PARIS (Reuters) - Les socialistes français sont de plus en plus tentés par l'abstention lors de la ratification du traité européen simplifié, une solution qui leur permettrait, en interne, d'éviter un nouveau psychodrame européen et, au plan national, de ne pas faire le jeu de Nicolas Sarkozy.
Plus de 2 ans après le référendum sur la Constitution européenne, qui avait conduit le Parti socialiste au bord de l'implosion, ses dirigeants recherchent une position collective sur le nouveau texte adopté la semaine dernière à Lisbonne par les chefs d'Etat et de gouvernement des Vingt-Sept.
"Il y a un consensus pour ne pas s'opposer" à ce traité, a déclaré lundi Stéphane Le Foll, directeur de cabinet du premier secrétaire du PS, François Hollande, autrement dit il peut "y avoir un 'oui' ou "abstention" lors de la réunion du Congrès, à Versailles, sans doute début 2008".
"Ce traité est un point de passage pour sortir d'une impasse" qui doit être complété notamment par un traité social, a souligné le député européen, remisant au passage l'exigence d'une ratification par référendum - qui fut l'une des promesses de campagne présidentielle de Ségolène Royal.
"Nous aurions préféré (mais) Nicolas Sarkozy a dit clairement qu'il n'y était pas favorable", a expliqué Stéphane Le Foll. "Il n'y a pas de malaise (européen) mais un débat de fond" au PS, a-t-il assuré.
"Est-ce que ce texte vaut qu'on se foute sur la gueule ? Non. Est-ce que le PS peut se permettre de bloquer la sortie d'impasse ? Non. Mais est-ce que ce texte relance l'Europe ? Là encore, c'est non", résume le député européen Benoît Hamon, qui a dirigé pendant l'été un groupe de travail réunissant toutes les tendances internes pour parvenir à une position commune.
Il doit présenter son document de synthèse devant le bureau national du PS, probablement mardi prochain. Aucun vote n'est pour l'instant programmé.
"PIÈGE"
Dans un entretien à Libération, Ségolène Royal avance que, "même imparfait", ce traité "peut remettre l'Europe en marche".
"Nous n'avons pas de temps à perdre à nous diviser", dit-elle, refusant de faire du référendum une "question de principe" et demandant aux socialistes de passer le plus vite possible à "l'étape suivante" d'un traité social européen.
Une "position courageuse", salue son ancien directeur de campagne, Jean-Louis Bianco, dans un communiqué. De la pure stratégie, analyse un secrétaire national venu de la gauche du parti.
Alors qu'elle se présentait comme la seule capable de réconcilier "oui" et "non", Ségolène Royal, dit-il, "aligne aujourd'hui sa position européenne sur son avenir politique. Elle veut créer un grand parti démocrate, qui repose pour partie sur un électorat centriste qui avait voté 'oui'" en mai 2005.
La question européenne peut encore faire de "gros dégâts" au sein du PS, met en garde un ancien pilier du "non" socialiste. "On ne s'en sort bien qu'avec l'abstention et ce n'est pas très glorieux", admet cet ancien secrétaire d'Etat.
"S'il n'y a pas de référendum, nous allons vers une abstention critique", confirme Razzye Hammadi, président du Mouvement des jeunes socialistes (MJS).
Pour Guillaume Bachelay, proche de Laurent Fabius, "il serait délirant de se déchirer sur cette question du mode de ratification alors que le PS a une position officielle qui est la même depuis juin 2006".
Sur le fond, comme Jacques Chirac en son temps, "Nicolas Sarkozy allume des contre-feux pour masquer ses résultats économiques et sociaux lamentables et cherche à réactiver les divisions au sein du PS" à quelques mois des élections municipales, estime-t-il. Pour déjouer ce "piège", les socialistes ont intérêt à ne pas participer au vote, lors de la réunion du Congrès, fin janvier.
"S'abstenir ou voter oui reviendrait à aider Sarkozy à faire passer son texte", analyse dans un communiqué Jean-Luc Mélenchon, un fervent "noniste" de 2005. "Je m'opposerai à ce texte et je ne serai pas le seul", dit le sénateur de l'Essonne.

e succès dans les sondages du nouveau "Parti de gauche" allemand, crédité de 11% d'intentions de vote, et la montée d'une grogne syndicale pour réclamer plus de partage des bénéfices de la croissance, a relancé dans la gauche allemande, cet automne, la tentation de prendre ses distances par rapport aux réformes sociales libérales mises en place sous le gouvernement du chancelier social-démocrate Gerhard Schröder, allié aux Verts. Porté en juin 2007 sur les fonds baptismaux par l'ancien président du parti social-démocrate Oskar Lafontaine et les héritiers du parti communiste de l'ex-Allemagne de l'Est, le Parti de gauche, avait - avant même d'être officiellement constitué - obtenu 53 députés au Bundestag aux élections de 2005, devançant les Verts et coûtant sa reconduction à la coalition de M. Schröder, battue de justesse par les chrétiens-démocrates.
L'objectif de ces primaires était encore plus ambitieux : donner naissance à un parti, lui fournir une identité, des instances dirigeantes et un chef doté d'un mandat fort. C'est chose faite. Walter Veltroni a recueilli plus de 2 millions de suffrages, soit plus de 75% des voix, loin devant ses quatre adversaires.
'un est aux affaires depuis 9 ans et l'autre n'a pas quitté les rangs de l'opposition depuis plus de 5 ans mais le Parti social démocrate allemand (SPD) comme le PS ont un point commun. Au creux de la vague, chacun cherche à initier un nouveau cycle.
deux ans des élections législatives, les sociaux-démocrates allemands, qui font partie de la coalition gouvernementale de la chancelière chrétienne-démocrate Angela Merkel, veulent renouer avec l'électorat de gauche. Présentée le 23 septembre à Berlin, la version finale de leur projet de nouveau programme, qui doit être débattue fin octobre lors d'un congrès, remet en avant la référence au "socialisme démocratique".
'ouverture" défendue par Nicolas Sarkozy pour la composition du nouveau gouvernement français donnerait-elle des idées outre-Manche ? Le
Gordon Brown doit être investi premier ministre le mercredi 27 juin, et devrait nommer son équipe gouvernementale le même jour. Le soutien des autres partis, notamment des LibDems, pourrait lui être nécessaire pour deux projets que lui prête le Guardian : une réflexion sur l'avenir de la Constitution britannique, à laquelle participeraient tous les partis, et une initiative concernant l'intervention armée en Irak – à laquelle les "LibDems" se sont toujours opposés.