Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube.
Me contacter

en savoir plus

 

Trouve

Gauche Républicaine & Socialiste

20 mai 2008 2 20 /05 /mai /2008 13:56
... adoptés sur propositions des sectionspar le conseil fédéral du Val d'Oise

Lundi 19 mai 2008 – LCR des Chênes, Cergy

en bleu les ajouts, en rouge barré les suppressions...

ART. 10 La volonté des socialistes est de contribuer à faire de la France un pays ouvert, respecté dans le monde, oeuvrant pour la paix, les droits de l’Homme et le développement durable. La France est, de par son histoire, à la fois, singulière et universaliste, elle doit être fidèle à ce double héritage. Elle doit respecter tous ceux qui vivent sur son territoire en combattant toutes les discriminations. Les socialistes s'engagent résolument pour le droit de vote des étrangers non communautaires aux élections locales.


ART. 13 Le Parti socialiste est un parti réformiste. Le Parti socialiste est un parti de rassemblement, un parti réformiste. Il met la réforme au service des espérances révolutionnaires que sont la Liberté, l'Égalité et la Fraternité. Il s’inscrit ainsi dans la démarche historique du socialisme démocratique. Il porte un projet de transformation sociale radicale. Il sait que celle-ci ne se décrète pas, qu'elle résulte d'une volonté collective forte assumée dans le temps, prenant en compte l'idéal, les réalités et l'histoire. Le Parti socialiste veut contribuer à changer la vie avec la société et par la société, par la loi et le contrat. Il ne considère jamais les rapports de forces d'un moment comme figés ou indépassables. Il entend lutter contre tous les déterminismes sociaux, source d'injustices et d'inégalités.


ART. 16 Le Parti socialiste est attaché aux grands principes de la Justice. Celle-ci est une valeur et une institution. Elle est garante de la réalité des droits de chacun et une institution dont l'indépendance doit être garantie. Elle doit être accessible et égale pour tous. Elle a pour vocation non seulement de sanctionner mais aussi d’aider à la réhabilitation et à la réinsertion dans la société.


ART. 17 Le Parti socialiste est un parti européen qui agit dans l'Union européenne, qu'il a non seulement voulue, mais, en partie, conçue et fondée. Il revendique le choix historique de l'Union européenne et de la construction d'une Europe politique et fédérale. Pour les socialistes, celle-ci doit avoir pour mission, par ses politiques communes, d'assurer la paix sur le continent et d'y contribuer dans le monde, de favoriser une croissance forte et durable et le progrès social, de promouvoir la créativité et la diversité culturelle, d'aider à relever les défis planétaires par l'exemple d'association qu'elle offre. Membre du Parti socialiste européen, le Parti socialiste entend tout mettre en oeuvre pour le renforcer afin que soit porté un message socialiste en Europe.


ART. 19 Le Parti socialiste est un parti populaire ancré dans le monde du travail. Il est le produit des combats politiques et des luttes sociales menés tout au long des XIXe et XXe siècles. Il est particulièrement attentif aux intérêts des salariés et au développement de toutes leurs capacités d’action. Il entend exprimer l'intérêt général du peuple français.

Partager cet article

Repost0
16 mai 2008 5 16 /05 /mai /2008 16:05

Analyse du texte présenté par Bertrand Delanoë et 90 signataires

Bertrand Delanoë sortira le 22 mai prochain un livre d'entretien avec Laurent Joffrin, directeur de Libération, que d'aucuns annoncent être une confirmation du ralliement du Maire de Paris à une vision sociale-libérale de l'action politique.

Dans l'attente de cette œuvre sans doute magistrale pour le socialisme français, nous devons nous en tenir au texte de 10 pages intitulé « Clarté, courage, créativité : pour un grand congrès socialiste », que ce dernier a présenté le 6 mai 2008 – date anniversaire de l'élection de Nicolas Sarkozy – avec quelques dizaines d'autres signataires.


Première remarque, ce texte, qui veut trancher par une réflexion de fond, apporter des pistes de réflexion plutôt que « poser des questions » - cherchant par là à se distinguer médiatiquement de la démarche entamée par Ségolène Royal -, se distingue essentiellement par son manque d'originalité et de lignes de force marquées. Je passerai sur les passages obligés de la première partie, série de constats d'une France en panne après 6 années de gouvernements UMP. Il est cependant nécessaire de pointer quelques difficultés d'analyse qui apparaissent dès les trois premières pages :

  • une vision de la réforme du système éducatif axé essentiellement sur l'enseignement supérieur quand c'est l'ensemble de la stratégie éducative française qui est mise à mal années après années, éducation nationale et éducation populaire ;

  • une absence de discours sur le déficit criant en terme d'investissements publics et privés et de politique industrielle ;

  • une vision idyllique de la présidence Chirac-Jospin de l'union européenne en 2000 qui occulte l'échec qu'a été le traité de Nice et les fourvoiement de l'agenda de Lisbonne, cette illusion sur l'action du gouvernement socialiste dans la construction européenne étant à la source des désaccords qui existent dans le PS sur la méthode à mettre en œuvre depuis 2004-2005 ;

  • une absence de déconstruction de la réelle portée réactionnaire du discours et de l'action de Nicolas Sarkozy, un refus de caractériser la synthèse des droites que le Président de la République à réaliser et la cohérence de sa politique, et malgré cela quelques lignes plus loin la définition d'un « bonapartisme néo-libéral » ;

  • une vision illusoire du rôle des collectivités face à la politique du gouvernement. Illusoire car elle pourrait induire en erreur nos concitoyens sur les capacités des collectivités de gauche (désormais largement majoritaires) à résister au démantèlement de notre système de solidarité et de nos services publics, et donc à terme les décevoir car nous n'aurons pas su réellement les protéger.

Le texte aligne ensuite les pistes de réflexion qui pourraient parfaitement s'inscrire dans ce que l'on a appelé la « stratégie de Lisbonne » ; une ambition minimaliste en terme d'action publique, enrôbée de quelques grands sentiments généreux pour camoufler une adaptation aux standards néo-libéraux des sociaux-démocrates européens (ce qui ne les a pas empêché d'être peu à peu écarter du pouvoir presque partout en Europe).


La partie sur l'économie de la connaissance et le développement durable (page 4) insiste avant tout sur la libéralisation de l'enseignement supérieur français, son alignement sur les standard internationaux, autonomie accrue et opérationnalité directe de la recherche dans le développement économique. Mais elle fait l'impasse sur le défaut de politique industrielle en France et sur le défaut d'investissements économiques conséquents de la puissance publique et des grandes entreprises privées. Les étudiants pourront toujours être incités « à créer des PME innovantes », ces PME ne se développeront pas et n'atteindront jamais la taille critique pour s'insérer dans le marché mondial si l'investissement reste en panne et donc leurs carnets de commande restent désespérement vides.


La partie sur la refondation du pacte social pose de nombreuses questions.

En défendant « plus d'emplois et une meilleure qualité du travail » (page 5), le texte ne dit pas quelles sont les pistes de création d'emplois nouveaux ; la question du temps de travail est absente alors même qu'elle continue d'être idéologiquement harcelée par la droite, la baisse du chômage constatée aujourd'hui n'est pas interrogée dans sa composition ce qui signifie implicitement qu'on donne acte à la droite de « ses résultats ». Les conditions de travail, la souffrance au travail, alors même qu'on aborde dans le cadre du débat sur la réforme des retraites la question de la pénibilité, n'est pas même évoquée.

Face à cela, la priorité est donnée à l'emploi des seniors pour résoudre à la fois les retraites et le chômages mais sans jamais dire comment l'on s'y prend. Sans que soit discuté non plus quelle est la priorité la plus pertinente : faut-il s'acharner à faire travailler les plus de 55 ans et valider ainsi l'idée de l'inéluctabilité de l'allongement des durées de cotisation (travailler plus longtemps pour gagner la même retraite) ? Ou faut-il rechercher une entrée précoce dans l'activité professionnelle effective, sortir les jeunes du chômage à un âge où la productivité du travail est maximale ?

Autre choix discutable, l'affirmation de la priorité à l'immigration de travail, même si 2 pages plus loin on rappelle l'attachement à l'immigration familiale. Cette immigration de travail est répétée à plusieurs reprises, elle s'inscrit dans la continuité du refus de l'abrogation des lois Debré, dans la réflexion sur les quotas d'immigration portée en son temps par la Gauche Socialiste. Faut-il comprendre que sous prétexte de combattre les réseaux d'immigration clandestine, la France poursuivra sous direction socialiste une politique d'expulsion massive ?

Enfin, une nouvelle fois la prime pour l'emploi est affirmée comme moyen d'améliorer le pouvoir d'achat au même niveau que la revalorisation salariale. C'est oublier un peu vite que la PPE engendre comme effet pervers une véritable déresponsabilisation des employeurs quant à la valeur marchande du travail et à la juste rémunération des salariés, puisque l'État arrive avec la PPE comme une roue de secours. Il n'est pas dit que la PPE ne fasse pas partie des facteurs qui encouragent la stagnation salariale actuelle ; par ailleurs, il eût été utile de rappeler que les études faites lors des négociations sur les 35h démontraient un besoin de modération salariale pour 4 années avant que le rattrapage de la productivité horaire du travail soit réalisé ; L'UMP ne peut donc plus accuser les 35h d'être responsable de la stagnation salariale depuis 2003-2004.

Sur le vieillissement et la protection sociale (page 6), on ne peut que s'étonner de la position prise pour faciliter le cumul emploi-retraite quand on connaît les difficultés d'embauche des jeunes. On comprend également difficilement l'acceptation de principe de l'allongement inéluctable de la durée de cotisation tant que n'est pas résolu la question de l'accès réel à l'emploi et d'un abaissement de l'âge de la première cotisation. In fine, la jeunesse est la grande oubliée de ce texte, évoquée seulement dans une formule passe-partout à la moitié de la page 6.


La définition d'un État stratège (page 6) constitue un appel du pied à peine masqué aux positions extrêmement décentralisatrices de Jean-Paul Huchon, donnant la part belle aux Régions sans qui l'État ne pourrait plus rien faire aujourd'hui. Mais outre, que cet État stratège est présenté comme défenseur et rénovateur du service public à la française, n'est-ce pas ici un discours pour camoufler le désengagement de l'État de toute une série de responsabilités majeures dans la mise en œuvre de l'égalité républicaine ?

Dans le même registre, on s'étonnera que perdure le discours sur les « trésors d'imagination et d'audace dans l'élaboration de nouvelles politiques publiques et de la démocratie territoriale » dont recèleraient les collectivités ; j'ai déjà dit quelle impasse pouvait générer le discours sur les collectivités protectrices face à un État réactionnaire, mais il est frappant de lire ici comme une réminiscence des discours de Ségolène Royal sur « l'intelligence des territoires ». Car tout ce qui a été développé jusqu'ici il est vraissemblable que pas une ligne ne puisse être désavouée par l'ancienne candidate à l'élection présidentielle. Et si synthèse de fond il devait y avoir dans le prochain congrès de nombreux jalons permettent de soutenir que cette synthèse pourrait rassembler Ségolène Royal et Bertrand Delanoë, même si les différences existent.

En effet, si on conçoit assez bien que les amis de Bertrand Delanoë soient en délicatesse avec le concept d'ordre juste porté par Ségolène Royal que Bernard-Henri Lévy - un de ses principaux supporteurs - définit pourtant comme le « fantasme d'une société transformée en une sorte de pensionnat généralisé », on aura pourtant du mal à distinguer concrètement leur séparation dans le domaine des valeurs tel qu'il est présenté page 7.


Non les différences fondamentales entre Ségolène Royal, Bertrand Delanoë et leurs partisans respectifs sont ailleurs : dans la forme et la méthode de la conquête politique et bien sûr dans la rivalité de leurs ambitions personnelles.

Mais il faut dire encore un moment des pages « propositionnelles » du texte coordonné par Bertrand Delanoë. La perspective européenne dessinée par le texte est extrêmement décevante, elle remet en première ligne le concept de Fédération d'Etats-Nations chers à Lionel Jospin, qui a démontré son manque de prise politique et d'entraînement. La conférence que le Premier ministre d'alors avait mené après la négociation désastreuse du Traité de Nice portait en germe un projet confédéral, repris en quelques mots dans la page 8. Un tel projet acte la fin de la perspective fédérale européenne sur laquelle avait pourtant fini par s'accorder les socialistes (mêmes s'ils ont divergé sur la méthode pour y parvenir), il ne peut susciter aucun effet d'entraînement politique sur des ambitions minimalistes que défendraient fort bien un Pierre Moscovici.

La page 8 nous présente un projet purement technique, digne de « l'Europe par la preuve » chère à Ségolène Royal (encore une convergence), pas un projet politique pour relancer la construction européenne.


La partie intitulée « un parti socialiste reconstruit pour toute la gauche » est ambivalente. D'une part, elle cherche à se démarquer d'entrée de Ségolène Royal, dénonçant les tentatives « d’extériorisation et de contournement des lieux de débat et de décision collective qui se sont développées, particulièrement pendant et après l’élection présidentielle. » Elle situe ainsi Delanoë et ses amis dans la tradition du socialisme français, en y préférant la « régénération du fonctionnement démocratique de l’ensemble de nos instances », mais dès la fin de la page 8 on sent le même appel aux mânes de Gérard Collomb et « des élus considérés qui puissent apporter la richesse de leurs expériences à l’ensemble du parti ».

Au regard de tout ce qui a été dit auparavant, si les amis de Bertrand Delanoë souhaitent procéder à des rassemblement sur des choix clairs et « non sur de fausses synthèses », il y a tout lieu de penser que la synthèse de fond pourra être élaborée avec la motion de Ségolène Royal (à condition de dépasser les enjeux personnels).

Cependant le discours sur la relation à la société du Parti socialiste paraît moins artificiel que celui de Ségolène Royal, bien qu'il ne reste qu'au niveau du constat : « Un parti n’est pas qu’un acteur électoral, mais aussi un acteur idéologique, culturel. Aujourd’hui, les capteurs ne fonctionnent plus, donc les émetteurs ne sont plus alimentés. Nous perdons en anticipation, en créativité, en lien avec les mouvements sociaux. » Avoir accepté d'afficher un tel constat est un grand pas, reste à voir la traduction concrète des mesures nécessaires à la recréation de ce lien social perdu du PS.

La forte différenciation stratégique que l'on avait cru déceler au moment des municipales entre Delanoë et Royal semble même s'atténuer. Autant on lit la réaffirmation des alliances stratégique à gauche, autant on trouve une forme d'appel du pied au Modém par le « rassemblement le plus large [...] de toutes les forces qui veulent ouvrir une alternative durable à la droite ».

Bref on passe du chaud au froid constamment, puisque les intentions générales sont là : « faire grandir l’exigence en donnant au parti socialiste la capacité d’organiser le débat politique, de renouer les liens distendus avec la société, de travailler à une nouvelle dimension de nos relations avec les forces progressistes à l’échelle européenne et mondiale », « Nous ne gagnerons pas 2012, quelles que soient les qualités du candidat, si les années 2008 - 2011 sont gelées. C’est pourquoi, elles ne peuvent pas être abordées comme celles d’un intérim, mais d’un travail indispensable de modernisation des idées, de clarification des choix et de remise en ordre de marche du parti », autant le portrait du premier secrétaire potentiellement présidentiable que fait le texte ressemble tellement à un autoportrait de Bertrand Delanoë (page 10) qu'on peut légitimement de toute sincérité stratégique de ce document.


En définitive, nous retrouvons une géographie politique assez connue au PS depuis novembre 2006. Il y a à la droite du Parti deux sensibilités sociales-libérales, le départ de Dominique Strauss-Kahn n'étant in fine qu'une péripétie politique. D'un côté des sociaux-libéraux autoritaires plus ou moins rangés derrière « l'ordre juste » de Ségolène Royal, de l'autre côté des sociaux-libéraux libertaires qui trouveraient désormais en Bertrand Delanoë leur leader naturel. Ces deux sensibilités sont engagées dans des dynamiques concurrentes, à la fois pour dépecer l'organisation des proches de Dominique Strauss-Kahn « socialisme & démocratie », arguant d'une certaine cohérence idéologique, mais également tenter d'attirer des éléments militants déboussolés et plus à gauche par la dynamique qu'ils espèrent créer l'un et l'autre. Dans tous les cas, c'est - si nous n'y prenons pas garde - un nouvel affrontement délétère auquel se prépare le Parti socialiste. L'initiative des Renconstructeurs pêche par le manque de cohérence idéologique entre rescapés du straus-kahnisme, fabiusiens et aubrystes ; il est possible de proposer une offre politique cohérente et dynamique ancrée à gauche qui dépasse les dissensions de méthode apparues autour du référendum sur le TCE, c'est la seule manière d'éviter ce face-à-face ridicule entre les deux personnalités les plus médiatiques du PS et de permettre des années utiles à la construction d'un projet alternatif de gauche dans ce pays.


Frédéric Faravel

Partager cet article

Repost0
13 mai 2008 2 13 /05 /mai /2008 09:37
Lors des commémorations du 8 mai 1945, Nicolas Sarkozy est allé rendre hommage aux membres du commando Kieffer, ces quelques 170 jeunes Français, qui avec les forces canadiennes avaient été les seuls soldats français à participer aux opérations du débarquement de Normandie.
Il est évident que Nicolas Sarkozy cherche là à reteinter son image ternie d'un gaullisme de bon alloi, lui qui fut si souvent accusé comme Jacques Chirac d'être un fossoyeur du Gaullisme. Le fait que la participation du commando Kieffer fut décriée par le Général De Gaulle qui pestait de ne pas avoir été tenu informé de cette participation et même de l'opération tout court apparaîtra tout de même comme une ironie particulière.
Mais il est frappant que Sarkozy renoue le 8 mai dernier avec un élément central du gaullisme et l'un des trois piliers majeurs de la droite française : le nationalisme. Sans erreur possible, il apparaît évident que l'un des faits majeurs de la synthèse sarkoziste c'est la capacité à assumer à nouveau un nationalisme, discrédité par la guerre, la décolonisation et la construction européenne. Qu'il gère ceci avec les obligations de maintenir les faux-semblants de l'union européenne, montre bien - malgré tout traité simplifié - à quel point l'Europe est dans une impasse, en panne de projet, pour se satisfaire ainsi que celui qui se revendique son "relanceur" soit un nationaliste assumé.
Car le 8 mai 2008, quelques jours après deux documentaires pédagogiques et remarquablement montés sur Mitterrand et la seconde guerre mondiale, Sarkozy a renoué avec la mystique Gaullo-mitterrandienne, et même Gaullo-communiste, celle de la France unie, de la France éternelle, de la France résistante, qui n'aurait rien eu à voir avec Vichy, l'Etat français (celui qui pourtant détenait la légitimité institutionnelle), les crimes qu'il a commis et cette idée que la France n'avait pas à faire de repentance.
Le refuse de la repentance est une antienne récurrente de Nicolas Sarkozy ; elle est aménagée au gré des circonstances pour satisfaire momentannément telle ou telle partie de la population, mais l'idée générale reste. Et là la marque est incontournable, Nicolas Sarkozy par son discours du 8 mai 2008 vient de faire faire à notre République un bond de 12 ans en arrière avant que Jacques Chirac n'ait enfin reconnu que les crimes de Vichy étaient des crimes français.

Frédéric Faravel

Partager cet article

Repost0
13 mai 2008 2 13 /05 /mai /2008 09:31
Barack Obama passe devant Hillary Clinton dans la course aux superdélégués
LEMONDE.FR avec AFP, Reuters et AP | 11.05.08 | 08h46  •  Mis à jour le 11.05.08 | 08h46

n cap peut-être décisif a été franchi ce week-end dans la course à l'investiture démocrate. En s'assurant, vendredi 9 mai, du soutien de sept "superdélégués", puis de trois autres samedi, Barack Obama a fait un pas de géant vers une victoire face à sa rivale Hillary Clinton. En tête dans la course aux délégués "simples", vainqueur des primaires dans un plus grand nombre d'Etats, plus populaire au plan national que Mme Clinton, le sénateur de l'Illinois est en passe de franchir le seul obstacle qui pouvait encore lui barrer la route de l'investiture : obtenir le ralliement d'une majorité de superdélégués, ces cadres et élus démocrates qui sont habilités à se prononcer librement pour le candidat de leur choix lors de la convention nationale du parti, le 4 novembre. Début février, l'ex-première dame avait encore dans son camp 90 superdélégués de plus que son adversaire. Désormais, M. Obama peut compter sur le soutien de 273 superdélégués, contre 272 à la sénatrice de New York. L'équipe de campagne de M. Obama calcule qu'il lui suffit de gagner le soutien de 157 délégués ou superdélégués pour être soutenu par les 2 025 nécessaires pour s'assurer l'investiture. Quelque 253 superdélégués n'ont pas encore annoncé leur choix. Les 6 dernières primaires prévues jusqu'au 3 juin permettront en outre d'élire 217 délégués "simples".
 
"LA COURSE N'EST PAS TERMINÉE"

OAS_AD('Middle1');

Face à cette sérieuse déconvenue, Hillary Clinton peine à contre-attaquer et se voit même obligée de jouer la défensive. Le site internet TalkingPointsMemo a ainsi indiqué que la candidate avait participé samedi à une téléconférence avec des superdélégués la soutenant encore, à la fois pour les implorer de lui garder leur soutien et pour leur assurer que "la course n'était pas terminée".

De fait, même si nombre de médias ont déjà enterré la candidature de Mme Clinton, aucun raz-de-marée n'a encore permis à M. Obama de crier victoire. Les personnalités les plus influentes du parti démocrate, la présidente de la Chambre Nancy Pelosi, le chef de la majorité au Sénat Harry Reid, l'ancien vice-président Al Gore, restent muets, comme s'ils voulaient éviter de siffler eux-même la fin de la partie. "Au fur et à mesure que se déroulent les primaires, un vainqueur émergera, et je ferai connaître mes vues", a seulement indiqué Mme Pelosi.

COMMENT CHOISIR ?

Un parlementaire qui n'a pas encore fait son choix, Jason Altmire, résumait vendredi, sur la chaîne MSNBC, le dilemme qui se pose à nombre de cadres démocrates : comment choisir entre la candidate qui a gagné dans sa circonscription, en Pennsylvanie, et celui qui a remporté le plus de voix dans le pays ? "Je vais laisser à Mme Clinton la chance qu'elle mérite d'aller au bout du processus, et voir si elle peut rattraper son retard", tranchait-il, repoussant le moment du choix jusqu'au 3 juin, date de la dernière primaire.

Partager cet article

Repost0
26 avril 2008 6 26 /04 /avril /2008 08:07
Enfin...

Depuis début janvier, je n'ai pas vu le jour (rassurez-vous je n'étais pas enfermé dans un cave, même si c'est devenu à la mode et très people grâce à Patrick Sébastien). Mais élections municipales obligent, on nous avait demandé de ne pas prendre de congés.

Le gros est passé, je pars me reposer 10 jours avec une petite escapade en Gironde, département que je n'ai jamais visité.

à bientôt,
Fred

Partager cet article

Repost0
23 avril 2008 3 23 /04 /avril /2008 14:58
Tribune de Benoît Hamon - Marianne
L’intérêt n’a cessé de grandir dans l’hexagone pour le résultat des élections primaires américaines. En raison d’abord du suspens ; par ses enjeux ensuite. Le choix du futur président des Etats Unis est tout sauf indifférent dans un monde plus menaçant que jamais, terrorisme, prolifération nucléaire, conflit Nord/Sud, réchauffement climatique, bio diversité, etc. Mais il y a aussi les leçons «françaises» que tireront inévitablement journalistes et responsables politiques et, plus particulièrement celles qui concernent l’avenir de la gauche hexagonale, en raison du duel Clinton/Obama.

On n’échappera évidemment pas aux parallèles grossiers qu’imagineront les esprits paresseux, ou opportunistes, pour désigner, en fonction du résultat, l’Obama français ou la Hillary tricolore. Si Barack Obama l’emporte, on trouvera mille raccourcis pour identifier dans le profil «résolument nouveau et moderne» de tel ou telle, le pedigree idéal. Peu importera que ce Obama bleu-blanc-rouge soit le produit du système ; peu importera ses véritables engagements politiques : dans une gauche en crise d’identité, une cure de jouvence politique peut faire office de remède miracle. Et comme Obama, le vrai, a le dos souple, on pourra aussi y voir le succès du candidat contre l’appareil, et ainsi justifier les stratégies de contournement du «vieux» parti socialiste.

Si Hillary Clinton l’emporte, on décrètera venu le «temps des femmes», on vantera la saga d’une femme «seule contre tous». Dans son recentrage stratégique, on saluera et on distinguera une recette stratégique à succès. On pourra inversement exalter le succès d’une carrière blanchie sous le harnais de l’appareil démocrate et des institutions de Washington. Bref, chacun pourra trouver matière à instrumentaliser la victoire de l’une ou de l’autre, à alimenter les pages désespérément blanches du projet politique de la gauche française.

L’essentiel ? Il est ailleurs, dans la leçon qu’inflige la vieille démocratie américaine aux dirigeants politiques français pressés, au nom de la modernité, d’en finir avec les "archaïsmes". La démocratie américaine conserve, dans ses rites et traditions, une capacité à propager la culture démocratique. Admirable vieillerie que ces primaires où les candidats sont départagés selon le nombre de partisans qui s’agglutinent autour de leur banderole dans le fin fond d’un gymnase ou d’une église. Et pourtant, il ne se trouve aucun candidat défait pour contester, au terme des primaires, la légitimité démocratique du vainqueur.

Ce système permet de brasser le personnel politique comme dans aucune autre démocratie. Tous les quatre ans, le casting change. Il n’y a pas de prime au redoublement. Quel autre système propose-t-il un tel renouvellement ? Là où les élites françaises se reproduisent entre elles d’une génération à l’autre, les Etats Unis sont capables d’élire un marchand de chemises (Truman), un second rôle d’Hollywood (Reagan) et demain, peut-être, le premier leader noir d’une démocratie occidentale. Enfin, l’intérêt de cette élection tient aux thèmes qui structurent le débat politique américain. 5 exemples :

Les restrictions au libre échange : parmi les démocrates il y a consensus sur la nécessité de maîtriser les échanges commerciaux afin de préserver l’emploi et protéger l’environnement. Hillary Clinton exige une pause dans les accords commerciaux, Obama des barrières pour protéger l’environnement. Et tous deux dénoncent l’hémorragie des emplois liés à une mondialisation mal régulée.

La protection sociale : à l’heure où les modèles sociaux européens font office d’accusé numéro un pour justifier la faiblesse de la croissance, on parle Outre Atlantique de protection de la retraite par répartition et de couverture santé pour tous !

La politique fiscale : les démocrates proposent de renouer avec la progressivité des prélèvements et de supprimer les réductions d’impôts accordées aux plus riches pour financer les nouvelles politiques fédérales.

Le Logement : suite à la crise des subprimes, qui a provoqué l’expulsion de leurs logement des centaines de milliers de ménages surendettés, les démocrates parlent d’intervention de l’Etat pour garantir l’habitat des familles les plus exposées.

La régularisation des immigrés clandestins : les démocrates débattent ouvertement des conditions de régularisation des 12 millions de clandestins (!)qui travaillent et habitent aux Etats Unis.

Dans un récent ouvrage, L’Obscénité démocratique (*), Régis Debray dénonce parmi les nouveaux «spectres» de la démocratie française, «la transparence, l’authenticité et la proximité», ces substituts au clivage droite/gauche, au débat démocratique. Ces spectres n’ont évidemment pas quitté la scène politique américaine. Mais, ici, nous courons le risque de ne retenir de l’élection américaine que le récit d’une success story. Notre responsabilité, à gauche, est d’affirmer que la modernité politique tient notamment dans la restauration des capacités régulatrices de la puissance publique (nationale ou continentale), dans le renforcement des protections individuelles et collectives, dans une nouvelle redistribution des richesses favorable à la protection de l’environnement, et dans des politiques ouvertes d’immigration. Voilà ce que la campagne américaine nous enseigne.

(*) Flammarion, 120 pages, 12 euros

Partager cet article

Repost0
23 avril 2008 3 23 /04 /avril /2008 14:34
Le premier ministre belge confronté à la reprise des hostilités entre Flamands et francophones
LE MONDE | 23.04.08 | 15h09  •  Mis à jour le 23.04.08 | 15h09
BRUXELLES CORRESPONDANT

ves Leterme doit affronter de nouvelles difficultés liées à la cohabitation tendue entre Flamands et francophones au sein de l'Etat fédéral belge. Le premier ministre a, depuis son entrée en fonctions, en mars, opté pour une démarche d'apaisement déjà mise à mal.

Après une année de crise ouverte, le premier ministre espérait d'abord calmer les esprits, tant au sein de son parti chrétien-démocrate (CD&V) que chez ses alliés indépendantistes de la Nouvelle alliance flamande (NVA), et chez ses 3 partenaires francophones (libéraux, socialistes et centristes chrétiens). Il voulait, ensuite, ramener les uns et les autres à la table de négociation, en vue de mettre au point des réformes institutionnelles avant la mi-juillet, date butoir fixée aussi bien par la NVA que le CD&V.

OAS_AD('Middle1');

Une relance de la polémique sur le refus flamand de nommer 3 bourgmestres (maires) francophones perturbe ce scénario. Réélus dans la périphérie flamande de Bruxelles, à Kraainem, Linkebeek et Wezembeek-Oppem, ces personnalités se heurtent au refus de la Flandre, autorité de tutelle, de les confirmer dans leurs fonctions. Le pouvoir régional souligne qu'ils ont envoyé des convocations électorales dans la langue des habitants et pas uniquement en néerlandais, comme la loi les y oblige.

Vendredi 11 avril, les 3 bourgmestres ont réintroduit une demande officielle de nomination. L'ensemble des partis francophones évoque le "déni de démocratie" que commet, selon eux, le gouvernement régional flamand et menace de ne pas reprendre les discussions institutionnelles voulues par M. Leterme.

Les présidents francophones vont se réunir dans les prochains jours pour déterminer leur attitude. Derrière cette affaire se profile la question de la scission, très symbolique, de l'arrondissement bilingue de Bruxelles-Hal-Vilvorde que la Flandre veut réaliser pour assurer l'unité de son territoire. Une majorité flamande l'a votée dans une commission parlementaire en octobre 2007, contre l'avis de la minorité francophone. Le dossier a fait l'objet d'un recours francophone mais pourra, si aucun accord n'est trouvé, reprendre son cheminement parlementaire dès le 1er mai.

CRITIQUE DES NATIONS UNIES

La Flandre est d'autant plus énervée par cette affaire que le Conseil de l'Europe doit, à la mi-mai, envoyer un émissaire en Belgique pour enquêter sur ce dossier. Il rentera un rapport sur le respect des droits politiques des francophones. "Les Flamands n'acceptent plus d'être diabolisés en tant que racistes ou égoïstes à l'étranger", a expliqué récemment Marino Keulen, le ministre régional flamand de l'intérieur et de l'intégration. M. Keulen est le ministre qui s'oppose à la nomination des maires francophones de la périphérie bruxelloise. Il est aussi celui qui a mis au point un "code du logement" qui prévoit que, pour obtenir un logement social, les candidats doivent s'engager à apprendre (gratuitement) le néerlandais.

La mesure n'aurait pénalisé aucun francophone et vise à "l'intégration civique des allophones (personnes qui parlent une autre langue) et des défavorisés", assure M. Keulen. Elle fait toutefois l'objet de critiques du Comité des Nations unies pour les droits de l'homme et d'un recours de la Région wallonne.

Un dernier élément complique les projets de M. Leterme. Jeudi 17 avril, les présidents des Régions wallonne et bruxelloise, Rudy Demotte et Charles Picqué, ont lancé une "bombe institutionnelle", selon la formule de divers observateurs. Les 2 socialistes ont plaidé pour un fédéralisme basé sur les 3 régions belges (Flandre, Wallonie et Bruxelles) et non plus sur les "communautés linguistiques".

S'il se réalise, ce projet donnerait naissance à une Fédération Wallonie-Bruxelles (un "Etat", disent déjà certains) gérée par un gouvernement unique. Le président du gouvernement flamand se réjouit officiellement d'avoir, à l'avenir, un "partenaire fort" face à lui. Mais le monde politique flamand sent bien que le projet est de tracer les contours d'une éventuelle "nation francophone", solution de rechange en cas d'aggravation des tensions au sein de l'Etat fédéral. Elle inclurait Bruxelles, capitale belge et flamande, mais très majoritairement peuplée de francophones.

Jean-Pierre Stroobants

Chronologie

Novembre 2007. Les partis flamands unanimes votent, contre les francophones, la scission de l'arrondissement bilingue de Bruxelles-Hal-Vilvorde dans une commission de la Chambre des députés.

Décembre. Le libéral flamand Guy Verhofstadt prend la tête d'un gouvernement intérimaire de crise.

Février 2008. Premier ensemble de réformes institutionnelles jugées insuffisantes en Flandre.

Mars. Yves Leterme, leader du parti chrétien-démocrate flamand, devient premier ministre. Ses alliés indépendantistes de la Nouvelle Alliance flamande exigent une vaste réforme du système fédéral, sous peine de lui retirer leur soutien. La "date butoir" des partis flamands est fixée au 15 juillet.

Partager cet article

Repost0
22 avril 2008 2 22 /04 /avril /2008 15:38
Le PS réclame un changement du mode de scrutin du Sénat en préalable à la révision de la Constitution
LE MONDE | 22.04.08 | 14h06  •  Mis à jour le 22.04.08 | 14h06

a victoire de la gauche aux élections municipales et cantonales des 9 et 16 mars fournit un argument de poids aux sénateurs socialistes qui réclament une réforme du mode d'élection de leur assemblée. Ce devrait être un point de friction important entre majorité et opposition, lors des débats sur la réforme des institutions qui commenceront à l'Assemblée nationale le 20 mai. L'"avant-projet de loi constitutionnelle de modernisation des institutions de la Ve République", dont l'ambition est de rééquilibrer les pouvoirs notamment en renforçant ceux du Parlement, est présenté en conseil des ministres, mercredi 23 avril.
OAS_AD('Middle1');

Les sénateurs socialistes font de la réforme de leur collège électoral - qui relève d'une loi ordinaire - un préalable non négociable à la discussion sur la révision de la Constitution. Car ils ont fait leurs comptes : alors que la gauche détient, depuis le 16 mars, une majorité de collectivités locales, elle devrait obtenir seulement 10 à 15 sièges supplémentaires aux élections sénatoriales de septembre 2008 (où un tiers des effectifs sera soumis à renouvellement), auxquels devrait s'ajouter une 2ème fournée de 15 à 20 autres sièges en 2011.

Les raisons de cette distorsion : un mode de scrutin en décalage avec la réalité politique et institutionnelle de la France de 2008. Le collège électoral du Sénat est composé à 95% de maires. Parmi ceux-ci, les maires ruraux des petites communes les moins peuplées sont surreprésentés. Les 21 704 communes de moins de 500 habitants, qui abritent 8,9% de la population, désignent 16,2% des grands électeurs. Celles de plus de 100 000 habitants - dont Paris, Lyon et Marseille -, où habite 16% de la population, en désignent 8%.

DÉNI DÉMOCRATIQUE

"La gauche gère 20 des 22 régions métropolitaines et, depuis mars 2008, 58 départements sur 102, 32 villes de plus de 100 000 habitants sur 49. Aujourd'hui, 60% des Français vivent dans une commune de gauche. Et le Sénat devrait toujours rester à droite ?, s'interroge le président du groupe PS du Sénat, Jean-Pierre Bel. C'est une hérésie, un véritable déni démocratique."

"C'est un problème structurel qu'avait bien perçu le comité Balladur, dont les travaux ont précédé l'avant-projet de loi", souligne le sénateur des Hauts-de-Seine, Robert Badinter. "Il n'est pas concevable que nous entrions dans un processus de révision de la Constitution sans qu'il soit remédié à cette anomalie", prévient l'ancien garde des sceaux. "Si ce préalable n'est pas accepté, la discussion s'arrête, s'il est accepté, elle commence", conclut-il.

Pour se faire entendre, les parlementaires socialistes disposent d'un levier : l'UMP et ses alliés n'ont pas, à eux seuls, la majorité des trois-cinquièmes requise pour l'adoption, par le Congrès, d'une révision de la Constitution.

Les députés ne sont pas en reste. Le 8 avril, le bureau national du PS a réaffirmé la position qu'il avait prise, le 18 septembre 2007, en adoptant à l'unanimité des "propositions pour le rééquilibrage des institutions". Les socialistes réclament au gouvernement un "paquet global", selon l'expression d'André Vallini, député de l'Isère et secrétaire national aux institutions, incluant, outre la réforme du Sénat, le droit de vote des étrangers aux élections locales, l'introduction d'une dose de proportionnelle à l'Assemblée nationale (10% des députés) et l'"égalité audiovisuelle" garantissant le décompte du temps de parole du président de la République à la télévision.

Un autre verrou avait été posé en préalable par l'opposition : la suppression de l'article 7 du texte, qui stipule que le chef de l'Etat "peut prendre la parole devant le Parlement réuni en Congrès ou l'une ou l'autre de ses assemblées". Le bureau national du PS a jugé cette disposition "impossible", car incompatible avec le renforcement des droits du Parlement. Diverses personnalités - dont Laurent Fabius - se sont toutefois déclarées prêtes à un compromis sur ce sujet. Les sénateurs socialistes estiment que ce point est "discutable".

Christine Garin
Article paru dans l'édition du 23.04.08

Partager cet article

Repost0
22 avril 2008 2 22 /04 /avril /2008 08:21
Clinton-Obama : une primaire démocrate cruciale en Pennsylvanie
LE MONDE | 21.04.08 | 16h30  •  Mis à jour le 22.04.08 | 09h13
PHILADELPHIE (Pennsylvanie) ENVOYÉE SPÉCIALE

ara Sydney et Teri Patterson se sont connues en faculté de droit. Deux jours avant la primaire démocrate du mardi 22 avril en Pennsylvanie, les deux amies sont venues de Washington faire du porte-à-porte pour Barack Obama à Philadelphie. "La campagne est devenue tellement mesquine que j'ai hésité à venir. J'étais désenchantée", dit Tara Sydney, avocate dans une association de protection de l'enfance. Teri Patterson, juriste dans une entreprise, a, au contraire, eu envie de s'engager. "Jusqu'à présent, je m'étais contentée d'envoyer de l'argent. Mais après les attaques sur le patriotisme d'Obama, je voulais montrer que nous sommes des gens normaux et que nous ne sommes pas en train de comploter quoi que ce soit contre les Etats-Unis !"

OAS_AD('Middle1');

Après 6 semaines sans scrutin, le vote de la Pennsylvanie va permettre de mesurer l'impact des attaques endurées depuis un mois par le sénateur de l'Illinois Barack Obama, favori de la course à l'investiture de son parti pour l'élection présidentielle de novembre.

Les sondages continuent à donner un avantage de 5 points à la sénatrice de New York, Hillary Clinton, dans cet Etat de tradition ouvrière, emblématique de la classe moyenne en difficulté dont elle entend défendre les intérêts.

Mais l'écart s'est réduit. M. Obama, qui voudrait bien en finir, après quatre mois d'une campagne de plus en plus rude, a investi massivement en publicité télévisée. Et pour la 1ère fois, il a recours, lui aussi, à des attaques fortement négatives. Le dernier clip accuse Mme Clinton de "financer des campagnes de calomnies avec l'argent des lobbies".

"LA CAMPAGNE L'A CHANGÉ"

La Pennsylvanie compte 3,9 millions d'électeurs démocrates. Si 250 000 nouveaux électeurs ont été enregistrés, la participation ne devrait pas, pas plus que dans les autres Etats, dépasser 50%. Mme Clinton bénéficie d'un avantage dans la région de Pittsburgh et dans les localités rurales, mais la course est plus disputée à Philadelphie, une ville où la population est mélangée et où se concentrent 20% des électeurs enregistrés.

Les commentateurs politiques estiment que le tir nourri dont a fait l'objet Barack Obama à propos de ses relations à Chicago ont eu pour effet de diminuer son aura et de le ramener au rang des politiciens ordinaires. "La campagne l'a changé, a estimé le chroniqueur conservateur David Brooks. Il est devenu plus à gauche et il ressemble à un candidat conventionnel échangeant des piques avec son adversaire."

Si on en juge par les derniers événements de campagne, la popularité de M. Obama ne paraît pas affectée : 35 000 personnes pour un meeting à Philadelphie ; des électeurs enthousiastes aux arrêts du train intitulé "Sur les rails du changement" à bord duquel il a entrepris de parcourir l'Etat.

Sauf coup de théâtre, la position de M. Obama n'est pas menacée. Il a gagné dans 28 Etats (contre 14 pour Mme Clinton) et la devance de 700 000 voix alors qu'il ne reste plus que 9 Etats après la Pennsylvanie. Mais il est condamné à se montrer compétitif, mardi, auprès de l'électorat "col bleu" s'il veut réussir, enfin, à faire basculer dans son camp les superdélégués dont le vote va être décisif, en l'absence d'une majorité absolue à l'issue du vote populaire.

Corine Lesnes
Hillary Clinton ne se retirera pas, même en cas de petite victoire

Interrogée sur CNN, lundi 21 avril, Hillary Clinton a assuré qu'elle n'abandonnerait pas la course à l'investiture démocrate, même en cas de petite victoire, c'est-à-dire moins de cinq points d'avance, face à son rival Barack Obama. Les dernières études d'opinion accordent entre 5 et 10 points d'avance à Mme Clinton, qui a affirmé qu'elle sera candidate"jusqu'à ce que le problème du Michigan et de la Floride soit résolu". Ces 2 primaires démocrates, remportées par l'ancienne première dame en janvier, n'ont pas été comptabilisées par la direction du Parti démocrate en rasion d'un différend avec les instances locales.

L'optimisme d'Hillary Clinton ne doit pas occulter que ses caisses, renflouées après des victoires dans le Texas et l'Ohio, sont maintenant presque vides, note le Financial Times, dans son édition de mardi. Sa campagne a besoin d'une très nette victoire en Pennsylvanie pour survivre alors que 9 primaires démocrates doivent encore avoir lieu. Selon le Financial Times, Mme Clinton, qui ne disposait que de 8,6 millions de dollars (5,4 millions d'euros) au début du mois d'avril, a dépensé plus d'un million de dollars par jour ces dernières semaines.


Délégués et "superdélégués"

Décompte. Selon le site indépendant RealClearPolitics.com, Barack Obama et Hillary Clinton obtiendraient, à la veille du vote de Pennsylvanie, respectivement le soutien de 1 648 délégués (dont 233 "superdélégués") et 1 508 délégués (dont 257 "superdélégués"). Pour l'emporter, un candidat a besoin de 2 025 délégués. Les "superdélégués" (796 au total) sont des responsables du parti ou des élus libres de leur choix.

Sondage. D'après Newsweek, M. Obama recueillerait, au niveau national, 54% des voix des électeurs démocrates contre 35% pour Mme Clinton.

Partager cet article

Repost0
21 avril 2008 1 21 /04 /avril /2008 16:04
Nécrologie - Aimé Césaire, le grand poète de la "négritude"
LE MONDE | 18.04.08 | 16h28  •  Mis à jour le 18.04.08 | 16h28

ou de sa langue, de Rimbaud, de Breton, enfant caraïbe de Shakespeare et Brecht, né le 26 juin 1913 à Basse-Pointe (Martinique), député de la Martinique de 1945 à 1993, proche de De Gaulle et de Mitterrand, maire de Fort-de-France de 1945 à 2001, conseiller général à deux reprises (1945-1949 ; 1955-1970), Aimé Césaire, hospitalisé mercredi 8 avril 2008, est mort le 17 avril à Fort-de-France. Il était âgé de 94 ans.

OAS_AD('Middle1');

Le 23 mars 1964, face à De Gaulle en visite en Martinique : "On ne pourra pas éluder davantage un problème qui obsède notre jeunesse, le problème de la refonte de nos institutions pour qu'elles soient plus respectueuses de notre particularisme, plus souples et plus démocratiques." Il aura ainsi admonesté tous les présidents de la République d'une voix nette, timbrée, en porte-parole de son peuple et de son devenir. C'est cette parole, politique et poétique, qui impressionne le plus dans un corps sûr et si timide.

Un poète s'écoute à ses titres : Cahier d'un retour au pays natal (1939), Les Armes miraculeuses (1948), Soleil cou coupé (1948), Corps perdu (1949), Ferrements (1960), Noria (1976), Cadastre (1981). Sans compter des essais historiques et des discours violents : Esclavage et colonisation (1958), Discours sur le colonialisme (1962), Toussaint Louverture, La Révolution française et le problème colonial (1962).

Il ne fera plus désormais son tour quotidien de l'île avec chauffeur, "je ne m'en lasse pas, la faune, la flore, le peuple martiniquais, la cabane martiniquaise, les pauvres gens", tout ce qu'il aimait par coeur. Son grand-père fut le premier enseignant nègre, on reviendra sur ce mot, de l'île. Sa grand-mère Eugénie, "Maman Ninie", rare femme lettrée pour l'époque. Le père est contrôleur des contributions, la mère, couturière. Boursier, il est admis au lycée Victor-Schoelcher de Fort-de-France : "J'étais si curieux de connaître la France, de connaître Paris. Nous aimions ce que nous lisions, le journal du matin, le journal du soir, les livres qui venaient de paraître, le latin, le grec : tiens, dans un texte on trouve tel mot, hop je le reconnais en créole." En septembre 1931, il prend le bateau pour la France. En 1931, la France n'a qu'une idée approximative des Nègres.

Césaire entre en hypokhâgne au lycée Louis-le-Grand. Huit jours de bateau. Le premier camarade qu'il rencontre dans les couloirs est un Nègre comme lui. Il s'appelle Léopold Senghor. Ils intégreront ensemble l'Ecole normale supérieure avec Georges Pompidou. Ensemble, sans Pompidou toutefois, ils fréquentent les surréalistes et fondent l'idée de "négritude" : "Mais c'est normal. Il était nègre, moi aussi, nous comparions nos expériences. C'est un Africain, je suis un Martiniquais, nous avions des points de rencontre, mais nous avions aussi des interrogations. (...) On s'enseignait l'un l'autre. La réponse était africaine."

Lors de l'élection présidentielle de 2007, Césaire reçoit Laurent Fabius, soutient la candidature de Ségolène Royal et bondit contre la "loi de la honte", l'amendement voulu par la droite qui prétend marquer les aspects positifs de la colonisation (décembre 2005) : "Cela me ramenait cinquante ans en arrière. Qu'est-ce que ça venait foutre ? Il est clair qu'en aucune manière je ne pouvais approuver ce point scandaleux." Avait-il changé ? Pas d'un poil.

En septembre 1934, avec Léon Gontran Damas, élégant danseur de jazz, ce qu'il n'est certainement pas, lui, si fragile, avec une bande d'étudiants antillo-guyanais, ils fondent le journal L'Etudiant noir. Gigantesque travail de mémoire culturel (le politique suivra) contre l'idéologie coloniale et raciale : "Ce qui m'intéressait, c'était l'identité nègre. Toi le Sénégalais, toi le Guyanais, qu'est-ce que nous avons en commun ? Pas la question de la langue, mais la question nègre. (...) Je n'ai jamais voulu faire du français une doctrine. Il y avait surtout des anglophones et des Américains, avec une littérature nègre, Langston Hughes, Richard Wright, and so on, c'était pour nous, Nègres et francophones, une révélation. Les premiers qui ont posé les bases, pour nous, c'étaient les Nègres américains."

Cri noir de la raison

Agrégé de lettres, il rentre avec sa compagne, Suzanne Roussi, enseigner au lycée Schoelcher. René Ménil, Georges Gratiant, le couple et d'autres énergumènes fondent la revue Tropiques (1941). Contre le régime de Vichy, les Etats-Unis décident du blocus de la Martinique. André Breton passe par là (Martinique, charmeuse de serpents). Il publie Césaire dans la revue Fontaine, dirigée par Max-Pol Fouchet. Au passage, il consacre Césaire en "Nègre fondamental".

En 1945, Césaire est appelé par les élus communistes de l'île à la mairie de Fort-de-France : "Sans le vouloir. On a fait de moi un porte-parole. Au sortir de la guerre, je suis un jeune homme de gauche, communisant, mais je n'y connais rien. Des copains de classe font une liste assez large pour avoir des chances. Je n'y crois pas une seconde. Je signe pour leur faire plaisir et la liste fait un triomphe !" Voirie, caniveaux, ordures, merde, masures, il fonce : "Quelle prétention ! hein ? Quelle emphase ! - "L'argent, nous le trouverons !" Voilà comment est née ma carrière. Je ne suis pas antifrançais : je suis d'abord martiniquais."

Après l'effondrement économique de la Martinique, Césaire demande pour son pays un statut de département. Vieille revendication, au demeurant, peu entendue des exigences gauchistes d'indépendantisme. Il crée la revue Présence africaine avec Alioune Diop. Sartre préface l'Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache.

Son action pour la ville, le logement social, l'urbanisme, la politique culturelle de l'île (Service municipal d'action culturelle et Centre martiniquais d'action culturelle, à la rivalité très productive) reste aussi soutenue que contestée. Son autoritarisme et son népotisme, très discutés.

L'action politique de Césaire n'a de sens qu'au regard de l'oeuvre. En France, Aimé Césaire reste aussi méconnu que ses Antilles natales. Le Nègre inconsolé, ouvrage de Roger Toumson et Simonne Henry-Valmore (Syros, 1993), peut encore servir d'introduction : "On ne naît pas Noir, on le devient." Et encore plus récemment : "Nègre je suis, Nègre je resterai" (entretiens avec Françoise Vergès, Albin Michel, 2005). Et si le Discours sur le colonialisme, (1950) nous mettait encore aujourd'hui sur la voie : "Pousser d'une telle raideur le grand cri nègre, que les assises du monde en seront ébranlées."

Il est un poète de langue française, son Orphée noir, la parole "belle comme l'oxygène naissant", sur qui Sartre, Leiris et Breton se sont entendus : Aimé Césaire. Césaire, cri noir de la raison. La Martinique, soleil, cocotiers, sable fin, robes madras, anneaux créoles ? Soleil, oui, là-haut, vertical, sans absence - mais aussi "une petite maison qui sent très mauvais dans une rue étroite, une maison minuscule qui abrite en ses entrailles de bois pourri des dizaines de rats et la turbulence de mes frères et soeurs." L'Antillais lui paraît un Africain déporté, pire qu'un Nègre parce que privé de langue, sans religion ni histoire propre, somnolent et soumis dans une île "désespérément obturée à ses bouts". Dans l'ignorance parfaite de la "métropole". La France.

Le virage, c'est sa descente aux enfers personnelle, aux bords de la raison, qui aboutit à l'un des textes de la poésie du siècle face aux Antilles, "cul-de-sac innommable de la faim, de la misère et de l'oppression". Ce cri qu'il est seul à pousser, contre l'imitation, l'expérimental, ou le négrisme. Contre le silence d'être nègre. Ce qu'il dira plus tard de Frantz Fanon (Les Damnés de la terre, 1961) : "Peut-être fallait-il être antillais, c'est-à-dire si dénué, si dépersonnalisé, pour partir avec une telle fougue à la conquête de soi et de la plénitude."

Sa parole éclatée en "une fleur énorme et noire" (Sartre) prend le sens, il le dit, d'une parole pour les idiots et les bêtes. Non qu'elle s'adresse d'abord à eux, mais parce qu'elle parle à leur place, "ma bouche sera la bouche des malheurs qui n'ont point de bouche, ma voix, la liberté de celles qui s'affaissent au cachot du désespoir". Entendez-vous le silence qui a accompagné les longues dernières années du lion malicieux des Antilles ? Ce n'est pas faute d'avoir, dans le même temps pour faire écran, répété qu'il n'y avait plus de poète, plus d'intellectuel engagé, plus d'homme qui s'avance... Car il s'en trouvait un, on a fait semblant de l'ignorer, c'est ce qui arrive lorsqu'un silence crie fort, on ne va pas manquer, maintenant qu'il n'y a plus rien à craindre, de "redécouvrir" celui que l'on couvrait d'indifférence, ou de déboulonner la statue qu'il n'eut pas : c'est tout un. Et très compréhensible. De toute façon, Aimé Césaire avait pris les devants : "Accommodez-vous de moi. Je ne m'accommode pas de vous."
Francis Marmande

Dates clés

26 juin 1913
Naissance à Basse-Pointe (Martinique) ; il est le quatrième d'une famille de sept enfants.

1939
Cahier d'un retour au pays natal.

1946
Les Armes miraculeuses.

1947
Soleil cou coupé.

1950
Corps perdu. Discours sur la négritude.

1960
Ferrements.

1994
Moi, laminaire.

17 avril 2008
Mort à Fort-de-France (Martinique).

Article paru dans l'édition du 19.04.08

Partager cet article

Repost0