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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube.
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Gauche Républicaine & Socialiste

4 février 2008 1 04 /02 /février /2008 14:18
Le président serbe, le proeuropéen Boris Tadic, obtient de justesse un nouveau mandat
LE MONDE | 04.02.08 | 09h52  •  Mis à jour le 04.02.08 | 09h53

e 11 juillet 2005, le président serbe, démocrate et proeuropéen, Boris Tadic, réélu de justesse, dimanche 3 février, pour un deuxième mandat avec un peu plus de 50,5% des voix, se rend aux commémorations du 10ème anniversaire du massacre de Srebrenica. Le geste est fort. Inédit pour un président de la Serbie depuis le massacre. Mais il laisse un goût d'inachevé.

Comme ses détracteurs le lui reprochent souvent, Boris Tadic, élu une première fois en 2004 face à son adversaire de dimanche, l'ultranationaliste Tomislav Nikolic, ne fait que la moitié du chemin. Et dimanche, dans une Serbie torturée par les démons du passé et la crise économique, M.Tadic doit moins sa réélection à la confiance des électeurs, qui se sont fortement mobilisés (67,6% de participation), qu'à la peur de l'isolement du pays qui aurait sans doute suivi l'élection de M.Nikolic, l'ami de l'extrémiste russe Vladimir Jirinovski.

A Srebrenica, au mois de juillet 1995, quelque 8000 musulmans, essentiellement des hommes, placés théoriquement sous la protection de casques bleus dans cette enclave de Bosnie-Herzégovine, avaient été exécutés par les forces bosno-serbes du général Ratko Mladic, étroitement lié au régime de Belgrade. L'exécuteur du plus grand massacre depuis la fin de la seconde guerre mondiale, inculpé de génocide par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), court toujours. Il reste un héros pour une partie non négligeable des Serbes, notamment parmi ceux qui soutiennent TomislavNikolic.

Le 11 juillet 2005, Boris Tadic prend sans doute tout cela en considération. Certes, il rend hommage aux victimes musulmanes. Avant son voyage à Srebrenica, ce natif de Sarajevo (en 1958) explique que "l'avenir de la Serbie dépend de la façon dont elle se distanciera des crimes de guerre commis en son nom dans les années 1990". Mais il ne s'excuse pas, au nom de la Serbie, pour le rôle joué par le régime de Slobodan Milosevic durant la guerre en Bosnie (1992-1995).

Ancien joueur de water-polo à la carrure d'athlète, ce diplômé en psychologie au sourire de play-boy n'est pas un homme de décision. Il souffre à cet égard de la comparaison avec la figure écrasante de Zoran Djindjic, son premier ministre lorsqu'il était ministre des télécommunications (de 2001 à 2003). Zoran Djindjic avait été, lui, l'artisan de la chute de Slobodan Milosevic en septembre 2000 puis de son transfèrement à La Haye en 2001. Ce courage scella son destin.

Boris Tadic a eu le mérite de reprendre en main le Parti démocrate (DS) dans une période difficile, notamment de poursuivre une douloureuse transition économique. Mais en voulant trop s'écarter de l'ombre pesante du martyre Djindjic, son prédécesseur à la tête du DS, il s'est notamment fâché avec Cedomir Jovanovic, jeune politicien démocrate, héritier spirituel de Zoran Djindjic, moins prompt au compromis avec une partie de l'ancienne garde du régime Milosevic. Avant d'être assassiné en mars 2003, Zoran Djinjic avait eu, en privé, ce mot cruel à propos de M.Tadic : "Boris? Un bel homme. Voilà." Trop cruel sans doute.

Beaucoup d'électeurs démocrates, qui n'aspirent qu'à entrer dans l'Union européenne comme les voisins de Roumanie, Bulgarie ou demain de Croatie, attendent de M.Tadic qu'il finisse d'imposer ses sincères convictions proeuropéennes. Traduit en termes de politique intérieure, il s'agit de clarifier ses relations avec le premier ministre Vojislav Kostunica, nationaliste, légaliste rigide et eurosceptique. Celui que Zoran Djindjic crut pouvoir utiliser en parvenant à le mettre en avant pour faire tomber Slobodan Milosevic. Ainsi, le Parti démocrate de Serbie (DSS) de M.Kostunica n'est arrivé qu'en troisième position aux législatives de 2007, loin derrière les plus de 30% du DS. Mais il a réussi à faire plier BorisTadic et à obtenir le poste de premier ministre.

Au second tour de la présidentielle, M. Kostunica n'a pas pour autant appelé à voter pour lui. Mais si M.Tadic veut appliquer sa politique réformiste et proeuropéenne – tout en s'opposant à l'indépendance du Kosovo –, il devra trancher dans le vif.


Christophe Châtelot

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31 janvier 2008 4 31 /01 /janvier /2008 16:00
clin d'oeil à Alain Chabat...

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31 janvier 2008 4 31 /01 /janvier /2008 00:15

> Univers
IDEES


Du grain à moudre
par Julie Clarini et Brice Couturier
du lundi au vendredi de 17h à 17h55
  Du grain à moudre



  de Brice Couturier

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Podcast


 
 
émission du mardi 29 janvier 2008
L’école est –elle menacée pour le regroupement identitaire ?

 

  L’ethnicisation de la cour de récré, c’était l’un des points d’inquiétude soulevés par le rapport Obin, en 2004. Bien que contesté pour sa méthode d’investigation, le rapport avait pointé quelques phénomènes graves, peut-être isolés. Jean-Pierre Obin, inspecteur général de l’Education Nationale, rapportait l’anecdote d’un collège baptisé le « collège juif », bien qu’il fût parfaitement public. C’était simplement la crainte de voir leur enfant victime de ségrégation ou de rejet qui avait poussé les parents à mettre au point une stratégie d’investissement massif du même établissement. Par ailleurs, les demandes d’inscription dans les écoles privées juives croissent chaque année. Aujourd’hui, l’enseignement confessionnel est également une revendication de certaines associations musulmanes même si, à l’heure actuelle, seuls 3 collèges se revendiquant de cette religion existent, trois collèges qui comptent à peine 400 élèves.
Cette tentation de l’entre-soi qui point tous les ans d’avantage en France est une vraie pierre d’achoppement pour l’école républicaine laïque. Dans le Monde de l’Education de ce mois-ci, qui consacre un long dossier à cette question, on apprend qu’un autre rapport, cette fois de l’Inspection générale de l’éducation, un rapport non rendu public, évoquerait quelques tentatives de regroupement ethnique par des familles d’une même communauté, et ce à l’occasion de l’assouplissement de la carte scolaire. Si jusqu’à présent l’entre-soi s’opérait encore par le recours au privé, la situation pourrait donc changer à la rentrée prochaine avec la possibilité de choisir son collège ou son lycée. Si ces prédictions se réalisaient, on ne manquerait pas d’y voir un nouvel échec de la République. Raphael Elmaleh qui a publié un ouvrage sur l’histoire de l’éducation juive moderne en France, analyse ainsi le phénomène : autrefois l’école juive transformait de petits juifs en petits Français, aujourd’hui, on lui demande de métamorphoser de petits Français en petits juifs. Même raisonnement possible, très certainement, pour les jeunes « beurs ».
Alors que faire ? Faut-il se résoudre à un éclatement de l’offre scolaire et à une ségrégation de fait de la jeunesse française ? Faut-il incriminer l’imperméabilité de façade de l’institution scolaire au fait identitaire et penser une école plus ouverte sur les revendications des parents ?


  Invités

 
Alain Morvan.  Professeur de littérature anglaise à la Sorbonne
Recteur d'académie de 1993 à 2007

 
Dounia Bouzar.  Anthropologue du fait religieux
Expert européen
Auditrice auprès de l’Ihedn
Chargée d’études à la Protection Judiciaire de la Jeunesse
Co-fondatrice de Dynamique Diversité

 
Françoise Lorcerie en duplex d'Aix en Provence.  Directrice de recherche CNRS, à l'IREMAM
Spécialiste de Politique éducative et politique d'intégration des immigrés

 
Benjamin Touati.  Directeur de L’institut Rina et André Néher

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30 janvier 2008 3 30 /01 /janvier /2008 23:59

Education et économie

 

cliquer ici pour avoir le texte en PDF


Le rapport remis par Jacques Attali sur les moyens de relancer la croissance doit faire l’objet d’un examen critique approfondi. Des groupes de réflexion comme La Forge  en ont produit une "contre-expertise" particulièrement intéressante. Globalement, nous assistons bien à la liquidation radicale (prônée ici par un « homme de gauche ») d’un modèle du « bien commun » fondé sur le débat démocratique et l’engagement de l’État comme expression de la volonté nationale. C’était le modèle du Conseil National de la Résistance dont la droite libérale appelle à se débarrasser depuis maintenant plusieurs années. Il est remplacé par le modèle bien plus archaïque – et qu’on veut nous faire passer pour « moderne » - de Guizot : « Enrichissez-vous ! ». On prend acte de la montée des individualismes et de la confrontation des intérêts particuliers et on joue sur ceux-ci pour produire des effets d’enrichissements individuels censées créer miraculeusement la croissance nationale. En cherchant à résoudre ses problèmes immédiats et en courant après son propre profit, l’homme « moderne » ferait progresser un pays réduit à la juxtaposition des richesses individuelles. Le collectif dans sa spécificité est ramené à la somme des agitations personnelles et corporatistes : on fait l’hypothèse qu’en faisant monter les tensions sociales, au sein des groupes (puisqu’il faut toujours « s’en sortir » mieux que les autres et contre les autres) et entre les groupes (identifiées comme consubstantiellement concurrents), on crée du développement cohérent. C’est, évidemment, confondre le développement avec l’effervescence, la détermination avec la fermentation, la volonté avec la nervosité… la pensée réfléchie et le débat démocratique avec un talk-show où le bon mot fait fonction de preuve et le best of de consécration universelle… C'est oublier le projet démocratique lui-même, c'est abandonner, au sens propre, la République : la chose publique.

 

Sur le plan éducatif, ce rapport reprend et développe l’essentiel des préconisations et réformes des gouvernements successifs depuis six ans (socle commun avec une orientation encore plus « fonctionnelle », suppression de la carte scolaire, développement d’une « culture de l’évaluation » systématique, etc.). Il préconise aussi un enseignement de l’économie plus développé et plus précoce que celui qui existe actuellement ; mais il s’agit bien, ici, d’économie et non de « sciences économiques et sociales », selon la dénomination qui existe aujourd’hui et qui se voit, semble-t-il, amputée d’une sociologie perçue sans doute comme trop critique.

 

En réalité, le rapport Attali conforte un mouvement de libéralisation-technicisation de l’enseignement actuellement largement en cours. Libéralisation, car on confond l’institution publique avec un service qui doit satisfaire les intérêts à court terme des usagers, au détriment de ses valeurs spécifiques. Technicisation car, dès lors qu’on abandonne les finalités de l’École de la République – indissociablement instruction et émancipation -, il ne reste plus qu’un ensemble de mécanismes de contrôle produisant les « indicateurs » permettant aux clients de se déterminer et à la puissance publique de renforcer les inégalités en subventionnant ceux qui ont les meilleures performances…

 

On veut croire que ce mouvement n’est pas irréversible et espérer qu’il provoquera un salutaire sursaut…

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30 janvier 2008 3 30 /01 /janvier /2008 10:56
undefinedC'est devant plus de 25 personnes, venant des quatre coins du département du Val d'Oise que s'est tenu le premier café poltique de "Réinventer la Gauche Val d'Oise", mercredi 23 janvier 2008, à Sannois. On remerciera particulièrement le patron du café Le Must qui a mis à notre disposition gratuitement son Lounge et nous a sympathiquement accueilli.
J'animais les débats et notre remarquable intervenant était Liem HOANG NGOC, économiste, chercheur au CNRS, Professeur à Paris, membre du conseil national du PS et délégué national à la fiscalité.

Les débats de qualité vous sont restitués ici, avec une petite marge d'erreur toute naturelle.

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29 janvier 2008 2 29 /01 /janvier /2008 09:41
Je ne résiste pas à vous faire connaître le blog de campagne de quelqu'un de bien...
http://www.herve-de-deroy.com/
Ensemble pour le changement


photoHervé DE DEROY, qui êtes-vous ? Je suis un méruvien ! Réponse un peu simple vous semblera-t-il, mais c’est d’abord en tant que tel que je ressens une volonté forte : offrir à mes concitoyens ce que je peux leur apporter pour les servir, avec l’équipe constituée autour de moi.Méruvien je le suis  dans la vie quotidienne, je le suis par mes connaissances, mes amitiés, mon travail
[...]

 

 

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27 janvier 2008 7 27 /01 /janvier /2008 13:16
Etats-Unis : Barack Obama remporte la primaire de Caroline du Sud
 
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 27.01.08 | 07h27  •  Mis à jour le 27.01.08 | 07h47

e sénateur de l'Illinois Barack Obama a remporté largement, samedi 26 janvier, la primaire démocrate de Caroline du Sud.  Il s'est imposé avec 55% des suffrages, devant Hillary Clinton (27%) et John Edwards, natif de Caroline du Sud (18%), un résultat qui dépasse largement les prévisions.

Barack Obama remporte sa deuxième victoire après l'Iowa le 3 janvier, devant Mme Clinton, qui a obtenu le New Hampshire et le Nevada. Cette victoire donne un nouvel élan à la campagne d'Obama en vue du "Super Tuesday" le 5 février, où 22 Etats, dont la Californie, le New Jersey et New York,
sont appelés à se prononcer.

Le jeune élu a balayé samedi les critiques "des cyniques qui croient que ce qui a commencé dans les neiges de l'Iowa était juste une illusion". "Nous formons la coalition d'Américains la plus diversifiée que nous ayons vue depuis longtemps", a déclaré M. Obama ovationné par plus d'un millier de partisans rassemblés samedi soir dans le Centre de convention à Columbia, la capitale de l'Etat.

"VOTE NOIR" DÉTERMINANT
Hillary Clinton a appelé Obama pour le féliciter et a quitté la Caroline du Sud pour se rendre dans le Tennessee, un des 22 Etats qui voteront le 5 février."Désormais les yeux du pays sont tournés vers le Tennessee et les autres Etats qui voteront le 5 février", a-t-elle déclaré à Nashville. "Des millions et des millions d'Américains vont avoir la chance de faire entendre leur voix (...)".

D'après des sondages de sortie des urnes, Obama a été plébiscité par quatre électeurs noirs sur cinq, dans un Etat où ils représentent la moitié des électeurs démocrates. Il a également été choisi par un quart des électeurs blancs, un score plus élevé que prévu.

Edwards qui avait accusé ses deux concurrents d'immaturité et avait fait diffuser des publicités qui le présentaient comme le seul adulte à briguer l'investiture démocrate, a été sévèrement battu dans l'Etat où il est né. Ancien sénateur de Caroline du Nord, il avait décroché la victoire dans cet Etat en 2004.

Le taux de participation a atteint un record : plus de 500 000 personnes ont pris part à ce scrutin.

Des partisans de Barack Obama, le 26 janvier en Caroline du Sud.
REUTERS/JONATHAN ERNST
Des partisans de Barack Obama, le 26 janvier en Caroline du Sud.

En Caroline du Sud, Barack Obama a réussi à capter le "vote noir"
 
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 27.01.08 | 11h38  •  Mis à jour le 27.01.08 | 11h39

our remporter largement la primaire de Caroline du Sud, le candidat à l'investiture démocrate Barack Obama a su mobiliser l'électorat noir sur son programme et sur sa personnalité.

Alors que Hillary Clinton, et surtout son mari Bill, se targuent d'une popularité importante ches les Africains-Américains, Obama a récolté les suffrages de 81% des électeurs noirs, selon les sondages sortie des urnes, dans un Etat où ils représentent la moitié des électeurs démocrates. Seuls 17% d'entre eux se sont portés sur Mme Clinton. Même si Barack Obama a pu capter une partie non négligeable de l'électorat blanc de Caroline du Sud (24%), il reste loin derrière John Edwards, natif de l'Etat (39%) et Hillary Clinton (36%).

DOUBLE TRANCHANT
Mais, dans une société où la couleur de la peau occupe une place déterminante, ces chiffres pourraient être à double tranchant pour Obama. S'il veut remporter la nomination démocrate et l'élection présidentielle de novembre, M. Obama n'a pas intérêt à être catalogué comme le "candidat noir".  D'autant plus que, comme prévient le Washington Post , de nombreux Etats appelés aux urnes le 5 février pour le "Super tuesday" n'ont pas un électorat noir aussi important.

Le New York Times note ainsi que les profils des 22 Etats qui participent au vote du 5 février sont assez différents : "certains sont de tradition démocrate, comme New York ou la Californie, d'autres sont plus modérés, comme le Kansas, certains ont une population multiraciale, d'autre sont majoritairement blancs".

M. Obama semble hésiter sur sa stratégie, pour capitaliser le vote noir durablement tout en n'apparaissant pas comme un candidat communautaire. Ainsi, il a prévu de faire campagne dimanche dans deux autres Etats du Sud comptant une forte communauté noire : la Géorgie et l'Alabama.

Mais, à l'issue du scrutin de Caroline du Sud, il s'est bien gardé de revendiquer le vote des Africains-Américains : "Nous formons la coalition d'Américains la plus diversifiée que nous ayons vue depuis longtemps. Il y a des jeunes et des anciens, des riches et des pauvres. Il y a des Noirs et des Blancs, des Latinos, des Asiatiques et des Indiens", a-t-il lancé.

 

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26 janvier 2008 6 26 /01 /janvier /2008 21:50

Si vous voulez signer cette pétition, envoyez votre prénom, nom et profession en cliquant ici : je signe ou en envoyant un courriel à info@paroledonnee.info


Dès 1981, tout juste après sa victoire aux élections présidentielles, le nouveau Président de la République François MITTERRAND affirme sa volonté d'accorder asile aux italiens engagés dans la lutte armée pour autant qu'ils renoncent à toute forme de violence.

Faisant foi à cette promesse, quelques centaines de militants italiens traqués par les autorités de leur pays s’exilent dans l’Hexagone. Ce sont des gens ayant pratiqué ou côtoyé la lutte armée ; il s’agit de vaincus inculpés, puis lourdement condamnés, dans le cadre d’atteinte à la personnalité et sûreté de l’Etat. Pour le code pénal italien, les faits poursuivis sont donc politiquement qualifiés.

Le 20 avril 1985, en réponse aux insistantes pressions italiennes, le chef de l’Etat, lors du 65e congrès de la Ligue des droits de l'homme, prononce ces paroles : « J'ai dit au gouvernement italien que ces trois cents Italiens…qui ont participé à l'action terroriste en Italie depuis de nombreuses années…ont rompu avec la machine infernale dans laquelle ils s'étaient engagés…étaient à l'abri de toute sanction par voie d'extradition... ».

On peut être d’accord ou pas, mais ces mots qui engagent la République Française sont non-équivoques : il y a bien assurance d’asile en pleine connaissance de la gravité de faits couverts ; ces faits graves sont bien de nature politique ; cet asile est un et indivisible, erga omnes, sans dérogation ; il ne peut y avoir extradition que s'il y a reprise de l'action terroriste. Treize ans plus tard, le 4 mars 1998, le Premier Ministre Lionel Jospin reprend cette position, dans une lettre adressée aux Avocats des réfugiés rendue publique, en ces termes : « …mon gouvernement n'a pas l'intention de modifier l'attitude qui a été celle de la France jusqu'à présent. C’est pourquoi il n’a fait et ne fera droit à aucune demande d’extradition d’un des ressortissants italiens qui sont venus chez nous dans les conditions que j’ai précédemment rappelées… »

Ces décisions politiques, médiatisées sous l’étiquette de doctrine Mitterrand, comportent les effets que tout le monde connaît : régularisation administrative de tous ces italiens, formation de familles, naissance d’enfants, intégration au grand jour dans la société française. Des effets qui, selon nous, tout en n’étant pas des droits formels, renvoient cependant au concept de droits acquis du fait de leur source politique et de leur maintien, toute couleur politique confondue, dans le temps. C'est-à-dire qu’ils ne peuvent être piétinés sans fautes vérifiées de la part des bénéficiaires.

Pourtant c’est ce qui arrive brutalement en août 2002 avec l’extradition de Paolo Persichetti et en 2004 avec l’affaire Battisti, quand le Gouvernement utilise hypocritement l’émotion suscitée par l’attaque des Twin Towers pour renier la parole de la France. Les arguments sécuritaires allégués sont faux (depuis un quart de siècle, les réfugiés italiens vivent paisiblement sur le territoire français et ne représentent aucun danger), anachroniques (on apprécie soudainement les agissements d’une époque révolue, et par là figée dans son passée, avec le regard et les craintes du contexte actuel) ou affectifs (la légitime douleur des victimes et de leurs familles instrumentalisée pour réclamer une punition sans fin), mais que veut-on ? L’« air du temps » est ainsi fait, n’en déplaise à la raison et aux contraintes morales. Aujourd’hui c’est au tour de Marina PETRELLA d’en faire les frais.

Cependant, nous ne voulons plus de cette logique perverse qui poursuit toute violence politique, même vieille de trente ans, comme impardonnable mal absolu, de ce choix des gouvernements français et italien qui, l’un méprisant les engagements pris par son Pays et l’autre la nécessité de dépasser ses malheurs d’antan par voie d’amnistie, traquent Marina PETRELLA comme une coupable de crime imprescriptible contre l’humanité.

C’est pourquoi nous demandons aux autorités françaises de respecter la parole donnée par la France, aux autorités italiennes de clore par une mesure politique adéquate ses « années de plomb », aux juges désormais chargés d'émettre un avis sur l’extradition de Marina PETRELLA d’intégrer dans leur appréciation tous les éléments politiques et humains qui justifient incontestablement son maintien en France.

Comité de soutien à Marina Petrella, menacée d'extradition
présidé par Jacques Maury, ancien Président de la Fédération Protestante et de la Cimade
Ligue des droits de l’Homme -138 rue Marcadet 75018 Paris 6 - Tel : 01 56 55 51 00

http://www.paroledonnee.info/


PREMIERS SIGNATAIRES :

Stéphane HESSEL, ancien Ambassadeur
Jean-Pierre DUBOIS, président de la Ligue des Droits de l'Homme (LDH)
Albert JACQUARD, Professeur émérite aux Universités
Chahla CHAFIQ, écrivaine, militante féministe
Michel TUBIANA, Président d’honneur de la LDH
Nicole BORVO COHEN-SEAT, sénatrice de Paris (PCF)
Danielle MITTERRAND, Présidente de la Fondation France Libertés
Benoît HAMON, Député européen (PS)
Régis JUANICO, Député de La Loire et Conseiller général (PS)
Cécile DUFFLOT, Secrétaire nationale (Verts)
Jean Vincent PLACE, Conseiller régional Ile-de-France (Verts)

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26 janvier 2008 6 26 /01 /janvier /2008 17:29
Selon un sondage CSA paru vendredi 25 janvier dans Le Parisien/ Aujourd'hui en France, les listes de gauche remporteraient, au niveau national, 46% des voix au premier tour des élections municipales, devant les listes de droite, à 40% d'intentions de vote. Les listes centristes du MoDem remporteraient 7% des voix, les listes du Front national 2%, et les listes d'extrême-gauche 2%.
À l'occasion de la sortie d'état de grâce du président de la République, la Gauche et plus exactement le Parti socialiste se prend à rêver de surfer sur le mécontentement légitimes des Français pour emporter les élections municipales et cantonales de mars 2008. D'ailleurs, cette équation est défendue dans le Val d'Oise comme dans d'autres départements.
Mars 2001 avait marqué une défaite certaine de la gauche après presque quatre années de pouvoir, et des résultats macro-économiques extrêmement positif... Si les élections intermédiaires et locales sont toujours plus difficiles pour le Parti au pouvoir, 2001 avaient démontré une véritable déculottée mais la victoire à Paris et à Lyon avait servi de paravent. Lionel Jospin, le Parti socialiste et la Gauche plurielle n'avaient pas pris la mesure de ce qui s'était passé alors ; la gauche avait abandonné le terrain de la réflexion et de la préparation de l'avenir, Lionel Jospin a fait campagne sur son bilan - légitimement bon, mais masqué par une année politique en demi-teinte - et sur la détestation pour le comportement de Jacques Chirac. On connaît le résultat.
2008 pouvait difficilement être pire que 2001, la gauche pouvait légitimement prétendre récupérer quelques villes moyennes ou majeures qui avaient subi le hold-up de la droite en 2001. Mais aujourd'hui elle se plaît à rêver un effet avalanche, alors même qu'elle n'a pas remis au jour son discours, ses propositions et son organisation. Dans la foulée de ces municipales et cantonales prometteuses, elles pourraient mécaniquement accroître ses positions au Sénat en septembre 2008 puis en septembre 2010. L'euphorie la guette, mais une euphorie non naturelle, une euphorie sous stupéfiants sondagiers...

Car il faut savoir tirer des leçons du passé, après 6 ans dans l'opposition, il serait temps que le Parti socialiste notamment commence à réfléchir et ne retombe pas dans les pièges qu'il se tend à lui-même. En 2004, la gauche a connu une série exceptionnelle d'élections intermédiaires sanctionnant le gouvernement Chirac-Raffarin-Sarkozy, après la canicule. Pourtant quelques semaines encore avant les cantonales et les régionales de mars 2004, personne ne sentait la campagne à gauche, personne n'était à même de dire comment elle sortirait de ces élections : l'Île-de-France paraissait menacée et dans les autres régions tenues à la majorité relative par la gauche depuis 1998 on espérait seulement que le changement de mode de scrutin permettrait d'obtenir des majorités stables qui avaient manqué jusqu'ici. Personne n'envisageait que 20 régions métropolitaines sur 22 tombent à gauche, plus les trois quarts des régions d'outre mer et la majorité des départements français.
Un enthousiasme nouveau s'empara ensuite du PS pour l'élection européenne, un discours équilibré et offensif avait été choisi, et le Parti socialiste atteint 30%. Ce fut la seule campagne qu'il avait un peu préparé avec "Et maintenant, l'Europe sociale...".
Pourtant cette série de victoires qui devaient plus à la déchéance de l'UMP et de l'UDF donna l'effet inverse : le Parti socialiste n'en profita pas pour accroître ses efforts. La direction du Parti socialiste y vit l'occasion d'écraser son opposition lors d'un référendum interne sur l'Europe, plutôt que d'ouvrir les débats de fond nécessaire. Nous en soldons toujours les comptes.
2008 ne doit pas avoir les mêmes conséquences que 2004, le socialistes ne doivent pas répéter leurs erreurs.

FRED

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25 janvier 2008 5 25 /01 /janvier /2008 12:32
un pote a décidé de monter son blog de Haïku... Je lui apporte mon soutien en lui faisant un peu de pub'...
Vas y Patrick !
haikudepat.iciblog.com

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