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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube.
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Gauche Républicaine & Socialiste

13 juin 2008 5 13 /06 /juin /2008 13:52
contribution à la partie II.1.a de la contribution générale "Reconquêtes" :

De la crise de l'éducation à la casse de l'éducation :

Dans un monde de plus en plus complexe, nous devons permettre à chacun de se doter des meilleurs outils pour comprendre. Certains voudraient que l'école se réduise à ses fondamentaux : lire, écrire compter. D'autres souhaiteraient ne lui assigner qu'une finalité économique. L'enjeu est aujourd'hui tout autre.

L'éducation a pour mission d'émanciper des déterminismes culturels, économiques et sociaux, et de favoriser, par l'esprit critique et les capacités d'expression, une perpétuelle et large autonomie des individus. Il s'agit de doter les citoyens d'outils pour analyser et comprendre le monde. Repenser la laïcité s'inscrit dans cette optique. Cette laïcité s'inscrit dans un contexte nouveau et doit donc être renouvelée : il s'agit de promouvoir sans concession l'esprit critique face aux diffusions du modèle consumériste. À la fin du XIXème siècle, il fallait libérer les consciences des prêches du dimanche.

Aujourd'hui n'est-il pas nécessaire de les libérer des nouveaux prêcheurs de la tranche horaire 19h00-21h00 ? Impulser une mobilisation des consciences, s'interroger sur la marche du monde, sur le devenir de chacun plus que sur la mise en concurrence des marques et des logos : voilà aujourd'hui l'enjeu que doit relever l'éducation.

L'école doit retrouver dans un projet progressiste, socialiste et démocratique trois fonctions essentielles qu'elle a peu à peu perdue :

  • elle doit donner à voir et à critiquer, elle apprend à distinguer savoir et certitudes, elle apprend le doute ;

  • elle doit transmettre une mémoire et une histoire,des modes culturelles, et permet au jeune citoyen d'inscrire la réflexion dans une épaisseur temporelle pour en retirer les leçons du passé ;

  • elle doit former un espace « fictif » à l'image de la société politique elle-même pour permettre à l'enfant de comprendre et de maîtriser l'abstraction de la société politique.


Les autoritarismes se satisfont toujours de l'inculture et du développement de sous-cultures à défaut d'endoctrinement. Il n'y a de citoyens qu'instruits et donc critiques. Pour avancer sur ce terrain, au regard de la politique menée depuis 6 ans par la droite (notamment sous les ministères Robien et Darcos) et aux vues du projet de société développé par le président Sarkozy, nous voyons déjà se profiler une école « républicaine » (de nom seulement) dont le seul objectif serait désormais utilitariste sans aucune autre ambition que de faire des écoliers de futurs consommateurs et de futurs salariés exploités soumis docilement à la précarité.

En ce sens, la suppression de la carte scolaire - prônée jusque dans nos rangs - nous inquiète : elle ne va pas permettre d'avancer vers la mixité sociale, bien au contraire. Certes, le système actuellement en vigueur est injuste et largement détourné par les privilégiés. Mais on pouvait imaginer de réformer la carte scolaire sans la supprimer. Il serait en la matière peut-être utile que les instances régionales des conseils économiques et sociaux soient saisies de cette question et proposent un redécoupage des secteurs scolaires permettant une vraie mixité sociale : en associant par exemple des centres-ville et des banlieues, en développant des établissements sur des zones « frontalières », etc. On pouvait imaginer également une réflexion sur une politique de « bassins », plusieurs établissements (écoles, collèges et lycées) travaillant ensemble pour organiser la mixité sociale en leur sein.

Aujourd'hui, on se contente d'une suppression progressive qui va bénéficier à ceux qui sauront en profiter. Le plus inquiétant, c'est que les « bons » établissements font l'objet de très importantes demandes : on fait croire aux parents qu'ils vont pouvoir choisir leur établissement. En réalité, ce sont les établissements qui choisissent déjà les élèves.

Le système éducatif contribue à reproduire les inégalités existant dans la société : on assiste aujourd'hui à une stagnation, voire à une régression de la démocratisation de l'accès à l'enseignement et aux diplômes ! D'un côté, l'accès aux diplômes les plus prestigieux est de plus en plus réservé à une élite, qui détient un savoir « secret » ultra-discriminant, celui de « l'orientation » : elle sait quelles sont les bonnes filières, les bonnes classes préparatoires, les bonnes options. D'un autre côté, au moins 60 000 élèves sortent chaque année du système scolaire sans aucun diplôme.

Il faut s'attaquer au noyau dur des élèves en situation d'échec, en se donnant les moyens d'apporter à chaque problème que rencontre un élève une réponse adaptée. Certains tendent à penser qu'il existe des élèves « irréductibles » à l'acquisition des savoirs, qu'il faudrait exclure pour préserver les autres. Accepter cette fatalité, c'est renier l'exigence d'égalité. L'inégalité et l'acceptation du déterminisme commencent dans les têtes des enfants.

Le président de la République et le ministre de l'éducation ne cessent de dénoncer le pédagogisme dont ils affirment que Philippe Mérieu est le principal représentant. Cette stigmatisation n'a à nos yeux qu'un véritable objectif : écarter la vraie question, qui est « que fait-on des élèves qui ne veulent pas apprendre ? ». Les pédagogues n'ont cessé de poser cette question et le font encore obstinément. Le gouvernement actuel répond par des « y a qu'à » et « il faut que ». Il pense que s'intéresser à la mobilisation des élèves sur leurs apprentissages est de la démagogie et du temps perdu, alors que c'est la seule condition pour une véritable démocratisation. Si on ne traite pas de la question du désir d'apprendre, seuls ceux qui ont trouvé leur panoplie de bon élève au pied de leur berceau vont réussir à l'école. Sous prétexte de réalisme, la politique d'aujourd'hui tourne le dos à tous les acquis de la pédagogie. Elle est plus proche du formatage que de l'éducation, et si je devais souhaiter une chose, ce serait qu'on réhabilite le patrimoine et la formation pédagogiques dans tous les domaines. Célestin Freinet, Maria Montessori, Anton Makarenko, Lorenzo Milani, Pestalozzi, Oury, ont beaucoup de choses encore à nous apprendre. Si nous ne les écoutons pas un peu, nous allons vraiment sacrifier une génération d'élèves. Les méthodes qui ont « fait leurs preuves », ce sont eux qui les ont proposées et ce sont eux qu'il faut écouter.

Une réforme radicale des trois premières années de l'université est nécessaire. Aujourd'hui, l'université, pour beaucoup d'étudiants, c'est la jungle et le règne de la débrouille. Seuls quelques étudiants motivés et adaptés survivent. D'ailleurs, beaucoup d'entre eux préfèrent aller en classe préparatoire, en BTS ou en DUT, où ils ont le sentiment d'être mieux encadrés, mieux suivis, et mieux épaulés dans leur travail. Il faut donc penser une pédagogie totalement différente pour l'entrée à l'université, avec des petits groupes, des apprentissages méthodologiques, un tutorat systématique, des entretiens d'évaluation réguliers…

Reprendre l'offensive dans le monde enseignant :

Nous sommes donc convaincus qu'une réelle unité d'action doit se construire entre une gauche progressiste et l'ensemble des acteurs du milieu éducatif. En effet nous ne pouvons nous permettre de regarder se dégrader la situation et de constater les dégâts résultants des politiques de droite mais également agir par l'intermédiaire des organisations professionnelles et syndicales d'enseignants, des syndicats étudiants et lycéens, des mutuelles, des organisations de parents d'élèves mais nous devrons également agir en commun avec les mouvements d'éducation populaire pour ne pas baisser les bras concernant une population nombreuse qui a été quitté le milieu scolaire ou universitaire.

Attention à éviter certains faux débats… Nous ne sommes pas hostile a priori à la bivalence, dès lors qu'elle s'effectue sur la base du volontariat des professeurs. Un des problèmes majeurs des établissements du second degré aujourd'hui est la fragmentation des enseignements. L'élève n'a pas de vision globale des exigences de ses professeurs, et ces derniers ne constituent pas une véritable équipe susceptible d'assurer un suivi cohérent et une relation constructive avec les familles. Il faut penser des unités pédagogiques d'une centaine d'élèves, confiées à une douzaine de professeurs, qui y effectueraient la totalité de leur service. Ils jouiraient ainsi d'une liberté pour adapter leur enseignement aux élèves et pourraient être véritablement impliqués dans le fonctionnement de l'établissement. Concernant l'accès à la bivalence, il faut proposer aux enseignants une année sabbatique de formation en compensation de leur acceptation et de leur engagement à se former et à enseigner dans une deuxième discipline.

Le manque de reconnaissance sociale et financière des enseignants est très grave aujourd'hui. C'est l'une des principales raisons du malaise. Probablement a-t-on profité de la féminisation massive de ce métier pour ne pas trop en augmenter les salaires, ce qui est proprement scandaleux. Dans l'histoire pourtant, les professeurs n'ont guère été mieux payés qu'aujourd'hui. Mais ils jouissaient d'une estime sociale et d'un statut qui pouvaient compenser ce déficit financier. Par ailleurs, les difficultés du métier étaient moindres : aujourd'hui, on attend du professeur qu'il assume des fonctions qui ont été progressivement abandonnées par la religion, la collectivité et la famille. On attend de lui qu'il promeuve des valeurs qui sont radicalement contraires à celles de la publicité et des médias. On exige qu'il fasse réussir tous les élèves... Tout cela est, somme toute, une évolution logique sinon normale, mais qui nécessite de repenser la place de l'enseignant dans la société, la nature de ses missions, sa formation, et, bien évidemment, sa rémunération.

Il est par ailleurs désormais impératif de changer le système de recrutement pour mieux l'adapter à la réalité des écoles et des établissements. Pourquoi certains professeurs, parce qu'ils ont passé un concours plus difficile, auraient-ils moins d'heures de cours à effectuer, le plus souvent devant des élèves de centre-ville, et en étant plus payés. Il nous semble qu'il faut prendre en compte les difficultés réelles qui se posent sur le terrain et promouvoir la formation continue des enseignants. Dans ce cadre, l'agrégation pourrait être une promotion pour ceux et celles qui se sont beaucoup investis dans leur métier et ont mis en place des activités pédagogiques nouvelles et efficaces.

Par ailleurs, il faut sans doute réfléchir à l'équilibre, au sein des concours, entre les différentes épreuves. Les épreuves à caractère pédagogique sont insuffisantes et ne permettent pas vraiment de valider les compétences qui auraient été acquises dans ce domaine.

Renforcer l'éducation populaire :

Permettre à notre peuple de s’investir dans la construction de son avenir permet à la fois de le rendre partie prenante de ce projet mais aussi d’être acteur citoyen défendant l’intérêt général et mettant de côté tout intérêt particulier synonyme de division, d’individualisme, de communautarisme. Cette méthode est celle de l’éducation populaire qui s’inscrit dans une démarche républicaine.

Si l’éducation populaire peut se définir comme une pédagogie interactive où les individus sont acteurs de leur propre formation, elle est avant tout l’apprentissage de l’initiative, de la prise de responsabilité et de l’autonomie. Elle se propose de faire émerger, par des pratiques collectives de mise en situation, les ressorts, les potentialités inhérentes à chaque individu, à chaque groupe. En ce sens, l’éducation populaire incite à l’action collective, à la découverte de l’exercice du contre-pouvoir. Elle peut permettre à chacun de s’épanouir et de trouver sa place de citoyen. Elle permet à chacun(e) de progresser et de développer, à tous les âges de la vie, une réelle capacité à vivre en société.

L’éducation populaire n’est la propriété de personne ; au contraire, elle est disponible pour tous, sans différence de classe ni de fonction. Elle suppose un effort de tous, une soif de connaître et d’écouter réciproquement, quels que soient les statuts et fonctions.

Elle est une méthode incontournable pour faire vivre la démocratie participative. Elle est l’élément indispensable de la construction d’un projet de société qui réduit les inégalités sociales, culturelles et économiques. En ce sens, elle vise à l’émancipation collective et collectivement, de tous et par tous ! L’intervention associative est d’autant plus importante qu’elle n’apparaît pas, aux yeux des citoyens, comme liée à des enjeux de postes électifs mais à la défense d’une orientation politique claire.

L’éducation populaire peut et doit être notre outil pour contribuer à faire comprendre les enjeux et la complexité des situations vécues, à faire prendre conscience aux individus de leur place et de leur rôle possible, à leur permettre d’acquérir leur autonomie afin de maîtriser les situations plutôt que de les subir. Elle contribue à la construction de la conscience individuelle et collective pour permettre la transformation sociale. L’éducation populaire, dans le prolongement de l’enseignement public, parce qu’elle permet à chacun de s’approprier une citoyenneté active, contribue à défendre et à renforcer les valeurs de la République. L’éducation populaire offre aux personnes l’outil pour redevenir des acteurs démocratiques, des porteurs de projets.

Si nous souhaitons être compris, nous devons d’abord savoir entendre les nouvelles attentes des citoyens. Ils exigent désormais des orientations politiques claires s’inscrivant dans le respect et la défense de nos valeurs républicaines socialistes. Ils exigent d’en être les acteurs. La crise politique, sociale et institutionnelle dans laquelle notre pays est entré ne peut se dénouer que par un changement radical du lien que nous entretenons avec notre peuple. Nous devons lui proposer un modèle démocratique rééquilibré. Le moment est venu de donner à la démocratie participative les moyens, y compris institutionnels, de se développer.

Cela concerne tous les segments de la vie sociale :

  • dans la cité avec la place et le rôle des conseils de quartier, les droits et obligations des élus (majoritaires et minoritaires), le droit d’interpellation citoyen tant auprès des collectivités élues que des entreprises locales, reconnaissance de la place et du rôle des associations de défenses d’intérêts collectifs non communautaires (consommation, environnement, loisirs,…) ;

  • dans l’entreprise avec la protection accrue de l’exercice du droit syndical, la valorisation et la protection des institutions représentatives des personnels dans TOUTES les entreprises, la reconnaissance des accords majoritaires, la modification des règles de la représentativité ;

  • dans l’éducation avec le développement des structures de la vie lycéenne, un rôle accru des partenaires de la co-éducation (parents d’élèves, associations partenaires de l’école publique, projets d’établissement) ;

  • dans la vie culturelle avec son accès pour tous dès la scolarité, l’abandon de la logique commerciale des programmes télévisuels publics laissant place à la création et à l’ouverture sur le monde.



Frédéric Faravel

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31 janvier 2008 4 31 /01 /janvier /2008 00:15

> Univers
IDEES


Du grain à moudre
par Julie Clarini et Brice Couturier
du lundi au vendredi de 17h à 17h55
  Du grain à moudre



  de Brice Couturier

Ecoutez

Podcast


 
 
émission du mardi 29 janvier 2008
L’école est –elle menacée pour le regroupement identitaire ?

 

  L’ethnicisation de la cour de récré, c’était l’un des points d’inquiétude soulevés par le rapport Obin, en 2004. Bien que contesté pour sa méthode d’investigation, le rapport avait pointé quelques phénomènes graves, peut-être isolés. Jean-Pierre Obin, inspecteur général de l’Education Nationale, rapportait l’anecdote d’un collège baptisé le « collège juif », bien qu’il fût parfaitement public. C’était simplement la crainte de voir leur enfant victime de ségrégation ou de rejet qui avait poussé les parents à mettre au point une stratégie d’investissement massif du même établissement. Par ailleurs, les demandes d’inscription dans les écoles privées juives croissent chaque année. Aujourd’hui, l’enseignement confessionnel est également une revendication de certaines associations musulmanes même si, à l’heure actuelle, seuls 3 collèges se revendiquant de cette religion existent, trois collèges qui comptent à peine 400 élèves.
Cette tentation de l’entre-soi qui point tous les ans d’avantage en France est une vraie pierre d’achoppement pour l’école républicaine laïque. Dans le Monde de l’Education de ce mois-ci, qui consacre un long dossier à cette question, on apprend qu’un autre rapport, cette fois de l’Inspection générale de l’éducation, un rapport non rendu public, évoquerait quelques tentatives de regroupement ethnique par des familles d’une même communauté, et ce à l’occasion de l’assouplissement de la carte scolaire. Si jusqu’à présent l’entre-soi s’opérait encore par le recours au privé, la situation pourrait donc changer à la rentrée prochaine avec la possibilité de choisir son collège ou son lycée. Si ces prédictions se réalisaient, on ne manquerait pas d’y voir un nouvel échec de la République. Raphael Elmaleh qui a publié un ouvrage sur l’histoire de l’éducation juive moderne en France, analyse ainsi le phénomène : autrefois l’école juive transformait de petits juifs en petits Français, aujourd’hui, on lui demande de métamorphoser de petits Français en petits juifs. Même raisonnement possible, très certainement, pour les jeunes « beurs ».
Alors que faire ? Faut-il se résoudre à un éclatement de l’offre scolaire et à une ségrégation de fait de la jeunesse française ? Faut-il incriminer l’imperméabilité de façade de l’institution scolaire au fait identitaire et penser une école plus ouverte sur les revendications des parents ?


  Invités

 
Alain Morvan.  Professeur de littérature anglaise à la Sorbonne
Recteur d'académie de 1993 à 2007

 
Dounia Bouzar.  Anthropologue du fait religieux
Expert européen
Auditrice auprès de l’Ihedn
Chargée d’études à la Protection Judiciaire de la Jeunesse
Co-fondatrice de Dynamique Diversité

 
Françoise Lorcerie en duplex d'Aix en Provence.  Directrice de recherche CNRS, à l'IREMAM
Spécialiste de Politique éducative et politique d'intégration des immigrés

 
Benjamin Touati.  Directeur de L’institut Rina et André Néher

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30 janvier 2008 3 30 /01 /janvier /2008 23:59

Education et économie

 

cliquer ici pour avoir le texte en PDF


Le rapport remis par Jacques Attali sur les moyens de relancer la croissance doit faire l’objet d’un examen critique approfondi. Des groupes de réflexion comme La Forge  en ont produit une "contre-expertise" particulièrement intéressante. Globalement, nous assistons bien à la liquidation radicale (prônée ici par un « homme de gauche ») d’un modèle du « bien commun » fondé sur le débat démocratique et l’engagement de l’État comme expression de la volonté nationale. C’était le modèle du Conseil National de la Résistance dont la droite libérale appelle à se débarrasser depuis maintenant plusieurs années. Il est remplacé par le modèle bien plus archaïque – et qu’on veut nous faire passer pour « moderne » - de Guizot : « Enrichissez-vous ! ». On prend acte de la montée des individualismes et de la confrontation des intérêts particuliers et on joue sur ceux-ci pour produire des effets d’enrichissements individuels censées créer miraculeusement la croissance nationale. En cherchant à résoudre ses problèmes immédiats et en courant après son propre profit, l’homme « moderne » ferait progresser un pays réduit à la juxtaposition des richesses individuelles. Le collectif dans sa spécificité est ramené à la somme des agitations personnelles et corporatistes : on fait l’hypothèse qu’en faisant monter les tensions sociales, au sein des groupes (puisqu’il faut toujours « s’en sortir » mieux que les autres et contre les autres) et entre les groupes (identifiées comme consubstantiellement concurrents), on crée du développement cohérent. C’est, évidemment, confondre le développement avec l’effervescence, la détermination avec la fermentation, la volonté avec la nervosité… la pensée réfléchie et le débat démocratique avec un talk-show où le bon mot fait fonction de preuve et le best of de consécration universelle… C'est oublier le projet démocratique lui-même, c'est abandonner, au sens propre, la République : la chose publique.

 

Sur le plan éducatif, ce rapport reprend et développe l’essentiel des préconisations et réformes des gouvernements successifs depuis six ans (socle commun avec une orientation encore plus « fonctionnelle », suppression de la carte scolaire, développement d’une « culture de l’évaluation » systématique, etc.). Il préconise aussi un enseignement de l’économie plus développé et plus précoce que celui qui existe actuellement ; mais il s’agit bien, ici, d’économie et non de « sciences économiques et sociales », selon la dénomination qui existe aujourd’hui et qui se voit, semble-t-il, amputée d’une sociologie perçue sans doute comme trop critique.

 

En réalité, le rapport Attali conforte un mouvement de libéralisation-technicisation de l’enseignement actuellement largement en cours. Libéralisation, car on confond l’institution publique avec un service qui doit satisfaire les intérêts à court terme des usagers, au détriment de ses valeurs spécifiques. Technicisation car, dès lors qu’on abandonne les finalités de l’École de la République – indissociablement instruction et émancipation -, il ne reste plus qu’un ensemble de mécanismes de contrôle produisant les « indicateurs » permettant aux clients de se déterminer et à la puissance publique de renforcer les inégalités en subventionnant ceux qui ont les meilleures performances…

 

On veut croire que ce mouvement n’est pas irréversible et espérer qu’il provoquera un salutaire sursaut…

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13 novembre 2007 2 13 /11 /novembre /2007 13:03
Du grain à moudre
par Brice Couturier et Tara Schlegel
du lundi au vendredi de 17h à 17h55
  Du grain à moudre


Ecoutez émission du mercredi 31 octobre 2007
Jésus et Mahomet sur les bancs de l’école

  « Le but n’est pas de remettre Dieu à l’école » - prévenait dès l’introduction Régis Debray, dans le rapport qu’il lui fut demandé de rendre, après les attentats du 11 septembre 2001.
Car la montée des communautarismes, les replis identitaires de certains élèves – incitèrent alors le Ministre de l’Education Jack Lang à s’interroger sur l’enseignement des faits religieux.
Des progrès réels avaient été déjà faits depuis 1996 – par l’introduction dans les programmes scolaires d’un certain nombre de thèmes, qu’il faut étudier en Français et en Histoire, par exemple l’époque antique et les dieux égyptiens, les Hébreux – en tant que peuple de la Bible – la Genèse – la naissance du christianisme ou encore les cinq piliers de l’Islam.
Un peu de chemin donc, avait été parcouru après la remise du rapport Joutard en 1989 s’alarmant de l’inculture religieuse des jeunes.
Mais ces recommandations se sont souvent heurtées à de réelles résistances – notamment à un anticléricalisme farouche de la part de certains enseignants.
Et le rapport Debray en 2002 avait le mérite de souligner combien « le temps paraissait venu » de passer à présent d’une « laïcité d’incompétence » -(à savoir le religieux par construction, ne nous concerne pas) – à une « laïcité d’intelligence » (il est de notre devoir d’enseignants de comprendre) ».
Cinq ans après cette feuille de route, qui prônait en particulier une meilleur formation des maîtres, qu’en est-il réellement de l’enseignement des faits religieux, au primaire, collège et lycée ?
Alors que l’affaire du voile islamique a parfois rendu les débats dans les classes très périlleux, alors que terrorisme et islam sont si souvent confondus dans les discours médiatico-politiques, alors qu’on parle d’une montée de l’antisémitisme en France.
Alors que les théories créationnistes aux Etats-Unis gagnent de l’ampleur les professeurs sont-ils suffisamment armés pour aborder toutes ces questions ?
Leur formation en la matière a-t-elle évoluée? L’enseignement des faits religieux est-il toujours cantonné au français et à l’histoire ?
Bref l’Education nationale – qui s’est recentrée sur le socle commun de connaissance - laisse-telle les enfants moins démunis en admirant les Tympans de la Cathédrale de Chartres, une peinture de Botticelli ou en découvrant le Dom Juan de Mozart ?
Enfin et surtout comment réagissent les enseignants à cette nouvelle obligation scolaire, jouent-ils le jeu de la « laïcité d’intelligence » ou escamotent-ils trop souvent les passages afférents aux grands monothéismes et autres croyances ? Telles sont quelques unes des questions que nous allons aborder au cours de ce débat.

  Invités

 
Esther Benbassa.  Directrice d'étude à la Section des sciences religieuses de l'École pratique des hautes études

 
Henri Pena-Ruiz.  Philosophe. Professeur à Sciences po

 
Régis Debray.  Philosophe, Médiologue

 
Laurence Pierrepont.  Professeur agrégée d'histoire (a enseigné 10 ans en ZEP à Nanterre)
Formatrice à l'IUFM de Versailles
 
 


           
les livres
 

 
 

 
Esther Benbassa et Jean Christophe Attias (dir.)
Des Cultures et des Dieux : repères pour une transmission du fait religieux
Fayard - 19 septembre 2007
 

Attentats du 11 septembre 2001, « choc des civilisations », revendications communautaristes, appétits nouveaux de spiritualité... Face à cette explosion de phénomènes et de discours, les Français, tantôt anticléricaux, tantôt peu ou mal formés à la culture religieuse, se sentent parfois désorientés. Ce livre leur fournira certaines des clés qui leur manquent.

Judaïsme, christianisme et islam s'y taillent une part importante parce qu'ils ont marqué l'histoire de l'Europe. Mais traditions d'Afrique, d'Asie ou d'Amérique et nouveaux mouvements religieux sont aussi abordés. Outre leur intérêt intrinsèque, notre passé colonial, les grandes migrations de l'ère contemporaine, la diffusion en Occident des sagesses orientales l'imposaient.

Ni apologétique ni dépréciateur, ne cultivant ni l'irénisme ni le goût du sensationnel, ce travail d'équipe conçu et conduit avec brio par Jean-Christophe Attias et Esther Benbassa se veut non confessionnel et distancié. Il porte une attention particulière aux phénomènes de contact, de conflit, mais aussi d'imprégnation mutuelle entre religions différentes, sans oublier l'histoire des laïcités et les processus de sécularisation.

L'étude dépassionnée des faits religieux est une fenêtre privilégiée sur la diversité des cultures. Elle est en même temps une invite au dialogue et à la compréhension réciproque. Simples curieux, parents, enseignants, étudiants, lycéens, jeunes et moins jeunes sauront faire de ce livre l'usage qui leur convient. Puisse-t-il devenir entre leurs mains un modeste mais efficace outil de liberté.

- 4e de couverture -

 
 

 
Régis Debray
L'obscénité démocratique
Flammarion - 3 septembre 2007
 

Non ce n'est pas la démocratie qui est obscène !

C'est la scène républicaine qu'il faut sauver de l'obscénité, au moment où la politique devient le tout-à-l'ego d'un pays en proie aux tyrannies de l'audimat, de l'émotif et de l'intime.

- 4e de couverture -

 
 

 
Henri Pena-Ruiz
Les grandes légendes de la pensée
Flammarion - février 2007
 

« Il peut paraître étonnant que les pensées profondes se rencontrent plutôt dans les écrits des poètes que dans ceux des philosophes. La raison en est que les poètes ont écrit sous l'empire de l'enthousiasme et de la force de l'imagination. Il y a en nous des semences de science comme en un silex des semences de feu ; les philosophes les extraient par raison, les poètes les arrachent par imagination : elles brillent alors davantage. » Comment penser la vie et le monde ? Les grandes questions qui nous tourmentent ? Venus du fond des âges, des images et des récits nous y aident. L'envol de l'homme-oiseau Icare, l'amour passion de Tristan et Yseut, le déluge qui submerge l'ancien monde, l'aveuglement d'Oedipe qui accomplit son destin en voulant le fuir, l'hésitation de César avant de franchir le Rubicon, le nez de Cléopâtre, maîtresse de l'empereur de Rome... Voici donc un petit livre à parcourir « à sauts et à gambades », comme le disait Montaigne, aussi librement qu'une conversation entre amis.
-4e de couverture-

 
 

 
Régis Debray
Un mythe contemporain : le dialogue des civilisations
CNRS Editions - 2007
 

Permettez-moi un petit examen de conscience sur cette formule pieuse, le dernier dogme d'un monde sans dogme, à la fois cri de détresse et protestation contre la détresse, je veux dire : « le dialogue des civilisations ». Que veut dire ce mantra et que faire pour qu'il ne tourne pas à l'exutoire, voire à l'exorcisme ?
-4e de couverture-

 

 
Laurence Pierrepont,Corinne Bonafoux,Benoît Falaize
Mémoires et histoire à l'école de la République
Armand Colin - à paraître nov 2007
 


 

 
Sous la direction Dominique Borne et Jean-Paul Willaime, préface de Régis Debray
Enseigner les fait religieux
Armand Colin - à paraître nov 2007
 

Depuis 2002, l'enseignement des faits religieux est entré dans les programmes des différentes disciplines. Ce livre rappelle l'histoire des relations entre la République et les sciences religieuses et interroge l'expression « faits religieux ». Puis il aborde concrètement les problèmes de la classe : quelle est la place des faits religieux dans les programmes des différentes disciplines ? Peut-on conseiller des démarches pédagogiques ? Comment aborder ces questions dans des perspectives nécessairement laïques ? Enfin, l’enseignement des faits religieux renvoie à des débats sociaux, culturels et politiques : dans un climat général de sécularisation, la France affronte le pluralisme et des formes fondamentalistes du religieux. L'école ne peut être absente de ces débats.

Dominique BORNE, historien, ancien doyen de l’Inspection générale, est président de l’Institut européen en sciences des religions. Auteur d’ouvrages sur la France au XXe siècle, sur les problèmes éducatifs, ses travaux sur la laïcité et l’enseignement des faits religieux font autorité.

Jean-Paul WILLAIME, sociologue des religions, est directeur d’études à la Section des Sciences religieuses de l’École pratique des hautes études et directeur de l’Institut européen en sciences des religions. Il est l’auteur de nombreux ouvrages consacrés, plus particulièrement, au protestantisme et à la dimension européenne des faits religieux.
-4ème de couverture-

 
 

 
Esther Benbassa et Jean Christophe Attias
Petite histoire du judaisme
Librio. Document, n° 843 - 3 septembre 2007
 

La série « Petite histoire des religions » est dirigée par Jean Baubérot, spécialiste de la sociologie des religions et de la laïcité : Petite histoire du judaïsme (n° 843), Petite histoire de l'islam (n° 844), Petite histoire du bouddhisme (n° 857) et Petite histoire du christianisme (n° 858).

Cet ouvrage clair et accessible permet de comprendre la religion juive et l'universalité de son message.

Et, bien au-delà, de connaître l'histoire d'un peuple et sa contribution originale à la civilisation humaine. Religion, culture, identité en dialogue ininterrompu avec le monde, le judaïsme est tout cela à la fois. Et en dépit des tragédies qui l'ont frappé, c'est une vitalité et une créativité toujours renaissantes qui le caractérisent.

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10 août 2007 5 10 /08 /août /2007 14:13
Ayant eu l'occasion d'intervenir sur le cas d'une mère de famille chinoise arrêtée la semaine dernière, dont la collectivité où je travaille a pu intervenir avec RESF pour faire annuler l'APRF, je confirme cette impression que l'administration d'Hortefeux cherche à faire du chiffre.
Fred

 
RESF dénonce une accélération des interpellations de sans-papiers
LEMONDE.FR | 09.08.07 | 20h26  •  Mis à jour le 09.08.07 | 20h33


n enfant russe de 12 ans de parents sans papiers a été hospitalisé dans un état grave après une chute accidentelle du quatrième étage d'un immeuble à Amiens, jeudi 9 août. Il voulait fuir avec son père la police qui s'apprêtait à les interpeller. L'enfant est dans le coma, et son pronostic vital "est engagé", selon le procureur d'Amiens, Patrick Beau.

Selon M. Beau, le garçon a tenté de descendre derrière son père le long des balcons de l'immeuble pour échapper à la police venue demander à la famille de répondre à une "convocation pour audition". Une enquête a été confiée à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), car pour le procureur, "les conditions de l'accident restaient incertaines".

Cet accident survient alors que le Réseau éducation sans frontières dit observer une accélération des interpellations de sans-papiers. A l'initiative du réseau associatif qui regroupe 185 organisations, une centaine de personnes ont manifesté sur le parvis de l'Hôtel de Ville à Paris, aux cris de "Arrêts des rafles, arrêt des expulsions".

UN "PARTICULARISME DU MOIS D'AOÛT" ?

Pour RESF, le mois d'août est une période propice à la multiplication des contrôles. Le réseau, qui tient un compte journalier des sans-papiers poursuivis, relève qu'à Paris, au moins six parents d'enfants scolarisés ont été placés en rétention mardi.

Dans un communiqué, RESF s'inquiète également du fait que la police s'en prenne à des parents. "Jusqu'ici, les parents d'enfants scolarisés qui passaient au tribunal administratif voyaient le plus souvent leur arrêté préfectoral de reconduite à la frontière cassé par le juge au titre du respect de leur vie personnelle installée en France. Beaucoup de parents étaient libérés du commissariat avant la fin de leur garde à vue", précise le texte.

En marge d'une réunion avec le ministre de l'intérieur italien, Brice Hortefeux, le ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du codéveloppement a contesté l'augmentation des interpellations, assurant "qu'il n'y a pas de particularisme du mois d'août".

Le Monde.fr, avec AFP

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4 août 2007 6 04 /08 /août /2007 07:55

Projet de loi "Libertés et responsabilités des universités"

Vous trouverez ci-joint l'intervention de Régis Juanico lors de la discussion générale sur la projet de loi "Libertés et responsabilités des universités" du lundi 23 juillet :

Intervention RJ discussion générale universités.pdf

 

L'article du Monde et la dépêche AFP en date du 27 juillet :

Article Le Monde 27-07-07.pdf

Dépêche AFP 27-07-07.pdf


DGUniv3
envoyé par martinedavid

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29 juin 2007 5 29 /06 /juin /2007 09:01
"Ah ben voilà un gars qui l'est bien !" se sont dits beaucoup de gens dans la campagne électorale, "le p'tit Nico il va baisser les impôts des riches, parce qu'ils en ont besoin pour nous augmenter, et pis il va pas remplacer un fonctionnaire sur deux qui part à la retraite - car ça coûte cher ma bonne dame - mais sans supprimer de postes d'infirmières, de policiers, d'enseignants... tout ça ! et pis on fera mieux avec moins, et pis on réduira la dette, et pis on augmentera les fonctionnaires parce qu'ils travailleront mieux avec moins de collègues parasites..."
donc on vous l'avait pourtant dit que ce n'était pas possible de ne pas remplacer un départ sur deux dans la fonction publique sans toucher aux grands postes d'emplois ; donc les cadeaux fiscaux aux plus riches  vont naturellement être payés par la dégradation des conditions d'enseignement... CQFD...
Mais bon c'est Sarko maintenant le président...

 

Les syndicats d'enseignants dénoncent une "saignée"
NOUVELOBS.COM | 29.06.2007 | 08:59

L'annonce par le ministre Xavier Darcos de la suppression de 10.000 postes en 2008 provoque la colère des syndicats. L'Unsa-Education fustige un "pilotage par la seule approche budgétaire". La FSU prévient qu'elle va "organiser la riposte".

Une classe de lycée

Une classe de lycée (Sipa)

Le ministre de l'Education, Xavier Darcos, a annoncé jeudi 28 juin la suppression de 10.000 postes dans l'Education nationale en 2008. Un chiffre qui a provoqué, jeudi soir, la colère unanime des syndicats d'enseignants.
Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, principale fédération de l'Education, dénonce une "logique comptable à courte vue, qui sacrifie l'avenir, compromet l'objectif d'assurer la réussite de tous et laisse présager un nouveau creusement des inégalités".

"Organiser la riposte"

Il estime que les suppressions de postes vont provoquer "une dégradation des conditions de travail et des conditions d'enseignements." "Si ces annonces se confirment, la FSU fera tout pour organiser la riposte la plus unitaire possible", prévient Gérard Aschieri.
Le Snes-FSU, syndicat majoritaire dans les collèges et les lycées, rejette pour sa part ce qu'il qualifie de "saignée pour l'Education nationale", alors que "les effectifs à la rentrée 2008, tels qu'ils sont prévus par le ministère, augmentent de plus de 20.000 élèves (premier et second degrés confondus)".
"C'est le second degré qui va être frappé de plein fouet par ces nouvelles suppressions d'emplois", qui ne seront "possibles qu'en amputant fortement l'offre d'enseignement" et "en augmentant la charge de travail des personnels", ajoute le syndicat.

"Augmentation du nombre d'élèves par classe"

De son côté, l'Unsa-Education fustige "la dégradation brutale et programmée de l'emploi public" et "ce pilotage par la seule approche budgétaire".
"Ce ne sont donc pas les exigences d'un service public de qualité, au service de la réussite de tous les élèves qui priment mais bien la seule obsession comptable", estime la deuxième fédération du monde éducatif.
Enfin le président des lycéens de la Fidl, Tristan Rouquier, affirme qu'"alors que l'Education nationale manque déjà d'encadrement, et particulièrement dans les lycées, le ministre annonce une nouvelle réduction de postes pouvant mener à une inquiétante augmentation du nombre d'élèves par classe et à une dégradation des conditions de vie dans les lycées".

Emplois aidés

Le ministre de l'Education a estimé "aux alentours de 10.000" le nombre de postes supprimés dans l'Education nationale au budget 2008, lors d'une interview sur BFM TV, jeudi. Selon Xavier Darcos, 8.000 postes devraient disparaître dans le domaine "des emplois aidés et de tout ce qui concourt à la vie scolaire dans le second degré en ne remplaçant pas un emploi équivalent temps plein sur deux", a précisé le ministre à l'antenne. Le nombre exact des suppressions d'emplois à l'Education nationale est en discussion avec le ministère du Budget dans le cadre du projet de loi de finances pour 2008, précise-t-on au ministère de l'Education nationale.

Options

Le ministre a préconisé un certain nombre d'aménagements de l'offre scolaire, comme l'idée de "regrouper des options", "changer les programmes" et recourir aux heures supplémentaires pour les professeurs. "Si nous obtenons que des professeurs, dans le cadre de la réflexion sur leur métier, acceptent d'être moins nombreux mais d'avoir un temps de travail différent, volontaire, évidemment, grâce à des volants d'heures supplémentaires importants, nous pouvons sans doute trouver des ajustements", a-t-il expliqué. Xavier Darcos a aussi précisé que les arbitrages sur la répartition des non remplacements de 30 à 40.000 fonctionnaires, annoncés par Eric Woerth, seraient pris "au mois d'août". (avec Reuters)

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21 juin 2007 4 21 /06 /juin /2007 14:10

Universités : Sarkozy durcit le ton

Le président du syndicat étudiant se dit "atterré" par les propos du chef de l'Etat, qui a indiqué mercredi que la réforme, "prête", serait "votée cet été". "Une quasi-déclaration de guerre vis-à-vis des syndicats".

Bruno Julliard (AP)

Bruno Julliard (AP)

Devant l'opposition des syndicats, notamment de l'Unef, au texte sur l'autonomie des universités, Nicolas Sarkozy a durci le ton, mercredi 20 juin. Il a assuré qu'il n'abandonnerait pas au motif que ce serait "trop risqué politiquement" et annonçant des moyens supplémentaires pour les universités volontaires.
 
"On ne peut pas dire sans arrêt que le XXIe siècle sera le siècle de la connaissance et garder notre système universitaire à l'abandon pour la seule raison qu'il serait trop risqué politiquement de le réformer", a déclaré le président de la République devant les parlementaires UMP.
 
"Tout le monde est d'accord sur la nécessité de le réformer, un seul argument s'y oppose : c'est dangereux", a-t-il ajouté, suggérant à "ceux qui n'aiment pas le danger" de "choisir une autre activité".
 
"N'opposons pas les universités entre elles"
L'avant-projet de loi sur l'autonomie des universités présenté par la ministre Valérie Pécresse a été accueilli fraîchement par les acteurs de l'université, en particulier les étudiants de l'Unef qui ont mené la bataille contre le CPE en 2006.
 
Personnels, présidents d'université et étudiants reprochent dans leur quasi totalité au texte de prévoir que seules les universités qui le peuvent et qui le souhaitent accèdent, sans obligation ni date butoir, à leur autonomie financière, en matière de ressources humaines comme de propriété des locaux.
 
"Toutes les universités ont la capacité d'accéder à l'autonomie, à leur rythme, n'opposons pas les universités entre elles, elles peuvent toutes progresser vers ce nouveau statut", a estimé Michel Lussault, 3e vice-président de la Conférence des présidents d'université (CPU).
 
"Ce n'est pas acceptable, nous allons utiliser le temps qu'il reste pour l'amender mais si au bout du compte il reste en l'état, nous organiserons la mobilisation des étudiants", a prévenu de son côté Bruno Julliard, président de l'Unef.
 
Prise de risque
Pour manifester néanmoins sa volonté de "prendre (ses) responsabilités", le chef de l'Etat a pris le risque mercredi de mécontenter plus encore les opposants au texte présenté mardi. Il a affirmé que les universités qui "choisissent le nouveau statut recevront des moyens supplémentaires".
 
Il s'agit d'"une incitation pour encourager les universités à prendre leur autonomie et les épauler dans cette démarche", a expliqué l'Elysée à l'AFP, en précisant qu'"il n'y a pas de limitation a priori au volontariat" qui pourra concerner toutes les universités.
 
La ministre de l'Enseignement supérieur Valérie Pécresse "mettait de l'huile dans les rouages, (Nicolas Sarkozy) met de l'huile sur le feu", a déclaré Bruno Julliard mercredi, se disant "abasourdi".
 
Il a aussi regretté que l'avant-projet de loi prévoit que les universités pourront soumettre l'entrée en 2ème cycle (master 1, bac+4) aux "conditions définies dans les conseils d'administration", ce qui revient pour lui à "une sélection"
 
Julliard juge Sarkozy "très agressif"
"C'est incompréhensible, on avait un engagement qu'il n'y aurait pas de conditionnement des moyens", s'est étonné Bruno Julliard, jugeant de plus que Nicolas Sarkozy se montrait "très agressif".
 
"Il s'agit d'un contresens", a commenté Michel Lussault, de la CPU. "La France a besoin de toutes ses universités, c'est une erreur de croire qu'en développant seulement certaines universités, nous arriverons à répondre aux besoins de formation et de recherche", a-t-il analysé. (AFP)
 

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4 mai 2007 5 04 /05 /mai /2007 10:02
PARIS, 3 mai 2007 (AFP) - La fédération des Associations pour adultes et jeunes handicapés (Apajh) souligne jeudi que la scolarisation des enfants handicapés, "dont les premiers jalons furent posés par le plan Handiscol" de 1999, est un droit depuis 2005 dont l'application est encore "défaillante".
"Entre 10.000 et 15.000 enfants sont sans solution de scolarisation, en école ordinaire ou en établissement spécialisé", affirme dans un communiqué la fédération, qui se félicite que ce thème, à l'origine d'une polémique mercredi soir lors du débat entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, "entre dans le débat" de la présidentielle.
"Ce sujet de société central, trop longtemps absent de la campagne, a enfin trouvé sa place", dit-elle.
Elle rappelle que les "premiers jalons" de la scolarisation des handicapés "furent posés par le plan Handiscol en 1999", lancé par Mme Royal, alors ministre déléguée à l'Enseignement scolaire, et qu'elle est "devenue un droit depuis l'entrée en vigueur de la loi du 11 février 2005", de l'actuel gouvernement.
Mais la fédération affirme que l'application de ce droit "malgré des progrès manifestes", est "encore aujourd'hui défaillante".
L'"accompagnement des enfants est insuffisant", puisqu'on compte "un accompagnant pour 17 élèves" et "le nombre d'auxiliaires de vie scolaire (AVS) et d'emplois vie scolaire (EVS) est manifestement insuffisant", dit-elle.   La fédération condamne l'"insuffisante" information des familles concernées par le ministère de l'Education nationale, le déficit de formation des enseignants et personnels, et les difficultés rencontrées par les enseignants référents, "perdus dans le +maquis+ de l'administration".   L'Association nationale pour l'intégration des personnes handicapées moteurs (ANPIHM) condamne de son côté la "prise en otages" par les candidats des enfants handicapés.   L'ANPIHM se montre aussi "très réservée" sur l'intérêt du "droit opposable" concernant l'accueil des enfants handicapés à l'école, défendu par M. Sarkozy.   "Un enfant, handicapé ou non, est avant tout un enfant ayant les mêmes droits que les autres", fait remarquer l'association.   Lors du débat mercredi soir, Mme Royal s'est déclarée "scandalisée" par les propos de M. Sarkozy en faveur de l'accueil d'enfants handicapés dans les écoles, alors que le gouvernement sortant auquel il a appartenu a selon elle "supprimé le plan Handiscol" et "les aide-éducateurs".

   mv/jba/def

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1 avril 2007 7 01 /04 /avril /2007 09:14
Rendre à l’Education sa place de premier budget de la nation
De Jean-Pierre Dufau, candidat dans les Landes (2e circ) | 1er avril 2007

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A l’issue de la dernière des quatre grèves nées du « décret Robien », il semble que tous les candidats aient annoncé leur volonté de revenir sur ce décret qui supprime une partie des décharges horaires, favorise la bivalence (enseignement de deux matières par un même professeur) et développe les nominations dans plusieurs établissements. Si l’on ne peut que se réjouir de voir l’UMP et l’UDF en campagne ouvrir enfin les yeux, il convient cependant de ne pas être dupes.

De fait, le quinquennat durant lequel les mêmes UMP et UDF se sont succédées au ministère de l’Education a été celui d’une régression sans précédent : déclin régulier du budget de l’éducation depuis 2002 et réduction permanente du nombre d’enseignants (-30.000 dans le seul enseignement secondaire !) ne représentent qu’une partie des atteintes parachevées par le « décret Robien ». Gilles de Robien et le Rectorat de Paris ont été moins actifs dans leur soutien à la Directrice d’école parisienne de Rampal placée en garde-à-vue après l’algarade entre la police et les parents d’élèves et enseignants. Quant à Sarkozy, il n’est plus ministre de l’Intérieur et donc n’est plus concerné ! Consternant !

Le Pacte présidentiel de Ségolène Royal entend inverser la tendance, en rendant notamment à l’éducation sa place de premier budget de la nation garanti par une loi de programmation, en organisant dès le mois de mai des « états généraux des enseignants » sur le mode participatif et en rétablissant les postes supprimés. La révision et non l’abandon de la carte scolaire pour supprimer les ghettos scolaires, le doublement de l’allocation de rentrée scolaire dès la rentrée 2007, la mise en place d’un service public de la petite enfance et la scolarisation obligatoire dès 3 ans ainsi que l’organisation du soutien scolaire individualisé gratuit font aussi partie du pilier Education du pacte présidentiel.

A voir aussi : Le blog de campagne de Jean-Pierre Dufau

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