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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube.
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Gauche Républicaine & Socialiste

6 juin 2008 5 06 /06 /juin /2008 13:51

Si les salaires stagnent, ce n’est pas la faute des 35 heures

Interview à l’Express : Le gouvernement s’apprête à réformer les 35 heures pour la sixième fois depuis 2003. (…) le député européen accuse Nicolas Sarkozy de préparer la privatisation du système de financement des retraites et de l’assurance chômage.

Le gouvernement va faire voter une nouvelle loi pour assouplir les 35 heures. Est-ce la fin de la RTT ?
C’est pire que ça. Il s’agit d’une remise en cause de la durée légale du travail. Les entreprises pourront désormais décider librement du contingent d’heures supplémentaires, ce qui va complètement dérégler les cadences et les horaires. Ce projet de loi constitue une attaque violente contre les conditions de travail des salariés. Cette régression se cache sous le terme de “modernisation”, et ça ne fait sursauter personne.

Personne, pas même au PS…
Ce n’est pas exact. Les socialistes ont appelé à participer à la manifestation du 17 juin, à l’appel de la CGT et de la CFDT. Certaines personnalités du parti sont peut-être plus gênées que d’autres sur cette question, ce n’est pas mon cas. J’étais dans le cabinet de Martine Aubry au moment où les lois sur les 35 heures ont été votées et je suis fier de cette réforme, qui a créé près de 400.000 emplois. Je ne nie pas les difficultés d’application, mais on oublie trop souvent les bénéfices considérables que les salariés en ont tiré.

Même en terme de pouvoir d’achat?
Si les salaires stagnent, ce n’est pas la faute des 35 heures. La droite a réussi à installer l’idée selon laquelle il fallait “travailler plus pour gagner plus”. Je crois pour ma part qu’on peut gagner plus en travaillant autant. Selon les chiffres de la Comptabilité nationale, la part des profits réalisés par les entreprises, et redistribués aux actionnaires, est passée de 25% dans les années 1970 à 65% dans les années 2000. Voilà pourquoi elles n’investissent plus assez, voilà pourquoi, aussi, elles rémunèrent mal le travail. La question des salaires doit être la priorité aujourd’hui.

Comment faire en sorte que les entreprises augmentent les salaires?
Il faut instaurer une fiscalité plus pénalisante sur les dividendes pour inciter les entreprises à distribuer une part plus grande des bénéfices aux salariés. Et il faut également leur donner une obligation de résultat dans les négociations salariales qui se déroulent chaque année. Ce n’est malheureusement pas le chemin qu’a pris Nicolas Sarkozy, qui fait avec la législation du travail ce qu’il fait avec l’audiovisuel public : donner des cadeaux à ses amis, notamment le Medef. Lorsque les 35 heures ont été mises en place, des allègements de charges ont été accordés aux entreprises. Cela représente aujourd’hui 20 milliards d’euros*, qui devraient être affectés aux systèmes de retraite et d’assurance chômage. Les 35 heures sont remises en cause, mais pas ces allègements. Le patronat a le beurre, et l’argent du beurre. Nicolas Sarkozy organise la faillite du système français de solidarité pour pouvoir dire qu’il ne fonctionne plus, et le privatiser.

*NDLR. Les allègements de charge représentent bien 20 milliards d’euros, mais seuls 12 milliards correspondent à la réduction du temps de travail. Ces allègements ont été accordés pour en contrepartie du passage aux 35 heures sans baisse de salaire, et pour compenser l’harmonisation à la hausse des différents Smic intervenue entre 2003 et 2005.

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3 juin 2008 2 03 /06 /juin /2008 15:25
Plus aucun doute n’est permis. Le gouvernement s’apprête à donner le coup de grâce aux 35 heures. En ouvrant la possibilité de négocier entreprise par entreprise, la fixation du contingent d’heures supplémentaires et le repos compensateur, il n’existe plus de durée légale du temps de travail.

La seule borne qui demeure est celle fixée par les textes européens qui arrêtent le plafond hebdomadaire de la durée de travail à 48 heures. La régression est aussi ample que brutale.
A force de manier l’hypocrisie sur les 35 heures (soutien embarrassé en public et critiques en privé), à force de répéter « les 35 heures, c’est bien mais… », nous avons nous-mêmes contribué à ouvrir un boulevard à la remise en cause par la droite de la principale réforme sociale engagée depuis 1997. Les 35h00 inauguraient une forme originale de redistribution. Le modèle de développement que nous poursuivions voulait mieux articuler vie professionnelle, vie de famille et loisirs. C’est ce modèle qui s’évanouit derrière la société de marché que façonne la politique du gouvernement.

Deux syndicats ont appelé à manifester le 17 juin pour défendre les 35 h00.
Le Premier Secrétaire du parti socialiste appelait récemment à une contre offensive idéologique des socialistes. Passons aux travaux pratiques. Le premier théâtre concret d’une telle offensive consiste à affirmer publiquement et avec force, les progrès considérables permis par la réduction du temps de travail. Il consiste à réaffirmer que revenus au pouvoir, nous rétablirons les 35h00 dans leur intégrité, en améliorerons l’application et en généraliserons la portée. Les 35H00, c’est notre réforme la plus emblématique. Des millions de français jouissent de ses bienfaits tous les jours. Au-delà des arguments qui doivent nourrir le débat public et démystifier les contre vérités gouvernementales, notre place est aussi dans la rue, aux côtés des syndicats qui ont appelé à manifester pour défendre les 35H00.
Le parti socialiste doit appeler à manifester le 17 juin.

L’interview de Bernard Thibaut CGT
L’interview de François Chérèque CFDT

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26 mai 2008 1 26 /05 /mai /2008 14:26
Tribune de Liêm Hoang Ngoc
Un certain discours répand l’idée selon laquelle la panne de croissance est en partie due, en France, à la faiblesse du taux d’emploi, particulièrement chez les seniors. L’économie ne peut pas produire plus parce que nos vieux, entre autres, préfèrent l’inactivité, explique-t-on. Le financement des retraites pèse alors sur les « charges » des entreprises et réduit leur compétitivité. Pour cette opinion dominante, il faut donc réformer les retraites, inciter les vieux à travailler, allonger la durée de cotisation et réduire les taux de remplacement pour éviter d’augmenter les cotisations patronales, développer les retraites par capitalisation ! Dans la perspective du rendez-vous de 2008 prévu par la loi Fillon de 2003, la Commission de Garantie des Retraites recommande ainsi l’allongement de la durée de cotisation à 41, voire 42 ans pour le régime général. Le MEDEF préconise de reculer l’âge de la retraite à 63 ans.

Ces incantations à l’allongement du taux d’activité des seniors sont pourtant largement illusoires. Le taux d’emploi des seniors plafonne à 37,8 %, loin de l’objectif des 50 % en 2010 fixé par la stratégie de Lisbonne. Il est particulièrement faible en France non pas parce que les salariés ne veulent pas travailler, mais parce que les entreprises font partir plus tôt leurs seniors, dont la productivité est réputée décroissante pour un coût salarial croissant (les salaires de fin de carrière étant plus élevés). 470 000 inactifs sont ainsi en préretraites, cessation anticipée d’activité ou dispense de recherche d’emploi. Dans le secteur privé, l’âge moyen de départ à la retraite est restée à 58,9 ans (la durée moyenne de cotisation est toujours de 37 ans !), malgré la réforme Balladur de 1993, car les entreprises remercient aussi leurs seniors pour réduire leurs coûts salariaux. Dans ces conditions, l’allongement de la durée de cotisation revient à chaque fois à écarter un nombre croissant d’agents âgés du bénéfice d’une retraite à taux plein, en raison de l’application d’une décote par annuité manquante. L’obligation de cotiser plus longtemps aura pour conséquence l’augmentation du nombre de personnes ne touchant pas une retraite à taux plein. En prévision, le gouvernement pouvait-il retarder la revalorisation de 25% du minimum vieillesse dont le pouvoir d’achat n’a cessé de se dégrader ?

L’allongement de la durée de cotisation avait pour but d’éviter d’augmenter les cotisations patronales. Une telle mesure (la revalorisation du minimum vieillesse) nécessitera à tout le moins le relèvement de la CSG, qui pèsera sur les ménages. Malgré sa flexibilité et ses « charges » allégées, le CDD senior est un échec total : seule une vingtaine de contrats ont été signés en 2007 ! Est-il d’ailleurs souhaitable qu’une société de progrès, où les gains de productivité potentiellement élevés permettent de réduire la peine au travail (la peine hebdomadaire, tout comme celle tout au long de la vie), fasse travailler plus longtemps ses anciens alors que trois millions de chômeurs frappent aux portes de l’emploi ? L’avancement de l’âge de la retraite est aussi une mesure de réduction du temps de travail étalée tout au long de la vie, qui participe du projet ô combien progressiste, rendu possible par le progrès technique, de remplacer peu à peu le gouvernement des hommes par l’administration des choses.

Le problème du financement des régimes des retraites par répartition relève alors d’un problème classique de « partage du gâteau », dans la mesure où ces régimes sont financés par des cotisations sociales assises sur le salaire. Selon le rapport du Conseil d’Orientation des Retraites (COR) de 2003, la part du PIB nécessaire pour équilibrer le régime de retraite par répartition doit croître de 6,5 % d’ici à 2040 (elle doit passer de 12 à 18,5% du PIB), sous les hypothèses d’une croissance annuelle modérée, de 1,75%, et d’un taux de fécondité, relativement faible, de 1,8 enfants par femme, celui-ci conditionnant le niveau de la population active. Pour parvenir à cet objectif, l’allongement de la durée de cotisation aboutira à réduire le niveau des pensions (déjà entamé par la baisse des taux de remplacement résultant des réformes Balladur et Fillon) [1], pour les raisons indiquées précédemment. Il existe d’autres solutions possibles. Le relèvement des cotisations sociales (également évoqué par le COR [2]) ou l’élargissement de l’assiette de financement des retraites sont également envisageables du point de vue de l’équité. Sous les hypothèses admises en 2003, il fallait selon le COR une hausse de 0, 37 points de cotisations sociales par an jusqu’en 2040 (à répartir entre salariés et employeurs) pour assurer le niveau des pensions sans réduire leur taux de remplacement. La cour des comptes suggérait pour sa part de taxer les stocks-options et chiffrait le rendement de cette mesure à 3 à 4 milliards d’euros par an. Dans cette ordre d’idée, on pourrait créer aussi une CSG entreprise, assise sur la valeur ajoutée (incluant salaires et profits) afin de mettre à contribution les profits qui ne participent pas, pour l’heure, au financement de la protection sociale. On pourrait enfin augmenter un peu la CSG, dont l’assiette est suffisamment large (elle inclut les revenus financiers des personnes physiques) pour que la hausse du taux de la CSG soit la plus infime possible. Ces solutions, alternatives à l’allongement de la durée de cotisation (celle-ci aboutissant à réduire le taux de remplacement) pourraient être pragmatiquement combinées pour répartir l’effort de financement de la vieillesse de la façon la plus juste et la moins douloureuse possible.

Toutefois, cet « effort » pourrait être relativisé car les hypothèses démographiques et économiques retenues par le COR sont des hypothèses si « basses » que le COR a lui-même été amené à les réviser en 2007. Les projections quant à l’évolution de la population active ont ainsi été revues à la hausse, notamment parce que le taux de fécondité français s’approche désormais du taux irlandais (plus de 2 enfants par femmes) et que le recours à l’immigration est plus important que prévu. Sous ces nouvelles hypothèses, le rapport actif/inactif se détend et le besoin de financement du système par répartition ne requiert plus que 2 à 5 points de PIB supplémentaires à l’horizon 2050. Ajoutons à cela que le taux de croissance potentiel (le taux que permettraient d’atteindre les capacités de production en hommes et en machines) est supérieur à 3%. Des investissements dans les secteurs innovants (la fameuse « économie de la connaissance ») seraient même susceptibles de l’accroître. Par conséquent, la reprise de l’emploi, liée à une croissance plus soutenue, engendrerait une hausse de la masse salariale qui induit mécaniquement une augmentation des recettes des régimes de retraite. Encore faut-il que la France ne se condamne pas à adopter des politiques économiques incapables de faire décoller la croissance. Enfin, relevons l’hypocrisie de la position politique qui défend le principe du calcul des durées de cotisation selon la pénibilité des métiers et qui condamne les régimes spéciaux alors que ces derniers sont l’incarnation même de ce principe.

En l’état actuel des choses, les régimes par répartition sont en vérité menacés par une croissance molle et par la stagnation, à un niveau trop faible, de la part des salaires dans la valeur ajoutée ; ces deux facteurs réduisent la taille de la part du gâteau à partager entre actifs et inactifs. Doit-on répéter que la part des salaires dans la valeur ajoutée s’est réduite de 10 points au cours de ces vingt-cinq dernières années et qu’à l’exception des années fastes 1988-91 et 1998-2001, la croissance annuelle moyenne a difficilement atteint les 2% ? Moins de croissance, c’est moins de recettes pour les caisses des régimes sociaux. A cet égard, les politiques dites de « rigueur » monétaire, budgétaire et salariale, parfois poursuivies au cours du quart de siècle passé, ne sont pas étrangères au creusement du déficit des régimes sociaux et à la montée de l’endettement public. Au contraire, si la politique économique parvenait à gagner « le point de croissance qui nous manque » (sic !), le problème des retraites serait en grande partie résolu, compte tenu d’un taux de fécondité désormais supérieur à 2%...

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9 février 2008 6 09 /02 /février /2008 11:55
Rompre avec la dégradation du système de prélèvements, évaluation critique du rapport Attali

 

Jean-Marie Monnier, professeur d’économie à l’université Paris I, a participé à la contre-expertise organisée par la Forge le 24 janvier dernier. Cet article résume l’intervention prononcée alors et a été publié sur le site de l’Humanité le 1er février dernier. http://www.humanite.fr/+-rapport-Attali

Ceux qui ont en mémoire les audaces de “l’anti-économique” co-écrit par Jacques Attali et Marc Guillaume, ou qui ont gardé le souvenir du conseiller spécial de François Mitterrand seront sans doute déçus par le rapport Attali. Sous les apparences volumineuses d’un ouvrage construit selon une méthode très “mode” dans laquelle l’argumentation est réduite à peu de choses et l’affirmation remplace souvent la démonstration, le rapport se présente comme une succession de 316 “décisions” où le caractère volontariste de l’expression veut suggérer l’efficacité des mesures avancées. Ce catalogue de propositions est présenté comme la source d’innovations majeures visant à “libérer” la croissance et à moderniser notre pays qui serait emprisonné dans un carcan administratif et réglementaire. Lire la suite

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30 janvier 2008 3 30 /01 /janvier /2008 10:56
undefinedC'est devant plus de 25 personnes, venant des quatre coins du département du Val d'Oise que s'est tenu le premier café poltique de "Réinventer la Gauche Val d'Oise", mercredi 23 janvier 2008, à Sannois. On remerciera particulièrement le patron du café Le Must qui a mis à notre disposition gratuitement son Lounge et nous a sympathiquement accueilli.
J'animais les débats et notre remarquable intervenant était Liem HOANG NGOC, économiste, chercheur au CNRS, Professeur à Paris, membre du conseil national du PS et délégué national à la fiscalité.

Les débats de qualité vous sont restitués ici, avec une petite marge d'erreur toute naturelle.

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13 décembre 2007 4 13 /12 /décembre /2007 15:46
Pendant la campagne pour l’élection présidentielle, le candidat Sarkozy a multiplié les engagements personnels:
«Je crois dans un Etat fort qui fait des choix… et plus que tout poursuit l’intérêt général, l’intérêt de la Nation».
«Je veux mener des politiques sociales ambitieuses».
«La réhabilitation du travail est au coeur de mon projet présidentiel».
«Je veux être le candidat du pouvoir d’achat».
Devenu Président de la République alors que les déficits et la dette publique atteignent des records historiques, Nicolas Sarkozy a commencé par dilapider 15 milliards d’euros au profit des plus favorisés.
Le choc de confiance s’est transformé en fardeau fiscal pour les Françaises et les Français. En juillet dernier, aucun coup de pouce n’a été donné au SMIC. L’an prochain les pensions de retraite, les allocations familiales, la prime pour l’emploi augmenteront moins que l’inflation. Les franchises médicales ne sont que des taxes sur les malades qui remettent en cause l’accès aux soins et qui sont dangereuses pour la santé des Français.
Près de 800 000 personnes âgées aux revenus modestes vont désormais payer la redevance TV alors qu’elle en étaient alors exonérées.
Seuls quelques privilégiés bénéficient du bouclier fiscal. Cette année, alors que les impôts directs étaient plafonnés à 60% des revenus, 2 398 contribuables se sont partagés 121 millions d’euros (50 503 € en moyenne). En 2008, le plafond sera de 50% et il intégrera la CSG et la CRDS, le chèque sera donc encore plus gros pour cette poignée de privilégiés.
Dès cet été, il était clair que Nicolas Sarkozy prenait des engagements qu’il ne pourrait pas tenir.
Ainsi, les Français ont cru qu’ils pourraient bénéficier d’une réduction d’impôt parce qu’ils avaient emprunté pour acheter leur logement. Finalement tous ceux qui avaient acheté avant le 21 août 2007 n’ont rien eu.

Le premier budget du quinquennat porte les séquelles du choix clientéliste de l’été. Les budgets de l’Etat et de la sécurité sociale pour 2008 sont ceux des reniements et des désillusions, des risques et des dangers pour nos concitoyens.
Aujourd’hui, il est temps de démontrer l’écart entre les discours et les actes. Le débat budgétaire qui vient de se dérouler à l’Assemblée nationale en donne des exemples éclatants.

Vous pouvez télécharger ici Les reniements budgétaires de Nicolas Sarkozy

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5 décembre 2007 3 05 /12 /décembre /2007 16:45
Baisse d’un point de TVA
Appel des parlementaires socialistes | 5 décembre 2007

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A l’initiative des parlementaires NPS, un appel pour une baisse immédiate d’un point de TVA a été lancé auprès des parlementaires. Il a été signé par 48 députés, 8 sénateurs et 12 eurodéputés et transformé en amendement déposé par le groupe socialiste de l’Assemblée Nationale.

"L’affaissement du pouvoir d’achat appelle une action résolue et lisible.

Outre l’encadrement des loyers et la mise en oeuvre d’une revalorisation des salaires, une mesure serait souhaitable : la baisse immédiate d’un point de TVA dont le coût pour l’Etat avoisinerait les 6 milliards d’euros. C’est moins de la moitié de ce qui a été consenti aux plus favorisés et à peine plus que la baisse de la TVA promise pour la restauration.

Les Français attendent des annonces fortes. Il y a urgence à agir par une mesure simple qui permettra à chaque ménage d’obtenir une hausse réelle et immédiate de son pouvoir d’achat."

Article paru le 5 décembre dans le Monde (daté du 6)

 

Vifs débats sur la fiscalité et l'économie au PS

Après des débats parfois houleux - Henri Emmanuelli ayant fait circuler parmi les députés socialistes un "appel" en faveur d’une baisse d’un point du taux de TVA - le groupe socialiste a finalement adopté mardi 4 décembre un compromis. Il a déposé un amendement qui vise à réduire le taux normal de la TVA de 19,6 % à 19 % et le taux réduit de 5,5 % à 5 % pour défendre le pouvoir d’achat. Il suggère que, en accord avec l’Union européenne, un taux de 2,1 % (contre 5,5 % aujourd’hui) s’applique aux produits de première nécessité.

Au sein du PS, un autre débat fiscal a été lancé sur le rétablissement de la "TIPP flottante" préconisé par le PS pour atténuer la hausse du prix du carburant. Un collectif animé par Géraud Guibert, responsable à l’écologie du PS, et Thierry Wahl, délégué aux risques globaux, affirme son "désaccord profond" avec cette mesure "totalement déphasée" par rapport à la nécessité de réduire la consommation d’énergie fossile et de favoriser les technologies propres. Par ailleurs, douze parlementaires ont signé une pétition "pour que le PS se mette enfin au travail" dans le domaine économique, social et fiscal. "Aucun débat de fond en cinq ans ; voilà l’une des causes de la défaite du printemps 2007", assure le texte lancé à l’initiative de Pierre Larrouturou, délégué national du PS à l’Europe et ancien promoteur de la semaine de quatre jours. Parmi les signataires figurent notamment les députés Patrick Bloche (Paris), Jérôme Lambert (Charente), Jean-Patrick Gille (Indre-et-Loire), le sénateur Pierre-Yves Collombat (Var) et Claudy Lebreton, président du conseil général des Côtes-d’Armor et de l’Assemblée des départements (ADF). L’objectif est de recueillir 5 000 signatures parmi les adhérents afin d’obtenir, "conformément aux statuts, que la direction organise une grande conférence permettant d’entamer un travail collectif".

Jean-Michel Normand

 

 

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20 novembre 2007 2 20 /11 /novembre /2007 16:32

Liêm Hoang Ngoc invité de l’émission "Des sous... et des Hommes" sur Alligre FM | 17 novembre 2007

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Liêm Hoang Ngoc était l’invité de l’excellente émission de Pascale Fourier "Des sous... et des Hommes" le 18 septembre dernier. L’émission est diffusée sur Alligre FM (93.1 FM Paris) tous les mardis de 9h30 à 10h. Le site de l’émission propose en téléchargement libre toutes les archives depuis 2001.

Retranscription effectuée par Des sous... et des Hommes.

Pascale Fourier : Les auditeurs attentifs Des Sous, vous connaissent bien, Liêm Hoang Ngoc, puisque certains ont même été jusqu’à remarquer que vous étiez mon invité par excellence, celui qui est venu le plus grand nombre de fois, avant Jacques Nikonoff, paraît-t-il.... Alors là je vous fais venir par ce que vous avez écrit un livre qui va paraître, donc que je n’ai pas lu, qui s’appelle : « 10 questions sur la dette » aux éditions Michalon. Il s’agit d’un entretien qui est conduit par Pierre-Luc le Séguillon qui vous pose donc 10 questions. Ce thème-là m’intéressait bien parce, que pendant la campagne électorale, j’ai eu la surprise d’entendre Ségolène Royale parler, elle aussi, du « problème de la dette ». Et je me suis dit : « Décidément, tout le monde est d’accord à gauche, à droite, tout le monde est d’accord : la dette, c’est réellement un problème ».

Liêm Hoang Ngoc : Oui, tous les candidats à la présidentielle ont fait de la lutte contre la dette leur cheval de bataille, autant Ségolène Royal que Nicolas Sarkozy ou François Bayrou, qui est resté d’ailleurs sur ce créneau puisque Nicolas Sarkozy a mis en veilleuse son discours sur la dette. Il faut savoir que l’UMP au Sénat a enterré en catimini le rapport Pébereau, dont on va parler dans un instant, qui est le rapport officiel ayant attiré l’attention du grand public sur le problème de la dette.

Un discours relativement orthodoxe, comme le disent les économistes, orthodoxe au sens où les économistes néolibéraux considèrent aujourd’hui que la dette est un problème parce qu’elle va peser sur les générations futures et notamment sur leur capacité d’épargne. C’est-à-dire que si l’État dépense trop, fait des déficits, il faudra prélever par l’impôt sur les générations futures et, dans ce cas-là, celles-ci auront moins de capacité d’épargne et moins d’épargne, c’est moins d’investissements pour les entreprises et moins de dynamisme économique.

D’où le discours sur la réduction de la dette, pour pouvoir réduire les impôts et favoriser le dynamisme de l’offre. C’est un peu le discours officiel qui a même été repris par la candidate socialiste, puisque je me souviens que, lors de son discours à Villepinte qui était censé lancer sa campagne, son pacte présidentiel, elle a tout articulé ce discours sur la question de la dette. Elle a commencé sur la dette en expliquant qu’il fallait la réduire et qu’il fallait réformer l’État, excessivement jacobin et centralisateur, en poursuivant sur l’autonomie des universités, etc. Ce sont des thématiques que François Bayrou aurait pu reprendre, et d’ailleurs a repris. La droite, par le biais de Nicolas Sarkozy, a fait une campagne de même type avec, au centre de l’argumentaire, la nécessité de réduire de moitié les effectifs de la fonction publique. Et ils ont commencé d’ailleurs à le faire cette année. Et, ensuite, les cadeaux fiscaux qui ont été faits au cours de cet été - 15 milliards d’euros - font qu’ils ont vidé les caisses. Ce qui explique que Sarkozy a mis en veilleuse son discours sur la dette, en disant même aujourd’hui qu’il était extrêmement critique à l’endroit du pacte de stabilité et des contraintes européennes et que son volontarisme le conduisait à utiliser le budget de l’État.

Pascale Fourier : Pourquoi la dette ? Parce que l’État est trop dispendieux ? Ce n’est pas venu comme ça ? Subitement l’État s’est décidé à faire plein de choses et a dépensé beaucoup d’argent... et donc du coup il s’endette ? C’est ça le problème ou ça ne marche pas comme ça ? ...

Liêm Hoang Ngoc : L’ouvrage attire l’attention sur ce que j’appelle le paradoxe de la dette. C’est que, contrairement à ce qu’on pense, lorsque l’État intervenait massivement dans l’économie au cours des Trente Glorieuses, et même si on prend l’épisode 81-83, qui est le prolongement des Trente Glorieuses, les taux d’endettement n’ont jamais excédé 20, 23 % en 83. Pendant les Trente Glorieuses, le taux d’endettement, c’était 18 %. Et là, tout d’un coup, ça explose. Ca explose très précisément à partir de 93. 93 pour ceux qui s’en souviennent, c’est le moment où Édouard Balladur est nommé Premier Ministre et où, dans le parti majoritaire à droite, le RPR, l’aile libérale - à laquelle appartient déjà Nicolas Sarkozy à l’époque - prend le pas sur l’aile gaulliste.

Balladur-Sarkozy (Sarkozy était ministre du budget à l’époque) arrivent au gouvernement avec un programme résolument libéral, moins résolument qu’aujourd’hui mais on commence à enfoncer le clou sur un certain nombre de thématiques. On met en place une 2ème vague de privatisations, on commence à baisser l’impôt sur le revenu en réduisant le nombre de tranches d’imposition, on met en chantier la réforme des retraites, on promeut un plan quinquennal pour l’emploi qui fait de la baisse du coût du travail l’alpha et l’oméga de la politique de l’emploi, etc.

Et le paradoxe, c’est que ce sont les politiques censées réduire le poids de l’intervention de l’État dans l’économie qui sont concomitantes avec la montée de la dette. C’est à partir de 1993 que la dette explose. Et je rappellerai que c’est ce prétexte-là - le fait que le taux d’endettement a quasiment atteint les 60 % du PIB autorisé par le traité de Maastricht – qui, en 1996, a conduit Dominique de Villepin, qui était secrétaire général de l’Élysée, à préconiser la dissolution de l’Assemblée Nationale parce qu’il pensait qu’il fallait augmenter l’impôt pour rentrer dans les clous des 60 % du PIB pour se qualifier pour l’euro. La dette publique, c’était 38 % du PIB en 93 ; c’était 58 % en 1997.

Pascale Fourier : Là, tout de suite, vous avez dit « concomitante ». C’est « concomitante » ou « explicative », on pourrait dire ? Est-ce que ce sont les politiques libérales qui ont été mises en place qui expliquent le déficit, la dette ?

Liêm Hoang Ngoc : Ma thèse est que oui. C’est-à-dire que, paradoxalement, ce sont des politiques qui avaient pour objectif de réduire la dette. La politique menée par Juppé en 95, c’était une politique dite « de réduction des déficits ». Mais, malgré la compression des dépenses publiques, des dépenses sociales, et les privatisations, ces politiques ont creusé la dette.

Alors le grand public n’y comprend rien. Comment se fait-il que des politiques censées réduire la dette ont creusé la dette ?

Tout simplement parce qu’elles ont cassé la croissance, elles n’ont pas été à même de soutenir la croissance, elles ont plombé la consommation sans relancer l’investissement. Tout bon étudiant de sciences économiques sait que la croissance, c’est la consommation et l’investissement en premier lieu. Donc moins de croissance, c’est moins de rentrées fiscales. Et quand vous faites des projets de budget avec des objectifs de croissance de 3 %, et que votre croissance est inférieure à 1 %, vous avez des rentrées fiscales qui font défaut et des déficits qui, mécaniquement, se creusent. Donc c’est l’inefficacité des politiques libérales qui est responsable de la faiblesse de la croissance. Et on peut comparer ça avec le fait que, dans la période précédente, les politiques où l’État était réellement volontariste, où l’État dépensait, cela n’a pas conduit, contrairement à ce que l’on pense, à endetter la France.

Pascale Fourier : Des sous et Des Hommes sur Aligre FM 93.1. Et on est en compagnie de Liêm Hoang Ngoc, qui a écrit un livre qui s’appelle « 10 questions sur la dette » aux éditions Michalon, et qui va sortir tout bientôt.

Décidément, il y a un petit truc que je ne comprends pas dans ce que vous dites. Vous avez dit tout à l’heure, juste avant la musique, qu’en fait c’étaient les politiques de droite qui étaient cause, d’après vous en tous les cas, de la dette. Cependant je n’arrête pas d’entendre des appels à lutter contre cette dette, à la réduire. Ils sont schizophrènes, ces pauvres gens de droite ?

Liêm Hoang Ngoc : Ils sont conscients que les cadeaux fiscaux vont creuser les déficits. Un vrai libéral dirait : « Le choc fiscal créé par les 15 milliards du paquet fiscal va relancer la croissance et donc réduire la dette », mais ils n’y croient même pas. Ils n’y croient même pas. Tous leurs conjoncturistes leur disent que la croissance cette année, ça va être dur d’atteindre les 2 % alors qu’ils ciblaient leurs projections sur 2,25 à 2.50. Donc, ils savent très bien que ça va creuser les déficits. En clair, au-delà du débat techno, ça veut dire qu’ils n’ont pas confiance dans l’impact de leur politique sur la croissance et qu’ils savent que les 15 milliards vont creuser le trou.

Mais cela dit, moi, je suis de ceux qui pensent que l’obsession de la dette doit être relativisée. J’ai fait ce bouquin contre le rapport Pébereau pour bien indiquer que, dans le contexte actuel, il n’y a pas de problème de dette. Il y a un problème de gaspillage des marges de manoeuvre budgétaire qu’autorise la dette publique.

Je m’explique. Aujourd’hui on est dans une situation où il y a dans ce pays une épargne abondante. Plus de 15 % du PIB est consacré à l’épargne. L’épargne, c’est quoi ? Ce sont les placements financiers, pour aller vite. En théorie ça sert à quoi l’épargne ? L’épargne, ça sert à faire en sorte que les entreprises qui veulent investir disposent de fonds propres pour l’investissement, ce qui leur permet par ailleurs de s’endetter puisque, quand vous avez des fonds propres importants, vous pouvez vous endetter pour investir.

Le gros problème de l’économie française aujourd’hui, c’est qu’on a des entreprises qui ont des fonds propres importants, qui ont des marges d’autofinancement fortes, mais qui n’investissent pas. Aujourd’hui, entre 50 et 80 % des profits sont distribués sous forme de dividendes, et les entreprises, par ailleurs, n’investissent pas. Ce qui fait qu’il y a une vraie panne d’investissement qui est source de manque d’innovation et de perte de compétitivité sur les marchés, faisant que le déficit du commerce extérieur français est devenu chronique.

Et, par conséquent, dans un contexte où les entreprises n’investissent pas, où la consommation est devenue le principal moteur de la croissance et en particulier la consommation des classes riches, qui bénéficient des baisses d’impôts, eh bien, tout ça ne suffit pas pour faire en sorte que nous ayons une croissance soutenue. D’où le fait que la croissance française plafonne et est à la remorque de la croissance européenne et mondiale.

Et donc dans ce contexte où l’épargne ne finance pas fondamentalement l’investissement privé des entreprises, parce que celles-ci sont sous l’emprise du court terme des fonds de placement, il est sain que l’État prenne le relais et que cette épargne viennent financer des dépenses de l’État, à condition que ces dépenses de l’État soient porteuses d’avenir, qu’elles portent sur l’investissement, la politique industrielle, la recherche, l’innovation, etc.

Or, aujourd’hui, les dépenses de l’État ne portent pas là-dessus. Ce sont des cadeaux fiscaux à des catégories de revenus qui, en grande partie, sont des catégories que l’on catalogue vulgairement parmi les « nouveaux rentiers ». Et pourtant, il y a une épargne abondante qui aujourd’hui se porte sur le financement de l’État.

L’épargne aujourd’hui est fortement demandeuse des obligations du Trésor, ce qui fait que l’État peut se financer à des taux d’intérêt extrêmement bas - ce qui fait dire aux spécialistes que la dette est parfaitement soutenable parce que les taux sont bas, parce qu’il y a une abondante épargne qui a confiance dans la dette de l’État - et la dette de l’État français est même devenue une valeur refuge par les temps qui courent. Et donc, tout le problème, sachant qu’il n’y a pas de difficulté de financement la dette, c’est que, aujourd’hui, le gouvernement est en train de gaspiller les ressources qui sont drainées par cette épargne dans d’inutiles baisses d’impôts.

Pascale Fourier : Ça serait quoi des mesures porteuses d’avenir, financées par l’État ? Je ne vois pas trop...

Liêm Hoang Ngoc : Ce sont par exemple des mesures en faveur de l’éducation, ce sont des mesures en faveur de la recherche, ce sont des mesures en faveur de la capitalisation de certaines entreprises publiques à condition qu’on ne les privatise pas, c’est EDF, c’est GDF, c’est France Télécom, c’est ce qu’on appelait jadis la politique industrielle, qu’on a aujourd’hui confiée aux fonds de placement sur les marchés financiers.

Pascale Fourier : Mais ça demanderait une révolution copernicienne de mener à nouveau une politique industrielle avec un vrai investissement de l’État dans l’économie de la France, non ?

Liêm Hoang Ngoc : Il faut tirer un bilan d’une politique qui, depuis 1993, revient quand même à confier les rênes des principales entreprises stratégiques aux fonds de pensions américains. La moitié de la capitalisation boursière de la place de Paris est détenue par ces fonds de placements. Les noyaux durs que Balladur avait lui-même instaurés ont été progressivement défaits. Et on a une structure des entreprises qui ressemble de plus en plus à la structure des entreprises américaines, où les fonds sont extrêmement spéculatifs. Même chez Airbus, Lagardère n’a qu’une envie, c’est de se tirer. Donc, on ne peut pas dire, d’un côté il faut relancer le volontarisme de l’État en matière économique, et se contenter de dire, et de prier, que les marchés rompent avec un court termisme qui les caractérise avant tout.

Pascale Fourier : Des sous et des hommes, toujours en compagnie de Liêm Hoang Ngoc. Ca discute ferme autour de la table puisque il y a des petites questions qui ... En vérité, ça va être une double question : débrouillez vous, Liêm ! La première c’est : quel but est visé en fait par l’appel permanent à réduire la dette ? Ça, c’est ma première question et puis j’en ai une autre : ça doit bien servir quand même quelqu’un qu’il y ait une dette, on doit bien payer des intérêts sur la dette ... donc il y a quelqu’un qui est bien servi dans l’affaire - et donc il faudrait augmenter la dette...

Liêm Hoang Ngoc : Ouii ! A qui profite le crime ?

Le discours officiel consiste à dire que, si l’on augmente la dette, comme je l’ai dit pour commencer, ça va pénaliser les générations futures qui vont payer des impôts, et n’auront plus de quoi épargner et entreprendre. Et donc, à travers ce discours, il y a le procès de l’État, et l’idée que l’État engage des dépenses inutiles qui pourraient être faites par le secteur privé, et à fortiori des dépenses improductives parce que l’État entretient une bureaucratie pléthorique à tous les niveaux, au niveau central, et même dans les régions. Et donc, vous avez un plaidoyer constant pour réduire ce que les technos appellent les dépenses de fonctionnement, c’est-à-dire les dépenses de personnel avant tout, de l’État central et des régions et, à travers le thème de la dette, c’est le thème traditionnel chez les libéraux du procès de l’inefficacité de l’État qui est fait.

Alors, en vérité, à qui profite le crime ? On pense que la dette et la dépense publique profitent traditionnellement aux politiciens - j’utilise les termes des économistes libertariens américains, qui raisonnent en termes de marché politique, et qui pensent qu’il y a des politiciens qui veulent se faire élire et qui construisent des programmes pour capter une clientèle électorale et donc, pour ça, ils ont intérêt à dépenser des deniers publics. Et dans une démocratie représentative, d’après les économistes libertariens, il y a une inflation des dépenses publiques parce que les hommes politiques s’entendent pour distribuer de l’argent à leur clientèle et ça creuse les déficits, ça pompe l’épargne, et ça tue le dynamisme économique.

En vérité ce que j’essaie de montrer dans le bouquin, c’est que pas du tout. Le crime ne profite pas à ceux que l’on désigne habituellement du doigt. Le crime profite, en vérité, très clairement aux rentiers. Pourquoi ? On a une situation où l’État baisse les impôts. Ca profite en premier lieu aux épargnants, aux revenus qui épargnent - et qui ont de quoi épargner. Donc vers quoi se porte cette épargne ? Sur des actions naturellement, mais aussi sur des obligations, des obligations d’État, en particulier, qui sont une valeur refuge. Donc on distribue de l’argent à des gens qui épargnent, qui achètent des obligations d’État, obligations d’État qui elles-mêmes vont rapporter des intérêts aux mêmes épargnants. C’est un cercle vicieux qui ne profite finalement absolument pas à ceux auxquels on pense habituellement.

Pascale Fourier : Je suis sidérée, d’où le silence... Mais c’est assez fou, ce que vous racontez...

Liêm Hoang Ngoc : J’ajouterai une chose, c’est que ce n’est absolument pas sur les générations futures que ça pèse, cette affaire. En vérité, c’est un problème de répartition des revenus aujourd’hui. Aujourd’hui la dette est financée par l’épargne d’aujourd’hui, la dette va soutenir ou ne pas soutenir une activité économique aujourd’hui, qui va engendrer des recettes fiscales aujourd’hui, qui vont payer les intérêts des rentiers d’aujourd’hui.

Et donc, c’est un problème de répartition des revenus entre acteurs économiques d’aujourd’hui. Les générations futures ne font que percevoir par transmission, par héritage, etc. les créances et les dettes de leurs aînés. Mais, c’est un problème d’aujourd’hui.

L’idéologie de la génération future, c’est en vérité du pipeau.

Pascale Fourier : Eh oui, donc c’était Des Sous et Des Hommes, première émission de la septième année , avec Liêm Hoang Ngoc, qui a écrit : « 10 plus une question à Liêm Hoang Ngoc sur la dette ». C’est une série d’entretiens sur la dette avec Pierre Luc Séguillon aux éditions Michalon. Et ça va sortir bientôt, le 20 septembre, ce qui explique que je ne l’ai pas lu.... Dès que je l’aurai lu, je réinviterai Liêm, pour en savoir un peu plus parce que le sujet est vaste et décoiffant, comme on aura pu le remarquer. En tous les cas, je vais essayer de garder Liêm pour l’émission de la semaine prochaine.

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1 novembre 2007 4 01 /11 /novembre /2007 19:30
Retour aux privilèges fiscaux de l’Ancien Régime
Par Liêm Hoang Ngoc - Le Monde Diplomatique octobre 07

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  La révolte contre les injustices fiscales fut l’une des causes de la Révolution française. La fiscalité de l’Ancien Régime - en nature, en monnaie, ou en journées de travail - pèse intégralement sur le tiers- état pour financer les dépenses des ordres privilégiés : la noblesse et le clergé. La dîme, impôt en nature sur les récoltes, est perçue par le clergé. La taille, impôt en monnaie, est levée par le roi sur les roturiers. Il s’agit d’un impôt de répartition et non de quotité : le roi fixe ce que doit payer chaque collectivité ou paroisse, à charge pour elles d’en répartir la charge ses leurs habitants. La taille est arbitraire et territorialement inégalitaire. La noblesse et le clergé échappent également à la capitation (impôt progressif sur le revenu des roturiers créé en 1701 et touchant le revenu des immeubles), ainsi évidemment qu’à la corvée, redevable en journées de travail pour la construction des routes. lire

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26 octobre 2007 5 26 /10 /octobre /2007 14:14
Affaire EADS : DSK appelle l'Etat à ne pas dormir dans les structures auxquelles il participe
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 26.10.07 | 14h30  •  Mis à jour le 26.10.07 | 14h56

'ancien ministre des finances Dominique Strauss-Kahn a défendu, vendredi 16 octobre, le pacte d'actionnaires conclu lorsqu'il était ministre, en 1999, comme "équilibré", en soulignant que les représentants de l'Etat ne devaient pas "dormir" dans les structures auxquelles ils participent. "Le pacte a été suffisamment équilibré pour que les intérêts français publics et privés soient durablement préservés" a-t-il déclaré, en soulignant que "derrière les pactes il y a les hommes", lors d'une audition devant la commission des finances de l'Assemblée nationale.

 

Interrogé sur l'impossibilité de faire entrer un représentant de l'Etat français au conseil d'administration d'EADS, selon le pacte négocié lorsqu'il était ministre en 1999, il a répondu : "c'était le cas au départ, toutes ces choses sont appelées à bouger". L'attitude de l'Etat français "ne peut pas être considérée par les Allemands comme ayant été trop intrusive" et "dans ces conditions la possibilité de renégocier avec les Allemands d'autres situations (...) est tout à fait concevable", a ajouté M. Strauss-Kahn.

"Il faut faire de bons montages, mais derrière il faut qu'on s'en occupe, (...), si les représentants de l'Etat sont là pour dormir, cela part à vau-l'eau", a-t-il estimé, mettant implicitement en cause les représentants de l'Etat à la Sogeade, holding commune de l'Etat et de Lagardère représentant les intérêts français.

"Je ne vois pas comment l'Etat n'est pas capable d'avoir une influence sur qui doit être désigné" au conseil d'administration d'EADS par la Sogeade, a en particulier souligné le futur directeur général du FMI. "Pour les décisions importantes, il faut six voix sur huit, l'Etat en a quatre et Lagardère quatre, il y a donc de fait un droit de veto réciproque", a-t-il expliqué. Il a ainsi abondé dans le sens d'Arnaud Lagardère qui indiquait la veille devant la commission : "Je ne peux pas être administrateur sans l'accord de l'Etat" et s'est distingué de la position de l'actuelle ministre de l'économie Christine Lagarde qui a récemment déclaré que "l'Etat ne désignait aucun administrateur" d'EADS.

Dominique Strauss-Kahn a déclaré qu'Arnaud Lagardère, président éponyme du groupe de médias dont il a pris la tête après la mort de son père Jean-Luc, en mars 2003, n'avait jamais caché qu'il voulait aller davantage vers les médias et que Daimler avait des problèmes avec sa filiale américaine Chrysler. "Les gens ont d'autres intérêts, d'autres préoccupations. Donc, ce n'est pas illégitime qu'ils viennent nous dire ça. En revanche, il y avait peut-être une occasion, peut-être pas (...), de se dire : est-ce qu'on ne peut pas essayer de reconfigurer de façon différente et prendre une part publique plus importante", a-t-il souligné en précisant toutefois que cela dépendait de plusieurs choses, dont les finances publiques.

Il a ajouté que certains dans le camp français avaient toujours pensé lors de la mise au point du pacte d'actionnaires, en 1999, que Daimler pourrait sortir un jour d'EADS. Cependant, a-t-il précisé, "je ne suis pas en train de dire que notre objectif était de pousser les Allemands dehors". S'agissant du pacte, Dominique Strauss-Kahn a défendu l'action du gouvernement du premier ministre socialiste Lionel Jospin auquel il appartenait alors.

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