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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube.
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Gauche Républicaine & Socialiste

26 juin 2008 4 26 /06 /juin /2008 10:13

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7 mars 2008 5 07 /03 /mars /2008 11:23
 

Le socialisme à l'espagnole est-il exportable ?

 

C’est une gauche heureuse, confiante et sûre d’elle-même, qui tentera, dimanche, de reconduire sa majorité aux élections législatives espagnoles. Ce n'est pas que tout est rose pour elle. Elle n’a que 4 points d’avance sur la droite conservatrice du Parti Populaire dans les derniers sondages. Le chômage est reparti à la hausse. L’inflation a dépassé les 4% en 2007. Le ralentissement du boom immobilier menace de se faire sentir dans toute l’économie. Rien n’est joué pour le PSOE, le Parti socialiste ouvrier espagnol, mais, outre que beaucoup de pays européens envieraient le taux de croissance - 2,7% - auquel le pays pourrait retomber en fin d’année, la gauche espagnole a tout ce que la gauche française n’a pas.

Nulle bataille de courants ni rivalité de personnes ne la déchire. La gauche espagnole a un jeune leader, séduisant et solide, le Président du gouvernement sortant, José Luis Rodriguez Zapatero, dont on peut contester la politique mais pas la capacité à exercer cette fonction, dont le mandat entier a réussi à démontrer sa constance, sa maîtrise et son habileté. N'a-t-il pas sur gérer la suite des attentats du 11 mars ? N'a-t-il pas su gérer les reniements de l'ETA alors que les négociations de paix avaient pourtant fortement avancées ? Zapatero a prouvé qu'il valait bien Gonzales. L’Europe ne divise plus le PSOE mais le cimente au contraire et il est parfaitement à l’aise avec ce qu’il est : un parti de gouvernement qui ne se revendique plus, pas même en mots, de la révolution. Ce parti est tout simplement, un parti moderne et c’est ce qui lui donne des chances de l'emporter dimanche.

Face à une droite cléricale, très conservatrice sur les questions de mœurs, encore très clientéliste et qui n’a pas totalement rompu, elle, avec ses racines idéologiques, avec le franquisme, le PSOE n’a aucun mal à incarner l’air du temps. L’époque décrie les déficits que l’on regardait, en d’autres temps, comme un moteur de l’économie et le gouvernement sortant affiche fièrement un très confortable excédent et une dette publique en régression. Cela plaît aux milieux d’affaires mais aussi, et pas moins, aux jeunes générations, cadres et jeunes entrepreneurs, qui préfèrent la stabilité financière aux dépenses publiques, la rigueur aux politiques de relance. Mais en même temps, l'Espagne dispose désormais de marges de manoeuvres importantes que n'ont pas les autres Etats latins d'Europe, qui lui permettrait de mener des politiques contra-cycliques si jamais la situation économique internationale venait à se dégrader rapidement et profondément.

L’époque est à la tolérance et à l’égalité des sexes et le gouvernement Zapatero a promu des lois sur la parité et contre les violences faites aux femmes, simplifié les procédures de divorce, légalisé le mariage homosexuel avec l’approbation des 70% des Espagnols, élargi les autonomies régionales et rendu facultatif l’enseignement religieux.

Chacun peut désormais vivre comme il l’entend en Espagne mais ce modèle, libéral aux deux sens du terme, est-il exportable et, surtout, durable ?

Ce n’est pas certain, pour deux raisons. Toutes les droites et tous les épiscopats européens, d’abord, ne sont pas aussi réactionnaires qu’en Espagne et toutes les gauches ne bénéficient, donc, pas du même monopole de libéralisation des mœurs. Ces combats en France ont été menés et remportés depuis longtemps. La vraie différence, en second lieu, entre gauche et droite, celle qui divise aujourd’hui Démocrate et Républicains aux Etats-Unis, réside dans le partage des richesses, dans leur redistribution par l’impôt. C’est là que les intérêts se heurtent, que tout le monde ne défend pas les mêmes. Les gauches ont, partout, à réinventer la redistribution et la protection sociales et, dans cette réinvention, la gauche espagnole est aussi en retard que toutes les autres.

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5 mars 2008 3 05 /03 /mars /2008 16:01
Pour pouvoir présider la région de Francfort, le SPD accepte les voix de la gauche radicale
 
LE MONDE | 05.03.08 | 14h55  •  Mis à jour le 05.03.08 | 14h55
BERLIN CORRESPONDANTE

ndrea Ypsilanti, la présidente du Parti social-démocrate allemand (SPD) en Hesse, la région de Francfort, a confirmé être prête à former un gouvernement minoritaire avec les Verts, soutenu par le parti de gauche radicale Die Linke. Grâce à ce changement de stratégie (contraire aux premiers engagements du SPD, qui fait partie de la grande coalition d'Angela Merkel), la sociale-démocrate âgée de 50 ans devrait être élue ministre-présidente, le 5 avril, en remplacement de Roland Koch (CDU), qui dirige cette région depuis 1999. "Je ne pourrai peut-être pas tenir la promesse de ne pas me laisser élire par Die Linke", a-t-elle déclaré, mardi 4 mars, à Wiesbaden, la capitale politique de ce Land.

Ce serait la première fois qu'un tel modèle est mis en place dans une région ouest-allemande. Die Linke (composée d'anciens communistes, d'altermondialistes et de dissidents du SPD), qui a fait pour la première fois son entrée dans le parlement régional de Hesse, a expliqué à plusieurs reprises qu'elle était prête à voter pour la candidate sociale-démocrate.

REVENIR SUR SA PAROLE
Avant les élections du 27 janvier, Mme Ypsilanti avait exclu toute sorte de coopération avec la gauche radicale. Mais le scrutin n'a permis à aucun des deux principaux camps en Hesse, l'union chrétienne-démocrate (CDU) et le SPD, de réunir une majorité stable avec leurs alliés traditionnels. Après le refus définitif des libéraux (FDP) de former une coalition avec le SPD et les Verts, la candidate a choisi de revenir sur sa parole pour conquérir la présidence de la région.

Ce tournant avait été avalisé une semaine plus tôt par la direction fédérale du SPD. Celle-ci avait souligné que les fédérations régionales de l'ouest étaient libres de décider d'un éventuel rapprochement avec Die Linke, tout en excluant toute coopération au niveau fédéral. A l'est, le SPD a déjà formé des gouvernements avec la gauche radicale. Ce changement de stratégie initié par le président du parti, Kurt Beck, a suscité d'importantes controverses en interne. Néanmoins, les organes de direction du SPD ont réaffirmé, lundi 3 mars, leur soutien à M. Beck et à cette nouvelle ligne.

Cécile Calla

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9 janvier 2008 3 09 /01 /janvier /2008 17:44

undefinedJ’irai à Versailles et je voterai contre

Lettre aux parlementaires socialistes

J'irai à Versailles et je voterai contre

A quatre reprises, les socialistes se sont prononcés pour que l’adoption d’un traité européen impliquant des abandons de souveraineté se fasse exclusivement par voie référendaire : aux congrès de Dijon et du Mans, ainsi qu’à l’occasion des dernières élections présidentielles et législatives.

Ce faisant, ils restaient fidèles au principe fondamental de la souveraineté exclusive du peuple, qui fonde notre démocratie et régit notre constitution – principe auquel nos républiques et nos présidents successifs n’ont jamais dérogé jusqu’à ce jour.

Cette exigence référendaire reste officiellement la nôtre, d’autant plus forte que le peuple français s’est déjà prononcé sur le traité européen qu’il a rejeté sans ambiguïté.

Conscient des divisions douloureuses qui s’étaient exprimées dans nos rangs à l’occasion de la campagne sur le Traité constitutionnel européen et du désaveu qu’avait subi la majorité de notre parti, j’avais accepté, avec d’autres, la synthèse du Mans, pour que notre parti soit rassemblé à la veille de la présidentielle et moyennant l’engagement de rester ferme sur l’exigence d’une procédure référendaire en la matière. Après l’échec, et face à la malversation démocratique à laquelle s’apprêtait le nouveau Président de la République – piétiner par voie législative le suffrage des françaises et des français – j’avais accepté que nous recherchions une position commune. Cette mission a été confiée à Benoit Hamon qui s’y est attelé avec loyauté et sincérité pendant plusieurs mois.

Malgré toutes ces concessions, notre premier secrétaire a décidé seul, le 6 novembre dernier, de faire voter à nouveau le Bureau National du parti sur le pseudo mini-traité, qui n’est en réalité que la copie conforme du précédent, expurgé des symboles fédéraux qui ne posaient aucun problème aux fédéralistes que nous sommes.

Ce vote du Bureau National n’a rien réglé. Non seulement il a mis en évidence nos divisions qui restent fortes, mais il a de surcroît ouvert la porte à toutes les ambiguïtés et à toutes les manoeuvres sur la position réelle qu’adopteront les socialistes.

Il n’y a, en réalité, qu’une seule solution juridique pour que notre exigence référendaire officiellement proclamée aboutisse, pour que nous restions fidèles a nos engagements devant les françaises et les français, pour que la souveraineté populaire ne soit pas bafouée : c’est de s’opposer à la révision constitutionnelle préalable qui doit avoir lieu à Versailles le 4 février. Si elle n’obtient pas l’acquiescement de 3/5èmes des parlementaires présents, le Président de la République sera contraint d’en appeler au référendum.

Toute autre solution est factice, pour ne pas dire plus.

C’est pour cette raison que j’irai à Versailles et que je voterai contre, afin que les françaises et les français ne se voient pas privés de leur droit de choisir : je n’ai pas été élu par le peuple pour le priver de sa souveraineté.

Je suis persuadé qu’une très grande partie de nos concitoyens, notamment ceux qui ont voté Non, y seront sensibles et en tiendront compte lors des prochaines échéances.

Pour en avoir parlé avec beaucoup d’entre vous, je sais aussi que je ne serai pas seul, que vous êtes nombreux à penser que dans la période difficile que nous traversons, l’heure n’est plus aux renoncements, aux habiletés, à la confusion voire à la duplicité.

C’est pourquoi je propose que toutes celles et ceux qui partagent ce point de vue se réunissent la semaine prochaine [...] pour envisager les modalités de notre action et la faire connaître. En effet, le temps presse. Dès le 15 janvier débutera la discussion à l’Assemblée et un vote aura lieu, avant la tenue du congrès de Versailles. Les mauvais coups se font toujours dans une précipitation feinte...

J’aurais, évidemment, préféré ne pas avoir à prendre cette initiative. Mais on ne nous laisse pas le choix.

Avec l’espoir de te retrouver [...], reçois, chère camarade, cher camarade, l’expression de ma cordiale sympathie.

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12 novembre 2007 1 12 /11 /novembre /2007 12:51
Démission du Secrétariat National à l’Europe

Communiqué de Presse - Paris, le 06 Novembre 2007
Le Parti Socialiste a décidé à la majorité des voix du bureau national d’approuver le traité simplifié proposé à la ratification du parlement par Nicolas Sarkozy.

Il y a bientôt 2 ans, le Parti Socialiste, conscient de l’importance de se rassembler pour battre la droite, faisait le choix, à l’occasion de son congrès, d’opérer une synthèse entre ses principales sensibilités. Cette synthèse, quelques mois après le référendum sur le traité constitutionnel qui avait vu, malgré la campagne du PS en faveur du oui, une majorité de Français refuser ce texte, proposait notamment de dépasser le clivage entre les partisans du Oui et les partisans du Non. La synthèse avait vocation à rappeler que si les socialistes s’étaient opposés sur la stratégie, ils étaient rassemblés sur le projet européen.

Aujourd’hui le Parti Socialiste s’est une nouvelle fois divisé en deux blocs sur l’appréciation du contenu du texte. Il est même divisé sur l’opportunité de soumettre le texte à référendum alors qu’il avait fait de ce principe une « obligation démocratique » lors de la campagne présidentielle et que ce principe est soutenu par une large majorité des français.

Invitée à commencer la rénovation du PS en disant oui au mini traité, une majorité du bureau national a choisi d’approuver un texte qu’elle a été presque unanime à juger médiocre 15 jours auparavant. Simultanément, les argumentaires lapidaires refont surface pour sommer les socialistes de ne pas rater ce nouveau rendez-vous de l’Histoire.

Pourtant, il existait un moyen de dire notre insatisfaction sur le fond, de rester solidaire avec les socio-démocrates européens et cohérents avec nos engagements de campagne en appelant à un référendum afin de ne pas se substituer à la souveraineté populaire. Il existait un moyen de rassembler les socialistes. Cette position était évoquée par les représentants de toutes les sensibilités du PS dans le groupe de travail sur le Traité Simplifié que le Bureau national m’a demandé d’animer depuis l’été. Cette position, identique à celle adoptée par les socialistes lors du référendum européen de 1972 sur la proposition de François Mitterrand était, au nom de la cohérence et de l’unité de la gauche : l’abstention ou la non participation au vote.

Une autre voie a été choisie. Je m’y plie. Elle porte pourtant en elle le ferment de la division. Secrétaire national en charge du projet européen, nommé pour permettre le dépassement du clivage entre le oui et le non, je déplore notre échec. Je remets donc aujourd’hui ma démission du secrétariat national à François Hollande.

Soir 3 : Démission du Secrétariat National à l’Europe

France 3 - Soir 3 présenté par Marie Drucker

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30 octobre 2007 2 30 /10 /octobre /2007 10:40
Le programme du SPD est réorienté pour renforcer son profil social
LE MONDE | 29.10.07 | 13h48  •  Mis à jour le 29.10.07 | 13h48
HAMBOURG ENVOYÉE SPÉCIALE

e parti social-démocrate allemand (SPD) s'est doté, dimanche 28 octobre, à l'issue d'un congrès de 3 jours à Hambourg, d'un nouveau programme qui renforce son profil social et atteste d'une réorientation à l'égard de la politique menée par l'ex-chancelier Gerhard Schröder. Intitulé "Démocratie sociale au XXIe siècle", ce texte de 36 pages remplace le programme de Berlin adopté par le parti en décembre 1989, quelques semaines après la chute du mur.

A 2 ans des prochaines élections, le SPD, qui gouverne en coalition avec son principal adversaire, le parti chrétien-démocrate de la chancelière Angela Merkel, émet ainsi un signal en direction de son électorat tenté par le nouveau parti La Gauche d'Oskar Lafontaine. "Il s'agit d'un changement de cap, nous prenons désormais davantage en compte les intérêts des salariés", affirme Ottmar Schreiner, député SPD de l'aile gauche du parti.

Ce courant gagne en influence, comme le prouve la controverse autour du projet de privatisation partielle de Deutsche Bahn, la société allemande des chemins de fer. Le président du parti, Kurt Beck, a dû batailler ferme au congrès pour imposer, contre l'avis du ministre des finances Peer Steinbrück, une résolution demandant d'introduire un système d'actions préférentielles pour protéger Deutsche Bahn contre l'influence d'investisseurs extérieurs. Ce compromis n'allait pourtant pas assez loin pour un grand nombre de sociaux-démocrates, qui refusent toute idée de privatisation.

Le programme du SPD met l'accent sur le "socialisme démocratique" qui "reste pour nous la vision d'une société solidaire, libre et équitable, dont la réalisation constitue pour nous un devoir permanent". Le président du SPD s'était engagé sur ce point contre l'avis de plusieurs représentants de l'aile pragmatique, qui réclamaient le remplacement de cette référence par le terme de "démocratie sociale". En même temps, le capitalisme est critiqué à plusieurs endroits du texte.

Le principe d'un "état social prévoyant" est considéré par de nombreux sociaux-démocrates comme la principale innovation du nouveau programme. Pour le SPD, l'Etat doit non seulement couvrir les risques sociaux, mais aussi agir en amont en garantissant l'égalité des chances grâce à une politique d'éducation : "La politique d'éducation est un élément central de la politique sociale." Le programme se prononce pour la multiplication des écoles ouvertes toute la journée (Ganztagschulen) et une meilleure prise en charge des enfants âgés de moins de 3 ans.

La protection de l'environnement, déjà l'un des points forts du texte de 1989, devient un enjeu de la politique étrangère sociale-démocrate. "La protection du climat et l'accès à l'énergie, aux ressources (...) sont devenus une question éminente de la sécurité internationale". Le texte réaffirme l'objectif de sortie du nucléaire et se distingue ainsi des unions chrétiennes CDU-CSU, qui plaident pour un allongement de la durée d'activité des centrales atomiques.

L'amélioration des conditions de travail et du pouvoir d'achat constitue un autre axe. Le SPD souhaite instaurer des salaires minimums en Allemagne et en Europe, et aller plus loin que l'accord obtenu en juin dernier avec les chrétiens-démocrates, qui prévoit l'extension d'une législation sur le salaire minimum à une dizaine de branches. Par ailleurs, le programme réclame des augmentations de salaires en fonction de la hausse de la productivité et du niveau de l'inflation.

 

Cécile Calla
Article paru dans l'édition du 30.10.07

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28 octobre 2007 7 28 /10 /octobre /2007 11:31
Italie : rassemblé au sein du Parti démocrate, le centre-gauche se met en ordre de bataille
LE MONDE | 27.10.07 | 14h22  •  Mis à jour le 27.10.07 | 14h22
ROME CORRESPONDANT

oulu par Romano Prodi, le premier ministre italien, afin de renforcer son gouvernement, le Parti démocrate (PD) - né d'une fusion entre les Démocrates de gauche (héritiers du Parti communiste italien) et La Marguerite (d'inspiration démocrate-chrétienne) - risque d'avoir pour tâche prioritaire de préparer dans l'urgence l'après-Prodi.

L'assemblée constituante de la nouvelle formation de centre-gauche, qui se tenait samedi 27 octobre à Milan, ne devait pas être aussi festive que l'avait espéré Walter Veltroni, élu triomphalement secrétaire du PD au cours d'une primaire le 14 octobre dernier.

Le discours de M. Veltroni signant l'acte de naissance du parti devait tenir compte de l'état de déliquescence de la majorité au pouvoir. Les signes d'éclatement se sont multipliés sur la quasi-totalité des sujets. Depuis le projet de loi sur la sécurité que le conseil des ministres n'a pas pu adopter en raison des dissensions, jusqu'au décret fiscal que le Sénat a voté au bout de la nuit, vendredi 26 octobre, après une journée noire marquées par 7 votes négatifs causés par des défections dans les rangs de la majorité.

Romano Prodi a dû user de toute sa diplomatie pour désamorcer un violent conflit entre son ministre de la justice, Clemente Mastella, et celui des infrastructures, Antonio Di Pietro, qui menaçaient de démissionner. Les 2 hommes sont des nains politiques (leurs formations représentent moins de 2% des voix), mais avec 3 sénateurs chacun ils sont indispensables à la majorité.

"AMBIANCE DE BUNKER"
L'ultimatum adressé jeudi soir par Romano Prodi à ses alliés, pour qu'ils "tiennent les engagements pris devant les citoyens", sera-t-il plus écouté que les précédents ? "On ne peut rien reprocher aux propos de Prodi, fermes, dignes, juste dans leur dureté ; sauf qu'ils arrivent trop tard", écrit le quotidien économique Il Sole 24 Ore. Le débat parlementaire qui s'ouvre sur la loi de finances menace d'être fatal au gouvernement. Si les journaux soulignent "l'ambiance de bunker" qui règne au Palazzo Chigi, où Romano Prodi reste déterminé à résister, la plupart des leaders de partis se placent déjà délibérément dans l'hypothèse d'une chute de l'exécutif.

Président de la Chambre des députés, Fausto Bertinotti, ex-dirigeant de Refondation communiste, s'est prononcé pour la constitution d'un gouvernement institutionnel, tandis que le débat sur un recours à des élections anticipées rapides est ouvert au sein du Parti démocrate. Beaucoup penchent pour une solution de transition, le temps d'adopter une réforme de la loi électorale. Seule l'indécision sur la suite semble maintenir en vie la coalition.

Silvio Berlusconi rêve tout haut d'une revanche électorale à brève échéance, quel que soit le système électoral. Le chef de l'opposition dit avoir les cartes en mains pour faire tomber le gouvernement. Selon des indiscrétions révélées par La Stampa, il aurait déjà "acheté" plusieurs sénateurs de centre-gauche. S'il dément "tout achat-vente", Il Cavaliere affirme : "Il y a des gens qui ont un énorme malaise politique et nous leur avons offert un positionnement politique pour l'avenir." Fort de sondages qui donneraient plus de 60% d'intentions de vote au centre-droit, il veut convaincre le chef de l'Etat, Giorgio Napolitano, de provoquer des élections en cas de crise.

Dans ce but, il a organisé, les 17 et 18 novembre, 2 journées de mobilisation.

Jean-Jacques Bozonnet
Article paru dans l'édition du 28.10.07

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25 octobre 2007 4 25 /10 /octobre /2007 14:30
Socialistes européens, le tournant des réformes
LE MONDE | 25.10.07 | 15h01  •  Mis à jour le 25.10.07 | 15h05

spd.jpgace à la mondialisation, les partis socialistes et sociaux-démocrates des grands pays européens (Grande-Bretagne, France, Allemagne, Italie, Espagne) ont répondu de manière très différenciée à la question des réformes de leur modèle de protection sociale. Le conflit qui a opposé, à la fin des années 1990, Lionel Jospin à Tony Blair, taxé de néolibéralisme, a illustré ces divergences.

Le blairisme et les modèles scandinaves ont inspiré à partir de 1998 le gouvernement social-démocrate-Verts du chancelier allemand Gerhard Schröder, mais aussi la gauche italienne et le gouvernement socialiste espagnol, qui a repris depuis 2004 l'héritage économique de la droite de José Maria Aznar. Dans ces trois pays, de puissantes confédérations syndicales ont joué un rôle important pour l'accompagnement des réformes.

A son arrivée au pouvoir en 1998, le SPD est divisé : le chancelier Schröder, qui défend une "politique du milieu", inspirée par la "troisième voie" blairiste, affronte les partisans d'une tradition keynésienne, représentée par le président du SPD, Oskar Lafontaine (alors aussi ministre des finances), proche des socialistes français. La démission de M. Lafontaine, en 1999, donne les mains libres au chancelier, mais il faudra attendre la réélection de la coalition de gauche, en 2002, et une situation budgétaire inquiétante, pour la voir mettre en oeuvre les réformes promises : baisse de la fiscalité des entreprises, modération salariale, réduction des indemnités de chômage. Si le chômage a baissé de 11,7 % à 9 % entre août 2005 et août 2007, la situation des chômeurs de longue durée et des plus âgés est devenue difficile. La prise en charge des chômeurs sur le modèle de flexisécurité danois n'a pas fonctionné.

LE SPD EN QUÊTE DE POPULARITÉ
Ce constat a rallumé au SPD une bataille sur les réformes.A la veille du congrès de Hambourg (du 26 au 29 octobre), qui doit approuver un nouveau programme, le président du SPD, Kurt Beck, s'est imposé face aux ministres sociaux-démocrates du gouvernement Merkel pour allonger la durée des indemnités de chômage des plus âgés. A la traîne dans les sondages à deux ans des élections, le SPD veut reconquérir l'électorat populaire.

Le SPD, qui a perdu 200 000 adhérents en dix ans, est influencé par l'émergence sur sa gauche d'une nouvelle formation, La Gauche. Présidée par Oskar Lafontaine, elle est née d'une alliance entre les héritiers du communisme à l'Est et une nouvelle gauche altermondialiste, qui a recruté à l'Ouest parmi des syndicalistes déçus.

En Italie, le gouvernement de centre-gauche de Romano Prodi peine aussi à faire accepter sa ligne réformatrice à son aile gauche. Depuis la transformation progressive du vieux Parti communiste en parti des Démocrates de gauche (DS), celui-ci n'a cessé de se tourner vers le centre-gauche. Les DS doivent fusionner, samedi 27 octobre, avec leur partenaire centriste, le parti de La Marguerite, pour former au centre-gauche le Parti démocrate. Dirigé par Walter Veltroni, le maire de Rome, ce parti entend poursuivre les réformes et espère s'affranchir de la nébuleuse qui a paralysé M. Prodi.

Ces débats sont absents en Espagne, où, après quatre ans de règne, le président du gouvernement socialiste José Luis Rodriguez Zapatero, n'a pas dans son parti d'opposants à sa politique économique. Le gouvernement bénéficie de la croissance et de la baisse du chômage.

Au Royaume-Uni, Gordon Brown vient de passer sans encombre son premier congrès travailliste comme premier ministre. Après avoir tenu les cordons de la bourse serrés au début de l'ère Blair, l'ex-ministre des finances a investi ensuite dans les transports, la santé et l'éducation. Malgré une aile gauche travailliste nostalgique, l'héritage de Tony Blair a encore de beaux jours devant lui.

Henri de Bresson, avec Salvatore Aloise (Rome), Cécile Calla (Berlin), Cécile Chambraud (Madrid),et Marc Roche (Londres)
Pourquoi le PS n'a pas suivi la "troisième voie" blairiste
LE MONDE | 25.10.07 | 15h01  •  Mis à jour le 25.10.07 | 15h01

evenus chefs de gouvernement en mai 1997, Tony Blair et Lionel Jospin avaient fait bonne figure, malgré leurs divergences, devant le congrès de l'Internationale socialiste, en juin. Mais l'adoption, en 1999, d'un manifeste "social-libéral" par le premier ministre britannique et le chancelier allemand Gerhard Schröder a marqué le divorce entre le "socialisme démocratique" du PS et le "social-libéralisme" blairiste.

Le poids du PCF. La Charte d'Amiens (1906) a organisé, en France, la concurrence entre mouvement syndical et mouvement socialiste. Les social-démocraties allemande et anglaise sont nées, au contraire, du syndicalisme. Divisée, la gauche française a ensuite été marquée par la prééminence d'un Parti communiste, qui, après 1981, a continué de peser sur le PS, sans cesse accusé de "dérive droitière".

L'union de la gauche. Contraint par le scrutin majoritaire à nouer des alliances au second tour avec des partis de la gauche plurielle, le PS n'a pas pu procéder à un aggiornamento après 1997. Dans un pays où le clivage droite-gauche constitue une donnée structurante de la vie politique, le discours de la "troisième voie" de Blair n'était guère audible.

Le rapport entre économique et social. Dans la pensée blairiste, le social est considéré comme devant se mettre au service de l'économique, notamment en acceptant des formes de flexibilité parfois poussées. En revanche, la gauche française reste attachée à la recherche d'un point d'équilibre entre le social et l'économique. D'où, chez les Français, des réserves sur le rapport au marché et à la mondialisation.

Le PS et l'idéologie. Le PS n'a jamais goûté les débats théoriques, contrairement au SPD et au Labour. Ainsi, le virage de la rigueur de 1983 n'a pas été assumé idéologiquement. Quant au "réformisme de gauche", cher à François Hollande, il ne s'agit pas d'un concept abouti.

 
Jean-Michel Normand
Les sociaux-démocrates allemands se rééquilibrent à gauche
LE MONDE | 25.10.07 | 15h03  •  Mis à jour le 25.10.07 | 15h03
BERLIN CORRESPONDANCE

e Parti social-démocrate allemand est-il à l'image d'une épave à la dérive sur une mer tumultueuse ? La couverture de la dernière édition du magazine Der Spiegel témoigne du climat d'incertitude qui règne au sein du SPD alors que ses membres se réunissent en congrès à Hambourg à partir de vendredi 26 octobre.

A la traîne dans les sondages - il stagne à moins de 30% depuis des mois -, le parti est pris en tenaille entre les unions chrétiennes CDU-CSU, ses partenaires au gouvernement, et le nouveau parti d'opposition Die Linke. A droite, les chrétiens-démocrates lui volent la vedette sur des sujets aussi porteurs que la famille ou l'environnement et profitent de l'aura internationale qui continue d'entourer la chancelière Angela Merkel (CDU). A gauche, le SPD se voit court-circuité sur les thèmes de la justice sociale par Die Linke.

Pour reprendre l'offensive dans la perspective des élections de 2009, Kurt Beck, président du SPD et ministre-président de Rhénanie-Palatinat, cherche à renouer avec l'électorat de gauche. Le nouveau programme, qui doit être adopté lors du congrès, met l'accent sur les références au "socialisme démocratique" et à "l'Etat social prévoyant".

Autre concession faite à l'aile gauche du parti, l'arrivée d'Andrea Nahles à la tête du SPD. Après avoir été une farouche adversaire de l'ex-chancelier Gerhard Schröder et avoir provoqué le départ anticipé de Franz Müntefering de la présidence du parti en novembre 2005, elle doit être élue vice-présidente en même temps que Frank-Walter Steinmeier, ministre des affaires étrangères, la cheville ouvrière des réformes lorsqu'il était le bras droit de M. Schröder à la chancellerie.

Dans ce droit-fil, M. Beck souhaite revenir sur l'une des mesures phares du programme de l'agenda 2010, hérité de l'ère Schröder, et va soumettre aux délégués une proposition qui vise à allonger la durée de versement de l'allocation chômage pour les plus de 45 ans, réduite à 12 mois sous la coalition SPD- Verts.

Soutenue par la base et l'aile gauche du parti, cette stratégie a donné lieu à un bras de fer avec M. Müntefering, vice-chancelier et ministre du travail. Pour éviter un conflit lors du congrès, ce dernier a expliqué la semaine dernière qu'il allait se plier à la volonté du parti.

Ses autres collègues au gouvernement, le ministre des finances, Peer Steinbrück, ou M. Steinmeier, sont tout aussi sceptiques, mais évitent de contredire M. Beck. Ils savent qu'il faut apaiser la base du parti très remontée contre l'agenda 2010 et répondre à l'aspiration d'une plus grande justice sociale au sein de la population. Si l'économie allemande a pu profiter des réformes initiées par le SPD, elles lui ont beaucoup coûté en terme d'image. Entre 1998, date de l'élection de Gerhard Schröder à la chancellerie et 2007, le nombre d'adhérents a chuté de 775 036 à 545 223 personnes.

Aussi, la proposition de M. Beck devrait être adoptée à une large majorité. Pour le politologue Richard Stöss, professeur à l'Université libre de Berlin, plus qu'un revirement à gauche, la stratégie du SPD se veut être un rééquilibrage par rapport à 1998, lorsque M. Schröder avait fait campagne sur le thème de l'innovation et de l'équité. Ce deuxième aspect avait disparu après le départ d'Oskar Lafontaine, aujourd'hui président de Die Linke, et l'adoption de l'agenda 2010.

Reste à savoir si cette réorientation portera ses fruits. Des élections régionales fin janvier en Basse-Saxe, en Hesse et à Hambourg serviront de test. A plus long terme, cette stratégie pourrait permettre au SPD de former une coalition avec Die Linke même si, officiellement, la direction du parti continue de l'exclure.

En dehors de la politique sociale, d'autres sujets promettent de donner lieu à des débats enflammés. Conduit par le ministre social-démocrate Wolfgang Tiefensee, le projet de privatisation partielle de la Deutsche Bahn, la société allemande des chemins de fer, heurte de nombreux sociaux-démocrates. Beaucoup craignent que l'entreprise publique devienne la proie d'investisseurs mal intentionnés. Là encore, M. Beck devrait imposer ses vues en proposant, pour 25,1% du capital de l'entreprise, l'émission d'actions populaires, dépourvues d'un droit de vote. M. Steinbrück est opposé à cette motion, craignant qu'elle tienne les investisseurs à distance.

En politique étrangère, c'est la participation à l'opération de lutte antiterroriste "enduring freedom" (liberté immuable) (OEF) dirigée par les Etats-Unis qui suscite la controverse. Le ministre des affaires étrangères aura la délicate mission de défendre cet engagement.

Cécile Calla
Article paru dans l'édition du 26.10.07

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25 octobre 2007 4 25 /10 /octobre /2007 09:39
questions à Benoît Hamon, député européen PS, sur le mini traité :
«La position du PS pourrait être l’abstention au Congrès»
Recueilli par DAVID REVAULT D’ALLONNE - Libération : jeudi 25 octobre 2007

Les socialistes sont-ils aujourd’hui capables de définir une position commune sur le traité européen de Lisbonne ?
Oui, incontestablement. Mais cela suppose, au préalable, que nous soyons d’accord sur le fait que nous n’avons affaire ni au même texte ni au même contexte. Cela suppose aussi que nous nous accordions sur les principes qui doivent dicter notre choix. J’en distingue trois. Le respect du peuple français et du message adressé lors du référendum du 29 mai 2005. Le choix de nous prononcer lucidement sur ce texte en expliquant aux Français les progrès institutionnels qu’il permet mais aussi les concessions faites aux eurosceptiques et ses immenses lacunes sur les questions sociales, fiscales, budgétaires et monétaires. Enfin que notre choix reste fidèle à l’engagement européen historique des socialistes et inscrit dans les combats futurs de la sociale démocratie européenne.

N’est-il pas un peu court de se contenter d’un consensus sur ce seul constat ?
Il fallait d’abord se mettre d’accord sur le diagnostic et les principes. Et personne, parmi les partisans du oui ou du non, ne conteste qu’il s’agisse d’un texte médiocre.

La discussion sur le référendum, à partir du moment où il n’aura pas lieu, n’est-elle pas un faux débat ?
Respecter le peuple français, ce serait ne pas ratifier un texte comme celui-là dans son dos. Mais c’est ce que se prépare à faire Nicolas Sarkozy. Parce qu’il n’a pas envie de perdre, et parce qu’il a donné des garanties à l’Allemagne sur l’assurance d’une ratification par la France. Abandonner notre revendication d’un référendum parce que le Président n’en veut pas, ce serait renoncer à montrer qu’il existe une autre voie, plus démocratique.

Etes-vous d’accord avec Ségolène Royal qui estime que «la procédure d’adoption, parlementaire ou référendaire, n’est plus une question de principe» ?
Non. Là où le peuple a défait quelque chose, il est le seul à pouvoir le refaire. Et c’est un peu compliqué de changer la ligne fixée par le PS au Mans, défendue ensuite pendant la présidentielle par Ségolène Royal.

Sur le fond, le PS a-t-il un autre choix que l’abstention ?
Selon moi, le fond du texte est si loin de ce qu’il serait nécessaire de faire pour relancer l’Europe qu’il ne nous permet pas de l’accepter. Mais la social-démocratie européenne a choisi de l’adopter, car ses avancées institutionnelles sont, à ses yeux, un petit pas nécessaire pour espérer, demain, changer les politiques européennes. La sociale démocratie européenne reste notre famille. La position du PS pourrait donc être l’abstention politique lors du vote du Congrès.

Ne s’agit-il pas d’une habileté destinée à éviter le retour des divisions socialistes sur la question européenne ?
Ce n’est ni une manœuvre, ni la seule voie trouvée par les socialistes pour trouver une synthèse entre oui et non. C’est une position qui porte un message d’insatisfaction, mais aussi une volonté de rester à l’intérieur du cadre européen. La vraie manœuvre est celle de Nicolas Sarkozy, qui fait savoir qu’il s’agit du dernier moyen qu’il a trouvé pour déstabiliser le PS.

Certains comme Ségolène Royal ou Bertrand Delanoë se prononcent en faveur du oui. Ne craignez-vous pas de nouvelles divisions en 2008 ?
Je donnerai ma position si nous n’arrivons pas à arrêter une position commune et lisible pour les Français. Pour l’instant je travaille à rechercher ce moyen de rassembler les socialistes sur la question de l’avenir de l’Europe car je ne crois pas que la répétition des désaccords d’hier concoure à nous rendre utiles au débat.

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23 octobre 2007 2 23 /10 /octobre /2007 13:41
L'abstention sur le traité européen, un moindre mal pour le PS
Reuters 22.10.07 | 17h30  - par Laure Bretton

PARIS (Reuters) - Les socialistes français sont de plus en plus tentés par l'abstention lors de la ratification du traité européen simplifié, une solution qui leur permettrait, en interne, d'éviter un nouveau psychodrame européen et, au plan national, de ne pas faire le jeu de Nicolas Sarkozy.

Plus de 2 ans après le référendum sur la Constitution européenne, qui avait conduit le Parti socialiste au bord de l'implosion, ses dirigeants recherchent une position collective sur le nouveau texte adopté la semaine dernière à Lisbonne par les chefs d'Etat et de gouvernement des Vingt-Sept.

"Il y a un consensus pour ne pas s'opposer" à ce traité, a déclaré lundi Stéphane Le Foll, directeur de cabinet du premier secrétaire du PS, François Hollande, autrement dit il peut "y avoir un 'oui' ou "abstention" lors de la réunion du Congrès, à Versailles, sans doute début 2008".
"Ce traité est un point de passage pour sortir d'une impasse" qui doit être complété notamment par un traité social, a souligné le député européen, remisant au passage l'exigence d'une ratification par référendum - qui fut l'une des promesses de campagne présidentielle de Ségolène Royal.
"Nous aurions préféré (mais) Nicolas Sarkozy a dit clairement qu'il n'y était pas favorable", a expliqué Stéphane Le Foll. "Il n'y a pas de malaise (européen) mais un débat de fond" au PS, a-t-il assuré.

"Est-ce que ce texte vaut qu'on se foute sur la gueule ? Non. Est-ce que le PS peut se permettre de bloquer la sortie d'impasse ? Non. Mais est-ce que ce texte relance l'Europe ? Là encore, c'est non", résume le député européen Benoît Hamon, qui a dirigé pendant l'été un groupe de travail réunissant toutes les tendances internes pour parvenir à une position commune.
Il doit présenter son document de synthèse devant le bureau national du PS, probablement mardi prochain. Aucun vote n'est pour l'instant programmé.

"PIÈGE"
Dans un entretien à Libération, Ségolène Royal avance que, "même imparfait", ce traité "peut remettre l'Europe en marche".
"Nous n'avons pas de temps à perdre à nous diviser", dit-elle, refusant de faire du référendum une "question de principe" et demandant aux socialistes de passer le plus vite possible à "l'étape suivante" d'un traité social européen.
Une "position courageuse", salue son ancien directeur de campagne, Jean-Louis Bianco, dans un communiqué. De la pure stratégie, analyse un secrétaire national venu de la gauche du parti.

Alors qu'elle se présentait comme la seule capable de réconcilier "oui" et "non", Ségolène Royal, dit-il, "aligne aujourd'hui sa position européenne sur son avenir politique. Elle veut créer un grand parti démocrate, qui repose pour partie sur un électorat centriste qui avait voté 'oui'" en mai 2005.

La question européenne peut encore faire de "gros dégâts" au sein du PS, met en garde un ancien pilier du "non" socialiste. "On ne s'en sort bien qu'avec l'abstention et ce n'est pas très glorieux", admet cet ancien secrétaire d'Etat.
"S'il n'y a pas de référendum, nous allons vers une abstention critique", confirme Razzye Hammadi, président du Mouvement des jeunes socialistes (MJS).
Pour Guillaume Bachelay, proche de Laurent Fabius, "il serait délirant de se déchirer sur cette question du mode de ratification alors que le PS a une position officielle qui est la même depuis juin 2006".
Sur le fond, comme Jacques Chirac en son temps, "Nicolas Sarkozy allume des contre-feux pour masquer ses résultats économiques et sociaux lamentables et cherche à réactiver les divisions au sein du PS" à quelques mois des élections municipales, estime-t-il. Pour déjouer ce "piège", les socialistes ont intérêt à ne pas participer au vote, lors de la réunion du Congrès, fin janvier.

"S'abstenir ou voter oui reviendrait à aider Sarkozy à faire passer son texte", analyse dans un communiqué Jean-Luc Mélenchon, un fervent "noniste" de 2005. "Je m'opposerai à ce texte et je ne serai pas le seul", dit le sénateur de l'Essonne.

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