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Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube.
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Gauche Républicaine & Socialiste

16 octobre 2007 2 16 /10 /octobre /2007 13:37
Bataille entre Etats pour avancer le calendrier des primaires américaines
LE MONDE | 15.10.07 | 16h36  •  Mis à jour le 15.10.07 | 16h36
WASHINGTON CORRESPONDANTE

ombreobama.jpga saison des primaires ne cesse de se raccourcir aux Etats-Unis. Jusqu'ici, le processus de désignation du candidat à l'élection de novembre s'étalait pendant tout le premier trimestre. Le nom du vainqueur se dégageait généralement en mars, à l'issue du "super-mardi", qui voyait les primaires se dérouler le même jour dans une dizaine d'Etats.

Pour la succession du président George Bush, tout le monde semble avoir son mot à dire. Côté républicain, l'agitation est moindre. Mais côté démocrate, les Etats - qui sont maîtres de la méthode de désignation des candidats - se battent pour prendre les devants et être les premiers à voter. Oublié le "super-tuesday". En 2008, l'Amérique aura son "mardi tsunami". Le 5 février, une vingtaine d'Etats, dont plusieurs poids lourds tels que New York ou la Californie, choisiront leur candidat. Dès le lendemain, le nom du vainqueur démocrate sera probablement connu : 40% des délégués auront été choisis à cette date (contre 2% pour les élections précédentes).

Avant même le 5 février, 6 Etats s'apprêtent à voter. Traditionnellement, le calendrier attribue à 2 des "petits" - l'Iowa et le New Hampshire - le privilège de choisir leur candidat les premiers. Suivies par toute la presse, les élections dans ces 2 Etats ruraux ont acquis une influence que beaucoup jugent disproportionnée. Cette année, le Comité démocrate national (la direction du parti) a décidé de leur adjoindre un Etat du Sud, pour donner plus de poids aux Noirs, et un autre de l'Ouest, pour tenir compte des changements démographiques. La Caroline du Sud et le Nevada ont donc été autorisés à tenir leurs primaires avant le 5 février. Selon le règlement, ils devaient être les seuls.

C'était sans compter la Floride, qui a décidé de passer du 5 février au 29 janvier. Ce à quoi la Caroline du Sud a répondu en avançant sa date, pour maintenir son monopole de premier Etat dans le Sud. Furieux, le chef du parti, Howard Dean, a disqualifié les 220 délégués que la Floride envoie normalement à la Convention, qui est l'organe qui consacre officiellement le candidat. L'épreuve de force en est au stade judiciaire. Le sénateur démocrate de Floride, Bill Nelson, a porté plainte pour violation des droits de l'électeur.

Le Michigan, Etat en souffrance, s'est aussi mis en tête de se faire remarquer. Les démocrates y ont fixé leurs primaires au 15 janvier. Ils sont opposés à l'exclusivité donnée à 2 Etats qui ont un taux de chômage inférieur de moitié à celui du leur. Le Michigan risque la même procédure d'exclusion que la Floride.

Le New Hampshire, qui a adopté, en 1975, une loi stipulant qu'il doit rester le "premier de la nation", a donc décidé d'avancer sa date pour devancer le Michigan. Ce qui risque d'entraîner l'Iowa, qui tient statutairement ses réunions de désignation du candidat (caucus) une semaine avant le vote du New Hampshire... Le secret le plus épais entoure la date choisie par le New Hampshire. Bill Gardner, secrétaire d'Etat (responsable administratif) du New Hampshire, qui est, d'après la loi, l'unique maître de la décision, ne lèvera le mystère qu'au dernier moment. Il laisse entendre qu'il peut choisir une date en décembre si on l'y pousse...

Les candidats sont dans l'embarras. A la demande de la Caroline du Sud, ils ont signé un pacte affirmant qu'ils ne feraient pas campagne dans les Etats "renégats" comme la Floride. Mais ils ont obtenu de pouvoir continuer à aller y lever des fonds. En les obligeant à concourir simultanément dans un nombre aussi élevé d'Etats, la course aux primaires 2008 leur coûte cher.

Corine Lesnes

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16 octobre 2007 2 16 /10 /octobre /2007 09:51
A la tête du nouveau parti de gauche, Walter Veltroni se pose en rival de Romano Prodi
LE MONDE | 15.10.07 | 15h23  •  Mis à jour le 15.10.07 | 15h24
ROME CORRESPONDANT

alter Veltroni, le très populaire maire de Rome, a gagné son pari et réalisé le rêve de toute une vie. Dimanche 14 octobre, il a été élu triomphalement secrétaire du Parti démocrate (PD), la nouvelle formation du centre-gauche italien, née de la fusion des Démocrates de gauche, (DS, héritiers lointains du Parti communiste italien) et de la Marguerite (DL, d'inspiration démocrate-chrétienne). Tout laissait présager que cet homme politique le plus apprécié des Italiens, coqueluche des médias, allait, un jour, prendre la tête de ce nouveau parti. La participation populaire, vrai enjeu de cette vaste consultation où les sympathisants ont pu choisir directement leur chef de file, a été de grande ampleur.

Au moment où le pays connaît un fort sentiment de défiance envers les partis, plus de 3 millions de personnes ont pris d'assaut les bureaux de vote, obligeant les organisateurs à recourir à des photocopies de bulletins de vote ou à tenir ouverts les bureaux bien au-delà de l'heure prévue de fermeture. En octobre 2005, plus de 4 millions de personnes s'étaient déplacées pour plébisciter Romano Prodi comme leader de la coalition de centre-gauche aux élections législatives de 2006.

"BON À TOUT PRIX"
walterveltroni.jpgL'objectif de ces primaires était encore plus ambitieux : donner naissance à un parti, lui fournir une identité, des instances dirigeantes et un chef doté d'un mandat fort. C'est chose faite. Walter Veltroni a recueilli plus de 2 millions de suffrages, soit plus de 75% des voix, loin devant ses quatre adversaires.

"Le pays est plus en avant que ceux qui le représentent et peut-être aussi que ceux qui le racontent", a reconnu, ému, le maire de Rome, en parlant devant les militants, enthousiastes devant cette "journée mémorable pour la démocratie". M. Veltroni n'a cessé de répéter qu'il s'agissait pour lui du couronnement d'un rêve : réunir les réformistes pour tourner la page d'une politique vécue de façon négative. Le nouveau Parti démocrate se veut le parti des propositions. M. Veltroni s'affiche comme l'homme du dialogue mais aussi des décisions. Sera-t-il aussi un "facteur de stabilité" pour le gouvernement actuel comme il le prétend, ou cette forte poussée populaire finira-t-elle au contraire par le mettre en porte-à-faux à l'égard de l'exécutif de Romano Prodi ?

Les accrochages ont déjà eu lieu au cours de la campagne pour les primaires. Les sujets de la fiscalité ou de la réduction du nombre des ministres ont été des occasions d'échanges virulents entre le chef du gouvernement et celui qui, en 1996, était son alter ego, lors de la victoire de la coalition de centre gauche de l'Olivier. Dimanche soir, les deux hommes étaient côte à côte, illustrant la dualité de la gauche en Italie. Romano Prodi sera, formellement, le président du Parti démocrate. Mais ce nouveau parti, qu'il a si fortement voulu, va lui échapper.

Selon nombre de commentateurs, le nouveau secrétaire sera amené à prendre ses distances à l'encontre du gouvernement pour exister. Certains le soupçonnent d'oeuvrer pour des élections anticipées au printemps 2008. M. Veltroni s'en défend et déclare vouloir soutenir loyalement M. Prodi jusqu'à la fin de la législature prévue en 2011. L'homme s'est vu attribuer le surnom de "buonista", "bon à tout prix". Mais, ces derniers temps, il a paru s'éloigner de cette image. Il avait ainsi fait part de son intention d'aller s'installer en Afrique au terme de son mandat de maire. L'Afrique attendra. A 52 ans, ce journaliste de profession, entré très tôt en politique, devra se frotter à la réalité pour répondre aux attentes exprimées dimanche.

Salvatore Aloïse
Article paru dans l'édition du 16.10.07

Le PS français découvre un parti social-démocrate allemand débordé sur sa gauche
LE MONDE | 15.10.07 | 15h42  •  Mis à jour le 15.10.07 | 15h42
BERLIN ENVOYÉ SPÉCIAL

Lafontaine.jpg'un est aux affaires depuis 9 ans et l'autre n'a pas quitté les rangs de l'opposition depuis plus de 5 ans mais le Parti social démocrate allemand (SPD) comme le PS ont un point commun. Au creux de la vague, chacun cherche à initier un nouveau cycle.

Alors que le SPD réunira son congrès à Hambourg à partir du 26 octobre, le PS qui souhaite "étudier les nouvelles voies qu'élaborent les principaux acteurs de la gauche réformiste de l'Union européenne", a dépêché une mission à Berlin du 11 au 13 octobre. Celle-ci a multiplié les contacts avec des interlocuteurs inquiets et parfois amers. Engagé dans la grande coalition dirigée par Angela Merkel qui a poursuivi la politique d'assouplissement du marché du travail et de redressement des finances publiques engagé par Gerhard Schroeder, le SPD a dégringolé dans les sondages et doit faire face à Die Linke ("La Gauche"), le parti formé par certains de ses transfuges et les héritiers du parti communistes de l'ancienne Allemagne de l'Est. "Ces mesures douloureuses - qui ont contribué à relancer la croissance et l'emploi - ont été imposées sans avoir été vraiment discutées dans le parti", insiste Niels Annen, jeune député au Bundestag qui se réjouit que le SPD "se batte désormais pour l'instauration d'un salaire minimum et une meilleure indemnisation des chômeurs". "Au congrès, nous aurions pu trouver une majorité sur une ligne plus radicale mais le texte proposé parle notre langage. Et puis, ajoute ce représentant de la gauche du parti, il n'est pas question de faire marche arrière."

Pour le député européen Henri Weber, qui conduisait la délégation, les difficultés du SPD imposent de tirer des enseignements en terme de méthode. "La réforme de l'Etat-protecteur ne peut être menée à bien sans avoir au préalable longuement préparé l'opinion, les syndicats et a fortiori, le parti. On ne peut pas passer en force et dans l'urgence", juge-t-il.

SPD ET SALAIRE MINIMUM
Point central du congrès de Hambourg, l'instauration d'un "Etat social prévoyant" - mettant l'accent sur la formation, l'éducation et les services à la population et non seulement sur les dépenses sociales classiques - a fait écho auprès des socialistes français. "Parmi nos propositions, les parcours professionnels sécurisés, la protection sociale professionnelle ou le revenu de solidarité active correspondent à cette notion. Mais pour vraiment se l'approprier, il nous faut la conceptualiser", estime la députée Elisabeth Guigou. L'ex-ministre de Lionel Jospin observe de nouvelles convergences entre socialistes allemands et français. Le SPD découvre l'intérêt du SMIC et insiste plus nettement sur l'Europe sociale alors que le PS s'intéresse aux politiques de l'offre et à la crise de l'Etat-providence.

La mauvaise passe du SPD renvoie les socialistes français à la volatilité de l'électorat. "Comme chez nous, les couches moyennes et les catégories populaires intégrées admettent mal les transferts sociaux au profit des plus défavorisés", constate le député européen Harlem Désir.

Laurent Baumel, responsable national chargé des études, souligne de son côté "la capacité qu'ont les sociaux-démocrates allemands à se définir". Il en veut pour preuve la nouvelle "majorité solidaire" que souhaite forger le SPD : "Une alliance allant du salariat précaire à la bourgeoisie éclairée, fondée sur l'attachement à la justice sociale et à une croissance génératrice d'emplois de qualité alors que, pour le New Labour, tous les emplois se valent."

"UN MÉTRO DE RETARD"
Jean-Luc Mélenchon, qui ne faisait pas partie du voyage - il participera à la mission envoyée en Espagne auprès du PSOE - porte un tout autre regard. "Le PS a toujours un métro de retard ; alors que le SPD s'interroge sur les moyens de sortir de l'impasse sociale-libérale, il se demande s'il doit s'y engager", se lamente le sénateur de l'Essonne qui entretient des liens privilégiés avec Oskar Lafontaine, le président et fondateur de Die Linke. Il craint que "l'état de sidération totale dans lequel se trouvent les socialistes français leur faire perdre de vue que la sociale-démocratie d'Europe du nord, à force de considérer que la question du partage des richesses est secondaire, a accumulé les désastres électoraux". Des critiques qui laissent de marbre le strauss-kahnien Laurent Baumel. "Par rapport au PS, fait-il valoir, le SPD dispose d'un sérieux atout ; son aile gauche joue le jeu et se garde d'instrumentaliser les difficultés du parti".

Jean-Michel Normand
Article paru dans l'édition du 16.10.07

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16 octobre 2007 2 16 /10 /octobre /2007 09:48
Varsovie et Londres près d'accepter le nouveau traité européen
LE MONDE | 16.10.07 | 08h45  •  Mis à jour le 16.10.07 | 10h25
Luxembourg, bureau européen

trois jours du sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne, qui se réuniront les 18 et 19 octobre à Lisbonne pour tenter de s'entendre sur un nouveau traité institutionnel, leurs 27 ministres des affaires étrangères ont débattu, lundi 15 octobre à Luxembourg, des derniers obstacles qui bloquent encore la conclusion d'un accord. La présidence portugaise s'est dite "confiante" à l'issue de la rencontre, mais elle a reconnu que plusieurs différends ne sont toujours pas réglés.

La Pologne, en particulier, continue de demander l'inscription dans le traité de la clause dite de "Ioannina", qui permet à une minorité d'Etats d'obtenir le gel d'une décision pendant un délai "raisonnable". Varsovie a renoncé à exiger que ce délai soit fixé à deux ans, mais insiste pour que la clause figure dans le traité, et non dans une déclaration annexe dont la valeur juridique est moindre. La plupart des Etats sont hostiles à cette demande.

Le secrétaire d'Etat portugais aux affaires européennes, Manuel Lobo Antunes, a jugé "constructive" l'attitude de la ministre polonaise, Anna Fotyga, tout en indiquant qu'aucune solution n'a encore été trouvée. Certains experts proposent que la clause de Ioannina ne puisse être modifiée qu'à l'unanimité afin de garantir sa pérennité.

"LIGNES ROUGES"
En revanche, la Grande-Bretagne, qui était, avec la Pologne, l'un des Etats les plus critiques à l'égard du nouveau traité, s'est déclarée satisfaite de sa dernière version. La principale difficulté consistait à mettre en forme les dérogations obtenues par Londres dans le domaine de la coopération judiciaire et policière sans affecter la capacité d'action des autres Etats. Le ministre britannique David Miliband a estimé que les "lignes rouges" fixées par le gouvernement de Gordon Brown sont respectées.

D'autres délégations ont fait part de leurs réserves. L'Italie refuse la nouvelle répartition des sièges d'eurodéputés qui vient d'être adoptée. Elle n'accepte pas la rupture de la parité avec la France et la Grande-Bretagne, dont elle est proche par la démographie. Le chef du gouvernement italien, Romano Prodi, considère que cette question, qui ne relève pas du futur traité, pourrait être tranchée plus tard, mais la présidence portugaise souhaite qu'elle soit réglée au sommet de Lisbonne.

La République tchèque réclame, pour sa part, l'adoption d'une disposition qui obligerait la Commission, si le Conseil le lui demande, à retirer une proposition législative. Les experts européens jugent que cette suggestion contredit le droit d'initiative reconnu à la Commission. L'Autriche demande de pouvoir limiter l'accès à ses universités d'étudiants venus d'autres pays de l'UE, ce que la Cour de justice estime contraire au principe de non-discrimination.

La Bulgarie soulève la question de la transcription en cyrillique du nom de l'euro, qui l'oppose à la Banque centrale. Le Parlement européen souhaite des garanties sur la protection des données personnelles dans le domaine de la politique étrangère.

La présidence portugaise devra résoudre ces ultimes difficultés pour rendre possible l'adoption du traité à Lisbonne, suivie de sa signature en décembre puis de sa ratification dans les 27 Etats membres au cours de 2008.

Thomas Ferenczi

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14 octobre 2007 7 14 /10 /octobre /2007 10:59
Les non-dits du débat sur le "Grand Paris", par Jean-Louis Andreani
LE MONDE | 13.10.07 | 13h43  •  Mis à jour le 13.10.07 | 13h46

ne nouvelle étape dans la longue gestation du Schéma directeur de la région Ile-de-France (Sdrif) commence lundi 15 octobre, avec l'ouverture d'une enquête publique, tandis que l'exécutif de gauche de la région s'oppose vivement à Nicolas Sarkozy et François Fillon sur ce texte. Le Sdrif doit notamment fixer les grandes orientations du développement économique et urbanistique de l'Ile-de-France à l'horizon 2030. L'enquête durera jusqu'au 8 décembre, mais il faudra plusieurs mois avant qu'elle ne soit exploitable et ses résultats versés au débat. C'est l'Etat qui aura le dernier mot, en acceptant ou non de transmettre le schéma au Conseil d'Etat pour validation.

En 2004, la région a décidé de réviser le Sdrif actuel, qui devait aller en principe jusqu'en 2015. Le chantier a été confié à Mireille Ferri, vice-présidente (Verts), et un projet adopté par la région le 15 février. Dès leur arrivée aux affaires, le président de la République et le premier ministre s'en sont pris à ce projet qu'ils jugent inadapté à l'importance de l'Ile-de-France, dans la vie du pays et dans la compétition internationale.

Le 26 juin, en inaugurant le nouveau terminal de l'aéroport de Roissy, M. Sarkozy a dressé le constat d'une Ile-de-France en manque de "croissance" et de "cohésion", puis a donné sa vision de l'avenir. Il a notamment repris à son compte l'idée d'un "Grand Paris" et demandé que le Sdrif soit remis en chantier pour définir une "stratégie efficace". Le 11 juillet, M. Fillon a formalisé cette requête présidentielle, en sommant la région, présidée par Jean-Paul Huchon (PS), de surseoir à la procédure engagée, pour élaborer un texte plus conforme à "l'ambition" définie par M. Sarkozy. Faute de quoi, le premier ministre ne transmettrait pas le texte au Conseil d'Etat. Après la trêve estivale, l'offensive a repris dès le 19 septembre, avec un communiqué du préfet de la région Pierre Mutz renouvelant de "fortes réserves". En réponse, M. Huchon a lancé l'enquête publique, comme prévu...

La complexité de la procédure est à la hauteur de celle des enjeux. Le débat mêle de façon étroite questions de fond et préoccupations électorales immédiates. Les deux volets essentiels du Sdrif, eux-mêmes indissociables, sont le logement et les transports. Les besoins en logements sont considérables. Mais si l'étalement urbain - que le précédent schéma directeur n'est pas parvenu à endiguer -, continue à se propager, la question des transports deviendra de plus en plus inextricable.

Le clivage politique entre la droite et la gauche sur ces points est réel, mais souvent masqué par la technicité des débats : peut-on ou non densifier sans consommer davantage d'espace ? Dans quelle mesure une liaison directe par rail Paris-Roissy est-elle prioritaire par rapport à d'autres transports publics ? Dans les discussions sur le Sdrif comme sur le "Grand Paris", se profile, en filigrane, la question des inégalités territoriales et sociales. Ainsi les orientations développées par M. Sarkozy reviennent à renforcer davantage les points forts de l'économie régionale, comme la Défense. La gauche craint qu'un tel choix ne pérennise, voire n'accentue les inégalités, en particulier entre le nord-est et le sud-ouest franciliens. Même si la droite se garde de contester les principes mêmes qui inspirent le nouveau Sdrif : développement durable, logements notamment sociaux plus nombreux et mieux répartis, transports en commun... Pour Jean-Paul Planchou, président du groupe PS au conseil régional, "on est en pleine hypocrisie", car c'est bien "une bataille politique frontale" qui se livre autour du Sdrif, entre deux "visions" de la région.

JOUER LA CRISE
Mais les désaccords se trouvent aussi au sein de la gauche, entre certains maires, sur la répartition des logements sociaux, ou bien entre les deux dirigeants PS, le maire de Paris Bertrand Delanoë et Jean-Paul Huchon. La visibilité politique et médiatique du premier est, par nature, plus forte que celle du second, mais la ville ne peut pas faire l'impasse sur la région. Les intérêts politiques des deux collectivités, et de leurs chefs, ne coïncident pas forcément, bien que leurs problèmes (transports, pollution, logement...) soient le plus souvent liés. Dans les premières années de la mandature Delanoë, les élus régionaux ont eu le sentiment que la ville faisait cavalier seul. Le président de la région ne l'a pas oublié, et ce choix initial pèse encore sur ses relations avec le maire.

Le débat sur le "Grand Paris" s'imbrique dans celui sur le Sdrif et le complexifie encore un peu plus. Lorsqu'il l'a évoqué à Roissy, M. Sarkozy savait très bien que M. Delanoë et son équipe étaient ralliés à l'idée d'une telle structure, dont la forme reste toutefois à définir. M. Huchon, à l'inverse, était très réticent face à ce qu'il percevait comme le risque, pour lui-même et la région, de se retrouver cantonnés à l'aménagement des "franges de la banlieue excentrée". "L'agglomération, pour moi, c'est la région", a-t-il répété. La première réaction de la Mairie de Paris au discours de Roissy a été étonnamment positive, avant que M. Delanoë ne corrige cette impression en durcissant le ton à l'égard de M. Sarkozy.

Dans les deux dossiers, M. Huchon pourrait être la cible principale du président de la République. Ce dernier paraît en effet sceptique sur la possibilité d'enlever à M. Delanoë la Mairie de Paris en 2008, et aurait plutôt comme objectif de regagner la région deux ans plus tard. En s'opposant au Sdrif, il s'agit bien sûr de décrédibiliser la gestion socialiste. Quant au "Grand Paris", en reprenant l'idée à son compte, M. Sarkozy pouvait espérer enfoncer un coin entre MM. Delanoë et Huchon, tout en affaiblissant le second. Mais à l'approche des élections municipales et cantonales de 2008, les deux dirigeants PS, faisant taire leurs divergences, se sont rapprochés. M. Huchon a accepté le principe d'une structure propre au coeur d'agglomération, tandis que M. Delanoë indiquait au Journal du dimanche du 23 septembre que "faire sans la région, c'est l'échec assuré".

Dans ce contexte politique compliqué, la phase de l'enquête publique sur le Sdrif pourrait prendre une grande importance : en fonction de ses résultats, elle facilitera ou non le "compromis" acceptable souhaité par M. Planchou, qui estime que le pouvoir est plutôt tenté d'aller à l'affrontement, en bloquant le schéma. Quitte à jouer la crise. Après l'échec du précédent schéma directeur, qui s'est montré inefficace pour ordonner et canaliser le développement de l'Ile-de-France, la région phare du pays courrait alors le risque d'une paralysie de l'action publique.

Jean-Louis Andreani
Article paru dans l'édition du 14.10.07
 

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13 octobre 2007 6 13 /10 /octobre /2007 14:55
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12 octobre 2007 5 12 /10 /octobre /2007 13:54
Le NPS fait feu sur le quartier Royal
Le Nouveau Parti socialiste se réunit aujourd’hui pour évoquer l’avenir du parti.
Par David Revault d’Allonnes - Libération : vendredi 12 octobre 2007
 
«Comprendre le réel» : c’est sur cette ambitieuse thématique que s’ouvre, aujourd’hui à Toulouse, le rassemblement du Nouveau Parti socialiste (NPS). Quatrième courant du PS à effectuer sa rentrée politique, après les royalistes, les jospinistes et les fabiusiens, cette sensibilité du parti, qui joue résolument sur l’aile gauche, entend à son tour aligner ses troupes. Et faire feu de ses munitions idéologiques dans la bataille d’interprétation de la défaite présidentielle qui, ces jours-ci, fait rage entre socialistes .
 
«Confusion».  «Le parti n’a pas clarifié sa position par rapport à la campagne», estime le député européen Benoît Hamon, coleader du courant avec Henri Emmanuelli. «Sur ce sujet-là comme sur d’autres, la confusion domine. On peut dire ce que les uns et les autres, individuellement, ont tiré comme conclusion de cette séquence. Mais ce que le parti, collectivement, en pense, on ne sait pas…»
 
On saura en revanche très vite ce que la direction du NPS en pense, qui dans un texte consacré à l’ «analyse» de la campagne discuté ce soir, regrette, au chapitre de la «capacité personnelle des candidats à exercer la fonction», que «la crédibilité du candidat de droite [soit apparue] nettement plus forte», alors qu’ «il n’y avait pas de défiance a priori supérieure à l’égard d’un candidat de gauche». Le document constate, malgré une «volonté d’alternance indéniable qui n’a pas été incarnée par la gauche», que le PS, «loin d’avoir réussi à imposer le débat sur le terrain qui [lui] était favorable […], a accepté de mettre au cœur de la campagne les thèmes de prédilection de la droite, au risque de brouiller [son] message». Et, pour conclure, il invoque l’exemple du «travailler plus pour gagner plus», brandi par le candidat UMP, qui aurait «montré avec cruauté notre incapacité à incarner une alternative de gauche à la politique libérale et sécuritaire des néoconservateurs français. Le succès de Nicolas Sarkozy repose en grande partie sur sa capacité à occuper le vide que nous avons laissé.»
 
Officiellement, il ne s’agirait, à partir de ce sévère constat, que de discuter orientation. «Le problème n’est ni les lacunes de la candidate ni le complot des éléphants, poursuit Benoît Hamon. C’est un problème de ligne et de défaillance de notre projet.»
 
«Droitisation».  Mais, au-delà du bilan, il s’agit bien d’envisager les perspectives. «Nous ne voulons pas voir se prolonger certaines dérives, et nous refusons une forme de dépolitisation et d’attrait par rapport aux thèmes portés par l’adversaire», ajoute un autre élu NPS. En clair, empêcher Ségolène Royal de gagner du terrain idéologique et œuvrer à ce que le NPS appréhende comme «une personnalisation et une droitisation» du Parti socialiste. Notamment en vue du prochain congrès.
 
En toute logique politique, aucun royaliste pur et dur n’a été convié à Toulouse. «Il n’y a pas d’exclusive, mais tout de même un périmètre qui se dessine autour de gens qui ont la même conception du parti, contre la volonté de certains de transformer le PS en parti de supporteurs à l’instar du Parti démocrate américain», résume Régis Juanico, député de la Loire. Le jospiniste Harlem Désir, le fabiusien Claude Bartolone et Bruno Le Roux, proche de François Hollande, en revanche, devraient en être. Une ouverture dictée par les différentes hypothèses de construction majoritaire, donc. Mais également par la situation de ce courant créé en 2003 au congrès de Dijon par Hamon, ainsi qu’Arnaud Montebourg et Vincent Peillon, qui depuis l’ont quitté. Avant de devenir tous deux porte-parole de campagne de Royal… «Le NPS n’est pas réduit à peau de chagrin, mais on n’a pas la taille critique pour peser sur l’orientation du parti», estime un membre du NPS, qui pèserait selon ses estimations «entre 10 et 15 %» des voix.
 
«Reconquête».  D’alliance, il sera également question en externe, avec la nécessité, selon le NPS, de trancher la question ouverte par l’appel de Royal au débat avec François Bayrou, lancé lors de la présidentielle. Entre la traditionnelle stratégie d’union côté gauche ou un rapprochement avec l’UDF. «Entre une posture sérieuse qui offre des chances de reconquête et un scénario de salon, que la logique politique récuse, nous devons tourner le dos à une spirale de la défaite que ne ferait qu’accélérer l’alliance avec le Modem», résume Hamon. D’où la présence, dimanche, du porte-parole du PCF, Olivier Dartigolles, du député Vert Noël Mamère et du patron du PRG Jean-Michel Baylet. L’intitulé du débat : «Soigne ta gauche». Pour mettre Royal K.O.

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12 octobre 2007 5 12 /10 /octobre /2007 13:35
La crise entre les Flamands et les francophones enflamme la Chambre belge des députés
LE MONDE | 11.10.07 | 15h59  •  Mis à jour le 11.10.07 | 15h59
BRUXELLES CORRESPONDANT

n incident survenu à la Chambre belge des députés, mercredi 10 octobre, a entraîné un approfondissement de la crise qui oppose les partis flamands et francophones. Invitée, au lendemain de la rentrée officielle du Parlement, à examiner des propositions flamandes visant à scinder l'arrondissement électoral et judiciaire bilingue de Bruxelles-Hal-Vilvorde, au nord de la capitale belge, la commission de l'intérieur a été le théâtre d'une division claire : les néerlandophones sont restés en séance, alors que tous les francophones quittaient la salle. L'histoire des relations entre les deux communautés a beau être tumultueuse, elle a rarement été marquée par de tels épisodes.

L'affaire a eu des conséquences immédiates sur les difficiles négociations gouvernementales. Celles-ci avaient repris sous la conduite d'Yves Leterme, chef de file des démocrates-chrétiens flamands. Mercredi soir, M. Leterme a annulé une conférence de presse au cours de laquelle il devait annoncer un accord sur les questions de politique étrangère et européenne. Lundi, les quatre partis censés former un jour l'"Orange bleue" avaient trouvé un terrain d'entente sur l'asile, l'immigration et l'acquisition de la nationalité.

L'incident survenu en commission, prélude à un probable vote Flamands contre francophones sur une question institutionnelle très sensible, pourrait ruiner la stratégie du formateur. Tirant la leçon d'une première expérience de formation ratée, celui-ci espérait engranger divers accords avant d'en venir au chapitre de la réforme du fédéralisme, sur laquelle les deux communautés restent en totale opposition.

HOMOGÉNÉITÉ LINGUISTIQUE
Tous les représentants flamands demandent la scission de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde, dit BHV, invoquant la nécessaire homogénéité linguistique du territoire flamand. Contraints de revoir le statut BHV suite à un arrêt de la Cour constitutionnelle, Flamands et francophones formulent des propositions radicalement différentes. Tandis que les Flamands prônent une séparation nette, les francophones veulent préserver les droits dont jouissent plusieurs dizaines de milliers des leurs vivant à la périphérie de Bruxelles. Les différentes formations francophones proposent, par exemple, une extension des limites de Bruxelles, région bilingue, ou une consultation de la population sur sa volonté d'appartenance à l'une ou l'autre région.

Le débat est byzantin mais divers observateurs estimaient qu'un éventuel vote de la majorité flamande contre la minorité francophone sur Bruxelles-Hal-Vilvorde serait l'un des possibles déclencheurs d'un vrai divorce belge. Des négociateurs de l'Orange bleue avaient suggéré de former le gouvernement avant de rechercher un compromis sur ce dossier.

C'est le président de la commission de l'intérieur, Pieter De Crem, membre du même parti que M. Leterme, qui a mis le feu aux poudres. Il s'est rangé à une demande du Vlaams Belang - extrême droite xénophobe et séparatiste - qui exigeait une conclusion de la discussion et un vote.

Jean-Pierre Stroobants
Article paru dans l'édition du 12.10.07

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12 octobre 2007 5 12 /10 /octobre /2007 11:12
La Commission Attali fait ses premières recommandations pour relancer la croissance
LE MONDE | 12.10.07 | 09h41  •  Mis à jour le 12.10.07 | 09h46

Attali.jpgbrogation des lois Royer, Galland et Raffarin, mise en place d'une Autorité unique de concurrence, introduction dans le droit français des actions de groupe pour les consommateurs, création avant 2012 de dix "Ecopolis" qui seront autant d'"espaces urbains durables" : la Commission pour la libération de la croissance française, présidée par Jacques Attali, a adopté, jeudi 11 octobre, une première série de propositions qui visent toutes, à des degrés divers, à améliorer le pouvoir d'achat des Français.

C'est probablement dans le domaine de la politique du territoire et du logement que la Commission innove le plus en proposant, malgré le relatif échec des villes nouvelles sorties de terre dans les années 1970, "de construire des villes d'un genre nouveau", "véritables laboratoires de la modernité urbaine". Ces "Ecopolis", d'au moins 50 000 habitants, intégreraient une haute qualité environnementale et les toutes nouvelles technologies de communication.

Cette première salve de propositions avait été demandée par le président de la République et le premier ministre, probablement pour nourrir les différents rendez-vous prévus entre gouvernement et syndicats sur le pouvoir d'achat, notamment la conférence sociale du 23 octobre à Bercy.

La Commission se réserve, toutefois, la possibilité de revenir sur le sujet en faisant notamment des propositions sur le revenu des Français dans son rapport final prévu pour décembre.

Vous pouvez télécharger le rapport ici.

Nathalie Kosciusko-Morizet : "la Commission Attali a une vision réactionnaire"
LE MONDE | 12.10.07 | 10h25  •  Mis à jour le 12.10.07 | 11h23

ous êtes secrétaire d'Etat à l'écologie. Que vous inspire la proposition de la commission Attali de supprimer le principe de précaution de la Constitution ?

kosciuskomorizet.jpgJ'y vois la trace d'un certain conservatisme. J'avais déjà eu, lors de la discussion sur la Charte de l'environnement, de tels débats avec une frange, qui traverse d'ailleurs tout l'échiquier politique, qui a une dimension réactionnaire.

La proposition de la commission Attali, qui veut que l'environnement soit contre la croissance, qu'il soit un frein à la croissance, est une vision réactionnaire.

Le principe de précaution est un axe, non pas pour casser l'industrie ou interdire la recherche, mais au contraire pour inventer une nouvelle économie, pour trouver des avantages concurrentiels sur de nouveaux secteurs, de l'environnement, des énergies renouvelables, de la chimie verte, pour inventer une nouvelle croissance.

C'est aussi un principe de bon sens qui sert à s'écarter de possibles catastrophes ou de grandes pollutions comme celle que nous observons, ces jours-ci, avec les PCB ou la chlordecone aux Antilles.

L'écologie est le grand enjeu du XXIe siècle. Un pays qui n'est pas investi dans la protection de l'environnement est un pays qui fait les paris d'il y a trente ans.

Il est normal qu'au moment où l'on a, avec le Grenelle de l'environnement, une démarche forte, une démarche de rupture, un certain nombre de conservatismes se remobilisent. C'est un sujet sur lequel les élites sont plutôt en retard sur les Français. L'écologie est le moteur de la croissance de demain, parce que c'est la grande aspiration qui traverse nos sociétés, une aspiration qui traverse le monde.

Propos recueillis par Hervé Kempf

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10 octobre 2007 3 10 /10 /octobre /2007 22:09
«Au-delà de la droite et de la gauche, il y a la République qui doit être irréprochable parce qu'elle est le bien de tous. Il y a l’Etat qui doit être impartial[1] Il n’aura fallu que quelques mois pour que l’actualité financière vienne jeter une ombre sur ces engagements du candidat Nicolas Sarkozy. Le scandale EADS éclaire sous un jour glauque le mélange vicié des genres qui détermine les relations entre le pouvoir politique, l’Etat et les grands intérêts privés.

[1] Extraits du discours prononcé le 14 janvier 2007, porte de Versailles, Paris

Il y a d’abord le scandale financier de la vente de stock-options par les dirigeants d’EADS pour 90 millions d’euros, peu de temps avant l’annonce de difficultés industrielles majeures pour l’entreprise, à l’automne 2005. Les conclusions de l’AMF ne laissent planer guère de doute sur le caractère massif du délit d’initié présumé.

Ne prenons pas le risque d’évoquer la morale dans ce dossier. Ici, ce sont l’hypocrisie et le cynisme qui gouvernent…

On peut commencer par s’interroger sur la légitimité que conserve le plan Power 8, bâti par les principaux acteurs de ce scandale, qui fait porter l’essentiel des efforts de la restructuration sur les salariés du groupe? Il y a aussi une fâcheuse coïncidence des agendas, quand la garde des Sceaux annonce cette semaine la mise place du groupe de travail sur la dépénalisation du droit des affaires. Au moment même où l’on durcit les sanctions contre la délinquance ordinaire, le gouvernement se penche sur les moyens d’adoucir les peines à l’égard de la délinquance en col blanc. Les délits économiques et financiers n’engorgent pas les tribunaux, ils représentent moins de 0,5% des condamnations, soit 9.000 condamnations sur 592.000 en France en 2005 mais cette délinquance-là cause des préjudices considérables à l’économie française. Le conseil des prélèvements obligatoire a estimé en mars 2007 dans un rapport que le montant de la fraude fiscale s’évaluait entre 29 et 40 milliards d’euros chaque année. Ce rapport identifie les délits en hausse : travail dissimulé ou partiellement déclaré, internationalisation permettant le choix des pays de déclaration, nouvelles technologies comme le commerce électronique.

Comment ne pas faire le parallèle entre l’extrême sévérité à l’égard du commun des mortels et l’indulgence à l’égard des puissants ? La loi sur les peines plancher expose à un an de prison celui qui vole un CD deux fois dans un supermarché. Le groupe de travail sur la dépénalisation du droit des affaires se propose notamment de soustraire les auteurs d’abus de bien social à une condamnation pénale. Et pourtant celui qui ordonne cette politique pénale à deux vitesses est celui qui déclarait en mars 2007 : « je crois dans l’éthique du capitalisme. Je n’accepte pas que le travail salarié et l’esprit d’entreprise soient bafoués par les rémunérations et les privilèges excessifs que s’octroie une toute petite minorité de patrons.[1]»

Il y a ensuite le scandale d’État de la socialisation des pertes prévues pour Lagardère en autorisant le rachat par la Caisse des dépôts de 1,8 milliards d’euros d’actions, dont un tiers, soit 600 millions d’euros, devait s’envoler en fumée quelques semaines plus tard. 600 millions d’euros perdus, c'est-à-dire le coût des réductions d’effectifs dans la fonction publique.

Rappelons simplement le fil des évènements : Lagardère vend ses actions au printemps 2006 alors que les difficultés du groupe sont connues depuis novembre 2005. Il vend un tiers de ses parts dans EADS à la caisse des dépôts et des consignations. Pourquoi l’Etat a-t-il racheté ces titres au cours le plus élevé quand il était informé de leur dépréciation inévitable, une fois que les retards sur l’A380 seraient rendus publics ? On invoque l’indépendance de la Caisse des dépôts dans ses choix d’investissement. Rappelons que le directeur du Trésor siège à la commission de surveillance de celle-ci. Est-il imaginable qu’une telle décision soit prise sans l’accord du gouvernement quand on connaît la vigilance de Berlin au maintien de la parité franco allemande dans le capital d’EADS et que l’acquisition supplémentaire de 2,25% des parts du groupe par la CDC sera immanquablement dénoncé comme un « moyen déguisé » choisi par l’Etat français pour augmenter sa participation au capital d’EADS ?

Devant l’ampleur du scandale le gouvernement a choisi de demander à l’inspection générale des finances une enquête sur « l'action des services du ministère en ce qui concerne EADS entre fin 2005 et juin 2006 ». C’est très insuffisant.

Si le délit d’initié était avéré, la CDC qui s’est engagée à acheter sa participation au capital d’EADS à 32,60 euros l’action (contre 22,27 au cours actuel) peut et doit se retourner contre le groupe Lagardère. En effet, le contrat qui lie la CDC à Lagardère prévoit un paiement en trois tranches dont les deux dernières échéances sont en 2008 et 2009. La responsabilité du gouvernement s’impose quand l’argent public a été ainsi dilapidé. Les chefs d’un « Etat en faillite » seraient cohérents s’ils montraient leur détermination à restaurer l’Etat dans ses droits et ses biens là où celui-ci a été selon leur dire, manifestement ignorant des manigances qui se tramaient en coulisse. Le directeur du Trésor qui représente l’Etat à la commission de surveillance de la CDC doit sans attendre, exiger de bloquer l’exécution du contrat et le paiement des deux dernières échéances au groupe Lagardère tant que le soupçon subsistera sur la moralité et la légalité de cette transaction.

Enfin, le citoyen et contribuable français est légitime à demander que toute la transparence soit faite sur ce dossier en confiant à ses représentants au Parlement le soin d’identifier les mécanismes et les responsables de ce scandale. Parce qu’il existe une présomption de collusion entre le pouvoir politique et des intérêts économiques privés, le gouvernement, par souci pour sa propre crédibilité, doit soutenir la création d’une commission d’enquête parlementaire comme une étape indispensable pour faire éclater la vérité.


[1] Extraits du discours Besançon, le 13 mars 2007, et document « Mon projet ».

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10 octobre 2007 3 10 /10 /octobre /2007 13:10
Je précise d'entrée que l'article qui suit a avant tout une portée pamphlétaire...

Il semblerait que le petit cercle médiatico-politique se soit donné le mot en ce début du mois d'octobre. Pour faire parler de soi, quand on appartient au petit cercle du pouvoir ou quand on volette autour comme un papillon attiré par la lumière, il serait désormais nécessaire de faire preuve de vulgarité, le procédé vous assurant une couverture médiatique quasi instantannée et un retour sur investissement pour plusieurs jours.
Mais il faut tout de même l'avouer les vulgarités des uns n'ont pas forcément la même portée que la vulgarité des autres et que parfois les propos généraux peuvent permettre de supporter un peu un écart de langage répréhensible. Je vais donc céder à l'exercice et passer en revue les trois people vulgaires de la semaine : Fadela AmaraBernard-Henri Lévy et Henri Guaino...

fadela-amara.jpgLa première n'est plus il est vrai à son coup d'essai. Sous-secrétaire d'Etat d'ouverture à la politique de la ville, débauchée par Sarkozy pour être placée sous la tutelle de la très catholique Christine Boutin (priez pour nous pauvres pêcheurs), elle vient d'un milieu politique qui sème effectivement la confusion depuis quelques années. Les potes à Juju ont effectivement habitué les connaisseurs à un brassage incohérent d'idées et de stratégie qu'on attend pas à gauche et qu'on ne voudrait même pas voir au sein de la droite républicaine. Venant du trotskysme et de l'agit-prop' antiraciste, ils ont versé depuis 1997 dans l'éloge des valeurs d'autorité, de sécurité et plaide pour les quotas d'immigration que met aujourd'hui en place Brice Hortefeux à la demande de Nicolas Sarkozy. Avec Juju c'était le cercle rapproché de la campagne de Ségolène Royal, de là à dire que la candidate socialiste avait été prise en main par nos NéoCons à nous, il n'y a qu'un pas qu'il me serait assez facile de franchir.
Issue du confusionnisme de la pseudo "Gauche socialiste" maintenue, Fadela Amara nous avait déjà expliqué que pour les jeunes des cités s'en était fini de la "glandouille" grâce à Nicolas et elle. Avec la sous secrétaire d'Etat nous sommes face à une volonté affichée de faire passer le misérabilisme pour le parler vrai, la vulgarité pour la fraîcheur d'une société civile qui se bat dans les quartiers. En considérant qu'il est "dégueulasse" d'instrumentaliser l'immigration, dans le débat sur le projet de loi Hortefeux amendé par l'ADN de Thierry Mariani, elle fait le grand écart : Comment masquer la position inconfortable d'être ministre d'un gouvernement soutenu par une majorité parlementaire qui joue avec le feu de l'identité génétique ? En faisant passer le message que la gauche monterait tout cela en épingle et que ce serait la gauche qui se servirait de l'immigration comme épouvantail pratique pour marquer la droite à la culotte. Quand on est soi-même traître on explique toujours que ce sont les gens qu'on a trahi qui sont les affreux... Las l'interprétation a fait long feu, car les députés UMP se sont reconnus dans la qualité de dégueulasse et comment pourrait-il en être autrement, la déclaration d'Amara leur ayant finalement servi de miroir. Alors elle franchit une étape de plus, quand les députés socialistes lui demandent d'être enfin un peu conséquente et de se mettre en accord avec ses convictions en démissionnant d'un gouvernement qui veut proposer des tests ADN aux candidats au regroupement familial : ce sont donc eux les dégueulasses qui ont laissé les immigrés croupir dans des "logements dégueulasses" pour les instrumentaliser. A ce niveau de mauvaise foi, on ne demandera plus qu'elle démissionne, mais éventuellement qu'elle soit examinée par un psychanaliste, pour vérifier qu'elle confond bien ceux qui agissent pour le logement social, la diversité des parcours résidentiels et ceux qui veulent soutenir la spéculation sur la pierre...

BHL.jpegLe second s'est fendu d'un "salopards", mardi matin sur France Inter, pour qualifier ceux qui écrivaient pour souligner les causes de la défaite de Ségolène Royal.  Mais c'était un écart de langage momentané et bien que l'on ne puisse être d'accord ni avec cette  insulte véritable, ni avec l'intégralité de son argumentation, mais l'essayiste a développé quelques idées qui ont le mérite du débat... D'abord parce que c'est en lien avec le troisième vulgaire de la semaine, il a qualifié de "raciste" Henri Guaino, et son discours pour Sarkozy de Dakar pue tant le paternalisme colonialiste qu'il sera difficile de ne pas lui donner raison. Après tout raciste n'est pas une insulte, c'est un qualificatif fondé sur l'analyse des faits. De même il a qualifié de Maurassien à la fois Guaino et Chevènement. En effet, le nationalisme de ces deux personnages plie toute autre considération au rang d'accessoire. Et c'est là que BHL tient un vrai propos intéressant, sur la campagne de Ségolène Royal et les causes de la défaite - ce qui justifie que l'on analyse en profondeur cette défaite, les erreurs de la campagne et les responsabilités de la candidate... Pour BHL en effet le responsable de la défaite de Ségolène Royal est Jean-Pierre Chevènement ! Durant le printemps 2007 quelques journalistes avaient pourtant pointé la chevènementisation de la campagne de la candidate socialiste : les thèmes d'autorité, de nation et les couleurs du drapeau venant marquer trop fortement la campagne royaliste, perturbant durablement l'électorat de gauche. En cela, BHL rejoint Jospin et la Gauche du Parti socialiste, qu'il veut réprouver pourtant : Ségolène Royal s'est laissée guider par des thématiques mineures qui ne parle pas à la gauche ; entre les amis de Julien Dray et Chevènement s'est mis en marche une machine qui éloigner durablement les discours de campagne des priorités politiques de l'électorat de gauche.
Alors c'est là qu'il ne faut pas se tromper. BHL prétend qu'avec la stratégie que Jospin développe dans L'impasse, la gauche perdra une 4e fois l'élection présidentielle, car il faudrait selon lui que la sociale-démocratie rompe avec les communistes, Besancenot, Bové et Emmanuelli, pour s'allier au centre dont on ne sait pas encore ce qu'il raconte. Mais justement c'est là l'erreur, sans chercher à nous rassembler avec les protestataires de toujours comme Besancenot et Laguillier, un grand parti de la gauche rassemblant les idéaux socialistes et écologistes permetrra d'étouffer définitivement les dérives nationalistes qui  peuvent parfois faire vaciller la foi en la gauche.

guaino.jpgLe troisième enfin, c'est illustré par une attitude méprisante qu'il avait jusqu'ici démontré avec politesse et dédain. Henri Guaino c'est le syndrome de l'éminence grise qui profite de son statut protégé pour mieux expliqué aux autres qu'ils sont cons, que lui a tout compris et qu'il est plus intelligent que tout le monde.
Alors effectivement, qu'un essayiste people ait eu pour une fois le cran de décortiquer la morgue et le sens profond des ignominies nationalistes et passéistes qu'il développe à l'abri de l'Elysée et il pète les plombs. Car dire que BHL est un "con prétentieux" Guaino n'eut pas été très original, non le conseiller spécial de Sarkozy est allée plus loin dans l'insulte et les mots nauséeux, reprenant un vocabulaire qu'on entendait plus en France depuis les années 1940 :
"Ce petit con prétentieux ne m'intéresse pas. Qui est-il donc? Qu'a-t-il fait dans sa vie de si extraordinaire pour se permettre de juger comme ça ? Je n'ai jamais rencontré BHL. Il ne m'aime pas, moi non plus. Il n'aime pas la France, moi si. Il a la bave aux lèvres, avec la haine qui suinte de partout."
Qu'un type comme Guaino puisse déterminer qui aime la France et qui ne l'aime pas, laisse songeur. C
'est finalement le même élan que Sarkozy qui crée un ministère de l'identité nationale pour déterminer qui est compatible avec la nationalité française et qui ne le sera jamais par définition (car à quoi sert un ministère de l'identité si ce n'est pour la définir ?) : et c'est là-aussi que BHL se trompe en voulant couvrir son ami Sarkozy : il le dédouanne des horreurs qu'a écrite Guaino pour Dakar mais les deux comparses suivent de fait la même logique.
La bave aux lèvres, la haine qui suinte semblent plus ici être l'attribut de celui qui tient ce type de discours, cela rappelle l'extrême droite antisémite des années 1890 et 1930. Mais bon, qui est-il finalement ce Guaino ? un mec qui n'a jamais eu de titre de gloire dans le corps administratif dont il est censé dépendre, un scribouillard qui prétend faire de la politique mais qui ne s'exposera jamais au suffrage universel. A tout prendre effectivement, même BHL avec ses bouquins inégaux et mal foutus a pris plus de risque que Déroulède d'opérette.


Frédéric Faravel

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