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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube.
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Gauche Républicaine & Socialiste

23 octobre 2007 2 23 /10 /octobre /2007 09:20
Les vrais chiffres du pouvoir d'achat
LE MONDE POUR MATINPLUS | 23.10.07 | 07h37  •  Mis à jour le 23.10.07 | 09h18

eux ministres, Christine Lagarde (économie, finances et emploi) et Xavier Bertrand (travail et relations sociales), le secrétaire d'Etat à la consommation, Luc Chatel, le haut commissaire aux solidarités actives, Martin Hirsch, des représentants du patronat et des syndicats, plusieurs experts de Bercy, ainsi que Robert Rochefort, directeur général du Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (Credoc), participent aujourd'hui à une conférence sur l'emploi et le pouvoir d'achat à Bercy. 

C'est peu dire que cette conférence, annoncée de longue date, tombe à pic. Bien que l'Insee prévoie une progression du pouvoir d'achat de 2,8% cette année (après +2,3% en 2006), la flambée des prix d'un certain nombre de produits commence à inquiéter les consommateurs. Et la modération persistante des salaires contribue à persuader les ménages que leur niveau de vie a eu tendance, ces dernières années, à se détériorer. Le sujet est sensible pour Nicolas Sarkozy, qui, pendant la campagne électorale, s'est présenté comme "le président du pouvoir d'achat", et pour le gouvernement, confronté à une conjoncture économique difficile, qui réduit ses marges de manœuvre à quelques mois des élections municipales de mars 2008.

La valse des étiquettes. Le prix du pétrole s'envole littéralement. Le baril de brent (le brut européen) a dépassé pour la première fois, jeudi 18 octobre, les 90 $. C'est une augmentation de près de 50% sur un an. Du coup, les tarifs du fioul domestique, pour les livraisons inférieures à 5 000 litres, ont augmenté de 4,71 % en un an, pour s'établir à 67,09 € l'hectolitre en septembre, et ceux de l'essence à la pompe, qui frisent désormais 1,50 € le litre, n'en finissent pas d'augmenter.

Si l'on y ajoute l'augmentation du prix du pain, liée à la hausse des céréales, et celle attendue des produits laitiers (+10,48 % chez Danone en novembre ; +15 à 17% chez Lactalis), on conçoit que les Français aient du mal à croire les statisticiens de l'Insee, lorsqu'ils soulignent le niveau "historiquement bas" de l'inflation, malgré la légère remontée enregistrée en septembre (+1,5%).

Des salaires en berne. Bien qu'en légère diminution l'an dernier, la proportion de salariés payés au niveau du smic reste très élevée : elle est passée de 8,1% à 15,1% entre 1991 et 2006. A cette date, selon l'Insee, 27% des salariés à temps complet du privé et du semi-public, cantonnés sur des emplois où les allègements de charges patronales jouent à plein, touchaient moins de 1,3 fois le smic. Si l'on y ajoute les travailleurs précaires employés en contrat à durée déterminée (CDD), à temps partiel ou sur des missions d'intérim, on n'est probablement pas loin des 37,8% de personnes percevant un salaire mensuel de moins de 1,3 fois le smic, relevés par l'Insee en 2002 (dernier chiffre connu). La "smicardisation" de la société française, qui est d'une ampleur inédite en Europe, existe bien. Elle n'épuise pas, toutefois, la réalité de l'évolution des revenus.

L'envol des hauts revenus. A l'autre bout de l'échelle, en effet, les revenus les plus élevés ne cessent d'augmenter. Un chercheur de l'Ecole d'économie de Paris, Camillle Landais, a établi que, entre 1998 et 2005, les 3 500 foyers les plus riches de France ont vu leur revenu réel augmenter de 42,6%, tandis que 90% des foyers fiscaux devaient se contenter d'une hausse de 4,6%. L'économiste explique le dynamisme des hauts revenus par la croissance des revenus de capitaux mobiliers et des plus-values boursières, mais aussi par la nette progression des très hauts salaires. Cette explosion des inégalités nourrit, bien sûr, le "ressenti" des ménages sur la détérioration de leur niveau de vie.

Des charges plus lourdes. Dans le budget des ménages, le poids des dépenses dites contraintes – celles sur lesquelles on n'a guère de prise à court terme, comme le logement (loyers, charges), les assurances, les remboursements des crédits ou encore les impôts et autres contributions sociales (CSG et CRDS) – n'a cessé d'augmenter. Il est passé de 22% à 45% du budget familial entre 1960 et 2006. Et encore, il ne s'agit que d'une moyenne, puisque ce type de charges absorbe les trois quarts du revenu disponible des plus modestes. Or ces derniers, du fait de leur mode de consommation, sont aussi ceux qui sont les plus touchés par la hausse des prix du tabac, des produits de première nécessité (pain, lait…), des loyers ou encore du fioul domestique.

Claire Guélaud

La difficile réforme des indices de prix
Réconcilier les Français avec leurs indicateurs économiques et réduire l'écart entre l'inflation mesurée par l'Insee et l'inflation perçue par les consommateurs. Tel est le but du rapport remis jeudi dernier par le Conseil d'analyse économique. Parmi les mesures proposées : rapprocher l'indice des prix à la consommation de l'indice européen ; établir des profils types (familles monoparentales, jeunes actifs, retraités, etc.), pour mieux mesurer l'inégale exposition des ménages à la hausse des prix ; créer un indice élargi pour tenir compte des dépenses de logement, et des indices complémentaires intégrant l'évolution des normes de consommation ; enfin, mettre en place des indicateurs de "niveau de vie" et de "bien-être".

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19 octobre 2007 5 19 /10 /octobre /2007 09:31

le salaire minimum en europe

L'observatoire  des inégalités s'est livré à une comparaison des salaires minimum légaux en Europe. SmicEn janvier 2007, le salaire minimum était compris entre 92 et 1 570 euros bruts dans les pays de l’Union européenne. Cela correspond à un écart de pouvoir d’achat de 1 à 7.

 

20 pays de l’Union européenne sur 27 possèdent un salaire minimum légal. Parmi eux, la valeur mensuelle brute varie de 92 à 1 570 € bruts (avant cotisations sociales du salarié), soit une échelle de 1 à 17 fois. Une fois corrigé des différences de coût de la vie, l’écart se réduit à un rapport de 1 à 7 en passant de 204 à 1 503 €. Les écarts demeurent considérables : dans 10 pays, le minimum est inférieur à 300 € mensuels. Notons que les pays qui ne figurent pas dans ce tableau ne disposent pas de salaire minimum de niveau national, mais peuvent avoir des minima variables suivant les secteurs d’activité.

 

Les salariés français figurent dans le haut du tableau, d’autant que leur durée du travail est de 35h contre 39, par exemple, au Royaume-Uni. Mais tous les salariés au Smic en France ne touchent pas 1 200 € bruts. Comme dans les autres pays, les personnes employées en temps partiel ou par intermittence dans l’année n’en perçoivent qu’une partie. C’est l’un des principaux facteurs de l’existence des "travailleurs pauvres", dont les revenus sont inférieurs au seuil de pauvreté (un Smic à mi-temps par exemple).

Salaire minimum en Europe et aux Etats-Unis
Salaire mensuel brut en vigueur au 1er janvier 2007 (sauf Grèce juillet 2006)

 

En euros

En parité de pouvoir d'achat

Luxembourg

1570

1503

Irlande

1403

1141

Royaume-Uni

1361

1292

Pays-Bas

1301

1244

Belgique

1259

1203

France

1254

1150

Grèce

668

768

Espagne

666

724

Malte

585

805

Slovénie

522

701

Portugal

470

546

Turquie

298

498

Rép. Tchèque

288

465

Hongrie

258

423

Pologne

246

389

Estonie

230

362

Slovaquie

217

351

Lituanie

174

324

Lettonie

172

310

Roumanie

114

204

Bulgarie

92

216

Etats-Unis

676

779

 

Source : Eurostat, Office statistique des Communautés européennes. Année des données : 2007

Pour plus d’informations : observatoire des inégalités.

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12 octobre 2007 5 12 /10 /octobre /2007 11:12
La Commission Attali fait ses premières recommandations pour relancer la croissance
LE MONDE | 12.10.07 | 09h41  •  Mis à jour le 12.10.07 | 09h46

Attali.jpgbrogation des lois Royer, Galland et Raffarin, mise en place d'une Autorité unique de concurrence, introduction dans le droit français des actions de groupe pour les consommateurs, création avant 2012 de dix "Ecopolis" qui seront autant d'"espaces urbains durables" : la Commission pour la libération de la croissance française, présidée par Jacques Attali, a adopté, jeudi 11 octobre, une première série de propositions qui visent toutes, à des degrés divers, à améliorer le pouvoir d'achat des Français.

C'est probablement dans le domaine de la politique du territoire et du logement que la Commission innove le plus en proposant, malgré le relatif échec des villes nouvelles sorties de terre dans les années 1970, "de construire des villes d'un genre nouveau", "véritables laboratoires de la modernité urbaine". Ces "Ecopolis", d'au moins 50 000 habitants, intégreraient une haute qualité environnementale et les toutes nouvelles technologies de communication.

Cette première salve de propositions avait été demandée par le président de la République et le premier ministre, probablement pour nourrir les différents rendez-vous prévus entre gouvernement et syndicats sur le pouvoir d'achat, notamment la conférence sociale du 23 octobre à Bercy.

La Commission se réserve, toutefois, la possibilité de revenir sur le sujet en faisant notamment des propositions sur le revenu des Français dans son rapport final prévu pour décembre.

Vous pouvez télécharger le rapport ici.

Nathalie Kosciusko-Morizet : "la Commission Attali a une vision réactionnaire"
LE MONDE | 12.10.07 | 10h25  •  Mis à jour le 12.10.07 | 11h23

ous êtes secrétaire d'Etat à l'écologie. Que vous inspire la proposition de la commission Attali de supprimer le principe de précaution de la Constitution ?

kosciuskomorizet.jpgJ'y vois la trace d'un certain conservatisme. J'avais déjà eu, lors de la discussion sur la Charte de l'environnement, de tels débats avec une frange, qui traverse d'ailleurs tout l'échiquier politique, qui a une dimension réactionnaire.

La proposition de la commission Attali, qui veut que l'environnement soit contre la croissance, qu'il soit un frein à la croissance, est une vision réactionnaire.

Le principe de précaution est un axe, non pas pour casser l'industrie ou interdire la recherche, mais au contraire pour inventer une nouvelle économie, pour trouver des avantages concurrentiels sur de nouveaux secteurs, de l'environnement, des énergies renouvelables, de la chimie verte, pour inventer une nouvelle croissance.

C'est aussi un principe de bon sens qui sert à s'écarter de possibles catastrophes ou de grandes pollutions comme celle que nous observons, ces jours-ci, avec les PCB ou la chlordecone aux Antilles.

L'écologie est le grand enjeu du XXIe siècle. Un pays qui n'est pas investi dans la protection de l'environnement est un pays qui fait les paris d'il y a trente ans.

Il est normal qu'au moment où l'on a, avec le Grenelle de l'environnement, une démarche forte, une démarche de rupture, un certain nombre de conservatismes se remobilisent. C'est un sujet sur lequel les élites sont plutôt en retard sur les Français. L'écologie est le moteur de la croissance de demain, parce que c'est la grande aspiration qui traverse nos sociétés, une aspiration qui traverse le monde.

Propos recueillis par Hervé Kempf

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8 octobre 2007 1 08 /10 /octobre /2007 09:30
Entretien avec Joseph Stiglitz, prix nobel d'économie en 2001
L'économie américaine a fait une "overdose"
LE MONDE | 05.10.07 | 15h06  •  Mis à jour le 05.10.07 | 15h06


a Banque centrale européenne (BCE) n'a pas augmenté ses taux, jeudi 4 octobre. Cette attitude est-elle appropriée dans un contexte de crise financière ?

La BCE reste focalisée sur les risques d'inflation (qui l'empêchent de baisser les taux d'intérêt). Or, des taux élevés contribuent à ralentir l'économie. Tant que la BCE maintiendra cette politique, elle ne pourra pas répondre aux problèmes de cette crise financière. D'autant qu'il n'y a pas de sérieuses tensions inflationnistes en Europe.

Faudrait-il que la BCE baisse radicalement les taux d'intérêt comme l'a fait la Réserve fédérale américaine (Fed) ?

La Fed a eu raison de baisser ses taux le 18 septembre. Mais cette mesure a un effet limité. La Réserve fédérale américaine a agi sur le coût de l'argent à court terme. A plus long terme, les taux d'intérêts (fixés par le marché) restent élevés.

In fine, la Fed a surtout aidé les établissements de crédits hypothécaires pour éviter qu'ils ne fassent faillite. Ces derniers ont été à l'origine de la crise car ils avaient prêté démesurément en prenant des risques inconsidérés. Ce ne sont pas eux qu'il fallait soutenir. Il faudrait plutôt aider les ménages qui sont aujourd'hui menacés de perdre leur logement.

La crise peut-elle s'aggraver ?

La dynamique de l'économie américaine est négative. Et la question actuelle n'est pas de savoir si il y aura, oui ou non, un ralentissement de la croissance aux Etats-Unis, mais quelle sera son ampleur.

La croissance américaine est tirée par la consommation depuis plusieurs années. Celle-ci a été soutenue par l'octroi de crédits, en particulier des crédits hypothécaires. A force, on a fini par prêter à des ménages qui ne pouvaient pas se le permettre. Les Américains ont ainsi vécu au-dessus de leurs moyens.

Les crédits hypothécaires ont agi comme des stéroïdes pour doper la croissance américaine. Mais il y a eu overdose. Les ménages peu solvables n'ont plus été en mesure de rembourser. Et l'Amérique est aujourd'hui en cure de désintoxication.

Pour l'économie, les conséquences ne seront sans doute pas brutales mais progressives et longues. Le ralentissement de l'économie devrait durer au moins douze à dix-huit mois. Cette année, la croissance sera inférieure à 2%.

Pourtant les marchés boursiers repartent à la hausse...

Les marchés d'actions ne reflètent pas toujours la réalité de l'économie. Aujourd'hui, les investisseurs réagissent surtout à la baisse des taux de la Fed. Mécaniquement, quand les taux baissent, les actions montent. Les marchés sont aussi sans doute excessivement optimistes. Ils ne réalisent pas le rôle primordial des crédits hypothécaires dans l'économie américaine.

Au niveau mondial, l'économie est moins vulnérable qu'il y a quinze ans. Elle est plus diversifiée car elle reste soutenue par la croissance des pays émergents. Mais ces derniers seront fragilisés par les difficultés de l'économie américaine, la plus importante au monde. Une grande partie de la croissance chinoise est liée à ses exportations vers les Etats-Unis.

Propos recueillis par Claire Gatinois
Article paru dans l'édition du 06.10.07
 

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4 octobre 2007 4 04 /10 /octobre /2007 13:35


Lechatriche1 000 contribuables dont la fortune est supérieure à 15,5 millions d’euros profiteront chacun d’une baisse d’impôt sur le revenu de 270 000 euros grâce au nouveau "bouclier fiscal".

L’Observatoire des inégalités publie les estimations réalisées par l’Assemblée nationale lors du vote de la loi "en faveur du travail, de l’emploi et du pouvoir d’achat" adoptée le premier août dernier (lire le rapport). Désormais en effet, le montant des impôts directs (impôt sur la fortune, impôt sur le revenu et impôts locaux) ne pourra dépasser 50% des revenus d’un foyer fiscal, contre 60% auparavant. Coût total de cette mesure pour le contribuable : 810 millions d’euros, à peu de chose près ce que vont rapporter les futures franchises sur les dépenses de santé.

 

D’après les estimations de l’Assemblée nationale, 234 000 contribuables vont bénéficier des 810 millions d’euros. Le bouclier a été justifié de la façon suivante : il fallait éviter que des ménages aux bas revenus ne soient imposés du seul fait de leur patrimoine. C’est le fameux cas de la veuve de l’Ile de Ré (information largement médiatisée), dont les maigres terres ont pris tellement de valeur qu’elle est soumise à l’impôt sur la fortune...

 

Parmi ces 234 000 foyers fiscaux, un peu moins de 206 000 déclarent des revenus très faibles (inférieurs à 7 000 euros annuels). Mais les cas de foyers effectivement pauvres et lourdement imposés sont rares, du fait des exonérations et dégrèvements de la taxe d’habitation. Ces cas isolés servent de paravent à des ménages qui déclarent artificiellement des bas revenus parce qu’ils déduisent de leurs ressources des dépenses que les salariés ne peuvent pas comptabiliser (automobile, équipements divers) ou utilisent les niches fiscales. Leur niveau de vie réel n’a pas grand chose à voir avec ce qui est affiché fiscalement.

 

Le boucler fiscal va surtout favoriser les très haut revenus. Un petit nombre de contribuable va recevoir des montants considérables. 18 000 foyers au revenu annuel supérieur à 41 000 euros vont toucher 31 200 euros de ristourne en moyenne par foyer. Pour eux seuls, le coût pour la collectivité est de 564 millions d’euros au total. Pour les plus gros patrimoines, c’est une vraie aubaine. Ainsi, 1 080 foyers au patrimoine supérieur à 15,5 millions d’euros toucheront plus de 270 000 euros. La collectivité va dépenser 272 millions d’euros pour eux.

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28 septembre 2007 5 28 /09 /septembre /2007 10:36

> Univers
IDEES


Du grain à moudre
par Brice Couturier et Tara Schlegel
du lundi au vendredi de 17h à 17h55
  Du grain à moudre

Ecoutez

  émission du jeudi 13 septembre 2007
La politique est-elle esclave de la finance ? en direct et en public du Forum "Vive la politique" organisé par Liberation à la MC2 de Grenoble
 

 
  Avant les vacances, le gouvernement se promettait de « booster la croissance ». Et, en effet, il n’y a aucune raison objective pour que la croissance française se traîne en-dessous de 2 %, lorsque la Grande-Bretagne est systématiquement un point au-dessus et que même l’Allemagne se redresse, avec un rythme de 3,6 %, cette année. Le bouquet de cadeaux fiscaux offerts par le président élu aux contribuables – et en particulier aux mieux lotis d’entre eux - se donnait précisément pour objectif une relance par la consommation des plus riches.
Patatras ! La rentrée s’est faite sous les nuages d’un été marqué par un nouvel accès de crise financière, venue des Etats-Unis : la crise dite des subprimes. Au moment où l’INSEE faisait savoir que la croissance française s’était effondrée au second trimestre (0,3%°), l’OCDE revoyait ses prévisions à la baisse et n’accordait plus qu’un médiocre 1,8 % à la France pour l’année 2008. Du coup, les marges de manœuvre budgétaires de la nouvelle équipe ministérielle se réduisent : moins de croissance, c’est moins de rentrées fiscales.
Il est sans doute un peu tôt pour se demander si le volontarisme politique affiché par le nouveau président de la République sera en mesure d’imposer son rythme à l’actualité économique. Les allègements fiscaux avaient notamment pour objectif de rendre le pays « plus attractif ». On ne pourra pas se prononcer sur ses effets concrets avant plusieurs mois. En tous cas, le « choc de la confiance » promis il y a trois mois n’a pas l’air au rendez-vous. Le moral retrouvé des ménages ne s’est pas traduit par une amélioration de la conjoncture. La France traîne ses boulets et ne parvient pas à profiter de la croissance mondiale. Et la meilleure preuve de notre mauvaise compétitivité, c’est ce commerce extérieur qui ne cesse de se dégrader, alors que l’Allemagne, avec la même monnaie, l’euro, est redevenue le premier exportateur du monde.
D’où le retour, lancinant, de la question : quelle est la vraie marge de manœuvre économique des décideurs politiques nationaux sur une planète balayée par la mondialisation, et alors même qu’un grand nombre de leviers essentiels sont entre les mains d’organisations internationales et surtout, pour nous, européens, d’institutions communautaires ?


  Invités

 
Christine Lagarde.  Ministre de l'Economie, des Finances et de l'Emploi

 
Jean Paul Fitoussi.  Economiste

 
Gregoire Biseau.  Journaliste à Libération

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12 septembre 2007 3 12 /09 /septembre /2007 22:59
Henri Emmanuelli : "les régimes spéciaux"
J-M Apathie - RTL - 12.09.07 | 12 septembre 2007

ligne
Le député PS des Landes était l'invité de RTL mercredi. Henri Emmanuelli a accusé le Premier ministre de "démagogie", en affirmant qu'avec les régimes spéciaux, François Fillon voulait "faire croire aux Français qu'en tapant sur 1,8 million de personnes, on (allait) résoudre le problème de 18 millions" de retraités. 

 

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13 août 2007 1 13 /08 /août /2007 08:55
La TVA sociale a la peau dure
Eric Besson s’apprête à rendre son rapport sur l’adaptation de cette mesure controversée.
Par CHRISTOPHE FORCARI - Libération : vendredi 10 août 2007

Pas morte, la TVA sociale ! Hervé Novelli, ­secrétaire d’Etat aux Entreprises l’a ressuscitée hier matin. «Elle n’est pas enterrée . Nous avons une compétitivité en matière de coûts salariaux qui est dégradée parce que nous avons des charges qui pèsent sur le travail», a expliqué, sur RMC, ce ministre libéral qui propose de «transférer ces charges sociales vers d’autres mécanismes comme par exemple la TVA. […] Le principe paraît ­logique». Chargé d’étudier les conditions de mise en place de cette mesure, l’ex-socialiste Eric Besson, secrétaire d’Etat chargé de la Prospective, a ­annoncé que son rapport «sera prêt dans quelques jours» et remis «au Premier ministre quand il le souhaiter a, fin août ou début septembre».
 
Maladresse.
Beaucoup, pourtant pensaient que cette TVA - qui consiste à basculer une partie du financement de la Sécurité sociale des entreprises vers les ménages via une baisse des cotisations patronales et une hausse de la taxe sur la valeur ajoutée - ne verrait pas le jour.
 
Elle est maladroitement lancée dans le débat public par Jean-Louis Borloo, alors ministre de l’Economie, lors d’un débat avec Laurent Fabius le 10 juin, soir du premier tour des législatives. A force de questions sur le financement du «paquet fiscal», le socialiste contraint Borloo à répondre : «On va regarder l’ensemble des sujets, y compris l’éventualité de la TVA.» Le mot est lâché et le gouvernement va peiner à corriger le tir.
 
Le 11 juin, en meeting à Nancy, François Fillon précise qu’il n’est pas question de toucher aux taux de TVA (5,5% et 19,6%) pour «boucher les trous occasionnés par nos dépenses publiques et sociales», tout en déclarant qu’un «projet de TVA sociale» est bien envisagé par son gouvernement. Il évoque même une hausse de cinq points de cet impôt sur les biens de consommation. Entre les 2 tours, les socialistes en feront un slogan de campagne sur le thème «votez pour la TVA à 24,6% !» L’ex-Premier ministre Jean-Pierre Raffarin jugera un peu plus tard que cette idée a coûté leurs sièges «à 60 députés UMP» et, pire, qu’elle «portera atteinte au pouvoir d’achat des Français».
 
Pour ses partisans, la mesure est frappée au coin du bon sens, même si elle repose quasi exclusivement sur la bonne volonté des patrons. Les exportations françaises pâtissent du coût de la main-d’œuvre. Pourquoi alors ne pas transférer une partie des cotisations patronales destinées à financer la protection sociale sur la TVA ? Ce qui contribuerait à rendre les produits «made in France» plus compétitifs à l’étranger. Pour faire passer la pilule, Fillon a présenté cette hausse de la TVA comme une «taxe anti-délocalisation». Sa majoration pourrait ne s’appliquer qu’aux produits importés issus de pays qui pratiquent un «dumping social». La TVA sociale s’est retrouvée promue, par Nicolas Sarkozy lui-même, au rang des outils permettant de retrouver la confiance : «S’abstenir sur la TVA sociale et regarder passer les trains des délocalisations serait non seulement une faute économique, mais une faute morale, une faute politique», explique le président de la République, le 20 juin.
 
Applaudi.
La présidente du Medef, Laurence Parisot a applaudi des 2 mains cette mesure, tout comme la grande distribution par la voix de Michel-Edouard ­Leclerc. Mais pour la majorité des Français, sociale ou pas, une hausse de la TVA signifie
seulement que le passage à la caisse, le chariot une fois plein, risque d’être plus douloureux. 

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30 juillet 2007 1 30 /07 /juillet /2007 09:02
 
liemhoangngoc.jpgTaxe antisociale
Le gouvernement étudie une augmentation de la TVA pour financer la protection sociale.
 
Par Liêm Hoang-Ngoc, délégué national à l’économie du Parti socialiste.
Libération : lundi 30 juillet 2007

Eric Besson a été chargé par Nicolas Sarkozy d’évaluer les effets du basculement vers l’impôt du financement de la sécurité sociale. Une telle réflexion n’est pas hors de propos car la santé appartient au champ de la solidarité nationale et des dépenses universelles (elles bénéficient à chaque citoyen et pas seulement au salarié). Celles-ci, en tant que telles, doivent donc être financées par l’impôt et non par la cotisation sociale. Cette réflexion s’impose a fortiori car l’actuel système de financement des dépenses sociales est injuste et pénalisant pour l’emploi.
 
A cet égard, l’ex-secrétaire national en charge de l’économie du Parti socialiste n’a pas pu oublier que le chantier d’un financement «moderne» de la protection sociale est un de ceux où la gauche est particulièrement en avance. La création d’un grand impôt citoyen progressif sur le revenu (à partir de la fusion de la CSG et de l’impôt sur le revenu), proposée par les socialistes, est le moyen le plus juste de faire participer chaque citoyen à la solidarité nationale selon sa faculté contributive.
 
Cette solution évite d’augmenter la TVA ou de multiplier franchises et déremboursements. Le PS propose d’autre part de remplacer les cotisations patronales par une sorte de CSG entreprise, assise sur la valeur ajoutée (plus favorable aux petites entreprises de main-d’œuvre). Cette contribution sur la valeur ajoutée, mettant à contribution les profits, n’a rien à voir avec la TVA, qui taxe le consommateur au premier centime d’euro. Ces propositions sont malheureusement exclues du champ de l’évaluation du gouvernement, qui envisage un seul scénario de fiscalisation : le remplacement des cotisations par une hausse de la TVA dont le taux serait majoré de 3 à 5 points. Eric Besson a bien pris soin, comme il le faisait jadis, de ne pas trop se mouiller en attendant les «arbitrages», en désignant trois «experts» : un «pour» (Michel Didier de Rexecode, institut de recherche du MEDEF), un présumé «contre» (Jean-Paul Fitoussi de L’Observatoire français des conjonctures économiques) et un «dans le vent», Gilbert Cette de la Banque de France.
 
Défendue par le sénateur Jean Arthuis, proche de François Bayrou, cette mesure s’inscrit dans la compétition fiscale, lancée par la «grande coalition» allemande, qui a récemment augmenté de 3 points la TVA, réduit l’impôt sur les sociétés et abaissé les cotisations sociales. La réduction des coûts de production permettrait aux entreprises de baisser leurs prix sans entamer leurs marges.
 
La hausse de la TVA renchérirait quant à elle les importations et freinerait l’intérêt à délocaliser. Cette TVA serait «sociale» parce que les travailleurs sont présumés doublement gagnants, premièrement sur le terrain du pouvoir d’achat (grâce à la baisse des prix), deuxièmement sur celui de l’emploi (grâce aux délocalisations évitées). Malheureusement, la TVA est la solution la plus injuste socialement et la plus discutable quant à ses effets macroéconomiques. Le système fiscal français est déjà faiblement redistributif, en raison du poids des impôts non progressifs (TVA, CSG.). La part de l’impôt progressif sur le revenu dans les recettes fiscales n’est que de 17% alors que le poids de la TVA est de 51% ! Les pauvres la paient au premier centime d’euro dépensé.
 
Les 10% des ménages les plus pauvres consacrent 8 % de leur revenu au paiement de la TVA. Les 10% des ménages les plus riches ne lui concèdent que 3 % de leur revenu. La hausse de la TVA rendra l’impôt encore plus injuste en reportant sur les ménages modestes une part croissante du financement du budget social. Les effets pervers d’une hausse de la TVA sont évidents. Malgré la «baisse des charges», personne ne baissera les prix, ni les grandes entreprises monopolistiques, sommées par leurs actionnaires de maximiser leurs marges, ni les PME, étranglées par leurs donneuses d’ordre. Les baisses de cotisations sociales qui se sont déployées depuis 1993 n’ont aucunement enrayé la «vie chère» et ont occasionné de faibles créations nettes d’emplois.
 
La hausse de la TVA sera donc répercutée sur les prix, tout comme lors de la précédente augmentation de deux points, opérée par Alain Juppé en 1995. Elle déprimera à nouveau le pouvoir d’achat et cassera la consommation, actuellement le seul moteur de la croissance. Si les salaires s’indexaient sur l’inflation, l’effet recherché sur la compétitivité serait nul. La Banque centrale européenne (BCE), dont l’œil est rivé sur l’indice des prix, relèvera une fois de plus ses taux d’intérêt. La croissance ralentie amenuisera les recettes fiscales, de surcroît entamées par les baisses d’impôts directs. Les déficits se creuseront et seront prétextes à de nouvelles restrictions budgétaires en matière de redistribution. Il en résultera une aggravation du chômage et une montée des inégalités.
 
La hausse de la TVA allemande a relancé en un trimestre l’inflation de 0,5 point et freiné la consommation intérieure. La stratégie allemande est en apparence gagnante sur le terrain commercial parce que les industries d’outre-Rhin sont spécialisées sur des créneaux «hors coût» qui leur garantissaient déjà des débouchés mondiaux. La réforme fiscale permet surtout aux actionnaires allemands de bénéficier de dividendes en hausse. Si tous les pays européens s’engageaient dans cette stratégie de «désinflation compétitive», le jeu serait à somme nulle. Aucun gain de part de marché de part et d’autre, mais un marasme économique généralisé qui condamnerait une fois de plus le projet européen auprès des peuples.
 
Enfin, il est tout aussi illusoire de penser qu’une hausse de la TVA permettrait de lutter contre les délocalisations. Pour cela, l’Europe doit utiliser le tarif extérieur commun et réorienter la politique menée par la BCE, défavorable aux industries européennes. Pour lutter contre le dumping social, source de délocalisations intra-européennes, l’Europe doit accroître ses fonds structurels et favoriser l’harmonisation des normes fiscales et sociales. Ces choix seraient sérieusement compromis par la ratification d’un minitraité, consacrant un super marché européen à 27 et sonnant le glas d’une Europe politique à même de maîtriser les effets pervers du libre-échange.
 

Auteur de Vive l’impôt!, Ed. Grasset.

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12 juillet 2007 4 12 /07 /juillet /2007 16:02
Liêm Hoang Ngoc invité de I>Télé
I>Débat animé par Jean-Jérôme Bertolus | 12 juillet 2007
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Face au député des Yvelines Jean-Michel Fourgous, Liêm Hoang Ngoc revient sur la politique fiscale du gouvernement. Extrait de l’intervention de Liêm Hoang Ngoc : "La droite nous fait un discours pseudo-social pour masquer des cadeaux fiscaux évidents en direction des hauts revenus. Le bouclier, par exemple, c’est un chèque de 580 millions d’euros qui va être distribué aux 13000 contribuables les plus riches. Le bouclier fiscal c’est aussi la suppression de l’ISF, qui avait été créé pour financer en partie le RMI. A l’heure où vous parlez de revenu de solidarité active, je trouve que c’est un peu indécent que de supprimer, sans avoir le courage de le dire, l’ISF."

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