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Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube.
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Gauche Républicaine & Socialiste

29 janvier 2013 2 29 /01 /janvier /2013 15:17

FrancoisHollandeLes médias interviennent depuis ce matin sur la remontée dans les sondages de François Hollande et Jean-Marc Ayrault. Cette évolution est positive car il est nécessaire que l'image de l'exécutif soit correcte pour réussir le changement et mettre en oeuvre les engagements de la campagne présidentielle.

L'institut BVA indique que la conjugaison d'évènements conjoncturels - intervention nécessaire au Mali, promotion du mariage pour tous, libération de Florence Cassez - explique l'amélioration de l'image du Président et de son Premier Ministre. Mais ces éléments ne modifient pas les fondamentaux.

En effet, ceux-ci restent fragiles : si le positionnement politique du Président est globalement apprécié, «sa» gauche commence à trouver qu’il n’est «pas assez à gauche». Les Français sont aussi plus partagés qu’auparavant sur le fait qu’il respecte ses engagements de candidat et continuent de rester très critiques sur l’efficacité et la justice de la politique menée.

Sur l'ensemble de la population, dont une grande partie qui ne votera jamais pour François Hollande, la gauche et/ou les partis qui les soutiennent, ceux qui lui reprochent d’être «trop à gauche» sont désormais aussi nombreux (29%) que ceux qui jugent qu’il n’est «pas assez à gauche» (30%). Une posture d’équilibre qui doit peut-être à une amélioration relative de la pédagogie élyséenne, mais qui doit certainement beaucoup aux critiques contradictoires dont il fait l’objet.

En effet, après avoir nettement infléchi (droitisé ?) sa politique économique (adoption du traité Merkozy, pacte de compétitivité), François Hollande subit à la fois de fortes critiques d'une partie de la gauche et de la droite : Depuis l’accord patronat-syndicats (transposition mot pour mot des accords compétitivité-emploi de Sarkozy), une partie des responsables politiques et de ses électeurs intentent à Hollande un procès en social-défaitisme. Quant à l’opposition de droite et au centre, ils jurent qu’il ne va pas assez loin et ne cesse de dénoncer un dogmatisme politique et un manque de réalisme économique du Président. Bref, il ne sert à riend de donner des gages à la droite et son allié social qu'est le patronat car ils n'en seront jamais reconnaissants.

Certains pourraient défendre l'idée que ces critiques aux deux marges tendent à conférer une confortable posture d’équilibre au Président, mais en fait, cela démontre un resserrement sérieux de sa base électorale. Hollande devrait ainsi surveiller sa gauche ; depuis novembre, les Français le trouvant «trop à gauche» sont 3 points de moins, alors que ceux qui jugent qu’il n’est «pas assez à gauche» sont 6 points de plus. Les sympathisants de gauche sont évidemment les plus troublés. Désormais, un sur deux (49%) considère que LEUR Président n’est «pas assez à gauche». Les catégories populaires ne sont pas en reste : 40% des ouvriers jugent désormais que François Hollande n’est «pas assez à gauche».

Corolaire à cette évolution, les Français sont désormais très partagés sur le fait que François Hollande «respecte ses engagements de candidat». 48% le pensent contre 50% qui jugent, à l’inverse, qu’il ne les respecte pas.

Si François Hollande veut remporter les élections présidentielles de 2017 et inscrire durablement le changement dans la société française, il y a urgence pour lui à donner des signes politiques sérieux et concrets : l'attente est forte pour des signes tangibles sur la réorientation pratique de la politique industrielle du pays (le déficit de compétitivité des entreprises françaises - notamment automobiles - ne vient pas d'un prix du travail trop élevé mais de leurs mauvais choix stratégiques), sur la réorientation concrète de la construction européenne (jugée trop libérale et éloignée des citoyens)... Les salariés, qui subissent au moins psychologiquement et parfois directement l'avalanche des annonces de plans sociaux, attendent également des mesures fortes comme la Loi sur les licenciements abusifs ou la Loi sur la reprise des entreprises avec priorité aux salariés.

Avec raison, certains expliquent que l'objectif n'est pas de sauver les élections locales de 2014 et 2015 mais de remporter les élections de 2017 : ils ont raison. Mais à désorienter sa base électorale, à mener une politique d'austérité que tous les acteurs économiques déconseillent désormais, nous pourrions perdre chacun de ses rendez-vous.

Le retour aux fondamentaux, au discours du Bourget et au projet socialiste, est une urgence vitale pour la gauche et le pays.

Frédéric FARAVEL
Mandataire fédéral de la motion 3 - PS Val-d'Oise

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21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 10:17

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11 janvier 2013 5 11 /01 /janvier /2013 10:08

logos GAUCHELibération revient sur les dissensions croissantes entre formations de gauche. Les charges agressives et contre-productives de Jean-Luc Mélenchon compliquent effectivement la tâche mais il semble que la direction de la Rue de Solférino y ait vu une occasion rêvée pour refuser d'associer les membres du Front de Gauche à la photo de famille du mercredi 9 janvier.

Il est pourtant peu conforme de dire que les collectivités de gauche - où PS, PCF, EELV, PRG, PG, MRC et/ou MUP travaillent le plus souvent de concert - soient totalement en phase avec les choix gouvernementaux : les inquiétudes montent bon train quant à la cure d'austérité que l'Etat leur promet, alors même que les maires socialistes n'ont cessé de publier voeux et motions pendant 10 ans pour rappeler l'importance stratégique déterminante d'une consolidation des finances locales et que les collectivités fournissaient 70% de l'investissement public dans le pays

Aussi est-il faux de dire comme Harlem Désir «Nous gérons ensemble les collectivités. Le PCF assume avec nous son rapport au réel dans les collectivités. Il faut l’assumer au plan national» [Lire plus bas]. L'un n'entraîne pas l'autre automatiquement, et si on faisait un sondage chez les maires et présidents de gauche (sous couvert d'anonymat) il es probable que certains aient quelques surprises.

Par ailleurs, il ne m'a pas semblé que le Pacte de Compétitivité faisait partie des propositions du PS au sortir de son dernier congrès, mais j'ai dû mal lire sans doute la motion 1 qui sert d'orientation majoritaire.

Il faut donc ouvrir d'urgence tous les débats et ne surtout pas verser dans les règlements de compte : rien de grand dans ce pays ne se fera sans le rassemblement de la gauche, de toute la gauche, tant aux municipales qu'au niveau gouvernemental. Mais pour permettre ce second volet, il faut marquer politiquement une inflexion volontariste que nombre de socialistes appellent de leurs voeux.

Frédéric FARAVEL

Enquête Les critiques réitérées de Jean-Luc Mélenchon et du Parti communiste envers la politique sociale du gouvernement illustrent l’éloignement croissant des deux familles de la gauche.
Libération - Jeudi 10 janvier 2013 - Par LILIAN ALEMAGNA

Il ne leur manquait plus que le rouge. Toutes les couleurs de la majorité étaient représentées hier après-midi, au siège du PS, pour une réunion des chefs de parti. Une première depuis le début du quinquennat Hollande. Après la «gauche plurielle» version Jospin et la «gauche solidaire» d’Aubry aux régionales de 2010, Harlem Désir et les socialistes inventent la «gauche rassemblée». Un peu moins tout de même que les fois précédentes : le Front de gauche, communistes en tête, est absent. Une nouvelle illustration du fossé qui se creuse à gauche.

Car après les blocages communistes au Sénat, donnant l’occasion aux socialistes de les accuser de «voter avec la droite», le PS a trouvé le moyen de s’écharper de nouveau avec le PCF, fin décembre, après la publication sur le Web de leurs vœux de fin d’année. Une vidéo dans laquelle le parti de la place du Colonel-Fabien égrenait une longue liste des promesses non tenues par François Hollande. «Une faute contre la gauche», une «honte pour ses auteurs», avait fustigé Désir. Jean-Luc Mélenchon a demandé à son ancien camarade de cesser ses «invectives». Joyeuses fêtes…

Ces prémices d’une guerre des gauches se sont matérialisées lundi soir sur France 2 autour du débat entre Jean-Luc Mélenchon et le ministre du Budget, Jérôme Cahuzac. C’était le premier affrontement télévisé direct entre l’ex-candidat Front de gauche et un socialiste depuis l’élection de Hollande. Deux visions de ce que doit être une politique de gauche. Un échange clivant, comme l’écrit Mélenchon sur son blog, «que la rue de Solférino a toujours voulu éviter car elle se sent incapable d’en assumer la conséquence interne et dans la gauche sociale». Satisfait de distinguer deux lignes à gauche, celle du «PS de Cahuzac» et la sienne, il se réjouit que cette «confrontation» soit «sur la scène publique».

emmanuel maurel«Thèse mortifère». «Bonne chance à ceux qui doivent constituer les listes des municipales de 2014 après un tel débat…», se désole un député PS. Comme cet élu, ils sont nombreux, chez les socialistes, à s’inquiéter d’une recrudescence de la théorie des «deux gauches». «C’est une thèse mortifère qui ne sert que la droite et l’extrême droite, met en garde Guillaume Bachelay, n°2 du PS. Séparer gestion et transformation ou distinguer responsabilité et opposition est une erreur d’analyse.» Et à l’aile gauche du parti majoritaire, on compte défendre la digue : «Il n’y a rien de plus néfaste et de plus faux. Ça arrange peut-être Mélenchon de le croire, mais c’est nous condamner à la défaite, fait valoir Emmanuel Maurel, un de leurs porte-voix. En plus, la ligne de Cahuzac, comme celle de Jean-Luc sont toutes deux minoritaires !» Pas d’accord, rétorque Mélenchon sur son blog : «[Cahuzac] est […] absolument dans la norme de la gauche sociale-démocrate européenne devenue économiquement sociale-libérale et politiquement démocrate.» Une «vieille gauche», a-t-il encore répété hier matin sur RMC. Et chez ses alliés communistes, on juge aussi qu’«il y a une seule gauche, mais deux orientations en son sein : une de rupture et l’autre, sociale-libérale, d’accompagnement d’un système qui ne fonctionne plus», plaide leur porte-parole, Olivier Dartigolles.

Dans sa stratégie de démarcation, Mélenchon ne s’occupe pas que du PS. Hier dans Nice-Matin, il s’est aussi intéressé aux écologistes : «Comme les socialistes, ils sont partagés entre deux ailes. Une aile écolo-libérale et une autre écolo-socialiste.» «Il y a surtout des écolo-écologistes, balaie Pascal Durand, le leader d’Europe Ecologie - les Verts (EE-LV). Les mots qu’emploie Mélenchon, comme ceux de Cahuzac, sont du vieux monde. La question à laquelle on doit répondre est : "Quelles sont les nouvelles marques d’une gauche sociale et environnementale aujourd’hui ?" Arrêtons de se redéfinir par rapport au passé.» Dans cette querelle new-look d’anciens et modernes de gauche, Désir met en garde Mélenchon : «Il n’y a jamais de primes à ceux qui divisent.» Du coup, chaque camp rejette la faute de la mésentente. Au PS ça donne : «C’est un crève-cœur de voir les communistes avec leurs idéaux alors qu’ils connaissent les marges budgétaires de la France, attaque Jean-Christophe Cambadélis. Il fut un temps où ils partageaient l’effort national de redressement du pays.» Harlem Désir use aussi de l’argument «responsabilité» : «Nous gérons ensemble les collectivités. Le PCF assume avec nous son rapport au réel dans les collectivités. Il faut l’assumer au plan national

Amnistie. En revanche, si la gauche est divisée, insiste-t-on au Front de gauche, c’est d’abord la faute à l’«accélération de l’orientation sociale-libérale» de la politique de François Hollande. «La majorité politique qui l’a élu ne se retrouve pas dans ce qu’il fait, défend Dartigolles. En aucun cas, le Front de gauche ne parie sur l’échec du gouvernement. Nos critiques ont été médiatisées, mais nous mettons sur la table des propositions ! Or le PS reste sur une seule attitude : c’est comme ça, pas autrement et il n’y a rien à discuter.» Il est vrai que les amendements des sénateurs communistes lors de l’examen du budget ont été rejetés par un gouvernement assuré de faire passer son texte en dernière lecture à l’Assemblée. Proche de Mélenchon, Eric Coquerel donne un autre exemple : «Lorsqu’ils ont rencontré Hollande, Jean-Luc et Martine [Billard, coprésidente du Parti de gauche, ndlr] ont proposé une loi d’amnistie des syndicalistes.» Hollande leur avait dit qu’il s’en occuperait. Et puis rien…

273134 emmanuel-maurel-vice-president-ps-en-charge-de-la-foComment amorcer la réconciliation ? Au PS, certains plaident pour avancer ensemble sur des lois économiques et sociales où toute la gauche serait d’accord. Maurel exhume par exemple la loi interdisant les licenciements boursiers, proposée en février par les communistes au Sénat et votée par les socialistes. Ce texte n’a jamais été repris par le gouvernement. Bachelay pousse, lui, pour inscrire à l’ordre du jour la proposition de loi brandie par Hollande lors de sa campagne et visant à obliger un groupe, s’il veut fermer un site, à examiner les offres de reprise ou bien à le céder. «On doit répondre ensemble à comment bâtir un nouveau rapport de force face au capitalisme financier. Quel levier la puissance publique active-t-elle ?» avance le député, rapporteur du projet de loi sur la Banque publique d’investissement (BPI). Sur ce texte, il se félicite d’avoir obtenu le vote des communistes. «Le rassemblement de la gauche, il faut aimer ça, avoir de la patience», glisse-t-il sibyllin. Manière de souligner que d’autres dans sa maison PS n’en ont pas.

Hier, les leaders des partis de cette nouvelle «gauche rassemblée» ont décidé la mise en place de cinq groupes de travail. Au menu : «emploi, industrie, démocratie sociale», «investissements innovants et écologiques à l’horizon 2020», «réformes institutionnelles et territoriales», «harmonisation fiscale et sociale en Europe» et «laïcité, école, jeunesse». A la sortie de la réunion, Désir a lancé que les responsables du Front de gauche étaient «les bienvenus. C’est une réunion de toutes les formations politiques qui veulent la réussite de l’action du gouvernement». Réponse du PCF en forme de non-recevoir : «Nous ne sommes pas intéressés par des sessions de rattrapage, dit Dartigolles. Il y a urgence à avoir une relance du débat à gauche, à ciel ouvert, sur les solutions à la crise. Ça ne peut pas se faire autour d’une table à Solférino.» Les communistes veulent des «débats publics» et non des «sommets». Et au Front de gauche, on opte pour la stratégie du «rapport de force» en lançant une «grande campagne contre l’austérité» avec en vitrine un meeting de Mélenchon et du chef du PCF, Pierre Laurent, le 23 janvier à Metz. A quelques kilomètres de l’usine Arcelor-Mittal de Florange. «Avant même les périodes électorales, il faut montrer qu’on peut faire autrement», dit Coquerel.

«Quasi-insulte». Au PS, pour calmer les ardeurs communistes à l’aube des négociations pour les municipales de 2014, l’entourage de Désir mise sur l’«effet de ciseau entre un discours de quasi-insulte à l’égard du président de la République et la pratique du compromis électoral». Les deux responsables élections des partis ont prévu de se voir avant la fin du mois. Les socialistes pointent aussi les divergences locales du Front de gauche pour y enfoncer un coin. Les élus franciliens ne se privent pas de pointer qu’en Ile-de-France, les communistes - dont Pierre Laurent - ont voté le budget 2013 quand les proches de Mélenchon s’y sont opposés. A chacun ses contradictions.

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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 14:33

Maurel AG Motion 3Ceux qui aimeraient infléchir la ligne du gouvernement, de l’aile gauche du PS au Front de gauche, se sont retrouvés mercredi 12 décembre 2012 pour un premier dialogue. C'est enfin un début de dialogue entre l’aile gauche du PS et le Front de gauche, en passant par les écolos. À la sortie de ce colloque qui se tenait dans une salle parisienne, Emmanuel Maurel, le nouveau leader de tous ceux qui veulent ancrer à gauche le PS, avait le sourire aux lèvres. « C’est la première fois depuis qu’on est au pouvoir qu’il y a tous les partis de gauche autour d’une table ».

En plus de la présence de Pierre Laurent, patron du PCF, Martine Billard, la co-présidente du Parti de Gauche, Denis Baupin pour EELV, quelques économistes et autres politiques se sont réunis à l’invitation de Marie-Noëlle Lienemann et du club Gauche Avenir. Au menu, débat sur la relance et sur le rapport Gallois.

« Rien de grand dans ce pays ne se fait sans l’unité de la gauche », a rappelé Emmanuel Maurel. « Rien ne serait pire que de créer une frontière artificielle » entre gauche ″responsable″ et gauche protestataire. Contre un « renversement d’alliance » et la création d’une hypothétique « troisième force » (on a vu ce qu'avait donné la ″troisième force″ sous la IVème République) entre un « centre introuvable » et une « gauche qui renoncerait à être elle-même », il était utile de réaffirmer l'aspiration à l’unité à un moment où ceux qui refusent la ligne « social défaitiste », comme il la qualifie, peine à se faire entendre et à peser. Cette réunion pourrait donc marquer « le début d’un processus de convergence ».

pierre_laurent.jpgDans une soirée où les mots “nationalisation” ou “interdiction des licenciements boursiers” ont le vent en poupe quand ceux de “rapport Gallois” ou “pacte de compétitivité” cristallisent le rejet, Emmanuel Maurel, après avoir plaidé pour « un choc de solidarité », pouvait conclure sa rapide intervention sous les applaudissements de Pierre Laurent. « Le dialogue à gauche est urgent pour trouver des issues à la crise », explique le patron des communistes qui soulignait au passage « son plaisir d’être ici ».

Jusque-là, difficile de dire que les propositions du PCF ou ses amendements ont trouvé une oreille attentive du côté de la majorité. Pierre Laurent exprimait un “regret” : il voudrait que la gauche « cesse de fonctionner comme nous le faisons, comme si le débat était clos par les 60 engagements » de François Hollande. « Les idées, les débats, les forces existent pour d’autres choix que ceux faits aujourd’hui. Il faut se mettre en mouvement », alors que le gouvernement cède facilement devant Mittal et les “pigeons” tout en exigeant un « compromis historique » des syndicats de salariés. « Nous devons travailler à une alternative, au rassemblement de la gauche et faire des contre-propositions », défendait Marie-Noëlle Lienemann qui rêve d’un « nouveau Front populaire ».

La semaine suivante c'est Marc Dolez, député PG du Nord, qui apportait à sa manière le débat au sein des forces politiques qui cherchent à réorienter la politique gouvernementale. « je ne crois pas à la thèse de deux gauches irréconciliables ni au mythe du recours [à propos d'une majorité alternative à gauche, thèse défendue par Jean-Luc Mélenchon, également ex-PS]. Je ne me résoudrai jamais à considérer que le gouvernement va échouer et que nous serons là à ramasser les morceaux. Si la social-démocratie devait s'effondrer, je crains que ce ne soit au profit de la droite extrême. » Cette divergence stratégique avec le tribun du Front de Gauche justifiait son départ du parti qu'il avait co-fondé avec lui.

Il est assez symptomatique que les mots employés par le député du Nord soient assez semblables à ceux portés par le courant « Maintenant la gauche » dans le PS.

Car l'enjeu reste le même depuis l'élection de François Hollande à la présidence de la République (et même en partie depuis la conclusion des primaires citoyennes). Soit le bulletin de François Hollande n'a servi qu'à « dégager » Nicolas Sarkozy et certains pourront s'amuser à dire comme Siné que le gouvernement nous déçoit alors qu'on attendait rien de lui. Soit le bulletin de François Hollande était le passage obligé pour un changement politique réel qui ne pouvait attendre une hasardeuse émergence d'une autre gauche, capable de rebondir sur les ruines de l'échec de François Hollande.

C'est mon cas.

Hollande Primaires, Hollande Bourget, Hollande Élysée

Sarkozy-Barroso-MerkelCar François Hollande a mené une campagne assez différente pour l'élection présidentielle de celle qu'il avait menée pour les primaires socialistes. Le discours du Bourget et une bonne partie des « 60 engagements » avaient choisi de répondre à l'impatience du peuple de gauche, de tenir compte qu'au-delà du rejet de Nicolas Sarkozy, les Français voulaient exprimer leurs attentes économiques et sociales à l'occasion de l'élection présidentielle. La promesse de renégocier le traité Merkozy était le débouché de cette logique, tout comme le refus de considérer que le problème de compétitivité de l'industrie française découlait du « prix du travail » et donc logiquement la volonté d'engager une véritable politique de redressement productif.

Las, il aurait fallu retenir le Hollande des primaires, qui n'avaient pourtant pas validé son programme, mais la construction de la posture médiatique de "l'homme qui est capable de battre Sarkozy". Pourquoi avait-il tant et tant tenu à affirmer contre vents et marées qu'il faudrait impérativement et quelles que soient les conditions économiques ramener le déficit public à 3 % du PIB dès 2013 et à l'équilibre en 2017. Martine Aubry avait alors pourtant démonté une partie de ce raisonnement… sans résultat dans les urnes. Mais nous aurions dû nous rappeler que ces 3 % et ce 0 % dans le calendrier décrit par François Hollande correspondait à celui établi par le traité Merkozy. C'est vraisemblablement sans réelle volonté sérieuse de renégocier le traité que notre Président est parti à Bruxelles ; de fait, il n'a pas été modifié d'une virgule et le pacte de croissance concédé en parallèle n'était pas contraignant et a explosé en vol depuis sous la pression à la baisse du budget de l'Union Européenne.

FrancoisHollandeAttention, je ne dis pas que le Président de la République ne modère pas les ardeurs austéritaires absolues de nos voisins allemands et néerlandais, qu'il n'essaie sur le plus long terme de trouver des alliés pour donner des missions à l'Union européenne qui ne soient pas limitées à faire la police dans les budgets nationaux. Mais Hollande président ressemble étonnamment à Hollande premier secrétaire (quand il ne gérait que les rapports avec nos camarades du PSE) : il part dans les négociations européennes en ayant adopté la posture du compromis avant d'entrer dans le rapport de force avec des voisins, ce qui le force régulièrement à reculer encore sur l'idée du compromis qu'il avait en tête.

Ainsi, je ne crois pas qu'il faut être étonné ; le Président de la République mène aujourd'hui la politique avec laquelle il se sent pleinement en phase. Le Pacte de Compétitivité qui contredit toute la campagne des élections présidentielles représente sans doute fidèlement sa volonté et ce qu'il croit juste de faire. Le pataquès autour de la nationalisation de Florange correspond sans doute à la mise en application de sa pensée, même si incidemment il a permis le retour de l'idée de capital public dans le débat national.

Mais comme disait Dany Lang, membres du collectif « Les économistes atterrés », le mercredi 12 décembre en présence de toute la gauche, ces politiques de l'offre et cette rigueur de gauche qui ne dit pas son nom sont voués à l'échec. La pusillanimité de l'exécutif sur les réformes sociétales – dont certains s'inquiètent qu'elles n'offrent un fondement de substitution à une gauche désarmée sur les questions économiques – font douter une partie des soutiens du président de la République et donnent à penser à ses opposants patronaux et politiques qu'il suffit de hausser un peu le ton pour le faire reculer.

Enfin, l'insistance – à la limite du harcèlement – à appeler à un « compromis historique » autour de la conférence sociale alors que les syndicats sont désunis revient à les affaiblir face à une patronat à l'offensive. C'est profondément contre-productif car le gouvernement aurait eu grand besoin d'alliés syndicaux solides. Syndicats solides dont il aurait besoin pour adopter des réformes sur le travail, ce qu'il s'est interdit de faire jusqu'ici au prétexte castrateur d'attendre la fin de la négociations.

Y a-t-il un espace pour un « Hollandisme révolutionnaire » ?

Si l'on veut réussir le changement, François Hollande va devoir changer de politique. Quand le résultat des politiques d'offre et d'austérité aura démontré comme dans le reste de l'Europe leur caractère néfaste, le Président de la République aura deux choix :

  • persévérer pour ne pas se déjuger mais avancer plus sûrement vers l'échec ;
    mener une politique de transformation profonde du pays et de la construction européenne en rupture avec la vulgate libérale.

Montebourg_Florange.jpgDurant la campagne électorale, Emmanuel Todd, démographe et historien et alors soutien d'Arnaud Montebourg, avait plaidé pour la solution du « Hollandisme révolutionnaire ». Il avait indiqué que le Président de la République mènerait à peu de choses près la même politique que celle qu'il conduit aujourd'hui, mais que confronté au durcissement des difficultés et à l'ingratitude des marchés, il devrait – même à son corps défendant – se résoudre à adopter les solutions politiques prônées à l'époque par Montebourg et la gauche du PS (celles d'hier avec Hamon et d'aujourd'hui avec Maurel). La référence historique lui servant de modèle était le Front populaire – celui que Marie-Noëlle Lienemann appelle à renouveler – qui avait eu un programme électoral très léger et défensif, mais qui sous l'effet de la crise et du mouvement social avait dû mener des politiques beaucoup plus radicales.

Il y a cependant plusieurs bémols à porter à cette analyse.

En 1935 et 1936, alors que se construit le « Rassemblement Populaire » cette alliance électorale défensive contre les conservateurs et la menace fasciste entre Radicaux, Socialistes et Communistes, la SFIO de Léon Blum et Paul Faure défendait des réformes profondes de la société et de l'économie française, que ses partenaires refusaient de voir inscrit dans le programme électoral : les radicaux les refusaient par convictions, les communistes les refusaient pensant ainsi ne pas effrayer un électorat qu'il voulait séduire pour élargir leur base (anciens combattants, petits artisans, catholiques). Ainsi Léon Blum était plutôt dans de bonnes dispositions pour dépasser le programme chétif qu'on lui avait imposé, lorsque les grèves du printemps 1936 permirent au gouvernement de Front Populaire d'imposer les nationalisations, les congés payés et les conventions collectives.
Il n'est pas dit que la majorité des parlementaires socialistes et la majorité du gouvernement soit prêts aujourd'hui intellectuellement et idéologiquement à engager un tel retournement.

Il n'est surtout pas dit que le mouvement social puisse aujourd'hui se développer et pousser à une radicalisation de la politique du gouvernement. Les confédérations syndicales sont engagées – sont piégées – depuis des mois par la conférence sociale, face un MEDEF beaucoup plus brutal qu'ils ne l'avaient imaginés. Tant qu'ils seront pris par ces négociations, ils ne seront pas disponibles pour travailler à la construction d'un nouveau rapport de force social.

Mais les salariés eux-mêmes sont-ils disposés à engager le bras-de-fer ? Les difficultés sociales et les pertes de pouvoir d'achat incitent pour le moment les Français à faire le dos rond, d'autant qu'ils ont bien conscience de la réalité des difficultés macro-économiques à surmonter. Les mobilisations grecques, espagnoles et portugaises se déroulent dans un climat plus catastrophique, car les peuples de ces pays n'ont plus grand chose à perdre ; cependant, cette situation est riche de dangers que je ne souhaite pas à mon pays.

Paradoxalement, c'est le moment où les groupes politiques qui veulent construire une politique socialiste démocratique et moderne qui n'aurait pas abdiqué devant le libéralisme doivent et peuvent se rendre le plus utiles. Je suis convaincu que la grande majorité des militants socialistes et la grande majorité des sympathisants de gauche sont mal à l'aise avec les ruptures constituées par l'adoption du traité Merkozy et la validation du Rapport Gallois, mal à l'aise avec le social-défaitisme qui a conduit à l'abandon de Florange dans les mains de Mittal. Ils sont donc ouverts à modifier les équilibres internes à la gauche et à bousculer les parlementaires qu'ils ont investis.

Emmanuel_Maurel_Paris_2.jpgLes propositions que « Maintenant la Gauche » a porté pendant le congrès du PS sont désormais au cœur du débat public national. Elles permettent de freiner la dérive sociale-libérale et sont en train de faire changer le rapport de force intellectuel (dominé voici un an encore par les débats sur l'identité nationale...). Emmanuel Maurel et ses amis ont par ailleurs une tâche essentielle : celle de maintenir le liens avec toutes les forces de gauche, alors même que le gouvernement et le président ont choisi de ne pas rassembler la gauche (le pilonnage des candidats du Front de Gauche aux législatives n'était pas un accident). Ce sont ces contacts qui permettront de rassembler la synthèse politique nécessaire pour mener une nouvelle phase du quinquennat Hollande. Espérons cependant que le débat politique soit plus productif qu'il ne l'a été jusqu'ici car sinon le rééquilibrage attendu pour les élections locales de mars 2014 et 2015 risque de s'avérer catastrophique : or les Français ont besoin de collectivités locales de gauche pour maintenir un « bouclier social » qui n'a pas été reconstruit au niveau national ; la seconde phase du quinquennat Hollande serait affaiblie dès le départ si les élections municipales s'avéraient une sanction trop rude et trop généralisée.

« Maintenant la Gauche » et ses partenaires doivent entamer ensemble une campagne de mobilisation autour de thèmes divers mais essentiels dans la période : licenciements boursiers, droit de vote des étrangers, salaires, valorisation du capital public, transition énergétique radicale, renforcement des services publics (La Poste, l'hôpital).

La route est étroite, mais il n'en existe pas d'autres.

Frédéric Faravel
Mandataire fédéral de la motion 3 dans le PS Val-d'Oise

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28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 19:56

Le club Gauche Avenir vous convie à une Assemblée des gauches et des écologistes le 12 décembre 2012

COMPÉTITIVITÉ, EMPLOI, REDRESSEMENT INDUSTRIEL : QUELLES ALTERNATIVES ?

Avec la participation de

  • Marie-Noëlle Lienemann, Sénatrice socialiste et co-présidente de Gauche Avenir
  • Pierre Laurent, Premier secrétaire national du Parti Communiste et Sénateur
  • Jean-Vincent Placé, Sénateur et Président du groupe Europe Ecologie Les Verts
  • Jean-Luc Mélenchon, Co-président du Parti de Gauche et Député Européen
  • Christian Eckert, Député socialiste et rapporteur général de la commission des finances
  • Guillaume Duval, Rédacteur en chef d’Alternatives Economiques
  • Dany Lang, membre du collectif "Les Economistes Atterrés"
  • Liem Hoang Ngoc, Député européen socialiste
  • Henri Sterdyniak, membre du collectif les Economistes Atterrés
  • Paul Quilès, Ancien Ministre et co-président de Gauche Avenir

gauche_avenir_12-12-2012.jpgRendez-vous

mercredi 12 décembre 2012
au Musée Social
de 18h à 22H
5 rue Las Cases
75007 PARIS

Retrouvez nous sur facebook

Merci de confirmer votre présence par mail à contact@gaucheavenir.org

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24 septembre 2012 1 24 /09 /septembre /2012 12:07

Comme chaque année la fédération valdoisienne du Parti Communiste Français invitait les partis de gauche à l'inauguration de son stand départemental de la Fête l'Huma. C'était le 14 septembre 2012, j'y représentais officiel la fédération du Val-d'Oise du Parti Socialiste. Le Parti de Gauche et la direction nationale du PCF étaient également présents. Selon moi, la fête de l'Huma est le rendez-vous naturels des militants et des sympathisants de gauche en septembre, quelles que soient leurs sensibilités politiques. S'il existe évidemment des désaccords entre nos partis, les débats, qui traversent la gauche, traversent également le Parti Socialiste, pivot essentiel de la nouvelle majorité pour le changement. On pourra s'en rendre compte leur du congrès de Toulouse en octobre prochain.

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Jean-Michel Ruiz, secrétaire départemental du PCF 95, a salué la présence des forces de gauche pour cette inauguration, et notamment le PS95 - pour une fois officiellement représenté.

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J'ai témoigné auprès des militants communistes de la volonté de dialogue des socialistes valdoisiens. A l'arrière plan, Pascale Le Neouannic et Patrice Lavaud du Parti de Gauche.

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Dominique Lesparre, Maire et Conseiller général communiste de Bezons, était également présent.

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15 avril 2011 5 15 /04 /avril /2011 12:19
Martine Aubry doit prendre ses responsabilités. Première secrétaire du PS, elle a mis le PS au travail, elle incarne cette dynamique intellectuelle, partisane, cette volonté d'une majorité d'entre nous de rassembler la gauche pour obtenir un mandat clair des Français. Elle incarne le projet socialiste.

Il est naturel que le/la Premier(e) Secrétaire d'un Parti Socialiste soit celui/celle qui le mène au combat : c'est le cas dans tous les partis socialistes, sociaux-démocrates et travaillistes. Pourquoi serions-nous les seuls à vouloir nous affaiblir en terme d'organisation ?

François Hollande avait les clés pour être candidat en 2007... Il a passé son tour, tant pis pour lui, surtout que sa rigueur de gauche aura du mal à se distinguer d'une rigueur de droite, quelles que soient ses bonnes intentions.

DSK est un bon Directeur général du FMI, qu'il le reste : il pourra ainsi aider Aubry, si elle devient Présidente de la République. S'il en part, on ne sait pas par qui il sera remplacé.

F. Faravel

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21 mars 2011 1 21 /03 /mars /2011 16:21

 

Les résultats du premier tour des élections cantonales du 20 mars 2011 doivent impérativement tirer le Parti socialiste du nombrilisme morbide, dans lequel la perspective de primaires ouvertes, l'attente de la candidature interne de poids lourds plus ou moins lointains et l'assurance du rejet de Nicolas Sarkozy par les Français l'avaient replongé.

S'il veut être au centre de l'alternative de gauche en 2012, le PS va devoir réagir et ne pas se laisser bercer par un certain confort des élections locales intermédiaires.

 

Quatre jalons électoraux à retenir

Il y a ceux qui - à gauche - regarderont les résultats du premier tour des cantonales avec contentement. Ils liront dans les résultats que la gauche parlementaire obtient 48,73 % des suffrages, contre une droite parlementaire à 32,06 % et - il est vrai -une remontée quelque peu désagréable du Front National à 15 %. Malheureusement la réalité du scrutin est moins accommodante.

Tout d'abord parce que l'abstention a atteint 55 % ce dimanche ; il est vrai que pour la première fois depuis longtemps, les élections cantonales n'étaient pas couplées avec un autre scrutin local (municipales ou régionales), cependant rappelons que les précédents scrutins de 2008 (Municipales), 2009 (Européennes) et 2010 (Régionales) n'ont pas particulièrement mobilisé les foules non plus et que la sanction enregistrée à chaque fois (en 2009, c'est Europe-Écologie qui en avait profité) par le parti présidentiel le fut essentiellement par la désertion de l'électorat de droite, visiblement dépité par les piètres prestations de celui qu'ils avaient porté aux nues et à l'Élysée en 2007.

Marine Le Pen et Jean-Marie Le Pen, dimanche soir (AFP)Ensuite parce que l'abstention et la progression spectaculaire du vote d'extrême droite confirment aux organisations politiques parlementaires que la gauche- et plus exactement le PS - n'est pas forcément le débouché naturel du mécontentement populaire qui s'exprime face à l'échec et à la nocivité de la politique économique et sociale de Sarkozy-Fillon. La progression du FN est d'autant plus spectaculaire que le parti présidé par Marine Le Pen réunit 15 % au niveau national en n'ayant présenté des candidats uniquement dans les deux tiers des cantons renouvelables. Si l'on ne tenait compte que de ces seuls cantons, le score de l'extrême droite atteindrait entre 19 et 20 %. Par des effets de manches, Marine Le Pen a su prendre en compte l'attente d'un certain nombre d'électeurs des catégories populaires en terme de protection sociale ; en tout cas, si tous les observateurs savent qu'elle n'est pas sincère sur ce terrain, elle le martèle assez régulièrement pour que cela touche un électorat qui a déjà pu voter FN précédemment au moins une fois dans sa vie électorale.

Enfin, avec 25 %, le score du Parti socialiste reste en deçà de ce à quoi l'on aurait pu s'attendre pour le parti pivot de la gauche et autour duquel devrait s'articuler l'alternance ou l'alternative à Sarkozy. Avec un niveau de rejet jamais atteint par le pouvoir de droite, le PS atteint difficilement son score maximum. Le PS français n'a jamais rivalisé avec ses voisins suédois, britanniques ou allemands qui flirtaient voici quelques années encore avec 30/35 % en basses eaux et 40/45 % lors des victoires ; c'était des partis dominants respectivement dans leur champ politique national, alors que le PS devait faire face à un parti communiste puissant et structuré qui tournait encore dans les années 1970 entre 15 et 20 %. Aujourd'hui, les partenaires du PS sont dispersés en de nombreux morceaux - Europe-Écologie Les Verts, PCF, PRG, MRC, PG - bien que les derniers scrutins aient donné quelques perspectives pour les Écologistes, et que ces cantonales ont redonné un peu de vigueur au Parti communiste français dans l'alliance du Front de Gauche (PCF/PG/Gauche unitaire). Mais ces résultats intermédiaires pourraient s'avérer être des feux de pailles et le PS ne peut raisonnablement espérer créer une dynamique à gauche qu'en dépassant régulièrement les 25 % et en flirtant avec les 30 %.

 

La Droite conservatrice et réactionnaire a conquis les imaginaires

Dans leur essai Voyage au bout de la droite : des paniques morales à la contestation droitière, publié le 2 mars 2011, les sociologues Gaël Brustier et Jean-Philippe Huelin ont analysé ce qui semble bien être une évolution profonde des droites européennes et américaines, dans laquelle les bouleversements de la droite française peuvent parfaitement s'insérer.

L'imaginaire contestataire qui a longtemps trouvé dans les idéaux de la gauche les voies de son expression semble depuis quelques années s'être déporté à droite. Néo-conservateurs américains, nationaux-populistes européens, tout ce qui fustige une certaine « bien-pensance » solidaire et droit-de-l'hommiste apparaît aujourd'hui comme le sommet de la contestation. La caricature de cette nouvelle « rebelle attitude » c'est l'accueil fait à Éric Zemmour par un imposant parterre de parlementaires UMP, qui le présentaient comme la nouvelle « victime » tombée au champ d'honneur de la liberté d'expression. Les exclus de nos systèmes de protectionabimés(jeunes ruraux, chômeurs urbains) sont à nouveau disponibles pour être manipulésà la façon du Lumpenprolétariat par une petite élite ultra-libérale, conservatrice, réactionnaire ou nationaliste au choix, selon la conjoncture spécifique de chaque État.

Le risque FN est aujourd'hui majeur et réel ; son discours a imprégné le débat public et les esprits de nombreuses catégories sociales défavorisées. C'est ce que Robert Badinter avait nommé à la fin des années 1990 la « Lepénisation » des esprits. On l'a trop rapidement enterré ; il ne suffit pas de constater un recul électoral momentané pour s'assurer que les dégâts psychologiques n'ont pas laissé de séquelles durables. Ces gens-là ont pu le faire car ils proposent une vision du monde facilement exprimée et assimilable.

Le De fait, en jouant sur la demande légitime de protection sociale des Français, et en continuant à mettre la pression sécuritaire sur la droite parlementaire, Marine Le Pen, avec une image plus policée que son père (ce n'est pas une antisémite assumée), pourrait décrocher le jackpot. Claude Guéant, Brice Hortefeux, Éric Besson et Nicolas Sarkozy, lui-même, n'ont de cesse d'emprunter au FN, sa rhétorique, ses arguments, sa politique, sur les questions de sécurité et d'immigration, légitimant du même coup le discours et les solutions de ce parti. Les dirigeants parlementaires et partisans de l'UMP, Christian Jacob et Jean-François Copé, renvoient depuis plusieurs semaines dos à dos la gauche et le FN, expliquant qu'ils sont tout autant éloigné des « valeurs » des uns et des autres pour justifier le refus d'un quelconque Front républicain. Tout cela en organisant en parallèle des débats qui vise à stigmatiser les cibles traditionnelles de la vindicte nationale-populiste. La logique est évidente ; au rythme où nous avançons, avec en souvenir les expérimentations politiques que Nicolas Sarkozy avaient lancé entre 2005 et 2007 à la tête de l'UMP puis pendant la campagne des élections présidentielles, c'est un schéma à l'italienne qui se prépare. La gauche française doit sortir d'une certaine naïveté qui veut faire croire à l'existence fictionnelle d'une « droite supposée républicaine », à qui l'on pourrait apporter ponctuellement son soutien pour faire barrage au Front national. De droite dite « républicaine », il ne reste de fait que « République solidaire », le Modém, le Parti radical et le Nouveau Centre, c'est bien peu.

Les principaux leadersde l'UMP préparent lentement les esprits pour faire tomber une frontière déjà bien poreuse entre le Front National marinisé, qu'ils qualifieront bientôt de respectable, et eux.

 

Reconquérir les imaginaires collectifs : un préalable à la transformation sociale

Comme le rappellent Huelin et Brustier, Gramsci explique qu'une force politique ou un groupe social ne peut prendre le pouvoir durablement sur une société donnée pour la transformer profondément, sans y avoir préalablement établi son hégémonie culturelle. Léon Blum rappelait le 27 décembre 1920 à la tribune du congrès de Tours que la manipulation politique des masses inorganisées et dépolitisées exposaient à des déconvenues majeures : « Nous savons, en France, ce que sont les masses inorganiques. Nous savons derrière qui elles vont un jour et derrière qui elles vont le lendemain. Nous savons que les masses inorganiques étaient un jour derrière Boulanger et marchaient un autre jour derrière Clemenceau… »

La Gauche doit donc convaincre en profondeur la société française de la pertinence et de la justesse de sa vision, de sa prééminence sur celle de toutes les droites confonduesfondée sur les peurs, l'égoïsme et l'agression. Notre principale difficulté reste donc encore de clarifier notre discours ; malgré la richesse des débats qui peuvent exister dans la gauche personne ou presque n'y est capable de présenter simplement une « vision du monde » cohérente et de la faire assimiler. Plus grave, aujourd'hui, sous prétexte que nous aurions gagné, au gouvernement et dans les collectivités territoriales, nos galons de bons gestionnaires, nombre de nos camarades nous veulent nous interdire de présenter un projet qui soit capable d'enthousiasmer les classes populaires et une bonne partie des classes moyennes au bord du déclassement. En 2011/2012, le « devoir de grisaille », la revendication d'une supposée justesse de la « rigueur de gauche » face à la « rigueur de droite », cela revient tout simplement à condamner la gauche à ne jamais reconquérir ces classes sociales, car nous refuserions de répondre à leur légitime exigence de protection sociale.

À l'issue d'une réunion, Martine Aubry, Cécile Duflot et Pierre Laurent ont appelé ensemble au rassemblement. Nous avons très peu de temps pour réagir - à peine quelques semaines - avant d'avoir très peu de temps pour convaincre - à peine quelques mois. Et en parallèle, la Gauche doit relever le défi d'apprendre à devenir solidaire. Elle doit impérativement comprendre que les conditions de sa victoire dépendront des modalités qu'elle choisira pour faire son unité. Évidemment la nature et la portée du projet que porteront les socialistes facilitera ou compliquera d'autant plus la voie du rassemblement. Mais celui-ci au regard des enquêtes d'opinions, vérifiées dans les urnes ce 20 mars, n'en est que plus impérieux et nécessaire. Il est urgent que nous ayons un projet pour faire reculer le Front National, il est urgent que la gauche s'unisse pour faire reculer les idées du Front National.

Car disons le ici une fois pour toute, il n'est pas acceptable que certains de nos camarades se satisfassent d'un 21-Avril à l'envers en 2012 ; j'entends déjà la petite musique feutrée de certains, le candidat de gauche enfin déclaré face à Marine Le Pen au 2nd tour de la présidentielle, voilà une situation qui nous éviterait d'avoir à courir après les voix de la gauche, voilà qui nous éviterait de porter un programme trop marqué à gauche, voilà qui ne nous obligerait pas à des dépenses trop importantes pour reconstruire la protection sociale et le système de solidarité nationale. Remporter l'élection de cette manière ne permettrait pas de transformer la société française et de peser sur la construction européenne ; et ne pas répondre aux attentes sociales des Français nous prépareraient des lendemains plus tragiques que nos matinées post-électorales de mars 2011.

 

Frédéric Faravel
Secrétaire fédéral aux relations extérieures du PS Val-d'Oise

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25 septembre 2010 6 25 /09 /septembre /2010 22:03

24 septembre 2010- dans Puzzle socialiste, blog sur lemonde.fr - par Olivier Schmitt

Martine Aubry, première secrétaire du Parti socialiste, sans renier un passé que beaucoup s’efforcent, et pas seulement à droite, de lui rappeler (en gros en l’identifiant aux 35 heures pourtant germées dans l’esprit de Dominique Strauss-Kahn), a réussi, en deux ans, à se construire un présent.

Maire de Lille, elle est devenue première secrétaire d’un parti laissé pour mort à l’automne 2008, sans s’y être tout à fait préparée, en raison de l’effondrement inattendu de la candidature Delanoë et du risque, à ses yeux, d’une victoire de Ségolène Royal.

A ce poste, elle a patiemment, méthodiquement, systématiquement construit ses réseaux et créé les leviers qui, bientôt, pourraient lui permettre de devenir la candidate des socialistes à l’élection présidentielle. Cabinet resserré (mené par Jean-Marc Germain, polytechnicien, son directeur de cabinet à la communauté urbaine de Lille), remise au travail du parti, création du « Laboratoire des idées » afin de réconcilier l’université et la recherche avec le PS, liens constants et directs avec des intellectuels et des chefs d’entreprise dont elle cultive l’amitié depuis toujours… Plus personne ne parle aujourd’hui de la « mort » du PS. C’était la première phase de son action.

La seconde vient de commencer. Après avoir ressoudé les militants socialistes, non pas autour de sa candidature mais autour de la perspective d’une victoire du PS en 2012, elle va désormais consacrer beaucoup de son temps à rassembler les sympathisants de la gauche.

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De gauche à droite : Olivier Besancenot, porte-parole du NPA, et Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, au Vieux-Boucau (Landes) lors de l’université de rentrée d’Un nouveau monde, le mouvement mené par Benoît Hamon et Henri Emmanuelli (photos O/S)

Benoît Hamon, Olivier Besancenot, Pierre Laurent et Jean-Vincent Placé main dans la main, serait-ce au Vieux-Boucau, au fin fond des Landes, l’image a marqué les esprits, à gauche comme à droite. La scène avait pour cadre, le 19 septembre, l’« université de rentrée » d’Un Monde d’avance, le mouvement mené par Benoît Hamon et Henri Emmanuelli, tous deux membres de la direction nationale du PS, le premier en étant même le porte-parole.

 

Même s’il se situe à gauche de Martine Aubry et du Parti socialiste, Benoît Hamon est un pur produit de l’école Aubry. Ancien conseiller pour la jeunesse auprès de Lionel Jospin, alors premier secrétaire du PS (1995-1997), il entre au cabinet de Martine Aubry, ministre de l’emploi et de la solidarité, comme conseiller technique chargé de l’emploi des jeunes (1997-1998), puis comme conseiller chargé des affaires politiques (1998-2000). Le titre, « affaires politiques », dit tout du lien ancien qui les unit.

En « affaires politiques », il est donc aujourd’hui l’agent de liaison de Martine Aubry avec Olivier Besancenot et les partisans de ce qu’on appelle la « gauche radicale ». Cette « liaison » est évidemment conflictuelle, le NPA se refusant à toute alliance gouvernementale, mais elle est utile, au moins pour deux raisons. En période de mouvements sociaux, comme celui mené actuellement contre la réforme des retraites, il est bon que les militants socialistes voisinent dans la rue avec ceux  de leurs alliés traditionnels mais aussi avec ceux du NPA, manière de montrer au « peuple de gauche » que le PS, tel que le mène Martine Aubry, est bel et bien ancré à gauche.

Dans la perspective des primaires socialistes, la première secrétaire sait que les sympathisants de la « gauche de la gauche » pourraient participer au vote, dans une proportion non négligeable. Entretenir, resserrer même ces liens avec elle et jusqu’au NPA peut s’avérer payant. La droite peut bien dénoncer ce pacte « gauchisant », cela sert objectivement les intérêts immédiats de la première secrétaire du PS.

Pour la troisième phase de l’action de Martine Aubry, il faudra patienter. Tout dépend des primaires socialistes à l’automne 2011 et, avant elle, de la décision de Dominique Strauss-Kahn d’en être ou pas. Si le très probable « pacte de Marrakech » de l’été 2008 les a unis pour la prise de contrôle de l’appareil du PS, il ne prévoit pas d’accord de désistement réciproque automatique aux primaires. Beaucoup soutiennent qu’ils ne partiront pas l’un contre l’autre ; peut-être. D’autres affirment au contraire qu’un débat public les opposant serait de haute volée et éclairant sur les termes possibles d’une alternative de gauche à Nicolas Sarkozy. Ce débat aurait encore l’avantage de mobiliser, et peut-être massivement, l’électorat de gauche lors des primaires. Mais nul ne peut dire aujourd’hui ce qu’ils feront l’un et l’autre, et vraisemblablement ne le savent-ils pas eux-mêmes à ce jour.

En experte des rythmes politiques, Martine Aubry voudrait que DSK se déclare avant la fin de l’année ou au tout début de l’autre, quitte à ne confier sa décision qu’à elle et qu’elle soit rendue publique plus tard, en juin, au commencement de la procédure officielle des primaires. Cela permettrait aux équipes des uns et des autres de travailler efficacement à la rédaction d’un projet présidentiel, qu’il soit commun ou concurrentiel, puis de le populariser avant de le soumettre au vote des sympathisants convoqués aux urnes en octobre 2011.

Au-delà, si elle devait porter les espoirs socialistes à la présidentielle, Martine Aubry entamerait alors la troisième phase de son action. Candidate désignée par un suffrage quasi universel, elle se souviendrait alors, et nous avec elle, qu’elle est la fille de Jacques Delors, européenne et sociale, en bref, capable de rassembler, au-delà de son camp, les fédéralistes et démocrates sociaux fâchés dès aujourd’hui, et certainement demain encore, avec le sarkozysme et son repositionnement nationaliste et populiste. Martine Delors, présidente ?

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21 juin 2010 1 21 /06 /juin /2010 11:19

Le chapiteau de la Fête de la Rose, dans le Parc Gérard-Philippe, à Cergy, dimanche 20 juin 2010...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le stand du groupe des élus socialistes & apparentés du Conseil général du Val-d'Oise.

Installation du stand des Jeunes socialistes du Val d'Oise avec leur machine à glaces italiennes.

Elise Pietrobon, trésorière du MJS 95

Accueil de Claude Bartolone par Benoît Rogeon, secrétaire général des Jeunes socialistes du Val-d'Oise... le président du conseil général de Seine-Saint-Denis...

... en profite pour s'informer de la méthode de préparation des Barbapapa...

Bernard Angels, sénateur, maire d'Ecouen, accueille Claude Bartolone...

La fête de la Rose a été l'occasion de rencontrer nos partenaires politiques : à gauche, Albine Caillié, responsable de la Coordination des élus écologistes & citoyens (CEECVO), et à droite, Jean-Michel Ruiz, secrétaire départemental du PCF...

un débat politique inédit, rassemblant nos partenaires syndicaux (UNSA, CGT) et politiques, a par ailleurs été organisé sur le projet socialiste de "nouveau modèle de développement économique, social et écologique"... Le secrétaire départemental du PCF et le premier secrétaire fédéral du PS ont d'ailleurs tous les deux salué le travail accompli dans le Comité départemental de liaison de la gauche, animé par Frédéric Faravel, secrétaire fédéral du PS aux relations extérieures...

La fête de la Rose a par ailleurs été l'occasion de partager un repas entre militants de tous âges...

... dans la convivialité et la bonne humeur... On apperçoit Emmanuel Maurel, Vice Président du conseil régional, conseiller municipal de Persan, secrétaire fédéral aux élections et secrétaire national aux universités d'été et permanente...

Le cadre du Parc Gérard-Philippe se prêtait par ailleurs à un dimanche bucolique... on apperçoit ici Charlotte Brun, conseillère régionale, première adjointe au maire d'Ecouen et secrétaire nationale du PS, ainsi que Fanny Boyer, secrétaire fédérale du PS à l'international et à l'Europe...

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