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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube.
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Gauche Républicaine & Socialiste

2 octobre 2007 2 02 /10 /octobre /2007 16:20
Benoît Hamon, député européen, a abordé à l'occasion du point presse hebdomadaire du PS les sujets suivants :
  • la défiscalisation des heures supplémentaires
  • le budget de l'État pour 2008 présenté par le gouvernement
  • la nomination de Dominique Strauss-Kahn à la tête du FMI

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2 octobre 2007 2 02 /10 /octobre /2007 16:18
"Le Franc-Parler" (France Inter-i-Télé-"Le Monde")
Hubert Védrine : "Des conflits énormes se préparent"
LE MONDE | 02.10.07 | 14h34  •  Mis à jour le 02.10.07 | 14h34

ous avez rendu votre rapport sur la mondialisation à Nicolas Sarkozy en soulignant que la France devait être "amie, alliée, pas alignée". Y a-t-il un nouveau choix atlantiste depuis la présidentielle ? Le président Sarkozy a réendossé cette formule "amie, alliée, pas alignée". Il faut voir ce que cela donne en pratique. Il est évident que la tentation existe. Elle existe dans sa majorité, dans certains courants à gauche, dans une partie de l'opinion, plutôt dans les élites. Par exemple, sur les questions de l'OTAN. Le général de Gaulle était sorti après plusieurs années où il avait négocié avec les Américains pour que l'alliance donne plus de place aux alliés. C'est parce qu'il n'a pas réussi qu'il a fini par sortir. Il n'est sorti qu'en 1966 alors qu'il était là depuis 1958. Les militaires souhaitent y rentrer car ce serait plus commode pour eux, plus pratique, plus prestigieux, plus inter-opérationnel. Mais cela n'a pas d'intérêt. En revanche, utiliser l'idée d'un retour possible de la France dans une alliance réformée, faire de la disponibilité française le levier d'une réforme qui permettrait un pilier européen dans l'alliance de s'exprimer, cela n'est pas critiquable a priori.

La visite de Nicolas Sarkozy à George Bush cet été, et les déclarations de Bernard Kouchner sur l'Iran marquent-elles un changement de politique ?

Pas encore. Cela peut le devenir. Le fait d'avoir des relations moins mauvaises avec les Etats-Unis, c'est ce que Jacques Chirac a fait pendant les deux dernières années. Il a passé tout son temps à corriger non pas le fond - puisqu'il avait raison dans l'affaire de l'Irak -, mais à corriger les dégâts psychologiques, amicaux, sentimentaux, notamment avec l'opinion américaine, y compris les anti-Bush. Et Nicolas Sarkozy, en ce moment, n'est pas en rupture avec la dernière période Chirac sur les Etats-Unis. Le fait d'aller en vacances aux Etats-Unis, de rencontrer à cette occasion le président, ce qui est la moindre des choses, ce n'est pas une inflexion. Ce serait un vrai changement si, finalement, il nous disait dans quelque temps, j'ai posé les conditions pour l'OTAN mais c'est plus compliqué que prévu et cela gêne les Britanniques, mais c'est plus important de rentrer dans l'OTAN et donc on y va...

Bernard Kouchner a-t-il eu raison d'utiliser le mot "guerre" à propos de l'Iran ?

Dire qu'un conflit est possible, cela ne me choque pas car je ne suis pas dans le langage béni-oui-oui. Je pense qu'il y a un risque de clash. Samuel Huntington a été mal compris. Il n'a pas préconisé la guerre des civilisations, il a dit : il y a un risque. Nous ne sommes pas dans la gentille communauté internationale, où l'histoire n'est pas finie. Il y a des conflits énormes qui se préparent. La bonne attitude est de dire, comme Huntington, que c'est une perspective qui existe. Nous la refusons et nous allons tout faire pour que cela ne se produise pas (...) Il faut éviter la tentation occidentaliste. L'occidentalisme étant à l'Occident ce que l'islamisme est à l'islam. (...) Ce qu'a dit Bernard Kouchner là-dessus ne m'a pas gêné. Sur l'Iran, la phrase-clé est celle du président Sarkozy, en disant il faut tout faire pour échapper au choix entre la bombe iranienne ou les bombardements. Evoquer la guerre, c'est sans doute trop tôt.

Propos recueillis par Raphaëlle Bacqué, Thomas Hugues et Stéphane Paoli
Article paru dans l'édition du 03.10.07

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28 septembre 2007 5 28 /09 /septembre /2007 15:30
La question nationale domine le lancement de la campagne électorale en Espagne
LE MONDE | 28.09.07 | 15h52  •  Mis à jour le 28.09.07 | 15h52
MADRID CORRESPONDANTE

as une semaine ne s'achève, en Espagne, sans que des controverses autour de symboles identitaires ne mettent en évidence les crispations nationalistes. Elles ne simplifient pas le lancement de la campagne du président du gouvernement socialiste espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, dont la majorité sera soumise à renouvellement en mars 2008.

Redéfinir l'articulation politico-territoriale du pays afin d'apaiser ces tensions était l'un des objectifs principaux du chef de la Moncloa (siège du gouvernement) à son arrivée au pouvoir. Mais l'"Espagne plurielle" qu'il avait en tête s'est heurtée au parcours compliqué du nouveau statut de la Catalogne, déféré au Tribunal constitutionnel, et à l'échec de la négociation avec l'ETA. Les incidents continuent de se multiplier dans les régions où la revendication nationale est forte. Un jeune Catalan, Jaume Roura, a comparu devant un juge pour avoir brûlé des photos du roi à l'occasion de la visite de Juan Carlos à Gérone, en Catalogne, le 13 septembre. Le 18 septembre, des députés nationalistes catalans, basques et galiciens brandissaient dans l'hémicycle du Parlement, à Madrid, des maillots aux couleurs des équipes sportives "nationales" pour réclamer leur droit de jouer dans des compétitions internationales.

Depuis que, fin juillet, le Tribunal suprême a rappelé que le drapeau espagnol devait orner les façades de tous les bâtiments publics du pays, la droite s'indigne que des mairies basques ou catalanes fassent fi de cette obligation. Elle utilise chaque épisode autour de symboles nationaux pour questionner le bilan du président du gouvernement.

Pour contrecarrer cette campagne, M. Zapatero a commencé à faire appel, lui aussi, à une symbolique patriotique - campagnes de presse ostensiblement signées "gouvernement d'Espagne", logo gouvernemental relooké en rouge et jaune. En Espagne, depuis le franquisme, cette symbolique est fortement connotée de conservatisme, voir d'autoritarisme. C'est le cas du drapeau lui-même. Sa conservation fut l'un des compromis de la transition à la démocratie après la mort de Franco, en 1975.

Depuis, la gauche peine à oublier l'usage qu'en avait fait la dictature, et elle en conserve une méfiance à fleur de peau. Au début de l'année, la majorité socialiste s'était indignée de "l'appropriation sectaire des symboles nationaux" par l'opposition, qui, dans ses manifestations, déploie force bannières rouge et jaune et fait retentir l'hymne national.

La droite accuse M. Zapatero d'avoir, par sa politique, radicalisé les nationalismes régionaux. En Catalogne, traditionnel réservoir de voix pour la gauche, l'atmosphère s'est dégradée cet été. Une série de défaillances des grands équipements - une panne électrique géante à Barcelone, la pagaille chronique dans les trains de banlieue, l'engorgement des autoroutes - a renforcé les Catalans dans le sentiment d'avoir été défavorisés par l'Etat dans la répartition des investissements. Elle a poussé les nationalistes a se jeter dans une compétition "au plus souverainiste", dans l'espoir de capter le mécontentement populaire.

Le chef des nationalistes de centre droit de Convergencia i Unio, Artur Mas, a proposé de regrouper toutes les formations nationalistes, de droite et de gauche. Son concurrent de la gauche indépendantiste, Josep-Lluis Carod-Rovira, appelle à la tenue d'un référendum d'autodétermination en 2014... date du 300e anniversaire de la chute de Barcelone devant les Bourbons.

Au Pays basque, le président de l'exécutif régional, Juan José Ibarretxe, membre du Parti nationaliste basque, au pouvoir depuis 25 ans, s'est dit décidé à organiser un référendum d'autodétermination, y compris si l'ETA continue d'organiser des attentats. "La transition démocratique a été un moment propice pour un pacte postnationaliste. La pression des nationalismes basque et catalan et la crispation "espagnoliste" sous José Maria Aznar ont effrité ce projet", estime Fernando Vallespin, président du Centre (public) d'investigation sociologique.

Cécile Chambraud
Article paru dans l'édition du 29.09.07

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28 septembre 2007 5 28 /09 /septembre /2007 15:26
L'ancien président polonais emmène la gauche aux élections
LE MONDE | 28.09.07 | 15h57  •  Mis à jour le 28.09.07 | 15h57
VARSOVIE CORRESPONDANTE

e face-à-face est pressenti comme l'un des moments forts de la campagne électorale pour les élections législatives anticipées du 21 octobre : programmé lundi 1er octobre au soir, un débat télévisé opposera le premier ministre Jaroslaw Kaczynski, chef de file de la droite conservatrice au pouvoir (Droit et justice, PiS), et Aleksander Kwasniewski, l'ancien président social-démocrate propulsé à la tête de la grande coalition de centre-gauche (Gauche et démocrates, LiD).

M. Kwasniewski, qui ne brigue pas de siège lui-même, est, depuis le 23 septembre, le candidat de sa coalition pour le poste de premier ministre en cas de victoire, peu probable, au prochain scrutin. Pour l'heure, elle ne recueille que 10% à 16% des intentions de vote, loin derrière la droite libérale (PO) et la droite conservatrice, créditées l'une et l'autre par les sondages de 22% à 30%.

Formé à l'occasion des élections locales de 2006, LiD s'est imposée comme la 3ème force politique du pays. Hétérogène, voire contre-nature, la coalition regroupe 4 partis, dont les sociaux-démocrates, venus du communisme, qui ont gouverné jusqu'en 2005, et les démocrates libéraux, issus, comme les frères Kaczynski, du syndicat Solidarité. L'émergence du LiD a rééquilibré la scène politique, dominée par la droite depuis l'échec de la gauche aux élections de 2005.

PAS CHANCELANT
Venu du communisme, élu à la tête de l'Etat en 1995 face au président sortant Lech Walesa, reconduit en 2000, M. Kwasniewski s'est retiré en 2005, au terme de son 2nd quinquennat. Nommé président du Conseil pour le programme du LiD en juin, il reste, à 52 ans, un des hommes politiques les plus populaires en Pologne - numéro deux, derrière l'actuel ministre de la santé, Zbigniew Religa, et devant Lech Walesa, selon une enquête de l'institut CBOS publiée mi-septembre. "L'Elvis de la scène politique polonaise", selon le sociologue Norbert Maliszewski, a le sourire enjôleur et le contact facile. Son grand succès est d'avoir échappé à l'étiquette postcommuniste. "La plupart des Polonais ont oublié son parcours communiste parce qu'il était présent à la Table ronde et a incité le clan communiste à accepter les accords qui allaient aboutir à la tenue des premières élections semi-libres", jauge le sociologue Edmund Wnuk-Lipinski, recteur du Collegium Civitas.

L'ancien président a cependant commis beaucoup de bévues. Les Polonais n'ont pas oublié son pas chancelant et son élocution difficile en septembre 1999, lors de la commémoration du massacre des officiers polonais par les Soviétiques à Kharkov (Ukraine). Plus récemment, le 7 septembre, il a déclenché un tollé pour avoir, dans un entretien au magazine allemand Vanity Fair, invité Berlin à durcir ses relations avec Varsovie en cas de victoire du PiS aux élections législatives.

S'il confirme le retour politique de M. Kwasniewski, le débat télévisé de lundi est destiné à faire de l'ombre au leader de la droite libérale, Donald Tusk, véritable rival des frères Kaczynski dans cette élection.

Les ténors des deux droites s'affronteront dans les urnes le 21 octobre dans la capitale. Un fait inédit puisque M. Tusk briguait jusqu'à présent son poste de député à Gdansk. Le choc des deux droites pourrait se faire à la faveur des libéraux. Selon un sondage publié, lundi, par le quotidien conservateur Rzeczpospolita, M. Tusk recueillerait 37% des voix, contre 28% pour son concurrent conservateur.

Célia Chauffour
Article paru dans l'édition du 29.09.07

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28 septembre 2007 5 28 /09 /septembre /2007 10:36

> Univers
IDEES


Du grain à moudre
par Brice Couturier et Tara Schlegel
du lundi au vendredi de 17h à 17h55
  Du grain à moudre

Ecoutez

  émission du jeudi 13 septembre 2007
La politique est-elle esclave de la finance ? en direct et en public du Forum "Vive la politique" organisé par Liberation à la MC2 de Grenoble
 

 
  Avant les vacances, le gouvernement se promettait de « booster la croissance ». Et, en effet, il n’y a aucune raison objective pour que la croissance française se traîne en-dessous de 2 %, lorsque la Grande-Bretagne est systématiquement un point au-dessus et que même l’Allemagne se redresse, avec un rythme de 3,6 %, cette année. Le bouquet de cadeaux fiscaux offerts par le président élu aux contribuables – et en particulier aux mieux lotis d’entre eux - se donnait précisément pour objectif une relance par la consommation des plus riches.
Patatras ! La rentrée s’est faite sous les nuages d’un été marqué par un nouvel accès de crise financière, venue des Etats-Unis : la crise dite des subprimes. Au moment où l’INSEE faisait savoir que la croissance française s’était effondrée au second trimestre (0,3%°), l’OCDE revoyait ses prévisions à la baisse et n’accordait plus qu’un médiocre 1,8 % à la France pour l’année 2008. Du coup, les marges de manœuvre budgétaires de la nouvelle équipe ministérielle se réduisent : moins de croissance, c’est moins de rentrées fiscales.
Il est sans doute un peu tôt pour se demander si le volontarisme politique affiché par le nouveau président de la République sera en mesure d’imposer son rythme à l’actualité économique. Les allègements fiscaux avaient notamment pour objectif de rendre le pays « plus attractif ». On ne pourra pas se prononcer sur ses effets concrets avant plusieurs mois. En tous cas, le « choc de la confiance » promis il y a trois mois n’a pas l’air au rendez-vous. Le moral retrouvé des ménages ne s’est pas traduit par une amélioration de la conjoncture. La France traîne ses boulets et ne parvient pas à profiter de la croissance mondiale. Et la meilleure preuve de notre mauvaise compétitivité, c’est ce commerce extérieur qui ne cesse de se dégrader, alors que l’Allemagne, avec la même monnaie, l’euro, est redevenue le premier exportateur du monde.
D’où le retour, lancinant, de la question : quelle est la vraie marge de manœuvre économique des décideurs politiques nationaux sur une planète balayée par la mondialisation, et alors même qu’un grand nombre de leviers essentiels sont entre les mains d’organisations internationales et surtout, pour nous, européens, d’institutions communautaires ?


  Invités

 
Christine Lagarde.  Ministre de l'Economie, des Finances et de l'Emploi

 
Jean Paul Fitoussi.  Economiste

 
Gregoire Biseau.  Journaliste à Libération

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28 septembre 2007 5 28 /09 /septembre /2007 10:04

> Univers
IDEES


Du grain à moudre
par Brice Couturier et Tara Schlegel
du lundi au vendredi de 17h à 17h55
  Du grain à moudre


Ecoutez     émission du vendredi 21 septembre 2007
Autour du film de Nicolas Klotz : La question humaine, et les limites de la comparaison entre l’entreprise et la Shoah
 
 

 
Nous sommes tous des apprentis-sorciers. L’Ecole de Francfort le proclamait déjà : cela fait longtemps que la Raison, censée nous émanciper de la peur des dieux et nous rendre maîtres de nos destinées, s’est retournée contre nous. Dés Napoléon et Auguste Comte, précisait Horkheimer, la Raison des Lumières a été instrumentalisée, arraisonnée. Il faut désormais que «cela fonctionne». Ainsi est née la «cage de fer» que pressentait déjà avant lui Max Weber, au bout du désenchantement du monde par la rationalité technicienne. Le savoir moderne ne vise plus la liberté, mais la «maîtrise», le pouvoir sur le monde – un monde réduit à des objets sans âme, indéfiniment manipulables. Et pour que la maîtrise s’exerce sans résistance, il faut encore que tout l’être soit réduit à des abstractions comptables, que soient élaborés des instruments de mesure universellement acceptés. Car la maîtrise, je cite encore Horkheimer, veut la «commensurabilité universelle», l’équivalence généralisée ; elle récuse toute hiérarchie des valeurs ; elle traque l’hétérogène, qui ne se laisse pas réduire à l’unité comptable.
Comment les hommes sont réduits à des «unités , comment la rationalité instrumentale mutile nos vies, nous rend plus méchants et violents que nous sommes, tel est le propos du dernier volet de la trilogie entreprise par le cinéaste Nicolas Klotz sur notre présente réalité. La question humaine entend nous présenter le monde de l’entreprise privée. Il y est question de «subalternes compétitifs» qu’il faut pousser à «dépasser leurs limites personnelles». Il y a des slogans sur la «productivité» - mais on ne voit pratiquement jamais à quoi s’activent exactement ces cadres tout de noir vêtus. Peut-être devrait-on rendre obligatoire un stage en entreprise à la fin des études à la FEMIS… Le personnage principal, psychologue d’entreprise, est embringué dans une histoire de rivalité entre deux dirigeants, dont l’un est le fils d’un ancien tortionnaire nazi et l’autre est sans père, puisque né dans un Lebensborn nazi.
Les allusions à la Shoah parasitent progressivement l’intrigue. Et le film bascule alors dans une mise en comparaison entre la technicité implacable mise en œuvre par les nazis pour l’extermination des Juifs et le récent plan de restructuration qui a récemment touché l’entreprise. «Tout élément impropre au travail sera traité en conséquence, au vu des seuls critères objectifs…».
C’est précisément ce qui fait débat : si la déshumanisation par la rationalité technicienne est, en effet, un trait commun, à l’entreprise génocidaire nazie et à l’entreprise capitaliste, peut-on pousser la comparaison aussi loin que le fait le film de Nicolas Klotz, sans tomber dans la banalisation de la Shoah ?


 
Nicolas Klotz.  Réalisateur

 
Antoine De Beacque.  Journaliste, ancien responsable des pages culture de Libération
Critique de cinéma à rue89.com

 
Christophe Dejours.  Psychiatre et psychanalyste
titulaire de la chaire Psychanalyse-Santé-Travail au CNAM.

 
Jean Pierre Le Goff.  Philosophe et sociologue
président du club Politique Autrement

 
Georges Bensoussan.  Historien
Responsable éditorial au Mémorial de la Sohah


 
 


 
 

 
Jean-Pierre Le Goff
La Démocratie post-totalitaire
La découverte - janvier 2002

Commander

Vivons-nous dans un univers orwellien, conditionnés et surveillés en permanence par les "nouveaux maîtres du monde" ? On pourrait le penser à la lecture de certains discours critiques dénonçant le nouveau "totalitarisme" du marché et des médias. Dans cet essai stimulant, Jean-Pierre Le Goff rompt avec ce schématisme. En s'appuyant sur Hannah Arendt et Claude Lefort, il propose une étude comparative particulièrement éclairante du phénomène totalitaire et du mouvement de modernisation de la fin du XXe siècle. II montre ainsi que les sociétés européennes démocratiques connaissent un processus spécifique de déshumanisation et de désagrégation, bien différent du totalitarisme. Ce phénomène "post-totalitaire" constitue le point aveugle des démocraties. C'est dans ce cadre qu'il convient de resituer le mal-être existentiel et social et la confusion des médias : le basculement historique des trente dernières années a débouché sur une vision fantasmagorique du pouvoir et un antitotalitarisme galvaudé. Pour l'auteur, le renouveau implique d'en finir avec le manichéisme et l'illusion de la table rase. Les démocraties européennes doivent enfin accepter l'ambivalence de leur propre histoire, inscrire la modernisation dans une vision de l'avenir et un projet cohérent. C'est à ce prix qu'elles éviteront le repli maladif sur elles-mêmes et la rupture avec le reste du monde.

 
 

 
Christophe Dejours
Souffrance en France : la banalisation de l'injustice sociale
Points Seuil - 2000 (1ère éd. 1998)

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Les Français souffrent et ne le disent pas.
Comment faisons-nous pour tolérer le sort réservé à ces chômeurs et ces «nouveaux pauvres» dont le nombre ne cesse de croître ? Et comment parvenons-nous, dans le même temps, à accepter sans protester des contraintes de travail toujours plus dures dont nous savons pourtant qu'elles mettent en danger notre intégrité mentale et physique ?
Christophe Dejours, spécialiste du travail, découvre à l'origine de ce consentement et de cet étrange silence la peur ; puis la honte quand, pour faire fonctionner la machine néolibérale, nous finissons par commettre des actes que pourtant nous réprouvons. Il révèle comment, pour pouvoir endurer la souffrance (subie et infligée) sans perdre la raison, on se protège.
Marquer ses distances par rapport aux victimes du système est un bon moyen pour nier la peur en soi et débarrasser sa conscience de sa responsabilité vis-à-vis d'autrui.
A la lumière du concept de distorsion communi-cationnelle de Jürgen Habermas et surtout de celui de banalité du mal de Hannah Arendt, Christophe Dejours, patiemment, met au jour le processus qui fonctionne comme un piège. Alors la souffrance devient pensable. Et une autre conception de l'action possible.

 
 

 
Jean-Pierre Le Goff
Mai 68, l'héritage impossible
La Découverte - mai 2006
 

Mai 68 est sans conteste l'événement social et culturel le plus important qu'ait connu la société française depuis 1945. Et pourtant, près de quarante ans après, il est toujours très loin d'être assumé en tant que tel : à la différence d'événements historiques antérieurs, l'héritage de 68 reste aujourd'hui impossible. Pour comprendre les effets souterrains considérables de Mai dans la France contemporaine, il faut revenir sur son utopie première et sur son échec, sur ces années où la passion des soixante-huitards s'est investie massivement dans un gauchisme aux mille facettes.
À ceux qui ont vécu Mai 68 comme à ceux qui sont nés depuis, l'auteur voudrait faire partager cette conviction : pour dépasser aujourd'hui ce principe d'individualisme irresponsable qui nourrit l'air du temps, pour retrouver les voies d'une passion démocratique, il importe d'assumer enfin de façon critique l'héritage de Mai. L'ambition de ce livre est de contribuer à cette nouvelle et nécessaire mutation.

 
 

 
Antoine de Baecque et Emmanuelle Loyer
Une histoire du festival d'Avignon
Gallimard - 2007
 

Le festival d'Avignon a 60 ans en 2007. Fondée par Jean Vilar lors de la 'semaine d'art' qui réunit en 1947 quelques centaines de curieux, touristes et aficionados de la décentralisation théâtrale, la manifestation est devenue le plus important festival de théâtre du monde, attirant chaque juillet dans la cité des papes plusieurs dizaines de milliers de 'pèlerins'. Tous les grands noms du théâtre ont défilé à Avignon en 60 ans, Avignon qui est devenu le centre d'une histoire du théâtre. Il est désormais possible de la retracer émancipée de la légende vilarienne de la fondation comme des grimaces tombant sur les éditions le plus récentes. Les archives sont ouvertes et permettent la rédaction de cet ouvrage. Ni livre de photographies ou manuel de synthèse, voire thèse ou mémoire universitaires, il s'agissait pour les auteurs de faire le récit du festival en puisant informations et nouveautés dans les sources mêmes, tout en tenant compte des apports croisés des histoires culturelles ou politiques, de l'histoire des formes théâtrales, de la sociologie des publics, ainsi que d'une histoire orale ayant recueilli ou recueillant toujours les témoignages des grandes figures.

 
 

 
Jean-Pierre Le Goff
Les illusions du management : pour le retour du bon sens
La Découverte - 1er juillet 2003
 

Depuis plusieurs années, le management des ressources humaines est en crise, mais il ne semble guère se débarrasser de ses illusions. Le paradoxe est saisissant : on ne cesse de parler de management, on cherche toujours la méthode ou le remède miracle, mais on n'entend que très rarement ceux qui pratiquent le management au plus près des réalités de l'entreprise.
À l'opposé de la langue de bois managériale, Jean-Pierre Le Goff donne ici la parole aux acteurs de terrain. Il est allé interroger dans de grandes entreprises industrielles les ingénieurs et les cadres confrontés quotidiennement aux problèmes concrets. Leurs paroles et leurs pratiques sont une critique en acte des illusions du management. En s'appuyant sur cette critique, Jean-Pierre Le Goff développe une analyse qui remet en cause les schémas dominants et développe des propositions en matière de formation.

Lors de sa première publication en 1993, cet ouvrage a été couronné par le «prix Manpower de l'ouvrage de ressources humaines». Dans une postface inédite à cette nouvelle édition, l'auteur propose une mise en perspective globale du «mal-être dans les organisations» induit par les méthodes du management «moderne».
-4e de couverture-

 
 

 
Christophe Dejours
Le facteur humain
PUF - 2005

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Le facteur humain est l'expression par laquelle les spécialistes de la sécurité des personnes et de la sûreté des installations désignent le comportement des hommes au travail. Il est fréquemment invoqué dans l'analyse des catastrophes industrielles, des accidents du travail, et dans les procès ou les commissions d'enquête. On lui associe l'idée de faute. Paradoxalement, cette conception négative de l'intervention humaine repose sur une confiance sans faille dans la technique, et sur une méconnaissance des sciences humaines. Cet ouvrage récapitule les progrès réalisés dans les sciences de l'homme au travail, afin de formuler une doctrine plus nuancée que celle de l'école des human factors, dans les années 50.

 

 
  > La Question Humaine

Synopsis de ce film de Nicolas Klotz résumé par le site :
Paris de nos jours.
Simon travaille comme psychologue au département des ressources humaines d’un complexe pétrochimique. Au cours d’une enquête que la direction lui confie sur un des dirigeants de l’usine, les perceptions de Simon se désorganisent puis se troublent de manière inquiétante. Simon vit cette expérience dans son corps, elle traverse sa pensée mais aussi son intimité et sa sensibilité. La tranquille certitude qui avait fait de lui un technicien rigoureux, vacille.
Bande annonce, dossier et article de presse, photos et affiche à télécharger.
Un film de Nicolas Klotz
Avec Mathieu Amalric, Michael Lonsdale, Laetitia Spigarelli, Jean-Pierre Kalfon, Valérie Dréville...

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27 septembre 2007 4 27 /09 /septembre /2007 10:19
Yves Leterme, l'homme qui a dynamité la Belgique
 
LE MONDE | 25.09.07 | 15h34 • Mis à jour le 25.09.07 | 15h34

yvesleterme.jpgour le caractériser, ses amis - car il en a - évoquent le sens du devoir. Ses ennemis - et il en a davantage - un manque aigu de charisme. "Sauf à considérer qu'une boîte de raisins secs en est dotée", sourit l'un d'eux. Le sujet de ces appréciations contradictoires s'appelle Yves Leterme, il a 47 ans, il a grandi dans le village de Zillebeke, dans un coin de Flandre-Occidentale où l'on cultive les valeurs de la famille, du travail bien fait et du pragmatisme.

Son grand-père franchissait la frontière à vélo pour aller travailler dans le Nord. Son père, Georges, est wallon, sa mère, Eliane, est flamande. Ils vivent aujourd'hui à Ypres, près des champs de bataille de la guerre 1914-1918, au pied de cette Tour de l'Yser où, chaque été, les pèlerins du nationalisme flamand viennent célébrer leurs morts et implorer Dieu de donner enfin à leur région ce dont elle rêve : sa revanche définitive sur un Etat, selon eux, toujours trop francophone depuis sa naissance, en 1830.

On sait qu'Yves Leterme vient d'un milieu modeste, qu'il était fan d'Eddy Merckx et qu'il a toujours aimé lire. Que ses qualités sont "l'honnêteté, la rigueur, la volonté, la détermination". Au-delà de ces banalités, difficile de cerner l'homme qui est le toujours probable futur premier ministre du Royaume de Belgique. Une tête de bois, un Raminagrobis du séparatisme travesti en terne technocrate ?

Un membre du sérail politique flamand se souvient qu'il l'a croisé à l'université de Gand, lorsque l'étudiant Yves Leterme bûchait le droit, pour faire plaisir à ses parents, et les sciences politiques, pour se faire plaisir. 20 ans après, cet adversaire aime encore se moquer de ce garçon "un peu effacé, gauche, obsédé par le travail". Et, comme d'autres, il confesse qu'il n'aurait pas à l'époque misé 1 franc belge sur l'éventualité de voir cet ancien membre de l'Action estudiantine catholique flamande prétendre, un jour, au poste de chef du gouvernement.

En tout cas, si la crise politique se dénouait un jour - la Belgique n'a pas de gouvernement depuis plus de cent jours - et si M. Leterme finissait par s'installer au 16, rue de la Loi et au Lambermont, respectivement le bureau et la résidence du premier ministre belge, on n'y retrouverait ni le joyeux désordre de Guy Verhofstadt ni les coups de gueule de Jean-Luc Dehaene. Il restera du premier l'image d'un yuppie un peu dandy, amoureux de la Toscane et des vieilles voitures italiennes. Pour le second, les qualificatifs abondent - "Panzer Dehaene", "le Plombier", "le Taureau" - et les images sont à jamais gravées : Jean-Luc Dehaene hilare sur un taureau mécanique, hurlant dans une tribune de foot, goguenard dans une cellule de prison, où il avait accepté de passer un week-end. Mais Yves Leterme ne s'est, lui, forgé que des images négatives : au milieu d'une vague de drapeaux nationalistes au soir des dernières élections, confondant La Marseillaise et La Brabançonne sur le parvis d'une cathédrale, refusant de répondre en français à un reporter de la RTBF avant de lui conseiller, plus tard, "d'aller se faire f...".

Lorsqu'il acceptait de rencontrer des journalistes - ce qui n'est plus le cas -, il fixait plus souvent son téléphone-agenda Blackberry, sans cesse agité de messages, que son interlocuteur. Hasard ou maladresse - c'est une question devenue rituelle avec lui -, il commençait souvent l'entretien en néerlandais, d'où que vint son intervieweur. L'enregistreur débranché, il se décoinçait enfin un peu.

S'ils acceptaient de répondre aux questions, ses proches adouciraient le trait, évoquant sa joie d'assister à une victoire du cycliste Tom Boonen ou de partager "une petite pinte bien fraîche" avec ses administrés de la ville d'Ypres, où il fut adjoint au maire. Ils diraient son attachement à son papa : sachant que celui-ci souffrait d'un problème de santé, il n'a pas hésité, en juillet dernier, à décrocher son portable lors d'une messe en l'honneur du roi, déclenchant un autre tollé. Pas de quoi redorer son blason aux yeux de la bonne société francophone, qui ne l'aime pas. De quoi intriguer un peu plus la presse flamande, qui n'hésite plus à s'interroger sur les raisons de sa soudaine popularité lors des élections fédérales du 10 juin, où il a obtenu sur son nom un nombre record de voix.

Les proches, l'entourage, les quelques conseillers pourraient dire le bien qu'il faut penser du chef. Mais ils ne disent plus rien. Ils ne franchissent plus la muraille que celui qui avait été chargé de former un gouvernement a édifiée, au lendemain de son échec, en août. Confronté à des partis francophones qui refusaient son vaste programme de réformes institutionnelles censées assurer "la bonne gouvernance" de la Flandre et, accessoirement, de la Belgique, il a démissionné. De cet échec, il reste une note indigeste, l'ébauche d'un programme de gouvernement, au titre improbable, "La Force des gens". "Quelle chaleur offre le type de société proposée par Yves Leterme ? Combien de nuances y a-t-il dans le gris ?", interrogeait le journaliste flamand Filip Roegiers dans Leterme au défi (Ed. Luc Pire, 2006), un livre d'entretiens.

Depuis, l'ex-président du Parti chrétien-démocrate flamand, ancien président régional de la Flandre et ancien "formateur" du gouvernement belge, a tellement assis sa renommée que 90% des francophones se disent hostiles à son accession au poste de premier ministre fédéral.

Ils se souviennent un peu trop bien de ses propos sur la minorité francophone, (40% des 10,6 millions de Belges) "apparemment pas en état intellectuel d'apprendre le néerlandais". Et ils sont nombreux à penser que Laurette Onkelinx, l'une des principales dirigeantes du Parti socialiste francophone, a eu raison de le dépeindre comme "un homme dangereux". "C'est faux, je crois qu'il peut être à l'écoute des deux communautés du pays", réplique un de ses collègues de parti. "Bien sûr, poursuit cet interlocuteur qui réclame l'anonymat, son côté très rationnel, froid et apparemment calculateur peut étonner. Il n'aime pas les digressions, le débat intellectuel et le superflu, mais je reste convaincu que, la fonction faisant l'homme, il changera."

Peut-on modifier la nature d'un gestionnaire qui peut discourir sur l'économie de marché socialement corrigée ou le budget de la sécurité sociale mais ne trouve comme éléments communs aux Belges que "le roi, l'équipe de foot et certaines bières..." ? Aux yeux de nombreux Wallons et Bruxellois, la réponse est d'ores et déjà évidente : c'est "non".

Jean-Pierre Stroobants
Parcours

1960
Naissance à Wervik, en Flandre-Occidentale.

1985
Licence en droit et en sciences politiques (université de Gand).

1992
Expert-administrateur auprès de l'Union européenne.

1997
Député du Parti chrétien-démocrate flamand, le CVP.

2004
Ministre-président de la région flamande.

2007
Après son triomphe aux élections de juin, il échoue à former un gouvernemen
t.

 

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27 septembre 2007 4 27 /09 /septembre /2007 10:13
Déçu par la grande coalition, le SPD allemand est tenté par un virage à gauche
LE MONDE | 26.09.07 | 16h02  •  Mis à jour le 26.09.07 | 16h02
BERLIN CORRESPONDANCE

deux ans des élections législatives, les sociaux-démocrates allemands, qui font partie de la coalition gouvernementale de la chancelière chrétienne-démocrate Angela Merkel, veulent renouer avec l'électorat de gauche. Présentée le 23 septembre à Berlin, la version finale de leur projet de nouveau programme, qui doit être débattue fin octobre lors d'un congrès, remet en avant la référence au "socialisme démocratique".

Cette référence est un geste en direction de la gauche du parti, mais aussi des électeurs tentés par le nouveau Parti de gauche fondé par l'ancien président du SPD Oskar Lafontaine et les héritiers du parti communiste de l'ex-Allemagne de l'Est. Depuis sa création officielle en juin, ce parti, qui dispose déjà d'un groupe parlementaire au Bundestag, est devenu selon les derniers sondages le premier parti d'opposition, avec plus de 10% d'intentions de vote, juste devant les libéraux et les Verts.

Le nouveau programme avait été mis en chantier lorsque le SPD gouvernait en coalition avec les Verts. La première version dévoilée en janvier se contentait de mentionner le concept de socialisme démocratique. L'esquisse finale y consacre un paragraphe entier : "Le socialisme démocratique reste pour nous la vision d'une société solidaire, libre et équitable, dont la réalisation constitue pour nous un devoir permanent." Le président du SPD, Kurt Beck, ministre-président de Rhénanie-Palatinat, a indiqué qu'il s'était particulièrement engagé sur ce point. Selon lui, le SPD ne doit "pas entrer dans une attitude défensive" parce que "d'autres ont abusé de ce terme".

Cette orientation contraste avec les positions de l'aile "pragmatique" du parti, qui avait réclamé le remplacement de cette référence par le terme de "démocratie sociale". Les représentants de ce courant, conduit par les ministres des affaires étrangères et des finances de la grande coalition, avaient publié début septembre un ouvrage intitulé A la hauteur du temps, qui revendique l'héritage des réformes de l'agenda 2010.

ENJEUX ÉCOLOGIQUES

Le président du parti refuse de parler de rupture avec l'ère Schröder. "Il ne s'agit pas de rompre avec la politique menée jusqu'à maintenant", a assuré Kurt Beck. Néanmoins, a-t-il assuré au quotidien Die Welt, "les réformes indispensables ont fait partiellement mal à nos électeurs. Désormais, il s'agit de faire participer les gens au succès de la croissance."

Le texte souligne la nécessité d'un "Etat social prévoyant" qui doit mettre davantage l'accent sur la prévention et la couverture sociale. Il met aussi en avant les enjeux écologiques. Pour le SPD, "les énergies renouvelables et une meilleure rentabilité énergétique sont des éléments clés du développement pacifique". "C'est un voyage dans le passé gauchiste", a réagi Ronald Pofalla, secrétaire général du parti chrétien-démocrate.

Cécile Calla
Article paru dans l'édition du 27.09.07

Le New Labour se range derrière la bannière de Gordon Brown
LE MONDE | 26.09.07 | 15h54  •  Mis à jour le 26.09.07 | 15h54
BOURNEMOUTH (ROYAUME-UNI) ENVOYÉ SPÉCIAL

ui a dit que Gordon Brown et Tony Blair ne présentaient pas de différence fondamentale ? Ou plutôt qui pourrait encore l'affirmer ? Au congrès annuel du Parti travailliste, qui se tient depuis dimanche 23 septembre, un Labour nouveau est arrivé. Tout est résolument différent du parti au pouvoir sous les dix années de gouvernement Blair : l'ambiance, les débats, les réactions des délégués jusqu'à la décoration de l'immense salle. Le rouge a ainsi disparu du podium au profit du bleu, l'emblème de l'opposition conservatrice.

Finies les foires d'empoigne de 2006 sur l'Irak, les droits universitaires, le partenariat public-privé. Oubliés les complots visant à chasser Tony Blair du pouvoir. Les cadres travaillistes, disciplinés à souhait, font bloc derrière le nouveau premier ministre. Même les plus ardents supporteurs de son prédécesseur se sont ralliés corps et âme à M. Brown. "Nous sommes tous unis comme jamais derrière la bannière de Gordon" : à l'instar de l'ex-ministre de l'intérieur, Charles Clarke, qui avait tenté de lui barrer la route de Downing Street, même ses plus irréductibles adversaires ont fait acte d'allégeance.

"Je m'engage auprès du peuple britannique à défendre ses valeurs, à oeuvrer pour un pays fort et surtout à toujours le défendre", a martelé M. Brown, lundi, en conclusion d'un discours doux-dur. "La force pour changer la Grande-Bretagne" : le slogan résume une vision mêlant progrès social, révolution technologique et défense des valeurs les plus traditionnelles de la société, ordre, famille et patrie.

LUNE DE MIEL

Se présenter comme l'homme du changement en tournant la page Blair tout en restant fidèle à un héritage auquel il a été étroitement associé pendant une décennie : sans coup d'éclat ni revirement spectaculaire, le premier ministre, rassurant et méthodique, a réussi cette gageure dans la station balnéaire phare du Sud-Ouest anglais. Gordon Brown s'est certes présenté comme leader du pays plutôt que d'un parti. Ces constantes allusions à l'Union Jack sont dirigées droit au coeur de ces classes moyennes qui ont délivré trois mandats d'affilée au Labour.

Reste qu'en évoquant sur un ton de prêcheur du haut de sa chaire son itinéraire personnel, le fils de pasteur presbytérien a touché une corde sensible chez le militant de base. A l'évidence, le parti se reconnaît instinctivement dans ce socialiste depuis la jeunesse, issu de l'enseignement de l'Etat, dont la vue a été sauvée par un chirurgien de l'hôpital public après un accident de rugby. Pur produit de la haute bourgeoisie, moulé dans un pensionnat privé et à Oxford, mû par une conception chrétienne du travaillisme, Tony Blair n'a jamais réussi à virer aux orties sa livrée de patricien. Sa présence détonnait parmi les "frères et soeurs" du Labour.

Auteur d'une biographie remarquée du premier ministre, Tom Bowers insiste sur l'influence du travaillisme écossais sur le locataire du 10 Downing Street : "A l'inverse de Blair, qui n'aimait ni le Parti ni le Parlement, Brown éprouve de l'affection pour les militants et les députés travaillistes." Affection réciproque : chantre zélé de l'intégrisme brownien, un apparatchik souligne son "esprit de conciliation, un style de gouvernement plus collégial et de bonnes relations avec les syndicats", vertus de chef, s'il en est, du nouveau comme du vieux parti.

Depuis sa prise de fonctions, le 27 juin, Gordon Brown bénéficie d'une véritable lune de miel avec l'opinion. Les sondages, qui lui donnent en moyenne de six à huit points d'avance sur les conservateurs de David Cameron, alimentent les rumeurs d'un scrutin anticipé à l'automne en vue de s'octroyer une légitimité électorale. Si le premier ministre n'a rien dévoilé de ses intentions, pour son parti, la peau de l'ours conservateur est vendue. Reste à tuer la bête. Les congressistes sont certains qu'il ne s'agit que d'une formalité, quelle que soit la date de la consultation.

Marc Roche
Article paru dans l'édition du 27.09.07

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26 septembre 2007 3 26 /09 /septembre /2007 11:13
La "révolution" de la fonction publique est une forfaiture, par Anicet Le Pors
 
LE MONDE | 25.09.07 | 13h51  •  Mis à jour le 25.09.07 | 13h51

'intérêt général est en France une catégorie noble, éminente, distincte de la somme des intérêts particuliers. Il s'ensuit une distinction franche entre le public et le privé, que matérialise dans notre pays un service public important, fondé sur des principes spécifiques (égalité, continuité, adaptabilité, laïcité), et une fonction publique qui en est le coeur.

C'est dans cet esprit qu'a été élaboré à la Libération le premier statut général des fonctionnaires démocratiques, institué par la loi du 19 octobre 1946, et qu'a été mise sur pied en 1983-1984 une fonction publique "à trois versants" (Etat, collectivités territoriales, établissements publics hospitaliers) faisant relever du statut général 5,2 millions d'agents publics, soit près du quart de la population active, placés, en raison de leur service d'intérêt général, dans une position statutaire, réglementaire et non contractuelle.

Trois principes ont présidé à cette construction. Le principe d'égalité, fondé sur l'article 6 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 : "Tous les citoyens étant égaux sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité, et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents." Nous en avons déduit que seul le concours permet, en droit, d'assurer l'égalité d'accès des citoyens à la fonction publique.

Le principe d'indépendance, conduisant à distinguer le grade, propriété du fonctionnaire, de l'emploi, à la disposition de l'administration, afin de protéger l'agent public (et par là le service de l'intérêt général) de l'arbitraire administratif et des pressions politiques partisanes. C'est ce que l'on appelle le système de la carrière opposé au système de l'emploi en vigueur dans nombre de pays anglo-saxons.

Le principe de responsabilité, fondé aussi sur la Déclaration de 1789, qui dispose en son article 15 que : "La société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration." Il s'ensuit que le fonctionnaire, parce qu'il est soumis à cette obligation de service du bien commun, doit avoir la plénitude des droits et devoirs du citoyen et non être regardé comme le sujet du pouvoir politique ou le rouage impersonnel de la machine administrative.

C'est cette histoire et cette conception française du service public et de la fonction publique qui fait qu'en France la corruption y est réduite à l'extrême et que son efficacité est reconnue dans le monde. Le président de la République, à l'évidence dépourvu de cette culture, a entrepris de la mettre à bas. Il n'a pas été mandaté de quelque manière que ce soit à cette fin, contrairement à ce qu'il affirme en ce domaine et en d'autres, comme si son élection lui avait délivré un blanc-seing sur toute question qu'il se réserverait le droit d'évoquer.

LE CONTRAT CONTRE LE CONCOURS

Le statut général des fonctionnaires a déjà subi de graves atteintes. C'est ainsi que la loi Galland du 13 juillet 1987 a réduit la comparabilité de la fonction publique de l'Etat et de la fonction publique territoriale, et par là les possibilités de mobilité de l'une à l'autre. A la même époque, la troisième voie d'accès à l'ENA, ouverte à des syndicalistes, des dirigeants d'associations et des élus locaux ayant fait la preuve de leur attachement à l'utilité commune, a été supprimée ; le droit de grève des fonctionnaires a été placé sous des contraintes restrictives ; le recours aux personnels contractuels a été élargi en infraction au statut général dans un contexte de privatisation et de déréglementation qui n'a pas cessé depuis.

L'entreprise annoncée aujourd'hui est autrement grave. En dénonçant le "carcan du concours" et en le mettant en balance avec le contrat, à l'instar de ce qui a été fait à La Poste, à France Télécom ou au GIAT avec les résultats que l'on sait (bureaucratie, division du personnel, financiarisation des objectifs), en prônant l'individualisation des rémunérations pour mieux esquiver les demandes de revalorisation de l'ensemble des organisations syndicales et encourager le clientélisme partisan sous prétexte de reconnaissance du mérite, en encourageant les départs de la fonction publique au bénéfice d'un humiliant "pécule", le président engage une véritable "contre-révolution culturelle" sans mandat du peuple français. Cela s'appelle une forfaiture.


Anicet Le Pors est ancien ministre de la fonction publique et des réformes administratives (1981-1984). 

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26 septembre 2007 3 26 /09 /septembre /2007 06:07
Gauche : "l'unité est un combat", par Marie Noëlle Lienemann et Paul Quilès
 
LE MONDE | 25.09.07 | 13h51  •  Mis à jour le 25.09.07 | 13h51

a gauche n'est jamais arrivée au pouvoir que rassemblée. En 1936 avec le Front populaire, en 1981 avec l'union de la gauche, ou même avec la gauche plurielle en 1997, ce rassemblement a toujours été le fruit d'une confrontation au sein de la gauche : "L'union est un combat !", lançait Etienne Fajon dans les années 1970. Et c'est bien la rédaction d'un programme commun de gouvernement qui a alors permis l'union de la gauche : il était impossible à l'époque d'envisager l'unité en surmontant les divergences idéologiques.

Aujourd'hui, la situation est différente, car le monde a bougé : chute du mur de Berlin, mondialisation accélérée, société française de plus en plus éclatée, éparpillement de la gauche qui n'est plus structurée par deux grands partis... Le succès de la gauche lors de l'élection présidentielle de 2012, sa capacité à défendre ses idéaux et à transformer la société ne peuvent être espérés que si ces éléments sont pris en compte dans la définition d'une nouvelle stratégie.

Naturellement, celle-ci n'a rien à voir avec les opérations qui confondent rénovation et renoncement et qui croient trouver au "centre" la modernité qui manquerait aux idées de gauche. Ce genre de dérive a toujours conduit dans l'impasse et parfois aux pires compromissions. La nouvelle stratégie ne peut pas non plus se réduire à des alliances électorales circonstancielles.

On voit bien qu'il faut aujourd'hui aller au-delà de l'union et fixer un nouveau cap stratégique, celui de l'unité. Cette perspective est la seule qui permettra à la gauche de l'emporter, mais aussi de changer profondément la société française. L'unité de la gauche est la clé de son renouveau, à condition de redéfinir un cadre idéologique et, en tout cas, un corpus de valeurs et un projet politique et culturel commun. L'exigence d'unité doit aller de pair avec l'affirmation sans complexe de l'identité contemporaine de la gauche, qui ne peut se réduire à quelques généralités creuses.

Elle suppose une vision critique du modèle capitaliste financier transnational dominant, la promotion d'une société laïque, émancipatrice pour chaque homme et chaque femme, le combat pour la liberté, l'égalité et la fraternité sur tous les champs de la vie sociale, l'affirmation d'un internationalisme solidaire et respectueux de la planète, alternatif à la mondialisation néolibérale. Il s'agit de redonner de la vigueur et de la crédibilité à l'idée d'alternative politique, mise à mal par la répétition de thèses - contestables - sur la droitisation de la société française, sur la nécessité d'accepter sans nuance le capitalisme sous prétexte de modernisme, ou sur le dépassement du clivage droite-gauche.

L'ambition de la gauche doit être aussi d'assumer le pouvoir et de transformer la société par l'action gouvernementale. L'affirmation du réformisme, qui s'appuie sur le primat de la démocratie, ne doit en rien empêcher une perspective plus vaste et plus radicale, car le combat de la gauche ne se limite pas à la gestion des affaires publiques. L'unité doit permettre de faire la synthèse du militantisme et de l'engagement à gauche, de la culture réformiste et de la culture contestatrice. C'est ce que Jaurès appelait "l'évolution révolutionnaire".

Dans la Ve République et encore plus depuis l'instauration du quinquennat, l'élection présidentielle est l'événement directeur de la vie politique en France. Compte tenu du rapport de forces à gauche, c'est le candidat ou la candidate du PS qui apparaît comme le ou la seul(e) capable d'être élu(e) et qui fixe donc l'axe central des propositions de la gauche.

Or si des forces nombreuses - qui plus est divisées - subsistent sur la gauche de ce parti, la désignation, les choix internes, les arbitrages stratégiques ne peuvent traduire correctement les attentes du peuple de gauche. Une fois ceux-ci établis, la "gauche non socialiste" a peu de prise pour les modifier et peser ! Ce même mécanisme existe lorsque la gauche gouverne.

L'unité doit permettre un rééquilibrage à gauche. Seule cette dynamique de dépassement de chaque structure permettra de stopper la spirale d'atomisation qui n'a pu être conjurée en dépit de l'échec de 2002. Elle devra assurer aussi une véritable prise en compte de l'écologie politique ou de certains mouvements altermondialistes, qui ne peuvent plus être considérés par la gauche comme périphériques.

En tout cas, force est de constater qu'au pouvoir ou dans l'opposition, avec la division et la concurrence, l'affaiblissement d'un des partis de la gauche n'a pas assuré le renforcement des autres ni le progrès de l'ensemble. Aucun parti de gauche ne se porte bien et bon nombre de leurs électeurs et de leurs militants sont en plein désarroi. Les rénovations en vase clos ne pourront pas lever ces handicaps. C'est pourquoi nous plaidons pour le dépassement des partis existants et la création d'une nouvelle organisation fédérant tous ces courants de la gauche, à partir d'un congrès de l'unité de la gauche.

Cela nécessitera de nombreuses étapes. La première, pour actualiser les valeurs de gauche et affirmer le projet de la gauche du XXIe siècle. Une charte pour l'unité de la gauche pourrait en jeter les bases. L'unité ne saurait se bâtir sur la base de l'uniformité. Il est sans doute trop tôt pour définir les formes concrètes que pourrait prendre cette nouvelle organisation, mais, ce qui est sûr, c'est qu'elle devra assurer le respect des histoires et de la diversité des cultures que seule la représentation proportionnelle peut garantir.

Toute l'histoire du mouvement socialiste et communiste montre qu'il a fallu aux militants de cette cause accomplir tout un travail de conviction pour surmonter les tendances à la dispersion. Ce fut le cas en 1905, avec le congrès du Globe, où l'intelligence politique sut triompher des guerres picrocholines entre partis, des désaccords irréconciliables entre modérés et radicaux. On pourrait encore citer l'unification des socialistes à Epinay en 1971.

En tout cas, la gauche et les socialistes ne se sont jamais sortis des crises, n'ont jamais réussi leur renouveau sans une nouvelle dynamique unitaire. Comme on le disait hier pour l'union, "l'unité est un combat". Avec d'autres, que nous espérons nombreux, nous y prendrons toute notre part.

 


Marie Noëlle Lienemann est députée européenne.

Paul Quilès est ancien ministre.

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