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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise.
Je suis membre du bureau fédéral du Val-d'Oise du Parti Socialiste et suppléant au Conseil National du Parti Socialiste.
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17 mars 2009 2 17 /03 /mars /2009 16:17
OTAN : "Beaucoup de pays attendent de la France autre chose qu'un alignement"
LEMONDE.FR | 17.03.09 | 15h07

ierre-carole : L'intégration complète des armées françaises dans l'OTAN ne signifie-t-elle pas que, pour longtemps, la France renonce à promouvoir une force de défense européenne commune et indépendante ?

 

Hubert Védrine : C'est tout le débat. Le président de la République nous dit que de l'intérieur il va pouvoir faire avancer ce projet. La plupart des opposants ou des critiques en doutent énormément, compte tenu de l'expérience qu'on peut avoir de la politique américaine, du poids du Pentagone et du fonctionnement de l'OTAN.

Cela dit, pour être honnête, il faut rappeler que le projet de défense européenne se heurte déjà à beaucoup d'obstacles, le premier étant qu'il n'y a pas de vraie volonté chez les autres Européens pour promouvoir une défense européenne. Ils craignent que ça ne fasse double emploi avec l'OTAN, ils n'ont pas envie de dépenser plus pour la défense, et ils n'ont pas forcément envie de prendre plus de responsabilités. Donc il faut reconnaître que ce projet est difficile à mettre en œuvre, que l'on soit ou non dans le système intégré. Mais on a du mal à comprendre pourquoi, en s'intégrant plus, on aurait plus d'influence sur ce projet, qui est un projet d'autonomie.

antoniou : Si vous aviez été ministre des affaires étrangères, vous seriez-vous prononcé contre le retour de la France dans le commandement intégré ?

C'est une des raisons pour lesquelles je ne pouvais pas être ministre dans ce contexte. J'ai d'ailleurs déjà écrit dans mon rapport de l'automne 2007 pourquoi ça ne me paraissait pas une bonne chose. Nous étions dans une situation optimum, et à mon avis il n'y avait pas de raison convaincante pour en sortir. Les Américains eux-mêmes ne le demandaient plus. Donc je n'aurais pas pu approuver ce processus.

Ce que j'aurais très bien compris, en revanche, c'est que l'on dise, comme François Mitterrand l'avait fait dire en 1990-1991 : la France est prête à prendre toute sa place dans une Alliance profonde et réformée. Dans ce cas-là, la réforme de l'Alliance aurait été un préalable à notre retour. Tandis qu'avec la démarche adoptée aujourd'hui, elle n'est qu'une conséquence éventuelle, une espérance, ce qui est très fragile.

Ben : La réintégration dans l'OTAN n'améliorerait-elle pas la capacité de la France à peser sur les grandes décisions stratégiques en Afghanistan ?

D'une façon générale, on ne peut pas citer de cas au cours des dernières décennies où un pays autre que les Etats-Unis ait eu une influence importante dans l'Alliance parce qu'il était intégré. D'une façon plus précise, sur l'Afghanistan, il est clair que l'opération menée par les Américains et par l'OTAN est dans une impasse et qu'il faut impérativement tout remettre à plat pour clarifier la stratégie militaire et politique, l'organisation et le mode de décision. Cette clarification aurait déjà dû avoir lieu.

Est-ce que la France va être mieux placée pour la demander et pour l'obtenir après la décision prise par le président Sarkozy ? Cela reste à démontrer. Du point de vue américain, cette décision française est interprétée comme un désir de ne plus contrecarrer les positions américaines.  Donc je ne sais pas ce qui se passera si les Français, au contraire, exigent de codiriger, pour employer l'expression utilisée par le président Sarkozy dans son discours, les opérations, notamment en Afghanistan. Cela va être le premier banc d'essai de la nouvelle orientation de M. Sarkozy.

6pri1 : Au-delà du symbole, la réintégration de la France dans l'OTAN changera-t-elle la stratégie française en Europe et dans le monde ?

Le symbole est très important. Pour les Américains, c'est symbolique d'un nouvel atlantisme français ; pour les autres Européens, c'est symbolique d'une normalisation française : la France rentre dans le rang et ils s'en réjouissent ; et pour beaucoup de pays dans le monde, c'est symbolique d'un renoncement français à une certaine autonomie de pensée et d'action dans les relations internationales. Donc c'est un symbole, à mon avis, plutôt négatif.

Est-ce que cela va dans la réalité aboutir à une banalisation complète de la politique étrangère française ? Je ne le crois quand même pas. Le président Sarkozy est à la fois idéologique et pragmatique, et beaucoup de pays dans le monde attendent de la France autre chose qu'un alignement. Donc il y a un certain nombre de forces qui existent et qui, peut-être, je l'espère, corrigeront en partie le risque d'alignement qui est inclus dans la décision de réintégration dans l'OTAN.

claude_petitjean : Si les Américains ne le demandent plus, d'où provient la pression ou l'intérêt de réintégrer l'Alliance ?

C'est une bonne question. Notre position avait l'avantage d'être consensuelle en France et de ne plus être un problème pour nos alliés en raison des arrangements pragmatiques qui avaient été négociés au fil des années. C'est pour cela que je crois que cette décision, prise sous la présidence Bush, même si elle ne se concrétise que sous la présidence Obama, est une décision essentiellement politique qui est à mettre en relation avec ce que dit le président Sarkozy sur la nécessaire cohésion de la "famille occidentale".

Mogli : La position de la France vis-à-vis de l'OTAN n'était-elle pas comparable à celle de l'Angleterre vis-à-vis de l'Europe ? En avoir les avantages sans les inconvénients .

En effet, on peut comparer. Pourquoi donc changer cette position avantageuse ?

Ali26 : Cette réintégration marque-t-elle tout simplement une trahison à l'égard de la politique gaulliste de la France ?

C'est un terme excessif, un peu grandiloquent, et on n'a pas besoin d'aller jusque-là pour critiquer cette décision ou exprimer son scepticisme. N'oublions pas que le général de Gaulle a été un extraordinaire génie stratégique, mais aussi pragmatique. Je ne sais pas ce qu'il aurait fait par la suite, bien sûr, mais je suis certain qu'il n'aurait pas réintégré le commandement intégré d'une Alliance inchangée. C'est le seul point qui me paraît sûr.

Ali26 : La France pourra-t-elle à l'avenir se retirer une nouvelle fois de la structure intégrée ou au contraire est-ce définitif ?

Un grand pays ne peut pas jouer au yo-yo avec les orientations stratégiques. Je n'imagine pas que même ceux qui aujourd'hui sont critiques, à droite ou à gauche, pourraient décider de se retirer purement et simplement. En revanche, ils pourraient, et à mon avis devraient, entamer une action très forte pour obtenir la réforme de l'Alliance, c'est-à-dire la création d'une Alliance à deux piliers.

Spoon : Pouvez-vous en dire plus sur cette Alliance à deux piliers ?

L'Alliance à deux piliers, c'est une formule de Kennedy. Mais elle n'a jamais existé puisque pour les Américains, le commandement intégré de l'Allliance doit faire en sorte que l'Alliance soit immédiatement opérationnelle sur le plan militaire, sans discussion inutile ni perte de temps. C'est une courroie de transmission.

Pour qu'on passe à une Alliance à deux piliers, il faudrait que les Européens décident de se concerter entre eux sur les grands sujets. Par exemple sur ce qu'il faut faire en Afghanistan, vis-à-vis de la Russie, faut-il faire un bouclier antimissiles, faut-il encore élargir l'OTAN, l'OTAN peut-elle intervenir n'importe où, etc. Les Européens, ayant fixé leur position, discuteraient ensuite avec les Américains.

Dans certains cas ils seraient d'accord spontanément, dans d'autres cas il y aurait des différences et il faudrait trouver des synthèses. Cela se passerait entre partenaires. C'est exactement ce que le Pentagone a toujours redouté et voulu empêcher, et d'ailleurs les Européens n'ont jamais sérieusement essayé. Si les Européens avaient vraiment eu envie de jouer ce rôle, ils auraient tous rejoint la position française pendant ces quarante années, et l'Alliance à deux piliers serait née du même coup.

vlad : Pensez-vous que la réintégration de notre pays dans la commandement militaire intégré de l'OTAN va vraiment nous affaiblir diplomatiquement ? Si vous le pensez, pourriez-vous nous donner un ou deux exemples concrets sur un sujet d'actualité ?

Je pense que pour les pays arabes, la plupart des pays africains, la plupart des grands pays émergents, pour l'Amérique latine, cette décision traduit le désir de mettre fin à l'héritage du gaullisme et même, plus largement, de la synthèse gaullo-mitterrandienne, synthèse droite-gauche. Cela fait donc peut-être 130 à 140 pays dans le monde qui vont penser qu'ils ne peuvent plus compter sur la France pour exprimer une voix occidentale différente, un peu divergente du consensus occidental.

Certes, la France ne prenait pas tous les jours des positions originales, mais elle était un recours possible. Donc je pense qu'il y a une diminution de notre statut et des attentes envers nous. Bien sûr, une politique étrangère très active et très autonome pourra corriger cette impression, mais fallait-il créer artificiellement cette difficulté pour ensuite devoir s'employer à la surmonter ? Tout cela n'est pas logique, il n'y avait pas de raison convaincainte de modifier notre ligne intérieure.

PL : Ne peut-on penser que pour certains dirigeants politiques des Etats-Unis et pour certains hauts gradés du Pentagone l'OTAN peut-être utilisée et mise en avant pour dévaloriser encore un peu plus les possibilités d'intervention d'une force onusienne ? Ne prêtons-nous pas la main à une telle dépréciation en rejoignant le commandement intégré ?

En réalité, la capacité d'intervention d'une force onusienne est tellement faible qu'il n'y a pas besoin de démonstration de l'OTAN pour le faire apparaître. L'ONU a de plus en plus de mal à trouver des contributions militaires efficaces pour les opérations de maintien de la paix. Dès que ce sont des opérations un peu plus difficiles de rétablissement de la paix, les forces de l'ONU sont incapables. Elles sont surtout composées de forces armées envoyées par des pays relativement pauvres qui utilisent ce moyen pour les faire équiper. Donc il n'y a pas photo entre les deux, pour parler simplement. On peut regretter cet état de fait, on peut espérer qu'un jour les Nations unies disposeront, si elles sont vraiment unies, d'une vraie capacité d'intervention. Mais de toute façon, ce n'est pas le cas aujourd'hui, et ce n'est pas à cause de l'OTAN.

Ruz : La SFIO était opposée à la sortie de la France de l'OTAN. Mitterrand, qui n'a jamais mystère de ses convictions atlantistes, a fait le premier pas pour sa réintégration lors de la première guerre du Golfe. La position du PS, qui a cautionné l'envoi d'un contingent en Afghanistan au côté de l'OTAN, n'est elle pas une opposition systématique? :

D'abord, on ne peut pas comparer la situation de 1966 et celle d'aujourd'hui, ni pour la droite ni pour la gauche. Sinon, on serait obligé de constater que et la droite et la gauche se contredisent, ce qui ne mène à rien. On verra aussi que les centristes, qui étaient contre la sortie de l'OTAN en 1966, sont contre le retour en 2009. C'est aussi parce que, entretemps, cette position originale de la France, assortie d'arrangements pragmatiques, était devenue la colonne vertébrale de la position internationale de la France.

Par ailleurs, c'est une erreur de qualifier d'atlantiste la politique étrangère de François Mitterrand, président. Il a effectué une sorte de synthèse entre le gaullisme, les idées du PS sur le Nord-Sud et, d'autre part, ses convictions européennes. Quand il a soutenu le déploiement des fusées américaines en Europe contre les fusées soviétiques, c'était pour rétablir l'équilibre des forces en Europe, et donc plus par patriotisme européen que par atlantisme. Lors de la guerre du Golfe, ce n'était pas l'OTAN, mais une coalition ad hoc. Mitterrand s'est toujours opposé à l'élargissement de la zone d'intervention de l'OTAN. Il avait refusé en 1983 que les garanties de l'OTAN soient données au Japon, et en 1990-1991, il avait testé auprès des Américains l'idée d'une réforme de l'Alliance préalable à tout changement de la position française, ce qui est le contraire de ce qui est fait aujourd'hui.

Donc on peut dire que le PS aujourd'hui contredit la SFIO de 1966, et c'est tant mieux. On ne peut pas dire que le PS aujourd'hui contredise la politique étrangère de Mitterrand. J'ajoute qu'il y a aussi un vrai trouble au sein de la majorité, ce qui oblige le gouvernement à employer une procédure de vote qui vise à masquer ce trouble.

Johnny : Comment se fait-il que les pays européens (de l'Ouest puis de toute l'Europe) se satisfont de cette situation de dépendance à l'égard des Etats-Unis en matière de défense sur une aussi longue durée ?

C'est un fait incompréhensible si on n'a pas en mémoire la deuxième guerre mondiale et son aboutissement. En pratique, après 1945, les pays européens s'en sont remis à la protection américaine, les Etats-Unis ayant, avec les Soviétiques, vaincu le nazisme, et les Etats-Unis les protégeant dans cette nouvelle phase de la menace soviétique. Cette relation s'est installée dans la durée, à la fois stratégique et de dépendance psychique. Quand la menace soviétique a disparu, Roland Dumas avait déclaré qu'on pouvait peut-être repenser tout ce système intégré, les Américains ont poussé des hurlements, et les Européens n'ont même pas osé réclamer un changement. Ils n'ont même pas osé le penser.

Il faut constater malheureusement que les Européens modernes se sont installés dans une situation, une sorte d'hédonisme, de consumérisme, qui l'emporte sur toute autre considération. Les Européens ont voulu croire qu'ils vivaient dans un monde post-tragique, dans une sympathique "communauté internationale", et l'idée que le monde soit toujours régi par des rapports de force et qu'il faille toujours se préoccuper de puissance, de défense ou de sécurité les accable. Mais peut-être que le bouleversement multipolaire du monde et les effets de la crise vont les réveiller.

matson : Quelle est la position de la France vis-à-vis du bouclier antimissile US et est-ce que notre adhésion complète signifie un alignement ?

Il n'y a pas de raison que notre réintégration traduise un alignement dans l'affaire du bouclier. Si le président tient ses engagements sur la nouvelle influence de la France, c'est même une question qu'il doit soulever au sein de l'OTAN, car ce projet est tout à fait contestable.

hermann : Que répondez-vous à M. Kouchner lorsqu'il affirme que par sa réintégration dans l'OTAN, la France "accepte surtout l'incertitude et le danger, quand il est si confortable de se réfugier dans la dénonciation des errements des autres".

La France n'a jamais fui devant ses responsabilités, qu'elle ait été dans le commandement intégré ou non. Personne en France n'a jamais proposé de dénoncer le traité d'alliance de 1949. Le général de Gaulle avait été très clair et très courageux au moment du blocus de Berlin et de la crise des fusées de Cuba en 1962. François Mitterrand avait été très courageux dans l'affaire des euromissiles et dans l'affaire de la guerre du Golfe.

Donc la France n'était pas un pays qui profitait d'une situation particulière pour ne pas prendre sa part de responsabilité et de risque, y compris dans la participation récente aux opérations en Afghanistan, même si celles-ci sont discutables. Donc on ne peut pas dire que le retour dans le commandement intégré était une nécessité pour que la France assume enfin ses responsabilités, puisqu'elle le faisait déjà tout à fait.

chat modéré par François Béguin
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22 septembre 2008 1 22 /09 /septembre /2008 15:56
Le PS va voter "non" à la prolongation du mandat français en Afghanistan
LEMONDE.FR Avec AFP et Reuteurs | 22.09.08 | 13h35  •  Mis à jour le 22.09.08 | 15h14

n mois après la mort de 10 soldats français près de Kaboul, députés et sénateurs doivent se prononcer, lundi en fin d'après-midi, sur la présence militaire française en Afghanistan. (Suivez le débat en direct, en partenariat avec La Chaîne parlementaire)


Députés et sénateurs socialistes voteront contre la prolongation du mandat français en Afghanistan, lundi 22 septembre, a annoncé Jean-Marc Ayrault, le président du groupe PS à l'Assemblée nationale. "Nous avons décidé majoritairement de voter non", a-t-il déclaré à l'issue d'une réunion extraordinaire du groupe socialiste au Palais-Bourbon, précisant qu'il y avait eu "5 oui et 3 abstentions." "Notre conviction est que nous allons à l'échec en poursuivant cette stratégie", a expliqué M. Ayrault, jugeant nécessaire de "préciser les objectifs, les moyens et la durée".

Lors du point de presse hebdomadaire du PS, le député Bruno Le Roux a précisé les intentions des socialistes :  "Le sens de notre vote ne sera pas un vote contre la présence française en Afghanistan mais un vote contre la conception et la stratégie qui sont suivies en Afghanistan par le président de la République et le gouvernement français."

Les responsables PS et PRG ont récemment écrit au président Nicolas Sarkozy, lui demandant de "prendre l'initiative d'un débat avec ses alliés" autour de 5 objectifs : "une meilleure répartition des responsabilités au sein de la coalition", un élargissement de cette dernière, la relance d'un dialogue politique entre Afghans, une clarification avec le Pakistan et "l'établissement d'un calendrier sur les nouveaux objectifs de la coalition, assorti d'un échéancier sur notre présence en Afghanistan".

COPÉ JUGE "HALLUCINANT" LA POSITION DU PS

René Dosière, qui fait partie des 3 députés qui se sont abstenus lors de la réunion du groupe – de même que Jean Glavany et Manuel Valls –, a jugé que voter non est "un mauvais signe donné aux militaires et à l'opinion publique". "Mais je respecterai la consigne de vote et voterai non cet après-midi", a expliqué le député, affirmant que, quelles que soient les positions sur le vote, les élus socialistes sont sur la même longueur d'onde : "Oui à l'engagement et non à l'enlisement."

C'est la première fois que les parlementaires se prononcent sur la prolongation de la présence militaire française au-delà de quatre mois, conformément à la révision constitutionnelle adoptée en juillet. Selon un sondage BVA pour Orange et L'Express paru la semaine dernière, 62% des Français sont opposés au maintien d'une présence militaire en Afghanistan.

Dans sa réponse aux responsables socialistes et du Parti radical de gauche (PRG), datée du 19 septembre et publiée par lefigaro.fr, Nicolas Sarkozy a dit attendre "un débat constructif". Le chef de l'Etat y affirme que "l'avenir de l'Afghanistan constitue un enjeu majeur pour la sécurité de notre pays et pour les valeurs que nous défendons". Selon lui, "il serait indigne de la France de renoncer" et "un calendrier artificiel (de désengagement) ne ferait que servir les intérêts des terroristes". Le patron des députés UMP, Jean-François Copé, avait quant à lui jugé, lundi matin, "hallucinant" que la gauche puisse envisager de voter non.

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6 juin 2007 3 06 /06 /juin /2007 09:40
Pour faire face aux dangers russes et à la dépendance américaine, les Européens doivent progresser dans les domaines militaires et géostratégiques

Aujourd'hui que se réunit sur les bords germaniques de la Baltique allemande le G8+5, je vais jouer à faire mon "Bernard-Guetta"...

En effet, alors que le sommet devait initialement porter sur les enjeux environnementaux, les circonstances ont profondément transformé les priorités des chefs d'État qui y participeront. D'abord parce que George W. Bush vient une nouvelle fois de saboter toute tentative sérieuse (n'en déplaise à Jacques Attali) d'avancer dans le domaine de la luttre contre les changements climatiques, en repoussant à la fin de l'année 2008 la conclusion d'un accord global sur les émissions de gaz à effet de serre et la protection de l'environnement.
Ensuite et surtout, parce que le projet de "Guerre des étoiles" version anti Rogues' states de Bush junior a hérisé le poil de Vladimir Poutine et que règne subitement un climat  de nouvelle guerre froide (comme quoi les  glaciations ça peut arriver vite). Les déclarations de George W. Bush hier n'ont sans doute fait que rajouter de l'huile sur le feu.

Vladimir Poutine et les Russes peuvent-ils s'appuyer sur des justifications sérieuses pour argumenter leur acrimonie renforcée (qu'on sentait quand même pointer depuis quelques temps). Nous passerons sur le retour de la logomachie soviétique, qui démontre que Poutine est allé réviser ses vieux manuels de diplomatie molotovienne. Mais effectivement les Russes ont des raisons fortes de craindre l'installation de système de lancement et de guidage de missiles américains en Europe centrale.

Il n'est pas dit que les Américains soient forcément de mauvaise foi quand ils racontent que le dispositif vise avant tout à protéger l'Europe et l'Amérique du Nord d'attaques nucléaires en provenance d'Iran ou de Corée du Nord ; on pourrait donc croire que le seul argument russe vise à dénoncer un mensonge américain et à expliquer qu'en fait ce dispositif vise leur Fédération. À ce jeu de ping pong, personne n'y retrouvera ses petits ; et surtout il y a quelques raisons réelles et bien plus sérieuses pour fâcher les  Russes dans cette histoire.
La relance américaine de la "Guerre des étoiles" même dans une version soft rejoue la partie qui s'est déroulée au lendemain de l'élection de Ronald Reagan, quand le Président  conservateur a lancé son pays dans la course à la technologie et aux armements, l'Union soviétique a dû amèrement constater son retard et le fait qu'elle ne pouvait le rattraper, l'équilibre militaire était rompu, le compromis obligatoire sous peine d'être réellement battu et c'est notamment ce qui a motivé la nomination à la tête de l'État soviétique de Mikhaïl Gorbatchev, sa tentative de Glastnost, Perestroïka et finalement de sortie en douceur du système soviétique. Les oligarques actuels du Kremlin savent trop comment tout cela s'est terminé ; l'union soviétique était bien évidemment minée de l'intérieur et les troubles extérieurs, la perte irrémédiable de son prestige et surtout de sa capacité à intervenir réellement sur la scène internationale et jusque dans ses propres protectorats, ont accéléré sa chute, le déclassement et l'humiliation de la Russie.

Aujourd'hui, la Russie a assaini sa situation financière, mis en coupe réglée sous l'autorité d'une maffia dirigeante le pays, mais l'ordre règne (et c'est là pour Poutine l'essentiel) et la Russie est repartie à l'offensive sur ses Marches comme le démontre la pacification militaire et génocidaire en Tchétchénie, les épisodes énergétiques en Ukraine, en Géorgie et en Belarus. Mais la Russie reste un État rentier, qui vit sur  l'exploitation de ses importantes ressources énergétiques, et qui si elle a remboursé sa dette rubis sur l'ongle n'a engagé aucune action d'investissements sérieuse pour préparer l'avenir  de son État et de sa population.
Elle est concurrencé directement par les États-Unis en Asie Centrale, subi l'immigration chinoise en Sibérie (et les implications politiques du processus sont importantes), l'Union européenne est à sa porte avec les pays Baltes et Turquie, Géorgie et Ukraine voudraient pouvoir la rejoindre et refermer sur la Russie un véritable étau géographique et stratégique.
L'installation en Europe centrale du dispositif de Guerre des étoiles et surtout le saut technologique majeur dans le domaine de l'armement qu'il constituerait signerait un nouveau déclassement de la Russie, si celle-ci n'obtenait pas par la menace de "représailles" l'avortement du projet. La Russie n'a sans doute pas les moyens aujourd'hui de rattraper son retard technologique sur les Américains mais elle garde sur l'Europe un pouvoir de nuisance énergétique, militaire et diplomatique certain. Les zones de conflits avec l'Union européenne sont multiples, comme le démontrent la crise cybernétique estonienne, le blocage sur l'indépendance du Kosovo, le soutien affiché à la Serbie (permettant aux passages aux nationalistes radicaux de crédibiliser leurs rodomontades populistes), le conflit avec la Transdniestrie et la Moldavie, l'épine géostratégique que consitue l'enclave de Kaliningrad entre Pologne et Lituanie...

Cette situation géopolitique devrait faire impérativement réfléchir les capitales européennes qu'elles soient du côté "vieux" ou "neuf" du continent...
En effet l'argument principal des gouvernements d'Europe centrale qui accepte aujourd'hui d'accueillir sur leur sol le dispositif de Guerre des étoiles des Américains est assez simple mais efficace. Le traumatisme causé en Pologne et en République tchèque par l'occupation soviétique pousse depuis leur Libération la grande majorité des gouvernants centreuropéen dans les bras des États-Unis ; cela explique leur ralliement à la seconde guerre du golfe. Ce tropisme est d'autant plus évident qu'ils jugent que l'Union européenne n'a pas les moyens elle-même d'assurer la défense et la sécurité de ses propres membres, et tout particulièrement celles des anciennes démocraties populaires dont la proximité géographique avec la Russie les expose plus fortement que d'autres à une éventuelle résurgence du projet "impérial" russe. Mais comme pour la guerre en Irak, les opinions publiques d'Europe centrale sont opposées à leurs gouvernements ; la difficulté réside dans le fait que ceux-ci n'ont d'alternative crédible.
Ainsi plus on s'approche de la Russie, les nouveaux membres de l'union n'ont eu de cesse de vouloir accélérer leur adhésion à l'OTAN - adhésion à l'OTAN signifiant pour eux le volet militaire de l'adhésion à l'Union européenne. Et c'est bien là le dilemme : malgré la fusion à la fin des années 1990 des institutions de l'Union de l'Europe Occidentale (UEO) et de l'Union européenne, malgré les bases d'une Europe de la Défense posées en 1998 par Tony Blair et Lionel Jospin, l'Europe engluée dans les stratégies divergentes de ses membres et dans l'impuissance institutionnelle n'a jamais pu avancer de nouveau sur le chemin de l'intégration militaire.
Le continent européen est donc condamné à subir les montées de tension entre intérêts américains et russes qui ne pourront que s'aggraver au fur et à mesure de des morceaux entiers de l'ex-Union soviétique voudront se tourner vers les États-Unis et l'OTAN (Ukraine, Géorgie, Asie Centrale...). Dans la défense même de ses propres intérêts, de ceux de ses membres - comme avec l'agression cybernétique sur l'Estonie suite aux affrontements entre une partie de la communauté russophone et les forces de l'ordre, après le déplacement d'un monument à la gloire de l'Armée rouge -, la protection de ses frontières et la pacification de son environnement proche (Kosovo, Moldavie...), l'Union européenne est contrainte de se replier sur l'OTAN et de se livrer aux États-Unis sans aucune garantie (notamment avec l'administration Bush) que ceux-ci se préoccupent autant des intérêts propres des Européens que des leurs.

Le projet de traité constitutionnel européen édictait une mesure délirante dans ses longs paragraphes : il stipulait que le cadre traditionnel de défense commune de l'Union européenne, pour tous les membres qui n'avaient pas fait voeux de neutralité et de pacifisme définitif, était l'OTAN.Qu'en soi, une constitution, qui plus est irrévisable, détermine une stratégie et une alliance militaire, est déjà sidérant ; qu'ensuite on se lie les mains avec une structure militaire dirigée de l'extérieur est affligeant de bêtise. Par contre le simple fait que les membres neutralistes (Autriche, Suède, Finlande...) de l'Union ait accepté de parler affaires militaires dans le cadre de la négociation du feu projet de TCE est tout de même une logique intéressante.
En effet, sauf à rester pieds et poings liés à l'OTAN et donc aux États-Unis et à subir les conséquences des choix militaires et géopolitique unilatéraux de l'ancienne hyper-puissance, il va falloir convaincre l'ensemble des partenaires de l'Union, ou tout du moins les plus avancés, d'entrer dans une logique d'intégration militaire et stratégique qui dépasse de loin les faibles ambitions de la PESC. Et sauf à croire que la Grande-Bretagne devienne subitement fédéraliste, ou qu'elle décide de rompre sa "relation particulière" avec les États-Unis, c'est en priorité avec l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne que nous devrons avancer rapidement, en termes de politique industrielle, de recherche/développement et d'intégration géostratégique et militaire, pour répondre aux défis qui nous sont posés par la proximité de la Russie et vraisemblablement un certain nombre d'intérêts profondément divergents à long terme ; et cela va coûter cher mais on peut espérer une mutualisation des coûts. Mais cette avancée ne peut se faire qu'avec l'aval des neutralistes et en allant suffisamment vite pour convaincre Pologne, Hongrie et République tchèque de nous rejoindre, Grèce et Turquie de ne pas jouer contre l'Europe.

Frédéric FARAVEL
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4 mars 2007 7 04 /03 /mars /2007 10:41
Défense : Ségolène Royal veut maintenir l'effort et changer les méthodes
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 04.03.07 | 08h55  •  Mis à jour le 04.03.07 | 09h49

a défense "est l'affaire de tous", a déclaré Ségolène Royal en présentant, samedi 3 mars, ses orientations sur un sujet qu'elle n'avait encore que peu évoqué. Devant un parterre composé surtout de spécialistes, réuni par Jean-Pierre Chevènement à la Maison de la chimie, la candidate socialiste à la présidentielle a affirmé qu'elle "veillerait" à ce que la dissuasion nucléaire "indispensable à notre indépendance (...) garde en permanence sa crédibilité et dispose des moyens de sa modernisation". Mais "je n'ambitionne pas de rivaliser avec les 7 000 têtes américaines ou russes" a-t-elle affirmé, défendant le "principe de la stricte suffisance".

Quelques jours avant son rival Nicolas Sarkozy, qui doit s'exprimer mercredi sur ce thème, Ségolène Royal a souhaité maintenir le budget de la défense au niveau actuel, soit 2% du produit intérieur brut (PIB), tout en l'adaptant : "l'effort sera hiérarchisé" et "toutes les coopérations européennes seront recherchées", a-t-elle indiqué. Le programme de simulations nucléaires sera poursuivi, tout comme le renouvellement des "vecteurs sous-marins et aériens" et la livraison du sous-marin lanceur d'engins de nouvelle génération. Revenant sur la construction d'un deuxième porte-avion, elle a rappelé que celle-ci"peut se réaliser en coopération avec les Britanniques", mais qu'"un gouvernement de fin de mandat ne saurait, en démocratie, vouloir rendre 'irréversible', comme je l'entends dire (...), un programme qui incombera entièrement à son successeur et dont la nécessité de surcroît n'apparaît pas clairement établie".

FAIRE PASSER LA DÉFENSE DU DOMAINE RÉSERVÉ AU DOMAINE PUBLIC

La candidate a soutenu une vision "globale" de la défense, où "tout se tient, du renseignement à la protection de l'eau potable", tournée vers l'Europe, car elle n'entend "pas mettre (ses) pas dans ceux de l'administration américaine". "Devant le désordre du monde, nous devons faire émerger en Europe un acteur stratégique" et "veiller à ce que l'OTAN ne dérive pas vers un rôle de gendarme du monde, se substituant à l'ONU", a-t-elle estimé. "La défense européenne depuis cinq ans est en panne", a-t-elle regretté, proposant de la faire avancer sur le plan institututionnel et des collaborations concrètes. Sur le nucléaire iranien, elle a réitéré ses appels à une "fermeté sans faille" pour que Téhéran "se soumette aux contrôles de l'AIEA".

En fille et soeur de militaires, Ségolène Royal a particulièrement insisté sur la nécessité de "renouveler la confiance entre les citoyens et la défense". Elle a souhaité que"le Parlement dispose de moyens sérieux de contrôle", sur les activités de renseignement, les opérations extérieures et les exportations d'armes, "et qu'il les exerce efficacement afin de soustraire la défense au domaine réservé (du président)  pour la réintégrer dans le domaine public". Elle a rappelé sa proposition d'un service civique qui "pourra avoir une dimension de formation de base aux missions de protection civile et de défense du territoire" et "déboucher sur des volontariats de services longs de 18 à 24 mois". Pour renforcer "l'attractivité de la condition militaire", elle a proposé la levée des "restrictions en tous genres" pesant sur eux, afin qu'ils accèdent "à la pleine citoyenneté" et soient mieux représentés.

La France n'est pas une puissance pacifiste ; c'est une puissance pacifique

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