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Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube.
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Gauche Républicaine & Socialiste

22 décembre 2006 5 22 /12 /décembre /2006 14:32
Il est interdit de désespérer

par Denis Sieffert, directeur de Politis

Il faut en convenir : la chose n’est pas aisée à comprendre. D’ordinaire, la démocratie, c’est une arithmétique. Ce n’est pas que cela, mais c’est d’abord cela. Une minorité qui se plie à une majorité. Or il se trouve que, dans l’aventure des collectifs pour une candidature unitaire de la gauche antilibérale, la démocratie et la règle à calcul ne pouvaient pas faire bon ménage. Pourquoi ? Parce qu’il était admis, dès l’origine de ce rassemblement, qu’il existait en son sein une composante plus importante que les autres. Si tout ce chemin parcouru, tous ces débats, toutes ces résolutions et tous ces amendements, tous ces meetings et tous ces ateliers n’avaient eu pour seul but que de démontrer l’hégémonie numérique du parti communiste, le jeu sans doute n’en aurait pas valu la chandelle. Les dirigeants et les militants qui se repaissent de cette victoire à la Pyrrhus ont découvert la lune. Ils’agissait évidemment de tout autre chose. Il s’agissait de dépasser dans un processus constituant la logique mortifère des cartels. Pour le dire, les initiateurs des collectifs avaient, dès le début, usé d’un mot peu habituel sous ces latitudes politiques : le consensus. Ilfallait que le nom du candidat qui représenterait tous ces mouvements, tous ces courants, toutes ces sensibilités, toutes ces cultures, fasse «consensus». Et il était au moins tacitement admis pour cela que l’heureux promu, pour ne pas dire l’heureux élu, ne pouvait pas être le porte-parole officiel d’un mouvement, et surtout pas du plus important de tous.

D’où cette apparente contradiction entre la démocratie de l’arithmétique et celle du consensus. Ce pouvait être, bien entendu, un communiste. Voire un communiste en vue. Il y avait l’hypothèse Patrick Braouezec, député de Saint-Denis, mais assez indépendant dans sa démarche pour pouvoir réunir sur son nom tous les courants. Il y avait Clémentine Autain, dont l’étiquette d’«apparentée communiste» ressemble déjà à une audacieuse synthèse. Onpoussa même la communistophilie jusqu’à envisager la candidature de l’euro-député Francis Wurtz, qui aurait pourtant du mal à passer pour un dangereux gauchiste, mais qui s’est acquis, par sa pratique au Parlement européen, la sympathie de beaucoup de ses partenaires de gauche. Mais rien n’y fit. Les caciques du parti avaient décidé que ce serait Marie-George Buffet et personne d’autre. Et la preuve qu’ils avaient raison, c’est qu’ils étaient les plus nombreux. Après tout, on ne peut leur reprocher qu’une chose : n’avoir pas dit plus tôt que, quoiqu’il advienne, la candidate officielle du Parti serait... candidate. Et qu’il n’était guère question dans cette affaire que de se compter et d’enfermer dans cette logique des collectifs condamnés à devenir en bout de course de simples comités de soutien. Carc’est ainsi que tout un processus qui avait été pensé pour échapper aux réflexes tribaux a finalement cédé aux réflexes tribaux. Que tout un mouvement qui ne pouvait aboutir que dans le dépassement des patriotismes d’organisations a fini dans l’exaltation des patriotismes d’organisations. Et si le pluriel est ici de mise, c’est qu’il faut bien associer dans ce conformisme politique la LCR au PCF. Chacun selon sa tactique. Pour une fois, ce sont les communistes qui ont fait de l’entrisme.

Mais essayons de voir un peu plus haut, et un peu plus loin. Si tant de militants se sont engagés avec ferveur dans ce mouvement pour une candidature unitaire, ce n’est sûrement pas par passion pour le régime présidentiel, ni par béate admiration pour les institutions de la Ve République, c’est évidemment en conscience d’un autre enjeu. L’objectif était d’inventer une force de gauche nouvelle, résistant aux agressions du néolibéralisme. De donner forme et continuité à ce qui s’est exprimé lors de la campagne référendaire de mai 2005. D’offrir une représentation à une partie de l’opinion qui ne se reconnaît pas, ou plus, dans le parti socialiste, et qui ne peut s’identifier à aucun des groupes ou groupuscules qui se concurrencent sur ce territoire politique en jachère qu’on appelle «la gauche de la gauche». Et,pour cela, d’opérer une synthèse entre plusieurs cultures. C’est une occasion ratée. Mais les collectifs ont tout de même un formidable acquis. Ils ont converti une tradition protestataire en propositions et en programme. Ils ont réussi le plus difficile et échoué sur le dérisoire. Il faut espérer que ce qui s’est construit ces derniers mois ne sera pas perdu, et reversé au profit du mouvement social, notamment. Mais pas seulement. L’enjeu est si impératif, et l’offre politique actuelle si peu conforme aux demandes de l’opinion, qu’il est interdit de désespérer.

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18 décembre 2006 1 18 /12 /décembre /2006 11:58
Cécile Duflot, nouvelle secrétaire nationale des Verts

31 ans, cécile Duflot devient la plus jeune secrétaire nationale des Verts, record auparavant détenu par son prédécesseur Yann Wehrling, qui avait accédé à ce poste à 33 ans. La jeune femme a été élue, samedi 16 décembre, par le conseil national du parti réuni à Paris, en remplacement de Yann Wehrling, qui devient porte-parole. La nouvelle direction, qui comprend au total 15 membres, a été élue au premier tour de vote, avec tout juste la majorité requise de 60% des exprimés. En la personne de Dominique Voynet, les Verts ont déjà une femme comme candidate à l'élection présidentielle de 2007.

Outre Cécile Duflot à la tête du parti pour 2 ans et Yann Wherling qui avait déjà été porte-parole pendant 2 ans avant de diriger le parti, les Verts ont choisi comme porte-parole femme Anne Souyris. Mireille Ferri, secrétaire nationale adjointe dans la direction sortante, conserve son poste, mais avec de nouvelles attributions (réformes internes du parti). Michel Bock, un proche de Dominique Voynet, est délégué aux élections.

CANDIDATE AUX LÉGISLATIVES DE 2007

Membre influente ces dernières années du courant le plus à gauche du parti, Cécile Duflot en a rejoint un autre pour le congrès de Bordeaux début décembre, "Espoirs en actes", plus composite et qu'elle définit comme "la gauche modérée" des Verts. Née le 1er avril 1975 à Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne), elle est revenue y habiter à 17 ans. Elle aligne aussitôt les petits boulots, "pour être sûre d'être libre", dit-elle : standardiste dans une société de livraison de pizzas, télé-marketing... Dès sa prime jeunesse, elle milite dans des associations. A 16 ans, sous l'influence de sa mère, à la Ligue de protection des oiseaux, puis dans des associations d'éducation populaire "à tendance catholique", comme la Jeunesse ouvrière chrétienne. Elle a également milité au sein du Génépi (Groupement étudiant national d'enseignement aux personnes incarcérées) pendant quatre ans.

Titulaire d'un DEA de géographie sur le thème des "lieux de vacances", ancienne de l'Essec, elle travaille depuis 4 ans dans un groupe immobilier à vocation sociale à Créteil. Elle est mère de 3 enfants, âgés de 9 à 5 ans. Adhérente des Verts depuis février 2001, Cécile Duflot entame son 3ème mandat consécutif au sein du collège exécutif du parti, où elle a été successivement déléguée à l'organisation, puis porte-parole. Selon les statuts des Verts, ce sera forcément le dernier mandat. Conseillère municipale, candidate aux cantonales en mars 2004, elle a été investie pour pour les législatives de 2007 dans la circonscription où elle habite, en attendant un éventuel accord avec le PS.

Les militants PCF vont être reconsultés sur la candidature de Marie-Georges Buffet à la présidentielle

e Parti communiste a décidé, samedi 16 décembre, de reconsulter par vote mercredi ses militants, leur demandant de se prononcer sur le maintien ou non de Marie-George Buffet comme candidate d'un rassemblement anti-libéral pour 2007, alors qu'elle ne fait pas l'objet d'un consensus chez les anti-libéraux.

"Je ferai une intervention jeudi ou vendredi pour dire qu'on poursuit la bataille du rassemblement et si les organisations continuent de dire non, il faudra alors travailler avec ceux dans les collectifs qui veulent aller de l'avant", a répondu la secrétaire nationale du PCF. "On ne peut pas attendre le mois d'avril pour entrer en campagne", a-t-elle ajouté, en soulignant que lors du conseil national du PCF, "il y a eu une réaffirmation d'une démarche de rassemblement".

Environ 100 000 militants communistes sont ainsi appelés à choisir entre les deux propositions suivantes : "Je choisis la proposition de candidature de Marie-George Buffet, choix le plus partagé des collectifs locaux pour porter le rassemblement anti-libéral à la présidentielle", ou "Je choisis le retrait de Marie-George Buffet et la recherche d'une autre candidature de rassemblement anti-libéral à l'élection présidentielle". Ce vote a été décidé après l'échec du rassemblement anti-libéral du week-end dernier à s'accorder sur un candidat commun pour la présidentielle, la candidature de Mme Buffet ne faisant pas l'objet d'un consensus.

DÉMISSION DE 6 MEMBRES DU COURANT "REFONDATEUR"

2 autres candidats sont sur les rangs, Clémentine Autain, élue de Paris apparentée communiste, et Yves Salessse, président de la Fondation Copernic. Les sensibilités du mouvement anti-libéral hors PCF avaient rejeté le week-end dernier la candidature de Mme Buffet, estimant que la dirigeante d'un parti ne pouvait pas pas représenter la diversité du mouvement. Mais le PCF avait fait valoir que Mme Buffet avait déjà rassemblé autour d'elle 55% des collectifs locaux.

En réaction, 6 membres du comité exécutif national  ont annoncé samedi leur démission de cette instance, accusant la direction de sortir le parti du processus "unitaire" antilibéral en maintenant la candidature de Marie-George Buffet pour 2007. Les démissionnaires, membres du courant "Refondateur" (minoritaire) au PCF, parmi lesquels Pierre Zarka et Roger Martelli, ont accusé dans un texte la direction de "retournement d'orientation politique". La direction "dans sa majorité, a pris la décision de refuser toute recherche de candidature à la présidentielle qui aurait permis le maintien et l'élargissement de cette construction" antilibérale, arguent-ils.

"C'est suicidaire pour le PCF qui va se trouver isolé et sera tenu pour responsable de cette situation", ajoutent les démissionnaires. Selon eux, le bulletin de vote soumis aux militants "n'éclaire pas sur les conséquences qu'aurait le maintien de la candidature de Marie-George Buffet" à savoir "la sortie du processus unitaire", ajoutent-ils.

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12 décembre 2006 2 12 /12 /décembre /2006 10:49
Le PS offre des circonscriptions pour limiter la concurrence

etour à la gauche de 1995, lorsque les petits partis amis s'étaient rangés derrière Lionel Jospin pour l'élection présidentielle. Après le Parti radical de gauche (PRG) en octobre, le Mouvement des républicains et citoyens (MRC) a conclu samedi 9 décembre un accord avec le PS.

Petit à petit, François Hollande, qui a scellé les négociations à 22h30 avec Jean-Pierre Chevènement, est parvenu à éliminer deux candidatures qui avaient handicapé le champion socialiste le 21 avril 2002. "Ce qui n'avait pas été possible le devient, se réjouit le premier secrétaire du PS. Ça permet de partir avec un socle plus solide."

Après avoir écarté le risque d'une candidature PRG de Christiane Taubira, la députée de Guyane qui avait obtenu 2,3% des voix au 1er tour de l'élection en 2002, les socialistes voient s'éloigner la concurrence de Jean-Pierre Chevènement (5,3%).

Au bout d'un mois de campagne, ce dernier a préféré renoncer. En échange, il obtient dix circonscriptions pour les législatives, et six suppléants, sur la base d'un accord politique : réorientation de la construction européenne, réforme de sa Banque centrale, et "lutte contre l'euro cher" ; primauté de la République, "taxe antidumping" contre les délocalisations... Le PS a fait ce qu'il fallait pour amadouer les chevénementistes. "Rien ne me forçait à me retirer, je le fais en pleine conscience pour ouvrir la voie à une dynamique dès le premier tour", a assuré le président d'honneur du MRC.

Sans tarder, M. Chevènement a fait avaliser l'accord par son mouvement réuni dimanche dans le 11e arrondissement de Paris. Ignorant tout du changement d'ordre du jour, ses partisans, convoqués pour animer la campagne de leur chef de file ont dû s'adapter et changer de braquet en accueillant... Ségolène Royal. La décision de soutenir la candidate socialiste a été approuvée par 84% des délégués. Seule, une petite minorité s'estimait "flouée" de rallier une responsable du PS qui a fait campagne pour le oui à la Constitution européenne.

Les retrouvailles avec celui qui a été l'un des fondateurs du PS en 1971, ministre en même temps que Mme Royal dans le gouvernement Jospin, ont été malgré tout chaleureuses. "C'est un moment historique important pour la gauche", a souligné Mme Royal tout en rappelant ses affinités sur le fond, la sécurité, "l'ordre juste", la valeur travail, l'éducation, avec M. Chevènement : "Nous étions en phase et nous n'avons jamais cessé de l'être."

La contrepartie est jugée assez lourde par les socialistes contraints de se désister pour laisser de la place aux législatives. Surtout après les 35 circonscriptions cédées au PRG et les 25 déjà gelées pour les Verts... "C'est le prix à payer pour gagner la présidentielle, estime M. Hollande. Il vaut mieux ça que d'être intransigeant et risquer de tout perdre".

Pour Bruno Le Roux, secrétaire national chargé des élections au PS, sur les 10 circonscriptions visées, seules 5 ou 6 sont gagnables en cas de victoire de la gauche. "Soit moins de 2% des députés" sur une vague rose qui pourrait en compter 300. Le bureau national du PS devra avaliser cet accord mardi 12 décembre.

De son côté, le MRC a fini par renoncer à réclamer pour son président, Georges Sarre, maire du 11e arrondissement de Paris, la 6e circonscription qu'il avait perdue en 2002 au profit d'une socialiste. Il sera candidat dans la Creuse, où on lui a redécouvert des racines familiales.

C'est le dernier noeud que M. Chevènement, candidat à Belfort, et M. Hollande ont fini par dénouer samedi soir. Les 2 parties assurent qu'aucune promesse n'a été faite quant à la composition d'un futur gouvernement de gauche. Il reste que pour apaiser ses partisans, M. Chevènement a maintenu une "60ne" de candidats étiquetés MRC pour les législatives, ce qui lui permet de garder un financement public. "Ils seront présents en bonne intelligence", promet le maire MRC du Kremlin-Bicêtre, Jean-Luc Laurent.

Le PS ne veut négliger aucune piste pour rassembler la gauche. M. Hollande "ne désespère pas" de trouver un terrain d'entente avec de toutes petites formations, comme Régions et peuples solidaires, ou l'Union démocratique bretonne (UDB). Il attend que les Verts se dotent d'une direction, le 16 et 17 décembre, pour reprendre les discussions aujourd'hui en panne. Cette fois, pas de retrait de candidat exigé, mais un accord de gouvernement doit être trouvé. Sur la table, les socialistes ont déposé 25 propositions de circonscriptions. Les Verts en demandent le double.

 

CHIFFRES

4 CANDIDATS à gauche se sont déclarés pour la présidentielle de 2007 : Ségolène Royal pour le PS allié au PRG et au MRC, Dominique Voynet pour les Verts, Olivier Besancenot pour la Ligue communiste révolutionnaire, Arlette Laguiller au nom de Lutte ouvrière. Marie-George Buffet (PCF) est sur les rangs pour la gauche antilibérale.

10 CIRCONSCRIPTIONS pour le MRC : la 3e des Ardennes, la 9e des Bouches-du-Rhône (Sami Naïr), la 1ère de la Drôme (Catherine Coutard), la 2e de l'Indre, la 12e du Nord, la 3e de Seine-et-Marne (Daniel Guerin), la 1ère du Var (Odette Casanova), la 2e du Territoire de Belfort (Jean-Pierre Chevènement), la 10e du Val-de-Marne (Jean-Luc Laurent) et la 2e de la Creuse (Georges Sarre).


Le projet de déclaration commune PS-MRC (Volet politique)


Engagements du Parti Socialiste et du Parti Radical de Gauche pour une plate-forme de Gouvernement (pdf)

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18 novembre 2006 6 18 /11 /novembre /2006 10:55
a désignation de Ségolène Royal comme candidate du Parti socialiste à l'élection présidentielle pourrait amener à une recomposition de la gauche. Au sein du parti, dès l'annonce de la victoire de Mme Royal, malgré leur "tristesse", les lieutenants des 2 candidats vaincus ont envoyé un message de ralliement à la gagnante. "L'heure est à la mobilisation contre la droite, a confirmé vendredi Dominique Strauss-Kahn, dans une brève prise de parole. La mienne est totale". "Plus que jamais, je me sens à la disposition du Parti socialiste, de la gauche et de la France", a-t-il ajouté, sous-entendant tout de même, comme son fidèle soutien Pierre Moscovici la veille, que c'est au vainqueur qu'il incombe de rassembler.

Ségolène Royal a tenu à montrer qu'elle recevait le message 5/5, en faisant vœu jeudi soir de "rassembler" le Parti socialiste. La main tendue visera aussi les partenaires de gauche, au-delà du PS lui-même. "Nous allons rediscuter avec les radicaux de gauche, avec Jean-Pierre Chevènement", a précisé jeudi soir Arnaud Montebourg, le porte-parole de la candidate, sur France 2. Le récent candidat Chevènement a surpris en déclarant, dès son premier meeting de campagne lundi, qu'il n'excluait ni le "retrait" de sa candidature, ni une "concertation" avec le Parti socialiste.

Vendredi, Noël Mamère a montré que les Verts ne comptaient pas rester absents des négociations à venir. "Il faut qu'elle soit la candidate de toute la gauche au 2ème tour. On doit obtenir d'elle et du PS, dès le 1er tour, un certain nombre de signes pour l'éventuelle signature d'un contrat de gouvernement", a formulé sans ambiguïté sur i-Télé le député-maire de Bègles, en Gironde, candidat des Verts en 2002 ; des Verts dont il ne peut pas imaginer qu'ils en restent à 3 seuls députés. Les appétits semblent s'aiguiser autour de ce qui ressemble de plus en plus à une nouvelle gauche plurielle.

FORCES CENTRIFUGES À LA GAUCHE DE LA GAUCHE

Pourtant, chez les strauss-kahniens et les fabiusiens, réunis pour la soirée électorale jeudi, on pouvait aussi entendre une autre musique, moins douce aux oreilles de Ségolène Royal. "On a créé les conditions pour amener Sarkozy au pouvoir pour 5 ans", a lâché un fabiusien, résumant l'amertume. Sur le blog de Dominique Strauss-Kahn, ou parmi les commentaires des abonnés du Monde.fr, on sentait que la blessure était assez profonde pour qu'un nombre non négligeable de socialistes envisagent clairement de se détourner de la candidate du PS, pour se diriger par exemple vers le centre. "Jamais Ségolène Royal ? Mais qu'entends-je donc ?, tentait d'argumenter en retour Jean Marc G., un internaute fabiusien "rallié", sur Le Monde.fr, vendredi. Vous préférez donc Le Pen et Sarko ?! (...) Aussi, à ce que je lis, il semblerait que ce soit les strauss-kahniens les plus amers, et qui parlent de ficher le camp chez Bayrou ! Reprenez-vous !"

Si des voix socialistes pourraient filer vers le centre, les forces centrifuges pourraient aussi jouer en faveur de la "gauche de la gauche". "Je me demande ce que je vais faire, a affirmé jeudi soir le sénateur PS Jean-Luc Mélenchon, apparemment très touché. La responsabilité des collectifs antilibéraux est plus grande que jamais : ils doivent arriver à dégager un candidat commun entre eux. (...) Autrement, la gauche va être déséquilibrée, si elle est uniquement appuyée sur le centre gauche."

Il va sans dire que quelque soit l'amertume que certains socialistes peuvent avoir après un score qui s'apparente à un coup de tonnerre, l'attitude actuelle de Jean-Luc Mélenchon n'est pas défendable car elle décridibilise à l'avance l'expression de tous ceux qui voudront peser à gauche dans le Parti socialiste à l'avenir avec ou sans Ségolène Royal à l'Élysée. Il est impératif de tout faire désormais pour empêcher Sarkozy de préempter la République et nous devons ramener d'urgence Mélenchon et ses amis à la raison ou sinon les condamner.
La Ligue communiste révolutionnaire a envoyé un message vendredi : le choix de Mme Royal "ne peut que renforcer la nécessité d'une candidature anticapitaliste à la présidentielle de 2007, candidature ne développant aucune illusion de convertir le Parti socialiste à l'antilibéralisme, et donc claire sur le refus de toute alliance gouvernementale ou parlementaire avec le PS", a affirmé l'organisation trotskiste. Son candidat, Olivier Besancenot, refuse de participer directement aux négociations sur un candidat unitaire et accuse le PCF de rester un allié du PS, notamment dans les élections locales.

 

"Suite à la situation nouvelle créée à gauche par la désignation de Ségolène Royal comme candidate du Parti socialiste", les communistes ont décidé de réunir lundi leur conseil national pour discuter de "la responsabilité du PCF". A chaud, jeudi, la candidate désignée par les communistes pour briguer l'investiture unitaire antilibérale, Marie-George Buffet, avait dénoncé vendredi les prises de position de Mme Royal, qui "traduisent et même confirment l'aggravation d'une orientation politique préoccupante du PS". Elle a appelé à des "initiatives fortes" pour le rassemblement de "toutes les sensibilités de gauche" dans la perspective de la présidentielle. Le moment est crucial, car les collectifs unitaires n'ont toujours pas réussi à franchir leur principale difficulté : s'entendre sur le nom du candidat commun.

Les antilibéraux se mobilisent contre la candidature de Ségolène Royal

lors que Ségolène Royal n'en finit pas recueillir les soutiens des leaders socialistes, la gauche radicale a ouvert un feu nourri contre la candidate socialiste. Selon elle, Mme Royal "se range carrément derrière les libéraux et vogue sur le terrain de Nicolas Sarkozy", a déclaré la LCR.

Dans sa première déclaration de candidate du PS à la présentielle, vendredi, Mme Royal a pourtant souhaité "unir toute la gauche dans sa diversité, puis rassembler une majorité de Français". L'appel a été entendu par le PRG, qui a déjà renoncé à présenter Christiane Taubira en échange d'un accord électoral avec le PS : Mme Royal est "bien placée pour créer une dynamique d'espérance" et emporter "l'adhésion d'une large majorité de Français", s'est réjoui son président Jean-Michel Baylet.

Jean-Pierre Chevènement, candidat du MRC pour 2006, à qui Mme Royal avait tendu la main la semaine dernière, a salué aussi sa "victoire incontestable" et dénoncé les "mauvais procès" faits à son encontre. Il l'a appelée à "rebattre les cartes" au PS, pour faire prévaloir des conceptions "ambitieuses et raisonnables" sur "la sécurité, la nation, l'Europe". De son côté, Noël Mamère, député des Verts, a promis à la candidate socialiste le soutien des Verts au deuxième tour, tout en formulant des "exigences" pour un"éventuel contrat de gouvernement".

"ROYAL, LIBÉRALE"

Réunis vendredi soir à Montpellier devant 4 000 personnes, les leaders de la gauche antilibérale ont vivement critiqué les positions de la candidate socialiste. Celles-ci "confirment l'aggravation d'une orientation politique préoccupante du PS", a également estimé le n°1 communiste Marie-George Buffet.

Le PCF se sent investi d'une nouvelle "responsabilité" pour redonner de l'élan au rassemblement de la gauche antilibérale qui tente - avec beaucoup de mal - à s'accorder sur un candidat unique en 2007, notamment en raison de l'insistance communiste à ce que Mme Buffet soit cette championne.

Mme Buffet a appelé vendredi à des "initiatives fortes" pour le rassemblement de "toutes les sensibilités de gauche". Geste inhabituel, le PCF a décidé de réunir son Conseil national lundi pour évaluer la nouvelle donne.

MÉLENCHON À MONTPELLIER

A Montpellier, les Collectifs antilibéraux ont reçu vendredi le soutien de Jean-Luc Mélenchon en personne, qui s'est dit "très déçu" et "consterné" par le raz-de-marée en faveur de Mme Royal. Le bouillant sénateur PS devait participer à un meeting des antilibéraux à Montpellier vendredi soir, insistant sur la nécessité pour les Collectifs de "dégager un candidat commun".

"La désignation de Ségolène Royal laisse un espace politique aux antilibéraux, qui aurait été plus réduit si Laurent Fabius avait été élu", souligne Frédéric Dabi, de l'institut IFOP. Mais il souligne les handicaps de la gauche radicale à 5 mois des échéances : le réflexe du "vote utile" et le "tout sauf Sarko" qui va drainer des voix vers la candidate socialiste. A l'écart du chaudron antilibéral, Arlette Laguiller, candidate de LO, a prévenu que Ségolène Royal pourrait "remporter" la présidentielle, mais "sans garantie que cela change quelque chose pour les classes populaires".

Quant aux autres leaders de la gauche antilibérale, José Bové, Marie-George Buffet et Clémentine Autain, ils ont pronostiqué la présence de la gauche antilibérale au 2nd tour de l'élection présidentielle.

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14 novembre 2006 2 14 /11 /novembre /2006 15:08

La motion des amis de Dominique Voynet est arrivée 1ère des 8 motions soumises au vote des adhérents.


Dominique Voynet (Sipa)
 
 

La motion présentée par les amis de Dominique Voynet est arrivée 1ère lors de la première phase du congrès des Verts, dimanche 12 novembre, selon des résultats encore non officielles annoncés par la direction du parti.
8 motions étaient soumises au vote des adhérents Verts lors d'"assemblées générales décentralisées" dans chaque région.
Dominique Voynet, candidate à la présidentielle, n'avait signé aucune motion afin de rester au-dessus de la mêlée. Elle avait demandé dimanche matin aux Verts de "relativiser leurs divergences".
"Le congrès, c'est un moment où on met en scène nos différences et nos contradictions, pour mieux créer les conditions de convergence, voire d'une synthèse", a souligné pour sa part le porte-parole Sergio Coronado.

1/4 des voix
Les résultats non officiels placent la motion des proches de Dominique Voynet nettement devant, avec environ 26% des voix. Elle est suivie de la motion "Espoir en actes" de la porte-parole du parti Cécile Duflot, avec 18%, puis par "Urgence écolo" du député Yves Cochet (environ 17%). "Audaces", la motion des amis de Noël Mamère "Audaces", a recueilli 13,5% des voix
Les adversaires de Dominique Voynet ont noté que la candidate a recueilli 10 pts de moins que son score au 1er tour de la primaire présidentielle.
Des discussions vont désormais s'engager entre motions pour parvenir à d'éventuelles synthèses.
Les négociations vont se poursuivre jusqu'à la 2ème phase du congrès, les 2 et 3 décembre à Bordeaux. Ce congrès définira l'orientation du parti pour les 2 ans à venir.

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30 octobre 2006 1 30 /10 /octobre /2006 11:55
Le rejet de la Constitution européenne est toujours dans les mémoires.
Les antilibéraux sous la loupe inquiète des socialistes

Le rassemblement antilibéral, ovni politique en phase de prédécollage, fait-il peur au PS ? Après avoir subi la claque du non au référendum sur la Constitution européenne en 2005, les hiérarques socialistes suivent de très près le retour des collectifs unitaires sur le devant de la scène. Quand José Bové, l'un des cinq candidats à l'investiture antilibérale, brandit le 22 octobre sur France 3 les «700 collectifs unitaires» prêts à rééditer leur victoire du 29 mai 2005, le trouble grandit au PS. Notamment chez les partisans de Ségolène Royal, dont le positionnement est dénoncé comme «blairiste» par la gauche de la gauche.
Certes, le rassemblement avance cahin-caha. Au sein des collectifs, militants du PCF, minoritaires de la LCR et des Verts, amis de Jean-Luc Mélenchon, associatifs et citoyens non encartés, peinent à désigner leur candidat. Mais aucune porte n'est totalement fermée : après des débats houleux, le PCF a décidé de «proposer» Marie-George Buffet comme candidate à la candidature du collectif antilibéral. Et Olivier Besancenot, désigné par la LCR en juin, pourrait encore se désister en faveur du candidat du rassemblement.
«On fait peur». Les 10 et 11 décembre, les antilibéraux doivent se mettre d'accord sur un nom «par consensus». Ces deux derniers mois, ils se sont dotés d'un calendrier, d'un programme et d'une stratégie : il n'y aura pas d'accord parlementaire ou gouvernemental avec le PS, mais le rassemblement appellera à battre la droite au second tour de la présidentielle. «On fait peur au PS parce qu'on ne veut pas être ses supplétifs et que, à terme, on lui dispute l'hégémonie à gauche en devenant majoritaires», veut croire Clémentine Autain, adjointe (apparentée PCF) à Paris, elle aussi candidate à la candidature unitaire.
«A l'Assemblée nationale, de nombreux députés socialistes sont venus me voir après le meeting d'Ivry-sur-Seine, le 12 octobre, où l'on a fait salle comble, affirme Patrick Braouezec, député (PCF) de Seine-Saint-Denis, lui aussi candidat à l'investiture. Le PS est globalement inquiet de cette dynamique. D'autres, du côté de Strauss-Kahn, ont compris son intérêt stratégique.» C'est le cas de Jean-Christophe Cambadélis : «Le PS ne peut épuiser tout le champ sur sa gauche. Plutôt que de l'ignorer, l'étouffer, il vaut mieux laisser la gauche de la gauche s'organiser. Qu'elle trouve son champion peut être utile, pour peu qu'elle fasse la différence au second tour entre Sarkozy et le candidat de gauche le mieux placé.» 
Pour ce proche de DSK, une multitude de candidats se réclamant de la gauche de la gauche conduira à «son émiettement et entraînera une course à la radicalité pour se distinguer du PS. Cela ne crée pas de dynamique, mais de la critique». Des propos non sans arrière-pensées : DSK est, selon lui, le candidat le plus gauchocompatible, quand Laurent Fabius chasse sur leurs terres «et les pousse encore plus vers la radicalité» et que Ségolène Royal, «en prêtant le flanc à la critique du blairisme, peut, au final, manquer de trois, quatre, points sur sa gauche pour gagner la présidentielle». 
Le fabiusien Henri Weber verrait lui aussi d'un bon oeil une candidature unique à la gauche du PS : «Tout ce qui peut simplifier la multiplication extraordinaire des candidatures est bon à prendre. S'ils sont douze candidats à la gauche de la gauche, cela crée une dispersion et une confusion redoutable.» Pour le député européen et cofondateur de la LCR dans les années 70, «une candidature Bové est souhaitable, mais peu probable». Mais, finalement, il se dit «très sceptique sur la capacité des antilibéraux à trouver un candidat unique. A moins qu'ils n'arrivent à recueillir les 500 signatures nécessaires pour se présenter, il y aura deux candidats trotskistes», Olivier Besancenot et Arlette Laguiller (LO). Henri Weber voit en Fabius, qui a partagé les tréteaux de la campagne référendaire de 2005 avec Bové et Buffet, «le centre de gravité du rassemblement de la gauche. A ceci près que Fabius est un socialiste de gauche, pas anticapitaliste». 
«Terrain des cités». C'est, en définitive, chez les amis de Ségolène Royal que le spectre d'un rassemblement unitaire inquiète le plus. Très tendu, Julien Dray explique que les antilibéraux «privilégient la constitution du pôle de gauche contre le PS. Leur priorité est-elle de battre la droite ou de se démarquer ? Qu'il y ait un ou cinq candidats, si l'unité se fait au détriment du PS, cela me gênera» . En revanche, il ne nourrit «aucune inquiétude sur le positionnement de Ségolène Royal. A l'extrême gauche, ils l'ont jugée a priori. Ils parlent des phénomènes d'exclusion, mais ne sont pas sur le terrain des cités».
Comme ses deux adversaires socialistes, Ségolène Royal ne manquera pas de scruter avec attention le cheminement de la gauche de la gauche vers une éventuelle candidature unique. A commencer par le 6 novembre, avec le premier grand meeting des antilibéraux, au Mans.

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