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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube.
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Gauche Républicaine & Socialiste

26 septembre 2007 3 26 /09 /septembre /2007 06:07
Gauche : "l'unité est un combat", par Marie Noëlle Lienemann et Paul Quilès
 
LE MONDE | 25.09.07 | 13h51  •  Mis à jour le 25.09.07 | 13h51

a gauche n'est jamais arrivée au pouvoir que rassemblée. En 1936 avec le Front populaire, en 1981 avec l'union de la gauche, ou même avec la gauche plurielle en 1997, ce rassemblement a toujours été le fruit d'une confrontation au sein de la gauche : "L'union est un combat !", lançait Etienne Fajon dans les années 1970. Et c'est bien la rédaction d'un programme commun de gouvernement qui a alors permis l'union de la gauche : il était impossible à l'époque d'envisager l'unité en surmontant les divergences idéologiques.

Aujourd'hui, la situation est différente, car le monde a bougé : chute du mur de Berlin, mondialisation accélérée, société française de plus en plus éclatée, éparpillement de la gauche qui n'est plus structurée par deux grands partis... Le succès de la gauche lors de l'élection présidentielle de 2012, sa capacité à défendre ses idéaux et à transformer la société ne peuvent être espérés que si ces éléments sont pris en compte dans la définition d'une nouvelle stratégie.

Naturellement, celle-ci n'a rien à voir avec les opérations qui confondent rénovation et renoncement et qui croient trouver au "centre" la modernité qui manquerait aux idées de gauche. Ce genre de dérive a toujours conduit dans l'impasse et parfois aux pires compromissions. La nouvelle stratégie ne peut pas non plus se réduire à des alliances électorales circonstancielles.

On voit bien qu'il faut aujourd'hui aller au-delà de l'union et fixer un nouveau cap stratégique, celui de l'unité. Cette perspective est la seule qui permettra à la gauche de l'emporter, mais aussi de changer profondément la société française. L'unité de la gauche est la clé de son renouveau, à condition de redéfinir un cadre idéologique et, en tout cas, un corpus de valeurs et un projet politique et culturel commun. L'exigence d'unité doit aller de pair avec l'affirmation sans complexe de l'identité contemporaine de la gauche, qui ne peut se réduire à quelques généralités creuses.

Elle suppose une vision critique du modèle capitaliste financier transnational dominant, la promotion d'une société laïque, émancipatrice pour chaque homme et chaque femme, le combat pour la liberté, l'égalité et la fraternité sur tous les champs de la vie sociale, l'affirmation d'un internationalisme solidaire et respectueux de la planète, alternatif à la mondialisation néolibérale. Il s'agit de redonner de la vigueur et de la crédibilité à l'idée d'alternative politique, mise à mal par la répétition de thèses - contestables - sur la droitisation de la société française, sur la nécessité d'accepter sans nuance le capitalisme sous prétexte de modernisme, ou sur le dépassement du clivage droite-gauche.

L'ambition de la gauche doit être aussi d'assumer le pouvoir et de transformer la société par l'action gouvernementale. L'affirmation du réformisme, qui s'appuie sur le primat de la démocratie, ne doit en rien empêcher une perspective plus vaste et plus radicale, car le combat de la gauche ne se limite pas à la gestion des affaires publiques. L'unité doit permettre de faire la synthèse du militantisme et de l'engagement à gauche, de la culture réformiste et de la culture contestatrice. C'est ce que Jaurès appelait "l'évolution révolutionnaire".

Dans la Ve République et encore plus depuis l'instauration du quinquennat, l'élection présidentielle est l'événement directeur de la vie politique en France. Compte tenu du rapport de forces à gauche, c'est le candidat ou la candidate du PS qui apparaît comme le ou la seul(e) capable d'être élu(e) et qui fixe donc l'axe central des propositions de la gauche.

Or si des forces nombreuses - qui plus est divisées - subsistent sur la gauche de ce parti, la désignation, les choix internes, les arbitrages stratégiques ne peuvent traduire correctement les attentes du peuple de gauche. Une fois ceux-ci établis, la "gauche non socialiste" a peu de prise pour les modifier et peser ! Ce même mécanisme existe lorsque la gauche gouverne.

L'unité doit permettre un rééquilibrage à gauche. Seule cette dynamique de dépassement de chaque structure permettra de stopper la spirale d'atomisation qui n'a pu être conjurée en dépit de l'échec de 2002. Elle devra assurer aussi une véritable prise en compte de l'écologie politique ou de certains mouvements altermondialistes, qui ne peuvent plus être considérés par la gauche comme périphériques.

En tout cas, force est de constater qu'au pouvoir ou dans l'opposition, avec la division et la concurrence, l'affaiblissement d'un des partis de la gauche n'a pas assuré le renforcement des autres ni le progrès de l'ensemble. Aucun parti de gauche ne se porte bien et bon nombre de leurs électeurs et de leurs militants sont en plein désarroi. Les rénovations en vase clos ne pourront pas lever ces handicaps. C'est pourquoi nous plaidons pour le dépassement des partis existants et la création d'une nouvelle organisation fédérant tous ces courants de la gauche, à partir d'un congrès de l'unité de la gauche.

Cela nécessitera de nombreuses étapes. La première, pour actualiser les valeurs de gauche et affirmer le projet de la gauche du XXIe siècle. Une charte pour l'unité de la gauche pourrait en jeter les bases. L'unité ne saurait se bâtir sur la base de l'uniformité. Il est sans doute trop tôt pour définir les formes concrètes que pourrait prendre cette nouvelle organisation, mais, ce qui est sûr, c'est qu'elle devra assurer le respect des histoires et de la diversité des cultures que seule la représentation proportionnelle peut garantir.

Toute l'histoire du mouvement socialiste et communiste montre qu'il a fallu aux militants de cette cause accomplir tout un travail de conviction pour surmonter les tendances à la dispersion. Ce fut le cas en 1905, avec le congrès du Globe, où l'intelligence politique sut triompher des guerres picrocholines entre partis, des désaccords irréconciliables entre modérés et radicaux. On pourrait encore citer l'unification des socialistes à Epinay en 1971.

En tout cas, la gauche et les socialistes ne se sont jamais sortis des crises, n'ont jamais réussi leur renouveau sans une nouvelle dynamique unitaire. Comme on le disait hier pour l'union, "l'unité est un combat". Avec d'autres, que nous espérons nombreux, nous y prendrons toute notre part.

 


Marie Noëlle Lienemann est députée européenne.

Paul Quilès est ancien ministre.

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25 septembre 2007 2 25 /09 /septembre /2007 14:01
La France est-elle en faillite ?
Question d’actu - LCI - 24.09.07 | 24 septembre 2007

ligne
Benoît Hamon était l’invité de Question d’actu sur LCI avec Elie Cohen, économiste, Dominque Paillé, secrétaire général adjoint de l’UMP et Eric Heyer, économiste à l’OFCE.

Cliquez ci-dessous pour voir l’emission en vidéo (2 parties)

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24 septembre 2007 1 24 /09 /septembre /2007 08:55
JospinLCI.jpgOn ne peut que regretter que Lionel Jospin n'ait pas mis le même talent qu'on lui connaît pour analyser avec plus de justesse, de recul et de pertinence sa propre défaite du 21 Avril 2002. On remarquera à la lecture de L'impasse, qu'il considère toujours que son échec tient plus aux divisions de la gauche plurielle qu'à des raisons de fond qu'il décrit dans le Parti socialiste de 2006-2007 mais qui était déjà présentes dans celui dirigé par François Hollande sous la législature Jospin.
Malgré ces bémols notables, l'analyse qu'il déploit tant sur la campagne passée de 2007  que sur la situation actuelle face à Nicolas Sarkozy est rigoureuse, distanciée et implacable ; on suppose donc que la lecture du reste du livre sera enrichissant pour les débats que la gauche doit mener quant à son avenir, sa stratégie, sa conformation et ses propositions.

Frédéric FARAVEL

 

"Les raisons profondes de l'échec 

La raison fondamentale de l'échec de Ségolène Royal réside en elle-même. Il tient à sa personnalité. Il était inscrit dans son style de campagne comme dans ses choix politiques. La présidente de Poitou-Charentes n'était pas le successeur de François Mitterrand, comme on l'a dit parfois en invoquant l'intensité de leur ambition respective et comme elle-même l'a suggéré. (…) La campagne de la candidate socialiste a fondamentalement souffert d'une carence de politique, dont on peut donner plusieurs signes. 

Le temps laissé à la séquence dite de "campagne participative" a été trop long, retardant le moment des propositions et laissant un vide occupé presque entièrement par le candidat UMP. Ce temps de latence était d'autant plus préjudiciable que la phase de démocratie participative était loin de constituer un authentique mouvement de fond. Les réunions auxquelles participait Ségolène Royal elle-même étaient tout sauf spontanées : intervenants choisis, questions préparées à l'avance et connues, comme à Illkirch ou à Valenciennes. 

Quant à l'oratrice, elle ne répondait pas aux questions, mais lisait une intervention. De cette mise en scène surgissait l'impression curieuse de questions sans réponses, puis d'une réponse étrangère aux questions. Sans doute les élus et les responsables socialistes ont-ils tenu de nombreuses rencontres participatives dans tout le pays. Mais la vérité oblige à dire qu'elles ne différaient guère des classiques réunions-débats et que les synthèses faites ensuite, difficiles à classer, n'ont finalement pas inspiré le pacte présidentiel. Dans le même temps, nous l'avons vu, Ségolène Royal construisait son projet et sa stratégie politiques sur des écarts insolites par rapport aux fondamentaux de la gauche. Faire un écart peut se révéler fécond. Mais on ne peut progresser d'écart en écart sans risquer le sautillement intellectuel et la perte de sens. 

Ségolène Royal a fondé toute sa campagne – et c'était une première dans l'histoire des candidatures socialistes – non pas sur des grands thèmes politiques, mais sur elle-même et la relation particulière qu'elle était censée entretenir avec les Français. Tout a été conçu, méthodiquement, à partir de sondages et d'études qualitatives, pour entretenir ce qu'il faut bien appeler un mythe. Le soin, pour le moins inédit, mis à donner un sens symbolique à son apparence, à se vêtir de blanc, cette proximité proclamée et cette inaccessibilité organisée semblaient conçus pour provoquer ferveur et dévotion et non pas pour obtenir une adhésion réfléchie. A la fin de la campagne, on entendit même d'improbables formules religieuses ("aimons-nous les uns les autres")."

[...]

Lire l'intégralité en cliquant ici.

 

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22 septembre 2007 6 22 /09 /septembre /2007 13:06
Pauline Marois, loin devant dans Charlevoix
Québec - vendredi 21 septembre 2007- La Presse - Malorie Beauchemin

Marois.jpgOn ne parle encore que de la défaite des libéraux dans Outremont. Mais lundi prochain, une autre élection partielle se tiendra au Québec, cette fois au niveau provincial. Un scrutin qui devrait permettre à la chef du PQ, Pauline Marois, de retourner à l'Assemblée nationale. En effet, les électeurs de Charlevoix ne semblent pas lui tenir rigueur de ne pas venir de la circonscription.

 

La nouvelle chef du Parti québécois, Pauline Marois, devrait faire son entrée comme prévu à l'Assemblée nationale à la reprise des travaux parlementaires, le 16 octobre. Un sondage Unimarketing-La Presse-Le Soleil, effectué du 15 au 20 septembre, la place en excellente position pour ravir la circonscription de Charlevoix à l'élection partielle de lundi.

Près des 2/3 des électeurs de la circonscription (63%) estiment que Mme Marois est la meilleure candidate pour les représenter à Québec. En route vers une victoire «décisive», la chef péquiste obtient 2 fois plus d'intentions de vote que son adversaire adéquiste Conrad Harvey, qui récolte l'appui de 31% des Charlevoisiens après répartition des indécis.
Le candidat du Parti vert, David Turcotte, obtient 5% des appuis dans ce sondage mené auprès de 1130 personnes. Les quatre autres candidats, dont le président de l'organisme Fathers-4-Justice, Daniel Laforest, se partagent une mince part de 1%.

«La notoriété, la personnalité de Mme Marois lui confèrent un avantage», soutient Raynald Harvey, président d'Unimarketing.
Il faut dire que la circonscription est aux mains des péquistes depuis 1994, lorsque le député démissionnaire Rosaire Bertrand s'est fait élire pour la première fois, après avoir été battu en 1989. La circonscription avait par contre été longtemps détenue par les libéraux, avant l'arrivée de M. Bertrand.
Ce dernier a été chauffé de près, en mars dernier, par le même candidat adéquiste, ex-souverainiste convaincu. Or, ce sondage démontre aussi que 18% des Charlevoisiens ayant voté pour l'ADQ en mars affirment cette fois donner leur appui à Mme Marois.
«Ce n'est pas une désaffection du vote adéquiste, estime M. Harvey. Les gens y voient plutôt une occasion de se doter d'une députée avec une envergure particulière, une chef de parti, qui peut amener des bénéfices pour la région, sans trop nuire à l'ADQ
L'argument qu'elle «ne vient pas du comté», avancé par certains adéquistes, n'a pas été un motif dans le choix des électeurs sondés, affirme le sondeur.

Le vote libéral, en l'absence de candidat du parti de Jean Charest, aurait pu faire pencher la balance d'un côté comme de l'autre. Mais le sondage Unimarketing laisse entendre qu'il pourrait se partager équitablement entre le PQ et l'ADQ. En effet, 39% des électeurs libéraux de mars dernier ont affirmé qu'ils voteraient cette fois pour M. Harvey contre 38% pour Mme Marois.

Dès les premiers jours de la campagne, fin août, le premier ministre Charest avait dit souhaiter que la chef péquiste siège le plus tôt possible à Québec, ce qui avait été perçu par plusieurs comme une consigne de vote aux libéraux de la circonscription. Depuis, ils se sont rangés autant d'un côté comme de l'autre. L'ancien député libéral fédéral Auguste Choquette s'est notamment affiché publiquement cette semaine pour le candidat de l'Action démocratique. Le maire de Saint-Aimé-des-Lacs, Bernard Maltais, a pour sa part appuyé la chef péquiste.

Le sondage Unimarketing, précis à 2,9 points près, note un taux d'indécis de 11%, comparable à des sondages dans le cadre d'élections générales. «Tout le monde connaît Mme Marois. Sa candidature a fait jaser dans la circonscription, explique M. Harvey. Les gens se sont fait une idée.» Une surprise, donc, est peu probable, selon lui.

Mais le taux de participation, toujours très faible dans les élections partielles, pourrait changer la donne. En 2006, au moment de se faire élire dans une partielle à Pointe-aux-Trembles, le chef démissionnaire du PQ, André Boisclair, avait bénéficié de 70% des appuis, en l'absence de candidats libéral et adéquiste. Mais seulement le tiers des électeurs s'étaient présentés aux urnes.

Dans Charlevoix, la participation pourrait être plus élevée, puisque l'ADQ, le 2ème parti en importance à l'Assemblée nationale, a choisi «d'offrir un choix à la population», disait M. Harvey au lancement de sa campagne. Déjà, le vote par anticipation a été beaucoup plus important qu'à l'habitude, démontrant un intérêt certain de la population.
Mais ça ne veut pas dire pour autant que le taux de participation battra des records. «Aux dernières élections générales, on a eu un record par anticipation, mais le deuxième plus bas taux de participation le jour du vote», met en garde Denis Dion, porte-parole du directeur général des élections.

Un «coup dur» pour les souverainistes, admet Marois
Martin Ouellet - Presse Canadienne - Québec -mardi 18 septembre 2007

Même si le Bloc québécois est parvenu à conserver une circonscription, les résultats des 3 scrutins complémentaires tenus lundi est un «coup dur» pour le mouvement souverainiste, a concédé mardi la chef péquiste Pauline Marois.

 

La formation de Gilles Duceppe a subi une raclée dans la circonscription de Roberval-Lac-Saint-Jean - ancien fief de Michel Gauthier - aux mains des conservateurs et a vu ses appuis fondre dans le comté d'Outremont, remporté par le néodémocrate Thomas Mulcair.
Le Bloc a réussi à garder le chateau-fort de Saint-Hyacinthe-Bagot mais son avance a été réduite d'une douzaine de points.

«Cela a été difficile, admettons-le», a laissé tomber Mme Marois, lors d'un point de presse à Québec, en compagnie de Ségolène Royal, la candidate socialiste défaite à l'élection présidentielle française du printemps dernier.
De l'avis de la chef du Parti québécois, l'érosion du vote bloquiste est un «coup dur», qui démontre que le lien de confiance entre la population et le mouvement souverainiste reste à faire.
«Nous devons rebâtir le lien de confiance, aller rechercher la confiance. C'est pour nous un message, le même que nous avons reçu (à l'élection de) mars dernier», a-t-elle dit.

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21 septembre 2007 5 21 /09 /septembre /2007 13:41

4- Combattre le «Socialisme municipal» et les baronnies

On ne peut limiter les réseaux d'influence à une simple accointance entre un élu majeur et ses collaborateurs. Nos sections souffrent toutes de ces situations finalement humaines, trop humaines, ou le maire, le conseiller général, etc. fait la pluie et le beau temps et ou finalement les débats de section sont illusoires et le deviennent plus gravement encore à l'approche de la désignation des premiers des socialistes.

Le PS ne souffre pas ici de la présidentialisation du régime mais d'un mal plus ancien, inhérent à l'histoire territoriale de la France et du poids de la commune et du département sur les institutions locales et dans l'esprit de nos concitoyens. Le mandat de maire notamment apparaît dans la conscience collective comme le plus important après celui de président de la République. Le PS s'est coulé dans ce modèle municipal, en parallèle avec le Parti radical, puis en substitution.

De plus, il n'a dû sa survie lors des longues traversées du désert que grâce à son implantation municipale, regardée comme une base arrière où l'on peut se tenir chaud lorsque la bise électorale dure trop longtemps. Le risque est réel aujourd'hui pour le PS de se complaire dans le rôle d'un fort parti d'élus locaux mais qui prétendrait de moins en moins au pouvoir suprême et à transformer la société. N'oublions pas que dans les années 1960 la SFIO étaient surnommée «le syndicats des agents communaux».

Paradoxalement, le Parti socialiste – à la différence du Parti communiste de la grande époque – n'a jamais théorisé clairement le rôle de l'action municipale dans son projet de transformation sociale national, européen et mondial. Un premier pas dans cette direction soumettrait sans doute les enjeux locaux à quelques contingences politiques un peu plus prononcées.

Il est rare qu'un secrétaire de section soit élu contre l'avis du maire socialiste et il n'est souvent pas besoin que le premier soit un collaborateur du second pour qu'il lui soit inféodé. Par ailleurs, faut-il interdire au moindre cadre C de la Fonction publique territoriale, militant dans la section de la commune où il vit et travaille d'exercer des responsabilités militantes dans sa section ? Quelqu'un est-il capable de dresser à ce point de détail la liste des incompatibilités et cela freinera-t-il seulement le recours à ce que l'on surnomme les adhérents «alimentaires» ?

Nous touchons à des questions d'éthiques qui interrogent plus profondément le comportement de nos responsable et de nos élus, qui devraient mettre en cohérence les valeurs qu'ils sont censés promouvoir et leurs pratiques quotidiennes. Peut-on fixer cela dans un texte et s'assurer que cela soit respecté ?

L'une des solutions réside sans doute dans le renforcement du rôle de la commission administrative de section dans la composition des listes pour les élections municipales face au maire ou au premier des socialistes, encore faut-il pour cela que les instances fédérales et nationales soient capables de faire respecter ce fonctionnement, quand elles ne prennent pas tout simplement fait et cause pour les baronnies locales en utilisant les «meilleurs» prétextes possibles.

Le problème se pose de manière comparable lors des fabrications de listes de candidats pour les élections régionales en conseil et bureau fédéral. Le poids des élus locaux, en contradiction parfois avec l'intérêt du développement du Parti, pèse fortement sur la constitution de ces listes et parfois en contradiction avec les choix internes des motions qui sont normalement à la manœuvres pour ces désignations. Ces dérives touchent minoritaires et majoritaires, et certains gros élus de motions minoritaires s'appuient parfois sur des «complicités» conjoncturelles avec les représentants de la majorité pour imposer leur candidat(e) contre celui ou celle que les représentants de la motion en question avaient choisi.

[à suivre...]

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21 septembre 2007 5 21 /09 /septembre /2007 13:38

3- Comment permettre le renouvellement des instances du Parti et de ses élus ?

La première des incohérences du PS est de ne pas mettre en application ce qu'il annonce dans son programme législatif. L'un des acquis du dernier congrès en terme de rénovation politique, c'est l'intégration de la règle du non-cumul intégral des mandats parlementaires. Mettre en exergue dans notre programme une telle proposition et afficher devant la société française l'incohérence qui consiste à ne pas se l'appliquer nous est grandement préjudiciable. Malgré l'exemple des tiraillements délicats qu'ont connu nos partenaires écologistes, il faut absolument imposer ce non cumul dans le parti sans attendre qu'il soit une obligation légale. Cette mesure interne aurait déjà pour première conséquence de faire réfléchir sur les conséquences de leur candidature tels ou tels élus locaux, plutôt que de les encourager dans l'accomplissement d'un cursus honorus cumulatif, d'instiller un renouvellement plus fort des élus locaux et enfin sans doute de décourager les quelques personnalités pour qui le parti n'a d'utilité que pour servir leur carrière et leur promotion personnelles.

 

La difficulté sur le cumul entre mandat républicain et responsabilité partisane est qu'il n'est pas légitime ou même efficace de déconnecter les élus locaux ou nationaux de la vie politique de leur fédération départementale ou de leur union régionale. Il est possible d'instaurer un non cumul strict sur la fonction de premier secrétaire fédéral avec des mandats parlementaires, de président du conseil général ou régional, de président de groupe dans les conseils régionaux ou généraux ; on pourra aussi défendre l'idée qu'un élu local cumulant déjà un mandat de maire avec celui de conseiller général ou régional ou président d'un EPCI ne saurait être également secrétaire fédéral. Dans la même logique, la fonction de secrétaire général des unions régionales ne sauraient être dévolues au président du conseil régional ou du groupe au conseil régional.

Dans la plupart des conseils fédéraux, les maires, les conseillers généraux et régionaux, et les parlementaires sont des membres de droit, dépourvu de droit de vote direct ; cela explique qu'ils se présentent également sur les listes de motion. Permettons à ces élus d'être membres de droit avec droit de vote plein et entier des conseils fédéraux et tenons compte à chaque fois de l'importance des élus locaux dans une fédération précise pour définir le périmètre de l'instance fédérale afin que les élus locaux ne pèsent pas excessivement face à la légitimité des votes des motions. Par contre, il faut absolument interdire que ces élus puissent être président d'une des instances fédérales de contrôle (BFA, CFC, CFCF), le risque étant parfois trop grand du conflit d'intérêts.

Le Bureau fédéral accueillerait à la fois les parlementaires, le président du Conseil général ou du groupe et les représentants des motions avec le même droit de vote en prenant garde à l'équilibre entre la légitimité des motions et le nombre d'élus locaux représentés.

À quoi sert un Congrès socialiste ?

Les motions de congrès sont déjà soumises au vote des adhérents avec une liste de signataires candidats aux instances nationales. Définir à l'avance une liste ordonnée et précise de 200 personnes par motion représenteraient peut-être un effort trop brutal dans une première étape de rénovation mais pourquoi pas à plus long terme ?

Le premier secrétaire fédéral n'a pas de rôle précis face au suffrage universel dans un département. Les élections d'exécutif local sont toutes soumises à un scrutin indirect, donc à moins de définir que le premier secrétaire fédéral sera le candidat des socialistes à la présidence du conseil général (ou de la mairie de Paris), ce qui serait extrêmement réducteur, il n'y a pas d'argument électoral qui soutienne le maintien de l'élection directe du premier secrétaire fédéral. Ici nous pourrions revenir à la pratique instituée entre 1993 et 1994 qui fait des délégués au congrès fédéral ou national les électeurs du premier secrétaire de chaque instance.

Dans le contexte actuel, on peut s'interroger fortement sur le rôle réel des délégués fédéraux ou nationaux lors d'un congrès. Aujourd'hui, ils sont spectateurs, soit de la commission fédérale de recollement des votes, soit des bruits de couloir sur le déroulement des débats au sein de la commission nationale des résolutions. Les responsables de motions pourraient tout aussi bien se réunir au restaurant à deux pas de la fédération ou de Solférino pour tirer les conclusions des résultats des votes et éventuellement partager les responsabilités. Aujourd'hui un délégué au congrès n'a aucune prise réelle sur les discours de tribune, les tractations d'alliance entre motion, le congrès se réduit à être une grand messe médiatique, sans doute nécessaire mais qui n'apporte pas de résultats évidents sur la vie du parti.

Rendre aux délégués du congrès le pouvoir de désigner le premier secrétaire national et fédéral redonne un minimum de signification à ce moment de la vie du parti.

Cependant il existe une réelle difficulté que nous avons subie lors de la dernière campagne présidentielle et qu'il nous faut résoudre aujourd'hui pour tenir compte de la réalité des institutions de la Vème République (même si nous avons l'ambition de les réformer).

Le (la) candidat(e) socialiste à l'élection présidentielle doit être en phase avec son parti ; c'est lui qui mène les socialistes à la bataille, c'est lui qui conduit préalablement la réflexion collective sur le projet à défendre devant la société française. Il est donc nécessaire que la question du leadership soit tranchée en amont de l'élection (au moins 1 ans ½ ou deux ans avant), en lien avec les procédures d'élaboration du Parti socialiste. En conséquence, si nous conservons un rythme de congrès tous les deux ou trois ans :

  • le premier secrétaire élu lors du congrès qui suit élection présidentielle est avant tout un organisateur de l'action militante et du débat interne qui sera désigné par les délégués au congrès du Parti socialiste ;

  • le premier secrétaire élu lors du congrès qui précède de deux années l'élection présidentielle doit être considéré comme celui qui sera le ou la candidat(e) du PS à la présidence de la République. Il doit donc en conséquence être désigné au suffrage universel des adhérent du PS et qu'il devra mener le travail d'élaboration du projet présidentiel socialiste avec le plus grand nombre.
    Tous ceux qui voudront prétendre recevoir l'investiture présidentielle du PS devront se présenter comme premier secrétaire, il ne devrait pas être fait de précision sur le fait qu'il y ait qu'un seul candidat par motion d'orientation lors de ce congrès « extraordinaire », mais si les postulants sont motivés par de réelles analyses de fond il devrait naturellement porter à la connaissance des militants ce qui motive leur candidature les uns par rapport aux autres et donc se positionner sur des motions différentes.
    La difficulté est qu'il n'est pas à ce jour envisageable de créer une sorte de comité des sages qui invaliderait le dépôt de motions distinctes s'il apparaissait que les divergences entre certaines motions étaient articificielles.

    [à suivre...]

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21 septembre 2007 5 21 /09 /septembre /2007 13:00
MONTREAL
Royal aimerait un renforcementde la francophonie
NOUVELOBS.COM | 20.09.2007 | 16:47

"Pour certaines élites promptes à épouser les conformismes dominants, la francophonie serait dépassée, hors de la modernité. Quel contresens!" a notamment déclaré l'ex-candidate socialiste.

Ségolène Royal (Reuters)

Ségolène Royal (Reuters)

Lors d'un discours devant une salle comble à l'Université de Montréal, Ségolène Royal a livré, mercredi 19 septembre, un plaidoyer en faveur d'un renforcement de la Francophonie et une lettre d'amour au Québec. Plus d'un millier d'étudiants s'étaient déplacés pour entendre l'allocution de l'ex-candidate socialiste à la présidentielle sur le besoin d'un "nouveau souffle" pour revitaliser la Francophonie.
"Pour certaines élites promptes à épouser les conformismes dominants, la francophonie serait dépassée, hors de la modernité. Quel contre-sens! Je crois, moi, à la modernité de cet espace (...) dessiné par le partage d'une langue et la volonté de la défendre, de la promouvoir, dans le concert du monde", a déclaré Ségolène Royal qui effectue depuis lundi une tournée au Québec.
Elle a dit souhaiter que le prochain sommet de la Francophonie, à l'automne 2008 dans la ville de Québec, "débouche sur des actions concrètes" dont la création d'une "université francophone", d'un "Erasmus francophone" et un "contrat politique" pour "protéger l'environnement".
L'ex-candidate socialiste a notamment fait un lien entre la diversité culturelle, enjeu majeur de la francophonie, et le renouvellement de la gauche en France.

S'inspirer de l'expérience des autres
"Je vais vous faire une confidence : c'est en ouvrant toutes grandes ses portes et ses fenêtres sur l'expérience des autres que la gauche française renouera avec son temps et formulera, à sa manière, une proposition politique en phase avec les attentes actuelles des Français", a affirmé Ségolène Royal.
Elle a dit être "curieuse" de l'expérience québécoise pour actualiser le "modèle social" français et constaté au Québec un "pragmatisme dont la tradition française est moins familière et qui est pourtant (...) une condition de l'efficacité des politiques publiques".
La présidente de la région Poitou-Charentes, au coeur d'une polémique en début d'année en raison de ses propos sur la "souveraineté" du Québec, a salué le "courage" et l'"extraordinaire esprit bâtisseur" de la province francophone.

Devant des ténors du mouvement indépendantiste québécois
"Grâce à votre ténacité, les "quelques arpents de neige" dont parlait Voltaire ont vu émerger une société moderne dont le dynamisme et l'ouverture sont souvent cités en exemple", a-t-elle déclaré devant une salle dont les premières rangées étaient occupées par des ténors du mouvement indépendantiste québécois.
Depuis lundi, Ségolène Royal a rencontré le Premier ministre québécois Jean Charest, le chef de l'opposition Mario Dumont (ADQ, droite) et Pauline Marois, leader des indépendantistes du Parti québécois.
Sa visite au Québec, qui défraye la chronique dans les médias locaux, se termine jeudi.

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21 septembre 2007 5 21 /09 /septembre /2007 11:05

2- Proposer la réflexion et l'innovation permanente 

logopriogauche270x110.jpgLe PS a connu des périodes de travail interne. Il n'est pas impossible de retrouver cette dynamique. En 1995 et 1996, le PS a organisé sous le premier secrétariat de Lionel Jospin trois conventions nationales thématiques qui lui ont permis d'être prêt pour les élections de 1998, finalement anticipées d'un an. Le problème tient dans l'absence de ligne directrice forte et identifiée depuis cette époque. Les majorités qui se sont succédées de 1997 à 2005, dont nous avons presque tous fait partie à un moment ou à un autre n'ont eu de cesse de repousser à plus tard les débats de fond qui se posaient à la doctrine socialiste. Ces débats étaient de nature à éveiller des clivages politiques entre un certain nombre de personnalités de premier plan du PS qui ne le souhaitaient pas pour ménager leurs chances respectives d'acquérir le leadership sur le Parti ou ,entre 1997 et 2002, d'entrer au gouvernement. En ce sens, la législature Jospin s'est accompagnée d'une véritable glaciation intellectuelle socialiste. Avec François Hollande, la culture socialiste a été celle de l'arrondissement des angles, du «moins tu fais de vagues, plus tu surnages», plutôt que de faire apparaître les arrêtes du projet socialiste. Cela a abouti sur fond de flou idéologique mondial à rendre illisible et inaudible les propositions du PS en 2002 et 2007. 

Dans ce contexte, les conventions thématiques – plus ou moins définies sur le modèle de l'ère Jospin – prévues dans la motion A de 2003 n'ont jamais vue le jour, la majorité du Parti ne respectant pas son engagements. La convention thématique s'est trouvée remplacée par le référendum interne sur le TCE, qui n'a eu d'autres résultats que celui de nous diviser profondément et durablement, les positions des uns et des autres ayant été pour une bonne part caricaturées à l'extrême dans un débat binaire. Sur le fond, nous avons connu une perte de temps sans élaboration d'une ligne réellement définie et sans approfondir nos propositions pour la construction européenne. 

Les commissions et les groupes de travail du Parti ont connu une croissance exponentielle : la majorité du PS connaissant un nombre de chapelles et d'écuries importantes, il s'agissait de récompenser telle ou telle clientèle militante, qui n'avait pas pu accéder au Conseil national. Cette logique s'est amplifiée après la synthèse du Mans, puisqu'il fallait désormais intégrer dans la direction nationale les motions 2 et 5, et que le nombre de laissés pour compte de la motion 1 s'était accru en conséquence. Ici comme souvent, le trop plein n'a pas produit de travail cohérent dans un temps aussi proche d'échéances électorales où les jeux de positionnement finissent par être dominant.

L'efficacité et le traitement de la complexité nécessite souvent la concision et les équipes réduites. Les commissions nationales et les groupes de travail n'ont pas besoin d'être innombrables pour fonctionner, mais d'avoir avant tout une feuille de route clairement établie. Entre deux congrès, il est nécessaire de définir à l'avance trois débats thématiques non tranchés par les débats du congrès et de s'y tenir. Le fond doit redevenir notre préoccupation commune de socialiste plutôt que d'être supplanté par la recherche d'une illusoire reconnaissance narcissique. 

Ces conventions thématiques, qui se dérouleraient entre chaque congrès ordinaires, sont également dépendantes du type de débat que l'on souhaite trancher lors d'un congrès ordinaire. 

Les deux objectifs d'un congrès du Parti socialiste sont de définir la ligne politique du Parti et d'en désigner en cohérence les dirigeants. Nous ne pouvons continuer à vivre des congrès qui remettent à chaque fois en jeu les fondamentaux d'un parti de transformation sociale. Que chaque motion soumise au vote des militants développe chacune un projet global de société tend parfois au ridicule, sans que l'identité profonde du Parti, son organisation, son fonctionnement n'en sorte grandement clarifiée. Il est sans doute nécessaire si l'on veut conserver des débats d'idées, pédagogiques et efficients, de réformer les cadres du dépôt des motions prétendant au vote des militants. 

Cela nécessitera un minimum de loyauté et de bonne foi entre nous, mais il n'est pas interdit d'être optimiste de temps à autres. Que le bureau national du PS s'accorde à une majorité qualifiée dont le taux reste à définir sur les trois ou quatre enjeux majeurs sur lesquels une formation politique de gauche doit précisément définir une ligne pour répondre aux besoins de la période et les débats seront intelligible par la majorité des militants qui pourront plus aisément se positionner. Aujourd'hui il apparaît clairement que les enjeux du Parti socialiste tient essentiellement dans la redéfinition d'une doctrine économique pertinente dans un environnement mondialisé. 

Que chacune de ses courtes motions d'orientation soient accompagnées d'un programme d'action national également soumis aux militants, où seraient définis les trois ou quatre conventions thématiques qui pourraient venir compléter la réflexion du parti dans l'attente du congrès suivant ou dans la perspective des échéances électorales (enjeu écologique, nature de l'autorité républicaine, construction européenne, politique internationale, rapports nord-sud, flux migratoires et développement…).

[à suivre...]

 

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21 septembre 2007 5 21 /09 /septembre /2007 11:00

logopriogauche270x110.jpgI- Garantir l'élaboration collective de l'orientation du Parti socialiste 

Comment faire vivre le débat d’idées au PS, texte contre texte et non personne contre personne, dans un contexte «anti-courants» notamment chez les nouveaux adhérents ? 

Aujourd’hui, le système des courants est fréquemment attaqué. Il serait responsable de tous les maux du PS : flou idéologique, écuries présidentielles et guerre des chefs, sclérose du parti… 

Attention ! Ne nous laissons pas intimider par les offensives quelques peu démagogiques et populistes du moment. Devant des militants relativement récents, qui n'ont pour référence que l'image donnée par les médias du PS depuis plusieurs années et la course à la désignation de l'automne 2006, il est assez facile de jeter le bébé avec l'eau du bain et d'accuser son chien d'avoir la rage pour l'achever. En l'occurrence, il s'agit de refuser d'assumer les erreurs de la campagne en mettant en cause le fonctionnement interne PS pour expliquer la 3ème défaite consécutive (ce type de prétexte et de conclusion n'existe pas dans les autres parti sociaux-démocrates pourtant). 

Passons dans la proposition plutôt que dans la condamnation :
Quel système permettrait à la fois d'élaborer collectivement l'orientation politique du Parti et de désigner en cohérence ses dirigeants et ses candidats ?
 

Rappelons au passage que la seule période durant laquelle le socialisme français ait rompu avec la proportionnelle et fonctionnement en tendance, sur proposition de Léon Blum mais appliqué par Guy Mollet, de 1946 à 1966, fut un désastre pour notre famille politique : scissions multiples, perte de substance idéologique et programmatique, faillite stratégique, déclin électoral… 

La transformation des courant en écuries découle essentiellement de la présidentialisation du PS et du manque de courage politique des sensibilités qui soutenaient nombre de candidats potentiels à l'investiture du PS : Socialisme & Démocratie, les amis de Laurent Fabius jusqu'en 2004, Réfomer, etc. sont autant de chapelles qui ont préféré se fondre dans une même motion pour neutraliser leurs adversaires potentiels jusqu'à 2006 et ne pas avoir à s'exposer sur des clivages forts donc risqués. On en voit les conséquences sur la présidentielle de 2007 et plus durablement depuis 1997 avec l'absence de réflexion profonde du PS sur des débats fondamentaux et l'absence de renouvellement idéologique pourtant nécessaire avec l'évolution de l'environnement national, européen et mondial surtout du point de vue des dossiers économiques et sociaux. 

Quoi qu'on en pense il n'est pas possible de faire le même reproche aux minoritaires dans le Parti depuis 1997 et surtout 2003 ; in fine, aucun candidat potentiel à l'investiture du PS en 2006 ne figurait parmi les signataires des motion C et E du congrès de Dijon. 

1- Le principe des motions et de la synthèse s'oppose-t-il à un victoire socialiste ? 

Dans sa mouture de Villepinte le pacte présidentiel n'était pas si éloigné du projet des socialistes, issus de la motion de synthèse, des États-Généraux du Projet socialiste et des négociations marathon du bureau national. Mais médiatiquement le Pacte présidentiel fut peu analysé, passant derrière l'analyse des sondages réalisés au moment de sa déclamation ; l'équipe de campagne de Ségolène Royal en a profité pour naviguer à vue, développer des arguments en fonction de l'air du temps et finalement mener campagne sur des thématiques soit mineures, soit en décalage complet avec le projet socialiste et les attentes de l'électorat (il n'est donc pas juste de dire que l'influence de la gauche du PS sur le projet socialiste serait la cause de la défaite puisque ses propositions n'ont pas réellement été mises en avant par la candidate). 

En soi, on peut partager une partie de l'argument sur les effets stérilisants de la synthèse du Mans. Le texte de départ était déjà invertébré politiquement, fruit d'un compromis laborieux et d'une volonté partagée de taire tout clivage majeur entre différents postulants à l'investiture présidentielle (Hollande, Royal, Strauss-Kahn, Jospin, Aubry…), que beaucoup pouvait séparer, mais la motion 2 a accepté la synthèse dès le début de la commission des résolutions sans amender le texte de la motion 1 (pour des raisons finalement comparables au compromis présidant à l'élaboration de la motion 1) et bien que la motion 5 ait obtenu des avancées notoires de la part de la commission des résolutions, on peut toujours s'interroger sur la pertinence stratégique d'avoir finalement accepté une synthèse dans le contexte d'un vaste marché de dupes… Sans rejoindre les scissions portées par Arnaud Montebourg et Gérard Filoche, bien des camarades de NPS sont restés dubitatifs sur le choix de novembre 2005. 

L'intégralité des partis socialistes, sociaux-démocrates et travaillistes européens fonctionnent avec une majorité interne qui donne la ligne et une opposition, ce n'est pas en soi une dérive inéluctable avec le social-libéralisme. Reconnaissons pour le déplorer que les gauches des partis en question n'ont pas réussi à faire valoir la pertinence de leurs arguments, parfois aussi parce qu'elle était trop faible, alors que les tenants d'une ligne blairiste ont pu pendant un temps revendiquer la cohérence de leurs propositions et l'efficacité de leur stratégie. Ce moment politique s'éteint désormais mais le problème reste entier pour les partisans de réelles organisations politiques de transformation sociale. C'est l'ensemble de la sociale-démocratie mondiale qui doit réviser son analyse et ses propositions face à l'obsolescence visible de ses outils traditionnels. 

Une chose est sûre c'est que dans l'opposition, un parti n'a aucun autre ministère que celui de la parole ; il ne peut donc être audible que si cette parole est cohérente et répétée. L'efficacité pose donc le problème du sort qui est fait à la minorité d'un parti, et de l'espace qui lui est octroyé pour qu'elle s'exprime sans donner l'impression qu'il y aurait une division profonde de l'appareil qui nuirait à la crédibilité de l'ensemble. Donc s'il n'y a pas de synthèse à l'issue d'un congrès, il faut définir quelles sont les garanties de maintien de la démocratie interne et sans doute multiplier les rendez-vous de débats et construction thématique entre chaque congrès qui permette d'élaborer collectivement les propositions du parti dans le respect de la ligne majoritaire. Cela dépend également de ce que l'on demande (et comment ?) aux militants de trancher à l'occasion d'un congrès ordinaire (nous y reviendrons). Plus largement il y a nécessité de plaider une véritable évolution des comportements personnels chez les responsables socialistes, qui ne sont pas plus les uns que les autres disciplinés tant qu'un micro leur est tendu. Les médias jouent de ces comportements et il sera difficile de leur demander de devenir plus sages avec nous.

[à suivre...]

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21 septembre 2007 5 21 /09 /septembre /2007 10:03
 
Contribution à l'atelier "Réinventer le PS" de la rencontre militante du 22 septembre pour réinventer la gauche 
logopriogauche270x110.jpg

Intro :
Un parti qui vit mal le décalage entre les institutions actuelles et ses valeurs démocratiques

Le Parti socialiste doit-il céder à la présidentialisation ?

Le PS est confronté à une contradiction politique majeure. Son idéal et le mode de fonctionnement qui lui est naturellement associé le conduise à défendre une vision parlementaire et proportionnelle de la vie démocratique nationale et partisane. A contrario, les institutions de la Vème République – et plus encore depuis l'inversion du calendrier en 2000 et l'accession à la présidence de Nicolas Sarkozy en 2007 – poussent à la présidentialisation et sur la personnalisation du régime politique.

Bien que les élections législatives de 1997 – anticipées sans véritable justification – aient permis à la gauche d'accéder au pouvoir, le PS ne peut abandonner la course à la présidence de la République ; la concentration d'un certain nombre de pouvoir y est telle que nombre de réformes majeures ne peuvent se faire qu'avec l'occupation de l'Élysée par un socialiste. La difficulté tient également dans le fait que les deux présidences Mitterrand n'ont pas constituer une véritable rupture dans la manière d'exercer le pouvoir et n'ont pas permis de renforcer la parlementarisation du régime.

Dans ses conditions, il est naturel que dans le PS s'expriment des opinions visant à mettre en phase nos discours avec la réalité. Que ce soit Jack Lang ou François Rebsamen, cette tendance est clairement affirmée, même si elle est aujourd’hui minoritaire (et encore). Nous ne pouvons pourtant pas céder sur nos principes démocratiques fondamentaux, le prochain ou la prochaine candidat(e) socialiste à l'élection présidentielle devra s'engager à mettre en œuvre une profonde réforme de nos institutions, qui l'apparente à l'instauration d'une VIème République… Autant qu'il s'agira de la perle rare, dotée d'une profonde abnégation, car la personne qui ainsi choisira d'abdiquer la plus grande partie du pouvoir exécutif en faveur du gouvernement responsable devant le parlement, le fera après 5 années d'hyper-présidence Sarkozy.

Cependant, il est vrai que le PS doit prendre en compte la réalité pour se donner le maximum de chances d'accéder de nouveau au pouvoir. Cela passe aujourd’hui immanquablement par l'élection présidentielle, car du fait des choix politiques réalisés entre 2000 et 2007, une dissolution de l'Assemblée nationale portant au pouvoir l'opposition de gauche paraît peu probable. L'analyse des campagnes présidentielles de 2002 et 2007 doit nous conduire à faire des propositions cohérentes pour ne pas reproduire les erreurs qui ont conduit à deux échecs présidentiels sur les trois consécutifs.

Avouons sans détour et sans pour autant cautionner les conclusions qu'en tirent Ségolène Royal et ses amis, que la dichotomie entre la candidate et le Parti et son programme ont posé problème… Il n'est pas de la seule responsabilité du PS puisque la stratégie de Ségolène Royal a consisté à peser sur la désignation de l'extérieur en profitant d'une modification profonde et non préparée des modalités d'adhésion au PS quelques mois avant la désignation du (de la) candidat(e).

Mais il apparaît clairement quelques enseignements suivants :

  1. dans un contexte où le premier secrétaire n'était pas le candidat du Parti à la présidentielle et ne s'est pas présenté pour obtenir son investiture, la candidate socialiste a été désignée tardivement avec une procédure de débat qui aurait pu handicaper par la suite n'importe lequel des trois candidats ;

  2. le projet socialiste a été élaboré avant la désignation de la candidate, les débats ne pouvaient donc porter sur le projet présidentiel sauf à se distinguer du programme socialiste, ce qui était risqué dans un sens comme dans une autre ; la part d'image et de sondages ne pouvait également être que prédominante dans un tel contexte ;

  3. le projet socialiste a lui-même été bâti tardivement à partir d'une synthèse virtuelle lors du précédent congrès – non pas que les amendements qui furent intégrés à la synthèse finale du Mans furent de portée mineure, mais que les tenants des motions 1 et 2 n'ont pas forcément voulu réellement cette synthèse accepté à contre cœur dans le but de donner une image de rassemblement à la vieille de l'échéance présidentielle. Les principaux dirigeants du PS n'ont pas fortement participé aux débats qui ont précédé l'élaboration du PS ou sur des questions de détails ;

  4. La démocratie participative a été largement dévoyée dans la première phase de campagne pour justifier des marges de manœuvres vis-à-vis du projet socialiste. Pourtant dans sa mouture de Villepinte le pacte présidentiel n'était pas si éloigné du projet initial, mais passant plus ou moins inaperçu, l'équipe de campagne de Ségolène Royal en a profité pour naviguer à vue, développer des arguments en fonction de l'air du temps et finalement mener campagne sur des thématiques soit mineures, soit en décalage complet avec le projet socialiste et les attentes de l'électorat (il n'est donc pas juste de dire que l'influence de la gauche du PS sur le projet socialiste serait la cause de la défaite puisque ses propositions n'ont pas réellement été mises en avant par la candidate).

Dans ces conditions, le PS doit désormais éviter deux contre-exemples :

  • Celui du Parti démocrate américain qui au niveau national et présidentiel limite essentiellement son rôle à la sélection des candidats à la présidence de l'Union, le programme politique se faisant depuis l'extérieur sous l'influence de lobbies très organisés (et qui parfois défendent de réelles positions politiques), parfois en fonction du poids financier de ses lobbies et dépendent essentiellement des arbitrages que feront les équipes de campagne du (des) candidat(s) en cours de campagne électorale, sans qu'il n'y ait jamais de réelle validation politique par les militants, réduits au rôle de supporters et de bénévoles ;

  • Celui du Parti radical français qui s'est replié sur ses bastions électoraux locaux après avoir longuement pesé sur les destinées nationales, pour avoir renoncé à toute volonté de transformation sociale, de construction d'une base militante réelle, composés essentiellement d'élus locaux et fonctionnement quasiment par cooptation.

La Gauche du PS doit donc désormais adapter son discours politique aux nouvelles réalités du système français tout en conservant ses objectifs majeurs :

  • il faut continuer la promotion d'une VIème République plus parlementaire et plus sociale et peser de tout notre poids pour que le prochain candidat socialiste à la présidentielle prenne des engagements clairs et publics en ce sens. Dans le même ordre d'esprit, nous devons poursuivre notre travail de rénovation des pratiques politiques, des comportements publics et l'approfondissement de la démocratie partisane ;

  • le candidat socialiste à l'élection présidentielle doit être en phase avec son parti ; c'est lui qui mène les socialistes à la bataille, c'est lui qui conduit préalablement la réflexion collective sur le projet à défendre devant la société française. Il est donc nécessaire que la question du leadership soit tranchée en amont de l'élection (au moins 1 ans ½ ou deux ans avant), en lien avec les procédures d'élaboration du Parti socialiste.

    [à suivre...]

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