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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube.
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Gauche Républicaine & Socialiste

19 juin 2010 6 19 /06 /juin /2010 11:10

Buffet quitte la tête du PCF sur une "manifestation unitaire"

Toute la gauche s'est retrouvée au 35e congrès du Parti communiste français pour saluer le départ de Marie-George Buffet après neuf ans à la tête du Parti. Pierre Laurent doit lui succéder.

Marie-George Buffet quitte la tête du PCF (AFP) Marie-George Buffet quitte la tête du PCF (AFP)

Marie-George Buffet a fait ses adieux à la tête du Parti communiste français (PCF) vendredi 18 juin. Toute la gauche s'est retrouvée pour l'occasion, de Martine Aubry à Olivier Besancenot et Jean-Luc Mélenchon dont les velléités présidentielles agacent nombre de communistes réunis au 35e congrès.

Après neuf ans comme numéro un du PCF, l'ancienne ministre des Sports qui restera membre de la direction s'est félicitée d'avoir devant elle Martine Aubry (PS) et Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche) - ses ex-collègues du gouvernement Jospin -, mais aussi Cécile Duflot (Verts), Olivier Besancenot (NPA), Arlette Laguiller et Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière).

"Pourrait partir d'ici une manifestation unitaire qui aurait une sacrée allure", a déclaré Marie-George Buffet, visiblement émue à la fin de son discours devant une salle debout applaudissant longuement. "Ce n'est pas une mise au vert, plus les jours passent, plus mes petits enfants grandissent, plus j'ai envie de militer, plus je me sens profondément communiste et féministe", a-t-elle dit.

 

Au-delà des désaccords

Les trois responsables du NPA et de LO ont été les seuls à ne pas monter sur la tribune pour la photo de famille. "Ca m'a paru être la photo du futur gouvernement", a expliqué Arlette Laguiller, un verre de champagne à la main lors de la réception finale.

Martine Aubry, qui a offert à Marie-George Buffet un foulard en cadeau, a dit toute son "amitié" à l'ex-numéro un communiste, "une femme véritablement de gauche qui n'a jamais renoncé à ses valeurs" et avec qui elle a travaillé "en toute confiance" durant les années Jospin (1997-2002).

Cécile Duflot lui a également rendu hommage, Marie-George Buffet faisant partie de ces gens qui sont "plus des êtres humains que des combattants".

"Au-delà des désaccords notamment durant la "gauche plurielle", on a eu des combats communs comme le Traité constitutionnel européen, le CPE et aujourd'hui la bataille des retraites", a reconnu Olivier Besancenot, arrivé en retard au discours. Nathalie Arthaud, elle, n'est "pas venue saluer l'ancienne ministre" mais la militante communiste.

Un candidat communiste pour la présidentielle

Quant à Jean-Luc Mélenchon, dont beaucoup craignent qu'ils ne fassent une OPA sur le PCF d'ici la présidentielle de 2012, il a salué la "loyauté" de Marie-George Buffet qui a été "un levier dans l'extraordinaire aventure du Front de gauche", au milieu d'une nuée de caméras à son arrivée dans l'amphithéâtre du Cnit de La Défense.

Mais l'éventuelle candidature du président du Parti de gauche crispe dans les allées du congrès. "Il faut un candidat communiste à la présidentielle", a lancé devant les délégués André Gerin, assez applaudi.

Souhaitant que le PCF se décide sur les candidatures avant la fin de l'année et non au congrès de juin 2011 comme le prévoit la direction, le député "orthodoxe" du Rhône déplore "l'effacement du PCF" auquel aspire selon lui Jean-Luc Mélenchon.

Opposé à l'"enfermement" du PCF dans la gauche de la gauche, Daniel Cirera (Communisme21) a déploré que la direction, en décidant quelques jours avant le congrès d'un "programme partagé" avec le FG pour 2012, ait mis les communistes devant le "fait accompli".

"Incolore, inodore et sans saveur"

Alors qu'une résolution de synthèse doit être votée samedi, Pierre Laurent qui doit succéder à Marie-George Buffet dimanche lors du vote des 600 délégués, s'est dit "confiant" sur le désir des communistes de "confirmer et amplifier le rassemblement du Front de gauche".

Son seul concurrent au poste de secrétaire national, l'eurodéputé Jacky Hénin, est conscient de n'avoir aucune chance. Mais "il est des moments où il faut savoir dire trop c'est trop", explique l'ancien maire de Calais, déplorant que le PCF soit "devenu incolore, inodore et sans saveur".

(Nouvelobs.com avec AFP)

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15 avril 2010 4 15 /04 /avril /2010 11:25

A Montreuil, le divorce malvenu entre socialistes et Verts

La majorité de la maire Dominique Voynet a volé en éclats. De mauvais augure pour une future union de la gauche en 2012 ?

Dominique Voynet à Toulouse le 22 août 2008 (Audrey Cerdan/Rue89).

Deux ans après le passage de « Montreuil la rouge » au vert et rose, l'unité de la majorité municipale de cette ville de 105 000 habitants, la plus importante de Seine-Saint-Denis, a explosé il y a quelques semaines.

Loin des tentatives de rassemblement de la gauche au niveau national, la maire Dominique Voynet et ses alliés socialistes se sont déchirés sur la hausse des impôts locaux. Aujourd'hui, les élus rebelles sont dans l'opposition.

C'est pourtant l'alliance entre l'ancienne secrétaire nationale des Verts et une partie des socialistes montreuillois qui avait mis fin, en 2008, aux vingt-quatre années de règne de Jean-Pierre Brard, apparenté communiste.

Un exploit pour Dominique Voynet, après sa déroute à la présidentielle de 2007 (1,57% des voix). Un engagement lourd de conséquences pour les socialistes qui l'avaient rejointe : ils ont été exclus du Parti socialiste, qui soutenait le maire sortant. Il aura fallu deux ans de gouvernance et un désaccord sur le budget pour qu'éclate l'union vert-rose.

« Dominique Voynet a choisi d'utiliser la bombe atomique »

Petit rappel des faits. Après des mois de discussions sur le budget 2010 de la ville de Montreuil, dix élus boycottentretire à plusieurs de ces élus rebelles leur délégations. le conseil municipal du 18 février en signe de protestation contre l'augmentation des impôts locaux. Illico presto, Dominique Voynet

Parmi eux, Mouna Viprey, première adjointe à la maire de Montreuil (Education et Enfance), mais aussi Manuel Martinez, en charge de l'urbanisme, ou Daniel Chaize, adjoint à la Culture. Stupeur des ex-PS. Manuel Martinez, conseiller général de Montreuil, fait part de son incompréhension :

« Ce n'était pas un geste de rupture, mais un appel au dialogue car nous n'avions pas été entendus. Le boycott du conseil municipal se produit dans plein de villes, c'est banal. Ce qui n'est pas banal, c'est la réaction de Dominique Voynet. »

L'élu affirme par ailleurs ne pas avoir été prévenu par la maire de Montreuil, mais avoir appris la nouvelle par un communiqué des Verts. Peu après le conseil municipal, les portefeuilles des élus absents ont disparu du site Internet de la mairie de Montreuil.

« Même Jean-Pierre Brard n'a jamais rompu avec des partenaires politiques opposés à ses idées », souligne Mouna Viprey. « Dominique Voynet a choisi d'utiliser la bombe atomique. Nous sommes devenus des bannis. »

« Je ne me trouve pas autoritaire »

Lors du boycott, « les bras nous en sont tombés », raconte de son côté la sénateur-maire de Montreuil, qui explique sa décision à Rue89 :

« C'était un geste de déloyauté relativement sévère. Les autres membres de la majorité se sont sentis insultés et agressés par cette façon de faire.

Dans la foulée, on s'est réuni à 31 et on a voté [le retrait des délégations] à l'unanimité, et pas à ma demande -j'étais plutôt sur une position plus réservée, pensant que c'était pas la peine d'en rajouter. »

Ses anciens alliés l'accusent d'être autoritaire. « Injuste », rétorque Domnique Voynet, qui met en avant sa gouvernance collégiale :

« Je ne me trouve pas autoritaire, c'est mon rôle de trancher. S'il n'y a pas de consensus, la minorité doit se rallier au vote majoritaire, ou sortir de la majorité. Si elle en sort, elle ne peut pas trouver étrange d'être sanctionnée. »

Dominique Voynet parle de « suspension des délégations, le temps que les choses s'éclaircissent ». Mais c'est un dialogue de sourd qui s'installe, en dépit de la recherche de conciliation affichée par les deux parties.

Lors du conseil municipal du 25 mars, les dix meneurs du boycott votent contre la hausse du taux des impôts locaux, ce qui ne suffit pas à empêcher son adoption. Mouna Viprey revient sur le litige qui l'oppose à la maire de Montreuil. (Voir la vidéo, à la 8e minute)


La hausse des impôts locaux, pomme de discorde

Les ex-PS expliquent avoir refusé une hausse des impôts locaux par respect des promesses électorales. Après de nombreuses discussions, ils avaient concédé une augmentation de 6%.

Le vote du conseil a entériné une hausse de 8% pour la taxe d'habitation et de 12% pour la taxe foncière. Dominique Voynet défend cette mesure impopulaire :

« Pour 96% des habitants, la hausse de la taxe d'habitation sera inférieure à 10 euros par an. »

L'ancienne ministre du gouvernement Jospin convient qu'elle revient ainsi sur un engagement de campagne. Mais elle interroge :

« Quelles autres promesses devrait-on trahir, alors ? On a aussi promis de construire des infrastructures, comme le parc aquatique, réduire les inégalités entre le Bas-Montreuil, bobo, et le Haut-Montreuil. »

Les Verts et les socialistes auraient-ils trop promis ? « On n'a pas fait beaucoup de promesses, on connaissait l'endettement de la ville », assure Dominique Voynet. Selon elle, la crise économique a fait exploser les dépenses de Montreuil.

Dominique Voynet évoque aussi, dans les explications de la crise, « des différences culturelles » et les problèmes inhérents au Parti socialiste :

« A Montreuil les strausskhaniens sont restés avec moi, les fabusiens sont sortis récemment de la majorité et les royalistes et des hamoniens sont dans l'opposition.

Le problème numéro un, c'est le le dialogue entre eux. C'est peut-être parce que leurs problèmes ont été importés dans la majorité municipale que nous avons été en tension. »

Pour Mouna Viprey, « Dominique Voynet n'a pas supporté que ses partenaires politiques ne s'assoient pas sur leurs convictions ».

Jean-Pierre Brard, l'ancien maire apparenté communiste chassé par la coalition vert-rose soupçonne quant à lui un conflit d'intérêts en vue des prochaines législatives :

« Dominique Voynet a décidé d'y aller, mais Mouna Viprey le souhaite aussi. C'est plutôt triste pour la ville : elles étaient d'accord pour me l'arracher et aujourd'hui elles se déchirent. »

Le « problème Montreuil » : une séparation inopportune

La rupture semble donc consommée. Le couple Voynet-Viprey s'était uni en 2008, pour un mariage de raison auquel avait succédé une relation amicale.

La première adjointe de Montreuil évoque son « affection sincère pour Dominique Voynet malgré un désaccord politique profond ». Dominique Voynet, elle, se souvient avec émotion de « Mouna » :

« On a mené la campagne municipale ensemble. Sans elle, je n'aurai pas gagné, ni elle sans moi. C'est quelqu'un avec qui je me serais bien vue partir en vacances. »

La maire de Montreuil regrette la rupture avec sa première adjointe. Elle évoque également sa souffrance et réaffirme sa foi en une gauche unie, à Montreuil comme sur le plan national. (Voir la vidéo)


Alors que la gauche tente de se rassembler pour 2012, la querelle qui agite Montreuil fait effectivement désordre. Le président du conseil général de Seine-Saint-Denis, Claude Bartolone, en est conscient, comme l'indique Dominique Voynet. Elle se dit actuellement « en tension » avec l'élu socialiste :

« Claude Bartolone est un peu fâché qu'on n'ait pas réussi à régler le “problème Montreuil”, alors qu'on essaie au niveau national de montrer que PS et Verts, c'est solide. »

Dominique Voynet assure pourtant que sa majorité pourrait soutenir la candidature de la première adjointe déchue aux législatives de 2012.

En réponse à la sénatrice verte, Mouna Viprey pose les conditions d'un éventuel rabibochage, exigeant que Dominique Voynet respecte davantage ses partenaires politiques. (Voir la vidéo)


Parmi les Montreuillois interrogés sur l'éclatement de la majorité municipale de leur ville, peu sont au courant.

Photo : Dominique Voynet à Toulouse le 22 août 2008, lors des Journées d'été des Verts (Audrey Cerdan/Rue89).

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1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 16:28

Supprimer les "triangulaires" ?...La menace de la droite établie sur un mensonge

Il n'y aurait jamais eu de "triangulaires", la semaine dernière, si les élections régionales avaient été des "législatives"...

Quelque 80 circonscriptions UMP-Nouveau Centre basculeraient au profit du Parti socialiste si on projetait les résultats du premier tour des élections régionales, le 14 mars, sur les circonscriptions législatives, selon une étude réalisée par l'Observatoire de la vie politique et parlementaire.

Toutefois, a souligné jeudi à l'AFP son directeur Denys Pouillard, ces analyses, en particulier la liste des circonscriptions en situation de permutation, "ne peuvent avoir qu'une valeur historique puisqu'aux prochaines élections législatives la carte électorale présentera des contours nouveaux".

Par ailleurs, souligne M. Pouillard, le Front national n'a atteint dans aucune circonscription le seuil des 12,5% des inscrits requis dans des élections nationales pour participer à une triangulaire (et non des votants). "Il n'y aurait jamais eu de triangulaires si les élections régionales avaient été des législatives", a-t-il dit. Le FN ne réalise que dans 11 circonscriptions, entre 10 et 12,25% des inscrits.

De son côté, Europe Ecologie n'atteint les 12,5% que dans deux circonscriptions et réalise entre 10 et 12,5% dans 10 circonscriptions. Le Front de gauche n'atteint les 12,5% que dans trois circonscriptions et entre 10 et 12,5 % dans une seule. Le PS dépasse les 12,5% dans 305 circonscriptions et l'UMP dans 194.

En revanche, comme la loi autorise les candidats arrivés en seconde position à se présenter au second tour, on relève près de soixante-dix duels virtuels, hors les confrontations traditionnelles PS/UMP: 7 duels UMP/FN, 29 duels PS/FN, un duel PC/FN, un duel PC/UMP, 6 duels PC/PS, 13 duels PS/Ecol, 6 duels UMP/Ecol, 5 duels PS/Modem.

Parmi les circonscriptions UMP-NC qui passeraient au PS, l'observatoire relève la 5e des Bouches-du-Rhône, détenue par Renaud Muselier, où le PS a obtenu 27,38% des voix, les écologistes 12,52%, et le FN 20,22% avec une abstention de 56,69%.

Dans la 3e des Côtes-d'Armor (Marc Lefur), l'UMP ne réalise que 21,91% avec un taux d'abstention à 48,64%. Le PS est à 39,2% et le Modem à 9,27%.

Le PS et l'UMP sont à égalité (24,18% et 24,51%) dans la 3e de la Drôme (Hervé Mariton), mais Europe Ecologie obtient 20,83% et le Front de gauche 7,24%.

Le PS devance l'UMP dans la 5e de l'Ille-et-Vilaine (Pierre Méhaignerie), 30,66% contre 29,97%, avec les écologistes à 14,83% et le Modem à 6,22%.

Dans le 1e du Jura (Jacques Pélissard), la liste de l'UMP (28,65% est à égalité avec celle du PS (28,49%) qui dispose d'une réserve de voix avec les votes écologistes (11%).

La liste UMP (30,73%) est distancée par le PS-Union de la gauche (32,57%) dans la 1e de Meurthe-et-Moselle (Laurent Hénart, tête de liste régionale).

La liste PS totalise 28,15% des voix dans la 8e circonscription de Seine-et-Marne (Chantal Brunel), Europe Ecologie 17,06%, le Front de gauche 5,99%, face à 23,91% pour l'UMP, et avec un taux d'abstention record de 61,42%.

Résultats complets consultables sur le site http://www.vielocale-viepublique.fr.

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21 janvier 2010 4 21 /01 /janvier /2010 17:27

Leïla Chaibi (NPA)

Le jour où Olivier Besancenot annonçait sa candidature comme tête de liste en Ile-de-France, une autre figure du NPA annonçait son retrait de la campagne. Leila Chaibi, chef de file médiatique de l’Appel et la pioche, un collectif qui organise des pique-niques sauvages dans les supermarchés, critique vertement l’attitude de son parti et surtout son refus d’une alliance avec le Front de gauche.

“Le choix de partir seul aux élections régionales est pour moi l’expression de l’échec du projet NPA”, explique-t-elle sur le site.

La jeune femme, qui est l’une des représentantes de la “minorité unitaire” au NPA, est particulièrement en colère contre le préalable avancé par les amis de M. Besancenot pour des listes unitaires : le refus de participer aux exécutifs régionaux. Un prétexte, assure-t-elle. “En réalité, cette histoire d’exécutifs n’était qu’une excuse pour ne pas faire l’unité. Tout comme, à l’époque des élections européennes, l’argument du “front durable” n’était qu’une excuse pour partir tout seul”, écrit-elle. A ses yeux, le NPA a tout fait pour rompre les négociations.

Cette épisode l’a rendue amère. Et l’interroge sur la sincérité des dirigeants du NPA quand ils parlent d’un “nouveau parti ouvert”. “Si le NPA sert uniquement à appeler à la grève générale de façon incantatoire, pas la peine d’avoir choisi la forme ”parti”, un syndicat aurait fait l’affaire.Si le but du NPA, c’est d’attendre la révolution, je préfère rester couchée d’ici là”, assure-t-elle.

Pour l’heure, comme elle a démissionné de la direction nationale, elle annonce son retrait de la campagne. Et prévient qu’elle se battra à l’intérieur de son parti mais aussi dans les débats de toutes “les composantes de la gauche radicale”.

Sylvia Zappi

 

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20 juillet 2009 1 20 /07 /juillet /2009 08:15
Le second tour de l'élection municipale partielle d'Aix-en-Provence ce dimanche 19 juillet 2009 se solde par une nouvelle victoire à l'arraché de la maire invalidée, Maryse Joissains (UMP). 187 voix la sépare de la coalition PS-Modém-Les Verts-PRG, qui ne recueille que 49,78% des suffrages, avec une participation en hausse de 6 points entre les deux tours.
La faiblesse de l'écart, la probabilité extrême que le candidat socialiste Alexandre Medvedovsky et la singularité de la situation politique aixoise ne peuvent cependant masquer la défaite de la liste coalisée contre la maire sortante, la faillite d'une stratégie politique, qui avait déjà démontré ses limites à plusieurs occasions lors des municipales ordinaires ou partielles de l'année écoulée.

http://medias.lemonde.fr/mmpub/edt/ill/2009/07/20/h_9_ill_1220619_5939_231161.jpgÉvacuons dès à présent les éléments qui font de la Ville d'Aix-en-Provence un cas particulier. Les deux candidats têtes de liste cristallisent sur leur figure des oppositions fortes et caricatirales, le côté populiste et un brin vulgaire de la maire UMP dans cette ville si bourgeoise des Bouches-du-Rhône, le côté polissé et boboïsé de l'ancien maire socialiste (toujours tête de liste) d'une ville qui n'a jamais été franchement de gauche et aux basques duquel s'accrochent toujours une rumeur locale et infondée de concussion. La campagne s'est déroulée dans la tension et l'exagération que des personnages de Pagnol n'auraient pas mieux illustré, un tract diffamatoire servira comme pour le scrutin de mars 2008, associé à une expertise de la gestion des procurations, de prétexte pour demander un recours en annulation de l'élection. Sans être monolithique socialement, Aix-en-Provence est une ville de droite, bourgeoise et qui se vit comme telle face à ses voisines populaires d'Arles, Aubagne et Marseille : les représentations jouent donc sûrement à plein dans le scrutin. N'oublions pas non plus l'image déformée qu'offre la vitalité étudiante de la Ville pour rappeler à la fois l'exaspération que suscite dans une partie de la population les mobilisations étudiantes et les blocages de facultés qui ont fleuri ces dernières années, et le fait que les étudiants aixois pour habiter dans les résidences étudiantes ne sont pas inscrits sur les listes électorales de la commune. L'image caricaturale de la maire UMP et de sa politique municipale lui ont coûté le soutien du centre droit : les opposants de Maryse Joissains auront conclu de la triangulaire de mars 2008 que c'était là seul la cause de sa réélection. Or aujourd'hui, l'UMP se retrouve - ne serait-ce que pour un temps - avec une large majorité absolue au conseil municipal et la coalition n'a pas réussi à renverser l'équipe sortante.

En effet, il faudra contester l'idée saugrenue que la gauche ne peut prendre les Villes bourgeoises qu'en s'élargissant au centre et au centre droit ; les camarades d'Eaubonne et de Montmorency dans le Val-d'Oise ont démontré que les divisions de la droite suffisent à réussir des hold-up électoraux, charge ensuite aux équipes municipales de transformer l'essai de la reconduction lors de l'élection suivante en misant sur la légitimité municipale - facteur psychologique puissant dans ces communes - sans jamais renier quoi que ce soit de son identité politique et de son projet.
Le cas d'Aix-en-Provence révèle le caractère particulièrement incohérent de l'identité du Modém - en a-t-il réellement une d'ailleurs, si ce n'est l'attachement à son candidat à l'élection présidentielle dont l'aura est déjà largement écornée après les échecs de Pau et des Européennes ? : en effet, François-Xavier de Peretti, leader local du Modém, n'a pas grand chose à voir avec son voisin écolo-centriste Benhamias qui vibrionne sans succès à Marseille. Nous sommes là en présence d'un représentant on ne peut plus traditionnel de la droite modérée locale, si distante d'un Parti socialiste hégémonique dans les Bouches-du-Rhône, qui pour être lui aussi fort modéré (et plus encore avec le cas Medvedovsky), n'en a pas moins fortement mené des politiques sociales marquées afin de s'assurer historiquement le soutien des catégories populaires, extrêmement majoritaires dans le département.
Le scrutin de 2008 n'était d'ailleurs pas si négatif pour le Parti socialiste et ses alliés de gauche à Aix ; il reccueillait près de 43%, contre 44,3% à l'UMP et 12,8% au Modém. Le constat pouvait être fait dès le lendemain du premier tour de juillet 2009, les opposants à la maire sortante étaient en net recul par rapport à l'année écoulée, toutes catégories confondues. Le choix d'une alliance dès le premier tour entre le Parti socialiste et le Modém - en parfaite incohérence politique et fondé essentiellement sur le réflexe anti-Joissains - a dès le départ divisé la gauche, réduit la dynamique électorale et instillé le doute sur la pertinence du projet municipal des opposants à l'UMP aixoise.

Comme on l'a vu à plusieurs reprises tout frein au plus large rassemblement à gauche (hors des terres où la gauche rassemble 70 à 80% des suffrages et ne connaît pas de réelle opposition de droite) fait perdre des voix à un Parti socialiste qui est - comme le disait l'un de ces spécialistes électoraux - un parti de second tour. Empêcher l'union de la gauche au premier tour par le choix stratégique contestable de l'alliance avec le Modém, puis la restreindre au second par l'impossibilité d'avoir la participation du Front de Gauche local a sans doute coûté des voix à la gauche, atténué la mobilisation électorale et in fine coûté la ville. Notons au passage que la division de la gauche a été nuisible à tous les acteurs de la gauche : le PS qui fait un mauvais score au premier tour en alliance avec le Modém, les Verts qui font également un mauvais score malgré le souvenir encore frai des élections européennes et le Front de Gauche qui également ne tient pas les promesses des sondages locaux... Message à tous ceux qui pensent faire leur miel sur un champ de bataille campé sur un champ de ruines !
Cette conjugaison des contraires - coalition hétéroclite PS-Modém-Les Verts-PRG, avec soutien sans participation du PCF et du PG - n'aura eu pour seul résultat que de mobiliser les fonds de tiroir de l'électorat de droite conservateur, qui s'était déjà fortement mobilisé dès le premier tour de la partielle. Bien que le score de Mme Joissains fut excellent dès le 12 juillet 2009, la cristallisation du second tour a incité les électeurs de l'UMP à faire bloc pour conjurer un danger finalement peu probable, quand l'incohérence politique de la coalition des opposants restreignait sa capacité à mobiliser. Les 6 points d'augmentation de la participation entre les deux tours se sont donc faits largement au profit de la maire UMP.
Dans le Val d'Oise, les municipales de Sannois et Montmagny avaient déjà été perdues par la gauche sur un schéma identique, avec deux sociologies électorales assez différentes.

Concluons enfin par un petit retour sur Hénin-Beaumont pour tempérer les enthousiasmes autour du Front Républicain, et rappeler que localement celui-ci est parfaitement en trompe-l'oeil, l'UMP et le Modém n'existant pas ou peu électoralement dans cette ville du Pas-de-Calais... D'autre part, il se peut que la cristallisation autour de Marine Le Pen ait fini par coûter l'écharpe de maire à Steeve Briois.

Frédéric Faravel

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23 juin 2009 2 23 /06 /juin /2009 08:33
"Tout ça pour ça ?", et après ?

Le congrès de Versailles du lundi 22 juin 2009 ne restera dans l'histoire que pour la simple et unique raison qu'il fut la première traduction pratique de la rupture avec la tradition républicaine instaurée par la IIIème République, qui interdisait au Président de la République de s'exprimer devant les deux assemblées. Souvenir méfiant des coups d'Etat Bonapartistes de 1798 et de 1851, symbôle historique brisé qui en dit long sur le respect qu'à le Petit Nicolas de l'Histoire et de la République.


Après ? Rien d'historique justement... une confirmation de l'effacement définitif du Premier ministre et un Président de la République, qui à la fois fait des pieds et des mains pour qu'on lui accorde une attention et un respect qu'aucun de ses prédécesseurs n'ont recherché et qui prononce un discours à faire douter de ses capacités à enfiler le costume de Président de la République. Le modèle de Sarkozy serait, non les tenants de la famille Bonaparte, mais le Président des Etats-Unis d'Amérique en général et son discours sur l'Etat de l'Union ; cependant outre le fait que POTUS répond à l'invitation du Congrès et ne convoque pas les assemblées comme l'a fait Nicolas le Petit, le discours prononcé hier était très en deçà du pire des plus soporifiques discours sur l'Etat de l'Union.
Et après ? une confirmation encore, celle que les accents de la campagne des présidentielles, où Sarkozy vantait un modèle anglo-saxon libéral et compatible avec une mondialisation du même accabit, ont définitivement cédé face à la réalité et à la crise : aujourd'hui on vante le modéle social républicain, on fustige une mondialisation financière, on dénonce ceux qui autrefois avec Sarkozy donnaient des leçons sur la bonne tenur des comptes publiques auraient provoqué des déficits plus colossaux encore. Bah, Sarkozy n'a pas osé cette fois-ci citer Blum ou Jaurès, mais il faudra sans relâche rappeler à nos concitoyens quelle société le candidat Sarkozy promettait en 2007 et quelle tonalité contradictoire prend aujourd'hui son discours. Rappeler une autre confirmation toujours, celle que son discours d'aujourd'hui et celui qu'il tient au niveau international est en contradiction complète avec l'action menée par son gouvernement. Il est temps que nous réussissions à déciller les yeux des Français, car brosser les gens dans le sens du poil avec bons sentiments et phrases creuses, passe encore, mais les endormir ainsi pour les briser confine au comble de l'imposture et de la malhonnêteté : bouclier fiscal, pouvoir d'achat en berne, franchise médicale, attaques sur l'école publique, fragilisation des services publics et de la fonction publique, privatisation de la poste, etc., la liste est longue et non content de faire des classes populaires et des classes moyennes leurs premières victimes, toutes ces mesures sont inefficaces et contre-productives...

Mais après ? Le discours préparé par Guaino pour le Congrès de Versailles n'avait finalement qu'un objectif - les grandes annonces ayant été passées par pertes et profits -, celui de réduire au silence une opposition fragilisée en adoptant une partie de son discours. Nous ne pouvons donc nous contenter de rappeler ce que je disais plus haut, la contradiction entre les discours d'hier et d'aujourd'hui, la contradiction entre les discours d'aujourd'hui et les actes. Il nous faut le mettre au pied du mur : Sarkozy veut-il emprunter des thématiques et des propositions issues de la gauche ? et bien qu'à cela ne tienne, contrairement à ce que considère le petit monde médiatique, le Parti socialiste et ses partenaires ne manquent pas de propositions ici ou là - c'est le projet global et cohérent, inscrit dans une stratégie de conquête, qui fait défaut -, nous pouvons donc aller sur ce terrain et répondre point par point au discours de Sarkozyet aux phrases creuses qui lui servaient hier de propositions : Nicolas Sarkozy veut redéfinir la distribution des bénéfices pour en faire profiter ceux qui travaillent : chiche ! Le président veut pousser au maximum la taxe carbone ! Chiche ! Il renonce à la discrimination positive par des critères ethniques et parle maintenant de critères sociaux ! Chiche ! Tout cela apparatient au vocabulaire et au code génétique de la gauche, revenons au Parlement et posons notre travail... de deux choses l'une, soit le Gouvernement et Sarkozy ne pourront pas faire autrement que de jouer le jeu et cela risque pour eux de créer des dissensions parmi leurs troupes tout en faisant éventuellement avancer certains dossiers, soit - et c'est sans doute le plus probable - nous pourrons constater une fois de plus avec cette fois-ci une démonstration claire pour l'opinion publique que les pronunciamento sarkozien n'ont aucune portée quand il s'agit de faire autre chose que ce qui est compatible avec le logiciel conservateur et réactionnaire dont le Président de la République est le pur produit.

Nous passerons d'un anti-sarkozisme défensif, inopérant et inaudible jusqu'ici, à une opposition offensive qui s'offre une perspective sérieuse de renverser le petit homme de l'Elysée en 2012. Car ce même travail doit évidemment participer de l'élaboration d'une alternative et doit se faire dans la plus grande coopération possible avec nos partenaires de gauche.

Frédéric Faravel

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5 février 2009 4 05 /02 /février /2009 17:09
Les partis et organisations de gauche réunies mardi 3 février à Paris se félicitent de l'ampleur du succès de la mobilisation sociale du 29 janvier. L'importance des grèves et des manifestations qui ont marqué cette journée témoigne d'un rejet massif des choix politiques du gouvernement Sarkozy-Fillon, marque une colère légitime face aux vagues actuelles de licenciements et de suppressions d'emplois, dans le privé comme dans le public, confirme l'exigence d'un « bouclier social » à l'opposé du « bouclier fiscal » pour les plus riches, et de mesures en faveur de l'emploi et des salaires à l'opposé des choix du gouvernement qui distribue sans contrepartie des milliards aux banques et aux grandes groupes.


Le message de la journée du 29 janvier est clair. Ce n'est pas au monde du travail, à la population de payer la crise. Contrairement à ce que vient d'affirmer le Premier ministre, la journée du 29 janvier porte clairement la demande d'un changement de cap, notamment sur les questions des salaires, de l'emploi, des services publics. Nicolas Sarkozy et le gouvernement ne peuvent se dérober à ces exigences et ignorer les grands axes avancés dans la plate-forme syndicale unitaire.

Plus largement, un très grand débat public est nécessaire dans le pays sur les mesures alternatives aux choix politiques actuels qui permettront de s'attaquer réellement et efficacement aux racines de cette crise et d’imposer une autre répartition des richesses et un autre type de développement.

Les organisations réunies apportent leur soutien aux mobilisations qui se développent ces jours ci dans l'éducation, dans l'enseignement supérieur et la recherche où le gouvernement doit revenir sur la loi Pécresse et ses décrets d'application, dans les hôpitaux et la santé, où l'inscription à l'ordre du jour du Parlement le 10 février prochain du projet de loi Bachelot doit être annulée. Parce que ces textes représentent des attaques inacceptables contre les services publics, elles appellent à prendre et à soutenir dans les jours qui viennent les initiatives nécessaires pour les combattre.

Elles s'alarment dans ce contexte des atteintes répétées aux libertés publiques et syndicales, qui en cherchant à intimider les mouvements de contestation, conduisent à une inquiétante dérive autoritaire du pouvoir qu'elles ne peuvent accepter.

Enfin, elles tiennent à apporter leur soutien à l'imposant mouvement social qui mobilise depuis plusieurs semaines la Guadeloupe, et demandent au gouvernement d'engager au plus vite de réelles négociations sur les revendications exprimées, notamment sur la question du pouvoir d'achat.

Les organisations réunies ont convenu de se revoir après l'intervention télévisée présidentielle du 5 février et la réunion des organisations syndicales prévue le 9 février pour décider de la suite de leur démarche commune en appui du mouvement social.

Signataires:
Les Alternatifs, la Coordination nationale des collectifs unitaires (CNCU), Lutte Ouvrière, le MRC, le NPA, le PCF, le PCOF, le Parti de gauche, le PS, Alternative Démocratie Socialisme (ADS), Alter-Ekolo.

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12 décembre 2008 5 12 /12 /décembre /2008 20:46
Congrès du PCF : une liste surprise s'oppose à Marie-George Buffet
LEMONDE.FR | 12.12.08 | 17h42  •  Mis à jour le 12.12.08 | 19h26

e congrès du PCF s'est soudain tendu, vendredi 12 décembre, avec l'annonce d'une liste alternative à celle proposée par la direction. Presentée par Marie-Pierre Vieu, secrétaire fédérale des Hautes-Pyrénées, et intitulée "Ensemble pour une alternative communiste", cette liste rassemble divers courants exclus de la majorité par Marie-George Buffet. Ainsi que les opposants à la ligne de réaffirmation identitaire impulsée par Mme Buffet et ses proches.
Cette liste est parrainée par de "grands anciens", comme l'ancien secrétaire général de la CGT, Georges Séguy, l'ex-ministre de la santé, Jack Ralite, le philosophe Lucien Sève, mais aussi des représentants de sensibilités diverses comme Roger Martelli, Pierre Zarka et Jean-Claude Gayssot. On retrouve sur cette liste des élus comme Pierre Mansat, adjoint au maire de Paris, Pierrre Mathieu, vice-président du conseil régional de Champagne-Ardenne, ou encore Dominique Grador, adjointe au maire de Tulle, François Hollande.

SIGNES DE RAIDISSEMENT

Ces militants se sont inquiétés des signes de raidissement de la part de la majorité et demandent l'ouverture d'un débat sur "la transformation du PCF". "Les communistes sont inquiets pour l'avenir de leur parti, il faut qu'il se passe quelque chose au PCF et que cela se voie", a lancé Bernard Calabuigh, un des animateurs des Communistes unitaires.

Les dernières discussions de la commission des amendements qui travaille sur le texte d'orientation ont fini de les convaincre que le débat restait fermé : plusieurs amendements ont demandé la suppression des mots "métamorphose nécessaire du PCF".


Sylvia Zappi

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28 novembre 2008 5 28 /11 /novembre /2008 17:02
Point de vue
Improbable Die Linke à la française, par Jérôme Fourquet
LE MONDE | 28.11.08 | 13h59  •  Mis à jour le 28.11.08 | 13h59

près avoir quitté le Parti socialiste, Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez ont annoncé la création du Parti de gauche, qui se veut une réplique française de Die Linke. Quand on observe la scène politique allemande, on comprend bien pourquoi ce modèle est attractif et peut constituer une source d'inspiration pour nos socialistes en rupture de ban.

Die Linke, formation créée par l'union de dissidents du SPD et le PDS (les communistes est-allemands), s'est bien enracinée dans la vie politique outre-Rhin. Ce nouveau parti est présent dans les Parlements des six Länder de l'Est et parfois même dans leur gouvernement en coalition avec le SPD.

Il a également réussi une percée à l'ouest où il a franchi la barre des 5% (commandant l'accès aux Parlements régionaux) dans plusieurs Länder (Hesse, Hambourg, Basse-Saxe), ratant de peu récemment ces 5% dans la très conservatrice Bavière. Au plan national, les sondages créditent cette formation de bons scores (entre 10% et 12%).

Mais le contexte politique et les forces en présence à gauche diffèrent sensiblement de part et d'autre du Rhin, et la configuration apparaît moins favorable en France. Die Linke est aujourd'hui dirigée par Oskar Lafontaine, personnalité politique très connue en Allemagne : il a été pendant de longues années ministre-président de la Sarre, et a joué un rôle de premier plan en animant l'aile gauche du SPD national. En dépit de leur mandat, le poids politique de Marc Dolez et Jean-Luc Mélenchon n'est donc pas comparable avec celui de Lafontaine, qui sert de locomotive médiatique à ce parti.

Par ailleurs, le PDS - importante puissance électorale à l'est de l'Allemagne - a fourni les gros bataillons militants et électoraux de Die Linke. A cette force électorale, il faut ajouter des militants en rupture du SPD à l'ouest ainsi que de nombreux syndicalistes. Les forces sur lesquelles peuvent s'appuyer aujourd'hui Dolez et Mélenchon sont beaucoup plus limitées. Certes, la motion Hamon qu'ils soutenaient a recueilli près de 19% des voix lors du vote interne au PS, mais tous ces militants ne suivront pas les démissionnaires.

ESPACE PLUS RESTREINT

Lorsqu'il présenta une motion ("Forces militantes") au congrès du Mans en 2005, Dolez, bien que premier fédéral de la puissante fédération du Nord, n'obtint que 4,5%. Et si PRS, l'organisation de Mélenchon, fut très active et visible lors du référendum sur la Constitution européenne, elle ne compterait qu'assez peu d'adhérents.

Pour pallier ces difficultés, Mélenchon et Dolez ont annoncé une alliance avec le PC en vue des européennes. On rappellera que ce parti a connu de nombreux revers électoraux, qu'il est aujourd'hui profondément divisé et qu'il perd des adhérents. Son influence électorale ne peut être comparée à celle de son parti frère allemand.

En transposant en France l'influence du PDS dans les régions déshéritées et industrieuses de l'ancienne RDA, cela équivaudrait à un PCF obtenant entre 25% et 30% dans un ensemble regroupant Nord - Pas-de-Calais, Picardie, Haute-Normandie et Champagne-Ardennes... En dépit de cet affaiblissement, étant donné le poids comparé du PC et du Parti de gauche en termes de militants et d'élus, il y a fort à parier que les dissidents socialistes ne joueront pas les premiers rôles dans ce "front commun".

Enfin, si Die Linke connaît aujourd'hui des succès en Allemagne, cela ne tient pas uniquement à la personnalité de ses leaders ou à la puissance militante des organisations qui l'ont cofondée. Le contexte politique y est différent du nôtre : l'extrême gauche y est inexistante électoralement, contrairement à la France où Olivier Besancenot exerce une forte concurrence. En outre, en Allemagne, la critique dénonçant un recentrage des socialistes porte davantage, notamment parce que le SPD est engagé dans une grande coalition avec la CDU et mène une politique de réformes.

Ce virage social-libéral fut pris il y a un certain nombre d'années maintenant. Durant l'ère Schröder, le SPD, à la tête d'une coalition avec les Verts, réforma profondément le modèle social et les bases de l'Etat-providence, notamment avec les réformes Hartz aujourd'hui fortement décriées à gauche et par les syndicats. Si le libéral-socialisme est aussi dénoncé en France, il n'en demeure pas moins que le PS reste aujourd'hui - et notamment avec le gauchissement des discours à la suite de la crise financière - idéologiquement plus à gauche que le SPD.

Concurrencée par une extrême gauche conquérante et un PS à la direction "gauchisée", la déclinaison française de Die Linke jouira donc d'un espace politique plus restreint que sa consoeur germanique. Même si son discours peut rencontrer un certain écho auprès d'électeurs de gauche démoralisés par la crise du PS et radicalisés par la poursuite des réformes sarkozystes.


Jérôme Fourquet est directeur adjoint du département opinion et stratégies d'entreprise de l'IFOP.

Article paru dans l'édition du 29.11.08

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25 mars 2008 2 25 /03 /mars /2008 11:26
Vous pouvez lire ici les discours d'installation prononcés le jeudi 20 mars 2008 par :
  • Claude Bartolone, nouveau président du conseil général de la Seine-Saint-Denis ;
  • Didier Arnal, nouveau président du conseil général du Val d'Oise.

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