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Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube.
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Gauche Républicaine & Socialiste

19 mars 2007 1 19 /03 /mars /2007 14:36
Boisclair réplique à gauche et à droite

Antoine Robitaille  - Le Devoir - Édition du lundi 19 mars 2007


Taxé de parti de la «gau-gauche» coûteuse par l’ADQ et de suppôt de la droite par Québec solidaire, le Parti québécois est plutôt «à la bonne place» parce qu’il possède la «meilleure synthèse», a soutenu André Boisclair, hier en soirée, de passage dans son ancienne circonscription de Gouin.
Plus tôt dans la journée, le chef péquiste avait multiplié les appels aux «progressistes», aux féministes, aux pacificistes, aux altermondialistes, pour qu’ils se rallient au Parti québécois devant les risques que comporte la création d’un axe Dumont-Harper.

L’ancien chef Jacques Parizeau, en après-midi dans Laprairie, a déclaré que le PQ restait le parti le plus progressiste dans notre société. Plus tôt, la co-porte-parole de Québec solidaire, Françoise David avait soutenu le contraire : «Le PQ n’est plus progressiste depuis longtemps, ce sont ses dirigeants de droite qui m’ont conduit à faire de la politique» pour défendre des idées de gauche, a-t-elle déclaré. «Le mot progressiste sonne faux dans la bouche de monsieur Boisclair» a pour sa part affirmé l’autre porte-parole, Amir Khadir.

Au chef adéquiste Mario Dumont, qui a violemment pris à partie le PQ pour son «virage à gauche», le qualifiant de «gau-gauche», André Boisclair a répondu qu’en voulant abolir les commissions scolaires et les conseils d’agglomération, Mario Dumont «casserait le Québec en 2», créerait des îlots d’égoïsme et «des écoles de riches pour des gens qui vivent dans des villes riches».

Le «vote ethnique» se diversifie

lundi 19 mars 2007 - cyberpresse.ca - Mario Girard

En déclarant le soir du référendum de 1995 que le «vote ethnique» était en partie responsable de l'échec du oui, Jacques Parizeau avait lancé une véritable polémique. Mais, du coup, il a suscité une importante réflexion sur le comportement électoral des groupes ethnoculturels. Au cours de la dernière décennie, le vote des immigrés s'est diversifié.

«Même s'il a été politiquement incorrect, Jacques Parizeau avait raison, dit Carolle Simard, professeure au département de science politique de l'UQAM. Cela dit, les choses ont changé depuis
Une croyance veut que les communautés culturelles votent massivement pour le parti le plus fédéraliste. «Il est vrai que, au Québec, les membres des groupes ethnoculturels ont longtemps favorisé le Parti libéral, dit Carolle Simard. Ce comportement est maintenant différent

Samir Georges Moukal, spécialiste du comportement électoral des communautés ethnoculturelles au département d'histoire, de sociologie et de politique de l'UQAM, observe lui aussi une diversification des votes. «Le regard est plus réfléchi, dit-il. Les immigrés ne représentent pas qu'une seule voix. C'est fini, cela
Salam Elmenyawi est président du Conseil musulman de Montréal, qui regroupe environ 175000 membres. Il affirme qu'on ne peut plus parler d'un vote monolithique. «Oui, ils ont encore des craintes, celle de perdre des droits. Mais je remarque qu'il y a une plus grande liberté dans les choix
Les candidats qui se battent actuellement pour obtenir un siège auraient tort, selon Carolle Simard, de ne pas tenir compte de ces changements. «Les immigrés me disent qu'on tient trop souvent leur vote pour acquis. Et ils détestent cela

Le récent scandale des commandites et le débat sur les accommodements raisonnables ont contribué à modifier la perception des électeurs d'origine étrangère. «M. Dumont a peu de chances d'aller chercher le vote des immigrés», dit M. Moukal, qui croit par ailleurs que la question de l'immigration occupe peu de place dans l'actuelle campagne.

Il est difficile, voire impossible de décortiquer les choix politiques des immigrés. «On sait peu de choses là-dessus à part que les Haïtiens sont les plus susceptibles de faire un vote souverainiste», dit Mme Simard.
«Je remarque que les immigrés francophones ont plus de chances d'être charmés par le PQ», ajoute de son côté M. Moukal.

Ce qui semble plus clair, c'est que les immigrés s'intéressent de plus en plus à la politique québécoise. «Je ne sais pas ce qui se passe avec l'actuelle campagne, mais les gens de la communauté haïtienne en parlent beaucoup, dit Jean-Ernest Pierre, directeur de Radio-Union. On fait des tribunes téléphoniques et on entend des discussions passionnées de la part de partisans du PLQ, mais aussi du PQ et de l'ADQ

Études à l'appui, les électeurs appartenant aux groupes des minorités visibles sont moins nombreux à s'inscrire sur les listes électorales que les autres. «Dans tout le processus d'intégration pour un immigrant, la participation à la vie politique est la dernière étape
, explique Carolle Simard. On peut en déduire que, lorsqu'il vote ou discute de la politique de son pays d'adoption, il se sent pleinement intégré

Même si le «vote ethnique» est de plus en plus diversifié, les immigrés continuent de craindre les partis qui symbolisent le conflit. «C'est normal que certains aient peur du projet souverainiste, dit Carolle Simard. Plusieurs quittent des situations difficiles. Ils viennent ici pour trouver la quiétude. Ils sont admiratifs face à notre démocratie. Peut-être est-ce trop leur demander ?»

Le mérite d'un règlement au déséquilibre fiscal revient aux souverainistes

Le chef péquiste André Boisclair a avancé que si le budget fédéral de lundi règle le déséquilibre fiscal, le crédit en reviendra aux souverainistes qui ont lutté pour cet enjeu durant des années.

Il a même ajouté que la résolution du déséquilibre fiscal favorisera la souveraineté.

En point de presse dans un théâtre de Montréal dimanche pour souligner l'entrée en vigueur de la Convention sur la diversité culturelle de l'UNESCO, le leader souverainiste a voulu répliquer à la déclaration du ministre fédéral de l'Industrie, Michael Fortier. Ce dernier a expliqué qu'Ottawa réglera le déséquilibre fiscal lundi à la satisfaction du Québec et que le mérite revient au chef libéral Jean Charest.

«Le mérite revient aux souverainistes», a plutôt plaidé M. Boisclair en citant la bataille du chef bloquiste et allié Gilles Duceppe en Chambre des communes sur le sujet, le rapport de la commission Séguin, ainsi que Bernard Landry. Du temps où il était ministre des Finances, M. Landry avait fait valoir l'enjeu auprès de ses homologues provinciaux.
«C'est parce que les souverainistes ont fait des pressions que M. Harper a pris ce genre d'engagement. Nous allons récolter le fruit de mois de travail, d'années de travail, s'il y a un règlement. Reste à voir s'il est satisfaisant

André Boisclair ne se satisfera du budget fédéral de lundi que s'il comporte non seulement une solution financière, mais aussi une dévolution fiscale pour régler en permanence le déséquilibre fiscal.
«Au delà d'un règlement «monétaire» (sic), nous sommes à la recherche d'un règlement fiscal, parce que s'il y a une entente qui est signée et si c'est à recommencer dans 3 ans ou 5 ans, on n'a rien réglé

Il a rappelé que le règlement du déséquilibre fiscal est fixé par le Conseil de la fédération à 3,9 milliards $ supplémentaires accordés au Québec. Mais il réclame également le transfert de points d'impôt pour assumer de façon permanente les responsabilités financières de l'État québécois.

M. Boisclair s'est demandé si le premier ministre conservateur Stephen Harper tiendra sa promesse de régler ce contentieux financier.
«Le jour où il (le gouvernement fédéral) règle la question, nous serons les premiers contents, a-t-il maintenu, en se défendant de placer la barre trop haute. On sera juste mieux placé pour faire la souveraineté du Québec. (...) On aura encore plus de moyens pour la faire, encore plus de responsabilités, encore plus d'outils pour construire ce pays
Selon lui, le problème de fond demeure le même : «Nous nous sommes fait imposer il y a 25 ans par le peuple canadien une Constitution qui a été rejetée par le quart de la population canadienne, à savoir nous les Québécois

Enfin, il n'a pas manqué aussi de décocher une flèche à l'endroit du chef adéquiste Mario Dumont, qui a appuyé le budget de lundi avant même d'en avoir pris connaissance.
«Ce qui est clair, c'est qu'il y a de la confusion chez les fédéralistes; nous, on parle d'une même voix», a-t-il assuré. Il a précisé plus tard que les bloquistes de Gilles Duceppe travaillaient de concert avec le PQ sur cette question, mais il a refusé de s'avancer sur la stratégie d'adoption ou d'opposition au budget.

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18 mars 2007 7 18 /03 /mars /2007 17:05
PQ : la barre à gauche, toute !

Cyberpesse.ca - dimanche 18 mars 2007 - Denis Lessard

Il proposait de «recentrer» le Parti québécois (PQ). Il voulait «libérer le capital» et réhabiliter l'investissement créateur de richesse.

Mais André Boisclair s'est vite fait rattraper par la réalité - le PQ penche toujours un peu à gauche - et il a dû s'y plier. Dans le discours, du moins.

Le rassemblement le plus important de la campagne du Parti québécois était plutôt réussi, hier. Près d'un millier de personnes, dont plusieurs jeunes attirés par Les Respectables, avaient bravé la tempête pour venir entendre le tandem souverainiste Gilles Duceppe et André Boisclair.

Le discours du chef péquiste s'est métamorphosé depuis le début de la campagne. Devant un Mario Dumont qui parle constamment de la famille, des enfants et même, plus récemment, des aînés, son adversaire péquiste a dû mettre au rancart ses envolées sur la mondialisation et le labyrinthe du protocole de Kyoto.

"Tous les souverainistes, tous les progressistes, tous les féministes, tous les environnementalistes, tous les altermondialistes à l'ouvrage pour le 26 mars !" a lancé hier André Boisclair.
Ce virage à gauche n'est pas surprenant. Déjà le jeune chef avait fait grincer des dents avec son discours new Labour. Les Marc Laviolette et Pierre Dubuc, membres du SPQ libre, avaient critiqué les engagements de leur parti à réduire à 0 la taxe sur le capital - un clin d'oeil à ceux qui justement en ont, du capital.
Hier, M. Boisclair n'en avait que pour les familles. Il évoquait avec angoisse un Québec aux «écoles riches et écoles pauvres» que ferait apparaître l'ADQ avec l'abolition des commissions scolaires.

Campagne électorale oblige, ces passages de la droite vers la gauche sont fréquents. En 1996, Lucien Bouchard avait passé les syndiqués à la moulinette du déficit 0 et réhabilité les multinationales, invitées à ses sommets économiques. Mais cela ne l'avait pas empêché d'assimiler Jean Charest au «vent froid de la droite», en 1998. M. Charest était alors présenté comme la réincarnation québécoise de Mike Harris. À la campagne de 2003, les libéraux avaient graduellement mis en sourdine leur «réingénierie» technocratique pour favoriser les baisses d'impôt attendues par les salariés.

Tous les politiciens changent de registre en campagne électorale - même le cérébral Jacques Parizeau y allait en son temps d'engagements biens sentis sur le «Québec cassé en 2», entre riches et pauvres essentiellement.

Que reste-t-il dans l'imaginaire collectif des engagements de campagne de Bernard Landry en 2003 ? La semaine de 4 jours et probablement des abattements fiscaux pour les vacances familiales.

En politique, la proximité fait recette.
Aussi, bien que Mario Dumont soit décrit comme un politicien de droite, il parle depuis le déclenchement de sa campagne d'allocation aux enfants, d'ombudsman de l'enfance, d'une commission d'enquête sur le sort réservé aux aînés... On a vu plus percutant comme discours de droite.

Hier, Gilles Duceppe avait donné le ton dans son discours, quelques minutes avant celui d'André Boisclair. Le PQ, martèle-t-il, reste «le seul parti progressiste qui peut gagner». Sortie obligée pour le chef bloquiste, dont c'était hier le 10e anniversaire à la tête du parti fédéral : il retrouvera aujourd'hui M. Boisclair au défilé de la Saint-Patrick. Il n'y aura pas d'estrade ; André Boisclair ne pourra pas, comme il l'a fait hier, bondir sur la scène pour sa douche d'applaudissements avant même d'avoir serré la main à son allié venu d'Ottawa.
Hier, le chef bloquiste a exhorté les troupes à serrer les coudes derrière André Boisclair : «Entre nous, c'est la collaboration, pas la compétition.» Mais il ajoute qu'il faut «du réalisme» quand on lui demande si, comme le dit André Boisclair, un gouvernement péquiste minoritaire peut déclencher un référendum. Il a eu cette formule choc : «Imaginez l'axe Dumont-Harper à l'oeuvre.» L'axe du mal revisité par le chef bloquiste.

Mais Gilles Duceppe n'a pas été chiche hier et a mis son poids derrière Boisclair. Le chef péquiste a pris du galon depuis le débat des chefs. C'était son baptême du feu, a rappelé M. Duceppe, soulignant en passant qu'il avait pour sa part franchi 11 fois l'épreuve

Le bloquiste s'en est tenu à une allocution brève, sans autre visée que de chauffer la salle pour André Boisclair. «Il a montré qu'il avait la stature qu'il fallait pour devenir premier ministre». Et s'il ne le devenait pas...

Québec solidaire admet un recul dans les sondages

Le parti Québec solidaire tentera au cours des derniers jours de la campagne électorale de convaincre les électeurs qu'il est la véritable alternative.

Une des porte-parole de ce parti de gauche, Françoise David, a déclaré dans une entrevue à NTR, diffusée dimanche, que «les vrais contestataires, ceux qui proposent des solutions les plus audacieuses, les plus proches des gens», font partie de Québec solidaire.
Mme David, qui admet que son parti a légèrement perdu du terrain dans les sondages, affirme que l'alternative n'est pas l'Action démocratique du Québec de Mario Dumont, qui, selon elle, «propose un retour en arrière digne de l'ancien Premier ministre du Québec, Maurice Duplessis». Elle a ajouté que l'ADQ prône la division entre les villes et les régions.
Pour elle, le travail de Québec solidaire dans ce dernier droit de la campagne consistera à démontrer aux électeurs les véritables enjeux.

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6 mars 2007 2 06 /03 /mars /2007 10:21

PQ et FTQ: la réconciliation

Montréal - cyberpresse.ca - dimanche 4 mars 2007

Au moins le temps de la campagne électorale, le Parti québécois et la FTQ mettent de côté leurs différends et annoncent qu'ils sont à nouveau «copain-copain».

Le copinage entre les centrales syndicales et le gouvernement pourrait réapparaître, si le Parti québécois (PQ) est porté au pouvoir le 26 mars.

Au moins le temps de la campagne électorale, en tout cas, le PQ et la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) mettent de côté leurs différends et annoncent qu'ils sont à nouveau copain-copain.

Le président de la FTQ, Henri Massé, a donné un appui «indéfectible», dimanche, au PQ, et à son chef, André Boisclair, en prévision de l'élection du 26 mars, afin de diminuer les chances de voir les libéraux de Jean Charest obtenir un deuxième mandat.
Les 2 hommes ont scellé leur alliance publiquement, dimanche, et convoqué les médias pour se présenter côte à côte.

M. Boisclair s'était pourtant attiré les foudres de M. Massé, en janvier, quand il avait déclaré que, si son parti était porté au pouvoir il ne serait pas nostalgique de l'époque où dirigeants politiques et leaders syndicaux étaient «copain-copain» et réglaient les dossiers «autour de repas arrosés».
Sa déclaration avait causé un tel émoi qu'elle avait même entraîné une contestation de son leadership, au sein du clan souverainiste.

Et ce n'est pas par dépit ou par défaut que M. Massé dit appuyer le PQ, mais parce que son programme est le meilleur pour améliorer le sort des travailleurs et qu'il est «beaucoup plus proche de nos aspirations», même s'il ne comporte aucune réforme majeure favorable aux travailleurs.

Samedi, 1200 délégués de la FTQ avaient voté à 98 pour cent en faveur d'un appui officiel de la FTQ au PQ. Lors du scrutin de 2003, la centrale n'avait pas pris position.
Le président de la FTQ veut un gouvernement qui intervienne davantage dans l'économie, et croit que le PQ répondra mieux à cet objectif que le PLQ.

Il a dénoncé les «attaques frontales» subies par les syndiqués sous le règne du gouvernement Charest, avec notamment les décrets de conventions collectives des employés de l'État. Un tiers des membres de la FTQ proviennent du secteur public.

M. Boisclair a dit que son parti était celui de la relance économique des régions. Il a rappelé les principaux engagements de son parti : soulager la fiscalité des entreprises dans le secteur manufacturier, abolir la taxe sur le capital, mieux soutenir la formation de la main-d'oeuvre, adopter un plan de soutien aux immobilisations du secteur privé.

Les 2 hommes n'ont pas fait mystère que leur alliance conjoncturelle n'empêchait pas les frictions à l'avenir. «Ca peut arriver des fois une esclandre sur la place publique, ça va arriver encore. Je connais son caractère, puis lui connaît le mien», a dit M. Massé, avant que M. Boisclair réplique :
«Je connais le tien aussi».

Pour ce qui est de la tenue d'un référendum sur la souveraineté, si le PQ est porté au pouvoir, «on va vivre avec», a dit M. Massé.

Dans le camp libéral, on n'a pas tardé à réagir. «Cette volte-face démontre bien la faiblesse du leadership d'André Boisclair qui est toujours incapable d'imposer ses vues à un parti qui n'offre aucune réponse aux véritables priorités des Québécois», a dit l'organisatrice en chef de la campagne du Parti libéral, la ministre Line Beauchamp, en jugeant que M. Boisclair «s'écrase devant les syndicats».

Laurel et Hardy
Le chef péquiste s'est par ailleurs moqué des positions de ses adversaires sur la question constitutionnelle.
Selon lui, le chef libéral, Jean Charest, a renoncé à toute revendication, tandis que le chef de l'Action démocratique, Mario Dumont, n'est qu'un «marchand d'illusions».
«J'ai un peu l'impression qu'on est en train de jouer dans le film Laurel et Hardy du fédéralisme, un qui vend des illusions, l'autre qui ne veut plus bouger», a-t-il ironisé.

Au cours des derniers jours, M. Charest a demandé à M. Dumont, qui se proclame «autonomiste», de dire s'il était fédéraliste ou souverainiste.

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27 février 2007 2 27 /02 /février /2007 15:37

Boisclair et Charest se déchirent sur la question référendaire

Antoine Robitaille, Robert Dutrisac - Le Devoir - Édition du mardi 27 février 2007

Le chef libéral continue de brandir une punition fiscale d'Ottawa

L'affrontement s'est poursuivi hier entre le chef du Parti québécois, André Boisclair, et le chef libéral, Jean Charest, à propos des conséquences d'un référendum.

Photo: Jacques Nadeau

Laval -- Dès le déclenchement d'une campagne référendaire, le gouvernement fédéral réduira voire annulera le règlement du déséquilibre fiscal prévu le 19 mars, a déclaré le chef libéral hier. M. Charest a ainsi précisé ses déclarations de dimanche, empreintes d'ambiguïté, sur les «risques» de la souveraineté.

Il a toutefois maintenu que le processus référendaire mettrait en péril le versement des transferts fédéraux au Québec. Cela a conduit les chefs souverainistes André Boisclair et Gilles Duceppe à réitérer leurs accusations de «chantage» à l'endroit du premier ministre et de son «complice», Stephen Harper.

En matinée, à Laval, Jean Charest avait d'abord tenté de renvoyer toute question sur les transferts fédéraux à André Boisclair. À ses yeux, le chef péquiste devait expliquer comment il pouvait, dans sa plateforme électorale, «garantir les transferts fédéraux». Il l'avait aussi accusé d'entretenir l'ambiguïté dénonçant à maintes reprises l'évolution du vocabulaire péquiste, dans lequel le mot référendum a été remplacé par le vocable «consultation populaire».

Pressé de question sur ce qu'il pensait, lui, des lendemains d'une élection d'un gouvernement péquiste, M. Charest a finalement laissé tomber: «Les choses continuent comme la veille [...] et ce que le gouvernement fédéral aura mis dans son budget - que ce soit en terme de péréquation - n'existera plus, ne sera plus là, le jour où le Parti québécois fait un référendum et cherche à créer l'indépendance. Il faut être clair là-dessus, il faut le dire

D'Ottawa à Baie-Comeau
À Ottawa, le premier ministre conservateur Stephen Harper a dit refuser de s'impliquer dans l'élection québécoise. Son ministre des Finances, Jim Flaherty, s'est montré un peu plus loquace en rappelant qu'il ne préparait «qu'un seul budget», valide peu importe le parti qui prendra le pouvoir au Québec le 26 mars.

De Baie-Comeau où il faisait campagne hier, André Boisclair a tout de même accusé M. Harper et le chef libéral Jean Charest de maintenir intentionnellement, chacun de son côté, une certaine ambiguïté autour de la question des transferts fédéraux versés au Québec, en cas de référendum favorable à la souveraineté. M. Boisclair a dit percevoir, dans les silences du premier ministre canadien, une forme subtile «d'ingérence». Il croit plutôt à une «transition ordonnée et responsable» du statut de province à celui d'État indépendant en cas de oui référendaire.

«Nous allons continuer de payer la TPS, les contribuables québécois vont continuer de payer de l'impôt au gouvernement fédéral. Les entreprises vont payer de l'impôt sur leur masse salariale au gouvernement fédéral et, en contrepartie, le gouvernement fédéral va continuer de nous payer ses transferts. Ce n'est ni dans l'intérêt du Québec souverain ni dans l'intérêt du Canada de faire en sorte de créer le chaos sur ces questions», a soutenu M. Boisclair.

Plus tôt, au sortir de la période de questions à Ottawa, le chef bloquiste Gilles Duceppe s'était dit inquiet du «chantage» du chef du PLQ. «Imaginez qu'un leader souverainiste aurait dit, le lendemain d'un oui au référendum, "on cesse de payer des impôts puis des taxes à Ottawa..." ça aurait fait scandale [...]. Or eux font exactement la même chose, ils laissent planer [cette possibilité]. Je pense que Jean Charest se comporte actuellement comme il se comportait comme vice-président du comité du nom en 1995, et ça, c'est inquiétant

L'esprit du renvoi
Selon le constitutionnaliste Henri Brun, le gouvernement fédéral violerait l'esprit du renvoi de la Cour suprême sur la sécession du Québec de 1998 en cessant de verser des transferts au Québec au lendemain d'un référendum où le Oui l'emporterait. Le tribunal a statué que le gouvernement fédéral avait une obligation de négocier «de bonne foi» avec le Québec si le Oui recueillait une «majorité claire» à une «question claire» sur la sécession. Les juges ont cependant ajouté que ces négociations seraient d'ordre politique.

Questionné hier au sujet de ce renvoi, Jean Charest a refusé de répondre, se contentant de dire: «M. Boisclair écrit dans son programme qu'il va garantir les fonds [...]. Qu'il nous explique comment il va faire ça

M. Brun, qui a conseillé dans le passé plusieurs gouvernements péquistes, s'est dit étonné des déclarations de M. Charest. «C'est un peu inconcevable», estime-t-il. «Cette idée de rétorsion est incompatible avec la bonne foi.» En coupant les vivres au gouvernement québécois, Ottawa «aiderait le Québec à procéder unilatéralement en bout de ligne» pour proclamer son indépendance. «Le fédéral se placerait dans une mauvaise position vis-à-vis de la communauté internationale» qui, en définitive, doit reconnaître le nouveau pays en vertu du droit international. «Au fédéral, on en est bien conscients

Qui plus est, Ottawa serait sans doute mal avisé de ne plus verser de péréquation à une province qui fait toujours partie du Canada en dépit du résultat du référendum. Le principe de la péréquation est inscrit dans la Constitution de 1982. «Ça implique une égalité de traitement entre les provinces», a-t-il souligné. Cesser de verser de la péréquation à une ou l'autre des provinces de façon arbitraire serait sans doute inconstitutionnel, doit-on conclure.

Boisclair optimiste
Au reste, le chef péquiste estime que les déclarations de M. Charest infléchiront les tendances révélées par le sondage Léger-Marketing-Le Devoir d'hier. Selon lui, les propos de M. Charest auront un impact sur les sondages «de façon très claire». «M. Charest demeure flou, ambigu. Il s'est fait lui-même piéger à sa propre stratégie. Il croyait que c'était une bonne chose de faire intervenir le gouvernement fédéral pendant sa campagne», a dénoncé M. Boisclair.

Pour le chef du PQ, le sondage n'a «rien d'inquiétant»: «Nous sommes très confortables dans la position dans laquelle nous sommes en ce moment. Quand je vois le début de campagne mené par les militants du Parti québécois, par nos candidats, je suis rempli de confiance», a-t-il déclaré. Il considère que le climat politique est plus favorable au PQ en 2007 qu'il ne l'était lors de la dernière campagne, en 2003.

***


Avec la collaboration d'Hélène Buzzetti et la Presse canadienne

 

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9 février 2007 5 09 /02 /février /2007 10:51
Je ne résiste pas à mettre en ligne cette tribune publiée dans Le Monde, sur le mouvement rattachiste wallon.
Fred

 
Point de vue
Le rattachement à la France, espoir de la Wallonie,
par Paul-Henry Gendebien
LE MONDE | 08.02.07 | 14h16 • Mis à jour le 08.02.07 | 14h16

éculaire et récurrent, le mal-être existentiel de la Belgique pourrait s'accentuer à l'approche du scrutin législatif du printemps. La question belge, c'est aujourd'hui l'échec d'un fédéralisme qui a déçu, où l'on voit une majorité flamande préparer l'indépendance de sa région tandis que la minorité wallonne compte vainement sur l'intervention d'une monarchie sans réels pouvoirs pour empêcher la dislocation de l'État.

La vraie-fausse fiction diffusée récemment par la télévision francophone a créé un traumatisme chez les Wallons : refoulée dans les zones obscures de l'inconscient collectif, la partition tant redoutée de la Belgique devenait plausible. L'illusion faisait place à la brutale réalité : à coups de boutoir répétés, le nationalisme flamand pourrait bien finir par avoir raison de l'État belge. C'est un fait : la pensée séparatiste s'est incrustée au coeur de la plupart des partis flamands, au-delà du puissant et inquiétant Vlaams Belang. Pour eux, l'objectif n'est autre que l'émergence d'un nouvel État en Europe, et dans l'immédiat la remise en question de la fonction royale.

Les chancelleries européennes feraient bien de s'en aviser. La conférence institutionnelle qui suivra les prochaines élections pourrait porter une atteinte supplémentaire à la substance régalienne de ce qui subsiste d'État central. La Flandre exige la scission des politiques économiques et sociales, de la fiscalité des entreprises, de la justice... Le démembrement commencé il y a plus de 30 ans s'achèverait par une séparation de velours à la façon tchécoslovaque. Dans ce cas, l'avènement d'une République de Flandre ne fera pas l'ombre d'un doute.

La Wallonie en revanche n'a pas les moyens économiques d'une éventuelle indépendance. Quand bien même en disposerait-elle, encore lui faudrait-il un projet collectif et national consistant. Or elle n'a ni l'envie ni la volonté de le forger. Peuple sans État et dépourvu d'identité nationale distincte, les Wallons furent absorbés après 1830 dans un magma belge qui occulta leur véritable identité, française de toute évidence. Celle-ci n'est pas le fruit d'un quelconque déterminisme nationaliste ou ethno-culturel, mais doit s'entendre comme une libre adhésion aux principes de la démocratie sociale et républicaine.

Dès lors la question est posée, et elle n'est pas absurde : les Wallons (et le cas échéant les Bruxellois avec eux) ne seront-ils pas tentés de se tourner vers la France ? La nécessité de bannir tout risque d'instabilité au coeur de l'Europe, le besoin de partager une part du rayonnement que la France porte encore dans le monde, toutes ces aspirations pourraient les conduire dans cette direction. Ce choix, ils le feraient soit au lendemain de la partition, soit après une phase transitoire de gestion des affaires courantes et d'incertitude.

La France ne devrait pas considérer avec effroi l'hypothèse d'un élargissement à la Wallonie. Dans l'immédiat subsiste la règle classique de la non-ingérence combinée avec celle de la non-indifférence. Au-delà de celle-ci, c'est la solidarité de la République qui serait sollicitée à l'égard d'un peuple de plus de 4 millions d'habitants de langue française.

UNE COMMUNAUTÉ DE DESTIN

La République ne compromet en rien l'avenir de l'Europe lorsqu'elle est actrice de ses propres idéaux et soucieuse de ses intérêts légitimes, participant ainsi à une nouvelle dynamique européenne qui présuppose la conjonction d'une Allemagne forte et d'une France forte.

Naguère la communauté internationale et Paris avaient consenti loyalement à la réunification allemande. Demain, une manière de "réunification française" qui organiserait une communauté de destin franco-wallonne ne devrait heurter aucun intérêt en Europe, surtout si elle est bien préparée et expliquée. Il n'est pas trop tôt pour entamer la réflexion sur la question belge. Les voisins de la Belgique seront naturellement aux premières loges. Il s'agira aussi d'éviter que l'Europe assiste, impuissante, à des événements dont le cours et le sens lui échapperaient.

Notre audace est de nous adresser ici à ceux qui s'apprêtent à prendre en charge le gouvernement de la France : qu'ils sachent qu'un nombre croissant de Wallons tournent de plus en plus leurs regards vers eux, des Wallons animés par une certaine idée de la France et de la démocratie, et mus par une grande espérance.

 


Paul-Henry Gendebien, ancien député belge et européen, est président du Rassemblement Wallonie-France.
Article paru dans l'édition du 09.02.07

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31 janvier 2007 3 31 /01 /janvier /2007 16:54
Je ne savais pas que les véritables sociaux-démocrates du Parti Québécois s'étaient organisés en courant, erreur réparée... Je vous invite à aller visiter leur site : www.spqlibre.org

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23 janvier 2007 2 23 /01 /janvier /2007 11:07
J'avoue que je ne bouderai pas mon plaisir en constatant ce que je considère comme une sortie courageuse, à peu de frais et tout à fait réfléchie de Ségolène Royal sur la souveraineté du Québec.
Car Regardons y de plus près : le Parti Québécois est membre associé de l'Internationale socialiste et il est normal que la candidate socialiste à l'élection présidentielle soutienne son alter-ego québécois venu visiter la France.
Le combat des Péquistes - et André Boisclair typiquement représentatif de sa génération en est une preuve - n'est pas un combat bêtement nationaliste et d'arrière-garde.
Les jeunes leaders du PQ ont plus fait leurs études en Amérique que leurs prédécesseurs qui venaient poursuivre 2nd et 3ème cycle en France ; ils sont accrochés à leur continent et pleinement conscients des enjeux politiques qui les dépassent ; ils sont alter-mondialistes, et souhaitent participer à une véritable intégration continentale qui prennent en compte les intérêts des peuples et pas seulement du libre-échange et des multinationales, en cela ils regardent plus volontiers vers leurs cousins latins et progressistes d'Amériques du sud que chez leurs voisins immédiats conservateurs ou libéraux de la fédération canadienne et des Etats-Unis.
Car les Péquistes sont bien des sociaux-démocrates et c'est pitié de regarder le Canada - qui est régi par une constitution fédérale rejetée par l'ensemble des institutions québécoises (donc quelque part une constitution illégale) -  passer de Charybde en Scylla, de Libéraux en Conservateurs (qui osent se camoufler du terme de "progressistes"). Ainsi Stephen Harper, premier ministre canadien conservateur, est un odieux personnage qui applique une politique d'inféodation à George W. Bush, tant sur la politique étrangère que sur le protocole de Kyoto, et peu m'importe qu'il puisse être choquée par les propos de notre candidate. Qu'il soit Canadien, Français, Américain ou Européen, un conservateur reste un adversaire !
Et son complice, premier ministre dit "libéral" du Québec, Jean Charest, pantin ridicule et lamentable, n'est rien que l'ancien président fédéral du parti de Monsieur Harper, dont la politique depuis 4 ans abime la Belle Province.

Il est temps que les Québécois puissent enfin, et sans ingérence, donner un coup de balais à toute cette clique qui est l'héritière de ceux qui l'ont mise sous état d'urgence et état de guerre en 1970 et se satisfaisait fort bien du statut de société semi colonisée qui s'appliquait au Québec francophone avant l'arrivée au pouvoir de René Levesque et du PQ en 1976.
Sans ingérence, donc ! et la première des ingérences à mettre à bas, c'est celle des trucages électoraux à l'occasion des deux référendums de 1980 et 1995 pour éviter que le Québec puissent proclamer son indépendance, tout cela soutenu par une campagne de peur, financée à millions de dollars par le gouvernement canadien et les multinationales. La dernière fois il a manqué 50 000 voix. La prochaine fois sera la bonne. Ce ne sont pas les déclarations des responsables politiques français qui détournent le vote, mais les magouilleurs d'Ottawa.
Frédéric FARAVEL

Ségolène Royal affiche ses sympathies souverainistes

Christian Rioux – Le Devoir - Édition du mardi 23 janvier 2007 - Correspondant du Devoir à Paris - avec Antoine Robitaille à Québec

Le courant passait hier à Paris entre la candidate socialiste et André Boisclair

Paris - La candidate socialiste à la présidence française, Ségolène Royal, n'a pas caché sa sympathie hier à l'égard de la souveraineté du Québec. Sortant d'un entretien de 15 minutes avec le chef de l'opposition, André Boisclair, elle a déclaré que l'objectif des souverainistes était «conforme aux valeurs qui nous sont communes, c'est-à-dire la souveraineté et la liberté du Québec. Et je pense que le rayonnement du Québec et la place qu'il occupe dans le coeur des Français vont dans ce sens».

Lire la suite de l'article : Réactions Le Devoir

Ségolène Royal favorable à la souveraineté du Québec

 

Michel Dolbec - Paris - Cyberpresse.ca - lundi 22 janvier 2007
Tout en rappelant qu'elle n'avait jamais mis les pieds au Québec, la candidate à l'élection présidentielle française, Ségolène Royal, a montré lundi une sympathie inattendue pour la «souveraineté et la liberté du Québec».
La socialiste a évoqué le sujet au siège de son parti, rue de Solferino, après un entretien d'une quinzaine de minutes avec le chef péquiste André Boisclair, en visite à Paris.
Après le départ du chef de l'Opposition et de son équipe, attendus à l'Hôtel Matignon pour un rendez-vous avec le premier ministre français, Mme Royal a pris quelques minutes pour s'entretenir avec la presse québécoise.
«Quelles sont vos affinités avec la souveraineté du Québec ?» lui a-t-on demandé.
«Elles sont conformes aux valeurs qui nous sont communes, c'est-à-dire la souveraineté et la liberté du Québec», a-t-elle répondu d'un ton assuré, avant d'ajouter : «je pense que le rayonnement du Québec et la place qu'il occupe dans le cœur des Français vont dans ce sens».

Télécharger la suite de l'article : Réactions cyberpresse.ca

Le chef du Parti québécois à Paris pour consolider les liens de coopération

LE MONDE | 22.01.07 | 15h19  •  Mis à jour le 22.01.07 | 15h19

MONTRÉAL CORRESPONDANTE

ndré Boisclair, chef du Parti québécois (PQ, souverainiste), a commencé, lundi 22 janvier, une visite de 5 jours en France, placée sous le signe de la tradition. Points forts de sa mission, à quelques semaines d'élections provinciales : un entretien, lundi, avec le premier ministre, Dominique de Villepin ; des rencontres avec plusieurs ministres, dont le chef de la diplomatie française Philippe Douste-Blazy ; au Parti socialiste, avec François Hollande et au Mouvement républicain et citoyen, avec Jean-Pierre Chevènement.

Lire la suite de l'article : BoiclairenFrance

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22 décembre 2006 5 22 /12 /décembre /2006 14:24
Pour le président de la région flamande, "le terreau du séparatisme, c'est l'immobilisme"
 

e faux journal télévisé de la RTBF, diffusé mercredi 13 décembre et qui annonçait la fin de l'Etat belge après une sécession flamande, n'a pas fini de faire ressentir ses effets. Une semaine après le canular, jugé salutaire par beaucoup, les dirigeants des 4 partis de gouvernement du sud de la Belgique (socialiste, libéral, chrétien-démocrate et écologiste) se sont réunis, à Bruxelles, pour tenter d'ébaucher un "front commun" face aux formations politiques flamandes.

Il semble, en effet, entendu que les prochaines élections législatives - prévues en mai ou juin 2007 - seront précédées, et suivies, d'une âpre discussion sur une nouvelle réforme de l'Etat. A des degrés divers, les leaders flamands réclament de nouveaux transferts de compétences aux régions afin que la Flandre puisse mener une politique plus autonome dans le domaine de l'emploi, de la santé, voire des télécommunications ou de la justice.

Les 4 partis francophones se disent, eux, partisans d'un statu quo, craignant que l'Etat fédéral ne soit bientôt réduit à une coquille vide et que l'unité nationale soit mise à mal par un début de démantèlement de la Sécurité sociale.

La réunion des présidents francophones, convoquée alors que le climat est très tendu entre socialistes et libéraux - alliés au sein du gouvernement fédéral, adversaires en Wallonie -, a été présentée comme une simple "réunion de travail". Elle a confirmé qu'ils étaient au moins d'accord sur une formule : "nous ne sommes demandeurs de rien sur le plan institutionnel", ont-ils répété. Ils contestent toutefois l'expression de "front du refus", se disant ouverts au dialogue avec les Flamands, à condition que ne soient pas remises en question l'unité du pays et la défense des francophones.

Quelques heures plus tard, Yves Leterme, le président chrétien démocrate de la région flamande, titillé par l'extrême droite xénophobe qui lui reprochait la "mollesse" de ses réactions face aux "caricatures" de la RTBF, a répondu aux leaders wallons. "Le véritable terreau du séparatisme, c'est l'immobilisme de ces dernières années sur le plan de la réforme de l'Etat ; si une telle situation se poursuit, cela engendrera effectivement le chaos", a déclaré M. Leterme, ajoutant : "Je ne veux pas la fin de la Belgique."

Alors que l'opinion - et les partis eux-mêmes, souvent - réclame qu'on en revienne à "l'essentiel", à savoir l'économie, l'emploi, ou l'environnement, il semble que la campagne électorale se concentrera donc, une fois de plus, sur les thèmes institutionnels. "Leterme et Di Rupo (le président du PS francophone) sont obligés de transformer la réforme de l'Etat en enjeu du scrutin : un radicalement pour, un radicalement contre, même s'ils savent qu'après les élections ils ne pourront rien faire d'autre que se parler. A moins que le scénario de la RTBF devienne la réalité"De Morgen. écrivait, mercredi 20 décembre, le quotidien

Un autre homme compte tirer parti de la situation : Guy Verhofstadt, premier ministre fédéral, a dénoncé, mercredi, ces "petits jeux électoraux". Appelant au bon sens et à la négociation, le chef des libéraux flamands - parti en perte de vitesse - va s'appuyer sur l'opinion publique pour s'incarner en arbitre impartial et tenter de prolonger son bail à la tête du gouvernement.

 

LES DIVISIONS

LA POPULATION :

la région flamande compte 6,1 millions d'habitants.

La Wallonie en dénombre 3,4 millions.

Et la région bilingue de Bruxelles-Capitale affiche 1 million d'habitants.

LA "FRONTIÈRE LINGUISTIQUE"

qui sépare la Belgique de l'ouest à l'est a été entérinée par des lois de 1962 et 1963 qui ont instauré l'unilinguisme en Flandre et en Wallonie, le bilinguisme à Bruxelles. Cette homogénéisation s'est parfois opérée par le transfert de certaines communes ou quartiers d'une région à l'autre. La législation a consacré des "facilités linguistiques" pour des communes de la frontière, dont six de la périphérie de Bruxelles dotées de fortes minorités, voire de majorités, francophones.

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19 décembre 2006 2 19 /12 /décembre /2006 12:23
Le président de la région wallonne accuse les Flamands de vouloir "la division du pays"

écriés dans un premier temps par le monde politique, les auteurs de l'émission de fiction qui a annoncé, mercredi 13 décembre, l'éclatement de la Belgique vont peut-être réussir leur pari : sensibiliser l'opinion francophone aux risques d'une éventuelle sécession flamande.

Les dirigeants des partis francophones avaient tous vivement critiqué la RTBF, mais, désormais, seul le parti libéral exige encore des sanctions. Constatant qu'une fois passée la surprise, les Belges semblaient plutôt favorables à l'initiative spectaculaire de la chaîne, les autres dirigeants tentent de reprendre le contrôle de la situation en invoquant le principal enseignement du canular : la force de l'attachement d'une majorité de francophones à l'existence du pays.

Elio Di Rupo, président de la région wallonne et du Parti Socialiste, 1ère formation francophone, a indiqué, samedi 16 décembre, qu'il rencontrerait les dirigeants des 3 autres partis démocratiques du sud de la Belgique avant Noël. Estimant, dans Le Soir, que les Flamands veulent "conduire vers la division du pays", le dirigeant socialiste a appelé ses collègues à l'union.

LIER BRUXELLES À LA WALLONIE

Répondant à la revendication des partis flamands qui entendent régionaliser la politique de l'emploi et, pour certains, de la santé, M. Di Rupo juge qu'il faut refuser toute remise en question du caractère unitaire de la sécurité sociale.

Selon des économistes, une telle scission entraînerait une perte de revenus de 20% pour les Wallons, qui verraient augmenter les cotisations et les charges sur le travail. Ce qui aurait des effets dramatiques dans une région où le chômage est déjà largement supérieur à la moyenne nationale et où le revenu annuel des ménages est inférieur de 3 000 € à la moyenne belge.

M. Di Rupo énonce à son tour une idée inacceptable pour les partis flamands : l'extension des limites de Bruxelles - région officiellement bilingue, en fait francophone à 90% - afin d'établir un lien territorial avec la Wallonie.

Cet appel à une union des francophones n'est pas le premier du genre. Il pourrait se heurter aux hésitations des autres formations, peu enclines à appuyer un Parti Socialiste qui tente aussi de faire oublier les récents scandales qui l'ont éclaboussé, et peu désireuses d'envenimer le climat alors que les 2 partis flamands du gouvernement actuel (libéraux et socialistes) jouent la carte de la modération.

Présentant, samedi, le nouveau programme de son parti, le Premier ministre libéral, Guy Verhofstadt, n'a rien dit des questions institutionnelles.

MAIS PEUT-ON DEPASSER LES INCOHERENCES DE LA BELGIQUE ?
L'addition des difficultés rencontrées par la fédération belge pourraient bien cependant renverser toutes les architectures possibles.
La Belgique est entrée depuis 40 ans dans une logique où chaque recul de l'unité du pays porte en germe le suivant. Les formations politiques flamandes de tout bord n'ont cessé de décrédibiliser auprès de leurs populations les notions de solidarité nationale en vantant les mérites de la solidarité linguistique plus évidente à leurs yeux, tout cela sur fond de revanche sociale contre la bourgeoisie francophone. Pensant acheter la paix civile en multipliant les subsidiarité régionale, la droite wallone a encouragé la fin de la solidarité, objectif politique que les droites européennes poursuivent par ailleurs depuis 30 ans.
Aujourd'hui, on assiste au mariage de la carpe et du lapin, avec un gouvernement libéralo-écolo-socialiste, excluant les 2 plus grands partis flamands, le démocrate-chrétien et le néo-fasciste, signe de l'impossibilité de maintenir une fédération viable en écartant d'office la représentation politique flamande qui n'en veut pas non plus puisque les démocrates-chrétiens courent après le Vlaams belang.
La Belgique aura vécu dès que les Wallons auront compris que les Flamands ont décidé de ne plus laisser de marge de manoeuvre à la fédération ; il n'y a pas de réelle raison qui permettrait d'éviter la mise en cause d'une sécurité sociale fédérale sous la pression à la fois des néo-libéraux européens et des nationalismes flamands.
Alors Bruxelles comme Capitale communautaire de l'Union européenne, un DC à l'européenne, et le rattachement d'ici 10 ou 15 ans de la Wallonie à la France, est-ce vraiment de la politique fiction ?
Frédéric FARAVEL

 

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29 novembre 2006 3 29 /11 /novembre /2006 12:01
Conférence de presse de M. André Boisclair, député de Pointe-aux-Trembles, chef de l'opposition officielle québécoise et chef du Parti Québécois sur la reconnaissance de la nation québécoise
Québec, le jeudi 23 novembre 2006 - Aujourd'hui, grâce au travail du Bloc québécois, et en particulier de son chef Gilles Duceppe, le Canada semble vouloir sortir du déni et il faut s'en féliciter. Actuellement, un débat est en cours à la Chambre des communes. Nous ne connaissons pas encore l'issue de ce débat, ni à la Chambre des communes, ni d'ailleurs dans le reste du Canada, mais une chose est certaine, le Québec forme une nation, et ce, sans conditions.

Cela étant dit, le 1er constat que je tire de la motion du premier ministre canadien est qu'en utilisant le mot «nation», dans une motion qui sera entérinée par tous les partis fédéralistes à Ottawa, cela a pour effet d'évacuer, de rendre caduque, de rendre dépassée la notion de société distincte et tous ces sous-produits, comme la reconnaissance du caractère unique du Québec. Il ne peut donc pas y avoir de retour en arrière, une nation ne se réduit pas à une simple société distincte.

Je veux souligner le travail de Bernard Landry qui, comme dans le débat sur le libre-échange, par sa ténacité, a réussi à imposer cette vision de la nation québécoise à la fois dans la politique québécoise mais aussi, on le voit depuis quelques jours, dans la politique canadienne.

Un autre constat aussi s'impose. À partir de maintenant, les forces fédéralistes ont une obligation de résultat. Une fois la nation reconnue, une suite s'impose. Un automatisme s'enclenche. La constitution, la loi fondamentale doit reconnaître cette réalité. Pour reprendre les mots du ministre Benoît Pelletier, et je le cite : «La reconnaissance de la spécificité du Québec n'est pas un caprice, elle est même nécessaire car la constitution d'un pays est un miroir. Il est impérieux que, dans ce miroir, dans la constitution, les Québécois se reconnaissent pleinement.» Aujourd'hui, avec la motion présentée par M. Harper, l'image que leur renvoie le miroir, c'est celle de la nation, mais le texte de la motion de M. Harper renvoie une autre image, mais une image cette fois-ci fausse, celle d'un Canada uni, et je m'explique.

En incluant les mots «dans un Canada uni», le premier ministre commet une erreur de fait importante. Le Canada bien sûr existe, mais le Canada uni n'existe pas. Une de ses nations constituantes, le Québec, qui regroupe près du quart de la population du pays et dont les ancêtres constituent l'un des deux peuples fondateurs du Canada, refuse toujours, 25 ans après un coup de force constitutionnel, d'apposer sa signature au bas du texte de fondateur de ce pays. En effet, comment peut-on reconnaître une nation au sein d'un Canada uni alors que le rapatriement unilatéral de la Constitution a justement désuni ce pays?

La motion du Bloc québécois visait à faire progresser le concept de la nation québécoise au Canada. Nous avons progressé dans les symboles, ce qui n'est pas sans valeur, mais, dans les faits, rien de l'erreur de 1982 n'est réparé. Cette motion du gouvernement conservateur demeure une motion du Parlement canadien, une convenance que les partis fédéralistes offrent aux Québécois et aux Québécoises. Elle n'aurait ainsi pas plus de portée et de signification que la motion sur la société distincte proposée par Jean Chrétien en 1995. J'en ai pour preuves deux éléments importants. D'abord, alors que la résolution proposée par Jean Chrétien a été adoptée en 1995, il n'en est fait aucune mention dans le Renvoi sur la sécession rendu en 1998. C'était pourtant au coeur du débat. De la même façon, la résolution de 1995 n'a eu aucun impact favorable pour le Québec à l'occasion du renvoi sur le congé parental que le Québec a gagné en Cour d'appel, mais perdu en Cour suprême. Aujourd'hui, on est en lieu de se demander: Est-ce que la motion permettrait au Québec de maintenir, sur notre territoire, un registre des armes à feu? Est-ce que cette motion permettrait au Québec d'avoir des dispositions particulières au sujet de la Loi sur les jeunes contrevenants? Est-ce que cette motion permettrait au Québec d'avoir une définition du mariage différente de celle du reste du Canada? Ce sont là des vraies questions et les réponses ou l'absence de réponses du premier ministre nous indiquent bien que la motion adoptée ou qu'est-ce qui est en débat en ce moment à la Chambre des communes a bien davantage une valeur symbolique qu'une portée réelle.

En somme, pour l'instant, il n'y a rien de changé au royaume du Canada. La prochaine campagne électorale québécoise se déroulera toujours entre les tenants de la souveraineté du Québec, dont l'option est claire, dont l'option est enthousiasmante et représente le plus beau défi que le peuple québécois peut s'offrir, et, d'autre part, les forces fédéralistes qui n'ont à offrir aux Québécois et aux Québécoises que le statu quo constitutionnel et un Québec confronté à l'impossibilité de réintégrer la Constitution canadienne, à moins bien sûr que le premier ministre du Québec nous fasse la preuve, avant le déclenchement d'élections, que sa position constitutionnelle est autre chose que chimère ou mirage.

Visionnez la conférence de presse.

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