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Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube.
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Gauche Républicaine & Socialiste

9 juin 2009 2 09 /06 /juin /2009 10:01

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26 mai 2009 2 26 /05 /mai /2009 09:11

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13 mai 2009 3 13 /05 /mai /2009 09:50
La social-démocratie perd du terrain en Europe
LE MONDE | 12.05.09 | 17h00  •  Mis à jour le 12.05.09 | 20h01

ls ont beau répéter ne pas avoir attendu la crise pour hisser le drapeau de la régulation publique face à la dérive du tout-financier, les sociaux-démocrates sont à la peine. Dans la majorité des pays de l'Union, les sondages leur prédisent de mauvais scores et, dans certains cas, une véritable déroute.

Quelle que soit leur tradition historique, les socialistes, qui ne dirigent que huit gouvernements contre treize en 2001, éprouvent des difficultés à se mettre en phase avec l'électorat. Le récent "gauchissement" de leur discours ne leur a pas permis de trouver des thèmes suffisamment fédérateurs. Quant aux efforts déployés pour repenser le modèle de l'Etat-providence dont ils ont accompagné l'émergence, ils restent encore inachevés.

Le reflux de la social-démocratie historique. En Europe du Nord, berceau de la social-démocratie, les partis de gauche ont subi d'importants revers dont ils peinent à se relever.

Au Danemark, les socialistes qui ont forgé le concept de la "flexisécurité" - un donnant-donnant entre entreprises et salariés afin de concilier compétitivité et sécurité de l'emploi - sont écartés du pouvoir depuis 2001. Revendiquant "un Danemark plus riche et plus juste", la droite alliée à des partis populistes au discours parfois xénophobe est parvenue à se poser comme la mieux à même de sauver un modèle social qu'elle ne conteste plus.

En Suède, les sociaux-démocrates n'ont pas pu faire face à la montée du chômage qui atteignait le quart des jeunes lors de la victoire des conservateurs, en 2006.

Centre névralgique de la gauche européenne, la social-démocratie allemande s'est efforcée, depuis dix ans, de maintenir la compétitivité de l'industrie germanique dans la mondialisation tout en développant, avec l'idée "d'Etat social prévoyant", une vision "anticipatrice". Il s'agit de concentrer les politiques publiques sur la petite enfance, l'éducation et la formation.

Sous la houlette du chancelier Gerhard Schröder, le SPD a contribué à renforcer le rayonnement de l'économie allemande, mais il a mis à mal le pacte capital-travail au coeur du compromis social-démocrate en creusant les inégalités et en faisant croître la part des bas salaires.

Engagés dans une grande coalition avec les chrétiens démocrates et contestés par Die Linke ("La Gauche"), un parti composé d'anciens du SPD et d'ex-communistes, les sociaux-démocrates redécouvrent, à l'approche des élections générales de septembre, les vertus des hausses d'impôt pour les plus riches ou la création d'un salaire minimum.

Le crépuscule du social-libéralisme. Le blairisme a non seulement perdu sa figure de proue mais aussi son leadership sur la gauche européenne. Usé par douze années d'exercice du pouvoir, le New Labour a été identifié à un social-libéralisme dont on a souvent dit qu'il était plus libéral que social. Or, s'il est vrai que l'âge d'or du néo-travaillisme fut aussi celui de la City de Londres, les gouvernements travaillistes ont, aussi, fortement augmenté l'emploi public et investi dans les services collectifs.

Reste que, malgré les récentes mesures de nationalisation de banques et la politique de relance du gouvernement Brown, les travaillistes se retrouvent en porte-à-faux. Ils ne peuvent se poser en chantres de la régulation économique. Reste à savoir si le modèle social-libéral, qui a fortement inspiré les socialistes polonais, slovaques et surtout hongrois, survivra à ses promoteurs, qui semblent promis à un échec électoral.

L'Espagne apparaît comme le dernier bastion des "modernistes". Fidèle à la tradition réformiste du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), José Luis Rodriguez Zapatero, le chef du gouvernement espagnol, se présente comme un pragmatique, attaché à étoffer un peu le maigre Etat-providence espagnol tout en conservant le caractère libéral de l'économie. Mais sous l'effet du retournement de l'activité et de la montée spectaculaire du chômage, le chef du gouvernement pourrait subir un revers le 7 juin.

Les "orthodoxes" à l'arrêt. Pour le Parti socialiste français, le programme adopté par le Parti socialiste européen (PSE) - qui préconise notamment un salaire minimum dans chaque pays et plaide en faveur d'une harmonisation fiscale - a été accueilli comme une prise de distance à l'égard du social-libéralisme. Un hommage à ceux qui sont restés sur le droit chemin, en quelque sorte.

Or si le PS français et ses homologues belge ou grec sont restés à l'écart des grandes remises en cause, ils n'en ont guère tiré avantage. Souvent éloignés du pouvoir (le PS français n'a pas remporté une élection nationale depuis douze ans), ils n'ont pas trouvé les moyens de disputer à la droite les suffrages des catégories menacées de déclassement.

Ayant longtemps sous-évalué, voire refusé la mondialisation, les socialistes "orthodoxes" n'ont pas mieux résisté - bien au contraire - aux incursions de la droite sur le terrain de la régulation économique et de l'Europe protectrice.

Jean-Michel Normand
Article paru dans l'édition du 13.05.09

Pour les progressistes, le renouveau vient d'Amérique
LE MONDE | 12.05.09 | 17h00

epuis la "Troisième voie" dont Bill Clinton, Tony Blair et Gerhard Schröder s'étaient faits les promoteurs à la fin des années 1990, le camp des "progressistes" se cherchait un second souffle idéologique. Or il semble que le vent nouveau vienne des Etats-Unis, où Barack Obama incarne une gauche américaine entreprenante et décidée à sortir de son isolationnisme.

Organisé le 28 mars à Vina Del Mar, au Chili, le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement progressistes - un rendez-vous créé en 1999 par Bill Clinton - a donné un aperçu de ce regain. Quelques jours avant le G20 de Londres, le vice-président américain, Joe Biden, Michelle Bachelet, présidente du Chili, Cristina Kirchner, présidente de l'Argentine, Luiz Inacio Lula da Silva, président du Brésil, et les premiers ministres Gordon Brown (Royaume-Uni), José Luis Rodriguez Zapatero (Espagne) et Jens Stoltenberg (Norvège) se sont retrouvés pour réaffirmer "le rôle majeur" de la puissance publique dans la régulation mondiale. Le document adopté à l'issue de la réunion plaide "pour qu'une récession économique ne devienne pas une récession sociale". Hostiles au protectionnisme, les "progressistes" entendent "protéger le marché des partisans du libre marché", a résumé Joe Biden.

SÉMINAIRE À WASHINGTON

"Les familles de la gauche européenne, nord-américaine et sud-américaine se rejoignent désormais pour considérer qu'une régulation mondiale doit s'effectuer non plus a posteriori, pour réparer les dégâts, mais à la racine", estime Olivier Ferrand, président de la Fondation Terra Nova, proche du PS, qui était présent au Chili. Selon lui, un consensus se dégage sur l'élargissement des missions assurées par les institutions internationales existantes et la création d'un organisme consacré à l'environnement. "L'accord porte aussi sur le fait que les inégalités ont atteint un point inacceptable et qu'il faut réhabiliter la redistribution", ajoute M. Ferrand, qui y voit "un rapprochement avec les bases idéologiques sociales-démocrates".

Très actifs sur la scène internationale, les démocrates américains aspirent visiblement à un rôle de leader des "progressistes". Bill Clinton a animé le dernier forum du Parti socialiste européen à Bruxelles, et Howard Dean, ex-président du Parti démocrate, a rendu visite aux socialistes allemands et français. En mars, une délégation du PS a été invitée à participer à un "séminaire de travail" à Washington organisé par le Center for American Progress, le laboratoire d'idées du Parti démocrate.


Jean-Marc Normand
Article paru dans l'édition du 13.05.09

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4 mai 2009 1 04 /05 /mai /2009 08:42

Rue Soufflot, rassemblement des socialistes dès 13h30, les premières banderoles du Val d'Oise...

Beau soleil sur militants socialistes...

Martine Aubry et Bertrand Delanoë fendent la foule des militants.

De gauche à droite : Jean-Pierre Blazy, Jean-Pierre Bequet, Didier Arnal, Gérard Sébaoun, Michèle Greneau, Emmanuel Maurel, Michel Coffineau...

Alain Assouline, Viviane Gris, Dominique Lefebvre, Dominique Gillot, Jean-Pierre Blazy, Jean-Pierre Bequet, Didier Arnal, Gérard Sébaoun...

Didier Arnal, Gérard Sébaoun, Michèle Greneau, Emmanuel Maurel, Michel Coffineau, Michel Magne, Laurent Boricky...

Jean-Jacques Monot, Charlotte Brun, Alain Assouline, Viviane Gris, Dominique Lefebvre, Dominique Gillot, Jean-Pierre Blazy...

Dominique Lefebvre, Dominique Gillot, Jean-Pierre Blazy, Jean-Pierre Bequet, Didier Arnal, Gérard Sébaoun, Michèle Greneau, Michel Coffineau, Michel Magne, Laurent Boricky...

Charlotte Brun, Alain Assouline, Viviane Gris, Dominique Lefebvre, Dominique Gillot, Jean-Pierre Blazy, Jean-Pierre Bequet, Didier Arnal, Gérard Sébaoun, Michèle Greneau, Michel Magne...

Thierry Garcin au milieu des militants et élus bouffémontois... (c'est lui qui a pris les photos, il a bien droit à un traitement préférentiel...)

Jérôme Haine, Emmanuel Maurel, Sarah Assouline, Patrick Meuleman, Frédéric Faravel...

Charlotte Brun

Frédéric Faravel

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6 avril 2009 1 06 /04 /avril /2009 13:04

Les sept conseils de Mister Dean aux socialistes français


Liens:
[1] http://www.mediapart.fr/club/blog/stephane-allies
[2] http://www.mediapart.fr/journal/france/010409/ps-la-longue-marche-des-primaires
[3] http://www.mediapart.fr/club/edition/obamamccain-quelle-amerique/article/050409/les-dessous-de-la-campagne-d-obama-par-howar
[4] http://www.mediapart.fr/journal/france/250109/la-strategie-obama-est-elle-importable-en-france
[5] http://www.huffingtonpost.com/george-lakoff/biconceptualism_b_30396.html
[6] http://partisocialiste.blog.lemonde.fr/2009/03/31/bertrand-delanoe-se-hate-lentement/
[7] http://www.tnova.fr/images/stories/publications/notes/essai01.pdf
[8] http://www.tnova.fr/images/stories/groupes-de-travail/006-mission-us/terranova-rapportmissionus.pdf

Howard Dean prêche l'obamisme aux gauches européennes
Par Patrick Jarreau


Liens:
[1] http://www.tnova.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=570:moderniser-la-vie-politique-innovations-americaines-lecons-pour-le-france&catid=3:essais
[2] http://www.tnova.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=676:from-campaign-to-governance&catid=4:notes
[3] http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5jYZp51rwq1EuQSD3BxxxbF4kHkXA
[5] http://www.rue89.com/2009/01/23/barack-obama-stratege-trois-electeurs-sur-quatre-fiches
[6] http://www.renover-maintenant.org/article.php3?id_article=1047
[7] http://www.ilovepolitics.info/Sur-les-pas-d-Obama,-le-renouveau-de-la-gauche-americaine_a1265.html

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23 février 2009 1 23 /02 /février /2009 17:13

Les DROMs Guyane, Guadeloupe et Martinique connaissent depuis le début de l’année 2009 une situation de crise sociale quasi insurrectionnelle générée par la vacance de l’Etat dans la gouvernance de ces territoires et par la mise de ces morceaux de France sous la coupe d’intérêts privés.

 

Ces mouvements de grève générale, lancés depuis le 20 janvier 2009 par le collectif Guadeloupéen, et rejoints depuis le 5 février 2009 par le peuple martiniquais, viennent sanctionner une gestion de la question ultra marine largement héritée des temps coloniaux ; laquelle bat en brèche ces principes de justice et d’égalité qui sont au fondement de ce pacte républicain qui nous lie.

 

Etant entendu que ces luttes s’inscrivent dans un contexte de sous emploi caractérisé par un chômage endémique touchant plus de 25% de la population ;

 

Etant entendu que ces revendications s’inscrivent dans un contexte de, PIB faible comparativement à la métropole ;

 

Etant entendu que ces revendications s’inscrivent dans un contexte de 40% de vie plus chère dans les DROMs mais avec un Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance identique à celui de la métropole, grevant en cela le pouvoir d’achat du salaire ;

 

Etant entendu hic et nunc que l’Etat a failli à ses mission de services publics en développant a minima une continuité territoriale, numérique et bancaire ;

 

Etant entendu que les choix politiques de l’actuel gouvernement ajoute la crise sociale aux crises immobilières et financières ;

 

Nous affirmons à l’instar des habitants du village de Champagney (Franche-Comté) notre SOLIDARITE avec le peuple ultra marin en lutte. Nous considérons que les revendications de ces citoyens qui se sont levés pour faire acte de résistance et dire non à cette politique aliénante et déshumanisante mise en place par les zélateurs du néo libéralisme, sont légitimes.

 

A fortiori, Nous  adressons une mise en garde solennelle à ce gouvernement, lequel faisant fi de toute volonté de communiquer pourrait être tenté d’utiliser la force pour répondre à des problématiques dont les déterminants sont structurels.

 

« Quant à toi Peuple de France n’oublie pas tes martyrs de mars 1948 et de mai 1967 lesquels ont donné leurs vies pour que nous jouissions d’un peu plus de droits et de libertés ».

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30 janvier 2009 5 30 /01 /janvier /2009 15:16
Que faire de cette première mobilisation sociale réussie après la faillite du modèle néo-libéral ?


Le Jeudi 29 janvier 2009 restera comme une journée forte forte dans l'histoire récente des mouvements sociaux. 2 500 000 manifestants dans toute la France avec 195 cortèges recensés officiellement dans tout le pays (là où souvent on ne manifeste jamais) ; 300 000 manifestants à Paris entre République et Opéra, le cortège parisien s'est d'ailleurs lentement écoulé pendant plus de 4 heures sur les boulevards tant l'affluence était massive ; à ce niveau là, on pourra noter le ridicule des chiffres donnés par les préfectures, dont tout le monde reconnaît qu'ils n'ont plus rien à voir avec la réalité (20 000 à Marseille ou 65 000 à Paris !?).

Il est notable qu'à l'origine de cette mobilisation les huit grandes organisations syndicales aient non seulement lancé un texte commun mais également et surtout publié une plate-forme commune précisant les revendications essentielles des salariés :

1 – Donner la priorité au maintien des emplois dans un contexte de crise économique

2 – Politiques salariales : améliorer le pouvoir d’achat, réduire les inégalités

3- Orienter la relance économique vers l’emploi et le pouvoir d’achat

4 – Préserver et améliorer les garanties collectives

5 – Réglementer la sphère financière internationale

Que des syndicats aussi différents que SUD et la CFTC, en passant par la CFDT et la CGT, aient signé le même texte de fond est en soi un signe que quelque chose bouge dans le pays ; mais n'en déplaise aux responsables confédéraux, qui rappellent sans cesse - Charte d'Amiens oblige - que leur action n'est pas politique, ils ont ainsi donné une signification profondément politique à la mobilisation. Tout le texte est un long désaveu de la politique gouvernementale dans sa méthode comme dans le contenu des « réformes » mis en œuvre par les ministres de Sarkozy. Et qui a un tant soit peu écouté les échos des manifestations comprend bien que les manifestants eux-mêmes donnaient un contenu politique à leur participation : le rejet du sarkozisme comme régime politique était évidemment central, démontrant ainsi que la posture et les choix du président de la République continuent d'une part de diviser le pays mais crée aussi les conditions d'un rassemblement conjoncturel plus large que le seul peuple de gauche ; mais avant tout c'est la logique néo-libérale, dont chacun peut mesurer aujourd'hui la faillite, qui est mise en cause, avec l'idée au-delà que ce n'est pas aux salariés qui s'en sont toujours méfiés de payer pour cette faillite et qu'il ne s'agit plus aujourd'hui (outre le fait qu'il faut bien préserver les conditions de circulation du crédit pour faire fonctionner l'économie, et assurer les ratios de solvabilité des banques) de se contenter de discours lénifiant sur la moralisation du capitalisme ou de consentir au sauvetage d'un système capitaliste en échec, sans que les travailleurs n'obtiennent les garanties d'une véritable régulation et d'une justice sociale plus grande, c'est-à-dire le renversement de la tendance qui a fait que depuis 30 ans le capital a pris plus de 10 points à la rémunération du travail.

Nous en sommes à un point où les questions de fond ne peuvent plus être contournées ; les manifestants d'hier savent bien que c'est désormais à des choix de société que nous sommes confrontés. Que ces débats soient en train de s'ouvrir à leur manière aux États-Unis d'Amérique sous l'impulsion du président Obama indiquent de façon flagrante qu'on ne saurait encore moins les éluder en Europe et particulièrement en France. Il est particulièrement marquant de noter que les mobilisations sociales en temps de crise économique sont généralement inexistantes ou anémiées : nous sommes au début de l'une des pires crises financière, économique et sociale que nous ayons connu depuis près d'un siècle, et non seulement la mobilisation est forte mais en plus elle dépasse largement les contingents dénoncés comme des « secteurs protégés ». Les salariés du privé, voire même des artisans et des commerçants, s'étaient joints fortement aux manifestants, malgré la peur et l'angoisse des répressions patronales, des licenciements, du chômage technique, de la perte de salaire et des plans sociaux.

C'est dire si l'attente est forte, c'est dire si la nécessité d'un débouché politique est plus pressante que jamais.


Ne pas enterrer trop tôt l'UMP

Il serait pour conclure dangereux de s'accorder trop tôt sur l'annonce de défaite que signifierait le rabaissement momentanée de la morgue présidentielle. Cela nous fait plaisir qu'une grève soit visible ; nous nous sommes sans doute réjouis de la mine déconfite et décontenancée de Xavier Bertrand face à Martine Aubry jeudi 29 au soir sur France 2 ; vu l'aplomb du personnage c'est suffisamment rare pour le souligner, il n'avait sans doute pas mesuré les changements qui s'étaient produits à la tête du Parti socialiste depuis décembre. Mais cette situation n'aura qu'un temps.

N'oublions pas que Nicolas Sarkozy dispose de tous les leviers du pouvoirs et que ceux qu'il ne contrôle pas encore il s'emploie aujourd'hui à les confisquer peu à peu malgré l'opposition renouvelée de nos parlementaires.

N'oublions pas non plus que le président de la République reste maître du calendrier électoral et que les élections intermédiaires (sauf les européennes) sont d'autant plus incertaines que Nicolas Sarkozy n'aura sans doute aucun scrupule à en changer les règles du jeu quelques mois avant.

Par ailleurs, bien que Bernard Thibaud ait fait part du décalage probable qui existerait entre les organisations syndicales et le président de la République, si ce dernier s'avisait de ne parler que de l'agenda de ses réformes, n'oublions pas que certaines confédérations auront besoin pour justifier leur radicalité du 29 janvier 2009 d'avancées sociales - mêmes infinitésimale - qui ne peuvent attendre l'arrivée de la gauche au pouvoir. En France, l'unité syndicale est souvent plus prompte à se fissurer qu'à se consolider.

Enfin, prenons garde aux évolutions sémantiques instillées à l'occasion de la prise de fonction de Xavier Bertrand comme secrétaire général de l'UMP. L'UMP n'est plus, vive le « Mouvement Populaire »… Je ne crois pas que la droite française cherche aujourd'hui à refaire le coup de la campagne de 2007, avec un Sarkozy s'essayant au lyrisme en citant Jaurès, Blum ou évoquant les mânes de Guy Môquet ; par contre n'ayons aucun doute sur le fait que la conquête de l'électorat ouvrier soit un objectif essentiel du parti présidentiel. Il est d'ailleurs assez amusant que Brice Teinturier de la Sofres indiquait la forte présence des ouvriers dans les cortèges du 29 janvier quand voici quelques années certains socialistes annonçaient la disparition des ouvriers dans les débats du parti. Le vote ouvrier de droite a toujours existé en France, fait de pression patronale, d'appel au nationalisme et d'instrumentalisation de la valeur travail (on l'a déjà vu) : les réactionnaires n'ont jamais hésité à orienter les inquiétudes des ouvriers vers des dénonciations populistes. C'est le rôle confié au ministère de l'immigration et de l'identité nationale, sous la gouverne d'Éric Besson (également adjoint de X. Bertrand) - l'histoire du socialisme fourmillant d'opportunistes prêts à retourner leurs valeurs (Rochefort, Millerand, Péguy, Déat, Faure) de manière tout aussi radicale.

Et l'UMP compte aussi sur la division de la gauche, espérant qu'une stratégie gouvernementale d'exacerbation des tensions sociales pourrait finalement handicaper le Parti socialiste. En effet, si le PS ne parvenait pas à offrir un débouché à une certaine radicalité qui s'exprime aujourd'hui dans tous les milieux sociaux, c'est le NPA qui couperait définitivement les jarrets de la gauche. Mais ce scénario catastrophe nous pouvons encore l'éviter.


La responsabilité du PS et de la gauche

Les éditoralistes ont noté la mobilisation forte du « cortège » socialiste à l'occasion du mouvement. Le point fixe entre Alternative Libertaire et Lutte Ouvrière au Cirque-d'Hiver était effectivement assez marquant, mais n'oublions pas non plus la présence du PS dans de nombreux défilés en province, de manière plus massive qu'avant (car il faut bien dire que les socialistes manifestaient en général jusqu'ici plus facilement en province que dans la capitale).

Mais le simple retour du Parti socialiste dans la rue aux côtés des salariés n'est pas une fin en soi, elle est nécessaire pour rappeler que le Parti socialiste est l'héritier du mouvement ouvrier français et qu'il doit à l'avenir de nouveau se ré-ancrer dans les revendications sociales, alors que les catégories populaires souffrent déjà depuis longtemps de la dégradation de leurs conditions et que nous assistons au décrochage des classes moyennes. Mais enfin, le Parti socialiste doit avant tout être le moteur d'une dynamique qui peut mener enfin à une alternative politique.

Au regard de la plate-forme syndicale pour ce 29 janvier 2009, il n'est pas inutile de noter les correspondances avec le contre-plan de relance présenté le 21 janvier dernier par Martine Aubry et le secrétariat national du PS. Le Parti socialiste ne peut plus se voir opposer qu'il ne présente pas de propositions, et c'est déjà l'un des acquis majeurs de la nouvelle direction du Parti socialiste. La lutte engagée par ailleurs à l'Assemblée nationale prouve également que depuis décembre, les groupes parlementaires socialistes & apparentés mènent une opposition plus résolue au gouvernement et à la majorité UMP, rencontrant dans cette bataille les aspirations d'une partie de la population contre le régime sarkoziste ; et c'est le deuxième acquis majeur de l'équipe menée par la première secrétaire du Parti socialiste.

Mais il va falloir aller au-delà. Le contre-plan du PS vise à répondre à l'urgence de la crise, à de plus le mérite de démonter les faux-semblants de l'action gouvernementale, démontrant que dans l'immédiat une autre politique est possible pour relancer l'activité. Mais les 50 milliards d'euros proposés pour l'année 2009 (de manière virtuelle car nous ne sommes pas aux responsabilités) ne font pas une doctrine ou une politique durable ; nous pouvons souligner les convergences qui existent avec les plans britanniques, espagnols, américains et allemands comme le faisait Martine Aubry sur France 2 le soir du mouvement, mais cela ne sert pour le moment qu'à démontrer l'isolement, l'aveuglement et le ringardisme des conservateurs français.

Le dur est devant nous. Les débats qui ont commencé à s'ouvrir à l'occasion du congrès de Reims doivent impérativement être assumés : Quelle alternative à la logique néo-libérale ? Quel contenu donner à l'économie sociale et écologique de marché ? Comment sortir du libre-échange généralisé pour créer les conditions du « juste échange » ? Comment changer le cours de la construction européenne pour que l'union devienne un agent actif de l'économie mondiale et protège enfin ces citoyens ? Comment promouvoir une société d'émancipation collective et individuelle ?

Dans ces débats, rien ne sera évident : la dépolitisation du Parti socialiste a laissé des traces durables, la porosité du grand parti de la gauche française à l'air du temps libéral (sous prétexte de respectabilité gouvernementale) a durablement éloigné le Parti socialiste de sa base sociale, la présidentialisation des institutions ont créé des dégâts catastrophiques dans le Parti impliquant qu'aujourd'hui encore certains réservent leurs coups les plus durs leur camp alors que l'unité sociale et politique était au rendez-vous du 29 janvier. Le Parti socialiste doit se rassembler dans la construction d'un projet alternatif et il peut y être aidé par la déconfiture complète des vieilles lunes libérales.

À partir de là, il doit proposer à la gauche sociale et politique de se coordonner pour rendre efficace sa lutte contre l'action du gouvernement Sarkozy. Alors qu'à l'Assemblée nationale, la motion de censure socialiste a rassemblé à elle les voix des verts, des radicaux, des communistes et même du Modém, sur des orientations économiques et politiques, il vient de la responsabilité de tous les autres partenaires de la gauche de choisir désormais si le Parti socialiste doit être considéré comme un ennemi de classe. Et il ne suffira pas à Olivier Besancenot de dire que tolérer dans la rue les socialistes est l'alpha et l'oméga de sa conception de l'unité d'action : cette stratégie ne peut conduire à terme qu'à se constituer un petit fond de commerce tranquille fondé sur la protestation, en empêchant la gauche de devenir majoritaire et de lui redonner une possibilité de transformer le quotidien des gens.

Aujourd'hui toute la gauche est face à ses responsabilités ; elle a pour impérieuse obligation de rechercher ensemble les voies d'une alternative politique au néo-libéralisme. Que ceux qui veulent mettre les mains dans le cambouis le disent haut et clair. Déjà certains commencent à perdre leurs illusions sur les chances de créer un « front » à la gauche du PS : Jean-Luc Mélenchon et son Parti de Gauche en synergie avec le Parti communiste de Marie-George Buffet viennent de se voir rejetés par le NPA d'Olivier Besancenot qui ne semble « pas intéressé par un score à deux chiffres » aux élections européennes.

Nous ne pouvons pas nous satisfaire de ces discours de feux qui n'allument en définitive aucun espoir. Nous ne pouvons pas plus reproduire à l'avenir les rapports convenus entre les différentes organisations issues de la Gauche plurielle, qui bien que gérant ensemble la grande majorité des collectivités françaises se sont montrées incapables jusqu'ici (en 1981 et en 1997) de produire autre chose des accords entre les deux tours des élections nationales pour constituer une majorité et rédiger un programme de gouvernement. D'ici 2012, il nous faudra travailler ensemble à un programme commun de toute la gauche si nous voulons créer une dynamique, ce qui implique que nous créions les conditions d'un véritables dialogue politique entre organisations et ente militants de ces organisations.

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2 décembre 2008 2 02 /12 /décembre /2008 16:10
Chronique
Une naissance dans le zoo socialiste, par Dominique Dhombres
LE MONDE | 01.12.08 | 13h28

e congrès de Reims n'était pas seulement un combat de dames. Il y avait aussi un homme en compétition. Ces deux femmes lui faisaient de l'oeil. Cela aurait pu produire un effet comique, dans un congrès qui ne l'était guère. Un homme encore jeune courtisé par deux femmes plus mûres. Mais Benoît Hamon est tout sauf le personnage de Chéri imaginé par Colette. Il veut être aimé pour ses idées, non pour lui-même. Il y met une sorte de point d'honneur. Il était l'invité d'Anne-Sophie Lapix, dimanche 30 novembre, sur Canal+. "Les idées que j'ai défendues à l'occasion de ce congrès étaient en résonance avec ce qui se passe dans la société : les plans sociaux, les licenciements, la casse du service public. Ces idées-là ont pris beaucoup plus de poids, et bon nombre de solutions qu'on développait depuis plusieurs années ont acquis beaucoup de légitimité et de crédibilité aujourd'hui. On parle à nouveau de nationalisation, de redistribution, d'impôt", disait-il. L'hôtesse insistait : n'est-il pas simplement le jeune de service dans un parti vieillissant ? "Si le PS pense qu'il va s'en sortir avec juste une opération de façade, il se trompe", répliquait-il. Les idées, les idées seulement, pas les personnes ! "Je ne veux pas d'un parti toujours concentré sur cette maudite élection présidentielle", disait-il encore. Il ne se voit pas en candidat à l'Elysée. Il veut échapper à cette obsession qui est manifestement celle de Ségolène Royal. Il est cependant admiratif devant l'obstination de cette dernière. "Je lui reconnais une détermination et un courage assez rares dans la vie politique française", dit-il. Ses préférences vont bien entendu à Martine Aubry, mais il ne lui accorde pas un chèque en blanc. Il attend de savoir quelles seront ses priorités. Il a une phrase étonnante à ce propos. "De ce congrès, il est sorti une ligne politique", dit-il. A gauche, bien entendu. Il est bien le seul à avoir perçu le phénomène. Toujours la préséance des idées sur les personnes. C'est peut-être de l'autosuggestion. Là où tout le monde a vu une foire d'empoigne, Benoît Hamon a senti l'émergence d'une ligne politique. Est-ce que Martine Aubry lui a proposé le poste de numéro deux du parti ? Non, elle ne l'a pas fait. Il dit cela avec un petit sourire, une satisfaction à peine voilée.
Personne n'aurait pensé, il y a peu de temps encore, à lui poser une telle question ! Ségolène Royal lui avait également demandé, avant le congrès, de faire partie de son équipe. Le congrès de Reims a été un désastre pour l'image du Parti socialiste dans l'opinion, mais il n'a visiblement pas été perdu pour tout le monde. Il y a eu le combat frontal des deux éléphantes. Mais aussi, dans le zoo socialiste, la naissance d'un éléphanteau.
Dominique Dhombres
Article paru dans l'édition du 02.12.08

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21 novembre 2008 5 21 /11 /novembre /2008 16:39

Plus de 30 000 militants ont porté leur suffrage sur Benoît Hamon au poste de premier secrétaire du PS. La décision prise pour le second tour est dictée par l'intérêt de la gauche.

Nous sommes confrontés à une situation extrêmement difficile pour celles et ceux qui attendent de la gauche une alternative à la politique de la droite et des propositions pour sortir de la crise financière.
Ce scrutin, en cohérence avec celui sur les motions, exprime deux volontés constantes des militants socialistes. La première c'est la volonté d'un ancrage clair à gauche du parti socialiste et la seconde, une volonté forte de renouvellement.
En cela le parti socialiste est encore en chantier. Il est confronté à des difficultés considérables pour s'adresser aux milieux populaires. Il est temps de jeter des ponts entre les socialistes et la société, entre les autres composantes de la gauche et entre les socialistes eux-mêmes.

Cette décision est également éclairée par une situation qui se présente à nous seulement tous les dix ou vingt ans : celui d'un choix de culture éminemment politique.
Il est acquis que dès demain le parti socialiste changera. L'enjeu est de savoir quelle orientation prendra ce changement.
Pour avoir un parti ancré à gauche, qui affirme son attachement au rassemblement de la gauche et travaille au renouvellement des pratiques et des comportements ainsi qu'à l'approfondissement de la démocratie.
Nous appelons à voter massivement pour Martine Aubry.

Ce Congrès n'est que le premier acte d'un profond mouvement qui puise ses racines dans la société elle-même et que nous avons la responsabilité de le faire vivre au sein de notre parti. C'est pour cela que nous devons lui donner force et vigueur en appelant dès le lendemain du congrès les Français à nous rejoindre.

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19 novembre 2008 3 19 /11 /novembre /2008 15:51
Emmanuel Maurel, premier secrétaire fédéral

6 bonnes raisons de voter Emmanuel Maurel

  • Emmanuel Maurel représente le renouvellement et l'ancrage à gauche nécessaire à cette fédération. L'orientation politique qu'il défend depuis toujours dans la fédération ne souffre d'aucune ambiguïté, il refuse les alliances à la carte localement avec le MODEM ; à 35 ans, il apportera un vent nouveau dans la fédération ;

  • Emmanuel Maurel permettra de mettre en place une équipe fédérale pluraliste dans cette fédération, car sa candidature est encouragée par des camarades de toutes les sensibilités du Parti ;

  • Emmanuel Maurel pourra promouvoir une fédération socialiste plus conviviale car il n'a jamais pris part aux disputes existant entre les grands élus et barons locaux du PS Val d'Oise qui minent notre action politique ;

  • Dominique Lefebvre et Alain Assouline représentent tous les deux la direction fédérale sortante dont le bilan est très insuffisant, notamment en termes de communication (la délégation d'Alain Assouline), de débat politique et d'ouverture sur le mouvement social et la société civile ;

  • La candidature d'Emmanuel Maurel permet de ramener à lui des camarades de la motion A en rupture avec Dominique Lefebvre qui auraient pu sinon voter pour Alain Assouline. La candidature d'Alain Assouline, comme celle de Ségolène Royal, représente une rupture avec le Parti démocratique, Parti des militants que nous connaissons, que nous défendons et que nous voulons renforcer ;

  • La candidature d'Emmanuel Maurel offre une alternative au duel Dominique Lefebre vs Alain Assouline, les deux sortants de la fédération. Si vous voulez marquer clairement votre choix d'une fédération militante, active, conviviale et fraternelle, portez vos voix pour permettre à Emmanuel Maurel d'être présent au 2nd tour le vendredi 21 novembre devant Alain Assouline.


Toujours de bonnes raisons de voter Benoît Hamon

  • Son discours ancré à gauche est clair depuis le début et n'a pas évolué ; il n'a pas eu besoin de s'adapter quand la crise financière et économique que nous annoncions a éclaté aux yeux de tous ;

  • Il n'appartient pas aux écuries qui se disputent le parti derrière Ségolène Royal ou Martine Aubry. Il ne propose pas au parti et aux militants une revanche du vote d'investiture de novembre 2006, un conflit permanent entre les équipes des campagnes présidentielles perdues de 2002 et 2007. Lui seul peut rassembler le parti loin des haines de ses dirigeants actuels qui l'étouffent ;

  • Il est candidat depuis depuis 3 mois au poste de premier secrétaire du PS ; personne ne sera surpris. Il n'a pas mis sa candidature au "frigidaire", il n'a pas hésité jusqu'au dernier instant. Martine Aubry a plusieurs fois proposé de soutenir la candidature de Benoît Hamon tout au long du congrès de Reims, on ne comprend donc pas que ce qui était légitime jusqu'à dimanche 16, 9h50, ne le soit plus aujourd'hui ;

  • Avec lui, le renouvellement réel, des pratiques, des dirigeants, et de la ligne politique, entrera Rue de Solférino. Les militants se sont exprimés à la fois pour l'ancrage à gauche et le renouvellement, Benoît Hamon conjugue ses deux aspirations. Il peut jeter des ponts entre socialistes, entre les socialistes et la gauche, entre les socialistes et le mouvement social, et enfin offrir un discours clair aux Français qui attendent désespèrement que les socialistes s'occupent d'eux plutôt que des querelles de personnes ;

  • L'argument du « vote utile » est invalide. En effet, soit Ségolène Royal est capable d'emporter une majorité dès le 1er tour et alors le fait qu'il y ait une ou deux candidatures ne change rien. Soit elle n'en est pas capable et alors les deux candidatures permettent de rassembler des voix qui se reporteront au 2nd tour soit sur Martine Aubry, soit sur Benoît Hamon. Benoît Hamon va d'ailleurs pouvoir recevoir des voix venant de la motion A qui n'auraient pas voté Aubry au premier tour et inversement.

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