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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis alternativement à Bezons dans le Val-d'Oise et à Massy dans l'Essonne. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube. Je suis membre de la direction nationale de la Gauche Républicaine et Socialiste, en charge du pôle "Idées, formation, riposte".
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Gauche Républicaine & Socialiste

9 septembre 2026 3 09 /09 /septembre /2026 12:37
Je connais Emmanuel Maurel depuis l’automne 1995. Aujourd’hui, je le soutiens dans sa candidature à la primaire de la gauche socialiste pour l’élection présidentielle de 2027. Donc avant d’aller plus loin, je vous rappelle que vous pouvez rejoindre son comité de soutien et adhérer à la GRS d’ici le 5 octobre minuit pour pouvoir voter.
Ceci étant dit, nous avons commencé par un RDV manqué. J’avais rejoint le MJS en juin 1995, plus de deux ans après avoir adhéré au PS le 28 mars 1993. Jerome Saddier nous avait invités à assister en juillet 1995, dans une petite salle de la Maison de l’Isle à Auvers-sur-Oise, à une formation qui devait être animée par Emmanuel qu’il nous avait présenté comme « un jeune homme absolument brillant … mais poperéniste » ; Emmanuel avait eu un empêchement et Jérôme l’avait remplacé au pied levé.
Il s’est largement rattrapé par la suite.
 
Il a choisi comme slogan dans cette primaire : « Passionnément républicain, résolument socialiste », cela lui correspond bien, bien plus que les classifications historico-politiques des querelles internes récurrentes aux maisons socialistes : de Poperen, il a sans doute gardé le meilleur (outre le fait d’avoir été son biographe). Mais il me semble aussi bien plus lucide que lui sur la dérive néolibérale de la construction européenne, et donc la nécessité d’une confrontation pacifique mais ferme pour la remettre en ordre, c’est-à-dire au service des travailleurs, plutôt que d’accepter toutes les couleuvres et les boas à avaler au prétexte que toute autre solution conduirait à son implosion. C’est une panique morale et irrationnelle qui agite bien trop les socialistes depuis le milieu des années 1980 et dont il faudra bien, un jour, qu’ils se guérissent s’ils veulent retrouver le sens de leur combat et une chance d’être entendus par la majorité sociale des Français·es.
 
Je me souviens aussi que ce « jeune homme brillant », que l’on m’avait quand même présenté comme un adversaire interne, avait commencé à me paraître particulièrement sympathique quand j’avais découvert que – même si nous avions alors des désaccords –, Emmanuel s’adressait toujours en direction de ses interlocuteurs avec un profond respect, faisant appel à leur intelligence et ne prononçant jamais une parole blessante.
J’avais donc été particulièrement choqué lorsqu’à Taverny un « jeune braille » petit-bourgeois, débordant d’une masse capillaire moutonnante (il a aujourd’hui absolument tout perdu, il y a une justice), lui avait fin 1997 hurlé dessus en le traitant de « nazi » (oui y a pas que Jean-Luc Melenchon qui fait ce genre d’attaques délirantes), ce qui avaient plongé toutes celles et tous ceux censés être du bord de ce garçon dans une rage et un sentiment de honte profonds… aujourd’hui, la pratique veut dans le débat public qu’on ne reconnaisse jamais ses dérapages.
Quelques mois plus tard, lors du congrès du MJS à Toulon (février 1998), je me souviens aussi du lynchage oral déplacé qu’il avait subi de la part des responsables de la majorité du MJS qui lui déniaient en soi le droit de se présenter à la présidence de l’organisation pour défendre sa vision, alors qu’il en avait parfaitement le droit et la capacité ; j’ai quand même alors voté Hugues Nancy, mais cela m’avait laissé un goût amer sur la manière de se comporter entre camarades. D’une manière générale, j’avais pu mesurer dès cette époque le surplomb et le mépris dont faisaient l’objet les quelques militants issus de quartiers populaires dont j’étais, à qui de jeunes bobos germano-pratins qui n’y avaient jamais mis les pieds (en dehors d’une diff pour une élection étudiante), venaient expliquer ce qu’ils devaient penser de la reconquête de l’égalité républicaine chez nous. Vous me direz que cela n’a pas trop changé depuis.
Pourtant, a contrario, Emmanuel savait, lui, dépasser les barrières que les brutalités partisanes dressaient entre militant·es : ainsi, un soir de convention fédérale à Cergy en avril 1999, il avait décidé avec l’ami Emmanuel Dellacherie de soutenir nos propositions européennes pour fermer le bec à la mauvaise foi des sbires de Manuel Valls qui verrouillaient la discussion ; on les avait mis ensemble en minorité… oui c’est une histoire de liliputiens politiques, mais c’est l’époque où j’ai appris à débattre et à poser des arguments, avec le besoin du respect contre la violence et le mépris. Aussi, à l’issue de cette période, Emmanuel Maurel m’était apparu éminemment sympathique, surtout quand vous rajoutez les chants et les soirées dansantes à La Rochelle (oui on a le droit de s’amuser).
 
La déflagration du 21-Avril 2002, la défaite de Jospin après une campagne que peu de militant·es socialistes comprenaient au-delà du réflexe politique et du sens du devoir, le surgissement de Jean-Marie Le Pen au second tour de l’élection présidentielle, tout cela nous a rapprochés politiquement par étapes. Le déni dans lequel le PS s’est enfermé alors sous la direction de François Hollande, qui en était à théoriser la « cohabitation territoriale », nous l’avons combattu sous des drapeaux différents : lui à Nouveau Monde, moi au NPS, ensemble lors du référendum interne sur le projet de Traité constitutionnel européen… là-aussi, il faut mesurer à quel point la gauche souffre encore des multiples dénis que l’ancien président de la République lui a fait subir : déni des causes du 21-Avril, déni du vote de nos concitoyen·nes (donc de la souveraineté populaire), déni du mandat accordé sur l’Europe et la politique économique, déni durable une fois encore de son bilan (politique, avec une accentuation néolibérale ; moral, avec la déchéance de nationalité) qui fait que l’on trouve encore des soutiens divers pour expliquer qu’il faudrait remettre le couvert pour une politique équivalente à celle conduite entre 2012 et 2017, ou du Macron soft (ou même du Philippe soft, à en croire le dernier bouquin de l’ancien président). Cet éternel retour du déni, qui tue la gauche et le socialisme, rend plus impératives que jamais l’affirmation d’un autre chemin politique pour le socialisme et, donc, la candidature d’Emmanuel Maurel.
 
Depuis 2008, nous ne nous sommes plus quittés politiquement et je me souviens l’avoir prévenu le 3 septembre 2012 que nous serions seuls avec nos amis, car Benoît Hamon abdiquait, pour porter le flambeau lors du congrès qui allait suivre pour faire face à la dérive annoncée du quinquennat Hollande. Quand il est devenu impossible de continuer comme avant, nous avons construit avec plein d’autres militant·es un nouveau parti, passionnément républicain, résolument socialiste, la Gauche Républicaine & Socialiste. Je crois sincèrement que nous pouvons en être fiers, collectivement, car nous avons tenu sur la ligne de conduite que nous nous sommes toujours fixée : nourrir la réflexion à gauche, faire des propositions, ne jamais se renier mais ne jamais esquiver le débat, toujours respecter nos interlocuteurs, ne jamais insulter personne comme c’est trop souvent devenu une habitude dans notre camp, toujours travailler au rassemblement de la gauche : une nécessité qu’il faudra bien imposer dans les semaines qui viennent, malgré les anathèmes réciproques des tenants de la thèse des « gauches irréonciliables ». Cela vaut mieux que le suicide de la Nation, de l’égalité républicaine et de la cohésion sociale.
 
Nous aurons l’occasion dans les jours et les semaines qui viennent avec Emmanuel de défendre notre vision pour la France et les Français·es, notre place dans l’Europe et dans le monde. Alors que dire de plus ici…
 
Emmanuel est devenu un ami, à partir des années 2000… et un ami fidèle, un ami sur qui l’on peut compter. À de très nombreuses reprises, lorsque je me suis senti seul, égaré, démuni, il a été là pour moi et j’ai pu compter sur lui. Nous aimons débattre, discuter, je pense que nous faisons partie de ces gens qui considèrent que lorsqu’on vit une histoire d’amour avec les livres, une bibliothèque bien remplie, on n’est jamais totalement tout seul. Je crois aussi que nous sommes parmi les derniers de notre génération à assumer d'écouter de la musique classique, je suis plus Bach, je le crois plus romantique, il a en tout cas une expérience de la pratique musicale que je n'ai pas. Mais je suis sans doute plus punk que lui.
Je sais qu’il s’impose une exigence personnelle dans le travail, parce qu’il a un sentiment élevé de ce qu’il doit à nos compatriotes et aux miltant·es de gauche et du droit humain, quand il se voit confier un mandat, une responsabilité… mais au-delà, parce qu’il conçoit l’engagement politique au service du monde du travail comme une nécessité vitale. Jérôme Saddier avait raison dès 1995, Emmanuel Maurel est brillant, mais il n’a jamais considéré que cela suffisait : c’est un bosseur acharné, ses dossiers il les travaille, il consulte, il écoute, il ne prend une décision sur des sujets difficiles (et dans la période parfois indémerdables) qu’après avoir entendu tout le monde, les militant·es de la 3ème circonscription du Val-d’Oise peuvent en témoigner. Il ne fait pas partie de ces parlementaires qui montent en tribune ou attrapent le micro dans les travées de l’Assemblée en comptant uniquement faire une vidéo tiktok, sur leur bagout qui avec une pirouette leur permettra de faire 2 lignes dans un média internet sur BFM ou France info, ou sur la supériorité technocratique que certains croient à avoir après être sorti quelques années plutôt de grandes écoles d’État : ces attitudes expliquent largement la médiocrité du personnel et du débat politiques dont souffre notre pays aujourd’hui. Emmanuel Maurel en est le contre-exemple et je crois que c’est bien de cela dont nous avons besoin aujourd'hui.
 
Enfin, Emmanuel aime et respecte nos compatriotes, profondément, il croit en la mission intégratrice de la Nation française, qui ne peut réussir que si la République assume son ambition sur l'égalité en étant une République sociale et laïque… je n’ai jamais senti chez lui ce sentiment de supériorité et de mépris que trop souvent la classe politique (qui est devenue une classe sociale à part) inflige à celles et ceux à qui elle doit pourtant des comptes. Emmanuel Maurel est conscient des ruptures démocratiques, économiques, sociales et politiques dont la France et les Français·es ont besoin pour se rétablir et il sait aussi que cela ne pourra réussir avec la violence qui domine aujourd’hui.
Frédéric Faravel
membre de la direction nationale de la Gauche Républicaine et Socialiste
Emmanuel Maurel : deux ou trois choses que je sais de lui (et de moi)
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