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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube.
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Gauche Républicaine & Socialiste

29 février 2008 5 29 /02 /février /2008 10:12
Affrontement McCain-Obama sur l'Irak
AFP | 28.02.08 | 15h33  •  Mis à jour le 28.02.08 | 15h33

ObamaMcCain.jpges 2 candidats en tête pour l'instant dans les primaires américaines, le républicain John McCain et le démocrate Barack Obama, durcissent leur affrontement sur la guerre en Irak.

"Nous avons entendu M. Obama dire qu'après avoir retiré les forces américaines il se "réserverait le droit" d'agir "si Al-Qaida formait une base en Irak. M. Obama ignore-t-il qu'Al-Qaida est toujours présente en Irak, que nos militaires la combattent avec succès tous les jours, et que sa politique de retrait enhardirait Al-Qaida ?", a lancé, mercredi 27 février, le sénateur de l'Arizona John McCain.

Barack Obama lui a répondu sur un ton virulent : "J'ai des nouvelles pour (M. McCain) : il n'y avait pas d'Al-Qaida en Irak avant que George Bush et John McCain nous embarquent dans une guerre qui n'aurait jamais dû être autorisée ni livrée." "John McCain aime à dire qu'il veut poursuivre Oussama Ben Laden jusqu'aux portes de l'enfer, a poursuivi le sénateur de l'Illinois et candidat démocrate, mais jusqu'à présent tout ce qu'il a fait c'est suivre George Bush dans une guerre en Irak (...) à laquelle j'entends mettre fin pour que nous puissions réellement poursuivre Al-Qaida en Afghanistan et dans les montagnes du Pakistan."

LE SOUTIEN DE JOHN LEWIS
Barack Obama a par ailleurs obtenu, mercredi, le soutien très recherché du leader de la lutte pour les droits civiques John Lewis, qui soutenait jusqu'alors sa rivale pour l'investiture démocrate à la présidentielle, Hillary Clinton. "Quelque chose est en train de se passer en Amérique. Il y a un mouvement, un esprit, un enthousiasme dans le coeur et l'esprit des Américains que je n'avais pas vus depuis longtemps, depuis la candidature de Robert Kennedy"
en 1968, a déclaré John Lewis, parlementaire d'Atlanta (Georgie). Le basculement de M. Lewis dans le camp Obama, sous la pression des électeurs de sa circonscription qui avaient choisi le sénateur de l'Illinois lors de la primaire du 5 février, est particulièrement symbolique.

L'annonce de M. Lewis intervient le jour où l'équipe de M. Obama a annoncé avoir franchi le seuil d'un million de donateurs.

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26 février 2008 2 26 /02 /février /2008 14:12
Poitou-Charentes : divorce houleux entre Mme Royal et l'un de ses vice-présidents
 
LEMONDE.FR avec AFP | 26.02.08 | 13h27  •  Mis à jour le 26.02.08 | 13h27

segolenepresidentepoitoucharente.jpga présidente de la région Poitou-Charentes, Ségolène Royal (PS), a retiré, lundi 25 février, la délégation des finances à son premier vice-président, Jean-François Fountaine (PS), qui avait manifesté un désaccord au moment du vote du budget.

Cette décision a été annoncée au cours d'une commission permanente du conseil, qui s'est déroulée dans un climat houleux. La présidente de région a refusé la parole à son premier vice-président, rapporte France Bleue Poitou. La méthode aurait fait hurler une partie de la majorité et l'opposition. Choqué par "cette humiliation en public", Jean-François Fountaine a quitté un moment la séance, suivi par le groupe des Verts et l'ensemble de l'opposition.

Lors des débats sur le budget 2008 en décembre, M. Fountaine s'était prononcé pour une augmentation des impôts "afin de ne pas endetter la collectivité" alors que Mme Royal s'y était opposée "pour ne pas aggraver les difficultés de nos concitoyens face au pouvoir d'achat".

"DÉLIT D'OPINION"
"Je suis dans mon rôle de présidente garante de la cohérence de notre politique. Il est impératif que l'élu chargé des finances soit sur la même ligne que moi", s'est justifié Mme Royal, qui a affirmé ne pas souhaiter "augmenter les impôts pour 2009". Pour Jean-François Fountaine, "il s'agit de me punir d'un délit d'opinion sur le budget malgré mon vote favorable".

M. Fountaine a trouvé des alliés inattendus dans les rangs de l'opposition. La droite a en effet décidé de saisir le tribunal administratif car elle estime que le délai légal de convocation de la réunion de lundi n'a pas été respecté. "Toute délibération pour cette raison ne pourra être qu'annulée", a déclaré Henri de Richemont, le chef de file de l'opposition.

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26 février 2008 2 26 /02 /février /2008 14:06

Benoit Hamon invité de I>Télé
Vidéo envoyée par Nouveau-PS

Benoît Hamon était face à Jérôme Chartier (UMP) pour répondre à la question posée par Jean-Jérôme Bertolus sur I>Télé : "Le président perd-il son sang froid ?"

La Chronique de Stéphane Guillon lors du 7/10 de France Inter le mardi 26 février 2008

L'interview de Sarkozy aux lecteurs du Parisien trafiquée par l'Elysée
Samedi au Salon de l'agriculture. Photo AFP
 
 
Selon le directeur de la rédaction du quotidien, la phrase de regret du Président à propos de son altercation avec un visiteur du salon de l'agriculture a été rajoutée à la relecture de l'entretien.
 
philippe brochen
 
LIBERATION.FR : mardi 26 février 2008

Oui, à la lectrice du Parisien qui comparait les paroles du Président au coup de boule de Zidane en finale de la Coupe du monde de foot, Nicolas Sarkozy a répondu: «Il est difficile même quand on est Président de ne pas répondre à une insulte. J'ai sans doute les défauts de mes qualités. Ce n'est pas parce qu'on est le Président qu'on devient quelqu'un sur lequel on peut s'essuyer les pieds.» Non, Nicolas Sarkozy n'a pas dit: «Cela étant, j'aurais mieux fait de ne pas lui répondre», qui figure pourtant dans la même réponse. C'est ce qu'a révélé le directeur de la rédaction du Parisien, ce matin sur Canal+. «Cette phrase n'a pas été prononcée», a expliqué Dominique de Montvalon.
 

Ce rajout à l'entretien a été fait par l'Elysée à qui, comme toujours dans pareil exercice, l'interview avait été adressée pour «vérification» avant publication. Seulement voilà, les conseillers du Président ne se sont pas contentés de vérifier les dires de leur patron, ils se sont aussi autorisés à compléter la réponse faite par le Président. Avec l'aval de Nicolas Sarkozy? On peut l'imaginer.

 

Sur Canal+, Dominique de Montvalon a expliqué qu'il révèle cet ajout par respect à ses lecteurs qui ont interviewé le chef de l'Etat: «Ils retrouvent dans le journal quelque chose que le Président n'a pas dit, qu'ils n'ont pas entendu.» Le Parisien annonce qu'il publiera demain mercredi la version non amendée de l'interview.

 

Il y a peu, la rédaction de Libération avait eu la surprise de constater, au retour de relecture d'un entretien avec Bernard Laporte par ses conseillers, qu'une question et une réponse avaient été rajoutés par le cabinet du secrétaire d'Etat aux Sports. Une première dans l'histoire de Libération.

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26 février 2008 2 26 /02 /février /2008 11:02

Du grain à moudre
par Julie Clarini et Brice Couturier
du lundi au vendredi de 17h à 17h55
  Du grain à moudre


  de Brice Couturier

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Podcast

 
  émission du lundi 25 février 2008
Tous les peuples ont –ils droit à un Etat ?
 
 
 
Le principe d’autodétermination des peuples, fut lancé comme une machine de guerre par les libéraux de 1848, contre les Empires qui se partageaient alors la majeure partie de l’Europe. Tous les peuples qui se considéraient comme «historiques» voulurent alors accéder - à l’unité pour les uns (Italiens Allemands), à l’indépendance nationale pour les autres (Polonais et Hongrois, en particulier). Beaucoup de candidats à un Etat bien à eux durent patienter jusqu’aux lendemains de la Première Guerre Mondiale pour se voir reconnaître ce droit. Et la création d’une série d’Etats-tampons, bordant l’Allemagne, dut autant à la méfiance des Français qu’à l’idéalisme wilsonien.
Après la Seconde Guerre Mondiale, le colonialisme affronta la montée, chez les peuples soumis, d’un fort désir d’indépendance nationale. En 1945, l’ONU comptait 51 Etats membres. A l’issue des luttes de décolonisation, en 1962, ce nombre avait plus que doublé : 110 membres. Une nouvelle vague de créations d’Etats fut provoquée par la chute de l’Empire soviétique. L’Onu, qui comptait 159 Etats en 1990, en reconnaissait 192 en 2006. Et il va sans doute lui falloir compter prochainement avec un nouveau venu, le Kosovo.
L’ancienne province serbe, peuplée à 90% d’Albanais, a en effet proclamé sans surprise son indépendance au lendemain des élections présidentielles serbes. «La Yougoslavie ne fut jamais qu’un immense malentendu», aime répéter Paul Garde. Fédération de peuples égaux entre eux, pour les Slovènes, elle était, pour les Serbes, l’équivalent de la Grande Serbie. Mais les persécutions endurées par la majorité albanaise à l’époque de Milosevic justifient-elles la prompte reconnaissance, accordée par les grands pays européens à une indépendance qui ne saurait déboucher sur la viabilité économique ? Ne risque-t-on pas de créer un dangereux précédent, dans lequel pourraient s’engouffrer toutes les minorités nationales, tous les séparatismes ethniques ? Déjà la Roumanie tremble pour ses provinces hongroises et la Macédoine pour sa minorité albanaise. Chypre craint que la sécession turque de l’île ne prononce, elle aussi, son indépendance. Et jusqu’à l’Espagne qui redoute la contagion possible chez ses Basques et ses Catalans.
Il semble que le mouvement vers l’intégration mené en Europe depuis 1951 s’accompagne d’un processus d’éclatement des Etats multinationaux. Cette prolifération étatique est-elle compatible avec l’échelle dorénavant requise pour exister sur la scène mondiale ?

 
Eric Chevallier.  Conseiller spécial du Ministre des affaires étrangères et européennes

 
Georges Marie Chenu.  Membre du Comité Kosovo et ancien Ambassadeur de France en Croatie

 
Alain Dieckhoff.  Directeur de recherche du CNRS rattaché au CERI

 
 

 

 
Alain Dieckhoff
L'Etat d'Israël
Fayard - à paraître mars 2008
 


 

 
Alain Dieckhoff
La nation dans tous ses Etats
Flammarion - 2002
 

La question nationale est de retour. Avec l'éclatement de l'Union soviétique, la guerre dans les Balkans, la réunification de l'Allemagne, la montée des courants régionalistes en Ecosse et au pays de Galles, on évoque sans cesse le réveil des nations. L'erreur serait d'y voir l'éruption d'un tribalisme primitif alors que nous avons affaire à une manifestation centrale de la modernité.
Une double perspective guide la réflexion d'Alain Dieckhoff. D'abord, saisir les ressorts cachés des revendications identitaires qui s'expriment du Québec à la Catalogne ne passant par la Flandre et la Corse. Elles répondent à des dynamiques sociales dont il s'agit de repérer les logiques d'intérêt. Elles sont surtout liées à la volonté de reconnaissance d'une culture spécifique, distincte de la culture d'Etat.
Au-delà, Alain Dieckhoff s'attache à voir comment les sociétés modernes peuvent répondre au défi du pluralisme national. Ni le libéralisme, ni le républicanisme, ni le multiculturalisme ne sont à la hauteur des enjeux. Il faut réformer en profondeur l'Etat-nation sans craindre de le voir remplacer dans l'avenir par l'Etat démocratique multinational. A défaut, le risque est grand de voir la tentation sécessionniste se renforcer, et avec elle le spectre de l'ethnicisation hanter le monde.
 

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25 février 2008 1 25 /02 /février /2008 11:38
Rétention de sûreté : levée de boucliers contre l'initiative de Nicolas Sarkozy 
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 23.02.08 | 16h49  •  Mis à jour le 23.02.08 | 19h40

icolas Sarkozy a une nouvelle fois tenté de justifier, samedi 23 février, son souhait de voir la loi sur la rétention de sûreté appliquée immédiatement, y compris aux détenus déjà incarcérés. En marge du Salon de l'agriculture, le chef de l'Etat s'est placé du côté des "victimes", estimant qu'on ne peut pas "laisser des monstres en liberté après qu'ils aient effectué leur peine".

Alors que le Conseil constitutionnel a en partie censuré le texte, jeudi, M. Sarkozy a appelé la Cour de cassation à la rescousse, demandant à son Premier président, Vincent Lamanda, de lui faire des propositions visant à rendre la loi immédiatement applicable. Cette solution "n'est pas un contournement" du Conseil constitutionnel, a assuré le président, sans toutefois convaincre syndicats de magistrats, constitutionnalistes et opposition.

Pour les syndicats de magistrats, Nicolas Sarkozy tente bel et bien un contournement du Conseil constitutionnel. Dans un communiqué, le Syndicat de la magistrature (SM), classé à gauche, s'élève contre "un coup de force inacceptable", demande à Vincent Lamanda de refuser de donner suite à la demande présidentielle et appelle à manifester le 20 mars à Paris pour une "nuit de défense des libertés". Même indignation du côté de de l'Union syndicale des magistrats (USM), majoritaire au sein de la profession : "C'est une décision ahurissante, unique dans l'histoire de la Ve République", a estimé son secrétaire général, Laurent Bedouet.

Les superlatifs son également de rigueur au Parti socialiste. Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, a dénoncé une "stupéfiante atteinte à l'état de droit". "Le président de la République n'est plus le garant de la Constitution dans notre pays", écrit le député-maire de Nantes dans un communiqué.
 
"NOUS SOMMES DANS UNE PÉRIODE SOMBRE POUR NOTRE JUSTICE"

Dans un entretien au Monde, Robert Badinter juge "singulier de demander au plus haut magistrat de France les moyens de contourner une décision du Conseil constitutionnel". "Aujourd'hui, nous sommes dans une période sombre pour notre justice", prévient l'ancien Garde des Sceaux socialiste.

Pour l'ancienne ministre de la justice socialiste Elisabeth Guigou, on assiste là à une manoeuvre "inconcevable". La réaction de Nicolas Sarkozy "est une dérive grave et dangereuse car le plus haut personnage de l'Etat doit donner l'exemple à tous les citoyens en matière de respect des institutions", souligne la député de Seine-Saint-Denis qui demande la convocation de la Commission des lois de l'Assemblée nationale. 

"Le gouvernement ne peut que s'incliner devant la décision du Conseil constitutionnel", met en garde, sur France Info, le constitutionnaliste Jean Gicquel. Le premier président de la cour de Cassation dispose d'une "marge de manoeuvre extrêmement étroite" selon lui.. "Je n'imagine pas le premier magistrat de France se mettre en travers du Conseil constitutionnel."

Seule voix à s'élever pour prendre la défense du chef de l'Etat, celle de Rachida Dati, qui, dans un entretien au Figaro assure qu'"il ne s'agit pas de remettre en cause la décision du Conseil constitutionnel, mais de proposer de nouvelles solutions".

En marge de cette agitation, les services du Premier président de la Cour de cassation se sont réunis vendredi soir, se contentant de confirmer avoir reçu la proposition de mission de l'Elysée.

Rétention de sûreté : le président de la Cour de cassation n'entend pas contredire les Sages
LEMONDE.FR avec AFP | 25.02.08 | 13h50  •  Mis à jour le 25.02.08 | 13h56

vant même de recevoir les instructions précises de l'Elysée, qui voudrait charger la Cour de cassation d'une mission de réflexion sur la rétention de sûreté, son premier président, Vincent Lamanda, a fait savoir qu'il refuserait de remettre en cause la décision de censure prise par le Conseil constitutionnel la semaine passée, refusant la rétroactivité de la rétention de sûreté.

"Il accepte le principe d'une mission sur la récidive, mais il est hors de question de remettre en cause la décision du Conseil constitutionnel qui, comme le dit la Constitution, s'impose à toutes les juridictions, y compris la Cour de cassation", a indiqué un collaborateur du plus haut magistrat français.

A la mi-journée, lundi 25 février, M. Lamanda n'avait toujours pas reçu de lettre de mission du cabinet de Nicolas Sarkozy. Le président avait annoncé vendredi son intention de se tourner vers la Cour de cassation pour trouver les moyens d'appliquer la loi immédiatement, y compris aux détenus déjà emprisonnés. L'opposition et les syndicats de magistrats ont immédiatement dénoncé une tentative du président de contourner la décision du Conseil constitutionnel.

 

 

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21 février 2008 4 21 /02 /février /2008 09:26
En tout cas, vu la dernière campagne électorale, les deux candidats finalistes et le comportement du président nouvellement élu, on peut penser que quelque chose cloche au "Royaume de Danemark"...
Fred

 

> Univers
IDEES


Du grain à moudre
par Julie Clarini et Brice Couturier
du lundi au vendredi de 17h à 17h55
  Du grain à moudre



  de Brice Couturier

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émission du mardi 19 février 2008
Démocratie : maturité ou sénilité ?

 

 
En 1989, on a vécu dans l’illusion que la démocratie ayant miraculeusement triomphé des deux idéologies qui l’avaient contesté le plus radicalement, elle avait désormais vocation à se répandre miraculeusement. Elle était le but lointain auquel tous aspiraient.
Boris Eltsine en 1995 à Marek Halter : " - Mais vous ne nous avez-vous pas expliqué ce qui venait après la démocratie. » Marek Halter : " - Il n'y a rien après, elle est simplement perfectible." Boris Eltsine : "Ah, il n'y a rien ? Alors il faut s'en accommoder ?"
Cette heure de gloire de la démocratie est bien passée aujourd’hui. Nous vivons l’Age du désenchantement démocratique.
Une floraison de publications illustre ce moment de doute, de Marcel Gauchet à Pierre Rosanvallon, et de Cynthia Fleury à Jacques Julliard en passant par Pascal Perrineau, tous se penchent désormais sur les « pathologies de la démocratie », auxquelles notre confrère Raphaël Enthoven a consacré une semaine sur cette antenne, dans ses « nouveaux chemins de la connaissance ». Ce week-end, Libération, sensible aux humeurs intellectuelles du temps, a fait sa une avec ce même désenchantement.
De quoi s’agit-il au juste ?
D’abord d’un phénomène de société. Les politologues enregistrent une tendance générale au déclin de la participation électorale. La présidentielle de l’an dernier, avec son taux record, apparaît comme une parenthèse qui risque de se refermer. D’où le diagnostique selon lequel le peuple aurait « décroché de ses élites » et qu’il y aurait une crise de la représentativité. Nous en avons déjà traité ici.
Mais d’autres analyses sonnent d’une manière encore beaucoup plus pessimiste. Celle de Guy Hermet, par exemple, qui semble estimer que la démocratie aurait atteint la fin de sa période historique et que quelque chose d’autre s’apprêterait à lui succéder. Le point de vue de Boris Eltsine contre celui de Marek Alter ? Il nous le dira lui-même.
Un peu comme Marcel Gauchet, Guy Hermet pense que la démocratie avait vocation, dés le départ, à se retourner contre elle-même. N’a-t-elle pas contribué à émanciper des individus, qui manifestent depuis une tendance croissante à se refermer sur leurs bonheurs privés, leur bien-être, leurs petites affaires ? L’autorité de l’Etat souverain, lointain héritier de nos monarchies et de nos empires, se heurte de plein fouet à des amas mouvants d’individus sentimentaux et capricieux, qui veulent qu’on les comprenne, qu’on les plaigne et qu’on les flatte. Comment pourrait-il en être autrement, quand ce même Etat, explique Jean-Pierre Le Goff, n’a d’autre stratégie à proposer que celle d’une adaptation permanente à une réalité dont le devenir lui échappe ? Quand le personnel politique est condamné à chevaucher le tigre de la culture médiatique pour tenter de rester en phase l’esprit du temps ?.

  Invités

 
Jade Lindgaard.  Journaliste à Médiapart et membre du comité de rédaction de la revue Mouvements

 
Guy Hermet.  Directeur de recherche émérite
Directeur d'études à l'IEP de Paris

 
Pierre Dupuis.  Agrégé de philosophie
Professeur en classes préparatoires littéraires
Directeur de rédaction de la revue Cause commune

 
Jean Pierre Le Goff.  Sociologue au CNRS
Président du club Politique Autrement

 
 
           
les livres
 

 

 
Jean Pierre Le Goff
La France morcelée
Gallimard Folio actuel - 2008
 


 
 

 
Guy Hermet
L'hiver de la démocratie ou Le nouveau régime
Armand Colin. Coll. Le temps des idées - 3 octobre 2007
 

Berlusconi a inventé la Télé-République italienne, Tony Blair a galvanisé les Anglais avec son New Labour, tandis que les populistes modernes sont descendus de Scandinavie pour envahir l'Europe. Comme les présidentielles de 2007 l'ont souligné, c'est maintenant à la France d'inaugurer son Nouveau Régime, résidu de populisme type Front national assorti d'une dose beaucoup plus forte de néo-populisme bien élevé à la façon des trois grands ex-candidats présidentiels et, pour les choses sérieuses, d'une injection discrète mais décisive de gouvernance destinée à dynamiser vraiment le «management» du pays. Pour tout dire, l'hiver de la démocratie est arrivé. Celle-ci conserve son nom pour un temps. Mais elle a perdu sa substance. Face à ce grand tournant, nous vivons pourtant comme nos ancêtres à la veille de la Révolution de 1789. Ce crépuscule de l'Ancien Régime annonçait déjà la fin d'un monde. Mais les Français comme leurs voisins ont continué alors à vaquer à leurs routines sans vouloir imaginer que leurs habitudes déjà très ébranlées allaient être mises sens dessus dessous. Nous faisons de même à l'approche du séisme politique annoncé. Ce livre rappelle qu'en dépit de ses heureuses saisons passées, la démocratie est un mode de gouvernement non moins voué à s'effacer devant un Nouveau Régime que les régimes qui l'ont précédée.

           
les liens
 

 

 
  > Revue Cause commune

Cause commune noue une alliance inédite entre professeurs de lycée, universitaires et intellectuels. Tous les collègues, mais aussi les lettrés et les étudiants sont donc invités à écrire dans la revue, à élargir cette alliance, à ouvrir une brèche face à la pseudo culture de divertissement, omniprésente, et à placer l’écrit et le savoir au centre de l’Ecole et de la Société, non ce qui fait écran à la pensée, et anesthésie l’esprit en stérilisant la critique. Revue pluraliste, exigeante, d’abord adressée aux jeunes citoyens francophones, mais également au grand public qui désire élargir ses horizons théoriques et mieux comprendre le monde contemporain, Cause commune a pour ligne éditoriale de réfléchir l'actualité à partir des œuvres majeures de l'esprit : par la publicité faite aux idées et aux oeuvres, il s'agit de participer à la consolidation d’un espace public éclairé.
- Présentation officielle de la revue -

 

 
  > Le site de Mouvements


 

 
  > Le site de Politique autrement

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19 février 2008 2 19 /02 /février /2008 20:01
Rama Yade est désormais habituée des vidéos polémiques, avec une petite concurrence conjoncturelle de la part de Jean-Marie Cavada, mais c'est temporaire... ;o)
sinon ajoutons qu'on peut être blanc et tenir des propos ou défendre des positions contestables aussi (Nicolas Sarkozy ??? Ségolène Royal ???)...
Fred

A Colombes, Rama Yade dénonce "une gauche qui s'en prend à elle parce qu'elle est noire"
LEMONDE.FR avec AFP | 19.02.08 | 17h29  •  Mis à jour le 19.02.08 | 17h29

e ton est monté d'un cran dans la campagne des municipales à Colombes (Hauts-de-Seine). Mardi 19 février, le socialiste Philippe Sarre, qui mène la liste de gauche dans la ville, a dénoncé des propos tenus lors d'une réunion publique par Rama Yade, numéro 3 de la liste UMP.

Lors de cette réunion à Colombes samedi 16 février, dont des extraits ont été mis en ligne sur le site Internet du Parisien, Rama Yade évoque une visite improvisée à des squatteurs à Aubervilliers, peu après son entrée au gouvernement, qui lui avait valu les remontrances de François Fillon.

"Je suis allée voir et j'ai découvert que le maire qui avait fait ça, c'était un maire communiste", explique la secrétaire d'Etat aux droits de l'homme. "Cette gauche qui dit défendre les modestes, les minorités et les immigrés, c'est cette gauche qui s'en prend à moi, qui ne suis que numéro 3 de la liste, je le rappelle, qui s'en prend à moi parce que je suis noire", a-t-elle ajouté.

A Colombes, Rama Yade joue sa différence - Le Parisien
A Colombes, Rama Yade joue sa différence - Le Parisien

Dénonçant des propos d'une "rare violence", Philippe Sarre "trouve désolant que l'UMP en soit rendue à ce niveau et qu'un membre du gouvernement de la République n'ait pas d'autres arguments à faire valoir en direction des Colombiens"."En l'absence d'excuses publiques, nous nous réservons la possibilité de poursuivre en justice ces propos diffamants et souhaitons que chacun et chacune revienne à une attitude digne et responsable", conclut le candidat de gauche.

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18 février 2008 1 18 /02 /février /2008 10:36
Bon...
undefinedje suis un auditeur assidu du 7-10 de France Inter le matin. Et j'ai été pris par surprise par l'interview de Ségolène Royal... Je passerai sur le côté groupies en folie de la séance "interactive'" de ce matin qui démontre encore une fois que nous sortons du rationnel dès qu'il s'agit de Ségolène Royal.
J'aimerais juste dire à quel point je trouve agaçant pour ne pas dire débilitant, cette propension qu'elle a de transformer la campagne des municipales en pré-congrès du Parti socialiste tout en se défendant à tout bout de champs de ne pas y toucher... Pourtant ses troupes sur le terrain - parce que Ségolène contrairement à ce qu'elle dit en disant refuser de construire un courant au prochain congrès du PS en anime bien un de courant depuis novembre 2006 (un courant favorable à l'établissment du centralisme démocratique au PS) -  ne se cachent pas elles de faire leur intention de faire élire certaines personnalités avec pour principale visée de faire basculer ensuite l'appareil du Parti socialiste (je l'ai entendu ou lu clairement dans le Val d'Oise sur les cas de Pontoise et d'Argenteuil) : sympa pour les habitants qui pensaient qu'on leur proposait une alternative à une droite réactionnaire, sympa pour les militants socialistes qui pensaient qu'un débat du Parti socialiste pouvait se faire sur le fond...
Non Ségolène, tout en finesse et subtilité feinte, se contente de dire qu'elle veut faire élirede nouveaux maires pour reconstruire le Parti socialiste à sa façon, mais non non, il n'est pas temps de parler du congrès du PS...!
Mais ce qui est le plus consternant dans son intervention de ce matin, c'est - comme l'écrit BHL dans Ce grand cadavre à la renverse - "dès qu'une difficulté [surgit], cette manie de s'en remettre à la profonde sagesse des 'territoires'." Y compris quand il s'agit de s'enfermer dans une impasse : en effet, comment croire que le développement économique, la protection sociale, le pouvoir d'achat pourront se gérer dans les collectivités locales qui auront une majorité socialiste quand le gouvernement de Nicolas Sarkozy, à la suite de ceux de Chirac,  assume une véritable entreprise de sappe du modèle républicain ? Comment peut-on avoir aussi peu de bon sens pour reprendre à ce point à son compte et sans discernement l'idée de l'expérimentation locale portée par la droite...  Comment oser dire aux Français que les collectivités locales les protégerons face à la mort programmée par l'UMP du système social français, quand elles n'en ont ni les moyens ni les compétences ? Le travail des collectivités est ailleurs... Et ne le nions pas par contre, elles sont une base pour la reconquête du pouvoir. Mais attention à ce que le PS ne devienne pas un parti d'élection intermédiaire incapable de remporter les scrutins nationaux, ceux qui comptent pour transformer la société... Car ne nous le cachons pas nous ne sommes plus à l'époque où un parti comme le PCF pouvait construire une véritable contre-société depuis ses municipalités.
Non Ségolène et ses amis entraînent une fois de plus la gauche dans une impasse dramatique, qui valide chaque jour un peu plus le risque que je décrivais quelques lignes plus haut. Cette ressucée de "La terre elle au moins ne ment pas" poursuit le chemin qui éloigne la gauche de ses valeurs profondes et du message qu'elle doit porter à la société: Valls, Gorce, et maintenant Vincent Peillon, s'en font désormais les colporteurs zélés. Pour comprendre, il suffit de relire les passages de BHL sur le retour des nationaux républicains :
  • - "d'autres mots bizarres, qui n'étaient pas précisément ceux du vieux lexique de la gauche."
  • - "On voyait, comme dans l'affaire du drapeau tricolore [...] sans songer à y adjoindre le drapeau européen, arriver des préoccupations, voire des obsessions, qui écorchaient un entendement formé dans le souvenir de l'Affaire Dreyfus, de la guerre d'Espagne, des luttes antifascistes, etc."
  • - "Il ya avait eu 'l'ordre juste', les 'jurys populaires' [...], l'affaire du placement des jeunes de + de 16 ans [...], le fantasme d'une société transformée en une sorte de pensionnat généralisé [...]"
D'une manière générale, il faut rappeler la fâcheuse tendance d'une partie de la gauche de la plus "radicale" à la plus accommodante avec le néo-libéralisme économique à embrayer sur :
  • - le rapport à l'ordre et à l'autorité, qui se ferait dans la contrainte et la répression plus que par l'éducation et le partage des valeurs d'égalité ;
  • - une sécurité consistant à contrôler les gens plus qu'à assurer leur tranquillité, et dans une optique purement répressive ;
  • - un rapport au nationalisme malsain (drapeau, etc.) parfois camouflé par la dénonciation des Européens de gauche qui ont refusé le TCE (voir le retournement de veste de Valls là-dessus) ;
  • - dans la gauche radicale, un anti-américanisme, un antisémitisme qui prend appui sur la compétition des victimes (la défense des palestiniens pourtant estimable, qui est mise au service de la haine des juifs) ;
  • - un retour à la confusion entre le libéralisme économique et les libertés fondamentales, entretenues aussi bien par l'extrême gauche que par les sociaux-libéraux autoritaires (Valls, Gorce, les ségolènistes : si la liberté économique existe et est portée au pinacle, elle permet de justifier par ailleurs que l'on soit répressif du point de vue moral et sociétal)...
Cette dérive n'est pas restreinte aux seuls chevènementistes dont on a décrit la matrice intellectuelle et idéologique, mais les rappels à l'Ordre, l'Autorité, la Nation, le Drapeau, à une société de contrôle, utilisés pour maquiller le vide politique sur la question sociale, se retrouve chez Ségolène Royal, Manuel Valls, Gaëtan Gorce, etc. qui prétendent aujourd'hui porter la rénovation du Parti socialiste avec des thèmes et des concepts qui ont toujours été opposés à la conscience de la gauche.

Frédéric FARAVEL

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18 février 2008 1 18 /02 /février /2008 10:32
villiers.jpgPeut-on me dire pourquoi une intervention massive des forces de l'ordre en arme dans le secteur du Val d'Oise avait besoin de la présence également massive des caméras de la presse ? et plus de 50 flics par personne arrêtée, ça fait pas un peu too much ? Bon c'est sûr, ça en jette aux caméras...

Fred


 
L'opposition critique une "intervention policière médiatisée"
LEMONDE.FR avec AFP | 18.02.08 | 10h16  •  Mis à jour le 18.02.08 | 12h57

près l'importante intervention des forces de l'ordre à Villiers-le-Bel, Sarcelles et Arnouville-les-Gonesse (Val-d'Oise), Ségolène Royal a dénoncé "une opération policière médiatisée". "Quand des caméras accompagnent des opérations policières massives en période [de campagne pour les élections] municipales, c'est une façon d'influencer l'opinion, de vouloir faire peur", a déclaré sur France-Inter l'ex-candidate socialiste à l'élection présidentielle. "Le président de la République en revient au vieux réflexe de politique spectacle sécuritaire". Pour le Parti communiste français, "cette opération de police avait manifestement d'autres objectifs que la seule recherche de la vérité au vu du nombre de rédactions mobilisées pour couvrir l'événement. On peut même parler de gigantesque cirque médiatique", affirme le PCF dans un communiqué.

Interrogé sur Europe 1, François Bayrou a jugé quant à lui "nécessaire de respecter le droit, la loi et la justice. Des incidents comme ceux qui ont eu lieu doivent avoir des suites". Par contre, le président du MoDem fait le même constat au sujet de la médiatisation de l'intervention, estimant que la "justice ne doit pas s'accompagner d'une mise en scène".

LE MAIRE PRÉVENU À 6 H 2, APRÈS LES MÉDIAS
Le maire de Villiers-le-Bel, Didier Vaillant (PS), a expliqué dans la matinée avoir été prévenu par la préfecture à "6 h 2" , "après les médias", qu'une intervention policière se déroulait dans sa commune. "Il n'est pas normal que la justice travaille de cette manière. Une opération de cette nature ne doit pas être médiatisée ainsi."

Au sein même du gouvernement, des voix se sont élevées pour protester contre la présence en nombre de journalistes. La ministre de l'intérieur, Michèle Alliot-Marie, a indiqué lors d'une conférence de presse qu'elle regrettait "profondément que des fuites aient conduit à une médiatisation importante de cette opération, parce que cette médiatisation pouvait avoir des conséquences graves, nuire à [sa] bonne réalisation". Cependant, a poursuivi la ministre, "nous devions interpeller des personnes qui avaient commis des actes graves, alors cessons de polémiquer sur le fait que ce soit su, ce qui est important, c'est que cela se soit fait".

Pour le secrétaire d'Etat chargé de la fonction publique, André Santini, interrogé sur France 2, il fallait prouver qu'il n'existe pas de "zone de non-droit" en France. "On avait frappé un commissaire, on a tiré sur des policiers. Le gouvernement ne pouvait pas laisser passer ça".

 

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18 février 2008 1 18 /02 /février /2008 10:06
kosovo.jpgLe parlement kosovar a proclamé hier l'indépendance de l'ancienne province serbe sous administration de l'ONU. Bien sûr, cette issue préconisée par de nombreux pays européens et les Etats-Unis était attendue, même la situation de blocage perdurait avec la Serbie, malgré la réélection difficile de Boris Tadic à la présidence de la République.
Comme prévus, de violents affrontements ont éclaté à Belgrade où les nationalistes s'en sont pris aux forces de l'ordre, à l'ambassade des Etats-Unis et à des établissements européens. Comme prévu, la Russie - désormais de nouveau panslaviste et panorthodoxe - a demandé la saisie du conseil de sécurité de l'ONU et le gouvernement serbe a annoncé la rupture de ses relations diplomatiques avec les Etats qui oseraient reconnaître l'indépendance du Kosovo. On sait que tous les Etats soumis à de fortes pressions quant à leur attitude face à leurs minorités culturelles sont très réticentes devant cette déclaration d'indépendance, pour elles un dangereux précédent international, mais c'est aussi le cas de l'Espagne confronté à un nationalisme basque ambigu. C'est dans ce contexte qu'il faut comprendre les critiques de la Chine "populaire" et du Sri Lanka.
Cependant, il faut bien le noter, la manière dont a été amenée cette indépendance kosovare peut tout de même poser quelques questions. Pour ne pas être soupçonné de crytpo-slavisme, je rappelerai qu'en 1999 j'avais avec mes camarades valdoisiens créé un comité des jeunes valdoisiens pour le Kosovo ; nous avions collecté des vivres pour les populations kosovares qui fuyaient le nettoyage ethnique par l'armée "fédérale yougoslave", nous avions clairement pris position pour une intervention militaire de l'Union européenne sous couvert de l'ONU afin de mettre fin aux massacres, nous avions organisé un débat public à la fac de Cergy avec des représentants des associations de défense des droits de l'homme et le ministre de la défense de l'époque, M. Alain Richard.
A ceux qui proposait en plus d'armer l'UCK, j'avais cependant toujours opposé la plus ferme des contradictions. Pour le reste, il était devenu clair pour nous depuis l'embrasement des Balkans que le seul cadre de stabilité à terme de toute cette région serait une intégration lente mais assurée dans l'Union européenne. Pour le Kosovo, cela passait aussi par un détachement du régime dictatorial et génocidaire de Milosevic et une union avec l'Albanie, avant une intégration dans l'UE qui permettrait seule de garantir la pacification des relations avec la Serbie à terme et d'éviter une guerre civile en Macédoine.
Aujourd'hui, c'est l'ancien chef de l'UCK, Hashim Thaçi qui est premier ministre du Kosovo, les leaders démocratiques historiques du mouvement indépendantiste sont morts ou marginalisés. Les tensions entre Albanais et Serbes du Kosovo se sont renversées au point que c'est désormais aux Serbes de craindre pour leur vie.
Il est frappant que dans les commentaires de la presse internationale personne ne soulève l'incongruité que constitue un Kosovo indépendant alors que vraisemblablement l'aspiration de la population vise à la réunification avec l'Albanie voisine. D'ailleurs, la foule des rues de Pristina n'a pas menti hier en défilant, non pas avec le "drapeau kosovar" - bleu et jaune - mais avec le drapeau albanais - à l'aigle noir sur fond rouge !
Que désormais l'Union européenne reconnaisse l'indépendance du Kosovo est une nécessité pour protéger la province des visées géopolitiques nationalistes panslaves, il faut savoir tenir tête à Poutine. On en le fait pas sur la Tchétchénie avec la demi et honteuse excuse de "l'affaire intérieure", on ne peut l'éviter quand il s'agit de la sécurité de notre continent. Mais l'UE doit absolument aller plus loin : travailler à une transition pacifique pour une Albanie unie et rapidement intégrée à l'Union, seule garantie du développement économique, de la réalité démocratique et de la protection de la pluralité ethnique et culturelle de la région. C'est également le seul moyen de sauver l'intégrité de la Macédoine. Cet impératif plaide même pour le fait de passer devant la Croatie, la Bosnie et la Turquie...
Frédéric Faravel

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