Le petit monde de la bulle cognitive des réseaux sociaux de Gauche s'enflamme depuis le 10 juillet matin sur le résultat du vote interne des adhérents du Parti Socialiste. Etant moi-même de gauche, je vais donc contribuer à nourrir la bulle cognitive dans laquelle nous sommes enfermés.
A vrai dire, si je crois contre-productif le choix majoritaire des militants PS de limiter le rassemblement en vue de l'élection présidentielle au périmètre dit "social-démocrate" (voir ici pourquoi ce terme est absurde en France👉 https://www.fredericfaravel.fr/.../la-social-democratie... ), la consultation du 9 juillet organisée à la demande d'Olivier Faure ne proposait que des options absurdes : une double primaire ou un repli identitaire.
Le 9 juillet sera donc le jour où les militants PS ont planté le dernier clou dans le cercueil de la gauche pour 2027. Tous les autres - toutes et tous - y aurons mis leur petit clou personnel. Les promoteurs de la primaire dite "Front Populaire 2027", par l'absence de tout travail de fond permettant de définir une plateforme commune de gouvernement, ont transformé leur procédure en concours de popularité, qui n'intéresse en rien nos concitoyens. François Ruffin, Clémentine Autain ou Marine Tondelier (les autres ne comptent pas) portent eux aussi une grave responsabilité - et cette dernière pire que les autres puisqu'elle s'est permise de définir a priori qui était autorisé ou pas à participer aux discussions en fonction de ce qui l'arrangeait, ce qui donne une idée tordue de la volonté de rassemblement. Fabien Roussel navigue depuis 2018 entre affirmation de l'identité communiste et volonté de travail commun : la caricature est à son comble quand à la veille du congrès du PCF il dit vouloir créer un rassemblement sur la base d'un travail collectif sur le programme avant de se faire introniser de faire comme candidat communiste pour l'élection présidentielle. Je préfère ne pas parler de l'indécence de François Hollande et de ses supporters qui osent prétendre à voir en lui une solution alors qu'il a été la cause de la déchéance de toute la gauche. Enfin évidemment, la palme du nombril vient à Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann, qui chacun à sa manière ont choisi d'aborder l'élection sur le mode du "qui m'aime me suive", sans discussion possible autre qu'une allégeance pleine et entière : tout deux s'invectivant à l'envie et posant comme conception du rassemblement une volonté d'hégémonie d'autant plus ridicule que notre camp politique (y compris en comptant le NPA - L’Anticapitaliste) ne compte pas plus de 30% (ce qui se traduit dans les sondages de manière très transparente par une annonce à la mi-juillet 2026 d'un hypothétique 2nd Tour Le Pen/Mélenchon avec 70% des intentions de vote pour la première).
Aucun·e des candidat·es dit de gauche qui se hausse du col aujourd'hui n'est en mesure de rassembler : d'abord parce qu'aucun·e ne le veut, ensuite parce que notre camp n'est pas en dynamique et qu'il a tout fait pour ne pas l'être. Retrouver une dynamique, comme Rémi Lefebvre l'avait dit, supposerait d'avoir engagé depuis longtemps un travail collectif, public et transparent d'élaboration d'une plateforme programmatique (ceux qui auraient ouvertement refusé se seraient disqualifiés devant l'opinion), seule démarche capable de donner à nos concitoyen·nes l'impression que la gauche avait un projet capable de les intéresser, qui répondent à leurs problèmes, qui préparent les défis de l'avenir (production, défense, éducation, services publics, transformation écologique) et qui donnent une perspective à la France, lui redonne sa place dans le monde. Et pour bien préciser ma pensée, ce travail ne peut se faire le flingue sur la tempe comme pour le "programme" de la NUPES au printemps 2022 ou en 3 jours sur le coin d'une table, dans l'urgence, comme pour le "programme" du "nouveau Front Populaire" en juin 2024.
Il ne "faut pas désespérer Billancourt", le pire n'est jamais sûr … certes. On peut croire que le comble du ridicule atteint, on se ressaisisse et qu'on entame le boulot qui aurait dû être commencé avant. J'aimerais le croire, mais j'avoue avoir un doute rationnel sur l'épiphanie.
Je crains que nous n'ayons plus que nos yeux pour pleurer : en tout cas, nous risquons de devoir repartir de zéro au lendemain du printemps 2027 et dans les pires conditions (pas besoin de faire un dessin).
Frédéric FARAVEL

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