle. Le ressentiment contre la monarchie britannique a été porté à son comble par la Grande Famine de 1845 et 1852 qui provoqua plus d'un million de morts et plus encore d'émigration. L'Irlande ne s'en est jamais réellement remise et son développement économique et humain en subit toujours les lointaines conséquences. La disparition progressive de la langue irlandaise engagée par la Grande Famine suscita un réveil culturel gaélique qui nourrit également l'idéal nationaliste. La lenteur du processus d'autonomisation politique, promis et toujours remis à plus tard, aboutit à la radicalisation politique d'une partie des nationalistes irlandais qui, associés aux socialistes, lancent l'insurrection de Pâques 1916 et fondent ensemble l'IRA (fusion entre l'Irish Republican Brotherhood et la Citizen Army des socialistes irlandais).

Si l'insurrection est un échec, la violence effroyable de l'armée britannique pour la détruire puis la répression terrible qu'elle organisa (avec le soutien de milices paramilitaires protestantes qui ressemblent beaucoup aux futurs « faisceaux » de Mussolini) finissent par rallier la population irlandaise au Sinn Féin. Le gouvernement britannique, dont l'administration sur l'île s'est effondrée et a été de fait remplacée par des institutions parallèles, finit par négocier avec les nationalistes irlandais et obtient après le chantage d'une « guerre totale » qu'ils acceptent une indépendance relative en 1922 et la partition de l'île, le Royaume-Uni conservant six des neufs comtés de la province d'Ulster, majoritairement peuplés des descendants des anciens colons anglais et écossais, mais surtout partie la plus riche et la plus industrialisée (avec notamment les importants chantiers navals de Belfast). Le Sud connut une guerre civile de deux ans (l'IRA sera la branche armée du Sinn Féin maintenu refusant le traité imposé par la Grande-Bretagne) et n'accéda à l'indépendance pleine et entière qu'en 1938, la République y sera enfin proclamée en 1948-1949.

Au nord, c'est un régime ségrégationniste qui se met en place sous l'autorité de dirigeants politiques acquis à la couronne britannique et considérant les Irlandais catholiques qui constituent alors quelques 40% de la population de la province au mieux comme des ennemis de l'intérieur, souvent comme des sous-hommes ou des demi-sauvages. Ainsi dans l'une des provinces appartenant directement à la démocratie européenne la plus avancée un gouvernement anti-démocratiques va diriger le territoire pendant plus de 40 ans, sans aucune autre réaction que quelques attentats ratés organisés par ceux qui se considèrent comme les continuateurs de l'IRA de 1916 et de 1922.

Plusieurs dirigeants de l'apartheid qui régit l'Afrique du Sud en visite en Irlande du Nord au début des années 1960 s'exprimeront publiquement sur place pour dire tout le bien et l'admiration qu'ils éprouvent pour le régime nord-irlandais, qu'ils jugent « plus efficace » que le leur !?! Les Irlandais catholiques sont de fait exclus de la plupart des offices publics, l'embauche des Protestants est systématiquement favorisée. Ainsi malgré l'existence d'une importante classe ouvrière en Irlande du Nord, les ouvriers unionistes défendirent toujours le point de vue de leurs industriels unionistes considérant les ouvriers catholiques comme des ennemis. L'Ulster Unionist Party règne en maître sur la Province avec l'appui de l'Ordre d'Orange, officine maçonnique protestante. Seuls quelques députés provinciaux indépendants arrivent à se faire élire dans les comtés les plus catholiques de la province, où une partie des habitants acceptent de participer aux élections.

En 1964, pour dénoncer les discriminations économiques est créé le mouvement Campaign for Social Justice. Après plusieurs attaques contre les Irlandais inspirées par le Révérend Ian Paisley, la Northern Ireland Civil Rights Association (NICRA) est fondée en 1967 sur le modèle du mouvement d'émancipation des noirs américains ; elle en reprend d'ailleurs l'hymne We Shall Overcome. Le mouvement aconfessionnel, soutenu par toutes les organisations et tendances politiques ne soutenant pas le régime, a pour objectif l'instauration d'une véritable démocratie fondée sur l'égalité des droits civiques, sociaux et économiques dans la Province. Ces manifestations de plus en plus massives vont systématiquement être attaquées physiquement par les organisations paramilitaires « loyalistes », ce qui justifiera l'envoi en 1968 d'un contingent militaire britannique initialement pour garantir la paix civile. Mais la troupe et l'encadrement militaire vont rapidement considérer la population irlandaise, non unioniste, comme suspecte ou en soi hostile ; ils vont collaborer avec les mouvements paramilitaires loyalistes. Des attentats organisés par ces groupes sont même attribués à l'IRA qui n'a à cette époque pas une seule arme en état de marche ou d'explosifs.

L'IRA scissionne en décembre 1969, entre ceux qui (fidèles à la direction marxiste-léniniste du Sinn Féin) veulent privilégier la lutte « politique et économique » et ceux qui face aux exactions croissantes des paramilitaires et de l'armée britannique veulent se réarmer pour protéger la population irlandaise. Sinn Féin scissionne sur les mêmes modalités dans les semaines qui suivent. Le réarmement de l'organisation politico-militaire nationaliste débute alors. Cependant aucune des manifestations de la NICRA ne peut se dérouler en sécurité : le 30 janvier 1972, l'armée britannique tire sur des manifestants pacifiques et fait 14 morts. La fable d'une provocation armée de l'IRA a été depuis longtemps éventée et la justice britannique a reconnu la responsabilité entière et totale de l'armée dans ce massacre. Le gouvernement britannique supprimera les institutions autonomes de la province cette même année. Mais la guerre civile est lancée. Elle fera plus de 3 500 morts. L'IRA va désormais recruter à tour de bras et ses actions militaires vont rattraper celles des mouvements paramilitaires loyalistes. D'un côté comme de l'autre, les cibles ne furent pas seulement policières et militaires et des dérives mafieuses ont été fréquentes. Après que John Major eut fait échouer la plus longue trêve décrétée par l'IRA en 1994 par son refus d'engager des discussions politiques, une nouvelle trêve est décrétée après l'élection de Tony Blair en 1997. Les négociations s'engagent qui conduiront aux « accords du Vendredi Saint », à la démocratie, au partage du pouvoir et au désarmement.

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9 avril 2021 5 09 /04 /avril /2021 08:40

Nous avons eu droit hier soir lors du conseil municipal à un débat sur le vote du budget dans la continuité du précédent conseil, la vulgarité et la violence verbale de la Maire en moins.

Je ne répéterai pas ce que j'ai déjà dit et écrit voici 10 jours, mais il y a quelques enseignements à retenir. La Maire avait annoncé des ruptures avec l'équipe précédente, il y en a … dans la mauvaise direction.

1️⃣ Il n'existe aucun effort particulier pour renforcer et consolider le centre municipal de santé. Il semblerait que la Ville de Bezons et les Bezonnais n'aient pas souffert de la crise sanitaire depuis plus d'un an, donc il n'y a évidemment pas de raison d'en tirer les leçons. Mme Menhaouara compte donc sur la seule initiative privée, j'ai déjà expliqué pourquoi c'était un choix hasardeux et pourquoi la Ville devait s'engager avec détermination sur ce dossier. Notons que Mme Menhaouara n'a même pas jugé bon de répondre à mon interpellation sur ce dossier ; ce n'est pas pas une priorité pour elle.

2️⃣ La Maison des Associations, pourtant inaugurée en février 2020, est abandonnée. Mme Menhaouara – après avoir pendant plusieurs mois cherché une justification pour expliquer qu'elle avait laissé vides des locaux flambant neufs – nous a expliqué que les associations n'en voudraient donc pas et que d'ailleurs il n'y avait pas de pression particulière pour demander des locaux en général !? La vérité est que Mme Menhaouara ne veut pas mettre les moyens nécessaires pour faire fonctionner la Maison des Associations comme nous l'avions prévu. Pour ne pas être en reste, elle y a installé le Service Municipal de la Jeunesse et prétend y construire un « tiers lieu ». Autant dire que si ces services ferment à 17h ou 18h comme Mme Menhaouara nous l'a expliqué, ils ne rencontreront pas leur public ; pour rencontrer leur public, il faudra répondre aux questions d'organisations qu'elle a refusé d'affronter pour faire vivre la Maison des Associations. Elle promet désormais un « village associatif » d'ici deux, trois ou quatre ans, horizon non mesurable, promesse de Gascon, les associations attendront donc, et elles risquent d'attendre très longtemps.

3️⃣ Le Stade des Berges est abandonné. La Ville de Bezons n'aura donc pas le stade, ses tribunes, locaux et sa piste d'athlétisme qui étaient attendus par les sportifs. Comme pour le « village associatif », Mme Menhaouara promet encore qu'il y aura « un jour », on ne sait où, un stade, plus tard, peut-être... les sportifs attendront et devront se contenter d'un nouveau petit terrain de sport qui sera construit à la place de l'ancien salle Louis-Aragon, sous les fenêtres des personnes qui devaient s'installer dans des appartements « vendus » pour avoir vue sur un parc paysager... Au demeurant cela implique que le label éco-quartier du « Cœur de Ville » risque d'être perdu avec des conséquences juridiques et certainement financières non mesurables aujourd'hui.

4️⃣ La nouvelle municipalité se prétend écologiste ? Vérifions donc ce qui découle de ces premières vraies décisions : mise en danger du label éco-quartier du « Cœur de Ville » ; amputation de l'extension du Parc Bettencourt (pour des élus écolos, c'est ballot d'empêcher l'agrandissement d'un espace vert...!?) puisque celui-ci devait s'étendre sur les espaces libérés par salle Aragon et les terrains à proximité immédiate et comprendre des espaces de loisirs pour tous les âges ; le budget pour les espaces verts et l'environnement n'est pas en progression par rapport aux années précédentes dont Mme Menhaouara prétendait se distinguer. Elle a bon dos de rappeler la rénovation du square de la République, alors des aménagements y étaient déjà prévus et qu'une réflexion était nécessaire sur sa relocalisation tant sa proximité avec la Départementale constitue un handicap en soi. À tout prendre, Mme Menhaouara est donc moins écologiste que « l'affreux bétonneur communiste » Dominique Lesparre qu'elle a dénoncé et qu'elle livre à chaque conseil municipal à la vindicte publique.

Ces quatre points en eux-mêmes suffisaient à ce que nous rejetions ce budget municipal, ce que nous avons fait. Après avoir expliqué le lundi 29 mars que l'action menée pour le développement économique était nulle, Mme Menhaouara n'a pas pu contester quand j'ai réaffirmé qu'en réalité ce développement avait été une réussite, un atout incomparable envié à notre commune par toutes les villes voisines et notamment celles de l'agglomération St.-Germain/Boucles-de-Seine (dont elle a voté le budget de droite), la principale recette fiscale de Bezons... tout cela à mettre au crédit de l'équipe précédente qu'elle vomit, tout comme il faut mettre à son crédit la bonne santé financière de la commune tout aussi enviée à l'extérieur ; on verra ce qu'elle en aura quand elle rendra enfin les clefs de la mairie.

Mme Menhaouara fait donc beaucoup de communication, beaucoup de promesses. Personne ne lui reprocherait de vouloir expliquer aux habitants les décisions qu'elle prend et comment elle agit... Mais elle n'agit, elle promet, elle communique, elle annonce « on verra ce qu'on verra » dans plusieurs années ! On se croirait encore en campagne électorale ! En attendant les équipements sortis de terre ou ceux qui étaient programmés par l'ancienne équipe sont abandonnés et les Bezonnais attendront... longtemps...

Mme Menhaouara a une réponse à TOUTES les objections qui lui sont faites : « c'est la faute à Lesparre ! » On pourra dire que c'est le jeu, les successeurs dénoncent toujours leurs prédécesseurs et je prends les paris que nous entendrons pendant les 5 prochaines années « c'est la faute à Lesparrre ! », y compris quand celui-ci ne siègera plus au conseil municipal... C'est vouloir faire oublier que Mme Menhaouara a été sans discontinuer l'adjointe au Maire de Dominique Lesparre de 2008 à 2020 ; elle ose expliquer que pendant 12 ans elle a été tenue à l'écart, que l'inaction sur les délégations qu'elle était censée avoir en charge (il a fallu la remplacer par Philippe Cloteaux sur l'éducation lors de son premier mandat tant elle était inactive ; il a fallu que le Maire prenne les initiatives à sa place sur la sécurité – après que son ami Manuel Valls ait sabordé notre commissariat – tant elle était attentiste) n'était pas de sa responsabilité !? Si j'avais été adjoint au Maire à sa place et confronté à une telle mise à l'écart, j'aurais mis plusieurs alertes puis quitté la majorité municipale et démissionné de mon mandat d'adjoint au Maire. Il faut croire que Mme Menhaouara trouvait donc de l'intérêt à être dans une majorité municipale pendant 12 ans qu'elle dénonce aujourd'hui et à bénéficier pendant 12 ans d'un mandat d'adjointe au Maire. Sans rire, elle nous a expliqué hier soir que cela lui permettait de faire les « commissions de sécurité » et d'acquérir une connaissance aigüe des équipements municipaux... 12 ans, juste pour ça ?!? Je suppose que Monsieur Pierre Bordas sera ravi d'apprendre cela, lui qui l'a remplacé les ¾ du temps sur ces commissions de sécurité.

On aura compris que les promesses n'engagent que ceux qui y croient, ce budget 2021 est un mauvais signal pour notre commune et ses habitants.

Frédéric FARAVEL
conseiller municipal et communautaire Gauche Républicaine et Socialiste
responsable du groupe "Vivons Bezons"

L'extension du Parc Bettencourt, c'est fini...

L'extension du Parc Bettencourt, c'est fini...

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8 avril 2021 4 08 /04 /avril /2021 07:47
Lundi 29 mars, 10 jours à peine avant le conseil municipal qui aura lieu demain sur le vote du budget (!?), nous devions débattre du rapport d'orientation budgétaire... Nous avons découvert un document tronqué, à peine digne d'une propagande électorale, manquant d'une partie des informations obligatoires et modifié 4 heures avant le conseil !?! Ce n'était plus un débat mais un déni de démocratie : j'ai exprimé la colère du groupe municipal "Vivons Bezons" face aux éléments de fond et de forme...
Vous retrouverez le détail du décryptage que j'avais initialement prévu de faire en ligne 👉 https://bit.ly/3cZg9CJ
Par ailleurs, en visitant ce site de référence, vous constaterez que notre commune a été bien gérée en prévision des projets d'investissements que nous voulions porter et mettre en œuvre 👉 https://www.fiscalite-locale.com/
La Maire de Bezons n'a donc aucune excuse et ne peut tirer aucun prétexte de la situation qu'elle trouve pour tenter de se défausser.
Frédéric Faravel
Conseiller municipal et communautaire Gauche Républicaine et Socialiste de Bezons
Responsable du groupe municipal "Vivons Bezons"

La vidéo est également disponible sur ma chaîne YouTube 👉  https://youtu.be/UvHTAYuquyM

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6 avril 2021 2 06 /04 /avril /2021 20:37

Lors du conseil municipal du lundi 29 mars 2021, Nessrine Menhaouara présentait ses comités consultatifs incarnant SA vision de la "démocratie participative"... Un long moment édifiant : la Maire assume ses "hyper-pouvoirs" et de décider seule... Je vous laisse regarder les débats.

Frédéric Faravel
Conseiller municipal et communautaire Gauche Républicaine et Socialiste
Responsable du groupe municipal "Vivons Bezons"

La vidéo est aussi sur ma chaîne YouTube 👉 https://youtu.be/B3KLrivqlnY

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