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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise.
Je suis membre du bureau fédéral du Val-d'Oise du Parti Socialiste et suppléant au Conseil National du Parti Socialiste.
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Maintenant la Gauche !

signez la contribution générale de MLG pour le congrès de Poitiers

 

23 avril 2017 7 23 /04 /avril /2017 20:58

Comme en 2002, la gauche sort éliminée du premier tour de l'élection présidentielle ; à une différence près... le score total de la gauche est bien plus catastrophique (à peine 28%, le pire jamais cumulé à une présidentielle), comme le laissait imaginer les reniements et les échecs du quinquennat de François Hollande (qui sur les questions européenne, économique et sociale aura fait l'exact contraire de ce à quoi il s'était engagé devant les citoyens). Par sa politique, il aura fracturé la gauche, durablement peut-être, il aura également inscrit les rapports de la gauche socialiste et des Français sous le signe de la défiance, durablement sans doute.

Pourtant un temps, avec la réussite (inespérée) de la primaire de la gauche et l'élan réel de la campagne interne de Benoît Hamon, avec ensuite la dynamique de fond de Jean-Luc Mélenchon, on a pu espérer que la gauche saurait se reconstruire et retrouver enfin le sens de son projet et de ses valeurs. Las, on ne dira jamais assez à quel point leur incapacité partagée à s'accorder et se rassembler place aujourd'hui la gauche et surtout la France dans une impasse.
J'espère que désormais l'intelligence prévaudra et que pour les élections législatives la gauche saura se rassembler sur la base des projets de ses deux candidats pour qu'un groupe parlementaire d'opposition fort puisse combattre les politiques de faillite économique et de régression sociale qui s'annoncent.

Car si le réactionnaire François Fillon est heureusement écarté, les projets portés par Emmanuel Macron sont du point de vue économique, social et européen à la fois dans la continuité libérale, mais aggravés, de François Hollande et dans une certaine convergence avec les propositions de François Fillon.

Tout le monde connaît mon opposition viscérale à l'extrême droite et à Marine Le Pen, comme à son père auparavant et à tous leurs séides ; je ne confond pas la droite et l'extrême droite, même si depuis Nicolas Sarkozy la droite s'est donnée beaucoup de mal pour nourrir la confusion. Cependant, ce soir, j'ai bien plus peur qu'auparavant car deux courses vers l'abîme nous sont présentées : le nationalisme xénophobe et le libéralisme technocratique... Emmanuel Macron propose de poursuivre en l'aggravant la politique de François Hollande qui a échoué et qui a été rejetée au point que celui-ci a renoncé à se représenter. Il propose même des orientations que la droite réactionnaire partageait (autonomie des établissements scolaires, parmi tant d'autres) ou n'osait pas imaginer (déconstruction de l'assurance-chômage).
Ces politiques ont fait prendre 5 points au Front National en 5 ans, il lui a permis d'atteindre plus de 27% aux élections régionales. On imagine ce que pourraient donc être les conséquences de la perpétuation de ces politiques. Enfin le profil présenté par Emmanuel Macron, fait de libéralisme éculé, de technocratie sourde et d'indifférenciation politique droite-gauche, propose une incarnation presque parfaite à l'argumentation du FN sur l'UMPS ou LRPS.

En conscience, je ne peux soutenir une personnalité et une politique qui serviraient de marchepied à Marine Le Pen en lui permettant une nouvelle progression qui lui apportera la victoire en 2022 avec sans doute une majorité parlementaire à la clef. Je ne veux pas soutenir  quelqu'un qui permettra à l'extrême droite d'arriver en meilleure position plus tard. On ne peut pas combattre l'extrême droite avec quelqu'un qui nourrira sa dynamique.
Si donc il faudra faire battre Marine Le Pen et son programme de haine le 7 mai, jamais il ne faudra donner la moindre caution à l'orientation de celui qui sera sûrement élu. Dès aujourd'hui, nous devons nous mobiliser pour dénoncer l'extrême droite comme les libéraux lors des élections législatives et engager une opposition frontale à leurs projets dans le prochain hémicycle de l'Assemblée Nationale.

Nous devons maintenant construire une nouvelle gauche qui soit capable de conjuguer toutes ses cultures et d'offrir une espérance et un projet neuf qui a pu parfois, même imparfaitement, émerger des campagnes de Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon ou Arnaud Montebourg. Cette nouvelle gauche devra combattre tout à la fois la voie du libéralisme technocratique dépolitisé, la droite radicalisée qui n'hésitera pas à dériver encore, et enfin l'extrême droite en lui opposant un projet politique et culturel puissant et diamétralement différent.
Voila comment nous ferons reculer durablement l'extrême droite ; voila comment nous ferons renaître l'esprit de la République sociale.

Frédéric FARAVEL
membre des instances nationales du PS
membre du bureau fédéral du Val-d'Oise du PS

Macron-Le Pen : reculer pour mieux sauter ? Probablement, sauf si une nouvelle gauche nait...
Macron-Le Pen : reculer pour mieux sauter ? Probablement, sauf si une nouvelle gauche nait...
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6 février 2017 1 06 /02 /février /2017 16:19
Paul Magnette, ministre-président socialiste de Wallonie © BELGAIMAGE

Paul Magnette, ministre-président socialiste de Wallonie © BELGAIMAGE

Paul Magnette fait partie de ces responsables socialistes européens qui nous permettent de porter avec fierté notre idéal socialiste, quand tant d'autres dirigeants ont depuis longtemps jeté le bébé avec l'eau du bain en abdiquant devant le libéralisme et en cédant face à l'institutionnalisation européenne de l'ordolibéralisme allemande.

Il a commencé à être connu par le grand public en s'opposant frontalement aux dérives du CETA (traité de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada) et en obtenant des corrections majeures du point de la région Wallonie, dont il est le ministre-président.

Dans l'entretien qu'il donnait le 3 février à L'Echo (Belgique) et que je reproduis ci-dessous, il parle clair et fort ; il traduit très exactement l'état de ma réflexion vis-à-vis de la dérive actuelle de la construction européenne. Cette lecture est de salubrité publique.

Frédéric FARAVEL

entretien donné à L'Echo, recueilli par Frédéric Rohart et publié le 3 février 2017 à 22h30

Vingt-cinq ans après le traité de Maastricht qui a lancé l’aventure de l’euro, où va l’Union européenne ? L’Echo a demandé à plusieurs personnalités de se projeter dans le quart de siècle à venir pour imaginer comment l’Union pourrait évoluer. Aujourd’hui, l’avis d’un "fédéraliste meurtri", un homme politique wallon qui mène un bras de fer obstiné avec les institutions européennes. Et qui est convaincu qu’il faut des cendres pour permettre au phœnix de renaître.

Après avoir consacré l’essentiel de sa carrière à étudier l’Europe, Paul Magnette se demandait en mai dernier s’il n’était pas en train de devenir "le premier des eurosceptiques socialistes". Mais si le ministre-président wallon est en guerre contre l’Europe "libérale-conservatrice", il n’en reste pas moins un Européen convaincu. Un Européen "meurtri" d’assister à la désintégration de l’Europe, mais convaincu qu’elle permettra l’indispensable renouveau.

L’euro, vous le voyez plutôt comme une réussite ou un échec ?

C’est une monnaie mal pensée. Elle a été conçue selon une logique monétariste: créons une monnaie et l’économie suivra. Cela n’a pas marché. La convergence économique ne s’est pas réellement produite par l’effet de l’euro. Cela n’a pas non plus amené à créer une vraie politique économique européenne : il n’y a pas de vrai budget, pas de vraies ressources propres. Une union monétaire sans union économique a pour seul effet de neutraliser la variable monétaire dans les ajustements entre les Etats membres. Du coup, l’ajustement se fait sur des législations sociales et fiscales qui n’ont pas convergé. Cela a produit ce qu’on pouvait craindre : l’euro a accéléré une dérégulation sociale et fiscale, il a inversé la logique de l’Union européenne.

C’est-à-dire ?

Toute la logique de l’Union européenne est une logique de convergence et de protection. Aujourd’hui, il y a une asymétrie fondamentale : la monnaie est contraignante ; la libéralisation se décide à la majorité absolue des États membres ; mais l’union sociale et l’union fiscale, c’est l’unanimité. Donc il y a quelque chose de bancal dans le système. Ce sont une vingtaine d’années qui ont complètement retourné le sens de l’Union européenne. Parce que jusqu’alors, la logique des traités fondateurs, l’idée c’était toujours : je dé-régule au niveau national mais je re-régule en même temps au niveau européen.

Cette période est aussi celle qui mène aux élargissements de l’Union européenne, une erreur ?

D’un point de vue géopolitique, il fallait faire ces élargissements. Le problème, ce sont les conditions qu’on y a mis qui étaient très faibles. Il aurait fallu dire : il faut un jour entrer dans l’euro, on va vous aider — et vous forcer — à atteindre les conditions économiques, à faire de la convergence. Au lieu de ça, on s’est dit : les travailleurs (roumains, bulgares, polonais, hongrois…) vont aller là où on manque de travail, en Europe occidentale. Et le capital (français, allemand…) va aller là où on manque de capital, en Europe centrale.

C’est précisément ce qui s’est passé.

Oui, du point de vue de l’économie abstraite, c’est formidable : les facteurs s’allouent naturellement là où ils doivent aller. C’est la magie de la main invisible. Sauf que pour les gens, c’est brutal. Dans nos pays, ça déstructure complètement les systèmes de sécurité sociale. Et pour les pays d’Europe centrale, c’est une catastrophe : la Roumanie a perdu les 15% les plus jeunes et les plus costauds de sa population ! Et les conséquences politiques sont dramatiques. On est dans un moment de désintégration politique complet. Jusqu’ici l’Europe n’avait jamais reculé, là elle recule. Et ce n’est pas fini à mon avis.

L’Europe recule : vous ne parlez pas seulement du Brexit ?

Non, qui croit encore en l’Europe aujourd’hui ? Moi qui suis un fédéraliste meurtri et un peu désespéré, quand je parle à des étudiants, l’Europe ne représente plus rien pour eux. Par contre elle représente pour tous les perdants de la mondialisation, la cause de tous les problèmes. Donc elle est en train de se désintégrer. Les gens ne le voient pas encore, mais c’est comme un feu de cheminée : ça a pris, c’est invisible, mais à un moment donné, on le verra. Et le Brexit en est le premier symbole.

"J’espère que le Brexit sera suivi par un Polxit, un Hongrexit, un Bulgxit, un Roumaxit…"

À qui la faute ?

Je crois qu’il y a une responsabilité énorme dans le tournant libéral-conservateur. Sans faire tout remonter à Maastricht, le Six Pack, c’est la mort de l’Europe.

Le Six Pack, c’est notamment la menace de sanctions pour les Etats qui ne respectent pas les règles du Pacte de stabilité. Pourquoi était-ce une telle erreur selon vous ?

Parce qu’il a poignardé la catégorie sociale qui avait soutenu le projet européen : la classe moyenne d’Europe occidentale. Le Six Pack a comprimé leur pouvoir d’achat, a prolongé la récession, a aggravé les inégalités. L’Europe s’est privée elle-même de ce qu’était son soutien historique.

Vous visez Angela Merkel, qui l’a porté ?

Merkel a été logique : elle a défendu les intérêts de l’Allemagne. Ce sont ceux qui n’ont pas résisté à Merkel qui sont responsables. José-Manuel Barroso et Herman Van Rompuy d’abord. Et puis François Hollande, qui n’a rien corrigé alors qu’il avait promis qu’il allait renégocier les traités. Plus largement, ces années-là, 2008-2015, sont tragiques: moins parce qu’on a fait que ce qu’on n’a pas fait. Il y a une crise fiscale, il y a des "leaks" partout et on ne fait rien d’ambitieux. On a une récession et on fait un plan Juncker minimaliste. C’est la crise des réfugiés et on confie le problème à Erdogan. On fait démonstration de l’impuissance, de l’inutilité de l’Union européenne telle qu’elle est aujourd’hui. Mais je reste un Européen convaincu.

À condition que l’Europe soit sociale, donc. La recette porteuse pour la gauche, c’est la confrontation, comme vous l’avez faite avec le CETA : montrer aux gens le rapport de force ?

Ce n’est pas la confrontation pour le plaisir : il faut renvoyer la balle à l’Europe. C’est quand même dingue : à la Commission, ils font de l’ingérence dans les matières nationales qui sont extrêmement sensibles. Et ils ne sont pas capables de lutter contre la fraude fiscale ou de gérer le problème des réfugiés.

La Commission s’en prend à Apple, pousse à plus de transparence fiscale, à ce que les profits soient taxés où ils sont produits…

Oui mais c’est mou ! On doit récupérer 1.000 milliards d’euros par an qui nous sont volés. Pour faire avancer la convergence fiscale, il ne faut pas dire : "Bon, je mets une proposition sur la table, qui est d’accord ?" Évidemment qu’il y en aura toujours un qui sera contre, puisque c’est à l’unanimité. La seule manière de faire, c’est de faire de la conditionnalité : "Bon l’Irlande, vous voulez encore des fonds de cohésion ? La condition, c’est que vous acceptiez une norme sociale supérieure." Et il faut faire pareil avec le commerce extérieur. "Bon le Canada, vous voulez faire un accord avec nous ? Alors on met un chapitre fiscal dans le traité commercial." Il faut faire du régime fiscal un objectif absolu. C’est quand même comme ça que Delors arrivait à négocier : il faisait des packages : "Tu veux ça, eh bien tu prends ça."

Depuis votre confrontation sur le CETA, est-ce que vous avez vu un changement d’attitude de la part de la Commission européenne ?

Elle a mis en place un vrai travail sur les mécanismes d’arbitrage. Mais pour le reste, quand je lis Cécilia Malmström encore récemment dans un grand quotidien, le journal me tombe des mains. C’est de l’autisme politique. Il n’y a rien qui change dans son discours et son attitude. Et c’est hallucinant parce qu’il n’y a rien qui va changer dans la nôtre non plus. Donc on va vers de nouvelles confrontations, et je pense qu’on sera de moins en moins seuls.

Trump, Erdogan, Poutine : l’Europe est entourée de leaders qui lui cachent peu leur hostilité. Que peut faire l’Europe à court terme pour reprendre pied ?

À court terme, rien. Que Federica Mogherini ne se fâche avec personne, c’est la moindre des choses qu’on puisse faire pour le moment. Laissons faire le Brexit, après on pourra discuter.

Quel scénario pour l’Europe après le Brexit, dans un horizon de 25 ans ?

J’imagine bien le Brexit être suivi par un Polxit, un Hongrexit, un Roumaxit, un Bulgxit… Si on arrive à négocier un accord dur mais équilibré entre l’Union européenne et le Royaume-Uni, certains pays se diront qu’un modèle à la britannique est enviable. Donc la Pologne, la Hongrie, la Roumanie, la Bulgarie – et peut-être le Danemark et la Suède – sortent de l’Union et nouent des accords commerciaux ou de partenariat.

C’est souhaitable, selon vous ?

Oui, ça permet d’arrêter un peu la concurrence interne : on se retrouve alors avec des pays beaucoup plus proches en termes de niveau de PIB et de modèle socio-économique. L’Union regroupe quand même encore 400 millions d’habitants, on est encore plus nombreux que les États-Unis. On en profite pour signer des accords d’association avec des pays de la Méditerranée. Et avec un peu de chance – c’est horrible ce que je vais dire – mais les Etats-Unis décident d’une intervention unilatérale au Proche-Orient, et les Européens disent NON. Il y a des manifestations un peu partout en Europe : c’est la naissance d’une conscience civique européenne qui ne naîtra que dans l’affrontement. Il faut un "nous contre eux". Et il vaut mieux que ce soit nous Européens, multilatéralistes, légalistes, contre les États-Unis isolés et agressifs. Par la même occasion, on arrête toutes les négociations des traités multilatéraux et bilatéraux et on fait des accords commerciaux purs et on en profite pour renforcer le développement endogène de l’Union européenne.

Comment ?

L’Europe réinvestit massivement, elle mutualise une partie des dettes, et elle finance des grands travaux. Pas des grosses infrastructures type TGV mais des grands chantiers comme la rénovation de l’ensemble du parc énergétique des logements sociaux. On explique aux classes moyennes et populaires que grâce à l’Europe leur facture d’énergie va baisser. On commence doucement à réconcilier les citoyens avec l’Union européenne, on crée de l’emploi, on assure notre indépendance énergétique. Et on redevient les leaders du combat climatique mondial de manière crédible. On doit se donner des objectifs. Mais en mettant de l’argent. Sans quoi ça n’est pas attractif.

"La naissance d’une conscience civique européenne ne naîtra que dans l’affrontement. L’Europe multilatéraliste, légaliste, contre les États-Unis isolés et agressifs."

Dans votre scénario, il faut donc revoir à la hausse le budget de l’Union européenne, qui plafonne à 1% du PIB…

Oui, il faut au minimum le tripler. L’Europe doit rester un cheval léger, garder une administration légère, par contre elle doit avoir un vrai budget d’investissement : un plan Juncker puissance 100. Alors les gens vont commencer à voir des résultats… L’Europe ne fonctionne plus sur la mémoire de son héroïsme, elle ne fonctionne pas sur un patriotisme européen, elle ne fonctionne qu’en démontrant qu’elle est efficace, or elle ne l’est pas.

Le rêve que vous exposez, vous y croyez ? C’est un euphémisme de dire que ce n’est pas un discours dominant…

Je pense que ces élites européennes, qui vivent complètement déconnectées du monde, finiront par être obligées de comprendre. On va aux devants d’une désintégration politique, des pays qui vont devenir ingouvernables, gouvernés par des dingues comme les États-Unis aujourd’hui. Et il y aura des mobilisations civiques massives. Je crois que l’Europe n’échappera pas à une forme de grande désintégration politique, un réveil de la société civile, et l’apparition d’une nouvelle génération politique qui sera plus en phase avec la société civile.

En réponse au Brexit, les États planchent sur une Europe de la défense, ce n’est pas une bonne piste ?

Il faut plus d’Europe sur un pacte énergétique, plus d’Europe des investissements, plus d’Europe des législations sociales, de lutte contre le dumping fiscal, de présence aussi sur la scène étrangère. Mais je crois plus en des accords de partenariat avec les pays du Maghreb, et demain les pays africains qu’en une Europe de la défense. Avec les moyens militaires un peu dérisoires qu’on a sans les Britanniques, l’Europe de la défense, c’est la France…

Manque-t-il aussi une scène politique européenne ? Une circonscription fédérale comme la demande Guy Verhofstadt ?

Il met tout à l’envers. C’est typique des gens qui ne comprennent pas la société. Dire qu’on va changer les institutions pour changer le monde, ça ne marche pas : c’est la société qui bouge. Benoît Hamon, Antonio Costa et même Alexis Tsipras – malgré tout le mal qu'on a pu dire de lui – l'ont compris, eux.

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24 janvier 2017 2 24 /01 /janvier /2017 16:46


"Dimanche prochain je voterai pour Benoît Hamon et vous invite à faire de même"

Dimanche 29 janvier, j'utiliserai moi-même le bulletin Benoît Hamon pour mettre un terme à la dérive libérale qu'a représenté le quinquennat de François Hollande, incarnée dans cette primaire par Manuel Valls.

Je regrette que les électeurs de gauche n'ait pas entendu le message et le projet porté par Arnaud Montebourg, qui sur les questions européennes et économiques me paraissaient correspondre aux besoins du pays et de nos concitoyens.

Il faudra poursuivre le combat pour porter à nouveau ces orientations qui ont rendu au socialisme français ses lettres de noblesse, dans un débat que certains ont parfois rendu caricatural.

Frédéric FARAVEL

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28 juin 2016 2 28 /06 /juin /2016 13:20
La foule des soutiens de Jeremy Corbyn, dans Parliament Square, le soir du lundi 27 juin 2016
La foule des soutiens de Jeremy Corbyn, dans Parliament Square, le soir du lundi 27 juin 2016

La foule des soutiens de Jeremy Corbyn, dans Parliament Square, le soir du lundi 27 juin 2016

Les électeurs britanniques ont pris à revers leurs dirigeants politiques en votant jeudi 23 juin 2016 à hauteur de 52% en faveur du départ du Royaume Uni de l'Union Européenne.

On pourra toujours dire que les référendums en Grande Bretagne n'ont juridiquement qu'une valeur indicative, que les arguments des différents animateurs de la campagne du Leave étaient volontairement mensongers, il n'en reste pas moins que le choix des Britanniques est sans appel ; il convient d'ailleurs que l'activation de l'article 50 du traité de Lisbonne s'opère le plus clairement et précisément possible pour que la séparation - puisque cette séparation regrettable doit avoir lieu - ne laisse pas une trop longue période d'incertitude qui serait dommageable aux autres Etats membres de l'UE.

Pourtant, le gouvernement britannique souhaite prendre son temps : David Cameron qui a expliqué qu'un autre Premier ministre négocierait la sortie qu'il n'avait pas souhaité, reportant ainsi l'activation de l'article 50 au milieu de l'automne prochain. Boris Johnson, ex maire tory de Londres et héraut de la campagne du Leave, fait preuve également d'un manque particulier d'entrain sur la question, alors que la perspective qu'il croyait évidente de succéder à David Cameron au 10 Downing Street ne le paraît pas tant que cela.

On ne dira jamais assez à quel point David Cameron a joué dans cette affaire aux apprentis sorciers. Non pas en choisissant de donner la parole au peuple, que les commentateurs habituels considèrent régulièrement comme irresponsable, mais en imaginant réaliser un coup politique lui permettant de couper l'herbe sous le pied des europhobes et xénophobes du UKIP (qui avaient recueilli près de 27% des suffrages aux élections européennes de mai 2014) tout en obtenant par chantage sur la Commission Européenne et les autres Etats membres des concessions qu'il n'aurait sinon jamais pu glaner.

Son pari au service de ses propres intérêts politiques faisait peu de cas de l'intérêt général de l'Etat qu'il dirige(ait).

Quelques motivations pour la victoire du Leave

Les Britanniques ont toujours entretenu un rapport ambigu à la construction européenne, mais il est certain que la bascule pour la victoire du Leave a réussi en cristallisant le sentiment de ras-le-bol des retraités et des classes populaires. Diane Abbott, députée travailliste (circonscription londonienne de Hackney North and Stoke Newington) proche de Jeremy Corbyn, expliquait que le vote contre l'Union Européenne était en réalité un vote anti-establishment ; Corbyn lui-même (élu d'une autre circonscription londonienne, celle d'Islington North) y voyait le lendemain du vote l'expression de la colère des Britanniques contre les politiques menées depuis plus de 15 ans au Royaume Uni.

Tories et travaillistes ont effectivement soutenu des politiques libérales et austéritaires qui ont durement atteint les classes populaires, coupant en priorité dans le Welfare State, les aides au logement et les allocations (ces dernières voulues par le parti conservateur et avec l'abstention du groupe parlementaire travailliste - parlementiary labour party, PLP). Plus récemment, l'UE n'a pu relevé ses tarifs douaniers pour protéger l'industrie sidérurgique européenne et britannique face au dumping économique chinois, mais cet empêchement fut la conséquence du veto britannique qui négociait parallèlement 30 Mds £ avec des investisseurs chinois : les ouvriers britanniques de la sidérurgie - du Pays de Galles et du nord de l'Angleterre - avaient donc toutes les raisons d'en vouloir fortement tout à la fois au gouvernement Cameron et aux institutions européennes.

L'intégrité du Royaume Uni mise en cause

Le résultat - au-delà de la sortie programmée de l'UE - implique également une longue période de turbulence pouvant mettre en cause l'intégrité même du Royaume Uni.

Les Ecossais ont voté à 62% pour le Remain et le SNP et la Première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, souhaitent désormais négocier avec le prochain gouvernement britannique un nouveau référendum sur l'indépenance écossaise pour permettre à leur nation de réintégrer l'UE et voir ainsi leurs intérêts mieux défendus. Au-delà du Labour Party, les conservateurs écossais eux-mêmes fortement engagés en faveur du Remain ont fait connaître leur intention de se séparer des tories anglais si Boris Johnson était nommé Premier Ministre.

Au Pays de Galles, le vote reflète à la fois la défiance de la classe populaire contre les tories et l'UE (cf. plus haut) mais aussi la question culturelle, puisque les comtés celtiques ont largement voté en faveur du Remain.

Plus grave et inquiétant, en Irlande du Nord (qui a voté à 54% pour le maintien du Royaume Uni dans l'Union européenne), la séparation entre le vote Leave et le vote Remain reproduit à quelques différences près (pour atteindre 54% il a bien fallu que quelques Protestants locaux votent pour le Remain) les divisions entre communautés nationalistes et républicaines d'une part (Remain) et communautés loyalistes et unionistes d'autre part (Leave). 18 ans après les Accords du Good Friday, ce serait une aggravation de la séparation entre l'Irlande du Nord et la République d'Irlande, inacceptable pour les Catholiques irlandais ; Gerry Adams, Martin McGuinness et le Sinn Féin ont donc lancé un appel pour un référendum sur la réunification de l'Irlande afin de restaurer les intérêts de l'île et de sa province nord qui n'a pas souhaité le départ de l'Union européenne. A quelques jours du lancement des marches orangistes, la possibilité de la reprise des violences est plus forte que jamais dans ce pays qui a connu plus de 30 ans de guerre civile et plusieurs décennies supplémentaires d'une forme d'apartheid.

Tentative de "coup" préfabriqué au Labour Party

Si le Labour Party n'a pas su convaincre pour les raisons expliquées plus haut la totalité de son électorat de voter pour le maintien, deux-tiers l'ont cependant suivi et les circonscriptions de Corbyn et Abbott ont respectivement voté à 75 et 78% pour le Remain. C'est pourtant l'axe d'attaque choisi par députées travaillistes, Margaret Hodge (cette dernière est titulaire d'un compte off shore crédité de 1,5M£) et Ann Coffey, pour soumettre une motion de défiance au PLP à l'encontre de Jeremy Corbyn, au prétexte que celui-ci n'aurait pas suffisamment fait campagne pour le Remain.

On perçoit l'absurdité de l'argument - quelles qu'aient pu être les critiques bien légitimes du leader du Labour contre la dérive de la construction européenne : le Labour est le seul parti dont l'appareil ne se soit pas divisé entre tenants du Remain et du Leave, Corbyn menant lui-même de nombreux meetings avant même la fin des élections locales qui s'étaient conclues par une défaite des tories et la stabilité des travaillistes (sauf en Ecosse). Jeremy Corbyn avait lui-même indiqué dès les conclusions du sommet européens sur l'accord avec le Royaume Uni, que la classe ouvrière britannique - malgré la dérive ordo-libérale de l'UE - avait plus intérêt au maintien qu'à l'aventure isolationniste et plaidant pour une réorientation sociale et économique de la construction européenne.

L'objectif de l'opération était ailleurs. Depuis deux mois, le Labour Party était repassé en tête des intentions de vote en cas d'élections générales anticipées, devant les tories de Cameron. Avec le Brexit, la possibilité d'élections anticipées dans l'année qui vient était plus forte que jamais. Il s'agissait donc de se débarrasser d'un leader qui aurait pu alors devenir Premier ministre par tous les moyens, alors que l'establishment travailliste du PLP n'avait jamais accepté la victoire sans bavure de Corbyn en septembre 2015, certains des député(e)s (dont la regrettée Jo Cox) blairistes regrettant ouvertement d'avoir donné alors leurs parrainages à Corbyn pour permettre à ses amis et lui de s'exprimer. Le caractère totalement préfabriqué de cette motion de défiance a d'ailleurs été immédiatement dénoncée par les 12 syndicats ouvriers, membres du Labour et principaux bailleurs de fonds du parti. Cela n'a pas empêché les membres blairistes et brownistes du Shadow Cabinet d'égrainer toute la journée de dimanche leurs très agressives lettres de démission pour saturer l'espace médiatique.

Une confrontation ouverte sur la nature du Labour Party

La première confrontation entre le PLP et le leader travailliste a eu lieu hier soir lundi 27 juin 2016. Mais dans un contexte totalement imprévu. Plus de 10.000 manifestants sont venus devant Westminster - le parlement britannique - apporter leur soutien au chef du parti travailliste, face à la tentative de putsch que souhaite opérer contre lui le groupe parlementaire dominé par l'aile droite blairiste et browniste. Ce type de mobilisation est totalement inédit en Grande Bretagne.

Il y a cependant peu de doutes que le vote de ce soir du PLP aboutisse à la défiance ; mais les députés ont oublié que les statuts du parti travailliste ne permettent plus au seul groupe parlementaire de déposer le leader. L'une des questions importantes est de savoir si Corbyn souhaitera infliger à ses détracteurs une défaite en repassant devant une course au leadership, pour l'instant l'une des inconnues porte sur la capacité de Corbyn à se représenter directement comme leader sortant du parti, car si la conclusion de la commission statutaire du parti ne le permettait pas, il devrait (ou l'un de ses amis) se soumettre à la recherche des 50 parrainages parlementaires désormais nécessaires (35 seulement en 2015) qu'aucun n'obtiendra puisqu'ils ne disposent que d'une trentaine de soutiens parlementaires.

Les membres travaillistes du parlement semblent décidés à littéralement suicider leur propre parti par un calcul de haine et de revanche contre un leader politique - largement soutenu par la masse des adhérents, sympathisants et électeurs travaillistes (sans compter l'unanimité des syndicats) - qui a pour seul tort de ne pas appartenir à leur monde et d'avoir toujours tenu sur la cohérence de ses orientations politiques en faveur de la classe ouvrière.

Corbyn a compris l'attente du peuple britannique et de sa working class ; c'est donc la "révolution blairiste" - c'est-à-dire la conversion totale au néo-libéralisme - que ces députés souhaitent préserver au prix d'un effondrement du parti pour empêcher Jeremy Corbyn de devenir Premier ministre en cas d'élections générales anticipées.

C'est un combat à mort qui s'est engagé où une partie de l'establishment est déterminée à sacrifier les intérêts et les aspirations du peuple britannique pour préserver sa propre position hors sol. Ils n'ont pas compris que la désignation de Jeremy Corbyn en septembre 2015 comme leader du Parti travailliste avait engagé une transformation profonde du Labour où les militants, les sympathisants et les syndicalistes avaient décidé de reprendre le contrôle de leur parti et de remettre en cause les politiques libérales qui rassemblent dans une forme de consensus néfaste députés travaillistes, conservateurs et Lib-Dems.

Cet affrontement ne s'achèvera qu'avec la défaite totale des députés blairistes, menacés désormais par la base de perdre leur investiture (les syndicats et le mouvement corbyniste Momentum ont lancé la campagne #deselectthem pour contester l'investiture des sortants en cas de législatives anticipées), ou par une explosion du Labour.

* * *

David Cameron aura par calcul de basse politique réussi à mettre en cause l'intégrité du Royaume Uni ; les Blairistes par calcul de basse politique pourraient désormais mettre en cause l'existence même de la gauche britannique.

Les coups de billard à 15 bandes qui sont à l'origine du référendum sur le Brexit n'ont pas fini de produire leurs effets...

Frédéric FARAVEL

Le Brexit ouvre une crise cathartique au sein du Labour Party
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24 mai 2016 2 24 /05 /mai /2016 08:44
Alexander Van der Bellen - nouveau président fédéral de l'Autriche - et Norbert Hofer, candidat du FPÖAlexander Van der Bellen - nouveau président fédéral de l'Autriche - et Norbert Hofer, candidat du FPÖ

Alexander Van der Bellen - nouveau président fédéral de l'Autriche - et Norbert Hofer, candidat du FPÖ

Le candidat centriste soutenu par les écologistes - Alexander Van der Bellen - remporte donc finalement l'élection présidentielle autrichienne. Avec quelques 50,3 % des voix contre 49,7 % à son adversaire d'extrême droite Norbert Hofer (FPÖ). L’écart entre les deux hommes serait d’un peu plus de 30 000 voix.

Guillaume Duval, rédacteur en chef d'Alternatives économiques, postait sur son profil facebook une allusion au "lâche soulagement", terme utilisé par Léon Blum au lendemain des accords de Münich en 1938 (dans un article d'ailleurs extrêmement critique sur ces accords malgré ce qu'en a retenu une mémoire collective défaillante), et l'illusion néfaste qu'il faudrait s'y laisser aller.

Le lâche soulagement ici n'a rien à voir avec la perspective d'une guerre qu'on craint mais dont on sait qu'elle viendra forcément et à laquelle il ne faudrait pas se dérober pour des raisons morales, politiques et historiques ; ici, il s'agit de se satisfaire du barrage très fins qui a empêché le FPÖ d'accéder à une fonction honorifique mais hautement symbolique, sans voir que les dégâts de cette campagne présidentielle autrichienne en annoncent d'autres bien plus graves et dévastateurs.

Jean-Yves Camus, politologue et spécialiste de l'extrême droite, me semble participer de cet aveuglement. Dans un entretien à l'Observateur, il voit dans la défaite de Hofer, l'expression d'un Front Républicain, la démonstration de l'incapacité du FPÖ à rassembler une majorité absolue de suffrages exprimés, une mauvaise nouvelle pour le FN car cela confirmerait que l'extrême droite ne peut arriver au pouvoir.

Face à cette analyse rassurante, il faut répondre par quelques arguments.

Une nouvelle étape dans la progression du FPÖ vers le pouvoir

“Nous avons gagné, de toute façon” disait avec joie Norbert Hofer dimanche, avant donc que les résultats soient connus. Car, pour le FPÖ, un échec à la présidentielle n’est en réalité qu’une demi-défaite.

A la différence de la France, l’élection présidentielle autrichienne n’est en effet pas un scrutin majeur, qui détermine l’orientation des politiques publiques pendant la durée du mandat du vainqueur. Même s’il dispose du pouvoir de destituer le gouvernement sans avoir à justifier sa décision, le rôle du président est surtout protocolaire, contrairement à celui du chancelier. L’Autriche étant un régime parlementaire, les différents partis devraient lancer toutes leurs forces dans la bataille des prochaines élections législatives, prévues en 2018.

Alexander Van der Bellen a remonté son handicap en mobilisant ses électeurs du premier tour, en amenant aux urnes 200.000 abstentionnistes et en réussissant à convaincre un tiers des électeurs d’Irmgard Griss ainsi que près de la moitié des électeurs du candidat conservateur. Il a réuni un électorat féminin (60% des femmes ont voté pour lui) et éduqué (76% de ses électeurs ont au moins le baccalauréat). Il a gagné dans les villes, son concurrent à la campagne. Mais le vote en sa faveur a plus été un vote de rejet qu’un vote d’adhésion. Selon les sondages sortis des urnes, 48% des électeurs d’Alexander Van der Bellen se sont d’abord prononcés contre Norbert Hofer.

C’est en cela que la défaite de Norbert Hofer s’apparente davantage à un contretemps qu’à un réel camouflet. Pendant la campagne, le candidat d’extrême droite avait en effet laissé entendre qu’en cas d’élection, il se tiendrait prêt à dissoudre le Parlement – une mesure jamais utilisée depuis 1930 – afin d’organiser des législatives anticipées. Norbert Hofer a déjà envisagé la suite après sa défaite : une nouvelle candidature dans six ans, et un soutien appuyé au chef de son parti, Heinz-Christian Strache, lors des prochaines législatives. Malgré cette déconvenue, le FPÖ compte bien capitaliser sur la dynamique créée pendant la campagne présidentielle pour l’emporter lors de ce scrutin.

L'Autriche est aujourd'hui gouvernée par un Chancelier social-démocrate, Christian Kern, ancien patron des chemins de fer autrichien, qui a remplacé en catastrophe le 17 mai dernier Werner Fayman (également SPÖ en poste depuis décembre 2008), démissionnaire après le premier tour de la présidentielle. Les deux ex-grands partis autrichiens, le SPÖ et l'ÖVP dirigent ensemble le pays depuis plus de 9 ans (janvier 2007) sous la direction des sociaux-démocrates. Le FPÖ, dont la participation au pouvoir avec Jörg Haider sous la chancellier du conservateur Wolfgang Schüssel entre 2000 et 2007 avait provoqué son explosion puis sa chute dans les sondages, a l'avantage d'être devenu une extrême droite tout à la fois banalisée et seule opposition formelle au SPÖ et à l'ÖVP dont les candidats respectifs ont subi une véritable déroute au premier tour de l'élection présidentielle avec moins de 12% des suffrages exprimés chacun.

Face à une coalition installée qui a effacée toute nuance entre droite et gauche, il y a donc de forte chance que le FPÖ et son populaire leader Heinz-Christian Strache fassent un carton aux élections législatives qui se font à la proportionnelle avec 43 circonscriptions législatives ; il est fort probable que ce parti soit le seul à être en mesure de réunir une coalition majoritaire autour de lui, car SPÖ et ÖVP n'auront sans doute plus les moyens de le faire ensemble. Or ÖVP et SPÖ ont chacun adoubé, à leur manière et à des niveaux différents, le FPÖ comme partenaire de coalition.

La faute des sociaux-démocrates autrichiens... et des sociaux-démocrates européens

En juin 2015, le SPÖ est en pleine crise politique : dans la région du Burgenland, une coalition les unit désormais au FPÖ. Ce choix sans précédent arrive après que le parti d’extrême droite a fait un bond électoral de 6 points, perdus symétriquement par les sociaux-démocrates dans ce qui était un de leurs bastions historiques (région rurale, plutôt pauvre, frontalière avec la Slovénie, la Slovaquie et la Hongrie). La campagne de 2015 s’est jouée quasi-uniquement sur la question des réfugiés. Les habitants ont été convaincus par le discours anti-immigration et «social» du FPÖ.

Malgré de houleux débats internes et le départ d’importantes personnalités du parti, Werner Faymann, alors chancelier et chef du SPÖ, a refusé de sanctionner cette décision, laissant aux responsables régionaux la liberté de leurs alliances, extrême droite comprise. Imaginez que le Nord/Pas-de-Calais/Picardie soit géré par une alliance PS-FN, c'est ce qui se passe en Burgenland. La seule sanction contre le parti social-démocrate autrichien du fait de cette alliance fut ... la suspension de cette région du groupe PSE au Comité des Régions européennes (CoR), un truc que personne ne connaît (avec tout le respect pour le gros travail de Matthieu Hornung ou Christophe Rouillon dans cette Assemblée).

Logiquement, le SPÖ fut incapable de se positionner au lendemain du premier tour de l’élection présidentielle. Comment appeler à battre le FPÖ au second tour tout en étant allié avec ce parti à l’échelle régionale ? Il n'a pas appelé à voter Alexander van der Bellen au second tour. Les responsables du parti ont eu beau dire que « personnellement » ils voteraient pour lui, attitude qui a provoqué la colère de nombreux militants opposés à toute compromission avec l’extrême droite, notamment à Vienne.

Cette pantalonnade a renforcé les partisans d’une alliance avec le FPÖ au niveau national. Au lendemain de la démission de Faymann, un débat interne s’est ouvert autour de cette possibilité, si l’occasion se présentait en cas d’élections anticipées. Ce débat a fait planer pendant quelques jours la menace d’une implosion du parti, avant que le nouveau chef du parti et chancelier ne soit désigné en la personne de Christian Kern, syndicaliste opposé à toute alliance avec l’extrême droite. A l’époque de la conclusion de l'accord au Burgenland, une manifestation contre cette alliance jugée contre-nature avait rassemblé 400 personnes à Eisenstadt, la capitale du Land. Mais les mentalités semblent avoir évolué. Selon un jeune militant socialiste autrichien cité par Le Monde, une consultation interne a révélé que 39% des adhérents du SPÖ se disent désormais prêts à travailler avec l’extrême droite.

Par ailleurs, au-delà d'avoir entretenu une dilution du clivage gauche-droite, le SPÖ a versé comme le font certains en France dans une course à l'échalotte avec l'extrême droite. Le gouvernement Fayman est à l’origine de mesures contraires à ses valeurs. Dernier exemple en date : la très contestée loi « d’état d’urgence » migratoire, inspirée par la politique de Victor Orban en Hongrie. Celle-ci limite le nombre de réfugiés autorisés à rester en Autriche à 37.500 par an et permet à l’administration de refouler des demandeurs d’asile à la frontière s’ils ne sont pas persécutés dans le pays par lequel ils arrivent. La loi restreint le regroupement familial, limite l’attribution de l’asile à 3 ans pour les ressortissants syriens, irakiens et afghans, et rétablit la frontière du col de Brenner avec l’Italie ce qui est contraire aux règles de l’espace Schengen. Elle a été adoptée de concert par les socialistes et les conservateurs. L’extrême droite l’a rejetée parce qu’ils ne la trouvaient pas assez dure, les écologistes et les libéraux ont voté contre pour la raison inverse.

En résumé, une manœuvre politique qui consistait à doubler le FPÖ par la droite n’a généré aucun gain politique pour les socialistes, sans compter les conséquences désastreuses pour les réfugiés. Ironie de l’Histoire, elle a été adoptée le lendemain du premier tour de l’élection présidentielle, alors même que les deux partis qui la défendaient y ont rassemblé, ensemble, 22% des voix.

La loi migratoire est l’illustration extrême d’une coalition qui amène les sociaux-démocrates à la compromission la plus totale, sans aucun gain électoral. Les électeurs ont fini par mettre définitivement dans le même sac sociaux-démocrates et conservateurs, qu’ils voient comme les garants d’un même système.

L'attitude du PSE et des sociaux-démocrates européens dans cette affaire tient tout autant de la politique de l'autruche que d'une sorte de neutralité complice.

Le PSE continue de compter dans ses rangs Robert Fico, premier ministre slovaque, qui s'est à nouveau allié au niveau national avec l'équivalent local d'Aube Dorée. Le Président du PSE, le Bulgare Sergueï Stanishev - réélu au dernier congrès du PSE en juillet 2015 à Budapest avec 69% des voix des délégués face à .... aucun candidat (son seul challenger l'Espagnol Enrique Baron Crespo s'était retiré sous d'"amicales pressions") -, s'est allié avec un parti ultra nationaliste bulgare.

Le PS avait l'occasion de ruer dans les brancards au congrès de Budapest, et à un moment on pu croire que les délégués socialistes français y aurait mandat pour bousculer le congrès et créer un nouveau rapport de force, et que Les divisions au sein de la délégation SPD permettraient de bouger les lignes. Et d'ailleurs, ça commençait à bouger un peu, tellement ce congrès tournait au grotesque.

Mais finalement, les sociaux-démocrates scandinaves ont été lâches, allant chercher leurs ordres chez Martin Schulz, actuel président SPD du parlement européen et ancien candidat du PSE à la présidence de la Commission européenne, et celui-ci n'eut besoin que de laisser sous entendre que Jean-Christophe Cambadélis pourrait perdre sa vice-Presidence, s'il s'opposait à son complice Stanishev, pour que ce congrès s'achève sans débouché politique.

Ce congrès a démontré à l'extrême que le bateau PSE est vermoulu, pourri de l'intérieur, et que des partis nationaux aussi peu intéressés par un débat de politique européenne, centrés sur des intrigues d'influence minables et des agendas ultra-nationaux, avec des groupes d'activistes roumains ou bulgares amenés sur deniers européens pour faire la claque, un fonctionnement tellement peu démocratique que la présidente de séance anglaise elle même ne croyait pas à ce qu'elle faisait, bref, de tels partis méritent sans doute ce qui leur arrive. Le PSE n'est ni européen, ni fédéraliste. Il est opportuniste. Comme les sociaux-démocrates autrichiens, une fois alliés aux fachos, une fois bien soulagés de la victoire d'un Ecolo pour lequel ils n'ont d'ailleurs pas appelé à voter. Le jour où le PSE menacera d'exclure les députés SPÖ et SMER de son groupe, et virera Stanishev - et donc Schulz, qui ne domine le PSE que par ces combines de politicard rance - il prouvera vouloir entamer sa rédemption européenne.

Le prolongement d'une dynamique national-populiste en Europe

L’Europe a suivi de près le scrutin en Autriche. Et pour cause : l’arrivée de l’extrême droite à la présidence d’un pays de l’Union européenne aurait été une première depuis la seconde guerre mondiale. Même si l’Autriche a peu d’influence sur les institutions européennes, un effet boule de neige était redouté par Bruxelles. Les autres partis d’extrême droite, notamment le FN en France et l'AfD en Allemange, peuvent se référer au bon score de Norbert Hofer. C’est la concrétisation d'une réalité plus que jamais objective, qui offre les éléments d'une rhétorique fonctionnelle consistant à répéter "ce qui s'est produit en Autriche peut devenir réalité dans d'autres pays".

Par ailleurs, dans d’autres pays européens, une droite très conservatrice est déjà au pouvoir. En Pologne, le gouvernement du parti conservateur et eurosceptique Droit et Justice (PiS) a entrepris une série de réformes sur le contrôle des médias et de la justice qui inquiètent l’Union européenne. Des mesures similaires ont déjà été prises en Hongrie par le conservateur Viktor Orban, qui est allié localement aux néo-fascistes du Jobbik. Les deux pays refusent également d’accueillir des migrants, tout comme la Slovaquie et la République tchèque.

Au-delà de ces situations, le score du FPÖ renforce le mouvement «anti- système» dans l’Europe toute entière, de la Scandinavie à la Méditerranée – symboliquement, le jour d’un deuxième tour de la présidentielle en Autriche, un parti d’extrême droite a fait son entrée au parlement de Chypre. La courte victoire d’Alexander Van der Bellen montre que cette ascension de la droite extrême en Europe n’est pas irrésistible mais elle est insuffisante pour être célébrée comme un coup d’arrêt, surtout quand ceux qui devraient être ses principaux adversaires s'accomodent parfaitement de la situation.

Frédéric FARAVEL

Norbert Hofer et Heinz-Christian Strache à Vienne le 22 avril. LEONHARD FOEGER / REUTERS

Norbert Hofer et Heinz-Christian Strache à Vienne le 22 avril. LEONHARD FOEGER / REUTERS

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19 mai 2016 4 19 /05 /mai /2016 13:53

sources : Grey-Britain ; The Guardian ; The Irish News ; An Phoblacht ; The Irish Times

Le-Parti-travailliste-perd-du-terrain-en-Grande-BretagneLe parti travailliste est bien en convalescence. Le parti dirigé, depuis septembre 2015, par Jeremy Corbyn, issu de l’aile gauche du Labour, était au centre des scrutins qui se sont déroulés jeudi 5 mai en Grande-Bretagne. Premier test pour un leader élu il y a 8 mois et sous le feu des critiques issues de son propre camp, les élections locales, avec des résultats contrastés, lui ouvrent, comme nous l’avions annoncé, une période de répit. Les travaillistes conservent la direction du gouvernement du Pays de Galles, sont balayés en Écosse mais se tiennent bien mieux qu’annoncé en Angleterre. Le travailliste Sadiq Khan est élu maire de Londres, troisième titulaire du mandat après le travailliste Ken Livingstone (2000-2008) et le très conservateur Boris Johnson (2008-2016).

Avec des pertes inférieures à 20 sièges, le parti travailliste résiste bien mieux que prévu au renouvellement d’un tiers des sièges de conseillers locaux en Angleterre. Par ailleurs, le travailliste Marvin Rees (en photo plus bas) arrache le siège de maire de Bristol au sortant, un indépendant. Le Labour dirige donc désormais les quatre villes anglaises dont le maire est élu directement par les citoyens : Bristol, Liverpool, Londres et Salford. Il devrait prendre facilement le fauteuil de maire du greater Manchester qui sera soumis au scrutin en 2017, dans le cadre d’une dévolution au Nord de l’Angleterre. Andy Burnham est pressenti pour le poste.

C’est une réelle performance pour un parti que les bookmakers donnaient grand perdant à 5 contre 2. En pourcentage, le Labour, avec une hausse de 4 points, passe devant les Conservateurs, qui enregistrent une baisse équivalente, sanctionnant les désillusions provoquées par la politique conservatrice.

Le parti eurosceptique et de plus en plus xénophobe UKIP continue sa progression régulière, remplaçant les Tories (conservateurs) dans un certain nombre de conseils et attirant une partie de l’électorat ouvrier blanc traditionnellement favorable aux travaillistes. Rappelons que la structuration sociale britannique fait la part belle aux communautés ethniques et religieuses.

[résultats complets des élections locales britanniques du 5 mai 2016]

Londres, victoire prévisible du Labour

sadiq-khan-manifes_3591843bC’est bien dans ce contexte qu’il faut comprendre pourquoi Sadiq Khan (en photo ci-contre), élu maire travailliste de Londres, est présenté par la presse française comme musulman. Ce fils d’un chauffeur de bus pakistanais et d’une couturière, né et élevé dans l’ensemble d’habitat social public Henry-Prince, a su faire partager sa volonté d’un Londres pour tous. Si les instituts de sondage ont observé une relative prudence, les conservateurs ont bel et bien acté rapidement la défaite de leur candidat, le millionnaire Zac Goldsmith. Les tories londoniens l’accusent d’avoir mené une campagne négative, axée sur les liens supposés de Sadiq Khan avec les milieux islamistes, alors même que Goldsmith a bénéficié du soutien de l’imam radical sensé incarné la connivence du Labour avec les musulmans radicaux.

A l’inverse, le travailliste a travaillé à « réconcilier les Londoniens avec Londres », se fixant comme objectif de réduire la fracture sociale exacerbée par les 8 ans de mandats de Boris Johnson. Ce dernier, comme le fait Cameron à la tête du pays, a approfondi le fossé entre les riches et les pauvres dans la capitale britannique, qui recense aujourd’hui un nombre record de milliardaires. Et où le prix moyen d’une habitation est de 446.000 £. Sadiq Khan a bénéficié du rejet de la politique gouvernementale dans une ville où 45 des 73 circonscriptions parlementaires sont tenues par le Labour.

Après recollement de la seconde préférence, Sadiq Khan obtient 57% des voix face à son principal adversaire, le tory Zac Goldsmith. En première préférence, qui a vu Khan dominer avec 44%, le troisième des 12 candidats, la Green Sian Berry, était reléguée à 6% des bulletins.

Le dépouillement a duré en raison, aussi, d’un deuxième scrutin : celui qui vise à désigner les membres de l’Assemblée du grand Londres. Forte de 25 membres, dont 14 élus par circonscriptions et 11 sur une élection par liste, elle a pour mission de faire contre-pouvoir face au maire. Ce dernier dispose d’un budget de 21 milliards de livres pour trois missions majeures : les transports, le logement et la sécurité. Au final, les travaillistes ont également remporté les élections pour la Greater London Assembly, emportant 12 des 25 sièges. Les tories en obtiennent 8, les Greens et UKIP 2 chacun et les LibDems 1.

En Angleterre, les travaillistes résistent bien

Marvin Rees, Labour’s candidate for Bristol Mayor at The Trinity Centre, Bristol. Date: 15/10/2015 Photographer: Simon Galloway/Staff. Copyright: Local World Marvin Rees, Labour’s candidate for Bristol Mayor at The Trinity Centre, Bristol. Date: 15/10/2015 - Photographer: Simon Galloway/Staff. Copyright: Local World

Il est vrai que le gouvernement de Cameron a enchaîné les faux pas. Plusieurs de ses projets, parmi les plus impopulaires, ont été retoqués, sans que le désamour des Britanniques pour les Tories n’en soit minoré. Dans la dernière semaine de campagne, les travaillistes ont modifié leur approche. Ils ont appelé les électeurs à utiliser le bulletin de vote Labour pour « envoyer un message à Cameron ». En Angleterre, le message semble être passé. Or, les travaillistes, grands vainqueurs du scrutin local précédent, ne pouvait décemment s’attendre qu’à des pertes. Ainsi, sur 34 metropolitan mayorals, les plus grandes villes, il en détenait déjà 32… De même, il disposait de deux des quatre maires élus directement par les citoyens ; il en détient désormais l'intégralité.

Le Labour ne déplore la perte que 11 sièges de conseillers alors que les prévisions tablaient sur 200 à 250 sièges en moins. Il conserve l’essentiel de ses bastions. Y compris dans le Sud de l’Angleterre, une région qui ne lui est pourtant pas favorable.

C’est dans cette partie du Royaume-Uni, où les swing voters sont nombreux que Corbyn était attendu. Ses opposants internes doutaient de la capacité de son discours, ancré à gauche, de fidéliser cet électorat sensible. Ils annonçaient déjà que le choix du nouveau leader du parti de critiquer l’austérité allait éloigner une frange de votants plus sensibles à un récit centriste. En conservant ses positions à Southampton, Crawley et Hastings, Corbyn a démenti les Cassandre blairistes.

Mais le Labour n’est pas encore sorti d’affaire. Dans le nord de l'Angleterre, les suffrages qu’il perd vont, pour beaucoup, vers les eurosceptiques de UKIP qui progressent avec régularité, confortant leur position d’opposants aux travaillistes devant des Tories en recul.

Grave alerte pour le Labour au Pays de Galles

leanne-wood-carwyn-jones-plaid-labourAu Pays de Galles, les conservateurs paient le prix fort de leur incapacité à gérer la crise de l’acier (11 sièges). Et UKIP fait une entrée remarquée à l’Assemblée nationale galloise (en anglais National Assembly for Wales, en gallois Cynulliad Cenedlaethol Cymru) avec 7 élus. Les travaillistes reculent d’un siège (29), alors qu'ils disposaient jusqu'ici de la majorité absolue.

ci-contre : Carwyn Jones et Leanne Wood

Les nationalistes de gauche Plaid Cymru renouent avec les victoires électorales et 12 élus. Leur charismatique leader, Leanne Wood, a battu un ministre régional travailliste sur un duel. Les Libéraux-démocrates conservent un siège.

Premier ministre sortant et leader des travaillistes gallois, Carwyn Jones a expliqué les reculs de sa formation par les dissensions internes au Labour et notamment au Parliamentary Labour Party (PLP, le groupe parlementaire de la Chambre des Communes). Cela ne suffira pas sur la durée. S’étant toujours considéré comme dans son fief, le Welsh Labour n’a pas été en capacité de prendre en compte les nouvelles aspirations d’une population qui souffre, certes, de la politique conservatrice mais aspire aussi au renouvellement de sa représentation politique.

L’assemblée nationale du Pays de Galles s’est donc réunie mercredi 11 mai pour élire son gouvernement local. Carwyn Jones pensait retrouver son poste de premier ministre dans un fauteuil. Mais la réunion a viré à la crise politique et le Pays de Galles a été privé de gouvernement durant 7 jours. Un premier bras de fer est survenu à l’occasion de l’élection du président de l’assemblée, le Presiding Officer (l’équivalent du leader de la Chambre des Communes). Plaid Cymru a réglé, à cette occasion, ses comptes avec son ancien leader, Dafydd Elis-Thomas, qui avait soutenu un candidat Labour au poste de crime commissioner, et avait décidé de se présenter contre l’avis de son parti au "perchoir" du Pays de Galles. C’est Elin Jones, soutenu par la direction de Plaid Cymru, qui a remporté le scrutin à bulletins secrets à l’issue d’un vote serré. Le Labour ne pouvait pas se réjouir de cette issue, car il avait deux candidats au poste d’adjoint.

Au moment de l’élection du Premier Ministre du Pays de Galles, le travailliste Carwyn Jones a été opposé à Leanne Wood, considérant la candidature nationaliste comme une simple posture. Mais les élus conservateurs et ceux de UKIP ont voté pour Leanne Wood. L’abstention du Lib-Dem a généré un résultat nul. Avec 29 voix pour chacun des candidats, le Labour a subi un camouflet inattendu. Les nationalistes gallois ont fermement démenti tout accord avec les conservateurs et UKIP, si jamais leur candidate était finalement élue, s'engageant à présenter un gouvernement minoritaire.

Les travaillistes gallois avaient continué à agir comme si Plaid Cymru était toujours un parti de second rang. Certes, les nationalistes n’ont emporté qu'un siège supplémentaire, mais c'est celui de leur leader au cœur du bastion travailliste du Sud du Pays de Galles. Par ailleurs, leurs scores sont partout en hausse et ils sont parvenus à élargir leur base à des habitants strictement anglophones. Le Welsh Labour se raccroche à l'idée de n’avoir perdu qu’un siège quand on lui annonçait trois pertes.

Finalement, mercredi 18 mai, l’assemblée nationale galloise a réélu Carwyn Jones comme premier ministre, après que les travaillistes et Plaid Cymru ont trouvé un accord le 17. Scellé par une déclaration commune des deux partis, il met fin à une situation de blocage politique. Après avoir passé plusieurs jours à se renvoyer l’accusation d’arrogance, le Welsh Labour et Plaid Cymru ont fini par se retrouver autour de la table des négociations. L'accord ouvre la voie à un cabinet travailliste minoritaire dont Carwyn Jones conserve la tête. Le Labour et les nationalistes ont publié un texte commun mettant en avant l’engagement du futur premier ministre gallois à mettre en œuvre des politiques « de nature à permettre des accords transpartisans ».

L’élection de Jones met fin, provisoirement, à une énième dépression dans les rapports complexes entre le Labour et Plaid Cymru. De 2007 à 2011, les deux partis de gauche avaient gouverné ensemble. Cette alliance, rendue incontournable par le score record alors obtenu par les nationalistes, s’était terminé dans la rancœur. L’élection de Carwyn Jones ce 18 mai ouvre une nouvelle ère avec un « soutien sans participation » de Plaid Cymru à la majorité relative travailliste. Leanne Wood a bien précisé que l’accord ne valait pas « coalition » et que « le Labour ne doit rien considérer comme acquis ». Jones devra redoubler de finesse pour s’assurer une majorité à chacun de ses textes. Il devrait donner des gages à gauche notamment sur l’éducation et la santé pour conforter l’accord avec les nationalistes.

Cette expérience pourrait aussi donner des idées à l’équipe de Corbyn. Le leader travailliste n’est pas hostile à des alliances politiques nouvelles avec les nationalistes gallois et avec les Greens pour construire une majorité à Westminster en vue des élections générales de 2020.

[résultats complets pour l'Assemblée nationale galloise]

En Écosse, les indépendantistes de gauche achèvent de remplacer les travaillistes

leadersLes élections au Parlement écossais ont fini par entraîner le Labour écossais dans les limbes.

les leaders des partis écossais (à gauche Ruth Davidson, au centre Nicola Sturgeon, deuxième en partant de la droite Kezia Dugdale)

Alors que les travaillistes considéraient, il y a encore dix ans, l’Écosse comme leur bastion, ils viennent de concéder leur troisième défaite consécutive, après en avoir été quasiment chassé l'année dernière par le Scottish national party (SNP, indépendantistes de gauche) lors des élections générales de mai 2015 (Le SNP avait remporté 56 sièges sur les 58 représentants l’Écosse à la Chambre des Communes, n'en laissant qu'un au Labour et un aux Tories - illustration ci-dessous - résultats complets de mai 2015). Le Labour reste, en pourcentage, la deuxième force politique écossaise, au parlement régional, ils ont cependant perdu 10 points et sont désormais devancés par des conservateurs menés par la populaire Ruth Davidson. Les Scottish Tories enregistrent un gain de 16 sièges au parlement régional.

general_elections_map_UK_2015

Cependant le SNP a perdu 6 sièges et n'est pas parvenu à renouveler sa majorité absolue ; il semble avoir atteint un palier. Le parti dirigé par la première ministre Nicola Sturgeon enregistre malgré tout une troisième victoire consécutive, son premier succès personnel en tant que leader du SNP. Les gains en voix du SNP au scrutin majoritaire (+1,1 points) ne compensent pas le léger recul sur le scrutin proportionnel (-2,3 points) ; surtout cela masque mal que des circonscriptions clé ont basculé aux Libéraux-démocrates ou aux conservateurs, qui engrangent sans doute des résultats dans l'électorat opposé à l'indépendance (Les travaillistes écossais étaient divisés sur la question, alors que le Labour était traditionnellement le représentant régional de l'unionisme). Nicola Sturgeon, qui bénéficiera d'une majorité indépendantiste au Parlement régional grâce au soutien des 4 députés Scottish Greens, doit se préparer à freiner l’usure inhérente à l’exercice du pouvoir. Pour l’heure, elle peut savourer son bonheur : dans l’électorat de gauche, le SNP a remplacé le Labour.

L’arrivée en septembre 2015 de Jeremy Corbyn à la tête du parti sur une ligne de rupture avec le New Labour est intervenue trop tard pour enrayer la déroute annoncée. L’électorat de gauche se trouvait, d’ores-et-déjà, dans le giron indépendantiste. De surcroît, la seule remise en avant d’un programme de gauche se révèle insuffisante pour inverser la vapeur, dans un contexte politique désormais nettement polarisé autour de la question nationale. Ceci explique notamment l’échec de la leader locale du Labour, Kezia Dugdale, dont le discours anti-austéritaire peine à masquer sa difficulté à définir la conception travailliste du maintien de l’unité du royaume.

Le Labour Party – et Corbyn au premier chef, qui a besoin de rétablir une assise en Écosse s'il veut consolider les positions du Labour et ne pas être dépendant d'éventuels futurs « partenaires » d'une coalition à construire – aurait pourtant tout intérêt à permettre la conduite des affaires par un gouvernement régional SNP minoritaire tout en déplacement les enjeux de la question nationale à la question sociale.

[résultats complets pour le Parlement régional écossais]

Statu quo en Irlande du Nord

2015-12-19_new_15513755_I1Le principal enjeu de ce scrutin, alors que les accords de paix du Good Friday (1998) prévoient un partage du pouvoir entre catholiques et protestants, était de savoir si les Républicains de Sinn Féin, profitant de la poussée démographique de la communauté catholique, pouvaient prétendre au poste de Premier ministre. Chez les unionistes protestants, le Democratic Unionist Party (DUP), majoritaire, a mené son « project fear » pour mobiliser, à son profit, son électorat face à la « menace catholique » (un attentat à la bombe perpétré à Belfast contre un gardien de prison en mars dernier par le groupe terroriste dissident new IRA leur a énormément facilité la tâche).

ci-contre : Martin McGuinness, vice premier ministre (SF) et Arlene Foster, première ministre (DUP)

Il semble y avoir réussi et Sinn Féin a de nombreuses raisons d'être déçu de cette année 2016 après une relative contre-performance lors des élections générales en République d'Irlande en février dernier (13,8%, +4 points, + 9 sièges, mais à comparer avec les 19,5% des élections européennes de mai 2014).

L'électorat nationaliste et républicain semble s'être moins mobilisé que les Loyalistes : Sinn Féin perd 2,9 points à 24% et un siège avec 28 députés ; les nationalistes modérés du Social Democratic and Labour Party (qui dominaient électoralement la communauté catholique dans les années 1980-1990) continuent leur décrue constante en perdant 2,2 points à 12% et 2 sièges avec 12 députés. Comparativement, les deux partis unionistes concurrents perdent aussi des voix mais en moindre importance : DUP 29,2% (-0,8 point), maintien à 38 députés ; UUP 13,2% (-0,6 point), maintien à 16 députés.

Le parti de l'Alliance – qui veut dépasser les clivages politiques « confessionnels », mais au projet politique flou – atteint 7% (-0,7 point) et conserve ses 8 sièges. Les écologistes du Green Party triplent leurs suffrages passant de 0,9 à 2,7% et double leur représentation avec deux députés. Les plus raides des unionistes – Traditional Unionist Voice – passent de 2,5 à 3,4% et conservent leur unique député. Enfin, le petit parti de gauche anti-austérité People before Profit Alliance (également présent en République d'Irlande) et lié aux partis trotskystes irlandais et britannique Socialist Workers Party est la seule nouveauté de ce scrutin et réunit 2% des suffrages et réussit à faire élire deux députés.

local_elections_UK_mai_2016En conséquence, c'est le statu quo à Stormont et les quatre principaux partis nord-irlandais vont à nouveau co-gérer la province, le DUP recueillant le poste de Premier Ministre avec sa leader Arlene Foster et Sinn Féin continuant d'occuper le poste de Vice Premier Ministre avec Martin McGuinness, ancien leader de l'IRA, dans ce rôle depuis 2007.

[résultats complets pour le parlement nord-irlandais]

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Au final, le paysage politique britannique global sort pratiquement inchangé de ce premier scrutin après la victoire surprise de David Cameron aux élections générales il y a tout juste un an. Beaucoup de partis socialistes ou social-démocrates auraient aimé avoir des résultats comme celui du Labour Party à l'issue de ces élections locales, car si on met de côté l'Ecosse, le Royaume-Uni apparaît bien rouge dans sa carte locale. Cependant, pour le leader du Labour, il devient urgent de passer à la vitesse supérieure. Il doit faire valoir ces résultats plutôt encourageants, pour démontrer que son programme de gauche n’est pas un repoussoir électoral. C’est ce à quoi s’est employé Jon Trickett, député à Westminster et coordinateur de la campagne du Labour pour cette séquence électorale : « Le rôle du Labour sous la direction de Jeremy Corbyn est bien de continuer à reconstruire la confiance, restaurer l’espoir et poser les fondations pour une alternance politique et une Grande-Bretagne meilleure dès 2020. »

L’aile droite travailliste avait annoncé une déroute, menaçant Corbyn d'un putsch si le parti perdait plus de 250 conseillers. Malgré l'invalidation de son pari, elle n’entend pas lui faciliter la tâche sur ce sujet même si elle a acté que Corbyn est bien là pour durer.

En parallèle des élections locales, le Labour conserve deux parlementaires

A côté des élections locales, peu d’observateurs ont relevé que le parti travailliste a conservé deux sièges de parlementaires lors d’élections partielles tenues également le 5 mai 2016. Le Labour remporte le scrutin à Sheffield Brightside and Hillsborough ainsi qu’à Ogmore, au Pays de Galles. Dans les deux cas, la majorité est nette.

Corbyn-avec-Gill-FurnissDans la circonscription de Sheffield Brightside and Hillsborough, Gill Furniss tentait de succéder à son mari, décédé d’un cancer, neuf mois après avoir été élu. La travailliste a obtenu 62% des voix. Le candidat de UKIP est arrivé en deuxième position avec 22%, suivi par les LibDems (6,1%).

ci-contre : Gill Furniss et Jeremy Corbyn

Les conservateurs n'obtiennent que 5,6%). Le Labour progresse de 5,8 points alors que UKIP recule de 2,2 et que les conservateurs chutent de 5,4 points.

A Ogmore, le Welsh Labour ne pouvait pas se permettre de perdre. Il fait élire Chris Elmore, un ancien apprenti boucher âgé de 32 ans, avec 52,6% (-0,3 point). UKIP hisse sa candidate en deuxième place 16,2% (+1,2 points). Plaid Cymru récolte la 3e place avec 15,7% (+5,6 points). Les conservateurs perdent 3,3 points à 12,6% ; les LibDems sont insignifiants avec 3%. Chris Elmore succède à Huw Irranca-Davies, député à Westminster depuis 2002, qui a démissionné pour se faire élire à l’Assemblée nationale galloise.

Après les élections locales, Jeremy Corbyn peut se permettre de rappeler les parlementaires à l’ordre

Labour party leader Jeremy Corbyn speaks during Prime Minister's Questions in the House of Commons, London.

La réunion du PLP promettait d’être agitée au lendemain des élections locales. Les opposants au leader travailliste avaient fourbi leurs armes sur les plateaux de télévision. Certains voyaient dans l'affirmation de Sadiq Khan de mettre un terme à une stratégie de forte confrontation entre les camps une fenêtre d'opportunité (y compris en France, un politologue proche de Manuel Valls salua sa prise de position l'interprétant comme une remise en cause de la stratégie « classe contre classe » qu'il attribue à Corbyn).

Or, lundi 9 mai en fin d’après-midi, Jeremy Corbyn a pris ses adversaires par surprise en tirant le premier. Il a demandé aux membres du parlement de cesser les polémiques les uns contre les autres en public et de concentrer leurs tirs sur les conservateurs. D'une certaine manière, on peut désormais se demander si l'intervention de Sadiq Khan n'avait pas été « téléphonée » avec « Jez » et qu'elle n'était pas un appel à moins de critiques contre la politique économique conservatrice mais un appel à ne pas dresser de camps retranchés dans le PLP contre Corbyn.

Il a précisé qu’il n’attendait pas d’eux qu’ils soient aux ordres : « Je n’attends pas et je ne veux pas de loyauté aveugle, mais nos adhérents et sympathisants attendent de nous que nous soyons totalement concentrés sur les conservateurs. Nous devons au moins nous respecter les un et les autres à défaut d’être unis. » Il a souligné que nombre de retours d’adhérents du parti avec lesquels il a discuté témoignent qu’ils en ont assez de voir leurs représentants au parlement « parader dans les médias pour faire la course au commentaires » sur le destin du Labour party.

A la lumière des résultats, moins catastrophiques qu’annoncés, Jeremy Corbyn a estimé que le parti n’était pas encore prêt pour gagner les prochaines élections générales, mais qu’il allait dans la bonne direction : « Soyons clair. Les résultats sont mitigés. C’est seulement la première étape pour construire une majorité électorale, convaincre des électeurs qui votent pour les autres partis et mobiliser ceux qui ont tourné le dos à la politique, à l’image de ce que nous avons fait à Londres et Bristol. »

Il a rappelé les projections de la BBC, ou le Labour devance désormais d’un point les conservateurs, alors qu’un an auparavant, ces derniers avaient une avance de 7 points.

Lors de la réunion du PLP, on a pu constater que le chemin était encore long. L’aveuglement de certains perdurent, notamment sur le Pays de Galles, où l’on préfère mettre en avant le fait que la polémique sur l’antisémitisme et les propos de l’ancien maire de Londres, Ken Livingstone, qui auraient fait perdre des voix. Certains refusent encore d’admettre que Plaid Cymru est en train de reprendre du terrain au cœur des bastions du Labour comme le démontre l’élection de la porte-parole du parti Leanne Wood.

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Published by Frédéric FARAVEL - dans Europe Socialisme(s) européen(s)
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28 avril 2016 4 28 /04 /avril /2016 11:23

Le lundi 18 avril 2016, l'école de formation proposait à ses participants un panorama historique et politique des gauches européennes. Rémi Lefebvre, professeur à l'université Lille-2, ayant été empêché pour des raisons professionnelles de faire l'intervention prévue ce soir-là, j'ai donc assuré l'intervention.

Alors que la social-démocratie traverse une période de crise prolongée, mêlant tout à la fois des raisons stratégiques, sociologiques et idéologiques, il est utile de regarder quelle est la situation réelle de la gauche en Europe dans sa diversité. Social-démocratie, écologie politique, gauche radicale, les situations varient évidemment énormément selon les réalités nationales, mais de grandes lignes de lecture peuvent se distinguer à l'échelle européenne. Il était donc utile de faire le point sur les convergences, les divergences, les opportunités et les impasses au moment où la gauche espagnole négocie dans des conditions difficiles pour savoir si elle est capable de proposer un nouveau gouvernement.

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Vous trouverez ci-dessous les vidéos de la séance.

 

29e séance de l'école de formation sur le panorama des gauches européennes le lundi 18 avril 2016

29e séance de l'école de formation sur le panorama des gauches européennes le lundi 18 avril 2016

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24 avril 2016 7 24 /04 /avril /2016 23:28

En ce dimanche 24 avril 2016, les électeurs autrichiens ont placé le candidat du FPÖ en tête du premier tour de l'élection présidentielle à 37%, loin devant les partis habituels de gouvernement - SPÖ, sociaux-démocrates et parti du Chancelier, et ÖVP, conservateurs et partenaires du Chancelier, chacun à 11% - ou son désormais challenger écologiste à moins de 20%.

Le SPÖ a refusé de donner des consignes de vote pour le second tour.

Évidemment, les réseaux sociaux s'enflamment et s'indignent. Décidément, pour les uns, les Autrichiens seraient indécrottables et pour les autres ce qui le disent seraient de dangereux naïfs.

Je lis ainsi des commentateurs "autorisés" nous expliquer que la raison de la victoire relative de l'extrême-droite au premier tour de l'élection présidentielle autrichienne est "l'insécurité culturelle"... Insistant sur le très faible taux de chômage (5,8%), ils font à nouveau du piège identitaire la nouvelle boussole de "leur gauche" (peut-on encore l'appeler comme cela ?).

Pourtant en Autriche, pas d'immigration massive non plus pour justifier les obsessions des identitaires à la sauce Valls/Le Guen. Donc où serait le problème ?

Depuis 60 ans, le compromis gouvernemental permanent entre conservateurs et sociaux-démocrates a effacé le clivage droite-gauche (sans oublier l'ultime brouillage de l'alliance régionale SPÖ/FPÖ), éteint toute alternative politique réelle et sous l'effet de la pression néolibérale et ordolibérale il a mis sur la défensive classes populaires et moyennes. Encore une fois, ce sont les questions économiques et sociales et celle de la souveraineté populaire qui produisent la montée du national-populisme. Sans message émancipateur conséquent la gauche socialiste ne peut pas lutter. Reprendre le message national-identitaire ne fait qu'aggraver le problème ! Cette analyse est évidemment valable pour d'autres pays européens, et notamment la France.

Considérer que la mise en cause de l'émancipation républicaine, du progrès social et de la souveraineté populaire soit un problème identitaire serait la seule manière de faire le lien : on a bien compris que ce n'est pas là le fond de la thèse de "l'insécurité culturelle". C'est là où il y a eu dérapage dans l'initiative du Printemps Républicain, dont le manifeste (que j'ai signé, donc qu'on ne me fasse pas le coup de me tromper d'adversaire et d'être aveugle à ces sujets) prétendait défendre une vision combattante généreuse de l'identité républicaine pour une expression de l'identité républicaine qui définit un ennemi intérieur : islamistes, islamo-gauchistes, gauche soixante-huitarde laxite et naïve. La République vivra si elle émancipe et si elle rassemble, sans rien négliger de tous ses adversaires, mais tout réduire comme cela a été fait n'est pas plus efficient en terme électoral. Ce n'est qu'en améliorant les conditions de vie des gens, en redonnant un rôle et une centralité à la majorité sociale du pays (tant du point de vue démocratique que social) que nous reprendrons du poil de la bête. Toute autre stratégie, celle suivie par Manuel Valls, Jean-Marie Le Guen, et même François Hollande, ne conduira qu'à opposer entre eux des concitoyens qui partagent les mêmes difficultés et les mêmes peines, en offrant un boulevard au FN qui profite de cette confusion pour remplacer dans le débat politique et dans l'imaginaire des électeurs la question sociale par la question identitaire en recevant de fait caution et crédibilité par l'exécutif et ses soutiens.

Que la crise des réfugiés attise encore plus des situations instables où l'extrême-droite joue sur les angoisses de populations fragilisées est assez évident. Que la réalité migratoire soit présente ou lointaine par ailleurs. Le fait que la question des réfugiés aient dominé la campagne présidentille ne change rien au raisonnement. On peut même se dire que dans certains pays la machine à fantasme fonctionne d'autant mieux que l'immigration est absente ou quasi (Autriche, Slovaquie... Quant à la Hongrie, Orbán aurait pu rassurer ses électeurs : personne ne veut y rester) mais la réalité est qu'à force de voter sans que rien ne change, à force de voter et que la situation concrète se dégrade dans la vie quotidienne depuis que la machine à déstructurer les modèles de protection sociale s'est mise en marche, il apparaît légitime aux électeurs de se demander à quoi cela sert de voter ÖVP ou SPÖ (ou à quoi cela sert de voter tout court) et qu'il est plus facile pour les nationaux-populistes de remplacer la question sociale par la question identitaire.

Cela devient consternant quand des "responsables" de "gauche" valident ce remplacement et crédibilisent les thèses de l'extrême-droite plutôt que de reconstruire des perspectives émancipatrices et démocratiques concrètes.

Frédéric Faravel

résultats du premier tour de l'élection présidentielle autrichienne du dimanche 24 avril 2016 (infographie TV autrichienne)

résultats du premier tour de l'élection présidentielle autrichienne du dimanche 24 avril 2016 (infographie TV autrichienne)

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2 mars 2016 3 02 /03 /mars /2016 14:44

Je vous recommande de lire ci-dessous l'excellent article d'analyse paru dans La Tribune lundi 29 février sous la plume de Romaric Godin. En effet, la République d'Irlande loin d'être un finisterre de l'Europe est un Etat totalement partie prenante de la construction européenne et membre de la zone euro, à la différence de son grand voisin et ancienne métropole coloniale britannique.

Longtemps structurée par les seules rivalités entre partis issus du nationalisme irlandais (alternance entre Fianna Fail et Fine Gael qui s'étaient séparés en 1922 sur la question de savoir à quel degré d'autonomie et/ou d'indépendance pouvait accéder l'Irlande alors que la Grande Bretagne la menaçait d'une guerre totale si les Républicains n'acceptaient pas la partition de l'île et le traité qu'elle voulait leur imposer), les effets de la dérive de la construction européenne et de l'austérité imposée à tous changent désormais profondément la structure du paysage politique de la République d'Irlande.

Le Sinn Féin - républicains irlandais de gauche - apparaît à nouveau comme une force politique majeure grâce à l'implication récente de ses dirigeants nordistes (branche politique de l'IRA) dans les affaires du sud ; il a engagé depuis plusieurs années une campagne politique contre l'austérité, sur des fondements socialistes démocratiques, sans abandonner l'espoir d'une réunification républicaine de l'Irlande. Ces élections générales sonnent cependant comme une déception pour les Républicains irlandais : portés par leur lutte contre l'abrogation de la gratuité de l'eau, ils auraient pu espérer devenir le 2e parti de la République avec près de 20% des intentions de vote ; ils arrivent en quatrième position derrière le Fine Gael (du premier ministre sortant Enda Kenny), le Fianna Fail et les candidats indépendants en termes de suffrages avec 13,85%, mais ont obtenu quelques 23 sièges dans le nouveau Dail. Leur campagne a fait les frais de quelques erreurs de communication mais aussi dans les dernières semaines d'une véritable campagne de haine comparable à la menace d'un défilé de chars soviétiques sur les Champs Elysées en cas de victoire de la gauche française en 1981. Cependant, les deux grands partis irlandais ne peuvent plus prétendre dominer seuls la politique irlandais ; ils ne peuvent plus compter non plus sur le petit parti travailliste irlandais (6,6% des voix - 6 sièges : autant qu'un petit parti de gauche anti-austérité) qui leur servait de force d'appoint et à perdu 13% des suffrages en 5 ans pour avoir mené aux côtés du Fine Gael la politique ultra-libérale imposée par la commission européenne.

La leçon est implacable pour la gauche européenne qui ferait bien d'observer de plus près la recomposition en cours en République d'Irlande.

Frédéric FARAVEL

Elections en Irlande : les trois leçons pour l'Europe

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La lourde défaite de la coalition sortante en Irlande est aussi une défaite pour la stratégie économique des autorités européennes à l'oeuvre depuis 2010. Quels enseignements tirer du scrutin irlandais ?

Les élections irlandaises du 26 février n'étaient pas qu'un test pour le gouvernement sortant du Taoiseach (premier ministre) Enda Kenny, c'était aussi une épreuve électorale pour les politiques imposées par les autorités européennes à partir de 2010 à ce pays comme au quasi-reste de la zone euro. Car la politique de la coalition sortante, qui regroupait le Fine Gael du premier ministre et les Travaillistes du Labour, n'est pas celle du programme de ces partis lors des précédentes élections, c'est celle qui a été imposée par la troïka (BCE, FMI, Commission européenne). Lorsque, en avril 2011, le nouvel exécutif a tenté, comme il s'y était engagé, de faire payer les créanciers des banques plutôt que les contribuables, la BCE, alors dirigée par Jean-Claude Trichet, l'a forcé à faire marche arrière, menaçant de « lancer une bombe sur Dublin », autrement dit, de sortir "manu militari" l'Irlande de la zone euro si elle désobéissait.

« Élève modèle »

A partir de 2013, l'Irlande a eu le statut « d'élève modèle » de cette politique : premier pays à sortir du « programme » de la troïka, premier à revenir sur les marchés, premier à retrouver une croissance entretemps devenue très rapide. En mars 2014, le Parti populaire européen (PPE) avait choisi Dublin pour lancer sa campagne pour les élections européennes, laquelle avait abouti à la nomination de Jean-Claude Juncker, le candidat soutenu par Angela Merkel, à la présidence de la Commission. La chancelière n'avait alors pas assez de louanges pour Enda Kenny. Un an plus tard, alors que l'Eurogroupe tentait de briser la volonté de changement du nouveau gouvernement grec, Wolfgang Schäuble, Jeroen Dijsselbloem et ce même Jean-Claude Juncker n'en finissaient pas de se référer, inlassablement, à l'exemple de l'Irlande, pour justifier le prétendu succès des « réformes ».

Échec cuisant pour Enda Kenny... et les dirigeants de la zone euro

C'est dire si le bilan d'Enda Kenny doit être identifié à celui des dirigeants de la zone euro. Et donc, si son échec est aussi le leur. Or, cet échec est cinglant. Sur les « premières préférences » (les Irlandais établissent des votes par ordre de préférence), le Fine Gael et le Labour obtiennent respectivement 25,52% et 6,61 %. Ces 32,13% des voix représentent un recul de 23,6 points. 43% de l'électorat de la coalition en 2011 l'ont abandonné vendredi dernier. Certes, le Fine Gael demeure la première force d'Irlande, mais c'est une bien piètre consolation : il revient sous son score de 2007, à un niveau assez traditionnel. Bref, il retrouve son électorat habituel alors que la crise lui donnait l'opportunité de remplacer le Fianna Fáil comme parti dominant de la politique irlandaise. Surtout, Enda Kenny aura bien du mal à constituer une nouvelle coalition.

Cette défaite est donc aussi la défaite des autorités européennes. Aussi, ces dernières seraient-elles bien inspirées de retenir quelques leçons de ce scrutin irlandais de 2016.

1ère leçon : la croissance ne suffit pas

Le premier enseignement de l'élection est que la croissance du PIB ne suffit pas à effacer les effets négatifs de l'austérité et des « réformes ». Cet enseignement était déjà apparu clairement après les élections espagnoles du 20 décembre. Les taux de croissance, dont se félicitent les autorités européennes, ne représentent en effet qu'une partie de la réalité. Mais c'est oublier que cette prospérité est forcément très inégale car elle est fondée sur un abaissement du coût du travail. Ainsi, les ménages les plus fragiles sont encore plus fragilisés par une précarisation accrue de l'emploi, des salaires faibles, des transferts sociaux réduits et des services publics dégradés.

> L'erreur d'Enda Kenny

Enda Kenny a donc commis une erreur fondamentale en niant cette situation et en centrant son discours sur la « poursuite de la reprise », alors que la majorité des Irlandais vivent encore un quotidien marqué par les mesures d'austérité. Dès lors, la crédibilité de son discours a fondu comme neige au soleil. En deux semaines, son parti a perdu cinq points dans les sondages. Les électeurs ont compris, non sans raison, son slogan sur la reprise comme un simple déni de réalité.

> Une croissance malgré l'austérité, pas grâce à l'austérité

L'autre élément, plus propre à l'Irlande, est que la croissance du pays n'est, en réalité, pas le fruit de l'austérité. Elle est le fruit de la stratégie d'attractivité du pays pour les grandes multinationales, stratégie centrée sur la faiblesse des impôts sur les sociétés. Or, là encore, les électeurs irlandais n'ont pas été dupes. Ils savent que la croissance « à la chinoise » du pays ne leur profite pas parce qu'elle est dopée artificiellement par les transactions de ces groupes mondiaux dont la présence n'améliore que très partiellement la vie quotidienne des Irlandais. Le discours d'Enda Kenny - soutenu implicitement par les Européens -, qui consistait à lier la croissance du pays à la politique d'austérité, est donc apparu à la fois déconnecté du terrain et mensonger. Les Irlandais savent que la croissance est revenue en dépit de la politique de la coalition, non grâce à elle. Ils n'ont donc pas été « ingrats » ou « irréfléchis », mais bien logiques et réfléchis en sanctionnant le gouvernement sortant.

> Un modèle « non inclusif »

La leçon à retenir pour l'Europe est qu'il convient de remettre en question cette logique de « réformes » visant à abaisser le coût du travail. Cette stratégie est économiquement discutable et conduit à des croissances « non inclusives », pour reprendre les mots des grands instituts économiques européens. S'extasier sur des chiffres est donc inutile et contre-productif : la zone euro, pour survivre, doit promouvoir un modèle de croissance « inclusif ».

2e leçon : la destruction des systèmes politiques

La deuxième leçon est politique. Comme en Grèce et en Espagne - et dans une moindre mesure au Portugal -, les « réformes » et l'austérité ont fait exploser le système politique traditionnel. La cause en est évidente. En Irlande, lorsque la deuxième phase de la crise a débuté, en novembre 2010, le gouvernement Fianna Fáil de Bertie Ahern a tenté de réduire l'ajustement en faisant participer les créanciers au sauvetage des banques, seule source du déficit public. Mais la BCE a menacé le gouvernement, lequel gouvernement a finalement reculé, acceptant le « programme » de la troïka. En avril 2011, le nouveau gouvernement d'Enda Kenny a fait la même tentative - c'était sa promesse - mais comme la BCE a réagi de même, le gouvernement a, de nouveau, fait machine arrière. L'électorat a tiré de ces événements une conclusion très simple: les trois partis traditionnels du pays mènent la même politique et sont incapables d'imposer leurs vues à la zone euro - ils sont donc inutiles. Certes, en Irlande, l'alternance a toujours été rare et peu signifiante, les deux partis étant de centre-droit. Jusqu'en 2011, cette alternance de forme permettait au système politique de fonctionner. Ce n'est plus le cas aujourd'hui. Les Irlandais ont besoin d'une vraie alternance et le caractère factice du système politique traditionnel apparaît au grand jour. Ceci a conduit à un pays difficilement gouvernable.

> Fianna Fáil en hausse, mais pas assez pour sauver les partis traditionnels

Certes, Fianna Fáil obtient un beau score au regard de ses espérances de début de campagne : 24,35 % des voix, soit 6,8 points de plus qu'en 2011. Mais compte tenu du mécontentement général, cette hausse demeure bien réduite. L'ancien parti dominant de l'Irlande qui, jadis, était capable de rassembler dans toutes les classes de la société n'a pu récupérer que moins d'un tiers des déçus de la coalition. Pour se convaincre que ce score du Fianna Fáil est médiocre, il faut se souvenir qu'il s'agit du deuxième plus mauvais score depuis 1927... après celui de 2011. Bref, le Fianna Fáil n'apparaît pas vraiment comme une alternative. Les deux grands partis ensemble ne cumulent, du reste, que 49,9 % des voix, un record historique de faiblesse. Jamais Fine Gael et Fianna Fáil n'avaient mobilisé moins de la moitié de l'électorat. En 2007, par exemple, ils cumulaient 69 % des voix.

> Poussée de la gauche radicale

Les déçus de la politique d'austérité sont donc allés ailleurs. Mais les Irlandais sont désemparés. Ils n'ont pas su choisir une direction claire et se sont dispersés dans trois directions. Première direction, la gauche radicale qui, avec le Sinn Féin, les Verts et l'Alliance contre l'austérité, obtient le plus haut score de son histoire dans ce pays très conservateur qu'est l'Irlande :  20,52 % des voix contre 14 % en 2011. Le caractère très particulier du Sinn Féin, longtemps vitrine de l'IRA, mais aussi une campagne électorale médiocre, ont cependant joué contre lui et son score, 13,85 %, est au final, très décevant pour lui. L'Alliance contre l'Austérité (3,95 %) en a profité, mais elle reste un mouvement marginal, quand bien même elle aura 5 sièges.

> Le succès des indépendants et de l'abstention est celui du non-choix

La deuxième direction empruntée par les électeurs a été celle des indépendants, lesquels recueillent 17,83 % des voix, contre 12,1 % en 2011. Les Irlandais, faute de mieux, ont donc souvent fait le choix de personnalités qu'ils jugent honnêtes et compétentes, en dehors des grands partis. Mais ce choix reflète en vérité surtout un désarroi : celui de ne pouvoir choisir sa politique car il existe des indépendants de tous bords, d'extrême-gauche, ultraconservateurs, libéraux ou sociaux-démocrates. Faute de pouvoir choisir sa politique, on a donc choisi des hommes. Cela ressemble en fait à un non-choix. Comme l'est le "choix" de l'abstention -la troisième direction -, en hausse de 5 points ce 26 février.

> Le désarroi des opinions publiques fabrique l'instabilité politique

La deuxième leçon pour l'Europe est donc celle-ci : en abandonnant l'idée de pouvoir proposer de vraies alternatives pour complaire aux autorités européennes, les partis traditionnels ont perdu leur capacité de mobilisation. Il s'ensuit un désarroi de l'électorat, cherchant où il peut des alternatives et de l'espoir, avec comme conséquence une dispersion des voix qui rend les pays difficilement gouvernables. Les élections portugaises du 4 octobre et espagnoles du 20 décembre ont confirmé cette leçon. Les « réformes » promues par tous les grands partis sont des machines à détruire les systèmes politiques. Ce sont des machines à créer de l'instabilité politique et à porter des partis radicaux au pouvoir. Ce sont donc des sources potentielles de crises nouvelles, non de prospérité, comme on le croit souvent. Ces dissolution des systèmes politiques se voient aujourd'hui sur tout le continent.

3e leçon : la leçon à la social-démocratie européenne

La dernière leçon est pour la social-démocratie européenne. Le Labour irlandais a subi ce 26 février une débâcle historique. Avec 6,67 %, les Travaillistes réalisent le troisième plus mauvais score de son histoire, le pire depuis 1987. Il perd près de 13 points en cinq ans et n'aura que 6 élus, un seul de plus que l'Alliance contre l'Austérité. Certes, le Labour irlandais n'a jamais vraiment percé dans le pays, bloqué par un Fianna Fáil qui était perçu comme le parti de la classe ouvrière. Il a toujours été très « centriste » et un allié traditionnel du Fine Gael. Mais 2011 et l'éclatement de ce dernier parti avait donné une chance historique au Labour. Avec 19,5 %, il réalisait alors son meilleur score depuis 1922 et parvenait à séduire les déçus du Fianna Fáil sur un programme anti-austéritaire. Mais il a bradé cette chance en s'alliant avec Enda Kenny. Pour beaucoup de ses électeurs, le Labour n'a pas su jouer son rôle d'amortisseur de la politique d'austérité du gouvernement. En réalité, soucieux de « bien faire », le Labour a été solidaire de cette politique et actif dans sa mise en œuvre, ne cessant d'insister sur le caractère « nécessaire » des réformes. Or, on l'a vu, ce caractère était loin d'être évident.

> La déroute du parti de "l'absence d'alternative"

Le Labour s'est alors enfermé dans une logique d'absence d'alternative, il est devenu le « parti TINA ("there is no alternative", il n'y a pas d'alternative) ». Durant la campagne, il l'a confirmé en ne se dissociant guère du Taoiseach et en publiant une publicité très parlante dans les journaux : les opposants au gouvernement sous forme de groupe de rock baptisé « no direction ». Histoire de dire que seul le gouvernement sortant avait une direction. Mais comme cette direction n'était pas celle que souhaitait l'électorat, le Labour est apparu comme un parti d'opportunistes sans foi ni loi, inutile politiquement, et subissant logiquement les conséquences de la volonté de changement des électeurs. Une grande partie de ses électeurs de 2011 sont retournés au Fianna Fáil, qui s'est engouffré dans l'espace laissé au centre-gauche, d'autres sont allés à sa gauche. Désormais, les électeurs des partis qui se situent sur sa gauche représentent plus de trois fois ceux du Labour. On voit mal comment le Labour pourra se remettre d'un tel désastre politique et idéologique.

> Le choix de la social-démocratie européenne

L'histoire du Labour irlandais doit être une leçon pour la social-démocratie européenne. Lorsque cette dernière refuse d'incarner une alternative aux politiques de centre-droit, mais au contraire, se fait son bras armé et son allié, son sort est souvent scellé. Les travaillistes néerlandais de Jeroen Dijsselbloem pourraient connaître un score similaire : le dernier sondage le fait passer de 38 à... 9 sièges ! C'est ce qu'a compris le PS portugais, pourtant très réformiste, qui tente de porter une alternative au centre-droit en s'alliant avec la gauche radicale. C'est ce que refuse de comprendre un PS français pressé de couper l'herbe sous le pied du centre-droit, réduisant ainsi encore son utilité politique. Bref, les élections de la lointaine Irlande sont une nouvelle preuve de l'impasse des politiques d'austérité. Mais la leçon risque encore une fois d'être très rapidement oubliée.

Les résultats complets des élections irlandaises sur le site de l'Irish Times (en anglais).

Gerry Adams, président de Sinn Féin, et député au Dail Eireann, durant la campagne électorale (février 2016)

Gerry Adams, président de Sinn Féin, et député au Dail Eireann, durant la campagne électorale (février 2016)

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4 novembre 2015 3 04 /11 /novembre /2015 17:54
La dérive de la construction européenne est-elle (ir)résistible ?

Après sa reprise le 12 octobre et l'excellente intervention de William Leday, l'école de formation a abordé lundi 2 novembre un sujet qui résonne évidemment fortement avec l'actualité de l'année écoulée : "La dérive de la construction européenne est-elle irrésistible ?".

J'animais cette séance.

Je vous encourage à consulter la précédente séance de l'école qui avait abordé la construction européenne avec François Lafon, le lundi 1er décembre 2014 ; c'est une bonne entrée en matière.

Les vidéos de la séance sont disponibles ci-dessous ; vous pouvez d'ores-et-déjà consulter la présentation utilisée pour la soirée et quelques autres documents pédagogiques.

La dérive de la construction européenne est-elle (ir)résistible ?

Histoire de l'ordo-libéralisme allemand

Bibliographie sur la dérive de la construction européenne

Déclaration de Jeremy Corbyn sur le Brexit

La dérive de la construction européenne est-elle (ir)résistible ?
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