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Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube.
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Gauche Républicaine & Socialiste

26 mars 2018 1 26 /03 /mars /2018 15:15
Non, le retour de la croissance et le recul du chômage ne sont pas dus à la politique menée par Hollande

Les bonnes nouvelles :

  • La reprise économique. La croissance a été de +1,9% en 2017, après +1,1% en 2016, et pourrait franchir le cap de 2% en 2018 pour la première fois depuis 2007.

  • Le repli du chômage. Au 4ème trimestre de 2017, le taux de chômage a atteint 8,9% en France, soit son plus bas niveau depuis 2009. Même si la baisse de 0,7 point en un trimestre apparaît excessive1, pouvant donner lieu à une correction ultérieure, et si les données de Pôle Emploi sont moins favorables que celles de l’INSEE2, il est de fait que le taux de chômage diminue depuis la fin de 2015, en ligne avec des créations d’emplois soutenues (+ 130 000 en 2015, +235 000 en 2016, + 250 000 en 2017).

Une amélioration qui ne doit rien à la politique de François Hollande

  • La croissance française reste nettement inférieure à la moyenne de nos voisins (+1,9% contre +2,5%), comme c’est continuellement le cas depuis 2014. En vérité, notre pays ne fait que profiter du redémarrage de l’économie mondiale et, en particulier, européenne, ainsi que du début d’un nouveau cycle après une longue période de stagnation. Au bout d’un moment, il faut bien que les entreprises et les ménages se remettent à investir, ce qui a été favorisé par de bas taux d’intérêt, d’où plus de revenus, donc de consommation etc.. Impossible de prétendre que la politique de F. Hollande y soit pour quelque chose.

  • La preuve en est qu’il reste un point noir : le déficit commercial continue de se creuser, ayant atteint 62 Md€ en 2017 (soit +30% par rapport à 2016 et la plus forte dégradation annuelle depuis 2011), alors que toute la stratégie de F. Hollande, fondée sur la « baisse du coût du travail », visait à rendre l’économie française plus compétitive. Et la hausse des prix du pétrole n’explique pas tout ; l’aggravation du déficit manufacturier (de 35 Md€ à 41 Md€), alors que notre croissance est plus faible que celle de nos partenaires, constitue une terrible contre-performance, qui signe l’échec d’une politique. La compétitivité-coût s’est naturellement améliorée, à un prix exorbitant pour les finances publiques, mais cela n’empêche pas le recul de la part de nos exportations dans celles de la zone euro, passée de 17% à 13% entre 2000 et 2017.

  • Ce constat s’applique de la même manière à l’évolution de la situation de l’emploi. Malgré sa baisse actuelle, le taux de chômage français se réduit moins vite que chez nos voisins, de sorte qu’après avoir été constamment inférieur à la moyenne de la zone euro depuis 2008 (par exemple, 10% contre 12% en 2015), il lui est devenu supérieur en 20163. Difficile de parler de la réussite de F. Hollande dans ce domaine aussi…

  • Il aurait fallu faire autre chose. Le mal vient moins d’un dynamisme excessif de nos importations que de l’incapacité de nos entreprises à profiter de la bonne orientation de la demande mondiale, à cause d’une qualité insuffisante de leurs produits. La bonne stratégie eût consisté à favoriser leur montée en gamme en stimulant l’investissement productif mais aussi public, de même qu’en développant le niveau de qualification de la main d’œuvre - plutôt qu’en adoptant une stratégie « low cost » fondée sur la baisse du coût des travail et la flexibilité, digne d’un pays du tiers-monde…Ceci n’empêchait nullement de mettre en œuvre parallèlement un plan de relance de la consommation. Cette politique aurait produit des résultats importants et rapides en termes d’activité et d’emplois ; nous serions aujourd’hui en tête de la classe européenne au lieu de nous situer parmi les derniers.

L’économie française a commencé à décrocher par rapport à celle de ses voisins en 2014, au moment où la politique de l’offre était renforcée (Pacte de responsabilité), et il n’y a toujours aucun signe d’un effet positif de celle-ci aujourd’hui. Bien au contraire, puisque le déficit manufacturier s’aggrave. En vérité, on a distribué aux entreprises des dizaines de milliards d’euros sans contrepartie ni aucun bénéfice. De plus, on les a financés en alourdissant les prélèvements obligatoires et en sacrifiant des dépenses publiques utiles, notamment par la réduction des dotations aux collectivités locales, ce qui a durement pesé sur la croissance et le pouvoir d’achat.

1 Notamment parce que les créations d’emplois se sont limitées à 50 000, ce qui constitue un bon résultat mais paraît incompatible avec un tel repli du chômage.

2 Le nombre de personnes sans activité inscrites à Pôle emploi (catégorie A : 3,7 M, yc DOM) n’a presque pas diminué en 2017.

3 Par ailleurs, il n’est plus que 5,6% à l’échelle des pays de l’OCDE.

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26 mai 2016 4 26 /05 /mai /2016 13:10

Bruno Le Roux, président du groupe socialiste à l'Assemblée Nationale, et Christophe Sirugue, député rapporteur sur le projet de loi El Khomri, pourtant désavoués par Le Foll et Valls hier, seraient en train de travailler à une réécriture du fameux article 2 du projet de loi El Khomri, qui inverse la hiérarchie des normes (La loi est supérieure aux accords nationaux interprofessionnels, qui ont eux-mêmes supérieurs aux accords de branche, qui servent de cadre obligatoire aux accords d'entreprise, les dispositions les plus favorables aux salariés que celles prévues au niveau supérieur étant appliquées).

C'est donc la nouvelle petite histoire qu'on tente de nous raconter depuis hier après-midi. Certains osent même dire que cela se fait en concertation avec Force Ouvrière.

Mais qu'en est-il réellement ?

En fait Christophe Sirugue ne fait que reproposer le pseudo "amendement de compromis" qu'il avait soumis le 10 mai matin au premier ministre et aux frondeurs. Que dit-il ? Que les branches pourraient donner sous un mois un avis sur les accords d'entreprise avant leur signature mais qu'un avis négatif ne serait pas contraignant.

Donc :
1- au regard du flux des accords les branches ne pourront pas tout assumer et un avis positif sera présumé avoir été donné pour des accords qui n'auront pas été examinés ;
2- sans possibilité pour les branches de donner un avis négatif contraignant, on reste bien dans une logique d'inversion de la hiérarchie des normes.

Le problème posé par l'article 2 reste donc entier et on nous prend une fois de plus pour des idiots ; au demeurant, je ne vois pas FO s'engager dans un marché de dupe qui confirme l'inversion de la hiérarchie des normes.

Pour être conséquent et cohérent, il faudrait donc supprimer l'article 2 dans son entier.

Au demeurant si l'exécutif tient tant à ne pas retirer le projet de loi El Khomri, la porte de sortie est assez simple : qu'il accepte de supprimer l'article 1er (qui prévoit qu'une commission réécrive en deux ans le code du travail avec un risque de donner ainsi les clefs de la décision à la droite), l'article 2 (inversion de la hiérarchie des normes), l'article 10 (seuil de conclusion des accords d'entreprise et référendum salarié sous pression patronale), l'article 11 (copier-coller des accords "compétitivité emploi" proposés par Sarkozy en 2012), l'article 30 (aggravation des critères de licenciement économique), l'article 41 (fin du transfert du contrat de travail lorsqu'il y a transfert d'entreprise) et l'article 44 (fin de la médecine du travail concrète).

Sur le reste, on peut discuter.

Frédéric FARAVEL

Loi Travail, article 2 : cacophonie pathétique autour d'un marché de dupe

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19 juin 2015 5 19 /06 /juin /2015 11:29
soutenez la campagne 2big2tax : non à la désertion fiscale des multinationales !

L’Europe européenne évalue aujourd’hui le coût de l’évasion fiscale à 1 000 milliards d’euros chaque année pour les budgets européens, soit l’équivalent du budget français. C’est un fait: les grandes entreprises mondiales ne contribuent plus leur juste part d’impôt. Une armée de comptables et de juristes leur permet de savantes esquives, en prétendant réaliser la majorité de leurs bénéfices dans des paradis fiscaux. Nous exigeons une action déterminée des autorités publiques nationales et européennes pour mettre fin à cette situation.

Nous lançons donc ici une nouvelle initiative, structurée autour d’une pétition que vous trouverez à l’adresse suivante, et que nous vous invitons bien évidemment à signer :

www.2big2tax.eu

Pas d’entreprise “too big to tax”
Au moment de la crise, nous avons été contraints de renflouer à grands coups d’argent public les banques, car elles étaient trop essentielles au fonctionnement de l’économie pour qu’on les laisse faire faillite. Bien que leurs tourments ne venaient que de ce qu’elles avaient joué sans limites avec l’argent des autres, elles étaient « too big to fail ». Les citoyens ont contribué à ce sauvetage collectif du monde bancaire, et les PME. Nous ne pouvons pas accepter une seconde que les entreprises multinationales n’y participent pas parce qu’elles seraient « too big to tax », trop puissantes pour être imposées.

L’impôt, notre bien commun
Payer l’impôt est toujours désagréable. Mais c’est à partir des contributions de ceux qui vivent et travaillent dans un territoire, qu’ensemble nous finançons la solidarité, les services publics, la transition énergétique et les investissements de demain. Les grandes entreprises réalisent des profits dans les pays développés parce qu’elles y trouvent des salariés formés, en bonne santé, des systèmes de transport efficaces et tant d’autres avantages. Quand elles en bénéficient elles doivent naturellement y participer, sinon l’effort retombe intégralement sur les individus et les PME.

Travailler ici, déclarer les impôts ailleurs
En travaillant un échantillon représentatif d’entreprises, l’économiste Gabriel Zucman a calculé qu’elles déclarent que 15 % de leurs bénéfices mondiaux ont été réalisés dans des paradis fiscaux qui représentent 2 % de l’économie mondiale. C’est totalement irréel, et n’est possible que parce que chaque groupe donne des informations différentes à chaque administration nationale. Pour prendre l’exemple fameux de Google, cette entreprise a déclaré au fisc américain que son siège se situe en Irlande. Dans le même temps, elle indique aux Européens qu’il se trouve aux Bermudes ! Une part importante des profits de Google n’est donc taxée, ni aux Etats-Unis, ni en Europe.

Les administrations fiscales doivent cesser de se laisser duper
Chacun doit contribuer à hauteur des profits qu’il réalise, à l’endroit où il les réalise. C’est possible, à condition que les administrations fiscales cessent de se laisser duper séparément. Nous appelons les autorités publiques à mettre leurs ressources en commun pour :
– cibler prioritairement le club des entreprises « too big to tax », au cœur des réseaux mondiaux de dérobade à l’impôt.
– adapter la législation fiscale pour faire face.
– agir au niveau européen, d’égal à égal avec ces Goliath
– coopérer dès maintenant en initiant des enquêtes communes sur les déserteurs fiscaux les plus notoires.

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27 janvier 2015 2 27 /01 /janvier /2015 14:21

Quelles sont les conséquences de l'élection de la gauche de la gauche en Grèce ? Thomas Piketty, auteur du livre Le capital au XXIème siècle (éd. Seuil) est l'invité de la matinale EN DIRECT ET EN VIDÉO. Suivez deux heures d'actu ENRICHIE et INTERACTIVE.


Piketty : "Tant qu'on aura une monnaie unique... par franceinter
Piketty : "Ce que propose Tsipras n'a rien d... par franceinter

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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 18:15

Sapin_Schaubel_Macron_Gabriel_der_Spiegel.jpgLe magazine allemand Der Spiegel aurait eu connaissance de l’existence d’un (pré)-rapport de deux économistes mandatés par la France et l’Allemagne pour réfléchir à une accélération de la sortie de crise.

En quoi consisterait le deal dont Der Spiegel se fait l’écho ? Les Français accepteraient d’assouplir les 35 heures et de geler tous les salaires pendant trois ans, tandis que les Allemands augmenteraient leur effort d’investissement pour la rénovation de leurs infrastructures (extrêmement dégradées, du fait de la « règle d’or budgétaire » que le Gouvernement Merkel s’est infligée il y a quatre ans).

Si ces informations s’avéraient exactes, elles sont très graves, pour plusieurs raisons.

La première tient évidemment au déséquilibre énorme d’un tel accord. Passer le programme d’investissements allemands de 10 à 20 milliards d’euros (soit… +0,35% de son PIB), sous condition pour la France de comprimer violemment le pouvoir d’achat de 22 millions de salariés et d’abandonner la plus grande réforme sociale du gouvernement de Lionel Jospin, fait terriblement penser à la boutade : « si tu me donnes ta montre, je te donnerai l’heure ».

La deuxième raison tient à la cohérence même du discours du Gouvernement Valls. En délicatesse avec sa majorité parlementaire et son propre Parti, celui-ci n’a eu de cesse de répéter, depuis des mois, qu’il ne menait pas une politique d’austérité et que contrairement à ce qu’avaient subi Irlandais, Portugais, Espagnols, Britanniques et Grecs, ses décisions préservaient intact le modèle social. Si nous laissons détricoter les 35 heures et baisser les salaires (car concrètement, « gel » veut dire « baisse », au regard de l’évolution réelle du coût de la vie), comment pourrons-nous continuer de tenir cette ligne, qui ne convainc déjà plus grand monde ?

Troisièmement, sur le fond, prendre de telles mesures serait une folie. Assouplir les 35 heures, alors qu’elles sont déjà très souples (les 35 heures sont en effet annualisables et le quota annuel d’heures supplémentaires peut être étendu jusqu’à 180 heures, soit plus d’un mois de travail), cela ne peut avoir pour but que diminuer, voire supprimer totalement la majoration des heures supplémentaires. Autrement dit, on ferait travailler les salariés davantage, à salaire gelé, et sans majoration d’heures supplémentaires. Rappelons que la réalité du temps de travail dans nos deux pays est extrêmement différentes : les salariés français travaillent en moyenne 38 heures par semaine, quand les salariés allemands s’approchent des 32 heures, souvent dans des conditions de travail ou de sous emploi dégradées (mini jobs, temps partiels subis, recours fréquent au chômage partiel…).

Geler les salaires, alors que l’économie française demeure en quasi-stagnation, provoquerait l’extinction du seul moteur de croissance qui reste encore un peu allumé dans notre pays : la consommation intérieure des ménages (celle de l’État étant soumise à… l’austérité et celles des entreprises étant contraintes par le niveau invraisemblable des dividendes et les mauvaises prévisions économiques). En termes économiques et sociaux, de telles mesures rajouteraient de l’injustice sociale et de l’inefficacité économique aux conséquences actuelles des politiques conduites par le gouvernement Valls, accroissant les risques déflationnistes qui planent sur notre pays en étant déjà réels à l’échelle européenne… bref de la crise à la crise.

Pour toutes ces raisons, Maintenant la Gauche souhaite que le Parti socialiste s’exprime fortement pour s’opposer à de telles suggestions. Nous demandons au Premier ministre de démentir les intentions prêtées par Der Spiegel au Gouvernement français.

Enfin, nous réaffirmons que la solution à la crise se trouve ailleurs : dans une relance de l’investissement – qui permettrait de remplir les carnets de commande des entreprises et de moderniser notre outil industriel – et dans le soutien à la consommation des ménages, qui passe forcément par le dégel du point d’indice des fonctionnaires et une négociation tripartite sur les salaires.

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7 novembre 2014 5 07 /11 /novembre /2014 11:53

La France, mouton noir de l'emploi en Europe ?

On a l'habitude d'opposer les modèles de régulation et de flexibilité qui président en Europe à l'horreur syndicale et réglementaire à laquelle la France serait soumise.

Or la réalité c'est qu'à moyen terme la performance de la France en terme d'emploi est comparable aux USA, à l'Allemagne et aux Pays-Bas ; elle pêche seulement sur sa capacité à rebondir depuis 2010 :

emploi_total

Mais quel est le bilan comparé véritable lorsqu'on confronte la situation dégradée de l'emploi en France, les mini jobs allemands, les contrats « zéro heure » britanniques ou encore le développement des temps partiels ?

Lorsque l'on regarde le nombre d'heures de travail créées, la Allemagne et USA s'affaissent avant de remonter ; le Danemark s'effondre :

volume_horaire_total

La France surclasse Allemagne et USA à cause de la forte proportion d'emplois de courte durée. Seule la Grande Bretagne et la Suède font mieux.

Cependant c'est la capacité à créer des heures de travail par personne en âge de travailler qui permet de mesurer la performance réelle de ces pays, dont les dynamiques démographiques sont radicalement différentes.

volume_horaire_total_population_active

La France fait alors bonne figure surclassant Grande Bretagne, USA et Danemark, le paradis de la flexisécurité.

On nous opposera qu'il y a là sans doute un artifice produits par les emplois administrés ou subventionnés dans l'administration, l'action sociale, l'éducation ou la santé... Là encore, c'est une idée reçue, la France est largement surclassée en terme de progression des emplois dans ces secteurs par tous les autres pays sauf l'Italie.

progression_volume_travail_administre

Si la France est un piètre élève en terme de chômage, elle est donc loin d'être le cancre habituellement décrit. Il n'est évidemment pas question de nous contenter de la situation actuelle et des solutions existent que Maintenant la Gauche prônées pour avancer, mais les modèles libéraux ou sociaux-libéraux en œuvre dans les autres pays occidentaux qu'on nous vante régulièrement ne donnent à l'évidence pas de résultats positifs et la France aurait donc tort de les transposer.

Frédéric FARAVEL

sources : Xerfi

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28 avril 2014 1 28 /04 /avril /2014 22:35

"Le mouvement ouvrier d'aujourd'hui, sa fatigante lutte économique de tous les jours, son organisation de masse [on aimerait bien], sont basés sur la collaboration de tous les pays de la production capitaliste. Si la phrase a de la valeur, que ce n'est que sur le terrain d'une vie économique saine, au pouls puissant, que la cause des ouvriers peut prospérer, elle ne vaut pas seulement pour l'Allemagne, mais aussi pour la France, l'Angleterre, la Belgique, la Russie, l'Italie. Et si le mouvement ouvrier de tous les pays capitalistes d'Europe est en état de stagnation, s'il y existe de bas salaires, de faibles syndicats, une force minime de résistance des exploités, le mouvement syndical ne peut - c'est impossible - être florissant en Allemagne. De ce point de vue, que le capitalisme allemand soit renforcé aux dépends du capitalisme français ou le capitalisme anglais [ou américain] aux dépens du capitalisme allemand, c'est la même perte, en fin de compte, quant à la situation du prolétariat dans sa lutte économique."

Rosa Luxemburg, 1915, dans La crise de la social-démocratie

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17 avril 2014 4 17 /04 /avril /2014 19:04

Je publie ici l'entretien accordé par Pierre-Alain Muet, député socialiste et spécialiste réputé des questions économiques, au Nouvel Observateur. Lui aussi crie son inquiétude face à la saignée annoncée de 50 Milliards d'euros (en fait jusqu'à 80 Mds). Il n'est pas membre de mon courant, ce qui devrait faire réfléchir quelques uns de mes camarades socialistes, qui continuent de croire que le légitimisme sert de viatique politique. Il est temps de réagir.

Frédéric FARAVEL

Pierre-Alain Muet, député PS et vice-président de la Commission des finances à l'Assemblée, s'en prend au plan d'économies qu'a détaillé Manuel Valls. Interview.

Pierre-Alain muet, député du Rhône, à l'Assemblée nationale en 2009. STEVENS FREDERIC/SIPA Pierre-Alain muet, député du Rhône, à l'Assemblée nationale en 2009. STEVENS FREDERIC/SIPA Prestations sociales non revalorisées, gel de l'indice des fonctionnaires… Manuel Valls a dévoilé mercredi 16 avril le programme des 50 milliards d'économies. Même s'il a promis de sanctuariser les minima sociaux et le Smic, cela n'a pas empêché certains députés de la majorité de fustiger les annonces du Premier ministre, tant sur la forme que sur le fond. Pour Pierre-Alain Muet, député du Rhône, économiste et vice-président de la Commission des finances à l'Assemblée, c'est l'idée même d'effort budgétaire qu'il faut remettre en question. 

Le plan d'économies budgétaires se précise, comment accueillez-vous les mesures annoncées ?

- Cela fait trois mois que je passe mon temps à expliquer en interne aux gouvernements que le montant des économies à réaliser est excessif. Aujourd'hui, je le dis publiquement : 50 milliards d'euros, c'est trop ! Même constat pour ce qui est du déficit public [part des dépenses de l'Etat qui dépasse ses recettes, NDLR]. Le déficit structurel de 2014 est de 1,7, ce qui veut dire qu'en conjoncture normale, nous serions très en dessous des 3%. La France a déjà fait des efforts considérables, et nous sommes dans un contexte où la demande en Europe s'est effondrée à cause des politiques d'austérité. Il faut donc, à présent, être plus modéré réduction des déficits, car c'est la meilleure façon de retrouver la croissance et de réduire le chômage.

La France doit pourtant se conformer aux directives de la Commission européenne ?

- Pas forcément : l'Italie de Matteo Renzi a par exemple choisi de laisser filer les déficits pour relancer sa croissance. Je ne comprends toujours pas pourquoi en France on cherche encore à donner des gages à une Commission sortante qui, d'une part, restera dans l'histoire comme celle qui a imposé l'austérité à toute l'Europe, et d'autre part, risque d'être sévèrement sanctionnée dans les urnes le 25 mai. Je rencontre assez régulièrement d'autres parlementaires européens, et au cours de nos réunions, nous assez souvent le même constat : il faut que l'Europe fasse cesser ces politiques d'austérité.

Certains de vos camarades socialistes ont eu des réactions assez dures après le discours de Manuel Valls ce mercredi. La majorité est-elle en train de se morceler ?

- Je m'inquiète plus pour la situation économique du pays que pour la santé de la majorité. Un assez grand nombre de mes collègues ont été surpris, sans doute. Je continue de penser que le Premier ministre tente de prendre les mesures les moins injustes. Mais la seule façon d'y arriver est d'être plus modéré sur la réduction des dépenses, notamment sociales, et de limiter les allègements fiscaux sur les entreprises.

Propos recueillis par Clément Quintard 16 avril 2014 - 20h18 - Le Nouvel Observateur

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7 décembre 2012 5 07 /12 /décembre /2012 08:43

Florange: le compromis passé avec Mittal divise les socialistes

Libération - 5 décembre 2012

flormittal.jpgLe dossier Florange et le compromis passé avec l’industriel Mittal divisent les socialistes, entre partisans de la solution Montebourg de nationalisation temporaire, déçus de la solution trouvée, et soutiens du gouvernement.

Depuis vendredi, les critiques des syndicats et de bon nombre de responsables politiques au sujet de l’accord signé avec l’industriel Lakshmi Mittal sur le site de Florange ont aussi gagné les socialistes.

Premier exemple, au sein même du gouvernement: se défendant de parler en tant que ministre, “mais en tant qu’(ex)-élue mosellane”, Aurélie Filippetti, la ministre de la Culture, a dit sa “préférence nette pour une solution de portage public temporaire de l’entreprise”.

Ce n’est pas la solution qui a été retenue”, a-t-elle noté, ajoutant: “Si les engagements n’étaient pas tenus par Mittal, je considère qu’il faudrait en revenir à cette solution-là”.

Il y a un accord, il n’y a pas de confiance”, a déclaré dimanche la ministre de l’Ecologie Delphine Batho, soulignant que “jamais Mittal n’a tenu ses promesses dans le passé”.

Jean-Marc Ayrault avait écarté vendredi soir la nationalisation, expliquant qu’elle “n’est pas efficace face à un problème de débouchés pour une entreprise ou face à un problème de compétitivité.”

Mardi, lors de la réunion de groupe PS à l’Assemblée, à laquelle ont assisté le Premier ministre, Arnaud Montebourg et Michel Sapin, plusieurs députés socialistes ont affirmé, en sortant, que l’atmosphère était assez “glaciale”.

Une dissension dans les rangs de l’exécutif, que la porte-parole du gouvernement Najat Vallaud-Belkacem s’est employée à nier mercredi, assurant que “la solidarité gouvernementale est entière” sur le sujet.

Qu’il y ait des différends, c’est normal, car on a des sensibilités de gauche différentes dans ce gouvernement”, commente, pour sa part, un ministre. “Mais ça ne peut se faire sous les regards de la représentation nationale”, estime ce membre.

Au Parti socialiste, qui se réunissait en Bureau national mardi soir, les partisans de l’aile gauche, qui depuis le Congrès de Toulouse (fin octobre), défendent l’idée de nationalisation, “n’ont pas voté” le communiqué sur Florange proposé par la direction, a expliqué à l’AFP Emmanuel Maurel, l’un de ses représentants.

Nous voulions qu’apparaisse”, dans le texte, entre autres, l’idée de “recours à la +nationalisation temporaire+ si les engagements de Mittal n’étaient pas tenus. Harlem Désir n’a pas souhaité que figurent ces termes”, a-t-il ajouté.

En pleine “contradiction”, note-t-il, “déçu”, avec une prise de position du PS du 26 novembre, signée d’Harlem Désir, qui disait que “si le groupe Mittal (…) ne prenait pas ses responsabilités”, le PS soutenait “la solution d’une prise de contrôle public temporaire de l’Etat”.

On est sur une position qui est celle du soutien de la position du gouvernement, on l’assume”, a confié un proche de M. Désir.

Oui, c’est une question qui nous divise, y compris au sein du gouvernement. Mais derrière cette question”, note un autre proche du patron du PS, “il y a la question de savoir si on considère que la nationalisation est un outil dans la négociation, à utiliser en dernier recours, ou si c’est un changement de paradigme dans la politique industrielle qui est menée. La majorité pense que c’est la première solution”.

Tout le monde est acquis à l’idée que la nationalisation temporaire était un moyen de faire pression, un moyen et non une fin”, affirme le député Olivier Faure, ancien conseiller de M. Ayrault.

Le sénateur Gérard Longuet (UMP), ancien ministre de l’Industrie, a estimé que c’était “le silence du président qui (avait) rendu l’équivoque entre (Jean-Marc) Ayrault et (Arnaud) Montebourg possible”.

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20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 08:24

Après Standard and Poor's, l'agence Moody's vient d'abaisser la note de la France de AAA à AA1, en précisant une perspective négative. Des trois agences de notation financière internationale, il ne reste que Fitsch qui accorde un triple A à notre pays, mais également affublé d'une perspective négative.

Pierre Moscovici a dénoncé dans cette dégradation la sanction des 10 années d'attentisme politique sous Chirac et Sarkozy, mais nous devons regarder clairement quels sont les attendus de la décision de l'agence : malgré un budget de rigueur pour 2013, malgré l'application du rapport Gallois – cette motion 6 qui s'est invitée chez les socialistes après le congrès de Toulouse –, les agences de notation ne croit pas à la réussite des « efforts » du gouvernement français.

Sont dénoncés le manque de compétitivité industrielle, un « coût du travail » excessif, un droit du travail trop protecteur, un niveau de dépenses publiques bien trop important, des perspectives économiques nationales et européennes négatives et enfin une dépendance trop forte de l'économie française à ses clients européens.

Ainsi, quel que soit le point de vue libéral que l'on voudrait adopter – une recherche de compétitivité fondée sur l'abaissement du « prix » et du droit du travail ; une rigueur budgétaire non assumée qui risque de nous conduire à l'austérité et à la récession – ces stratégies sont vaines : jamais nous ne trouverons grâce aux yeux des néo-libéraux. Tout comme les travailleurs français seront toujours trop payés pour concurrencer les salaires chinois, indiens, vietnamiens ou roumains, l'économie française sera toujours trop peu « compétitive » face à des concurrents qui font fi des normes sociales, démocratiques et écologiques.

Pour ma part, je considère qu'au-delà d'être voués au mépris du monde de la finance, les objectifs politiques de baisse à marche forcée des dépenses publiques en période de récession et de compétitivité sur les prix ne sont ni souhaitables ni efficaces.

Il est nécessaire de réaffirmer que le salut économique de la France et de l'Europe passe par deux principes essentiels :

  • une stratégie offensive de réinvestissement productif, fondé sur :
    • l'investissement dans la formation, la recherche et l'innovation ;
    • le soutien économique aux PME par un État stratège au travers de la BPI ;
    • la préservation de l'outil productif et des savoirs-faire des salariés français ;
    • l'association des salariés à la stratégie des entreprises ;
  • une profonde réorientation de la construction européenne, articulée sur trois axes :
    • une augmentation massive du budget communautaire européenne pour porter une politique de croissance ;
    • une politique monétaire offensive de la BCE, coordonnée avec les États et l'Union ;
    • la restauration de la souveraineté populaire par le renforcement des pouvoirs du Parlement européen.

Frédéric FARAVEL

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