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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis alternativement à Bezons dans le Val-d'Oise et à Massy dans l'Essonne. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube. Je suis membre de la direction nationale de la Gauche Républicaine et Socialiste, en charge du pôle "Idées, formation, riposte".
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Gauche Républicaine & Socialiste

19 mai 2026 2 19 /05 /mai /2026 10:08

à l'écoute de France Culture ce matin, je me suis dit qu'une partie des producteurs et des réalisateurs étaient déjà en train de lâcher les signataires de la tribune "Zapper Bolloré" (dont le nombre a doublé depuis l'annonce de possibles rétorsions par le patron de Canal+) parue le 11 mai dans Libération... le phénomène de la menace et de la peur joue à plein tube. On sent bien parmi les invités de Guillaume Erner la tentation de dénoncer une forme de sur-réaction des signataires afin de sauver leurs propres abattis.

C'est pour cela que je trouve que la tribune signée dans L'Humanité par Swann Arlaud est intéressante parce qu'elle permet de comprendre la raison de la tribune initiale. OK, le financement de la production des films français n'est pas un service public, personne ne peut forcer un groupe économique à financer ce qu'il refuse de financer (hors de la cotisation au CNC) et certains pourront considérer que Maxime Saada (DG de Canal+) est finalement dans son droit. Beaucoup diront (je l'ai entendu ce matin) qu'en fait les équipes de Canal+ sont exemplaires jusqu'ici … mais justement les équipes de ITV étaient aussi exemplaires jusqu'à ce que les ordres soient de transformer en Cnews. De même, les équipes de Grasset, Stock et Fayard faisaient un excellent travail, etc.

Il y a effectivement un problème majeur quand un acteur économique se met en position hégémonique dans le champ des médias et de la production culturelle, et qu'il utilise cette position hégémonique à des fins politiques...

Dans le programme de la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS) adopté en septembre 2021, j'avais consciemment fait introduire une revendication relativement classique à gauche (enfin qui devrait l'être) sur les médias :
👉rétablir la portée de la loi sur la séparation de la presse et assurer l'effectivité de sa mise en œuvre en particulier au regard de la prise de contrôle des médias et des groupes de presse par des sociétés bénéficiant de la commande publique ;
👉réviser le mode de subvention publique à la presse en intégrant dans leur calcul le niveau de création originale (artistique ou journalistique).

La législation concernant l'exception culturelle et le soutien à la création artistique qui a jusqu'ici rempli son office pour soutenir la création française ne répond pas à l'enjeu actuel, je ne suis même pas sûr que le verrou proposé pour la presse concernant "des sociétés bénéficiant de la commande publique" soit aujourd'hui suffisant. On sait l'effet qu'a produit la saturation de messages d'extrême droite, pangermanistes, social-darwiniens et antisémites dans la presse et de l'industrie cinématographique contrôlées en grande majorité dès le milieu des années 1920 par Alfred Hugenberg dirigeant national-réactionnaire du DNVP : c'est une des raisons de la montée en puissance du NSDAP, dont le terrain avait été psychologiquement et idéologiquement préparé dans l'opinion (lisez Chapouteau, notamment Les irresponsables, ça sera mieux expliqué).

Je ne peux m'empêcher de faire le rapprochement avec la stratégie actuelle de Bolloré... donc oui la question est bel et bien telle que la pose Swann Arlaud : « Faut-il attendre sagement qu’il soit trop tard ? »

Frédéric Faravel
membre de la direction nationale de la GRS

Face à Bolloré, le monde du cinéma se comporte-t-il vraiment en "enfant gâté" ?
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