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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise.
Je suis membre du bureau fédéral du Val-d'Oise du Parti Socialiste et suppléant au Conseil National du Parti Socialiste.
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Maintenant la Gauche !

signez la contribution générale de MLG pour le congrès de Poitiers

 

27 avril 2017 4 27 /04 /avril /2017 13:28

Emmanuel Macron est-il en train de réussir là où des efforts perpétuels de communicants d'extrême droite ont échoué jusqu'ici ?

Alors qu'il a toujours été entendu qu'un candidat dit "républicain" l'emporterait forcément au second tour de l'élection présidentielle (en tout cas en 2017), la suffisance, le mépris et le caractère erroné du projet de ce candidat donnent désormais corps à la perspective d'une victoire par quiproquo de Marine Le Pen. Il était déjà compréhensible que de nombreux électeurs de gauche - tout particulièrement ceux de Jean-Luc Mélenchon - puissent renâcler à accorder leurs suffrages au candidat libéral-technocrate, tant il est l'incarnation de ce qui produit partout dans le monde la poussée des populismes d'extrême droite, mais il semblerait qu'Emmanuel Macron et son entourage rivalisent désormais de talents pour pousser certains électeurs à voter directement pour la candidate du Front National. Quand ce ne sont pas ses portes-paroles qui racontent - en échos à son discours de "victoire" du soir du 23 avril - que chaque voix qui se portera sur Macron le 7 mai sera une pierre de plus dans le rassemblement et soutien au projet du candidat, il suffit ensuite de regarder la séquence de la visite des candidats à Whirlpool Amiens pour comprendre ce qui se joue aujourd'hui : la candidate xénophobe comme un poisson dans l'eau au milieu des ouvrier(e)s menacé(e)s, le candidat libéral planqué à la Chambre de Commerce puis sifflé par les mêmes ouvrier(e)s, l'un de ses premiers soutiens Jacques Attali qualifiant la situation des salariés de cette usine, en voie de délocalisation vers la Pologne, d'anecdote.

Dix jours à ce rythme et Marine Le Pen sera élue présidente de la République... Se concrétise sous nos yeux ébahis ce que je raconte - notamment à mes collègues - depuis plusieurs mois : Emmanuel Macron est le plus mauvais (le pire) candidat à opposer à l'extrême droite. Ma colère contre ceux qui ont permis son ascension n'en est que plus grande : ceux des ministres, députés et responsables socialistes qui ont tourné casaque et vendu leur âme pour espérer se perpétuer au pouvoir après avoir consciencieusement fracturé la gauche et la société française pendant 5 ans ; ceux des électeurs qui, convaincus par le chœur organisé des médias sous tutelle des grands groupes économiques, se sont résolus à voter pour lui parce qu'on leur racontait à longueur de journée qu'il était le vote utile pour éviter le duel entre Fillon et Marine Le Pen... Plus de 50% de ses électeurs du premier tour avouent ne l'avoir pas fait par conviction, mais par calcul ou par dépit... S'ils avaient tenu bon malgré les diktats médiatiques, Benoît Hamon ne se serait sans doute pas effondré, ou encore Jean-Luc Mélenchon aurait été qualifié pour le second tour... Face à Marine Le Pen ou François Fillon.

Nous nous retrouvons donc avec le candidat le plus nul pour faire face à Marine Le Pen, qui - mise à part son affreuse affiche de campagne de second tour - semble avoir compris l'intérêt qu'il y avait communiqué efficacement autour de la protection économique et sociale. Et parce qu'il est nul et qu'il risque de nous faire élire une national-populiste, je vais sans doute devoir me résoudre à utiliser son bulletin pour faire barrage. Mais ne comptez pas sur moi pour condamner ceux qui en conscience ne peuvent se résoudre à sauter le pas et voteront blanc le dimanche 7 mai. Je l'ai écrit : "On ne peut pas combattre l'extrême droite avec quelqu'un qui nourrira sa dynamique.
Si donc il faudra faire battre Marine Le Pen et son programme de haine le 7 mai, jamais il ne faudra donner la moindre caution à l'orientation de celui qui sera sûrement élu.
"

C'est là que la tribune signée par 160 "responsables" socialistes, proches de François Hollande, est dans l'erreur. Outre que le PS ait mis plus d'empressement à publier et diffuser en deux jours un tract à 4 millions d'exemplaires pour "faire barrage au FN" (faisant l'erreur d'habiller la candidate en présidente de la République !!?!) qu'à mobiliser fortement pour la campagne de premier tour de son candidat, ce texte fait l'apologie sans nuance du bilan du quinquennat, niant les graves divisions qu'il a fait naître à gauche, niant ses échecs notamment en termes d'emplois la veille de la publication des chiffres d'une nouvelle hausse du chômage (!?), pour en tirer la conséquence logique qu'il faut non pas faire barrage mais voter POUR Emmanuel Macron. Cette logique est suicidaire : que parmi les 160 cela traduise la fin de l'ambiguïté et révèle le penchant qu'ils (comme Stéphane Le Foll qui est à l'initiative de la tribune) n'ont pas osé exprimer par prudence pendant la campagne, c'est une chose ; mais pour tous ceux qui par habitude ou volonté de rassemblement ont signé ce texte proposé par leurs amis je veux leur dire qu'ils se sont piégés. Les socialistes n'ont aucun intérêt de fond et de forme à se situer dans une "majorité présidentielle" macronienne.

  1. Le projet de Macron c'est une pseudo modernisation libérale à marche forcée sous pilotage de l'Etat, ou plus précisément de Bercy : c'est le quinquennat Hollande en pire (le président ayant imposé par la force des institutions à un appareil partisan récalcitrant mais lâche des mesures qu'il aurait combattu dans toute configuration) avec énormément de Fillon à l'intérieur ;
  2. La principale force parlementaire, malgré les déboires de Fillon, sera celle de la droite ; Macron sera donc l'otage de LR et de l'UDI, même s'il arrive à faire élire des députés En Marche ! ; alors que le FN devrait obtenir entre 50 et 80 députés, on voit mal quel intérêt auraient les socialistes alors qu'ils seront peu nombreux à venir soutenir une politique de régression sociale et laisser l'extrême droite représenter la seule alternative.

Le Parti Socialiste doit donc trancher très rapidement sa perspective stratégique :

  • soit le PS se donne à Valls, Le Guen et consorts, qui l'ont insulté et méprisé et devient un supplétif du président Macron et il se rend complice de la régression, de l'adieu aux idéaux de la gauche (qui n'est pas de s'adapter aux diktats de la "réalité" mais de transformer la réalité pour permettre l'émancipation individuelle et collective) de nouvelles progressions du FN, de la perspective de sa victoire en 2022 ;
  • soit le PS annonce clairement sa volonté de s'opposer non seulement à l'extrême droite, mais également à la droite sous toutes ses formes qui avec Macron, le Modem, LR et l'UDI s'apprête d'une manière ou d'une autre à gouverner la France dans quelques semaines. Dans ce cas, il est urgent de s'assurer des conditions permettant la constitution d'un groupe parlementaire de gauche ou de plusieurs groupes parlementaires de gauche alliés, et surtout structurés, dans la future Assemblée Nationale, pour s'opposer à la potion libérale que Macron ne pourra pas toujours administrer par ordonnances. Pour y arriver, nous devons dès aujourd'hui décider de parler à ceux qui n'auraient jamais dû cesser d'être nos partenaires : EELV, le PCF, le MRC, mais aussi Jean-Luc Mélenchon, pour faire émerger partout où cela sera possible des candidatures de rassemblement de la gauche pour les législatives qui permettent de dépasser les 12,5% des suffrages nécessaires pour être qualifié au second tour et espérer être élu.

Cette stratégie défensive face à une offensive en ciseau des libéraux et des conservateurs d'un côtés, de l'extrême droite de l'autre, doit précéder une phase de plus long terme, qui permette la refondation d'une nouvelle gauche capable de construire une alternative différente de celle de l'extrême droite. Et nous devons voir large : pas question de s'enfermer dans le petit monde des bobos socialos-écolos, de créer un nouveau PSU. Il faudra conjuguer toutes les cultures de la gauche, résoudre tous les débats éludés entre nous, y compris ceux de la souveraineté, de l'Europe, de la réaffirmation de l'identité républicaine, de la production industrielle adaptée à la transition écologique, plutôt que de s'enfermer dans une "deuxième gauche" étriquée et piégée dans des débats sur la fin du travail et le multiculturalisme.

Ce travail est de longue haleine, il faut pourtant l'engager dès maintenant. Car si malgré sa suffisante nullité, Emmanuel Macron est élu pour faire barrage à Marine Le Pen le dimanche 7 mai, sans ce travail, sans cette refondation, la "fille du borgne" sera à l'Elysée au printemps 2022 et disposera d'une majorité parlementaire.

Au boulot !

Frédéric FARAVEL
Mandataire fédéral de la motion B du PS Val-d'Oise

Sans enjamber le 7 mai, refonder l'alternative à gauche...
Sans enjamber le 7 mai, refonder l'alternative à gauche...
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23 avril 2017 7 23 /04 /avril /2017 20:58

Comme en 2002, la gauche sort éliminée du premier tour de l'élection présidentielle ; à une différence près... le score total de la gauche est bien plus catastrophique (à peine 28%, le pire jamais cumulé à une présidentielle), comme le laissait imaginer les reniements et les échecs du quinquennat de François Hollande (qui sur les questions européenne, économique et sociale aura fait l'exact contraire de ce à quoi il s'était engagé devant les citoyens). Par sa politique, il aura fracturé la gauche, durablement peut-être, il aura également inscrit les rapports de la gauche socialiste et des Français sous le signe de la défiance, durablement sans doute.

Pourtant un temps, avec la réussite (inespérée) de la primaire de la gauche et l'élan réel de la campagne interne de Benoît Hamon, avec ensuite la dynamique de fond de Jean-Luc Mélenchon, on a pu espérer que la gauche saurait se reconstruire et retrouver enfin le sens de son projet et de ses valeurs. Las, on ne dira jamais assez à quel point leur incapacité partagée à s'accorder et se rassembler place aujourd'hui la gauche et surtout la France dans une impasse.
J'espère que désormais l'intelligence prévaudra et que pour les élections législatives la gauche saura se rassembler sur la base des projets de ses deux candidats pour qu'un groupe parlementaire d'opposition fort puisse combattre les politiques de faillite économique et de régression sociale qui s'annoncent.

Car si le réactionnaire François Fillon est heureusement écarté, les projets portés par Emmanuel Macron sont du point de vue économique, social et européen à la fois dans la continuité libérale, mais aggravés, de François Hollande et dans une certaine convergence avec les propositions de François Fillon.

Tout le monde connaît mon opposition viscérale à l'extrême droite et à Marine Le Pen, comme à son père auparavant et à tous leurs séides ; je ne confond pas la droite et l'extrême droite, même si depuis Nicolas Sarkozy la droite s'est donnée beaucoup de mal pour nourrir la confusion. Cependant, ce soir, j'ai bien plus peur qu'auparavant car deux courses vers l'abîme nous sont présentées : le nationalisme xénophobe et le libéralisme technocratique... Emmanuel Macron propose de poursuivre en l'aggravant la politique de François Hollande qui a échoué et qui a été rejetée au point que celui-ci a renoncé à se représenter. Il propose même des orientations que la droite réactionnaire partageait (autonomie des établissements scolaires, parmi tant d'autres) ou n'osait pas imaginer (déconstruction de l'assurance-chômage).
Ces politiques ont fait prendre 5 points au Front National en 5 ans, il lui a permis d'atteindre plus de 27% aux élections régionales. On imagine ce que pourraient donc être les conséquences de la perpétuation de ces politiques. Enfin le profil présenté par Emmanuel Macron, fait de libéralisme éculé, de technocratie sourde et d'indifférenciation politique droite-gauche, propose une incarnation presque parfaite à l'argumentation du FN sur l'UMPS ou LRPS.

En conscience, je ne peux soutenir une personnalité et une politique qui serviraient de marchepied à Marine Le Pen en lui permettant une nouvelle progression qui lui apportera la victoire en 2022 avec sans doute une majorité parlementaire à la clef. Je ne veux pas soutenir  quelqu'un qui permettra à l'extrême droite d'arriver en meilleure position plus tard. On ne peut pas combattre l'extrême droite avec quelqu'un qui nourrira sa dynamique.
Si donc il faudra faire battre Marine Le Pen et son programme de haine le 7 mai, jamais il ne faudra donner la moindre caution à l'orientation de celui qui sera sûrement élu. Dès aujourd'hui, nous devons nous mobiliser pour dénoncer l'extrême droite comme les libéraux lors des élections législatives et engager une opposition frontale à leurs projets dans le prochain hémicycle de l'Assemblée Nationale.

Nous devons maintenant construire une nouvelle gauche qui soit capable de conjuguer toutes ses cultures et d'offrir une espérance et un projet neuf qui a pu parfois, même imparfaitement, émerger des campagnes de Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon ou Arnaud Montebourg. Cette nouvelle gauche devra combattre tout à la fois la voie du libéralisme technocratique dépolitisé, la droite radicalisée qui n'hésitera pas à dériver encore, et enfin l'extrême droite en lui opposant un projet politique et culturel puissant et diamétralement différent.
Voila comment nous ferons reculer durablement l'extrême droite ; voila comment nous ferons renaître l'esprit de la République sociale.

Frédéric FARAVEL
membre des instances nationales du PS
membre du bureau fédéral du Val-d'Oise du PS

Macron-Le Pen : reculer pour mieux sauter ? Probablement, sauf si une nouvelle gauche nait...
Macron-Le Pen : reculer pour mieux sauter ? Probablement, sauf si une nouvelle gauche nait...
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8 mars 2017 3 08 /03 /mars /2017 20:34

Depuis 2002, le fin du fin de la politique française serait de faire barrage au Front National.

Enfin, surtout pour une partie de la gauche pseudo "réformiste" (ah oui, attention hein, parce que depuis Auguste Blanqui et Marcel Cachin, il paraît qu'il y aurait des dizaines de milliers de responsables politiques et de militants irréalistes qui appartiendraient donc à une sorte de gauche "putschiste", à qui ceux qui auraient de manière autoproclamée une culture de gouvernement pourraient donc donner des leçons...), qui semble se satisfaire de faire élire des candidats de droite (parfois même de droite extrême) sous prétexte de faire barrage à l'extrême droite. Ce "moralisme" intellectuellement et politiquement paresseux baptisé Front Républicain n'a jamais cherché à analyser les raisons pour lesquelles le Front National progressait, pourquoi à force de légitimer ses thèses en les reprenant (sans même parfois les édulcorer) on facilitait la stratégie de dédiabolisation engagée par Marine Le Pen, pourquoi en abandonnant la question sociale et la classe ouvrière la gauche "Terra Nova" (avec l'aide de Nicolas Sarkozy) avait permis au FN de lui substituer la question identitaire.

Car de toute façon, cette majorité populaire des Français vote mal et le peuple ayant déçu les (sociaux)-libéraux, il faut parfois lui en substituer un autre (baptisé "la France de demain") ou le contourner, lui contester sa souveraineté collective comme en faisait si justement la démonstration l'excellent documentaire d'Élisabeth Drévillon diffusé jeudi 2 Mars sur France 3 (➡️ bit.ly/2lAE8yI). Changer le peuple, lui refuser sa souveraineté populaire, réduire démocratie politique et démocratie sociale à une farce, mais jamais se remettre en question, jamais corriger les politiques conduites qui visiblement ne donnent pas de résultats ou sont en contradiction avec les engagements pris devant les citoyens.

À nouveau, cette rhétorique mortifère du Front Républicain et du barrage contre l'extrême droite sert dans la campagne présidentielle pour tous ceux qui "à gauche" depuis longtemps ont en fait abdiqué toute ambition politique face au néolibéralisme où sont profondément acquis à ses principes. Après bien d'autres, et avant quelques ministres paraît-il, Bertrand Delanoë a donc expliqué ce matin qu'il fallait voter pour Emmanuel Macron qui seul pourrait battre Marine Le Pen. Il ajoutait que le programme de Benoît Hamon car il ne permettait pas le "vrai progrès social", que permettrait selon lui une politique économique orthodoxe.
Rappelons que testés pour des seconds tours potentiels et fictionnels à ce stade face à Marine Le Pen, tous les candidats à l'élection présidentielle (sauf Fillon semble-t-il) l'emporteraient ; pas moins Hamon, que Mélenchon ou Macron. Tout cela sans tenir compte évidemment des dynamiques de campagne et de la fragilité de l'ancien ministre de l'économie face à la violence du rejet du "système" auquel il pourrait être confronté, lui qui l'incarne à l'excès.

Mais surtout et avant tout, alors que de 2012 à 2016, la dérive libérale du quinquennat Hollande très largement inspirée et conseillée par ce même Emmanuel Macron - celui que François Hollande envoya auprès des conseillers de Merkel dès février 2012 pour les rassurer et qu'ils ne s'alarment pas des risques de concrétisation du discours du Bourget - est une des raisons de la nouvelle progression en pourcentage et en voix du FN, comment croire que la perpétuation de cette ligne - qui a mené depuis 2012 le PS de défaites électorales en Berezina - stopperait la progression du FN ? Comment croire que l'application de cette logique encore aggravée - car Macron promet une austérité budgétaire renforcée, des lois Macron et El Khomri puissance 10 - ne mettrait pas la France plus encore en difficulté qu'elle ne l'est aujourd'hui, lui promettant en 2022 un basculement plus violent et profond encore vers l'extrême droite ? Comment croire que la perspective d'un quinquennat Hollande aggravé, l'aboutissement de l'on différenciation gauche-droite, donneraient envie aux électeurs français de gauche de se mobiliser sérieusement pour Emmanuel Macron, même face à Marine Le Pen ?

Contrairement aux faux défaitistes, qui cachent des vrais libéraux se réjouissant d'enterrer enfin la gauche de transformation sociale, le seul rempart au Front National et à Marine Le Pen, c'est d'un projet de gauche assumé qui rompe enfin avec les errements du quinquennat et des 30 dernières années dont nous avons besoin.
Benoît Hamon - que je soutiens et que les électeurs de gauche ont désigné clairement dans une primaire en désavouant celui qui portait un projet économique proche d'Emmanuel Macron - et Jean-Luc Mélenchon, mais aussi avec eux les écologistes, les communistes, les socialistes conséquents, portent ce type de projets. Ils ont l'impérieuse obligation de s'entendre désormais sur un programme de gouvernement et de se rassembler pour créer une dynamique politique qui mettrait un terme à cette spirale qui ne nous propose qu'une confrontation entre le désespoir d'extrême droite et l'alliance du cynisme, de la naïveté et de la lâcheté qui se cache derrière la figure libérale d'Emmanuel Macron.

Il est temps de mobiliser pour une vision positive et pour le progrès, les lois Macron et El Khomri ont démontré que ce n'était pas du côté des "Marcheurs" qu'ils se trouvaient.

Frédéric FARAVEL

NÉOLIBÉRAUX ET SOCIAUX-LIBÉRAUX, NOUVEAUX ADEPTES DU DÉFAITISME "RÉVOLUTIONNAIRE"
NÉOLIBÉRAUX ET SOCIAUX-LIBÉRAUX, NOUVEAUX ADEPTES DU DÉFAITISME "RÉVOLUTIONNAIRE"NÉOLIBÉRAUX ET SOCIAUX-LIBÉRAUX, NOUVEAUX ADEPTES DU DÉFAITISME "RÉVOLUTIONNAIRE"
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27 janvier 2017 5 27 /01 /janvier /2017 18:31

Manuel Valls, François Hollande ou Emmanuel Macron confondent "culture de gouvernement" et la "culture de LEURS gouvernements" : ceux qui ont conduit à l'échec du fait du renoncement à leurs engagements devant les citoyens, renoncements qui ont nourri une nouvelle et forte progression de l'extrême droite, renoncements qui ont créé une situation politique qui risque de conduire tout candidat étiqueté "socialiste" a une défaite massive en juin prochain... et donc condamner la gauche à ne plus gouverner, et à ne plus gouverner avant longtemps si cette revendication de la "culture de LEURS gouvernements" continue d'empêcher la gauche de se retrouver, de se rassembler.


Je ne connais pas - quelle que soit leur sensibilité - de socialistes qui n'aspirent pas à gouverner parce que - contrairement aux "mouvementistes" - gouverner c'est agir sur le réel et donc potentiellement le transformer, transformer la société (pour ceux qui en ont l'ambition et la conviction).
Par contre, j'en connais des centaines de "responsables" dits socialistes qui ont arrêté de penser et qui nous expliquent que les nécessités de la gestion justifient leur abdication en faveur de l'immobilisme (pour les moins atteints) ou trop souvent en faveur du libéralisme.


"On est socialiste à partir du moment où l'on a considéré ce fait essentiel : le patronat et le salariat s'engendrant l'un l'autre et s'opposant l'un à l'autre, à partir du moment où l'on se refuse à accepter ce fait comme nécessaire et éternel, à partir du moment où l'on a cessé de dire : « Bah ! c'est l'ordre des choses ; il en a toujours été ainsi, et nous n'y changerons rien », à partir du moment où l'on a senti que ce soi-disant ordre des choses était en contradiction flagrante avec la volonté de justice, d'égalité, de solidarité qui vit en nous." Ces mots de Léon Blum rédigés en 1919 à l'attention des nouveaux adhérents du Parti Socialiste SFIO devraient résonner en nous et nous bousculer à nouveau.


En 2008, les inénarrables Jean-Noël Guérini et Gérard Collomb avaient rédigé pour le congrès de Reims une contribution générale intitulée "La ligne claire" qui expliquait qu'un programme socialiste serait l'addition des expérimentations locales des collectivités dirigées par le PS, en tout cas de celles qui étaient les plus raisonnables et les plus "gestionnaires"... c'était l'affirmation par excellence de la défaite de la pensée et du volontarisme, l'abandon de la transformation de la société.
C'est un peu ce qui est arrivé de 2012 à 2017 et qui risque donc de nous conduire pour longtemps à ne plus gouverner si nous ne redressons pas la barre rapidement.

Merci à Claude Askolovitch d'avoir déconstruit dans l'article qui suit l'interprétation absconse portée par les Valls, Hollande, Macron et consorts de leur culture de gouvernement.

Frédéric FARAVEL

Vous pouvez lire son analyse ici sur le site Slate.fr

 

Benoît Hamon et Manuel Valls, lors du débat du second tour de la primaire de gauche le mercredi 25 janvier 2017

Benoît Hamon et Manuel Valls, lors du débat du second tour de la primaire de gauche le mercredi 25 janvier 2017

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24 janvier 2017 2 24 /01 /janvier /2017 16:46


"Dimanche prochain je voterai pour Benoît Hamon et vous invite à faire de même"

Dimanche 29 janvier, j'utiliserai moi-même le bulletin Benoît Hamon pour mettre un terme à la dérive libérale qu'a représenté le quinquennat de François Hollande, incarnée dans cette primaire par Manuel Valls.

Je regrette que les électeurs de gauche n'ait pas entendu le message et le projet porté par Arnaud Montebourg, qui sur les questions européennes et économiques me paraissaient correspondre aux besoins du pays et de nos concitoyens.

Il faudra poursuivre le combat pour porter à nouveau ces orientations qui ont rendu au socialisme français ses lettres de noblesse, dans un débat que certains ont parfois rendu caricatural.

Frédéric FARAVEL

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5 janvier 2017 4 05 /01 /janvier /2017 14:16
Emmanuel Maurel et Arnaud Montebourg le mercredi 4 janvier 2017 au Comptoir Général pour la présentation du Manifeste économique du projet France

Emmanuel Maurel et Arnaud Montebourg le mercredi 4 janvier 2017 au Comptoir Général pour la présentation du Manifeste économique du projet France

Les dimanche 22 et 29 janvier 2017, le Parti Socialiste et les organisations politiques qui lui sont directement accolées inviteront le Peuple de gauche à venir désigner leur candidat commun pour l'élection présidentielle du printemps prochain.

Après une primaire de la droite et du centre qui a mobilisé près de 4,5 millions électeurs et débouché sur la très large désignation (66,6%) de François Fillon, ce rendez-vous citoyen souffrira tout à la fois de la comparaison avec le scrutin de la fin novembre et des dégâts politiques générés par la politique des gouvernements de François Hollande depuis l'automne 2012 (voire même depuis juin si on prend en compte sa renonciation européenne dès les premières semaines de son mandat) et donc des divisions profondes de la gauche.

Pourquoi faut-il réussir la primaire ?

Pourtant le résultat de cette primaire de la gauche – même avec un périmètre plus restreint que celui que nous étions nombreux à souhaiter – reste déterminant pour sortir la gauche et la France de l'impasse dans laquelle François Hollande (au point que celui-ci a renoncé à se représenter) les a conduites. Soit la primaire de la gauche confirme (même d'une courte tête) les tenants de la ligne libérale qui a présidée à la politique gouvernementale et la fracture de la gauche sera aggravée avec pour conséquence une longue glaciation politique et la condamnation à l'impuissance de la gauche pour de nombreuses années ; soit elle débouche (même d'une courte tête) sur la résurgence d'une gauche socialiste et s'ouvre une opportunité (même ténue et sans garantie de résultat) pour ressouder le camp progressiste en engageant le débat sur un projet et un candidat commun avec les écologistes et les communistes pour tenter de conjurer la défaite annoncée au soir du premier tour de l'élection présidentielle.

Car il faut être bien clair sur l'enjeu de la séquence politique : si la gauche reste fracturée et divisée, comme l'ont voulu François Hollande et Manuel Valls, si elle s'éclate face à un FN à 25% et une droite rassemblée en plusieurs candidatures (un candidat socialiste, Mélenchon, Jadot et l'imposture libérale Macron – qui n'est pas de gauche), aucune d'entre elles ne sera en mesure de réunir au soir du premier tour suffisamment de suffrages pour être qualifiée pour le second. Déjà historiquement affaiblie en termes d'intention de vote et la tripartition du paysage politique, la gauche s'affaiblirait plus encore collectivement, au bord du suicide. Il ne suffit plus de faire jouer la menace de l'extrême droite dans cette élection pour réussir à rassembler les morceaux épars du camp de la transformation (les gens ont bien compris que la droite et les sociaux-libéraux ont créé les conditions politiques qui ont permis la nouvelle progression du FN et « l'impératif moral » invoqué par une certaine « gauche » à cet égard en est devenu ridicule). Il y a nécessité à apporter une alternative à la victoire « annoncée » par les médias et les instituts de sondage de François Fillon, dont le projet (casse de la sécurité sociale et des services publics, austérité aggravée) ou certains aspects de sa personnalité (la revendication de son identité chrétienne « ce qui signifie que je ne prendrai jamais une décision qui soit contraire à la dignité humaine », annexant sans leur demander leur avis ceux de nos concitoyens qui sont chrétiens, récusant aux candidats qui ne seraient pas chrétiens la volonté à respecter la dignité humaine) ne convainquent pas les Français. La position dominante de François Fillon ne l'est que par défaut et sa victoire n'est pourtant pas assurée par la déconfiture actuelle de la gauche, tant son programme social inquiète beaucoup de nos concitoyens qui en désespoir de cause pourraient alors se laisser séduire par Marine Le Pen.

Quatre Français sur dix disent s'intéresser à la primaire de la gauche. Certains parient sur une faible mobilisation, qui inévitablement profiterait à ceux qui ne veulent voir se déplacer que les derniers soutiens indéfectibles de la politique gouvernementale. Nous avons besoin que le peuple de gauche – à tout le moins une fraction importante de celui-ci – se mobilise pourtant en masse pour permettre tout à la fois de créer une dynamique de rassemblement et offrir une légitimité citoyenne suffisante pour affronter la droite et l'extrême droite. Fin novembre 2016, les Français ont démontré qu'ils savaient se saisir des occasions qui leur étaient données de donner leur avis. Il faut espérer qu'ils le fassent aussi les 22 et 29 janvier prochains ; je me risque à un objectif : vu l'état de la gauche, atteindre ou dépasser 1,5 millions électeurs serait un résultat encourageant. Mais pour l'atteindre il faut convaincre les Français de la qualité de nos débats, de nos propositions, de notre éthique collective. Ce qui est difficile à réaliser si les débats s'enlisent encore comme ces dernières semaines sur les thématiques identitaires ou sur des considérations tactiques dignes de congrès du PS.

Un débat politique... pas un champ de foire

Je vais donc, après avoir peigné un tableau de la situation et des enjeux politiques de cette primaire, m'attacher à définir ce qui motive mes choix politiques de fond dans cette primaire.

Chacun sait que j'étais engagé intensément dans la campagne de Marie-Noëlle Lienemann ; elle a souhaité renoncer pour des raisons qui lui sont personnelles – bien que je considère toujours que son projet était le plus pertinent – au premier rang desquelles se trouve la volonté de ne pas en rajouter dans l'éparpillement des candidatures et de permettre le rassemblement de la gauche socialiste. Il me semble donc que pour atteindre l'objectif qu'elle pointait en se retirant, il n'est pas possible de rester silencieux : il faut s'engager et tâcher de faire gagner dans les urnes le projet qui s'en rapproche le plus.

C'est le choix que j'ai fait en rejoignant avec mes camarades de Maintenant la Gauche la campagne d'Arnaud Montebourg. Je ne prétendrai pas que j'ai toujours partagé la démarche du candidat du made in France – sinon je n'aurais pas préféré à l'origine Marie-Noëlle Lienemann – mais pour un certain nombre de sujets essentiels, sa démarche et son projet répondent à mes attentes, bien plus que tout autre candidat.

D'abord et avant tout construire un véritable rapport de force sur la construction européenne

Je crois que la question de la construction européenne est déterminante et qu'elle atteint aujourd'hui un point de non retour. Le projet d'unification européenne est une entreprise inédite, qui pouvait prétendre offrir un dépassement pacifique des nationalismes – pas des nations et du patriotisme – ; pour un militant socialiste, donc internationaliste, cette dimension est enthousiasmante... à condition qu'elle se réalise par et pour la souveraineté populaire, qu'elle la renforce même. Or depuis 1995, depuis le Traité d'Amsterdam et les suivants, la construction européenne s'est enlisée dans un modèle a-démocratique, parfaitement décrit par Emmanuel Todd dans son essai intitulé Après la Démocratie (2008), soumis tout entier au concept technocratique de l'ordo-libéralisme.

Ce refus de la souveraineté populaire s'opère d'abord par la contrainte de règles financières et budgétaires atemporelles dont l'inefficacité face aux crises économiques est désormais évidente ; ces règles inscrites dans les traités empêchent les États de choisir leurs politiques économiques, financières et budgétaires, donc interdisent aux citoyens des différents États membres de l'Union Européenne de choisir librement des politiques qu'ils veulent voir mise en œuvre. Votez pour la gauche française, la gauche italienne, la gauche néerlandaise ou la gauche radicale grecque et vous écopez de la politique de la droite allemande (tout ou partie des trois premières étant par ailleurs convaincues qu'il n'y a plus d'autre politique possible). L'échec économique, la régression sociale, l'aggravation de la situation sociale qu'induisent ces politiques aboutit à l'assimilation par les peuples de la construction européenne à l'ordo-libéralisme et donc à son rejet progressif, de plus en plus au travers de réflexes nationalistes, xénophobes, identitaires. Ce refus de la souveraineté populaire s'est incarné enfin à plusieurs reprises dans le contournement ou la négation des scrutins démocratiques : contournement du rejet du TCE par référendum en France et aux Pays-Bas en 2005 par l'adoption d'un projet identique 3 ans plus tard par voix parlementaires ; affirmation lamentable par le président de la commission européenne qu'« il ne peut y avoir de choix démocratiques contre les traités européens » pour disqualifier par avance les résultats du référendum grec contre l'austérité en juillet 2015. Les citoyens européens comprennent ainsi peu à peu que la construction européenne serait un moyen de les priver de leur capacité à décider de leurs destins. La construction européenne file ainsi peu à peu vers la falaise et menace d'emporter le bébé avec l'eau du bain.

Réagir est donc une nécessité absolue. Briser la fatalité de la dérive ordo-libérale de la construction européenne est la condition essentielle pour réaliser trois objectifs qui devraient être au cœur de n'importe quel projet de gauche :

  • mener une politique économique qui promeuve le bien-être collectif, l'égalité et l'émancipation économique et sociale ;

  • restaurer la souveraineté populaire et une démocratie efficiente ;

  • réorienter la construction européenne dans un sens plus démocratique, et pour plus de pragmatisme économique.

C'était le mandat donné par le peuple Français à François Hollande ; il y a failli dès juin 2012. Cela reste une urgence vitale, aujourd'hui plus que jamais, après le Brexit, alors que la crise des migrants se poursuit, qu'une crise politique se profile en Italie, que la crise grecque n'en finit pas et que la crise bancaire menace l'Allemagne. Pour cela, il n'est plus possible de faire preuve de naïveté devant nos partenaires. François Hollande a abdiqué dès juin 2012 – et a encouragé Tsípras à le faire en juillet 2015 – car il avait de longue date « accepté » l'idée que les conceptions de la gauche française seraient ontologiquement minoritaires en Europe. S'en tenir à cette analyse nous condamne à l'échec, au marasme démocratique et économique, donc aux pires perspectives politiques. Manuel Valls et Vincent Peillon ne proposent pas grand chose de mieux.

Benoît Hamon propose de travailler à la construction d'une coalition des gauches européennes. C'est une proposition importante, nécessaire, mais terriblement insuffisante. Il est absolument nécessaire de s'employer à substituer à la coalition de fait entre social-démocrates et conservateurs (ex- démocrates chrétiens) une alternative rassemblant la gauche radicale dans sa diversité, les écologistes et les membres du PSE. Mais si tant est que les social-démocrates engagent réellement ce débat sur un changement de stratégie – en l'état cela prendra très longtemps avant qu'il ne s'ouvre et soit tranché –, le temps que cette nouvelle coalition soit majoritaire au Parlement européen et également parmi les gouvernements européens, l'Union européenne aura eu le temps de se suicider à plusieurs reprises à coup d'austérité et d'ordo-libéralisme.

La proposition d'Arnaud Montebourg est à la fois plus réaliste, plus potentiellement efficace, et donc plus à gauche au bout du compte. La France doit assumer la confrontation avec les conservateurs allemands et leurs alliés en Europe sur un certain nombre de questions majeures comme la suspension de la directive « travailleurs détachés » ou la réfutation pratique des principaux points du pacte de stabilité. C'est en assumant cette confrontation, en provocant le rapport de force que d'autres États membres sortiront de l'attentisme et de la soumission dans laquelle l'abdication de François Hollande les avait figés – l'Espagne, la Belgique, le Portugal, l'Italie, la Grèce, potentiellement aussi l'Irlande (pour laquelle l'eurogroupe avait contraint les partis au pouvoir à renier tous leurs engagements avec des conséquences politiques désastreuses pour eux).

Assumer le rapport de force permettrait aussi d'accélérer le nécessaire débat dans la social-démocratie européenne pour s'engager vers la constitution d'une coalition des gauches européennes qui viendrait ainsi renforcer en dynamique l'offensive française pour la réorientation de la construction européenne. Sur l'Europe, Arnaud Montebourg – comme Marie-Noëlle Lienemann – est le seul à avoir la tête sur les épaules.

Rompre avec l'austérité, relancer l'économie

Voilà quatre ans qu'avec Emmanuel Maurel, Marie-Noëlle Lienemann et Jérôme Guedj, nous dénonçons les effets pervers d'une politique de rigueur budgétaire découlant directement des principes austéritaires inscrits dans les traités européens et une politique de l'offre libérale indifférenciée, donc peu efficiente. Sans compter la politique fiscale erratique et illisible qui les a accompagnées.

Personne n'ira expliquer ici ou ailleurs, qu'il est pertinent de présenter en permanence des budgets en déficit, mais force est de constater que la politique de réduction des dépenses publiques à marche forcée initiée depuis la fin du mandat de Nicolas Sarkozy a produit des effets ambivalents du point de vue des objectifs attendus avec de graves conséquences sociales : la dette a continué à exploser ; les déficits publics commencent tout juste à se réduire mais au prix d'un effondrement de l'investissement public et des carnets de commandes des PME ; la France, comme la zone euro, est aujourd'hui dans une situation de quasi-déflation ; les recettes fiscales de l’État ont au mieux stagné ; le chômage a continué de progresser durant tout le quinquennat et ne baisse depuis un trimestre que par le recours aux CDD très courts, aux stages et aux formations, en réalité le chômage toutes catégories confondues à continuer de progresser ; la pauvreté s'est accrue comme jamais depuis des décennies.

La politique économique et budgétaire menée par les gouvernements de François Hollande a entretenu l'atonie de l'activité ; les entreprises n'ont pas réinvesti les milliards d'euros qui leur ont été offerts dans l'économie, faute de conditionnalité du CICE et du pacte de responsabilité, formes renouvelées de la TVA sociale. En terme de politique de l'offre, ce qui aurait pu être tenté – comme des nationalisations partielles temporaires afin de préserver des secteurs industriels stratégiques (ex. Florange) – a été écarté ou est resté en deçà des besoins (soutien à la modernisation de l'outil de production). La politique de baisse du coût travail pour retrouver de la compétitivité a été un échec cuisant, alors que rien de sérieux n'a été engagé pour développer des politiques de compétitivité hors coût (recherche-développement, innovation, modernisation).

Prenant acte de l’échec du laissez-faire pour sortir de la crise, Arnaud Montebourg souhaite renouer avec le volontarisme économique, et propose – comme l'avait fait Marie-Noëlle Lienemann – un plan de redémarrage de économique par l’investissement dans les transformations écologique et numérique d’un montant de 20 milliards d’euros en trois ans.
[la totalité du programme économique chiffré d'Arnaud Montebourg est disponible en pièce jointe PDF en fin d'article]

Cet effort d’investissement suit les recommandations pressantes de deux organisations internationales que personne ne peut suspecter de « surmoi marxiste », le FMI et l’OCDE qui demandent aux États membres de la zone Euro de reprendre les dépenses publiques notamment dans les investissements et les infrastructures afin de relancer la croissance mondiale. Une étude du FMI publiée en 2014 montre ainsi qu’une politique de grands travaux menée aujourd’hui bénéficierait de conditions « anormalement favorables » en raison des taux d’intérêts quasiment nuls. Cette étude montre que 1 % de PIB investi conduit à trois points de croissance supplémentaire au bout de 4 ans. C’est un effet vertueux qui permet un remboursement rapide de la dette contractée. Cinq pays du G8 ont annoncé des plans de relance budgétaire. Dix pays du G20. Aucun pays de la zone Euro n’a engagé un processus de relance budgétaire rejoignant ce mouvement international salutaire destiné à sortir de la crise. La France serait, si Arnaud Montebourg était élu président de la République, le premier de la zone euro à s'engager sur cette voie nécessaire, qui répond également à la nécessité de construire le rapport de force pour la réorientation de la construction européenne, dont j'ai longuement parlé plus haut.

Ce plan d’investissement développera les emplois non délocalisables, car il bénéficiera aux PME et à l’économie locale, suivant en cela le plan des mille projets de la Fédération Nationale des Travaux Publics, actuellement dormant dans les cartons des collectivités locales, faute de financements.

Il faut donc parfaitement assumer la nécessité d'accroître la dépense publique en terme d'investissements productifs, d’autant que les conditions de financement de l’État n’ont jamais été aussi favorables. Son impact sur l’économie, calculé par les économistes qui m’entourent, est très positif, tant sur la croissance, que sur la dette et le chômage, donc in fine permettra de susciter un retour des recettes de l’État et remettre en dynamique les comptes publics.

Ce plan d’investissement sera écologique en assumant l’objectif d’une économie décarbonée et circulaire : développement des circuits courts, des transports en communs comme alternative sérieuse au transport individuel, transition vers la voiture électrique et la voiture consommant 2 litres aux 100 km, investissements publics-privés dans les batteries et le stockage, dans les technologies de recyclage ; c'était l'un des points forts du projet de Marie-Noëlle Lienemann pour engager la transition écologique. A ce plan d’investissement public s’ajoutera un programme de rénovation thermique des bâtiments à hauteur de 100 milliards d’euros en cinq ans, assuré par des financements publics et privés, pour permettre des logements consommant moins d’énergie, selon les plans de Nicolas Hulot.

Enfin, ce plan d’investissement sera aussi numérique, afin de connecter au plus vite les villages ruraux et de réduire la fracture technologique.

Au demeurant ce qui explique le redressement « spectaculaire » de l'économie allemande intervenu après 2009 sont des mesures visant à soutenir l'activité et le pouvoir d'achat (soutien au chômage partiel, relance par l'investissement) et non les mesures Hartz IV anti-chômeurs décidées sous Gerhardt Schröder. Celui-ci est intervenu après le plan de relance ciblé décidé suite à la crise financière de 2008 par Angela Merkel, complété plus tard par la création d'un salaire minimum allemand exigé par le SPD. Sans s'aligner sur la politique de la Chancelière conservatrice, on pourrait tout de même tirer quelques enseignements de la réalité économique plutôt que célébrer aveuglèment la mythologie schrödèrienne comme le fit François Hollande en 2013 au 150ème congrès du SPD.

Compléter la relance de l'investissement par la relance du pouvoir d'achat

On a vu que la politique de l'offre a échoué en France, comme elle avait échoué ailleurs. Aujourd’hui, c’est bel et bien la demande qui crée l’emploi et non l’inverse, comme le supposent à tort les initiateurs du Pacte de responsabilité. Aujourd'hui c'est bel et bien un problème de demande, de consommation populaire, de remplissage des carnets de commandes que nous devons résoudre.

Venir en aide aux plus modestes, victimes d’une conjoncture défavorable, et soutenir la demande pour regarnir le carnet de commandes des entreprises procède donc d’une même démarche. Car ce dont ont besoin nos entreprises ce sont des carnets de commandes pleins, donc une relance de la consommation (la droite prétend la créer – à une moindre ampleur – par la demande des plus aisés avec une baisse généralisée de l’impôt sur le revenu ; on a vu ce qu'il en est de la théorie du ruissellement, elle n'apporte rien à l'économie, quand soutenir le pouvoir d'achat des plus modestes se traduit immédiatement par une hausse la consommation de biens majoritairement produits en France).

Une société du travail doit être organisée autour de la juste rétribution du travail. Sur ce point également, le laissez-faire a conduit, à côté de l’explosion des hautes rémunérations, à la stagnation du salaire médian, c’est-à-dire des revenus du « Français moyen ». Cette situation ne peut plus durer, parce qu’elle est non seulement injuste, mais aussi inefficace pour l’économie dans son ensemble. Pendant que les salaires stagnaient, les budgets publics soutenant le pouvoir d’achat diminuaient, et les impôts sur les classes moyennes et populaires, augmentaient. Le pouvoir d’achat a donc reculé de 350 euros en moyenne par ménage depuis 2010.

La politique économique que soumet Arnaud Montebourg au peuple de gauche sera concentrée sur la reprise des gains de pouvoir d’achat, en particulier pour les classes moyennes et populaires, très marquées par des années d’austérité et de stagnation salariale.

Les gouvernement Hollande ont fait le « choix des entreprises » avec le CICE, avec les résultats qu'on connaît, il est temps de rendre du pouvoir d'achat aux classes moyennes et populaires. Arnaud Montebourg propose donc remodeler le pacte de responsabilité afin de rendre 10 milliards d’euros en réduction d’impôts aux ménages sur les 40 milliards alloués aux entreprises. Le CICE devra être également mieux ciblé afin de favoriser les secteurs créateurs d’emplois ; lorsqu'il était ministre du redressement productif, Montebourg avait demandé que le dispositif soit orienté, ciblé vers les secteurs réellement soumis à la concurrence internationale, il avait à l'époque perdu les arbitrages face au Président de la République et à Pierre Moscovici. Il faut espérer que s'il est élu, il mettra donc en œuvre ce qu'il avait plaidé vainement en 2012.

Longtemps promise par la gauche, la réforme fiscale a en effet souvent été réduite à des « mesurettes » techniques qui ont d'abord alourdi la charge fiscale des classes moyennes puis sapé la progressivité de l'impôt sur le revenu (et donc d'une certaine manière atteint son acceptation sociale et in fine sa légitimité). La question fiscale est donc devant nous ; Montebourg propose d'utiliser les 10 milliards d’euros du CICE réformé pour rendre la CSG progressive pour les catégories dont les revenus sont les plus faibles. Concrètement, tous ceux qui gagnent moins de 2000€ brut par mois auront un gain de pouvoir d’achat : 400€ par an pour ceux qui gagnent 1700€ ; 1200€ par an pour ceux qui gagnent le SMIC. Cette réforme fiscale douce, portée par l’économiste et député Pierre-Alain Muet, formera la base d’une imposition plus juste. Pour les salariés au SMIC cela représente un 13ème mois par la baisse de CSG. Rendue progressive la CSG – Pierre-Alain Muet a tiré les enseignements de la censure du conseil constitutionnel suite à l'adoption de l'amendement Ayraut/Muet à la loi de finances pour 2016, la mesure proposée ne devrait plus être censurable – pourra alors plus tard être fusionnée avec un impôt sur le revenu désormais prélevé à la source. C'est une étape donc vers ce grand impôt citoyen progressif que nous appelions de nos vœux avec Marie-Noëlle Lienemann. Ces réformes ne nous exonèrent pas à terme d'un travail sur le barème et les tranches d'imposition, mais il paraît raisonnable que le quinquennat 2017-2022 offre un peu de stabilité fiscale aux Français et aux entreprises.

Arnaud Montebourg reprend enfin une idée que Michel Rocard a popularisée il y a quelques années, consistant à indexer les salaires dans chaque entreprise sur les gains de productivité effectivement réalisés grâce aux efforts de la communauté des salariés.

Arnaud Montebourg se présente donc avec sincérité comme le candidat de la feuille de paie, le candidat de la feuille de soin et de la quittance de loyer, autre axe de campagne précédemment développé par Marie-Noëlle Lienemann. Il suffit pour cela de regarder ses propositions pour le logement et l'assurance-maladie.

* * *

Ces questions me paraissent prioritaires au regard de toutes les autres. Elle sont à la fois stratégiques et suffisamment concrètes au regard de la vie quotidienne et des priorités de nos concitoyens (emploi, rémunération, santé...) pour prévaloir sur d'autres considérations et assurer les fondements d'une discussion indispensable sur un programme commun de la gauche et des écologistes : dès le 30 janvier 2017, s'il était désigné par les électeurs de la primaire de gauche, Arnaud Montebourg s'est engagé à travailler avec les écologistes, les communistes et Jean-Luc Mélenchon pour résoudre l'impasse politique qui menace toute la gauche. Emmanuel Macron est sorti – depuis longtemps – du champ de la gauche, et il paraîtrait invraisemblable de rouvrir des fractures que ce dernier a largement contribuer à élargir tout au long du quinquennat aux côtés de François Hollande et de Manuel Valls.

Pour ceux de nos concitoyens qui espèrent encore qu'une politique conséquente, cohérente et ambitieuse de gauche soit mise en œuvre, ce qui suppose d'accéder au pouvoir, on voit bien que l'enjeu de la primaire est déterminant. Tous ceux qui ont été déçus par les reniements de François Hollande, choqués par la brutalité et la rhétorique identitaire de Manuel Valls, mais aussi tous ceux qui - comme de nombreux socialistes rassemblés autour d'Emmanuel Maurel, Marie-Noëlle Lienemann et Jérôme Guedj - ont dénoncé dès l'origine les errements puis les trahisons du quinquennat Hollande en matières économique, sociale et européenne ont intérêt à se mobiliser les 22 et 29 janvier prochains. C'est là à gauche que la clarification politique se fera ; nous avons l'occasion de clore une fois pour toute la parenthèse libérale insensée imposée par François Hollande, Manuel Valls et Emmanuel Macron (alors même que son échec avait été consommé bien avant en Grande-Bretagne et en Allemagne).

Quelle que soit l'issue de la présidentielle, tous ceux qui souhaitent que la gauche gouverne pour transformer le pays ont intérêt à venir voter Arnaud Montebourg les 22 et 29 janvier pour remettre le Parti Socialiste au cœur de la gauche (non pas pour qu'il y soit hégémonique mais pour qu'il offre ce qu'il reste de sa force à la gauche), permettre un gouvernement de la gauche unie qui applique un programme cohérent ou en cas de défaite permettre une recomposition offensive de la gauche qui ouvre des perspectives pour l'avenir. Une désignation de Manuel Valls serait l'assurance d'une défaite de la gauche dès avril prochain et d'une fracture durable en son sein, car elle donnerait les clefs du PS de manière artificielle aux libéraux exacerbant la rupture avec les écologistes et la gauche radicale.

Frédéric FARAVEL
membre du conseil national du Parti Socialiste
membre du bureau fédéral du PS Val-d'Oise

Manifeste économique d'Arnaud Montebourg pour la société du travail

Humeur primaire...
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18 novembre 2016 5 18 /11 /novembre /2016 17:55

Dimanche prochain aura lieu le premier tour de la primaire de la droite et du centre, qui doit désigner le candidat du parti Les Républicains et de l'UDI.

La confusion étant totale à gauche, je sais que nombreux sont les électeurs de gauche qui s'interrogent sur la pertinence d'aller participer à cette consultation, jusque dans les rangs du Parti Socialiste et pourquoi pas parmi les militants de la motion B "à gauche pour gagner !" [qui rassemble l'aile gauche du PS et ceux qu'on appelle les "frondeurs"].

Je comprends que beaucoup s'interrogent sur la situation politique, que vous soyez nombreux à être dépités par l'état dans lequel le quinquennat de François Hollande a plongé la gauche et le pays, que vous soyez nombreux à douter que la gauche puisse encore être présente au second tour de l'élection présidentielle… mais d'ici dimanche, je souhaitais rappeler que la stratégie du « moindre mal » – s'assurer la désignation de Juppé pour éviter un candidat pire – n'a jamais rien donné de bon, que cette réalité est valable aussi bien pour la primaire de droite que pour la recomposition de la gauche.

Je me permets d'insister sur quelques points :

  1. Il n'y a pas eu de déplacements massifs d'électeurs de droite en 2011 pour les primaires citoyennes qui justifieraient « moralement » qu'on s'autorise à faire de même en 2016 pour le camp adverse. Au-delà de quelques provocations gratuites et marquantes (comme Madame Mothron à Argenteuil), ces votes n'ont jamais pesé sur les résultats, tout porte à considérer (si on prend du recul sur les consultations similaires aux États-Unis ou en Italie, ou si on regarde les enquêtes d'opinion) que le nombre d'électeurs de gauche allant voter à cette primaire ne sera jamais assez significatif pour peser sur les résultats. Si donc il n'y a aucune capacité à perturber un jeu qui sera déterminé par les électeurs de la droite et du centre, pourquoi s'exposer aux désagréments qui suivent ;

  2. On participe à une primaire lorsque l'on partage des valeurs avec le camp qui les organise. C'est le sens de la charte que nous avions publiée en 2011 et que nous demandions de signer aux votants ; c'est celui de celle que Les Républicains ont éditée pour leur propre consultation. Stricto sensu, ce qui sera à signer « ne casse pas trois pattes à un canard », puisque les « valeurs de la droite et du centre » n'y sont pas définies. Mais vous avez pu constater quelles étaient aujourd'hui – après trois débats télévisés – les valeurs de la droite et du centre au regard des déclarations de chacun des sept candidats. Le fait même que les six autres candidats acceptent de débattre avec M. Jean-Frédéric Poisson en dit long sur les valeurs qui leurs sont communes. On a constaté à quel point les débats volaient haut par ailleurs, abordant finalement peu leurs programmes tous plus réactionnaires les uns que les autres. Et en écoutant bien les uns et les autres, je suis de moins en moins convaincu que nous partagions quoi que ce soit de commun avec eux ;

  3. Plus la participation à cette primaire sera importante, plus le candidat qui sera désigné en tirera de la légitimité. Plus il sera difficile de lui contester d'être présent au second tour à sa place, plus la dynamique électorale sera importante, plus son élection « probable » au second tour de l'élection présidentielle pourra devenir écrasante. Si nous devions revenir dans l'opposition, nous nous serions encore plus affaiblis – comme si nous en avions besoin avec les quatre années et demi que nous venons de subir – pour contester le programme de régression du nouveau président et reconstruire une gauche digne de ce nom ;

  4. Les Républicains n'ont pas exactement copié le dispositif que nous avions mis en place en 2011 pour les primaires citoyennes. En effet, aucun engagement n'a été pris pour détruire les listes électorales ainsi réalisées (au-delà des gens qui avaient « volontairement » accepté d'être recontactés). Vous vous exposeriez donc à recevoir leur propagande à l'issue de la consultation ad vitam aeternam... Personnellement j'évite le masochisme.

* * *

Mais au-delà de toutes ces considérations, je veux réaffirmer que pour ma part je ne me résigne pas à ce que la gauche soit morte et que d'ici l'élection présidentielle rien ne puisse être fait pour éviter le naufrage et la débandade.

S'il faut participer à une primaire, c'est à celle de la gauche. C'est celle-là qu'il faut faire réussir, y compris malgré tous ceux qui cherchent encore à la faire trébucher. Cela passe par nous assurer qu'il y aura suffisamment de bureaux de vote : il n'est pas nécessaire d'être membre du PS pour être assesseur ou même président d'un bureau de vote.

Cela passe aussi par nous mobiliser en faveur des candidats qui portent une alternative à la politique de François Hollande et Manuel Valls ; et au second tour pour le candidat représentant cette alternative. Nous devons convaincre tous ceux qui ont été déçus par le quinquennat – que ce soit des électeurs socialistes, écologistes ou du Front de gauche – de venir s'exprimer pour mettre en échec une ligne politique qui a affaibli le pays, aggravé les divisions sociales, fracturé la gauche comme jamais auparavant. Seule la victoire d'une alternative à gauche à cette primaire peut encore créer une dynamique qui rebatte les cartes à gauche et permette à notre camp politique de déjouer le fatalisme d'un nouveau 21-Avril qui serait plus encore déflagrateur que le précédent.

Au-delà de l'agitation médiatique, ne nous laissons pas abuser : il n'y a pas de différences notables, sauf des postures et de nouvelles impostures, entre François Hollande, Manuel Valls et Emmanuel Macron, qui ont défendu ensemble les mêmes choix gouvernementaux néo-libéraux, qui les ont imposés au forceps (avec le recours au 49.3) en dépit de notre programme, de nos valeurs et des engagements très modérés de François Hollande lors de la précédente campagne présidentielle.

Et si jamais malgré cette primaire, nous n'arrivions pas à conjurer la défaite, seule la victoire d'une alternative à gauche dans cette primaire nous permettra d'avoir une base suffisante pour reconstruire une gauche de transformation sociale qui s'assume.

Camarades, je vous appelle au sursaut.

Camarades, je vous appelle à l'espoir.

Frédéric FARAVEL
mandataire fédéral de la motion B « à gauche pour gagner !

#Gauche : ne pas se tromper de Primaire !
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22 septembre 2016 4 22 /09 /septembre /2016 12:56

J'assistais hier soir au conseil fédéral de la fédération du Val-d'Oise du Parti Socialiste.

Chacune de ces réunions débute par un débat d'actualité politique et nous avons engagé ensuite la discussion sur le contexte dans lequel les primaires de la gauche vont être organisées.

Il me paraissait nécessaire de revenir sur les semaines passées et la colonisation du débat public par le thème de l'identité, porté par la droite et l'extrême droite. Tout le mois en effet fut occupé par la polémique sur les arrêtés anti-burkini à laquelle l'arrêt du conseil d'Etat ne semble pas voir mis fin, la droite et l'extrême droite demandant désormais à modifier la loi pour l'interdire, l'invocation du "trouble à l'ordre public" ayant été - logiquement - déboutée. On notera cependant que cette perspective se heurte à des écueils juridiques difficilement dépassables (comment interdire à des citoyens de se vêtir "librement" dans l'espace public ?), puisque même la loi sur le niqab n'avait pu se fonder sur l'argument de la laïcité mais avait dû s'appuyer sur des considérations d'ordre public en interdisant les pratiques visant à empêcher l'identification d'un individu dans l'espace public.

Que la droite cherche à chasser sur les plates-bandes xénophobes du Front National n'étonnera personne... Que cette posture tacticienne n'aboutisse qu'à légitimer un peu plus le discours de l'extrême droite est déjà assez dangereux en soi, mais il est plus que regrettable que le Premier Ministre ait cru bon d'apporter son soutien aux maires de droite - mais aussi certains de gauche - qui avait publié ces arrêtés.

De fait, depuis plusieurs années, la gauche se fait dicter le tempo et le thème du débat politique par une droite radicalisée - qui n'a plus grand chose de républicain - et le Front National. Les défenseurs de la ligne de Matignon ont rétorqué à cela que la gauche avait eu tort de laisser la thématique identitaire à la droite et au FN et qu'il était indispensable d'investir ce débat pour apporter une réponse de gauche, une réponse républicaine (comme si tous ceux qui s'autodéfinissent "républicains" y donnaient le même contenu) à la recherche de l'identité nationale. Si c'était cela qui était fait - et parfois c'est le cas comme lorsque le Premier Ministre fut contraint de répondre aux outrances de Laurent Wauquiez lors du débat sur le prorogation de l'état d'urgence à l'Assemblée Nationale ou lors du discours de François Hollande, salle Wagram (qui au passage mit à jour les divergences flagrantes existant sur ce sujet entre le Président de la République et son Premier ministre) -, on pourrait leur donner quitus. Malheureusement, l'exécutif et ses soutiens n'apportent pas de réponse offensive aux interrogations sur l'identité mais acceptent les termes et la logique du débat tel qu'il est imprimé par ce que le Premier secrétaire du PS appelle le bloc réactionnaire. Pour preuve l'instrumentalisation catastrophique du débat initié par François Hollande et Manuel Valls sur l'inscription dans la constitution de la déchéance de nationalité lor de la tentative avorté de réfome constitutionnelle.

Est-on vraiment obligé de se faire constamment dicter - sur les réseaux sociaux et dans les médias - le tempo et les "thèmes de campagne" par la droite et l'extrême-droite ?
N'a-t-on pas des sujets plus urgents pour la vie quotidienne de nos concitoyens (notamment économiques et sociaux) que de dire "la droite c'est des méchants, ce sera pire avec eux" ou "la droite réécrit l'Histoire de France" ou "quelle est la véracité du récit national ?" après la sortie de Sarkozy sur "nos ancêtres les Gaulois" à Franconville...?

Le problème est évidemment plus profond et dépasse le cadre hexagonal... En abandonnant sa mission de transformation sociale, la gauche occidentale – dont la plupart des dirigeants se sont convertis au social-libéralisme version Clinton-Blair – a perdu son audience auprès des classes populaires, qu'elle était censée  - au moins dans l'imaginaire collectif - représenter, défendre, auxquelles elle avait vocation à apporter l'émancipation sous toutes ses formes (économique, sociale, culturelle et personnelle). Le socialisme démocratique n'est pas un économicisme, il porte une vision du monde et ne peut transformer la société qu'à la condition qu'il ait mené et remporté la bataille culturelle : l'ouverture sur le monde, l'acceptation des différences, la prédominance de la science sur la croyance, mais aussi la solidarité et l'échange appartiennent à son message. En oubliant la question sociale, les sociaux-libéraux ont ouvert un espace particulièrement évident pour que les nationaux-populistes imposent la question identitaire comme le cœur du débat politique. Jean-Marie Le Guen - tout à la fois secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement (en mode pompier pyromane) et animateur des "réformateurs" (les amis de Manuel Valls -, d'ailleurs, a validé cette analyse en affirmant que la question identitaire avait désormais remplacé pour de bonnes raisons (selon lui) la question sociale. En France, la question de l'identité ne peut se résoudre qu'à la condition d'être liée à la République. Aujourd'hui le doute républicain s'insinue parce que l'égalité recule ; nous ne pourrons donc engager la reconquête de l'hégémonie culturelle - nécessaire à notre mission de transformation sociale - qu'à la condition de remettre l'égalité et la République sociale au coeur de nos priorités. Car la République ne sera convaincante qu'adossée à la justice sociale. Jaurès disait qu'une fois devenue laïque la République devait devenir sociale et qu'elle ne resterait laïque qu'à la condition d'être sociale...

La crise de la gauche, au sortir de ce quinquennat, et dans un contexte international de désorientation profonde de la social-démocratie est donc multiforme. Les primaires devront à ce titre apporter quelques réponses à cette crise et ne pas se contenter d'être un simple mode de sélection de candidats. En 2011, le facteur essentiel de distinction entre les candidats à l'investiture socialiste pour les Présidentielles s'était concentré sur ce que les médias et les enquêtes d'opinion disaient de la capacité des uns et des autres à l'emporter au second tour contre le candidat sortant. Les électeurs des primaires avaient fait relativement abstraction des propositions des uns et des autres se déterminant en faveur de François Hollande car celui-ci était identifié comme ayant le plus de chance de gagner l'élection présidentielle.

La primaire de 2017 ne s'engage pas de la même manière. D'abord parce qu'à ce stade aucun des candidats à l'investiture ne semble être en mesure de garantir la présence de la gauche au 2nd tour de l'élection présidentielle (on y reviendra) - ce ne peut donc être une donnée discriminante entre eux, même si la dynamique que nous devons créer doit rompre le plafond de verre que François Hollande a construit au-dessus de tous ces remplaçants potentiels. Ensuite parce que le Parti Socialiste a choisi de ne pas préparer de programme pour l'élection présidentielle, considérant qu'un candidat à l'élection n'en tient de toute façon pas compte. Quand on connaît l'implication de la direction du PS en faveur du Président de la République sortant cela permet de mesurer le niveau de confiance qu'elle lui porte en réalité, de ce qu'elle pense de sa capacité de tenir ses propres engagements ou de tenir compte des propositions du principal parti qui le soutient.

En l'absence du programme du PS, l'enjeu autour de la vision et des propositions programmatiques de chacun des candidats va devenir essentiel. Chacun des candidats fera la différence dans sa capacité à imposer sa vision et ses propositions dans l'électorat de gauche aux primaires. Dans ces conditions, l'expression de plusieurs candidatures à gauche de François Hollande n'est donc pas illégitime, à condition qu'elle se fondent sur des propositions différentes et que les candidats alternatifs gardent à l'esprit que l'objectif est d'offrir à la gauche un "véhicule" lui permettant de sortir de l'impasse politique dans laquelle nous ont enfermés François Hollande et Manuel Valls. Cela suppose que ces candidats alternatifs ne se détruisent pas les uns et les autres et privilégient des logiques de convergences et de rassemblement au premier et au second tours des primaires, un gentleman agreement bien compris qui n'a que faire des potentielles querelles d'ego et du crétinisme présidentialiste.

Enfin, si l'on s'en tient aux sondages électoraux actuels, tout en espérant qu'une dynamique soit engagée au sortir des primaires pour lesquelles plus d'un million d'électeurs se seraient déplacés, les primaires citoyennes de la Belle Alliance Populaire pourraient ne pas suffire à sortir de l'impasse. C'est pourquoi, plutôt que moquer l'appel de La Rochelle à des primaires de toute la gauche, les soutiens de la direction du PS devraient plutôt remercier les militants et responsables de la motion B pour avoir affirmer la nécessité d'un candidat de rassemblement de toute la gauche. Si aucune dynamique de rassemblement n'est engagée en dépassant les préventions d'une direction frileuse du PCF et d'un parti écologiste en déshérence, l'accumulation des candidats signficatifs de gauche ou dits de gauche conduit à l'élimination de chacun d'entre au soir du premier tour de l'élection présidentielle et nous condamne à assister à un second tour droite radicalisée/extrême droite. Si Jean-Luc Mélenchon avait une quelconque volonté de conquérir le pouvoir d'Etat, de recomposer la gauche et de permettre à une gauche recomposée d'agir, il viendrait battre François Hollande dans des primaires de toute la gauche. Si le PCF et EELV avaient eux-mêmes cette intention, ils participeraient à ces primaires pour faire battre François Hollande et cornériser Jean-Luc Mélenchon afin d'offrir à la gauche une chance d'être présente au 2nd tour de l'élection présidentielle.

* * *

Le chemin est encore long avant de dépasser de sortir de la seringue dans laquelle les sociaux-libéraux ont emprisonné la gauche. Il y a loin de la coupe aux lèvres avant d'en finir avec cette stratégie suicidaire de "deux gauches irréconciliables". Dans ces conditions, je privilégie donc le choix de la cohérence dans la vision politique, les propositions et les axes stratégiques déployées : la candidature de Marie-Noëlle Lienemann me paraît aujourd'hui - à 4 mois des primaires - la seule à faire preuve de cette cohérence et de ce serieux. C'est pourquoi je défendrai sa candidature afin qu'elle pèse le plus possible dans rendez-vous difficiles que la gauche a devant elle.

Frédéric FARAVEL

 

Benoît Hamon, Marie-Noëlle Lienemann, Gérard Filoche et Arnaud Montebourg, candidats alternatifs à François Hollande pour les primaires, avec Christian Paul responsable de la motion B du PS, à La Rochelle le dimanche 11 septembre 2016

Benoît Hamon, Marie-Noëlle Lienemann, Gérard Filoche et Arnaud Montebourg, candidats alternatifs à François Hollande pour les primaires, avec Christian Paul responsable de la motion B du PS, à La Rochelle le dimanche 11 septembre 2016

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17 août 2016 3 17 /08 /août /2016 21:54
logo de la campagne de Marie-Noëlle Lienemann pour les primaires de la gauche en 2017

logo de la campagne de Marie-Noëlle Lienemann pour les primaires de la gauche en 2017

Si les primaires de gauche avalisées - malgré les obstructions de son appareil - par le Parti Socialiste ont bien lieu, je m'engagerai pour Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice socialiste.

Pour des raisons simples :

- Alors que certains se sont égarés, pour des ambitions personnelles, à soutenir des politiques qu'ils savaient mauvaises et surtout en contradiction avec nos engagements, elle a fait partie de ceux qui dès juillet 2012 ont porté une analyse lucide sur l'orientation que prenait dès le départ le quinquennat de François Hollande.

- Comme Bernie Sanders et Jeremy Corbyn, Marie-Noëlle Lienemann a toujours été fidèle à ses convictions socialistes, y compris quand cela la "condamnait" à être durablement dans la minorité alors que le socialisme français cédait trop souvent aux sirènes du social-libéralisme, dont on mesure aujourd'hui l'irrémédiable échec. Cette constance et cette cohérence, alliées à une action permanente pour faire dialoguer entre elles toutes les forces de gauche, me paraissent de nature à favoriser leur rassemblement.

- Depuis plus d'un an, elle n'a pas caché son intention déterminée d'être candidate aux primaires de gauche. Elle a fait avec d'autres depuis 3 ans des propositions économiques, sociales et écologiques solides pour une alternative à la politique libérale de l'offre incarnée par le CICE et le pacte de responsabilité, quand certains qui ont redécouvert leur gauche une fois viré du gouvernement les défendaient encore...

- Elle n'est pas atteinte du crétinisme présidentialiste qui tue une gauche française malade de la 5e république. 2017, dans un contexte on ne peut plus dramatique, démontre que la présidentielle monte à la tête des candidats putatifs et fait enfler leurs ego. A 65 ans, Marie-Noëlle Lienemann n'a pas d'autres ambitions que de servir une restauration de la souveraineté populaire en redonnant son lustre à la démocratie réelle. Avec elle, les engagements pour un changement de République ne seront pas de vains mots.

Je vous laisse découvrir ci-dessous ces premières propositions programmatiques pour les présidentielles de 2017.

Frédéric FARAVEL

 

Décidons ensemble de la France que nous voulons

Les primaires citoyennes ont l’obligation de permettre au peuple de gauche de se faire entendre et de peser sur les prochaines élections. Nous devons affirmer une nouvelle offensive politique, qui doit se construire avec trois priorités :

  • La justice sociale, clé de voûte de la force de la France, de son redressement et de la création d’emplois ;
  • Un nouveau souffle pour le pacte républicain et notre démocratie ;
  • Une France plus indépendante sur la scène internationale.

Premières propositions pour le programme Lienemann 2017

Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice de Paris, ancienne ministre, membre du bureau national du Parti Socialiste, candidate aux primaires de gauche pour l'élection présidentielle de 2017

Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice de Paris, ancienne ministre, membre du bureau national du Parti Socialiste, candidate aux primaires de gauche pour l'élection présidentielle de 2017

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20 juin 2016 1 20 /06 /juin /2016 19:48
au premier rang, Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice de Paris, Emmanuel Maurel, député européen, et Christian Paul, député de la Nièvre, principaux responsables de l'aile gauche du Parti Socialiste lors d'un conseil national du parti

au premier rang, Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice de Paris, Emmanuel Maurel, député européen, et Christian Paul, député de la Nièvre, principaux responsables de l'aile gauche du Parti Socialiste lors d'un conseil national du parti

Au lendemain des primaires de novembre 2011, qui l'avait vu être désigné candidat du PS, du PRG et du MRC, François Hollande s'était engagé à repasser par cette procédure de validation citoyenne pour l'échéance suivante, si jamais il était élu président de la République. Evidemment, depuis son élection le 6 mai 2012, le Président de la République a cherché à faire oublier les engagements du candidat Hollande, sur ce sujet comme sur bien d'autres.

Pourtant samedi 18 juin 2016, à la Maison de la Chimie, Rue Saint-Dominique à Paris, le Conseil National du Parti Socialiste a adopté à l'unanimité une résolution confirmant l'organisation de primaires citoyennes ouvertes pour un vote les 22 et 29 janvier 2017. Dès les premières minutes qui ont suivi le CN du PS, la direction du Parti - Jean-Christophe Cambadélis en tête - a tenté de faire raconter une petite histoire qui n'a pas grand chose à voir avec la réalité : le premier secrétaire du Parti Socialiste aurait habilement manoeuvré pour imposer à tous - et piéger les "Frondeurs" - une primaire taillée sur mesure pour adouber François Hollande, dans le cadre de "La Belle Alliance Populaire", coquille vide rassemblant artificiellement la direction du PS et ses satellites (micro-partis ou dirigeants d'associations sous perfusion du PS).

De la part d'un couple exécutif/parti qui a tout fait pour empêcher les primaires citoyennes la ficelles est un peu grosse. Il est vrai que le manque de subtilité d'EELV et du PCF lui a fourni le prétexte pour être à deux doigts de réussir à emêcher les primaires. En fait, malgré les déclarations tranchantes des dirigeants de ces deux partis refusant la participation du Président sortant et/ou du premier ministre, les représentants de la direction du PS avaient tout fait pour gripper progressivement la dynamique de rassemblement qui s'était bâtie depuis l'appel de nombreux intellectuels dans Libération, en repoussant toujours à plus tard l'échéance des décisions concrètes, contestant le principe de pluralité de candidatures socialistes sans lequel le rendez-vous n'avait pas grand sens. Parallèlement, depuis plusieurs mois, députés et ministres (comme Eduardo Rihan-Cypel ou Najat Vallaud-Belkacem) couraient les plateaux TV et radio expliquant que la primaire était inutile car le Président de la République était naturellement légitime à se représenter.

Plus près de nous encore, nous revenons de loin puisqu'en début de semaine dernière, le premier secrétaire avait envisagé un congrès extraordinaire du PS pour supprimer les primaires citoyennes des statuts du parti. C'est là en réalité la seule véritable habileté réussie du premier secrétaire du PS, or elle ne visait pas à pièger les "Frondeurs", mais à démontrer qu'au regard de la situation politique, François Hollande ne pouvait plus se permettre d'interdire la convocation de primaires. En effet, face à l'opposition de l'Elysée, Jean-Christophe Cambadélis mettait le Président devant le risque d'un congrès extraordinaire raté, où les militants du PS pouvaient probablement refuser la manoeuvre et devant laquelle l'opinion considérerait que l'exécutif, comme le parti, fuyait la démocratie... En termes d'image et de courage politique, cette option était intenable pour François Hollande.

C'est la raison pour laquelle François Hollande s'est résolu à laisser Cambadélis valider ces primaires citoyennes. "Si je ne suis pas en mesure de l'emporter dans des primaires, comment pourrais-je prétendre gagner l'élection présidentielle ?"... Il cite une de ses probables concurrentes.

Avec Emmanuel Maurel, Marie-Noëlle Lienemann et Jerome Guedj, avec toute la motion Maintenant la Gauche, nous avons demandé dès 2013 (et à l'époque nous étions bien seuls) que le Parti socialiste organise des primaires citoyennes lorsque le moment serait venu de préparer les élections présidentielles de 2017. Nous percevions déjà qu'après un peu plus d'un an de mandat, François Hollande n'était déjà plus le candidat naturel qui permettrait de rassembler le peuple de gauche. Les reniements sur ses engagements posaient déjà évidemment la nécessité que le peuple de gauche se prononce à nouveau.

Malgré un périmètre plus restreint que nous ne l'avions espéré (sans le PCF et EELV), mais plus large qu'en 2011 (puisqu'en plus du PRG s'y ajouterait l'UDE et peut-être Nouvelle Donne), cette décision répond à notre volonté revendiquée de renouveler les primaires citoyennes qui doivent permettre de désigner le candidat de la gauche pour la présidentielle (comme c'était clairement exprimé dès la page 30 de la motion B "à gauche pour gagner" du congrès de Poitiers).

En effet, François Hollande plus que jamais n'apparaît plus comme un candidat naturel pour sa réélection, mais même un handicap pour la préparation de la présidentielle au regard des conséquences de sa politique dans l'opinion publique et dans notre électorat. Personne n'est d'ailleurs aujourd'hui assuré que le Président sortant sera en situation de se représenter d'ici là.

Le choix de Jean-Christophe Cambadélis se comprend donc selon ces deux facteurs :

1- la direction du PS valide l'idée que - même pour elle - le président sortant n'est en rien le candidat évident de la gauche à la Présidentielle, et qu'à tout le moins il a l'impérieux besoin de repasser par cette procédure pour retrouver une légère légitimité et éviter d'être totalement ridicule lors du premier tour d'avril 2017 ;

2- si la situation politique personnelle du Président continuait de se dégrader et qu'il ne soit même plus en mesure de se représenter (jetant l'éponge en novembre ou en décembre avant la date de dépôt des candidatures aux primaires), la direction du PS a besoin d'avoir une procédure de sélection de son (sa) remplaçant(e)...

C'est pourquoi, dans ce contexte, pour ceux qui étaient membres du conseil national du PS, nous n'avons voté cette résolution qu'à deux conditions :

1- qu'en soient retirées les provocations agressives contre les écologistes et les communistes alors même que ce texte lançait un nouvel appel à nous rejoindre (c'est encore possible puisque le PCF a repoussé à novembre prochain sa décision finale) ;

2- que soit clairement précisé noir sur blanc que les règles qui présideront aux primaires pour 2017 soient calquées sur celles de 2011 (conditions de candidature, d'organisation, de transparence et d'ouverture du vote).

Tous les Français de gauche pourront donc voter les 22 et 29 janvier 2017 prochain. Nous devons tout faire pour qu'un maximum de participants nous rejoignent, car c'est la seule manière de faire émerger un débat ouvert et public sur la nature du projet que nous voulons défendre en 2017 et la candidature alternative que nous souhaitons porter pour la faire vivre.

Vous pourrez lire plus bas en pièce jointe la résolution qui valide cette procédure.

Désormais, nous allons pouvoir confronter le bilan de François Hollande à ses engagements et aux attentes du peuple de gauche, nous allons pouvoir proposer un(e) candidat(e) qui défendra un Projet de gauche ambitieux pour gouverner et transformer le pays ; un(e) candidat(e) qui sera capable d'emporter l'investiture contre le Président sortant si celui-ci s'y risquait.

Je continue de penser qu'il serait plus sage que François Hollande s'écarte de lui-même ; ce serait de sa part faire preuve de lucidité au regard des résultats de son action et de la situation politique qu'il a créée, mais aussi cela aurait l'avantage d'élargir encore le champ du rassemblement (à EELV, au PCF, au MRC...). Car il est évident que #LaBAP de Jean-Christophe Cambadélis n'est en rien un dépassement du PS mais une excroissance de celui-ci qui permet cependant de gommer la dimension socialiste du parti qui la conduit.

Pourtant, les caciques du PS vont évidemment apporter par légitimisme (ou par calcul qu'il vaut mieux en finir avec la séquence Hollande dans une défaite, plutôt que de voir un candidat alternatif être adoubé par une campagne courageuse reprenant le flambeau du socialisme démocratique, ce qui obscurcirait leur propre horizon) leur soutien au Président sortant ; ce sera le cas de Manuel Valls, Martine Aubry ou Jean-Christophe Cambadélis, qui lors de la conférence de presse suivant le conseil national du PS s'est déjà empressé de dénigrer tous les concurrents éventuels de François Hollande, alors même qu'il appelait les socialistes à éviter les travers comportementaux constatés dans la primaire LR. Le Premier secrétaire et son équipe feront évidemment tout pour piper les dés, tenter de reculer sur les conditions actées lors du CN du 18 juin, réduire le nombre de bureaux de vote, limiter au maximum le nombre de participants. A nous d'être plus convaincants et plus forts.

Quels que soient les candidatures alternatives que nous pourrions faire émerger - Marie-Noëlle Lienemann et Arnaud Montebourg sont à ce jour les plus sérieusement engagés dans cette démarche -, chaque voix exprimées dans ces primaires doit pouvoir être une voix contre le reniement sur le projet européen, une voix contre la loi Macron, une voix contre la loi travail, une voix pour un projet ambitieux ancré à gauche pour gouverner et transformer la société française dans le sens du progrès et de la Justice.

Frédéric FARAVEL

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