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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube.
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Gauche Républicaine & Socialiste

7 mars 2008 5 07 /03 /mars /2008 11:23
 

Le socialisme à l'espagnole est-il exportable ?

 

C’est une gauche heureuse, confiante et sûre d’elle-même, qui tentera, dimanche, de reconduire sa majorité aux élections législatives espagnoles. Ce n'est pas que tout est rose pour elle. Elle n’a que 4 points d’avance sur la droite conservatrice du Parti Populaire dans les derniers sondages. Le chômage est reparti à la hausse. L’inflation a dépassé les 4% en 2007. Le ralentissement du boom immobilier menace de se faire sentir dans toute l’économie. Rien n’est joué pour le PSOE, le Parti socialiste ouvrier espagnol, mais, outre que beaucoup de pays européens envieraient le taux de croissance - 2,7% - auquel le pays pourrait retomber en fin d’année, la gauche espagnole a tout ce que la gauche française n’a pas.

Nulle bataille de courants ni rivalité de personnes ne la déchire. La gauche espagnole a un jeune leader, séduisant et solide, le Président du gouvernement sortant, José Luis Rodriguez Zapatero, dont on peut contester la politique mais pas la capacité à exercer cette fonction, dont le mandat entier a réussi à démontrer sa constance, sa maîtrise et son habileté. N'a-t-il pas sur gérer la suite des attentats du 11 mars ? N'a-t-il pas su gérer les reniements de l'ETA alors que les négociations de paix avaient pourtant fortement avancées ? Zapatero a prouvé qu'il valait bien Gonzales. L’Europe ne divise plus le PSOE mais le cimente au contraire et il est parfaitement à l’aise avec ce qu’il est : un parti de gouvernement qui ne se revendique plus, pas même en mots, de la révolution. Ce parti est tout simplement, un parti moderne et c’est ce qui lui donne des chances de l'emporter dimanche.

Face à une droite cléricale, très conservatrice sur les questions de mœurs, encore très clientéliste et qui n’a pas totalement rompu, elle, avec ses racines idéologiques, avec le franquisme, le PSOE n’a aucun mal à incarner l’air du temps. L’époque décrie les déficits que l’on regardait, en d’autres temps, comme un moteur de l’économie et le gouvernement sortant affiche fièrement un très confortable excédent et une dette publique en régression. Cela plaît aux milieux d’affaires mais aussi, et pas moins, aux jeunes générations, cadres et jeunes entrepreneurs, qui préfèrent la stabilité financière aux dépenses publiques, la rigueur aux politiques de relance. Mais en même temps, l'Espagne dispose désormais de marges de manoeuvres importantes que n'ont pas les autres Etats latins d'Europe, qui lui permettrait de mener des politiques contra-cycliques si jamais la situation économique internationale venait à se dégrader rapidement et profondément.

L’époque est à la tolérance et à l’égalité des sexes et le gouvernement Zapatero a promu des lois sur la parité et contre les violences faites aux femmes, simplifié les procédures de divorce, légalisé le mariage homosexuel avec l’approbation des 70% des Espagnols, élargi les autonomies régionales et rendu facultatif l’enseignement religieux.

Chacun peut désormais vivre comme il l’entend en Espagne mais ce modèle, libéral aux deux sens du terme, est-il exportable et, surtout, durable ?

Ce n’est pas certain, pour deux raisons. Toutes les droites et tous les épiscopats européens, d’abord, ne sont pas aussi réactionnaires qu’en Espagne et toutes les gauches ne bénéficient, donc, pas du même monopole de libéralisation des mœurs. Ces combats en France ont été menés et remportés depuis longtemps. La vraie différence, en second lieu, entre gauche et droite, celle qui divise aujourd’hui Démocrate et Républicains aux Etats-Unis, réside dans le partage des richesses, dans leur redistribution par l’impôt. C’est là que les intérêts se heurtent, que tout le monde ne défend pas les mêmes. Les gauches ont, partout, à réinventer la redistribution et la protection sociales et, dans cette réinvention, la gauche espagnole est aussi en retard que toutes les autres.

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6 mars 2008 4 06 /03 /mars /2008 10:36

Municipales 2008 : meeting Val-de-Reuil

 

Posted by Benoit Hamon on mars 5, 2008 at 05:49 PM

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6 mars 2008 4 06 /03 /mars /2008 10:27

Le Lundi 18 février, j'écrivais deux ou trois choses notant mon agacement sur le comportement pseudo-électoral et surtout affreusement dangereux politiquement de Ségolène Royal. Sachez le donc, elle est en campagne non pas pour les municipales mais pour le congrès du Parti socialiste... et pour constituer une future majorité avec Valls, Gorce et Peillon... Peut-être demandera-t-elle à Jean-Pierre Chevènement de tenir la plume de sa future motion, tellement peu de choses les séparent sur le fond. Et puis en plus elle va revivifier le centralisme démocratique qui nous a séparés des nervis du bolchévisme en 1920... bravo.
Fred

Royal veut être "majoritaire" pour le Congrès du PS

L'ex-candidate à l'élection présidentielle a affirmé son intention de réunir le parti socialiste derrière elle, autour d'"un texte" d'orientation soumis au vote des militants.

Ségolène Royal à Toulouse, le 5 mars (AFP)

Ségolène Royal à Toulouse, le 5 mars (AFP)

 

Au cours d'une conversation informelle en marge du meeting pour les élections municipales à Toulouse, mercredi 5 mars, Ségolène Royal a annoncé qu'elle se donnait pour objectif d'être "majoritaire" au prochain congrès du Parti socialiste, sans doute à l'automne, avec tous ceux qui voudront bien la rejoindre autour d'un texte d'orientation.
L'ex-candidate à l'élection présidentielle s'est cependant montrée évasive sur ses intentions à l'égard du PS immédiatement après les élections municipales et cantonales.
"Je ferai les choses comme je les sens", a-t-elle glissé alors qu'on lui demandait si elle entendait faire connaître aussitôt après le scrutin sa décision de prendre le contrôle du parti avec ses partisans.
La présidente du Poitou-Charentes n'a pas caché, cependant, sa volonté de constituer un rassemblement autour d'"un texte" soumis au vote des militants au congrès.

Le PS "a changé"
Dans son esprit, il ne s'agit pas de passer des alliances avec les courants constitués au sein du PS ou de "mener des négociations", selon un schéma traditionnel qu'elle a jugé, en substance, dépassé.
"Ceux qui veulent venir viendront, et ceux qui ne veulent pas venir ne viendront pas", a-t-elle dit, avant de mettre un bémol à ce discours tranché en affirmant que "les choses ne sont pas blanc ou noir".
Ségolène Royal se fait fort de réunir une majorité. "Je crois que je serai majoritaire", a-t-elle dit, sûre de son fait, en estimant que la primaire qui l'avait désignée pour représenter les socialistes à l'élection présidentielle avait montré que le PS "a changé".
Selon l'ex-candidate, les socialistes mesurent qu'elle est "la seule à ramener le vote populaire" vers le PS.

Des statuts "lourdingues"
Ségolène Royal a réaffirmé son ambition, déjà affichée par le congrès du Mans en 2005, de constituer "un parti de masse", notamment en faisant venir "les gens des quartiers", qui ont voté massivement pour elle à l'élection présidentielle.
Elle a aussi souhaité une évolution des statuts, sur laquelle a commencé de travailler une commission ad hoc du PS, les jugeant "lourdingues".
Comme on lui demandait si elle voulait un congrès anticipé, c'est-à-dire avant la période estivale, Ségolène Royal a estimé qu'une ancienne candidate à la magistrature suprême n'avait pas à se pencher sur "les questions de procédure".
La présidente du Poitou-Charentes avait laissé entendre début janvier qu'elle pourrait se porter candidate à la direction du PS. Elle n'a cessé de répéter depuis qu'il fallait d'abord laisser se dérouler les élections municipales.

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5 mars 2008 3 05 /03 /mars /2008 16:05

La fascination américaine

 

par Bernard Guetta, France Inter

La bataille démocrate va, donc, se prolonger. Hillary Clinton s’est remise en selle, hier, et l’aura même solidement fait en remportant, d’un coup, le Texas, l’Ohio et le Rhode Island. Rendez-vous, maintenant, le 22 avril, en Pennsylvanie, le prochain des grands Etats à se prononcer, mais comment expliquer que cette bataille des primaires, simple moment, après tout, de politique intérieure d’un pays étranger, passionne autant les cinq continents ?

Il y a deux raisons à cela. La première est que jamais un Président américain n’avait entraîné les Etats-Unis dans un tel désamour international. Même en Europe, l’autre pilier de l’Alliance atlantique, les pays traditionnellement les plus américanophiles n’aiment plus, aujourd’hui, cette si grande puissance dont ils s’étaient, si longtemps, senti si proches. Le monde ne la perçoit plus comme facteur de stabilité mais d’instabilité. Georges Bush inquiète et fait peur et voilà que, sur cette toile de fond, apparaissent trois candidats à la Maison-Blanche qui, tous, frappent l’imagination.

Désormais assuré de l’investiture républicaine, John McCain est un outsider, en rupture avec son camp, un homme détesté par la droite de son parti, par les fondamentalistes protestants avant tout, et qui a eu le courage de dénoncer et combattre le recours à la torture. C’est un homme entier, expérimenté, capable et assez peu démagogue pour oser dire à un électorat totalement las de la guerre d’Irak que, non, l’Amérique ne peut pas en tourner la page du jour au lendemain et devra rester à Bagdad le temps de réparer les dégâts qu’elle y a commis.

Qu’on aime ou pas les militaires conservateurs, on ne peut pas dénier des qualités à John McCain et Hillary Clinton n’en manque pas non plus.

La force d’âme avec laquelle elle a fait face à l’irruption de Barak Obama dans des primaires qu’elle avait semblé certaine de remporter rassure et impressionne. Cette femme est décidément à même de faire face à des crises et les huit années qu’elle avait passées à la Maison-Blanche comme Première Dame, son expérience de sénatrice, la qualité de ses conseillers et la sincérité de son engagement social ne laissent certainement pas indifférents.

Quant à Barak Obama, issu d’un milieu très modeste, fils d’un Kenyan et d’une Américaine, métis qui a su attirer les voix de tant de Blancs, il fait tout simplement rêver d’une Amérique qui saurait ressusciter, avec lui, le rêve américain, la réconcilier avec elle-même et avec le monde en montrant que rien n’est décidément impossible dans ce pays. L’Amérique s’est donnée, là, trois candidats qui prouvent, tous, qu’elle pourrait refermer une parenthèse déplorable, rebondir, et le monde se prend à espérer qu’elle pourrait retrouver, avec eux, assez de sagesse pour revenir à la hauteur de responsabilités internationales qu’aucun autre pays n’est à même d’assumer.

C’est la seconde raison de l’intérêt suscité par ces primaires. Le monde va mal. Sa pagaille est telle qu’il a besoin d’une Amérique forte et lucide pour tenter de canaliser ce chaos qui semble l’emporter dans tant de conflits. Cette élection, c’est un fait, n’est pas seulement américaine. Elle est mondiale.

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5 mars 2008 3 05 /03 /mars /2008 16:01
Pour pouvoir présider la région de Francfort, le SPD accepte les voix de la gauche radicale
 
LE MONDE | 05.03.08 | 14h55  •  Mis à jour le 05.03.08 | 14h55
BERLIN CORRESPONDANTE

ndrea Ypsilanti, la présidente du Parti social-démocrate allemand (SPD) en Hesse, la région de Francfort, a confirmé être prête à former un gouvernement minoritaire avec les Verts, soutenu par le parti de gauche radicale Die Linke. Grâce à ce changement de stratégie (contraire aux premiers engagements du SPD, qui fait partie de la grande coalition d'Angela Merkel), la sociale-démocrate âgée de 50 ans devrait être élue ministre-présidente, le 5 avril, en remplacement de Roland Koch (CDU), qui dirige cette région depuis 1999. "Je ne pourrai peut-être pas tenir la promesse de ne pas me laisser élire par Die Linke", a-t-elle déclaré, mardi 4 mars, à Wiesbaden, la capitale politique de ce Land.

Ce serait la première fois qu'un tel modèle est mis en place dans une région ouest-allemande. Die Linke (composée d'anciens communistes, d'altermondialistes et de dissidents du SPD), qui a fait pour la première fois son entrée dans le parlement régional de Hesse, a expliqué à plusieurs reprises qu'elle était prête à voter pour la candidate sociale-démocrate.

REVENIR SUR SA PAROLE
Avant les élections du 27 janvier, Mme Ypsilanti avait exclu toute sorte de coopération avec la gauche radicale. Mais le scrutin n'a permis à aucun des deux principaux camps en Hesse, l'union chrétienne-démocrate (CDU) et le SPD, de réunir une majorité stable avec leurs alliés traditionnels. Après le refus définitif des libéraux (FDP) de former une coalition avec le SPD et les Verts, la candidate a choisi de revenir sur sa parole pour conquérir la présidence de la région.

Ce tournant avait été avalisé une semaine plus tôt par la direction fédérale du SPD. Celle-ci avait souligné que les fédérations régionales de l'ouest étaient libres de décider d'un éventuel rapprochement avec Die Linke, tout en excluant toute coopération au niveau fédéral. A l'est, le SPD a déjà formé des gouvernements avec la gauche radicale. Ce changement de stratégie initié par le président du parti, Kurt Beck, a suscité d'importantes controverses en interne. Néanmoins, les organes de direction du SPD ont réaffirmé, lundi 3 mars, leur soutien à M. Beck et à cette nouvelle ligne.

Cécile Calla

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5 mars 2008 3 05 /03 /mars /2008 08:57
La vraie explication entre Hillary Clinton et Barack Obama commence
 
LEMONDE.FR | 05.03.08 | 07h51  •  Mis à jour le 05.03.08 | 07h51

es électeurs démocrates de l'Ohio ont remis en selle Hillary Clinton, mardi 4 mars, après une longue série de défaites, dans les élections primaires, face à Barack Obama. Au Texas, où la participation élevée a compliqué encore des procédures de vote particulièrement sophistiquées, les résultats partiels indiquaient, mercredi matin à l'heure européenne, la victoire de Mme Clinton.

Quoi qu'il en soit, la sénatrice de New York, devancée dans le Vermont, mais arrivée en tête dans le Rhode Island, peut constater que les efforts qu'elle a fournis, depuis un mois, portent leurs fruits. Les succès de son rival n'ont pas fait s'effondrer les positions qu'elle a acquises de longue date dans l'électorat démocrate. Son argumentation, fondée sur son expérience des responsabilités politiques et sur la précision de son programme, a manifestement été entendue.
 
Mme Clinton peut faire valoir qu'elle l'a emporté sur M. Obama dans les Etats les plus peuplés : la Californie, l'Etat de New York, le New Jersey le 5 février, l'Ohio, et sans doute le Texas mardi. La prochaine étape importante sera la Pennsylvanie, le 22 avril. Le sénateur de l'Illinois conserve l'avantage en nombre de délégués, et est sorti vainqueur de primaires ou de caucus dans des Etats dont la population est moindre, même si figurent parmi eux le Maryland, le Wisconsin ou le Colorado, qui sont politiquement et économiquement importants.

CONTENTIEUX SUR LE MICHIGAN ET LA FLORIDE
La compétition étroite entre les 2 prétendants à la candidature démocrate à la présidence des Etats-Unis va donc se prolonger dans les semaines qui viennent, peut-être jusqu'en juin, comme Mme Clinton l'a évoqué en rappelant que son mari, Bill Clinton, n'avait remporté l'investiture de son parti, en 1992, qu'au début de l'été.

La sénatrice de New York a déjà fait savoir, par l'intermédiaire de ses conseillers, qu'elle envisage de contester la non-prise en compte des votes dans le Michigan, le 15 janvier, et en Floride, le 29 janvier. La direction du Parti démocrate a décidé que les délégués désignés dans ces 2 Etats ne seraient pas autorisés à voter à la convention parce que la date de leurs primaires a été fixée en violation de ses décisions.

Mme Clinton avait respecté, comme ses concurrents, l'interdiction de faire campagne dans ces Etats, mais elle n'en avait pas moins remporté les votes. La Floride (18 millions d'habitants) et le Michigan (10 millions), respectivement 4ème et 8ème Etats de l'Union par la population, ont un poids politique qu'il est difficile d'ignorer. En outre, la Floride est, comme l'Ohio, un des Etats où se sont jouées, entre le candidat républicain (George W. Bush) et ses adversaires démocrates, les élections de 2000 et 2004.

Du côté républicain, John McCain a remporté les quatre primaires de mardi, ce qui lui assure la majorité des délégués à la convention de septembre. Son seul concurrent notable, le pasteur Mike Huckabee, largement battu au Texas, a décidé de se retirer d'une compétition tranchée, de fait, par les électeurs. L'analyse des sondages "sortie des urnes" montre que le sénateur de l'Arizona a du travail à faire pour gagner la confiance des républicains les plus conservateurs ou les plus religieux. La prolongation de la bataille, chez les démocrates, n'est pas nécessairement un avantage pour lui, dans la mesure où elle va capter l'attention du public et empêcher le chef de file républicain de développer ses attaques contre celle ou celui qui sera son adversaire en novembre.

 

Patrick Jarreau

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3 mars 2008 1 03 /03 /mars /2008 16:52

Sur LCI : l'invité de Christophe Barbier 

Posted by Benoit Hamon on mars 2, 2008 at 07:44 PM

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1 mars 2008 6 01 /03 /mars /2008 14:08

Du grain à moudre
par Julie Clarini et Brice Couturier
du lundi au vendredi de 17h à 17h55
  Du grain à moudre


  de Brice Couturier

Ecoutez



 
  émission du mercredi 27 février 2008
Les totalitarismes du XX° siècle : la faute à Dieu ou à son oubli ?
 

 
Le président de la république ne dit pas que des gros mots. Il lui arrive aussi de mettre en débat des idées fondamentales. Hélas, ce ne sont pas ces dernières qui font l’objet des discussions les plus nombreuses dans les média. Je vous propose donc d’oublier un instant l’exégèse du désormais célèbre « mot de Sarkozy », « casse-toi, pauvre con ! », pour mettre en débat la thèse qu’il a avancée, lors du dîner du CRIF, à propos du rôle des religions face aux grands crimes de masse du XX° siècle.
« Si les religions sont impuissantes à préserver les hommes de la haine et de la barbarie, le monde sans Dieu, que le nazisme et le communisme ont cherché à bâtir, ne s’est pas révélé tellement préférable. […] Le drame du XX° siècle n’est pas né d’un excès de Dieu, mais de sa redoutable absence. »
Voilà un jugement qui méritait mieux que le procès rituel en bigoterie. Mais il est vrai qu’il a du mal à trouver sa place entre les Guignols de l’Info, les pages peoples des quotidiens gratuits et la Star Ac.
Et pourtant. Beaucoup d’essayistes ont développé l’idée selon laquelle l’expulsion du religieux à la fin du XIX° siècle aurait, en effet, produit un appel d’air, où se seraient engouffrées des religions de substitution, des religions politiques.
Ainsi George Steiner, dans « Nostalgie de l’absolu », explique que l’écroulement du christianisme qui, durant des siècles, en Europe, avait structuré l’imaginaire collectif, a laissé derrière lui, « un vide immense ». D’où l’apparition de toute sorte de « credos de substitution », modelés sur la vieille croyance. Ainsi, le marxisme aurait transposé le paradigme chrétien du Péché originel et de la Rédemption, dans les deux mythes modernes de l’apparition de la propriété privée et de la Révolution communiste, la figure du prolétariat prenant la place du Sauveur. C’est la thèse de la rechute.
Mais il en est une autre, défendue par Eric Voegelin ou par Camus dans « l’homme révolté », selon laquelle la sécularisation est responsable d’une forme de nihilisme inhérente à notre modernité elle-même.
L’homme du Moyen Age, écrit Voegelin, reconnaissait l’existence d’une pluralité d’autorités, susceptibles de se limiter mutuellement. Les « religions intramondaines » modernes élisent, au contraire, un élément du monde et « l’élèvent à la place de Dieu où ils lui cachent tout le reste ». Cela a pu être la Nation, l’Etat, la Science, la race ou la classe. Et pour nous, quoi ?
Le croyant des anciennes religions disposait d’une loi, extérieure et supérieure au monde, qui lui permettait de prendre ses distances envers les choses d’ici-bas, d’en prendre et d’en laisser. L’homme de la modernité ne dispose pas d’un tel recours.
Par ailleurs, le nihilisme contemporain a entraîné une réduction de l’homme à l’Histoire et une relativisation de la notion de vrai. Il est tentant de déduire de la mort de Dieu et du retrait de la transcendance que l’Histoire est désormais le Juge suprême, la Raison même en devenir. Et que l’illumination finale justifie les crimes et les mensonges commis au nom du But sublime.
La religion de l’Histoire a cessé de faire recette, mais elle peut toujours revenir. Quant au nihilisme, suggérer qu’il pourrait bien inspirer à la fois les grands despotes totalitaires du XX° siècle et nos émissions de télé les plus bêtes et les plus vulgaires, justifie que leurs animateurs ne se précipitent pas pour ouvrir le débat…
 

 
Pierre Bouretz.  Philosophe
Directeur d'études à l'EHESS
Membre du Centre d'Etudes Interdisciplinaires des Faits religieux

 
Gilbert Merlio.  Germaniste
Professeur Emérite à la Sorbonne-Paris IV. Président du Conseil scientifique de l'Institut Hannah Arendt de Dresde pour l'étude des totalitarismes

 
Tzvetan Todorov.  Philosophe
Historien des idées
Directeur de recherches honoraire au CNRS


 
 

 
 

 
Hannah Arendt
Les origines du totalitarisme & Eichmann à Jérusalem
Quarto Gallimard - 2 mai 2002


Edition établie sous la direction de Pierre Bouretz.

Cet ouvrage qui se compose de trois parties - L'Antisémitisme, L'Impérialisme et Le Totalitarisme - composé à l'origine en un seul volume, a fait l'objet en France d'une publication en trois volumes séparés, chez trois éditeurs différents, avec intervention de cinq traducteurs différents. Une révision générale s'imposait donc, afin de rétablir la cohérence de l'œuvre. Elle a été effectuée à partir de la dernière édition en langue anglaise revue et corrigée par Hannah Arendt. Ce volume rassemble Les Origines du totalitarisme et Eichmann à Jérusalem. Chaque œuvre est suivie et complétée par un dossier (textes complémentaires, correspondance, dossier critique). Les notes et la bibliographie ont également été entièrement revues et mises à jour. L'ouvrage est complété en particulier par un "Vie et oeuvre" très illustré et un index des noms propres. A noter : la parution, chez Gallimard également, de Lettres de 1925 à 1975, la correspondance entre Hannah Arendt et Martin Heidegger.

 

 
Pierre Bouretz
Qu'appelle-t-on philosopher ?
Gallimard - mars 2006
 

La philosophie se pose souvent à elle-même la question de sa définition. Mais nous ne savons rien, ou presque, de ses manières de faire au jour le jour. Les philosophes aiment en effet à cacher les pistes, tenir secrètes les hésitations et gommer les ratures. Et nous sommes moins curieux des documents de leur travail que de ceux des écrivains, considérant que journaux, brouillons ou correspondances sont déjà de la littérature, pas encore de la philosophie.

Il est bien sûr quelques exceptions, tels les fragments posthumes de Nietzsche, le dossier du Livre des passages de Walter Benjamin, les carnets de Wittgenstein. Mais c'est peu pour tenter de relier le visible et l'invisible, les idées et les intuitions.

Récemment publié, le Journal de pensée d'Hannah Arendt offre de quoi surprendre quiconque est familier de son oeuvre comme le lecteur en quête d'une réponse à la question : qu'appelle-t-on philosopher ? Il illustre admirablement une pratique, un style, un ethos de la pensée.

Arendt est demeurée rétive aux programmes de la philosophie, préférant s'adonner à ce qu'elle nommait «pensée libre». Ses exercices quotidiens doivent beaucoup à la fréquentation des livres classiques, qu'elle cite et commente «pour avoir des témoins, également des amis». Nous y voyons des idées qui surgissent d'un mot noté au hasard des lectures, se déploient en ligne droite ou bifurquent, s'agencent en tables de catégories, trouvent enfin la forme d'un article ou d'un livre. Mais nous y découvrons aussi des chemins qui ne mènent nulle part et les raisons de quelques échecs.

Séjournant dans l'antichambre des livres, serons-nous tentés, pour finir, de donner raison à Kant et dire à sa suite que «le philosophe n'est qu'une idée» ?

 

 
Tzvetan Todorov
L'esprit des Lumières
Robert Laffont - Février 2006
 

Les Lumières appartiennent au passé, puisqu'il a existé un siècle des Lumières ; pourtant, elles ne ne peuvent pas "passer", car elles en sont venues à désigner non plus une doctrine historiquement située, mais une attitude à l'égard du monde. Identifier ses grandes lignes sans détacher le regard de notre époque, pratiquer un va-et-vient constant entre passé et présent, tel est l'objectif de ce petit livre, rédigé par l'un des commissaires de l'exposition. Parmi les thèmes abordés : autonomie des individus et souveraineté des peuples, laïcité et recherche de vérité, universalité et rôle de l'Europe.

 

 
Gilbert Merlio
Les résistances allemandes à Hitler
Tallandier - 2003
 

La première résistance à Hitler est allemande. Elle prend des formes et des moyens divers dans toutes les couches de la société et tout au long de l'histoire du IIIe Reich. La résistance ouvrière poursuit son opposition contre le nazisme engagée sous Weimar, en dépit d'une désunion qui scellera son échec. Devenues illégales, ses organisations sont laminées et apporteront, dans l'exil, leur soutien à des groupes clandestins restés en Allemagne. La résistance religieuse tarde à se manifester, et la responsabilité de la hiérarchie demeure une question épineuse. Toutefois, l'Église (catholique et protestante) sera jusqu'à la fin du Reich un pôle actif de résistance. La résistance des élites traditionnelles, civiles et militaires, encore plus tardive (si l'on excepte le Cercle de Kreisau), fut considérée comme une «révolte de la conscience» de la part d'hommes qui avaient d'abord choisi de collaborer avec le régime. Le point d'orgue en demeure l'attentat manqué contre Hitler le 20 juillet 1944.

La guerre accentuera le malaise des opposants de l'armée suscité par la fâcheuse impression de trahir la patrie. Elle créera également de nouvelles formes de résistance : résistance de la jeunesse (le groupe Rose blanche), renaissance d'une opposition de gauche (l'Orchestre rouge), collaboration avec les travailleurs étrangers dans les usines, résistance de déportés, résistance juive, etc.

Cet ouvrage, qui s'inscrit dans une nouvelle approche de l'Allemagne nazie, raconte et analyse une page peu connue de l'histoire du IIIe Reich et démonte les mécanismes, notamment culturels et politiques, qui conduisirent des hommes et des femmes à payer parfois de leur vie leur refus de la barbarie.


 

 
Pierre Bouretz
Témoins du futur : philosophie et messianisme
Gallimard - 2003
 

Guerres d'ampleur inconnue, rêves d'émancipation brisés, extermination: le XXe siècle a été le cimetière du futur.

Il y a des témoins: de Hermann Cohen à Emmanuel Lévinas, d'Ernst Bloch à Leo Strauss, de Franz Rosenzweig à Gershom Scholem, de Walter Benjamin et Martin Buber à Hans Jonas, ils sont allemands d'origine ou de culture, juifs et philosophes. Leur formation, leurs préoccupations et leur orientation parfois s'opposent mais souvent se croisent: entre l'engagement sioniste et des formes hétérodoxes de marxisme, dans la redécouverte de traditions cachées de l'histoire juive, au carrefour de l'éthique et de la métaphysique. Ils ont en commun d'avoir contribué à introduire dans la philosophie une dimension messianique inédite.

La raison en est que, à un moment donné de leur critique du monde comme il va, l'expérience historique s'est dressée comme un obstacle qu'il fallait se résigner à accepter ou tenter de surmonter pour dégager un nouvel horizon, tourné vers le futur, ouvert à l'utopie, en un mot messianique.

Les plus grands de leurs prédécesseurs avaient annoncé le désenchantement du monde et proposé d'en payer le prix: leurs oeuvres portent la trace d'une morsure du nihilisme. Eux se sont risqués à la résistance et au sauvetage des promesses du monde: c'est la lumière messianique qui éclaire leur oeuvre.

Thèses de Walter Benjamin sur l'histoire, principe de responsabilité envers les générations futures chez Hans Jonas, redéfinition par Emmanuel Lévinas des formes de l'éthique, voici quelques-unes des problématiques qui irriguent désormais la philosophie.

Comment comprendre le paradoxe de ces pensées dont l'écho est d'autant plus universel qu'elles se sont faites d'abord plus juives?

 

 
Tzvetan Todorov
Mémoire du mal, tentation du bien : enquête sur le siècle
Livre de Poche - 2002
 

Todorov juge avec acuité le nazisme et le communisme. Il dénonce cette tentation du bien, responsable de la bombe d'Hiroshima et de la guerre du Kosovo. Il jalonne sa réflexion de portraits d'hommes et de femmes ayant souffert dans leur chair et qui ont résisté au mal sans se prendre pour une incarnation du bien. (Note de l'éditeur)

 

 
dirigé par Paolo D'Irio, Gilbert Merlio
Nietzsche et l'Europe
Maison des sciences de l'homme - 2005

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1 mars 2008 6 01 /03 /mars /2008 13:58

Les vendredis de la philosophie
par François Noudelmann
le vendredi de 10h à 11h
  Vendredis de la philosophie (les)


Ecoutez

Podcast
    émission du vendredi 29 février 2008
Archives - L'apparition de l'idée de civilisation
 
  par Marc-Hubert Floriot
Mixage : Jean-Michel Cauquy
Réalisation : Bruno Sourcis

1. Extrait d'un débat entre Louis Althusser, Jean Cazeneuve, Michel Foucault et Georges Gusdorf ("Analyse spectrale de l'Occident", par Pierre Sipriot, 11 novembre 1961) ;

2. Rencontre entre Raymond Aron et Michel Foucault, diffusée la première fois le 8 mai 1967 ("Les idées et l'Histoire").

A la surprise générale, le terme de "civilisation" semble devoir obéir désormais à l'emploi idéologique par l'Etat d'un concept développé naguère par Edgar Morin et Sami Naïr, dans «Pour une politique de civilisation» (Ed. Arléa, 1996).

Il n'y a pas de rapport de pouvoir, selon Foucault, qui ne se donne nécessairement dans l’histoire et inversement.

Le débat : Michel Foucault venait de soutenir sa thèse en Sorbonne (avril 1961) et de publier son «Histoire de la folie».

L' «Introduction à l’Anthropologie du point de vue pragmatique d’Emmanuel Kant» - thèse qui annonçait «Les mots et les choses», vient d'être publiée pour la première fois en version intégrale (Librairie Vrin, Paris, 2008).

En 1966, Raymond Aron et Michel Foucault publiaient simultanément chez Gallimard «Les étapes de la pensée sociologique» et «Les mots et les choses». Interview en règle de Michel Foucault par Raymond Aron, sur son historicisme kantien et son nietzschéisme.

1961, 1966, 2008 : à la lumière de ces trois moments de la généalogie philosophique de Foucault (de Kant à Nietzsche, en passant par les Encyclopédistes, les Idéologues et Sade), comment l'idée de civilisation peut-elle encore relever d' «une critique de la finitude qui serait libératrice, aussi bien par rapport à l’homme que par rapport à l’infini ? [Une critique de la finitude] qui montrerait que la finitude n’est pas terme, mais cette courbure et ce nœud du temps où la fin est commencement ?»
 
     
 
 
 
 

 
Edgar Morin
Pour une politique de civilisation
Arléa, Paris - Collection Arléa-poche, n° 76 - 16 mai 2002
 

Pour conjurer la crise actuelle que traverse la société, E. Morin propose de rétablir l'être humain comme moyen, fin, objet et sujet de la politique, et d'insuffler l'espoir, non en tant que résurrection de la grande promesse, mais en tant que résurrection d'une possibilité, pour qu'il porte l'élan salvateur.
 
 
 

 
Emmanuel Kant et Michel Foucault
Anthropologie du point de vue pragmatique
Vrin, Paris. Collection Bibliothèque des textes philosophiques - 15 janvier 2008
 

« Les rapports de la pensée critique et de la réflexion anthropologique seront étudiés dans un ouvrage ultérieur ». C'est sur cette phrase que s'achevait la brève « Notice historique » que Michel Foucault avait placé en tête de l'édition de sa traduction de l'Anthropologie de Kant (Vrin, 1964). La note annonçait sans aucun doute l'ouvrage à venir, d'abord caractérisé, dès 1963, comme « le livre sur les signes », et qui paraîtra en avril 1966 : Les mots et les choses, une archéologie des sciences humaines.

En réalité, la courte notice historique, de trois pages, en ouverture de la traduction du texte de Kant ne proposait qu'un extrait fort réduit de ce qui avait constitué l'élément principal de la Thèse complémentaire soutenue en Sorbonne le 20 mai 1961 : Introduction à l'anthropologie de Kant, et dont Jean Hyppolite était le rapporteur. Si la thèse complémentaire, intitulée Genèse et structure de l'anthropologie de Kant, était restée inédite (à l'exception de la traduction de Kant), ce n'est pas que Foucault en eût été insatisfait : suivant les conseils des membres du jury, il allait bientôt, dès l'automne 1963, en faire le matériau central de son grand livre à venir.

D'où l'intérêt considérable de la présente édition qui donne pour la première fois l'Introduction complète, Genèse et structure de l'anthropologie de Kant, et qui permet ainsi au lecteur d'entrer dans l'atelier d'un penseur dont l'oeuvre entier aura été nourri par un débat critique avec Kant : qu'est-ce que l'homme ?

traduit de l'allemand par Michel Foucault
présentation D. Defert, Fr. Ewald, F. Gros
Précédé de Introduction à l'Anthropologie
Michel Foucault

Résumé
La thèse complémentaire soutenue en Sorbonne (1961) par Foucault est ici éditée pour la première fois. La traduction de Kant par le philosophe français est parue chez Vrin en 1964.
 
 
 

 
Raymond Aron / Michel Foucault
Dialogue
Lignes Essais

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Inédit. Deux philosophes que tout semble séparer (l'âge, l'histoire, l'engagement) dialoguent. Raymond Aron vient de faire paraître Les Étapes de la pensée sociologique. C'est sur ce livre que devait porter l'entretien ici retranscrit pour la première fois. Or, c'est au contraire autour de celui que Michel Foucault vient de publier, Les Mots et les Choses, que s'organise la conversation.

On serait tenté de donner à l'année 1966-67 le sous-titre d'"année structuraliste". Les débats autour du mot, de la méthode et des ses possibles applications font rage dans l'espace intellectuel français. C'est en 1966, surtout, qu'au "matérialisme dialectique" d'Althusser, au structuralisme anthropologique de Claude Lévi-Strauss et aux travaux psychanalytiques de Lacan, s'ajoutent les conclusions de Les Mots et les Choses, où Michel Foucault remet en question le point de vue classique des sciences humaines, tout en annonçant la mort prochaine de l'homme. L'important succès de ce livre n'éteint pas les critiques, et le jeune philosophe doit à de nombreuses reprises clarifier son projet et clarifier sa méthodologie, justifier l'emploi d'un style quelque peu "flamboyant", contre ce qu'il considère être de fausses interprétations. C'est dans cette période passionnée que Michel Foucault rencontre Raymond Aron lors d'un entretien radiodiffusé le 8 mai 1967, et intitulé "Les Idées et l'Histoire". Le sociologue, de vingt-cinq ans son ainé, vient de faire paraître dans la même collection que Les Mots et les Choses son important ouvrage: Les Étapes de la pensée sociologique. La discussion devait initialement porter sur ce dernier. Or, cette rencontre est au contraire l'occasion, pour les deux philosophes, d'aborder les questions relatives à la méthode et à la nouveauté (contestées) que propose Les Mots et les Choses. On y découvre que Raymond Aron est un lecteur passionné et passionnant, tout à la fois contradicteur et défenseur du travail de Michel Foucault. Si cette archive nous apprend peu sur l'attitude de Michel Foucault, sa dénonciation de l'existentialisme, des "marxismes mous", elle documente d'une nouvelle façon la réception problématique de Les Mots et les Choses. Dans son analyse, Jean-François Bert fait revivre les débats méthodologiques de grande qualité qui animaient la vie intellectuelle de l'époque (en citant notamment les articles critiques parus dans les revues d'alors).
 
 
 

 
Philippe Artières et Mathieu Potte-Bonneville
D'après Foucault : gestes, luttes, programmes
Les Prairies ordinaires - novembre 2007
 

Des prisonniers aux migrants, de la maladie aux formes inédites de contrôle, de la géopolitique au renouvellement des vieilles questions «que faire ?» et «d'où parlez-vous ?», de multiples raisons portent aujourd'hui à se mettre à l'écoute de Michel Foucault. Comment penser d'après lui ce qui vient après lui ? Comment se saisir de ses analyses pour renouveler la lecture du présent et les manières d'y intervenir ? User, comme il y invitait, de son oeuvre comme d'une boîte à outils suppose de briser l'image d'une doctrine sagement rangée aux côtés d'autres académismes : sous les mots trop connus du «discours», du «pouvoir», faire lever la série des gestes inventés par Foucault (une nouvelle manière de parler, d'écrire, de disparaître ou de rire), et la série des luttes auxquelles il prit part (tout en visant du coin de l'oeil d'autres luttes, actuelles, où ses travaux peuvent encore servir). Passeurs, parmi d'autres, de cette oeuvre dans un monde qui n'est plus le sien, nous voudrions prendre appui sur elle pour crayonner les programmes d'une histoire, d'une philosophie, d'une politique à venir. À quatre mains, on tâche ici de mettre le feu à la boîte pour s'inventer d'autres outils.
 
 

 
Michel Foucault
Histoire de la folie à l'âge classique
Gallimard - coll. Tel - octobre 1976


A l'âge classique. C'est, en principe, une histoire de la folie qu'on enferme, du Moyen Age au XIXe siècle ; c'est, plus profondément, à travers l'étude de cette structure qu'est l'internement, une tentative pour établir un dialogue entre folie et déraison ; c'est enfin une esquisse de ce que pourrait être "une histoire des limites - de ces gestes obscurs, nécessairement oubliés dès qu'accomplis, par lesquels une culture rejette quelque chose qui sera pour elle l'Extérieur".
 
 

 
Michel Foucault
Les Mots et les Choses : une archéologie des sciences humaines
Gallimard, Collection Tel, n° 166 - 12/09/1990


Dans la culture européenne, l'"homme" est une invention récente. Il est né d'une mutation dans notre savoir. Cette mutation est ici étudiée à partir du 17e siècle dans les trois domaines où le langage classique avait alors le privilège de pouvoir représenter l'ordre des choses : grammaire générale, analyse des richesses, histoire naturelle.
 
 

 
Raymond Aron
Les Étapes de la Pensée Sociologique
Gallimard, coll.Tel - 1987
 

Le livre est une synthèse des cours prononcés entre 1959 et 1962, et, à travers la lecture détaillée de Montesquieu, Comte, Marx, Tocqueville, Durkheim, Pareto et Weber, pose la question de savoir s'il existe en sociologie une place pour une pensée critique, entre d'un coté les doctrines globalisantes, et de l'autre les démarches empiriques.
 
 

 
Raymond Aron
Introduction à la philosophie de l'histoire : essai sur les limites de l'objectivité historique
Gallimard, Bibliothèque des sciences humaines - 1986
 

(Edition de sylvie Mesure)
Une analyse devenue classique de l'historicité, publiée pour la première fois en 1938 et qui fait ici l'objet d'une édition nouvelle, revue et annotée.
 
 

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29 février 2008 5 29 /02 /février /2008 16:08
Vous trouverez en cliquant sur le lien ci-dessous, les deux communiqués de presse que je me suis vu contraint d'adresser aux médias locaux, suite à la désinformation menée par la candidature apparentée communiste de Pierre Barros à la mairie de Fosses.
Communiqués
Bonne lecture
Fred

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